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Nicolas Flamel alchimie magie divine et rêves d'Or - Documentaire

imineo Documentaires51:00

Transcription

Magie divine : le monde du surnaturel. Au début du 14e siècle, un scribe parisien, Nicolas Flamel, fait un rêve étrange. Un ange lui apparaît et lui montre une série de symboles et d'images curieuses. « Ces images, » dit-il, « renferment le secret de de la fabrication d'un élixir, une potion magique qui a le pouvoir de transformer les métoviles en or pur. »

À la suite de ce rêve, Nicolas Flamel rejoindra le cercle secret de ces hommes et ces femmes du monde entier qui vouent leur vie à la recherche d'un élixir magique et insaisissable. On les appelle les alchimistes.

L'alchimie, pour Flamel, tout commence par un rêve dans lequel un ange lui montre un livre sans texte, uniquement constitué d'images mystérieuses. On raconte que, quelque temps plus tard, Nicolas Flamel est tombé par hasard sur un livre semblable à celui de son rêve. La couverture était une gravure aux couleurs singulière, avec des personnages étranges. « J'ai vis aussi des caractères qui m'étaient inconnus. » À l'intérieur se trouvaient 21 illustrations, l'une d'entre elles représentant un serpent crucifié. Il s'applique dès lors à décrypter ses symboles avec sa femme Pérenelle. Il passe, paraît-il, 25 ans à tenter de percer les secrets de l'alchimie et à chercher le moyen de transmuter les métaux villes en or pur.

Sa quête le mène aux quatre coins du monde. Il se rend au Maroc et en Espagne pour rencontrer des mystiques juifs qui connaissent la plupart des symboles dont ils tentent de saisir le sens. Flamel consacre sa vie à la poursuite du rêve alchimique. Puis, un jour, la rumeur se répand en France que Flamel a atteint son but. « Enfin, j'ai trouvé ce que je cherchais ! Je l'ai vite compris à la forte odeur qui se dégageait de ma préparation. À partir de ce moment-là, j'ai appris sans difficulté à connaître et à maîtriser cette. »

Après 25 ans de travail acharné, Flamel et sa femme connaissent enfin le succès et accumulent, dit-on, des richesses inestimables. Ils font des dons très généreux aux églises et aux hôpitaux. Bien sûr, la légende a tendance à dépasser ité. Ainsi, longtemps après leur mort, on raconte que Flamel et sa femme vivaient encore une centaine d'années plus tard dans différents pays d'Europe. Certains témoins affirment les avoir aperçus après leur mort. Leur maison est mise à sac dans l'espoir de percer leurs secrets, mais ils les ont emportés dans la tombe. Or, 400 ans après sa mort, des témoins affirment toujours l'avoir vu vivant. Désormais, le mythe de l'immortalité de Flamel est né.

On prête aux alchimistes tous les pouvoirs : celui de changer les métaux en or, voire même celui d'atteindre la vie éternelle. La sagesse qui a inspiré Flamel et les autres alchimistes européens provient de l'Antiquité, et en particulier de l'ancienne Égypte, où des artisans ont inventé un art tenu sec qui inspire à la fois la crainte et le respect. L'alchimie occidentale prend ses racines dans l'Égypte ancienne, et l'on peut considérer les alchimistes de cette époque comme les précurseurs de laalchimie moderne.

Les alchimistes de l'Antiquité inventent des techniques de teinture, de coulage, de bronzage du métal. Ils fabriquent également des bijoux, des parfums et savent surtout embommer les corps des morts. Et dans l'au-delà, c'est de l'or que les Égyptiens tiennent à emporter avec eux. Dans toutes les sociétés antiques, l'or rev une grande importance, sans doute en raison de son inaltérabilité, Assur leur immortalité. On recouvre d'or les masques des momies égyptiennes.

Si l'on remonte au tout début de l'alchimie, c'est-à-dire au travail des Méau par les Égyptiens, on remarque qu'ils cherch eux aussi à imiter l'or, convaincu qu'un métal qui ressemble à de l'or on possède également les vertus. Ainsi, lque les priers alchist dans leur tentative de transformer le Métalville en or, ils décident, faute de mieux, d'employer tous leur talent à imiter leur véritable.

