Transcription
Et salut, c'est Major Mouvement. Bienvenue dans un nouvel épisode de "Plus t'sais, moins t'sais".
Aujourd'hui, nous allons parler de la tendinite. Alors, si vous n'êtes pas habitué à ce format, c'est un format où on va plus en profondeur sur les choses du corps humain. Au départ de la vidéo, on parle d'une information, vous dites "oh cool, c'est super facile", et puis finalement, quand je commence à rentrer dans les détails, on se rend compte que c'est un peu plus compliqué que ça en a l'air, plus nuancé. Bref, la vraie vie.
Et pour à la fin avoir un état des lieux un peu des connaissances actuelles du corps humain, pour pouvoir se dire "tiens, c'était intéressant". J'ai paradoxalement l'impression de connaître plus de trucs, mais de moins bien comprendre ce qui se passe.
Bienvenue dans "Plus t'sais, moins t'sais". Aujourd'hui, la tendinite, sujet hyper intéressant. Puisque, encore aujourd'hui, tous les jours au cabinet, je reçois des patients qui me disent "ça fait 3 mois que j'ai mal au genou, on m'a diagnostiqué tendinite et j'ai vraiment fait ce qu'il fallait. J'ai glacé, je me suis reposé, mais j'ai encore mal, je ne comprends pas".
Et oui, Patricia, c'est parce que tu appliques le protocole tendinite qu'on faisait dans les années 70. Alors, pourquoi est-ce que dans les années 70, on proposait du froid et du repos sur une tendinite ? Eh bien, tout joue sur trois lettres. La tendinite aujourd'hui n'est plus une tendinite, c'est en fait une tendinopathie. Et en fait, ce changement-là, ça change tout.
On revient un peu en arrière. Alors, pour information, c'est quoi un tendon ? Un tendon, c'est un peu comme une corde qui fait la jonction entre un muscle et un os. On l'a au niveau du biceps, on l'a au niveau du quadriceps avec le tendon rotulien, et celui que vous connaissez tous, c'est le tendon d'Achille. En fait, ça permet d'avoir un bras de levier plus fort pour pouvoir faire en sorte que quand le muscle se contracte, il va permettre le mouvement du segment osseux.
Segment osseux, c'est juste pour dire "os". C'est juste, parfois, on aime bien mettre des mots plus compliqués pour dire des trucs classiques que tout le monde connaît, avec plus de force, plus de vitesse. Mais en même temps, le tendon, il a une capacité d'encaisser, comme un ressort, une information et de la restituer.
Mais ça, ce n'était pas très clair encore dans les années 70. Comment est-ce qu'on traitait les tendinites des années 70 aux années 90 ? Eh bien, mon tendon, lorsqu'il souffrait, on lui proposait du repos. Quand quelqu'un va, par exemple, courir un marathon et qu'il a mal au genou le lendemain, ce qui marche le mieux, c'est lui dire "bah tu sais quoi, coco, on a remarqué que si jamais on te refait courir 42 km sur ta douleur de genou, la douleur a tendance à augmenter. Du coup, on va te dire, si tu as une tendinite, arrête".
Tu es triste, arrête. On lui proposait de la glace parce que la glace va venir diminuer la douleur. On lui proposait des étirements parce que les étirements diminuent la douleur. On lui proposait du massage parce que le massage diminue la douleur. Le massage, en même temps, il augmente la vascularisation.
Et regarde, là, ça commence assez rigolo. La glace, est-ce que d'après toi, elle a plutôt tendance à réduire le calibre de mes vaisseaux, qu'on appelle aussi vasoconstricteur ? Je réduis le calibre de mes vaisseaux ou est-ce que la glace, elle a plutôt tendance à faire l'inverse, à être plutôt vasodilatateur ?
T'es serré, exactement. La glace, elle est plutôt vasoconstrictrice. C'est pour ça, justement, que vous allez dans le grand froid et que vous risquez d'avoir plutôt des nécroses au bout des extrémités : les doigts, le nez, les orteils, et en fonction de la longueur.
