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Dr. Philippe DRANSART. Session n°04. Les Émotions.

Joaquim DOS SANTOS1:43:11

Transcription

Bonsoir à toutes et bonsoir à tous. Bienvenue, amis, lors du temps. Bienvenue Philippe Dronsart. Docteur Dronsart, pardon. Je veux dire, tu es venu à cette soirée. Pourquoi certaines émotions nous rendront peut-être malades et d'autres non ?

Vous pouvez réserver dès à présent la prochaine soirée, qui sera le jeudi 22 avril à 20 heures. Et à propos des émotions, je voulais souligner une émotion que j'ai eue à lire un livre récemment. C'est "Je ne pouvais pas les laisser mourir" du Docteur Ben Stein. Ce livre m'a ému, m'a marqué à tel point que j'en ai acheté 100 exemplaires. Et mille mercis à ceux qui le souhaitent. Vous pouvez passer à la librairie, nous vous offrirons ce livre.

Là, merci. Je voulais aussi vous montrer une ville. Vous vous demandez ce que c'est ? Oui, c'est tout notre rayon émotions, sujet que Philippe va nous présenter ce soir. À la fin de la soirée, j'ouvrirai tous les micros. Oui, vous pourrez interagir directement avec Philippe. Merci.

Bonne soirée à tous. Merci Joachim d'être ici. Et merci à vous toutes et à vous tous d'être venus nombreux ce soir pour essayer de comprendre ensemble ce qui nous amène à somatiser. Donc, pourquoi nous somatisons certaines émotions et d'autres non.

Alors, Joachim, tu nous as, tu as évoqué des émotions plutôt, plutôt positives. Je suis désolé, mais je serais plutôt dans l'évocation des émotions, on va dire, un peu plus, un peu plus négatives. Mais c'est précisément celles qui nous rendent malades. La question, cette question que je me suis posée, ou du moins, on me l'a posée après la parution de mon premier livre, donc qui date maintenant de près d'un quart de siècle. Et de nombreuses personnes m'ont dit : "Oui, mais tout ça, c'est bien joli. La maladie vient de l'émotion, d'accord. Mais expliquez-nous pourquoi vous parlez souvent de la colère, par exemple ? Pourquoi certaines colères vont nous rendre malades et d'autres non ? Où est la différence ? Où est la différence entre ces formes de colère ?"

Cette question, toute simple, je l'ai reçue un peu comme on reçoit une parole d'enfant qui vous pose une question sur une chose qui nous paraît évidente. J'étais tellement dans la compréhension du sujet, d'essayer de faire le lien entre l'émotion et la maladie. Pourquoi ? Et c'est que j'ai reçu cette question avec surprise. Mais au fond, oui, pourquoi ? Pourquoi certaines émotions quand elles nous rendent malades et d'autres non ? Et cette question a été une ouverture, le point de départ à une réflexion qui a duré un petit quart de siècle. Et dont je vais vous parler ce soir. Je vais essayer de résumer ce soir. Et qui a été aussi la nourriture de tous les livres qui ont suivi ce premier livre fondateur, "La maladie, ce fameux guéri".

Et cette réflexion, évidemment, elle s'élève par étapes successives, comme vous l'imaginez. Et j'aimerais vous la partager, la partager avec vous. Non pas toutes les étapes, elles sont nombreuses, mais disons ce cheminement. Et je vais le faire, comme j'aime le faire habituellement, à travers plusieurs exemples.

La première question, c'est que certains chercheurs ont mis en avant l'idée que la somatisation dépendrait de l'intensité du stress. Plus le stress serait intense, et plus nous avons tendance à l'exprimer dans le corps. En réalité, ça ne se passe pas du tout comme ça. Même si le bon sens pourrait effectivement laisser supposer qu'il y a un lien de cause à effet entre l'intensité de l'émotion et le développement de la maladie, dans la pratique, on n'observe pas de cette manière. Ce n'est pas une question d'intensité.

Et je voudrais vous citer, par exemple, l'histoire de Gérard. Donc, Gérard, qui est un homme de 74 ans. J'ai connu autrefois, c'est une histoire ancienne. Cet homme avait vécu l'enfer des camps de concentration et il avait survécu à ces camps de concentration. Depuis, il s'était marié. Et à 37 ans, il a perdu sa femme. Sa femme s'est tuée dans un accident de voiture. Les années ont passé, il a fait son deuil, il s'est remarié. Et arrivé à la retraite, il n'avait pas d'enfant de sa seconde femme. Et sa seconde femme lui a dit : "Et si on adoptait un chien ?" Voilà, pour un animal de compagnie, pour essayer un peu de compenser le manque, si on adoptait un chat.

Quand vous le savez sans doute, ils ont adopté un chien. Comme vous le savez sans doute, autant vous pouvez laisser un chat à la maison pendant deux, trois jours avec une bonne litière, avec de la nourriture, un peu d'eau, ils sont contents, ils se débrouillent. Autant un chien est dans une dépendance absolue vis-à-vis de son maître. Et donc, Gérard avait passé quelques années, quelques bonnes années de retraite avec ce chien qu'il fallait emmener partout, à droite, à gauche, en voyage. Ça commence à devenir un peu compliqué.

Et un jour, ils ont eu le projet avec leurs épouses de partir faire une croisière. Mais sur le bateau, il n'y avait pas de place pour les chiens. Et du coup, ils l'ont confié à des amis pour partir, pour faire leur croisière pendant trois semaines. Trois semaines après, quand ils sont revenus, ils ont vu leurs amis dépités, avec un regard très, très, comment dire, mal à l'aise. Et leurs amis leur ont dit : "Dakota, voilà, juste après votre départ, le chien est tombé malade et on l'a emmené chez le vétérinaire qui n'a pas compris ce qui se passait. On n'a rien pu faire et il est décédé en quelques jours. Et on n'a pas voulu vous prévenir parce qu'on s'est dit : de toute façon, ça ne changerait rien, vous n'allez pas faire demi-tour pour rentrer de la croisière pour ça. Donc, on s'est dit autant que vous en profitiez, et puis à leur retour, on leur annoncera la mauvaise nouvelle."

Et voilà. Et quand Gérard a appris cela, sa première, sa première réaction, c'était de penser : "C'est de ma faute. C'est ma faute. Ce chien nous adore et il nous avait vu partir. Il s'est laissé mourir." Et Gérard, on lui a découvert quelques mois après un cancer du pancréas. Et quand on lui a découvert ce cancer du pancréas, ça n'a pas du tout surpris, parce qu'il avait fait le lien de cause à effet de manière, pour lui, assez évidente.

Alors, regardez cette histoire quand même assez étonnante de cet homme qui a quand même survécu à des camps de concentration et qui a perdu sa femme à l'âge de 37 ans, et puis à 74 ans, il perd son chien et ça le rend malade. Vous voyez que ce n'est pas une question d'intensité. Ce n'est pas une question d'intensité. La différence, elle n'est pas dans la quantité, elle n'est pas dans l'intensité du stress. La différence, elle est d'ordre qualitatif. C'est quelque chose qu'on a bien, c'est le stress a une nature particulière. Ne serait-ce que nous allons somatiser, il a une nature particulière. Et les différences, on le voit à propos de Gérard, et on en reparlera tout au long de la soirée. Elle va tenir à la manière dont l'image que nous avons de nous se retrouve impliquée dans la situation.

Avant d'approfondir ce point, j'aimerais souligner quand même un point important. Rien ne prouve que le chien soit mort à cause du départ de Gérard. Ce n'est pas impossible, parce qu'on sait que les chiens sont des animaux très sensibles au manque. Mais en même temps, ça pouvait tout à fait être accidentel, après tout, pourquoi pas ? Quand j'ai soulevé la question de l'accident, Gérard ne s'était même pas posé la question. Pour lui, c'était tellement une évidence, le lien de cause à effet, c'était une évidence. Et il n'y avait pas moyen de l'aider à prendre du recul par rapport à ça. C'est comme s'il s'était projeté dans la situation, comme si cette situation venait de lui.

L'image que nous avons de nous, c'est une construction mentale qui vit les choses qui lui arrivent comme si elle en était le centre. C'est un peu comme les enfants qui ont tendance à se sentir un peu au centre de ce qui leur arrive, au centre de ce qu'ils vivent. Et du coup, cette image que nous avons de nous, elle s'approprie naturellement les situations. Et elle s'est appropriée en se projetant dedans. Et une fois que nous sommes projetés dans la situation, une fois que nous nous la vivons comme si nous en étions le centre, il devient très difficile de nous en détacher. Ainsi, il nous est presque aussi difficile de prendre du recul pour faire la part des choses.

Avant d'approfondir cette question, et pour l'approfondir justement, je vais vous proposer de partager les étapes à travers quelques exemples. Les étapes qui m'ont amené à découvrir le lien entre la maladie et l'image de soi. Je ne parle pas du lien entre la maladie et les émotions, je parle du lien entre la maladie et l'image que nous avons de nous. Et je vais vous proposer de le faire à partir de trois exemples.

Le premier exemple, je crois vous en avoir parlé lors de la première soirée, c'est l'histoire de Fabienne. Fabienne, qui était cette jeune femme, cette jeune femme qui avait profité de quelques jours de vacances pour aller rendre visite à sa grande sœur qui se trouvait à l'autre bout de la France. Ça faisait très longtemps Fabienne ne l'avait pas vue. Donc, elle a pris le train avec sa petite valise. Et en arrivant à la gare, après un long voyage, en passant, elle s'est arrêtée devant un fleuriste qui était encore ouvert, et elle a acheté un bouquet de tulipes, dans l'idée de l'offrir à sa sœur.

Les retrouvailles, malheureusement, ne se sont pas passées tout à fait comme prévu. Au début, elles étaient sympathiques, mais un petit peu tendues quand même. Et à l'occasion d'un échange sur qui allait financer la maison de retraite de la maman et comment ça allait se passer, la sœur de Fabienne tout d'un coup est partie dans une colère envers sa petite sœur, comme si toute la jalousie contenue depuis des décennies et tout d'un coup explosé à l'occasion de cette histoire d'argent. Et Fabienne ne s'y attendait pas du tout. Ça lui est arrivé en pleine figure. Donc, elle est arrivée avec ses petites tulipes et se retrouve donc avec ce clash. Et du coup, le soir même, elle a repris sa valise, elle a dormi à l'hôtel. Le lendemain matin, elle a pris le train. Et trois semaines après, elle a fait une allergie aux tulipes.

Alors, question : pourquoi cette réaction de colère et d'incompréhension, c'était somatisé dans une allergie aux tulipes ? Et quand je me suis posé la question, il y a plus de vingt ans, une idée, la première idée qui m'est venue à l'esprit, c'est que l'émotion que nous somatisons, c'est une émotion complexe, ce n'est pas une émotion simple. Par exemple, si votre voisin fait du bruit, ça vous énerve, ça vous met en colère. Ça, c'est une colère simple. À part le fait que vous dormez mal et que évidemment, il s'ensuit un certain nombre de difficultés, ce n'est pas quelque chose que vous allez somatiser. Alors que là, l'histoire de Fabienne, c'est autre chose. Sa sœur, elle l'aimait. Donc, elle était partagée entre son amour pour sa sœur et sa colère, et une forme d'incompréhension. Il y avait donc quelque chose d'un peu compliqué à gérer, une forme de contradiction dans laquelle elle était et qu'elle n'arrivait pas à résoudre.

