Transcription
Est-ce que je vis en dictature ? Est-ce que je ne suis pas libre ? Si je ne peux pas critiquer mon gouvernement, le gouvernement du pays dans lequel je vis ?
En lisant vos commentaires, parce qu'en général, hein, je les lis tous, c'est rare que j'en rate. C'est quelque chose que j'ai vu passer et repasser assez régulièrement, cette notion de "un pays libre". C'est un pays dans lequel on peut critiquer le gouvernement, et si on veut soi-même pouvoir être libre, il faut pouvoir critiquer le gouvernement. Aujourd'hui, c'est une question qu'on va réellement adresser.
J'ai vu ça dans un commentaire sous la dernière vidéo, et voilà, ce n'est pas le premier qui m'intéressait là, c'était vraiment le second. Et là, ça parlait du Cambodge, mais j'ai vu souvent ça passer sur la Russie, sur la France, sur le Belarus évidemment.
Alors, sans tourner autour du pot, je pense qu'il y a une réponse qu'on peut donner déjà très clairement, c'est que si tu es un immigré, oui, parce qu'un expatrié, c'est un peu comme un immigré. Tu vois, la différence, elle est dans le choix sémantique de la personne qui s'exprime. Mais en pratique, il n'y a pas tellement de différence entre un immigré et un expatrié. Dites-moi d'ailleurs ce que vous en pensez, parce que souvent il y a des gens qui aiment me reprendre : "Non, ça, c'est pas un expatrié, ça, c'est un immigré", ou l'inverse. Pour moi, sincèrement, je ne vois pas de différence majeure entre les deux. Même, tu sais quoi ? Je n'en vois pas, je m'en fous.
Mais revenons au sujet. Si tu es un immigré, un expatrié, tu n'as absolument pas à critiquer le gouvernement ou le pays qui t'accueille. Ça, c'est déjà l'évidence. Tu vois, demain je viens chez toi, tu m'héberges, tu me montres ta maison, tu me présentes tes amis, tu m'assois à ta table. Moi, je ne me permets pas, bah, de rentrer dans ta salle de bain te dire : "Bah, ta douche là, tu vois, moi, je n'aurais pas mise là, puis ton lit, franchement, tu n'as pas dû le payer cher, non ? Ton canapé, ouais, tu ne veux pas le mettre plutôt là-bas ? Non, parce que tu sais, moi, le canapé, franchement, je le mettrai là-bas, tu sais, ta femme... Ah ! On a éteint la lumière. Tiens." Bon, j'espère que vous voyez encore.
Donc, déjà, voilà, si tu es expat, c'est très déplacé. Je me souviens, par exemple, de la question de la Russie. Voilà, alors on remonte à des années en arrière, hein, il n'y avait pas encore eu la guerre en Ukraine. Il n'y avait pas encore de de lois euh tacites euh où on devait détester les Russes et la Russie. Mais euh, je me souviens, voilà, d'amis russes en Russie, bah, qui éventuellement se plaignaient avec des étrangers de leur gouvernement, simplement de comment les choses se passaient en Russie. Et là, bah, les étrangers en question, ils se sentaient libérés. Du coup, bah, ils avaient l'impression d'aller dans le sens des Russes en le disant : "Ouais, il y a ça qui va pas, ça, ça, le gouvernement, le président, le machin, le truc." Sauf que rapidement, en fait, les gens, à un moment, ils se sentent attaqués eux-mêmes dans leur identité. Quand tu critiques leur pays, eux, ils ont le droit, c'est chez eux, ils votent, ils y sont nés. Mais toi, quand tu critiques leur pays, rapidement, même si éventuellement au départ ils sont d'accord avec toi, il y a un moment où tu te mets les gens à dos, où tu les vexes, en fait.
Donc, pour bien des raisons, quand tu es expat, quand tu es immigré, bah, si tu as choisi ce pays-là, c'est que quelque part, il doit te convenir. S'il te convient pas, ne critique pas le gouvernement, change-en.
