Transcription
Il y a bien évidemment plein de façons différentes de définir la réussite. Aujourd'hui, moi, j'ai envie de parler de la réussite que je connais le mieux : la réussite en business.
Avant ça, je veux juste vous montrer vite fait le petit coucher de soleil qui est genre magnifique. Après plus de 7 ans d'entrepreneuriat, avoir revendu une boîte, racheté plusieurs boîtes, investi dans plein d'autres boîtes, j'ai un peu essayé de voir s'il y avait des règles pour la réussite. J'en ai trouvé 21 que j'ai envie de vous partager aujourd'hui.
La première règle, en fait, qui pour moi est super importante – j'ai mis beaucoup de temps avant de le comprendre – c'est de travailler avec des gens qui te donnent de l'énergie. J'ai lu, je pense, tous les bouquins, ou en tout cas une grosse partie des livres sur le recrutement, qui t'expliquent qu'il faut que tu fasses des scorecards. Donc, pour chaque rôle, déterminer quelles sont les compétences nécessaires afin que la personne puisse bien exécuter son rôle. Ensuite, tu vas noter chaque critère et à la fin tu as une note. Vu que c'est très scientifique, moi j'adorais cette approche en tant qu'ingénieur. Et puis, en fait, au fur et à mesure des années, je me suis rendu compte de quelque chose : on oublie très souvent d'utiliser son intuition. Et son intuition, en fait, pour moi, c'est un sens qui a été totalement oublié. Donc, quand tu regardes à l'école, en fait, on nous apprend qu'il y a globalement cinq sens : l'odorat, le toucher, l'ouïe, le goût, la vue. Et en fait, il y a d'autres sens, la proprioception par exemple – on travaille ça beaucoup quand on fait du sport – mais globalement, c'est la visualisation de ton corps dans l'espace. Donc si je ferme les yeux et que je lève ma main en l'air, ben en fait je sais que ma main, elle est en l'air, quoi. Tu as aussi l'intuition, bah qui est en fait un sens beaucoup plus développé, je dirais, dans certains pays que dans les pays de l'Ouest. Mais en gros, ça, c'est un truc qu'on oublie un petit peu et qui, pour moi, est essentiel. Parce qu'en fait, les compétences, globalement, n'importe qui peut apprendre n'importe quoi. Il y a bien sûr des différences entre les cerveaux, on parle de neuroplasticité, donc c'est la capacité du cerveau à changer sa forme et sa fonction en fonction des conditions. Ce qui veut dire que le cerveau, en fait, s'adapte et peut apprendre globalement n'importe quoi. Par contre, l'énergie que les gens peuvent te donner, je sais que ça peut faire un peu super hippie ou yuyu yaya, et je pense que je l'ai pensé pendant assez longtemps, mais c'est un vrai truc. On le voit quand on est dans une pièce avec des gens qui nous apportent beaucoup d'énergie : quand tout devient facile, quand on complète les phrases des autres personnes parce qu'on sait exactement ce qu'ils veulent dire et qu'on se comprend sans même se parler. Ça, c'est assez unique, et en fait, ça, c'est des trucs qu'il faut réussir à trouver, et il faut s'entourer de gens comme ça. Parce que globalement, la réussite vient uniquement de ta capacité à résoudre des problèmes. Toutes les boîtes les plus connues qu'on voit aujourd'hui, que ce soit Uber, Airbnb, Google, etc., ça a été des boîtes qui ont été des machines à résoudre des problèmes, en fait. Et la seule façon pour moi de réussir à résoudre n'importe quel problème, c'est d'avoir une super équipe.
