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🇩🇿 FINI LA FRANCE L’Algérie produit enfin ce produit vital à 100%

voix d'Algérie 10:44

Transcription

Pendant des décennies, chaque matin, des millions d'Algériens mangeaient du pain fabriqué grâce à un ingrédient que l'Algérie ne produisait presque pas elle-même. Pas le blé, pas la farine. La levure. Oui, la levure. Un produit minuscule, invisible mais indispensable.

Et aujourd'hui, l'Algérie vient de prendre une décision qui pourrait mettre fin à une dépendance vieille de plusieurs décennies. Une dépendance qui coûtait près de 100 millions de dollars chaque année. La question est simple. Comment un pays qui importe encore massivement certains produits stratégiques est-il sur le point de devenir exportateur de levure ? Et pourquoi cette usine pourrait être le symbole d'un changement beaucoup plus grand ?

Restez jusqu'à la fin parce que ce que nous allons découvrir dépasse largement la simple fabrication de levure et ce qui se prépare à Hain Ousera pourrait surprendre même les observateurs les plus optimistes. Mais avant ça, il faut que tu saches quelque chose d'important.

Quand on parle d'importation, on pense souvent aux voitures, aux téléphones, aux équipements industriels, rarement à la levure. Pourtant, sans levure, pas de pain, pas de nombreuses pâtisseries, pas d'une partie essentielle de l'alimentation quotidienne. Pendant des années, l'Algérie dépendait principalement de fournisseurs étrangers, France, Turquie, Chine. Chaque année, des dizaines de millions de dollars quittaient le pays pour acheter ce produit stratégique. Et c'est précisément cette réalité que les autorités veulent changer.

Aujourd'hui, nous allons voir comment une usine de 29 milliards de dinars va bouleverser ce marché. Pourquoi technologie est considérée comme une première nationale et surtout pourquoi la levure n'est que le début d'un vaste plan qui touche également le chauffage et le verre. Car derrière cette usine se cache un détail technologique dont très peu de personnes parlent.

Direction Ainusera, une région qui pourrait bientôt devenir l'un des centres industriels les plus stratégiques du pays. C'est là qu'a été construite la première usine algérienne de production de levures boulangères à partir d'une cellule mère. Un investissement colossal, 29 milliards de dinars, 5 hectares, des centaines d'emplois et surtout un objectif extrêmement ambitieux, couvrir la totalité des besoins du marché national. La capacité annoncée est impressionnante, 38000 tonnes par an. Mais certains rapports présentés lors de la foire internationale d'Alger vont encore plus loin. Ils évoquent une capacité pouvant atteindre environ 120 % de la demande nationale. Autrement dit, non seulement l'Algérie couvrirait ses besoins, mais elle disposerait aussi d'un surplus exportable.

Imaginez la scène. Pendant des années, importer, payer, dépendre. Demain, produire, vendre, exporter. Le changement est considérable et l'impact financier l'est tout autant. Près de 100 millions de dollars pourraient rester dans l'économie nationale chaque année. Une somme qui ne quitterait plus le pays.

Mais ce n'est pas ce qui rend ce projet exceptionnel. Le véritable changement se trouve dans un laboratoire que presque personne ne voit. Voici probablement l'information la plus importante de cette histoire. L'Algérie ne va pas seulement produire de la levure, elle va produire sa propre levure à partir d'une cellule mère. Cela peut sembler technique, mais les implications sont énormes. Traditionnellement, lorsque certains pays produisent de la levure, ils restent dépendants d'un tran ou de souche provenant de l'étranger. Ici, l'objectif affiché est différent. Contrôler la chaîne de fabrication depuis son origine. C'est un peu comme la différence entre assembler un produit et maîtriser sa conception. La nuance paraît subtile. En réalité, elle est stratégique car celui qui contrôle la technologie contrôle souvent le marché.

Les essais industriels ont déjà commencé à la mi-mai 2026. La mise en exploitation commerciale approche et pour les responsables du projet, cette maîtrise technologique doit permettre de réduire au maximum les dépendances extérieures. Mais l'histoire ne s'arrête pas là parce que cette usine ne produit pas seulement de la levure, elle produit également quelque chose d'autre, de l'emploi. 880 postes directs et indirects, 880 nouvelles opportunités économiques, 880 familles potentiellement concernées et même sur le plan énergétique, le projet a été conçu pour intégrer le solaire. L'objectif est de couvrir environ la moitié de sa consommation énergétique. Moins d'importation, plus d'emploi, plus d'intégration locale, plus d'autonomie énergétique. Nous commençons à comprendre pourquoi ce projet attire autant l'attention.