Et du coup, on va dire que la colère qu'elle éprouvait envers sa sœur, c'est en quelque sorte déplacé sur les tulipes, comme une sorte de déplacement sur la preuve d'amour que la portée et qui en a pris plein la figure. Ce déplacement, il a une fonction. Il y a une fonction de protection, il a une fonction aussi de trouver une espèce de compromis. On le verra tout à l'heure, la maladie naît souvent d'une contradiction. Et c'est comme un effort de chercher une solution à cette contradiction dans une espèce de compromis. Et nous en parlerons quand nous verrons les allergies et les phobies. Ça marche beaucoup avec ce système de déplacement qui nous permet de gérer au mieux la contradiction dans laquelle nous nous trouvons, dans laquelle ces émotions nous mettent.

Donc, c'est comme si nous étions dans une contradiction, que notre cerveau cherche une solution à cette contradiction. Et l'allergie aux tulipes va se manifester par des éternuements. Et les éternuements, qu'est-ce que c'est ? C'est un rejet. C'est un violent rejet. Mais au lieu de rejeter sa sœur, Fabienne choisit de rejeter les tulipes. Vous voyez ? Ce qui lui permettait effectivement de ne pas couper complètement l'amour qu'elle avait pour sa sœur, dans l'espoir qu'un jour ou l'autre, ça puisse se renouveler. Voilà. Donc, c'est tout ça qui était dans une sorte de compromis dont Fabienne n'avait absolument pas conscience.

La somatisation résulte de processus émotionnels qui échappent à notre conscience. Et à ce propos, je me souviens d'une personne qui, après la fin d'une conférence, m'avait posé la question en me disant : "Bon, comment gérer nos émotions ?" Mais c'est impossible de gérer nos émotions. Nos émotions, si vous voulez, c'est, comment dire, c'est un peu comme une petite fille qui fait trois fois le tour de la table pendant que le papi, assis dans son fauteuil, essaie de se lever pour l'arrêter. Elle a le temps de faire trois fois le tour de la table. Vous voyez que l'intellect ne l'arrête pas. L'émotion est beaucoup trop vive, trop rapide pour que nous puissions la conceptualiser.

Alors, retenez donc déjà ici que ce que nous somatisons, ce sont des émotions complexes et souvent contradictoires.

Le deuxième exemple dont j'aimerais vous parler, c'est celui de Michel. Michel, qui va nous aider à approfondir la nature de cette contradiction. Michel était un homme d'une quarantaine d'années qui était cadre dans une petite entreprise. Et tous les mercredis, à l'image d'un conseil des ministres, le patron de l'entreprise le convoquait donc ses cadres pour faire le point sur un certain nombre de choses, de domaines. Donc, c'était la réunion hebdomadaire obligée. Et le lundi, deux jours avant, deux jours avant cette réunion de mercredi, le patron de Michel le convoque dans son bureau et lui dit : "Pour mercredi, j'ai besoin que vous me rendiez un dossier sur tel sujet." Et c'est un dossier très compliqué.

Et Michel a tout de suite compris qu'ils n'auraient jamais le temps de boucler le dossier avant mercredi. Sauf que, comme il était un peu, comment dire, réservé, un peu timide, il savait pas trop comment dire les choses. Il s'est dit : "Bon, voilà, c'est un challenge, je vais essayer de m'y mettre." Et il y est passé donc deux jours et deux nuits, essayer de boucler le dossier. Le voilà, arrivé complètement donc, arrivé avec un peu les poches sous les yeux. Le mercredi, donc, Michel présente son dossier à son patron, et un dossier évidemment qu'il avait mal bouclé. Et son patron tout d'un coup s'est mis dans une colère disproportionnée en disant : "Mais qu'est-ce que vous me rendez là ? Vous n'êtes qu'un incapable ! Vous n'êtes qu'un incapable !" Et ceci, devant les autres cadres, dont certains étaient dans une forme de rivalité avec Michel, et donc avec des sourires narquois quelquefois.

Michel en a conçu une profonde humiliation. Le soir même, il rentre chez lui, l'appétit coupé, évidemment, et il va se coucher sans manger. Et à 3 heures du matin, il se réveille avec une crise importante de colique néphrétique. Un calcul de la vésicule biliaire qui est venu, on ne pouvait pas parler de la digestion et de l'état. Donc, un calcul de la vésicule biliaire, dont qui est venu se coincer dans le canal cholédoque.

Alors, je l'ai vu, donc Michel, quelques semaines après. Il avait encore cette douleur et il n'arrêtait pas de me dire : "Le patron savait que je n'aurais pas le temps. Il m'a fait plein de remarques. Mais j'aurais dû lui répondre ceci, j'aurais dû lui répondre cela." Michel n'arrêtait pas de me dire : "J'aurais dû, j'aurais dû, j'aurais dû." À un moment donné, je l'ai arrêté en lui disant : "La question n'est pas de savoir ce que vous auriez dû faire. La question est de savoir pourquoi vous ne l'avez pas fait. Qu'est-ce qui vous a empêché de le faire ?" Là, évidemment, cette remarque l'a laissé un peu, un peu, comment dire, perplexe.

Et je lui ai dit : "Si vous habitiez sur vous à 100%, vous seriez défendu. Vous auriez trouvé les arguments. Le problème, c'est que pendant que votre patron vous parlait, c'est comme si 90% de votre être s'est dit : 'C'est injuste'. Mais 10% se sont dit : 'Il a peut-être raison. Il a peut-être raison.' Et du coup, c'est comme si vous étiez entré en conflit avec vous-même. C'est-à-dire que c'était un conflit non pas extérieur, c'était un conflit des 90% contre les 10%. C'est un conflit de deux images de vous, l'une contre l'autre. Et ces deux images rentrent en conflit l'une contre l'autre, c'est ça qui a fait que ce problème, ce conflit intérieur, est resté, est devenu intérieur dans votre corps. Le conflit de l'image va se répercuter dans le corps. C'est un conflit intérieur qui nous rend malades à l'intérieur. Quand c'est un conflit extérieur, vous faites un procès, ou bien vous allez vous battre, mais vous ne somatisez pas. Vous somatisez quand c'est un conflit intérieur, de vous envers vous et envers vous-même."

Et donc, toute la question est de savoir ce que c'est venu toucher en vous. Si vous voulez, tout se passe à peu près comme si notre corps réagissait au quart de tour aux déchirures de notre image. La personne est déchirée dans l'image qu'elle a d'elle-même. Et comme nous l'avons vu dans l'histoire de Gérard et de son chien.

Le troisième exemple, c'est celui de Sylvie. Alors oui, par j'oubliais une fois, important à propos de Michel quand même, que je vous en parle. Quand nous avons essayé de comprendre pourquoi ça avait pu le toucher à ce point-là, à un moment donné, il a fini par me dire : "Eh bien voilà, quand j'étais enfant, mon père n'arrêtait pas de me dire : 'Tu n'es qu'un incapable. Tu n'es qu'un incapable.' Et c'est exactement les mêmes paroles que le patron de Michel employait en lui disant : 'Vous n'êtes qu'un incapable.' Bingo ! Ça fait résonance. C'est quelque chose qui a réveillé en lui cette douleur ancienne. Et c'est aussi parce que ça réveillait ses douleurs anciennes que Michel s'est trouvé désemparé. Il n'a pas eu la parole parce qu'il était touché dans l'image qu'il avait de lui, dans cette image de l'enfant qui essaie de se construire.

Vous savez, quand on se construit, nous construisons l'image que nous avons de nous. Si on en reparlera tout à l'heure, c'est avec ce que j'appelle les matériaux du bord. Les matériaux du bord, mais ça peut être les paroles que nos parents peuvent avoir envers nous, ou les sous-entendus, ou les attitudes. Et donc, nous allons nous construire avec ces différents matériaux. Et naturellement, nous pouvons nous construire soit en adoptant ce qui nous est dit : "Et unique à un incapable ? Ben oui, je ne suis qu'un incapable." Et donc, nous allons le concrétiser. Ou à l'inverse, nous allons réagir contre en disant : "Mais c'est pas vrai ce que mon père me raconte, je vais lui prouver le contraire." Et à ce moment-là, nous nous construisons plus positivement, mais en réaction à cette parole. Et Michel s'était construit en réaction à cette parole de son père. Et cette construction qui tenait bien, tout d'un coup, s'est mise à vaciller. Et quand son patron lui a ressorti la même chose, oui, le mécanisme.

Même chose. Chose importante. Donc, le troisième exemple que j'aimerais vous citer, c'est celui de Sylvie, une jeune femme de 35 ans qui souffrait de violentes douleurs d'estomac. Plusieurs semaines. Ces douleurs étaient apparues brutalement. Son mari et elle tenaient une petite épicerie. Et un samedi après-midi, alors qu'elle était chez elle, s'occuper de la maison et des enfants, son mari l'appelle avec une voix tremblante, aux prises avec une vive émotion qu'il n'arrivait pas à cacher. Et Sylvie lui dit : "Mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ?" Et on finit par lui dire : "Écoute, j'ai été braqué. Ils ont posé un revolver sur la tempe et ils sont partis avec la caisse." C'était le choc.

Et le soir même, donc, Sylvie et son mari se sont retrouvés à la maison. Il était tard. Ce soir-là, ils étaient invités chez des amis pour manger une bonne pizza. Ils ont hésité un moment à savoir ce qu'ils allaient faire. Est-ce qu'on y va ? On y va ? Et puis finalement, ils se sont dit : "Bon, allons-y, ça va nous changer les idées, on se sentira mieux, pouvoir échanger avec nos amis." Donc, ils vont manger leurs pizzas, ils rentrent chez eux. Et en pleine nuit, Sylvie se réveille avec une violente douleur d'estomac. Et elle se retrouve aux urgences. Tellement la douleur était violente, le bilan était entièrement normal. Mystère. On avait fait des radios et tout, pas d'ulcère, rien, rien pour expliquer ses douleurs. Mystère, du moins pour les médecins.

Parce que pour Sylvie, le lien de cause à effet entre le choc émotionnel et la douleur, il paraissait être une évidence. Elle a très vite fait le lien. Sauf que trois semaines après, elle avait toujours mal. Vous voyez que quand nous cherchons à comprendre ce qui nous arrive, nous croyons quelquefois comprendre. Mais quand nous croyons comprendre et que rien ne se passe, c'est qu'il y a peut-être un lieu quelque part. Et c'est ça que l'on va essayer de bien ici de comprendre. Qu'est-ce qui fait que malgré cette évidence du lien de cause à effet, elle était toujours malade ? Et elle me dit : "Mais voilà, comment, comment je vais m'en sortir ? Comment je peux faire pour m'en sortir ?"

Et il se trouve que trois semaines après, son gastro-entérologue l'a rappelé en disant : "Madame, nous avons trouvé. Nous avons trouvé la cause de vos crises. Vous faites une intolérance au gluten." Et quand Sylvie a entendu ça, elle a éclaté de rire. "J'écoute, docteur, le gluten, je veux bien. Mais mon mari d'origine italienne, il adore les pâtes, les pizzas. Et naturellement, je partage sa nourriture. Donc, je n'ai pas depuis plus d'une dizaine d'années de manger des pizzas et des pâtes, et je n'ai jamais eu de problèmes gastriques." Donc, elle était plutôt, comment dire, ironique. Mais ce médecin a insisté en disant : "Mais je suis désolé, vous avez des tests biologiques qui prouvent la tolérance au gluten qui sont positifs."

