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Henri Guillemin : La Révolution française (Intégral) - Complète

Henri Guillemin Histoire Intégral6:51:23

Transcription

La Révolution française, c'est 5 années. La vie de mon pays, c'est 1789-1794. On peut dire qu'avec le 9 Thermidor, c'est-à-dire le 27 juillet 1794, et la chute de Robespierre, pratiquement, c'est fini. Vous vous rendez compte qu'une énorme aventure comme celle-là, c'est pas tellement commode de la présenter.

J'avais devant moi un double péril, ou bien je pouvais le transformer en une espèce de dictionnaire à peine animé, c'est-à-dire que je vous présentais une série de noms propres et de dates, enfin, il est écoutable quoi. Ou alors, comme l'histoire est passionnante et pathétique en elle-même, m'attacher au pathétique et pittoresque. Mais c'est pas ça qui est intéressant, c'est pas sérieux. Il s'agit pas de faire ni du pittoresque, ni du pathétique, ni du nouveau. Il s'agit de faire du vrai.

Alors voilà comment j'ai commencé. Je me suis dit : quels sont les idées que j'ai maintenant, il y a un an, avant d'avoir commencé à travailler ? Quels sont les idées que j'ai sur la Révolution française ? Qu'est-ce qu'on a appris ? Qu'est-ce que les manuels ont appris ? Au fond, vous le savez, je suis un professeur d'histoire littéraire. Je n'ai fait de l'histoire que par raccroc. J'ai été amené à l'histoire par l'histoire littéraire, mais en fait, je ne suis pas spécialiste. Alors il fallait donc que j'étudie. Et je partais de ma base de départ : qu'est-ce que c'est les manuels ?

Je suis un ancien écolier qui a été dressé par les écoles laïques de la Troisième République. Mon père aussi avait été, il avait, il avait 13 ans en 1878, c'est-à-dire quand les républicains ont pris le pouvoir, les opportunistes, les appartenant presque à la même génération à ce sens que ça soit à ce moment-là Jules Ferry ou Gambetta ou Paul Bert qui était à la tête de la France, ou alors de mon temps, à Migraine, à Barthou ou à Poincaré, c'est tout même la même chose. D'un côté, c'est les opportunistes, de l'autre part, c'est-à-dire radicaux, enfin, nul. Les écoliers, ils étaient façonnés de la même façon.

Alors qu'est-ce que nous a appris ? Qu'est-ce que je sais grosso modo sur la Révolution ? Et au fond, qu'est-ce que le public sait sur la Révolution ?

Oui, ça se présente comme ça. En 1789, la vieille monarchie française était pas mal sclérosée. Elle était pleine de désordre administratif et financier. Ça allait très mal au point de vue financier, précisément, et la banqueroute était menacée. Renonce lui-même à leurs privilèges. Et dans le même mois d'août 1789, c'est la fameuse Déclaration des Droits de l'Homme : liberté, égalité. En plus, la question financière a été réglée. Plus question de banqueroute, parce que on a trouvé 3 milliards ou 3 milliards et demi, une belle somme. C'est-à-dire qu'on a pris les biens ecclésiastiques.

Malheureusement, le roi, qui faisait semblant d'être d'accord, il n'était pas d'accord. Il cherchait tous les moyens de revenir à son ancien régime, à son pouvoir absolu. Et il avait l'idée qu'il pourrait le faire par des moyens de force. Il avait, en effet, l'intention d'aller chercher des troubles du côté de l'Est, Metz ou Metz, les troupes fidèles avec le marquis de Bouillé, et de faire un coup sur Paris. C'est ce qu'on va appeler l'incident de Varennes, la fuite de Varennes. 21 juin 1791. Le roi s'évade, va essayer de trouver des troupes, mais on le rattrape, on le reconnaît en cours de route. La fameuse histoire de Drouet courant à travers la forêt. En fait, je vous raconte ça.

Le roi est obligé de revenir à Paris. Il revient, il a l'air tout gentil, tout à fait docile. Donc, les choses semblent tourner. Le roi règne, gouverne, et le pouvoir réel est entre les mains de la chambre qu'on a constituée, qui s'appelle donc l'Assemblée législative, qui est chargée de faire le bonheur des Français. Seulement, il y a l'Europe. C'est-à-dire les rois de l'Europe, en particulier l'Empereur d'Autriche et le roi de Prusse. Ces rois sont très mécontents de ce qui se passe en France, ou du moins, si mécontents, c'est ce qu'on m'a dit, et voudraient rétablir une monarchie régulière, c'est-à-dire absolument en France, parce que ça pourrait être très contagieux pour eux. Alors ils sont menaçants. Et devant cette menace, la guerre finit par éclater. 20 avril 1792. Et cette guerre, il commence comment ? Mal. Comment ? Même extrêmement mal. Et les troupes françaises sont culbutées. Les Prussiens entrent sur le territoire national le 19 août 1792. Les voies de fait traversent la France dans la direction de Verdun, puis de Champagne, et ils se font posséder par un manifeste qu'on appelle le fameux Manifeste de Brunswick. Comme elle est aux Allemands, le manifeste était effrayant. Il est destiné à terrifier les Parisiens. On leur dit : si vous vous défendez, si vous osez vous défendre, bah, la ville de Paris sera rasée.

Le résultat est le contraire de ce qu'ils avaient espéré. Ça met les Parisiens hors d'eux. Ils se soulèvent, ils renversent la monarchie. C'est le 10 août. Il n'y a plus de roi, c'est la République. N'empêche que la situation est toujours catastrophique. Et à ce moment-là, va se produire, trois semaines après le 10 août, donc, se produire les massacres de Septembre. En fait, les prisonniers qui sont massacrés dans ce moment-là. C'était beaucoup remarqué. Il est, comme on dit, l'âme de la résistance. Il a prononcé une phrase illustre : "De l'audace, encore de l'audace, et toujours de l'audace, et la France sera sauvée." Bah oui, effectivement, elle est sauvée le 20 septembre 1792 par la victoire de Valmy.

Le nouveau pouvoir s'appelle maintenant la Convention. Et à la tête de la Convention, comme troupe de choc, il y a les Girondins. Girondins. Et la Convention commence par faire le procès de ce roi qui était complice de l'ennemi. Et on l'exécute, on lui coupe la tête, le 21 janvier 1793. Mais des malheurs continuent à s'abattre sur le pays. En général, le général s'appelle Dumouriez, qui trahit, qui passe à l'ennemi. Lui, parallèlement, il y a tout une région de la France, l'Ouest, la Vendée, qui se soulève. Et le territoire national est occupé.

Alors la République, comme on dit, elle est créée. Un gouvernement très fort qui s'appelle le Comité de salut public. Le Comité de salut public balaye les Girondins qui semblent trop mous. Et c'est la Terreur. Régime affreux, régime atroce, mais probablement nécessaire devant la crise épouvantable que subissait le pays. Seulement, les républicains ont le malheur de se diviser. Sans doute, Robespierre est devenu pratiquement le chef de ce pouvoir à la date du 27 juillet 1793. Et Robespierre va envoyer à la guillotine, dans ton lui-même, le 5 avril 94. Il se perd. Robespierre secoue à ce moment-là, tourne tyran. Voilà que les situations se redressent. Les Vendéens sont écrasés. Nouvelle libération du territoire. Les étrangers sont repoussés. La victoire de Fleurus arrive. Alors les gens se disent : la Terreur n'a plus de raison d'être. Et on va se débarrasser de ce Robespierre couvert de sang. Le 9 Thermidor, c'est-à-dire le 27 juillet 94. Moi, il est vrai qu'à partir de ce moment-là, la République ne passera plus que du mal. Elle se traînera de secousses en chaos, jusqu'à ce qu'un certain général qui s'appelle Bonaparte déclare qu'il se charge de tout, le 18 Brumaire.

9 novembre. Mais c'est ça l'idée reçue. C'est l'idée sur laquelle j'ai vécu pendant longtemps. Et je vous le disais tout à l'heure, c'est une idée qui m'a été inculquée par les manuels scolaires, les manuels de la République laïque. Ces travaux que j'ai faits, pas depuis je sais pas moi, une trentaine d'années, sur l'histoire littéraire, ces travaux m'ont appris un certain nombre de choses. À savoir, quand l'histoire littéraire vit sur des tas de légendes. J'ai été dressé, par exemple, à dire que Victor Hugo était formidable au point de vue adresse verbale, mais qu'il ne pouvait pas être très intelligent. En fait, il était même plutôt un imbécile, comme disait, comme disait Émile. On m'adressait à dire que Lamartine est de tempérament féminin, comme disait Proudhon, un homme sans vigueur, une espèce de mandoline. Il était un pornographe, rien de plus faux. On m'a dit aussi que Vigny était le symbole du stoïcisme et du juste. Ce n'est pas tout à fait exact. Et quand on voulait me faire admirer la sincérité de Benjamin Constant, mais j'ai découvert que c'est une série télé. Il fallait tout de même repasser là-dessus pour être au clair.

Par contre, quand l'histoire littéraire m'avait déjà dressé à me méfier. Et puis, il y a la vie. La vie. Je ne suis plus jeune et j'ai vu pas mal de choses changer tout de même. J'avais, j'avais 15 ans à la fin de la Première Guerre. J'ai vu de loin la Révolution russe. Qu'à l'intérieur de mon pays, j'ai assisté au Bloc des gauches. À ce moment-là, j'avais 20 ans. Débuté. J'ai vu après, alors de près, le 6 février 34. J'ai vu le Front Populaire. J'ai connu la Guerre civile espagnole, puis l'invasion de mon pays, ce qu'on a appelé la drôle de guerre, puis la Résistance, puis la Libération, puis la guerre d'Indochine, puis la guerre d'Algérie. Et puis après, j'avais pas mal vécu. Beaucoup de monde. 17 ans de vie diplomatique. Ça m'a mis en rapport avec beaucoup de gens et ça m'a ouvert les yeux. Si bien que aujourd'hui, en 1966, je n'ai plus du tout le même regard que j'avais il y a quelques années sur cette Révolution. Ben, c'est ce regard neuf que je voudrais essayer de vous faire partager. Donc, vous expliquer ce que j'ai cru comprendre.

Tu vas faire passionnel. C'était évident qu'une affaire passionnelle, la Révolution. Quand on étudie les histoires pharaoniques ou des histoires de Babylone, on ne se sent pas tellement dans le coup. Encore que si on examine des choses de près, ça finit par vous intéresser beaucoup. Mais la Révolution française, c'est tout près de nous. Puis ça intéresse non seulement la France, non seulement ceux qui parlent français, mais c'est intéressant tout le monde. Les problèmes qui sont posés là sont des problèmes qui concernent l'univers.

Alors cette Révolution française, il s'agissait de bien la regarder, de bien comprendre, et d'éviter un péril aussi. C'était le péril passionnel, c'est-à-dire une option qui serait une option de partialité. Jaurès, dont je vous parle, a fait une étude remarquable sur la Révolution. Jaurès dit en parlant des grands hommes : "La Révolution, c'est nous. Elle nous interroge. Il nous parle. Il nous dit : est-ce que vous êtes avec nous ? Est-ce que vous êtes contre nous ?" Il n'y a pas moyen d'échapper à l'option. Et ceux qui font semblant d'y échapper, leur option crève tout de même les yeux.

Un très bon historien, dont je parlerai tout à l'heure aussi, il s'appelle Mathiez. Il a eu une phrase que j'aimerais vous citer. Mathiez dit : "Ne vous figurez pas que le meilleur historien est celui que rien n'émeut." Alors, c'est pas la peine de lire. Je suis partisan dans cette histoire. Je sais très bien où est mon option. Je sais ce que j'aime et ce que je n'aime pas. Je ne suis pas impassible, mais je vais essayer d'être objectif. Ça veut dire que je vais m'interdire absolument tout ce qui peut ressembler à une défiguration, ou tout ce qui peut ressembler à une dissimulation. Et je vais vous donner deux exemples de ce qu'il ne faut pas faire. Et je vais prendre ces exemples. J'ai des historiens qui sont des amis de la Révolution. Ça serait trop facile, évidemment, je vous la montrerai, de montrer des trucages.

Historien qui datent la Révolution. Mais je vais prendre un exemple chez Michelet, un exemple chez Jaurès. Michelet. Michelet, passionné de la Révolution, vous raconte la prise de la Bastille. Et il écrit la phrase suivante : "Alors le peuple courut au cachot pour délivrer les prisonniers. Un point, ils étaient devenus fous." C'est une très mauvaise phrase. Pourquoi ? Parce qu'elle contient d'abord une dissimulation, ensuite une inexactitude. Dissimulation : le peuple courut au cachot pour délivrer les prisonniers. Je voudrais savoir combien ils étaient. Les prisonniers ? Ils étaient sept, pas plus de sept. La Michelet oublie de nous le dire. Il attend d'oublier. Deux étaient devenus fous. Ce n'est pas vrai. Il n'est pas devenu fou. Il était fou comme il avait été incarcéré. C'est une chose qu'il faut absolument ne pas omettre.

Je reste. Lui-même, enfin, pour lequel j'ai un grand respect. Je reste raconte le 10 août, le coup de force des Tuileries, enfin, c'est quand le peuple se précipite sur le roi et le chasse. Il y avait un gouverneur des Tuileries, c'était de Launay. Il est capable d'organiser une résistance sérieuse. Il avait placé des canons à divers endroits. Il fallait les démonter. On fait venir ce chef de la garde nationale, on le fait venir à l'Hôtel de Ville où s'est constitué un comité insurrectionnel. C'est dans ce comité, du reste, qu'il fait venir, en lui tendant un piège. On lui dit : "Pourquoi ils doivent venir ?" Mais enfin, du moment que c'est l'Hôtel de Ville qui a la garde de la garde nationale, il doit y aller. Alors il va. Et on l'arrête. On lui met la main dessus pour l'empêcher de préparer sa défense du château. Très bien. Mais il faut dire aussi qu'après l'avoir arrêté, on l'a tué. Ben, Jaurès a oublié de nous le dire. C'est agréable, parce que c'est quand, voyez-vous, c'est exactement ça qu'il ne faut pas que je fasse.

Qui sont les historiens de la Révolution française ? J'avais tout à apprendre. Alors, depuis une bonne année, n'ayant presque que ça à faire, j'ai appris. Lamartine, à utiliser ça. Et enfin, Lamartine a utilisé un livre que nous connaissions pas. Pierre ou Vignet ? Les deux premiers. Puis le livre n'avait pas eu. Après un livre en 40 volumes dont plus personne ne parle aujourd'hui, et on a bien tort, car ça reste un livre de base. Ces deux messieurs, comme ça, ils s'appellent Buchez et Roux, ont fait 40 volumes qui ont paru sous la Monarchie de Juillet. Et ces 40 volumes s'appellent "Histoire parlementaire de la Révolution française". Et pourquoi parlementaire ? Parce qu'ils ont cherché tous les discours. Il y avait du Journal officiel, vous savez, qui s'appelait le Moniteur. Il y avait aussi les actes des sociétés, par exemple le Club des Jacobins, le Club des Cordeliers. Et ben, Buchez et Roux, dans un travail inouï, a fait un travail de méditant, ont rassemblé tous ces documents, tous ces discours. Si bien que dans les 40 volumes que Lamartine avait sur sa table quand il travaillait, vous avez des discours prononcés jour par jour, ou tous les deux trois jours, quoi, par Danton, de Mirabeau, etc.

Michelet fait deux objections à ce livre de naïfs. Monsieur Buchez et Roux. Parce qu'il se contente de reprendre les textes tels qu'ils les lisent dans le Moniteur. Et ces textes sont en partie truqués. C'est vrai. Ce qu'il dit là, c'est vrai. Tout à l'heure, je crois que vous avoir dit que j'étais secrétaire d'un député quand j'avais 20 ans, 21 ans. Et j'avais vu quelque chose qui m'avait un petit peu scandalisé, c'est que lorsque ce député avait fait une intervention à la Chambre, on lui a envoyé presque tout de suite après, d'une rapidité incroyable, vous avez trois, quatre heures après, il avait sur sa table les épreuves de son discours. Et il y avait le droit, et tous les députés ont le droit de corriger sur épreuves leurs discours. Par conséquent, ce qui est imprimé dans le Journal Officiel, ce qui était imprimé dans le Moniteur de la Révolution, ce n'est pas exactement ce qu'ils avaient dit. Voilà une objection intéressante de Michelet. Deuxième objection intéressante de celle-là qui m'énerve beaucoup. Tort de poser la question sociale. Des listes en 89, elle va se poser en 92, mais elle n'est pas posée en 1789. Michelin se trompe complètement.

Nous arrivons à Thiers. C'est le personnage numéro 1 de la Révolution, là. Puisque je vous ai dit que je dirais la vérité, alors allons-y. Mais j'ai beaucoup changé sur Thiers. Quand j'étais gamin, quand j'étais jeune adolescent, j'avais une admiration passionnée pour Thiers. Ce qui m'a amusé, c'était étudiant un écrivain français peu connu à l'étranger, c'est bien dommage, qui s'appelle Jules Vallès. J'ai vu que c'est Jules Vallès qui avait fait la même révolution que moi. Il raconte que quand il était jeune et qu'il lisait l'histoire de Thiers, qu'il n'entendait qu'un tambour battre républicain dans les faubourgs. Cette musique-là, dit-il, elle tirait directement sur mon cœur. Bah, moi aussi, je marchais. Et à la fin de sa vie, où il est mort jeune, Vallès avait pas mal changé sur Thiers, parce qu'il avait abordé le personnage de plus près. Moi aussi, quand j'ai relu au cours de cette année, quand j'ai lu l'histoire de la Révolution de Thiers, je ne m'y suis plus reconnu. Je me suis dit : enfin, comment ai-je pu admirer ça ?

Puis, bien entendu, il y a le prestige du style. Le fait avec lui à Thiers, pas je vous assure qu'ils sont, pardonnez-moi cette expression affreuse, mais qui sont qui sont bouffons. Si vous lisez l'histoire de la prise de la Bastille par Thiers, ou surtout la nuit du 4 août, ou encore l'histoire de la Fédération, bah, vous savez, il faut vraiment se retenir pour s'empêcher de bouffer. C'est impossible. Ce sont des effusions de l'âme, c'est du transport, c'est de l'irisme. Et puis quelquefois, c'est payant, se transforme en danse du scalp. Car notre Thiers, c'est un homme qui a dit : "Il n'y a pas de tyrans." En particulier, il ne peut pas supporter Robespierre.

En 1946, j'étais donc à l'ambassade de France à Berne. Et un jour, dans la semaine, tu es invité à déjeuner Bernanos. Et je rappelle toujours que au café, je sais plus pourquoi, Bernanos s'était mis à parler de Thiers, et dans des termes qui m'avaient vraiment scandalisé. Il m'avait dit : "Thiers, mais c'est de l'histoire d'Épinal." Moi, je vivais encore sur mes anciennes vidéos sur Thiers. Alors j'ai rien dit. Mais enfin, après, quand il était parti, j'ai dit à l'ambassadeur : "Failli fort, Bernanos, Thiers, vache d'Épinal." Vous savez, Bernanos, il n'allait pas assez fort. Ce n'est pas des images d'Épinal, c'est des bandes dessinées, c'est une histoire pour bande dessinée.

Michelet. Louis Blanc avait commencé en même temps. Puis il a mis, c'est de 47 à 53 qu'il a écrit ses 7 volumes. Et Louis Blanc avait commencé aussi en 47, l'année où les Girondins de Lamartine. Mais il avait travaillé 12 volumes jusqu'en 1862. Allez, 12 volumes de Louis Blanc sont beaucoup moins intéressants que de Michelet. Et du reste, lui, il passe son temps à relever les erreurs de Michelet. Lady Mayas se situe l'affirmation fausse. Michelin en 1868 a fait une très mauvaise réponse au thème, parce que j'avais mis cher hôtel, mais nul. Il sait pas ce qu'il faut répondre à Louis Blanc. Par conséquent, l'histoire de Louis Blanc, que l'on ne connaît pas assez, c'est une histoire qui mérite absolument d'être lue et d'être lue de près. Du bon travail.

En face, vous avez. Il a écrit "Les Origines de la France contemporaine". Premier volume, 1876. Les tomes 2, 3 et 4 sont consacrés à la Révolution française. Ça fait autorité pour un certain temps. Aujourd'hui, à mon avis, aussi lisible que Michelet, en ce sens qu'il est majestueux. David, il était en toi. Ils refusent de voir les problèmes véritablement posés. Je dis bien qu'il les refuse de voir. Parce que dans la Correspondance de Flaubert, j'ai trouvé là-dessus une phrase qui m'a beaucoup charmée, beaucoup ravie. Ce n'est pas pour rien que je vous ai dit que c'est en 1876 que tu as commencé. Vous savez qu'en France, nous avions eu une histoire assez affreuse qui s'appelle la Commune, qui était en 71. Flaubert, dans sa correspondance, quand il parle de Thiers, qu'il aimait bien pourtant, il dit : "Quand on lit l'histoire de Thiers, on s'aperçoit de la peur terrible qu'il a eue pour ses reins." Un homme épouvanté par ce qu'il avait vu au moment de la Commune, et qui s'est mis à regarder l'histoire de la Révolution, terrifié, fasciné par ce qu'il venait de voir à Paris. Alors il transfigure toute cette révolution dans les froids, dans l'épouvantable. Tout il est pour ses reins, pour sa situation personnelle.

Alors, en somme, pratiquement aujourd'hui, zéro. Il a fait école, comme Madelin. J'assure que Madelin nous présentait ça quand j'étais écolier comme l'historien sérieux. Mais non. Maintenant, c'est l'opposé. Si vous voulez, de Michelet, mais c'est tout le contraire de l'objectivité. Tenez, par exemple, il y a un certain massacre dont je vais vous parler, il y a le 17 juillet 91. Ça se passe au Champ-de-Mars. Monsieur Madelin, parce que c'est la bourgeoisie qui a tiré sur le peuple. Alors ça, c'est des choses qu'il ne faut pas trop dire. Alors il a cette phrase toute brève, toute gentille : "La manifestation fut dispersée par la force armée." Un point, c'est tout. Le carnage qui s'est produit, pas question. Vous avez aussi monsieur Funérat, de vulgarisation. Et puis quelqu'un qu'il faut bien nommer, qui est vivant, qui est un historien qui s'appelle Monsieur Jackson. Et Monsieur Jackson, en 1928, a écrit une histoire de la Révolution française qui a eu un succès considérable, puisqu'en 1939, on en était déjà à la 115e édition. Et qu'aujourd'hui, Monsieur Jackson a réuni ce volume dans son "Histoire des Français". C'est le type de l'histoire pour rire. C'est l'histoire vue par l'école morale, c'est-à-dire l'école d'Action française, où la vérité ne compte pas, où ce qui compte, c'est une certaine propagande. Le type exemplaire de cette histoire, entre guillemets, c'est un certain précis signé du très Creusot. En réalité, c'était deux officiers supérieurs qui s'appelaient L'arpent et Delbec. Le précis sur l'Affaire Dreyfus. Je peux en parler. Il y a bien étudié de près l'Affaire Dreyfus, et j'ai découvert là, j'ai compris enfin qu'elle était la méthode des historiens d'Action française, qui s'appellent L'arpent, Delbec, qui s'appellent Jackson. La méthode, c'est un appel impérissable dans l'imposture.

Alors maintenant, revenons aux historiens sérieux. Ben, c'est au 19e siècle que ça, au 20e siècle que ça part. Avec avec Jaurès. On n'y pense jamais. Et j'ai mis du temps à percevoir que Jaurès, c'était un très bon historien. Jaurès a été battu aux élections de 1898. Alors il a été député quand deux de 98 à 1902. C'est un petit nez plus député. Par son temps à étudier, étudier de près, vous savez, très sérieusement, l'histoire de la Révolution française. Il va en sortir 8 volumes qui aujourd'hui, c'est un petit peu dépassé du point de vue de l'information, mais qui quand même comporte quelque chose de tout à fait nouveau, c'est-à-dire justement l'importance de la question sociale dès le début.

Alors vous avez ces, j'ajoute que Jaurès, tient, député, a été responsable d'une création extrêmement importante : la commission d'histoire économique de la Révolution française. Histoire économique, c'est capital. Saint Jaurès sur la police, équipe de chercheurs, toujours aujourd'hui au travail. Vous savez, on est loin d'avoir fini sur l'histoire économique de la Révolution. À côté de Jaurès, qui au lard était pas mal, vous avez Philippe Sagnac. Enfin, c'est pas important. Ce qui est très important, c'est Mathiez. Mathiez, il faut écrire son nom en majuscule quand on parle de l'histoire de la Révolution française. C'est lui qui, au début de ce siècle, au début du 20e siècle, a fait avancer l'histoire de la Révolution française. Vous avez à côté de lui Georges Lefebvre. La Brousse, qui s'occupait de questions économiques. Il ne faut pas non plus, certainement pas oublier Daniel Guérin. Daniel Guérin, en 1946, a fait deux ouvrages intitulés "La lutte des classes sous la Première République". Il est assez traduit. Et puis, je voudrais vous signaler, alors un livre tout récent, 1965, d'une archiviste de Paris, travaille aux Archives nationales, qui s'appelle Jacqueline Chaumier. Et ce livre s'appelle "Le réseau d'Entraigues et la contre-révolution". Donc, c'est les contre-révolutionnaires qui travaillent à Paris, qui renseignent les princes, qui étaient contre la Révolution. Et là, il y a des documents considérables. Mais le monsieur aujourd'hui vivant, elle est capitale pour l'histoire, aussi importante que l'était il y a 30 ans Mathiez. C'est Albert Soboul. La thèse de Soboul, 120 pages, que j'ai bien étudiée, qui s'appelle "Les sans-culottes parisiens sous la sous la parisienne de". C'est une thèse remarquable. Enfin, il a travaillé sur tous les documents de section parisienne. Et avec les documents de section, il est arrivé à recréer le climat de Paris d'une manière étonnante.

Il ne faut pas que nous braquions uniquement ce problème de l'évolution économique. Je répète, c'est très important. Au point que ce n'est pas pour rien, vous savez, que le 14 juillet, c'est-à-dire le jour de la prise de la Bastille, c'est aussi le jour où le prix du pain a atteint son maximum à Paris. Jamais le pain n'avait coûté si cher. Mais deux événements doivent être joués. N'empêche que les idées ont compté. Dans ces idées, je n'ai pas le temps de vous raconter aujourd'hui tout ça en détail, mais je vous en donne deux ou trois aperçus.

Quels sont les idées qui ont servi à la préparation spirituelle de la Révolution française ? Là-dessus, il y a une tradition bien connue, c'est l'Encyclopédie, c'est Voltaire et Rousseau. Comme on dit, c'est la faute à Voltaire, c'est la faute à Rousseau. Vous appelez la chanson Gavroche dans "Les Misérables", c'est entendu. Voltaire, Rousseau. J'ai mis beaucoup de temps pour découvrir l'énorme différence, c'est l'opposition radicale entre les deux. C'est les deux personnages qui vivent en même temps, mais ce sont des antagonistes à tout point de vue. Voltaire, par exemple, prenons le point de vue politique. Je crois que je sais par cœur la phrase, la phrase très précise de Voltaire sur ce qu'il appelle un état bien organisé. Un état bien organisé, pour Voltaire, et celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre et est nourri par lui et le gouverne. Le but de Voltaire, c'est de conserver, comme il le dit, "l'ignorant", j'appelle "l'ignorant", dit-il, "l'homme qui n'a que ses bras pour vivre". Et il veut un despotisme éclairé, un despotisme absolu, mais éclairé, c'est-à-dire qu'il pensera comme lui spirituellement. Voilà la politique de Voltaire. La politique de Rousseau : le pouvoir réside dans la nation, dans le peuple, dans la multitude. Jamais Voltaire n'aurait accepté ça. Voltaire avait besoin, je viens de vous le dire, des Rousseau. Et quelqu'un qui dit : "L'origine des grandes fortunes est presque toujours une origine scandaleuse." Rousseau est quelqu'un qui s'aperçoit que la France se divise entre deux groupes. Il y a les mangeurs d'un côté, et il y a les mangés de l'autre. Il y a environ 500 000, même pas, mangeurs, et puis il y a 24 millions de mangés. Et Rousseau est quelqu'un qui appelle les mangés à se défendre. Opposition absolue.

Sur le plan religieux, encore davantage. C'est avec Voltaire, ses préoccupations, c'est d'extirper le christianisme. À un point même extraordinaire, puisque dans une lettre à d'Alembert, je crois, il lui dit : "Vous ne croyez pas que 5 ou 6 hommes bien nés, de qualité, 5 ou 6 hommes bien et qui s'entendent, seraient capables de réussir là où d'autres fois 12 K on a réussi ?" Que c'est des 12 K, Vianney et qui s'entendent, c'est les encyclopédistes. Donc Voltaire carrément veut extirper le christianisme. Le président Hinault lui disait un souriant un jour : "En fait, même si de Voltaire, vous ne pensez pas, vous allez réussir à en venir à bout du christianisme." Si Voltaire, et c'est ce que nous verrons. Voilà la position religieuse de Voltaire.

