Transcription
Bon, vu le titre de la vidéo, on va d'abord commencer par dédramatiser le sujet, parce que nous sommes tous concernés par la blessure d'abandon, mais on ne réagit pas de la même manière. Les personnes qui connaissent un peu le sujet des styles d'attachement pourraient peut-être penser que seules les personnes qui ont un style d'attachement dans le spectre anxieux sont concernées par la blessure d'abandon. Elles auront donc plus tendance à développer des schémas de dépendance affective et à s'accrocher désespérément aux autres, avec des réactions émotionnelles très fortes, souvent déclenchées par des éléments insignifiants, mais qu'elles interprètent comme un signal d'abandon. Cela va faire ressurgir l'angoisse primitive de l'abandon.
C'est le cas pour les gens qui se reconnaissent dans le spectre anxieux des styles d'attachement dysfonctionnels. Mais c'est une idée reçue que seules ces personnes sont concernées par la blessure d'abandon. La différence majeure entre les gens dans le spectre anxieux et les autres, c'est leur manière de réagir face à cette douleur. Cela se voit beaucoup plus chez les personnes dans le spectre anxieux, car c'est évident à voir. On voit que la personne a peur de l'abandon et a des réactions fortes. Mais chez les autres, c'est beaucoup plus subtil et cela se manifeste différemment, avec des attitudes et des comportements maladaptatifs qui sont plutôt dans des tendances d'évitement.
Même les personnes les plus évitantes sont extrêmement terrifiées par l'abandon, mais cela se passe à un niveau beaucoup plus inconscient. Elles ne vont pas l'exprimer de la même manière, et la plupart des gens dans ce cas-là ne sont pas conscients qu'ils ont une peur de l'abandon. Pour ces gens-là, le comportement maladaptatif principal est : "j'abandonne pour éviter d'être abandonné." Les évitants ne permettent pas aux autres de se rapprocher d'eux, de rentrer dans leur monde affectif et émotionnel. Ils évitent d'ouvrir leur cœur, ne font pas confiance aux autres, évitent les conflits, se renferment sur eux-mêmes, ou bien proposent une petite ouverture, puis se referment complètement.
Ils peuvent aussi mettre fin à une relation de façon assez abrupte. Mais en fait, la racine de fond est la même : c'est la peur d'abandon. Les sauveurs et les satisfacteurs sont aussi concernés, tout comme les personnes qui sont dans un schéma de servitude. Toutes ces personnes sont également inconsciemment terrifiées par l'abandon, même si elles peuvent donner l'impression d'être des personnes super indépendantes et débrouillardes. Mais la racine est la même, même s'il y a des couches qui se sont superposées de croyances, de comportements et de schémas maladaptatifs qui pourraient donner une impression différente.
Il y a aussi un autre type de personnes, celles qui ont des schémas plutôt de réaction agressive. Au fond d'eux-mêmes, ils sont terrifiés par l'abandon, mais leur angoisse est déguisée par cette agressivité. Ce sont des individus qui portent un masque et qui sont incapables d'admettre, ou même de penser une seule seconde, qu'ils sont terrifiés par l'abandon. Restez jusqu'à la fin, car ce que je vais partager avec vous dans la dernière partie de cette vidéo va vous surprendre, mais cela risque aussi de transformer à tout jamais votre vie, dans le sens positif, bien sûr.
Je vous parlerai du lien entre votre santé métabolique et votre santé mentale, et comment cela peut avoir une influence sur vos émotions. Dans la première partie, on va essayer de se pencher un peu plus sur le côté mental et psychologique de la blessure d'abandon. La première fois que j'ai entendu l'histoire du Petit Poussé, je crois que j'avais 7 ou 8 ans, et je me souviens d'avoir été complètement sidéré par l'idée qu'on pouvait abandonner ses propres enfants dans les bois, seuls, complètement démunis pour faire face au danger de la vie sauvage.
Mais un peu plus tard, à l'âge adulte, j'ai compris que l'abandon est une expérience assez universelle. Il n'est pas obligatoire d'être abandonné dans les bois, devant un orphelinat ou dans une station de service, pour avoir l'impact de la blessure d'abandon. L'absence de soutien émotionnel, l'absence d'attention, d'affection, de proximité de la part des personnes clés lorsque vous étiez petit, lorsque vous étiez vulnérable et dépendant, ce manque d'attention et d'affection peut entraîner un stress insurmontable pour le tout petit. Cela va engendrer plus tard une anxiété, une empreinte de cette angoisse terrifiante de l'abandon.