D'autres civilisations antiques, comme les Grecs et les Romains, se lancent à leur tour dans l'aventure, et le 3e siècle voit éclore l'âge d'or de l'alchimie. À cette époque, les étudiants en alchimie sont si nombreux qu'une Académie est fondée par le plus brillant d'entre eux : Zosim de Panopolis. Zosim sera le premier à parler de cette pierre qui n'est pas une pierre, de cette mystérieuse substance dotée de pouvoirs magiques : la pierre philosophale. Elle devient dès lors le saingral des alchimistes.

Partant du principe que des éléments de base peuvent donner naissance à de nouvelles matières (par exemple, le bois en brûlant dégage de l'eau, puis de la fumée, et enfin devient cendre), de même le plomb pourrait se transformer en or sous certaines conditions. Mais l'Académie d'alchimie devient bientôt une véritable école de contrefaçon. Son succès est si rapide que ces étudiants inondent bientôt le marché de savants alliages de cuivre, de plomb et d'or qu'ils font passer pour de l'or pur.

Cette pratique entraîne la chute du cours de l'or. En réaction, l'empereur romain Dioclétien fait brûler tous les ouvrage d'alchimie de la Grande Bibliothèque d'Alexandrie. En même temps que ces livres, ce sont de nombreux secrs alchimiques détenus par les Égyptiens et le monde antique qui partent en fumée.

Au 8e siècle, c'est dans le monde oriental que l'on voit émerger d'importants pôles intellectuels comme Bagdad en Irak ou Fez au Maroc. De nouveaux enseignements et de nouvelles idées voient le jour. Des œuvres antiques majeures sont alors traduite, et pendant les 7 siècles qui suivent, les villes orientales deviennent de haut lieux de la pensée. Les écoles et les universités où l'on enseignait jusqueel la théologie s'ouvrent alors à de nouvelles sciences comme les mathématiques et l'astronomie. Les Arabes contribuent tout particulièrement à développer la science alchimique.

Mais la quête de l'URE se révèle toujours aussi veain, et les nombreux alchimistes arabes se tournent alors vers d'autres disciplines telles que la médecine. Ils commencent à mener des expériences savec qu' un grand nombre de produits chimiques, avec des métaux, des sulfures et des selles. Ils modernisent les techniques de distillation et de calcination. Ils ne renoncent pas pour autant à leur rêv, mais en attendant, leur métal fétiche, le Mercure, sert davantage à guérir les maladies courantes qu'à fabriquer de l'or.

Au 12e siècle, leur art occulte gagnent l'Europe. Ils apportent avec eux de nouveaux termes scientifiques : alcool, alcaliie, alambique, élixir, et enfin le mot alchimie lui-même, de l'arabe *alchemia*, l'art de fondre et de allier les métaux.

Dans un Moyen-Âge, l'Église est toute puuissante. Lorsque l'alchimie se répand en Europe, c'est une véritable science qui dépasse la simple manipulation chimique. Elle est alors très suspecte au regard de l'orthodoxie chrétienne. Au Moyen Âge, l'alchimie prend une dimension spirituelle et devient une doctrine ésotérique. Les alchimistes continue leur recherche de la fortune magique susceptible de transformer les métaux viles en argent ou en. Cette recherche est intimement liée à leur propre quête spirituelle qui passe par la purification de l'âme.

Ainsi, pour pouvoir purifier les métau ville, les alchimistes, convaincus de l'imperfection de l'âme humaine, se purifient eux-même en s'imposant de multiples épreuves, ce qui leur permet d'atteindre la plénitude spirituelle, de passer de l'ombre à la lumière. En attendant cette purification, les uns espèrent toujours transformer les métoviles en or. Les autres, en revanche, pense que cette fameuse pierre philosophale possède bien d'autres pouvoirs : prolonger la vie ou, mieux encore, rendre immortel, comme ce fut peut-être le cas pour Flamel.

Au début, les alchimistes occidentaux procèdent à de nombreuses manipulation comme la distillation, la combustion ou la fusion de la matière. C'est ainsi qu'il découvre l'alcool. Et regardez quel effet l'alcool produit sur les hommes ! Ils sont persuadés d'avoir découvert l'élixir de vie. Cette découverte vaut à ses auteurs une célébrité immédiate.