Tristan, vous avez un Jean-Jacques Rousseau qui écrit la phrase suivante : "Dès 1751, il n'y a qu'un livre qui soit nécessaire, et c'est l'Évangile." Le même Rousseau est quelqu'un qui dit : "Si la vie et la mort de Socrate furent d'un sage, la vie et la mort de Jésus furent d'un Dieu." C'est une phrase inexpiable au 18e siècle. Et j'ai vu à la Bibliothèque nationale, cabinet des estampes, une gravure très intéressante dont je vais vous parler, qui est datée vers 1780. Un dessinateur de jubilé, le nom représente ceci : une énorme croix, Calvaire, quoi. On a attaché un laso qui tire pour renverser. Les arbres commencent à tomber. Grand crucifié, on les reconnaît, c'est Voltaire, c'est d'Alembert, c'est Grimm, c'est Diderot, c'est l'Encyclopédie. Et puis vous avez un petit bonhomme, c'est tout, qui est appuyé contre la croix pour essayer de la soutenir, pour empêcher qu'elle tombe. Opposition radicale.

Donc, nous maîtres nous parlait pas parce qu'il s'agissait pas que nous sachions trop pourquoi ils étaient opposés. Donc, à travers le 19e siècle, le 18e siècle, dans la préparation spirituelle de la Révolution française, il y a deux courants radicalement antagonistes. Vous avez d'un côté l'Encyclopédie, l'Encyclopédie qui s'acharne à la destruction du christianisme sous prétexte de tolérance. La tolérance de Voltaire, aussi, c'est la bigoterie. Dans une phrase que j'ai copié, il disait : "Il faut prêcher la tolérance aux princes, assez naïfs pour nous écouter. Et quand nous serons libres et les plus forts, vous écraserons nos adversaires." Ça, c'est l'état d'esprit que vous allez retrouver dans la Constitution. Tandis qu'avec Jean-Jacques Rousseau, dont l'influence n'apparaît qu'avec Robespierre, c'est-à-dire à partir de la République, avec 92, c'est tout à fait autre chose.

Et bien, ces deux courants-là vont donner à l'intérieur du 18e siècle deux mouvements de pensée. D'un côté, vous avez ce qu'on appelle les sociétés de pensée. D'autre part, vous avez un certain nombre de petits écrivains assez obscurs qui sont dans la tradition Rousseau. Vous avez ce qui est très curieux, ce qu'on ne sait pas, c'est une des découvertes que j'ai faites, un très grand nombre de curés de campagne qui sont des passionnés de Jean-Jacques Rousseau, qui vivent avec le peuple, qui connaissent la détresse du peuple, qui vont pousser le peuple à la revendication, à ce point même qu'un aristocrate célèbre de 1789 dira ceci : "Foutus curés qui ont tout fait." Alors d'un côté, vous avez des aristocrates, les biens, les gens installés, qui ne sont pas terriens. Et puis de l'autre côté, vous avez une certaine masse de type peuple, de gens qui soutiennent le petit peuple, choisissant des gens pour Rousseau.

La différence entre un Voltaire et Rousseau se marque très bien chez Michelet, par exemple. Ou Michelet est l'homme de Voltaire dans un point inimaginable. Voltaire, dit-il, est celui qui souffre, celui qui a pris sur lui les douleurs de tous les hommes. Il pleure, il rit dans la souffrance. Rire terrible auquel s'écroulent les Bastilles et les tyrans. Et en face, vous avez ce Jean-Jacques Rousseau qui est attesté de tous les bien pensants. Si vous connaissez le portrait, comme tu l'accent. Alors que Monsieur Morat, son contraire, a une certaine indulgence et même, je dirais, une tendresse pour Voltaire. Donc, il dit : "Merveilleusement exemple, exemple de la greffe chrétienne." Et il ne ressemble pas à ces arguments vomis du désert qui étaient les prophètes, et qui sont qui ont eu pour successeur.

Dans mon premier exposé, je vous avais parlé de la préparation spirituelle de la Révolution française, et j'ai oublié de vous signaler un livre qui était celui de Daniel Mornet, 1932. Mornet avait été mon maître de thèse quand j'avais préparé ma thèse en 36. Et son livre s'appelle précisément "Les origines intellectuelles de la Révolution française". Mornet était très orienté du côté de Michelet, vous savez, à ses amis de l'Encyclopédie. Et dans ce livre de 1932, avec une netteté absolue, il reconnaît que du point de vue politique, l'Encyclopédie n'a eu aucune influence sur la Révolution française. Du point de vue religieux, beaucoup de constituants, etc. Mais du point de vue politique, zéro.

Vous n'avez pas parlé non plus des loges maçonniques. Il y a un spécialiste en France, si on peut dire, Monsieur Bernard Faÿ, qui a écrit en 59, je me trompe pas, une histoire qui s'appelle "La Grande Révolution". Et il donne une influence, une importance extraordinaire à la préparation de la Révolution dans les loges maçonniques. J'en suis moins sûr que lui. Et là, la loge maçonnique, c'est très complexe, vous savez. Il y avait des éléments antagonistes aussi dans ces loges. Il y avait des gens qui étaient au fond athées, qui ne disaient pas. Il y avait des gens qui étaient très dévots. Louis XVI, le bras, Louis XVI, qui était même ultra-royaliste, appartenait à une loge. Quand on parle de l'influence de la franc-maçonnerie sur la Révolution, elle est réelle, mais elle s'exerce dans des sens multiples.

Puisqu'il faut également noter, c'est les influences étrangères. Voyez-vous, les Français, nous avons un peu tendance à considérer que c'est nous qui avons été les initiateurs. Mais il y avait déjà un grand mouvement qui se préparait en dehors de la France. D'abord, il y avait eu la Révolution anglaise. D'autres fois, vous savez, avec une fascination d'une certaine partie de l'intelligence française du côté de ce qu'on appelle la Constitution britannique, qui n'était d'ailleurs pas une constitution. Il y avait des Anglais qui disaient : "En France, il faudrait faire quelque chose à la limitation de l'Angleterre." Ça dit qu'avec un roi, mais des chambres, les Communes, les Lords, et en particulier les Lords, très importants. Ce n'est pas ça que je veux souligner surtout.

C'est que dans les 30 dernières années à peu près, les 30 dernières années du 18e siècle, on assiste à un très profond frémissement social dans l'Europe, dans l'Europe occidentale. Frémissement social qui tient à deux causes : premièrement, la constitution d'une nouvelle classe, d'une nouvelle répartition de la fortune, ce que je vais vous expliquer. Et puis, deuxièmement, à deux phénomènes conjugués : une hausse constante des prix et une augmentation démographique considérable. Ce n'est pas que la natalité augmente, c'est que les gens meurent moins, étant donné qu'il y avait moins de famine. Et puis, il n'y a pas de grande guerre dévastatrice. Mais cette hausse, la natalité est considérable, puisque dans les 50 ans à peu près du 18e siècle, avant 1789, la hausse de la population a été de 60% en France, a été de 100% en Angleterre.

Alors on assiste à des choses comme celle-ci. Une révolution vraiment qui est assez terrible. Une émeute qui ressemble à une révolution à Londres en 1780, du 2 au 6 juin. Le centre, la cité de Londres en feu. Ça a commencé sur des problèmes religieux. En fait, ça devient tout de suite une affaire sociale. Les petites gens, les pauvres, les malheureux, la détresse. Ça peut être Dieu sait s'il y en avait des misérables à Londres. Ont attaqué la Banque d'Angleterre. Alors vous imaginez ce qu'il s'est produit. Enfin, la bourgeoisie armée et les misérables.

Vous avez à partir de 1801, dans les Pays-Bas, un grand mouvement national de protestation qui est à la fois politique et sociale. Il s'intitule "On se lave Patriote". Et si en France, à partir de 1789, on désignera sous le nom de patriotes les révolutionnaires, c'est à l'imitation de ce qui s'était passé dans les Pays-Bas. Ça a commencé en 1781, ça a éclaté en 1787. À ce moment-là, le Stathouder, en fait, celui qui dirigeait les Pays-Bas, a fait appel à des puissances étrangères.

sont des troupes anglaises. Ce sont des troupes prussiennes qui sont intervenues pour écraser la révolutionnaire, puis la vie jeunesse à Genève en 1782, où il y a eu aussi une tentative des natifs, qui n'étaient pas citoyens de Genève, c'est-à-dire l'immense majorité, contre ce petit conseil d'administration qui a été composé de banquiers et qui tenaient absolument la vie. La loi a duré longtemps. Là aussi, les gens de bien en fait appel à la puissance militaire étrangère. Ce sont les troupes françaises, ce sont les troupes piémontaises qui sont arrivées à Genève pour remettre l'ordre, qu'on appelle l'ordre.

Puis vous avez l'influence américaine. Ça, c'est intéressant. C'est en 1765, vous le savez, que les Américains ont fait leur révolution et sont eux qui ont lancé la fameuse phrase que voici : "Tous les hommes sont créés égaux, ils sont investis par le créateur de certains droits inaliénables : la vie, la liberté et la recherche du bonheur." Ce sont des phrases qui étaient inhabituelles, bien entendu, qui s'adressaient au-delà de l'Atlantique à l'univers, semble-t-il. Elles ont eu un retentissement considérable.

Il faut bien faire attention qu'il y avait chez l'Américain un grand sens, c'est un sens très aigu de ce que j'appelle la mise en scène et la fabulation humanitaire. C'est de démocratie américaine était avant tout une démocratie mercantile. Ils avaient envoyé en France un vieux malin, un fourbe qui s'appelle Franklin, qui est à la recherche surtout de l'argent, mais qui, bien reçu dans les salons, entouré de dames par Voltaire lui-même, travaille très bien pour préparer, sans le vouloir, cette Révolution française. C'est même pas, c'est la fameuse scène que vous connaissez, qui est une scène qui est aussi entre le burlesque et le divin, lorsque Franklin a amené son petit-fils à Voltaire et lui a demandé : "Je vous demande votre bénédiction." Et le vieux Voltaire qui lui dit : "Dieu est liberté." Alors que Dieu, il s'ennuie pas mal. Quand à la liberté, vous savez ce qu'il veut, il veut le despotisme éclairé.

En 1792, la République française s'apercevra du du côté un peu marquant. Pile, donc, je viens vous parler de la démocratie américaine. Nous étions arrachés horriblement pour des questions financières. Alors on demande aux États-Unis de nous rembourser une partie de la dette, puisque on avait pas beaucoup pour leur indépendance. À ce moment-là, les oreilles se ferment : pas question d'envoyer quoi que ce soit comme argent.

Mais enfin, c'est le même très important de penser qu'avec une république qui était vivante, qui existe là-bas, de l'autre côté de l'océan. Maintenant, il faudrait que nous regardions quel était la situation de la France positivement. Comment les classes se répartissaient. Et là, je voudrais vous apporter une première citation qui est de cet historien dont je vous ai parlé, qui s'appelle Monsieur Jacques. Historien Moret : "La richesse s'était considérablement accrue en France depuis admission. L'ensemble était cossu."

Pour juger de l'intérêt de ces déclarations, il faut connaître le vocabulaire, le dictionnaire de Monsieur Jackson. Dans son livre, il nous explique que c'est le goût qu'il a pour l'honnêteté du XVIIe siècle, dont, dit-il, la caractéristique principale, c'est le goût de la hiérarchie et de la discipline, ce qui signifie le sens très fort, très vif que l'on a durant social auquel on appartient et la décision que l'on a de se faire respecter. Alors quand les gens de bien, quand les gens sont contents et quand les données de gens sont riches, et ben tout va bien. La France est cossue parce que le reste, ce qui n'est pas les gens, enfin, ce qu'il a l'habitude, ça compte pas, même si la multitude représente 95 à 98 % de la France. Non, ce n'est pas intéressant. La France serait le pays réel, comme disait.

Mais j'étais caution. Cette nouvelle répartition de la richesse dont vous parlez il y a un instant. Au XVIIIe siècle, les constitués réellement une classe nouvelle, la bourgeoisie existait bien déjà au XVIIe siècle, mais elle ne prend une densité, une réalité, il prend conscience d'elle-même qu'à partir du XVIIIe siècle. Pourquoi ? Parce qu'un certain nombre de roturiers qui ont de l'argent arrivent à acheter des terres. Alors ils font fructifier l'état. Ça n'est pas que les paysans en profitent, mais même on profite largement. Et surtout un développement des manufactures sur lesquelles j'avais pas du tout la moindre idée avant de commencer. C'était une étude. Comme la plupart des Français, enfin, je m'imaginais que c'était sous la Restauration à peu près que le développement de la grande industrie avait commencé en France, mais ce n'est pas vrai. C'est que ça a commencé au XVIIIe siècle.

Je vous ai même apporté des chiffres. Évidemment, nous ne sommes pas au chiffre du XXe siècle, mais enfin, 1200 ouvriers au tissage de 20 Robins à Abbeville, 4000, 4000 ouvriers dans les filatures Cambon en Languedoc. Cambon, c'est un homme qui va falloir retenir parce qu'il est très important. On voit la suite de l'histoire. Vous avez 4 à 5000 mineurs à Anzin. Vous avez des savonniers de Marseille, les maîtres de forges du Creusot. C'est en 1780 que le Creusot est fondé par la famille de Wendel. Et puis les maîtres de forges de Strasbourg avec les De Dietrich, qui se sont appelés Baron de Dietrich. D'autre part, le commerce extérieur s'agrandit. D'autre part, les banques et les assurances commencent à avoir un singulier développement. Autrement dit, il y a toute une équipe d'industries, d'industrieux au XVIIIe siècle qui s'aperçoivent que l'on peut faire de l'argent avec l'argent des autres et avec le travail des autres. Alors, ce constitue un très puissant groupe de pression. Et ce groupe de pression est d'autant plus furieux quand, parce qu'il se passe que tous les grands emplois sont réservés, et de plus en plus à travers le XVIIIe siècle, à l'aristocratie. Deuxièmement, que la banqueroute semble menaçante.

Alors, comme il tient absolument à affirmer leur autoritarisme dans leur théorie, je vous en donner deux théoriciens bourgeois. Il y a un équerre, par exemple. L'équerre, le 7 décembre 1788, prononce les phrases que voici : "Il y a une multitude d'affaires, donc elle seule, elle, la nouvelle classe, la nouvelle classe bourgeoise, donc elle seule, à l'instruction dans son langage, instruction, quelles affaires ? Les transactions commerciales, les manufactures, le crédit public, l'intérêt et la circulation de l'argent. C'est-à-dire qu'un état bien ordonné doit admettre la participation, au moins la participation de ses éminents citoyens."

Alors justement, pas de participation parce que les exigences de la noblesse n'ont pas cessé de croître pendant le cours du XVIIIe siècle. Que tous les emplois militaires sont réservés, c'est entendu. Mais que si ce que l'on avait vu au XVIIe siècle, on ne le revoit plus au XVIIIe, à savoir des ministres, des grands ministres qui sont bourgeois. Colbert, avec les choisis dans la bourgeoisie par Louis XIV. Chez Louis XV et Louis XVI, c'est uniquement la grande noblesse. Alors vous pensez que cette nouvelle classe, qui est très riche maintenant, qui affirme sa richesse mobilière, estime que c'est tout à fait intolérable que les grands emplois lui soient interdits.

Vous savez, d'autre part, Barnave. Barnave, avec quelqu'un qui va jouer un grand rôle. Avant d'étudier la révolution comme je l'ai fait, je me rendais pas compte de l'importance de Barnave. On nous dit toujours Sieyès, on nous dit Mirabeau, dans ton Robespierre. Il y a des gens très importants qu'il faut que je mette le nom en exergue et qui ont beaucoup compté. Barnave. En état, Barnave va écrire ceci : "Les nouveaux moyens de richesse comportent une révolution dans les lois politiques. Une nouvelle distribution de la richesse, qui, d'uniquement immobilière qu'elle était avant-hier, devient de plus en plus mobilière, appelle à peine une nouvelle distribution du pouvoir."

Parce que ce n'est pas simplement des gens qui sont exaspérés parce qu'il y a le barrage devant un truc avec les grands emplois sont interdits, mais sont des gens qui disent : "Nous sommes maintenant les plus forts, nous possédons réellement une richesse presque supérieure à celle de la noblesse, nous voulons les leviers de commande."

La répartition de la richesse en France, on l'a fait par des études qui sont encore en cours maintenant et qui sont minutieuses à faire au moyen de l'examen des contrats de mariage. Ce n'est pas fait encore pour tous les départements, c'est fait pour un certain nombre. Rien n'arrive à peu près ceci : 5 à 6 %, 5 à 6 % de la population française détiennent les trois quarts et demi de la fortune française. Alors qu'il y a dessous la cariative, comme on dit, quoi, le soubassement. Et ben, le soubassement, c'est 95 % de la population qui est composée à 85 % de paysans.

La situation des paysans, elle est assez dramatique. Bien entendu, il y a ceux qu'on appelle les laboureurs. Le laboureur, c'était le monsieur qui était déjà un certain capital, qui avait la si grande étendue de terre, mais très peu. Et vous aviez une foule de ce qu'on appelle les brassiers. Brassier, c'est-à-dire simplement ceux qui n'ont que leurs bras pour vivre. Les brassiers, c'est le paysan sédentaire qui avait son petit lopin, qui avait une chèvre, qui avait une vache. Et à côté, un nombre considérable et accru au cours du XVIIIe siècle de journaliers, c'est-à-dire qui sont non pas, c'est l'enfer, cela, mais mobiles parce qu'ils ne possèdent rien du tout et qui vont comme ça de fait, encore, je crois aujourd'hui en Espagne, qui vont saisonnièrement se proposer, enfin, proposer leurs bras aux endroits où on a besoin.

La paysannerie était écrasée par toutes sortes de choses. Elle est écrasée d'une part par le fisc, la taille en particulier. La taille, l'impôt que refuse de payer la noblesse. La taille pèse sur ça, c'est les finances de l'État. Vous avez l'église, l'église leur impose la dîme, c'est-à-dire que tous les paysans, étant tous forcément catholiques, puisque le catholicisme est religion d'État, sont obligés de payer un vingtième. Dim, ça veut dire dixième. Ce n'est pas en réalité, ça pourrait être le dixième. Non, en fait, c'était le vingtième de leur récolte à l'église. Et puis vous avez surtout les droits féodaux. Autrefois, au Moyen-Âge, lorsqu'il y avait un grand désordre à travers la France et que les paysans n'étaient jamais sur de même parce qu'il y avait des grandes armées qui circulaient, le châtelain, le monsieur qui avait le château, défendait les paysans. Les paysans, il les protégeait contre des brigands qui arrivaient et leur demandait en échange, en échange de cette protection, et ça demande de droits, ces droits s'appelaient grosso modo les champs, la partie du champ, c'est-à-dire que le propriétaire, le châtelain, prélevait une partie de la récolte. Les lots, c'était un prélèvement qui se faisait sur tout changement de propriété, même quand il s'agissait d'un héritage. Pour un héritage, le châtelain intervenait et prélevait une partie. Puis vous aviez des droits aussi qui prélevaient sur toute vente. Ainsi, le père sur de Brillants qu'il raconte lui-même, le père de Châteaubriand s'enrichissait assez bien en prélevant une taxe sur toutes les transactions commerciales. Quand il y avait des foires à Combourg ou à côté de Combourg, ça rapportait des sommes considérables.

Peu à peu, au XVIIIe siècle, les paysans commencent à dire : "Mais quel sens a-t-il ce prélèvement que rien ne justifie ?" C'est-à-dire qu'on nous oblige à verser une partie de notre récolte en échange de services qui ne sont plus rendus. Et même, il y avait un certain nombre de ces services que, paraît-il, le châtelain prenait à sa charge, c'est-à-dire, tiens, des chemins, rectification des ponts, par exemple. Lorsque un petit pont s'écroulait, et le père de Brouillant, comme tant d'autres, ne s'occupait pas absolument pas de l'avoir. Une idée, parfois, c'est quand la noblesse rurale ne faisait rien pour les paysans, mais prenait, prenait de plus en plus les proportions d'un vol.

Le drame des finances nationales. Pourquoi est-ce qu'elles vont si mal avec une France riche, une France dont la richesse s'est accrue ? Et là, je devrais vous citer une phrase d'Edgar Faure dans son livre de 1961, très remarquablement : "La croissance de la richesse nationale s'était en fait traduite par un appauvrissement des pauvres." Alors pourquoi ça n'allait pas la richesse nationale, je veux dire les finances de l'État ? Tout simplement parce que sur trois groupes, il y en avait deux qui refusaient de participer au char de la nation. Il y avait la noblesse, il y avait le clergé, il y avait la roture. La roture, les bourgeois étaient assujettis à l'impôt. Les riches nobles et les riches ecclésiastiques refusaient de payer. On en arrivait au bord de la banqueroute.

Alors cette fois, ça va plus. Le groupe de pression dont je vous ai parlé premièrement, il est furieux parce qu'il n'accepte pas aux emplois. Deuxièmement, il désire avoir les leviers de commande. Et en plus, à part si elle comble, si on arrive à la banqueroute, nous rendre car son presque tous des rentiers, nous rendre vont s'effondrer. D'autre part, il a eu une phrase intéressante. Il a dit que sans les rentiers qui ont fait la révolution, je trouve que c'est vrai. Il y a à ce propos, il faudrait que je vous apporte encore une de ces phrases de Michelet qui font ma joie. Il faut savoir écrire Michelet. Il faut savoir à quel point les idées d'intérêt sont restés secondaires dans la Révolution française. Oui, la révolution fut désintéressée, c'est son côté sublime. Elle est bien bonne. Enfin, c'est une question d'argent, une question de pouvoir. Et puis par là-dessous, il y a la multitude, il y a la cariative, comme Victor Hugo, dont les gens ne veulent pas s'occuper.

Alors les faits maintenant, les privilégiés, ils ont un auxiliaire considérable, c'est les parlements. C'est des groupements judiciaires. Il y a le Parlement de Paris, qui a juridiction extrêmement étendue, ça couvre à peu près toute la France. Et les parlements se sont octroyés des droits qui leur étaient absolument fixés. Qu'est-ce que c'était que les parlements ? C'était à la fois des chambres de justice et c'est une chambre d'enregistrement. Lorsqu'un édit royal paraissait, les gens des parlements étaient les conservateurs. Ils classaient et peu à peu, et c'était un rejet de droit de faire des remontrances. Ils intervenaient à repousser des édits royaux. Comme il s'appelait par le Mans, et comment en Angleterre le Parlement, c'est la limitation du pouvoir royal. Un jeu de mots. C'était établi. Les parlementaires bénéficiaient d'une espèce de popularité en ce sens qu'ils s'opposaient à l'absolutisme royal. Mais pourquoi s'opposaient-ils ? Parce que le roi, désespérément, essayait de faire payer des impôts que les parlements refusaient, que les privilégiés quoi que ce soit. Parce que même en faisait partie. Mais comme ils étaient dans l'opposition, comme ils étaient même l'unique opposition, le petit peuple, les gens malheureux, les gens écrasés applaudissaient à ces parlementaires qui étaient en réalité les instruments les plus, les plus dociles et les plus bornés du conservatisme social.

Quels sont les faits ? En 1771, à la fin de son règne, Louis XV d'un coup de force contre les parlements. Il est appuyé par Maupeou. Maupeou décide de chasser et il y arrive. Et comme dit dans une bonne phrase Edgar Faure : "Au prix, au prix de la haine de toute une classe, la sienne, Maupeou était arrivé à briser la Fronde parlementaire." 1771, mais c'est la fin du règne de Louis XV. Et voilà Louis XVI qui monte sur le trône en 1774. Pour Louis XVI, dont je vous parlerai, c'est un brave. Il a besoin, il le disait : "J'ai besoin d'être aimé." Enfin, je veux que mon peuple même. Alors comme il sait que le peuple applaudit au Parlement, il fait revenir le Parlement. 1774, c'est une catastrophe sans nom. Puisque déjà très difficilement Louis XIV, il était arrivé, il avait brisé les parlementaires. Voilà le pauvre Louis XVI, les ramène. Et il fait venir au pouvoir encore un de ces cas où la légende l'emporte sur la vérité. Et je serai jamais assez reconnaissant de la force, sans bouquin de 1911, avait la pluie de l'Encyclopédie. Pourquoi ? Parce qu'il n'allait pas à la messe. Alors ça suffisait pour les encyclopédistes. Mais dès que Turgot est arrivé au pouvoir, on a bien vu ce qu'il a fait. Il a ramené les parlements. Les parlements, il en avait débarrassé en 1771. Il les a ramenés. Il va absolument pas toucher aux privilégiés, surtout pas apporter les nobles. Et même lui, qui est incroyant, a la gentillesse de ne pas vouloir non plus importer le clergé. Il a une doctrine économique extrêmement ferme. Il déclare d'une manière extrêmement précise : "L'administration, l'administration d'État ne doit pas s'occuper du commerce. L'administration ne s'occupe pas du commun." Pourquoi, dit-il ça ? Parce que ce n'est pas nécessaire. La terre avec essayer d'un pauvre dirigisme économique, il avait essayé d'empêcher la hausse des prix. Tandis que Turgot, mais ça aucune importance la hausse des prix. Bah, les gens payent. Et quand aux salariés, s'ils sont un peu malheureux, nous allons ouvrir pour eux des ateliers de charité. L'atelier de charité, ça a l'air d'une idée très noble, n'est pas très humanitaire. En fait, c'était tout bénéfice pour la classe manufacturière, parce que dans les ateliers de charité, il était entendu que les travailleurs devaient être moins payés que dans les usines privées, autant ou peut-être même plus, mais ils étaient moins payés. Ainsi, on déprime la bourgeoisie manufacturière et commerçante n'est pas gênée. Et d'autre part, si les pauvres sont malheureux, ben, il y a des ateliers de charité où ils travaillent au rabais. L'unique, attendez bien, l'unique résultat de la politique Turgot, c'est la guerre des farines qui va éclater en 1775. La guerre des farines, c'est la première fois qu'on va voir des paysans qui vont se soulever pour des questions de nourriture parce qu'ils crient, en particulier en avril, oui, en avril 1775 à Dijon, ça remue diablement. Les paysans sont là qui demandent la taxation, c'est-à-dire qu'ils font un maximum, ce prix du blé ne peut pas être dépassé, sans ça, on va mourir. Ben, je vous assure que Turgot, il plaisante pas. Il fait de la répression, une répression furieuse. Voilà en général qui s'appelle La Tour du Pin, qui illustrera par une phrase qui va courir toute la France. La Tour du Pin, une fois qu'il a eu fait tirer sur la foule, dit à ses paysans : "Vous avez faim ? Et ben, nous sommes en avril, l'herbe, l'herbe commence à pousser dans les champs." Et puis, on va faire deux exécutions, comment dirais-je, d'intimidation. On va prendre au hasard deux types qui s'étaient manifestés dans les violences contre les boulangeries et on va les pendre à Paris en grande pompe, en particulier un nommé Jacques Legayet, qui avait 16 ans. Et dans l'axe d'accusation, il y a ceci : il a donné un coup de pied, vous entendez, il a donné un coup de pied dans la porte d'un boulanger. Pendu haut et court, comme on disait à Paris, parce que c'est des pendus pour l'exemple. Voilà le résultat pour ça. Mais ça vaut la peine.

