Transcription
Une par une, toutes les jeunes filles essayèrent le caleçon. Certaines ne pouvaient même pas l'infiler. D'autres voyaient leur beauté intérieure [musique] ou leur laideur d'âme se révéler. Aucune ne correspondait.
"Y a-t-il d'autres jeunes filles dans ce village ?" [musique] demanda le prince, déçu.
C'était un matin comme les autres. Mais pour Yoland, [musique] chaque matin apportait la même douleur. Elle sortit de la case qu'elle partageait avec sa mère Ananga, la tête baissée, le pagne usé serré autour de [musique] sa taille. Dès qu'elle apparut, les rires commencèrent. Un groupe d'enfants qui jouaient près du Baobab Centenaire [musique] s'arrêta net pour la pointer du doigt.
"Regardez, c'est la fille caïan !" cria le plus jeune, provoquant l'hilarité générale.
"Non, c'est plutôt la fille crapau", renchérit un autre, et tous s'enfuirent en imitant des grimaces exagérées. Yolande serra les [musique] dents et continua son chemin vers le puit. Son visage, disait-on tous, était un malheur. Son front était trop large, ses yeux trop petits, son nez trop épaté, ses lèvres trop épaisses. Sa peau, [musique] selon les comèes du village, avait la couleur d'une nuit sans lune. Même sa silhouette maigre et ses membres trop longs faisaient l'objet de moquer incessante.
Au puit, les femmes arrêtèrent leur conversation dès qu'elles la virent approcher. Teba, la plus belle fille du village [musique] se tenait au centre du groupe, drapée dans un pagne aux couleurs éclatantes. Ces tresses [musique] ornées de perles brillaient au soleil et son sourire éclatant attirait tous les regards.
"Tiens, voilà celle qui fait fuir les prétendants", lança Tba avec un rire cristallin. "Ma pauvre [musique] Yolande, même les esprits de la forêt ne voudraient pas de toi." Les autres femmes gloussèrent.
Yolande puisa son eau en silence, habituée à ses humiliations quotidiennes. [musique] Elle avait appris depuis longtemps que répondre ne faisait qu'empirer les choses. Sa mère, Ananga, lui avait dit un jour, les larmes aux yeux : "C'est le destin, ma fille, nous devons l'accepter."
Mais comment [musique] accepter d'être traité comme un monstre ? Comment accepter de voir sa propre mère détourner parfois le regard, comme si la simple vue de sa fille lui causait de la peine ? [musique]
Alors que Yolande remontait vers sa case, une agitation soudaine envahit le village. [musique] Le tamtam royal raisonnait depuis la place centrale. Les villageois accouraient de toutes parts, formant un cercle autour du messager du palais. C'était un homme grand et imposant, vêtu d'une tunique brodée aux armes du royaume.
"Oye ! Oye ! Brave Jean de Mbanomo !" cria-t-il d'une voix forte. "Notre bien-aimé prince Tala a décidé qu'il était temps de prendre épouse. Dans 7 jours, il organisera un grand bal au palais. Toutes les jeunes filles du royaume sont invitées." [musique]
Un tonnerre d'exclamation et de cris de joie explosa dans la foule. Les jeunes filles se mirent à rire [musique] et à danser, imaginant déjà leur vie de princesse. Atéba bomba le torse, certaine que le prince la remarquerait entre toutes.
Yolande, restée en retrait derrière un mur, sentit son cœur se serrer. Un bal, le prince, une épouse, ces mots appartenaient à un monde qui n'était pas celui-ci, un monde réservé aux belles jeunes filles comme Teba. Elle, Yolande, n'avait pas sa [musique] place dans de telles festivités.
Elle rentra dans la case et déposa sa calebasse d'eau. Sa mère était assise sur une natte, occupée à trier des graines de maïs.
"Tu as entendu la nouvelle ?" demanda Ananda sans lever les yeux. "Le prince organise un bal."
"Oui maman."
"Toutes les filles y vont, même celles des villages voisins viendront." Un silence pesant s'installa.
"Tu ne penses quand même pas y aller, Yolande ?"
La jeune fille secoua la tête, la gorge nouée. "Non maman, je sais que ce n'est pas pour moi."
Ananga [musique] soupira, un mélange de soulagement et de tristesse dans le regard.
