Transcription
Vous le savez, la science a permis à l'humanité de faire des bonds exceptionnels dans plein de domaines : santé, nouvelles technologies. Mais en parallèle, il y a eu aussi des expériences beaucoup moins utiles et surtout beaucoup plus questionnables, quand elles ne sont pas carrément immorales. Des expériences qui touchent parfois que quelques animaux ou personnes, mais qui, souvent en vrai, ont affecté des dizaines, des centaines, ou même des milliers d'humains.
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Rapprochez-vous. Vous avez peut-être déjà entendu parler de Starfish Prime ou même du chien zombie de Brukhonenko. Mais vous ne connaissez sans doute pas l'étude de Tuskegee ou même les expériences totalement inhumaines d'Obry Levin. Et ben, justement, pour traiter de toutes ces expériences, on va se servir du principe de l'iceberg. L'idée, c'est de commencer par les sujets en surface, avec des expériences qui pourraient vraiment un peu faire sourire, sont pas trop flippantes. Mais au fur et à mesure qu'on descend dans les profondeurs, les abysses, et finalement les ténèbres, on verra de pire en pire. On va parler d'expériences beaucoup moins connues, mais surtout plus graves, glaçantes, et pour la plupart, tout simplement abominables. Bref, posez-vous avec un pot de pop-corn, mettez-vous bien, parce que nous allons descendre l'iceberg sur les pires expériences scientifiques.
Et on attaque avec la surface.
Stubim Furf et la fièvre jaune. Pour cette première expérience, on commence par l'auto-expérimentation avec Stubim Furf. Alors lui, c'est un jeune étudiant en médecine dans les années 1800. Et Stubine, en fait, il a une idée en tête : il veut trouver comment la fièvre jaune se transmet. Bon, voilà, pour résumer, la fièvre jaune, à cette époque, c'était une grosse maladie, vraiment une bonne épidémie bien sale, parce que les gens avaient une sorte de grippe, mais très hardcore, et surtout, ils pouvaient vomir. Et du coup, après des tests pas très concluants sur des animaux, ben, il décide de passer au stade supérieur avec des tests sur l'homme. Et lui, en l'occurrence, pour trouver comment se transmet la maladie, donc, et donc, il va commencer par s'ouvrir le bras afin de se verser du vomi frais de malade. Mais ça ne donne rien, il n'est pas, il n'est pas atteint de fièvre jaune. Donc, il se dit : "OK, c'est chiant." Et donc, là, il fait autre chose. Il va s'injecter directement du vomi dans les veines, ou s'en verser même dans les yeux. Il va même, puisque ça marche pas, en boire. Il va même jusqu'à construire un sauna à vomi. Et finalement, il se fait une raison : il admet que bah, en fait, non, la fièvre jaune ne se transmet pas par le vomi humain. Et en vrai, il faut attendre plus d'un siècle plus tard pour comprendre qu'en fait, cette maladie se transmet par les moustiques.
Starfish Prime. On est le 9 juillet 1962, en pleine Guerre Froide, et les Américains ont eu une idée en tête : faire un essai nucléaire à plus de 400 km d'altitude. Pour vous donner une idée, 400 km, c'est à peu près l'altitude où vole la Station Spatiale Internationale. Et là, bon, si l'idée de base, c'est de voir c'est quoi les conséquences sur les radars et les systèmes de communication, bah, c'est surtout aussi pour montrer à l'URSS, donc l'ancienne Russie, que c'est vraiment eux qui ont la plus grosse, quoi, vraiment une démonstration de puissance. Mais le problème, c'est que, OK, ils font leur explosion nucléaire là dans l'espace, sauf que, en fait, l'explosion endommage, voire défonce, plein de satellites. Et même les satellites qui sont lancés plus tard vont subir des dégâts à cause de cet essai nucléaire. Et puis, en parallèle, sur l'île de Oahu, située à près de 1300 km de l'impact, il y a toute l'installation électrique qui a pété. Mais le plus dangereux là-dedans aussi, c'est que ça a abîmé la magnétosphère, qui sert, du coup, à protéger notre planète des rayons cosmiques. C'est comme si on avait déchiré un peu le manteau. Et du coup, bah, cette magnétosphère, elle a mis près de 40 ans pour bah se réparer ou se cicatriser à cause d'une bombe lancée dans l'espace.
John Paul Stapp et la force d'accélération. Alors, pour cette troisième expérience, là, on retourne dans l'auto-expérimentation, mais là, ça va pas être aussi dégueu. Parce que il faut que je vous parle de John Paul Stapp, qui est un docteur en biophysique et qui est en même temps colonel de l'US Air Force. Et lui, il a une passion : c'est l'étude des forces d'accélération et de décélération sur le corps humain. Là, encore une fois, il se dit que bon, vu qu'on n'a jamais mieux servi que par soi-même, bah, il va faire la majorité des tests sur lui. Et figurez-vous que John s'est envoyé une accélération de 46,2 G dans la tronche, même si ça a duré moins d'une seconde. Et là, vous dites : "46 G, est-ce que ça fait beaucoup ?" Bah, par comparaison, vous voyez les centrifugieuses géantes, là, comme celle-là, dans lesquelles on entraîne les astronautes ? Et bien, elle, elle tourne entre 2 à 9 G. Lui, il était à 46. Suite à ça, il va pas mourir, mais il va souffrir de troubles de la vision pour le restant de ses jours. Néanmoins, il ne décèdera que à 89 ans, donc il a bien vécu.
Homunculus. Là, on remonte dans le temps jusqu'à arriver au 16e siècle, avec un certain Paracelse, qui est un philosophe et alchimiste suisse. Et lui, après avoir fait énormément de travaux qui ont permis à la médecine d'avancer, et bien, il tente des choses plus obscures. En fait, son idée, ce serait de créer un homunculus. Globalement, en fait, c'est un être humain miniature. Peut-être que vous avez déjà vu Fullmetal Alchemist, vous savez, le manga ? Vous voyez de quoi je parle, là ? Vous dites : "OK, mais comment créer un être humain miniature, un vrai être humain ?" Pour lui, et bien, déjà, il va commencer par prendre une fiole dans laquelle il va y mettre du sperme. Il va ensuite laisser ça pourrir et macérer dans du fumier. Et au bout d'un mois, bah, c'est censé bouger. Et une fois que c'est le cas, bah, on y ajoute du sang humain, humain, pour qu'il grandisse. Bref, cette mixture, après plusieurs mois de fermentation, devrait donner naissance à un homunculus. Mais évidemment, Paracelse n'y parviendra pas.
Opération Castle. Pour cette dernière expérience de surface, je vais vous reparler des essais nucléaires. Parce qu'après la Seconde Guerre mondiale, où les États-Unis se foutaient sur la gueule contre l'Union Soviétique, voilà, à ce moment-là, bah, les États-Unis continuaient à faire des essais. Donc, bah, les États-Unis ont notamment bien aimé un petit lieu qui s'appelait l'atoll de Bikini, dans les îles Marshall, voyez juste ici sur la carte. Et ça va se dérouler à ce moment-là en 1954, et ce sera durant l'Opération Castle, où six bombes vont péter, dont une certaine bombe surpuissante à hydrogène, qui sera la bombe H la plus puissante testée par les États-Unis, et qui aura une énergie à peu près 1000 fois plus puissante que la bombe qui a été larguée sur Hiroshima. Bref, sans trop de surprise, les îles aux alentours ont été contaminées par les retombées radioactives, ainsi que la population, et puis la flore, quoi. Bref, de quoi faire de ces tests un beau petit fiasco écologique. Mais en tout cas, de nos jours, il est possible d'y faire du tourisme. Mais et si vous le faites, vous devrez signer une décharge qui stipule que vous renoncez à toute poursuite en cas de cancer.
Bref, maintenant, vous avez compris un petit peu de quoi on parle. On va passer là sous la surface, en parlant d'expériences sur notamment les animaux ou même la psychologie humaine.
Tusko et le LSD. Voilà, on est en dessous de l'océan. On va parler de Tusko, en fait, qui est un éléphant qui vit tranquillement au Lincoln Park Zoo à Oklahoma City. Sauf que, que problème pour lui, c'est route croise celle de Warren Thomas, donc le directeur du zoo, ainsi que de deux étudiants de l'université du coin au début des années 60. Et le truc, c'est que l'objet d'étude de ces étudiants, c'est de percer les mystères du must. En fait, le must, c'est un état dans lequel les éléphants entrent parfois sans aucune raison, et qui les rend super violents pendant un court instant. C'est comme s'il devenait fou furieux et qu'il pétait les plombs. Sauf que pendant cet état de must, il sécrète une genre de substance au niveau des tempes, vous voyez là sur l'image, on le voit, cette espèce de truc noir là qui coule. Bref, le le petit groupe s'est alors demandé s'il pouvait déclencher cet état là super étrange en injectant directement du LSD à l'éléphant. Tout était prêt pour l'expérience. Le jour même, le LSD fourni par une compagnie pharmaceutique, et les différents scientifiques qui allaient administrer la substance. Il manquait juste une chose : savoir exactement combien de LSD administré à Tusko, parce que personne n'avait donné de LSD à un éléphant avant. En fait, comme ils savent pas trop quelle dose ils vont donner à l'éléphant, parce que c'est quand même compliqué, bah, ils décident de lui filer à peu près 300 mg de LSD. Là, vous dites : "Ça pas l'air beaucoup, c'est même pas 1 g." Sauf que, bah, mine de rien, c'est à peu près 3000 fois la dose qu'un humain peut prendre s'il veut faire un un trip. Bref, à partir de là, il lui injecte ça, et à mesure que le temps passe, l'animal va montrer des signes de faiblesse. Et à un moment, après avoir couru dans l'enclos, il va s'écrouler par terre, pris de convulsions, avant de mourir d'étouffement quelques minutes plus tard. Et donc, cette expérience macabre se soldera par aucune véritable avancée scientifique, en plus de la mort d'un animal.