L'équerre est un personnage pittoresque. Et quand je dis pittoresque, c'est parce que je vais employer un euphémisme. L'équerre est un monsieur qui avait réalisé un coup éclatant. Il est employé de banque, la banque à Genève. Il avait réalisé un coup éclatant sur le Canada, d'une disposition secrète qu'elle avait été prise en novembre 1762, entre le gouvernement français et le gouvernement anglais, lorsqu'il était déjà entendu que la France avait perdu le Canada et que en 1763, l'année suivante, le Canada fera sur le régime. Les autorités françaises du Canada avaient lancé une papier monnaie, on appelait ça les effets canadiens. Ce n'est pas exactement le gouvernement français était en train de perdre sa suprématie. On les vendait, c'est malheureusement fait canadien avec une perte de 70 à 80 %. Necker était arrivé. Mais pourquoi est-il arrivé à faire une rafle considérable ? Il y avait acheté une quantité très, très bas prix, des quantités entre le gouvernement français et le gouvernement anglais. Le gouvernement français s'était engagé à rembourser aux porteurs, à tout canadien, en effet qu'il possédait, vous entendez, à tout caisse. Alors Necker, qui avait fait une rafle considérable d'effets canadiens, va faire fabriquer ou à fabriquer de sa main un certain nombre de fausses lettres canadiennes, soi-disant pour faire croire que l'argent qu'il a lui entre les mains est un argent qu'il a dit. Et il va remettre toute cette somme qui est considérable au gouvernement britannique, en chargeant le gouvernement britannique de le demander au gouvernement français. Par conséquent, il va faire une opération colossale. C'est le début de la fortune Necker au détriment du Trésor français. L'année suivante, il va faire une tâche de l'opération, aussi une belle spéculation sur les blés. Enfin, c'est un monsieur qui a une grosse voiture, monsieur a de grandes ambitions. Il a épousé une femme qui a ouvert un salon à Paris. Et cette petite personne constitue avec son mari un espèce de tandem, une espèce de tandem frénétique pour son avancement. Elle reçoit Voltaire chez elle, quoi qu'elle soit une protestante très rigide. Elle donne dans les idées nouvelles dans la mesure même où il s'agit d'anti-catholicisme. Alors c'est parfait. Il est extrêmement content. Et l'Encyclopédie constitue autour des Necker une clique travailleuse. C'est d'Alembert lui-même qui va pousser Necker dans un certain jour du 25 août, du 25 août 1773. C'est d'Alembert, c'est d'Alembert en personne qui, dans une séance officielle de l'Académie, de l'Académie française, va lire un éloge de Colbert rédigé par Necker. Je ne peux pas me retenir de vous lire ce que Monsieur Edgar Faure appelle un insupportable galimatias. "Il faut, disait Necker, à la tête des finances françaises, un homme dont le génie étendu soit capable de parcourir toutes les circonstances, un homme dont l'esprit flexible et moelleux sache il conformer ses desseins, un homme doué d'une amende et d'une raison tranquille." Tout le monde a compris, enfin, c'était lui-même qu'il est en train de se proposer. La Correspondance littéraire de Grimm et mystère, Correspondance littéraire qui était la chronique de la cour, vous savez, c'était un instrument de l'Encyclopédie. Dans son tome 10, à la page 281, écrit à propos de cet éloge de Colbert par Necker : "Monsieur Necker a deviné l'âme de Colbert par la seule analyse de la sienne propre." Bon. Alors, il a derrière lui le clan encyclopédique. Il arrive au mois d'août 1776. Il est nommé chef des finances françaises. C'est un coup double formidable. Premièrement, c'est la première fois qu'un banquier, et un banquier, va devenir un chef des finances françaises. Deuxièmement, comme Turgot, et c'est la raison pour laquelle l'Encyclopédie le servait, il n'était pas catholique, il était protestant. Qu'est-ce qu'il va faire une fois qu'il est arrivé ? Eh bien, il va surtout ne pas importer, n'est pas plus que Turgot, les privilégiés. Il va faire une politique systématique et furieuse d'emprunts. Châteaubriand, mais c'est vrai, mais c'est prodigieux, prodigieux les emprunts. C'est une politique de douceur, vous comprenez, c'était avoir de l'argent qui ne coûtait rien puisqu'il n'y a pas d'impôts nouveaux et seulement la France s'en était d'une manière horrible. Surtout que Necker, avec des banquiers genevois, était arrivé à mettre au point un système d'emprunt extraordinaire, viager. C'était ceci : on trouve des petites filles, on appelait ça les jeunes filles de Genève, des jeunes filles, des petites filles qui ont 7-8 ans, mais qui avaient eu précédemment la petite de Rolle, enfin, elles étaient immunisées. Alors on se disait : "C'est si gamine, mais ils ont une très longue vie devant elle." Alors constituer des rentes sur elle. Et comme les emprunts viagers de Necker étaient à 12 %, 13 %, 14 %, lui, Necker, et les banquiers genevois misaient sur. Alors comme il n'y avait pas dans les dispositions légales, comme il n'y a pas de limitation d'âge, on pouvait prendre des rentes viagères sur une gamine de 8 ans. Et comme il y en a beaucoup qui ont vécu jusqu'à 80 ans, c'est le Trésor français qui allait en partie. Comme Necker, qui avait fait semblant de ne plus appartenir à sa banque, mais il a eu son frère à sa place. Il avait fait changer, non, il s'appelait Germaine, du nom d'une terre roturière que Necker du côté de mort. Alors la banque Thélus, son Germaine, c'est-à-dire avant toute journée d'équerre, trouvait dans le placement des emprunts les courtages nourrissants au point que quand l'équerre a quitté le pouvoir français, après avoir, publiquement du reste, prêté deux milliards au Trésor, prêté, il y avait les intérêts, il va être capable d'acheter le château de Coppet parce que ça l'a pas mal enrichi d'avoir traversé les finances françaises. Mais le résultat, c'est que lorsque l'équerre quitte les finances françaises, vous m'entendez, la moitié, la moitié du budget passe aux rages des emprunts. C'est une vraie catastrophe. Le roi, qui a été assez embêté, a publié à ce moment-là un bilan absolument truqué pour faire croire qu'il allait faire des économies. Audrey français, mais il fait, il faut trouver autre chose. Alors successivement, on fait appel à Calonne, puis à Brienne. Pauvre Calonne, il essaie d'une subvention territoriale, c'est-à-dire l'impôt foncier. Et il réunit les notables en disant : "C'est peut-être des gens qui sont compréhensifs." Les notables disent : "Pardon, ça nous regarde pas, c'est le Parlement. Si le Parlement qui s'occupe des impôts." Et le Parlement refuse. Va essayer de refaire le coup de Maupeou. Vous rappelez, en 1771, il avait brisé le Parlement. Le 8 mai 1788, rien ne recommence. Le coup de détruire le Parlement, mais à sa place, une cour plénière. Et dit : "On va faire payer tout le monde." Alors ça va, ça, je vous assure que ça ne marche plus. Les parlements s'agitent. L'opinion publique, elle-même, toute la bourgeoisie folle furieuse. Attention aux dates, c'est le 8 mai 1788 que Brienne fait son coup contre les parlements. 8 mai. Et le 21 juillet 1788, c'est ce que l'on appelle les États de Vizille. Les États de Vizille, c'est une espèce de préfiguration des États généraux. Ça se passe à Vizille, c'est-à-dire en Dauphiné. Et j'expliquerai pourquoi ça se passe en Dauphiné et qui a derrière, en particulier, les industriels. Elle est célèbre cette réunion de Vizille dont je veux parler la dernière fois. Le château de Vizille, dans le Dauphiné, c'est donc le 21 juillet 1788, à la suite de ce qu'avait fait Brienne lorsqu'il avait renvoyé les parlements. Et je vous disais également que c'était les Perrier qui étaient là. Non, qui va beaucoup compter dans l'histoire française. On va trouver un Perrier à la Banque de France après le coup d'État de Brumaire. On va trouver un Perrier qui est banquier et en même temps, un premier ministre sous Louis-Philippe. On va trouver un Casimir Perrier. Toujours la même famille, qui va être plus tard président de la République. C'est une famille que vous voyez considérable. C'est une très grande famille. Voici les Perrier qui ont eu l'idée de cette réunion de Vizille en juillet 1788. Faut dire qu'ils ont des conseillers, des assesseurs, enfin, des auxiliaires de bonne volonté. Il y en a deux en particulier. Il y a nommé Barnave, dont je vous ai déjà parlé, et qui est vraiment quelqu'un d'important. Et puis, il y a Mounier, vous voyez, qui est un avocat de la région aussi, qui est un garçon intelligent. Alors, quelle est l'idée de Vizille ? Bah, ça c'était beaucoup agité. J'avais, mais employé un mot vulgaire la dernière fois pour vous dire que ça avait bardé à travers la France lorsque Brienne elle avait fait son coup du 8 mai. Et dans la région du Dauphiné, c'est-à-dire à Grenoble, ça avait bardé particulièrement, puisque le 7 juin, une espèce d'insurrection s'était produite. On avait appelé ça la journée des tuiles. Les gens étaient montés sur leur maison, avaient détruit leur maison pour bombarder les soldats qui étaient là pour rétablir l'ordre. Ça avait donné beaucoup à réfléchir à la bourgeoisie, c'est-à-dire que le quatrième état, si je puis dire, c'est la multitude, se mettait à remuer. C'était très inquiétant. Il y a même divers signes d'apporter. La deux petits témoignages, divers signes qui donnaient à penser aux gens de bien. Il y avait un dicton qui courait, une espèce très belle que voici : "Les gens se répétaient ces phrases : leur roi dit : je mange. Le noble dit : je pisse. Le soldat dit : j'interdis. Tout le prêtre dit : j'assume tout. Et l'homme en blouse dit : je pète tout." Très mauvaise chose comme ça. Et puis Sébastien Mercier, l'auteur du Tableau de Paris, dans dans l'année 1788, donc ça nous intéresse pas particulièrement, écrit ce qui suit : "De nos jours, le petit peuple est sorti de sa subordination à tel point que je puis prédire qu'avant un an, on en verra les effets." Vous commencez à voir que ça tournait mal. Ce n'est pas parce qu'il y avait donc ce groupe de pression, c'est-à-dire la bourgeoisie, qui voulait forcer le barrage que la noblesse mettait devant les grands emplois, qui voulait accéder aux leviers de commande de l'État, et tout ça à condition, naturellement, que la fameuse cariative, le peuple, le peuple qui travaille, comme dit Voltaire, et qui nous relie les autres, que le peuple ne bouge pas. Il ne faut pas que le quatrième état puisse déranger ces messieurs dans leur opération. Quel est l'opération ? Ce sont des gens qui veulent se substituer à la noblesse ou, s'il n'y a pas moyen de se substituer, partager avec la noblesse. Que ce soit avec elle au festin national. Alors les Mouniers, les Barnaves, les Perriers, quand ils ont vu que dans la région de Grenoble, ça commençait à les mal, ils se sont dit : "Il faut agir vite." On a donc fait une espèce de réunion de notables, préfiguration, comme je vous dis, des États généraux. On a fait venir des aristocrates, on a fait venir un certain nombre d'ecclésiastiques, ça comptait pas, et on a fait venir surtout de la bourgeoisie précédente. Et là, on leur a fait une proposition d'alliance. On a dit à l'aristocratie : "Écoutez, vous n'avez pas pouvoir y couper, c'est forcé, c'est fatal. Un jour ou l'autre, vous serez obligé de payer des impôts. Les curés aussi." Alors on va s'arranger. Vous voyez bien que nous avons un ennemi commun, ennemi commun, c'est le peuple, le bassement, c'est la cariative, la multitude, c'est-à-dire ceux qui travaillent pour que c'est possible. Pourquoi pas ? Bon, vous allez payer des impôts, ça sera pas agréable. Mais nous, qui sommes la nouvelle classe, la nouvelle classe, la puissance mobilière, on va s'arranger avec vous, on va partager, si vous voulez, parce que vous garderez vos titres. Je mets vos titres. Et puis on a des filles nous. Alors par conséquent, vous croyez épouser nos filles. Donc tout le monde s'y retrouvera. Nous, on sera très fier d'avoir des gens qui s'appellent des marquis au début, puis vous vous arrêtez avec nos filles. Alors ça commence à s'intéresser à travers le nombre de gens de l'aristocratie. Et quand les États généraux vont se réunir, ce sont des idées qui travaillent dans les têtes.

Les États généraux, bah, c'est une idée qui avait été lancée dès 1787. En 1787, c'était Calonne qui avait été son coup d'éclat. Il avait proposé une subvention territoriale, c'est-à-dire un impôt foncier. Pas question. Et un des notables a dit : "Pourquoi est-ce qu'on ne réunirait pas les États généraux ?" Ça ne s'était pas fait en France depuis 1614. 1614, c'est certain, vous voyez. Alors c'était un alibi, comme on est en train de se chercher. On se disait : "Le Parlement va peut-être se dévaloriser, se dévaluer, enfin, l'opinion publique, les gens vont s'apercevoir que c'est du prix d'applaudir ce Parlement qui ne veut absolument pas de réforme." Tandis que si on réunit les États généraux avec les trois ordres, c'est-à-dire représentants des nobles, représentants du clergé, représentants de la roture, ils seront deux contre trois. Parce que quand ce refus, le refus de payer qui jusqu'à l'heure était réservé à l'aristocratie, ça sera tous les trois qui sont dans le coup. Bien entendu, comme nous serons deux contre trois, le vote sera enlevé et on sera sûr de ne pas avoir à abandonner nos privilèges. L'histoire était très bien présentée. Néanmoins, Necker, qui vient d'être appelé au pouvoir, comme vous savez, ou qui va être appelé au pouvoir, seulement nous dit 1788, mais qui n'est pas très chaud à la demande, ce que ça va donner, surtout qu'il y a une assez grande agitation dans l'opinion publique où le tiers état demande le doublement, le doublement. Ce qu'ils disent : "Mais on est plus nombreux, par conséquent, il ne faut pas qu'on ait un seul député, il faut que nous soyons deux contre un." Oui, mais tout ça ne change rien si le vote aux États généraux se fait par ordre. Parce que si le vote se fait par ordre, il y aura toujours voix du clergé plus voix de la noblesse contre voix de la roture. Alors ça n'a aucune importance qu'il soit plus nombreux, puisque si le vote continue à être par ordre et non pas par tête, la majorité est acquise aux privilégiés. Il était arrivé au pouvoir le 25 août, jusqu'au 26, 25 août 1788. Vous imaginez les rengorgements de ce dindon. Enfin, quand le voilà qui recommence, lui, banquier suisse, à être à la tête des finances françaises. Il avait été du reste acclamé dans la foule, enfin, les gens se persuadaient que c'était un magicien. Et réfléchir, retourne cette question des États généraux. Et il va lui-même conseiller au roi, en effet, d'accepter ce doublement du tiers, doublement qui n'engage absolument à rien tant que le vote par tête ne sera pas accepté.

Arrivons maintenant aux grandes années, au grand moment révolutionnaire. La première idée qu'il faut que je vous soumette, c'est que une révolution n'arrive jamais à l'improviste. Regardez en Russie, par exemple, la révolution de 1917 a été longuement précédée par les mouvements que vous connaissez, en particulier ce 1905. Vers chez nous, les Français, au moment où la révolution tumultueuse va éclater en 1789, rendez-vous compte que ça remet déjà pas mal de temps. Je voudrais vous montrer d'abord des agitations de 1780, non, 1787, 1788, et les agitations de 1789 au début de l'année. Agitation de 1787-1788, c'était presque toujours à propos du Parlement. Dans la nuit du 25 septembre 1788, parce que le Parlement avait été repoussé par le roi, fait écarté par le roi, il y avait déjà eu des troubles. Il y avait eu deux tués. Puis il y avait eu après le 8 mai, ce que je vais vous raconter, ce que je vous ai raconté, avec des agitations en province, dans plusieurs villes. Il y a eu un peu, il y avait à Besançon, il y avait à Grenoble, la journée des tuiles, il y avait eu à Toulouse, il y avait eu à Rennes, enfin, de l'agitation. Autre agitation moins révolutionnaire, plutôt acclamation hostile, lorsque hostile à la cour, lorsque Necker arrive le 25 août 1788. Mais ce qui ajoute à l'agitation générale, c'est la situation économique. Et ça, c'est ce que Michelet ne voulait jamais voir. C'est ce que Bucher et Rougier avaient vu dès leur 40 volumes de 1837. La situation du peuple devenait vraiment intolérable au début à la fin de l'année 1788-1789. Pourquoi ? Bailler avait-il ce chose ? Il y avait une.

Montée des prix dont je vous ai parlé, sur lesquels je vais vous apporter maintenant des précisions, et que voici : entre 1730 et 1789, la hausse des prix en France avait été de 60 %. 60 %. Elle a hausse des salaires dans la même période avait été de 20 %.

Parce que c'est quand les gens étaient de plus en plus malheureux, le prix du pain, c'est un vrai problème, parce que le petit peuple se nourrissait de pain, les travailleurs se nourrissaient de pain. Combien ça coûte normalement ? Avant 1750, le peuple payait partout en France, et c'est à deux sous, ça veut dire deux sous la livre. Et comme les gens mangeaient en principe quatre livres de pain par jour, ce que nous appelons aujourd'hui 2 kg, ils payaient donc ça. Et bien, graduellement, le pain montait de plus en plus. Il est arrivé à dix sous, puis à onze sous, puis treize sous. Et au début de l'année 1789, le pain à Paris était à quatorze sous.

Combien gagne un ouvrier ? Non qualifié, les ouvriers qualifiés gagnaient jusqu'à 2 francs 50 par jour. Mais la plupart des ouvriers, mettons 80 % des ouvriers parisiens, gagnaient 20 sous par jour. Alors, vous vous rendez compte de la situation d'un type qui, pour se nourrir, pour manger ses quatre livres de pain par jour, et pour nourrir sa femme et ses gosses, est obligé de dépenser 14 sous, alors qu'il en gagne 20. Qu'est-ce qui lui reste pour s'habiller, pour se loger, et d'autres parties ?

Peuvent travailler tous les jours les ouvriers ? Naturellement pas. D'une part, il y a des fêtes chômées, et puis il y avait à ce moment-là 29 fêtes chômées dans l'année. Parc des écrans, l'ouvrier parisien était un garçon qui n'arrivait pas à vivre, étant donné qu'il travaille moins de 300 jours par an, qu'il gagnait environ 20 sous par jour, et que le pain, du côté des prix, coûtait 14 sous.

Ajouter diverses choses. La France avait signé avec l'Angleterre en 1786 un traité de commerce qui était très libéral et qui permettait aux produits anglais d'entrer en France. Alors, à partir de 1787, un certain chômage s'établit, surtout dans les tissages, et puis du côté de Lyon, à cause des soyeux, parce que les manufactures anglaises arrivaient beaucoup moins cher que les manufactures françaises.

Vous avez en 1776 une crise des ventes des vins. Les régions productrices de vin, c'était Bordeaux, c'était la Bourgogne, c'était le Languedoc. Le Bordelais moins touché, mais du côté du Languedoc et de la Bourgogne, il y a une crise à partir de 1777. Je vous dis une crise de surproduction, effondrement des cours.

La catastrophe atmosphérique, c'est bien le mot, du 13 juillet 88. Aujourd'hui, on pense toujours au 14 juillet 89, mais je vous assure que les Français se sont beaucoup plains pendant des années de ce qui était arrivé, et qui paraît-il, en effet, était tout à fait extraordinaire. Le 13 juillet 88, un orage, un vrai, semblable. Les orages d'habitude, c'est localisé. Or là, c'était un orage sur le mois, bien qui s'était abattu sur la France, de Dunkerque à Bourges, et du Havre à Nîmes. Et là, il y avait des grandes régions productrices, et bien tout avait été ravagé dans cette journée du 13 juillet 88, où il y avait eu la foudre, il y a eu la grêle, il y avait des torrents de pluie. C'était une catastrophe qui faisait encore une hausse des prix.

Vous avez d'autre part, depuis 1775, le mur des Fermiers généraux. C'est une chose que j'aurais dû connaître depuis longtemps. C'est extraordinaire. Vous savez ce qu'on fait de découvertes quand on se met à étudier la Révolution de près ? Le mur aujourd'hui, c'est le mur de Berlin, mais il y avait un certain mur des Fermiers généraux qui avait été construit autour de Paris pour des sortes de taxes. Qu'est-ce que c'est que les fermiers généraux ? C'est des, la plupart du temps, qu'ils se proposaient au roi pour faire rentrer une partie des contributions. Alors l'arrangement était assez sympathique. Le roi leur disait : "Vous allez me fournir tant de millions, et puis débrouillez-vous personnellement." Le roi ne s'intéressait pas à la manière dont ils allaient se procurer les millions. Supposons que les fermiers généraux se soient engagés à verser 30 millions au roi. Eh bien, ils ont fait rentrer, enfin, 60, 70 millions, et la population, elle, restait entièrement bénéficiaire, et c'était les fermiers généraux qui s'étaient attribués les droits de douane. Et pour que ces droits de douane soient respectés, et pour qu'il n'y ait pas de contrebande, un mur, un mur de 3 mètres 50 avait été établi avec 40 ouvertures, et aux 40 ouvertures, il y avait des grilles, comme on dit, les douaniers qui étaient là, qui faisaient payer les gens. Qu'est-ce que ça rapportait ? Ça extorquait la population parisienne pour pouvoir manger environ 30 millions par an. De chiffres que je vous ai donné, sur ces 30 millions par an, je ne sais pas ce que l'État touchait, mais les fermiers généraux, eux, c'est leur mur, touchaient eux, ces 30 millions. Peut-être une quinzaine, ça leur permettait de, vous comprenez, d'avoir de très beaux hôtels particuliers, en particulier place Vendôme.

Alors vous avez le traité de commerce de 1786, vous avez les vins, la météo, vous avez le 13 juillet 88 avec la catastrophe atmosphérique, le mur des Fermiers généraux, et puis alors la campagne, à travers toute la fin du siècle, depuis 1770 environ, était de plus en plus malheureuse, parce qu'une grande partie de la noblesse de province qui n'avait pas les moyens de vivre à Paris, qui n'était pas des courtisans parisiens, vivait, quoi, difficilement. Ils avaient donc imaginé d'accroître leurs droits féodaux par des recours à ce qu'on appelait des féodistes, et des gens qui s'étaient spécialisés, en fait, dans la recherche de ce qu'on appelait, de ce que l'on nomme les terriers. Un terrier, c'était le document, le document de base, le parchemin sur lequel était établi le droit que le seigneur, sa seigneurie, sur un lot, sur une terre, etc. Alors la noblesse française du 18e siècle avait engagé un certain nombre de féodistes qui inventaient de nouveaux droits féodaux, qui retrouvaient, ou faisaient semblant de retrouver, d'anciens terriers, parce qu'il y a des parchemins, ce qui avait pour résultat d'accroître encore les charges de la paysannerie.

Ajoutez que au milieu du siècle, la noblesse s'était fait accorder un tiers, tout à coup, un tiers des biens communaux, c'est-à-dire une partie des communautés rurales. La noblesse s'était accordé un tiers. Et troisièmement, ils s'étaient encore des droits de clôture, c'est-à-dire que les paysans pauvres qui pouvaient faire paître leurs quelques bêtes sur le sol du patron, enfin du seigneur, ne pouvaient plus maintenant que c'était clôturé. Est-ce que l'on appelait le droit de vaine pâture, est-elle un droit aboli ? Vous vous rendez compte qu'au début de l'année 89, ce ne sont plus simplement des émeutes d'opinion, comme celles de 87, 88, pour le soutien au Parlement, ce sont des émeutes de la faim et des émeutes de famine.

Que voici au début de l'année 89 : Bretagne, Nantes, le Nord, et la Provence. Ça passe évidemment de plus en plus mal, au point qu'un phénomène inédit se produit. Inédit en France, par inédit en Angleterre peut-être. Rappelez-vous l'autre jour, quand je vous racontais qu'il y avait eu des journées très dramatiques à Londres, où la cité était en feu, on avait attaqué la Banque d'Angleterre, c'était entre le 2 et le 6 juin 1780, et je vous avais dit à ce moment-là : "La bourgeoisie s'est armée, et les misérables n'ont plus qu'à rentrer sous terre." Et bien, au début de l'année 1789, ce produit en France ce phénomène jusqu'alors inédit : c'est que la bourgeoisie, les gens ont le droit à ce moment-là d'acheter des armes comme ils voulaient. Alors les propriétaires, les propriétaires ruraux, parce qu'ils voient que le petit peuple affamé se met à bouger.

Vous avez d'autre part, à Paris, les 26 et 26, 27 et 28 avril 1789, une grosse émeute. Je vous en dire un mot. En 1789, c'était un marchand de papier peint qui avait une grosse manufacture dans le faubourg Saint-Antoine. Que je vous dise tout de suite, dans le Paris de cette époque, il y avait les deux grands faubourgs ouvriers, c'était le faubourg Saint-Antoine et le faubourg Saint-Marceau. On appelle aussi le faubourg Saint-Marcel. Le faubourg Saint-Antoine, c'était surtout le meuble, puis c'était du papier peint. Et le faubourg Saint-Marceau, qui était du côté de la Seine, c'était les tanneries. Le 24 avril, le bruit se répand que Réveillon, le patron, a prononcé une certaine phrase. Cette phrase, ce serait ceci : "Après tout, mes ouvriers peuvent bien vivre avec 15 sous par jour, alors que le pain est à 13 sous." Alors ça serait pas comme une trahison, une liste de fantaisistes. Bonhomme, enfin, il veut nous affamer. C'était pas ça qu'il avait dit. Réveillon était un homme, je crois, et même, je sais, il y a une enquête qui a été faite là-dessus par Jacques, qui a publié il y a deux ans, l'année dernière peut-être, un livre sur la prise de la Bastille, qui est admirable. L'information, bah, ce détail que je vais vous donner, je l'ai trouvé dans votre chaud. Réveillon était un homme qui, ayant été frappé d'une partie de chômage à cause d'une rivalité britannique, avait payé, personne n'avait payé ses ouvriers en chômage. Un peu moins, on appelle les, il avait dit qu'il faudrait arriver à une réduction des prix, des prix de la vie, des denrées, à une réduction telle que l'ouvrier puisse vivre avec 15 sous. Ça ne voulait pas dire du tout, dans l'état où sont les prix, l'ouvrier peut vivre avec, mais dans l'état où sont les prix aussi. À ce moment-là, bonhomme, qui veut nous affamer, il veut nous donner 15 sous. Et une émeute se produit, même tellement violente, parce que les ouvriers arrivent aussi pour soutenir ceux du faubourg Saint-Antoine, ils arrivent du faubourg Saint-Marceau. La troupe est obligée de tirer. Au début, le gouvernement ne veut pas y aller trop fort, mais ça devient de plus en plus dramatique, si bien que on tire, il y a une fusillade, et qui a au moins 100 morts. N'est pas arrivé à établir le chiffre, en fait, une centaine de tués. Cent tués à Paris, dans une émeute, c'est quelque chose.

Alors ce que je vais vous dire, c'est que les États généraux, donc les élections sont en train de s'opérer. Elles ont commencé en janvier 1789 et vont se terminer au mois de mai. Ces élections aux États généraux s'opèrent dans un climat de crise économique violent. C'est très important à savoir. Et comment était organisé ? Qu'est-ce qui va voter ? Bien, Sieyès, qui a beaucoup réfléchi à ça, et dont vous connaissez l'état d'esprit. Sieyès, c'est des idées. On ne peut absolument pas laisser voter les non-possédants. Un non-possédant, il me suffit qu'il n'ait rien, il n'est pas intéressé au maintien de l'ordre établi, puis c'est l'ordre établi par les possédants. Alors il sera décidé que personne ne pourra voter aux États généraux s'il n'est pas inscrit au registre des contributions. Il faut qu'il soit taxé pour payer. Ça va exclure dans les trois à quatre millions de Français. C'est déjà pas mal. Deuxièmement, il y aura un autre truc, un autre subterfuge, si vous voulez, c'est qu'il y aura deux degrés d'élection. En principe, les gens devraient payer une somme d'impôts équivalente à, pas équivalente à trois journées de travail. Cependant, les municipalités ont le droit de fixer comme elles l'entendent. Par exemple, à Paris, Paris, on va décider que ce n'est pas trois journées de travail qui sont nécessaires, mais six journées de travail, c'est-à-dire une imposition égale à ce que représenteraient six journées de travail, ce qui va permettre d'exclure les deux tiers, vous m'entendez, des deux tiers de la population masculine de Paris. Et puis deuxième triage. Premier triage : alors, ceux qui n'ont pas assez d'argent ne votent pas. Deuxième triage : il y aura l'élection à deux degrés. Il y aura d'abord une première élection qui désignera ceux qui vont désigner les députés, qui désignera ceux qui vont les députés. Ceux-là, ça prend les véritables électeurs. Ils devront eux payer une somme d'imposition égale à 10 journées de travail. Alors pratiquement, qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer premièrement que les malheureux, ceux qui n'ont pas de sous, tant pis, ceux qui ont un petit peu d'argent vont essayer de se faire entendre. Ils vont rédiger, très souvent, sur la conduite des curés. Et les curés de campagne, je vous l'ai dit, sont pour la masse, dans l'ensemble, ils sont pour la masse, sont pour le soutien des paysans. Vous rédigez les premiers qu'on appelait les cahiers de paroisse. Dans ces cahiers, il y aura très souvent des revendications sociales. Mais ce sont les vrais électeurs, c'est-à-dire les gens bien, qui ont déjà une fortune plus sérieuse, qui vont rédiger les cahiers définitifs, les cahiers que l'on va présenter au roi. Ces espèces de doléances, d'une part, les bourgeois riches, et d'autre part, c'est la clientèle. C'est de bourgeois riche, c'est bourgeoisie, qu'est-ce que je veux dire par la clientèle ? Ce sont des gens que j'appellerai les délires, si vous voulez, les délires de la langue et de la plume, sont des gens qui savent écrire et qui savent parler, c'est-à-dire en particulier des avocats. Les avocats connaissent l'histoire de France, ils savent qu'ils veulent les payer, ils savent qu'ils sont au service de la bourgeoisie. Par quelqu'un, ils vont rédiger des cahiers qui seront profondément différents des premiers cahiers de paroisse. Mais la chose très importante à souligner, c'est que pas un, vous m'entendez, pas un artisan ne sera élu aux États généraux. Tous les députés qu'on appellera les députés du tiers seront en réalité des gens bien, des gens dont la fortune est sérieusement assise. Et là, c'est Jaurès qui a porté ça. Il y a un détail qu'il faut que je fournisse. Il a été fourni, que je puis, il a été apporté précisément par quelqu'un qui est du côté hostile, un royaliste qui s'appelait Montjoie. M.N.T. J.O.Y. Montjoie. Montjoie a fait en 1797 une histoire de la Révolution. Elle n'était pas finie en 1797, mais je vous ai dit qu'à partir de 1794, ça ne comptait plus dans l'histoire. De Montjoie, qui est un réactionnaire, qui est un homme qui est défavorable à l'ancien régime, il y a un petit détail intéressant. Je crois que j'ai pris une note là-dessus. Oui. Montjoie, quand il a assisté à la rédaction du cahier définitif de son district parisien, c'est le district Sainte-Marguerite. Il y avait là quelques artisans, pas tout à fait pauvres, par exemple Duplay. Non, je vous parlerai de Duplay, c'était le menuisier chez lequel Robespierre va habiter. Duplay, il ne faut pas vous le figurer comme un ouvrier. C'était un artisan, c'était un homme qui avait une petite menuiserie avec cinq ou six ouvriers. Ces gens-là payaient assez d'imposition, voire le droit de parler. Mais en fait, c'était un artisan. Alors Montjoie raconte qu'il a assisté à la rédaction de ces cahiers définitifs de district Sainte-Marguerite, et que quelques artisans ont essayé, essayé de présenter des suggestions. Et ces suggestions, écoutez bien, je cite : "Les bourgeois écoutaient avec impatience, d'un air de supériorité, et par la même à parler même à voix haute de l'opportunité de ces gens-là." Ces gens-là, c'est les ouvriers, c'est les artisans. Il faut dire tout de même, au moment des réunions des États généraux, je vous en donne deux de ces fausses notes, trois si vous voulez. Il y en a une d'un ami du Fourny. C'est du Fourny publie une brochure intitulée "Du Quatrième Ordre". C'était déjà révolutionnaire de parler de quatrième ordre. Pourquoi écrivez-vous, du Fourny ? "Pourquoi une classe immense, celle des salariés, est-elle rejetée du sein de la nation ?" Nommée là, dans une série comme une brochure qui s'appelle "Ce que personne n'a dit en faveur de", je cite, "de la classe abandonnée". Quel est le district de Paris qui crie là ? Et quel est le district de Paris qui a fait la moindre motion pour elle ? Vous voyez que quand on essayait d'en faire une, on disait : "Ces gens-là n'ont pas au chapitre." Et enfin, un chevalier de Maure. Je ne sais rien, mais j'ai trouvé ce renseignement dans Monsieur Mornet, "Original de la Révolution française". Un chevalier de Maure, dans une brochure de 1789, écrit ce qui suit, et que je vais vous dire lentement parce que c'est extrêmement important pour toute mon histoire de la Révolution : "On a tort de considérer le tiers comme une seule classe. Il se compose en réalité de deux classes dans les intérêts sont si différents qu'on peut même les déclarer opposés." Bien. Phrase pour la suite des choses.

