Transcription
On pourrait, en tout cas, augmenter l'espérance de vie en bonne santé. On pourrait aller jusqu'à 125 années. Ça vaut le coup. Que ce soit le diabète, les maladies cardiovasculaires, tout provient de... Mettez-moi au défi. Non. Mettez-moi au défi. Vincenzo Castronovo, gynécologue obstétricien, cancérologue, chercheur. Depuis plus de 30 ans, je m'intéresse au versant santé et la médecine.
On entend souvent que le vieillissement serait presque la cause commune de toutes les maladies qu'on va développer à partir de 30, 40, 50 ans. Est-ce que la mitochondrie est au cœur de ce système d'ailleurs ? La mitochondrie est définitivement au cœur de ce système. Je dirais, ce qui va nous faire vieillir à l'accéléré, qui va être responsable du fonctionnement, c'est l'oxygène.
Est-ce que si on se bourre d'antioxydants, on risque d'avoir une symptomatologie particulière de surdosage ? Tout le monde a entendu parler du microbiote intestinal. Peu ont entendu parler du mytobiote. Non, je lève le sourcil. Le mytobiote, non. Les jeunes femmes ont une responsabilité énorme pour l'humanité. Est-ce qu'il y a des signes révélateurs, qui peuvent me permettre de savoir quel est l'état de mes mitochondries.
La seule stratégie qui a démontré qu'on pourrait augmenter l'espérance de vie. Et ralentir le vieillissement, c'était... J'ai envie de vous poser une première question qui fait un petit peu de débat depuis ces dernières années, j'ai l'impression. Est-ce que, pour vous, le vieillissement, c'est une maladie ? Non, le vieillissement n'est pas une maladie. Ce qui est une maladie, ou en tout cas dysfonctionnement, c'est le vieillissement accéléré.
Alors, très rapidement dans l'histoire de l'humanité, lorsque l'homme s'est rendu compte que la vie avait une fin, il a essayé de modifier cette fin et il a augmenté son environnement pour limiter les agressions de cet environnement qui éventuellement les compromettent sa longévité. Alors, vous devez savoir, Jérôme, que la longévité naturelle de l'humain, c'est environ 30 ans.
Alors, vous devez savoir que l'évolution a essayé d'assurer la pérennité de l'espèce, c'est-à-dire que l'espèce est portée par l'ADN. Donc, à partir du moment où une génération a transmis son ADN à une génération fertile et capable de la retransmettre, l'individu en tant que lui-même n'a plus de raison d'être. Donc finalement, l'humain, en condition naturelle, il a une espérance de vie, une longévité d'environ 30 ans, c'est-à-dire que la maturité sexuelle c'est vers 12-14 ans, donc là vous avez votre progéniture et le temps que cette progéniture est 15 ans, en tant que grand-grand-parent vous avez 30 ans, on n'a plus besoin de vous.
Sauf que l'homme n'a pas à trouver qu'il n'y a peut-être rien encore de prolonger son ticket, d'un peu de kiffer sa race sur la terre et à changer son environnement. Il s'est protégé de ses prédateurs, les prédateurs macroscopiques, les animaux également, des intempéries, il a construit une maison, de la nourriture en devenant des cultivateurs, des éleveurs. Et ceci a permis de vivre au-delà de la longévité naturelle.
Alors évidemment, cette longévité naturelle n'a pas été prévue pour l'espèce, et donc il y a toute une série de processus qui vont être déficients. Par exemple, Jérôme, de savoir que le thymus est programmé pour fonctionner environ entre 20 et 30 ans. Après 30 ans, le thymus est complètement régressé. Or, ce thymus est un organe fondamental qui maintient le fonctionnement de nos systèmes immunitaires, c'est-à-dire qu'à partir de 30 ans, notre immunité est moins performante. Donc déjà là, on va avoir toutes les séries de pathologies. Mais également, on s'est rendu compte que nous sommes conçus pour pouvoir supporter toute une série d'agressions, mais une fois qu'elles s'accumulent, le système va être défaillant et on va vieillir à l'accélérer.
Et il y a eu en fait un phénomène incroyable, c'est qu'entre le début du siècle passé et la fin, on a quasi plus que doublé l'espérance de vie, puisqu'on est arrivé jusqu'à une espérance de vie d'environ 80 ans pour l'homme et 83-84 pour la femme, ça se stagne pour le moment. Par contre, ce qu'on s'est rendu compte, c'est qu'en même temps qu'on augmentait cette espérance de vie, c'est qu'il y a augmenté le nombre d'humains sur la planète, il fallait les nourrir, etc.
On a, et l'industrie agroalimentaire, dans notre système d'hyperconsommation, a dû adapter les méthodes de culture et d'élevage en. En fait, finalement, en devenant égoïste, c'est-à-dire en considérant que le produit de la terre était destiné uniquement à l'humain. Et donc, pour ça, il a commencé à rendre les aliments, les végétaux, les légumes, etc., le blé, impropres à la consommation des autres animaux en utilisant, et ça c'est un peu con, des pesticides, c'est-à-dire des substances qui vont tuer, qui vont rendre malades d'autres organismes vivants qui nourrissaient. Donc, on n'a pas voulu partager en rendant notre poison, notre aliment, un poison pour les autres animaux, sans se rendre compte que nous allions nous empoisonner nous-mêmes.
Alors, cette accumulation, en fait, l'utilisation notamment massive de pesticides a été la cause. Non seulement, bien sûr, on a eu plus de nourriture, mais les gens vont vivre plus longtemps, mais ils vont être malades plus tôt. C'est-à-dire qu'on a augmenté l'espérance de vie, mais on a augmenté la proportion de vie où on va être pas bien. Et il y a eu les maladies chroniques.
Alors là, on a eu également un changement de paradigme, c'est-à-dire que jusqu'à, on va dire, les années 60, ce qui dominait au niveau de la santé de la maladie, c'était une maladie, une cause d'entraînement. La plupart des maladies étant des maladies infectieuses comme la tuberculose, etc. Et la perturbation de notre environnement, les pesticides, la pollution, etc., a fait que nos systèmes se sont déréglés, mais de manière multimodale, c'est-à-dire que ce n'était pas une bactérie, ce n'était pas un champignon, ce n'était pas un virus, c'était un ensemble de facteurs qui compromettaient le fonctionnement de notre organisme. Et là sont apparus les maladies chroniques qui ne répondaient plus à ce paradigme, une cause de, un traitement. En fait, là, ce sont des maladies qui sont multimodales et qui ne répondent pas à un seul traitement, ce qui est toujours embêtant au niveau notamment de l'industrie pharmaceutique qui aime bien avoir un médicament pour tout le monde.
Alors, un exemple extrêmement caricatural, c'est la maladie d'Alzheimer, maladie d'Alzheimer qui touche une proportion grandissante épidémique de la population. Et là, vous devez savoir qu'on n'a pas trouvé de médicaments. D'ailleurs, les grosses big pharma ont abandonné leur recherche parce qu'ils savent qu'on ne va pas trouver une seule molécule qui va résoudre le problème et que c'est une approche multimodale. Donc, il y a un changement de paradigme et ceci m'a conduit justement à aller voir quelles sont les origines multimodales pour pouvoir intervenir et pour pouvoir aider. Et lorsqu'on fait cela, tous les chemins, quand on étudie le vieillissement quand on étudie les maladies chroniques aboutissent à un seul et unique système le système producteur d'énergie qui n'est pas uniquement un producteur d'énergie d'ailleurs on le verra plus tard la mitochondrie qui pour moi est la source de la vie.
Formidable. Donc ces maladies chroniques qui sont de plus en plus présentes ne sont pas dues à une seule cause mais à plusieurs causes multifactorielles. Est-ce que parmi tous ces facteurs du coup le vieillissement fait partie des causes d'augmentation des maladies ? On entend souvent que le vieillissement serait presque la cause commune de toutes les maladies qu'on va développer à partir de 30, 40, 50 ans, parce que le vieillissement, donc l'enraillement biochimique interne, je ne sais pas, ferait en fait exploser les risques de déraillement et d'apparition de maladies. Est-ce que ça, c'est vrai ? Est-ce que la mitochondrie est au cœur de ce système, d'ailleurs ? La mitochondrie est définitivement au cœur de ce système. Je dirais, ce qui va nous faire vieillir à l'accéléris, qui va être responsable du fonctionnement, c'est l'oxygène.
Alors l'oxygène c'est une molécule qu'est le docteur Jekyll et Mr Hyde est-ce que vous savez qu'on a fait des expériences où quand on augmente alors la pression partielle en oxygène de l'atmosphère c'est 20% plus ou moins, si on augmentait à 25% si on augmentait à 25% notre espérance de vie diminuerait d'environ un tiers notre longévité, L'oxygène, en fait, c'est source de vie et source de mort. Intéressant, hein ? Pourquoi ? Parce que l'oxygène, et d'ailleurs l'oxygène, c'est une molécule qui est très avide d'électrons. Alors, je ne sais pas si vous savez, pour vos auditeurs, être oxydé, c'est d'avoir perdu des électrons, parce que l'oxygène, c'est un shipper d'électrons. Et quand on retire des électrons et une molécule, la molécule est oxydée. Par exemple, quand vous coupez une pomme en deux, elle n'est plus protégée par l'épiderme de la peau, qui est riche en antioxydants, et vous allez voir que la pomme va brunir. C'est l'oxygène qui a été piqué des électrons. Eh bien, ce même processus arrive à vos cellules.
Alors justement, la mitochondrie qui est une bactérie ancestrale, on y reviendra plus tard, donc une bactérie qui a inventé un moyen d'apprivoiser l'oxygène, d'utiliser ses velléités d'adorer les électrons pour pouvoir en fait extraire du glucose un maximum d'énergie. Sauf qu'il y a l'oxygène qui est absolument hyper attiré par les électrons, il faut vraiment gérer ces électrons pour qu'on lui donne quand l'électron n'a pas trop d'énergie. Mais ça, j'expliquerai plus tard parce que c'est un peu compliqué. Donc, ce qui veut dire que trop d'oxygène vous fait vieillir parce que la mitochondrie qui gère des électrons est le centre où il y a des électrons que l'oxygène va voler. Donc si, dans tout le processus qu'a inventé la mitochondrie, l'oxygène est capable d'aller chipper des électrons trop chauds, eh bien là, on a une oxydation et le vieillissement, c'est l'oxydation.