Au 13e siècle, Arnaud de Villeneuve, un alchimiste français, invente un breuvage révolutionnaire composé d'or et d'alcool. Sa potion connaît un tel succès que le Pape Clément, convaincu que ce savant a découvert le secret de l'immortalité, le fait venir à Rome. Mais il semble que cet élixir ne possède pas toutes les vertus que le pape lui prête, car Arnaud de Villeneuve meurt subitement pendant le voyage qui le mène à Rome. Ce malheureux événement ne décourage pas pour autant les autres alchimistes européens, toujours en quête du précieux métal.

Le plus célèbre pionnier de l'alchimie est le Suisse Paracels, dont les brillantes recherches vont dépasser la simple quête de l'or. Paracels passe sa jeunesse à manipuler bon nombre de substances nouvelles, et comme les autres alchimistes, ils tentent de fabriquer de l'or à partir des métauiles. Mais Paracels décrète finalement que l'art de guérir est sans doute plus important que la quête de l'or.

« On dit que l'alchimie sert à fabriquer l'or et l'argent. Pour moi, le principal but de l'alchimie est d'étudier les vertus et les pouvoirs des remèdes. » De son vrai nom Thoprast Bombast enheim, ce grand homme se fait appeler Parels car, prétendil, il est meilleur que CS, le célèbre médecin romain.

Au 15e siècle, il met l'alchimie et l'astrologie au service de la médecine et commence à élaborer des remèdes. Cette nouvelle science est bientôt baptisée yatrop chimie. Autrement dit, plutôt que de chercher à fabriquer de l'or ou à découvrir la fameuse formule, Paracels utilise ses connaissances alchimiques au profit de la recherche scientifique.

Ces remèdes deviennent bientôt célèbres dans toute l'Europe. Il est le premier à considérer l'épilepsie comme une maladie et non plus comme une forme de folie. Il est également le premier à diagnostiquer la syphilie et à la traiter avec un composé de mercure que les médecins prescriront encore quelques 400 ans plus tard. Il découvre également le lodanom, un dérivé de l'opium utilisé comme analgésique.

Mais le 16e siècle est néanmoins une période dangereuse, tant pour les médecins que pour les alchimiste. Accusé de charlatanisme et de sorcellerie, il se voit contraint cer leur art dans la clandestinité, sous peine d'avoir à se défendre âprement contre leur détracteurs.

Mais Paracel c'est sans doute celui qui répond le plus virulemment aux critiques qu'on lui adresse : « Laissez-moi vous dire une chose : le plus petit de mes cheveux est plus savant que vous et tous vos scribes réunis, et ma barbe a plus d'expérience que toutes vos grandes écoles. »

Ces attaques contre les scientifiques et l'utilisation qu'il fait de ces étranges remèdes lui valent beaucoup d'ennemis. Il sauve la vie du savant hollandais Rasme et de plusieurs autres personnalités, gagnant ainsi leur protection pour un certain temps. Après avoir violemment calomnié des magistrats, il est contraint de partir et devient vagabond. Il meurt à Salzburg, en Autriche, dans le plus parfait dénuement. Il a 48 ans.

Par nécessité, les alchimistes se replient sur eux-mêmes et exercent désormais leur art dans le plus grand secret. Pourtant, occasionnellement, quelques éminents savants accordent du crédit à leur recherche.

Robert Boyle, le grand scientifique irlandais du 17e siècle, considéré comme l'un des inventeurs de la chimie moderne, manifeste un grand intérêt pour l'alchimie. Avec l'un de ses assistants allemands, il découvre une matière étrange : le phosphore. Les manuscrits retrouvés après sa mort révèlent clairement la passion secrète qu'il vouait à l'alchimie. L'un de ses écrits hermétiques est rédigé dans un langage si complexe que personne n'a été jusqu'à ce jour capable de le déchiffrer.

Aujourd'hui encore, des chercheurs de l'Université américaine John Hopkins travaill sur les milliers de pages écrites par Boyle. Jusqu'ici, ces textes défient la compréhension. Une partie du problème réside dans le fait fait que l'art des alchimistes ne consiste pas uniquement à mélanger des produits chimiques. L'alchimie fait également appel à des rites et des symboles complexes. Les alchimistes voient dans les substances qu'ils fabriquent davantage que de simple composé obtenu par réaction chimique. À leurs yeux, ces mixtures sont chargées d'un sens, un sens purement métaphorique ou encore symbolique ou religieux. Cet aspect a totalement disparu, bien sûr, de la chimie moderne, mais très présent dans l'esprit des premiers alchimistes.

