Transcription
Une zone humide est un terrain gorgé d'eau de façon permanente ou temporaire. La végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles, c'est-à-dire des plantes qui se développent grâce à la présence d'eau dans le sol. Les zones humides peuvent revêtir plusieurs aspects : tourbières, prairies ou forêts humides, marais, et se trouvent parfois là où on ne s'y attend pas.
Mais quelle que soit leur forme, les zones humides assurent des fonctions indispensables à l'homme. Tout d'abord, elles nous procurent 25 % de l'alimentation mondiale à travers des activités de culture, de pêche et de chasse. 50 % des espèces d'oiseaux se nourrissent ou nichent même sur les zones humides. En exemple, l'emblématique courlis vient se nourrir; vous avez le râle des genêts aussi, qui vient régulièrement dans notre région; vous avez le grèbe castagneux et vous avez aussi le bruant des roseaux, un petit passereau pas trop facile à voir, mais que vous allez certainement entendre chanter.
Les zones humides sont primordiales pour les batraciens : grenouilles, crapauds, salamandres. Vous avez des espèces comme la rainette verte ou les grenouilles rousses qui dépendent de ces milieux. Les insectes, et notamment les odonates (libellules), dont les larves se développent dans l'eau avant de sortir sur la végétation, y trouvent aussi leur intérêt. D'un point de vue végétal, en France, il faut savoir que 30 % des espèces végétales menacées et remarquables vivent sur ce type de milieu. Comme ici, vous avez notamment la drosera, une plante carnivore qu'on va retrouver facilement sur ce site.
La préservation des zones humides ne se limite pas à leur intérêt biologique. Elles contribuent également à l'alimentation en eau des nappes phréatiques; certaines sont des réservoirs d'eau potable indispensables à l'homme. Le territoire de Belfort est un département petit mais relativement dense en population et en activité. Donc, les ressources en eau actuellement exploitées ne permettent pas de couvrir les besoins pour l'ensemble de la population et des usages. C'est également sur le bassin de la Savoureuse, qui est en déséquilibre quantitatif (les débits dans les cours d'eau ne permettent pas de satisfaire la vie des milieux aquatiques), que la situation est critique. Pour pallier ce déficit en eau, la communauté d'agglomération belfortaine importe notamment de l'eau qui vient directement de la rivière du Loup via l'agglomération de Montbéliard. Donc, les zones humides participent à l'alimentation en eau des nappes aquifères et des cours d'eau, contribuant indirectement à l'alimentation en eau potable pour les populations, mais elles permettent également de contribuer aux activités agricoles, industrielles et de loisirs. Elles ont également un pouvoir d'épuration qui leur permet de filtrer les pollutions. Les propriétés opératoires d'un sol dépendent de ses caractéristiques microbiologiques et physico-chimiques. On sait d'ailleurs, par plusieurs analyses, que la qualité de l'eau est meilleure à la sortie d'une zone humide qu'à son entrée, ce qui montre bien l'importance de ces zones.
Les zones humides ont également une autre vertu : elles nous protègent des crues et des sécheresses. On peut assimiler leur rôle à celui d'éponges, capables d'absorber l'eau en période humide et de la restituer progressivement en période plus sèche. Elles jouent un rôle important pour les collectivités, notamment sur l'atténuation des crues et le soutien d'étiage. Nous nous trouvons à Fontaine, dans le bas du village, qui est le lit majeur de la rivière Saint-Nicolas. C'est pourquoi, derrière nous, il y a cette grande plaine inondable : dès qu'il pleut, et en particulier au printemps et en automne, nous nous trouvons à Fontaine devant une plaine liquide. Ce sont des prairies de fauche ou de pâtures, car elles ne sont pas labourables, et bien entendu, on y fait aucun remblais ni drainage, puisque la fonction de ces plaines est de diminuer les crues de la Saint-Nicolas, de façon à ce que l'eau ne se retrouve pas brutalement en aval pour inonder les villes et les villages.
Trésors de biodiversité, capacité d'épuration, contribution à la ressource en eau, protection contre les inondations : les zones humides nous rendent bien des services. Pourtant, plus de la moitié d'entre elles ont disparu depuis le début du 20e siècle. Drainage, comblement, remblais, urbanisation, mais aussi boisement ou remise en eau d'anciens plans d'eau sont les causes de la disparition des zones humides. Les travaux en cours d'eau peuvent également avoir de lourdes conséquences. Aussi, en cas de projet d'aménagement, une réglementation a été établie et doit être respectée. Elle fait l'objet de la vidéo suivante.