La règle numéro 2, c'est que la plupart des meetings récurrents ne servent absolument à rien. J'ai remarqué avec le temps que l'être humain, par définition, va toujours essayer d'occuper le vide, et que les meetings, c'est la meilleure façon d'occuper le vide. Donc les gens qui, en général, rejoignent une boîte et qui essayent de passer le plus de temps avec plein de personnes, tout le temps, d'avoir des meetings qui sont justement récurrents, c'est souvent ceux qui produisent le moins. Et en fait, la capacité d'une start-up à réussir, c'est sa capacité à itérer le plus rapidement possible. Et pour moi, quand je vois des gens qui calent, par exemple, je sais pas, 15 meetings récurrents toutes les semaines, je me dis : "Mais de quoi il parle ?" Et la plupart du temps, chacun de leurs meetings pourrait être résumé en un message ou une phrase. Évidemment que c'est important de faire des meetings quand il y a des sujets concrets sur lesquels il faut échanger, etc., mais la plupart du temps, ça sert à rien. Donc si, de base, vous décidez que vous voulez pas passer de temps sur des tâches récurrentes et qui servent à rien, pour être focalisé justement sur ce qui va avoir de l'impact, moi je vous conseille d'enlever le plus de meetings récurrents possible.
La troisième règle, j'en ai déjà parlé, mais c'est que toute la réussite d'un business est intimement liée à la confiance. Pourquoi à la confiance ? Parce que lorsqu'on développe un produit, un service, on apporte une solution à un problème. Pour que les personnes acceptent d'utiliser notre solution ou notre service, il faut qu'ils nous fassent confiance. Et la confiance, en gros, il y a trois parties : première partie, c'est la crédibilité. Donc, qu'est-ce que vous avez fait par avant qui vous permet de dire que vous êtes la meilleure personne, la meilleure solution ou le meilleur service à proposer ? Ensuite, la connexion émotionnelle. Donc ça, c'est : est-ce que globalement vous vous présentez bien ? Est-ce qu'on vous fait confiance quand on vous voit ? Est-ce qu'on a envie de travailler avec vous ? On peut parler des énergies ici, mais là, après vous allez dire que je suis un gourou un peu fou, donc j'en parlerai pas. Et la dernière partie du triangle, c'est la fiabilité. Donc, lorsque vous promettez quelque chose, à quel point vous tenez vos promesses ?
La 4ème règle, en fait, c'est que votre équilibre n'a pas besoin d'être le même que celui des autres. Pour lancer une boîte qui fonctionne, globalement, il faut une énergie telle au départ que votre équilibre va forcément être chamboulé. Il y a peut-être des gens qui arrivent très bien à garder un équilibre vie pro/vie perso parfait lorsqu'ils lancent leur business, etc., mais dans la majorité des cas – et j'ai rencontré quand même des milliers d'entrepreneurs, dont beaucoup qui ont fait des centaines de millions – pour faire réussir un projet au tout départ, vu que vous êtes globalement le seul à y croire, il faut que vous y mettiez énormément d'énergie. En fait, faut voir ça un petit peu comme si c'était une moto qui était tombée sur le sol, et votre objectif, c'est de la soulever. Pour soulever une moto, la force nécessaire au départ, elle est énorme. Par contre, quand vous êtes dessus et que vous la faites rouler, ben en fait, c'est beaucoup plus simple. Je dis ça alors que je sais absolument pas conduire une moto. La dernière fois que j'ai conduit un scooter, j'ai eu un accident. Bref, mais vous voyez l'idée ? Ou vous voyez ça plutôt comme un énorme rocher qu'il faut monter en haut de la montagne avant qu'il puisse descendre tout seul et avoir l'inertie suffisante pour avancer tout seul, puisque c'est ce que vous voulez faire lorsque vous montez une boîte qui fonctionne par elle-même.