Et donc, déjà, il y avait un premier paradoxe avec la glace qui diminue la vascularisation et le massage qui augmente la vascularisation. Puis, un peu plus tard, dans les années 90, on a proposé les ultrasons. Les ultrasons, dans mes souvenirs, on nous les vendait sur quelque chose qui permettait de diminuer la douleur et d'augmenter la vascularisation.
Donc, principalement, le repos diminuait la douleur des années 70 à 90. Et pour être tout à fait franc, encore aujourd'hui, le traitement de la tendinite avait pour but de diminuer la douleur sans se poser vraiment la question sur quelle était la structure du tendon.
En parallèle de ça, je crois que c'est dans les années 70, il y a un mec qui s'appelle Stanish qui a créé, je pense que vous l'avez déjà entendu, le protocole de Stanish. Et Stanish, je n'ai pas l'explication exacte, eh bien, il se rend compte qu'il y a un autre truc qui permet d'augmenter la vascularisation et en même temps, sans forcément jouer directement sur la douleur, qui permet d'augmenter les compétences.
La fonction que je n'ai pas du tout évoquée juste avant, c'est le renforcement musculaire. C'est-à-dire qu'il demandait à ses patients, avec un protocole, on vous le met juste là, qui s'est allé sur des semaines avec du renforcement progressif, déjà à l'époque, hein, dans les années 70, pour remettre en charge les tendons.
Et il se rendait compte de quoi, mon petit Stanish ? Que grâce à ça, il arrivait à diminuer les douleurs de tendon. Et vous savez ce qu'on a fait ? On a pris le protocole de Stanish, on a enlevé 80 % du protocole de Stanish, on a regardé que le début de ce qui nous arrangeait, à savoir "vous commencez le protocole de Stanish par du 3 x 100 en excentrique", et on a gardé que ça.
Et on l'a appliqué sur l'intégralité des pathologies ostéo-musculaires et tendineuses. Quand j'étais à l'école de kiné, on m'a appris "si tu veux faire du renforcement musculaire, il faut faire du 3 x 10". C'est-à-dire qu'on a pris une étude d'un mec qui l'a fait dans le cadre de la tendinopathie d'Achille dans les années 70, on a enlevé quasiment tout son protocole et on a gardé que ça.
Et on a dit "ah, il faut faire de l'excentrique". Donc pas de problème, Michel, je vous fais un peu de repos, je vous fais un peu de glace, je vous fais un peu d'étirement, je vous fais un peu de massage, et j'ajoute du 3 x 10, mais que en excentrique.
Donc, si aujourd'hui vous avez une tendinite au coude ou au passage, vous n'avez pas fait un bilan d'élimination des douleurs névralgiques, et qu'on dit "ouais, assieds-toi, tu me prends un poids de 200 g, tu me fais ça et tu freines la descente, tu me fais ça et tu me ferais la descente", attention, je ne veux surtout pas que tu fasses ça.
C'est qu'on est en train de mettre un traitement des tendinites des années 70, repassé à la moulinette où on a enlevé tout ce qui était vraiment intéressant pour donner que du pauvre 3 x 10, seulement en excentrique. Pourquoi est-ce qu'on proposait de l'excentrique ? Parce qu'on pensait que quand on faisait la contraction en excentrique, ça allongeait les fibres.
C'est joli sur le papier, moi je veux bien le croire. Bah, c'est vrai que quand on fait ça, ça allonge les fibres. Super. Moi, je vous pose juste une question, vous pouvez m'y répondre en commentaire. Déjà, abonne-toi et dis-moi si tu aimes ce format "Plus t'sais, moins t'sais".
À quelle heure est-ce qu'une fibre musculaire plus longue fait moins mal qu'une fibre musculaire plus courte ? Ah, mais moi, je veux bien allonger de la fibre. Je peux vous assurer que moi, si je pouvais allonger de la fibre, je serais le premier à vouloir le faire. Si je devais faire que de l'excentrique pour pouvoir grandir, merde, je l'aurais fait. Mais sur la douleur, on ne sait pas.