Alors le vieillissement accéléré et les maladies associées, le vieillissement est un processus naturel. Tout le monde va vieillir. En tout cas, jusqu'au jour d'aujourd'hui, on n'a pas, On n'a pas réussi à empêcher le vieillissement. La vie éternelle n'existe pas, ou bien peut-être sous forme énergétique. Mais je ne vais pas rentrer dans ce débat métaphysique. Ça va, oui. Donc, on va tous vieillir. L'idée, c'est de vieillir de manière harmonieuse en essayant d'être optimum jusqu'à la fin, c'est-à-dire mourir en bonne santé. Parce qu'à un moment donné, on a épuisé toutes ces cartouches. Mais sinon, on va tous vieillir.
La maladie est un processus naturel qui est dû à l'usure par l'oxydation, par le déficit mitochondrial des différentes structures qui assurent le fonctionnement normal de la cellule. Et alors, pour revenir sur cette mitochondrie qui a l'air d'être un peu le pivot de tout, en fonction avec l'oxygène, en fait, c'est le mitochondrie et l'oxygène, il y a un espèce de couple qui fait tout. Comment ça se passe concrètement ? Ou plutôt, avant de parler des explications, peut-être cette mitochondrie qui est apparue avant les cellules. C'est un organite qui se trouve dans les cellules, mais la mitochondrie serait apparue avant. Est-ce que vous pouvez expliquer un peu ? Parce que ça, c'est assez fascinant.
Il faut revenir à l'histoire de la vie sur la planète Terre. Alors, il y a eu un événement majeur qui a marqué l'histoire de la ville et son évolution. C'est, au début, il y a eu de ce qu'on appelle les prokaryotes, c'est-à-dire des cellules qui n'avaient pas de noyau. Et c'était les prokaryotes contre les bactéries, et puis sont apparus les cyanobactéries. Cyanobactéries, cyan, c'est un pigment. Ces cyanobactéries ont déjà inventé un truc de ouf, c'est-à-dire qu'elles ont apprivoisé l'énergie du soleil. Elles ont été capables de prendre l'énergie des photons, de les transférer à des électrons, et ces électrons énergisés ont permis de construire des molécules de la vie, notamment du glucose. L'électron énergisé sert à coller les atomes de carbone et faire des graisses, des carbohydrates, le glucose, et donc l'énergie du soleil se retrouve dans le glucose, dans les carbohydrates. Dans le pain, dans le riz. Vous avez l'énergie, c'est de l'énergie du soleil finalement, qui provient de la photosynthèse. Donc imaginez que par exemple si je prends cette feuille de papier, c'est de la cellulose, c'est des molécules de CO2 qui ont été collées grâce à l'énergie des électrons qui viennent du soleil. Les photons vont être captés par des structures qu'on appelle le système de photosynthèse par les chloroplasts et ça va permettre d'organiser le CO2 en matière organique.
Alors ça, ça a été une révolution. Alors vous devez savoir, à l'époque, quand ces bactéries, cyanobactéries, ont inventé la photosynthèse, un déchet, c'était l'oxygène. La photosynthèse consomme du CO2, l'énergie de la lumière, produit du glucose et de l'oxygène. En fait la formule c'est 6 molécules de CO2 plus 6 molécules d'eau, plus le soleil donne du glucose c'est 6 H2O6 plus 6 molécules d'oxygène et au début l'oxygène était toxique, parce que je vous ai dit l'oxygène elle est extrêmement avide d'électrons et elle va aller voler des électrons dès qu'elle le peut le problème c'est que si l'électron n'est pas à la bonne énergie, n'a pas la bonne niveau énergétique, l'oxygène plutôt que de devenir stable, ce qu'elle recherche devient un radical libre, un agent très très oxydant, qui va de manière extrêmement intense et rapide aller voler un électron, une autre molécule oxydée, donc déjà si vous pouvez comprendre ça l'oxygène veut et a cette force d'aller arracher des électrons dès qu'elle le peut. Si elle prend un électron à bonne température, tout va bien, à bonne énergie. Si elle prend un électron trop énergétique, elle devient une molécule hyper-assable, qui est un agent hyper-oxydant qui va s'attaquer à toutes les molécules. Ça peut être du fer, ça va l'oxyder, c'est la rouille. Ça peut être de l'ADN, ça peut être des protéines, ça peut être des lipides. Donc, au départ, l'oxygène est toxique et les bactéries qui n'étaient pas capables d'utiliser la lumière se sont enfoncées pour ne pas être attaquées par l'oxygène qui, comme c'est un gaz, a commencé à monter vers la surface des océans, puisque la vie est née dans les océans, comme vous le savez, et donc a commencé à s'accumuler. Ça, ça s'est passé il y a environ 2 milliards, 300 millions d'années.
Et à un moment donné, il y a une bactérie qui a trouvé la capacité d'utiliser, ces caractéristiques de l'oxygène, de vouloir avoir des électrons pour pouvoir, l'utiliser pour extraire l'énergie de molécules qui étaient des carburants, et de pouvoir produire un maximum d'énergie utile pour la cellule qu'on appelle l'ATP. Vous avez entendu parler de l'ATP ? Bien sûr, oui. L'ATP, c'est la monnaie énergétique universelle que nous utilisons tout le temps. Nous en brûlons 50 kg par jour. 50 grammes par minute sont utilisés pour nous maintenir en vie.
Alors, aux origines, le glucose était le carburant du départ, le glucose, qu'on appelle le sucre. Ce glucose, il était oxydé par ce qu'on appelle la glycolyse qui produisait deux molécules de purivate et deux molécules d'ATP. Or dans le purivate il y avait encore énormément d'électrons d'énergie qui auraient pu être convertis en ATP mais le système ne le permettait pas et c'est cette bactérie qui a inventé grâce à la négociation qu'elle a eu avec l'oxygène le système qu'on appelle la respiration cellulaire la respiration cellulaire qui permet d'oxyder le purivate en CO2, donc on revient aux origines, CO2, et de multiplier par un facteur 18 la rentabilité au niveau d'ATP, c'est-à-dire au lieu d'avoir deux molécules d'ATP, vous en avez 38. C'est un truc de ouf, au moment où je vous parle, vous savez que le prix du carburant explose, de par ce qui se passe malheureusement au Moyen-Orient, et bien imaginez qu'on vous invente un moteur dont la consommation est divisée par neuf. Par 18, pardon. Au lieu de consommer 9 litres au sang de diesel, vous n'en consommez plus que 0,5. C'est intéressant. C'est intéressant. C'est ce que la bactérie qui a inventé la respiration cellulaire a réalisé. D'ailleurs, quand on parle de respiration, on parle de respiration pulmonaire, qui alimente la respiration cellulaire, parce que cette bactérie fonctionne grâce à l'oxygène. Vous suivez là ? Très bien, tout à fait. Je pense qu'on suit. On suit tous. Je ferai un petit résumé après pour me dire si c'est difficile.
L'oxygène a été apprivoisé par la bactérie pour pouvoir utiliser son affinité pour des électrons, sa volonté d'avoir des électrons, mais pour ne pas qu'elle se transforme en une molécule extrêmement oxydante et agressive, un radicalisme, la bactérie a conçu un système qui en même temps permettait de pomper l'énergie des électrons qui se trouvent dans le carburant, qui est le glucose et le purivate, et puis amener l'électron à la bonne énergie qui convient à l'oxygène qui se retransformera en eau. Donc là, c'était nickel. Sauf que l'oxygène, elle a toujours envie d'électrons. Donc à la limite, si avoir un électron qui traîne et qui a beaucoup d'énergie, elle ne va pas très réfléchir. Vous savez, la passion parfois fait faire des bêtises. Et donc une oxygène qui voit un électron libre même qu'il y ait trop chaud, elle va le prendre et là c'est la cata, donc il a fallu trouver un système pour protéger tout au cours de son cheminement on va dire de son refroidissement imaginez que l'électron c'est une grosse boule de feu et on va, pomper son énergie pour l'amener à une température qui est gérée par l'oxygène, sauf que l'oxygène si elle voit cette boule de feu, même si elle n'a pas à bonnes températures elle va sauter dessus et c'est vrai qu'elle se transforme en radicale libre et elle va commencer à brûler tout ce qui est autour. Notamment l'ADN et c'est l'agression de l'ADN qui est responsable du vieillissement, Donc, à un moment donné, il a fallu protéger les mitochondries, les bactéries, par des systèmes anti-incendie. Un antioxydant, c'est un anti-incendie, finalement. Bon, voilà.
Donc, une fois que les cellules eucaryotes, qui sont des cellules qui avaient évolué avec un noyau protégeant leur génome, ont vu que cette bactérie avait une énergie de ouf, elles ont proposé un contrat à la bactérie en disant, « Écoute, si tu venais à la maison, on te donnera le logement, le couvert, et tu nous fais la même quantité d'énergie, d'ATP, multiplié à l'énergie. » Et donc, finalement, la bactérie, qu'on va appeler la future mitochondrie, a accepté le contrat. Elle s'est fait gober par la cellule, mais elle n'a pas été digérée parce que généralement, les cellules, elles gobaient par phagocytose. Et on est quasi certain que c'est le scénario parce que la mitochondrie est entourée par deux membranes, une membrane externe qui a la même composition que la membrane de la cellule eucaryote et une membrane interne qui a la même composition que les membranes des bactéries ancestrales et actuelles. Notamment, il n'y a pas de cholestérol dans la membrane des bactéries et pas dans la membrane interne de la mitochondrie.
Et alors, la mitochondrie, c'est devenu la mitochondrie, cette bactérie qui a élu domicile dans la cellule eucaryote, eh bien, elle a changé la biacellule parce que maintenant, elle avait une capacité de, je l'ai dit, vous faites le plein et au lieu de faire 100 kilomètres, vous en faites 1800. Ça ouvre des perspectives de voyage, n'est-ce pas ? Et donc, ça a été un truc fabuleux, sauf que vous savez que dans toute centrale productive d'énergie, il y a des déchets. Et donc, les déchets, ce sont les radicaux libres. La photosynthèse, le déchet, c'est de l'oxygène. La bactérie qui est devenu la mitochondrie a pu transformer ce déchet en une opportunité d'avoir plus d'énergie. Mais voilà, et donc, il y a toujours un déchet qu'il faut éliminer. Et tous les jours, nous produisons des radicaux libres, tous les jours. Et par contre, tous les jours, nous les détruisons grâce à des antioxydants. Un antioxydant, c'est quoi ? C'est une molécule qui va donner un électron à un radicalisme. Donc, un radicalisme, c'est de l'oxygène qui a capté un électron trop chaud. Et pour le refroidir, il va aller voler un autre électron, un deuxième électron. Et l'antioxydant donne cet électron. D'accord ? Il se sacrifie. Et ça calme le ventre. L'antioxydant, c'est un extincteur. Sauf qu'une fois que vous avez utilisé l'extincteur, il faut le remplir à nouveau. Une fois que vous avez jeté votre seau d'eau sur le feu, il faut aller le remplir, sinon le seau d'eau, il est vide. Donc, il faut recycler tout ça. Donc, finalement, la vie est associée à la production de déchets que nous devons gérer par un système antioxydant. Et bien sûr, très rapidement, la cellule s'est dit, bon, c'est sûr qu'on augmente par 18 fois notre production d'énergie, mais à côté de ça, on a les déchets, Alors, soit on rejette, on recrache la bactérie, soit on trouve une parade et on met en place des systèmes antioxydants. Évidemment, c'est ce qui a été choisi de mettre en place des systèmes antioxydants. Et parmi ces systèmes antioxydants, il y a notamment le glutathion dont on a peut-être entendu parler, glutathion réduit, etc. Il y a toute une série.