Mais maintenant, positionnons-nous différemment. Voyons maintenant, vraiment, dans l'essence même du pays. Est-ce que toi, tu peux y être libre en tant que citoyen, ou simplement est-ce que c'est un pays libre ? Si tu as le droit ou pas de critiquer le gouvernement, de critiquer l'État. Comme il était là dans le commentaire, on parlait de l'État, mais je pense que dans l'inconscient des gens, c'est la même chose : gouvernement et État.
Alors, j'aimerais donner l'exemple déjà d'un pays que je connais bien, que tu connais peut-être encore mieux que moi : la France. En France, tu as parfaitement le droit de critiquer le gouvernement. D'ailleurs, tu sais quoi ? Tu le fais. Que ça change ? À mon sens, rien. Je ne vois pas de changement. Je vais dire même plus : en France, tu n'as pas le droit de ne pas critiquer le gouvernement. Et ça, je suis bien placé pour te le dire. Je me souviens, il y a peut-être un an ou deux en arrière, j'avais fait une vidéo où je disais : "Bah, là, tu vois, pour une fois, je trouve qu'ils ont fait un truc pas mal du tout, même plutôt un truc bien." À l'époque où Emmanuel Macron avait décidé de dégager les dealers, les vendeurs de drogue et d'armes de Telegram, ça me paraissait bien. Ça me paraît toujours être bien, maintenant, tu vois. Je pense qu'il faut être adulte et pouvoir faire la part des choses. Bah, je me suis jamais autant fait descendre par vous. Je dis "vous", c'est les gens qui regardent. Pourquoi ? Parce qu'en France, non seulement on a le droit de critiquer le gouvernement, mais quelque part, par dictat, on a l'obligation de critiquer le gouvernement.
Est-ce que ça vous rend plus libre ? Peut-être oui, en parole. Oui. Euh, en acte, est-ce que ça change quelque chose ? J'ai vraiment pas l'impression. Les choses restent les mêmes, voir en pire. Mais tout le monde, effectivement, critique le gouvernement. Si tu veux être un vrai rebelle aujourd'hui, là, au moment où je te parle, ben vas-y, donne, ne serait-ce qu'en partie, raison à des décisions politiques du gouvernement français. Tu verras que tu vas te retrouver seul, très seul. Et franchement, les gens aujourd'hui qui arrivent à assumer publiquement le fait que "Ouais, là, tu vois, je trouve que le président il a pas, il a bien fait", ben franchement, eux, eux, c'est des vrais rebelles aujourd'hui. Eux, ils ont vraiment, tu vois, du courage parce que euh, bah parce que voilà, pour l'avoir tenté, tu te prends absolument tout le monde à dos.
Maintenant, si tu prends l'exemple de pays où explicitement ou implicitement, ben c'est mal vu, c'est compliqué de critiquer le gouvernement, et je pense à tout un tas de pays, hein, mais en fait, ce sont une majorité de pays dans le monde. Si on sort bien sûr euh des pays dits de l'Occident, voire de l'Occident collectif selon qui s'exprime, il y a plein de pays en Asie du Sud-Est. Critiquer le gouvernement, c'est compliqué. Tu vois, la Thaïlande, le Vietnam, Singapour, la Chine, la liste est longue, hein. Mais si tu vas évidemment au Belarus, en Russie, critiquer le gouvernement, ça dépend ce que tu dis, en fait. Ça dépend ce que tu dis. Tu peux dire que là, le pont, bah, il est un peu bizarre, il est un peu mal fait, il est un peu mal foutu, et il n'a aucun aucun souci. Tu peux dire que voilà, telle loi, telle décision sur telle chose. Oui, bien sûr. Maintenant, faire ce que les gens font en France, de la critique dans le sens à la française, à l'américaine éventuellement, bien sûr, on n'est pas les Français ne sont pas les seuls occidentaux du monde, mais où on insulte l'autre, où on critique systématiquement tout ce qui est fait, à dire que tout est pourri, tout est de la merde. Et ça, c'est sûr que dans un tas de pays dans le monde, c'est mal vu. Et je parle pas simplement de la part d'un expatrié, de la part d'un immigré, mais de la part d'un citoyen aussi.