Cette nuit-là, allongée sur sa natte, Yolande [musique] pleura en silence. Elle pleura sur sa vie, sur son apparence, sur ce bal auquel elle ne pourrait jamais assister. Elle pleura jusqu'à ce que le sommeil l'emporta enfin, ignorant que son destin était [musique] sur le point de basculer de la manière la plus extraordinaire qui soit.
Les jours suivants furent un supplice pour Yoland. Partout dans le village, on ne parlait que du bal du prince. Les jeunes filles passaient leur journée à se parer, [musique] à essayer des pagnes colorées, à se coiffer mutuellement en riant. Les mères cousaient frénétiquement de nouvelles tenues pour leurs filles, [musique] espérant que l'une d'elles serait l'élue.
À tes bas paradis dans le village, comme si elle était déjà princesse. "Le prince Talabera à mes pieds dès qu'il posera les yeux sur moi", [musique] déclara-t-elle à qui voulait y entendre. "Je suis la plus belle après tout. C'est évident que je serais choisie."
Yoland tentait de se rendre invisible, mais même cela était impossible. Un après-midi, alors qu'elle revenait des champs avec un panier de manioc sur la tête, un groupe de filles la croisa sur le sentier.
"Oh, regardez !" s'exclama l'une d'elles. "Yolande aussi va au bal." Les rires éclatèrent, cruels et perçants comme des flèches.
"Imagine la tête du prince s'il voyait", dit une autre. "Il prendrait la fuite et ne se marierait jamais. Ou alors il la nommerait gardienne des crocodiles du palais. Au moins, elle ne leur ferait pas peur."
Yoland laissa tomber son panier et se mit à courir, les larmes brouillant sa vue. Elle courut sans s'arrêter, [musique] dépassant les limites du village, s'enfonçant dans la forêt dense qui bordait Bancomo. Les branches la griffaient, les épines déchiraient son pagne, mais elle continuait, [musique] poussée par une douleur trop grande pour être contenue.
Finalement, épuisée, elle s'effondra au pied d'un immense fromagé. Elle pleura [musique] toutes les larmes de son corps, maudissant le jour de sa naissance, maudissant son apparence, maudissant ce bal qui lui rappelait qu'elle ne serait jamais comme les autres.
"Pourquoi ?" sembla-t-elle demander au ciel. "Pourquoi suis-je née ainsi ? Qu'ai-je fait pour mériter tant de souffrance ?"
La nuit commençait à tomber. [musique] Yolande réalisa soudain qu'elle s'était perdue. La forêt s'assombrissait rapidement [musique] et les bruits nocturnes commençaient à s'élever. Ululement de chouette, craquement de branches, cri lointain d'animaux sauvages. [musique] La peur s'empara d'elle. Elle se releva et tenta de retrouver son chemin, mais chaque direction semblait [musique] identique. Elle tournait en rond depuis près d'une heure quand elle aperçut une faible lueur entre les arbres. Une fumée s'élevait dans le ciel sombre, une case.
Yolande [musique] s'approcha prudemment. La hutte était vieille, construite de bambou noircis et couverte de feuilles de palmier. Des crânes d'animaux et des calbasses remplies de plantes mystérieuses pendaient à l'entrée. Une odeur étrange flottait [musique] dans l'air, mélange d'herbes inconnues.
"Entre, enfant !" dit une voix depuis l'intérieur. "Je t'attendais." Le sang de Yolande se glaça. "Comment cette personne [musique] pouvait-elle savoir qu'elle était là ? Devait-elle fuir ? Mais où irait-elle dans cette forêt hostile ?"
"N'aie pas peur", reprit la voix. "La nuit est dangereuse pour une jeune fille seule. Entre te réchauffer près des feux." Tremblante, [musique] Yolande écarta le rideau de perles et pénétra dans la case. Ce qu'elle vit la stupéfia. Une vieille femme était assise près d'un feu. Son visage ridé comme l'écorce d'un baobab millénaire. Ses yeux, pourtant, brillaient d'une intelligence perçante qui semblait lire directement dans l'âme. [musique] Des gris-gris et des amulettes couvraient ses bras décharnés.
"Assieds-toi, Yoland. Comment connaissez-vous mon nom ?" balbutia la jeune fille.