Voilà. Donc, quand elle est venue me voir, qu'elle m'a raconté cette histoire, une idée m'est venue à l'esprit. L'idée, c'est le gluten, qu'est-ce que c'est ? Le gluten, c'est le pain quotidien. Autrement dit, qu'est-ce qu'on va manger demain ? Qu'est-ce qu'on va manger demain ? Et là, c'est un peu, comment dire, comme une intuition. J'ai demandé à Sylvie : "Quand votre mari vous a téléphoné pour vous annoncer le cambriolage, quand il vous a téléphoné, quel a été votre tout premier sentiment ? Votre tout premier sentiment ?" Elle n'a pas longtemps réfléchi. Il m'a dit : "Mais j'ai eu très peur. J'ai eu très peur."

Et là, du coup, j'ai poussé le bouchon. J'ai dit : "Mais est-ce que vous avez eu peur pour votre mari ou pour le pain quotidien ?" Et là, elle a commencé, comment dire, à se sentir pas très bien. Malaise. Et du coup, j'ai enchaîné assez rapidement en lisant : "S'il vous plaît, ne portez pas de jugement, ne vous culpabilisez pas, sinon vous allez fermer la porte et ne pas découvrir ce que ça cache. Qu'est-ce qui se cache derrière ? Qu'est-ce que cette peur du pain quotidien a fait résonner en vous, pour vous rendre malade à ce point-là ?" Et là, l'émotion est remontée. Et elle m'a dit : "Mes parents tenaient un petit commerce. Ils avaient tout juste de quoi joindre les deux bouts. Et un jour, il y a eu un incendie. Ils n'étaient pas assurés et ils ont tout perdu. Ils ont tout perdu. Après, c'était la ruine et la galère. On a galéré pendant des années à être un peu des parias, à vivoter." Et elle me disait : "Bon, aussi, c'est ma vie qui a basculé. Et je me suis dit : plus jamais ça. Plus jamais ça."

Ce "plus jamais ça", c'était assez comme une cicatrice, une peur profonde qui était là, et qui était neutralisée, mais toujours présente. Et qui s'est retrouvée réactivée par le coup de téléphone. Percevoir, percevoir, ça veut dire voir à travers. Et tout s'était passé comme si, à l'instant même où son mari l'a appelée, comme si elle avait perçu la situation à travers sa douleur d'enfance. Et qu'en fait, ce qu'elle avait vu, c'était sa douleur d'enfance. Quand ce genre de chose nous arrive, ce n'est pas la situation elle-même que nous voyons. Ce que nous voyons, et qui nous fait peur, ce sont les fantômes du passé.

J'aimerais revenir sur la nature de cette peur pour Sylvie. Le lien entre la douleur d'estomac et la peur d'avoir failli perdre son mari était une évidence. Mais cette évidence, vous le voyez, c'est un peu comme un arbre qui cache la forêt. Et souvent, nous nous attachons à l'aspect apparent de la douleur, alors qu'en réalité, c'est autre chose qui se passe derrière. C'est un peu quand vous êtes devant les passages à niveau et que vous voyez : "Attention, un train peut en cacher un autre." Attention, une douleur peut en cacher une autre.

Ce que nous somatisons, les émotions que nous somatisons, elles sont un peu comme une pièce de monnaie. Il y a la face visible que nous ressentons, dont nous pouvons parler consciemment. Et puis, il y a la face cachée, celle qui va s'exprimer dans le corps à travers les symptômes. Et c'est cette part de l'émotion qui me dérange, qui s'exprime dans le corps. Quand Sylvie a eu peur pour son pain quotidien, en fait, cette émotion n'était pas concevable affectivement parlant. Ce n'était pas quelque chose. D'ailleurs, le fait que j'ai souligné cela, que je lui ai posé la question, ça va quand même un peu la déstabiliser vis-à-vis de l'image qu'elle avait d'elle-même. Ce n'était pas quelque chose de concevable.

Et vous connaissez sûrement l'adage : "Ce qui se conçoit clairement s'exprime clairement." Inversement, quand une émotion perturbe l'image que nous avons de nous, ça brouille l'esprit. Du coup, nous n'arrivons pas à la concevoir clairement. Nous n'avons plus les mots pour le dire. Or, les mots, qu'est-ce que c'est ? Les mots, c'est ce qui va relier les choses entre elles. Regardez, c'est un exemple que je cite volontiers. L'Évangile selon Saint Jean. Saint Jean, après avoir vécu une vie de tribulations, mais aussi de sagesse, de réflexion, à 80 ans, il s'est mis à écrire sa version des Évangiles. 80 ans, comme s'il avait mûri tout ça pendant toute son existence. Et il a commencé par des mots très simples : "Au commencement était le Verbe." Il ne parle pas de lieu, il dit : "Au commencement était le Verbe." Mais le Verbe, c'est quoi ? Le Verbe, dans une phrase, c'est ce qui relie. C'est ce qui relie les choses entre elles. C'est ce qui relie les bords entre eux. Et c'est cette relation qui donne du sens.

Et quand les mots ne sont plus reliés entre eux, quand le Verbe est perdu, il n'y a plus de sens. Ça nous tombe dessus et nous ne comprenons pas ce qui nous arrive. Nous ne le comprenons pas parce que nous n'avons plus les mots pour faire le lien entre l'émotion et sa source. Autrement dit, la maladie, c'est une émotion orpheline qui a retrouvé refuge, qui a trouvé refuge dans le corps. Et je l'appelle l'orpheline, parce qu'elle a perdu ses parents, elle a perdu sa souche originelle, elle ne sait plus d'où elle vient. Et du coup, elle se réfugie, et va se réfugier dans le corps.

Alors, vous voyez qu'il y a tout un mécanisme qui se déroule de manière inconsciente. Nous n'y pouvons rien. C'est plus rapide que notre intellect. Mais du coup, si ça se passe dans le corps, si ça se cache dans le corps, ça va devenir un peu compliqué d'aller la chercher, d'essayer de comprendre ce qu'elle veut dire, cette source de l'émotion. Comment allons-nous la retrouver ?

Bien, je vais vous proposer une méthode que j'appelle la méthode des trois portes. Regardez ce qui s'est passé à Gérard, à Fabienne, à Michel et pour Sylvie. Ils ont tous somatisé parce qu'ils se sont retrouvés d'une manière ou d'une autre face à eux, une ou l'autre de trois situations.

La première situation, c'est une contradiction. Donc, c'est par exemple, je vous avais cité l'histoire de Ginette, qui en est un bel exemple, que je vous ai parlé avec son problème de thyroïde lors d'une soirée précédente, qui était partagée entre la question : "Est-ce que je reste ? Est-ce que je pars ?" Est-ce que je reste et est-ce que je pars ? Elle était prise dans une contradiction. Le sentiment que nous pouvons avoir aussi, peut-être, contradictoires. Sylvie éprouvait envers sa sœur un sentiment contradictoire, à la fois d'amour et de rejet. Donc, ce qui était un peu compliqué.

La seconde situation qui nous amène à somatiser, on vient d'en voir quelques exemples, c'est celle de la résonance. Cette résonance qu'on retrouve clairement dans l'histoire de Michel, comme dans l'histoire de Sylvie, mais aussi d'une certaine manière dans l'histoire de Gérard.

La troisième situation, c'est celle de l'identification. Nous nous identifions à une certaine image de nous. Cette image de nous qui peut aussi s'attacher à des idées, à des croyances, et des croyances qui vont la conforter dans l'idée de ce qui est juste. Et autant pour Gérard et Michel, la blessure narcissique, les blessures de leurs images étaient plus évidentes, autant pour Sylvie, c'était peut-être plus subtil, mais tout aussi profond, dans cette idée qu'une bonne épouse se doit d'avoir peur pour son mari plutôt que pour son pain quotidien. Je schématise un peu, mais voyez-vous, regardez autour de vous et vous verrez que très souvent, nous somatisons pour l'une ou l'autre de ces trois raisons : contradiction, résonance, identification.

Et pour les retenir, c'est facile : Contradiction avec un C majuscule, Résonance avec un R majuscule, Identification avec un I majuscule. Contradiction, Résonance, Image de soi. C'est comme un cri. C'est comme un cri. Nous somatisons comme un cri. La maladie, c'est un cri. Ça nous échappe, nous ne pouvons pas la contrôler. C'est beaucoup trop rapide, comme je vous l'avais expliqué tout à l'heure. L'émotion va beaucoup plus vite que la prise de conscience intellectuelle. Mais une fois que ce cri est exprimé, nous pouvons à ce moment-là le regarder et essayer de le comprendre, et essayer de voir ce qui se passe, ce qui se passe derrière ce cri.

En général, il est provoqué par un mélange de peur et de douleur. Quand nous crions, c'est parce que nous avons peur, parce que nous avons mal. Et dans le cas présent, effectivement, c'est comme un mélange de peur et de douleur. La peur, par exemple, la peur et la douleur d'avoir à faire un choix difficile. Voilà, rester, partir. Voilà. Je peux être dans une situation un peu compliquée de choix à faire. Ça peut être aussi la peur et la douleur de retrouver une blessure ancienne que l'on pensait cicatrisée depuis longtemps, et qui en fait, ne l'était pas tant que ça, qui est toute aussi vive pour peu qu'un événement vienne toucher dessus. Ça peut être également dans la peur et la douleur devant non seulement nos croyances remises en question, mais plus encore, de ressentir une profonde déchirure dans l'image que nous avons de nous, cette image que nous avons construite et à laquelle nous nous sommes attachés.

Donc, ces trois peurs, si vous voulez, c'est un peu comme trois portes par lesquelles l'émotion indésirable s'est réfugiée. N'a pas la parole, l'émotion s'est réfugiée dans notre corps. Mais c'est aussi aux portes par lesquelles nous allons pouvoir aller à la rencontre de cette émotion, essayer de la retrouver, afin de la reconnaître et de mettre des mots dessus.

Comme vous le savez, si vous considérez l'émotion, la maladie, donc l'émotion qu'elle exprime, comme une ennemie, il vous sera difficile de faire la paix. Pour faire la paix avec un ennemi, il faut d'abord accepter de le rencontrer et d'essayer de comprendre un peu ce qu'il veut, pour trouver un terrain d'entente. Eh bien, je pense que c'est effectivement un travail important de d'utiliser l'une ou l'autre de ces portes pour essayer d'aller à la rencontre de cette émotion qui se dit dans le corps, et afin de la reconnaître et surtout, surtout, d'essayer de mettre des mots dessus.

Et mettre des mots dessus, pourquoi ? Parce que, on vient de le voir, à ce moment-là, nous pouvons en parler et du coup, nous pouvons relier l'émotion à sa source. Et du coup, les choses s'éclaireront. L'émotion sera plus orpheline, elle n'aura plus besoin des mots pour se dire. Et pourquoi se dire à travers les mots ? Mais pour aller à sa rencontre, nous devons d'abord ouvrir les portes. Et pour ouvrir les portes, il va nous falloir remplir trois conditions.