Règle numéro 5 : ça, je l'ai pas suffisamment fait au départ, mais c'est : faut pas oublier de célébrer les victoires. Et pourquoi c'est important de célébrer les victoires ? Parce que déjà, de un, ça permet vraiment de récompenser l'équipe avec laquelle vous travaillez. Ça permet aussi de cristalliser dans votre cerveau que lorsque vous mettez des objectifs ambitieux et que vous les atteignez, ben en fait, il y a une sorte de récompense. Donc le système de récompense, c'est quelque chose qu'on sait faire fonctionner chez les animaux. On peut le voir très bien avec l'exemple du chien : donne la patte, te donne un gâteau. On peut voir le chien même qui salive. Donc ça, c'était même l'expérience de Pavlov, avec la cloche de Pavlov, où – en gros, je me rappelle plus exactement, donc peut-être corrigez-moi en commentaire si je dis de la merde – dans mes souvenirs, c'était à chaque fois qu'on allait donner à manger au chien, on faisait d'abord sonner une cloche. Donc le chien a associé le bruit de la cloche avec la nourriture. Et donc lorsqu'on faisait sonner la cloche mais sans lui donner à manger, le chien commençait déjà à saliver. En fait, dans notre cerveau, le système de récompense, il fonctionne exactement de la même manière. Il y a des moyens justement de faire ce qu'on appelle une sorte de renforcement positif, où en fait vous vous mettez dans un contexte où, si vous célébrez à chaque fois que vous avez des petites victoires, en fait vous aurez envie de plus en plus rapidement d'accéder à ces petites victoires, et ça devient addictif.
Règle numéro 6 : sois patient. Bah ça, je pense que j'en ai déjà parlé un peu dans mes autres vidéos, donc je vais pas passer trop de temps là-dessus. Il y a un peu tout dans l'entrepreneuriat, mais globalement, il faut être patient. Moi, je connais des gens qui ont mis, je sais pas, 6, 7 ans avant d'arriver à faire leur premier million, puis des gens qui ont mis un mois pour faire leur premier million, et après qui sont restés bloqués pendant 2, 3 ans. En gros, je dirais que dans notre époque, la patience est d'autant plus importante. Les nouvelles générations, globalement, elles sont habituées à quoi ? TikTok, Instagram, Reels, YouTube Shorts. Donc tu scrolles, tu as un shot de dopamine, donc tu as directement ce que tu veux. Et en fait, ça, c'est un problème. À l'époque, typiquement de nos parents, quand tu avais une télévision avec trois chaînes, ben en fait les gens, ils regardaient la télé, ils étaient bloqués devant un truc qu'ils aimaient pas trop, bah en fait ils avaient pas trop le choix. Donc comme ils avaient pas trop le choix, ils étaient patients pour voir si potentiellement le film allait leur plaire. On peut le voir dans les films : si vous comparez, si vous aimez un peu le cinéma, regardez un film des années 50-60 avec un film d'aujourd'hui, je pense que la plupart des gens n'arriveraient jamais à rentrer dans ces vieux films, parce que le rythme est beaucoup plus lent. Et en fait, pourquoi c'est important aujourd'hui d'être patient ? Je pense que c'est une qualité qui permettra aux gens d'avoir beaucoup plus de succès que il y a quelques années. C'est parce qu'à l'époque, les gens, par définition, ils étaient patients. Aujourd'hui, on a des nouvelles générations qui sont impatientes, et donc tout le monde pense que pour avoir des millions, ben en fait ça peut se faire en 2 secondes. Donc en fait, vous avez plein de gens qui ont des attentes qui sont totalement décorrélées de la réalité, qu'ils ont vu une fois sur Instagram, et donc qui en font un petit peu la réalité. Parce qu'aujourd'hui, on le voit, et toutes les études le montrent, mais plus vous passez de temps sur Instagram, et plus vous allez avoir tendance à normaliser des choses qui sont pas normales. Et donc vous avez l'impression d'être clairement une merde. Clairement, moi j'aime, j'adore le sport, donc quand je suis sur Insta, et j'ai beaucoup de sport sur Insta, bah ma vision du monde via Instagram, ça serait de dire que tout le monde sait faire des sauts arrière, que c'est normal de sauter d'une falaise, que tu peux faire du VTT à 300 km/h en descendant une montagne, et que tout va bien se passer. Voilà, ça c'est la réalité des réseaux sociaux. Dans la vraie vie, je sais pas, tu as peut-être 20 % de la population qui peuvent courir 5 km aujourd'hui, tu vois ? Donc on est sur vraiment genre deux poids deux mesures, et deux mondes totalement différents. Donc les gens qui seront patients, vous allez partir avec un avantage dans la vie bien supérieur à toute cette nouvelle génération.