Alors voilà que les États généraux sont réunis. Ça se passe le 4 mai 1789. Ça se passe à Versailles, naturellement. Et voici les chiffres : vous avez clergé 291, noblesse 270, tiers état 578. Parce que Necker a obtenu le doublement du tiers. J'en prends mes deux premiers chiffres : 291 + 270, ça fait 561. 561 représentants des deux ordres privilégiés contre 578 aux voisins. Le vote par tête, le vote individuel, il est sûr d'avoir sa majorité puisqu'ils sont 578 contre les 561 des deux autres ordres réunis. Les autres Parisiens qui comptent déjà sur des voix de la noblesse, ces aristocrates à qui les Perriers, les Barnave et les Monniers ont proposé l'astuce que je vous ai dit, à savoir : "Acceptez de payer des impôts, et puis on fera alliance, vous pourrez épouser nos filles." Ben, on pense, le tiers pense qu'il y aura un certain nombre de voix nobles qui pourront. Et puis dans le clergé, ça va être intéressant de voir la composition du clergé. Ça a même fait une assez grande rumeur, parce que les évêques pensaient qu'ils allaient naturellement être désignés. Il n'était pas du tout, un très grand nombre de curés, ils étaient opposés à ce que ce soit les évêques qui soient les représentants de tel ou tel paroisse. Bien que c'était une majorité de 208 curés de campagne, 208 sur 280. Là aussi, quoi qu'avec un peu d'inquiétude, les roturiers se disaient : "Les gens du tiers, on va avoir des voix du côté des curés." Je dis avec un peu d'inquiétude, parce que vous connaissez la disposition de ces gens du tiers. Vous connaissez la disposition des curés. Les gens du tiers étaient plutôt dans la ligne Voltaire. Les curés, Rousseau. Les curés défendaient, parce qu'il appartenait socialement à cette classe-là, il défendait le quatrième bétail, il défendait les paysans opprimés. Quant au tiers, en réalité, il défendait la bourgeoisie. Pas toujours est-il qu'ils sont tous là, les 578 + 561. Le 4, c'est le 5 mai que commence l'opération, probablement dite réunion générale, avec deux discours, discours du roi, discours de Necker. Discours du roi est extrêmement décevant, parce qu'il fait surtout appel à une modération. Il dit : "Pour que nous étudiions le problème ensemble, et pour lui, c'est un problème uniquement financier, il faut trouver de l'argent, on est au bord de la banqueroute." Mais il n'est pas question de Constitution. Il ne parle pas du tout de réformer la Constitution française, aucune modification envisagée par le roi à son régime d'absolutisme. D'autre part, pas un mot de plus sur le vote par tête. Et les gens du tiers sont là, tout tendus. Est-ce qu'on va voter individuellement ? Au milieu du discours, il refile ses feuillets à un secrétaire parce qu'il n'en peut plus. Il a déjà parlé une heure et demie. Et le discours de Necker, il est exactement semblable à ce bilan truqué et fallacieux qu'il avait présenté en 1781, lorsqu'il avait été chassé du pouvoir. Le chiffre des pensions que le roi distribue, parce que c'est sous sa responsabilité, ça s'est fait. C'est quand Sieyès était chef des finances françaises que 15 millions ont été donnés d'un seul coup au frère du roi, le comte de Provence, et que 14 millions avaient été donnés à toi, autre frère du roi, celui qui ne viendra pas, Charles X, alors que Provence va devenir plus tard Louis XVIII. C'est sous Sieyès que la famille Polignac, parce que la reine était extrêmement bien avec Madame de Polignac, Polignac va se faire attribuer 700 000 francs de pension. 700 000 francs de pension. Pour avoir le chiffre aujourd'hui, il faut multiplier par, par quatre, enfin à peu près, ce que ça donne. Et si on parlait en dollars, ça serait 700 000 dollars d'aujourd'hui. Tout ça sous la responsabilité de Necker. Si bien que ce cahier rouge, comme on disait, le cahier des pensions de Sieyès, va le garder sous le coude pour que personne ne sache jusqu'en 1790. Ça fait très mauvaise figure. Au discours, comment, mais le déficit n'était pas si grave que ça, mais il doit nous incomber. Ce n'est pas vrai. Et c'est là où Mirabeau, pour la première fois, va se faire entendre. Mirabeau va dire : "Mais le déficit, c'est notre trésor national." Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? C'est une jolie formule. Mais raboter les formules. Il y a un déficit, il y a un déficit terrible, beaucoup plus gros que Monsieur Necker ne peut nous le dire. Le roi a besoin d'argent. Eh bien, nous sommes décidés. Vous savez ce qu'elles sont, c'est-à-dire autorisation à la roture d'entrer dans les pouvoirs, et finalement, levier de commande à la bourgeoisie. Mirabeau, notez bien, Mirabeau, ce n'est pas un homme du tiers état, c'est un homme de la noblesse. Seulement, il a essayé de se faire déléguer par la noblesse, mais comme il avait une réputation impossible, ils n'ont pas voulu. Si bien que les gens du tiers, ils l'avaient recueilli, de même que l'abbé Sieyès. Quand je vais vous parler d'un instant, l'abbé Sieyès aurait dû, puisqu'il était prêtre, déléguer du clergé, pas du tout pour des raisons trop faciles à comprendre, et c'était le tiers qu'il avait recueilli. Alors Mirabeau fait cette phrase formidable : "Pour question, nous donnerons bien de l'argent à Sa Majesté, mais à condition que Sa Majesté par nous, et nous allons arriver à la, au drame très important du 17 juin." 17 juin. Tout à coup, voyons que rien ne se faisait, que la noblesse refusait de s'associer au tiers pour la vérification des pouvoirs, que le clergé faisait de même, qu'il y avait bien un certain nombre de curés qui avaient rejoint, mais pas assez. Le tiers état va faire son coup de force, et c'est ce 17 juin que le tiers état, par, vous entendez, va se proclamer Assemblée nationale. "Nous ne sommes que le tiers état, mais nous sommes toute la nation." Et Sieyès avait lancé sa fameuse brochure : "Qu'est-ce que le tiers état ?" Tout. Que demande-t-il ? À être quelque chose. Et c'est là, pour terminer cet exposé, c'est là que je veux souligner la posture, la fourberie. Sieyès, "Qu'est-ce que le tiers état ?" Nous allons trouver aujourd'hui en présence d'événements considérables et violents. Juillet 89, c'est la prise de la Bastille. Et peut-être vous vous rappelez que dans mon premier exposé, je vous parlais de ce dressage que j'ai subi comme tous les petits écoliers de France, écoliers de la Troisième République, où dans les manuels, nous nous présentait une certaine image convenable de la Révolution française. C'était une mise en condition, quoi. Les écoliers, futurs électeurs, et il est important qu'il soit orienté. Alors aujourd'hui, nous allons trouver en présence de phénomènes que je voudrais bien regarder d'un regard neuf, et vous exposer comment en vérité ils se sont produits. La dernière fois, j'étais resté au 17 juin, c'est-à-dire au moment où, sous l'impulsion de Sieyès, le tiers état se proclame Assemblée nationale. J'avais employé un mot violent que je ne retire pas, le mot de fourberie. C'est un mot qui est très gros, mais il a juste la taille qu'il faut. Pourquoi fourberie chez Sieyès et chez Mirabeau ? Parce que, je le répète, ces gens font semblant de parler au nom de la nation, mais ce qu'ils appellent nation, c'est-à-dire en fait 24 millions et demi de gens, c'est toute cette petite élite qui représente la bourgeoisie précédente.

Alors ce jour-là, donc le 17 juin, l'Assemblée nationale, qui vient de se proclamer telle, prend des décisions à la face du roi. Elle dit : premièrement, maintenant, il n'y aura plus jamais ni d'impôts ni d'emprunt sans notre consentement. Deuxièmement, nous autorisons, vous entendez le vocabulaire, nous autorisons la Cour et le Trésor et le gouvernement à percevoir pour l'instant les impôts. Et troisièmement, les dettes de l'État, c'est-à-dire les rentes, elles sont sous la sauvegarde de la nation. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? La sauvegarde ? Eh bien, ça veut dire que comme il y a une menace de banqueroute, et comme il faut absolument que les rentiers soient payés, c'est la collectivité, c'est-à-dire les 24 millions, les 25 millions de Français, qui se chargera du règlement des dettes. C'est-à-dire que se chargera aussi du règlement ce qui n'ont même pas été invités à voter pour les États généraux.

Qu'est-ce qu'il va faire le roi devant un tel état d'esprit ? Il va se passer quelque chose de terrible, vous comprenez. C'est une partie de la nation qui se dresse devant le roi et qui lui dit : "Stop, c'est fini, c'est nous qui commandons." Malheureusement, il est à présent ennuyé. Qui est-il, ce pauvre roi ? C'est donc Louis XVI. Depuis 1764, Louis XVI, c'est un brave. C'était quelqu'un qui n'avait pas du tout désiré accéder au trône, qui avait cru qu'il y arriverait tardivement. Mais son père était mort jeune, et par conséquent, lui, subitement, il a été jeté sur le trône. Il était effrayé, il est timide, il a des difficultés physiques. C'est un homme qui va se marier, enfin, que l'on marie alors qu'il est encore incapable de rendre ses devoirs à sa femme. Cette situation l'humilie beaucoup. Et sa femme, Marie-Antoinette, l'Autrichienne, est quelqu'un qui la regarde d'assez haut. Il y a une lettre célèbre de Marie-Antoinette à sa mère, qui est l'impératrice d'Autriche, où elle parle de son mari en l'appelant "ce pauvre homme". Voyez un certain mépris de la part de la femme pour le mari. Et le mari, qui est très admiratif devant sa femme. Elle est très belle, en effet. Au bout de sept ans de mariage, à la suite d'une petite opération, il est arrivé à lui faire un premier enfant. Mais c'est une gentille personne, cette Marie-Antoinette. Un peu légère, elle a un goût de la parure extraordinaire, elle dépense follement pour des diamants. Il y a eu la fameuse histoire du collier. Il n'est pas très sûr que son troisième enfant, le Dauphin, maintenant, parce que le premier va mourir, ce petit Dauphin dont nous parlerons, celui qui va être enfermé à la Tour, celui qu'on appelle le Dauphin, il n'est pas très sûr que ça soit le fils de Louis XVI. Il est assez possible que ça soit le fils d'un des amants de Marie-Antoinette. Ça plaît faire ça. Alors qu'elle peut être l'esprit du roi et de la reine devant ce qui se passe, devant cette espèce de révolte, d'insurrection, une partie de la nation qui s'intitule le tiers état. Exaspération chez la femme, Marie-Antoinette trouve ça inconcevable et se demande quel drôle de mariage elle a fait et quelle idée elle a eu d'aller se jeter chez ces Français qui se mettent brusquement en révolution. Quant au pauvre roi, il est là, qui ne sait pas trop quoi faire. Il a été conseillé, il est surtout très dominé par sa femme et résolu à essayer de freiner comme il pourra.

Alors sa misérable, sa minable riposte à l'attitude du 17, c'est de fermer leur salle de réunion. Fermer la salle de réunion du tiers état. Le 20, lorsque c'est Paris, le matin, il pleuvait du reste. Le 20, il faisait un jour épouvantable. Les députés se voient interdire l'accès de la salle. Il y a des soldats qui sont là. On leur dit : "Il y a des réparations, il n'y a pas moyen que vous entriez." On n'ose même pas leur dire d'une manière brutale : "Vous n'avez pas le droit de vous réunir." On leur dit : "Mais non, aujourd'hui, ce n'est pas possible parce que la salle est en réfection." Alors c'est ce jour-là, le 20, le 20 juin, que les députés du tiers vont se réunir dans une autre salle, dite la salle du Jeu de Paume. C'était vrai à Versailles, il y avait une salle où les courtisans, où le roi parfois jouait au Jeu de Paume. Et c'est dans cette salle où personne ne peut s'asseoir, où ils sont là debout, que le fameux serment du 20 juin a lieu. Qu'est-ce que c'est que ce serment ? C'est Mounier qui en est l'initiateur. Je sais pas si ça vous dit quelque chose. Je l'ai déjà prononcé. Mounier, c'est quelqu'un qui vient de la région du Dauphiné. Mounier et Barnave, ce sont, comment dirais-je, les hommes de main des Perrier, vous savez, les industriels Perrier qui va organiser la réunion de zizi. Alors Mounier est un des chefs de file de la bourgeoisie montante. Et ce jour-là, c'est Mounier qui dit à ses députés qui sont réunis par hasard dans la salle du Jeu de Paume, puisque on leur a fermé leur salle, qui dit : "Nous allons prendre l'engagement solennel, à main levée, enfin, devant Dieu, on va jurer de ne jamais se séparer avant que la constitution de la France soit faite, soit établie." Le tiers s'était choisi une sorte de doyen, c'était Bailly, un astronome, un homme sage, vous allez, un homme pondéré. Il n'y avait pas de danger avec lui. Alors c'est Mounier qui propose le serment, et c'est Bailly, montant sur une table, qui lève la main et qui dit : "Je jure, au nom de l'Assemblée nationale, qu'on ne se séparera pas avant d'avoir établi la constitution du royaume."

Alors qu'est-ce que va faire le roi ? Le roi existe encore beaucoup et prend conseil de Necker. Necker, vous savez, au fond, il est très affolé. Il n'y a pas tout ça. Le départ, il avait l'impression que c'était une erreur d'avoir lancé les États généraux, enfin. Tout de même, le roi décide de faire une séance royale. Il va réunir tous les ordres le 23. Dans l'histoire traditionnelle, la séance du 23 apparaît comme un présenté comme un coup de force du roi. Je ne suis pas tellement convaincu. Si l'on écoute les propos que va tenir le roi ce 23, on voit qu'il sait pas mal de choses, qu'il recule sur bien des points. C'est un ton, si vous voulez, autoritaire, notarié pour avouer les concessions. Quelles concessions ? Eh bien, ce 23, le roi annonce qu'il accepte, et même qu'il leur donne l'égalité fiscale. Ça, il n'avait jamais osé le faire. Vous savez que on avait tenté depuis des années, depuis 17 ans, afin de nos positions des parlements, on avait tenté d'obtenir que les nobles se décident, mais que le clergé aussi se décide à payer. Jamais on n'avait pu y arriver. Il y avait l'obstacle du Parlement. Le roi se dit : "Après tout, les États généraux sont utiles en ce sens qu'ils sont les gens de la roture ne sont pas si nombreux pour imposer leur volonté aux nobles. Je ne veux pas le dire moi, le roi, qu'ils sont nombreux et qu'ils imposent la volonté, mais je m'en vais me servir de ce levier pour faire payer ces nobles qui refusaient de payer." Alors, l'égalité fiscale. Deuxièmement, dans cette même séance du 23, le roi a quelque chose de très important : la périodicité des États généraux. Eh bien, ça veut dire pratiquement, il y aura une chambre. Maintenant, ce n'est plus la monarchie absolue, c'est le roi qui accepte, et à côté de lui, une sorte de conseil de direction ou du moins consultatif. Les États généraux seront réunies périodiquement. Il ne dit pas quand. Et enfin, il est consulté, et troisièmement, ce qui est vraiment très important, il accorde à ces États généraux le droit de contrôle sur le budget. Ça, la bourgeoisie peut être contente. C'est un pouvoir qui peut se dire : "Mais ça sert, c'est intéressant. Pour la première fois, nous avons notre mot à dire sur la répartition du budget national." Et puis, il annonce deux choses encore. Il annonce la suppression des lettres de cachet, c'est-à-dire qu'on ne pourra plus brusquement et sans procès interdire quelqu'un. Et il promet, il promet la liberté de la presse. Oui, c'était pas mal tout de même. Il y avait un progrès considérable. Le tiers avec obtenu beaucoup de choses. Seulement, le roi continue à refuser que les délibérations se fassent par tête, qui voulait toujours que ça soit par ordre. Par conséquent, les bourgeois qui étaient là pour essayer de saisir les leviers de commande, beta était furieux, parce que rien n'était encore possible. La noblesse continua à occuper tous les emplois. Si bien qu'ils réfléchissent sur place avec Mirabeau. Mirabeau, qui, comme ici, réfléchit à ce qu'il faut faire rapidement. Mirabeau avait fait une chose aussi forte que celle de Sieyès le 17. Mirabeau avait prononcé, je me rappelle plus si c'est le 17 ou le 18, une phrase sur laquelle je vais appeler votre attention. Il avait parlé de ce tiers état dont il avait dit : "Le tiers état, pour être formidable, n'a qu'à se faire immobile." Que veut dire "menace générale" ? Finalement, ces gens n'ont qu'à rester immobiles, c'est-à-dire à ne plus travailler, pour que tout s'arrête. Oui, grève générale. Seulement, ça, c'est une fourberie égale à celle de Sieyès, celle de dire "nation" lorsqu'il pense et simplement aux 200 000 profiteurs. Et la suce de Mirabeau, c'est de faire semblant qu'il représente ces travailleurs, alors que la bourgeoisie est absolument décidée, absolument résolue à les obliger à travailler. Pour question, qui s'interroge jamais de travail.

Alors qu'est-ce que va faire Mirabeau dans cette fameuse séance du 23 ? L'incident est partout, seulement il a été raconté d'une curieuse façon. L'incident, voici : le roi, pendant six heures, discours, le 23, vous met encore du métier. "Maintenant, séparez-vous, séparez-vous. Chacun, bien, chaque ordre ira dans sa salle." Les nobles sortent, le clergé sort, et le tiers état reste. À ce moment-là, le maître des cérémonies, qui s'appelait le marquis de Brézé, s'approche de Bailly, qui s'est constitué, vous avez le doyen ou une sorte de président du tiers état, et lui dit : "Du reste, ainsi poliment, messieurs, vous avez entendu les ordres de Sa Majesté, veuillez vous séparer." Alors Mirabeau se précipite et prononce une phrase retentissante qui a un retentissement énorme. On en parle toujours aujourd'hui comme d'une chose extraordinaire. C'est à ce moment-là que Mirabeau va s'approcher du marquis de Brézé, lui dire, et lui dit : "Nous sommes ici de par la volonté du peuple." Mon Dieu, quel peuple ! "De par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." Force des baïonnettes, ça retentit comme quelque chose, un cliquet d'armes. Et on se dit : "Tiens, mais c'est très énervé, énergique ce que dit Mirabeau." Mais voulez-vous écouter avec moi de nouveau cette phrase : "Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." Ce qui signifie : si jamais le roi emploie les baïonnettes contre nous, nous céderons.

C'est-à-dire que c'est une soumission conditionnelle. Tout aurait été différent si Mirabeau avait dit : "Nous sommes ici de par la volonté du peuple, et si le roi utilise la force contre nous, nous appellerons à notre secours le peuple, c'est-à-dire les bras nus et les gens à piques, et nous n'en sortirons pas." Tandis qu'il en est pas question.

Mirabeau, vous allez le voir de plus en plus, Mirabeau est quelqu'un qui a une terreur et un dégoût du peuple, et qui décide : "À aucun prix, il ne faut faire appel à ce fameux Gabriel, c'est-à-dire la multitude, c'est-à-dire les travailleurs."

Le marquis de Brézé a une réponse que je ne peux pas citer ici parce qu'elle est extrêmement inconvenante. Lorsque Mirabeau lui fait cette phrase en disant : "Nous ne sortirons que pour la force des baïonnettes", il tourne les talons en jetant une interjection inconvenante. Il va trouver le roi et il lui dit : "C'est Monsieur, ils ne veulent pas bouger." Et le roi, qui est presque aussi inconvenant, répond : "Ils ne veulent pas s'en aller ? Ben qu'ils restent." Et il va céder.

Le roi va céder parce que le lendemain, le lendemain 24 juin, par conséquent, Leclerc, poussé par les petits curés qui sont 208 sur 2801, le clergé va rejoindre ce Tiers État qui s'est constitué en Assemblée nationale, et une partie de la noblesse, pas beaucoup, 48 nobles, qui sont conduits par le duc d'Orléans. Le duc d'Orléans, c'est le cousin du roi, et il a des arrière-pensées. Il fait très content que le roi soit balancé pour prendre sa place. Conduit par le duc d'Orléans, et conduit par un certain marquis de Lafayette, qui s'était illustré dans la guerre de l'indépendance, qui avait servi les révolutionnaires américains, qui a donc un certain prestige. 48 nobles ayant à leur tête le marquis de La Fayette, le duc d'Orléans, que j'aurais dû nommer le premier, et deux messieurs qui s'appellent les frères Lameth. Lameth, ces frères Lameth qui sont aussi, entre guillemets, des Américains, c'est-à-dire qu'ils ont suivi Lafayette et qu'ils ont combattu pour la Révolution américaine. Ce sont tous les deux des colonels de cavalerie, ils sont tous les deux des représentants de la noblesse. Ils ont de gros intérêts aux colonies françaises. À ce moment-là, les Antilles sont des gens qui ont une fortune considérable. Et bien, ils ont pensé que ce que faisait le Tiers n'était pas mauvais et qu'il fallait les rejoindre.

Alors, quand le roi voit que le clergé a lâché, qu'une partie de la noblesse le la chose aussi, le 27 juin, le roi dit : "D'accord, je suis consentant. L'Assemblée nationale va comprendre la noblesse, le clergé, le Tiers État, et tout ça va essayer de travailler au mieux pour la France." Vous voyez qu'il est sincère. Évidemment, qu'il n'est pas sincère. Lui, peut-être, vous savez, Louis XVI, peut-être qu'il aurait accepté, on va voir, en tant que peut-être s'arranger. Mais sa femme, Marie-Antoinette, est absolument résolue à ne pas s'arranger. Elle a du reste un conseiller qui est Breteuil. Le gros Breteuil, un personnage de truand. C'est Madame, je crois, qui raconte dans ses souvenirs : "Considérations, il ne faut pas faire ça." Et puis un personnage jumeau : "Il faut en réalité agir par la force."

Alors voici les chiffres. Ils sont bien intéressants. Les dates et les chiffres. C'est le 27 que le roi fait semblant de céder et dit : "Bah, d'accord, on va tout le monde va se réunir dans l'Assemblée nationale." 27. Mais c'est le 26. Le 26, il a donné des ordres à ses troupes, faire venir des troupes de l'extérieur pour cerner Versailles. Le 26 juin, trois régions d'infanterie sont conviées et trois régiments de cavalerie, qui sont appelés du Nord et de l'Est. Et qu'est-ce qu'on choisit parmi ces régions ? On choisit des mercenaires étrangers. Vous savez sans doute, la monarchie française autrefois, enfin, avait à son service un certain nombre d'Allemands et de Hongrois et d'autres. Ces régiments, en particulier le Royal-Allemand, qui était très célèbre et qu'il a illustré dans les jours qui vont venir, sont priés par le roi, reçoivent du roi l'ordre de venir sur Versailles. Le premier juillet, le régiment suisse de Metz fait l'objet d'un ordre de marche sur Versailles. Le 4 juillet, c'est un vieux maréchal, le maréchal de Broglie, qui se trouvait avec le grand-père de ces deux Lameth dont je vous ai parlé. Alors le maréchal de Broglie reçoit le commandant suprême des forces qu'on est en train de concentrer. Et il est entendu, il a pour lieutenant un Suisse qui s'appelle Bizenval. Et oui, Bizenval doit avoir terminé leur concentration de troupes autour de Versailles et autour de Paris pour le 13 juillet.

Or, le 11 juillet au matin, le roi fait son petit coup de tête et décide de renvoyer Necker et de le remplacer par Breteuil. Breteuil, baron de Breteuil, avait dit : "Donnez-moi trois jours et en trois jours, avec la force armée, je suis capable de remettre toutes les choses en ordre." Trois jours. Nous sommes le 11. Vous venez le 11. Le 12 au matin, Breteuil prend le pouvoir. Et dans deux jours, ça sera le 14 juillet, c'est-à-dire la prise de la Bastille. C'est là où il faut bien regarder. C'est vers 9h du matin, le 12 juillet, que la nouvelle se répand en Paris : le roi a fait un coup de tête, le roi a renvoyé Necker, il prend Breteuil, et des troupes commencent à arriver. Émotion, émotion considérable dans Paris. Les gens se mettent à courir les uns les autres. Enfin, place Royale en particulier, on s'agite énormément. Ce qui me frappe beaucoup, c'est qu'il y a une sorte d'enthousiasme populaire sur le nom de Necker. Je comprends très bien. Je comprends très bien que les rentiers, que les financiers, que les hommes d'argent soient furieux du renvoi de Necker parce qu'ils se disaient : "Avec Necker, c'est nous rentiers qui s'en sortirons certainement payés." Non plus que Necker avait aussi des rentes sur l'État. Vous vous rappelez qu'il avait prêté 2 millions au Trésor français en disant : "78, publiquement." Et faire grand bruit de 2 millions, et qu'il entendait récupérer les arrérages naturels. Alors, je suis complètement convaincu, en face à tout seul, que les rentiers parisiens, que la bourgeoisie financière de Paris est furieuse du renvoi de Necker. Ce qui me frappe, ce qui me stupéfie, c'est que la petite plèbe parisienne marche. Mais nous avons déjà vu la pauvre petite plèbe parisienne marcher lorsqu'on renvoyait les Parlements. Lesquels travaillaient contre la première fois qu'elle prend, pardonnez-moi cette expression vulgaire, des vessies pour des lanternes. Mais c'est l'expression vulgaire et traditionnelle, et ici, elle est pleine d'emploi. Parce que prendre Necker pour une lanterne, c'est un effet prendre une vessie pour une lanterne, puisque la guerre fait une pensée d'un surgonflé, un pour souffler toujours. Est-il qu'effectivement, les bustes, vous entendez, les bustes de Necker et du duc d'Orléans se trouvent dans la matinée du 12 promener à travers Paris. Où est-ce qu'on a trouvé des bustes ? Dans un musée, un musée de cire, et qui était la préfiguration de ce qui est aujourd'hui encore, je crois, le musée Grévin, par les musées de cire. Alors, des gens, des industriels astucieux, sont allés chercher les bustes du duc d'Orléans et le buste de Necker, et on va promener ça glorieusement, entouré de palmes, dans les rues de Paris.

Le mouvement est parti du Palais-Royal. Qu'est-ce que c'est que le Palais-Royal ? Ça appartenait, un immense château qui appartenait au duc d'Orléans. C'était la plus grosse fortune de France, mais c'est aussi un homme qui dépensait tellement qu'il s'était terriblement endetté. Et très peu de temps, trois ans avant la Révolution, il avait décidé d'ouvrir au public une partie de son Palais-Royal, et en particulier, il avait été établi autour de la grande cour de mer des galeries. Il y en avait des galeries en pierre, il y avait des galeries en bois, et là, c'était établi toutes sortes de maisons interlope. Il y avait des tripots, il y avait des maisons de tolérance, qu'on n'avait pas ça comme ça à ce moment-là, on dit des panamas. Il y en avait des quantités. Du moment que c'était la propriété du duc d'Orléans, la police n'avait pas le droit d'y entrer. Mais les pauvres n'y allaient pas non plus. Il fallait être bien habillé, il fallait être correct. Or, ce Palais-Royal, c'était le centre d'agitation parisienne, une espèce de milieu de troubles où tous les intrigants pouvaient s'arrêter. Et comme c'était dans les locaux, territoire du duc d'Orléans, le duc d'Orléans dirigeait tout ça avec ses agents.