Les triplés. Alors, vous savez, en plus des nombreuses expériences physiques dont je vais vous parler dans cet iceberg, il y en a aussi qui sont liées au psychologique, à notre tête. Et là, on remonte au 12 juillet 1961 pour assister à la naissance de trois triplés : Bobby, Eddie et David. Mais bon, le problème, c'est qu'ils vont être rapidement séparés à la naissance pour être placés dans trois familles différentes. Là, c'est l'occasion rêvée, en fait, façon de parler, pour un psychanalyste, à certain Peter Neubauer, de faire une petite expérience. Et là, pour lui, l'étude, bah, c'est de mener une expérience sur l'inné et l'acquis des jumeaux. Et en gros, voir ce qui se passe quand on sépare des êtres vraiment identiques, des clones, quoi, parce que c'est des jumeaux, sans qu'ils sachent que bah, ils ont un autre jumeau, voir bah, s'il se passe des choses. Et là aussi, aucun des parents adoptifs n'est au courant de l'existence des deux autres frères, ainsi que de l'expérience. Sauf que le hasard fait que ben, Bobby et Eddie, donc, j'ai déjà deux des trois frères, vont tomber l'un sur l'autre à l'université. Ah bah, quand tu tombes sur un clone de toi, bah, ça te fait bugger, donc forcément, tu le repères direct. À partir de là, l'affaire fait grand bruit dans les journaux, ce qui va permettre au troisième frère de savoir que les deux autres existent, et donc, du coup, de leur dire : "Coucou quoi." À partir de là, les triplés vont rattraper le temps perdu. Mais le problème, c'est que l'un des trois, Eddie, va avoir de grosses états de dépression, et il va mettre fin à ses jours. Les deux autres frères, eux, vont continuer leur vie, et l'expérience sur les trois continue. Et à la fin de l'expérience, il y aura près de 100 000 pages de notes d'évaluation, donc il y a beaucoup de data, en fait, sur eux. Et sans trop vous révéler, en fait, ce qui découvre à l'intérieur, bah, en fait, il y a un film documentaire qui est sorti en 2018, et qui s'appelle "Three Identical Strangers".
The Monster Study. Là, on reste un peu dans le même thème, et on remonte en 1939 à Davenport, dans l'Iowa, avec le professeur Johnson. En fait, ce dernier, avec une petite équipe, va rassembler 22 enfants orphelins pour mener une étude sur le bégaiement, qui sera par la suite connue sous le nom de "Monster Study". Et en fait, bah, dans les grandes lignes, voilà le but de l'étude : déjà, voir si les enfants étiquetés comme bègues peuvent s'en sortir. Ensuite, voir si le fait que les enfants étiquetés comme bègues qui s'acceptent puissent changer quelque chose à leur manière de parler. Mais aussi, voir si mettre une étiquette "bégaiement" sur un enfant qui ne l'est pas du tout aura un effet sur son élocution. Alors là, évidemment, bah, c'est pas trop une expérience bienveillante, il y a pas trop les codes de déontologie qu'on a aujourd'hui. Bref, les orphelins sont séparés en deux groupes. Il y a un groupe qui reçoit une orthophonie positive, on les encourage, on écoute, machin. Et puis un autre, une orthophonie négative, où ils sont en gros insultés et rabaissés dès qu'ils prononcent mal les mots. Donc, en gros, il y en a, ils ont la carotte, et l'autre, le bâton. Et le truc, c'est que pour ceux qui reçoivent le bâton, la pression est vraiment hardcore. On leur dit, en fait, frontalement, qu'ils ont des problèmes d'élocution, qu'ils ont du mal à parler, et que leur bégaiement doit vraiment s'arrêter. Donc, qu'on est vraiment très, très sec. D'ailleurs, on leur dit même : "Bah, tais-toi plutôt que de bégayer, parce que c'est pas ouf." Et il se trouve que bah, les enfants de ce deuxième groupe ont petit à petit arrêté de parler, ce qui a commencé alors à déclencher un retard scolaire, mais aussi une sorte d'exclusion sociale. Et il se trouve que certains de ce groupe-là ont gardé des séquelles à vie suite à cette expérience qui a pourtant duré que quelques mois. D'ailleurs, près de 70 ans après, près des 7 enfants concernés qui ont reçu le bâton, en gros, bien, ils ont reçu une somme de 925 000 dollars pour, je cite, "cicatrice psychologique et émotionnelle causée par les 6 mois de tourment subis lors de l'expérience de l'Université de l'Iowa".
Le chien zombie. On termine cette partie de la même manière qu'on l'a commencé, c'est-à-dire avec des animaux. Mais là, c'est un peu plus glauque, parce qu'on remonte aux années 1920 avec Sergey Brukhonenko, qui est un médecin soviétique, donc, et qui est précurseur dans le développement des opérations à cœur ouvert. Et lui, bah, pendant ses recherches, il a voulu prouver qu'il était possible d'arrêter le cœur sans tuer le patient pour l'opérer. Alors, pour vous dire, en fait, de nos jours, l'opération à cœur ouvert, c'est assez répandu, he. D'ailleurs, ça porte un nom un peu plus technique, ça s'appelle "circuit de circulation extracorporelle", comme ça, personne ne comprend et ça fait pas peur. Mais bon, à cette époque-là, pour faire ces tests, rappelle, he, c'est quand même il y a plus d'un siècle, il n'est pas question de tenter ça directement sur l'humain. Non, non, il faut tenter sur quelque chose de plus, plus petit, quoi. Et donc, il jette son dévolu sur des chiens. Alors, déjà, ces premières expériences sont déjà un peu, un peu sanguines, parce que il ouvre des chiens en deux, il il retirent leurs organes, il les remplace par des faux organes avec des tuyaux de tous les côtés pour voir s'il dispositif fonctionne. Et à partir de là, il se dit : "OK, c'est cool." Et maintenant, il veut tester tout ensemble. Et de ce fait, bah, Brukhonenko va créer une sorte de machine avec des grands tubes qui sont reliés à des pompes qui font office de cœur, ainsi que des poumons artificiels qui sont alimentés avec de l'oxygène. Et puis du sang qui se balade dans tout ça. Et pour voir si le tout fonctionne, il va brancher tout ça à une tête décapitée de chien. Le chien est mort, donc vous aurez compris, pour essayer de le faire revenir à la vie, une sorte de monstre de Frankenstein, quoi. En gros, en faisant ça, bah, il se trouve que la tête du chien décapité va réagir à différents stimuli. Et même la tête du chien va être capable de remuer la truffe ou encore de lécher ses babines, tout en réagissant au bruit ou même à la lumière. Et donc, ouais, bah, en fait, tout ça, même à l'époque, ça a été filmé, on sait que ça marche, quoi. Et ça a prouvé, donc, c'était réalisable. Donc, bah, il était un peu précurseur là-dedans.
OK, maintenant, il est temps de plonger un peu plus profondément. Ah, du coup, dans les profondeurs, comme son nom l'indique, on va parler de la CIA, mais également de radiations ou même de chimères humain-chimpanzé.
Les implants cérébraux de José Delgado. Commençons nos profondeurs avec du transhumanisme. Bon, là, faut remonter aux années 1950, où un certain neurobiologiste du nom de José Delgado s'intéresse beaucoup aux implants cérébraux. En fait, ce mec, c'est un pionnier dans le domaine. Et là, il a une idée : il veut contrôler certains humains avec des dispositifs, par exemple, les malades mentaux ou même des criminels. En tête de liste, je dis : "Ouais, ce serait quand même sympa qu'on puisse un peu les les contrôler comme des zombies." Et donc, dans un premier temps, bah, il va implanter des sortes de petits, des petits réseaux d'électrodes dans le cerveau de chiens, de chats, ou même de taureaux. Al, bon, il y a des ratés, il y a plein d'animaux qui meurent, bon, voilà. Et donc, au cours d'une expérience avec l'un de ces de ces bovins, Delgado va arriver à arrêter l'animal qui le charge grâce à une petite télécommande qui active, alors, l'implant de l'animal. Alors, à ce moment-là, ça fait son petit effet, les gens, ils disent : "Wouah, c'est impressionnant, il a contrôlé le taureau." Mais en même temps, ça les a fait pas mal flipper. Bref, il a fait ensuite d'autres tests sur un chimpanzé, bon, là, ça a moins marché que prévu. En tout cas, Delgado commence à le dire, mais il pense que son petit implant pourrait être capable de calmer les crises de panique ou même d'épilepsie. Et il a effectivement testé ça sur des humains, notamment sur des personnes qui souffrent de schizophrénie ou même d'épilepsie. Et si on se base sur ce qui est raconté, il y aurait 25 personnes qui auraient été testées de cette façon. Et avec ses implants, quand il les mettait dans le cerveau des des des gens, Delgado pouvait être capable de créer du rire, de la peur, mais aussi de la colère, juste en appuyant sur des boutons. D'ailleurs, lors d'une expérience, Delgado a stimulé le lobe temporal d'une femme épileptique qui avait 21 ans et qui, à ce moment-là, jouait calmement de la guitare, ce qui l'a fait entrer dans une crise de rage folle pendant laquelle elle s'est mise à fracasser sa guitare contre un mur. Bref, comme les travaux de Brukhonenko, là, il y a quand même fort à parier que ses expériences ont pu faire avancer la science plus vite que prévu, mais là encore, au niveau de l'éthique, c'était quand même un peu bancal.