Règle numéro 7 : les seules règles du jeu sont les tiennes. Et c'est ça qui est vraiment génial dans le business. Depuis qu'on est tout petit, on nous impose des règles. Sauf si vous avez fait Montessori ou d'autres écoles, globalement, l'école, c'est des règles qu'on nous impose. Donc on nous dit quand travailler, sur quoi travailler, et comment travailler. Ensuite, en entreprise, globalement, c'est une école un peu différente, d'ailleurs ce qui est assez intéressant. Mais si vous regardez pourquoi l'école a été créée, et quand l'école a été créée, ou en tout cas quand le système de l'école a été créé, bah en fait c'est avant tout pour faire des bons employés. Donc pour faire des gens qui rentrent dans un moule, rentrent dans des cases. Une des expériences aussi super intéressantes, une étude qui a été faite sur la créativité, où en fait on fait un test de créativité à des enfants, je crois de 4, 5 ans, et on refait ce test à des gens soi-disant beaucoup plus intelligents et beaucoup plus tard, donc à 13, 14 ans, et encore après à 20, 30 ans. Et en fait, on se rend compte que les enfants sont beaucoup plus créatifs que les gens plus âgés. Et pourquoi ? Ben en fait, parce qu'on nous force à rentrer dans des cases, et du coup ça tue notre créativité. Bonne nouvelle : quand vous êtes entrepreneur, vous faites ce que vous voulez, vous travaillez sur ce que vous voulez, quand vous voulez. Mais par contre, ben en fait c'est à vous de payer le prix de votre incompétence, si vous êtes incompétent, ou de votre succès si vous arrivez à faire quelque chose de génial. Et c'est ça qui est trop bien. J'ai rencontré des gens qui avaient une boîte avec 10 personnes, qui faisaient un peu plus de 100 millions de revenus récurrents annuels avec une toute petite équipe, et donc des profits monstrueux. J'ai rencontré d'autres personnes qui, eux, avaient envie d'avoir une équipe avec des centaines de personnes. En fait, vous faites ce que vous voulez, et il y a tous les cas d'exemple dans les entrepreneurs. J'en connais qui travaillent plus du tout sur leur boîte et qui ont de l'argent qui rentre un peu de façon automatisée – après évidemment énormément de travail. J'en connais d'autres qui, eux, sont toujours à bosser 70, 80 heures par semaine, alors que leur boîte pourrait tourner sans eux. En fait, ce qui est important, c'est que vous pouvez faire vos propres règles. Mais avant de créer ses propres règles, il faut comprendre que c'est possible. Donc le meilleur conseil que je peux vous donner, c'est passer du temps à rédiger vous-même les règles que vous avez envie de suivre pour votre business, et celles qui feront que pour vous, ça sera un succès.
Règle numéro 8 : quand tu dis que tu vas faire quelque chose, fais-le. Je vous en parlais tout à l'heure, dans le business, de cette partie fiabilité : à quel point vous arrivez à tenir vos promesses. Mais en fait, ça c'est vrai dans tout. Je me rappelle une fois, j'étais en train de chasser des potentiels candidats pour nous rejoindre, et en fait je contacte une personne qui était vraiment brillante, et qui me dit : "Bah je peux pas en fait te rejoindre, on vient de me promettre une promotion, tout ça." Et je dis : "Ah ben trop bien !" Mais en fait, on avait parlé il y a 4, 5 mois, et on m'avait dit aussi que tu allais avoir une promotion. "Ah ouais, mais il devait faire une nouvelle levée de fond, donc ça a pris un peu de temps, il le décale, machin machin et tout." Et en fait, cette personne qui était brillante, elle, elle nous a rejoint un peu plus tard. Et pourquoi elle nous a rejoint ? Parce que en fait, le fondateur qui lui avait promis cette promotion ne lui a jamais donné, même après la levée de fond, etc. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'il a cassé la confiance. Et comme je vous dis, en fait, dans le business, la confiance, c'est le truc le plus important, que ce soit avec les gens que vous recrutez, avec qui vous allez bosser, que ce soit avec vos partenaires, que ce soit avec vos clients. En fait, c'est vraiment la chose qu'il faut pas casser. Et une fois que c'était cassé, elle nous a rejoint. À l'époque, on avait pas d'argent, donc je n'avais pas proposé un salaire énorme, honnêtement, mais en fait elle kiffait la mission, et je lui avais fait des promesses par contre sur l'évolution que j'ai tenues, et du coup ça a changé totalement sa relation et son implication avec le business. Et ça, c'est ultra important. Des histoires comme ça, j'en ai des tas.
