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GIORDANO BRUNO - L’imagination pour faire face à l’adversité

Nouvelle Acropole France1:08:18

Transcription

Pour la pensée de Turnano Bruno, la tragédie du monde dans lequel nous sommes aujourd'hui, c'est que pour la plupart de nos contemporain, les images intérieures qui les habitent ne sont que les reflets diffractés et en aucun cas choisis du monde extérieur dans lequel ils sont en train de vivre. Ce qui produit une espèce d'effet larsen tragique vers toujours plus de violence, de bêtises et d'ignorance.

La proposition de Giordano Bruno, c'est de choisir nos images et donc de choisir le monde intérieur dans lequel nous vivons. Nous allons donc euh prendre un temps pour partager ensemble la pensée de Jordano Bruno qui est quelqu'un dans la trajectoire me touche beaucoup. Nous pourrions dire qu'il est à la fois mystique, révolté et qu'il a cette approche toute particulière de connaître et de vouloir faire partager une science de l'âme, une approche. Il y a quelque chose de rigoureux dans le chemin qu'il a balisé et c'est cela que nous allons essayer de découvrir. Il y a une phrase qui n'est pas de lui mais qui pourrait synthétiser sa pensée qui dit l'adversité est le terrain d'expression de la vie intérieure. l'adversité est le terrain d'expression de la vie intérieure. Puisque donc nous allons parler ce soir du rôle de de l'imagination et de comment elle nous conduit et nous accompagne dans les moments parfois les plus périlleux de l'existence. C'est en cela que la pensée de Jordan Bruno peut nous accompagner.

Alors quelques mots pour situer le personnage. Il rentre chez les Dominicain à 17 ans. Il se fait remarquer par ses capacités d'apprentissage et rapidement son érudition exceptionnelle. Il prend comme nom de Moine Giordano, celui d'un ses maîtres de métaphysique et approfondit peu à peu l'enseignement. Mais il apparaît qu'il a d'autres lectures et notamment un certain Erasme. Ce qui lui causera nombre de soucis. des procès vont lui être intentés et sa situation va rapidement devenir de plus en plus difficile. Une dizaine d'années plus tard, il a 28 ans, il claque la porte du monastère en disant "Je préfère le ciel à cette cage."

Donc voilà le personnage et ce qui nous intéresse, c'est à la fois ce qui va être son parcours, l'enseignement qu'il va transmettre durant les 20 années qui suivent dans lesquelles il va littéralement sillonner l'Europe des longs en large. il se fait rapidement connaître pour ce qu'il appelle l'art de mémoire. Et vous allez me dire "Mais ce soir, on est là pour parler de l'imagination mais justement l'art de mémoire de John Nano Bruno est un art qui repose sur l'imagination.

Alors, il va passer par les différentes cours européennes. Il aura même une protection toute particulière en France qui lui sera donnée par le roi Henri II émerveillé par sa science puisqu'il va devant lui d'une manière un peu phénoménale montrer l'incroyable de ses talents. sa capacité à mémoriser des textes extrêmement longs, à réciter dans l'ordre, dans le désordre des listes de mots, de concepts sans jamais se tromper. quelque chose comme une aura mystérieuse l'entoure et il commence à enseigner et à professor sulfureuses pour l'époque puisqu'il enseigne que notre monde n'est pas le seul monde habité, que l'univers est infini, que bien sûr, comme le dit Copernic que la Terre n'est pas au centre de l'univers, mais plus encore qu'il existe d'autres soleils, d'autres mondes habité, que la vie et la conscience se déploient partout dans l'univers et que Dieu n'est pas un vieillard barbu assis sur son trône, mais une intelligence spirituelle présente au sein de chaque atome. Donc pour l'inquisition, comme vous vous en doutez, il y avait là déjà comment dire mesure à rétorsion. Il va être suivi, échappé plusieurs fois à ceux qui le poursuivraient. il va passer à Oxford et ridiculiser les savants de l'académie qui vont l'accueillir en les traitant d'â et en disant à quel point leur intelligence limitée les rendait inaptes à comprendre la réalité du monde. Cette trajectoire va se finir lorsqu'il va accepter un rendez-vous qui s'avère un piège d'un de ceux qui se faisaient passer pour ses disciples et qui vont les conduire à la prison. il va rester dans cette prison des plombs des Venises pendant 7 années. Et on dit que une des raisons de la durée de cet emprisonnement, c'est aussi pour une part et s'approprier l'immense corpus qu'il laissait afin de réfuter chacune de ces idées qui étaient un peu sidérantes pour l'époque.

Donc cet art de mémoire qui repose sur l'imagination, c'est la force qui va lui permettre non seulement de résister à l'adversité, mais de transmettre une méthode au Jolier qui vient le chercher dans sa cellule pour le conduire au bûchet et qui lui dit lève-toi au prisonnier il répondra avec fierté qui de nous deux est le plus prisonnier toi de ta ignorance ou moi qui suis conscient et fait le choix de mes décisions et de mes actes donc on est face à quelqu'un de fier de conscient et de déterminé tout au long de son procè il va refuser de da sa parole, de d'abjurer ses écrits et face aux accusations, au contraire, il déploiera son enseignement en disant qu'il est logique, qu'il existe un univers infini et que notre conscience le soit tout autant puisqu'elle participe elle-même dès la substance de ce monde et de la manifestation.