Donc là, on a Stanish d'un côté qui dit "si vous avez mal, il faut renforcer progressivement", et quasiment l'intégralité des autres médecins, des kinés qui disaient "non, au contraire, il faut calmer l'inflammation". Et en fait, il commence à y avoir un peu deux camps : ceux qui vont proposer les traitements passifs et ceux qui vont proposer les traitements actifs.
Mais si les deux se rejoignent, c'est sur un mot commun : sur la lutte de l'inflammation. Et vous vous rappelez, en tout début de vidéo, je vous ai dit qu'en fait, tout le changement de la tendinite, c'est fait sur le changement des quatre lettres.
Et pour ça, j'ai aussi besoin de revenir un peu en arrière sur de l'histologie. Une inflammation, qu'est-ce que c'est ? Alors, pour être tout à fait franc, je ne sais pas si à l'époque, on avait autant de connaissances sur l'inflammation. Donc je vais vous dire juste comment on m'a expliqué dans les années 2010 ce que c'était une inflammation.
On m'a dit "une inflammation, c'est quand les tissus gonflent, qu'il y a beaucoup de sang, qu'il y a beaucoup de lymphe, qu'il y a des toxines". Toujours pas ce que ça veut dire, et qu'à côté de ça, ça fait mal.
Et on s'est aperçu que quand on avait une inflammation, si on mettait du froid, ça diminuait la douleur. Si on faisait des massages, ça diminuait la douleur. Si on faisait des étirements, ça diminuait la douleur. Si on faisait des massages, ça permettait de drainer la lymphe et ça permettait de drainer un peu le sang et de drainer les potentiels toxines.
Que si on faisait des ultrasons, ça faisait un peu tout ça à la fois. Je fais une parenthèse à ça, on a ajouté la possibilité que sur certaines tendinites, dans mon tendon, je pouvais même avoir des transformations de mon tendon en calcification.
Et là, on a un peu upgradé. Vous savez, comme dans Clash of Clans, quand vous passez le niveau de vos tanks, vous avez changé les ultrasons pour mettre des ondes de choc. Tac, tac, tac, tac, qui ont pour but de casser les calcifications et revenir sur une inflammation.
Et c'est comme ça que dans les années 2000, on a dit que les ondes de choc sont super efficaces sur les tendinites. Moi, j'en ai acheté une, ça m'a coûté 8000 balles pour casser les calcifications et revenir sur un circuit d'inflammation.
Et l'inflammation, c'était un peu bâtard. Moi, quand j'étais étudiant, dès que quelqu'un se faisait opérer, on lui disait "faut mettre du froid pour calmer l'inflammation". Et même certains qui étaient un peu plus indiqués disaient "ah non, faut mettre du froid, mais il faut que le froid soit à 7° et pas 5°, il faut le mettre seulement 12 minutes et pas 8 minutes".
On se rendait compte, en fait, que le sujet de l'inflammation était un peu bizarre. Est-ce qu'on doit calmer l'inflammation ou est-ce qu'on doit la faire passer ? Et souvent, on prescrivait quoi ? Des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des AINS.
Et en effet, quand on va mettre une molécule anti-inflammatoire à ce niveau-là, ça va complètement diminuer l'inflammation. Et en même temps, comme les AINS, les anti-inflammatoires sont aussi des antalgiques, ils vont aussi diminuer la douleur.
Et donc, c'est pour ça qu'on disait aux gens qui avaient des tendinites "prenez aussi des anti-inflammatoires". Seulement voilà, ce qui se passait, c'est que même sur un temps, si on arrive à diminuer les douleurs, on allait aussi en même temps diminuer les capacités.
Donc certes, en fait, si la personne avait mal, et qu'on disait "pas de problème, prenez une semaine de repos, deux semaines de repos, trois semaines de repos", on voyait bien que ça diminuait l'inflammation. Mais en même temps, ses capacités aussi diminuaient.