Le problème, c'est que l'abandon est une blessure invisible et souvent non reconnue, surtout chez les personnes qui ne sont pas dans le spectre anxieux, qui sont plutôt dans les autres tendances. Elles ont donc du mal à faire le lien entre leur schéma maladaptatif et l'angoisse d'abandon. Lorsque cette blessure reste non soignée, elle va continuer indirectement à diriger vos choix, à diriger vos comportements, à votre insu dans la plupart des cas, parce que vous n'en êtes pas conscient. Cela fonctionne un peu en arrière-plan. En d'autres mots, vos choix et vos décisions sont influencés au niveau inconscient par un sentiment perpétuel d'insécurité.
Chacun d'entre nous a sa manière singulière de réagir et de se défendre face à l'insécurité. Pete Walker, l'auteur du livre "Complex PTSD: From Surviving to Thriving", propose une modélisation en quatre schémas de survie maladaptatifs : le combat, la fuite, la sidération et la servitude. Une réaction de survie est tout à fait normale et légitime face à un danger, une menace réelle. Mais là, on ne parle pas de ça. On parle de notre cerveau qui continue de nous envoyer des signaux en nous indiquant que nous sommes en danger, alors qu'en fait, ce n'est pas le cas.
Parce que vous avez grandi dans un environnement émotionnel chaotique, vous n'aviez pas le soutien dont vous aviez besoin pour vous sentir en sécurité. Votre cerveau s'est habitué à fonctionner dans ce mode d'urgence. Vous n'avez pas appris à vous sentir en sécurité dans votre corps. Vous avez donc sursollicité votre système nerveux de défense, et c'est devenu un conditionnement durable dans votre façon d'interagir avec les autres et avec certains stimuli de l'environnement. Autrement dit, votre système nerveux est constamment aux aguets et il est constamment en train de vous préparer à déployer des stratégies de défense.
Soit il vous prépare à fuir, à combattre, à sidérer ou bien à la servitude. Mais cela vous maintient dans un cycle répétitif de comportements et de résultats insatisfaisants. Ces stratégies maladaptatives deviennent ensuite ancrées dans votre personnalité. Je ne vais pas m'étaler sur l'explication de ces quatre stratégies maladaptatives, mais je pense que si vous voulez vraiment vous en sortir, si vous voulez guérir votre blessure d'abandon, vous devez d'abord comprendre votre propre style maladaptatif qui vous est unique, c'est-à-dire comment vous réagissez automatiquement face au sentiment d'insécurité.
En comprenant cela, vous allez pouvoir déconstruire votre peur de l'abandon. Je sais que vous n'avez probablement pas le temps de lire un ouvrage de 600 pages en anglais qui n'a pas de traduction en français. C'est pour ça que je mets à votre disposition un document synthétique en français de ces quatre schémas, en me basant sur le travail de Pete Walker. Je vous invite à télécharger le document, vous trouverez le lien indiqué dans la description. Sinon, vous pouvez toujours retrouver les ressources offertes en allant directement sur mon site.
Par exemple, la dépendance affective induite par les traumatismes de l'enfance est un syndrome d'abdication. Ce lien de dépendance traduit une incapacité à exprimer ses besoins, à exprimer ses droits, à exprimer ses limites d'une façon saine dans une relation. Ce schéma est fondé sur la peur d'abandon et un trouble d'affirmation de soi. Si vous vous reconnaissez dans cette catégorie, il est très probable que vos parents, directement ou indirectement, vous aient appris qu'il était dangereux d'exprimer vos besoins. L'expression de vos besoins affectifs était synonyme d'accusation. Ces accusations vous rendaient coupables d'être une personne indigne.
Autrement dit, vos parents, par leurs comportements, par leurs attitudes, par leurs paroles et même leur langage non verbal, l'indisponibilité affective, vous ont enseigné indirectement qu'il était difficile de vous aimer. Et ça, c'est la racine même de la blessure d'abandon. Une autre idée reçue sur la blessure d'abandon est qu'il faut des années et des années de travail sur soi pour en guérir. Certains défaitistes vous diront qu'il est impossible de surmonter la blessure d'abandon et que vous allez finir votre vie comme ça. Mais si je vous disais que vous avez la possibilité de guérir, de réussir à surmonter cette blessure au bout de quelques mois, voire au bout de quelques semaines seulement ?