Alors, quelle est la base puisque c'est ça qui nous intéresse de cet art de mémoire et comment fonctionne-t-il ? La base, c'est une méthode connue qui était utilisée dans la rhthorique, notamment dans l'antiquité qui pour permettre aux rhtoriciens, aux orateurs de suivre tout le déroul était long et argumenté, de visualiser un édifice et d'associer chacune des parties du discours à une des parts de cet édifice. en visualisant telle pièce, tel objet en lien avec telle partie, tel argument. C'est donc quelque chose d'intéressant mais d'en soi relativement limité. disons une forme de méthode némotechnique au 12e au 13e je suis obligé d'être assez sympathique on verra après avec vos questions. Cette cette méthode va connaître un nouvel écho dans les monastères et va être utilisé pour mettre en scène les vertus et le combat contre le vis dans une forme d'exercice d'imagination et de force morale pour donner des outils au moines tout au long de leur travail intérieur.

Donc le la proposition et la méthode de Jordano Bruno va s'appuyer 1 sur cette arme némotechnique. Deux, il va se déployer en reprenant ce substrat qui s'était développé dans les monastères. et troit s'enrichir de l'essentiel. La connaissance hermétique de la renaissance, la redécouverte des enseignements égyptiens et une somme d'enseignement ésotérique extrêmement précis. Donc il va proposer une combinatoire qui est une appropriation par la conscience des images mentales. Ce que découvre, redécouvre, déploie Jordan Bruno, c'est comment utiliser les images pour qu'elle féconde la conscience. et lui permettent de se déployer. Et surtout, il va euh exploiter quelque chose de tout à fait essentiel, le lien qu'il y a entre le monde des émotions et les images. Si les images que nous utilisons sont chargées d'une grande puissance émotionnelle, elles vont s'enraciner à l'intérieur de nous-mêmes avec d'autant plus de force. Il s'agit donc de choisir des images signifiantes qui seront portées par nos sentiments supérieurs les plus hauts et qui nous permettront le déploiement pas simplement d'un sentiment mais d'une compréhension et d'une connaissance. C'est donc un lien entre le monde émotionnel et le monde mental comme une espèce d'héros magique si vous voulez comme une espèce de de colle qui se fait par ce monde des sentiments et des émotions qui permet de construire un réseau d'images à l'intérieur desquels la conscience va se déployer.

Il va reprendre des tramaux antérieurs comme ceux de Rome Raymond Lul et proposer un schéma comment dire une construction, un système dans lequel ces images symboliques s'organisent les unes par rapport aux autres. La finalité de tout cela donner au pratiquant la possibilité de choisir son paysage intérieur. Vous pouvez écouter une conférence, lire un texte, marcher dans la rue et visualiser une image. En fonction de l'image que vous êtes en train de regarder, ce que vous êtes en train de vivre et de voir va être coloré d'une manière totalement différente. Si nous choisissons une image qui est pour nous porteuse de sens, extrêmement élévatrice et qui nous habite et que nous rentrons en collision, si je peux dire, avec une circonstance désagréable, avec un conflit, avec des émotions négatives qui surgissent et que nous gardons cette image à l'intérieur de nous-même. L'imagination va permettre à la conscience de jouer le rôle d'un filtre et de dire non, je ne veux pas de cette pensée, je ne veux pas de cette émotion. La l'image choisie, le paysage intérieur devient une possibilité d'orienter et de structurer la pensée. Voilà pourquoi la l'imagination telle qu'elle est utilisée par Giordano Bruno permet de construire un socle de stabilité à l'intérieur de l'individu. Elle devient un filtre, c'est-à-dire qu'elle permet de refuser certaines pensées inopportunes et elle nous donne la possibilité de hiérarchiser les pensées qui nous viennent et de commencer à organiser autrement notre mental.

Alors pour cela, il faut comprendre que la proposition de Giordano Bruno et et cette approche ésotérique très particulière nous demande d'échanger de paradigme. Nous, nous sommes les occidentaux modernes, on va dire simplement, nous sommes dans une représentation du monde dans lequel il y a une séparation très claire entre ce qui est extérieur à nous, le cosmos, l'univers dans lequel on peut faire des mesures physiques, dans lequel on peut observer les choses avec précision, dans lesquelles il y a des lois, dans lesquelles Les mathématiques peuvent nous permettre de discerner et d'organiser les choses et un monde tout à fait différent qui est celui de l'âme, c'est-à-dire de la psyché de nos pensées qui est un monde intérieur subjectif au contour flou dans notre représentation occidentale et indéterminé sont deux réalités disjointes. Et le sérieux aujourd'hui nous demande de les dissocier notamment depuis des cartes. Et cet effort conscient de la pensée pour se séparer de la matière est bien articulé dans notre représentation du monde la différence qu'il y a entre le sujet et l'objet, c'est-à-dire celui qui regarde et ce qu'il est en train de regarder.

Et là la proposition de Giordano Bruno, elle elle s'enracine dans la pensée antique et dans une idée essentielle qui est microcosmos, macrocosmos, petit univers grand univers. L'homme est un petit univers ou microcosme à l'intérieur de ce grand univers ou macrocosme. Et donc il appartient à cet univers et donc il ne lui est pas simplement possible dans une relation sujet objet d'observer cet cet univers et de le décrire intellectuellement. Vous comprenez ? de devenir cet univers. Cette fois-ci, il ne s'agit plus de comprendre avec l'intellect ce que l'on décrit. La compréhension devient la transformation de soi-même. Notre monde imaginaire intérieur devenant notre petit microcosme, notre âme si vous voulez devenant le reflet de ce grand macrocos ou univers. La finalité de la sagesse antique dans ce type de pratique comme de la pensée oriental, c'est très proche de la pratique du mandala, est une incorporation de l'ordre du cosmos. La finalité, c'est que cet ordre du cosmos que l'on est en train de contempler puisse devenir le support de la contemplation et peu un peu de la transformation de notre propre conscience. Ainsi, comprendre, apprendre, rentrer en relation n'est pas simplement avoir davantage de connaissance sur quelque chose, mais se transformer pour avoir un filtre déformant moins important dans notre perception de la réalité. L'évolution, c'est donc que peu à peu la structure de l'âme puisse refléter la structure du cosmos. En clair, l'esprit humain n'est plus spectateur mais acteur. Le but c'est qu'il devienne un reflet de cet ordre. H puisque les lois qui gouvernent l'univers sont immuables. Les systèmes solaires continuent à se déplacer. Les galaxies également, les planètes sont sur leur orbite. Tout ceci ne varie pas de manière aléatoire, mais exprime un ordre, une intelligence, une forme de beauté, diront certains astrophysiciens. L'idée donc de cette approche, c'est que ceci puisse se refléter à l'intérieur de nous-même.