Ainsi, de la même manière que les écrits des alchimistes sont codés, leur langage pictural regorge de sens cachés, de secrets détenus par les anciens et transmis de génération en génération. Des symboles tels que le soleil, les animaux mythologiques, les rois et les reennes sont fréquemment employés et possèdent un pouvoir certain lorsqu'on les interprète correctement.

Connaissance des alchimistes se transmett de bouche à oreille et grâce à des textes codifiés selon des règles précises et tenu secrètes, mais également par le biais d'illustration enchimie. Les images, souvent ambigu, ont une importance considérable. Il existe des textes hermétiques rédigés dans un langage strictement pictural. Ainsi, le seul moyen de les décoder revient à consulter un alchimiste comme moi pour saisir le sens.

Le rouge symbolise le soleil, et le blanc ou l'argent symbolise la lune. Réunis, ces deux astres forment un symbole clé en alchimie. Dans de nombreuses illustrations, par exemple, on les voit se fondre, se rejoindre pour former la pierre philosophale, symbole de la perfection. Les couleurs utilisé par les alchimistev également une importance considérable. Inférieur aux autres couleurs symbolise la mort. Vient ensuite le blanc, et enfin le rouge.

Depuis l'émergence de leur art aux alentours du 3e siècle après Jésus-Christ jusqu'au 17e siècle, les alchimistes travaillent d'arrache-pied à l'élaboration d'un langage symbolique. L'alchimie est une quête spirituelle, un parcours initiatique, une interprétation allégorique de la mythologie. Selon moi, la tradition de la pensée occidentale veut que plus les vérités essentielles, les vérités religieuses, sont exprimé en langage complexe, plus nous sommes à même d' saisir l'importan.

Les manuscrit herméti regor de symboles étranges, d'imag violent, dérangeant, suré. L'une des plus belles et des plus spectaculaires séries d'illustration alchimique se trouve dans le très précieux manuscrit de la British Library, l'un des trésors de cette bibliothèque. Il a pour titre *La Splendeur du Soleil* et contient 22 planches illustrant de manière très énigmatique et curieuse les procédés alchimiques. Ici, sur la première, nous voyons un alchimiste absorbé par une expérience. Sur le parcheminus de lui pe lire : « Partons à la recherche de l'origine des quatre éléments. »

D'autres mystiques ont repris bon nombre de symboles alchimiques pour développer leur propre doctrine ésotérique. On en retrouve certains dans un célèbre jeu de cartes divinatoire : le taraot. En tant que discipline spirituelle, l'alchimie se développe aux alentours du 12e siècle, et le tarot apparaît quelques centaines d'années plus tard. Toutes les figures du tarot sont inspiré de symbol et ont une signification éotérique. Le premier jeu de tarot date du milieu du 14e siècle.

À l'origine, ces cartes avaient sans doute une fonction mneumonique et servaient à retenir des formules médicinales ou à représenter certains types caractériel, certaines classes social. C'est aux alentours du 17e siècle qu'É le jeu de société divinatoire aujourd'hui connu sous le nom de tarot. Il existe de nombreuses manières d'utiliser le tarot, la plus répandue étant de placer les cartes dans un ordre précis afin qu'ell forme une figure particulière. Chaque carte, indépendamment de sa position, possède une signification propre, le plus souvent alchimique, par ce qui laisse à penser que des alchimistes ont participé à l'élaboration du tarot.

Par exemple, tirer la carte du pendu n'est pas un présage de mort, comme tente à le penser certaines personnes. En fait, cette carte possède une signification hautement symbolique et très alchimique, dans le sens où la mort est synonyme de changement, c'est-à-dire l'apparition d'un nouvel ordre qui fait place à l'ancien.

Il n'est pas étonnant que le symbole alchimique de la mort soit omniprésent dans l'impressionnante architecture pragoise. Aux 15e et 16e siècle, Prague devient la Mecque des alchimiste du monde entier, et un peu partout dans la ville, de nombreux monuments portent la trace de leur passage. Prague est une ville réputé pour son dynamisme culturel qui abrite nombre de musiciens, poètes et artistes. Très vite, elle attire les plus célèbres alchimistes européens.