Est-ce que tu y vis moins libre ? Et bien, ma foi, ça dépend ce que tu veux faire. Si tu veux faire carrière dans l'opposition politique, éventuellement oui, tu peux te sentir moins libre. Euh, il y a pas mal de gens qui m'ont parlé d'une loi en Russie sur l'interdiction de critiquer les actions de l'armée russe. Ah bah ouais, si tu voulais vivre en pouvant critiquer chaque jour les actions de l'armée russe et que tu décides de t'installer en Russie, à ce moment-là, ouais, ta liberté va être impactée. Mais sincèrement, est-ce que tu as vraiment besoin de ça ? Moi, je veux dire, j'en ai pas besoin, je m'en fous. Tu vois, c'est mon troisième hiver que je passe ici au Vietnam. Je vais te faire une confidence : je sais même pas comment il s'appelle le président. Je ne sais pas comment il s'appelle le premier ministre. Ça ne me concerne pas. Moi, ce qui me concerne, c'est ça. Tu vois ? Moi, ce qui me concerne, c'est ma vie là au quotidien. Qu'est-ce que je fais moi ? Comment se comportent les gens autour de moi ? Qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je ne peux pas faire ? Qu'est-ce qui se passe bien pour moi ? C'est ça qui m'importe. Et ma foi, si je vis dans une société saine, avec des infrastructures qui sont bonnes, dans un pays qui me convient dans les grandes lignes, qui m'offre une vie agréable, même, je vais pas dire juste acceptable, mais agréable, bien, quelque part, c'est tout ce que je lui demande.
Si un jour je deviens citoyen d'un autre pays que la France, c'est-à-dire que je m'intéresse à son devenir au point d'obtenir le droit de vote et d'aller dans les urnes, à ce moment-là, peut-être que j'aurai un ressenti différent. Si j'avais des enfants, par exemple, et si mes enfants étaient citoyens de ce pays-là, alors peut-être oui, que j'aurai un ressenti différent. Peut-être que c'est pour ça que les gens en France sont aussi passionnés par la question politique, parce que ils y voient leur avenir. Beaucoup, même s'ils veulent partir, même s'ils sont déjà partis, ils ont oublié que leur avenir n'était pas forcément lié à celui de la France. Je veux dire, la France, pas en tant que pays territorial, mais en tant qu'entité politique.
Mais cela dit, vous verrez, hein, un jour, quand on est parti pendant suffisamment longtemps, qu'on a suffisamment tourné la page, en fait, on peut en parler sans passion. Moi, ce qui se passe en France, je ne vais pas vous dire que ça ne me touche pas. Non, ça peut être de la peine, mais pas plus que ou pas moins que ce qui se passe, bah, en Belgique, ou que ce qui se passe en Grande-Bretagne, ou au Canada. Je trouve malheureux que les choses aillent mal. Je trouve malheureux que des gens soient malheureux, soient déprimés et vivent des vies déprimantes avec cette idée de "ça va de plus en plus mal et on ne s'en sortira pas".
Donc, personnellement, je pense qu'on peut tout à fait vivre très, très bien sans avoir le droit de critiquer ou même le besoin de critiquer un quelconque gouvernement, du moment que on est libre de choisir le pays dans lequel on vit, donc la société dans laquelle on évolue, donc le gouvernement sous lequel on vit, parce qu'on vit toujours sous les règles d'un gouvernement ou d'un autre. Alors, si on est libre de le choisir, à ce moment-là, on a aucunement besoin de le critiquer. Et à mon sens, ce n'est pas du tout là-dedans que réside notre liberté. Mais notre liberté, elle est exactement dans la possibilité de choisir là où on vit.
Si toi, tu veux pouvoir choisir là où tu vis, j'ai mis un quiz gratuit à ta disposition. Il est gratuit, ça te prend 2 minutes. Tu as un algorithme intelligent derrière qui va te dire comment, selon ta situation, selon ton niveau de revenu, ta situation familiale, tes besoins, tes désirs, tu vas pouvoir devenir libre géographiquement, c'est-à-dire libre de vivre là où tu l'entends. Ça prend 2 minutes et tu auras des réponses adaptées à ta situation, sur mesure.
Sur ce, je vous souhaite, j'allais vous dire une bonne nuit, parce que bah, il fait nuit ici, mais peut-être pas au moment où vous regardez la vidéo. Dans tous les cas, je vous remercie du visionnage. Je vous dis à la prochaine.