D'abord, de préférence, il faut d'abord bien se mettre en face de la porte. Ainsi, si vous essayez de vous mettre de travers vers une porte, ce n'est jamais très simple. Donc, mettez-vous bien en face de la porte. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire regarder les choses en face. Regarder les choses en face, ne pas adopter un regard biaisé, mais se dire clairement : "Ok, je me mets en face et j'essaie de comprendre." Et pour pouvoir les regarder en face, il est bon de cultiver trois qualités du regard. Trois qualités du regard.

La première qualité, c'est regarder sans juger. Gérard était paralysé par un jugement qui portait sur lui, un passé de culpabilité. Et à l'époque, je n'avais peut-être pas encore assez de compréhension et de maturité pour essayer de désamorcer ce cette...

La difficulté de plus tard avec Sylvie. Je vais éviter le piège du hors-jeu, les aider à éviter le piège. Et ça lui a permis, en imitant ce piège, de se rendre compte de la résonance du moment présent avec la douleur du passé. Quand j'ai déjà évoqué à plusieurs reprises, je me répète, mais je pense que c'est un point vraiment important : le jugement. C'est un piège. Vous vous sentiez coupable aux victimes. Le jugement est un piège. Pourquoi ? Parce qu'il va nous attacher à la douleur apparente. Mais on nous appelle fort à la douleur apparente. Ivan, bill, tournée de la douleur. Et attention, un train peut en cacher un autre. Et du coup, en nous détournant de cette douleur réelle, ça nous empêche d'en comprendre les ressorts intimes. Et nous croyons savoir pourquoi nous sommes malades, alors qu'en réalité, nous n'en savons rien. Donc, regardez sans jugement. Et vous verrez, si vous essayez de le faire, à quel point le juger, comment dire, est omniprésent. Quand vous le chassez par la porte, et bien, il rentre par la fenêtre. Donc, d'où l'importance aussi, quand vous faites ce travail, d'essayer d'être conscient de vos pensées, de ne pas être qu'on peut voir identifié à vos pensées, mais de rester conscient de ce qui se passe dans notre esprit.

La deuxième qualité du regard à développer, c'est regarder sans désirer. Quand une situation ne nous convient pas, il est légitime de désirer qu'elle soit autrement. Ce désir est une énergie de transformation. Nous n'allons pas cracher dessus. Mais le problème, c'est que quand nous regardons, quand nous mettons ce désir en avant, c'est comme s'il me mettais la charrue avant les bœufs. En effet, quand nous regardons une situation à travers notre désir, ce que nous voyons, ce n'est pas la situation elle-même, c'est notre désir. Ce n'est pas la même chose. Et nous ne voyons plus la situation comme elle est, tout simplement. Regarder sans désirer, c'est avoir une vision claire de la situation et la prendre telle qu'elle est, comme un point de départ.

Et le troisième, la troisième qualité du regard, c'est regarder sans s'impliquer. C'est-à-dire, s'arrêter de nous approprier ce qui nous arrive, comme si nous en étions le centre. Je vous ai peut-être déjà parlé de cette histoire du jeune secouriste. Il vient d'avoir son diplôme en poche, il rentre chez lui en voiture, et puis il voit un accident. Donc, une personne est gravement blessée. Et là, il est confronté à deux réactions possibles. Il gare sa voiture au bord de la route, et il fonce vers le blessé. Il fait ce qu'il a appris, sans se poser de questions. Il essaie de faire du mieux possible, sans se poser de questions, de façon, comment dire, un peu réflexe. Voilà. Et malheureusement, il est arrivé un petit peu tard. Le blessé claque dans les bras. Et du coup, ça va évidemment le rendre triste, ça va le toucher, ça va le choquer. Il va sans doute y repenser pendant des jours, des semaines. Et puis, petit à petit, l'événement va se métaboliser. Mais imaginez maintenant, deuxième situation. Il gare sa voiture, et juste au moment où il sort, une idée lui traverse l'esprit. Et il se dit : "Est-ce que je vais être à la hauteur ?" Et du coup, au lieu de voir les choses comme elles sont, il les voit à travers. Il les voit à travers l'image qu'il a de lui. Donc, il y a une vision directe et une vision réfléchie. Et cette vision réfléchie va impacter sa juste appréciation de la situation. Donc, comme dans la première situation, il a un petit moment d'hésitation, puis après, il y va. Et naturellement, le blessé, il est arrivé trop tard. Le blessé lui claque dans les bras. Ce qu'il va éprouver, ce n'est pas du tout de la tristesse. Ce qu'il va éprouver, c'est un sentiment de culpabilité. Et ce n'est pas des jours ou des semaines où il sera touché, c'est des mois, voire des années où il va y repenser en se disant : "Je n'ai pas été capable." Et si vous voulez, c'est quelque chose qui va profondément le blesser dans l'image qu'il a de lui. Au point que ça peut même avoir des répercussions non seulement sur sa santé, mais aussi sur des choix de vie qu'il aurait pu faire différemment, s'il n'avait pas porté un tel jugement sur lui à ce moment-là. Donc, vous voyez, la situation est la même, sauf qu'elle est vécue de façon très différente.

Dans les deux cas, il y a cette idée de percevoir les choses à travers l'image que nous avons de nous. Donc, cette troisième qualité du regard : regarder sans s'impliquer. Regardez les choses comme elles sont, sans s'impliquer. Si vous parvenez à réunir ces trois qualités, les portes vont s'ouvrir sans difficulté, voire elles seront déjà ouvertes. Donc, se mettre bien en face, regarder avec les trois qualités que je viens d'évoquer.

Et la deuxième chose, quand vous êtes devant une porte, il faut trouver la bonne clé. Elle est fermée, il faut trouver la bonne clé. La clé est sous la forme d'un point d'interrogation. Ce sont toujours des questions qui me font avancer. Quand Sylvie m'a exprimé sa conviction d'un lien de cause à effet entre son choc moral et son estomac, je lui ai posé deux questions. Je lui ai dit : "Pourquoi l'estomac ? Et pourquoi le gluten ?" C'est bête, hein, mais pourquoi ? Pourquoi ça ne s'exprime pas autrement ? Pourquoi ça va s'exprimer de cette façon ? Et c'est à partir de cette question que nous avons pu cheminer ensemble pour aller découvrir ce qui se passe ailleurs. L'inverse est vrai aussi. Nous ne pouvons pas avoir de réponse à une question qui n'est pas posée. Par exemple, si vous faites un cancer du poumon après avoir trop fumé, on va vous dire : "Monsieur, vous avez fumé." Et vous direz : "Eh bien oui, c'est le fait de fumer." Donc, vous avez l'explication. En plus, vous avez le jugement qui accompagne. Donc, là, vous êtes sûr qu'il n'y a plus rien d'autre à comprendre. "Je chope mon cancer du poumon parce que j'ai fumé." Point final. Mais alors, j'ai envie de vous proposer de poser deux questions. Premièrement : "Pourquoi fumer ?" Après tout, ce n'est pas une question tout à fait anodine. À quoi ça vous sert de fumer ? Il y a quelque chose là aussi qui peut se produire. Et deuxièmement : "Pourquoi ce cancer est-il là maintenant ? Pourquoi ça n'a pas produit quelques années auparavant ? Pourquoi ça ne s'est pas produit quelques années plus tard ?" À titre d'exemple, j'ai connu un brave papy qui avait vécu une vie pas forcément simple, mais en tout cas, à la fin de sa vie, il devait fumer deux paquets de cigarettes par jour et boire son pastis, le litre de pastis devait lui faire, pas tout à fait la semaine, mais trois, quatre jours. Ce brave homme, il avait 85 ans. Donc, si vous voulez, OK pour le tabac, mais il y a quelque chose en plus qui est maintenant. Pourquoi ? Pourquoi ça vous rend malade là, aujourd'hui, maintenant ? Et si vous ne vous posez pas la question, vous n'aurez jamais la réponse. Et évidemment, puisque vous avez déjà l'explication : "J'ai mon cancer parce que j'ai fumé." Mais avec une explication comme ça, ça ne permet pas d'avancer.

Et dans cette approche que je vous propose, ce sont toujours des questions qui m'ont permis d'avancer. Et ces questions qui, d'ailleurs, sont souvent venues des personnes, de mes patients, de personnes que je soigne, et qui viennent de vous, du public. Et c'est à travers les questions que nous avons fait. Donc, question face à la porte de la contradiction. Question. Posez-vous. Je ne vais pas vous demander de me répondre tout de suite, mais réfléchissez quand même un petit peu. Moi, ce que je propose, c'est de se poser la question : "Avec quoi suis-je en désaccord ? Ou avec qui ? Avec qui ou avec quoi suis-je en désaccord ? Qu'est-ce qui ne me convient pas ? Et est-ce que j'ai un choix à faire ? Est-ce que j'ai un choix ?" Alors, qui dit choix dit renoncement. Et c'est bien pour cela que nous avons du mal à trancher. Souvent, la maladie vient de ce que nous sommes dans un double choix. Ce qui était un peu le cas de Ginette, dont je vous avais parlé une fois précédente. C'est comme si, pour donner une image, c'est comme si vous partiez de Grenoble pour aller à Nice, vous vous arrêtiez en chemin, à mi-chemin, en vous disant : "Ah, c'est pas comme ça que je voyais les choses." Et du coup, vous avez un pied d'un côté, un pied de l'autre, et vous êtes entre deux. Et vous n'avez ni Grenoble, ni Nice. Ou vous gardez les deux. Vous êtes dans une sorte de solution de compromis qui n'est pas satisfaisante. Autrement dit, voilà, vous vous retrouvez dans cette difficulté sans pouvoir trancher. Et ça me rappelle aussi une histoire toute mignonne, l'histoire d'une patiente qui était venue me voir en me disant : "J'ai découvert que mon mari me trompait. Je suis allée voir ma mère. Je lui dis : 'Maman, Paul me trompe.' Et ma mère m'a regardé droit dans les yeux, elle m'a dit : 'Ma chérie, tu pars ou tu pardonnes, mais ne reste pas entre les deux. Tu pars ou tu pardonnes, mais ne reste pas entre les deux.'" J'ai trouvé que cette parole maternelle était d'une sagesse. D'une femme qui avait sûrement dû beaucoup vivre un certain nombre de choses dans son existence. Mais c'est exactement ça : ne restez pas entre les deux. La maladie, effectivement, c'est souvent, c'est souvent une situation dans laquelle nous sommes dans un demi-flou.

Et le mouvement, je vous le dédie. Nous avons, il faut rester en face de la porte pour le juste regard. La deuxième chose, c'est la question. Quelles questions me permettent d'ouvrir la porte ? Et enfin, il faut aussi accomplir un mouvement pour que la porte s'ouvre. Il ne suffit pas de tourner la clé. Et ce mouvement qui va permettre d'ouvrir la porte, c'est une décision. Et souvent, cette décision n'est pas facile à prendre. C'est bien pour ça que nous avons peur. On veut le mettre de côté. À propos des décisions, comme vous le savez, ces décisions qui sont prises dans la tête, c'est un peu comme une sorte d'hésitation perpétuelle. Un jour oui, un jour non. Quand nous avons choisi, il arrive parfois que nous regrettions notre choix. Alors que les vraies décisions se prennent dans l'union entre la tête et le cœur. L'union entre la tête et le cœur. Si vous les prenez uniquement dans le cœur, c'est toujours un peu délicat parce que vous risquez de vous retrouver dans un coup de cœur que vous allez regretter par la suite. Si, par exemple, après être tombée amoureuse en idéalisant votre partenaire, vous avez des petites intuitions qui vous disent : "Quelque chose ne va pas." Écoutez vos intuitions. Écoutez vos intuitions. Et ne vous laissez pas envahir complètement par le sentiment amoureux qui peut vous aveugler. Vous savez, c'est quelque chose que j'ai souvent remarqué chez les femmes. Mesdames, vous êtes des personnes qui sont très intuitives. Le problème, c'est que vous n'écoutez pas toujours vos intuitions, peut-être pas suffisamment. Et c'est ça qui vous amène quelques fois à vous retrouver dans des situations difficiles. Si vous écoutiez vos intuitions, ce serait sûrement beaucoup mieux.