À l'époque, dans la plupart des pays d'Europe, les et les devins tels que Nostradamus ou les alchimistes comme Paracels sont suspects aux yeux de l'Église, une Église toute puissante et influente auprès des rois, princes et dirigeants européens. Mais Prague fait exception. Dans la capitale du Saint-Empire romain germanique, les empereurs qui règne domine le clerger local. Au 16e siècle, ils réussissent dormir les soupçons de l'Église à l'égard des mystiques et des alchimistes afin de céder à leur propre fascination pour l'ésoérisme.

Tous les alchimistes qui s'installent à Prague échappent à la persécution religieuse. Mais s' ils échouent dans leur tentative de fabriquer l'UR, ils se voient infliger de sévères punitions. En revanche, s'ils ont une quelconque chance de réussir, on leur offre à la cour une existence dorée.

Rodolphe II, Saint Empereur romain germanique, roi de Bavière et d'Autriche, règne en maître sur cette renaissance de l'alchimie. Fantaisiste et poète à ses heur, il accueille les alchimistes à bras ouverts et, mieux encore, finance leur rêve.

Rodolphe est un fervant collectionneur de curiosité du monde entier. Dans ses appartements, on trouve aussi bien des creusés à poison que des échantillon de terre de la vallée d'Hébron où Dieu aurait créé Adam. Il possède aussi des milliers d'horloges, des globes construits par les plus grands cartographes européens et une vaste collection de livres scientifique, comprenant également des ouvrages de sciences occulte, un sujet qui le fascinera toute sa vie.

Rodolph II n'invite pas seulement des alchimistes à la cour, mais aussi des orphèvres, des peintres et autres artisans. Il aime la peinture et surtout les œuvres d'Archim boldo, un artiste qui exécute des portraits composés de fruits et de poissons. L'un d'entre comprend 65 espèces de poissons composant d'un visage. Il s'intéresse lui aussi à l'alchimie, et les couleurs qu'utilise font partie du langage alchimiqueéise. Notamment un porté de rodolp 2 avec des fleurs et des roseaux. La couleur dominante est le rouge, parce que le rouge est une couleur noble.

Dans cette société bigarée, on trouve autant de savants en quête de vérité que de charlatans et d'imposteurs. À la cour de Rodolphe II vivent non moins de 200 alchimistes qui rivalisent de gloire et de fortune. Rodolphe les héberge tous dans la célèbre rue des alchimistes, où vit à la fin du 16e siècle John D, l'ancien astrologue de la reine Élisabeth 1 d'Angleterre. Son honorable carrière prend fin lorsqu'il associe à un charlatan du nom d'Edward Kelly.

À cette époque, des alchimistes uniquement poussés par la pas du gain, comme Edward Kelly, côtoi des mystiques comme John D. En fait, ces deux personnages sont alors si intimement liés qu'ils partagent même leurs femmes, ce qu'il considère comme l'aspect le plus agréable de la philosophie hermétique. En tout état de cause, tous ces personnages fréquentent Prague, la Mecque des alchimistes, la ville de Rodolp II.

Rodolp II s'intéresse à tous les aspects de l'alchimie, qu'il s'agisse de métaphysique ou de spiritualité, mais également à l'aspect le plus occulte de cet art : la fabrication de l'or pour s'enrichir. John D et Edward Kelly, comme beaucoup d'autres alchimistes, finissent par prendre refuge en cette Cour, sans jamais par bien s à produire le moindre gram d'or.

Edward Kelly, quant à lui, est un fa confirmé. En Angleterre, il a déjà connu la prison et la torture. Pourtant, il parvient par la ruse à s'attirer les faveurs de Rodolp II qui le fait chevalier et lui donne toute licence pour fabriquer ce métal tant convoité. Lor extrait alors du charbon auquel il ajoute des pépites d'or, de sorte que lorsqu'il fait sa démonstration devant Rodolp 2, ce dernier est convaincu que son protégé vient de découvrir la fameuse formule. Il déare : « Vous voyez, Majesté, j'ai réussi à fabriquer de l'or. Si vous me donnez beaucoup d'argent, je pourrais en produire 60 ou même 100 fois plus. »

Lorsque Rodolp lui demande combien de temps il a besoin, il répond : « Un an. » Ce qui lui vaut d'être logé une année entiè à la cour où il ne fera que de rares apparitions. Mais la patience de Rodolp, T mes scène qu'il soit, a des limites. Sous son règne, plus d'un faosser a fini dans les jaules de son château. Un jour, c'est le tour de Kelly. Sa chance à tourné. Rodolphe II le fait jeter en prison où il meurt quelques temps plus tard.