L'enjeu du travail intérieur que propose Dianot Bruno, c'est donc de réorganiser, de reconfigurer notre imagination. Pour nous l'imagination et depuis le 17e, 18e, c'est devenu un peu la folle du logie. On on fait pas de grande différence entre l'imagination et la fantaisie. L'imagination dans notre approche moderne, c'est les images qui nous traversent et sur lequel à vrai dire nous n'avons pas prise. Pour Jardano Bruno, la l'approche est totalement différent. On va considérer la conscience comme un théâtre intérieur dont il nous appartient et de notre responsabilité de changer les images. La réorganisation méthodique de nos représentations. Voilà le grand œuvre et le grand travail proposé par Bruno. Pour lui, le problème fondamental, c'est notre intellect dispersé qui saute sans cesse d'une idée à une autre, d'une image à une autre, ce qui empêche la construction de toute architecture intérieure. Giordano Bruno va parler du palais de la mémoire, on peut dire temple de la mémoire. Donc on est en train de parler d'un espace intérieur construit. L'objectif de cette pratique, c'est construire une architecture intérieure, c'est-à-dire faire en sorte que nous puissions non pas penser nos émotions, mais au contraire penser par l'élévation. des sentiments en regardant une image symbolique. C'est sont deux choses qui vont dans un sens différente. Penser nos émotion, un événement survient et provoque en moi une émotion. Je mets des mots sur ce que je ressens. Et tout ceci appelle une image. Si l'événement est fâcheux, l'image sera douloureuse et nous n'avons aucune prise puisque tout ceci passe par l'inconscient. La proposition de Giordano Bruno, c'est l'inverse, c'est de fixer le regard de la conscience sur une image porteuse de sens, d'élever nos sentiments vers elle et de capter par rapport à la signification de ce que nous sommes en train de regarder, les réponses dont nous avons besoin pour faire face à l'adversité. à laquelle nous sommes confrontés.

Il y a deux points qui sont importants par rapport à l'image. La première chose, c'est que l'image, l'image est une synthèse. Il y a des choses que nous avons comprises. Nous pourrions écrire des pages et des pages dessus parce que c'est la prise de conscience que nous avons eu. La proposition de Giordano Bruno, c'est de trouver quelle image synthétise pour nous cela. Lorsque nous avons cette image, pas besoin de relire nos notes, de reprendre le livre qu'on a surligné ou de repasser de manière analytique tout ce que nous avons compris. L'accès à l'image nous rend immédiatement présent à l'intégrale des signifiants qui sont magasinés à l'intérieur d'elle. Donc vous voyez, c'est pas simplement une image pour faire joli ou par rapport à ce qu'elle nous permet de ressentir, mais on a des sentiments supérieurs par rapport à ce que nous voyons vis-à-vis de cette image et en même temps, elle nous enseigne. Et l'autre chose, c'est que les images fonctionnent par association les unes avec les autres. Et lorsque j'accroche une de ces images signifiantes pour moi, par sympathie, elle va être en résonance avec une autre image. Et peu à peu se reconstitue, on pourrait dire une toile de fond qui est celle de l'ensemble de mes prises de conscience. De la même manière que celui qui ne choisit pas les images mais qui est embarqué par sa propre négativité, une image négative et un souvenir négatif amèneront la mémoire d'un autre événement douloureux et d'une autre situation négative et cetera et cetera. Il s'agit donc de choisir les images avec lesquelles nous travaillons. Un, [raclement de gorge] parce qu'elles sont porteuses de signification et de parce que ces images, un peu comme un hologramme ont cette capacité particulière que la partie possède le tout à l'intérieur d'elle-même. Essayez de vous rappeler d'un endroit où vous avez été en voyage et qui vous avait marqué il y a 10 ans, il y a 20 ans. Au début, vous vous rappelez d'un détail et puis cette détail vous fait penser à un autre, puis à un autre, puis un autre, puis un autre et peu à peu tout le panorama réapparaît. Dans notre logique ordinaire apparaissent des souvenirs affectifs de ce moment. Mais imaginez désormais, c'est le cas pour la pensée de Bruno, que ces images nous permettent de télécharger à nouveau des enseignements et des prises de conscience. Ainsi, nous avons la possibilité en permanence, grâce à ce que nous voyons, de rester en contact avec ce que nous savons.

La finalité du travail que propose Tiano Bruno, c'est habiter ce que l'on sait pour ne pas vivre comme si on ne le savait pas et se rendre compte après coup que l'on a été infidèle à nous-même. Pourquoi ? parce que d'autres images nous auraient amené dans un autre périple qui lui n'avait pas ni sens ni signification. Donc les images intérieures avec lesquelles il nous propose de travailler sont ordonnées, choisies, signifiantes, élévatrices et elle nous donne la possibilité de faire face à l'adversité. C'est ainsi qu'il a tenu ses années en prison. C'est ainsi qu'il a pu continuer à se remémorer et à lire intérieurement sans aucun support les ouvrages qu'il connaissait. C'est ainsi qu'il a pu rester présent à lui-même dans l'adversité.