Si vous ne vous entraînez pas pendant une semaine, ça va. Pendant 15 jours, ça va. Mais à partir de 3 semaines, vous perdez en capacité. Donc si jamais vous vous réentraînez à ce moment-là, comme si vous étiez pas blessé, eh bien, vous allez de nouveau recréer de la douleur.
Ok, bon, ben je vais refaire un temps de repos, mais je reprends comme avant. Mais ouais, mais en fait, mes capacités, elles diminuent. Et donc, en fait, c'est pour ça que les gens qui font un repos total sur une tendinite, au moment où ils reprennent, la douleur revient. Parce qu'au passage, leurs capacités ont diminué.
Donc certes, on diminuait l'inflammation, on diminuait la douleur, mais on diminuait aussi les capacités. Et à ce moment-là, on en revient à Stanish. On proposait du passif qui diminuait l'inflammation, la douleur et les capacités.
Là où Stanish, lui, au moins, avait cet intérêt de dire "je ne comprends pas bien pourquoi il y a une inflammation, mais j'ai remarqué que quand je mets du renforcement dessus, bah au moins je diminue moins mes capacités".
Stanish, que lui, il avait modélisé, c'était ça : j'ai ma douleur qui commence à apparaître, j'ai mes capacités qui vont diminuer. Si j'augmente légèrement mes capacités en dessous du seuil de douleur, j'ai ma douleur qui peut diminuer en augmentant mes capacités.
Et c'est pour ça que son protocole, on l'a pris à l'envers et qu'on n'aurait pas dû s'arrêter au départ. C'est que Stanish, il disait "les gars, continuez de renforcer en dessous de la douleur". C'était encore un peu flou parce qu'on ne comprenait pas bien une chose qui était hyper importante.
Il a fallu attendre les années 2009 avec un nom que je vous demande de bien retenir : Jill Cook. Elle a modélisé le tendon de la manière suivante. Elle a dit "ça, les gars, c'est un tendon sain. Il y a des cellules qui s'organisent tout autour pour pouvoir être capable de répondre aux contraintes mécaniques".
Ça, c'est un tendon malade. Il est inflammé, il est plus épais, il est plus gros. Et dans ce tendon, il y a des cellules saines, il y a des cellules qui ont été abîmées et qui sont le fruit d'une inflammation locale. Ces cellules-là, ce sont les cellules qui ont un intérêt à être glacées, étirées, ultrasonnées, soumises à des ondes de choc, et éventuellement avoir des pilules anti-inflammatoires.
Sauf que Jill Cook, elle a dit quoi ? "Les gars, il n'y a que dans les films de zombies que les morts reviennent à la vie. Du coup, il vaut mieux traiter le donut et non pas le trou du donut". En fait, vous aurez beau essayer de calmer l'inflammation, l'irritation et la douleur à ce niveau-là, ces structures, elles sont mortes.
À l'inverse, tout le tissu autour est un tissu vivant. Et qu'est-ce qu'on sait du tissu vivant ? Quand on lui met une contrainte progressive, c'est qu'il augmente ses capacités. Donc en fait, vous aviez tous les deux un petit peu raison. Oui, il est nécessaire de se poser la question de la douleur, parce que si on met trop de douleur, j'empêche les nouvelles cellules de s'adapter.
Parce que je vais y compris casser trop mes nouvelles cellules. À l'inverse, si je ne mets pas du tout de contrainte, eh bien non seulement mes nouvelles cellules vont se désadapter petit à petit, mais mes cellules mortes, je ne vais pas les faire revivre.
Donc Jill Cook, elle a dit "treat the donut and not the hole". Elle rejoint énormément le meilleur des deux mondes qui a été fait jusque-là, à savoir on va gérer la douleur, puisque la douleur est un signal de l'évolution de l'inflammation locale.