À la même époque, d'autres alchimistes européens qui se rendent coupabl d'escroquerie sont brûlés, pendus ou emprisonnés. L'un d'entre eux, un compagnon de Kelly, subit un châtiment exemplaire : il est habillé de guirlande dorée et pendu au bout d'une corde jaune jusqu'à ce que mort s'en suive.

En dépit de tous ses efforts pour financer et soutenir les alchimistes, Rodolphe II n'obtiendra jamais l'or qu'il cherche si désespérément. Pourtant, bien des siècles plus tard, des archéologues feront une découverte que Rodolphe aurait sans doute accueilli avec la plus grande joie. En exhumant ses restes, ils les ont trouvé dans un remarquable état de conservation. Étrangement, les habits rouges dans lesquels Rodolphe II avait, dit-on, été enterrés étaient devenus dorés.

La mort de Rodolphe II ne sonne en aucun cas le glat de l'alchimie. Désormais, c'est en Angleterre qu'elle trouve son plus fervant défenseur, un scientifique de grande renommée. Ceci est le Pomier le plus célèbre du monde, 16 6. Selon la légende, une pomme est tombée au pied d'un jeune homme assis dans le jardin de sa mère à Cambridge. Grâce à cette pomme, Isaac Newton entame alors une série d'expériences qui le mèneront à la découverte de la théorie de la gravitation. À l'âge de 24 ans, Newton devient le mathématicien le plus en vue de toute l'Europe, avant de jeter les bases de sa théorie dans l'ouvrage qui lui vaudra une réputation miale : *Principia et maématica*.

Dans les appartements de sa mère, il mène également des expériences sur la lumière en utilisant des prismes. Il consacre le reste de sa longue et brillante existence à rendre compte de ses travaux sur la lumière et la gravitation au cours de conférence. Mais les livres scientifiques modernes passe souvent sous silence un autre aspect de ses travaux. En effet, Newton s donné secret l'alchimie.

Aujourd'hui, il nous paraît étonnant que quelqu'un comme Newton est pu s'intéresser aux sciences occultes. Mais pour un physicien du 17e siècle, l'alchimie est une partie du monde, un domaine de connaissance qu'il est important d'explorer et de comprendre. Pour Newton, convaincu de l'existence de la Pristina sapiensa, une sagesse antique donnée par Dieu à Adam ou à ses fils et transmise ensuite à sa descendance, l'alchimie rev une signification particulière.

Ainsi, si nous voulons avoir du mondeune connaissance profonde, le mieux est encore de se référer à la parole même de Dieu. Pour retrouver cette parole, il faut renouer avec la Pristina SAPI, cette sagesse antique. Et Newton considère l'alchimie comme l'un des moyens d'y parvenir.

Newton possède plus de 200 ouvrages d'alchimie venant du monde entier, dont il se sert pour ses expériences et recherches personnelles. Il ne faut pas oublier qu'au 17e siècle, tous les lettrés s'intéressent d'une manière ou d'une autre à l'alchimie, et Newton, qui écrit sur ce sujet des centaines de pages, ne fait pas exception à la règle. Il passe 30 ans dans son laboratoire à test toutes sortes de formules, mais n'abandonne pas pour autant la pratique de l'alchimie.

À sa mort, cette science connaît un tel déclin, et Newton jouit d'un tel prestige, que sa famille, convaincue que la révélation de sa passion secrète risque de ternir sa réputation, fait disparaître tous ces manuscrits alchimiques.

L'un des derniers grands savants a tenté de remettre l'alchimie au goût du jour et de très respectable James Price, un jeune chimiste anglais, en 1782. Après avoir travaillé quelques années dans son laboratoire personnel, Price prétend avoir découvert la formule d'une poudre blanche pouvant donner jusqu'à 50 fois son pointid en argent, et d'une poudre rouge pouvant donner 60 fois son Po en or. Il présente sa méthode devant une assemblée d'éminents savants.