Et je me souviens à ce propos d'une patiente qui me parlait de ses déboires conjugaux. C'était un amour passionnel et déchirant. Et en fait, elle me disait : elle m'a raconté la première rencontre avec son compagnon. Elle m'a dit : "J'étais donc avec une soirée entre amis, avec plein de monde, des gens qu'on ne connaissait pas. Et à un moment donné, la porte s'est ouverte, je l'ai vu dans l'encadrement de la porte. Je l'ai vu. Je ne le connaissais pas du tout, c'était la première fois que je le voyais." Et je me suis dit : "C'est lui. Et ça sera l'enfer." Elle a senti, elle a vu : "C'est lui, ça sera l'enfer." Pensez-vous qu'elle ait écouté son intuition ? Eh bien non. Elle est tombée amoureuse, elle a mis son intuition sur le côté. Et du coup, ça a été lui, et ça a été l'enfer, c'est vraiment les choses comme elle l'avait eu au premier regard.

Si je le dis, et bien, ce que je vous propose, c'est de réunir la tête et le cœur. Alors vous décidez en pleine conscience, dans la partie la plus intime de votre être. La juste intuition est présente, et vous savez l'écouter quoi qu'il arrive. Soyez fidèle à vous-même et à vos intuitions dans cette pleine conscience qui essaie de vous guider sur le chemin. Si vous avez du mal à contacter cette pleine conscience, vous avez d'autres possibilités. Vous pouvez, par exemple, dans un moment où vous êtes détendu, ouvrir un livre qui pour vous a une certaine importance, un livre un peu spirituel, et puis lire la première phrase qui vous tombe sous le regard. Alors, je vous rassure, ce n'est pas cette phrase qui va décider pour vous, mais ça peut vous éclairer, ça peut vous apporter une réponse à la question que vous êtes en train de vous poser. Vous pouvez aussi, le soir, en vous endormant, poser la question à votre petite flamme intérieure, et puis à ce moment-là, vous endormir avec confiance, en sachant que pendant que vous dormez, votre petite flamme va réfléchir à la question et tenter d'y répondre, de vous répondre, soit par un rêve, soit par une évidence le matin quand vous allez vous réveiller, vous aurez la réponse avec évidence, soit encore par le hasard d'une rencontre que vous aurez dans les journées qui suivent. Et quoi qu'il arrive, donc, faites en sorte que dans les décisions que vous prendrez, d'être fidèle à vous-même et à ce qui vous anime. C'est le plus important.

Pour terminer, oui, alors avant de passer à la porte de la résonance, je voulais aussi insister sur cette idée qu'une clé, bon, ça permet d'ouvrir les portes, mais méfiez-vous du sens dans lequel vous la tournez. Suivant le sens dans lequel vous tournez la clé, vous pouvez l'ouvrir pour tout, la fermer à double tour. Et le meilleur moyen de savoir si oui ou si vous la fermez, c'est de la fermer. Vous vous retrouvez dans une sorte d'évidence, avec vos certitudes, et en général, des certitudes qui s'accompagnent d'un jugement. Donc, vous vous sentiez coupable aux victimes. Voilà. Mais ça, c'est une évidence. Et là, si vous ressentez ce genre de choix, vous pouvez être sûr d'avoir tourné la clé dans le mauvais sens, parce que la porte restera bloquée, et ce qui se cache derrière deviendra inaccessible. Donc, gardez quand même le cœur ouvert, gardez la porte ouverte, gardez le cœur ouvert, sans porter de jugement a priori, ni sur vous, ni sur les autres.

À la porte de la résonance. Posez-vous la question : "À travers quelle douleur ancienne est perçue la situation présente ?" Ou si vous préférez : "Est-ce que ce que je vis maintenant réveille une douleur du passé ? Et qu'est-ce qui peut cacher ce qui est venu toucher en moi ?" Et il faut bien voir que le voir à travers, c'est prendre le risque de voir de travers. Le mouvement ici, c'est reconnaître et faire la part des choses. Reconnaître la part des choses, parce que la douleur ici vient de la confusion entre le présent et le passé. Et de façon très curieuse, le fait de nous libérer de cette confusion va nous libérer en même temps de la douleur passée. C'est assez étrange. Et tout semble se placer, comme si la douleur du passé s'arrangeait pour se reproduire dans notre existence, jusqu'à ce que nous acceptions de la regarder. Vous connaissez peut-être cette phrase merveilleuse de Patanjali : "Les choses ne sont là que pour être vues ou entendues. Une fois qu'elles le sont, on peut passer à autre chose." Et tant qu'elles ne le sont pas, elles reviennent. Elles reviennent jusqu'à ce que nous puissions les reconnaître. Alors, vous allez me demander : "Pourquoi elles vont nous laisser tranquille ?" Eh bien, c'est facile à comprendre. Dans ce travail de reconnaissance, quand vous reconnaissez votre douleur, il y a "telle somme", il y a "ma douleur", et "moi". Alors, ça veut dire que si je peux la voir, je ne suis pas cela. Alors que si je suis collé à ma douleur, je ne peux pas l'avoir, puisque je suis collé dessus. Donc, quand je me décolle, je vois ma douleur. Ah, c'est ça. Et à partir de ce détachement, vous pouvez libérer. Nous allons voir maintenant l'image que vous avez de vous. De ce que vous avez vécu, vous n'êtes pas ce que vous avez vécu. Vous n'êtes plus ce que vous avez vécu.

Donc, je vous ai parlé autrefois des octaves, pour miner avec cette question de résonance. Ces octaves, c'est ce phénomène curieux qui se produit souvent dans l'existence. Quand, par exemple, nous vivons un traumatisme à 11 ans, qui va se reproduire à 22 ans sous une autre forme. On l'a vu à propos de Gérard, qui avait perdu sa femme à 37 ans et son chien à 74 ans. Alors, on va me dire : "Ce n'est pas la même perte, évidemment." Mais dans les deux cas, il y avait une perte affective. Autrement dit, il y avait une résonance à l'octave. Quand sur un piano, vous jouez la note du do à l'octave supérieure, la fréquence est double, mais à l'oreille, vous avez le sentiment d'entendre quelque chose qui vous rappelle ça. Ça résonne. Ça résonne. Je me suis longtemps demandé pourquoi l'existence semble prendre un malin plaisir à nous présenter, nous représenter nos douleurs anciennes de manière un peu cyclique, pas toujours mathématique, et quand même de façon assez récurrente. Je pense que ce n'est pas par méchanceté, mais c'est comme si nous-mêmes, inconsciemment, nous avions contribué à créer la situation qui va nous permettre de retrouver cette douleur ancienne, de nous en libérer par ce mécanisme de reconnaissance dont je vous parlais. Et reconnaître quoi ? Eh bien, le reconnaître, je dirais, pour en présenter une image. Nous sommes comme un fleuve. Notre existence est comme un fleuve qui traverse de nombreux paysages, tantôt clairs, tantôt souriants, tantôt sombres, gris, sombres, chargés, toxiques. Mais nous ne sommes pas le paysage que nous traversons. Nous ne sommes pas les expériences que nous vivons. Nous sommes un élan vers cet océan. Nous sommes un élan vers cette part plus vaste de nous-mêmes qui, au-delà de toutes nos tribulations, va chercher au plus profond d'elle-même à s'accomplir et retrouver cette part la plus vaste et la plus lumineuse de son être.

Pour terminer sur la résonance, ce que je voulais, ce que je voulais évoquer, ces images que je voulais. Et nous en arrivons, nous en arrivons donc, je dirais presque à l'essentiel, qui est un peu le point de difficulté : c'est la porte de l'identification. Cette identification, donc, qui peut être à une croyance, à une idée de ce que les choses devraient être. Et d'ailleurs, c'est par exemple cette même identification qui a conduit certains scientifiques à refuser, à rejeter l'homéopathie avant même de l'avoir étudiée. Je ne parle pas des intérêts commerciaux, ça c'est autre chose, mais je parle de questions d'ego, de considérer comme ça que l'homéopathie ne vaut même pas la peine d'être étudiée parce que ça ne correspond pas à la conception des choses à laquelle ils se sont attachés. Nous nous attachons à des idées, et puis quand ces idées sont battues en brèche, ça nous met en difficulté. Ça nous met en difficulté. En fin de compte, une image de nous. Et c'est cette identification. Ça peut être aussi l'identification à une raison d'être. Je vais investir un projet, par exemple, qui va devenir une raison d'être. Quand le projet tombe à l'eau, si j'en ai fait ma raison d'être, je suis complètement démuni. Et là, je peux somatiser. Enfin, et surtout, cette identification, c'est une identification à une certaine image, ou une image que nous avons donnée depuis plus tôt dans l'enfance. Nous construisons une certaine image de nous. Nous la construisons avec les matériaux qui sont à notre disposition. Et bien, les matériaux qui sont présents dans la famille qu'on nous apporte. Ces matériaux, ça peut être des attitudes, des paroles qui vont nous aider à construire cette image de nous, ou qui vont nous mettre en difficulté. Comme Michel s'est trouvé en difficulté quand son père lui a dit : "Mon pauvre, tu n'es qu'un incapable." Donc, nous allons nous construire par rapport à ça. Et cette construction, elle va avoir des points solides, mais elle va aussi avoir des failles. Des failles qui sont souvent d'origine familiale, et des failles qui vont souvent se transmettre sur plusieurs générations.

Alors, vous allez me dire : "Donc, on va rentrer dans la psychogénéalogie." Pour l'instant, je vous invite à rester sur votre vie présente, en partant de l'idée que le problème, ce n'était pas dans l'héritage. Que l'identification, c'est ce à quoi je me suis identifié, et ça, le problème, la difficulté, je crois, est là. Et d'ailleurs, quand je demande aux patients de ne pas confondre ce qu'ils sont réellement avec l'image qu'ils ont d'eux-mêmes, neuf fois sur dix, ils me répondent : "Mais je comprends pas, l'image que j'ai de moi, c'est moi. Il n'y a pas de différence." Pourtant, l'image que vous avez de vous, celle que votre femme a de vous, celle que vos amis ont de vous, ce n'est pas la même image. Celle que vos ennemis vous renvoient non plus, ce n'est pas la même image. Laquelle est juste ? Est-ce que c'est vraiment celle que vous croyez, celle que vous adoptez ?