Salut les amis, je vous prends juste 30 secondes pour vous dire que si jamais vous aviez aimé mon livre 1, que vous aviez kiffé mon livre 2, eh bien je viens de sortir mon livre numéro 3. Et oui, c'est "H" pour "piliers" pour pouvoir rester jeune le plus longtemps possible.
Alors, sans surprise, le pilier 1, c'est changer d'état d'esprit. Pilier 2, comment on peut se sentir plus jeune, comment on peut rajeunir littéralement. Le pilier 3 sur le muscle, le pilier 4 sur l'articulation. Et à chaque fois, évidemment, je vous mets des routines pour pouvoir soit au poids de corps, soit avec un peu de poids, soit avec de l'élastique.
Si vous voulez découvrir les autres piliers, eh bien je ne vous en dis pas plus, tout est dans le livre. Je vous mets ici juste les avis des gens qui ont commencé à lire. Voilà, le livre est numéro 1 des ventes dans sa catégorie. Vous pouvez le commander avec le lien qui est dans la description ou le retrouver chez votre libraire de votre choix.
Allez, je vous laisse pour la suite de la vidéo. Et en attendant, comme d'habitude, prenez soin de vous. En fait, on a pris une prise de sang et on a aspiré et on a regardé. Normalement, une inflammation, on retrouve des marqueurs inflammatoires, une CRP. Or, dans une tendinite, on ne trouve pas de marqueur inflammatoire.
On ne trouve pas donc d'inflammation. À la limite, ce qu'on retrouve, c'est un processus de cicatrisation. C'est de la douleur pure et dure mécanique. Si c'est de la douleur pure et dure mécanique, on va du coup mettre en charge progressivement.
Comment savoir quelle charge le tissu est capable de tolérer ? Eh bien là, c'est nos amis de la clinique du coureur qui ont proposé le protocole, notamment "Peace and Love", qui est juste là pour globalement favoriser la cicatrisation des tissus mous.
Donc dans le protocole "Peace and Love", on va retrouver protection dans un premier temps, élévation pour favoriser le retour lymphatique et sanguin, activation cardio-vasculaire. Bah, ce qu'on veut, comme cette espace, je vous l'avais dit, il y a besoin d'échange sanguin et d'apport de nutriments.
On veut un maximum d'échanges sanguins. L'OAD, c'est pour "optimal loading". C'est exactement ce sur quoi on se base sur les travaux de Jill Cook. Ce qu'on veut, c'est remettre en contrainte les tissus pour faire en sorte d'adapter à partir des cellules saines.
Et pour ça, nos amis de la clinique du coureur, notamment Blaise Dubois, qui est leur porte-parole, propose quatre critères pour savoir ce qu'on peut mettre sur un tendon. Il faut qu'au cours de renforcement musculaire progressif, on va parler de douleur sous l'effet de l'échelle visuelle anatomique de la douleur.
Zéro, vous n'avez pas de douleur. Dix étant la pire douleur imaginable. Pour Blaise Dubois, ce qu'il recommande, c'est de dire "lorsqu'on met de la contrainte sur un tendon, il est ok de venir chercher un inconfort de 1, 2 à 3/10".
Autour de 4, 5/10, attention, ne dépassez surtout pas au-delà de 5/10. Pour faire simple, j'ai une douleur de genou quand je fais un squat. OK, eh bien je vais venir réaliser peut-être un peu moins d'amplitude, un peu moins de répétitions, un peu moins de charge, un tempo un peu plus rapide ou un peu plus lent pour pouvoir réaliser un squat qui me fasse moins mal.
OK, j'ai un inconfort qui apparaît, il est à combien ? 1 ? Ça me va. 2, 3 ? OK, s'il est à 3/10, c'est OK. Par contre, tiens, plus j'en fais, là, je passe à 4, 5/10. Attention, peut-être que tu es en train de mettre trop de pression, y compris sur tes cellules saines, et peut-être que tu peux créer un peu plus de dégâts. Ralentis et freine si jamais tu es au-delà.