La théorie des 21 grammes. Si on continue sur les êtres humains, vous savez que depuis la nuit des temps, bah, il y a différentes croyances plus ou moins ésotériques, hein, qui disent : "Est-ce que si on a une âme, elle a un poids ? Et qu'est-ce qui se passe quand on meurt ? Si notre âme sort de notre corps, bah, du coup, techniquement, si elle a un poids, on devrait peser moins lourd." Bah, faut remonter au début du 20e siècle pour qu'un certain Duncan MacDougall, qui est un médecin américain, se mette à y réfléchir. Et pour lui, ce serait mieux de prouver si notre âme a un poids ou pas. Bon, déjà, lui, il part du postulat que il y a que les êtres humains qui ont une âme. Et donc, il faut trouver des sujets pour ça. Et il va donc en choisir six dans des maisons de retraite, dont la mort est assez proche, al, soit ils sont atteints de diabète ou de tuberculose, quoi. Et il va alors créer un dispositif en installant des lits avec les les gens mourants dessus sur des sortes de grosses balances, juste en gros pour pouvoir prendre le poids, les peser, en imaginant que lorsqu'ils meurent, si l'âme quitte le corps, normalement, ils sont censés peser un peu moins lourd. Du coup, il fait son expérience, les personnes en question décèdent, sauf que, il y a aucune différence de poids, aucune. Sauf une personne, l'un des patients, qui aurait perdu 21 grammes au moment de sa mort. Et là, à ce moment-là, les gens, ils disent : "Wouah, c'est bon, il a prouvé un truc, notre âme pèse 21 grammes." Bon, finalement, lui, un peu plus tard, il décide de tester le procédé sur une quinzaine de chiens qui vont donc mourir. Et c'est là où ça devient un peu plus dérangeant, puisque vu que c'est assez compliqué de se procurer des chiens mourants pour faire le même type d'expérience, bah, MacDougall empoisonne les chiens pour que, il puisse mourir quoi, en fait, du coup, au moment où il a envie. Sauf que là encore, ben, il fait son expérience, et manifestement, ça n'aurait absolument rien donné, c'est-à-dire que les chiens n'ont pas perdu de poids. D'ailleurs, pire que ça, c'est que la communauté scientifique n'a pas du tout apprécié, et ils l'ont bien rejeté. OK. Et bon, même si cette théorie du poids de l'âme n'a pour l'instant rien donné, on la retrouve quand même pas mal dans la pop culture, que ce soit dans les mangas comme Gantz ou même One Piece, et même dans un film nommé "21 Grammes".
MK Ultra. Alors, vous savez, dans le dernier iceberg que j'avais sorti sur les différentes théories du complot, j'avais parlé d'un projet nommé MK Ultra, qui a été mené par la CIA aux États-Unis. Mais là, je vais pas dire la même chose, parce que on va creuser un peu plus. En fait, au début des années 1950, en pleine Guerre Froide, bah, les États-Unis décident de développer des techniques de contrôle de l'esprit avec un double but : déjà, d'un côté, pouvoir obtenir des informations d'ennemis qui passeraient entre leurs mains, c'est quand même pratique, on a un ennemi, on contrôle son esprit, on lui vole ses informations. Et de l'autre, essayer de trouver une technique pour protéger leurs agents au cas où ils se font choper. Voilà, ça leur permet de verrouiller leur esprit. Et c'est à ce moment-là que la CIA entre en scène avec le programme le plus secret jamais mené par cette organisation. Le nom de code, c'est MK Ultra. Alors, il y aura différentes expériences qui, dans un premier temps, vont être menées dans des hôpitaux aux États-Unis, avec comme premier chantier, d'ailleurs, voir comment le LSD peut impacter l'esprit. Là, les tests vont commencer en utilisant des personnes pas trop consentantes pour trouver la dose idéale ou la personnalité du sujet change, et à ce moment-là, qu'il puisse donner des informations. En gros, voilà, il voudrait une sorte de sérum de vérité, quoi. Mais il y a un hôpital qui s'appelle l'Allen, qui est situé au Canada, qui cristallise, on va dire, les expériences les plus hardcore, sous l'observation du docteur Donald Cameron. Alors lui, son programme, c'est simple : c'est la conduite psychique, qui consiste à faire écouter aux patients des messages, parfois pendant 20 heures par jour, mais aussi faire des expériences à base de choc électrique, dans le but de reprogrammer l'esprit. "Quand mon père rentrait à la maison le week-end, il ne savait même pas qui nous étions, ma sœur et moi. C'est comme s'il nous avait effacé de son cerveau. Quand mon père est allé à l'Institut Allan Memorial de l'Université McGill en 1952, on lui a dit qu'on allait guérir son asthme. Mais au lieu de ça, il a été soumis à des expériences, à des électrochocs, à des sommeils provoqués par des drogues. Il a été plongé dans un coma pendant 36 jours." Car, ouais, en fait, la plupart des cobayes ne savent pas qu'ils sont cobayes. En fait, eux, ils viennent de base juste pour guérir des dépressions ou même des problèmes de santé. Et donc, bah, on réalise vite que les tests qui sont faits sur eux ne sont pas du tout faits pour les guérir de ces problèmes. D'ailleurs, en plus du LSD, des électrochocs ou même des messages audio, il y a eu également d'autres drogues comme la mescaline ou même des anxiolytiques surpuissants avec des effets amnésiques ou même des dissociatifs. Mais bon, c'est pas tout, ils ont aussi testé la privation sensorielle, l'hypnose, la privation de sommeil, mais aussi la torture psychologique et physique. Et ben, ils continuent tout ça, sauf que à la fin des années 70, la CIA a été contrainte de dévoiler les documents qui sont liés au projet MK Ultra. À ce moment-là, du coup, la CIA est obligée de tout avouer, et en même temps de dire : "Oui, le contribuable, les les citoyens américains ont financé des expériences non éthiques qui sont faites sur des personnes qui ont vraiment pas du tout donné leur accord." Et après, même s'il y a eu des commissions d'enquête et des trucs du style, bah, la majorité des victimes n'ont rien reçu, ni excuses, ni même des dédommagements.
Cincinnati Radiation Experiments. Alors, si vous trouviez le projet MK Ultra oral, et bien accrochez-vous, parce que avec cette expérience-là, on passe un petit cap. Et pour ça, faut se rendre à Cincinnati, dans les années 1960, pour une série d'expériences qui sont liées aux radiations. Parce que bon, finalement, oui, en cas de guerre nucléaire, et là, c'était vraiment le le, c'était un peu l'état d'esprit, oui, faut vraiment être préparé, quoi. Et donc, bah, pendant plusieurs mois, une centaine de personnes va être exposée à des grosses, grosses radiations. Et bah, la plupart des patients pensaient prendre part à une étude pour guérir leur cancer, sauf que ça, c'était juste la couverture. Mais non, en vrai, on était très, très loin du compte. Et là, au programme pour ces pauvres personnes, avec toutes les radiations qu'elles prennent, elles vont avoir des nausées, des vomissements, des faiblesses, et même une fatigue extrême. Un quart des victimes sont décédées dans les 2 mois suivant leur exposition aux radiations, et trois quarts des victimes sont décédées dans l'année suivante. La majorité des personnes sélectionnées étaient afro-américaines et défavorisées sur le plan socio-économique. Les patients n'ont reçu aucun formulaire de consentement pendant les cinq premières années de l'expérience. Ces formulaires ont ensuite été mis à jour pour expliquer les effets secondaires possibles, mais ne mentionnaient toujours pas le risque de décès. Et donc, malgré le caractère immoral du procédé, le comité de recherche a continué d'approuver cette étude jusqu'à ce qu'elle soit rendue publique. Là, ça a fait bon tollé, et ça a quand même bien aidé à mettre fin à ses recherches. Bref, des dizaines d'années plus tard, les familles des victimes ont eu le droit à environ 50 000 dollars chacune.
La chimère humain-chimpanzé. Là, pour terminer en beauté ce niveau de profondeur, je vais vous parler d'une expérience assez glauque qui va mixer, comme vous l'avez vu dans le titre, les primates et les humains. Et pour ça, faut remonter au début des années 1900, donc il y a un moment, et aller en Russie avec un certain Ilya Ivanov, qui lui a deux passions : l'insémination artificielle et l'hybridation animale. Et donc, lui, ce savant-là, il s'est amusé, on va dire, avec des animaux, il fait mumuse, il fait mumuse, à un moment, ça lui suffit pas, il veut tester si on peut être capable de créer un hybride entre un singe et un humain. Et il se trouve qu'en Russie, à cette époque-là, tout le monde trouve ça OK, à peu près. Donc, là, pour lui, la première étape, ça va être d'inséminer des femelles singes avec du sperme humain. Et bah, ça va capoter. Sauf que Ivanov ne va pas être arrêté en si bon chemin, quoi. Lui, pour lui, la deuxième étape, c'est faire l'inverse : donc, inséminer des femmes avec du sperme de singe, donc plus précisément du sperme de chimpanzé. Et là, accrochez-vous, parce que rapidement, il va trouver des volontaires humaines, donc des femmes, pour recevoir du sperme de singe. Sauf que, petit retournement de situation, mais quelques jours avant de commencer l'expérience, et bien le chimpanzé va décéder. Et au final, cette expérience n'aura jamais lieu.