Il s'agit donc de considérer qu'il y a deux mondes. Le monde extérieur dans lequel nous vivons avec les images de l'extérieur, vous comprenez ? et le monde intérieur dans lequel nous vivons. Pour la pensée de Tiano Bruno, la tragédie du monde dans lequel nous sommes aujourd'hui, c'est que pour la plupart de nos contemporains, les images intérieures qui les habitent ne sont que les reflets diffractés et en aucun cas choisis du monde extérieur dans lequel ils sont en train de vivre. ce qui produit une espèce d'effet larsè tragique vers toujours plus de violence, de bêtises et d'ignorance. La proposition de Giordano Bruno, c'est de choisir nos images et donc de choisir le monde intérieur dans lequel nous vivons.

Il y a une très belle image qui est de considérer que ce monde d'images, cette mémoire, c'est un peu comme un un tissu, une trame, une étoffe. Chacun des fils se croise et chaque croisement est un nœud et chaque nœud est une image. La mémoire de l'univers est un tissu symbolique de réalité. Lorsque on touche une maille, elle ébranle toutes les autres parce qu'elle est en relation avec les autres points de l'étof. [raclement de gorge] Comprendre et connaître dans cette approche spirituelle devient réellement très différent de comprendre et connaître de l'extérieur par l'intellect puisque l'on comprend par ce que l'on capte et par les émergences rendues possibles par la reconfiguration de notre imagination. C'est la base du fonctionnement qui est rendu possible par l'art. C'est-à-dire que les images qui émergent, quand on a entendu les notes, les paroles de Bruno tout à l'heure, ouvre une porte vers autre chose. Le temps et l'espace n'existe plus. 426 ans qu'il est mort sur le bûcher, mais tout d'un coup, il y a une présence qui devient possible.

Alors pour cela, Jordan Bruno va transmettre qu'il y a une nécessité, c'est l'usage de la volonté. C'est quelque chose de très fort cette volonté créatrice, cette volonté énergente qui va se déployer sous 1000 formes à la renaissance. Je parle volonté créatrice. Si le Moyen-Âge disait Dieu le veut, Giordano Bruno dira si l'homme le veut, si chacun le veut. C'est à chacun de porter la responsabilité de sa propre naissance, de son propre déploiement, de son propre sortir de l'illusion. Puisque si nous faisons le choix ou le non choix de rester victime et poureux aux images du monde qui nous entoure, jamais nous n'aurons de possibilité d'avoir ni prise ni responsabilité sur notre conscience. La liberté dont parle Bruno pour échapper aux circonstances, cette liberté demande l'usage de la volonté. Et la volonté, pour quoi faire ? pour travailler la discipline, la force morale, de se saisir de manière volontaire des images puisque l'impact des sensations et des perceptions du monde extérieur est très fort. Nous pouvons être parfaitement concentrés, que notre téléphone bip, regarder un message, avoir la conscience qui par ailleurs, sans parler des multiples sollicitations de notre entourage, des réseaux sociaux, des la vie. Donc il y a un acte des disciplines pour échapper à la tyrannie des sens, de nos propres sens et des représentations émotionnelles que nous nous faisons de la réalité. C'est pour cela que pour lui, nous vivons dans un théâtre d'ombre au sens platonicien. Ces ombres sont nos représentations émotionnelles de la réalité. Nous ne vivons pas dans un monde réel. Nous vivons dans un monde d'illusion que nous construisons de nous-même. à la volonté qu'il revient d'identifier ce qui est en nous de l'ordre de la pulsion, du désir, de la réaction et de mettre une saine distance par rapport à ce qui survient pour sortir de ce que Jordan Bruno appellera et j'aime beaucoup l'expression notre système de servage intérieur. être l'esclavage [raclement de gorge] intérieur que nous nous faisons à nous-même sous la tyrannie de notre dispersion et de nos instincts.

La clé c'est donc assumer d'être responsable pour habiter faire ce choix d'habiter ce que nous savons. Cela implique, si on essaie de définir les étapes, tout d'abord de faire le choix des revenir à l'essentiel et à un monde de signification. Il faut d'abord qu'on se soit rendu compte qu'il y a une dimension illusoire et qu'il nous y incombe d'en sortir et de revenir à ce qui pour nous fait sens. Une fois cette décision prise de chercher comme je vous le disais tout à l'heure les images qui engramme le plus clairement possible de manière symbolique la signification de ce que nous avons compris à l'âge que nous avons là où nous sommes. au lieu de dire l'essentiel pour moi c'est bla bla bla bla voilà être capable de synthétiser en une image nos prises de conscience les plus importantes et ensuite parvenir à la discipline de vivre avec ces images puisque ces images ont la particularité comme tous les symboles d'être universel et dès lors La conscience peu à peu commence à s'identifier à autre chose qu'elle même. Le drame de l'homme moderne, c'est que les images qui nous habitent, ce sont les images de nous-mêmes, les représentations affectives que nous nous faisons de nos problèmes et de nos souffrances. La proposition de Bruno, c'est de dire ceci est déliquant et ne nous amène nulle part. La méthode c'est faisons le choix du monde intérieur symbolique dans lequel nous voulons vivre. Ainsi, nous trouvons peu à peu des pistes de travail, les possibilités de compréhension, les possibilités de captation qui soi réellement supérieur.

