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Crise avec la France : Tebboune a changé, recule, tend la main vers Macron et désavoue Retailleau

Abdou Semmar23:51

Transcription

J'espère que vous allez bien. J'espère que vous vous portez bien. Sa parole était tante, sa prise de parole était impatiemment impatiemment entendue. Abd, on attendait ce qu'il parle, on attendait ce qu'il nous explique, on attendait à ce qu'il nous donne des orientations, on attendait à ce qu'il nous fasse un commentaire sur la crise actuelle entre l'Algérie et la France, de pays qui ont des intérêts communs extrêmement liés sur tous les plans: non seulement économiques et politiques et sécuritaires, mais aussi humains, démographiques, culturels, linguistiques et mémoriels. Donc, sa prise de parole était extrêmement attendue.

Et quand on nous a annoncé qu'Abdul Majid Tebboune allait s'exprimer lors d'une interview avec des journalistes algériens vers 22h30 hier, le 22 mars 2025, tout le monde était branché, tout le monde avait les yeux rivés sur ses écrans. L'interview, qui a duré très longtemps – c'est une rencontre de pratiquement plus de 1h30 –, on attendait toujours. On a bien compris que c'était vers la fin que Tebboune nous réservait une surprise, ou qu'il allait enfin étancher notre soif et répondre à nos angoisses et à nos interrogations. Parce que c'est devenu une angoisse, la crise actuelle avec la France. Hier, franchement, je comprends pourquoi Tebboune nous a fait attendre jusqu'à la fin de son interview, au bout de la nuit, pour qu'il nous dise: voilà ce qu'il compte faire, voilà ce qu'il envisage de faire, voilà ce que l'État algérien a envie d'entreprendre comme démarche dans cette crise de plus en plus grave et de plus en plus violente avec l'État français, un partenaire stratégique. Pour la… que soient les tensions, les incompréhensions et les problèmes qui se posent entre les deux pays, l'Algérie et la France sont un couple lié par la mémoire et l'histoire, et par les intérêts économiques, politiques et sécuritaires.

Hier, moi, j'étais surpris, je vous dis la vérité, Abdid me surprend. Il m'a agréablement surpris, il m'a désagréablement étonné. Pour résumer un petit peu, il m'a agréablement surpris parce que j'ai vu un président qui est dans l'apaisement, un chef d'État qui est dans la sagesse, un chef d'État qui est enfin dans la clairvoyance. Pas d'insulte, pas de provocation, pas d'attaque, pas de critiques subversives, juste des vérités. Et tout ce qu'il a dit hier, il y avait beaucoup de parts de vérité, y compris dans ses critiques dirigées à l'encontre de la presse française ou à l'encontre d'une certaine classe politique française. Il est pour l'apaisement. Abdidou n'a clairement changé. Sauf que c'est là où je suis étonné: c'est que ce changement est intervenu à la suite d'un bras de fer qui a été très violent, de plusieurs mois de tension, mais encore une fois, d'une crise politique totalement inutile pour l'Algérie et totalement contre-productive pour ses intérêts. Parce que cette crise n'a fait que renforcer l'extrême droite et la droite française, la droite dure et les milieux anti-algériens, et les milieux les plus hostiles aux intérêts de l'Algérie.

Je pense qu'aujourd'hui, on peut parler… quand on voit, on va le lire ensemble ce que Abdid a dit hier: il y a une reculade. Le régime algérien recule, il recule, il se remet en cause. J'ai vu, moi, la manière avec laquelle Tebboune a parlé: une remise en cause, une remise en cause et un recul, et des déclarations extrêmement fortes, honnêtes et fortes qui ont été faites. Mais ces déclarations remettent en cause, au discrédit, les attitudes précédentes qui ont été adoptées par les autorités algériennes dans le dossier de la crise avec la France, ou dans le dossier des relations bilatérales avec la France. Et là, encore une fois, ça pose la question de la cohérence, de la constance de la position des autorités algériennes. Les autoritaires… comme avec l'Espagne, comme avec beaucoup de pays: les Émirats arabes unis ou l'Arabie saoudite, ou la Ligue arabe – on en parlera plus tard – avec le Mali, les pays d'Israël… à chaque fois, nous nous déclenchons des crises avec des pays qui sont ou des partenaires importants, ou des amis, ou des voisins importants. Et au bout de quelques mois, on se remet en cause et on recule. On s'aperçoit que la politique de la tension, que l'agressivité, que la politique de l'escalade, la surenchère, ne sert à rien. C'est un constat. On en parlera plus tard, hein. Euh, on va aller… on va approfondir cette analyse.