Alors, comme l'agitation principale, le 12 juillet au matin, sort du Palais-Royal, nous pouvons être à peu près convaincus que le leader a été derrière, et même qu'il avait probablement répondu de l'argent. Quelqu'un va surgir ce jour-là, c'est Camille Desmoulins. Camille Desmoulins, j'ai bien regardé les visages, c'était tellement intéressant d'étudier les visages, et nous avons pas mal de portraits de Camille. Il était jaune, il était vieux, il avait quelque chose de curieux dans le regard, une sorte d'incertitude un peu louche. Ce regard, je louche pas du tout parce qu'il était Bible, pas du tout, mais quelque chose de trouble dans le regard. C'est un garçon qui était capable de violence, entraînement, et en même temps qui était capable de tendresse et de gentillesse. À ce moment-là, qui a Desmoulins ? Ce garçon qui n'a pas le sou. Il aura bientôt le sou parce qu'il va finir par épouser une petite Lucie du Mesnil qui avait beaucoup d'argent, qui va lui apporter d'un seul coup 100 000 francs. Mais pour l'instant, il n'en a pas.

Et bien, ce 12 juillet au matin, quand les Parisiens apprennent que Necker est renvoyé, qu'il y aura peut-être un coup de force de la Cour, Camille Desmoulins, au Palais-Royal, dans ce milieu bruyant, grimpe sur une table, sort un pistolet qu'il avait dans sa poche. Il reste pistolet : "Aux armes ! La Cour va venir nous attaquer, il faut que nous défendions." Et comme il est sur une table, que c'est en juillet, que cette table est à la hauteur des branches d'arbres, il arrache une feuille, une feuille verte, il la met à son chapeau. Verte parce que c'est la couleur de l'espérance. Tous les gens arrachent des feuilles, ce qui permettra à Madame de Staël, plus tard, de raconter que Camille Desmoulins avait choisi la couleur verte par ses dés, la couleur de la livrée, c'est-à-dire les domestiques de Necker. Je vous assure que personne n'y avait pensé à ce moment-là. Verte, simplement feuille d'espérance. "Aux armes !" a-t-il crié.

Dans cette journée, le tumulte devient, le tumulte devient de plus en plus grave dans Paris. Et en fin d'après-midi, le régiment, le Royal-Allemand, donc les Allemands étaient là, qui était commandé par le prince de Lambesc. Le Royal-Allemand, devant l'agitation donc de Paris, fait une charge. Attention, on a un peu exagéré dans l'histoire. On a dit : "chargé et on se représente tout de suite sabre clair des cavaliers au galop." Non, ce n'est pas tout à fait ça. Les dragons de Lambesc étaient là, tout près du Palais-Royal et de la place qui est aujourd'hui la Place de la Concorde, la Place Louis XV. Et ils ont avancé, ils ont avancé dans la foule pour la repousser. Il s'est trouvé qu'un vieillard a été piétiné. Il n'est pas mort. Mais là, des Gardes Françaises, les Gardes Françaises, et des soldats qui étaient au service du roi, qui étaient cantonnés pour une part à Paris, les Gardes Françaises prennent brusquement le parti de la foule et se mettent à combattre le Royal-Allemand parce qu'ils sont français, que les autres sont des... C'est très mauvais ça, ça donne l'impression de la discipline dans l'armée.

Alors la suite. Retenez ce que je vais vous dire maintenant. L'armée, la suite se présente comme ça. Toute la journée du lendemain, le 13, les Parisiens excités et poussés à se procurer des armes parce qu'ils se disent : "Nous sommes cernés. Il y a des troupes qui sont déjà venues jusque dans le Champ de Mars, qui est pas tellement loin, vous savez, pas des Invalides. Il y a d'autres troupes qui vont certainement arriver par Versailles, d'autres peuvent arriver par Vincennes. Il nous faut des armes." Ils vont vers l'Hôtel de Ville, bien sûr. L'Hôtel de Ville était dirigé à ce moment-là par quelqu'un qu'on appelait le prévôt des marchands, qui pratiquement, c'était le maire. Bailly. Bailly n'aime pas beaucoup cette foule un peu déguenillée qui vient lui demander des armes. Mais façon très nombreux les gens. Et alors on leur donne les 300, 50, 360 fusils qui étaient conservés à l'Hôtel de Ville. On les leur donne sans joie. Bailly dit : "Je crois qu'il y a des armes chez des Chartreux." C'est une drôle d'idée, non ? Il n'y a pas d'armes. Il y a du blé qu'on va enlever chez les Lazaristes aussi. En fait, il faut trouver les armes. Alors les gens précipitent, garde-meuble. Mais le garde-meuble se dérouille. Il y avait des armes historiques, il y avait des... il y avait des hallebardes, il y avait des cuirasses. Alors, il y a certaines personnes qui se mettent des hallebardes dans les mains et des cuirasses sur le corps, un peu ridicule. Mais ça, ce n'est pas un armement.

Dans la même journée du 13, deux bateaux de poudre, plein de barils de poudre, sont trouvés, enfin, sont repérés. Ils sont là sur la Seine. Les poudres devaient être débarquées pour être envoyées à l'Arsenal ou ailleurs. La publicité, je sais pas comment. C'est un prêtre, c'est l'abbé Lefebvre, qui organise la distribution des poudres. Les gens reçoivent des petits sachets de poudre. Mais il y a toujours pas de fusils. Alors, oui, ce qui sent les fusils, on est allé à l'Arsenal. L'Arsenal est vide. Mais on sait qu'il y a deux endroits où sont diffusés à Paris. D'un côté, c'est l'Hôtel des Invalides, et d'autre part, c'est la Bastille.

Il y a plus de 30 000 fusils. Qui dirigeait les Invalides ? C'était le marquis de Sombreuil. Les gens qui sont absolument résolus à entrer par la force, qu'il le faut, parce qu'ils sont pas, ils ne disent rien, enfin, c'est les gens et le pillage aussi, la saisie des fusils. Organisme les Invalides. Les Invalides à côté, à côté du Champ de Mars. Et au Champ de Mars, il y a les régiments qui sont commandés par Bizenval, le Suisse. Alors, comment ça se fait que ces régiments qui sont là et qui peuvent parfaitement intervenir, qu'il y a du canon, qu'il y a des fusils, comment ça se fait que les régiments ne marchent pas ?

Il y a eu, il y a eu élu récemment à l'Académie française, il y a trois ans, je crois, un livre intitulé "Le 14 juillet". Avec le respect que je dois lui porter, je dis que son livre est d'une extrême légèreté, c'est très mal informé. Aujourd'hui, sur le 14 juillet, le livre de base, c'est celui que j'ai déjà nommé, de Monsieur Gauthier, le doyen de la Faculté des Lettres de tout le monde de Toulouse. Oui. Alors, Monsieur Gauthier, dans son livre, il y a une thèse de la part de Bizenval qui commande ces troupes qui sont au Champ de Mars. Ces troupes restent immobiles tandis que la foule se précipite aux Invalides. Bizenval, le Suisse, avait parti lié avec Necker, autre Suisse, et pour que Necker puisse reprendre le pouvoir dont il a été éjecté le 11. Mais Bizenval laisse faire la foule. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas du tout passé comme ça. Mais ça va, les tonnerres. Il a des ordres. Il ne peut pas intervenir parce qu'il avait su que les troupes ne marcheraient pas. En particulier, il y avait déjà les Gardes Françaises, qui étaient dans l'état de dragons. Aucun moyen de se faire obéir des Gardes Françaises pour marcher contre la foule. Est-ce que Gauthier a établi ? Ce qui est extrêmement intéressant, c'est que des mercenaires étrangers eux-mêmes, et des Suisses eux-mêmes, étaient en train de déserter avant le 14 juillet. Il y a des désertions dans les troupes de mercenaires. Pourquoi ? Et ben, c'est là où je crois qu'il y a une intervention financière. Il y a du d'Orléans, il y a d'autres personnes, enfin, de l'argent à être répandu. On achète, on achète les troupes françaises, les troupes pour qu'elles ne marchent pas contre la foule.

Alors, si la monarchie absolue va tomber le 14 juillet, c'est parce que son instrument de répression de la foule entre les mains, c'est parce que l'Europe espère se servir de l'armée, s'aperçoit que l'armée ne marchera pas. Et si Bizenval ne donne pas l'ordre à sa troupe d'attaquer contre la foule qui est aux Invalides, c'est parce qu'il se dit : "Je vais m'exposer à une obligation terrible. On va s'apercevoir que les troupes ne veulent pas m'obéir." Voilà la vérité. La monarchie absolue en France va tomber le 14 juillet, exactement comme tombe la monarchie restaurée en 1830, et la monarchie de Louis-Philippe en 1848, et comme un faillite tomber le gouvernement de Monsieur Thiers, ont du sens, où toujours pour la même raison, parce que l'armée ne marche pas. En juillet 1830, quand le roi Charles X essaiera de lancer l'armée sur le peuple, il s'aperçoit qu'elle ne veut pas marcher. En février 1848, lorsque Louis-Philippe essaiera de lancer l'armée contre le peuple, Maréchal Bugeaud lui-même, qui est aussi sérieux que Bizenval en 87, en 89, dit : "Je ne peux pas, les troupes ne marcheront pas." Et Monsieur Thiers, vous rappelez peut-être, 1871, lorsque la Commune va éclater à Paris, Thiers a envoyé un régiment d'infanterie qui s'appelle le 88e, qui doit monter sur Montmartre, qui doit essayer de prendre de force les canons de Montmartre. Le 88e régiment d'infanterie va se mutiner pour ne pas tirer contre la foule. C'est le même phénomène qui se produit. Et je n'ai pas vu assez d'historiens de souligner là que le gros événement du 14 juillet, que je vais vous raconter maintenant ou la prochaine fois, le gros événement, c'est la défection des troupes. Quand on va le roi va être obligé de retirer ses troupes en se disant : "Je ne peux pas aller danser contre la foule." Quand il va rentrer à Versailles, quand il va voir son chef d'état-major et que tout doit y retrouver le roi, ils lui diront : "C'est, il n'y a pas moyen, les troupes ne marcheront pas."

Alors ce 14 juillet, voyant qu'il n'y a pas de défense, la foule maintenant, c'est fusils, 30 000 fusils, elle va se porter sur cette Bastille. Et la Bastille représente quelque chose de terrible. Premièrement, une forteresse au centre de Paris, ou du moins, si vous voulez, à l'est de Paris, capable avec ses canons de pulvériser, si elle se met à tirer, le Faubourg Saint-Antoine. Et d'autre part, c'est un symbole, la Bastille, parce que c'est là où on enfermait les prisonniers que les lettres de cachet avaient désignés. Donc, le 14 juillet 1789, Paris, comme on dit, va prendre la Bastille. Qu'est-ce que ça veut dire Paris ? Ça veut dire environ 10 000 personnes, 10 000 pauvres gens qui vont se précipiter sur la Bastille. Ils se précipitent sur la Bastille pour deux raisons que je vous rappelle. Premièrement, parce qu'ils veulent trouver les armes qui sont à la Bastille pour se défendre contre le coup de force possible de la Cour, c'est-à-dire du roi. Et deuxièmement, parce que la Bastille est une forteresse menaçante et qu'il faut essayer d'éliminer ce danger dans Paris.

L'effet, la prise de la Bastille, sont bien connus aujourd'hui. Je vous rappelle pour la troisième fois, je crois, l'admirable bouquin de Monsieur Gauthier, qui permet de suivre les événements pas à pas. Vous savez que divers temps, essayer de parlementer. Des délégués de l'Hôtel de Ville sont venus trouver le directeur, le gouverneur, qui s'appelait de Launay, et qui leur a dit : "Il faut prendre." Et dit : "Par question, je dois défendre la Bastille." Il avait une très faible garnison, il avait 82 hommes, dont 32 Suisses, le reste c'était des Invalides. Et puis, il trouve que ce pauvre Launay semble avoir perdu la tête. Je ne crois pas que ce soit un traître. Mais tandis que parlementaire, une décharge par des gens qui étaient dans la cour. La dernière, le drapeau blanc des parlementaires de l'Hôtel de Ville tombe. La foule se précipite avec un cri d'encouragement, parce que vous vous rendez compte, attaquer une forteresse de 30 mètres de haut avec des gens qui sont là en bas et qui ont simplement des petits fusils, c'était quelque chose. Alors, ça réussit pas d'abord. Renforts brusques arrivent avec des Gardes Françaises, faire des soldats révoltés qui sont conduits par un singulier personnage, dont on reparlera, qui s'appelle Hulin. Celui-là arrive avec du canon, avec des Gardes Françaises. Cette fois, on enfonce l'affaire, on arrive à pénétrer à l'intérieur de la Bastille. De Launay capitule. Ça y est. Elle sort.

Tous faisaient croire aux gens de la classe ouvrière, elle écrit bien ça, tous vous y croyez, aux gens de la classe ouvrière, les brassiers de la campagne, les prolétaires des villes, tout faisait croire aux gens de la classe ouvrière que le jeu de la disparité des fortunes allait enfin peser sur eux. Ils se levaient dans cet espoir insensé. Ça va loin comme ça. Ça signifie dans sa poche. S'apercevait bien de ce qu'il y avait derrière le 14 juillet. Il y avait la bourgeoisie, mais il y avait tout ce petit peuple, tout le petit peuple écrasé de la campagne, tous les prolétaires de Paris qui avaient 20 sous par jour pour manger, alors que ce jour-là, le pain c'était 14 sous et demi. Et ces gens se disaient : "Il y a un grand mouvement qui va se produire, peut-être que tout va changer, peut-être qu'on va sortir, on va se fixer, peut-être qu'on va arriver à élever nos enfants." Voilà ce qui avait sous le 14 juillet.

Et puis, il y a de très curieuses excitateurs. Vous savez, c'est curieux de voir ça. Rivarol, l'écrivain d'extrême droite, très peu de temps après la prise de la Bastille, avait souligné le fait. Et Monsieur Missler, dans son livre sur la prise de la Bastille, dont je vous parlais la dernière fois, accueille cette affirmation de Rivarol avec une espèce de ricane. "Dit en sécurité, même comme il y avait des gens qui semblent peu intéressés dans l'affaire et qui s'y intéressaient passionnément." Par exemple, dit-il, l'agent de change Boscary, par exemple, Monsieur Laborde de Méréville, qui est un banquier, qui en même temps était un colonialiste avec une énorme intérêt. Comment ça se fait que les gens soient si passionnés ? Ils poussaient les gens. Oh, ce n'était pas eux-mêmes qui s'exposaient, ils n'étaient pas pour midi, combattants de la Bastille. En fait, comment ça se fait qu'ils étaient là, excités les gens à les pousser ? C'est très clair. Vous savez, ces gens, les gens d'argent, veulent avoir été parce que Necker, c'est les grandes assurés. Mais d'autre part, il ne peut pas y arriver seul. Ils ont besoin d'un levier, c'est le levier, mais c'est la petite plèbe. Alors, ils vont exciter cette petite plèbe dans la poussée du côté de la Bastille et du côté de la Cour, de peur que cette petite plèbe, qui, comme dit Madame de Staël, voudrait essayer que ça change un peu, capable de vivre, de peur que cette petite plèbe ne dise : "Les banques, les banques." Alors, pour qu'on ne dise pas "les banques", c'est-à-dire l'endroit de l'argent, on va dire "la Bastille".

La Bastille, il faut bien comprendre ça aussi. Il faut se rendre compte qu'il y avait tous ces soubassements, toutes ces arrière-pensées dans la diversion d'une certaine partie de la classe bourgeoise organisée du côté de la Bastille, du côté de la Cour. Cette prise de la Bastille, il faut encore que je vous donne un détail. Je vous en parlerai la première fois à propos de Michelet. Il y avait très peu de prisonniers, il y en avait sept. Sur 17 prisonniers, il y en avait quatre qui étaient des droits communs, il y en avait deux qui étaient des fous, qu'on avait enfermés parce qu'ils étaient fous, et non pas parce que, comme le dit Michelet, ils étaient devenus fous. Et puis, il y avait un petit, un petit Solage, un petit marquis de Solage. Ce marquis de Solage, vous savez ce que c'est ? Les Solage, une grande famille de Carmaux, c'est-à-dire industriels, des entrepreneurs de mines de Carmaux. Ce petit Solage, il était suspecté de meurtre, et sa famille, pour lui éviter la pendaison ou la décapitation, avait prié le roi de l'enfermer à la Bastille le temps qu'on oublie l'affaire, et puis il sortirait, on aurait classé. Ce petit Solage était là à la Bastille. C'est tout. Ce n'était pas très intéressant. J'ajoute que les assaillants ont eu 98 tués, 98, et 60 blessés. Et qu'il ne faut pas faire confiance à Monsieur Jackson, lequel dit : "Ces 98, c'est-à-dire prix de justice." Il y a aussi un monsieur qui est dans la ligne de Jackson, qui s'appelle Bessan Massenet, qui a fait en 1961 un livre sur Robespierre. Et dans ce livre, il dit : "C'étaient des rôdeurs." Il a fait une analyse minutieuse, il a regardé les noms des tués, il s'est enquêté sur eux, et il s'est aperçu que pour 5/6, c'était des petits artisans, c'était des pauvres types, des ouvriers du Faubourg Saint-Antoine.

Alors, cette prise de la Bastille a donc le sens que je vous indique, et va susciter une peur, une peur considérable dans la classe bourgeoise. Lorsque les incidents réveillés s'étaient produits en avril, rappelez peut-être l'incident Réveillon. C'est le 26, 28 avril 89. C'est un marchand de papier peint du Faubourg Saint-Antoine. Il y avait 100 tués parce qu'il y a une grosse émeute. Le Faubourg Saint-Marcel, Faubourg Saint-Antoine, s'est mis d'accord pour essayer d'attaquer cette maison. Un Suisse, encore, il s'appelait Mallet du Pan, et qui dirigeait à Paris un journal, une publication qui s'appelle le Mercure. Mallet du Pan avait écrit : "Les Andaloux, les Vigo sont parmi nous." C'est-à-dire qu'il y a dans la basse plèbe de Paris déjà aussi affreux que les anciens barbares. Voyez l'indication de la terreur. On se dit : "À nous les gens bien." Et puis, il y a un côté, c'est souvent terrible, c'est ce qu'on appelle la populace. De la populace, j'ai trouvé un texte de Victor Hugo qui est très peu connu, puisque ça n'a été publié que dans les reliquats, dans l'édition de la Pléiade, les reliquats de 1830, son livre 93. Et je tiens à vous lire ça. "La populace, de Victor Hugo, soldat passé au bagne, pour un pli à l'uniforme, si tondu est faite de force, prostituée pour un mot, il révère un exemple. Police, délinquant ayant passé six mois debout jour et nuit, les pieds dans la boue, lié par le cou à la poutre basse du Châtelet. Faux saigner, les faux saignées, c'était ceux qui essayaient de tricher à la gabelle. Fossoyeur, roué pour une livre de sel. Braconnier, mis au gibet pour une perdrix. Servante, suppliciée pour un vol de saindoux. Tout ça, toutes ces âmes lamentables, les spoliés du fils du fils, les dévalisés par Versailles, toutes les fins, toutes les soifs, toutes les bouches tordues par le sanglot et le blasphème, toutes les poitrines pleines de vengeance. La voilà la populace." La populace, dit encore Victor Hugo, c'est la ligue du pressoir social, c'est le fortuné, c'est le déshérité, c'est le vaincu, c'est le vagabond, c'est le vanupier, c'est l'affamé, c'est le répudié, c'est le désespéré. C'est la plaie sociale vivante, une plaie devenue bouche qui saigne et qui hurle et qui mord. Avant de s'indigner des Victor Hugo devant la fureur du souffle, il faut savoir ce que c'était que l'horreur du miasme.

Il y a eu des choses qui ne sont pas très belles. Le 14 juillet, les Invalides et les Suisses s'étaient rendus. Quand ces types se sont rendus, on en a tués pas mal, on les a égorgés alors qu'ils étaient impuissants, incapables de se défendre. De Launay, qui s'était rendu, quand on le conduit à l'Hôtel de Ville, avant d'arriver à l'Hôtel de Ville, on enfonce une baïonnette dans le ventre. Flesselles, le prévôt des marchands, dont la foule se dit : "Il a essayé de tromper, il n'a pas voulu des armes." On lui tire un coup de pistolet. Et bientôt, dans quelques jours, il y aura Foulon et Berthier qui vont avoir la vie coupée, et on piquera leur, planteront leur tête au bout de piques. Je comprends bien qu'il y avait là quelque chose de redoutable.

Mais ce que je vais vous montrer, qui commence à être dans la classe bourgeoise, dit le 11. Et le 11 juillet, un comité permanent organique, s'appelle comme ça, comité permanent. Qu'est-ce que c'est ? Ce sont les 307 grands électeurs parisiens. Vous vous rappelez qu'il y avait deux étapes, enfin, trois pour le choix des délégués aux États Généraux. Alors, les grands électeurs, des gens bien, il y avait Lavoisier, par exemple, ce fermier général. Ben, les 307 se constituent en comité permanent, c'est-à-dire qu'il s'agit de prendre le pouvoir dans Paris. Et il décide le 11 d'établir ce qu'ils vont appeler, parce que ça se présente bien, une milice citoyenne. Cette milice citoyenne, c'est l'armement des gens convenables, en apparence, contre la Cour, parce qu'elle se danger. En fait, et surtout contre ce qu'ils appellent la populace.

Le 12 au matin, à 6h du matin, les 307 se réunissent et décident qu'on va armer à toute vitesse 48 000 hommes dans Paris. Qu'est-ce que c'est 48 000 ? Ce sont les 48 000, trois de vote. C'est 48 000, ça devait être choisi, comme ils disaient, même parmi les citoyens connus. On va leur donner un chef. Ce chef s'appelle le marquis de La Salle. Et ces 48 000, fait spécialement pour veiller sur la populace. Et dans la nuit du 14 au 15, ils vont procéder à des armements. Comme la foule n'importe qui s'était emparée de fusils aux Invalides, il s'agit de ne pas laisser des fusils dans les mains des palettes. Alors, des patrouilles, "si vite", c'est le mot qu'on va employer. Il n'est pas utile qu'on se répandre à Paris dans la nuit du 13 au 14, donc avant la prise de la Bastille, pour essayer de reprendre leur fusil à ces problèmes. On va y aller doucement, comprenez. On va faire ami-ami avec eux. C'est très utile de les avoir, il faut simplement les tenir. Alors, on ne va pas reprendre leur fusil de force. Qu'est-ce qu'on va faire ? Comme ce sont des bourgeois qui sont la milice, on va leur acheter leur fusil. Ces types qui venaient de prendre des fusils aux Invalides parce que les gens gratuits entre les mains, elle n'est pas aussi civique, s'approche de très gentiment les gens sans aveu, comme on dit, et leur dit : "Ça vous fait pas plaisir, en fait, de vendre votre fusil ?" Alors que le prolétaire qui avait ce fusil gratuit, tout à coup, lui donne quatre ou cinq livres, c'est-à-dire de quoi vivre plusieurs jours. Naturellement, il les vend son fusil. Alors, la milice bourgeoise commence à pas mal travailler pour le désarmement de la populace.

Dans la nuit du 13 au 14, donc, avec 48 000 citoyens solides. Le 14 maintenant, quand je vous ai dit tout à l'heure, que ce personnage étrange était survenu brusquement au service de Genève en 1782. Vous vous rappelez peut-être qu'il y avait une insurrection à Genève parce que la plèbe en avait assez d'être dirigée par les banquiers. Les banquiers avaient gagné avec les forces étrangères, avec des forces françaises, et monté une fois que les banquiers ont gagné, ils ont établi des ministres. Ce petit monsieur Hulin, c'était au service de la milice suisse bourgeoise. Puis il était revenu en France. Il avait des liaisons avec Perrault. Perrault, c'était un Suisse aussi, un Neuchâtelois, comme il était Suisse, comme un autre, il s'appelle Delessert, qui va se faire également remarquer dans ses préparations révolutionnaires. Comme il était Suisse, il était bien avec Necker. Et Perrault était un ami de ce là, ou plutôt Hulin, qui est arrivé à se mettre dans les bonnes grâces de Perrault, Perrault le banquier. Mais il est, il est incandescent. Vous savez, le 14 juillet, il dit qu'il va même se charger de payer l'entretien de plusieurs bataillons de la Garde Civique. Alors, c'est Perrault et d'autres qui vont pousser Hulin afin de commencer à contrôler les événements qui se déroulent autour de la Bastille et à l'Assemblée.

Vous savez, on n'est pas fier pendant très longtemps. Je m'étais imaginé que l'Assemblée allait suivre avec des yeux tout à fait intéressés ce qui se produisait dans Paris. Mais ce n'est pas vrai du tout. C'est qu'à l'Assemblée, on était effrayé. On se dit : "Mais qu'est-ce qui se passe ?" Et Mirabeau, en particulier, est très effrayé. Mirabeau, voyons dans une note que j'ai prise là, Mirabeau, dès le 26 juin, 26 juin, Mirabeau avait dit : "Ben, juin, tout doit s'accomplir par le seul concours, le seul, bien entendu, par le seul concours des lumières et des intentions patriotiques." C'est-à-dire, c'est à nous, bourgeois, de nous occuper de l'affaire. Mais il ne faut pas que la quatrième étape s'en occupe.

Le 9 juillet, il y a une intervention célèbre de Mirabeau, et sur laquelle j'ai quelque chose à vous dire, qui va renverser la tradition. De même que je vous ai indiqué que la phrase de Mirabeau sur les baïonnettes n'avait pas du tout le sens qu'on lui donne, que Mirabeau ne disait pas : "Nous ne sortirons même pas dans les baïonnettes", mais au contraire : "Les gars, si le roi utilise la force, nous sortirons." De même, le 9 juillet, il y a une intervention célèbre de Mirabeau. On nous dit : "Regardez avec quelle force Mirabeau s'oppose à la Cour, puisqu'il va faire des représentations au roi." Le 9 juillet, en disant : "Cessez, cette concentration de troupes dans Paris, qu'est-ce que vous voulez faire ?" Mais si vous regardez les arguments qu'emploie Mirabeau auprès du roi pour lui dire : "Il ne faut pas qu'on s'entraîne trop à Paris", ils sont singuliers. Ces arguments. Mirabeau dit en effet à Sa Majesté que ces régiments qu'il amène dans Paris, s'ils sont mis en contact avec la plèbe parisienne, risquent de se dissoudre. C'est donc Mirabeau lui-même qui avertit le roi, lui disant : "Attention, Sire, si vous mettez vos soldats en contact avec la foule, vous n'êtes pas sûr d'obtenir l'envahisseur." Par conséquent, il n'a rien contre l'emploi de la force militaire contre Paris. Il veut simplement que cette force soit contrôlée par les bourgeois et qu'elle serve à faire tenir tranquille la populace, et pas autre chose. Et il avertit même le roi : "Attention, vous allez peut-être perdre votre instrument de répression."

Le 12, le 12 donc, encore avant la prise de la Bastille, un nom, Le Chapelier, dans les importants, vous allez le retrouver plus tard dans une opération de première. C'est Le Chapelier qui monte à la tribune de l'Assemblée et dit ceci : "Les propriétés ne sont plus insultées. Seule la garde bourgeoise peut remédier aux malheurs qui nous menacent."

Le 14, pendant que la plèbe est en train de prendre la Bastille, et un autre député du Tiers qui s'appelle...

Bancal des Issa et qui va monter à la tribune en félicitant ce qui se passe à Paris du côté de l'Hôtel de Ville, félicitant le comité Berman. Et il dit : "Il n'y a que la milice bourgeoise qui peut nous sauver."

Le 14, au soir, dans la nuit du 14 au 15, du Pont de Nemours va aller faire une visite au précipiter à Paris. Du Pont de Nemours, c'est quelqu'un, nous allons le retrouver. Vous connaissez son nom. Enfin, c'est quelqu'un qui a créé une dynastie puissante aux États-Unis. C'est un fabricant d'explosifs. Et du Pont de Nemours, associé intéressant pour nous, qui s'était déjà fait connaître sous Turgot. Je t'ai dit la vérité sur Turgot, qui était l'ennemi de tout dirigisme, qui disait : "Il faut surtout pas gêner le commerce." Et il avait deux collaborateurs principaux : Condorcet, dont le véritable nom est le marquis de Condorcet, et du Pont de Nemours.

Se précipitent dans la soirée du 14 auprès du roi. Lui dit : "Mais c'était épouvantable ! Si, en fait, il faut faire quelque chose. Il faut que vous-même vous rappeliez l'éclair. Il faut que vous viviez dans Paris. La plèbe est en train de se soulever." Et dans cette fameuse nuit, il se précipite en effet à Paris, du Pont de Nemours, et à 2h du matin, il arrive à l'Hôtel de Ville pour faire des déclarations que voici.

Il raconte : "Il a eu à Versailles, en fin d'après-midi, une délégation de l'Assemblée auprès du roi, une délégation terrifiée et suppliante, venant conjurer le roi de calmer Paris par tous les moyens." Que le roi comprend les choses et qu'il a dit en propres termes : "L'objet de vos inquiétudes et bien propre à émouvoir le cœur de tous les bons citoyens." Effectivement, le roi se dit : "On ne peut pas laisser le développement des choses pareilles." Il va céder. Il va rappeler, parce que son instrument de répression lui a fondu entre les mains. Il annonce qu'il retire les troupes. Il annonce que Necker est rétabli.

