Transcription
Le Parlement européen a donné son feu vert aujourd'hui pour l'utilisation réglementaire de NGT. Il s'agit de nouvelles techniques géonomiques appliquées aux plantes. Une pratique controversée. Pour les uns, cela va permettre d'avoir des plantes presque naturellement plus résistantes, entre autres, à la sécheresse, aux maladies, aux insectes. Pour les autres, il s'agit d'une nouvelle variété d'OGM. Le point Aline Denvois Luc Armand.
Depuis sa ferme bio à Pippingun, cet agriculteur s'inquiète. Lui qui travaille la terre et ses ressources naturellement. Il soutient que les NGT, tout comme les EGM, doivent être contrôlés.
"Alors pour moi, d'abord, c'est une bonne idée de de réglementer de telles choses. Les déréglementer entièrement, ça donne une opportunité énorme, mais pas aux agriculteurs, mais aux multinationales. Ce qu'on doit constater, c'est que toutes ces innovations là, elles nous ont pas soulagé, le contraire. On est dans une situation encore beaucoup plus précaire maintenant qu'il y a 20 ans."
Pour mieux comprendre, reparlons des OGM. Depuis le début des années 90, ils permettent de créer des légumes en intégrant le gène d'une autre variété de plantes dans leur organisme. Une méthode très encadrée par l'Union européenne avec des règles strictes d'évaluation de risque pour la santé.
Mais la nouvelle technique génomique est un peu différente. Les NGT créent des plantes améliorées en modifiant un gène, mais qu'elles ont déjà. Une méthode plus naturelle, selon les semenciers industriels. Ils demandent des règles moins sévères à l'Union européenne, notamment sur la traçabilité et la transparence.
Mais attention, cela reste de la manipulation génétique et les consommateurs doivent le savoir. Aujourd'hui, les consommateurs n'ont pas confiance dans les produits issus des OGM en majorité en Europe. Et donc, s'il y a plus d'évaluation des risques, il y aura sans doute un argumentaire de dire "pas d'évaluation des risques, c'est qu'il y a pas de risque".
Les NGT promettent d'être plus résistantes aux sécheresses, aux maladies, aux inondations. Mais les travailleurs de l'agriculture bio rappellent qu'ils n'ont pas besoin de nouvelles technologies pour affronter le dérèglement climatique.
"Ils disent toujours : 'Ah, il y a des problèmes, il y a des soucis pour des agriculteurs, on va la résoudre parce qu'on va innover'. Mais c'est pas vrai. Et la solution, c'est pas seulement la variété, c'est aussi la façon de travailler le sol, c'est la façon de travailler avec ton paysage, mais c'est aussi la façon économique de comment organiser son économie."
La gauche européenne, de son côté, maintient aujourd'hui sa position. Peu importe la nature de ces nouveaux EGM, ils doivent respecter le droit des consommateurs, tout comme le libre choix des producteurs.