Alors, dans le monde dans lequel nous vivons, à l'époque d'Internet et de l'intelligence artificielle, tout ceci prend une actualité extrêmement forte. Et pouvoir faire face par l'imagination et la compréhension à l'adversité requiert de récupérer notre autonomie intérieure. La première chose qui est importante selon les recherches actuelles, c'est que le fait de se dédier de manière excessive au travail via les supports informatiques fait que peu à peu nous savons où est stockée l'information dont nous avons besoin et non pas quelle en quoi réside l'information dont nous avons besoin ? Elle n'est plus stockée à l'intérieur de de nous-même. Nous ne sommes pas capables de la retrouver dans un moment de difficulté, mais nous savons où est-ce que nous l'avons noté, où est-ce que nous pouvons le trouver, sur quel site. Ça change beaucoup de choses parce qu'il y a beaucoup de moments dans lesquels nous ne pourrons pas forcément avoir accès à des supports extérieurs. Le deuxième problème, c'est de faire attention à l'usage abusif comme toute chose de l'intelligence artificielle puisque elle ne peut non simpulement nous trouver des documents mais produire des synthèses et produire un cheminement. Or, ce qui est important pour notre conscience, c'est de pouvoir par nous-même tracer le chemin de notre pensée. L'usage abusif de Luya habitue la conscience à un résultat sans être en mesure de dire ou de retracer la trajectoire qui a permis d'arriver là, ce qui nous amène à beaucoup de dépendance.

Le la proposition de Bruno par rapport à l'imagination créatrice, comme je vous le disais, c'est connaître le chemin qui nous amène aux images qui sont porteuses de sens. construire un bouclier qui nous permet, un peu comme la forteresse intérieure des Marc Orel de retrouver en permanence notre propre coffre au trésor intérieur, de retrouver en nous les images symboliques signifiantes à travers lesquelles nous pouvons nous construire et ne jamais laisser notre espace intérieur être envahi par les images fantaisistes ou négatives de l'environnement dans lequel nous vivons. Si nous parvenons à cela, non seulement nous parviendrons à filtrer les informations qui nous arrivent, mais surtout, comme nous le disions tout à l'heure, à hiérarchiser ce qui fait sens pour refuser systématiquement ce que nous refusons de traiter au regard des choses qui pour nous sont signifiantes. Ce qui est important dans la pensée de Bruno, c'est que tout n'est pas à prendre en compte. Tout n'est pas intéressant. Il y a beaucoup de choses auxquelles nous occupons notre esprit qui ne servent strictement à rien et énormément de choses qui si nous les gardons en présence à l'intérieur de nous-même, pas comme une connaissance spéculative mais comme une présence intérieure nous donne accès à d'autres niveaux de conscience et à d'autres [grognement] réalités en terme de signification.

Donc il s'agit peu à peu d'apprendre à reconfigurer [raclement de gorge] notre esprit. Il s'agit d'une pratique, j'insiste beaucoup, qui est pas une pratique de connaissance mais une pratique de transformation. Par exemple, si on apprend une langue étrangère, il y a une partie de méthode de discipline pour apprendre la syntaxe, pour apprendre les verbes, les conjugaisons. Mais peu à peu, au fur et à mesure que l'on apprend cette langue, si on va dans le pays, on se rend compte que c'est un logiciel sensiblement différent. On pense pas de la même manière. Les tournures des phrases ne sont pas construites de la même manière parce que cette culture n'a pas donné la même importance aux mêmes choses. Peu à peu subtilement, c'est notre manière de penser qui est modifiée. Nous sommes en train de parler d'une connaissance transformatrice. Et je sais pas s'il y en a qui jouent aux échecs parmi vous, mais par exemple, on s'est rendu compte également que la perception mentale du jeu chez un joueur d'échec débutant était extrêmement différente du point de vue symbolique de la perception mentale d'un grand maître. Quelle est la différence ? Les débutants regarde sa case et la pièce qu'il veut bouger. Le grand maître a une représentation symbolique de l'ensemble de l'échiquie. Il s'est incorporé mentalement la représentation de l'échiquier. Les process de pensée se font pas simplement plus rapidement mais autrement. C'est-à-dire que tout d'un coup la personne pense à travers une systémie et avec l'ensemble de l'échiqué. Sont des choses qui sont importantes à comprendre.

Imaginons pour synthétiser la démarche que propose Durdano Bruno, que nous puissions voir une ville vue du ciel et que nous ayons le plan de cette ville et que comme un pèlerin voulant traverser la ville, nous voulions aller d'un point à un autre. Bien que ne connaissant pas la ville, mais avec la représentation mentale du plan, nous pourrons trouver notre chemin sans nous perdre. Imaginez un autre pèlerin qui lui n'aurait pas le plan à l'intérieur de lui-même et qui aurait en tournant en rond à l'intérieur de la ville en se perdant dans les ruelles. Il en arriverait assez vite à penser que tout ceci n'a pas de sens, que cette vie est chaos et que tout ceci est absurde. Cette image était une des images les plus puissantes du monde médiéval. C'est celle du labyrinthe. Un chemin complexe mais intelligent qui parvient au centre. Il y a un chemin qui mène au cœur du labyrinthe. Mais il faut être capable d'avoir la vision mentale, de se l'approprier et de se situer. L'un tournera en rond et ne parviendra jamais à la fin de sa quête. L'autre pourra donner sens à ce qu'il est en train de vivre. L'un vivra des difficultés en devenant amè. L'autre vivra des épreuves en grandissant. peu à peu en conscience au fur et à mesure qu'il se rapproche du centre. L'imagination symbolique telle que le propose Bruno dans son approche est réellement une espèce de carte d'orientation intérieure qui permet de structurer la conscience pour sortir de l'immersion de la submersion dans les circonstances du monde. et ce qu'elles nous font ressentir. C'est un un chemin pour apprendre à la conscience peu à peu à rester consciente d'elle-même, ce qui est ce qui nous rend profondément humain.