Le 17, il vient à Paris. Et le 15 déjà, le comité permanent, qui s'était transformé maintenant en une puissance stable, qui avait décidé de remplacer le marquis de La Salle par Lafayette à la tête de la garde nationale, parce que La Fayette, dans notre prestige, que ce marquis de La Salle, parce qu'il était un trompeur, l'avait excellent ce conseil permanent qui avait décidé que notre règle dans la garde nationale, que je suis moins bien que ceux qui étaient capables de payer en uniforme. L'uniforme coûtait quatre louis d'or, et qui faisait 80 francs. Il y avait très peu de gens qui étaient capables de se payer un uniforme de 80 francs. Alors à ce jour-là, la garde nationale n'est pas bien constituée.

Le roi ayant annoncé que Necker est repris, le roi venant personnellement à Paris, c'est le 17 juillet. C'est l'ivresse, c'est magnifique. Mais qui est rappelé ? Camille Desmoulins, au Palais-Royal, prononce un mot invraisemblable. Il dit : "Avec Necker, oui ! Ça ! Avec les terres, c'est la destruction du Vaudan !" Vous vous rendez compte ? L'éclair qui est l'homme du vent ! Camille Desmoulins explique à la au public : "C'est la destruction du Vaudan !" Acclamation.

Le roi entre à la tête de vide sous une espèce de flot d'acier que les épées de la garde nationale lui font. Le roi prononce à l'Hôtel de Ville les phrases qu'il fallait dire : "Mon bon peuple sera toujours sûr de mon amour." On va décider de faire un Te Deum à Notre-Dame. On va appeler le roi "restaurateur des libertés nationales". Ça y est, le filet nouveau tendu sur la classe pour les tarifs. La société est sauvée. La société est sauvée.

Mais c'est en province que ça va très mal. Lorsque les paysans, qui étaient impatients de voir leur droit féodal anéanti, lorsque les paysans voient que la population parisienne s'est soulevée et a pris la Bastille, pour les paysans, vous savez, la Bastille, c'est comme le château des Parisiens. Et les paysans, leur château qui les gouverne ici. Mais après tout, pourquoi est-ce que nous aussi, on ne prendrait pas nous aussi nos Bastilles ?

Alors, c'est une ruée des paysans français dans quantité de localités, ruée contre les châteaux. Parfois même, on a brûlé. Mais surtout, ce qu'on veut brûler, c'est les papiers, les papiers des féodistes, les terriers. Vous avez des parchemins qui, soi-disant, établissaient l'authenticité des droits. Et comme ces châteaux flanchent un peu partout, puisqu'ils... Et nous voilà en présence de ce phénomène que les historiens traditionnels appellent la Grande Peur, et dont on déclare qu'elle est mystérieuse. Je ne la crois pas du tout mystérieuse.

C'est la Grande Peur. On nous raconte des tas de choses là-dessus qui sont très pittoresques, qui sont très pathétiques, qui permettent de faire un très beau développement littéraire où on ne dit pas ce qui s'est passé. C'est un phénomène presque inexplicable à travers toute la France. Une terreur serait partie. On dit qu'il y a des bandes de brigands qui arrivent de tous les côtés. Les paysans se soulèvent, ils savent, ils attendent, ils sont là qui surveillent aux abords de la ville ou du village. En voyant ces livrets, pas, ils n'arrivent jamais. Mais non, c'est extrêmement simple.

La Grande Peur, c'est la Grande Peur bourgeoise. La Grande Peur bourgeoise en province. Ce sont les gens qui se disent : "Mais c'est affreux ! Les gens, les bourgeois, même, sont en train de violer les propriétés des nobles. C'est entendu, c'est des nobles. Mais après avoir demandé les propriétés des nobles, vous demandez nos propriétés à nous ?" Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Mais il faut faire le même coup qui vient d'être réalisé à Paris. À Paris, on a laissé s'armer la plèbe parce qu'on a besoin d'elle comme levier. Mais il fallait que cette plèbe soulevée soit extrêmement contrôlée par la milice civique, dite garde nationale, pour contrôler la plèbe. De même, à travers toute la province, vont s'organiser ces milices bourgeoises qui ont commencé à naître en avril. Il y a un de ces jours, quand je vous en parlais, je vous avais dit : "Retenez ce phénomène, c'est très important." C'est un phénomène inédit. Dès le mois d'avril, on avait vu se constituer à travers la France des milices bourgeoises, c'est-à-dire que la bourgeoisie s'armait. Elle s'armait parce qu'il y avait des émeutes de ta famille.

Et bien, la bourgeoisie se met à s'armer en masse en juillet devant ces soulèvements des paysans. Alors, on s'arme. On leur dit : "Il y a un danger." Ceux de Paris, les bourgeois de Paris disaient : "Il y a le danger du côté de Versailles, il y a les troubles de Versailles qui vont venir nous attaquer." En province, on leur dit : "Il y a les aristocrates, ceux qui sont en effet à Versailles, mais qui vont peut-être faire venir les troupes étrangères. Il nous faut des soldats. Engagez-vous avec nous. On vous surveillera. Engagez-vous pour la protection des biens de tous les biens, les vôtres comme les nôtres." En fait, tout simplement, on va essayer de mobiliser le plus grand nombre possible de pauvres, un peu abruti, qui ne se rendent pas compte, pour marcher contre les alphabets qui sont jetés contre les châteaux. La terrible, il y a des chapelets de pendaison. Vous avez à travers la France, la bourgeoisie ne va pas de main morte. C'est malheureux paysans, la famille qui ont touché au château, ils sont pendus par masse. La répression est particulièrement furieuse en Dauphiné, c'est-à-dire du côté des Perriers, les Perrier, Barnave, mouillé, vous savez. Alors que ce n'était pas là, cependant, que les incidents les plus graves s'étaient produits. Voilà ce qu'on fait du côté de la province.

Et maintenant, qu'est-ce que fait l'Assemblée ? L'Assemblée est très effrayée par ces nouvelles qui arrivent de province. Et la bête est très contente. D'abord, le 17, quand elle se dit : "Ça y est, elle fait des protecteurs émis sur le monstre, les Vandales, les... les côtes Paris sont maintenant dominés par nos patrouilles." À ce propos, même si vous voulez, vous dire dans une parenthèse que j'ai vu une estampe qui est très singulière, qui est de la fin de juillet, n'est-ce pas ? Méchante, où il y a ceci : "Le patriotisme a remplacé le patriotisme, c'est-à-dire qu'il y a des patrouilles civiques pour le désernement des misérables, toujours pour la pour la surveillance des gens sans aveu, et que ces patrouilles civiques remplacent maintenant les lampadaires." Vous savez, un "légende patriotisme" a remplacé le patriotisme. C'est une légende trop intellectuelle pour la foule. Très vilain, ce monsieur qui a écrit ça, mais ça n'a pas dans l'important.

Bon, alors revenons à l'Assemblée nationale. Maintenant, quand elle apprend que les châteaux flanchent, le marquis de La Londe, c'était le fils de ce La Londe qui avait défendu Voltaire, qui avait très bien défendu Voltaire. Le marquis de La Londe Canada décide de faire une protestation très violente de l'Assemblée nationale contre les faits disparates en France. Et il dit qu'il faut faire une adresse à la Nation pour déplorer et condamner ces événements tragiques.

Robespierre va apparaître ce jour-là pour la première fois. Qui sert ? C'est un député du Tiers État d'Arras. Mais il ne ressemble pas beaucoup aux députés aux autres députés du Tiers État. C'est un garçon qui n'a pas eu de chance. Robespierre, il avait un frère, une sœur, la mère était morte assez rapidement, le père avait abandonné les siens. Puis Robespierre avait une bourse, avait fait ses études au collège Louis-le-Grand, il était devenu avocat, il travaillait de son mieux. Il y a une légende sur lui qui dit qu'il était très sombre, il n'était pas gai, évidemment. Mais en fait, il était capable de rire. J'ai examiné, je vous ai dit à quel point c'est important des visages. Je l'ai examiné des portraits, il y en a de nombreux portraits de Robespierre. Son regard va s'assombrir, va se durcir, mais c'est le Robespierre de 20 ans, 21 ans que je voudrais vous montrer. C'est un garçon gentil, avec quelque chose comme une espèce de candeur dans le regard, capable de bon rire. Camille Desmoulins, par exemple, qui était son camarade au début de 89, le faisait rire. Mais le vrai sanglier a fait des des fous rires. Oui, mais c'est un garçon grave parce qu'il a compris. Il est un des rares qui ont compris que le problème est un problème social, à savoir qu'il y a cette masse d'écrasés, que ces gens ont le droit de vivre. Alors, il s'est constitué, sans le dire, oui, il ne fait pas de bruit, il s'est constitué le défenseur de ces écrasés.

Et quand La Londe va faire son petit discours à la Chambre en disant : "Il faut une adresse furieuse à la Nation, disant stop", Robespierre demande la parole. Il y a tension. Enfin, "ce n'est peut-être pas le moment de nous opposer à ceux qui sont réellement les écrasés, les exploités, et autre chose à faire pour eux." Cependant, il y en a d'autres qui ne veulent pas l'écouter. Il y a un homme, et Salomon, le 3 août, qui déclare : "Les propriétés de quelque nature que ce soit, bien sûr, propriétaire histogramme, ça irait, mais les nôtres, de quelque nature que ce soit, sont la proie du plus coupable brigandage." Un nommé Target, qui est un légiste, déclare : "Les troubles dont une partie du pays est le théâtre portent la teinte la plus funeste au droit sacré, sacré droit sacré de la propriété." Tout ça, c'est de la violence.

Et devant ce qui se passe, dans l'espérance de parole et de voir ce qui se passe en province, Chapelier a une idée de génie. Il dit : "Non, ce n'est pas ça qu'il faut faire. Il faut faire une mise en scène." Et cette mise en scène, ça sera la nuit du 4 août. La nuit du 4 août, brusquement, il y a deux délégués de l'aristocratie qui se sont entendus, Monsieur de Noailles et Monsieur d'Aiguillon, qui vont succéder à la tribune pour annoncer, en apparence, qu'ils renoncent à leurs droits. C'est une exaltation sans bord. C'est la France visible dans toute la richesse de son cœur. La nuit du 4 août emportait les bilans du Moyen-Âge. Il se connaît plus Michelet depuis cette nuit merveilleuse. Plus tard, rien que des Français. Vive la France ! Plus de classe ! Tu parles !

En réalité, la nuit du 4 août, c'est un festival de mimes, d'une grande mise en scène. Tu me plaisantes. Ce sont des gens qui font semblant de renoncer à leurs droits féodaux, mais qu'ils ont déclaré rachetables. Car Noailles et d'Aiguillon, leurs droits furent 12 sont déclarés rachetables. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire cette espèce de racket que les nobles faisaient sur les paysans, sans racket, puisqu'ils leur prenaient de l'argent en contrepartie de services qui ne rendaient pas. Ce racket, les racheteurs décident : "Oh bah, envahir à condition que vous nous ayez misé largement." Et même, dit-on, "demandons à être indemnisés au denier trente." Qu'est-ce que ça veut dire ? Trente, ça veut dire que pour pouvoir payer ses droits féodaux, on lui demande de verser immédiatement une somme équivalente à ce qu'il leur est versé pendant 30 ans. Attendez, pendant 30 ans, c'est ça la nuit du 4 août, la fameuse abolition des privilèges. Tu es une énorme mystification.

Alors, poursuivant sur ça, sur sa lancée, l'Assemblée décide de faire la Déclaration des Droits de l'Homme. Déclaration des Droits de l'Homme, c'est une nouvelle mystification. Il y a trois points particuliers. Premièrement, on annonce que la loi maintenant, c'est l'expression de la volonté générale. Ça n'est plus l'expression de la volonté d'un seul homme, le roi. Mais attention, comment est-ce qu'elle va être définie la volonté générale ? Qui va voter ? Qui va l'établir la loi ? Eh bien, on s'arrangera pour que ce soit uniquement les possédés. Deuxièmement, "tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Vraiment ? Est-ce que le salarié va être égal en droit à celui qui l'emploie ? Cette deuxième articulation de la Déclaration des Droits de l'Homme n'a pas d'autre signification que ceci : "Nous demandons que tous les emplois soient ouverts à la roture, roturier comme les autres." Et troisièmement, article 14 à la déclaration : "Les propriétés sont déclarées dorénavant inviolables et sacrées." Sacré, c'est le mot qui avait employé, qui avait employé Target. Sacré. Flaubert, quand il parlera des événements de 1948, dira : "Alors la propriété monta dans les respects au niveau de la religion et se confondit avec Dieu." Bah, ça avait commencé avant 1948, vous savez, avec la Déclaration des Droits de l'Homme. La propriété étant déclarée inviolable et sacrée, ça veut dire que quiconque serait proposé une nouvelle répartition de la propriété, un peu plus humaine, celui-là commettra un attentat et un sac. Ça va.

Les gens votent le 24 août. La décision est prise. 24 août. Le filet protecteur dont je vous ai parlé, et bien établi. À tout de même un petit point qui gêne : les ateliers de charité. N'en avez parlé Turgot. Les ateliers de charité fonctionnaient dans la mesure même où il y avait encore plus de détresse à Paris, et 10 000 prolétaires chômeurs avaient été employés à l'atelier de survie de Montmartre. Maintenant que la bourgeoisie est tranquille, maintenant que le roi sera lié, maintenant qu'il a parlé de l'amour de son peuple, on va liquider. Que la bourgeoisie appelle volontiers les brigands, les brigands de Montmartre. On va leur envoyer du canon pour les faire partir de Montmartre. Et c'est Hulin qui va se charger de conduire les canonniers pour faire partir les 10 000 brigands de Montmartre, c'est-à-dire les malheureux prolétaires. On va leur remettre à chacun 24 sous, via un passeport, puisse se faire pendre ailleurs.

Et un journaliste qui s'appelle, dans un journal des révolutions de Paris, rapporte une parole que je tiens à vous dire : "J'ai assisté au département abruti, vous savez, terrifié. On leur donne l'impression qu'ils vous partent avec des parents, veut plus vous voilà." Et le Stallone dit : "J'étais entouré de gens qui disaient : 'Il y a longtemps qu'on aurait déjà dû tirer dessus, du tirer dessus à mitraille !'" La bourgeoisie a tellement peur de ses pauvres qu'elle voulait déjà les mitrailler. Oh, il n'y aura pas besoin de mitrailler ceux-là. Ils sont 10 000 et ils sont terrifiés. Mais quand en 1848, il y aura aussi des ateliers, on ne les appellera pas de charité, mais ils le sont, les ateliers nationaux. Il y aura 100 000 millénaires à gras, et ça donnera un peu plus mal.

Nous allons arriver maintenant à un autre événement très grave, c'est l'événement des journées d'octobre, ou de nouveau l'Assemblée sera confrontée avec le peuple, et vous allez voir ce qu'elle fera pour se défendre. Au début d'octobre, dans les toutes premières chez d'octobre 1789, un pénible incident va se produire. C'est ce qu'on appelle dans l'histoire les journées d'octobre. De quoi s'agit-il ? Il s'agit que le pain, la soudure n'est toujours pas faite pour le pain. Que vous vous rappelez qu'en 88, il y avait une récolte déficitaire à cause de la catastrophe atmosphérique du 13 juillet 88. La récolte de 89 a été bonne, mais en septembre, la farine n'était pas moulue et le pain de Paris était toujours aussi cher. Alors que c'est très important que la classe populaire puisse au moins manger du pain convenablement. On s'était arrangé tout de même pour essayer de les alimenter le mieux possible, mais le pain est toujours d'une cherté excessive. Alors agitation dans les faux bourgs.

Et voilà qu'au début d'octobre, tout au début d'octobre, un incident éclate. Ce qui est cet incident, c'est le suivant. À Versailles, le régime, le roi a fait venir un nouveau régiment, régiment de Flandre. Je ne crois pas que ce soit dans de mauvaises intentions. Enfin, il avait plus confiance dans ce régiment de Flandre qui arrivait de l'extérieur que dans les régiments qui étaient en contact avec la foule. Les gardes du corps du roi à Versailles avaient organisé un grand repas à l'honneur des officiers du régiment de Flandre qui arrivait. Et il semble que, peut-être, à tort exagéré, il semble que le premier octobre, le jour où le festin a lieu, quelque chose se produise de fort désagréable, à savoir que la cocarde, la cocarde tricolore que le roi lui-même avait arboré à partir du 17 juillet, la cocarde tricolore aurait été à Versailles, dans la salle du festin, piétinée par des officiers de la garde du corps.

Après tout, ça se passe à Versailles, et il faut que les gens de Paris en soient avertis par des intermédiaires. De même que c'est les émissaires du duc d'Orléans. Vous rappelez l'intérêt que porte le cousin du roi, d'Orléans, à se pousser. Il se dit que les événements tournent mal, peut-être ce roi sera détrôné, et comme il est appelé lui constitutionnellement à être le régent, en attendant que le fils du roi, le petit dauphin, soit capable de monter sur le trône. J'ai assez l'impression que c'est le but d'Orléans qui, grâce à ses émissaires et mystères qu'il avait à Versailles, fait répandre la nouvelle dans le Palais-Royal, fameux bourbier dont je vous ai parlé, enfin, le grouillement permanent. Et les gens s'excitent en disant : "C'est monstrueux ! Un attentat anti-national s'est produit à Versailles ! Le premier octobre, on a piétiné la carte !"

Faut dire cependant qu'il y avait depuis le milieu de septembre quelqu'un qui va surgir devant nous, qui va avoir une importance extraordinaire, quelqu'un qui se fait connaître, il y a de l'audience. Ce quelqu'un, c'est Marat. Nous avons déjà vu apparaître Robespierre à la veille du 4 août, et qui est presque tous ces révolutionnaires. Vous savez, c'est des gens très jeunes. Marat, il n'est pas jeune, lui, il a déjà 46 ans. Marat, mais ce t, il l'a ajouté, car son véritable nom, c'est Marat. Son père est un Italien, c'est un ancien moine, oui, oui, qui s'est déprêté, qui était de Sardaigne, qui s'est converti au protestantisme et qui était venu vivre à Genève. Peut-être a-t-il été converti au protestantisme par la femme qu'il va épouser, et qui elle, une Française. Donc, ce Marat, Jean-Paul Marat, est le fils d'un Italien et d'une Française. Quelle Française s'appelle Cabrol. Sa mère, c'est une Sève Nolte, c'est-à-dire une camisarde, une protestante. Vous savez, ces malheureux qui se révoltaient contre les dragonnades et qui avaient un très vif sentiment, je ne dis pas républicain, mais d'exiger la tolérance qui était nécessaire à leur égard.

Alors, ce Jean-Paul Marat, il y avait une carrière à s'agiter. Il avait fait de la médecine, il avait fait des études sur l'électricité, et puis en septembre 89, à Paris, il lance un journal qui va s'appeler "L'Ami du peuple". Marat a une réputation affreuse. Michelet, en particulier, déchaîné contre Marat, presque autant contre Robespierre. Il dit que c'est un épileptique, c'est un maniaque du sang. Ce n'est pas exact. Marat, en effet, a plusieurs reprises, a dit que si l'on coupait un certain nombre de têtes, ça assurerait sans doute la tranquillité de plusieurs millions d'autres. Et quand Marat écrit ça, il se borne à riposter à un journal d'extrême droite qui s'appelait "Les Actes des Apôtres", où écrivait Rivarol. Et dans un numéro des "Actes des Apôtres" que j'ai eu sous les yeux, ce journal d'extrême droite disait : "Si l'on coupait un million de têtes, un million, peut-être, en France, tout rentrerait dans l'ordre." Marat se borne à dire : "Non, si on coupe simplement 5 ou 6 centaines d'aristocrates, tout rentrera dans l'ordre."

Et bon, ce Marat, très respecté quand il sera mort, voilà, assassiné en juillet 93. Le frère de Robespierre, Augustin, dira l'estime qu'il lui portait, parce qu'il est un homme désintéressé. Pour son "Ami du peuple", il aurait pu lui rapporter de l'argent. Ça se lisait beaucoup. Il donnait moi, c'est vrai, il donnait tout ce qu'il avait. Quand on l'a assassiné, on s'apercevra qu'il n'y a à peu près rien chez lui. Et dans un rapport de police que j'ai vu et qui m'a impressionné, il y a ceci : "La popularité de Marat tient à son intégrité." L'intégrité, lisait ses policiers, l'intégrité des dieux du peuple. Ben voilà.

Que Marat écrivait des choses menaçantes. Pensez que dans son premier numéro de "L'Ami du peuple", qui est du 15 septembre 89, il parlait de la nuit du 4 août comme il fallait pas en parler, c'est-à-dire comme je vous en ai parlé moi-même. Il disait : "Ce qui leur inspira tant de grandeur d'âme, c'est le reflet des flammes de leurs châteaux d'aristocrates." Michelet parlait d'attente, d'histoire, d'exaltation, vous savez. En réalité, ce n'était pas l'Esprit Saint qui souffrait sur les aristocrates, c'était la lueur de ces châteaux en feu qui leur donnait une panique. Il a mis le doigt, Marat, sur l'imposture de la Déclaration des Droits de l'Homme. "Cette belle déclaration n'a de prix", avait-il écrit, "que pour l'homme à qui sa fortune permet de jouer un rôle. Elle n'est rien pour le peuple." On ne peut pas dire mieux la vérité. Seulement, c'est des vérités à ne pas dire. C'est inquiétant.

Ce qui me fait penser que ces journées d'octobre, dont je vais vous parler en un instant, ces journées d'octobre, ont été orientées. Je veux dire qu'elles sortent du Palais-Royal. Un saisonnier qui ont fait un standard que ça ne soit pas sorti du faubourg Saint-Antoine ou du faubourg Saint-Marceau, là où était la population prolétaire qui crevait. Comment ça se fait que ça sorte du Palais-Royal, où ne venait pas, il fallait voir de l'argent et être distingué, bien habillé, pour venir avec des prostituées du Palais-Royal ? Comment ça se fait que ça parle de là ? Je crois, voyez-vous, que c'est une récidive de l'opération Bastille. Opération Bastille, je vous ai dit à quel point des financiers étaient derrière, le Boscary, le Laborde de Méréville, le Pergaud, le Delessert, tout ça, qui avait poussé la foule. Et je vous disais, il avait soufflé de crier "la Bastille, la Bastille !" parce qu'il avait peur que la foule dise "les banques, les banques !" Et ben, je crois que c'est le même. Comme le peuple a faim, comme il y a un danger, un danger social, des émissaires viennent intentionnés, aussi bien des gens de finance que les gens d'Orléans, souffrent aux gens de Versailles. Versailles, on a pété la campagne tricolore, parce que c'est insurrection populaire probable ne doit surtout pas se diriger du côté des gens comme de l'argent, mais du côté de la cour.

Ça ne sera pas très haut. Si on est docteur, ce sont des femmes qui en ont pris l'initiative. Chateaubriand, il l'a vu. Il raconte ça. Il n'était pas le premier jour, il n'était pas le 5, mais il était le 6. Et ce qu'il décrit avec sympathie, vous avez vu Chateaubriand, à quelqu'un qui a beaucoup de la prise de la Bastille, ne parle pas comme les réactionnaires. S'aperçoit quelque chose de sous, d'important. Chateaubriand dit que c'était assez affreux tout de même. Il y avait un syndrome de poissarde. Il y a à l'époque des, vous savez bien, il y en avait pas mal. Il y avait aussi des mères de famille qui étaient là, qui crevaient, enfin, qui trouvaient qu'elles n'avaient pas assez de pain pour élever leurs enfants, nourrir leurs enfants. Mais il y avait pas mal de ces filles du Palais-Royal. Elles constituaient la base du Palais-Royal, c'est des prostituées. Elles étaient toutes là, adorant, qui était à cheval sur des canons, ils imaginaient qu'ils pouvaient faire bon. Et ben, toute cette foule se précipite à Versailles. Ça va. Encore le premier jour, il n'y a pas trop de désordre.

Mais le lendemain, le 6 octobre, au matin, une partie des manifestants franchit, franchit la grille du château. Et dans le château, il y a le roi, la reine. Ces gens pénètrent dans le château, coupe la tête à deux gardes du corps. Il y a même un certain Nicolas qui apparaît à ce moment-là. C'était un homme extraordinaire, Nicolas. Il était modèle pour une académie de peinture, et il se travestissait d'une manière habituelle en esclave grec. Il avait dans toute une grande baie. Mais ce Nicolas, avec un petit couteau, il va, il va découper, il va découper la tête des deux gardes du corps. Que, on a notre idée pour rentrer dans le palais. Et ces têtes que l'on aura prêt à l'abattage, frisé, seront mis au bout de piques quand le roi va être ramené.

Alors, les manifestants arrivent dans le château. La reine est obligée de s'enfuir parce que les gens arrivent jusque dans son appartement par un couloir dérobé, comme on dit. Elle ne serait pas chipoter le roi, elle n'avait pas l'habitude de passer la nuit avec lui. Enfin, il va parce qu'elle a peur. Le roi est très courageux, très noble. Le roi s'avance devant cette foule qui est sanglante, vous savez, qui est sanguinaire, et leur dit : "Faites ce que vous voulez, mais touchez pas à mes gardes du corps, parce qu'il est de voir qu'on avait deux qui étaient assassinés." Et puis, il promet qu'il va revenir à Paris. Et effectivement, il revient.

Et ce 6 octobre, quand le roi arrive à Paris, c'est pas très gai, vous savez. C'est un défilé assez sordide. Il y a ces deux têtes au bout des piques. On les a conduites chez un perruquier de Sèvres pour leur faire une très jolie frisure. Alors, il y a ces têtes qui sont coupées là, autour du carrosse du roi. Il y a La Fayette qui est arrivé avec la garde nationale, qui caracole à la portière du roi. Le roi est très sombre, très inquiet. On me ramène à Paris. N'avait pas l'habitude de vivre à Paris. Il y a plus de 70 ans que la monarchie avait quitté Paris pour ses revers. Il était plus tranquille. On le recolle dans ses Tuileries, qui étaient affectées depuis très longtemps, où il y a rien de prêt, juste à toute vitesse, on a préparé quelques appartements. Il semblait pas beaucoup le roi, mais enfin, on va s'arranger. On mettra l'argent nécessaire à sa disposition pour qu'il puisse avoir les commodités de la vie, et on va tout de suite lui allouer une certaine liste civile. C'est-à-dire que le roi a de l'argent à sa disposition. C'est normal. Moi, je sais pas si vous connaissez le chiffre, il est intéressant. On lui alloue 25 millions, pouvoir d'achat aujourd'hui, 100 millions, si vous voulez dire en dollars, ça fait 25 millions de dollars. C'est ce qu'on donne au roi pour s'établir aux Tuileries. Et puis, comme les gens ont été de même très alertés dans la bourgeoisie de voir qu'il y avait ce mouvement populaire, c'est attendu. On a dévié du côté de Versailles. Ça va pas trop mal tourner. Et on va la soudure va se produire. Les gens vont recommencer à manger. Tout de même, précaution.

Alors, presque tout de suite après les journées d'octobre, l'Assemblée nationale, toujours guidée par l'admirable Sieyès, la BCE, que celui que rappelle la taupe, un homme qui parle par 100 ans, il ferme très souvent les yeux, et ça ne donnera la BCE va proposer lui-même une loi électorale. Mais alors, bien sûr, cette loi électorale, la voici : ne pourront voter pour faire les lois, les lois qui doivent exprimer, selon la Déclaration des Droits de l'Homme, la volonté générale, ne pourront voter pour faire les lois que, naturellement, les gens de bien. Les gens de bien sont ceux qui ont du bien. Alors, il faudra qu'il soit déjà inscrit aux listes électorales. Deuxièmement, nous pourrons être électeur proprement dit. Il y aura les premiers qui vous tromperont pour désigner ceux qui vont désigner des députés. C'est ce qu'on avait fait aux États généraux. Nous pourrons être électeur uniquement ceux qui paieront l'équivalent de 10 sous de l'état. Et pour être éligible, il faudra payer ce que l'on appelait à ce moment-là le marc d'argent, un marc d'argent égal 50 journées de travail. Là, vous voyez le triple trial à la base. Pour pouvoir voter, il faut déjà payer environ le prix de trois journées de travail. Pour être électeur du second degré, il faut payer 10 journées. Pour être éligible, il faut payer 5 ans de travail. J'essaye. Est-ce qu'il y a eu un mot extraordinaire ? Il était spécialisé trouvaille. C'est vraiment une trouvaille. C'est lui qui avait dit : "On va distinguer les citoyens français entre actifs, sont ceux qui prépareront les lois, puis passifs." C'est là où je trouve que c'est vraiment une trouvaille. Les passifs, c'est les travailleurs, vous comprenez, les travailleurs, ceux qui n'ont pas le droit de voter. C'est vraiment admirable. Ça voulait dire tout simplement que la fameuse charité n'a pas que soubassement devait être réduit à l'obéissance. Bon.