Règle numéro 9 : reste toujours rentable. Je sais qu'il y a plein de gens qui vont pas être d'accord avec ça. Je sais qu'il y a des pros de la finance qui me diront : "Non, faut que tu prennes des dettes pour accélérer, non, faut que tu lèves des fonds pour aller encore plus vite." La vérité, c'est qu'en 2020 ou 2021, je sais plus quand, on avait refusé une levée de fond qui avait beaucoup fait parler, etc. Tout le monde se foutait de ma gueule à ce moment-là, tout le monde me disait : "Non mais le bootstrapping, c'est par manque d'ambition, etc., etc." Et je me rappelle même que certaines start-up qui avaient levé des centaines de millions – je pense notamment à Miro, Luco, les licornes, donc l'élite de la France – qui aujourd'hui sont en redressement judiciaire ou n'existent plus, ben en fait ces gens-là, avec le recul, je pense qu'ils se rendent compte que s'ils étaient restés rentables, ils auraient été encore maîtres de leur propre destin. Donc je sais qu'il y a des gens qui ont ce goût du risque et qui sont OK avec le fait de se dire : "Ma boîte, soit ça devient une boîte qui fait des milliards, soit ça devient rien du tout." Et le cas au milieu, je ne veux pas l'avoir. Moi personnellement, ma définition de la réussite, c'est de pouvoir être maître de son destin à n'importe quel moment. Et lorsque tu n'es plus rentable, ben en fait tu mets ton destin dans les mains potentiellement d'investisseurs, etc., et ça c'est un truc que moi personnellement j'accepte pas. Pourquoi j'accepte pas ? Parce que si on revient à la règle numéro 6, être patient, en fait il y a des fois où tu penses qu'il y a quelque chose qui va super bien marcher, et en fait ça marche pas du tout. Il y a des fois où tu penses que ta vision, ça va être quelque chose de très spécifique, et en fait tu te rends compte que c'est totalement l'opposé, et qu'en fait tu as perdu peut-être 6 mois. Et ça, ça va arriver dans la vie d'un business. Nous, ça nous est arrivé, tu vois. Je peux te raconter une histoire où en fait on avait décidé de recoder en entier la plateforme. On a passé 6 mois à bosser dessus, et en fait c'était vraiment un des pires échecs. Donc on a dû reprendre tout à zéro. Et globalement, dans la vie de Lemlist, on a perdu au total 1 an et demi, ce qui fait que pendant 1 an et demi, on était totalement bloqué avec la dette technique et qu'on a plus pu lancer de nouvelles fonctionnalités. Et en fait, ça, ça nous a poussé à moins innover, ça nous a poussé dans une sorte de mini plateau, on va dire, un gros ralentissement. Et c'est que quand on a décidé de lancer en fait cette innovation à nouveau, en ayant des fonctionnalités délivrées quasiment toutes les deux semaines ou tous les mois, qu'on a repris cette croissance et on a rattrapé un petit peu le retard qu'on avait pris. Mais ça, en fait, ça peut arriver. Et si on avait pas été rentable et que du coup on se retrouvait dans cette zone où en fait on peut plus payer les employés, bah en fait c'est horrible, et c'est vraiment pas une situation dans laquelle tu veux être. Pause boisson, ou il y a les sushis qui arrivent ? Ouais, 18h05, on va manger des sushis, ça génial !