Si vous voulez le relier à la psychanalyse, il faudrait plutôt le relier aux travaux de Jung. Freud va parler de toute la dimension inconsciente, psychologique, instinctive qu'il y a à l'intérieur de nous, qui sont des forces bien réelles mais en rien transcendante. Et Bruno va euh montrer comment le chemin vers les idées puisqueen fait derrière chaque symbole, il y a la possibilité d'accéder à une idée. Et derrière toutes ces idées, il y a la possibilité d'accéder aux archétypes et aux principes. Donc le travail qui est proposé, c'est un travail d'élévation de la conscience pour remonter vers les principes premiers et les archétypes mais sans spéculation ni blabla intellectuel par la discipline comme on disait de la contemplation, c'est-à-dire du choix du paysage intérieur avec lequel nous vivons. C'est fascinant de se rendre compte que les mêmes personnes, vous comprenez, nous avec ce que nous avons compris, nous allons agir différemment en fonction de l'image intérieure qui nous habite. Parce que l'image va appeler des contenus, des signifiants, des éléments qui eux-mêmes vont appeler d'autres images et cetera et cetera. Donc la compréhension que nous avons du monde va être fonction de notre propre capteur. Et le capteur, contrairement à ce que nous pensons aujourd'hui, n'est pas uniquement notre intelligence analytique, il est également en lien avec notre intelligence supérieure, notre capacité à travailler dans une clé symbolique. C'est le monde imaginal dans lequel nous sommes en train de vivre. Cela ne n'obèrre en rien les résultats de la science quant à au fait de connaître comment dire les les mystères de la matière de l'infiniment petit et cetera. Et cela nous donne un aspect de la réalité. Il y a un autre aspect de la réalité qui est conditionné par les images mentales dont nous sommes porteurs. Nous ne faisons pas ce que nous avons compris, nous faisons ce que nous nous imaginons faire porté par le désir que nous en avons. Le reste le reste mensonge. Ce qui est moteur pour nos choix de conscience, ce sont les images qui sont en nous et les forces désirantes qui les habitent. Alors, est-ce que ce sont des puissances, comment dire, d'un héros supérieur qui nous conduit à l'élévation et à la contemplation des symboles élevés ou est-ce qu'il s'agit d'un héros inférieur qui nous tire vers des besoins de sécurité, de confort, de plaisir et de désir ? à chacun de devenir lucide en prenant de la distance par rapport à lui-même.

En fait, il il va proposer un système assez complet qui s'est en partie euh transmis mais qui comme beaucoup de choses aujourd'hui est devenue inerte parce que comment dire il y a il y a pas une école qui est en train de vivre et de déployer ce système. Mais Jordan Prono avait construit un système composé des de cinq roues concentriques. Chacune de ces roues étant divisé en fragments sur lequel se trouvaient des symboles et l'ensemble des roues pouvait tourner de manière autonome, décrivant alors des significations de sens distinctes comme espèce de rubicube si vous me passez l'image archaïque sur lequel on peut composer des images et donc des enseignements et Cette image du monde qui se recompose en fonction de ces facettes et en fonction de comment les facettes sont associé était sur l' c'est pas simplement quelque chose de très générique comme je l'ai fait ce soir mais effectivement une transmission symbolique également qui fait partie de toute la voie hermétique de la ressence. Ça fait un petit peu penser à il y avait un astrologue la fin du 19e ou du début du 20e siècle, je sais plus, euh qui avait donné pour chaque degré du zodiaque une image en fait. Oui, oui, oui, c'est proche. On est dans dans ce type d'approche dans laquelle peu à peu il s'agit de coder des éléments de signification par [raclement de gorge] des images.

De toute manière, nous le faisons. Je pense que vous avez compris. De toute manière, on le fait. [raclement de gorge] La seule question, c'est de savoir si on est piloté par des images qui ont été choisies de manière inconscient avec des moteur désirant ou si on pilote nous-même notre propre trajectoire et volonté d'élévation avec des images qui sont du choisies et qui sont en rapport avec des contenus élévateurs. C'est typiquement cette approche. Ouais. les images étaient pas forcément plaisantes. Justement le la le progrès de conscience que ça pouvait faire, c'est que par exemple en regardant des degrés qui convenstrologiques, ce qui est important dans la dans la relation entre le monde psychique et les images, c'est que les images et les sentiments ou émotions associées puissent permettre la mémorisation de l'ensemble. Mais c'est comme dans un mandal, il n'y a pas que des des images belles ou autres. Il y a également la description de lieu géographique à l'intérieur du mandalin dans lequel se passe euh des choses terribles ou difficiles et dans lesquelles il ne terrifiante. Donc il s'agit de d'engrammer un sens en associant image et émotion et surtout de pas le faire comme une enfin la proposition de Bruno, c'est pas comme une connaissance. Tiens, je vais découvrir telle chose ou telle chose, mais comme une dimension structurante de notre vie quotidienne. C'est-à-dire que peu à peu, c'est volontairement pas beaucoup développé, nous devenons ce que nous contemplons. L'âme devient ce qu'elle contemple. C'est Plotin qui le disait. Donc peu à peu, on devient ce qu'on est en train d'y regarder. Donc c'est pour ça qu'il y a la la question est d'importance par rapport à quelle est la direction du regard de l'âme et de rentrer dans une méthode, ce qui implique une discipline, un cadre et cetera et pour choisir consciemment la direction du regard de l'âme. et personne ne nous l'impose puisque c'est nous-mêmes qui choisissons les images qui pour nous sont signifiantes et nous permettent de progresser sur d'autres chemin.