Alors, la question ici, elle est toute simple. Vous vivez une situation difficile, et que ça vous touche, dites tout simplement : "En quoi cela touche-t-il l'image que j'ai de moi ?" Ou autrement dit : "L'importance que j'accorde à certaines choses, et bien, tel de ces choses elle-même, ou de l'idée que j'ai de moi. Un point ces choses. Et quand je leur dénie toute importance, de quoi se nourrissent-elles ?" Donc, le simple fait de vous poser la question : "En quoi cela va-t-il toucher l'image que j'ai de moi ?" déjà, c'est quelque chose de libérateur. Parce que tout d'un coup, votre regard se détache. Il regarde l'image. Le fait de vous poser la question introduit un décollement. Vous vous décollez de cette image de vous, en vous disant : "Ah, mon image a été touchée. Comment a-t-elle été touchée ?" C'est déjà un processus thérapeutique. Ça vous permet déjà de vous désidentifier de ce qui vous a blessé, de ce qui vous a touché. C'est d'ailleurs une image que je propose parfois à mes patients. Je dis : "Vous avez vécu dans votre enfance, ou dans votre existence, des failles, des blessures. Les blessures, en fait, elles ont touché l'image. L'image, c'est quoi ? L'image, c'est ce que je regarde quand je regarde le miroir." Et quand vous découvrez que ce qui est cassé, ce n'est pas l'image, c'est le miroir. Et que du coup, forcément, l'image est déformée. Mais c'est le miroir qui porte la blessure, ce n'est pas vous. Et quand vous découvrez ça, tout d'un coup, ça vous donne du recul. Ça vous permet de voir les choses.

Le mouvement pour ouvrir cette porte de l'image de soi, c'est s'ouvrir. S'ouvrir. S'ouvrir à la fois à l'autre. Pourquoi l'autre me blesse ainsi ? Et vous le verrez, qu'en général, les personnes qui nous blessent, on va dire schématiquement, le font en général pour trois raisons. La première, c'est par pure inconscience. Elles ne se rendent pas compte. Elles vous balancent une parole comme ça, sans réfléchir, sans se rendre compte de l'impact que ça peut avoir sur vous, et des points de résonance que ça peut engendrer. Elles ne font pas exprès. Ce n'est pas forcément de la méchanceté. Ce qui peut nous blesser dans ce cas-là, c'est que nous imaginons qu'il y a une intention, alors qu'en réalité, il n'y a pas d'intention du tout. Mais cette imagination, cette supposition, fait que nous prenons les choses en disant : "Qu'est-ce qu'elle a voulu me dire ? Qu'est-ce qu'elle a voulu me dire ?" En fait, ça lui échappe, et c'est tout. Donc, c'était par inconscience, et ce n'était pas volontaire. Et nous avons surévalué son intention de blesser. Et sans doute, nous demandons pas le pourquoi de la blessure, mais le pourquoi de l'intention. Et vous verrez que ce qui nous blesse, ce n'est pas la blessure elle-même, souvent, c'est la condition supposée de la blessure. Voilà. Ça serait le premier point : l'inconscience.

Le deuxième, qui est tout aussi fréquent, la personne nous blesse par projection. Quand elle a quelque chose de difficile à assumer, à gérer, elle va le projeter sur nous. C'est en général nos propres difficultés que nous projetons sur les autres. Et quand une personne proche de vous balance ce rôle agressif, vous vous dites : "Est-ce que c'est à moi que ça s'adresse ? Est-ce qu'elle se parle à elle-même à travers moi ? Est-ce qu'elle se parle d'elle-même à travers l'image qu'elle se fait de moi ?" Souvent, je propose une image par rapport à ça. Je dis aux patients : "Faites comme le torero." Et le torero, avec sa cape rouge, quand le taureau charge, la cape, il ne reste pas derrière, sinon il en prend plein la figure. Il a l'astuce et la sagesse de faire un pas de côté. Et à ce moment-là, la projection ne vous atteint pas. Faites comme si ça n'était pas à vous que la parole est adressée, mais comme si elle était pas vraie. C'est la couleur qui est projetée, cette image que la personne se fait de vous, et qui n'est pas vous. Ne perdez pas non plus trop de temps à lui démontrer qu'elle se trompe sur toute la ligne, parce qu'à mon avis, c'est beaucoup d'énergie pour un résultat qui reste quand même relativement aléatoire. Et vous pourriez vous dire : "Enfin, ça, j'ai vu que ça." Donc, je dois en parler, parce que j'ai vécu de façon un peu de bronze au début. Une personne qui me méprisait, un lien affectif, ses retours, ses mépris. Et il m'a fallu un peu de temps pour comprendre que cette personne me méprisait parce qu'elle se méprisait elle-même. Et à ce moment-là, je vous propose de faire trois retournements de mots. "Il me méprise. Est-ce que c'est parce qu'il se méprise lui-même ?" Premier retournement. Deuxième retournement, subtil : "Il me méprise. Est-ce que c'est parce que je le méprise, après tout ? C'est injuste rendu." Et troisième retournement : "Il me méprise. Est-ce que ce n'est pas un peu parce que je me méprise moi-même ?" Et donc, il y a plusieurs façons effectivement de se dégager de ces choses, de ces paroles blessantes, de ces choses qui nous touchent.

Et puis, la personne peut aussi vous blesser parce qu'elle est dans un sentiment, dans une recherche de pouvoir. Je me suis dit : "Bah, c'est fréquent." Mais c'est vrai que une personne qui a du pouvoir sur vous, mais qui en profite, c'est jamais facile à gérer. Sauf que ce qui peut vous sauver dans l'image que vous avez de vous, c'est de vous dire que le pouvoir, c'est la défense de ceux qui ont peur de ne plus exister. Regardez, si les dictateurs placardent leur image à tous les coins de rue, de façon à ce qu'on les aime bien partout, c'est parce qu'ils ne sont pas sûrs de savoir qui ils sont. Donc, ils ont besoin de ça pour avoir le sentiment d'exister. Et ce qui leur permet d'exister, c'est ce sentiment de pouvoir. Donc, ils sont eux-mêmes dans une faille très profonde dont ils n'ont pas conscience. Et quand on est dans une souffrance dont nous n'avons pas conscience, nous avons souvent tendance aussi à faire souffrir les autres, parce que nous projetons sur les autres, ce sont nos propres souffrances que nous refusons, que nous refusons de croire.

Et s'ouvrir à l'autre, et s'ouvrir à soi-même. S'ouvrir à soi-même, à sa blessure, et à sa beauté. Je ne fais pas de distinction entre les deux. Vous allez trouver surprenant que j'associe les deux. Pourtant, je voudrais juste terminer par une image. Regardez une terre qui a des failles. C'est grâce aux failles de la terre que l'eau s'écoule et qu'elle fertilise ainsi le sol. Si cette terre n'avait pas ses failles, elle serait sèche, il n'y aurait pas de fleuve, pas de forêt. Votre blessure est acceptée comme une faille, grâce à laquelle votre être, comme cette terre qui est devenue fertile, permet à la fleur, au bout de sa complétude, de s'épanouir.

Je voudrais juste terminer sur cette image. Et puis, je suis disponible donc à vos questions. Merci. Merci Philippe. J'ai réactivé les micros de tout le monde. Et les personnes qui ne devaient le faire, le faire également. Merci. Ça peut résumer, développer s'il vous plaît. Évitez les bruits parasites. Et si vous souhaitez poser une question, allez-y vivement et fermement. Oui, je peux m'exprimer. Libye, sur le... et bien, j'en fais référence suite du Québec en direct. Avez-vous... et j'aimerais savoir, avec tout ce que vous nous avez donné, j'ai l'impression d'avoir fait ce travail depuis plusieurs années. Et comme vous le disiez, il reste un nœud. Parce que dans la somatisation de ce qui est arrivé, il me reste une hémorragie, une douleur passée à droite, très importante. Et surtout, un symptôme de bouche brûlante, avec un goût brûlant, 24 heures sur 24. Et je me dis, j'ai l'impression d'avoir exprimé, d'abord nommé, d'avoir pardonné, et il me reste toujours ce côté droit qui brûle toujours. Et quand vous parlez des deux faces, je me dis, ben, il y en a une qui est là. J'ai beau chercher, j'ai beau faire le lien entre la tête et le cœur, j'y arrive. Qu'est-ce qu'on fait à ce moment-là ? J'ai l'impression de me faire, de comprendre, de retourner tout ça, de relire, et j'arrive pas à mettre le doigt exactement sur ce qui fait que je ne suis pas dans ma vie présente, mais que la terre tourne encore dans les blessures du passé. Oui, malgré tout le travail que vous avez pu faire. Alors, si je comprends bien, alors le problème, peut-être aussi, c'est que comme je vous le disais, cette douleur apparente peut cacher une autre douleur. Et je pense qu'il est très probable que ce soit un peu comme une pièce de monnaie, c'est-à-dire une face visible et une face cachée. Je travaille avec l'hypothèse qui est un peu l'hypothèse inverse de la psychologie traditionnelle. Voir le côté droit, c'est en lien avec un homme. Et je désoriente. La mère dit que le côté droit, c'est plutôt une difficulté avec une femme. Alors, déjà, peut-être, je ne sais pas si vous avez exploré cette voie. Mais commencez, commencez déjà à vous poser la question. Donc, si c'est du côté droit, est-ce que c'est avec une femme ? Avec qui ? Et à ce moment-là, vous faites le tour des personnes que vous connaissez. Je peux vous donner aussi un petit conseil pratique. Attendez, je continue. Je peux vous donner aussi un petit conseil pratique. L'avantage quand on a mal, c'est que la douleur nous parle. Je veux dire par là que ce que vous allez, ce que vous pourriez faire, c'est prendre, incarner, et noter les prénoms des personnes, plutôt des femmes que vous connaissez. Et en pensant à elles, voyez si en pensant à l'une de ces personnes, la douleur se réactive et s'amplifie. Ainsi, si la douleur s'amplifie quand vous pensez à l'une d'entre elles, c'est de ce côté-là qu'il faut chercher. C'est aller voir un peu ce qui se passe de ce côté-là. Et le troisième point qui nous aide, qui peut nous aider à comprendre, c'est la chronologie exacte des événements. À quel moment cette douleur est apparue ? Qu'est-ce que j'ai vécu à ce moment-là ? Et qu'est-ce que c'est venu toucher ? Voilà. Je peux dire quelques pistes. Ça ne doit pas forcément être en l'espace de quelques minutes, nommer la question. Mais je pense que si vous voulez explorer ces pistes, vous risquez de tomber sur des choses intéressantes qui restent encore à découvrir. À mon avis, il y a encore quelque chose à découvrir. J'ai par contre la bonne clé, pas encore la bonne clé. L'explorer, exprimer, c'est différent. Et vous que je vote. Oui, effectivement. Et il y a tellement de choses qui se sont produites, qui sont arrivées en même temps quand c'est arrivé. C'est difficile de... j'ai beau tirer sur toutes les ficelles, d'aller voir dans différentes façons de vouloir, d'avoir accueilli et réglé les différentes émotions. Et j'ai labouré la terre, il y a des moments, ce que j'ai fait. Et ça reste encore. Donc, je me dis, si c'est au niveau d'avant, je vais... ce qui doit avoir quelque chose que je n'ai pas encore exprimé comme ça. Mais à la gauche, toujours, ça fait dix ans. Oui. Alors oui, ça a du sens. Ce fait que la bouche brûle, effectivement, c'est quelque chose que vous avez eu du mal à avaler et du mal à exprimer. Mais ce qui peut vous aider dans tous ces événements, donc qui sont différents, qui sont produits en même temps, si je comprends bien, dans tous ces événements qui se sont produits en même temps, ces bombes américaines. Qu'est-ce qui, dans tous ces événements, lequel maintenant le plus, mais dans les deux mois, ça me touche et dans l'image que vous avez de vous, ou dans le, comment dire, dans la contradiction dans laquelle ça vous a mis, et que vous n'avez pas pu dire autre chose, il n'est pas qu'il existe, ou parce qu'il y a eu une profondeur de blessure qui vous a privé. Ça a beaucoup de sens. Ça a beaucoup, beaucoup de sens. Oui. Je vous propose aujourd'hui, nous en reparlerons en tout cas. Merci de vous être connectée. Je sais pas à quelle heure il est chez vous au Québec présentement. Trésor est aussi en avance, parce que nous, on a déjà quelques changements d'heure d'avance. Il voulait pas. Donc, j'étais là une heure avant. Donc, je vous ai attendu patiemment.