Là, tu es clairement en train de mettre trop de pression. On est donc, grâce à cette logique, la douleur devient un indicateur de "est-ce que je mets trop de pression ou pas assez de pression".
Le deuxième critère, c'est l'arrêt de la douleur lors de l'arrêt du mouvement. Exemple : j'ai une tendinite d'Achille ou une tendinite de genou. J'ai une douleur quand je cours. Allez, je suis à 3, 4/10, je tolère parce que j'ai vu le début de la vidéo de Major Mouvement. Hop, je m'arrête. Quand je m'arrête, la douleur disparaît.
OK, j'ai bien un arrêt de la douleur à l'arrêt du mouvement. Je suis toujours dans les critères qui font que je mets assez de contrainte mécanique sur mes structures qui sont capables de l'encaisser et pas trop qui créent du dommage.
Ça, c'est deux marqueurs qui sont intéressants. Si on les combine, ça nous donne quoi ? C'est pour ça que beaucoup de protocoles de remise en course, notamment des syndromes rotuliens, des syndromes de l'essuie-glace, ce genre de choses-là, vont faire que je cours et on va dire "le mieux, c'est de faire 30 secondes de course, je viens chercher un peu l'inconfort, 30 secondes de marche".
OK, j'arrête. Et puis après, on passe à une minute, une minute, puis 2 minutes, et une minute, puis 3 minutes, et une minute. Et pas "j'ai mal, je cours, j'arrête de courir, j'ai plus mal". La juste réponse se trouve dans le dosage. Ça, vous le retrouverez vraiment dans mon deuxième livre.
Ensuite, je ne veux une EVA au lendemain de l'effort inférieur à 2/10. Ça veut dire quoi ? Vous avez votre séance et vous êtes venu chercher un inconfort, allez, disons à 3, 4/10. Vous avez arrêté votre mouvement, la douleur a disparu. Super.
Par contre, le lendemain, vous avez de nouveau mal à 4/10. OK, bah même si pendant la séance ça s'est bien passé, le lendemain, c'était trop compliqué, vous avez moins bien toléré. OK, à ce moment-là, il faut charger un petit peu, décharger un petit peu pour pouvoir revenir à "le lendemain, je suis à 2/10".
Le quatrième critère, c'est pas de gonflement. Le critère de gonflement, c'est qu'en fait, vous aurez mis peut-être, même si les autres critères sont plus trop bons, trop de contrainte sur vos tendons et il est devenu l'espace d'un lieu d'inflammation locale.
OK, donc ça, c'est les critères d'après la clinique du coureur pour la reprise. Je fais une petite parenthèse, c'est là où pour moi, je m'arrête et j'aurais peut-être dû arrêter avant sur le niveau de connaissance. Je ne suis pas formé en clinique du coureur et probablement des kinés qui sont formés en clinique du coureur.
Les commentaires en bas sont libres, je l'épinglerai si jamais j'ai dit des conneries ou si c'était incomplet. D'accord ? L'effet Dunning-Kruger, c'est inclus aussi pour tout le monde, y compris pour un mec qui fait des vidéos.
En gros, moi, c'est là où je me suis arrêté dans mes connaissances. Peut-être que ça a évolué derrière. Je mets une deuxième nuance. Depuis le départ, je vous ai parlé des tendons et des tendinites, mais les tendons, on en a partout dans le corps.
Je vous ai parlé des principaux tendons d'Achille parce que c'est en effet celui sur lequel on a le plus de données, sur lequel on a beaucoup bossé, sur lequel Jill Cook avait beaucoup bossé. Mais regardez la tendinite d'épaule. J'aimerais pouvoir vous dire que ça marche tout autant. Malheureusement, on ne sait pas exactement si ça, c'est applicable à tout le reste des tendons du corps.
Bon, sur la logique, oui, mais on n'est pas encore là. À titre d'expérience, je sais que certains tendons, notamment du membre inférieur, sont beaucoup plus irritables que les tendons du membre supérieur. À l'inverse, les nerfs du membre supérieur sont beaucoup plus irritables que les nerfs du membre inférieur.