Bien, je vous propose cette fois-ci de plonger encore plus profondément dans les grandes profondeurs, où on va voir des enfants qui n'ont rien demandé à personne, et qui vont subir des expériences assez diverses, entre autres joyeusetés, on va dire. [Musique]
Alors là, pour commencer les grandes profondeurs, on va reparler un peu psychologie, parce qu'en 1971, le psychologue Philippe Zimbardo va mener au sous-sol du bâtiment de psychologie de l'Université de Stanford, une étude en rapport avec le monde carcéral. En fait, à ce moment-là, du coup, dans l'opinion publique, il trouve que du coup, les prisons, c'est quand même pas un lieu fou, et que les gardiens de prison sont quand même des gens assez violents. Et donc, lui, là, son but, c'est de prouver que non, c'est pas les gardiens de prison qui sont violents, mais c'est l'environnement de la prison qui les rend violents. Et pour ça, il va le prouver très simplement : il va prendre des gens ordinaires, une vingtaine de personnes, et il va leur donner des rôles. Alors là, pour cette fois-ci, je vous précise, là, les gens savent dans quoi ils vont s'embarquer. Il y aura une partie qui va jouer le rôle de gardien, et l'autre, le rôle de prisonnier, pour une durée de deux semaines. Bon, l'expérience démarre, il y a les faux prisonniers, il y a les faux gardiens, nanani, nanana, et dès le deuxième jour, ça part en sucette avec une révolte des prisonniers. Donc, là, les les les gardiens, donc les les faux gardiens, ils vont les asperger pour les calmer à l'aide d'extincteurs, et ils vont leur donner en même temps des coups de matraque. Bon, en même temps, les gardiens, ils sont vraiment à fond dans leur rôle, ils vont réveiller les prisonniers en pleine nuit, ils vont les forcer à faire des pompes, ils vont même enlever des matelas de certains prisonniers qu'ils jugent un peu trop problématiques, et ils vont même limiter les accès aux toilettes. D'ailleurs, ils iront même jusqu'à balancer leurs couvertures dans des buissons à épines pour forcer les prisonniers à les enlever une par une, donc les épines, pour pouvoir dormir avec. Bref, en fait, finalement, l'expérience, c'est tellement à la fois convaincante et catastrophique, que elle ne va durer que six jours sur les vingt, parce que au bout de six jours, les prisonniers sont dans un état psychologique catastrophique. Et donc, bah, Zimbardo, là, prouve qu'il avait raison : c'est le contexte qui crée les bourreaux. Mais bon, voyez le problème dans cette expérience, c'est que bah, le le mec là, Zimbardo, il a indirectement participé à son étude, alors que normalement, il devait juste la superviser. Concrètement, il a donné des suggestions de punition aux gardiens, comme le coup des couvertures, par exemple. En gros, il les a influencés, ce qui du coup va fausser, ben, les résultats, vu que il a quand même bien influencé le truc pour que ça aille dans son sens. D'ailleurs, plus tard dans cet iceberg, on verra une autre expérience pas très différente, et qui ira encore plus loin.
Loretta Bender. Pour continuer là dans les grandes profondeurs, là, on va parler de trois choses qu'on a vu déjà jusqu'ici : le LSD, les électrochocs, et les enfants. Le problème, c'est que là, on va mélanger ces trois paramètres. Là, faut savoir qu'entre les années 30 et 50, Loretta Bender, donc une neuropsychiatre, travaille entre autres sur l'autisme et la schizophrénie, plus précisément quand ça concerne les gamins. Et là, quoi de mieux que commencer avec un mot très, très long dans le dictionnaire : l'électroconvulsivo thérapie. Tout est attaché, on va appeler ça ECT. Voilà. Et là, ça consiste à envoyer des décharges électriques sur le corps d'enfants. D'ailleurs, on estime que Bender a pratiqué ça sur environ 500 enfants, et la majorité souffrait de schizophrénie, et tous étaient âgés de moins de 12 ans. Et donc, c'était des des sessions, donc une sorte de cure, qui pouvait durer jusqu'à une vingtaine de jours. Le but, c'était bien sûr pour elle de guérir ses enfants de leur schizophrénie, mais après coup, sur les 500 qui ont subi ça, on va dire, il y en a eu que quelques-uns qui ont eu des résultats, même si la neuropsychiatre, la meuf, elle a trouvé ça plutôt bénéfique dans l'ensemble. Au-delà de ça, Bender pensait que faire dessiner les enfants, c'était un bon moyen de savoir s'il y avait des troubles, parce que selon les types de dessins que les enfants vont faire, bah, on peut voir si ça roule bien ou s'il y a des petits soucis, quoi. Et donc, dans une autre de ses études, elle a fait faire des dessins aux enfants avant de faire une ECT, donc, c'est-à-dire les électriser, quoi, puis les faire dessiner juste après une ECT, et puis un petit peu après une ECT. Mais également, Bender faisait prendre du LSD à ses enfants, sachant que, pour vous dire, le LSD à l'époque, c'était quand même une substance à la mode, et on se disait que ça pouvait soigner pas mal de trucs potentiellement. D'ailleurs, les plus jeunes enfants qui prenaient part à ses...
Expériences et donc qui prenaient ces psychédéliques là quand même puissant, bah, il pouvait avoir parfois à peine 3 ans. En tout cas, en tout, Bender aurait administré du LSD après d'une centaine de gosses et pendant plusieurs mois à plusieurs années, en fonction des profils. Et en fait, pour elle, ces prises de LSD pouvaient peut-être aider les enfants autistes à réduire leur retard de développement. Et là encore, un peu comme ce qu'elle avait fait avant, suite à tous ses essais, et bien, elle trouve que les résultats étaient assez positifs et encourageants. Et bon, faut dire aussi qu'à l'époque, l'éthique était quand même un peu plus laxiste. C'est pour ça que vous avez vu là plein d'expériences un peu chelou quoi. Et à l'époque, les gens ne trouvaient pas ça trop choquant quoi. Et d'ailleurs, au terme de tout ça, Bender n'aura pas spécialement de problème, puisque tout ça, c'était fait dans un cadre, on va dire, assez médical. Et d'ailleurs, elle sera considérée comme l'une des personnes les plus importantes dans les recherches liées à l'autisme.
Le petit Albert. Alors là aussi, comme vous l'avez deviné, on va parler d'un gamin, d'un enfant, et il sera tout seul cette fois-ci. Est-ce que déjà, est-ce que vous vous êtes déjà demandé s'il était possible d'instaurer une phobie chez un enfant en très bas âge ? Sans doute pas, enfin, j'espère. Mais ce n'est pas le cas de John Watson, qui est un psychologue américain, et son cobaye/sujet, c'est un enfant de 9 mois. Voilà, il est tout petit, et il est nommé Albert. Et Albert, bah, rapidement, bah, lors des expériences, il va être exposé à différents animaux, comme des rats, des lapins ou même des chiens. Ou il n'a pas du tout peur, c'est mignon, c'est des animaux, lui, il joue avec, c'est trop mignon. Mais c'est là que l'expérience commence.
Quelques semaines plus tard, Albert va être de nouveau exposé à un rat. Il se trouve que à chaque fois que Albert va vouloir toucher ou jouer avec le le rat blanc, et bien, Watson va faire un bruit très fort et qui va faire peur au bébé, donc à Albert. Là, rapidement, Albert va avoir peur, il va paniquer avec le bruit, ça va le faire pleurer. Et petit à petit, on va répéter le processus, c'est-à-dire que à chaque fois qu'il va vouloir jouer avec le rat ou ensuite qu'il va le voir, on va taper très fort pour lui faire peur. Et ce qui fait que lui, il va associer ce bruit à l'animal. Et au bout d'un certain temps, quand il a bien été conditionné, on va dire, Albert se mettait à pleurer simplement dès qu'il voyait le rat blanc. Mais plus intéressant, en fait, c'est que son traumatisme, en fait, qui a été fabriqué là, a également été appliqué à d'autres choses, comme des lapins ou même des chiens, et même un manteau de fourrure avec de la peau de phoque, ou même le masque de Père Noël avec une barbe blanche. Là, on ne lui avait pas demandé de pleurer à chaque fois qu'il voyait ces objets, mais juste, lui, il se mettait à paniquer ou à pleurer dès qu'il voyait ces objets là. Bon, encore une fois, niveau éthique, c'était pas ouf, hein. On était dans les années 1920, et donc, il se permettait quelques folies quoi. Mais en tout cas, quelques années plus tard, comme s'il avait un peu un poids sur la conscience, a fait un travail inverse, c'est-à-dire enlever la phobie d'un autre enfant qui avait peur des lapins blancs. Et après, en tout cas, en ce qui concerne le premier enfant, donc Albert, qu'est-ce qu'il est devenu lui après ses expériences ? C'est un peu dur à dire. À ce moment-là, les gens essaient de chercher, c'était qui cet enfant, ce fameux Albert. Et donc, ça a pris très, très, très longtemps avant qu'on ne retrouve la vraie personne. Et il se trouve qu'en fait, il ne s'appelait pas du tout Albert, mais il s'appelait Douglas Merit. Et apparemment, il serait décédé alors qu'il avait 6 ans. On ne sait pas pourquoi. Mais bon, c'était à l'époque. Et il est possible qu'il soit mort de mille une maladies qui ont pu le contaminer. Et on a appris d'ailleurs plus tard que ce petit enfant là, donc Albert, il avait des problèmes neurologiques avant l'expérience. Donc, ça fait que ça discrédite un peu l'expérience. On se dit, bon bah, est-ce que ça marche avec tout le monde ?