Alors, évidemment, comme vous imaginez, lors de la photosynthèse, il y a beaucoup d'électrons à haute énergie qui vont être produits et les plantes se sont protégées en produisant énormément d'antioxydants qu'on appelle les caroténoïdes. Tous les pigments, pigments orange, méta-carotène, la vitamina, le lycopène, le pigment rouge. Et quand nous consommons ces légumes, nous aidons nos cellules dans la lutte contre les radicaux libres. Ce sont les anti-Occident. D'accord ? La preuve, c'est que, par exemple, on sait que les personnes qui mangent beaucoup de fruits et légumes ont beaucoup moins de risque de cancer que ceux qui n'en mangent pas. Ce qui montre bien, le cancer, c'est une maladie associée au vieillissement, en tout cas, c'est un des paramètres, et c'est dû à des mutations. L'imitation, c'est une modification du message génétique qui est due au fait qu'on a oxydé nos gènes.
Alors, pour votre public, un gène, c'est une recette avec des instructions qui sont mises par des lettres qui sont assemblées comme une phrase. Et le radical libre, l'oxydant, c'est comme si on allait brûler une partie du texte et vous ne savez plus lire. Donc, à la limite, vous ne savez plus faire la recette. Et donc, on va se défendre avec des antioxydants pour protéger ce qu'on a le plus fait, notre patrimoine génétique. Voilà.
Donc, vous avez plus ou moins compris l'histoire. La mitochondrie est une bactérie ancestrale qui a révolutionné la rentabilité énergétique et qui a permis aux cellules eucarides naissantes d'avoir une disponibilité d'énergie incroyable pour pouvoir évoluer et faire beaucoup de choses. Et d'autre part, c'est un peu comme je vous dis, si vous avez un moteur qui ne consomme plus qu'un demi-litre au 100 km, vous allez pouvoir faire beaucoup plus. D'ailleurs, vous allez économiser d'argent, etc. On peut faire d'autres choses. Donc, ça a ouvert les limites de créativité de la vie. Et en même temps, bien sûr, il y a les déchets qui sont les radicaux libres. Et vous le savez, les centrales nucléaires, elles sont très performantes mais il y a les déchets radioactifs qu'il faut gérer. Alors pour le moment, l'homme trouve de les enterrer profondément à un moment donné, ça va remonter à la surface donc c'est ça le problème. Donc à un moment donné, notre Terre, ne va pas pouvoir accumuler tous les déchets de l'activité humaine. Eh bien, c'est ce qui se passe. Nos cellules ne peuvent pas accumuler tout au cours de leur vie les déchets qui sont liés à l'activité de la mitochondrie. Et donc, on va, à un moment donné, il y aura un problème, et c'est ça le vieillissement naturel. L'idée, c'est de ne pas augmenter la production radicolie parce qu'on ne protège pas nos systèmes anti-incendie.
Extrêmement clair, absolument passionnant. La mitochondrie est une petite chose dans notre cellule qui au départ est une bactérie qui a trouvé moyen d'utiliser l'oxygène qui était un déchet pour venir augmenter le rendement énergétique le problème c'est que ça crée des radicaux libres donc des déchets dans la cellule qui doivent être compensés ou qui doivent être débarrassés par des antioxydants et quand il y a trop de déchets ou quand il y a un déséquilibre dans le fonctionnement mitochondrial qui est censé produire de l'énergie, la machine peut être enrayée Et ça, est-ce que c'est à l'origine de toutes les maladies ? Est-ce qu'un trouble au niveau de la mitochondrie, dans son rendement ou dans ses déchets, peu importe, va forcément conduire à de la maladie ou à n'importe quelle maladie qu'on connaît ?
Absolument. Alors il y a un article qui s'intitulait « Le vieillissement, tous les chemins mènent à la mitochondrie ». Alors, si votre mitochondrie ne fonctionne pas, vous allez avoir un problème de diabète, d'obésité, troubles immunitaires. Ah oui, tous les chemins. Je défie, d'ailleurs j'avais fait ça sur une émission, j'ai défié les auditeurs de me mettre une pathologie et de retrouver le lien avec la mitochondrie. Tout est lié à la mitochondrie. C'est évident puisque la vie, c'est la relation entre énergie et matière. Sans énergie, il n'y a pas de vie. alors Jérôme je vous donne un milligramme de cyanure vous êtes mort instantanément pourquoi le cyanure va bloquer la mitochondrie plus d'énergie, donc entre plus de mitochondries qui fonctionnent et des mitochondries qui fonctionnent en moitié vous avez toutes les gradations évidemment, Que ce soit le diabète, que ce soit les maladies cardiovasculaires, que ce soit les maladies neurodésiratives, que ce soit les maladies immunitaires, tout provient de déficits mitochondriales et de stress occident. Mettez-moi au défi.
J'évite, quand on comprend par rapport à ce que vous avez expliqué sur le fonctionnement mitochondrial le fait qu'on produit d'énergie cette énergie qui va nous permettre de bouger de courir, de faire des choses de réfléchir etc, mais que forcément ça produit des déchets on peut se dire, par logique par une espèce de bon sens qui ne l'est peut-être pas que moins on produit de déchets moins on va vieillir et moins on va avoir de maladies donc pour produire moins de déchets autant produire moins d'énergie, consommer moins d'oxygène bouger moins, pour essayer d'avoir le moins de déchets qui se cumulent.
Bien écoutez Jérôme vous avez mis le doigt sur un truc hyper intéressant c'est qu'on s'est rendu compte que la seule, stratégie qui a démontré qu'on pouvait augmenter l'espérance de vie ralentir le vieillissement c'était la restriction calorique c'est-à-dire manger moins, mais équilibrer. En fait, chaque fois que vous mangez, vous demandez un surcroît de travail aux mitochondries, puisque vous devez gérer tous les métabolites interminaires, etc. Et donc, on s'est rendu compte que si on réduit la ration calorique d'une souris d'environ 50%, on double quasi sa longévité en bonne santé. Donc, la restriction calorique, c'est ce que vous dites. Si vous sollicitez moins, évidemment, vous n'allez pas pouvoir avoir une énergie de ouf, il faut vous reposer. Si vous mangez moins, vous ne pourrez pas courir, etc. Et donc, si on ralentit, on va vieillir plus longtemps. D'ailleurs, il y a toute série, notamment des gens bouddhistes qui font du jeûne quasi complet, mais qui reste assis au pied d'un arbre, qui ne bouge pas, c'est sûr qu'il dépense très peu et il ne vieillisse pas rapidement. Parce que si vous avez une voiture que vous n'utilisez pas et que vous juste entrounez un petit peu pour ne pas qu'elle rouille, à cause de l'oxygène qui s'infile, eh bien la voiture, vous allez la garder intacte. Donc, évidemment, si on ne sollicite pas de manière excessive un système, on va le préserver évidemment, Donc, restriction calories.
En fait, on a montré que si à partir de 30 ans, vous mangez 40% en moins de calories équilibrées, parce qu'il faut que les mitochondries aient leurs molécules essentielles, et c'est parce que si, comme tout bien, la mitochondrie, si la mitochondrie même de base n'a pas ce qu'il faut, notamment la vitamine B3 qui est une vitamine la plus importante, eh bien, vous allez vivre jeûne plus longtemps, parce que vous n'avez pas survie, vous allez vivre en bonne santé environ 10 à 15 ans en plus mais il faut tous les jours manger 40% moins de calories alors.
Ça c'est une affaire qui fait un peu polémique cette espèce de restriction calorique, pour un individu qui aurait besoin par exemple de 2000 calories par jour pour se maintenir au niveau du métabolisme, ni prendre de poids ni perdre de poids, c'est le nombre de calories dont il a besoin pour fonctionner à l'équilibre, comment est-ce possible qu'une restriction puisse le fermer plus longtemps ? D'un point de vue mitochondrial, je comprends le fait d'essayer d'économiser son énergie, de ne pas trop générer de déchets. Mais de notre côté, est-ce qu'on n'a pas un énorme manque ? Un système qui... Un compte bancaire où chaque mois on est en déficit, il y a plus de sorties que d'entrées, on risque fortement d'arriver à zéro plus rapidement que quelqu'un qui dépense autant qu'il reçoit.
L'idée, c'est que la majorité des humains reçoivent beaucoup plus de calories qu'ils n'en dépensent. On est complètement devenu sédentaire, il n'y a plus d'activité physique. Donc, nous sommes programmés pour marcher 15 km par jour ou en courir 10. Ok ? Qui marche 15 kilomètres par jour ? Tous les jours, tous les jours. Donc, en fait, c'est un équilibre entre l'apport et les dépenses. Et en fait, c'est pour ça qu'on est dans une épidémie d'obésité parce qu'on apporte énormément de calories qui ne sont pas dépensées. Et en plus, on apporte plus des calories riches en micronutriments. Donc, on a des calories vides. En fait, l'épidémie d'obésité, c'est une famine en micronutriments. Et on peut remercier l'industrie agroalimentaire et le raffinage excessif qui est responsable de cela. Donc non, il n'y a pas de polémique. Si vous mangez des calories qui sont suffisantes pour assurer le métabolisme de base, vous allez vivre plus longtemps en bonne santé. Maintenant, si vous êtes un bûcheron, évidemment, vous devez augmenter votre ration calorique. Donc c'est une question d'adéquation entre la quantité de calories que vous dépensez, la quantité de calories que vous introduisez, et un facteur extrêmement important parce que ce n'est pas juste un calcul arithmétique, C'est la manière dont vous allez pouvoir extraire l'énergie avec des moteurs qui fonctionnent bien, des mitochondries optimales. Et d'ailleurs, on a montré que la restriction calorique, si vous avez des carences en micronutriments, ne fait pas son travail. Vous n'allez pas vivre plus longtemps. Parce que la mitochondrie, dès qu'elle dysfonctionne, elle crée ses radicaux d'huile et notre vieillissement accéléré, c'est une rouille accélérée.
