Transcription
OK, on va rentrer directement dans le premier cours du niveau zéro qui va parler d'épopée. Pour moi, peu importe qui tu es, peu importe ce que tu veux faire de ta vie, peu importe ton domaine, tout le monde veut une épopée ou du moins quelque chose qui y ressemble, un synonyme.
À l'époque, les guerriers du nord voulaient ressembler à Thor, aux guerriers mythiques de leur culture. Alors, ils allaient à la guerre pour vivre leur épopée. Et le truc, c'est qu'il y avait beaucoup cet aspect de légende, cet aspect d'honneur qui sera raconté avec une volonté d'être immortel. Parce que bah, c'est pas pour rien qu'il y a des mythes, c'est pas pour rien que les gens étaient motivés par ces mythes. Ils se disaient, bah cool, je vais un peu rejoindre et peut-être même créer mon propre mythe. Il y avait vraiment ce côté d'aller au-delà de sa vie en devenant un mythe, en ayant une épopée.
Aujourd'hui, nos Thor pour certains, c'est genre Cristiano Ronaldo, Teddy Riner, Messi, Michael Jordan, ça dépend, tu vois. Mais c'est un peu comme on dit, le euh, lui c'est le Ronaldo de je sais pas quoi, lui c'est le Faker de je sais pas quoi, lui c'est le Mozart de je sais pas quoi. En gros, ça a changé de forme, mais le désir n'a pas vraiment changé. Tout le monde veut quand même une espèce d'épopée, et je le dis directement, mais les épopées, c'est pas forcément la gloire ou l'argent.
Il y en a qui vont vouloir écrire l'histoire qui va toucher le plus de monde, sans forcément être l'écrivain le plus riche de l'histoire. Il y en a qui veulent juste une épopée amoureuse, genre ils ont adoré une série, un film, ils veulent pas forcément la même histoire, mais ils veulent une aussi belle histoire. Il y en a qui veulent être le meilleur dans un domaine précis, ou alors très souvent, il y en a qui veulent être le plus unique. Peu importe la forme, tout le monde veut des arcs. Tout le monde veut avoir l'impression de vraiment vivre, d'avoir vraiment vécu.
Et ce n'est pas juste une impression, he, c'est prouvé. Même le chercheur, attends, laisse-moi lire, Dan Macadams de la Northwestern University, avait passé sa carrière à démontrer justement que on se construit à travers le mythe de sa propre vie. On a tous besoin d'une identité narrative, en fait, une histoire qu'on se raconte qui dit où est-ce qu'on est allé, où est-ce qu'on va, comment est-ce qu'on va devenir quelqu'un d'autre.
Attention, je dis pas d'être le syndrome du personnage principal de TikTok qui, au final, tout ce qu'il va faire, c'est devenir un narcissique qui ne se remet jamais en question. Je dis pas ça du tout. Quand je parle d'une épopée, ou si vous voulez carrément d'être le personnage principal, même si c'est un peu gênant, on dirait qu'on est en 2012. Je parle du vrai héros d'une histoire, celui que tu aimes regarder. Normalement, celui que tu aimes regarder, ce n'est pas juste le mec qui est arrogant alors qu'il n'a rien fait, tu vois ?
D'ailleurs, pour prouver encore plus ce que je vais dire, il y a une étude publiée en 2023 dans le Journal of Personality and Social Psychology qui a montré que les gens qui recadrent leur vie comme un arc héroïque, un arc vraiment de, bah, un arc narratif en fait, comme un personnage qui traverse des épreuves et évolue à travers ces épreuves, trouvent significativement plus de sens dans leur vie.
C'est pas pour rien que depuis la nuit des temps, on respecte encore des histoires qui ont les mêmes formats de narration. Tu as plein d'histoires que tu as déjà vues que tu vas revoir avec juste des personnages différents et un univers différent, mais vu que c'est le même format de raconter une histoire, bah, tu vas quand même aimer cette histoire alors qu'elle a été racontée peut-être 1000 fois.
Tout le monde veut ça, et je dis ça avec beaucoup de conviction parce que c'est mon cœur, moi aussi. Les seuls moments où j'aime pas ma vie, c'est quand je sais pas où je vais. Et je sais que c'est le cas de la majorité des gens. Les gens ne sont pas dépressifs parce qu'ils vont à la fac, ils le sont parce que ce n'est pas forcément l'endroit où ils voulaient aller de base. Ils s'y sentent plus obligés qu'autre chose.
Je n'ai aucun autre moment où je suis plus heureux dans ma vie que quand je suis en train de progresser, quand je suis en train de jouer, en train de littéralement prouver, même à des gens de mon passé, qu'ils ont tort, et que beaucoup de fois, c'est moi qui ai besoin de prouver à moi-même que je peux faire ce que je veux. Je te parle de moments où, durant la création du PMH il y a très longtemps, en fin de journée, je me regardais face au miroir après une journée de révision et où, franchement, je commençais à me dire, "Putain, je commence à être un peu fier de moi." Et ce sont les meilleurs moments de ma vie, parce qu'avant ça, les seuls moments que j'avais en tête, c'était les moments où j'avais honte de moi, où je sentais une cassure avec l'imaginaire que j'avais le soir en me promenant.