Règle numéro 10 : il y a toujours une solution. Et ça, c'est un truc, je sais pas à quel stade tu es de ta boîte, mais il y a eu tellement de fois où je me suis dit "[ __ ] c'est la fin !", surtout au début. Donc je te raconte une histoire : en 2018, quand on lance Lemlist, moi je traquais à l'époque peut-être quatre métriques. La première métrique que je traquais, c'était le nombre de visites sur le site internet. Ensuite, je traquais le nombre de personnes qui créaient un compte. Ensuite, je traquais le nombre de personnes qui activaient – et l'activation, pour moi, en gros, c'était des personnes qui lançaient des campagnes de prospection – et enfin, je traquais le nombre de clients payants. Et en gros, je me rends compte qu'on a beaucoup de sign-ups, beaucoup de gens qui créent des comptes, mais par contre l'activation, donc le nombre de personnes qui lancent des campagnes, bah en fait ce chiffre-là, il est pas bon. Et donc moi je me dis : "OK, c'est bon, je vais refaire le produit en entier." Donc je réfléchis un petit peu, je regarde l'interface, je regarde les sessions – donc j'avais, tu peux enregistrer en gros ce que font les gens sur ton application, et tu peux voir après ce qui va pas, et là où il bloque, en gros – et donc à partir de ça, je décide de refaire entièrement le flow. Et là, on commence à avoir sur la communauté Facebook des messages d'insulte, des messages qui disaient : "Le support dit que c'est des gens qui ont voulu faire ces changements, mais qui a voulu faire ça si vous êtes vraiment des cons", etc., etc. Le support, en l'occurrence, c'était moi, parce qu'à l'époque j'étais solo. Euh, et donc du coup, je vois ça, et là je me dis : "[ __ ] c'est vraiment la merde !" Je vois qu'il y a un nombre de clients qui annulent leur abonnement qui est énorme. Pour vous dire la vérité, à l'époque, je crois que c'était 35 ou 40 % de la base client qui a annulé son compte. Donc là, je pense que la boîte, elle est finie, quoi ! Que en gros, dans un mois, on fait plus de chiffre d'affaires. On en faisait pas beaucoup à l'époque, hein, c'était vraiment au tout début, mais quand même, quoi ! Donc au début, je suis en mode total panique, et après je me dis : "OK, comment est-ce qu'on peut trouver une solution ?" Donc là, je prends les gens déjà qui se plaignaient le plus, je les prends directement en meeting, donc je fais des visios avec eux, j'essaie de comprendre ce qui allait pas directement sur le produit. Je comprends bien les problèmes en direct, les dev, ils étaient en train de tout modifier pour résoudre justement ces différents problèmes. Et en fait, rapidement, je vois que ces gens-là commencent à dire : "L'équipe est géniale, ils ont réussi à résoudre tous les problèmes en 2 secondes, ça fait vraiment plaisir d'avoir une boîte de logiciel où on nous écoute", etc. Donc en fait, j'ai transformé une situation qui était catastrophique en une situation d'opportunité, puisque j'ai eu beaucoup de feedback utilisateur, de gens qui étaient énervés, et donc j'ai compris quelles étaient les fonctionnalités les plus importantes. J'ai pu modifier en fonction de leurs besoins, donc ça a aussi arrangé plein d'autres personnes. Et à côté, la métrique que moi je traquais tout le temps, qui était l'activation, ben en fait elle a doublé ou triplé à l'époque. Et donc notre taux de conversion aussi, entre sign-up et clients payants, a triplé. Ce qui veut dire qu'on a eu un mois où, en fait, entre les nouveaux clients et ceux qui avaient annulé et que j'ai jamais pu récupérer, parce que je pense que la confiance était un peu cassée, ils étaient un peu frustrés – ce que je peux comprendre – ben en gros, on a eu ce mois assez plat, et le mois d'après, c'était notre plus gros mois, et le mois d'après encore notre plus gros mois, et ainsi de suite. Donc il y a toujours une solution. Et il y a eu des fois aussi où – je peux pas partager tout dans les détails – mais il y a eu un moment, il y a quelques années, on a eu un problème avec Google. Ils