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Sommet de Londres : la réponse des Européens | L'Essentiel du Dessous des Cartes | ARTE

Le Dessous des Cartes - ARTE3:33

Transcription

Bienvenue dans l’Essentiel du Dessous Des Cartes. C’est une image qui marque une rupture fondamentale: quand l’Ukraine de Zelensky, pays démocratique, agressé par une dictature, la Russie de Poutine, se retrouve accusé d’être le pays faiseur de guerre par… le Président des Etats Unis, soit le pays qui, depuis 1945, était censé garantir un ordre mondial posant comme normes communes le Droit international et la démocratie.

À cette séquence de la Maison Blanche, il faut ajouter l’image de ce sommet, hier, à Londres, réunissant 15 pays autour du Président Zelensky. Alors on a voulu revenir sur un week-end, qui, pour reprendre les mots du Premier ministre britannique, raconte “un monde où tout a changé”: sortons nos cartes!

Revenons d’abord sur la fureur de Trump à la Maison Blanche. En cause: une carte: celle des minerais stratégiques ukrainiens. Trump veut un droit d’exploitation. Kiev n’est pas contre, mais réclame en échange une garantie de sécurité des Etats Unis, que ne lui donne pas à ce jour Washington.

À présent regardez: une partie de ces minerais sont situés dans des zones du territoire ukrainien occupées par la Russie. Poutine qui a déclaré le 24 février dernier que la Russie était ouverte à des projets avec Washington pour “exploiter certaines réserves”. La revue Grand Continent y voit la préparation d'un “méga deal russo-américain sur les terres rares”.

Alors face à cette nouvelle entente Washington-Moscou, qui rompt avec 80 ans d’alliances, on a assisté ce week-end à une autre recomposition: voyons laquelle:

C’était dimanche, à Londres: 15 pays réunis autour de Zelensky, la plupart membres de l’UE mais avec aussi: Le Royaume Uni, de retour dans le jeu européen, malgré le Brexit en 2020. Et 3 autres pays eux aussi non membres de l’UE mais membres de l’OTAN: le Canada, la Turquie et la Norvège.

Les Britanniques ont annoncé un plan comportant: un prêt de 2,74 milliards d’euros aux Ukrainiens pour soutenir leurs capacités militaires. Cet argent serait remboursé grâce aux actifs russes gelés depuis 2022. Londres qui veut ainsi aider Kiev à acheter des missiles de défense aérienne. Lesquels seraient en partie produits dans cette usine du français Thalès, installée à Belfast.

Le plan rappelle aussi une évidence: les négociations ne pourront avoir lieu sans les Ukrainiens. Il prévoit également, après toute signature d’accord, une “coalition” de maintien de la paix, composée de pays volontaires, qui garantiraient des soldats sur le sol ukrainien et une défense aérienne. “L’Europe doit faire le gros du travail”, a résumé le Premier Ministre britannique Keir Starmer, mais qui veut encore croire en l’allié américain.

Et puis il y a cette proposition française: une trêve, d’un mois, dans les airs, sur les mers et les infrastructures énergétiques. Enfin, pour Emmanuel Macron, l’objectif des Européens doit être de fixer autour de 3 ou 3,5% du PIB le Budget Défense de chaque Etat membre.

Et jeudi à Bruxelles aura lieu un sommet exceptionnel des 27, pour que la Défense européenne, émancipée de la tutelle américaine, passe des paroles…aux actes.

Voilà l’Essentiel du Dessous Des Cartes, c’est fini pour aujourd’hui. À bientôt