"Je suis Mbala, la gardienne de la forêt. Je connais beaucoup de choses, mon enfant. Je connais ton nom, ta douleur et la raison qui t'a mené [musique] jusqu'à moi ce soir."
Yolande s'assit, fascinée et terrifiée à la fois.
"Tu pleures parce que tu te crois laide", dit Mbala de sa voix [musique] grave. "Tu pleures parce qu'un prince organise un bal et que tu penses ne pas mériter d'y aller."
Les larmes recommencèrent à couler sur les joues de Yoland.
"C'est vrai, vénérable Mbala. Je suis un monstre. Personne ne me regarde sans détourner les yeux. Comment pourrais-je aller à un bal royal ?"
La sorcière la fixa longuement, puis un sourire étrange apparut sur ses lèvres.
"Et si je te disais que je peux te rendre belle, si belle que [musique] le prince lui-même ne pourrait détacher son regard de toi ?"
Le cœur de Yolande s'arrêta de [musique] battre. "Est-ce... Est-ce possible ?"
"Tout est possible, enfant, mais la magie a toujours un prix. Es-tu prête [musique] à payer ce prix ?"
Yolande hocha la tête sans hésiter. À cet instant précis, elle aurait accepté n'importe quoi pour échapper à sa vie de souffrance.
Mbala se leva et fouilla dans un coffre de bois sculpté. [musique] Elle en sortit un caleçon blanc brodé de fil d'or et de symboles mystérieux [musique] qui semblaient briller dans la pénombre.
"Voici le caleçon ensorcelé", annonça-t-elle [musique] solennellement.
Bala tenait le caleçon magique entre ses mains noueuses, le faisant tourner lentement devant la lumière du feu. Les broderies dorées semblaient [musique] vivantes, ondulant comme des serpents sur le tissu blanc immaculé.
"Ce vêtement est ancien, très ancien", expliqua la sorcière d'une voix grave. "Il a été tissé par les [musique] ancêtres avec les fils de l'aube et les larmes de la lune. Quand tu le porteras, tu deviendras la plus belle créature que ce royaume a jamais vu. Aucune femme [musique] ne pourra rivaliser avec ta beauté."
Yolande tendit une main tremblante vers le caleçon, mais Bala le retira brusquement.
[musique] "Attends, il y a des règles, enfant, des règles que tu dois respecter."
"Absolument. Je ferai tout ce que vous direz, vénérable Mbala. Promis", Yolande, le cœur battant.
"Écoute bien. Premièrement, tu devras retirer ce caleçon chaque soir avant minuit. Si tu le portes au-delà de minuit, la magie se retournera contre toi et tu resteras laide pour l'éternité sans aucun espoir de guérison."
Yolande acquiesça gravement.
"Deuxièmement, tu ne dois jamais révéler l'origine de ta beauté. Si tu parles du caleçon magique à qui que ce soit, il perdra ses pouvoirs instantanément."
"Et troisièmement", Bara marqua une pause, ses yeux perçants fixés sur Yoland. "Souviens-toi que la vraie beauté ne réside pas dans les apparences. Ce caleçon est un test, [musique] mon enfant, un test de ton cœur."
Sans vraiment comprendre ces dernières paroles, Yolande prit [musique] le caleçon avec révérence. Le tissu était doux comme une plume, chaud comme le soleil du matin.
"Va maintenant", [musique] dit Mbala en lui indiquant la sortie. "Le chemin du village t'apparaîtra clairement et porte ce caleçon demain matin quand le soleil se lèvera."
Yolande quitta [musique] la hutte et, effectivement, un sentier lumineux semblait tracer devant elle [musique] dans l'obscurité de la forêt. Elle marcha jusqu'au village, serrant le précieux vêtement contre son cœur, n'osant croire à ce qui lui arrivait.
Le lendemain matin, bien avant l'aube, Yolande s'éveilla. Sa mère dormait encore sur sa natte. Avec des gestes fébriles, elle enfila le caleçon magique sous son pagne. Immédiatement, une chaleur délicieuse l'envahit, partant de sa taille pour se répandre dans tout son corps comme une vague de miel dorée. Elle sentit sa peau se transformer, devenir lisse et douce. Ses membres s'allongèrent gracieusement, ses formes se dessinèrent harmonieusement. Son visage. Oh, son visage. Elle le sentait changer, [musique] se modeler, devenir autre chose. Mais elle n'avait pas de miroir pour voir.