Et là, je vous parle uniquement de ma pratique clinique. En gros, pour faire très simple, et pour ceux qui savent, quand quelqu'un commence à avoir des douleurs au niveau du genou, je vais beaucoup moins venir chercher la douleur. Par contre, sur une désactivation de la coiffe des rotateurs, je vais vraiment beaucoup plus venir taper dedans, au niveau non pas de la douleur de mon patient, mais au niveau de l'activation de la coiffe des rotateurs.
J'en arrive un peu à la limite de ce que je peux vous expliquer. Tout ça pour vous dire quoi ? Le tendon n'est pas une structure qui a besoin uniquement de repos, de glace et d'anti-inflammatoires. Il a besoin, au contraire, de comprendre qu'est-ce qui lui fait mal, à quelle quantité, depuis combien de temps, sur quel geste.
Une fois qu'on a tout ça, ça nous donne ce qu'on appelle une quantification du stress mécanique. Ce n'est pas pareil pour quelqu'un qui fait du crossfit que pour quelqu'un qui fait de la muscu. Ce n'est pas pareil pour quelqu'un qui a fait une préaison où il a pris 15 kg de muscle et quelqu'un qui retourne sur le terrain.
Bref, en gros, énormément de critères de changement peuvent induire des critères d'adaptation du tissu ou, au contraire, de non-adaptation du tissu. Et que le traitement passera la plupart du temps déjà de savoir si c'est bien une tendinite. Parce qu'il y a encore aujourd'hui bon nombre de tendinites qui n'en sont pas. Ça peut être des problèmes nerveux, ça peut être des problèmes articulaires.
Bref, savoir si c'est vraiment le tendon qui souffre, de ne pas se fier uniquement à l'aspect inflammatoire et à l'imagerie. Parce que, par hasard, comme d'habitude, si on vous passe des imageries au niveau des structures qui n'ont pas de douleur, on peut retrouver des aspects, pardon, plus épaissis des structures ou dans l'hypothèse d'une tendinite ou de tendinopathie.
Donc en fait, ce qui prime, une fois de plus, eh bien pour de la douleur, c'est de la clinique. Qu'est-ce que vous êtes capable de faire ? Qu'est-ce qui vous améliore ? Comment est-ce qu'on peut favoriser la recharge progressive ? Et pour ça, bah pour être tout à fait franc, allez voir des kinés.
Ouais, les kinés sont, à mon sens, aujourd'hui, les professions les mieux formées pour traiter les tendinopathies. Allez, on est vendredi soir, je vais chercher les kids à la sortie de l'école. Je vous souhaite une bonne compréhension. Comme d'habitude, je compte sur vous pour me mettre des petits commentaires.
"Gré, franchement, c'est cool, c'est intéressant ce format-là". C'est un gros travail de montage derrière pour Johann. C'est pour moi une petite prise de risque quand même, parce que j'essaie de vous faire un cours un peu à main levée. J'ai rien écrit, je vous balance comme ça de physiopathologie, et c'est toujours un peu la possibilité que je me fasse défoncer par mes collègues pour dire "ouais, Grég, tu as dit que c'était 1970, Stanish, alors que c'était 1972".
Ouais, tu as critiqué la force excentrique alors qu'en fait, on a des études. Ouais, les gars, on reste sur YouTube. Et si jamais je voulais vous faire des formations, venez à ma formation sans exo. Allez, BIM, les liens sont dans la description. Je vous embrasse, portez-vous bien, créez des liens les uns avec les autres plutôt que de détruire des ponts. Nom de Dieu, si ce format vous a plu, merci. Franchement, ça fait plaisir.
Moi, j'ai kiffé vous le donner et franchement, j'espère que vous avez kiffé. Je suis désolé si cet épisode est un peu plus confus. Je ne vous cache pas que je suis crevé de la semaine. Bref, regardez cet épisode sur la tendinite qui était vraiment solide, et puis cet épisode sur l'effet Dunning-Kruger.