C'est un plaisir, c'est un honneur que de connecter avec vous pour la première fois de vive voix, et j'apprécie énormément toute la générosité que vous avez à nous attacher pour connaissance. Merci. C'est une très belle rencontre pour moi. Que vous avoir dans ma vie, c'est gentil. Surtout l'impression, tout le monde. Vous savez, en France, on dit toujours un corps retard sur beaucoup de choses. Merci. Bonne, une bonne bonne fin d'après-midi.

Je n'ai pas d'appareil. Je vous entends. Oui, je joue. Je participais à cette soirée parce que récemment, tout début d'année, j'ai perdu ma cadette, ma fille cadette de 24 ans. Et très le choc de la nouvelle, les difficultés énormes pour aller aux US, rendre aux US, difficultés administratives, a causé, etc. C'est juste pas possible. Et j'ai finalement réussi à arriver à être sur place pour le final. Et puis, dans la foulée, j'ai pris soin de ma grande fille. On a un mois et demi, mais aussi on a pris soin l'un de l'autre pendant un mois et demi en Floride. Après le retour en France, donc deux mois après, je fais une séance de kinésiologie. Ou salle qui nos yeux, la kinésiologue m'a demandé si j'avais des douleurs quelque part. Mais j'avais quelques temps avant cet événement, j'ai ressenti une douleur au talon, son talon droit, doucement le côté droit et sur le côté interne. Et bizarrement, ce soir, c'est une douleur qui a été plus vive que jamais. Pas. Et là, en écoutant le, c'est en écoutant cette cette causerie, ça a réveillé la douleur. C'était oui, il y a une douleur qui est devenue beaucoup plus aiguë que les jours précédents, cas les mois précédents.

Et baissé cette douleur que vous décrivez, vous me dites qu'elle est apparue un an avant le début de votre fille, notamment. Exactement. Et puis là, il y a eu quelque chose de beaucoup plus fort. Et c'est ce soir et se développer que ça. Et si vous voulez bien, je peux continuer encore dans mon récit. Et d'IRM après, donc la kinésiologue m'a comme qu'il avait conseillé un drama massage de drainage lymphatique que j'ai fait juste dans la foulée, le lendemain de la séance d'écologie physiologie. Et là, j'étais extrêmement bien, très très à l'aise, ou très très serein.

Mais pourriez-vous nous parler un peu de cette période de perte d'un être cher, des actions à entreprendre pour mieux vivre cette perte ? Et vous avez dit donc, il faut rechercher en quoi il a touché dans l'image que j'ai de moi. Est-ce que ça s'applique ? Et dans ce cas-là, quels sont vos conseils pour passer ce cap au mieux ? Je pense que bon, c'est vrai que déjà la place de m'enfoncer quelque chose ou en difficile, mais je pense aussi que le deuil en lui-même nous n'aurons pas malade à sa droite, ça nous donne pas de masque, ça nous déchire, c'est tout ce qu'on veut, mais ça ne nous rend pas physiquement malade. Donc il doit y avoir quelques idées, il doit y avoir autre chose, il doit y avoir autre chose qui tient peut-être.

Alors ce qui est très curieux, c'est que cette douleur soit apparue avant le décès de votre fille. Donc est-ce que vous avez pu repérer un événement à point de départ ? Est-ce que ce décès finalement, nous n'a peut-être rien à voir avec ces douleurs ? En fait, on n'en sait rien puisqu'il est venu avant. Mais est-ce que vous avez aussi l'intuition de cet accident ? Elle est mort d'un accident, fin du match, c'est quelque chose de brut. Oui, fine en bois car oui, le 1er janvier. Donc il y a peut-être ce qui a des choses par exemple, ça peut toucher aussi ryan. Il y a deux hypothèses. Bon, première hypothèse, il y a peut-être aucun rapport entre les deux chronologiquement, en tout cas la douleur est apparue avant. Deuxième hypothèse, il y a peut-être un rapport, mais ce qui voudrait dire que intuitivement votre inconscience avait tiré se passer quelque chose. Moi, je pense que notre inconscient nommé capte les archétypes, les événements simule un certain niveau. Il y a des des archétypes qui vont se produire ou pas, mais nous avons quelquefois des flashs, un ou des intuitions ou des prémonitions. C'est, je pense pas que ce soit une vue de l'esprit, c'est des choses effectivement qui arrive. Et peut-être que quelque part par anticipation, quelque chose en vous a senti qu'il allait se produire, qu'il se produire cet accident, et que votre talon d'une certaine manière l'a exprimé. Mais bon, ça reste tout en y. Les deux hypothèses sont possibles. Donc je serai comment dire, un peu cartésien dans cette situation de vous dire, est-ce que quand la douleur est apparue, vous avez vécu à ce moment-là quelque chose de difficile indépendamment du deuil ? Donc avec une femme, avec votre épouse, avec une de vos filles ? A priori non. J'ai pas, j'ai pas fait. C'est très récent, ça fait quand même, là, ça fait trois mois. Tous les produits, j'ai pas vraiment eu le temps de prendre du recul et d'analyser les choses ou de voir dans le détail. C'est un travail que je peux faire effectivement, peut-être plus tard ou dans la foulée. Mais pour l'instant, c'est pour ça que je vous demande un peu de conseils pour voir un peu si j'avais fait le conducteur, si je peux trouver des pistes ou des choses qui puissent des directions à chercher comme ça.

Oui, oui, oui. Bah écoutez, je, c'est vrai qu'en ce qui me concerne, je suis quand même très attaché à une chronologie des événements, parce que il est tout à fait possible que votre mur du tableau rien à voir avec le deuil. Donc auquel cas, il faudrait voir à quel moment ça s'est produit et qu'est-ce que vous avez vécu à ce moment-là. Voilà. Donc ces sigles et c'est peut-être tout à fait deux choses différentes. La deuxième remarque que je vais vous faire, c'est un petit conseil simplement sur le plan de l'homéopathie. Un remède qu'il en homéopathie que l'on pourrait utiliser pour ce genre de situation, c'est Causticum. Causticum. Donc non, ch, vous prenez le bouquin ch et puis vers nouvelles éventuellement prendre ses aises bijoux. Après un oui, est-ce que ça coûte ? Ça, ça peut vous aider à clarifier parce que c'est à la fois remède de deuil, m6, à remède de douleur et de tendinite. Un bon. Donc alors à savoir, votre talon, c'est une micro congo tonini la province. Et là, je vois mon médecin demain. Donc réponse à démontrer l'instant. Japon la banque a peu d'éléments. Mais écoutez, la chronologie quand même, hein. Vous pouvez si c'est une tendinite européenne de prendre aussi comme voilà. Maintenant, vérifier. Mais c'est vrai. Ok, bah merci beaucoup. Merci pour ces conférences ainsi.

Bonsoir Docteur Lanceur de poids. Je m'appelle Frédéric et j'aimerais poser une question plutôt d'ordre général. J'aimerais savoir s'il existe d'après vous une une différence dans l'apparition de la maladie entre les personnes qui sont très, on va dire introverties, dire qu'il n'exprime jamais ou presque jamais leurs émotions, et celles qui arrivent au contraire à exprimer leur colère, à sortir leur tristesse, un petit peu comme un petit peu comme les peuples latins par rapport aux peuples germaniques. Moi, j'ai vécu aux Pays-Bas et je peux vous dire que là-bas, on évite les conflits. Alors que j'ai vécu aussi en Amérique du Sud. Amérique du Sud, des quelque chose qui va pas, on exprime tout, ça sort d'un coup, et ensuite on se sent beaucoup mieux. Voyez ce que je veux dire ? Alors oui, je pense qu'il y a sûrement peut-être des pathologies qu'on voit. Donc, mais ça, c'est une question intéressante qui pourrait étudier le fed a terrorisé. Bon, par exemple, peut favoriser de l'hypertension parce que ça va créer une sorte de tension. Cette tension émotionnelle va se retrouver dans la potion basculait. Alors que quand vous dites les choses, évidemment, ça sort, ne serait moins facilement. Il perd trop. Cela dit, il faut, il faut commander aussi. Moi, je vois par exemple, des personnes qui sont volubiles, joyeuses, qui qui disent qu'ils disent qu'ils parlent, qui pas sauf de ce qui les a blessés. Donc si vous voulez, là aussi, l'apparence peut être trompeuse. On peut les personnes qui vont dire qu'ils vont exprimer, et puis le jour où vraiment ça le ou alors là, elle reste sans voix, et ça, c'est quelque chose qu'on voit quand même très très souvent aussi.

Merci beaucoup. Bonsoir Docteur. Bah, je voulais revenir sur un aspect de la chronologie. Quand il y a des maladies chroniques ou des maladies d'auto-immune qui date d'il y a très très longtemps, comment est-ce qu'on reprend la chronologie des événements ? Est-ce que on y va par l'intuition, ou est-ce qu'il faut faire une recherche systématique dans les documents ? Alors, il y a deux choses qui peuvent vous aider. La première, c'est effectivement au bout fait la recherche chronologique, d'essayer de resituer l'âge auquel la mal a bien commencé, puis d'essayer de se remémorer les sites qui ont vécu à cet âge-là. Donc si vous avez des photos, vous pouvez regarder les photos, ça peut ça peut vous aider à vous retrouver dans l'ambiance, parce que si vous replonger dans l'ambiance, la mémoire va vous revenir. Ça vous savez, c'est l'histoire de des parfumeurs de Grasse. Un pour eux, cultiver le nez, le parfumeur vit six mois pendant six mois avec un parfum, et du coup, il va associer le parfum à tout ce qu'il a vécu pendant ces six mois. Autrement dit, certaines odeurs peuvent nous remémorer des choses très anciennes, mais des images également. Donc ça, c'est une première premier élément pour essayer de le dater, de voir ce qui s'est passé au tout début. Le deuxième élément est que si vous n'arrivez pas à dater le point de départ, ce qui est quand même le plus important, si vous n'arrivez pas à dater le point de départ de la maladie, vous pouvez reprendre les circonstances d'aggravation. Elles vont penser nous à quel moment ça s'aggrave et pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai vécu à ce moment-là ? Et parce que pardon, j'ai bien entendu votre. Oui, dites-moi. Oui, vous pouvez répéter votre. Je sais pas, mais c'est pas moi qui ai parlé, c'est quelqu'un et d'autres qui a des garçons micro ouvert capable en même temps que vous. Donc vous n'avez pas entendu ce que j'ai dit. Alors c'est ça. Ici, j'ai un tank. Donc il y a eu assez de ces deux pistes, essayer de retrouver l'événement initial ou regarder ce week-end dans quelle situation des choses certains ont essayé de faire le lien avec eux avec leurs études.