Terrorisée et excitée à la fois, Yolande sortit de la case au moment où le soleil se levait. Et là, le miracle se produisit. Un homme qui passait avec sa machette s'arrêta net, la bouche ouverte. Une femme qui balayait devant sa case laissa tomber son balai. Des enfants qui jouaient restèrent figés, les yeux écarquillés.
"Qui... qui êtes-vous ?" demanda l'homme d'une voix étranglée.
Yolande ne sut quoi répondre. [musique] Elle vit son reflet dans la calebasse d'eau près de la case et faillit s'évanouir. La femme qui la regardait était d'une beauté à couper le souffle. Sa peau brillait comme de l'ébène poli. Ses yeux étaient immenses et lumineux comme des étoiles, ses lèvres pleines et parfaites, son visage d'une harmonie divine.
"Je... je m'appelle [musique] Yolande", dit-elle.
"Yolande ?" répéta l'homme incrédule. "Mais... impossible ! La Yolande que nous connaissons est..." Il s'arrêta, gêné, mais Yolande comprit. Personne ne la reconnaissait. Le caleçon ne l'avait pas simplement embellie, [musique] il l'avait complètement transformée.
En quelques minutes, tout le village accourut pour voir l'inconnu d'une beauté [musique] surnaturelle. Atéba fondit la foule, son visage se décomposant en voyant cette rivale inattendue.
"D'où venez-vous ?" demanda-t-elle [musique] d'un ton sec. "Je n'ai jamais vu personne comme vous dans notre région."
"Je viens d'un village lointain. Je suis venue pour le bal du prince."
Des murmures parcoururent la foule. Atébat devint verte de jalousie.
Ananga, [musique] la mère de Yolande, sortit de sa case pour voir ce qui causait tant d'agitation. Quand elle posa les yeux sur sa fille transformée, elle ne la reconnut absolument pas. Elle la regardait avec le même émerveillement que les autres, sans aucune lueur de reconnaissance dans le regard. Yolande [musique] sentit son cœur se serrer. Sa propre mère ne la reconnaissait pas. Était-ce une bénédiction ou une malédiction ?
Seul Bris le forgeron resta en retrait, observant la scène avec un froncement de sourcils. Il y avait quelque chose dans le regard de cette mystérieuse beauté, quelque chose de familier qu'il n'arrivait pas à identifier, mais il garda le silence, troublé par cette impression étrange. [musique]
"Vous devez venir chez moi", insista une matronne du village. "Vous ne pouvez pas rester dehors comme ça."
"Non, chez moi", réenchérit une autre.
Yolande, dépassée par les événements, accepta finalement l'hospitalité d'une famille. Pour la première fois de sa vie, on l'a traitée [musique] avec respect, avec admiration même. C'était grisant, enivrant, merveilleux. Mais au fond de son cœur, une petite voix lui [musique] murmurait : "Est-ce vraiment toi qu'ils admirent ?"
Le soir du bal arriva enfin. Tout le village était en effervescence. Les jeunes filles s'étaient parées de leurs plus beaux atours, portant des pagnes aux couleurs éclatantes, des colliers de perles et des bracelets qui [musique] tintaient à chaque mouvement. Les mères avaient tressé les cheveux de leurs filles avec art, y entrelaçant des fils d'or et des coris.
Aba [musique] était magnifique dans son pagne rouge sang brodé de fil doré. Elle s'était tendu le corps d'huile de [musique] palme parfumée et portait au cou le collier de sa grand-mère, symbole de noblesse dans leur famille. Elle était certaine de sa victoire jusqu'à ce qu'elle vit Yolande.
La jeune fille transformée apparut vêtue d'un simple pagne blanc, sans bijoux, sans ornement. [musique] Pourtant, sa beauté naturelle éclipsait toutes les autres comme le soleil éclipse les étoiles. Sa peau rayonnait d'une lumière intérieure. Ses cheveux naturels tombaient [musique] en boucles parfaites sur ses épaules et ses yeux brillaient d'un éclat que nul artifice ne pouvait reproduire.
"Ce n'est pas juste", siffla Atéba entre ses dents. "Elle ne porte même pas de bijoux et elle est..." Elle ne termina [musique] pas sa phrase, la rage lui nouant la gorge.