C'est travaux deviennent si célèbres qu'ils sont traduits en sept langues. Des échantillons de l'or ainsi obtenus sont exhibés à la cour du roi George II d'Angleterre. Mais ses collègues restent sceptiques, et le plus éminent savant anglais de l'époque, Sir Joseph Banks, insiste pour que Price défende l'honneur de la science en démontrant ce qu'il avance devant un comité d'experts impartiaux. En août 1783, trois experts se r au domicile de Price pour assister à sa démonstration. Le chimiste reçoit calmement ses visiteurs avant de reprendre la préparation de ces poudres alchimiques. Alors que les savants sont occupés à vérifier ses préparations, il aval de l'eau de cerise, un poison mortel, s'effondre et meurt sur le champ. Ses obsèques ont lieu dans une église locale, et l'on grave sur sa pierre tombale l'épitaphe : « Oh, comme il s'est trompé ! »

L'alchimie semble avoir disparu progressivement. En Allemagne, elle perdure jusque vers 1780, et l'on continuera même pendant quelques années d'imprimer certains textes hermétiques. En revanche, en France comme en Angleterre, cette science est la risée de tous dès les années 1730, et en 1740, elle sombre dans l'oubli. Lors des trois derniers siècles, l'alchimist tombe peu à peu en désuétude. On ignore les symboles et on dédaigne ces savants cupides, désireux de faire rapidement fortune en transformant du plomb en or. En d'autres termes, l'alchimie est très décriée et ses adeptes sont tournés en ridicule.

On pourrait penser qu'à l'époque où la raison scientifique triomphe, l'alchimie serait relégué au rang des bizarreries de l'histoire et jeté aux oubli. Mais étrangement, elle prend, après le 18e siècle, un essor inattendu. À l'instar de Nicolas Flamel, qui en vint à explorer l'univers hermétique par le rêve il y a 600 ans, un psychiatre suisse du 20e siècle rejoint par les mêmes voix l'alchimie. Il s'appelle Carl Jung.

Carl Jung, grâce à ses propres rêves, commence à s'intéresser à l'alchimie, car les rêves et les visions sont l'une des principales sources d'inspiration des alchimistes. Ils maintiennent ainsi leur découverte secrète en les consignant dans un langage symbolique et pictural. Une nuit, Jung fait un rêve qui va changer sa vie : il se trouve dans une maison dont il découvre une aile secrète qu'il se met à explorer, and he would go, voit une superbe bibliothèque pleine de livres contenant des symboles qu'il ne comprend pas mais qui le fascine.

Puis, un beau jour, on lui offre un ouvrage d'alchimie. Il s'écrit : « Seigneur, quel satise ! Comment peut-on croire à une chose pareille ? » Mais en même temps, ses patients continuent à lui raconter des rêves qu'il ne parvient pas à interpréter, où des aigles vol dans deux directions à la fois et lui rapporte des visions d'une femme debout sur une map monde. Cela est d'autant plus intrigant qu'il prend un texte et le lit sans le comprendre. Puis, soudain, l'existence d'un langage onérique constitué de symbole lui apparaît comme une évidence. Et cette découverte, qui confirme à ses yeux l'idée que le rêve est profondément ancré dans la nature humaine, le frappe énormément.

Il faut dire que ces études mythologiques l'ont préparé à développer une pensée symbolique, une pensée qu'il considère comme essentiel à la compréhension de notre inconscient et de nos rêves. « J'ai mis beaucoup de temps à quitter les méandr de la penselle chimique. En étudiant un texte du 16e siècle, j'ai remarqué que certains symboles revenaient fréquemment, mais je ne parvenais pas en décrypter le sens. C'était comme si je cherchais à résoudre un rébut formulé dans un langage inconnu. Cette tâche m'a absorbé pendant plus de 10 ans. »

Les rêves jouent un rôle primordial en alchimie pour la simple raison qu'ils sont la principale source d'inspiration des alchimistes. Ils croi fermement au pouvoir révélateur des rêves qui leur permet d'accéder à la sagesse et de mieux maîtriser leur art. Les rêves sont constitués de symboles mystérieux et, par la même, alchimique. Nous rêvons toutes les nuits, et nos rêves sont pleins d'images mystérieuses dont le sens nous est le plus souvent inconnu. Les alchimistes étudient des symboles don seul quelques ini connaissent la signification. C'était cela leur univers.