Merci. J'ai loupé quelques astuces. Donc en fait, là, à la suite du décès de ma mère, j'ai une sécheresse oculaire. En fait, je n'ai pas pleuré. J'ai mis deux ans avant de vraiment deux années, genre de dieu, comme si j'étais bloqué. Et en fait, je n'avais plus de larmes. Voilà, j'ai fait une sécheresse oculaire. Et maintenant, ça fait huit ans que j'ai une sécheresse oculaire. Et en fait, ma première réaction de fait de pas pleurer, c'est qu'en fait, elle m'avait tellement fait pleurer le reste de ma vie depuis l'enfance, qu'en fait, j'avais plus de larmes pour elle. Et depuis, j'ai une sécheresse oculaire. Parce que qu'est-ce que vous auriez souhaité dire à votre mère ? Son départ. En fait, je vais déjà tout exprimé. Elle s'est excusée parce qu'en fait, quand j'étais enfant, je descendais à la cave, une étape, et enfin bref, c'était pas évident. Mais d'un autre côté, c'est ce que je retrouve en fait dans dans votre conférence, c'est qu'il y avait quelque chose de contradictoire, c'est qu'en fait, tu disais que me taper parce que pour mon bien. On fait oui, oui, mais un contrôle. Donc à la fois, elle était le gentil, etc. Et de l'autre, en fait, elle avait eu un accident avec des polytraumatisés, ce qui fait qu'il y a beaucoup de choses qui font que niveau de son esprit, c'est devait peut-être pas être n'était pas en état de violence. En fait, et elle m'a confié une autre famille. Oui, oui. Je pense que cette cette sécheresse, effectivement, et l'ailier quand même son petit mil à une forme de la contradiction, et aussi d'entre l'amour que vous avez pour votre mère qui est toujours présent, et aussi leur sentiment que vous éprouvez envers elle. Vous voulez, mais parce que vous essayez de la comprendre et de lui pardonner, mais ça n'empêche pas que dans les tripes, une chute que dire que il y a quand même de la colère et du ressentiment. Et je pense que parce que cette contradiction qui s'il en est simple amener et dans cette activité nous aurons donc votre combat nommé. Je dis que cette situation de l'homéopathie correspond au sel marin. Notre rometty comme le sel marin permet à fortes doses, il retient l'eau et à dose infinitésimale, il la libère. Donc si vous prenez des pauses de natroma, mais rieti comme de sel marin, hautes dilutions, je pense que ça pourrait vous aider à libérer toute cette émotion qui n'arrive pas à sortir, libérer aussi cette semaine. Malgré tout transmis par exemple, un jeune nature et comme dit noriaki comme notre le sel marin, ça ça peut débloquer. Et puis sur vous, vous pouvez aussi, vous pouvez également le l'information j'apparaisse correction au rayon d'action, quitte à prendre une photo en noir et l'apposer sur une petite table avec un petit napperon, les bougies d'un côté ou de l'autre, et vous lui parlez comme si la vie des deux hommes qu'il avait sur le cœur, et vous faites jusqu'à ce que vous sentiez que détection quelque chose des pelles à importer. Il y a un moment donné, c'est très curieux comme ça, tous un peu comme un accusé de réception, vous sentez sa présence, et ça, je pense que ça pourrait beaucoup aimé également.

Est-ce que c'est en fait, on appelait pu l'exprimer, mais elle avait 80 ans quoi. On a pu voilà, dire les choses. Je pense qu'elle n'avait pas réalisé à quel point c'était traumatisant quoi. Est-ce que en fait, elle trouve, est-ce qu'elle faisait, le trouvez normal ? Elle le répétait aux gens jusqu'à jusqu'à la naissance de ma première fille quoi. C'était complètement fou. Il y avait ce côté pathologique chez elle. Même si j'ai le cul, etc. Le fait qu'elle soit décédée, que j'ai pas pu pleurer, bah man, en fait, ça bloquait les larmes. J'ai toujours cette sécheresse. Je vais essayer d'en. Il y a une émotion automne, une émotion qui est autant de l'ordre du chagrin que de la colère. Il y a un mélange des deux. Passe c'était un peu compliqué parce que je pense qu'à du changement qui dans ce coup d'éclat, même si même si vous n'avez plus envie de lui parler, il y a vraiment quelque chose qui ressort. Maintenant, je serais personnellement intéressé pour connaître votre avis sur un cancer du sein droit qui a été détecté il y a un an, donc assez foudroyant, très très très invasif.

Alors, dieu merci. Pardon. Oui, simplement, si vous voulez, les questions pourquoi vous vous posez des questions au personnel, parce que ce sont des questions que vous vous posez. C'est vrai que c'est toujours difficile d'y répondre sans connaître le contexte. Oui, j'imagine. Je vais vous donner des idées générales qui sont loin d'apaiser, mais je ne pouvais pas vous parler de vous, tu vois moi, puisque je ne connais pas votre histoire. Mais ce que je peux vous dire simplement, c'est que ce que j'ai repéré dans l'histoire du sein droit, c'est quelque chose, c'est quelque chose déjà qui touche à la reconnaissance. Elle manque de reconnaissance. Et en général, le salon côtoie une difficulté dans le travail, autre naissance de ce que je fais au travail, soit une difficulté avec une femme, que ce soit une mère, une fille, une collègue de travail, une chef. Voilà, ça peut être là ou l'autre ou les deux à la fois. Ce que j'ai eu, europe est le plus souvent dans le déclenchement d'un cancer du sein, non, ce qu'il y a beaucoup de littérature là-dessus, et de façon fréquente, on trouvera qu'il s'agit d'un problème de maternage ou d'un problème de féminité dans le couple. Mais au niveau latéralité, il y a des contradictions. Enfin, certains disent que le maternage, c'est plutôt le côté droit, et les autres disent que c'est plutôt le côté gauche. Et bon, là-dessus, je m'interroge. Le maternage du côté gauche, plutôt que c'est à dire le sein roubaix lire un team qui est du côté du cœur, et le sein droit, et c'est plutôt et le cinq comédiens social de la vie sociale. Un donc, c'est lui aussi qui que les amazones se faisaient enlever pour mieux tirer à l'arc. Donc, c'est celle de mai. Mais si vous voulez, c'est un peu cette dimension sociale que je retrouve le plus souvent. Alors la question de la qualité en débattre, parce que tous les auteurs ne sont pas d'accord avec ça. Parce que je peux vous dire, c'est que on va dire que neuf fois sur dix, neuf fois sur dix, le côté droit, c'est une difficulté avec une femme, et le côté gauche, c'est une difficulté avec un homme. Bon, mais on ne peut pas non plus schématiser, parce que si vous voulez, la vie comme une pièce de brunet, c'est à dire que vous avez toujours le côté pile et côté face en même temps. Donc ça peut être assez subtil. Un des fois, je vois par exemple, des personnes qui me parlent de genre difficultés avec leur mère, et puis je me rends compte que les difficultés en fait avec la mère, elle cache une difficulté avec le père. Au cumul. Et voilà, ça fait plus, ça peut être plus compliqué que que les apparentes. C'est jamais quelque chose le dossier de sicav.

Et justement, cet avis que comme vous l'avez dit, de définir une explication, on n'est jamais sûr d'être dans la vérité. Oui, mais prenez ça comme une hypothèse. Cheminée cheminée tant que étant que quand il n'y a pas eu d'ouverture la télé que la bombe dans une démarche qui est pensé moins intellectuel. Bon, continuer de vous poser la question, n'hésitez pas non plus à reprendre cette méthode des trois portes, la contradiction, la résidence et l'image de soi, pour voir si nouvellement que vous avez vécu avant le déclenchement de la maladie, comment dire, avait utilisé l'une ou l'autre de ces trois portes. Ça utiliser les trois. Puisque j'ai eu l'occasion vous entendre dans le cadre du sommet de d'Aix-la-Chapelle, là, donc je, bien sûr que j'étais vivement intéressé. Donc mon histoire, je, je coche les trois cases. Mais je me dis, et maintenant, je fais quoi ? Je vais retourner la question. Je vais vous retourner la question. Quand on se pose la question du pourquoi, quand vous dites pourquoi, c'est comme stimulant tournant le poil vers le passé. Vous tordre y est l'expression. Parce que pourquoi sa ville pour moi, pour aller vers ce qui peut aider aussi, c'est quelque chose que je vois mal récurrent, c'est des personnes qui ont cette maladie, c'est que vous demandez pourquoi, recherchant dans le passé, alors que ces cellules qui qui se baladent à droite à gauche, enfin qui s'expriment, elles sont dans un désir de vivre bien, mais tu as ton perdu leur raison d'être. Et du coup, c'est comme clean dans ce désir de vivre. Allez, super, je vis, je vis, mais pourquoi je vis ? Et je pense que si vous n'arrivez pas à trouver la solution dans le passé, c'est possible aussi que ce soit pour des invités h concret le pourquoi dans l'avenir, c'est à dire qu'est-ce qui m'anime au fond ? Qu'est-ce qui m'anime ? Je pense que ça aussi, c'est une question importante. Si on ne peut croire uniquement sur le pourquoi du passé, on risque de passer à la côte à côté de la question essentielle. Qu'est-ce qui pour moi est essentiel ? Et d'ailleurs, c'est maintenant la question qui me taraude depuis qu'visiblement mon état de santé s'est amélioré, je suis consciente d'une certaine et certaines injonctions à répondre à cette question. Où est mon désir de vivre ? Qu'est-ce qui va faire maintenant que vais continuer à vivre et en bonne santé ? Ça peut être angoissant formulé de cette façon là aussi. Oui, bien sûr, mais essayez de vous poser les questions avec sourire et avec humour et avec bienveillance, comme si vous n'étiez pas dans la confiance, parce que sinon vous allez mettre une pension. Enfin, c'est l'ego qui veut mettre une pension. Je, je, je dois faire quelque chose, je dois être, je dois de côté et regarder ce qui se passe avec bienveillance et ouverture, et les choses vont se compliquer ray, mais elles vont pas s'éclairer d'un coup. C'est ça qu'il faut que je ne puis que je fasse. Je pense que il me semble que quand dans votre manière de dire des choses, c'est comme si vous mettiez une pression particulière. Mais vivez simplement un cancan le bon Dieu est mis aux fleurs de et comment diable de grandir, elle leur dit pas fait ceci, fait cela. Il en dit juste simplement épanouie chez vous. Quand vous voulez un épanouie, c'est vous, c'est sans vous mettre à vous mettre le prix pour ça, parce que si vous mettez la pression, c'est comme si vous disiez pour guérir, et il faut que je fasse ceci, cela. Non, non, c'est pas comme ça que ça marche. Voilà. Considère que la guérison est acquise intérieurement, et puis petit à petit, vous cheminez, vous découvrez l'existence, et c'est un bonheur. Voilà, tout simplement. Et il bonheur ou en vous libérant aussi de vous.

Merci beaucoup. Je me sens pris. Merci Philippe. Je t'en prie. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Très belle soirée. [Musique] Merci beaucoup. Merci beaucoup. Elle paraît enfin à rebours. Au revoir. Merci.