Le cortège des jeunes filles se mit en route vers [musique] le palais, situé au sommet de la colline qui dominait le royaume. Le palais du prince Tala était une merveille d'architecture [musique] avec ses murs de terre rouge décorés de fresques représentant les ancêtres royaux, [musique] ses colonnes sculptées et sa grande cour où brûlaient des centaines de torches. Des musiciens jouaient déjà, les tamtams raisonnant dans la nuit tiède. [musique] Le balafon chantait ses mélodies envoûtantes, accompagné par le son cristallin des calabasses et les voix puissantes des griots qui racontaient la gloire de la lignée royale.
Lorsque Yolande franchit les portes du palais, un silence tomba [musique] sur l'assemblée. Tous les regards convergèrent vers elle. Les conversations s'arrêtèrent nettes. Même les musiciens faillirent perdre le rythme.
Le prince [musique] Tala était assis sur son trône en bois des Bénés, entouré de son conseiller Takam et de ses dignitaires. C'était un jeune homme d'une trentaine d'années au port noble et au regard intelligent. Il avait vu défiler des dizaines de belles jeunes filles [musique] ce soir-là, mais aucune ne l'avait vraiment ému jusqu'à maintenant. Quand ses yeux se posèrent sur Yolande, il se redressa brusquement sur son trône. Son cœur se mit à battre plus vite. Jamais il n'avait vu une telle beauté, [musique] une telle grâce naturelle. Il y avait quelque chose dans son regard, une profondeur, une douceur qui le touchait au-delà des apparences.
"Qui est cette jeune fille ?" demanda-t-il [musique] à Takam, son vieux conseiller.
Le sage plissa les yeux, observant Yolande avec attention. "Je ne sais [musique] pas, mon prince, personne ne semble la connaître vraiment. Elle serait venue d'un village lointain."
Le prince descendit de son trône et marcha directement vers Yolande, [musique] ignorant toutes les autres prétendantes. Atébas sentit son sang bouillir dans ses veines.
"Comment t'appelles-tu ?" demanda Tala d'une voix douce.
"Yolande, votre altesse [musique] !" répondit-elle en s'inclinant respectueusement.
"Yolande !" répéta-t-il comme si ce nom était une mélodie. "M'accordes-tu cette danse ?"
Elle [musique] accepta et le prince la conduisit au centre de la cour. Les musiciens reprirent avec plus d'ardeur et le [musique] couple se mit à danser. Tala ne pouvait détacher ses yeux de Yolande. Ils dansèrent une première [musique] danse, puis une deuxième, puis une troisième. Le prince ne dansait qu'avec elle, oubliant complètement toutes les autres jeunes filles présentes.
"D'où viens-tu vraiment, Yolande ?", [musique] demanda-t-il pendant qu'il tournoyait au son du balafon. "Il y a quelque chose en toi, [musique] une lumière particulière."
Yolande baissa les yeux, troublée. "Je viens d'un endroit où personne ne me voyait, votre altesse."
"Alors, ils étaient tous aveugles", répondit le prince avec un sourire sincère. Les [musique] heures passaient, magiques, merveilleuses. Yolande, pour la première fois de sa vie, se [musique] sentait vivante, désirée, admirée. Elle oubliait sa vraie apparence, oubliait les moqueries, oubliait tout, sauf ce moment parfait.
Dans un coin de la cour, [musique] Atéba complotait avec ses amis. "Il faut découvrir qui elle est vraiment", murmura-t-elle [musique] avec venin. "Cette fille cache quelque chose, j'en suis certaine. Personne n'est aussi parfait naturellement."
Bris, le forgeron, était également présent au bal. Il regardait Yolande et [musique] le prince et cette impression de familiarité le troublait de plus en plus. Il connaissait cette gestuelle, cette [musique] façon de baisser la tête timidement, ce sourire doux malgré tout.
Le conseiller Takam observait aussi, ses vieux yeux perçants ne manquant rien. Il voyait la beauté de Yolande, certes, mais il voyait autre chose. Une tristesse enfouie, une blessure ancienne que même la plus grande beauté ne pouvait effacer complètement.