Alors, je suis d'origine italienne. Rappelez-vous qu'à un moment donné, les voitures italiennes, elles avaient la réputation de rouiller tout le temps. Et maintenant, elles ne le font plus. Pourquoi ? Parce qu'on a trouvé un système antioxydant, l'anti-rouille. Et maintenant, les voitures italiennes ont une longévité aussi intéressante que les autres. Les voitures nordiques. Donc, à partir du moment où on comprend qu'on met en adéquation la production de déchets et la gestion des déchets, eh bien, on ne souffre pas de l'accumulation des déchets. Donc il n'y a pas de polémique, il n'y a pas de polémique. La restriction calorique adaptée dans l'environnement micro-nutritionnel est la stratégie. On connaît le mécanisme. Le mécanisme, c'est que lorsque la mitochondrie fonctionne au ralenti, il y a moins de gestion d'électrons à haute énergie, donc moins de chutes prématurées, moins d'occasion pour l'oxygène de l'accaparé. Et ceci donne un signal à la cellule que les choses sont un peu calmes et qu'on peut prendre le temps de réparer l'ADN avant que les cellules se divisent.
En fait, lorsqu'une cellule se divise, vous savez que vos cellules de la peau, dans un mois, vous n'aurez plus aucune cellule de la peau. Elles sont toutes remplacées. C'est le taux de renouvellement de la peau. Demain, vous n'aurez plus aucune cellule de l'estomac. Donc les tissus se renouvellent par la division cellulaire, par la mitose. Et avant la mitose, il faut recopier exactement les 3,2 milliards de lettres que forme votre génome. Et la moindre erreur pour avoir des catastrophes majeures, ce sont des mutations, la plupart n'ont pas de conséquences, mais il y en a qui peuvent avoir des conséquences dramatiques, notamment sur le fonctionnement de la cellule. Et c'est l'accumulation de ces erreurs de recopiage, qu'on appelle les mutations, qui va être responsable du fait que la cellule va être enseignée sans ne se fera plus son travail. Quand vous êtes en restriction calorique, la mitochondrie donne plus de temps pour corriger la copie. Donc avant la division, il faut recopier les 3 milliards 200 millions de lettres. La secrétaire qui fait ça, c'est l'ADN polymérase. Elle se trompe, normalement elle a été sélectionnée, elle est hyper performante, elle se trompe une fois tous les milliards. Elle fait une erreur par milliard de lettres, il y a un typo. Ça veut dire qu'à chaque division, il y a un minimum trois erreurs qui vont s'inscrire dans votre génome. Donc, une cellule qui se divise ne sera pas capable de copier à l'identique. Il y aura trois erreurs. Si malheureusement, il y a une oxydation, il peut en avoir mille d'erreurs. C'est pour ça que l'oxydation va accélérer le vieillissement et le risque de cancer. D'accord ?
Donc maintenant, pour pouvoir préserver nos cellules et notre longévité, on a des systèmes de réparation. C'est-à-dire qu'avant d'autoriser la cellule à se diviser, quand on a recopié le génome, il y a une équipe qui va voir, qui va dire est-ce qu'il n'y a pas d'erreur si tu as mis un T à la place d'un A, un G à la place d'un C, etc., et on répare. Eh bien, lorsque vous êtes en restriction calorique, Il y a un mécanisme qui prolonge le temps de réparation. C'est comme si vous aviez un examen et que vous avez une heure en plus pour voir s'il n'y a pas des erreurs et pour éventuellement reviser vos réponses. Et donc, vous avez plus de chances de corriger et de réussir votre examen. Eh bien, c'est ce qui se passe. Donc, la restriction calorique est un système qui a été démontré. On en connaît le mécanisme. Ce sont des enzymes qui jouent un rôle important qu'on appelle les surtides. Et donc on sait que si la restriction calorique est faite correctement en adéquation avec les besoins, évidemment, vous n'allez pas aller mettre en restriction calorique avant de faire le marathon de sable, Jérôme. Il faut être un peu logique.
Donc si je comprends bien, cette restriction calorique, elle est surtout, l'idée c'est évidemment, par rapport à la population générale, de manger moins, que ce qui est fait actuellement, d'avoir un apport calorique qui est moindre, mais ça ne veut pas dire qu'il faut manger moins que ses besoins. L'idée, ça serait de manger au niveau de ce qu'on a besoin et pas au-dessus. Oui, et d'apporter les micro-dutriments indispensables au fonctionnement de nos cellules, notamment des mitochondries.
Alors, on entend dire partout, et ce qui semble assez logique, que l'activité physique, qu'elle soit de type résistance, qu'elle soit de type surtout aussi cardiovasculaire, donc courir, monter en intensité, cardiaque, respiratoire ça augmente l'espérance de vie ça augmente la santé la longévité pourtant il y a quelque chose qui me semble un petit peu un peu paradoxal c'est que tout ce qui est activité physique va augmenter l'activité mitochondriale va augmenter l'énergie qui va devoir être fournie, j'imagine les déchets également et on peut avoir l'impression que plus finalement
On fait d'activité, plus on va créer du déchet, créer de l'enraillement, créer de la problématique, et qu'on va tout faire accélérer. Comment ce paradoxe existe ? C'est quoi le fameux de l'histoire ?
Le fameux de l'histoire est très intéressant, c'est que donc, chacune de nos cellules comptait à environ entre 1000 ou parfois 5000 mitochondries. On va parler du parc mitochondrial. Alors juste pour vous dire que 10% du poids de votre corps, ce sont des mitochondries. Donc, c'est quand même pas rien, 10%. Donc, si vous pesez 70 kilos, vous avez 7 kilos de mitochondries qui sont en train d'activiser pour le moment. Par cellule.
Alors la mitochondrie, vous avez compris, elle est au centre même de la production des radicaux libres. Donc, c'est elle qui va être la première victime de la production des radicaux libres. Et on n'en a pas parlé, mais comme c'est une bactérie ancestrale, elle est venue avec son ADN. L'ADN mitochondrial, qu'on appelle le deuxième génome. C'est un petit ADN tout rond qui fait 16 000 lettres, ce qui est ridicule par rapport aux 3 200 000 lettres du génome nucléaire. Mais il a une importance capitale parce qu'il y a des recettes pour faire des pièces maîtresses des protéines qui vont être impliquées dans la respiration cellulaire.
Donc, au cours de la vie, notre parc mitochondrial, il y a des mitochondries qui sont très performantes et d'autres qui le sont moins. Alors c'est quoi ? Une mitochondrie performante, c'est une qui produit un maximum d'ATP et un minimum de déchets parce qu'elle s'est allégée. Et une mitochondrie moins performante, c'est une mitochondrie qui produit moins d'ATP et plus de déchets. Vous avez compris, et vos auditeurs aussi, que l'intérêt, c'est d'avoir un maximum de mitochondries qui fonctionnent bien, qui produisent beaucoup d'ATP et peu de déchets, et un minimum de mitochondries déficientes qui produisent moins d'ATP et plus de déchets.
Au cours de l'évolution, il y a un système qui a tenté de maintenir le parc mitochondrial dans sa meilleure forme. Un système créé en éliminant les mitochondries les moins performantes par un système qu'on appelle la mythophagie. Elles sont identifiées et digérées. Et elles seront remplacées par les mitochondries les plus performantes qu'on appelle la biogénèse mitochondriale.
Donc, l'idée, je vais reprendre votre exemple d'activité intermittente qui est d'ailleurs connue comme étant une des manières d'augmenter la longévité. Et d'ailleurs, Hippocrate avait dit, nul ne peut se passer d'une activité physique régulière, même les enfants pour rester en bonne santé. Que se passe-t-il ? Quand vous avez une activité physique, en effet, les mitochondries vont devoir se mettre à travailler pour produire l'ATP nécessaire à la contraction musculaire. D'accord ? Donc, si vous avez une activité faible, ce sont les vieilles mitochondries qui sont moins performantes, qui vont dire aux jeunes, allez-y vous. Et puis, si vous augmentez le travail musculaire, les moins performants sont obligés d'y aller. D'accord ? Et donc, comme elles sont obligées de participer à l'effort, elles vont montrer leur déficience. Elles vont commencer à tousser, à produire plus de radicaux libres. Et la production de radicaux libres va faire qu'on va les étiqueter, on va les reconnaître. Et à la fin de la journée, on va rappeler toutes celles qui ont une étiquette. On va dire, les mitochondries qui avaient une petite médaille, venez un peu. Elles pensent qu'on va les récompenser d'avoir contribué à l'effort, malgré qu'elles étaient fatiguées. Eh bien non, on les aligne et on va les gober et les digérer.
Donc finalement, grâce à ces activités intermittentes, on va éliminer les mitochondries les moins performantes. C'est intéressant, ça s'appelle l'hormèse. L'hormèse est un système de régulation où, soumis à un agresseur modéré, on s'adapte en devenant plus fort.
Alors, je vais vous raconter ce qu'il nous a mis sur le chemin de cette hormèse. C'est dans un laboratoire qui étudie le vieillissement. Alors, quand on étudie le vieillissement, évidemment, on prend une espèce animale qui a une longévité courte, à un mois, notamment le ver Nematos, *Caenorhabditis elegans*, c'est un ver rond. Il a une longévité de un mois. Alors, le chercheur, il a mis de l'arsenic. À dose normale, la bête meurt tout de suite. Puis elle a diminué de moitié, elle vivait moins longtemps. Et puis, à un moment donné, une dose plus faible ne changeait pas la longévité. Et une dose très faible augmentait la longévité. Donc, il s'est posé la question, pourquoi est-ce qu'en mettant un poison à très faible dose, le ver vit plus longtemps ? Et il a compris qu'en mettant un petit peu de poison, les mitochondries qui étaient les plus déficientes, elles étaient embêtées et produisaient plus de radicaux libres, elles étaient étiquetées, détruites. Et donc, on favorisait ce renouvellement du parc mitochondrial. Et c'est ce qui se passe avec le jeûne intermittent, c'est ce qui se passe avec l'activité physique intermittente, c'est ce qui se passe avec le froid intermittent, la chaleur intermittente, etc. On fait sortir du bois les mitochondries les moins performantes et on les élimine, et on ne demande plus performance de se diviser. Ça s'appelle hormèse.