Euh d'après lui, merci. L'homme doit être le reflet du cosmos et de l'univers. Hm. Et ma question étant que pour pouvoir travailler avec des images, notre palais intérieur de la mémoire, hm hm. Il faut donc par essence choisir choisir des images. Hm hm. Et donc sachant que le cosmos et univers sont au-delà d'une simple mage plus complexe, ça veut dire que par essence on n'est pas exactement en corrélation avec le cosmos vu qu'on choisit. Et ma question étant aussi pensit-il que l'univers ou le cosmos est forcément corrélé à quelque chose d'élévateur à ce qui peut être tout simplement neutre ? Commençons par ça. Ce plus simple. Le ce qu'il y a d'élévateur dans le cosmos pour la pensée traditionnelle, c'est son ordent. Ce qu'il y a de pas toujours élévateur dans nos vies, c'est notre désordre. L'ordre est en lien d'un point de vue traditionnel avec quelque chose de permanent.

Et d'un point de vue platonicien, ce qui est vrai est permanent. Plus nous rentrons dans le monde de l'impermanence, plus nous rentrons dans le monde de l'illusoire. Donc ça, c'est par rapport à l'image du cosmos.

Ensuite, quant au fait de savoir quelle image choisir, c'est à notre niveau, c'est une question intellectuelle. Commençons déjà par associer nos prises de conscience les plus supérieures à des images et commençons à vivre avec ces images. C'est-à-dire concrètement, le soir, de vous être dit, combien de temps cette image s'est-elle affichée sur mon fond d'écran intérieur ? Tout cette image et cette pratique amènera d'autres images, puis d'autres images. La finalité n'est pas intellectuelle, c'est comme on l'a dit, habiter ce que l'on sait.

Donc, si j'ai synthétisé dans une image qui pour moi me met en connexion à la perfection avec cette prise de conscience que j'ai eu, et que cette image, je vis avec elle dans la journée, je vis parce que c'est une connexion qui n'est pas simplement mentale, mais aussi elle éveille des sentiments. Je vis avec cette réalité. Donc je commence à habiter ce que je sais. C'est très intéressant pour la philosophie, puisque l'on sort d'une approche spéculative ou académique, dans laquelle il s'agirait d'avoir des connaissances. Là, il s'agit de vivre, pas simplement avec des connaissances, mais avec nos prises de conscience. Il s'agit de ne pas s'éloigner de ce qui, pour nous-même, nous est apparu comme quelque chose d'essentiel. Et la méthode, l'approche, la discipline, la forme de travail qui nous le permettra, n'est pas intellectuelle, mais symbolique. C'est l'incorporation d'une réalité symbolique différente qui, peu à peu, nous permet de vivre avec le contenu, si je puis dire, de ce que nous avons compris.

Si nous nous laissons envahir par des images, peut-être jolies, mais non signifiantes. S'il n'y a pas, chaque jour de notre vie, un retour à ce qui fait sens pour nous. Bon, mais on est comme une plaine balayée par le vent. Peut-être là-bas, au fond, dans les allusions, il y a les choses dont on avait pris conscience. Mais on est condamné à reprendre éternellement conscience de la même chose, à repasser par les mêmes crises. On ne progresse pas, et la conscience ne peut pas se déployer, puisqu'elle ne peut pas s'appuyer sur le socle qu'elle a elle-même compris, construit. Pour cela, il n'y a pas d'autre solution que la réalité symbolique.

Est-ce qu'on peut dire, c'est une approche qui s'oppose radicalement à la psychanalyse ou à Freud, que l'on a évoqué, qui dit que l'inconscient surdétermine le conscient, et que les images sont des produits de forces trop profondes pour être vaincues par une création consciente ? Elle ne s'oppose pas. Ce n'est pas parce que nous avons la possibilité de choisir, si je puis dire, un fond d'écran intérieur et la réalité consciente dans laquelle nous voulons nous situer, avec des images porteuses de sens, que pour autant nous avons, comment dire, purifié tous nos instincts, notre libido, et que nous sommes des êtres purement désincarnés.

Mais la particularité du monde psychique inférieur, c'est qu'il grandit et croit de l'énergie que nous lui donnons, comme une plante qu'on arrose, pour faire simple. Donc, plus la conscience se polarise vers des éléments d'ordre supérieur, dans la mesure où il n'y a pas de répression, je parle, mais comme un choix naturel et conscient de quelque chose d'élevé, moins les schémas engramés, aussi réels soient-ils, ont d'importance, tout simplement parce que c'est comme des plantes qui se dessèchent, parce qu'ils ne sont plus arrosés ni vitalisés par la sève de la conscience. Donc, nous devenons réellement ce dans quoi nous mettons notre conscience. L'un n'empêche pas l'autre, et c'est toute la complexité de notre nature humaine, qui appartient à deux mondes en même temps. Mais en tous les cas, le fait d'alimenter le supérieur débranche, dans la même proportion, l'inférieur.

Merci pour la conférence. Euh, moi, j'étais un peu désarçonné lors du passage où vous parliez du rapport du sujet au monde, ouais, et que vous remettiez en cause le face-à-face, et que vous remettiez aussi le, ben, le statut de l'objet. Hm. Et du coup, je trouvais, excusez-moi l'expression, anachronique, alors que Giordano Bruno, c'est 1500 quelque chose, 1600, il va mourir. Ouais. Voilà. Et je voulais savoir, est-ce que c'est vraiment du Giordano Bruno, ou est-ce que c'est une autre interprétation de Giordano Bruno, teintée de phénoménologie ?