Yolande dansait, riait, parlait avec le prince, perdue dans son rêve éveillé. Elle ne remarqua pas la grande horloge du palais. [musique] Elle n'entendit pas les premières sonneries de minuit qui commençaient à retentir. Ce n'est que lorsque la deuxième sonnerie résonna, qu'elle se figea soudain. L'avertissement de Mbala lui revint en mémoire comme un coup de tonnerre. "Avant minuit, il faut retirer le caleçon avant minuit." La 12e sonnerie [musique] allait retentir dans quelques secondes.
"Non !" cria Yolande, arrachant sa main de celle du prince. Sans [musique] un mot d'explication, elle se mit à courir vers la sortie du palais, bousculant les invités sur son passage. Le prince Tala, stupéfait, tendit la main vers elle.
"Yolande, attends ! Qu'a-t-il ?" Mais elle ne s'arrêta pas. Elle courait comme si sa vie en dépendait, [musique] traversant la grande cour, dévalant les marches du palais. Dans sa précipitation, elle sentit quelque chose glisser le long de ses jambes. Le caleçon magique, il tombait. Elle tenta de le rattraper mais il était trop tard. Le [musique] vêtement ensorcelé resta sur les marches tandis qu'elle continuait sa course folle dans la nuit. [musique]
Elle ne s'arrêta qu'une fois parvenue à la lisière de la forêt, haletante, le cœur battant à tout rompre. Et là, dans l'obscurité, elle sentit la transformation s'opérer en sens inverse. Sa peau perdit son éclat, ses [musique] tresses se déformèrent, son corps reprit son apparence d'origine. En quelques secondes, elle était redevenue la Yolande que tout le monde méprisait. Elle s'effondra au pied d'un arbre et pleura amèrement. [musique] Le rêve était terminé. Elle avait connu quelques heures de bonheur parfait, quelques heures où elle avait été admirée, désirée, respectée. Et maintenant, [musique] tout était fini.
Au palais, le prince était sous le choc. Il avait envoyé des gardes à la poursuite de Yolande, [musique] mais ils étaient revenus bredouilles. La mystérieuse jeune fille avait disparu comme par enchantement.
"Mon prince !" dit un [musique] garde en s'inclinant. "Nous avons trouvé ceci sur les marches." Il tendit le caleçon blanc brodé de fil d'or. Tala le prit [musique] perplexe. C'était un vêtement étrange qui semblait émettre une faible lueur dans la pénombre.
"Qu'est-ce que c'est ?" [musique] demanda-t-il à Takam qui s'était approché.
Le vieux conseiller examina [musique] le caleçon, ses yeux s'élargissant de surprise. Ses doigts tracèrent les symboles brodés sur le tissu. "Mon prince, ceci est un objet magique très ancien. Je reconnais ces symboles. C'est l'œuvre de la sorcière Mbala, la gardienne de la forêt."
"De la magie !" Le prince fronça les sourcils. [musique] "Que signifie tout cela ?"
"Je ne sais pas encore, votre altesse, mais une chose est certaine, [musique] ce caleçon appartient à la jeune fille qui a volé votre cœur et il est la clé pour la retrouver."
Cette nuit-là, le [musique] prince ne dormit pas. Il tenait le caleçon magique, pensant à Yolande, à son sourire, à la douceur de son regard. Il n'avait passé que quelques heures avec elle, mais il savait déjà qu'aucune autre femme [musique] ne pourrait prendre sa place dans son cœur.
Au matin, il convoqua ses conseillers. "Je vais retrouver Yolande", déclara-t-il avec détermination. [musique] "Toutes les jeunes filles du royaume devront essayer ce caleçon. Celle à qui il appartient sera mon épouse."
La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Des crieurs publics parcoururent tous les villages, [musique] annonçant que le prince recherchait la mystérieuse beauté du bal. Chaque jeune fille devrait essayer le caleçon magique.
Dans le village de Mbangkomo, l'excitation était à son comble. Atéba [musique] exultait. "C'est... C'est évident que ce caleçon m'ira parfaitement", proclamait-elle. [musique] "J'ai la même taille que cette Yolande. Le prince se rendra compte qu'il s'est trompé de fille."