envoyaient du coup des emails vers une adresse qu'on regardait pas tout le temps, et donc ils nous ont recontactés à un moment sur la bonne adresse en nous donnant une deadline de, je crois, 3, 4 jours pour changer énormément de choses sur le texte, sinon ils nous coupaient les accès. Et donc là, à ce moment-là, bah on était OK, on a 3, 4 jours, on aura pas le temps de tout faire, euh c'est la fin, quoi ! Et ben à ce moment-là, pareil, tu te dis : "OK, si Google nous coupe les accès, qu'est-ce qu'on peut faire ?" Bah là, tu essayes de trouver des solutions, et donc d'un coup tu te rends compte qu'en fait ton business, il est pas dépendant uniquement de ça. Et après, petit à petit, en fait, tu trouves des solutions même à des problèmes qui existaient pas. Tu mets le jus de cerveau de plein de personnes en commun, et ça, en fait, une fois que tu fais ça, une fois que tu passes dans ce mode de "il y a toujours une solution, où il faut trouver des solutions", en fait tu enlèves ce côté paralysant qui peut y avoir quand tu as un problème qui te tombe sur la tête, et tu te dis : "Oh [ __ ] c'est la fin !" Donc limite, maintenant, quand il y a des gros problèmes, je me dis juste : "Bah évidemment, je vais avoir peut-être 30 secondes où ça va me faire chier comme tout le monde, mais après je vais me dire : OK, comment est-ce qu'on fait maintenant pour trouver une solution ?"
Règle numéro 11 : promis, je vais pas faire des danses TikTok ! Sois fier de ce que tu fais, ou ne le fais pas. Ça, je pense que c'est super important, et je vais vous raconter une petite histoire. Il y a une phrase que j'aime bien de GaryVee qui dit : "Quel est le ROI de ta mère ?" Et en fait, comme ta mère, c'est elle qui t'a mis au monde techniquement, c'est très dur de mesurer son ROI. Et en fait, je trouve que dans les boîtes aujourd'hui, il y a un peu cette obsession autour de la data. Les gens adorent s'appeler "data-driven", alors que la plupart du temps, ils comprennent rien à la data. La data, ça peut être extrêmement complexe, et donc les gens veulent investir énormément d'argent pour faire ce qu'on appelle des modèles d'attribution : c'est-à-dire, on a envie de rendre le business scientifique. Pourquoi scientifique ? Puisqu'on veut te dire : quand tu fais A + B, ben en fait tu auras C. Et ça, c'est scientifique, ça rassure tout le monde, ça rassure les investisseurs, et c'est pour ça aussi que les boîtes qui lèvent énormément d'argent investissent essentiellement dans des ads. Pourquoi les ads ? Parce que tu peux tracker : quand tu investis 1 €, 2 €, 10 €, 100 000 €, combien ça te rapporte d'argent. Alors qu'en fait, dans le marketing, il y a plein de choses que tu peux pas tracker. Cette vidéo, par exemple, je suis en train de vous parler, je vous parle de Lemlist, je vous parle de mes différents produits, peut-être qu'un jour vous direz : "Bah j'ai envie de faire de la prospection", et peut-être qu'un jour vous vous direz : "Peut-être je vais utiliser Lemlist." Est-ce que je vais savoir que cette vidéo a rapporté des clients à Lemlist ? Non. Et est-ce que j'ai envie de le savoir ? Non, je m'en fous ! Je fais cette vidéo parce que ça me fait plaisir de partager du contenu, ça m'aide moi personnellement à me rappeler de tout ce que j'ai fait dans l'entrepreneuriat, je suis content de faire des vidéos pour la personne que j'étais il y a 7 ans et qui aurait kiffé avoir des vidéos d'un mec qui partage en fait ses apprentissages. Voilà pourquoi je le fais. Et quand je crée du contenu, je vais être fier du contenu que je crée, et c'est pour ça que je le fais. Et en fait, ça, ça s'applique dans plein de choses dans le business, et c'est ultra important de le garder. Je vous avais annoncé 21 règles, les sushis sont arrivés, du coup je vous propose un truc : et la vidéo, je vois qu'elle va durer assez longtemps. Si j'ai 100 commentaires, je publierai la partie 2 avec les 10 autres règles pour réussir. Allez les petits loups, moi je vais manger, et je vous dis à très bientôt !