Le gaz moutarde. Alors, peut-être que vous connaissez au moins de nom ce qu'est le gaz moutarde. En fait, c'est un composé qui inflige de violentes brûlures chimiques, aussi bien aux yeux qu'à la peau, et qui passe dans la majorité des cas à travers les vêtements ou même les masques ou même les bottes. Il traverse, c'est horrible. Et ça, en fait, le gaz moutarde, c'était une arme chimique qui était très utilisée durant les deux premières guerres mondiales, mais également pendant la guerre qui a opposé l'Irak à l'Iran. D'ailleurs, si ça vous intéresse, j'en avais déjà parlé dans ma vidéo sur Saddam Hussein que j'ai sortie sur la chaîne Poisson Fécond. Pour les gens qui se posent la question, nous ne sommes pas sur Poisson Fécond, mais sur Compte Fécond. Normalement, vous le voyez, le fond n'est pas le même. Regardez, le fond est rouge sur Poisson Fécond, le fond est bleu techniquement. Donc, on est sur Compte Fécond. Ce sera le petit moyen mémo-technique. D'ailleurs, on a moins d'abonnés sur cette chaîne, venez vous abonner quoi, quand même, ça fait plaisir. Bref, le gaz moutarde, ça a rapidement été une arme interdite par la communauté internationale parce que c'est trop dégueu, c'est trop inhumain. Alors, on veut bien tuer des gens, mais proprement, tu vois, un petit tir, hop, tu meurs, pas de bavure. Mais là, le gaz moutarde, c'est dégueulasse, la personne, elle souffre énormément. Non, ça fait tâche. Mais bon, en tout cas, un pays va néanmoins tester cette arme-là sur ses propres soldats. Et ce pays, ce sont les États-Unis. Ils l'ont fait après la Seconde Guerre mondiale, et ils vont plutôt le tester de préférence sur leurs citoyens noirs, portoricains ou même avec des origines japonaises. Techniquement, ils disaient parce que ils pensaient que les peaux sombres pouvaient mieux résister aux armes chimiques, et ils voulaient aussi tester ce gaz moutarde eux, s'ils attaquaient le Japon au cas où, à un moment comme ça, ils pouvaient voir un petit peu à quoi s'attendre. Bref, on estime qu'il y a eu près de 60 000 cobayes qui n'avaient pas demandé, hein, à subir ça, et qui étaient menacés d'être envoyés ou emprisonnés s'ils voulaient pas, bah, participer à ces tests. Bref, en tout cas, ce programme-là, ça comprend des composés chimiques directement appliqués sur la peau, des passages dans des chambres à gaz, ou même des séances où les soldats se font asperger de gaz en extérieur par des avions. "On avait l'impression d'être en feu, les gars ont commencé à crier et à hurler et ont essayé de sortir, et certains se sont évanouis. Finalement, quand on nous a ouvert la porte et laissé sortir, on était tous mal en point. J'ai eu la peau des mains arrachée, elles étaient comme pourries. Des décennies plus tard, quand j'ai des crises, ma peau tombe encore en lambeaux. Pendant des années, j'ai ramassé ces lambeaux et je les ai gardés dans un bocal afin de m'en servir comme preuve de ma maladie." Mais enfin, et pour ceux qui passaient par les chambres à gaz, et on parle bien des chambres à gaz américaines là, cette fois-ci, où elles ont existé, bah là, en fait, ils ont mis en place un truc avec des blocs de glace et des ventilateurs de sorte à augmenter l'humidité de la pièce. Et donc, si la pièce est plus humide, le gaz moutarde pouvait agir plus efficacement. C'est vicieux, oui. Et d'ailleurs, plus les cobayes transpiraient, plus les brûlures étaient fortes, et il y avait d'ailleurs des cloques qui se formaient rapidement. Bon, bref, sans surprise, la majorité des cobayes, ils ont survécu, en tout cas, mais ils ont développé des graves problèmes respiratoires et des cancers de tout type quoi. Faudra attendre les années 90 pour que l'armée reconnaisse un peu à demi-mot que voilà, ils ont fait ces tests. Néanmoins, il n'y a pas eu d'excuses publiques a priori, à l'heure où je parle, ni même de dédommagement pour les survivants.
Les enfants de Willowbrook. On termine dans les grandes profondeurs, et là, on va accumuler deux paramètres qui rendent l'expérience en question vraiment sale, en fait. Déjà, elle a été faite sur des enfants qui, en plus, sont handicapés. Et là, je vais vous parler d'un docteur qui, au début, a un beau palmarès, il a une belle carrière. On est dans les années 60, et ses recherches ont conduit à trouver le vaccin contre la rougeole et même le vaccin contre la rubéole. Donc, c'est cool, le gars, il a beaucoup aidé, c'est c'est top, c'est nickel. Et en fait, ce to Beb, ce n'est autre que Saul Krugman. En plus, ses travaux ont permis de différencier les hépatites A et l'hépatite B, ce qui a permis de créer un vaccin pour la deuxième. Donc, c'est top. Sauf que là, la question qui va nous intéresser, c'est de savoir comment il a fait pour trouver tous ces remèdes. Et c'est là où ça va se gâter, parce qu'il faut aller du côté de Willowbrook State School, qui accueille des enfants qui souffrent d'handicap mentaux. Et il se trouve que c'est la plus grosse institution de ce type du pays quoi, et elle se vante, elle, d'accueillir des milliers de gosses. Donc, voilà, c'est vraiment un énorme endroit. Et là, bah, sous couvert de recherches sur leur handicap, ben, le docteur Krugman va simplement leur injecter la fameuse hépatite. Krugman a découvert que l'hépatite s'était développé chez 90 % des enfants admis à Willowbrook peu de temps après leur arrivée. L'une de ses études portaient sur l'injection du virus de l'hépatite à 60 enfants en bonne santé. Krugman observa leurs peaux et leurs yeux jaunir et leurs foies grossir. Il les regarda vomir et refuser de manger. Tous les enfants infectés par le virus de l'hépatite sont tombés malades, certains gravement. Krugman a estimé qu'il était légitime d'inoculer le virus de l'hépatite aux enfants handicapés de Willowbrook, car la plupart d'entre eux contracteraient de toute façon une hépatite. Puis, une fois les enfants infectés, bah, Krugman va leur injecter des anticorps qui viennent là de patients déjà guéris. Là, bah, une fois ces anticorps administrés, les pauvres enfants se voient réinjecter l'hépatite pour voir, bah, si les anticorps fonctionnent bien et qu'ils sont immunisés. C'est le principe du coup d'un vaccin, normalement, on ne peut plus choper. Le le problème, sauf que bah, visiblement, à l'époque, ça ne choquait pas trop la majorité des gens quoi de savoir ça. En fait, ce médecin avait autant de détracteurs que d'adorateurs, parce que pour les adorateurs, leur citation favorite, c'est probablement "la fin justifie les moyens". D'ailleurs, il y a pas mal de confrères de ce médecin, donc d'autres scientifiques, d'autres médecins renommés, qui vont saluer ses résultats. Et d'ailleurs, petite cerise sur le gâteau, suite à toute cette affaire et comment il s'est appris, mais c'est que Krugman a même reçu beaucoup de prix à la suite de ses découvertes concernant les vaccins, et il a même pu occuper une très haute fonction, donc un joli poste au sein de l'American Pediatric Society. Donc, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que la fin justifie les moyens selon vous ? Parce que d'un côté, effectivement, grâce à ses découvertes, il a pu sauver un nombre incalculable de vies. Néanmoins, il a dû en sacrifier avant d'aboutir à ça. C'est un sacré dilemme, c'est sûr.
Bref, maintenant, il est temps pour nous de plonger encore plus bas et d'atteindre les abysses, qui sera notre avant-dernier étage, où là, nous allons parler de torture, autant humaine qu'animale, mais aussi de thérapie et de chirurgie totalement, vous imaginez bien, inhumaine. Expérience de Milgram. Pour attaquer nos abysses, je vous parle d'une expérience qui est relativement connue, peut-être que vous avez déjà entendu parler, et elle est assez proche de celle de Stanford, vous savez, celle avec la prison où les les sujets se sont barrés en sucette. Et là, c'est celle de Stanley Milgram. Et là, dans cette expérience-là, c'est de voir comment l'humain réagit face à une très forte autorité, et donc de voir si une personne est capable d'obéir quand on lui demande d'infliger des souffrances à une autre personne. À ce moment-là, faut imaginer le contexte, on sortait de la Seconde Guerre mondiale, et du coup, on se disait, ok, les nazis, c'est des, c'est pas des êtres humains, ce sont des monstres. Comment ils ont pu faire toutes ces choses abominables ? Non, un être humain ne peut pas faire des choses comme ça, ce n'est pas possible. Et lui, il s'est dit, ah, peut-être qu'en vrai, les nazis, c'était juste des êtres humains qui ont été mis dans un contexte qui les a fait devenir des monstres. Bref, pour prouver ça, il crée son expérience. Il va prendre un élève qui va devoir mémoriser des choses et qui va se prendre des décharges électriques s'il se trompe, quoi. Il va y avoir aussi le professeur qui va vérifier si l'élève dit bien les bonnes réponses, et si ce n'est pas le cas, lui envoyer des décharges. Il y aura aussi le superviseur qui vérifiera que tout se passe bien, donc donc ce sera Milgram, quoi, là, en l'occurrence. Bref, des candidats vont être recrutés pour participer à tout ça. Sauf que, on ne va pas leur dire que c'est pour voir s'ils sont capables de se soumettre à l'autorité, non, là, on va leur dire que c'est pour voir les capacités d'adaptation quand on est soumis à un choc électrique. Et le truc, c'est qu'ils ne le savent pas, mais l'élève, donc celui qui se prend des décharges électriques quand il ne se souvient pas des bonnes réponses, bah, c'est un complice. Donc, en vrai, il ne reçoit pas de décharges électriques, et en vrai, bah, c'est totalement fake, quoi. Le superviseur, comme je vous l'ai dit, c'est Milgram, et donc, il y aura juste les professeurs qui seront donc les les les sujets de l'expérience. Bref, à partir de là, l'expérience se se déroule, et donc, en fait, comme l'élève, le faux élève, hein, donc, va se tromper de plus en plus, bah, le professeur, lui, va devoir infliger des des chocs électriques de plus en plus forts. Alors, comme je vous l'ai dit, c'est des faux chocs électriques, sauf que le professeur ne le sait pas. Et d'ailleurs, ces chocs sont censés aller jusqu'à 450 volts, et le truc, c'est que ils le savent, ils le voient, en fait, sur le cadran, mais 450 volts, ça peut être des chocs létaux, c'est-à-dire que techniquement, ça peut tuer. Et à mesure qu'ils vont infliger des chocs électriques de plus en plus forts, le sujet complice, il va se mettre à souffrir, à simuler qu'il est en train de souffrir de plus en plus. Au début, il va gémir, ensuite, il va se plaindre, ensuite, il va hurler, et à la fin, même, il ne va plus répondre, comme si, bah, il était évanoui. Et le truc, c'est que le résultat de l'expérience est assez effarant, et c'est pour ça que cette expérience est très connue, c'est que quasiment les 2/3 des sujets, des professeurs, et bien, ils vont être capables d'infliger le choc extrême, c'est-à-dire 450 volts, celui qui est censé tuer les gens. Et quand on les interroge pour leur dire, mais pourquoi vous avez fait ça, techniquement, c'est censé tuer, bah, souvent, ils répondaient, bah, en vrai, c'est pas moi qui étais aux commandes, c'était le le superviseur, donc Milgram, qui me disait de le faire, et comme je lui faisais confiance et qu'il savait ce qu'il faisait, bah, j'obéissais simplement, c'était juste un ordre. Bref, en fait, cette expérience, qui est assez folle, c'est qu'elle va être répliquée plein de fois, il va y avoir plein de variantes, elle a même été refaite il n'y a pas si longtemps que ça dans une émission de télé, et à chaque fois, la conclusion était la même : les gens sont capables de tuer d'autres personnes simplement quand on leur demande de le faire, si c'est bien fait.