Donc le paradoxe, ce n'est pas un paradoxe, c'est une réalité. Mais je vous déconseille quand même de prendre des poisons comme de l'arsenic à faible dose. En tant que stress, il vaut mieux utiliser l'activité physique que l'arsenic pour faire le tri des bonnes et des mauvaises mitochondries. Je pense que c'est plus raisonnable, en effet. C'est plus sage. Et en fait, c'est une question de stress qui va permettre ce système-là, et l'activité physique est peut-être le meilleur stress qui peut exister pour maintenir au maximum ces fonctions. Je ne dirais pas ça, le meilleur stimulus. Ça, c'est une connotation, c'est un stress physiologique. On va dire même, c'est une mise sous pression du parc mitochondrial pour identifier les mitochondries les moins performantes. Par exemple, pour que votre auditoire comprenne, vous devez faire une équipe de 10 coureurs pour aller à un championnat. D'accord ? 10 coureurs et vous avez une population, vous ne les connaissez pas, vous en avez 100. Vous allez choisir les 10 les plus performants. Donc, vous allez d'abord leur faire courir un kilomètre, vous allez prendre les 20 premiers. Et puis pour pouvoir choisir les meilleurs, vous allez remettre un sac de 10 kilos sur le dos et vous allez reprendre. Et comme ça, au fur et à mesure, vous allez éliminer, vous allez sélectionner les plus performants. C'est ça qu'on fait, une sélection des plus performants par l'activité physique intermittente.
Très clair. Et est-ce que l'activité physique, également, en plus de trier les plus performantes, va permettre d'améliorer leur système, d'améliorer leur rendement, leur qualité, leur capacité ? On fait souvent le lien avec la VO2max en posant la question. Vous avez la réponse. Oui, c'est pour essayer un petit peu les questions rhétoriques pour essayer de comprendre finalement comment l'activité physique, en plus de garder les plus performantes, vont permettre de les améliorer.
Alors, on a montré que l'activité physique intermittente, en permettant le renouvellement d'un parc mitochondrial optimal, permet de de de de de de de de. Ce sont les mitochondries musculaires qui sont les premières en première ligne pour gérer la glycémie après que vous ayez mangé. Ce sont les mitochondries du muscle qui vont absorber le glucose et le stocker sous forme de glycogène et donc permettre à l'insuline de faire son travail sans qu'on ne doive produire trop d'insuline. On a montré que lorsque vous avez une activité physique intermittente et un diabète en progression, et bien, en renouvelant le parc mitochondrial, vous renormalisez vos métabolites glucido-insuliniques. Donc, voilà quoi, tout va mieux quand vous avez des mitochondries qui vont bien. Sur la VO2max également, c'est un marqueur qui permet de mesurer la capacité qu'on a à utiliser l'oxygène. Donc, ça, c'est directement lié avec les mitochondries. Et est-ce que, du coup, l'entraînement à haute intensité, qui permet d'augmenter la VO2max, en réalité permet d'augmenter la productivité des mitochondries également, ou leur capacité à être plus performante ?
Vous avez tout compris. L'entraînement va sélectionner les mitochondries les plus performantes, c'est-à-dire qu'ils consomment de l'oxygène, ils en produisent peu de radicaux libres, ils produisent beaucoup d'ATP. Et vous augmentez toutes vos performances à tous les niveaux, au niveau cérébral, au niveau musculaire, au niveau cardiaque. Alors, 40% du poids du cœur, c'est des mitochondries. 40%. Vous prenez un cœur, la moitié, c'est des mitochondries. Pour vous rendre compte de ça.
Alors, j'ai entendu dire que les mitochondries, la quantité qu'on avait à la naissance de mitochondries, elle était transmise par la mère. Ça, déjà, est-ce que c'est une information qui est vraie ? Et est-ce que ça voudrait dire qu'il faudrait mettre toutes les femmes à l'activité physique et à une bonne gestion de l'alimentation et des antioxydants pour qu'elles puissent produire des enfants qui eux-mêmes auront un bon taux de mitochondrie dès la naissance ?
Bon, il y a du vrai et du pas vrai dans ce que vous dites. Donc, nos mitochondries sont exclusivement d'origine maternelle. C'est-à-dire que le père ne contribue pas au parc mitochondrial, directement. Alors, je vous l'ai dit, les mitochondries de l'ovule sont celles qui vont devenir les mitochondries de l'enfant, qu'il soit de sexe féminin ou masculin. Donc, l'ovule, il est pondu par l'ovaire et il va aller attendre le spermatozoïde dans la trompe de Fallope, la trompe utérine. Et le spermatozoïde, lui, c'est une cellule qui va devoir, après une compétition de la mort qui tue, arriver à l'ovule. Déposée dans le cul-de-sac vaginal postérieur, lors d'un ébat amoureux qui veut créer la vie, le spermatozoïde, il y en a environ de moins en moins, mais au départ, un éjaculat de 3 ml, c'est un million de spermatozoïdes. Seul un va arriver. Mais depuis le cul-de-sac vaginal postérieur à la trompe, il y a l'équivalent taille correspondante de la distance Terre-Lune. Les mitochondries des spermatozoïdes sont hyper développées et sont dans le moteur même qui va alimenter le flagelle, flagelle qui va permettre un mouvement. Et donc, au bout de la course, les mitochondries, elles sont mortes, elles sont brûlées. Donc, encore bien qu'elles ne vont pas contribuer au parc mitochondrial du futur enfant parce que ces mitochondries, c'est comme le moteur d'une voiture qui a roulé pendant 24 heures au maximum. Donc, quand le spermatozoïde arrive à l'ovule, le vainqueur, il laisse ses mitochondries dehors. Il n'y a que son génome.
Alors quand je dis que ce n'est qu'en partie vrai, c'est parce qu'au cours de l'évolution, l'ADN mitochondrial contient les recettes pour 13 protéines, des éléments qui constituent les blocs de la respiration cellulaire, ok, 13 protéines. Mais en 1,6 milliard ou 300 millions d'années, la mitochondrie s'est vu attribuer de nouvelles fonctions grâce à des protéines qui sont produites à partir des recettes de la bibliothèque du génome nucléaire. Et là, on a la moitié des livres qui viennent de maman et la moitié de papa. Donc, il y a environ 500 protéines qui dépendent pour moitié de maman et pour moitié de papa qui vont jouer un rôle pour la mitochondrie. Donc là, mais c'est vrai que les maladies héréditaires mitochondriales sont quasi exclusivement d'origine maternelle. Ok. Ok ? Mais le père contribue indirectement. Par les gènes. Voilà. Donc, si vous voulez juste traîner votre mère en justice parce que vous êtes fatigué, donc, il faudra, c'est plus compliqué que ça.
Est-ce qu'il y a un âge, pendant lequel il est vraiment intéressant d'axer l'amélioration de ces mitochondries ? Est-ce que par exemple, quand on est enfant ou adolescent, c'est vraiment une fenêtre de tir très intéressante pour maximiser les activités physiques, pour essayer d'augmenter ou d'améliorer le plus le pool qu'on va avoir ensuite toute la vie, qui va, j'imagine, se décroître petit à petit ? Est-ce que ça peut marcher comme ça ?
Non. En fait, l'activité physique doit être régulière à vie, tout le temps. À vie, tout le temps. Et d'ailleurs, dès que vous arrêtez l'entraînement, vous perdez votre VO2max, ça chute rapidement. Il faut renouveler, c'est un processus. Il faut environ 1 à 3 mois pour retrouver une VO2max, c'est la preuve. Alors évidemment, plus vous partez de haut, au moins vous descendez bas, mais c'est un exercice à vie. Activité régulière à vie. Il n'y a pas d'âge ou de moments particuliers dans la vie où c'est plus intéressant d'aboyer encore plus pour optimiser l'ensemble. Non, non. Et d'ailleurs, avoir une activité physique trop intense va avoir le potentiel d'abîmer tout votre parc mitochondrial. Et d'ailleurs, par exemple, je me rappelle d'avoir croisé lors de mes voyages à l'aéroport celui qu'on appelait le cannibale, c'est-à-dire un des champions de vélo, Eddy Merckx, qui a lui sollicité son parc mitochondrial de ouf, eh bien, il était en syndrome métabolique et en excès de poids parce que toutes ces mitochondries, la moindre mitochondrie a été sollicitée et s'est abîmée. Donc, on sait que les sportifs de haut niveau qui n'ont pas fait attention, qui ont vraiment poussé trop là, ils ont tellement abîmé leur parc mitochondrial qu'après, ils ont du mal, ils ont du mal.
On sait la limite, justement, à partir de quand on peut considérer qu'on est sur-intense dans son entraînement ?
Dès que vous êtes en exercice anaérobie, c'est-à-dire dès que vous dépassez votre capacité mitochondriale, dès que vous êtes au-delà de la VO2max, vous allez abîmer vos mitochondries. Parce que ça veut dire que vous demandez un effort trop important pour la capacité des mitochondries. Et même, généralement, on est signe qu'il faut avoir une activité en moyenne à 80% de la VO2max. Ce n'est plus de temps en temps des petits pics pour aller titiller les mitochondries les moins performantes pour les éliminer. Ce qui correspond aux érudits à un maximum de basse intensité zone 2 dans la semaine et puis avoir un à deux grands maximum de pics d'entraînement VO2max entre zone 5. Donc non seulement intuitivement ça fonctionne mais mécanistiquement on peut l'expliquer.
Hyper intéressant. Est-ce qu'on constate également un moment dans la vie, alors vous avez parlé de 30 ans à un moment donné, c'était un âge charnière, est-ce que c'est à partir de là qu'on constate un drop de mitochondrie, plus que d'habitude à activité physique égale on va dire, ou alors ça bouge pas, on arrive à maintenir le plus longtemps possible ?
La règle, c'est qu'il n'y a pas de règle. Tout ça dépend de votre mode de vie, de votre héritage polymorphogénique et ça dépend également, Jérôme n'en a pas parlé, du microbiote intestinal. Et ça, c'est intéressant. Alors, vous savez qu'aujourd'hui le microbiote intestinal, on en parle partout. Vous faites un micro-trottoir, tout le monde a entendu parler du microbiote intestinal, peu ont entendu parler du mytobiote. Non, je l'aime le sourcil, non, le mytobiote, non. Le mytobiote, c'est le parc mitochondrial, c'est l'ensemble de vos mitochondries, ça s'appelle le mytobiote, d'accord ? Intéressant. Donc, vous aurez appris et vos auditeurs aussi. Et je mets mon billet parce que je suis sûr que d'ici 10 ans, le mytobiote sera aussi populaire que le microbiote. Et alors, l'idée, c'est que le mytobiote est contrôlé par le microbiote. Alors, comment ? Eh bien, comment ? Eh bien, parce qu'en vérité, les mitochondries sont des bactéries ancestrales. Qui ont gardé le même langage moléculaire que nos bactéries contemporaines. Et donc, il y a un ensemble de molécules, notamment de signalisation, qui sont produites par les bonnes mitochondries, par les bonnes bactéries intestinales, les bactéries eubiotiques, qui sont en communication constante, qui parlent au mytobiote. Et toute perturbation de ce langage va affecter le mytobiote, notamment au cérébral. C'est pour ça qu'il y a un lien aujourd'hui énorme entre dépression, dysbiose, mitobiote et microbiote. Par exemple, certaines bactéries qui sont dysbiotiques, des méchantes bactéries, produisent des substances qui sont toxiques pour les mitochondries, notamment cardiaques et vasculaires. Il y a un lien entre mitobiote et microbiote. Microbiote et mitobiote. Et donc, je dirais que les liens qui ont été établis entre la plupart des maladies et les altérations du microbiote, finalement, sont le reflet de l'altération du fonctionnement du mitobiote. Et on en revient à ce que vous disiez, tout finit par arriver aux mitochondries.