Ah, non, la vision de Giordano Bruno, c'est le fait de considérer, comme je vous l'ai dit, c'est quelque chose de très ancien. Toute la philosophie antique est basée sur cette idée du lien qui est entre le microcosme et le macrocosme. Et c'est un peu la même chose que ce qu'on a dit tout à l'heure par rapport à la psychanalyse. Ce n'est pas parce que la conscience peut choisir des images qu'il n'y a pas des réseaux d'images instinctifs qui peuvent fonctionner en nous. Ce n'est pas parce que la conscience est capable, peu à peu, de contempler la réalité et l'ordre de l'univers et de se reconfigurer au regard de cet ordre, que cette même personne ne peut pas faire usage de son mental en étant un scientifique de haut niveau et analyser la réalité et le monde au travers de critères extrêmement rigoureux donnés par l'intellect. Disons que ce sont deux voies d'accès à la réalité. Euh, vous pouvez considérer la lumière comme une onde ou comme un corpuscule. Non, mais vous pouvez considérer la réalité soit comme quelque chose que je peux observer avec toute l'approche scientifique et la rigueur intellectuelle, dans une distance sujet-objet. Et vous pouvez regarder cette même réalité extérieure, du monde et du cosmos, comme étant au fond la même réalité que vous. Et comprendre que ce qui fait la différence, c'est la proposition de Giordano Bruno, c'est notre propre désordre ou chaos intérieur. Et que donc, comprendre le monde dans cette clé ésotérique, ce n'est pas rentrer dans une analyse extérieure de l'extérieur de ce qui est en train de se dérouler d'un point de vue des phénomènes, c'est faire, comment dire, enlever tout ce qui fait obstruction en nous, et que peu à peu notre ordre intérieur reflète cet ordre du monde dans lequel nous sommes en train de vivre. Les deux réalités, un peu comme des corpuscules, fonctionnent. Ce sont deux voies d'accès différentes à la réalité.

Nous pouvons comprendre intellectuellement, mais vous conviendrez que ce n'est en rien transformateur. Il y a des, beaucoup de choses, des dizaines, des centaines de choses que vous avez compris, que nous avons compris, que j'ai compris, qui ne nous ont en rien transformé. Donc, l'intellect n'est pas transformateur. Ce qui nous transforme, c'est la représentation portée par la puissance des émotions et des sentiments, de comment nous voyons et de ce que nous voulons devenir, et de ce à quoi nous nous identifions. La proposition de Bruno, c'est de devenir, en s'identifiant à une réalité symbolique, quelque chose qui transcende notre petit ego et notre petite personne. Une voie d'ascension spirituelle qui n'empêche pas l'autre approche. Ça fonctionne simultanément.

Merci. Mais enfin, cette notion de l'image aussi, on la retrouve dans le christianisme quand il dit l'homme est enfin, Dieu a créé l'homme à son image. Oui. Vous la retrouvez, il n'y a pas une tradition qui ne parle pas de l'image.

Merci beaucoup pour la conférence. Est-ce qu'on peut dire, au terme de l'approche de Giordano Bruno, que le désir, on ne peut pas y échapper, et vu qu'on ne peut pas y échapper, il s'agirait de le reprogrammer ?

J'attends là, j'attends s'il y a une la phrase ou si elle s'arrête là. Ça s'arrête là. D'accord. Euh, oui, c'est le, le mot reprogrammé implique une configuration. Je dirais plutôt le réorienter. Il n'y a pas de reconfiguration, il y a une réorientation. Nous avons en nous des puissances désirantes. Et dis-moi ce qui te préoccupe, je te dirai qui tu es. Nous ne sommes pas le niveau d'intellection qui est le nôtre. Nous ne sommes pas, nous ne valons pas ce que nous avons compris. Nous ne valons pas notre salaire. Nous ne valons pas les livres que nous avons eus. Nous ne valons pas l'amour de nos enfants, de nos pères. Alors, qui sommes-nous au fond ? Là, là, elle est, elle est incroyable la question d'être dans Giordano Bruno. Ce que nous sommes réellement, c'est ce à quoi nous nous identifions. Et ce à quoi nous nous identifions, c'est un choix. Donc, ce, cette réorientation du désir, c'est le choix de ce à quoi nous nous identifions. Nous pouvons vivre dans ce monde sans nous identifier à ce monde, ce qui n'est en rien ni morbide, ni simplement de comprendre que nous vivons dans une réalité, entre guillemets, mais que cette réalité est illusoire ou impermanente, comme dirait le bouddhiste, qu'elle est non essentielle. Et je peux reconnaître que je ne souhaite pas m'identifier à cette réalité, que je ne suis pas cette réalité. Qu'est-ce qu'il y a de réel dans notre corps ? Nous le regardons dans la glace, et année après année, il change. En quoi est-il réel si ce qui est réel est permanent ? Nos émotions bougent tout le temps. Notre mental même, lui-même, comprend de nouvelles choses. Donc, et apparaît la possibilité, lorsque cette prise de conscience se fait, de vouloir diriger le regard des lâches, en terme de désir, vers quelque chose qui soit intemporel et permanent. Alors, il s'agit d'une réorientation d'un autre regard. Les désirs sont toujours là. Notre personnalité est toujours là, mais tout d'un coup, nous avons l'impossibilité de faire un chemin de transformation, puisque l'on tourne plus en rond dans le labyrinthe. On est en train de vivre et d'avancer par rapport à des éléments permanents. La confusion, c'est tourner en rond en prenant pour fixe et réel des choses qui sont impermanentes. Le sortir de la confusion, c'est engrammer en soi des réalités qui sont d'un ordre symbolique et qui tracent une direction, qui nous permet un cheminement qui est une opportunité de croître. Donc, oui, c'est une réorientation du regard.

[applaudissements]