Aversion de project. On remonte aux années 1970, et là, on va en Afrique du Sud. Alors, si vous voulez quelques notions d'histoire, faut savoir qu'à ce moment-là, on est en apartheid. En gros, voilà, l'apartheid, c'est le moment où on montre qu'on est raciste et on l'affirme au effort, voilà, dans tout un pays. Donc, s'il y a des blancs, ils ont tous les privilèges, et le noir, en fait, c'est le peuple inférieur. Et donc, voilà, pendant cette sombre période, bah, c'était pratiqué. Donc, à cause de ça, il y avait beaucoup d'abus et de crimes, notamment des blancs qui s'en prenaient aux noirs et qui n'avaient pas de problème, puisque bah, ça passait quoi. Bref, à cette époque-là, nous avons un certain Aubrey Levin, qui est un psychiatre sud-africain, qui est blanc, qui est à peu près la trentaine d'années à l'époque, et qui est également colonel dans l'armée. Et lui, bah, il a un objectif, et c'est de trouver un remède à l'homosexualité, car à l'époque, c'était considéré comme une maladie et un délire. Et du coup, du temps où il était étudiant, il a appris que les thérapies par électrochoc semblaient fonctionner. Bon, bah, il s'est dit, ok, ça peut peut-être marcher aussi dans le cadre de son expérience pour essayer de soigner les gens de leur homosexualité. Du coup, il va alors récupérer des patients homosexuels, pas spécialement consentants, puis leur brancher des électrodes avant de leur balancer des bons coups électriques au moment où il leur diffusait des images porno. En gros, vous l'avez compris, c'est un peu comme avec l'expérience du petit Albert, quand on faisait un bruit fort au moment où il voyait un rat blanc. Et là, du coup, c'est l'idée de mettre un choc électrique quand tu vois un truc qui te fait plaisir pour pour créer un conditionnement négatif et leur faire comprendre à ces gens homosexuels que ce n'est pas bien. Et le docteur Levin, en plus des homosexuels, va également faire tout ça à pas mal de personnes qui sont droguées. "Le docteur Levin m'a forcé à admettre que j'étais homosexuel devant mes parents, alors que je n'avais que 18 ans. C'était la première fois qu'il réalisait que j'étais homosexuel et ils étaient horrifiés. Le docteur Levin leur a dit qu'il y avait une thérapie qui me réorienterait. Le traitement consistait à attacher des électrodes à la partie supérieure du bras, les fils étant reliés à un cadran calibré de 1 à 10. On me montrait des images d'hommes nus et j'étais encouragé à fantasmer, puis la puissance était augmentée jusqu'à ce que je n'en puisse plus, et à ce moment-là, on me montrait une image de femme nue. J'étais complètement paniqué et désorienté, et cela n'a certainement pas beaucoup aidé mes pulsions d'attirance pour d'autres garçons." Mais ça, ce n'est que le début, parce qu'en fait, quand ça ne marche pas, quand les électrodes ne font pas leur travail, Levin va avoir recours à d'autres petits traitements, comme par exemple, la castration chimique. Et vu la nature un peu secrète de ces expériences, en fait, il est compliqué de savoir combien de personnes sont passées entre ses mains, mais il y en aurait peut-être autour des 1000 qui ont subi ce qu'on va appeler des chirurgies de réassignation sexuelle forcée. Sauf que à la fin de l'apartheid, au début des années 90, toutes les recherches et les expériences de beaucoup de scientifiques vont être dévoilées quoi, et notamment bah celle d'Ur Levin. Et dans les centaines de pages des rapports qui sont publiés, on apprend que Levin avait un petit surnom, et c'était celui du docteur Choc. Suite à ça, sa réputation est un petit peu entachée. Il va rapidement se barrer au Canada, où là, il va obtenir une licence pour pratiquer la médecine. Suite à tout ça, il ne va jamais émettre de regret ou même s'excuser publiquement. En fait, non, il va se défendre en disant que les patients qui sont passés entre ses mains voulaient de toute façon être guéris et que donc, il n'a forcé personne, et qu'en plus de ça, ces thérapies ne provoquaient que de petites douleurs. Et en tout cas, bien longtemps après, quand il aura 70 ans, il va être accusé par plus de 30 patients d'agression, et il finira en prison, mais il n'y restera qu'un an à cause d'une maladie qu'il traînait. En tout cas, aujourd'hui, bah, Aubrey Levin est toujours vivant, il a 85 ans, il est toujours en liberté. D'ailleurs, il sera probablement jamais extradé en Afrique du Sud pour répondre de ses crimes.
Expérience de Léo Stanley. Alors pour continuer dans les abysses, on reste un peu dans le même thème, et là, on remonte au début des années 1910, où le mot éthique était un mot un peu un peu inconnu quoi, on savait pas trop ce que c'était. Et justement, je vais vous parler de Léo Stanley, qui est donc médecin à ce moment-là, et qui va finir par bosser dans la prison de San Quentin. Comme souvent, là, bah, ça commence bien. Et son premier chantier est de mettre en place une procédure pour identifier les patients qui sont atteints de tuberculose. Et du coup, il va le faire en créant une sorte d'hôpital en plein air qui sera installé sur les toits de la prison. Sauf que, bah, il se trouve que Stanley, il a d'autres passions secrètes, et donc, bah, il va en profiter pour s'improviser chirurgien. Alors, dans un premier temps, il va faire de la chirurgie plastique, donc, il va réarranger des nez et des oreilles cassées chez les détenus. Mais il va aussi s'amuser, entre guillemets, à stériliser des détenus. Cela dit, c'était légal à l'époque, quand même, je le dis, sous certaines conditions, peut-être pas sûr qu'il les ait eu. De son côté, mais voilà, mais bon, ça, c'est pas le cœur de son, vous voyez, en fait, parce que Léo Stanley, il croit en une seule chose, en fait : les hommes qui ne produisent pas assez de testostérone ont des prédispositions pour devenir des criminels. Ce ce qu'il croit, en tout cas. Rajouter à ça qu'il est eugéniste. En gros, l'eugénisme, du coup, c'est le fait de penser qu'on peut créer nous-mêmes l'être humain parfait en sélectionnant qui a le droit de vivre et de se reproduire. Et du coup, dans la foulée, il pense que la pédophilie est causée par la vieillesse. Et donc, il va commencer à faire des greffes de de testicules sur les détenus, en se servant dans un premier temps sur des détenus qui sont exécutés, donc techniquement, ils ont plus besoin, en fait, de leur de leur bourse. Donc, il va les greffer à d'autres. Ou alors, après, quand ce n'est pas des détenus morts, il va aussi se servir sur des béliers, des cerfs ou même des sangliers. Et donc, il va greffer ces testicules-là sur des patients encore en vie. Et sans et à partir de là, ça va créer plein de problèmes de de santé. Donc, lui, il réfléchit et il teste une autre méthode. Et à partir de là, bah, les testicules prélevés, il va les écraser pour en faire une sorte de pâte, et il va ensuite injecter cette pâte directement dans l'abdomen, dans le ventre du receveur. Et bref, au cours de presque 40 années en tant que médecin à San Quentin, c'est long, hein, bah, apparemment, près de 10 000 personnes auraient été concernées par ces opérations. Et le truc, c'est que quand ça a pris fin, c'est simplement que Stanley avait été enrôlé dans la marine pour faire la Seconde Guerre mondiale. Et là encore, bah, Stanley sera salué par beaucoup de ses confrères pour ses recherches, même si avec le temps, les regards ont quand même pas mal évolué sur comment il faisait tout ce bazar, et que c'était peut-être pas aussi fou que prévu.