Ce qui nous amène, enfin moi ce qui m'amène en tout cas, à la question clé, on a compris un petit peu le système. Quelles sont les carences qui vont le plus impacter le système mitochondrial ? J'ai l'impression que les antioxydants jouent un rôle peut-être clé, mais est-ce que c'est eux, et parmi eux, lesquels ?
Alors, il y a l'ensemble de micronutriments essentiels. Un micronutriment essentiel, ça veut dire que notre corps n'est pas capable de produire. Si il est matériel et qu'il faut l'apporter telle quelle. Donc, ces molécules sont soit des cofacteurs, soit des précurseurs de molécules qui jouent un rôle majeur dans le fonctionnement de la mitochondrie. Alors, il y a la vitamine B1, qu'on appelle la thiamine, la B2, la B3, la B5. Ce sont quatre vitamines essentielles. La B1, pour pouvoir métaboliser le glucose, notamment au niveau cérébral. La B3, le précurseur d'un transporteur majeur des électrons, celui qui protège l'électron de l'agressivité de l'oxygène. C'est le NAD, c'est un transporteur d'électrons. Il y a la B2 qui est pour un deuxième transporteur, le FAD. La vitamine B5 qui est le précurseur d'un gestionnaire d'un métabolique de la mitochondrie, qui est le coenzyme A. Et donc ces vitamines, si vous ne les donnez pas journellement, parce qu'elles ne se stockent pas, vos mitochondries sont en déficience. Ok ? Par exemple, une carence en vitamine B1 donne une maladie neurologique qu'on appelle le béribéri en carence importante. Il y a aussi une toute une série de nutriments antioxydants, la vitamine E, la vitamine A, un bon équilibre oméga-6, oméga-3 pour la fluidité membranaire. Le sélénium, le zinc, il faut du fer, il faut du cuivre. Mais le problème cuivre et fer, il faut qu'il soit en bonne quantité. L'excès est pro-oxydant, la carence est pro-oxydante, donc il faut bien gérer tout ça. Et puis il y a évidemment, ce qu'on n'en a pas parlé, mais les mitochondries sont considérées comme les biosenseurs des agressions environnementales. Certains médicaments vont avoir une toxicité mitochondriale. Par exemple, l'acétaminophène ou Doliprane ou le Falgon en Belgique et Doliprane en France est toxique pour les mitochondries, notamment parce qu'elle consomme le glutathion, un antioxydant essentiel pour la mitochondrie. La pollution, les pesticides par exemple le Roundup, le glyphosate, toxique pour les mitochondries. Et donc ces mitochondries sont vraiment impliquées par exemple dans le Parkinson. On a mis en lien certains pesticides, notamment chez les viticulteurs des Bouches-du-Rhône. Aujourd'hui, le Parkinson chez ces patients est considéré comme une maladie professionnelle liée à l'altération des mitochondries. D'ailleurs, dans le Parkinson, c'est l'étude du Parkinson qui a permis de mettre en évidence le système de la mythophagie, c'est-à-dire la destruction des mitochondries les moins performantes. Et une des protéines, on lui a donné le nom de Parkinson. Parce que c'était une protéine qui a été identifiée dans le cas de l'étude sur le Parkinson, montrant que les pesticides contribuaient à limiter la mythophagie, c'est-à-dire qu'au niveau du cerveau, il y a des mitochondries abîmées qui ne sont plus éliminées et qui font du dégât et pas d'énergie, et ça finit par détruire les neurones et ça vous donne, entre autres, le Parkinson, également l'Alzheimer. Donc pollution de l'eau, les Pfas, toxiques pour la mitochondrie. Et cette épidémie d'infertilité. Ce que vous savez qu'on estime que d'ici 2050, il n'y aura plus un mâle qui aura des spermatozoïdes fertiles. D'ailleurs, je conseille à vos auditeurs qui ont une bonne production de spermatozoïdes de les congeler parce que ça vaudra de l'or bientôt. Ah oui. À ce point là quoi. Ah oui. Nos mitochondries, imaginez sans mitochondrie, vous n'arriveriez jamais à l'ovule.
Est-ce qu'on constate de plus en plus de difficultés dans les couples à avoir des enfants qui pourraient justement être imputées à ça ? C'est qu'il y a un éjaculat, mais ça ne va pas jusqu'au bout. Il y a des milliers de publications, vous savez quand je vous dis que toi et la météorologie, je ne prends pas beaucoup de risques. D'ailleurs, pour vos auditeurs, je vous l'avais dit, ça fait 30 ans que j'enseigne la nutrition et qu'on me demande d'écrire un livre. Et finalement, parce que je trouve que c'est une responsabilité, j'ai décidé que mon premier livre sera consacré à la mitochondrie. Il paraîtra en édition très bientôt d'ailleurs au mois de mai. Et pour les auditeurs qui s'intéressent, ça restera toute l'histoire de la mitochondrie depuis l'origine de l'univers. D'accord, donc c'est le livre "Mitochondrie, source d'énergie, de santé et de longévité". On est d'accord ? Absolument. Préface du docteur Jean-Paul Curtey et de Philippe Bobola, que je connais également et qui est passé sur ce podcast.
Alors, j'avais reçu également, pour faire le lien entre mitochondrie et cancer, j'avais reçu le docteur Schwartz sur l'émission… Je connais bien M. Schwartz, quelqu'un très intelligent, très pertinent. Un épisode qui avait été beaucoup apprécié et qui avait permis de comprendre un peu plus l'origine du cancer. Il nous explique que c'est un problème de fermentation dans la cellule qui aurait une implication forte dans la cellule tumorale.
Alors, M. Schwartz explique tout à fait justement que tout est une histoire d'électrons. Donc, on en revient finalement au même point. Alors l'électron, soit il sert à produire de l'énergie, soit il sert à produire de la matière, à coller les atomes entre eux. Dans le cancer, on doit faire de la matière, puisque c'est une masse tumorale, ce sont des cellules qui s'accumulent. Et donc, lorsqu'il y a un cancer, les cellules cancéreuses utilisent la mitochondrie comme fournisseur de matières premières pour faire de la matière et donc n'ont pas d'énergie. C'est pour ça que la cellule cancéreuse va consommer beaucoup, beaucoup de glucose parce qu'elle ne va pas extraire, elle revient un peu à l'état avant la mitochondrie parce que là, la mitochondrie sert à produire les matières de construction, pour faire des molécules qui vont permettre aux cellules de se diviser. Et donc, son idée, par exemple, d'utiliser des antioxydants comme le bleu de méthylène, qui est un capteur d'électrons énorme, c'est d'empêcher que la cellule cancéreuse utilise l'électron pour faire de la matière. Alors, dans certains cas, ça marche, dans d'autres, moins bien parce qu'on ne comprend pas encore tout. Néanmoins, le fait que c'est l'effet Warburg. M. Warburg a eu le prix Nobel parce qu'il a montré que les cellules cancéreuses se mettaient en fermentation, c'est-à-dire en fermentation, n'utilisaient plus la mitochondrie et l'oxygène, mais utilisaient seulement la glycolyse qui produit des molécules d'ATP. Mais comme il en faut beaucoup, elles vont consommer, surconsommer le glucose. C'est grâce à cette surconsommation de glucose qu'a été mis au point cette technique d'imagerie dynamique qu'on appelle le PET scan.
J'ai entendu parler du PET scan. Le PET scan, c'est un examen. On vous injecte du... Un produit de contraste ? Glucose radioactif. Et on voit s'il y a des micrométastases qui vont absorber et qui s'allument parce qu'elles sont radioactives, parce que les cellules absorbent le glucose. D'ailleurs, le cerveau qui utilise l'exemple du glucose, il est complètement tout rouge quand on regarde. Mais éventuellement, on verra des métastases qui n'étaient pas visibles au scanner où là, on voit que la matière, et là, on voit qu'il y a une activité métabolique. Et donc, c'est à cause de cet effet de Warburg effect. Et l'idée, c'est en effet de court-circuiter cette stratégie qui a la cellule cancéreuse de mettre les mitochondries hors course pour pouvoir utiliser les pièces de construction de nouvelles molécules. Parce qu'à un moment donné, si l'électron est capté, on ne saura pas construire des molécules et la tumeur se divisera moins, grandira moins en taille.
Il y a quelque chose qui ne m'a pas échappé, c'est cette histoire, enfin sur laquelle j'ai envie de revenir plutôt, sur cette histoire d'antioxydants. Donc la mitochondrie provoquant des déchets sous forme de radicaux libres, il faut consommer des antioxydants qui vont permettre de pomper, de réguler les radicaux libres, de décharger des électrons et de revenir à un équilibre. On va dire d'être capable de gérer ces déchets. Je parle avec Méo, vous me direz si... Non, mais c'est bien. Gestion des déchets. Vous avez déjà vu, quand il y a un problème de gestion des déchets, vous avez vu ce qui est arrivé à Naples ? Non, je ne l'ai pas suivi. Quand Paris s'est mis en grève avec les déchets, privés, ils s'accumulaient, on a eu énormément de rats, ça sentait mauvais, etc. Donc voilà, dès qu'on prend la gestion des déchets, on est un peu dans le caca, comme on dit. D'ailleurs, à ce propos, sur la gestion des déchets et sur l'avenir, j'informe mes auditeurs qu'un épisode avec Gouter Pauly arrive bientôt, il est déjà enregistré, donc je peux le dire, sur l'économie bleue, l'écologie et le futur de l'humanité sur la gestion des déchets, particulièrement intéressants. Donc, à ne pas louper.
Je reviens sur ce que je disais. Les antioxydants, de ce que je comprends, la majorité des antioxydants se trouvent dans les légumes, dans les fruits. On pense aux fruits rouges, on pense aux légumes verts. Ça voudrait dire qu'il faudrait en consommer beaucoup. Ce qui ne va peut-être pas plaire à tous ceux qui défendent le carnivorisme. Comment on appelle ça ? Si, le carnivorisme, c'est ça. Ceux qui ne mangent en fait pas de légumes, pas de fruits, du coup, ils gèrent mal leurs déchets. On va se mettre du monde à dos, là.