Yoland, elle, était terrifiée. Elle s'était cachée dans la case de sa mère depuis son retour, prétextant [musique] une maladie. Ananga s'occupait d'elle sans vraiment la regarder, comme toujours. [musique]
"As-tu entendu, ma fille ?" dit sa mère en lui apportant une calebasse de bouillie. [musique] "Le prince recherche cette belle étrangère qui est venue au village. Tout le monde pense qu'elle a jeté un sort au prince."
Yolande ne répondit pas, le cœur lourd de culpabilité [musique] et de chagrin.
3 jours plus tard, le cortège royal arriva à Mbangkomo. [musique] Le prince Tala en personne était présent, accompagné de Takam et d'une escorte de gardes. Tout le village se rassembla sur la place centrale.
"Que toutes les jeunes filles en âge de se marier se présentent", ordonna Takam d'une voix forte.
Athba se précipita [musique] en première, sûre de son triomphe. Elle prit le caleçon et tenta de l'infiler. Mais dès qu'elle [musique] le passa sur ses jambes, quelque chose d'étrange se produisit. Son beau visage se tordit, révélant la laideur de son âme. [musique] La jalousie, la méchanceté, l'orgueil se reflétèrent sur ses traits comme dans un miroir. Elle hurla et arracha le vêtement, reprenant son apparence normale.
Une par une, toutes les jeunes filles essayèrent le caleçon. Certaines ne pouvaient même pas l'infiler. D'autres voyaient leur beauté intérieure ou leur laideur d'âme se révéler. Aucune ne correspondait.
"Y a-t-il d'autres jeunes filles dans ce village ?" [musique] demanda le prince, déçu.
Un long silence suivit. Puis Bris, le forgeron, s'avança. "Votre altesse, il y a encore quelqu'un. Yolande, la fille d'Ananga. Elle est... elle est malade, mais elle devrait essayer aussi." [musique]
Le prince se tourna vers lui. "Où est-elle ? Que l'on la fasse venir immédiatement."
Un murmure parcourut la foule. La Yolande dont parlait Bris, cette fille hideuse [musique] que tout le monde évitait. Pourquoi le prince perdrait-il son temps avec elle ?
Até Rikana [musique] méchamment. "Votre altesse, vous perdez votre temps. Cette Yolande est la plus laide créature du royaume. Elle ne ressemble en rien à la beauté que vous avez rencontrée au bal."
"Néanmoins, elle doit essayer", insista Takam, ses yeux perçants fixés sur la case d'Ananga. "Toutes les jeunes filles doivent essayer. Ce sont les ordres du prince."
Deux gardes se dirigèrent vers la case. [musique] Yolande, qui avait tout entendu depuis l'intérieur, tremblait de peur. Elle ne pouvait pas sortir. Elle ne pouvait pas affronter le regard [musique] du prince, voir le dégoût dans ses yeux quand il découvrirait que la beauté dont il était tombé amoureux était en réalité le monstre [musique] du village.
"Non", murmura-t-elle. "Je ne peux pas." Mais les gardes entrèrent et, malgré ses protestations, [musique] la conduisirent fermement vers la place centrale.
Quand elle apparut, des rires moqueurs éclatèrent dans la foule. "C'est elle, la Yolande !" cria quelqu'un. "Regardez-la bien, votre altesse."
Yolande gardait la tête baissée, incapable de lever les yeux. Les larmes coulaient déjà sur ses joues. Elle entendait les ricements, [musique] les commentaires cruels, l'hilarité générale. Mais le prince Tala ne riait pas. Il s'approcha d'elle [musique] lentement, observant son visage baissé, ses épaules voûtées par la honte. Quelque chose en elle lui sembla familier. Pas son [musique] apparence, mais sa douceur, sa tristesse.
"Lève la tête", dit-il gentiment.
Yolande obéit, tremblante. Leurs regards se croisèrent [musique] et dans ses yeux, le prince reconnut quelque chose. Cette profondeur, cette blessure ancienne qu'il avait aperçue chez la mystérieuse beauté [musique] du bal.
"Essaie le caleçon", ordonna-t-il.
"Non, votre altesse, je vous en prie", supplia Yoland, la voix brisée. "Je ne veux pas. Je ne peux pas."
"Pourquoi refuses-tu ?" demanda Takam, [musique] en s'approchant à son tour.
Yoland hésita, puis dans un souffle ajouta : "Parce que c'est le mien, parce que c'est moi qui étais au bal."