Il a dit quoi? Il a commencé par dire que le contentieux entre la France et l'Algérie a été créé de toute pièce. C'est déjà une déclaration surprenante. Le contentieux entre l'Algérie et la France a été créé de toute pièce. C'est quand même incroyable. Pourquoi c'est incroyable? Je rappelle que c'est l'Algérie, c'est le gouvernement algérien, c'est le président algérien lui-même qui a retiré l'ambassadeur algérien à Paris, l'ambassadeur algérien en France, en juillet 2024. Donc, qui a créé ce contentieux de toute pièce? Est-ce que c'est pas l'Algérie qui a commencé? La crise a commencé quand? Elle n'a pas commencé avec Bruno Retailleau. Elle n'a pas commencé avec le blocage de Samir Sansâ, le 16 novembre 2024, l'arrestation de Samir Sansâ et son emprisonnement. Elle n'a pas commencé avec la crise des influenceurs. Elle n'a pas commencé avec la crise et les expulsions des ressortissants, des migrants algériens au profil dangereux. Elle a commencé avec la question du Maroc et du Sahara occidental. Elle a commencé fin juillet 2024, et c'est l'Algérie qui a pris l'initiative de retirer son ambassadeur et de réduire significativement les relations bilatérales à leur strict minimum, de menacer même de boycotter la France sur le plan économique, parce que la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Dans le compte… nous dit que le contentieux de l'Algérie et la France a été créé de toute pièce. Donc, qui l'a créé? Est-ce que c'est des parties, des cercles malveillants au sein de son entourage? Est-ce que c'est des cercles malveillants au sein de l'entourage d'Emmanuel Macron qui l'a créé? Donc, celui qui a commencé la crise, c'est l'Algérie qui a retiré son ambassadeur. On pourrait dire, bien sûr, par extension, que c'est la France qui a commencé de sa part la crise, puisqu'elle a reconnu la marocanité du Sahara occidental. Mais est-ce que la reconnaissance du… du Maroc sur le Sahara occidental est un acte hostile envers l'Algérie? Du point de vue des autorités algériennes, c'est un acte hostile, très hostile. Sauf que Tebboune, qui dit dans cette interview hier, il dit des choses historiques. Il dit que non, ça ne dérange pas, ça ne dérange pas du tout l'Algérie que la France soit une très bonne amie au Maroc.

Citons le texte, reprenons les propos textuellement précis, de façon textuellement précise, de Monsieur Abdelaziz Bouteflika. Il commence à dire: il y a un bro… un brou… un broha – ça veut dire il y a beaucoup de tapage –, un kafarnaüm… kafarnaüm – c'est un mot très soutenu, ça veut dire qu'il y a une grande confusion, kafarnaüm – autour d'un contentieux créé de toutes pièces. Concernant sa première phrase, concernant dans son premier commentaire, quand on lui pose la question à la fin de son interview concernant les problèmes euh actuellement de la crise algéro-française, les problèmes au niveau des relations bilatérales: on garde comme unique point de repère le président Macron. Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c'est vrai, un moment d'incompréhension, mais il reste le président de la République française. Et personnellement, tous les problèmes doivent se régler soit avec lui, soit avec la personne qu'il délègue, en l'occurrence son ministre des Affaires étrangères. Et là, il désavoue Retailleau de façon intelligente, de façon je dirais même élégante, sans insulte. Il dit que moi, mon interlocuteur, c'est Emmanuel Macron, ce qui est d'ailleurs juste. Nous travaillons ensemble. Ce qui confirme ce que nous avons révélé sur Algérie Patrie: que les contacts informels et officieux entre Abdid Tebboune et Emmanuel Macron n'ont jamais été rompus. On se sent poursuivi, y compris au plus haut… y compris pendant les moments les plus… les plus durs, pendant les phases de tension les plus intenses dans les relations bilatérales entre l'Algérie et la France depuis le début de l'année 2025. C'est… les contacts n'ont jamais été rompus. Donc, il confirme ce que nous avons révélé, nous, sur Algérie Patrie: que Macron et Tebboune se parlent par un canal non officiel, par un canal informel, mais ils se parlent. Il reconnaît qu'il y a