La fosse du désespoir. Pour cette dernière expérience là dans les abysses, je vous parle d'une, si ce n'est peut-être la pire expérience qui concerne les animaux. Et là, il s'agit de celle de Harry Harlow, qui est un psychologue au début des années 30, et qui veut mener des expériences sur des macaques, et plus précisément sur des jeunes spécimens. Et à l'aide d'un zoo local, voilà, à côté, il va créer une véritable petite colonie de singes, et le tout est subventionné par l'université, donc il est payé pour ça. Et là, les travaux de Harlow, ça va être de faire des recherches sur l'amour et l'attachement. Et là, il va vouloir savoir si l'amour des bébés, il est juste causé par la faim, ou alors s'il y a autre chose d'autre. En gros, est-ce que le bébé, il va voir sa mère parce qu'elle a du lait, ou alors il y a un truc qui est plus que ça ? Et ben, justement, pour étudier ça, et bien, dans un premier temps, les bébés singes vont être séparés de leur mère dès leur naissance, puis ils vont être isolés, et ils vont être nourris, alors sommairement. Et là, bah, le réflexe de ces singes qui sont isolés, bah, ça va être de se blottir sur un chiffon quand ils en voient dans la cage où ils sont. Donc, déjà, visiblement, les singes semblent vouloir rechercher quelque chose qui est doux et rassurant, même si ce n'est pas leur maman. Pour suite à ça, pour aller plus loin, et bien, Harlow va créer des sortes de poupées, cette fois-ci, qui vont avoir le rôle de mères pour les macaques, pour voir si là, ça allait changer les choses. Et en plus de ça, la poupée va être chauffée pour simuler un peu la chaleur produite par un un vrai animal, et pour voir si ça allait changer quelque chose avec le bébé singe. "En parallèle, nous avons créé une poupée complètement faite de métal, sans fourrure, sans tête simiesque, sans chauffage, mais celle-ci pouvait produire du lait et était donc source de nourriture pour nous. C'était couru d'avance, les bébés singes allaient se jeter sur cette version de la poupée pour pouvoir manger à leur faim. Sauf que, il se trouve que pas du tout. Alors, si le bébé macaque va bien aller sur l'espèce de d'objet en fer qui est flippant au début, il va simplement boire le lait dont il a besoin, et dès que ben, il est rassasié, là, il se réfugie sur l'autre poupée, celle qui est qui n'a pas de nourriture, mais quand même qui donne un peu plus envie, qui est plus accueillante. Et ça va être comme ça la plupart de la journée." Bon, à partir de là, Harlow, il est satisfait, mais il veut aller encore plus loin. Il va créer une sorte de créature mécanique qui a pour but de terrifier le singe pour voir comment il va réagir. Et donc, il va l'activer devant le singe de façon totalement aléatoire. Et en tout cas, quand le singe passe à côté de la créature mécanique et qu'elle s'active, le petit singe, le bébé, il a peur, et à ce moment-là, il fait le truc le plus logique : il court vers la fausse maman, celle qui est en fourrure, mais qui n'a pas la bouffe. Vous avez compris. Et donc, au fur et à mesure de ces expériences, bah, ça permet au moins de prouver quelque chose, et c'est que l'attachement, et ben, ça ne vient pas juste de la nourriture. Autrement dit, quand on aime sa maman, même quand on est un singe, ce n'est pas juste parce qu'elle a des tétons et qu'elle nous donne du lait, mais aussi parce qu'il y a quelque chose d'autre quoi. Bref, suite à ça, bah, il va tenter de mettre ses bébés singes avec leurs semblables, mais là, il constatera que du coup, jamais ils ne seront capables de s'intégrer dans ce groupe-là, et donc, généralement, ils vont mourir seuls et rejetés par leurs semblables. Mais cette expérience-là n'est pas terminée, parce que là, vous voyez, regardez cette petite photo. Cette photo, c'est ce qu'il a même appelé lui, du coup, très poétiquement, la fosse du désespoir. En gros, c'est un énorme trou en acier avec les parois internes lisses qui empêchent de pouvoir être escaladé, et dans ce trou-là, on y met un singe qui alors ne peut pas remonter. Mais cette fois-ci, Harlow ne va pas prendre les singes qu'il a pris pour les premières expériences. Non, cette fois-ci, là, il va prendre des singes qui ont grandi avec leur mère normalement, et dans des bonnes conditions. Et là, bah, en continuant à les nourrir normalement, faire en sorte que, bah, du coup, ils puissent manger, boire, bah, il se trouve que en quelques jours, les singes vont devenir dépressifs, ils vont se rouler en boule au fond de cette fosse, et ils vont devenir un peu léthargiques, comme si c'était des sortes de zombies. Bref, une fois qu'il les a bien mis dans cet état-là, bien dépressifs, il va les prendre et il va les remettre un peu comme avant dans leur groupe. Et bien là, ces jeunes singes ne seront alors plus capables de jouer, ni même de montrer de la curiosité, et ce, de façon permanente. Et là, il voulait montrer à travers cette expérience que même si vous commenciez à avoir un début d'attachement, même en tant qu'animal, si on vous retirait ce point de repère suffisamment longtemps, vous étiez peut-être perdu à jamais. Bon, en tout cas, cette expérience sera pour Harlow la toute dernière. "La seule chose dont j'ai quelque chose à faire est de savoir si mes recherches sur les singes peuvent être publiées. Je n'ai vraiment aucun amour pour eux et je n'en ai jamais eu. Je n'aime pas les animaux, même pas les chats et les chiens. Alors qui est-ce que vous voulez que je m'attache à des singes ?" Et en fait, beaucoup de personnes suite à ça s'accordent à dire que bah, les recherches de Harlow, c'était un parallèle à sa propre personne, en rapport avec son enfance, et donc, ce qu'il n'a pas eu lui dans son enfance, il va tenter de l'infliger à des animaux qu'il n'aime pas. Bref, si vous voulez en savoir plus sur cette expérience, je ne peux que vous conseiller la grosse vidéo de Feldup qui était consacrée.
Bref, il est temps d'attaquer notre dernier palier, et celui des ténèbres, lorsqu'on va être tout au fond, dans le noir, et voir les expériences qui sont allées beaucoup trop loin. Les tests de Mengele. On attaque nos ténèbres en filant en Allemagne dans les années 1930, avec un nom que vous avez peut-être déjà entendu parler, et c'est celui de Joseph Mengele. En fait, Mengele, à son époque, c'est un jeune médecin qui s'intéresse en parallèle beaucoup à la politique, et d'ailleurs, il va rejoindre rapidement un parti, et c'est celui du petit moustachu, vous connaissez bien. Il va devenir rapidement l'assistant d'un médecin eugéniste, un peu comme lui. Donc, l'eugéniste, je vous avais déjà dit avant, construire l'humain parfait en sélectionnant qui a le droit de vivre et de se reproduire. Bref, peu avant la Seconde Guerre mondiale, il va rejoindre la Schutzstaffel. Alors, peut-être ce nom vous parle pas, mais en vrai, ça a un autre nom beaucoup plus connu, et c'est la SS. Bref, une fois que la guerre commence, il sera envoyé au front en tant que médecin, et il va être blessé en 1942. Et alors là, bon, à son retour à Berlin, il va pouvoir reprendre ses recherches et ses expériences. Il faut savoir que Mengele, bah, justement, il a une obsession, et ce sont les jumeaux. Pour lui, les jumeaux détiendraient une sorte de secret, on va dire, sur la fécondité, et donc, il voudrait étudier ça de plus près. Et donc, pour lui, bah, il faut trouver des cobayes. Sauf que ça court pas les rues à Berlin, en fait, ça court les rues nulle part, les jumeaux quoi. Et donc, pour avoir une chance d'en trouver facilement, bah, il faudrait qu'il y ait une sorte de concentration anormale de personnes quelque part, une sorte de de puits à cobayes quoi. Là, vous voyez peut-être où je veux en venir. En fait, Mengele, il va aller dans un lieu très connu aujourd'hui, ça s'appelle Auschwitz. Et là, il va tout simplement faire ses courses à la sortie des trains de déportation. Pour lui, les cibles, ce sera de trouver les jumeaux, mais aussi les enfants en général, et toutes les personnes qui ne sont pas physiquement normales dans l'idéologie, comme par exemple, les nains ou les handicapés physiques. "Quand on est arrivé à Auschwitz avec toute la famille, j'ai été mise à l'écart avec ma sœur jumelle et nos parents ont été gazés. Pendant des mois, on a subi des expériences en tout genre : privation de sommeil, poux, la peur, des prises de sang, on nous a injecté des substances, des maladies. On était avec plein d'autres jumeaux, et parfois, quand un jumeau mourait, l'autre était abattu afin de pouvoir comparer les corps. Je suis tombé très gravement malade, mais avec de l'aide, j'ai survécu avant d'être finalement libéré le 12 janvier 1945." Et en plus de ça, il va y avoir des amputations, des prélèvements d'organes, des injections de colorants dans les yeux pour les faire changer de couleur, ou même des injections de poison. Mais aussi, ce n'est pas tout, Mengele va aussi crever les yeux de certains cobayes, il va aussi voir combien de temps un bébé peut survivre sans être nourri. Et toutes ces expériences sont faites sans aucune anesthésie pour avoir vraiment des résultats authentiques, quoi, selon lui, en tout cas. Bref, petit à petit, Mengele va choper un surnom, et ce surnom, c'est celui de l'ange de la mort. Et donc, quand notre ange de la mort va recevoir des cadavres, en plus, il n'est pas très loin, parce qu'on est à Auschwitz, ben, lui, ce qu'il va faire, c'est de les disséquer pour voir un petit peu qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur et cetera. Donc, il est très curieux, et il n'a pas trop de tabous, he, comme vous l'aurez remarqué. Et parfois, il prend certains morceaux à droite à gauche pour les envoyer dans toute l'Allemagne, même parfois des têtes à des collègues médecins. Et je me permets de le rappeler sur tout ça, mais la priorité de Mengele, ce sont les enfants. Donc, la plupart du temps, ils ont même pas 10 ans. En plus de ça, il faut aussi des expériences de stérilisation de masse, mais également sur les enfants. Bref, ce docteur de la mort n'a aucune limite, il a beaucoup d'ambition, et il a aucune éthique. Ça fait vraiment un cocktail assez dévastateur. Bref, on estime qu'avec toutes ces expériences, plus de 5000 enfants sont passés entre ses mains. Et s'il a été bel et bien arrêté à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec la chute des nazis, il a finalement réussi à...
s'échapper en allant faire sa vie en Amérique du Sud, où il pourra vivre le reste et la fin de sa vie sans spécialement être inquiété. Bref, si certaines expériences qu'on a vu dans dans cette longue vidéo ont pu parfois aider la science à avancer, bien techniquement, les travaux de Mengele n'ont à peu près servi à rien du tout, si ce n'est torturer et tué des milliers d'enfants.
Unité 731. Après avoir parlé de l'Allemagne, là, on peut faire un petit détour à peu près à l'autre bout du monde. C'est au Japon, et à ce moment-là, on est au 20e siècle. Mais là, faut remonter avant la Seconde Guerre mondiale, au milieu des années 30, où Shiro Ishii, un médecin et auradé de l'Empire du Japon, va être à la tête d'une unité consacrée à la prévention des épidémies et à la purification de l'eau. C'est un peu bon, peu, voilà. Et ça, justement, ce n'est que la version officielle, c'est un peu l'écran de fumée, quoi. Parce qu'en vrai, ce qu'il va faire sera pas du tout de cet akabia, parce que lui, il va plutôt faire des recherches pour trouver l'âme bactériologique du futur. Et justement, pour voir qu'est-ce qu'il a fait, il faut aller dans le nord de la Chine, où le Japon construit à Ping Fang, près de la ville de Harbin, un énorme complexe pour toutes ces trouvailles. Et tous les tests vont être faits sur des humains. Et là, tous les humains, ça va être des cobayes qui seront des prisonniers chinois, coréens, mais aussi des Russes et parfois même des Américains. Ça va concerner autant les hommes, les femmes que les enfants.