Alors, donc... Jusqu'à preuve du contraire, vous, moi et vos auditeurs, nous sommes des humains qui sommes des omnivores. Notre tube digestif, notre métabolisme est programmé pour recevoir un tiers de protéines d'aliments d'origine animale et deux tiers d'origine végétale. Ça, c'est notre programmation. Donc, nous avons un tube digestif qui est programmé pour utiliser un certain nombre de protéines animales. Également, les carbohydrates. On ne doit pas manger que des carbohydrates parce qu'on n'a pas de chambre de fermentation comme le rumen des ruminants, des vaches, etc. Donc, voilà. Donc, tout écart par rapport à cette proportion, là, que ce soit pour des raisons philosophiques ou autres, c'est de l'antiphysiologie, c'est-à-dire qu'on met notre système en difficulté.
Alors, comme on parle également du crudivorisme, manger cru, c'est ignorer l'impact majeur qui a été lié à l'invention du feu, qui a permis d'augmenter la biodisponibilité des nutriments. Quand vous cuisez un aliment, il est beaucoup plus facilement digestible et on en extrait beaucoup plus de nutriments. L'idée, bien sûr, il ne faut pas les brûler, mais la meilleure cuisson, c'est la cuisson à la vapeur. Vapeur à basse température, pas la cocotte minute, évidemment. Donc, voilà. Je pense qu'en effet, les individus qui ne mangent pas suffisamment de légumes sont à risque d'avoir des gros soucis, comme ceux qui ne mangent pas du tout de protéines animales. Il y a des molécules qui sont essentiellement présentes dans les produits d'origine animale, certains acides aminés comme le tryptophane, la tyrosine, etc., comme la vitamine B12. Le Q10 aussi. Le coenzyme Q10 aussi, non ? Il me semble qu'il n'est que dans la viande animale. Ah non, le coenzyme Q10, Jérôme, on le produit nous-mêmes. Sauf si vous prenez des médicaments anti-cholestérol, qui est pour moi une catastrophe nationale, parce que le coenzyme Q10 est produit par la même voie qui produit le cholestérol, et quand on bloque la synthèse de cholestérol, on bloque la synthèse de coenzyme Q10. Et donc les statines, pour ne pas les citer, sont des poisons mitochondriaux. Et aujourd'hui, on a fait le lien entre statine et apparition du diabète de type 2.
Ok, donc on comprend que finalement, on doit consommer d'un petit peu tout en termes de nutrition pour assurer le maximum de nutriments. Et les légumes, bien sûr, bio si possible, en tout cas avec une agriculture raisonnée, sans utilisation massive de pesticides, sans raffinage. Alors, vous devez savoir que quand vous mangez une céréale raffinée, on a mis les tuniques qui sont les structures où se trouvent tous les micronutriments, vitamine B9, métaux, minéraux, etc., magnésium. Et donc, il faut manger complet et bio. Et si vous ne mangez pas bio, il faut manger raffiné. Pourquoi ? Parce que quand l'agriculteur pulvérise ces merdes, eh bien, elle s'accumule sur la tunique et donc, en raffinant, on élimine une partie. Donc, celui qui mange pas bio, et qu'il mange complet, il s'intoxique beaucoup plus que s'il mangeait, pas bio, raffiné. Il n'y a rien qui est bon. C'est ça la difficulté, c'est qu'il vaut mieux manger complet pour avoir des fibres, et finalement, c'est là où se déposent les saloperies. Donc en fait, c'est toujours un jeu entre... En fait, c'est toujours un jeu. De compromis, de toute manière. Oui, de toute manière. C'est comme le poisson, aujourd'hui, le poisson, c'est non seulement manger des pesticides, des métaux lourds, mais également des microplastiques.
Si j'ai envie de savoir, j'ai pas entendu cette histoire du monsieur qui a cherché du poisson et le poissonnier lui met son poisson sur le sur le comptoir comme ça et il dit, je peux pas avoir un sachet ? Il m'a dit, le sachet, il est dans le poisson, monsieur. On en est là. Ok. Par exemple, si j'ai envie de savoir moi où c'est que j'en suis au niveau des mitochondries, est-ce que, sans forcément avoir de maladie, est-ce qu'il y a des signes révélateurs qui peuvent me permettre de savoir quel est l'état de mes mitochondries ? Fatigue, rhume, j'en sais rien.
Oui, c'est ça évidemment. Et d'ailleurs, dans le livre dont je vous parlais, il y a tout un questionnaire qui permet de voir quel est l'état de votre parc mitochondrial avec des évaluations. Et donc, tous ces symptômes, fatigue qui ne répond pas au repos, troubles de la gestion de la glycémie, état émotionnel perturbé, dépression, on sait aujourd'hui que la dépression est liée à un déficit mitochondrial. Ok. Euh, l'incapacité à détoxifier correctement les aliments, par exemple hypersensibilité à l'alcool ou bien au café, etc. Tout ça, ce sont des signes. C'est un ensemble de signes, aspécifique. C'est le fait que plusieurs symptômes existent en même temps qui, évidemment, vont vous orienter vers un déficit mitochondrial.
Alors au niveau biologique, alors il y a au niveau expérimental, on n'a pas vraiment de test spécifique. C'est ma prochaine question. Alors par exemple, dans le monde vétérinaire et notamment dans la gestion des chevaux de course, on peut étudier l'activité du parc mitochondrial. On fait des biopsies à l'aiguille au niveau du muscle et on étudie in vitro la respiration cellulaire des mitochondries. On ne va pas faire ça chez l'humain, bien sûr. Donc voilà, donc on n'a pas vraiment de marqueur sanguin. Ce qu'on peut identifier, voir, c'est est-ce que le patient a suffisamment des nutriments indispensables à la mitochondrie. Dosser le sélénium, le fer, le cuivre, la vitamine D. La vitamine D, elle est hyper importante pour le parc mitochondrial. Ça, les gens ne le savent pas. Jérôme, en fait, le premier rôle de la vitamine D quand elle est apparue au cours de l'évolution, c'était métabolique. Elle contrôle l'activité du parc mitochondrial. Et ce n'est que bien plus tard qu'elle a joué un rôle dans le squelette. Et les doses auxquelles la vitamine D est importante pour les mitochondries sont largement supérieures, voire le double, que celles nécessaires pour avoir un bon métabolisme phosphocalcique. Donc ça, c'est important. Donc il faut avoir un taux de vitamine D aux alentours de 60 à 80 nanogrammes par millilitre pour avoir une bonne activité. Donc la vitamine D, j'ai un rôle important. On va doser la vitamine D, la vitamine A, le sélénium, le cuivre, le zinc et puis les acides gras polyinsaturés, oméga-6, oméga-3. Et puis éventuellement, on peut voir qu'il y a un déficit du parc mitochondrial si le patient présente des signes de stress oxydant, c'est-à-dire que la production de radicaux libres qui n'a pas pu être arrêtée. Et donc, on va avoir des marqueurs radicalaires, notamment l'oxydation de l'ADN ou l'oxydation de certaines protéines comme l'ApoB des LDL. Voilà, ça, on peut faire des bilans et puis corriger. Donc, en fait, ce sont des signes indirects.
Vous parliez des antioxydants. C'est important que les antioxydants, ce n'est pas quelque chose qu'on va prendre comme ça à la légère. Les antioxydants, c'est un ensemble de molécules qui jouent un rôle important, mais qui travaillent de manière coordonnée et collégiale. Par exemple, la vitamine C, qui joue un rôle important, elle est hydrosoluble et elle couvre toute la partie aqueuse de nos cellules. Et quand je lui ai dit, quand elle a fait son taf, son travail, elle a donné un électron au radical libre qui voulait oxyder une molécule. Donc, par exemple, je donne mon électron et maintenant, j'en ai plus à donner puisque je vais donner le mien, il faut que je sois recyclé. Et donc, il y a un autre antioxydant, comme par exemple la vitamine E, qui va lui donner son électron et ainsi de suite. Donc, il y a à un moment donné un jeu, je te défends, mais après je dois moi-même aller rechercher l'électron. Je vais aller re-remplir mon seau d'eau pour pouvoir continuer à éteindre le feu. Et donc, à un moment donné, si il y a un seul antioxydant à haute concentration sans gérer l'ensemble de la collégialité, on risque qu'un antioxydant qui lui est tout oxydé devienne également oxydant. Donc, on peut avoir l'effet inverse. Donc, il ne faut pas prendre des antioxydants sans savoir comme ça et sans les prendre.
Alors un des antioxydants les plus puissants, c'est le glutathion et l'acide alpha-lipoïque. Mais le plus grand générateur d'antioxydants, c'est notamment le NAD qui dépend de la vitamine B3. Puis il y a le bleu de méthylène aussi qui va lui prendre tous les électrons et qui empêche l'utilisation d'électrons pour la synthèse. Mais c'est un autre problème. Donc voilà, donc antioxydants. Et par exemple aussi, il y a des choses qui sont dans le public qui sont fausses, comme dire que le sélénium est un antioxydant. Le sélénium n'est pas un antioxydant, c'est un cofacteur d'un système antioxydant. C'est important parce qu'en avoir plus ne sert pas à lutter contre le stress oxydant. Il faut en avoir la bonne quantité. C'est la carence qui est pro-oxydante, mais l'excès n'est pas anti-oxydant, d'accord ?
Ayant suivi un petit peu les webinaires que vous avez fait sur la chaîne YouTube Pimo Pimocare, c'est ça ? Si je... Pimocare, cet été, qui était très intéressant, qui sont peut-être techniques, qui sont orientés vers ceux qui vont aller sur des explications un peu plus professionnelles, mais il m'a semblé, donc, de ce que j'ai compris, il y a quand même plusieurs suppléments, plusieurs micronutriments qui se détachent et qui ont un rôle particulièrement intéressant pour la mitochondrie. À savoir, donc, vous avez dit l'acide alpha-lipoïque, le PQQ aussi, qui on entend de plus en plus parler, l'astaxanthine, la carnosine. Est-ce que ces éléments-là, on peut... On a compris que ces mitochondries, il faut les garder à bonne santé, et avec le système qui fonctionne le plus longtemps possible. Donc, activité physique, on évite les pollutions, tout ça, très bien. Mais maintenant, si on veut se dire, je prends des nutriments spécifiquement pour améliorer la mitochondrie, est-ce que ceux que j'ai cités, et d'autres encore, on les retrouve nécessairement dans l'alimentation classique ? Est-ce qu'on doit forcément passer par une supplémentation spécifique si on veut particulièrement s'occuper de ces mitochondries ?
Je pense qu'en effet, notre alimentation... Je dirais, de base, aujourd'hui, sauf s'il est...
vraiment hyper méticuleux, que vous choisissez vos aliments, que vous n'allez pas en restaurant, vous ne mangez pas d'aliments ultra transformés. C'est quasi impossible d'arriver à ce stade, n'importe pas ce qu'il faut.