Jung observe alors une analogie entre les image onérique de ces patients et les symboles alchimiques. Même si ces patients n'ont jamais entendu parler de l'alchimie et ignorent tout de ces symboles, leurs représentationir sont semblables à celle des manuscrits hermétiques, et l'interprétation de leur rêv confirme la nature alchimique de ces symboles.

Il observe avec satisfaction que les travaux des alchimistes de la Chine ancienne recoupent ses propres travaux. C'est avec un intérêt accru qu'il comprend alors que l'alchimie orientale, contrairement à l'alchimie occidentale, est demeuré intacte à travers les siècles.

Bien avant que les premiers alchimistes européens commencent à construire leur laboratoire secret, les magiciens et les mystiques de la Chine ancienne étaient déjà convainc qu'il pouvait fabriquer de l'or à partir d'autres substances. Au 2e siècle avant Jésus-Christ, un grand alchimiste de la cour de l'empereur Wouti déclare : « Je sais comment le cabre change de nature pour se transformer en or. Je peux chevaucher le dragon volant et aller au bout du monde. Je peux grimper à califourchon sur sa tête et franchir les neuf marches qui mènent au Paradis. Si vous procédez vous aussi à des sacrifices sur le bûcher, alors vous pourrez transformer le cabre en or. »

Les alchimistes chinois prétendent que l'or a également des effets bénéfiques sur le corps humain. Les premiers alchimistes chinois conseillent aux gens de boire de l'or. Un peu plus tard, ils préconisent des substances qui ont la couleur et l'aspect de l'or. Dieu sait combien de gens sont en avalantes breuvages ! Mais les Chinois ont rapidement arrêé de boire de l'or pour prolonger la vie. Ils ont préféré faire de l'exercice physique, une sorte de yoga.

Il y a une différence fondamentale entre l'alchimie occidentale et l'alchimie orientale. La première a d'abord pour but la quête de l'or, tandis que l'autre aspirit à l'immortalité. Traditionnellement, l'alchimie chinoise a pour but d'atteindre l'immortalité par la purification de l'âme. Pour parvenir à ce niveau supérieur, il faut connaître certains processus, posséder la formule de mystérieux éxir, maîtriser des techniqu de respiration et sastreindre à des exercices physiques.

Partant de Chine, la philosophie hermétique se propage par les anciennes routes commerciales jusqu'au cœur de l'Inde. Il y a près de 2000 ans, des alchimistes du Tamil Nadou, à l'extrême sud de l'Inde, utilisait de l'or ou des substances que l'on prenait pour de l'or dans un rituel magique destiné à conférer l'immortalité. L'une des plus anciennes prières de cette époque dit : « L'or n'est du feu, et celui qui le porte est immortel. »

Étrangement, la méthode inventée par les alchimistes Indiens de l'Antiquité a survécu jusqu'à nos jours. L'élixir magique des alchimistes ne peut être préparé qu'une fois l'an, dans un site secret. C'est sur ce site que l'on trouve l'un des ingrédients indispensables à l'élaboration de cette potion. Cette poudre, qui n'apparaît qu'une seule fois par an par une nuit de pleine lune, n'est visible qu'à minuit. Cette poudre s'appelle le panerou. Selon les alchimistes, c'est l'attraction lunaire qui l'a fait remonter des entrailles jusqu'à la surface de la terre.

Le panerou est l'ingrédient essentiel de leur potion magique, qui contient également des métaux tels que le mercure, l'argent, le zingue et le plomb. Pour les alchimistes indiens, le panerou supprime tous les effets indésirables des préparations alchimiques, et l'élixir qu'on en tire a la vertu de prolonger la vie.

En Inde et en Asie, certains alchimistes sont convaincus que les rêves de leur prédécesseur de l'Antiquité n'étaient pas des chimères. Tout simplement, ils ne se sont pas encore réalisés. En Europe, on poursuit aujourd'hui d'autres rêves. Mais là aussi, alchimie antique et Scien contemporaines semble avoir trouvé un terrain d'entente.

L'une des croyan fondamental les alchimistes est la transmutation, c'estd la transformation des mé V en or. Etusement, c'est ce que nous faisons aujourd'hui. Je veux dire que nous sommes maintenant d'effu transmutation de transformer un élément en un autre. Ainsi, ironie du sort, les alchimistes avaient raison.