Alors bon, au début, il va y avoir des expériences liées à la malnutrition ou même la privation de sommeil, mais ça va petit à petit dégénérer. Et certains cobayes vont se faire transfuser du sang de cheval ou même de l'eau de mer. D'autres vont même voir leurs bras ou leurs jambes gelées pour que les chercheurs puissent voir comment évoluent les nécroses. Bon, il y aura pas que la glace, ils vont également tester le feu. Et là, il va pas être question de brûler quelqu'un avec des allumettes ou un briquet, non, il y aura des lance-flammes carrément qui vont être testés sur des prisonniers vivants. Là, si c'est pas assez, ben en fait, non, c'est pas assez, puisque des chercheurs vont aussi expérimenter différents gaz, des aérosols ou même des bombes ment pour voir comment se comporte un corps quand on le le dérange, quoi.
"À notre arrivée, on nous a dit que cet endroit était un département militaire spécial, que même les avions japonais n'avaient pas le droit de survoler. L'espèce de règlement interne, la seule vraie consigne était : on ne peut plus clair, ne regarde pas, ne parle pas et ne demande rien. On nous a également mis en garde contre toutes les tentatives de fuite, c'était l'exécution assurée si on essayait."
Mais certains cobayes vont également se faire tirer dessus et ils vont être alors opérés sans anesthésie pour voir si c'est viable, hein, sur un champ de bataille. Bref, d'autres vont aussi passer dans des chambres de dépressurisation, donc voilà, on va retirer l'air pour voir un petit peu les effets que ça peut faire. En fait, si par exemple, on était lâché dans l'espace, ce serait un peu similaire. Bref, comme je vous l'avais dit, en fait, dans cette unité-là, 731, ce sont les armes bactériologiques et les chercheurs portent aussi leur attention sur des souches de maladies dévastatrices comme le choléra, la typhoïde ou même la peste. Et là, leur but, c'est d'arriver à transformer ces maladies en véritable bombe pour différents usages pratiques.
Mais en parallèle, l'armée japonaise va également empoisonner l'eau et les sols dans la région de Juxian avant de se barrer, façon de parler, pour voir en fait qu'est-ce qui va se passer. Ce qui fait que là, il va y avoir énormément de Chinois qui vont reprendre les terres en question et qui par la suite vont mourir à cause de ces empoisonnements. Et là, les Japonais qui vont observer tout ça vont être curieux de voir comment ça va se passer. Mais bref, finalement, en 1945, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et le fait que le Japon est écrasé par les États-Unis, en gros, bah le centre de Harbin va être fermé, mais on va garder les recherches cachées et l'existence du labo sera gardée secrète. Surtout que les Japonais vont vraiment tout faire péter pour pas qu'on le sache. Et donc, ce n'est que bien longtemps après, dans les années 80, que plusieurs rapports vont être publiés et que l'existence de l'unité 731 sera révélée aux yeux de tout le monde.
Bref, si c'est assez compliqué de savoir les vrais chiffres, on estime qu'à peu près 10 000 hommes, femmes ou enfants sont morts à cause de ces expériences et que plus d'un demi-million de personnes ont été affectées en Mandchourie, voilà, une région qui fait partie de la Chine, alors indirectement par le test des différentes maladies qui ont été faites avec le largage aérien. Bref, c'est tout simplement la pire expérience de l'histoire du Japon, en tout cas connue, et qui aura prouvé à quel point l'humain pouvait être mauvais et ingénieux sous couvert de la guerre.
Étude de Tuskegee. On en arrive à la toute dernière expérience. Accrochez-vous, parce que là, on retourne cette fois-ci aux États-Unis. Écoutez, ils sont fond, ils sont bons, ils sont bons, quoi, voilà, c'est comme ça. Et pour ce qui est considéré comme la pire expérience qui a été menée par, et bien, les Américains. Et là, accrochez-vous bien, parce que l'expérience dont je vais vous parler est connue sous le nom de "Medical Apartheid". Vous allez comprendre rapido pourquoi. Déjà, faut remonter entre 1932 et 1972, car l'expérience a duré bien 40 ans, quoi. Et nous allons dans la ville de Tuskegee, en Alabama. Et là, déjà, il y a deux choses à savoir sur cette ville. À ce moment-là, elle est principalement habitée par des personnes noires et la syphilis est très répandue sur place. Bon, j'ai un petit némo, mais si vous savez pas ce que c'est la syphilis, c'est une infection qu'on chope quand on a des rapports, en gros, un peu comme le SIDA, mais qui aujourd'hui est guérissable assez facilement grâce aux antibiotiques. Sauf que à l'époque, c'était pas possible.
Bref, le service de santé publique américain va alors débuter une étude pour savoir quels sont les effets de la maladie sur le corps humain. Et là, le meilleur endroit pour eux, et bien, ce serait visiblement Tuskegee. Donc, à partir de là, 600 Afro-Américains vont être enrôlés dans cette expérience. D'ailleurs, la plupart, ils seront pauvres ou illettrés. Et là, on leur promet des examens complets et gratuits qui comportent entre autres une ponction lombaire. On leur promet aussi un traitement pour la maladie qu'ils ont, mais aussi des repas chauds et puis une prise en charge avec des frais d'hôpitaux si la maladie venait à s'aggraver, quoi.
"En théorie, en 1932, j'avais 24 ans à l'époque, j'étais célibataire. Ils sont venus me trouver, comme de nombreux autres à Tuskegee, en me disant qu'ils voulaient me faire un test sanguin. Ils sont revenus vers moi en me disant que j'avais un mauvais sang, et ils n'ont pas arrêté de répéter ça en boucle. Alors, ils ont commencé à me faire une série d'injections pendant un sacré bout de temps."
Et parmi les 600 Afro-Américains, deux tiers avaient déjà la syphilis, mais évidemment, on ne leur aura jamais dit qu'il ne serait pas soigné. D'ailleurs, pire que ça, il ne savait même pas qu'il souffrait de la syphilis. En fait, la seule chose qu'on leur disait, c'était qu'ils avaient ce fameux mauvais sang, quoi. Bref, les chercheurs en charge de l'étude, qui était bien sûr blanc, pensaient que la maladie touchait plus les Afro-Américains que les autres. Donc, voilà, à l'époque, ils étaient vraiment 100 % racistes et puis, il s'en cachait pas trop, honnêtement. Et il pensait que cette maladie était même épurative, c'est-à-dire que comme elle touchait plus les les personnes noires, et bien, elle faisait le tri naturellement, quoi.
Bref, l'expérience a été mise sur pied pour voir comment la maladie évoluait chez les patients et comment elle commence à les tuer à petit feu. Et les soins que les cobayes recevaient n'en étaient pas du tout, c'était juste du sucre la plupart du temps, quoi, c'était des placebos. Et pire que ça, c'est que les médecins de la région ont été mis dans la confidence pour qu'il ne donne pas de traitement sur les cobayes qui venaient les consulter pour ne pas fausser l'expérience, quoi. Et en plus de ça, si l'un des cobayes pouvait être envoyé à l'armée américaine pour faire la guerre, notamment, et bien, surtout, on leur disait : "Ne les soignez pas, ça fait partie de l'expérience, faut vraiment voir comment ça va se passer, quoi."
Bref, le temps passe, le temps passe, comme je vous ai dit, 40 ans. Et en 1972, Peter Buxton, un ancien enquêteur du service de santé américain, et qui avait connaissance de l'expérience, et bien, il décide de tout balancer. Lui, il en pouvait plus. Il va alors rendre l'histoire publique et se faisant, ça va mettre un coup d'arrêt définitif à toute cette mascarade. Bref, au final, il va y avoir 28 cobayes sur les 600 qui vont mourir directement de la syphilis. Il y aura une centaine qui vont mourir de complications et il y aura 40 femmes et 19 enfants qui vont choper la syphilis. L'étude de Tuskegee est presque un génocide. Il faut bien se rendre compte qu'une sentence de mort littérale a été prononcée à l'encontre de certaines de ces personnes. Et le pire là-dedans, en plus de la nature de l'expérience, c'est que le remède à la syphilis a été découvert à peine 10 ans après le début de l'expérience. Donc, bah techniquement, c'était bon, en fait, il y avait plus besoin, en fait, de s'embarrasser de savoir les effets et de continuer 30 ans en plus sans les soigner.
Bref, suite à ça, les patients slash cobayes encore en vie ont pu être trouvés et soignés gratuitement avant de logiquement porter plainte. Et il leur a fallu attendre d'ailleurs 1997 pour que Bill Clinton, qui à leur président des États-Unis, présente de façon publique les excuses officielles des États-Unis.
Et donc voilà pour cette toute dernière expérience qui, en même temps, scelle la fin, en fait, de cet iceberg. Bref, voilà, j'espère en tout cas vraiment que ça vous a plu et que vous avez appris pas mal de choses sur ces aspects vraiment plutôt sombres et moralement très discutables, en fait, des capacités de l'humanité à être inventive, on va dire. N'hésitez pas à réagir à ça, de parler d'autres expériences dont j'ai pas parlé. Et je remercie encore Highlands d'avoir sponsorisé la vidéo. Si vous avez envie de vous amuser à trafiquer votre visage et compagnie, vous pouvez télécharger l'application pour vous amuser et vous avez toutes les infos dans la barre de description. J'espère en tout cas que cette longue vidéo vous a intéressé, mais si vous êtes encore là, c'est le cas, je pense, enfin, j'espère. Et sur ce, on se dit bien à la prochaine vidéo.