Donc moi, je pense que c'est intéressant de faire des cures, des cures régulières, par exemple, un mois, tous les trois mois, de se faire en petit, et surtout si on a un projet de solliciter, notre parc mitochondrial. Par exemple, vous allez partir en vacances, faire du trek en montagne ou quoi, et bien de bien vous charger en nutriments pour que votre parc mitochondrial soit dans sa meilleure forme possible.
Et pendant l'exercice, de prendre par exemple la carnitine, on n'en a pas parlé, la carnitine, elle est indispensable pour pouvoir brûler les acides gras comme carburant qui apportent deux fois plus d'énergie que les carbohydrates. Et bien quand vous êtes en activité physique d'endurance, eh bien, il faut avoir le complément de L-carnitine parce que nous n'en produisons pas nous-mêmes en quantité suffisante. Nous-mêmes, si tout va bien et qu'on a les bons nutriments, on ne sait couvrir que 25% de nos besoins.
Donc, je pense qu'il faut bien aujourd'hui voir la composition et la quantité de chacun de ces éléments qui est produit dans les compléments pour essayer de ne pas être en excès. Mais moi, je pense que les cures, c'est intéressant. Ok. Est-ce qu'il y a un risque de surdose ? Pour certains d'entre eux, quel serait le risque de surdosage ? Comment on le ressentirait ? Par exemple, vous parliez même de manière générale sur les antioxydants. Est-ce que si on se bourre d'antioxydants, on risque de développer, de sentir, d'avoir une symptomatologie particulière de surdosage ?
Il y a des études qui ont montré par exemple pour la vitamine E, que quand on prend de la vitamine E, mais surtout l'alpha-tocopherol, on augmente le risque de certains cancers parce qu'on crée un stress oxydant, pour les raisons que je vous ai expliquées. En fait, la vitamine E, c'est huit molécules différentes, mais généralement, les compléments qu'on prend, c'est que, un, l'alpha-tocopherol, et ça, ça perturbe tous les équilibres, et ça peut, en effet, avoir plus d'effets négatifs que positifs.
Donc, moi, en général, si vous voulez vous complémenter, mieux vaut le faire après un examen et un bilan parce que quelque chose de bon peut devenir mauvais en excès trop d'informations tuent l'information trop d'argent vous appauvrit etc et.
Selon vous on va arriver vers la fin comment, Quelle serait l'espérance de vie d'un être humain dans des conditions où il aurait tous les micronutriments qui permettraient d'assurer le parc mitochondrial le plus longtemps possible, la bonne activité physique, le non-contact avec des perturbateurs endocriniens, pollution, etc. Si vraiment on optimisait l'ensemble du parc mitochondrial, on pourrait arriver jusqu'à quel âge ? Est-ce qu'on serait capable de ralentir voire d'inverser le vieillissement d'une certaine façon ?
On pourrait en tout cas augmenter l'espérance de vie en bonne santé. Je pense qu'on a estimé plus ou moins, d'après mes lectures, on pourrait aller jusqu'à 125 années. Ça vaut le coup. Pour ceux qui veulent durer, qui veulent avoir des choses à faire dans leur vie, pour ceux qui s'emmerdent, ça peut être un peu long.
Alors le problème aussi c'est que, comme vous l'avez dit, c'est que la base, la mitochondrie de base, elle nous est léguée par notre maman. Donc on a assisté au fait que le legs de mitochondrie se fait de plus en plus tard. Puisque avant la programmation familiale, c'était aux alentours entre 20 et 25 ans. Maintenant, c'est plutôt entre 35 et 40 ans, c'est-à-dire que c'est une période de vie où le parc mitochondrial et les mitochondries des ovules sont soumises à plus d'agressions. Et donc d'emblée, l'humain part avec un parc mitochondrial qui a un risque d'être plus abîmé que qu'avant. Ceci peut contribuer déjà à partir avec une espèce de handicap.
Donc je pense qu'il est important, comme vous l'avez dit, il est important pour les jeunes femmes. Elles ont une responsabilité énorme pour l'humanité. C'est d'emblée de respecter leur parc mitochondrial jusqu'à ce qu'elles lèguent à la prochaine génération. Bon, mesdames, faites des enfants jeunes. Ça ne va pas plaire à tout le monde, je pense. Ça va rentrer dans quelques conflits sociétaux. Mais bon, la science a l'air de dire ça.
Est-ce qu'on peut s'imaginer, dans un futur dystopique, qu'il pourrait y avoir une certaine forme d'eugénisme, en sélectionnant des femmes ou des femelles, si on parle d'animaux, jeunes, ou en mesurant le taux de mitochondrie de sa partenaire. On peut tout imaginer l'homme est suffisamment fou que pour imaginer des choses incroyables, le transhumanisme est quelque chose qui existe déjà, par contre on peut imaginer de greffer des mitochondries de transférer des mitochondries j'allais y venir, Donc, on a montré qu'on pouvait injecter des mitochondries qui vont être absorbées et guérir des diabètes chez la souris. Donc, on peut réinjecter des mitochondries dans des cardiomyocytes, des cellules musculaires qui ont souffert. Parce que quand vous avez un infarctisme myocardique, il y a une partie du cœur qui meurt, qui se nécrose, et il y a une partie où il y aura ce qu'on appelle une hypoxie, c'est-à-dire une souffrance par manque d'oxygène, et le parc mitochondrial va être méchamment boxé. Et là, il y aura un stress oxydant, le muscle sera moins performant. On a montré qu'on peut aller remplacer et faire des transferts mitochondriaux.
Donc, c'est assez... Alors d'ailleurs, ce qui est incroyable, c'est que même les cellules cancéreuses sont capables d'aller voler des mitochondries à des cellules normales pour ne pas... Parce qu'en fait, si quand la tumeur grossit, elle met de côté la production d'énergie par les mitochondries, lorsqu'elle part au métastaser, elle réactive les mitochondries. Et elles sont capables d'aller siffler les mitochondries des cellules de notre corps pour avoir le moteur nécessaire pour pouvoir migrer. Donc c'est un truc de ouf. Ok. Là, on est dans une certaine forme de traitement futur, un traitement anti-âge qui va se développer sur les prochaines années. Ok.
Dernière question, vous avez fait une petite prédiction tout à l'heure sur le fait que le mythobiote... Non, le mythobiote... Le mythobiote... Le mytobiote allait devenir extrêmement tendance, ça allait devenir mainstream dans les prochaines années, de la même façon peut-être que les greffes de mitochondries. Est-ce qu'il y a d'autres prédictions que vous avez envie de faire, que ce soit sur des découvertes, des recherches, des orientations scientifiques sur le vieillissement et où les mitochondries ?
Ma prédiction, c'est que la médecine mitochondriale qui commence à prendre ses lettres de noblesse et ses fondations, sera, et pour moi, et sera la mère de toutes les médecines. C'est-à-dire que demain, je pense que toutes les spécialités devront s'intéresser au parc mitochondrial, que ce soit en neurologie, que ce soit en cancérologie, que ce soit en fertilité, que ce soit en maladies auto-immunes, etc., en métabolisme, cardiovasculaire, on ne pourra pas échapper à l'optimisation du parc mitochondrial.
Alors, ça posera un problème parce que, sauf si on a des techniques brevetées qui rapportent de l'argent au vit pharma via des brevets, mais aujourd'hui, ce sont des démarches qui ne sont pas brevetables, comme de manger correctement, de faire de l'activité. On ne peut pas profiter de l'activité intermittente, on ne peut pas profiter du jeûne intermittent. Donc, je pense que ce sera, pour moi, c'est un retour aux valeurs essentielles de la santé et aux choses qu'Hippocrate, il y a 2400 ans, déjà dit, activité physique, respect de l'intestin et que l'alimentation soit un premier métier. Alimentation saine, bien sûr, avec des techniques qui respectent les équilibres. Voilà ma prédiction ma prédiction c'est que l'avenir se trouve dans le passé.
Nitochondrie, source d'énergie, de santé et de longévité, votre livre qui sortira en mai 2026, au moment où cet épisode sortira, ça devrait être le cas le 7 mai exactement, j'ai la date en face de moi, on a hâte de le lire, de le commander, on mettra le lien dans la description de l'épisode pour ceux qui veulent aller regarder. Également, vous intervenez au Potentiel Humain exactement, qui est prévu pour mai. Oui, le 13 mai. Au Pont du Gard. Je vous invite tous à aller, je pense que vous allez mettre le site, vous allez donner les coordonnées. Et donc là, ça va être un week-end qui sera avec Karine Sio, qui est à l'initiative de ce Potentiel Humain, qui sera consacré à la mitochondrie avec plusieurs intervenants, notamment M. Curtey, professeur Vélo, qui parlera de comment la mitochondrie influence l'épigénétique. Il y aura également M. Bobola qui viendra parler. Il y aura d'autres orateurs. Et à cette occasion, je serai ravi de dédicacer mon livre qui sera là pour la première fois disponible. Parfait. Je pense qu'il y aura du monde au tournant, du beau monde en présentation. On mettra le lien du site du Potentiel Humain. Pour ceux qui écoutent cet épisode à la sortie ou sur les semaines qui suivent, Rendez-vous au Potentiel Humain. Pour ceux qui l'écouteront après, peut-être l'année prochaine, en tout cas, il y a le livre.
Merci beaucoup, professeur Castronovo. C'était quand même très intéressant. J'ai l'impression d'avoir fait une espèce d'aller dans le futur sur la médecine et de retourner dans le passé sur la compréhension du vivant. Je pense qu'on ressort avec plus de clés et plus de solutions qu'au début. Donc, je vous remercie, en tout cas, pour avoir participé à cette émission. Est-ce que vous avez un dernier mot.
Je voudrais bien vous donner un conseil à tout le monde. Qui sera en fait à l'origine de mon prochain livre, c'est que pour avoir un bon microbiote, il faut avoir un bon microbiote, et qu'il y a une chose fondamentale que chacun doit faire, peut faire et doit faire journellement, pour assurer un bon microbiote, donc un bon microbiote, c'est manger lentement, bien mastiquer, et d'avaler une fois que la nourriture a été bien mastiquée. C'est une condition indispensable pour avoir un bon microbiote, car une mastication insuffisante et, le gobage de nourriture non mastiquée est la garantie d'une dysbiose, c'est-à-dire une altération du microbiote qui est la garantie d'une altération du microbiote donc voilà, c'est à la portée de tout le monde, mastiquer, manger lentement et calmement voilà, petit message gratuit.
Bon parfait mettez des étoiles sur l'épisode sur Spotify, Apple, Youtube, vous savez, vous partagez c'est comme ça que ça fait vivre l'émission merci beaucoup, merci à tous, à la semaine prochaine pour un prochain épisode.