Alors maintenant, ça va à peu près. Les gens mangent. Il n'y a plus de légitimation dans Paris. L'Assemblée nationale va pouvoir faire son métier, c'est-à-dire une réorganisation de la France. Et il y en avait bien ses besoins. Il y avait un désordre administratif incroyable. C'est avec la France était partagée en paillage, en chaînes, les choses, c'est en attendant, en généralité, tout ça qui se superposait même très mal. Les limites et le mal défini, vous savez que le droit n'était pas le même dans certaines parties de la France, le droit coutumier ou le droit romain. Il fallait unifier tout ça. Alors, c'est l'Assemblée nationale, au début de l'année suivante, nous sommes à 90 maintenant, qui va découper la France en départements. Il y en aura bientôt 83 et organisé une autonomie administrative très curieuse. On en a pas l'idée en France aujourd'hui. Nous vivons avec le régime des préfets, vous savez, qui représentent l'autorité de l'État. Il n'y avait pas dans les départements de représentants de l'autorité de l'État. Dans la constitution de 90, les départements et les municipalités étaient pratiquement autonomes. C'est incroyable aujourd'hui, une décentralisation énorme. Quant au système des impôts que l'on avait simplifié, il y avait ce site très intéressant que l'histoire officielle, c'est que les départements étaient imposés. L'État disait : "Tel département de nous fournir tant." Mais la répartition des impôts, ce n'est pas l'État qui s'en chargeait, c'était les municipalités. Vous avez vu comment il se constitue en passant des notables. Ce sont des gens bien. Elle a dit municipalité de Paris, vous avez Lavoisier, vous avez marquis de Condorcet, des gens très sérieux, vous avez La Fayette là avec la garde nationale. Ben, c'est pareil dans toute la province. Ce sont les notables qui constituent les municipalités. Or, comme ce sont ces notables qui sont chargés de faire la répartition de l'impôt, va penser qu'il s'arrange pour que même les patrons à payer et que ça surtout la masse pour les terriens, c'est-à-dire l'obéissance passive et passive qui fonctionne.

Unité nationale, elle, parce que se reconstituer, puisque la France maintenant est une France nouvelle, bourgeoise, et qu'il n'y a plus la centralisation administrative du roi, il faut qu'il y ait une autre centralisation. Alors, c'est ce qu'on va appeler le système des fédérations, des fédérations locales, d'abord pour aboutir à une fédération nationale. Le 14 juillet, donc, l'anniversaire de la prise de la Bastille, le 14 juillet 90, grande fête, grand rassemblement à Paris de table délégués de province qui vont dire : "Nous formons la patrie française." Michelet, le nouveau là-dessus, plein de tentations. Enfin, il est dans un cycle de ces crises lyriques. Et en fait, qu'est-ce que c'est la Fédération ? Voyons, qu'est-ce que c'est que les gens qui sont à Paris le 14 juillet ? Ce sont les délégués des municipalités, ce sont des gardes nationales. Et vous savez ce que sont les gardes nationales ? Les gardes nationaux sont ceux qui sont capables de payer leur uniforme. Mais vous savez que leur uniforme représente 80 francs. Les 14 000 fédérés qui vont arriver à Paris pour le 14 juillet 1790 sont les représentants de la bourgeoisie armée. On s'est arrangé pour que le brave petit peuple ça rentre pas très con.

Alors, comme la Fédération devait se dérouler aux Champs de Mars, comme il fallait élever là une énorme estrade, comme on mettait au centre un hôtel, on était sur lequel elle est officielle, drôle de prêtre, qui était absolument incroyable, ce qui commence à qualifier l'imposteur de la journée. Alors, il avait fallu faire des travaux considérables de terrassement, et comme vers la fin de juin, rien n'est prêt, on avait demandé à toute la population de préparer matériellement avec la pioche les terrassements nécessaires. Le roi lui-même, pour l'instant, le roi lui-même vient piocher. La reine accepte de tenir un instant une petite pelle. CS va piocher. Mirabeau, tout ça, parce qu'il faut montrer qu'il y a vraiment une unité nationale. Mais en fait, mais en fait, qu'est-ce que c'est la Fédération ? Fédération, c'est la grande fête bourgeoise. C'était bourgeoisie qui maintenant tranquille, qui sent plus, et qui célèbre son triomphe. C'est la nouba des nanties. La Fédération, rien de plus.

Et puis, je dois dire qu'on était très content parce que le problème financier est enfin réglé. C'est révolution, elle avait été faite pour ça, pour éviter la Pentecôte. On l'avait trouvé l'argent, c'est pas nécessaire. Qu'il avait trouvé Necker, il est en train de se dévaloriser complètement. L'éclair, c'est-à-dire des emprunts. Alors, le 9 août, et puis le 30 août, il propose deux emprunts. Un emprunt de 30 millions d'abord, qui va lui rapporter carte. Un emprunt de 80 millions, qui va lui rapporter 10. Les gens du livre va faire, c'est pas sérieux, monsieur Necker. On n'est pas.

Là, pour que vous ne fassiez de nouveau emprunts, vous ajoutiez à la dette. Là, on équerre invente quelque chose, encore très publicitaire, un don patriotique qui demande à tout le monde de sacrifier un quart, un quart de son revenu. Pour une fois, naturellement, un sacrifice donc patriotique. Mais de plus en plus, les gens se disent : "Les plus notre équerre au fond de leur trouve plus. On l'a amené là pour qu'ils nous évite de débourser personnellement. Il veut nous faire des bourses."

Alors, ce qui va sauver la situation, ce sont des gens astucieux et, en particulier, en particulier, du clergé. Il n'est pas plus croyant que s'il y avait des quantités de poitrine croisière à ce moment-là. Et adhérent à une idée qui va présenter dès le 10 octobre. C'est intéressant, la date, 10 octobre, au lendemain des journées où on a tremblé parce que le peuple avait remué. Et il y a une diversion qui est très intéressante à lui proposer. De même qu'on lui avait dit "La cour, la cour, la Bastille, la Bastille", maintenant c'est tranquille, il n'y a plus de Bastille. La cour semble domestiquée. On pourrait lui dire : "L'écurie, l'écurie."

Et en effet, on va dire au peuple : "Meilleurs des milliards disponibles. Ces milliards disponibles, c'est les biens de l'Église." Parce que ce n'est pas dépouiller l'Église que de lui prendre ses biens, étant bien les aristocrates, on ne va pas brûler, bien des bourgeois, pas question, parce que ça, ce sont des biens authentiques, des propriétaires réels. Tandis que l'Église, une personne morale, parce que la propriété de l'Église, ce n'est pas sa vraie propriété. Elle n'en a que l'usufruit. Elle a des masses de propriété. L'Église possédait un quart de Paris et un dixième à peu près du territoire national. Ça faisait 3 milliards et demi de la monnaie de l'époque. Par conséquent, cet argent, elle en dispose en vue de certains services. Premièrement, elle assure le culte. Et deuxièmement, il paraît qu'elle assure aussi la bienfaisance, enfin les hôpitaux et l'enseignement. Les hôpitaux, il faudrait voir, parce qu'en fait, l'Église a déjà refusé pas mal à la société laïque des hôpitaux. Quant à l'enseignement, je sais bien qu'elle va se vanter d'avoir 600 collèges qui sont réservés à la bonne bourgeoisie et 30 000 écoles paroissiales sur 37 000 paroisses. Tiens, il y en a déjà 7 000 qui n'en ont pas. Lorsqu'il y a 30 000 écoles paroissiales, comment ça se fait que 90 %, 85 % des Français soient analphabètes ? Qu'est-ce qu'on y fait donc ? Quand il y a des écoles ecclésiastiques, en réalité, on apprenait simplement le catéchisme aux gosses. Vous pensez que les enfants de la campagne, les enfants des prolétaires qui sont obligés de gagner leur vie dès qu'ils avaient 7, 8 ans pour essayer de faire vivre la maison, ils n'avaient pas le temps de faire des études.

Alors, on le sait tout ça, et on dit : "L'Église n'est pas en mesure de veiller à l'enseignement. Quant à la bienfaisance, il ne faut pas regarder." Alors, on va lui prendre ses biens et puis on va lui verser un certain traitement à certains curés qui lui permettra d'assurer en fonction proprement ecclésiastique. C'est le 2 novembre 1789 que l'Assemblée nationale décide de mettre la main de la nation sur les biens de l'Église. 3 milliards, 3 milliards et demi disponibles. Pensez, la bourgeoisie très contente, elle dit : "On a rien à bouffer, on a pris l'argent du voisin."

Je dois dire qu'on avait déjà commencé les coups dès le 4 août. Rappelez la nuit du 4 août, que j'ai appelée parce que c'était vrai, un festival de mime où la bourgeoisie ou l'aristocratie faisait semblant de se dépouiller. On avait tout de même réalisé quelque chose de positif. Les malheureux paysans qui avaient cru que c'était, que c'était de vrais, enfin, quand même, qu'on allait les délivrer de leurs droits. Et au bout, ils vont s'apercevoir assez rapidement qu'ils ne peuvent se délivrer des droits féodaux qu'en payant. Et en payant une somme monumentale qu'ils ne sont pas capables de payer, puisqu'on leur demande pour être libérés de verser l'équivalent de 30 années de droits. Bon, alors quand les paysans vont comprendre ça, ils vont être assez furax.

Alors, les aristocrates, c'était des, mais il y a les voisins, purée, l'ecclésiastique. Alors ce 4 août, on dit : "Vous n'allez pas rester, vous n'allez pas demeurer en reste. Nous, nous sommes en train de nous sacrifier. Vous aussi, vos vos dîmes ecclésiastiques, renoncez-y." Mais alors, vous allez lire aussi pour de bon. Nous, on va racheter, on va faire racheter nos droits. Tandis que vous, les dîmes, du moment que vous êtes l'Église, donc la charité, bah, abandonnez vos dîmes sans contrepartie. Et c'est vrai, et les curés avaient cédé. Du reste, la majorité du clergé, qui est une majorité de petits curés qui ne bénéficient en rien des dîmes, et tout à fait d'accord pour que les évêques cessent de les percevoir. Il dit donc, tout de même, la nuit du 4 août avait rapporté quelque chose, ni du côté de la bourgeoisie, ni du côté de l'aristocratie, mais du côté du clergé, qui avait été obligé sans compensation d'abandonner ses dîmes.

Je dois dire que s'il y a, ça aurait été content du tout. Oh non, pas à cause des intérêts de l'Église, c'est moqué complètement. Il y a, mais ça lui paraissait très grave qu'une propriété qui était la dîme, que ça soit propriété ecclésiastique, propriété aristocratique, c'est une propriété, disait-il, c'était extrêmement grave d'abandonner une propriété sans contrepartie. Bon, on n'avait pas tenu compte de la précipitation. Ça y est, l'Église n'avait plus ses dîmes. Et maintenant, ce n'est pas seulement ses dîmes qui lui font défaut, c'est tous ses biens, puisqu'on a décidé de les lui prendre.

Seulement, les gens de la Constituante, ils ne vont pas s'en tenir là. Et c'est là aussi, je crois, avoir des choses un peu neuves à vous expliquer. Ils ne vont pas du tout s'en tenir là. Ils vont dire : "Du moment que nous payons l'Église maintenant, et qu'elle n'a plus de biens, alors on est obligé de l'assurer des traitements, traitement aux évêques, traitement aux curés. Du moment que nous payons l'Église, nous avons droit de regard sur elle." Et on se met à préparer la Constitution civile du clergé. Monsieur Adrien Dansette, c'est un homme fort estimable et qui a écrit il y a quelques années un livre, Histoire religieuse de la France contemporaine. C'est Adrien Dansette lorsqu'il raconte ce que je vous raconte, dit : "Les religions, les religions n'y fut pour rien dans cette affaire." Il voit là-dedans simplement du gallicanisme, c'est-à-dire, vous savez, que la société civile, habituée par Louis XIV et par les rois à traiter de haut les affaires ecclésiastiques et à dominer à ses, sérieusement le pape, la société civile continue et se croit autorisée à manier l'Église comme elle l'entend.

Dans ma première leçon, je vous avais indiqué à quel point l'Encyclopédie et les voltairiens avaient eu une influence sur la préparation spirituelle de la Révolution du point de vue religieux. Et Jaurès, dans son fameux Histoire publique en 1902, et je vous ai parlé, Jaurès dit : "En fait, avec la Constitution civile du clergé, c'est la première application de la grande pensée de l'Encyclopédie et de Diderot en particulier." Je cite, et Jaurès en finit, "en finir à fond avec le christianisme."

Reprenons un peu les idées de Voltaire là-dessus, très rapidement. Dans ma première leçon, je vous avais dit le thème de l'Encyclopédie du point de vue, c'était la tolérance. Et j'avais ajouté en souriant que la tolérance tendue par les encyclopédistes n'était pas celle que nous concevons aujourd'hui. Je vous avais même incité une phrase de la Galiani, lequel disait : "C'est un croyant comme ça, fourmille." Lequel disait : "Il faut prêcher la tolérance aux princes." Ça, c'est naïf pour nous écouter. Et une fois que nous serons libres, nous arrangerons pour être les plus forts et pour écraser ce qui ne pense pas comme nous. Voltaire veut aussi arriver à détruire le christianisme dans la classe aisée. Mais quand il parle du petit peuple, Voltaire ne dit plus du tout la même chose. Il va même se brouiller avec d'Holbach là-dessus, parce que d'Holbach en dit trop long. Voltaire est un homme qui écrit ceci, que je crois savoir par cœur : "Il est fort important, il est fort bon, il est fort bon de faire accroître aux hommes qu'ils ont une âme immortelle et qu'il y a un Dieu rémunérateur et vengeur, lequel punira." Mes paysans, mais paysans s'ils veulent me voler mon père, qui n'y croit pas au christianisme, se dit même très utile pour faire tenir tranquille les pauvres. Et cet ami, c'était l'ennemi, plutôt, c'était l'ennemi de la superstition et un ami de l'imposture. Il veut qu'il y ait un clergé, il ne tient pas du tout à ce que les prêtres disparaissent, mais il faut qu'ils soient bien gouvernés, bien tenus, qu'ils fassent leur métier, c'est-à-dire qu'ils apprennent aux tout petits, qu'ils apprennent aux pauvres la résignation.

Il a une phrase de lui, il a une phrase de lui très intéressante à votre Catherine de Catherine II, l'impératrice de Russie : "C'est le seul prince en Europe qui sache se conduire avec les prêtres. Elle leur ouvre la bouche, elle leur ferme selon sa volonté et selon son intérêt." Voilà la conception de Voltaire du point de vue religieux. Lui, il n'y croit pas. Il faut que la bourgeoisie aisée soit débarrassée des préjugés chrétiens, mais il faut que le petit peuple soit...

Alors, les gens de la Constituante, qui sont pour les trois quarts les bourgeois voltairiens, se disent : "Mais le monde est venu de tenir un peu l'Église." Et les redoutables, cette vie, surtout du côté de sécurité, ils ont été gentils parce qu'ils sont réunis à nous-mêmes, ils font les surveiller. Ce sont des espèces de délégués volontaires de ce petit peuple dont vous ne voulez pas entendre parler. Ce sont des représentants spontanés de ce prolétariat que nous avons exclu. C'est très inquiétant. Il y en a beaucoup qui sont compromis même dans les affaires de château. Savez-vous qu'il y a un prêtre que nous allons trouver, il s'appelle l'abbé Jacou, qui est en train de Charente et qui va être, qui a été interdit, interdit personnellement, car il avait parfaitement poussé les gens à brûler les châteaux. Il avait demandé qu'on ne touche pas au châtelain, mais il avait dit aux paysans : "Allez-y, brûlez le château avec des curettes et des espèces." Là, vous comprenez, c'est très inquiétant.

Or, la grande majorité du petit clergé français, c'est-à-dire sur 40 000 curés, c'est 40 000, sans doute parce qu'ils sont du côté du peuple. Que l'Église ait besoin à ce moment-là d'une énorme réforme, c'est trop évident. C'est des scandales que possède l'Église. L'Église avait annuellement environ 150 millions d'euros. Il y avait 80 millions qui lui venaient de la dîme et puis le reste lui venait de l'exploitation de ses territoires. C'était injuste, scandale. Elle avait tout autre part une répartition des évêchés qui est absurde. Il y avait un évêché comme celui de Besançon qui comptait 1400 paroisses, 1400 paroisses, et un évêché comme Agde qui comptait 19 paroisses. Absurdité. Par conséquent, que l'on refasse les diocèses d'une manière rationnelle, d'accord.

D'autre part, cette Église était moralement infecte dans la plupart des cas. Je veux dire la haute Église, je veux dire les amis mondains. Il y avait des quantités d'évêques qui étaient incroyables. Il y avait l'abbé Maury qui s'était manifesté en protestant contre la suppression des biens ecclésiastiques. La Maury était quelqu'un qui disait : "Burette pour parler de pistolets" et qui disait : "Moi, je ne mens jamais, sauf en chaire." Bah, la Maury, c'est le représentant de la masse misérable de clercs aristocrates, de clercs de salon. Le petit peuple respecte les petits curés de campagne, mais ne peut pas respecter un certain nombre d'évêques qui sont proprement scandaleux. Donc, que l'Église ait besoin d'une réforme, d'accord.

Mais c'est Voltaire lui-même qui va reconnaître que c'est singulier que ces réformes sont organisées par des gens qui n'y croient pas. C'est Michelet qui dit : "Organiser l'Église chrétienne sans croire au christianisme, il y a quelque chose de gênant pour l'esprit." C'est Michelet lui-même qui lit un peu plus loin : "Curieux spectacle d'un Voltaire réformant l'Église et prétendant la ramener à la rigueur apostolique." En fait, le marquis de Condorcet, qui est furieusement interrompu, qui représente l'esprit encyclopédique sur la Révolution, Condorcet, dans un numéro du 2 décembre 92 de son journal qui s'appelle La Chronique de Paris, dira la vérité : "Avec la Constitution civile du clergé, nous avons essayé de créer un schisme. Nous avons essayé de lancer à l'intérieur de l'Église une contre-Église. Nous avons essayé de lever des volontaires contre l'Église traditionnelle en faisant quoi ? Justement en les payant. En les payant bien, parce que les curés jusqu'à présent, avec ce que l'on appelle la portion congrue, c'est-à-dire qu'ils avaient 700 francs et le vicaire avait 350 francs par mois. La Constitution civile du clergé va assurer au clergé, aux curés 200 francs au lieu de 700, et au vicaire 750 au lieu de 300."

Alors, on se dit : "Comme on va les payer plus cher, ils vont se rallier." Et on va leur imposer quoi ? Premièrement, l'autorité civile de son propre chef, sans consulter le pape, sans réunir même un concile national, décide l'interdiction des ordres. Aucun Français n'aura plus le droit de se consacrer à Dieu, par exemple, de se consacrer aux ordres. Interdit. Déjà, nous avons vu que la Déclaration des droits de l'homme faisait croire que tous étaient égaux devant la loi et que tous avaient le même droit. Ce n'est pas vrai, puisque les pauvres n'avaient pas le droit de voter. Maintenant, c'est ceux qui ont l'intention de se faire religieux qui n'ont pas le droit de le faire. Et deuxièmement, on va décider que l'Église sera maintenant constituée par l'épiscopat, c'est-à-dire que ce sont tous les citoyens actifs, attention, actifs, tous les actifs qui iront, qui choisiront des curés et des évêques. Et remarquez jusqu'où on va, puisque ce sont des protestants, ce sont des juifs, ce sont des voltairiens, ce sont des incroyants qui choisiront les curés qu'il choisiront selon leur goût, selon leur cœur. Et que si un curé, par exemple, ou un vicaire est impassible, c'est-à-dire s'il ne paye pas assez d'impôts, il n'aura pas le droit de participer à l'élection de l'église. C'était à cause de cela, naturellement, inconscient. Et c'est ça la grande pensée des voltairiens de la Constituante. Parce qu'ils se disent : "Ce que nous imposons de force, sans avoir consulté le chef de l'Église, sans avoir consulté un concile national, ce que nous imposons de force au clergé français, il y en a une grande majorité qui ne marchera pas. Leur conscience servira de marcher." Alors, comme ces curés sont extrêmement douteux, comme ils sont du côté du peuple, nous allons nous arranger pour les dénoncer au peuple. On va leur dire : "Vous voyez, il ne marche pas dans la Constitution civile du clergé parce que ce sont les ennemis du programme." Et ainsi, on va couper du peuple ceux qui sont ses premiers défenseurs. La voici, l'opération anti-Église de la Constitution civile du clergé. Opération qui se doublait à l'arrière-plan d'une opération anti-club.

Il y a eu des drames de conscience, vous en doutez. Il y avait environ 44 000 prêtres en exercice en France, et bien plus de la moitié, 23 000 environ, ont refusé le serment qu'on exigeait d'eux. Des drames de conscience, parce que, évidemment, parmi ceux qui ont prêté serment, il y en avait beaucoup qui étaient attirés par les prix nouveaux. Je vous ai rappelé qu'un curé passait de 700 francs à 1200 francs, un vicaire de 350 francs à 750 francs. Ils avaient davantage. Alors, il y a des gens qui, même malgré leur conscience, se sont dit : "Bon, on va se rallier étant donné qu'on touche davantage." Robespierre n'a pas beaucoup aimé ça. Il y a un texte de lui qui est de 92, où il dit : "Quiconque, non même à une erreur qu'il prend pour la vérité, pour des raisons de cupidité, est un être méprisable." Bon, ben, il y en avait certainement.

En revanche, il y avait l'élite très bien. Je pense à l'abbé Grégoire, par exemple. Grégoire, c'était le curé d'Ambert-Ménil, qui était une petite paroisse de Lorraine. Grégoire s'était fait remarquer presque tout de suite aux États Généraux, lorsqu'il avait été dans les toutes premières prêtres à quitter son ordre pour venir rejoindre le tiers. Il est devant un drame de conscience lorsqu'on lui impose cette Constitution civile du clergé. Mais il se dit : "À tout prix, il ne faut pas se couper du peuple." Il devine peut-être l'opération des voltairiens qui se disent : "On va persuader à la petite plèbe que les curés ne sont pas avec elle." Et moi, je veux rester avec elle. Et puis, vous allez avoir un type comme l'abbé Jacou. Il avait parlé de lui à l'usinement la dernière fois. Je vous avais dit qu'il y avait des prêtres qui avaient été jusqu'à soutenir les paysans quand ils se précipitaient contre les châteaux en juillet 89. L'abbé Jacou, de Charente, en était un. Il y a un abbé Pierre d'Olivier de la région des Landes que nous allons voir réapparaître. Pierre d'Olivier, lui aussi, va prêter le serment. Il prête le serment parce qu'à tout prix, il ne faut pas se les couper du peuple.

Voyez-vous, on pourrait comparer ces drames-là à ce que nous avons connu en France, il n'y a pas tellement longtemps, enfin, un certain nombre d'années, au moment des prêtres ouvriers. Vous vous rappelez que les prêtres ouvriers avaient été à un moment interdit, ou plutôt écarté, enfin, par Rome. Un certain nombre de ses prêtres se sont dit : "Bah, tant pis, on va rompre avec Rome." Parce que pas question de rompre avec Rome. Si vous voulez, c'était des gens qui acceptaient de sortir de ce que l'on appelle le corps de l'Église pour rester dans l'âme de l'Église. Bon.

Et bien, alors, cette opération-là produit tout de même un bon résultat, à savoir que l'Église est coupée en deux. Ajoutez-y un autre résultat extrêmement intéressant pour les initiateurs de l'opération. Une fois qu'on a pris les 3 milliards de l'Église, on ne va pas acheter ça sur le marché d'un seul coup, ça serait inabsorbable. Par conséquent, on va répartir en tranches. Et dès le 20, le 20 décembre 1789, on a jeté sur le marché 400 millions, 400 millions sur les 3 milliards et demi de biens à vendre. Alors, comment est-ce qu'on va faire ? Et bien, on va lancer une sorte de monnaie. Ce n'est pas encore tout à fait une monnaie, ça s'appelle l'assignat. Ça serait plutôt comparable à ce qu'on appelle aujourd'hui en France des bons du Trésor ou des créances hypothécaires, si vous voulez. Ça rapporte même, ça rapporte 5 %. Et les premières coupures sont de 1000 livres uniquement. Mais rapidement, ça va se transformer en un véritable, enfin, monnaie qui n'aura pas tout à fait cours forcé. Il leur a un peu plus tard, enfin, un papier-monnaie. Il aurait des coupures qui ne sont plus de 1000 livres, mais 500 livres, on arrivera même à des coupures de 5 livres. Et l'opération intéressante à faire, la voix, on a le droit d'acheter ces biens nationaux par 12 à 8, c'est-à-dire, on paye la première année et puis l'année suivante, et bien, on payera le reste, etc. Seulement, comme l'assignat dont je viens de vous parler va se déprécier d'année en année, alors la première année, on leur a payé ce qu'elle détestait. Mais les autres années, qu'on pourra payer en assignats avec la dépréciation de l'assignat, ce sera des coups fumants à réaliser.

Et qui vont être les gens qui vont acquérir les biens nationaux ? Bah, là, il y a encore une légende, et Michelet est responsable d'une de ces légendes, comme de tant d'autres. Il dit : "C'est la paysannerie." Mais ce n'est pas vrai. Un certain nombre de laboureurs, vous savez, je dis ça entre guillemets, parce que je vous ai rappelé qu'on disait qu'on appelait laboureur les paysans déjà installés qui avaient un cheptel intéressant. Mais en réalité, il représentait quoi ? Il représentait 2 % de la paysannerie. Les autres, c'était les brassiers avec leurs bras pour travailler ou les journaliers. Avec quoi voulez-vous que ces gens achètent des biens nationaux ? Par conséquent, ce n'est pas la paysannerie, c'était pour un ou deux pour cent les paysans riches qui vont acheter des biens nationaux. C'est encore la bourgeoisie. J'ajoute même que dans les premières acquisitions, on aperçoit pas mal de membres du haut clergé et des nobles. Et que dans la correspondance de la reine avec Versailles, son amie Fersen, on voit que tous les deux, il dit : "Mais il y a aussi des opérations intéressantes à réaliser." Donc, ce sont ces forces-là, ce sont les riches, ce sont des possédants qui achètent les biens de l'Église. Finalement, l'opération nationalisation des biens de l'Église rapporte de nouveau à la bourgeoisie.

Donc, voilà, dans cette année donc 1790, c'est l'Assemblée constituante qui ne se décide pas à se séparer, alors qu'elle est raisonnable. Elle constitue, étant donné qu'il y a là, qu'il y a là un nombre invraisemblable de représentants du clergé et représentants de la noblesse, et qu'en fait, ça devrait représenter réellement la nation. Ça sera pour la chambre prochaine législative, mais pour l'instant, c'est toujours les vieux États Généraux qui sont appelés Constituants. Elle est en face de certains nombres de problèmes à résoudre. C'est sûr, la sottise et la docilité de ce monstre, enfin, la grosse bête, la plèbe, était ravissante. Il est vrai que cette docilité, cette sottise, de la condition même de sa vie, elle va s'en apercevoir dans peu de mois. Exactement un an plus tard, 14 juillet 91, Fédération, où la plèbe marche à fond. 17 juillet 91, nous verrons ça la prochaine fois. La bourgeoisie va tirer sur la plèbe. 90, elle est tranquille. Pas de problème de foule, pas de problème des aristocrates.

Et ben, là, il y a un petit problème, en effet. Ces aristocrates ont été en partie dépouillés, puisque leurs droits féodaux sont pratiquement maintenant rachetés. Ils vont essayer d'obtenir un rachat. Ils n'obtiendront pas. Un grand nombre d'aristocrates ont émigré, et ils cherchent tous les moyens de revenir à l'état précédent. Il y a eu en décembre 89 un incident assez grave, c'est l'histoire du marquis de Favras. Il avait combiné un enlèvement du roi. Bien entendu, on cachera que le roi était au courant, mais je pense bien qu'il y était. Toujours est-il que Favras, ça a été dénoncé et qu'il va être pendu en février 90. Le marquis de Favras, pendu parce qu'il a voulu essayer d'enlever le roi. Je sais pas exactement, un enlèvement tel qu'on... Le comte de Provence, le frère du roi, le futur Louis XVIII, il y a des combinés ça, essayer d'enlever le roi, de le rapprocher de troupes qui étaient dans l'Est. On tourne la page, on veut pas regarder ce qui s'est passé. C'est une erreur du roi, probablement.

Mais il y a autre chose. Il y a d'une part le camp de Jalès. J-A-L-È-S. Camp de Jalès, c'est dans les Cévennes. Un certain nombre d'aristocrates, d'émigrés sont rassemblés là, et ils essaient de se défendre. Armés, ils ont constitué environ 20 000, 25 000 hommes qui sont là avec des fusils de chasse, avec quelques autres fusils, et qui attendent un secours qui viendrait peut-être de l'étranger. L'étranger, c'est quoi ? L'Autriche, c'est le royaume du Piémont. Mais rien ne viendra du côté du Piémont. Le chef de ces insurgés du camp de Jalès, un homme, Froment. Quand il voit la Constitution civile du clergé, il se dit : "Mais c'est un atout formidable qui nous est venu." En effet, les aristocrates étaient les gens les plus athées, vous savez, dans la Restauration, n'y croyaient plus à ces gens chrétiens. Mais tout à coup, voilà que la Constitution prend position contre l'Église traditionnelle. Par conséquent, ça va obliger un certain nombre de catholiques à prendre position également contre le mouvement révolutionnaire. Donc, c'est tout à gagner pour les aristocrates.

Alors, Froment, il va trouver le comte d'Artois, futur Charles X, qui avait été émigré dès juillet 89 à Turin. Il se dit : "Si je pouvais faire venir des troupes du Piémont jusqu'en France, ça serait parfait." Et la chose intéressante à vous dire, c'est la stupeur, attendez, la stupeur qui l'entourait lorsque Froment est venu leur dire : "Vous savez, il y a un moyen pour nous, une aubaine inattendue, enfin, un atout formidable qui nous vient. On va pouvoir s'appuyer sur les..." Il commence par ne pas y croire. "Les catholiques ? Mais justement, eux qui sont les plus hostiles à notre égard." "Oui, mais à la Constitution civile du clergé. Par conséquent, maintenant, comme on a une grande partie des catholiques français qui vont être braqués contre le mouvement révolutionnaire à cause de la Constitution civile du clergé, vous vous rendez compte de cette piétaille qui nous vient ?" Et effectivement, effectivement, c'est ce qui va se produire avec la persécution de l'Église. On aboutira bien tout à la fameuse Armée Catholique et Royale. Devant, c'est pas extrêmement dangereux. Il ne faut pas sortir. Ils sont là simplement armés. On arrivera à les désarmer à la fin de l'année 90 et au début de 91.