eu des moments d'incompréhension, mais il reste le président de la France, et tous les problèmes doivent se régler avec lui. Donc, Tebboune tend une main, il tend la main vers Emmanuel Macron. Il dit qu'il est prêt à négocier. Il, en quelque part, il dit qu'il négocie en ce moment avec Emmanuel Macron, qu'il est prêt à négocier avec Macron, qu'il est prêt à discuter avec lui pour régler les problèmes. Parce que les problèmes doivent se régler avec lui ou avec la personne qu'il délègue, son ministre des Affaires étrangères. C'est-à-dire que le régime algérien, maintenant, son seul problème, c'est Bruno Retailleau. C'est ça le message de Tebboune. C'est que aujourd'hui, ce n'est plus… et vous allez le voir, le message, c'est qu'il faut lire entre les lignes. Maintenant, l'Algérie, son problème n'est plus le Maroc, n'est plus le Sahara occidental, c'est l'extrême droite et la droite. C'est Bruno Retailleau. C'est Bruno Retailleau, c'est le problème. Il lui dit: moi, je suis prêt à parler avec Macron, la personne qu'il délègue, c'est son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Donc, pas question de traiter, de parler, d'échanger ou de négocier avec Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur. La position de l'Algérie est juste là-dessus. Il a totalement raison. Tebboune a complètement raison. Ce n'est pas au ministre de l'Intérieur français de traiter des relations, des enjeux, des problèmes des relations bilatérales avec l'Algérie. C'est le ministre des Affaires étrangères ou le président français. Sauf que pour Retailleau… on en parlera plus tard. Il est offensif, il est… il paraît méchant, il paraît agressif, il paraît… il essaie de bousculer les autorités algériennes, mais il parle que d'un seul dossier qui relève de ses prérogatives: savoir les visas, la gestion des flux migratoires et l'expulsion des migrants algériens en situation irrégulière, au profil dangereux. Ça, ça relève de ses prérogatives. Ça, ça relève… bon, Bruno Retailleau a dépassé ses prérogatives quand il parle de certaines remises en cause, de certains… la remise en cause de certains accords bilatéraux, des accords de 1968, des accords euh d'exemption de visa pour les diplomates algériens de 2017, de 2013. Ça, ça ne relève pas de ses prérogatives, ça ne relève pas de son autorité, ça doit relever des prérogatives du président de la République française ou de la diplomatie française. Mais bon, l'État français a laissé faire Retailleau. Bon, sur la relation avec Retailleau, on en parlera plus tard. Pas le point, mais déjà Tebboune a mis les points sur les i de façon complètement intelligente et sage: c'est que nous… Macron, on est en contact avec lui, on travaille avec lui, on veut régler les problèmes avec lui ou avec son chef de la diplomatie. Nous demandons donc… Tebboune qui dit la mise à l'écart, dans le dossier Algérie-France, de Bruno Retailleau. Il suffit que la France mette à l'écart Bruno Retailleau et les relations s'améliorent, et les relations vont reprendre, vont se normaliser. Donc, le dossier, le contentieux a été créé de toute pièce. C'est pour ça que d'ailleurs lui, il le dit. Regardez, il donne une… dans son deuxième… dans sa deuxième partie, dans… dans la suite de ses propos, dans la séquence qui a suivi, il dit que: en ce qui… en ce qui me concerne, il répète encore: le dossier contentieux a été créé de toute pièce. Il est entre de bonnes mains, entre les mains de quelqu'un de très compétent qui a toute ma confiance, en l'occurrence le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf. Donc, il jette des fleurs sur Attaf, il fait des éloges à Ahmed Attaf. Je pense pas que… c'est pas… parce que je pense que c'est une ruse de la part de Tebboune, parce que je crois pas qu'Ahmed Attaf est vraiment compétent. Mais bon… et je crois pas qu'il a son entière… je crois pas qu'Attaf il a son entière confiance, puisque Tebboune garde la main sur la diplomatie algérienne, et c'est lui le chef d'orchestre. Attaf n'est que l'exécutant. Mais bon, il parle d'Attaf pourquoi? Parce que précédemment il a parlé du chef… du chef de la diplomatie française, qui