Une fois que vous vous sentez prêt, le changement sera beaucoup plus facile et beaucoup plus rapide. Est-ce que vous connaissez le film "Matilda", sorti en 1996 ? Le film raconte l'histoire de Matilda, une petite fille extrêmement intelligente, mais qui était négligée par ses parents. L'histoire de cette petite fille nous donne un exemple de résilience et de courage pour dépasser les obstacles. Au lieu de voir son intelligence comme un fardeau, comme le voient ses parents, Matilda l'accueille comme une partie précieuse d'elle-même. Elle trouve en elle des ressources précieuses et met en œuvre son intelligence pour s'en sortir, pour faire face à la détresse, pour surmonter cette blessure liée à l'abandon de ses parents.
La façon d'aborder votre blessure d'abandon va dépendre de votre propre style d'attachement et de votre stratégie maladaptative, mais le fond est le même : c'est votre système nerveux qui est déréglé. Quand je parle de système nerveux et de cerveau, je pense que cela permet à tout le monde de dédramatiser les choses, parce que vous savez qu'il y a une partie de votre cerveau qui fonctionne toujours comme si vous étiez encore un enfant. Donc, le travail que vous allez faire consiste à reprogrammer votre cerveau, c'est la partie primitive de votre cerveau. Vous avez besoin de lui réapprendre à vous sentir en sécurité.
Je suis bien consciente que ma manière de présenter le sujet peut donner l'impression que je simplifie, que c'est une thématique beaucoup plus complexe. Mais c'est mon intention de vous simplifier les choses, de vous dire que vous pouvez vous en sortir, de vous transmettre un message d'espoir, mais à condition d'être prêt à changer. Je ne vous dis pas que vous allez transformer radicalement votre vie au bout de quelques semaines. Je vous dis qu'au bout de quelques semaines, vous pouvez constater les premiers résultats positifs. Ces résultats positifs vous donneront ensuite envie de continuer. Vous allez créer un cercle vertueux qui va engendrer un sentiment de satisfaction, et ce sentiment de satisfaction vous donnera envie de refaire les mêmes actions positives.
Je ne vous dis pas que c'est facile, vous allez certainement traverser un passage difficile. Alors, dans un premier temps, une règle de base : tenez un journal. Essayez de noter, essayez d'observer vos pensées, vos émotions, vos comportements et tout ce qui est en lien avec votre angoisse de l'abandon. Vous aurez aussi besoin de déterminer les facteurs ou les stimuli extérieurs qui déclenchent ces réactions, ce qu'on appelle les déclencheurs ou les rappels conditionnés. Si vous êtes dans le spectre anxieux, qu'est-ce qui déclenche vraiment cette anxiété d'abandon ? Est-ce que lorsque quelqu'un ne répond pas à votre SMS au bout de deux heures, c'est la panique à bord ? Si c'est le cas, prenez quelques instants, puis prenez une profonde respiration. Essayez de faire une activité constructive pour briser cette spirale, comme sortir faire une petite promenade, appeler un ami, proposer une activité ensemble, ou n'importe quelle autre activité qui vous permettra de déplacer votre attention momentanément sur autre chose.
Cela vous permet de briser cette boucle. Si vous êtes dans le spectre évitant, j'imagine que si vous êtes là, c'est que vous êtes conscient, au minimum, de votre angoisse de l'abandon. Essayez de chercher les éléments qui déclenchent votre évitement. Par exemple, est-ce que c'est quand quelqu'un que vous appréciez vous montre des élans d'affection ? Est-ce que cela vous fait peur ? Pourquoi cela vous fait-il peur ? Ensuite, faites volte-face. Avez-vous conscience de l'impact de votre comportement sur les sentiments de cette personne ? Vous pouvez vous entraîner par un exercice de visualisation.
Dans cet exercice, vous pouvez imaginer cette personne que vous appréciez, et vous la laissez se rapprocher un peu de vous, progressivement. Plus vous prenez conscience de ces éléments, plus vous aurez la possibilité d'agir différemment. Petit à petit, vous allez créer une nouvelle neuroplasticité, c'est-à-dire que vous allez reprogrammer votre cerveau. Mais vous savez quoi ? Ce n'est pas uniquement de l'ordre du mental, parce que cette blessure est aussi dans votre corps. Votre corps, cela comprend le système nerveux, le cerveau, mais aussi votre santé, tout ce qui compose votre corps.
Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un aspect particulier de votre corps : c'est votre santé métabolique. Je vais juste ouvrir une parenthèse, je ferai peut-être une vidéo un peu plus détaillée là-dessus, mais tout est lié. La plupart des gens qui ont des problèmes d'ordre psychologique ont aussi des soucis insoupçonnés d'ordre métabolique. Le concept de métabolisme n'est pas uniquement limité au fait de brûler des calories. C'est un élément fondamental dans la définition de la vie. C'est le processus de tous les organismes vivants pour convertir la nourriture en énergie, mais aussi en éléments constitutifs pour maintenir et construire les tissus, donc les cellules de notre corps.
Le métabolisme comprend également la gestion efficace des déchets, et il existe une structure cellulaire centrale qui est impliquée dans notre métabolisme, appelée la mitochondrie. Mon but n'est pas de faire un cours de biologie, d'autant plus que ce n'est pas mon domaine, mais je pense qu'il est crucial d'avoir un minimum de connaissance sur le fonctionnement de notre corps et de notre cerveau. Tout le monde devrait avoir un minimum de connaissance là-dessus. Pourquoi je vous en parle ? Pourquoi est-ce que vous devez connaître cette information cruciale ? Pourquoi est-ce que cela pourrait transformer votre vie ?
Parce que ces structures cellulaires, les mitochondries, jouent un rôle central dans votre métabolisme énergétique, mais aussi dans le contrôle des réponses au stress de votre système nerveux. Le docteur Christopher Palmer, professeur en psychiatrie à l'université de Harvard, propose une nouvelle perspective révolutionnaire pour traiter les troubles psychologiques. Dans son livre intitulé "Brain Energy", il détaille le lien entre la santé métabolique et la santé mentale. D'ailleurs, il explique comment ces mitochondries constituent le lien unificateur entre votre santé mentale et votre santé physique.
Cette structure cellulaire est impliquée dans de nombreux processus en lien avec l'équilibre de notre cerveau, le contrôle des neurotransmetteurs, l'équilibre hormonal, la qualité du sommeil, mais aussi dans les processus inflammatoires, la santé du microbiote, et vice versa. C'est-à-dire que les mitochondries sont affectées positivement ou négativement par plusieurs facteurs, notamment les traumatismes de l'enfance, le stress, le régime alimentaire, l'exercice physique, les médicaments, l'alcool, la cigarette, etc. Vous vous demandez peut-être quel est le lien entre ce que je vous raconte sur le métabolisme et votre blessure d'abandon. Eh bien, le lien est que notre esprit n'est pas dissocié de notre corps.
Le professeur Palmer n'exclut pas l'importance des traitements classiques des problèmes d'ordre psychologique, d'ordre psychiatrique d'une façon générale, mais il établit un lien évident entre, d'une part, l'amélioration de la santé métabolique et, d'autre part, l'amélioration significative de plusieurs symptômes en lien avec la santé mentale, tels que la dépression et l'anxiété. Vous savez ce qui affecte négativement notre métabolisme, surtout pour les personnes sujettes à des problèmes métaboliques ? Eh bien, c'est la consommation excessive de glucides et le manque de certains nutriments, notamment certains acides aminés et acides gras essentiels dans l'alimentation.
Je ne parle pas de compléments alimentaires, même si cela peut aider, mais à mon sens, rien ne peut remplacer un apport suffisant dans l'alimentation de ces acides gras et acides aminés. C'est juste une suggestion, pour que vous puissiez avoir des pistes pour creuser le sujet. Et si l'amélioration de votre métabolisme était la clé de votre transformation ? Je ne vous dis pas que cela va résoudre tous vos problèmes de la vie ou vos problèmes psychologiques, mais cela va vous aider à accélérer la résolution des problèmes d'ordre psychologique. Cela va vous donner une bonne base, un peu comme un ordinateur qui a à la fois la partie matérielle et la partie logicielle. Les deux ne sont pas dissociés.
Nous, si on n'est pas dissociés de notre corps, les deux fonctionnent ensemble : notre esprit et notre biologie. Si vous voulez, je ferai une vidéo détaillée pour vous parler du travail remarquable du docteur Christopher Palmer. Mon but ici était surtout de partager avec vous quelques pistes d'amélioration et de guérison, surtout qui peuvent vous aider tout de suite. Parce que si vous pouvez améliorer votre hygiène de vie, améliorer votre alimentation, je vous assure qu'au bout de quelques jours, déjà, vous allez commencer à voir les premiers résultats. Imaginez les résultats au bout d'un mois, au bout de deux mois. Enfin, n'oubliez pas de mettre un pouce. Je vous dis merci beaucoup pour votre écoute et à bientôt.