Un silence de mort tomba sur la place. Puis les rires explosèrent encore plus fort qu'avant. "Elle est folle", hurla [musique] Atéba. "Comment cette chose hideuse pourrait-elle être la beauté du bal ?"
Mais Bris s'avança, posant une main protectrice sur l'épaule de Yoland. "Elle dit la vérité. J'ai reconnu ses gestes, sa façon d'être. [musique] C'était bien elle."
"Prouve-le", ordonna le prince, son cœur battant d'un espoir fou. "Porte le caleçon."
Avec des doigts tremblants, [musique] Yolande prit le vêtement magique. Elle le reconnut immédiatement, sentit sa chaleur familière. Elle [musique] le passa sous son pagne et instantanément la transformation s'opéra. La foule resta bouche bée. La jeune fille hideuse se métamorphosa sous leurs yeux ébahis en la [musique] beauté divine qu'ils avaient tous vue quelques jours auparavant. C'était bien elle. C'était la même Yolande.
Le prince s'approcha, émerveillé [musique] et tendit la main vers elle. "Yolande, c'était donc toi ?"
Mais au lieu de prendre sa main, [musique] Yolande fit quelque chose qui stupéfia tout le monde. Elle retira le caleçon magique. Devant le prince, devant le village entier, elle redevint celle qu'elle avait toujours été. L'aide, simple, ordinaire. [musique]
"Non, votre altesse", dit-elle dans une voix claire, plus forte qu'elle ne l'avait jamais été. "Celle que vous [musique] avez rencontrée au bal n'était qu'une illusion. Voici qui je suis vraiment. Je ne veux pas que vous m'aimiez pour une beauté [musique] qui n'est pas la mienne."
Un long silence suivit ses paroles. Le prince la regarda longuement. Ce visage que d'autres trouvaient laid, [musique] ses yeux remplis de larmes mais aussi de courage.
"Tu as tort, Yolande", dit-il en prenant sa main. "Ce n'est pas ton visage qui a volé mon cœur au bal. [musique] C'était ta douceur, ta gentillesse que je voyais dans tes yeux, ta grâce naturelle. La beauté physique [musique] s'efface avec le temps, mais la beauté de l'âme est éternelle."
Takam s'avança alors, un sourire mystérieux aux lèvres. "Mon [musique] prince, je dois vous révéler quelque chose. Ce caleçon n'était pas un simple objet magique pour transformer les apparences. C'était [musique] un test. Un test ?" répéta Yolande, confuse.
"Oui, la sorcière Mbala et moi sommes de vieux amis. Nous avons créé ce caleçon ensemble il y a longtemps. Son véritable pouvoir n'est pas de rendre belle, mais de révéler la vérité. Quand Atéba et les autres l'ont porté, il a montré la laideur de leurs âmes. Mais toi, Yolande, [musique] tu es toujours restée belle parce que ton cœur est pur."
Il se tourna vers la foule [musique] assemblée. "Vous tous, vous avez été aveuglé par les apparences. Vous avez jugé cette jeune fille sur son visage alors que [musique] son âme rayonnait d'une beauté que vous étiez incapable de voir."
Les villageois baissèrent la tête, [musique] honteux. Ananga, la mère de Yolande, s'approcha en pleurant et serra sa fille dans ses bras pour la première fois depuis des années. "Pardonne-moi, ma fille", s'étrangla-t-elle. "J'ai été aveugle moi aussi."
Le prince s'agenouilla devant Yoland. "Veux-tu être mon épouse [musique] ? Non parce que tu es belle avec ce caleçon, mais parce que tu es la plus courageuse, la plus sincère femme que j'ai jamais rencontrée."
Yolande, [musique] le cœur débordant d'une joie qu'elle n'avait jamais connue, accepta en souriant à travers ses larmes.
Le mariage fut célébré un mois plus tard. [musique] Yolande ne porta plus jamais le caleçon magique. Elle resta elle-même et le prince l'aima chaque jour davantage. Avec le temps, [musique] les gens du village apprirent à voir au-delà des apparences. Ils découvrirent que Yolande était sage, [musique] généreuse et juste. Une reine magnifique, pas par sa beauté physique, mais par la lumière de son âme. Et la sorcière [musique] Mbala, dans sa hutte au cœur de la forêt, sourit en sachant que sa leçon avait porté ses fruits.