est… comment on appelle ça… euh… qui est Jean-Yves Le Drian. Donc, lui, comme il dit que c'est… c'est Jean-Yves Le Drian qui doit être l'interlocuteur de l'Algérie, bah… et que c'est pas Bruno Retailleau… Moi aussi, Abdid… il se montre exemplaire, il essaie de… de démontrer, d'expliquer sa cohérence en affirmant que: moi, les dossiers des relations entre l'Algérie et la France, et les problèmes de la crise actuelle entre l'Algérie et la France, c'est mon ministre des Affaires étrangères qui la gère. C'est mon ministre des Affaires étrangères, et ce n'est pas le ministre de l'Intérieur. Ça, c'est toujours une flèche qui a été adressée, envoyée directement ou tirée directement vers… à l'encontre ou contre… pour cibler directement, en tout cas, Bruno Retailleau. Donc, le problème de l'Algérie maintenant et de la France, c'est Bruno Retailleau. C'est la droite, c'est l'extrême droite, c'est la droite dure, c'est les revendications de la droite dure et de l'extrême droite anti-algérienne. Ce n'est plus le Maroc. D'ailleurs, la preuve, il le dit plus tard: il va dire: l'Algérie… la France et l'Algérie sont deux États indépendants, une puissance africaine, une puissance africaine, et deux présidents qui travaillent ensemble. Tout le reste ne concerne pas… Encore une fois, il fait allusion aux polémiques, aux attaques, aux reproches, aux revendications, aux demandes, aux réclamations faites régulièrement aux autorités algériennes par le ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau.

Maintenant, quand il va parler du Maroc… ça, c'est une surprise. La véritable surprise, c'est qu'il n'y a plus le discours du régime algérien sur les relations franco-marocaines ou sur le dossier du Sahara occidental. Il a complètement changé. Le discours a complètement changé. On n'est plus dans le même discours qui a été adopté au mois de juillet 2025… le 2 février 2025… le 2 février… mais j'ai même pas… juillet 2024, pardonnez-moi, juillet 2024. Le 2 février 2025, lorsque Tebboune a été interviewé par le quotidien L'Opinion – ça vient à peine un mois et demi – il disait que c'est à cause du Sahara occidental. J'avais prévenu Emmanuel Macron, je lui avais dit que si vous reconnaissez la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, vous n'allez rien gagner et vous allez nous perdre, vous allez perdre l'Algérie. Donc, c'était le problème: le Maroc et le Sahara occidental. Le 22 mars 2025, un mois et demi plus tard, c'est le discours a changé. Quand la journaliste qui a… qui a posé la question sur le Maroc lui a dit: «Est-ce que les visites des officiels français dans les territoires sahraouis occupés, est-ce qu'ils sont vécus comme une provocation? Est-ce qu'ils sont… on peut… est-ce que l'Algérie peut les considérer comme une provocation?» Tebboune dit: non, ces visites ne sont pas une provocation. Il dit que euh… il comprend pas… il… il dit: «Le jour où je le comprendrai, j'expliquerai. Nous ne sommes pas dupes.» Il comprend pas pourquoi il y a autant de visites, pourquoi la France, les officiels français veulent à tout prix, à chaque fois qu'on allant au Maroc, aller au Sahara occidental. Mais il dit que nous savons que l'histoire de l'autonomie française, avant qu'elle ne soit défendue par nos voisins de l'ouest, la France et le Maroc s'entendent bien, et cela ne nous dérange pas. Voilà, ça ne le dérange pas. Il a même dit que dans sa… il faut revoir ses déclarations, que l'Algérie ne réclame pas à ce que la France change de relation avec le Maroc. Il a… il a avoué que la relation entre l'Algérie et le Maroc… et l'Algérie… la relation entre l'Algérie et la France et la relation entre l'Algé… la France et le Maroc sont deux situations totalement différentes, deux relations complètement différentes, et l'Algérie ne réclame pas est-ce que l'amitié entre la France et le Maroc cesse ou est-ce qu'elle s'estompe. En fait, il dit clairement… Tebboune a dit clairement que: il ne demande pas à la France de laisser tomber le Maroc pour être du côté de l'Algérie, ou il ne demande pas à la France de renoncer à sa reconnaissance, à la reconnaissance de sa… de