Mais ce n'est encore qu'une pièce du puzzle. Car à plusieurs centaines de kilomètres de là, un autre projet prépare une surprise encore plus spectaculaire. Lorsque les chiffres ont été présentés, beaucoup ont cru à une erreur. 24 millions. 24 millions de radiateurs par an. Oui. Par an à Bordj Bou Arréridj. Porté par Condor en partenariat avec l'entreprise italienne Radiatori. L'objectif annoncé est gigantesque. Produire davantage que les trois plus grandes usines italiennes réunies. Relisons cette phrase. Davantage que les trois plus grandes usines italiennes réunies. C'est précisément ce qui explique l'attention portée à ce projet. 42 millions d'euros d'investissement, 60 % de participation algérienne, 500 emplois directs et une logique industrielle très particulière, l'économie circulaire. L'aluminium recyclé sera au cœur du processus, mais ce n'est que la première étape. Une deuxième phase est déjà prévue. Recyclage local de canettes, valorisation des déchets métalliques, création d'une boucle de production intégrée. Autrement dit, moins de déchets, moins d'importation, plus de valeur ajoutée locale.

Et c'est là qu'un changement de philosophie apparaît. Pendant longtemps, l'objectif principal était souvent d'importer ce qui manquait. Aujourd'hui, la logique affichée consiste à produire localement ce qui était acheté ailleurs. Mais un troisième secteur est lui aussi en pleine transformation et il concerne un objet que nous utilisons tous les jours sans y penser, le verre. Et les économies annoncées dans ce secteur pourraient surprendre beaucoup de monde.

Direction Chlef puis TBSA, trois unités. Un même objectif, réduire les importations. La cible est ambitieuse. 30 % du marché du verre de table, 80 % des besoins nationaux en flaconnage pharmaceutique et bientôt le développement du verre creux. Parmi ces projets, un nom revient régulièrement, Nover, filiale du groupe Enava. Le projet possède une particularité importante. Il a été autofinancé. Un milliard de dinars sans financement extérieur majeur annoncé dans un contexte où beaucoup pensent que les entreprises publiques sont incapables de se moderniser. Le signal envoyé est fort. Deux années de travaux, une remise à niveau complète et une reprise de production effective depuis avril 2026. Mais ce qui attire l'attention des économistes est ailleurs, le taux d'intégration locale, 80 %. Autrement dit, la majorité de la valeur créée provient de ressources et de capacités nationales. Résultat, entre 10 et 36 millions de dollars d'économies annuelles selon les estimations.

Des chiffres qui paraissent abstraits jusqu'à ce qu'on réalise qu'ils concernent des objets présents dans notre quotidien. Verre, articles de table, produits de décoration, flacons, produits pharmaceutiques, des objets ordinaires mais derrière lesquels se cachent des millions de dollars. Et voilà ce que beaucoup de gens voient sans comprendre ce que cela signifie réellement. Et voilà ce que personne ne dit vraiment.

La véritable histoire n'est pas la levure, ni les radiateurs, ni même le verre. La véritable histoire, c'est la bataille pour la valeur ajoutée. Pendant longtemps, l'Algérie exportait principalement des ressources puis importait des produits transformés. Aujourd'hui, l'objectif affiché est différent. Transformer davantage localement, fabriquer davantage localement, conserver davantage de richesse localement.

Regardons les chiffres. Millions de dollars économisés grâce à la levure, plusieurs dizaines de millions grâce au verre, des capacités industrielles massives dans le chauffage, des milliers d'emplois directs et indirects, une montée en compétences technologiques, une intégration industrielle plus poussée. Bien sûr, aucun projet industriel n'est une garantie automatique de succès. Les marchés évoluent, la concurrence existe, les défis de productivité demeurent. Mais une chose est certaine, ces projets ne sont plus des maquettes. Ils existent, ils produisent ou s'apprêtent à produire. Et c'est précisément ce qui change la nature du débat.

Alors, une simple usine de levure ? Pas vraiment. Nous avons commencé cette vidéo avec un produit presque invisible. Nous la terminons avec une question beaucoup plus grande. Sommes-nous en train d'assister à la naissance d'une nouvelle étape de l'industrialisation algérienne ? Bordj Bou Arréridj, Chlef, trois villes, trois projets, une même ambition. Transformer les importations en production, puis transformer la production en exportation. Et si cette stratégie fonctionne, le gain ne se mesurera pas seulement en dollars économisés, mais en savoir-faire, en emplois, en indépendance économique et peut-être en influence régionale.

La prochaine fois que vous verrez un morceau de pain sur une table algérienne, rappelez-vous que derrière ce pain se cache désormais une histoire industrielle bien plus grande qu'il n'y paraît. Dites-nous en commentaire, selon vous, quel secteur devrait être le prochain à sortir définitivement de la dépendance aux importations ? Et si vous aimez les analyses qui vont au-delà des titres de l'actualité, abonnez-vous dès maintenant parce que les transformations les plus importantes sont souvent celles qui passent inaperçu. Mm.