Parce que de base, je pense que c'est un peu le cas de beaucoup de gens, mais des fois, quand je me promenais et que j'écoutais certaines musiques ou que je regardais des séries et des films que j'adorais, en fait, je voulais m'imaginer faire un truc aussi beau. Je dis pas la même histoire, évidemment, on ne va pas commencer à faire des kamikazes dans la vraie vie, mais juste une aussi belle histoire, tu vois. Et quand tu arrives dans le monde réel et qu'en fait, tu sais pas où tu vas et tu sais pas pourquoi tu le fais, franchement, il y a de quoi être dépressif.
Et justement, le problème, c'est que la plupart des gens ne savent pas ce qu'ils font. Et si tu sais pas où tu vas, c'est compliqué de savoir vers quelle épopée tu vas. Donc, pour trouver ta fameuse épopée, il faut commencer par d'abord te voir comme un personnage. Et quand je dis comme un personnage, je parle de froidement parlant. Vraiment, genre un personnage d'un jeu vidéo, genre le PNJ de base avec lequel tu commences le jeu. Il faut vraiment que tu regardes ce personnage et que tu dises : "OK, il a tel attribut, tel passif, telle sensibilité, tel avantage, et cetera et cetera."
Par exemple, c'est quoi tes patterns ? À quelle heure tu te couches habituellement ? Pourquoi tu réagis comme ça à certaines situations ? Pourquoi est-ce que tu as du mal à faire confiance aux gens ? Est-ce que tu as un style d'attachement anxieux ? Est-ce que c'est un style d'attachement évitant ? Pourquoi est-ce que tu as ce style ? Est-ce que tu as du mal à faire confiance aux autres parce que ton ex t'a trompé et que tu es tombé dans le piège légitime de te dire que tous tes futurs partenaires vont te faire autant souffrir que ton ex ? Peut-être que quand tu étais petit, un prof t'a mis de côté. Peut-être que tes potes étaient là juste pour la PlayStation. Peut-être que tu avais des groupes d'amis mais qui t'ont fait des coups traîtres dans le dos et que depuis, du coup, tu as appris que le monde n'est pas totalement safe.
Rien que quand tu es enfant, ça joue beaucoup. Nos expériences quand tu es enfant, ça dicte grandement la confiance qu'on va accorder au monde une fois l'âge adulte. Il y a beaucoup de schémas qui vont se former dès l'enfance et qui vont se rejouer inconsciemment toute notre vie. La peur de l'abandon, la méfiance chronique, l'évitement émotionnel, tout ça a une origine précise. Tout ça, c'est ton histoire. Et si tu la comprends pas, tu risques de continuer à subir des patterns sans savoir pourquoi et en étant juste frustré de toi-même.
Alors, la version la plus avancée de tout ça, c'est d'aller voir un psychothérapeute. Le problème, c'est que bah, ça coûte cher. Ça coûte même franchement très cher et ce n'est pas accessible à tout le monde. Donc, pour l'instant, l'objectif, ça va plus être de commencer à planter des graines dans ton cerveau qui, plus le temps va avancer, plus elles vont faire effet et plus tu vas comprendre des choses sur toi-même.
Par contre, pour que ces graines puissent pousser le mieux possible, il va falloir des moments de conscience. Je parle pas forcément de méditer, he, je te rassure, même si on le verra plus tard dans le PM que c'est l'une des meilleures choses que tu peux faire. Mais en gros, il faut juste le moins possible de distraction non volontaire. Genre, s'asseoir sur un balcon, s'asseoir sur un banc dehors, marcher en forêt, s'allonger à côté des arbres. En gros, il faut de la conscience pure et dure. Autrement dit, les moments où tu ne fais rien sont les moments où ton cerveau fait pas mal le travail le plus profond sur toi-même, si on ne compte pas le sommeil.
Donc, tu le verras plus tard, mais marcher sans écouteurs, ce n'est pas perdre du temps. Ce n'est pas juste ennuyeux en vérité. C'est littéralement donner à ton cerveau les conditions pour comprendre un peu plus facilement qui tu es. Mais je te rassure, on y reviendra. Je veux surtout que tu comprennes pour l'instant que plus tu vas laisser du temps pour être conscient, plus ça te sera bénéfique. Surtout pour comprendre encore plus ton épopée. Tu appelles ça comme tu veux, moi j'appelle ça épopée, mais que c'est vraiment important pour le reste des choses que tu auras à faire, surtout si tu veux rendre ta vie aussi facile qu'un jeu vidéo.
Enfin bref, maintenant que tu as eu l'introduction à tout ça, on va rentrer dans le plus concret. Donc, je te retrouve directement dans le prochain chapitre. Et bisous.