la souveraineté du Maroc du Sahara occidental. D'ailleurs, qui dans la suite de ses propos, il dit que cette manière ostentatoire… c'est la manière ostentatoire… c'est le fait que la France soutient de façon aussi ostentatoire la marocanité du Sahara occidental pose problème, elle dérange l'ONU et la légalité internationale, mais elle ne dérange plus l'Algérie. Elle dérange l'ONU et la légalité internationale. Alors qu'en juillet 2024 et février 2025, l'Algérie disait que non, ça me dérange, que la France m'a perdu, que la France va nous perdre, que la France nous a trahis, que la France a manqué à sa parole à cause de la reconnaissance de la souveraineté du Maroc occidental. Le discours a totalement évolué. Tebboune a dit… il reconnaît que le Maroc et la France s'entendent bien avant la dépendance de l'Algérie, que cela ne nous dérange pas, que c'est des relations particulières. La relation de la France avec l'Algérie est particulière, celle du Maroc avec la France, elle est particulière. Sont deux relations verticales totalement différentes. Il a eu des propos extrêmement conciliants, extrêmement apaisants. On n'est plus dans la critique dure, subversive, dans l'attaque frontale, quand à l'époque, entre juillet… juillet 2024 et février 2025, les autorités algériennes, y compris Monsieur Tebboune, estimaient que l'alignement de la France sur la position marocaine dans le dossier du Sahara occidental était un acte d'hostilité, un acte d'agression, était une menace quasiment contre l'Algérie, sa stabilité, sa sécurité nationale. Le discours a totalement changé. Ça ne nous cause pas problème. Les visites des officiels français au Sahara occidental ne sont pas une provocation, mais c'est ostentatoire et ça pose problème uniquement à la légalité internationale. Mais nous, on demande pas à la France de réviser ses relations avec le Maroc. Et les relations entre la France et le Maroc ne se sont… ne peuvent pas se faire au détriment de l'Algérie. Donc, il y a plus de problème. Donc, il faut… d'après la conclusion, elle saute aux yeux, elle est claire: pour le pouvoir algérien, le problème n'est plus le Maroc et le Sahara occidental. Le problème, c'est quoi? C'est Bruno Retailleau, la droite et l'extrême droite. Le discours a complètement changé. Dans ce cas-là, pourquoi avoir rappelé son ambassadeur? Pourquoi avoir retiré son ambassadeur? Il dit que le contentieux a été créé de toute pièce. Je suis pas d'accord. Bah… les faits… c'est pas moi qui… c'est pas… c'est pas mon avis à moi, c'est pas… c'est pas une lecture personnelle, c'est pas… c'est pas un ressentiment, c'est pas un sentiment, un pressentiment, c'est pas du ressenti personnel. Il y a des faits. Les faits, c'est que la crise entre l'Algérie et la France a commencé chronologiquement avec la reconnaissance de la France de la souveraineté du… du Maroc sur le Sahara occidental, fin juillet 2024. C'est à ce moment-là que l'Algérie, elle a protesté vigoureusement, qu'elle a condamné euh de façon très musclée, qu'elle a réagi avec beaucoup de véhémence, et à ce moment-là qu'elle a retiré son ambassadeur. Qui aujourd'hui, l'ambassadeur algérien à Paris n'est toujours pas revenu. Puisque maintenant… à cause de cela… que l'ambassadeur algérien a quitté Paris… alors que… puisque la France… la… puisque la relation, l'amitié ou l'alliance ou le partenariat de la France entre la France et le Maroc ne dérange pas l'Algérie… alors Tebboune a dit: ça nous a jamais dérangé et cela ne nous dérange pas. Donc, c'est bon. Et que les visites des officiels français au Sahara ne sont plus une provocation. Donc, c'est bon. Il faut enterrer la hache de guerre. Il faudrait que l'ambassadeur algérien à Paris revienne. Il faudrait normaliser les relations, et avec un ambassadeur de qualité et compétent en algérien à Paris, c'est là on pourra mieux défendre nos intérêts. C'est là où les autorités algériennes pourraient mieux parler, mieux s'adresser aux autorités françaises et faire face ou affronter les attaques du… des clans, des différents clans ou des différents cercles politiques qui lui sont totalement hostiles et qui veulent peut-être entraîner les relations algéro-françaises dans des crises aux conséquences irréparables. Mais là, c'est un… à la fois, c'est une concession que fait le pouvoir algérien, et c'est une remise en cause, une main tendue vers Emmanuel Macron, un désaveu total et un message direct de fermeté à l'encontre de Bruno Retailleau, mais aussi une reculade, une… une reculade euh… une marche arrière dans le dossier du Maroc. Ce qui… d'ailleurs… le bon sens… l'Algérie ne peut pas contraindre la France de bien… ne peut pas imposer ses choix diplomatiques à la France. La France est un État souverain. Elle n'y croit pas à l'indépendance du Sahara occidental, comme beaucoup de pays, comme les États-Unis, comme l'Espagne. On parlera de l'Espagne… Bouteflika dit: maintenant, nous sommes amis avec les Espagnols. C'était pas le cas de 2022 jusqu'à 2024, pendant 2 ans, et on était pas là… et à cause du Maroc et du Sahara occidental, on était pas leur ami. Donc, je pense que il commence une… un… un esprit de… de clairvoyance, un peu de sagesse commence à émerger au plus haut sommet de l'État algérien. C'est que la question du… les relations avec le Maroc ne peuvent pas être la boussole des relations internationales de l'Algérie. Des pays peuvent s'entendre avec le Maroc, libre à eux. Des pays n'y croient pas à l'indépendance du… dentale, libre à eux. C'est entre eux, leur conscience et l'ONU, le Conseil de sécurité de l'ONU. Mais ça va marquer quoi? Ça va mar… ça reste… en fait, faudra tirer les leçons, faudra qu'à l'avenir ça se reproduise pas. On s'est disputé avec deux pays européens importants, avec deux partenaires économiques et politiques importants de l'Algérie qui sont l'Espagne et la France, à cause du Maroc et du Sahara occidental. Et ensuite, on dit à… les Espagnols… on est devenus maintenant amis, ils sont devenus nos amis. Et avec les Français, on dit: ah, ça… ça ne vous dérange pas… ça… ça ne nous dérange pas du tout. Cela ne nous dérange pas du tout ce que vous soyez amis avec le Maroc. C'est pas… c'est pas des provocations que vos ministres partent au Sahara occidental. Et pour nous, le problème, c'est l'ONU, la légalité internationale. C'est pas ce que vous disiez, les dirigeants algériens. C'est parce que les dirigeants algériens disaient en juillet 2024 que cette incohérence, elle risque de discréditer l'État algérien. Il faut arrêter de jouer… euh… comment je sais pas comment vous expliquer… la diplomatie, c'est pas un jeu de manège, on n'est pas dans un parc d'attraction. Il faut de la constance, il faut du sérieux et de la rigueur. Il faut que l'Algérie parle d'une voix, et d'une voix cohérente, solide, pour… sur la scène mondiale. On ne peut pas se contredire comme ça. On peut pas dire une chose et tout son contraire en l'espace de 6 mois. Pendant 6 mois, juillet 2024 et février 2025, le problème avec la France était le Maroc et le Sahara occidental. Fin mars 2025, c'était plus le Maroc occidental, c'est Bruno Retailleau, la droite dure et l'extrême droite. Et le contentieux a été créé de toute pièce. Il faut que… plus que le contentieux a été créé de toute pièce, il faudrait que l'ambassadeur algérien revienne à Paris. C'est aussi simple. Quoi qu'il en soit, cet apaisement dont fait preuve Tebboune, il est à saluer, il est à encourager. Parce qu'encore une fois, la brouille avec la France est totalement contre-productive pour les intérêts de l'Algérie, ce soit au niveau de la politique interne, au niveau de la politique externe, au niveau des… des relations économiques, au niveau des relations sécuritaires. La France est une puissance européenne et mondiale importante sur les échiquiers mondiaux. Nous avons besoin de tirer profit, le maximum de profit de nos relations historiques, de nos relations très particulières avec la France. Nous avons beaucoup plus à gagner en exploitant de bonnes relations, en ayant de très bonnes relations avec la France qu'en ayant des relations envenimées ou catastrophiques et instables avec la France. Et je crois qu'au plus haut sommet de l'État algérien, ce constat a été bien compris et bien saisi.