Autre problème, l'armée. Alors là, il y a deux problèmes, si vous voulez. Premier problème : quelle est l'attitude des généraux ? Est-ce qu'ils vont se soumettre ? Robespierre, Robespierre, les généraux, il ne sera toute sa vie, sa courte vie, puisqu'il va mourir en 94. Et même le fils de Carnot, j'aurais beaucoup à vous parler de Carnot, dira : "Mais c'était une une inquiétude, un soupçon, une maladie chez Robespierre." Les généraux, il était toujours, vous savez, je comprends très bien l'attitude de Robespierre. Les généraux, c'est un monsieur qui a le pouvoir coercitif entre ses mains. Les généraux sont les chefs de l'armée, et l'armée, c'est ce qui a les canons, ce qu'il y a la poudre, ce qu'il y a des fusils. Quelle tentation pour les généraux d'intervenir dans la politique et de faire donner leurs canons contre la multitude pour imposer le régime de leur choix.

Alors, en 90, Robespierre regarde parfaitement du côté de l'Est. Pourquoi l'Est ? Parce qu'il y a le marquis de Bouillé, le marquis de Bouillé qui commande des forces importantes à Metz. Et tout le temps, est-ce que ces gens-là ne vont pas essayer de faire un coup de force, de venir militairement sur Paris pour nous détruire notre révolution ? Ça ne bouge pas. Bouillé ne dit rien. Au début de l'année 90, par conséquent, les généraux semblent tranquilles.

En revanche, il y a eu des indisciplines dans l'armée. Et au départ, en 89, la bourgeoisie était très contente de ça. Tu te fais pas levier supplémentaire. Vous vous rappelez que je vous ai dit, c'est une idée que je souligne avec beaucoup de force, que si la monarchie absolue est tombée, c'est parce que l'instrument de répression de la foule, entre les mains, vous vous rappelez que le Suisse Besenval, qui commandait en second le 14 juillet, le premier c'est de Breuil, est venu trouver Breuil, qui est venu trouver le roi, et qu'il a dit : "Je ne peux pas donner les ordres à la troupe de marcher parce qu'elle ne marchera pas." Ça, ça avait pas mal séduit la bourgeoisie, en disant : "On peut faire notre opération sans être intimidé par la foule, par la troupe." Seulement, maintenant que la bourgeoisie a gagné, il lui faut avoir une troupe très domestiquée, une troupe à son service, qui peut servir éventuellement à la défense extérieure, mais qui doit surtout servir d'instrument de répression contre la plèbe. Alors, pas question d'indiscipline. La discipline, il y a quelques mois, c'est parfait. L'indiscipline, maintenant, zéro, fini. À Brest, il y a deux équipages de navire qui sont révoltés. Je vous assure que la bourgeoisie ne valide pas. On fait pas un certain nombre de marins et le tout rentre dans l'ordre.

Mais gros événement, alors, gros incident. Le 30 août 1790, à Nancy, c'est même pas un régiment français, c'est un régiment suisse qui se, qui se révolte, qui se mutine. Le régiment des Suisses de Châteauvieux, parce que ces gens, c'était mêlé d'aller regarder un peu les comptes du régiment et qui s'était aperçu que leur solde était payée d'une manière régulière, c'est aperçu qu'on trichait sur les fournitures, qu'on ne leur donnait pas suffisamment à manger, enfin, il avait fait une mutinerie et ils avaient été soutenus dans cette mutinerie par des troupes françaises. Alors, immédiatement, ça se passe à Nancy. Immédiatement, le marquis de Bouillé, qui est un cousin de La Fayette, et qui commande, je vous le dis, à Metz, envoie des régiments, sur les étrangers, sur les Suisses de Châteauvieux et sur les troupes françaises de Nancy. Immédiatement, ça rentre dans l'ordre. Il y aura 33 pendus, il y aura 40 condamnations à perpétuité aux galères. Ça ne bouge plus. Félicitations à ce moment-là, félicitations générales à ce qui se passe, pour ce qui s'est passé du côté de Nancy. Le roi remercie Bouillé d'avoir agi avec vigueur, et l'Assemblée elle-même lui dit : "C'est parfait." Quant à La Fayette, c'est son cousin, il lui dit : "Mais bravo, vous avez rétabli la discipline dans l'armée." Problème à peu près réglé.

Il y a un troisième problème, quatrième, si vous voulez, dans l'année 90, qui est assez curieux. On a parlé guerre dans nos histoires de la Révolution française. Je le trouve bien curieux, bien intéressant, bien savoureux, c'est l'affaire des colonies. La France avait plus beaucoup de colonies à ce moment-là, vous savez qu'elle avait perdu au cours du 18e siècle, au cours de la fin de la monarchie, elle avait perdu son empire des Indes, avait perdu le Canada. Et quand on disait colonies, c'était pratiquement les Antilles. Et quand on disait Antilles, c'était surtout Saint-Domingue. À Saint-Domingue, il y avait 30 000 colons blancs et 300 000 esclaves. Et ces 30 000 colons blancs tiraient des esclaves et leurs productions, en particulier sucrières, des bénéfices énormes. Il y avait déjà fait allusion, il y avait des familles françaises dont toute l'opulence reposait sur l'exploitation coloniale.

Figurez-vous que quand la Déclaration des droits de l'homme arrive à travers l'Atlantique jusqu'à Saint-Domingue, les colons français sourcillent. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? "Tous les hommes, tous les hommes naissent libres et égaux en droit." Comment, tous les hommes ? Les Noirs aussi ? Alors, ils sont épouvantés. Ils envoient une délégation, ils envoient 22 députés, les colons de Saint-Domingue, 22 députés à l'Assemblée nationale pour protester. Attention aux chiffres, 22. Pourquoi est-ce qu'ils ont choisi ? Non, je me suis trompé, 21. Pourquoi 21 ? Parce qu'ils se disent : "Il y a 330 000, 330 000 habitants à Saint-Domingue, donc ça fait, si on prend les chiffres de France, ça fait un droit de députation de 21." C'est 330 000. Vous savez déjà comment il se décompose. Il y a 300 000 esclaves et puis il y a 30 000. Alors, on va compter le nombre des esclaves pour dire : "Ils sont 300 000 plus nous, ça fait 330 000." On va compter le nombre des colons pour exiger 21 députés qui seront là pour empêcher les esclaves d'être libres. L'Assemblée n'acceptera pas. Il n'y aura pas 21 députés. Mais il y a un raciste, si vous assure. Ils ne seront pas un peu tard. Ils vont faire, ils vont faire eux aussi une déclaration vraiment très, très drôle. Qu'ils étaient de frères, tout de colonel de cavalerie, qui était député aux États Généraux de la noblesse, et qui, le 24 juin, le lendemain de la séance royale du 23 juin 89, suivant le duc d'Orléans, ils étaient 48. Vous vous rappelez avec La Fayette, était venu rejoindre le tiers. Ce sont des gens qui se donnent l'apparence de progressistes. Enfin, nous sommes très libéraux quand il s'agit des colonies. Tout à fait.

Alors, le bloc colonial a trouvé un homme de main, et encore Barnave. Voyez à quel point j'ai raison de souligner l'importance de ce Barnave. Dans son parcours, très peu comme un personnage épisodique dans la Révolution, il est considérable. Va rappeler que c'était lui qui avait été l'artisan de la physique, l'homme des Perriers. Il était aussi dans la main, avant qu'il... Parisien qui s'appelait La Borde de Méréville, dont je vous ai dit qu'avec la gente chance, votre scary, La Borde de Méréville et Pergol, banquier suisse, et des parmi les plus incandescent pour pousser le peuple en juillet 89. Barnave, maintenant, est l'homme du bloc colonial. Et Barnave, une autorité. Madame de Staël racontera dans ses Considérations qu'elle estimait beaucoup. C'était un homme, dit-elle, c'était un homme d'une rare distinction. Bien, l'homme d'une rare distinction, qui en effet, a une grande autorité à l'Assemblée, va obtenir ceci qui est assez prodigieux, que aucune décision ne pourra être prise par l'Assemblée nationale concernant les colonies sans l'avis préalable des autorités coloniales. Résultat : le 24 août 1791, Saint-Domingue prendra feu, et les esclaves noirs, à qui on n'a rien voulu accorder, se révolteront, et finalement, la France perdra...

Un certain nombre de modifications importantes se produisent dans la vie politique française au cours de l'année 90. Il y a d'abord le départ de Necker. Ah, vous savez, ça, c'est sans aucune importance, parce que Necker est totalement dévalué. Il y a une chose qui lui apportait grand préjudice, d'autres choses, si vous voulez. Il y avait d'abord son système d'emprunt, auquel il avait voulu encore recourir. Un avis est tombé sur la tête, enfin, des emprunts. Maintenant, ça intéressait passionnément les guerres, les emprunts, parce que les emprunts, c'est les banques qui s'en occupent, naturellement, il y a un courtage pour les banques. Et comme il continuait en douce à être banquier, beaucoup à ses emprunts, ça lui rapportait. On l'avait, j'ai dit du côté emprunt. On avait su aussi qu'il n'avait pas été tellement chaud, même pas du tout, pour le vote par tête. Et on va lui en vouloir en avril 90, lorsqu'on l'obligera à révéler quelque chose qu'il avait soigneusement caché : l'existence du Livre Rouge. Qu'est-ce que c'est ? Le Livre Rouge, c'était le livre des pensions. C'est là où le ministre des Finances inscrivait ce que le roi et la reine exigeaient comme dotation à telle ou telle famille, comme un certain nombre de gens savaient qu'il y avait ces pensions, comme celles des pensions d'aristocrates, comme la bourgeoisie détestait ces aristocrates parasites, elle voulait se transformer en parasites elles-mêmes. Alors, ces parasites, ça la gênait. On avait exigé que le Livre Rouge soit révélé, et on s'est aperçu que c'était sous l'égide, le premier égide, vous savez, quand il avait été au pouvoir de 1776 à 1780, c'était sous Necker que les pensions scandaleuses avaient été acquises.

Alors, il va s'en aller en septembre 90, il va être congédié, et personne ne le regrette. Pourtant, je vous assure, il avait son mieux. Lorsque, il avait été décongelé le 11 juillet, vous rappelez l'émotion dans Paris, on l'avait rattrapé à la balle. Il était parti de Paris sur la balle pour rentrer en Suisse. C'était à la balle que...

La nouvelle laver rejoint que le roi vous rappelle et sa fille sans se rendre compte très bien de ce qu'elle nous dit. Sa fille dit que lorsque d'État en étape, il était revenu de bar à Paris, il n'avait pas manqué dans chaque municipalité de rappeler les gens à ce respect primordial qui doit être celui de la propriété.

C'est donc parfait. Oui, mais maintenant il est inutilisable. Permettez, il est déconsidéré, il s'en va et disparaît. [Musique] Qui désirait passionnément avancer, se pousser, la noblesse n'avait pas voulu de lui. La vergeté parce qu'il était absolument impossible, un praticable. Le tiers l'avait donc recueilli.

Mais le système de Mirabeau est un système très curieux, d'un système qui consiste à pousser les hurlements les plus violents afin de se faire payer son silence. Le robot est un personnage double, c'est quelqu'un qui, devant l'opinion publique, brandit des tonnerre, mais quand on fait bien attention, c'est honnête, se termine toujours en mélodie. C'est lui qui commence, par exemple, par parler de baïonnettes. Mais ça veut dire quoi me rappeler l'élevage le 23 juin ? Ça veut dire si le roi emploie les baïonnettes, ça ne bougeront pas. On va surtout pas faire appel au peuple.

Mirabeau est un personnage qui rêvait en apparence un rôle qu'il abique en secret. Il voulait être ministre. Et bien, l'Assemblée constituante décite qu'aucun membre d'assemblée constituante ne pourra être ministre. Alors qu'est-ce qu'il va faire ? Mirabeau va d'abord donner tous les gains possible à la cour, essayant de dissimuler ça à la popularité qu'il a à Paris. C'est lui qui va soutenir le veto total pour le roi. Ça veut dire, dans la Constitution, on a discuté pour savoir si le roi avait le droit d'interdire des décisions prises par l'assemblée nationale. Et Mirabeau était à ceux qui disait oui, il faut absolument que l'oreille tout pouvoir de briser nos décisions, même si on avait royal. Mais on s'arrangeait pour qu'on ne le sache pas.

La popularité de Mirabeau, il décrit Barnave, va trouver une cote mal taillée sera le veto suspensif. Ça veut dire que le roi ne pourra exercer son droit de veto que pendant deux législatures successives. Comme la prochaine chambre doit fonctionner deux ans, puis encore deux ans, l'autre chambre, pendant deux législatures, le roi pourra interdire une loi, mais si la troisième législature l'impose de nouveau, le roi sera obligé de céder. Mirabeau était furieux. Il aurait voulu le veto total pour le rôle.

Lorsqu'il sera question du droit de guerre, savoir si c'est le roi ou l'assemblée qui aura le droit de déclarer la guerre, et Mirabeau, en douce, sera pour que le roi puisse seul déclarer la guerre. En fait, toutes les fois qu'il y avait une question, par exemple, aussi la loi martial, il y a eu un boulanger qui avait été tué dans Paris, une de la fin en fin octobre. Par manœuvre, la municipalité décide de proclamer la loi martiale. Et Mirabeau est derrière. Comme il y avait plus moyen pour lui le Premier ministre, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va se vendre. Et on a même la date. Il se vend le 10 mai 90. Il se vend à la cour. Il a demandé une belle somme, 200 000 francs cash tout de suite. 200 000 francs x 4 pour pouvoir d'achat d'aujourd'hui. Et si on parle de l'art, mais ça fait 200 000 dollars cash toujours. Et puis 6 000 livres ou francs, 6 000 livres par mois. Donc contre en essence de cela, qu'est-ce qu'il va faire ? Et bien, il va procurer des notes, des notes secrètes. On les possède aujourd'hui. Il va envoyer périodiquement à la cour, en savant de notes pour la lire ce qu'il faut faire. Il y en a une qui est répartiement remarquable, c'est la note numéro 43 et de février 8011 où il y a l'accord. Et donnez-moi de l'argent, je vais les répartir. Et cet argent ne servira à provoquer dans le public parisien d'émotions, émotions incendiaires, parce que ça terrifiera les constituants et ça les rapprochera encore de Sa Majesté.

Bien sûr, Mirabeau va mourir entre deux filles le 2 avril 91. La popularité reste à toucher. Elle va totalement disparaître un an plus tard, lorsqu'on ouvrira l'armoire secrète du roi et qu'on trouve la correspondance avec Mirabeau. Mais pour l'instant, il sa gloire si bien même que la Constitution décide qu'une église qu'elle est en construction, qui s'appelait Sainte-Geneviève, sera détournée de sa destination, ne sera plus église, sera le Panthéon. Les grands hommes, et on décide que le premier grand homme qui vient de mourir, qui va entrer au Panthéon, ça sera bien Mara. Qui écrit du peuple, bien sa langue de moi, va immédiatement à la date du 6 avril 91. Veille immédiatement dans son ami du peuple, pousser un cri de colère. Comme merci, alors que lui, il fait que soupçonner que Fleury Mirabeau ou Panthéon. Et comme l'assemblée constituante d'un déclaré que après Mirabeau, en y mettrait les cendres de Voltaire.

Ce jour-là, le 6 avril 91, Marrakech Voltaire. Voltaire au Panthéon. Voltaire qui a toujours été rampant devant des spots. Voltaire qui était un homme d'argent. Walter qui serait contre nous dans notre évolution. Vous voulez le mettre au Panthéon ? Naturellement, vous savez pourquoi ? Parce que Voltaire veulent bien la Constituante, l'hostilité au christianisme. Voltaire tout à fait sa place pour Panthéon de la Constitution.

À côté de la disparition de Mirabeau, vous savez l'apparition alors d'un personnage nouveau qui est dans. Il y avait un club, il y avait deux clubs. Il y avait le club des Jacobins qui s'était créé d'abord sous le nom de club breton, pourquoi ? Parce que les inseurs étaient des Bretons, en particulier le chapelier, la chapelier du début des Bretagne. La personnage, il faudrait que vous voyez son visage, un personnage avec une grosse mâchoire de consommateur, un homme rude, avec qui Christian était posée sur la question d'argent. Alors ce club breton s'était réuni d'abord à Versailles. Quand l'assemblée était venue à la suite du roi de Versailles à Paris, ce club s'était établi dans le couvent des Jacobins, d'où leur nom, les Jacobins. Mais c'était des gens qui aidaient vraiment trop orientés vers le vers le progrès, un certain progrès politiques, pas social. Ce qui fait qu'au cours de l'année 90, les Jacobins se découpent. Il y en a qui restent Jacobins, et puis il y a un club tout à fait histocratique, le club chic, qui s'appelle la société de 89, qui se constitue. Il fallait payer simplement 10 francs pour être membre. Déjà comme il faudra payer 100 francs en France pour être membre de la Société de 89. C'est la la distinction de la révolution, c'est ce qu'il y a de vraiment bien. Par exemple, monsieur Condorcel, naturellement, le marquis de Condorcet, Lafayette seront de la société de 89 et ne seront plus de cette vilaine société des Jacobins qui tourne mal.

À côté, il y a un autre club, alors celui-là tout à fait populaire, c'est le club mal vu. Il faut payer deux sous par mois pour un être, c'est le club des cordonniers. Pourquoi cordelier ? Parce que il se réunissent au couvent des Cordeliers. Parce qu'il y avait à ce moment-là dans Paris des districts, on avait découpé Paris en 70 districts pour les élections aux États généraux. Au cours de l'année 90, ces districts s'appelleront section, passeront de du nombre de 60 au nombre de 48. Est-ce qu'il y avait été au début, le district des Cordeliers s'appellera maintenant la section du théâtre français. Attention, aujourd'hui pour nos oreilles contemporaines, théâtre français ça veut dire la Comédie Française. À ce moment-là, sur ce qui est l'Odéon, c'est le quartier actuel de l'école de médecine. Et ce n'est pas pour rien que dans ce quartier à Paris actuellement, vous savez, il y a la statue de tantôt, parce que c'est le quartier de dampion.

Avec le club des Cordeliers, c'est le club d'antan. Dans ton, c'est quelqu'un qui vient d'arriver, ce n'est pas sans culotte, pas, c'est quelqu'un dont le père était déjà un procureur, toute petite bourgeoisie, si vous voulez. Et c'est quelqu'un qui a l'immense d'ambition. Cet homme va se diriger vers Paris, va obtenir grâce à son mariage de l'argent. Il épouse la fille d'un cadartier, mais qui a de l'argent, la petite charpentier qui a environ 100 000 francs. Et avec ça, il va pouvoir acheter une charge. Il est avocat au conseil du roi. En même temps, il est entré dans la police secrète, la police secrète de Louis XVI sous monsieur Tal.

Puis arrive la révolution. Danton est un garçon qui a un très grand mépris du peuple. Il est mémoires de la mettre là-dessus sont très claires. Ils nous parlera, dit-il, de la salle démocratie, c'est un mot qu'il a employé devant la Mecque avec la mettre. Et il expliquera un jour à son ami Camille Desmoulins la vérité dans la révolution, c'est que il faut se mettre dessus, c'est-à-dire qu'il y a des gens qui déçu qu'il y avait des histocrates. Nous, on va se mettre dessus à la place. Il est servi par son visage, il est athlétique. Il reste quand il va être élu à l'âme à la municipalité, il va faire un discours où il va dire ceci : "La nature m'a donné en partage les formes athlétiques et la physionomie arbre de la liberté." Je sais pas trop ce que veut dire ça, veut dire qu'il était très vilain, il avait la lèvre couturer. Il va écraser, mais il avait des yeux bleus et incandescents. C'est un forum, la forme jouissance, quelqu'un qui va entrer dans les vues de Mirabeau, quelqu'un qui va être payé par il y aura beau pour faire sa politique. Voici qui était Danton.

Mais à côté de Danton, il y avait Mara. Des Mara est un personnage autrement grave dans le l'audience est considérable et dont je vous parlerai la prochaine fois. Donc arrivé l'autre jour à cette date du 10 août 92, qui est vraiment la date cruciale, la tournante, si vous voulez, de la Révolution française. Alors j'ai envie de vous apporter quelques détails. D'abord sur la journée du 10 août, et ensuite d'en voir le sens.

Détails. Il y avait eu plusieurs temps dans l'opération. D'abord, quand on avait décidé dans la nuit du 9 ou 10 août, 11, ce fameux comité insurrectionnel, des gens du 4ème état, des gens qui n'ont rien à voir avec la politique, mais qui veulent précisément avoir à s'en occuper. On avait décidé qu'il fallait essayer d'abord d'en empêcher la garde nationale qui est requise pour la défense des Tuileries d'organiser une défense sérieuse. Le chef de la garde nationale, c'était nommé Mandat. C'était à tour de rôle qui avait un général de la garde nationale, c'était Mandat. Mandat était très favorable au roi, comme beaucoup de gens dans la guerre nationale bourgeoise.

Alors Danton, qui avait reparu dans la nuit, revenant d'Arcis-sur-Aube, qui avait reparu dans la nuit du 9 au 10, Danton tente un piège. C'est Danton qui dit au comité insurrectionnel : "Vous allez faire venir Mandat." Et peut-être que vous vous souvenez de mon premier exposé où parler d'une la défaut qui a vécu Jaurès dans son histoire. Jaurès avec caché quelque chose qui s'est passé qui était pas très beau. On a tendu ce piège à Mandat. En lui venait à l'hôtel de ville, on a besoin de vous parler. Et une fois qu'on l'a pris à l'hôtel de ville, on l'a coincé, enfin, on l'a emprisonné, mais également, on l'a tué. Alors c'était plus sûr qu'il soit mort pour que la défense ne fut pas organique. Donc la défense d'études semble désorganisée, puisque la garde nationale n'a plus de commandement. Et puis, deuxièmement, qu'est-ce qu'il y a ? Ben, il y a des Suisses. Ils sont 800 Suisses, les Suisses, des mercenaires qui sont là. Et on se dit avec les milliers de gens qui vont attaquer, ces Suisses pour en face défendre et naturellement, ils vont se rendre.

Alors vous savez ce qui se passe. La foule arrive à envahir, se trouve dans la première cour intérieure des Tuileries. Il y a une très grande porte. Derrière cette porte, à environ 20 mètres, il y a un escalier gigantesque. Et lorsque la foule arrive devant cet escalier, il est garni par ces Suisses. Les Suisses sont des habits rouges, c'est une espèce d'énorme masse verticale qui est sur l'escalier. Ils sont 7 ou 800 qui sont là avec leur fusil. La foule ne peut pas les tuer, n'a pas envie d'avoir de se faire tuer, c'est évident. Et essaye de parlementer avec eux, de fraterniser avec eux. Il y en a au premier rang qui ont des hallebardes et des fusils. À leur ont leur touche leur Alba, on fusil. Après, vous êtes des frères, vous êtes des camarades. Et tandis que la foulée est en train de parlementer, l'officier qui commandait les Suisses lève son sabre. Kiffe. Alors vous imaginez cette décharge formidable de 7 à 5, 700 à 750 hommes qui sont sur ces escaliers qui dominent donc la foule et qui là foudre. Ça massacre les pauvres gens qui sont là. Reflux, enfin, laissant beaucoup de morts, sortent des Tuileries et se concerne.

Qu'est-ce qu'on va faire ? C'est à ce moment-là qui arrive le faubourg Saint-Marcel. Faubourg Saint-Marceau. La plupart de ceux qui sont là, c'est les fédérés qui sont arrivés. Le train, les fédérés que les Girondins eux-mêmes avaient convoqué. Les fédérés marseillais sont arrivés en chantant ce fameux hymne champ de guerre de l'armée du Rhin qui avait été créé au mois d'avril 92 par le capitaine du génie Rouget de Lille. Aux armes citoyens, etc. C'est un peu ridicule quand on y pense, parce que c'était un champ de guerre pour une armée, se battait pas. On disait marchands, marchands, et en piétinait les généraux de donner aucun arbre. Enfin, toujours est-il qu'ils arrivent, ces fédérés marseillais avec aux lèvres le chant de guerre de l'armée du Rhin qui s'appellera la Marseillaise. Ils sont là, très gonflés, enfin, très décidés à en finir avec ce roi, ce roi de la trahison. Et comme le faubourg Saint-Marcel arrive pour se joindre au faubourg Saint-Antoine, on décide cette fois d'attaquer. On ira face au canon des Suisses.

Alors c'est en effet terrible cette attaque là. La foule est en effet bien plus nombreuse. Et le roi qui s'est sauvé, le roi qui s'est enfui, qui s'est réfugié tout près, vous savez, l'Assemblée nationale, la Législative, enfin, elle touchait le palais des Tuileries. Il a eu affaire 150 mètres, il s'est réfugié dans l'assemblée. Il donne un ordre écrit aux Tuileries aux Suisses : "C'est le feu." Par conséquent, c'est l'invasion autorisée par le roi. Et c'est là où se passe des scènes sur lesquelles il faut pas jeter le voile. Ça c'est atroce. Les Suisses sont des armées, les Suisses sont massacrés. S'il y a environ 400 morts du côté de la foule, il y aura 1000 morts du côté des Suisses et des quelques gentilshommes courageux qui étaient venus pour défendre le roi. Le père de la Martine, par exemple, était venu de sa province pour mettre ça l'épée, comme elle disait, au service du roi. Ça sera pendant toute la fin de la journée du 10 août, des massacres de gens qui ne sont pas capables de défendre. Le père de la Martine, c'est la nuit, c'est caché dans Paris. Il est arrivé à traverser la Seine sur une petite barque. Il a payé quelqu'un pour le transporter et il s'enfuira du côté de sa province.

Voilà les détails. Maintenant, le sens. Ça c'est bien plus intéressant. Le sens de l'opération. Et ben, d'abord, c'est un réflexe de défense. Tout le monde avait compris que la cour était un foyer de connaissances avec l'étranger, que la cour est un centre de trahison, parce que c'est absolument impossible d'accepter que dans cette guerre, alors que les coalisés qui tardait à tout de même venir, impossible d'accepter qu'au centre même de Paris, à la tête de l'État, il y a un foyer de connivence avec les envahisseurs. Donc réflexe de départ.

Beaucoup plus important, c'est que c'est l'irruption, cette fois, c'est la participation à la politique française de ce quatrième état qui jusqu'à présent on avait été exclu, c'est-à-dire tous les salariés, tous les pauvres gens, enfin les passifs, si vous voulez. C'est l'éruption de la France dans les affaires françaises. Et ça va très loin. Quand on pense à ce que va dire Robespierre. Vestiaire qui est au premier rang cette nouvelle Commune insurrectionnelle et qui déclare ceci : "Le peuple est enchaîné dès qu'il dort, il est méprisé dès qu'il se fait plus craindre, il est vaincu dès qu'il pardonne à ses ennemis avant de les avoir complètement dompté." Observer, dit-il, se penchant de certains et certains. C'est la faillite pour qui sont associés comme équivalent les maux de pauvres et les maux de brigands. On ne serait même dire. Vous vous rappelez peut-être que les malheureux ouvriers de l'atelier de charité de 89, on les appelait des brigands de Montmartre. Les brigands, c'était des pauvres types à qui on donnait la sous par jour. Les vrais brigands, disaient ce sont ceux qui ne veulent constituer la République que pour eux-mêmes et qui suivent tant tout l'intérêt des riches. Ils sont les honnêtes, ils sont les gens comme il faut. Et nous, comme ils disent, nous sommes les sans-culottes, c'est-à-dire la cannelle.

Puis Robespierre n'est pas seul à penser ainsi. À quelqu'un de la législative qui sait pas encore manifesté, qui s'appelait Couton. Et Couton, qui pense tout à fait comme lui, que tant qu'il va immédiatement réclamer l'abolition, enfin l'abolition complète à son rachat de ces fameux droits féodaux qui sont fictivement abolies depuis 89, mais qui sont toujours exigés, mais non payés du reste, exigés par les paysans. Couton va dénoncer ses industrieux qui font mine de se rallier à la révolution, mais à la condition d'y perpétuer l'influence, c'est-à-dire la domination de l'arc classe.

Et puis [Musique] la Législative, l'assemblée législative, elle est elle est en principe pour deux ans. Puisque dans la Constitution, la chambre était élue pour deux ans, pour deux ans, ça fait donc, ayant été c'est en réuni le premier octobre 91, elle devait durer jusqu'au 30 septembre 93. D'analyses lative, chambre censitaire, et maintenant il est question de suffrage universel. La Législative comprend qui est le plus subsister. Elle accepte son suicide. Elle déclare que le 20 septembre, elle tiendra sa dernière réunion et que la nouvelle chambre, qui sera une convention, c'est-à-dire une constituante numéro 2, faire le 21 septembre.

Ils sont pas tellement affolés, figurez-vous, les gens de la législative. Pas tellement, parce que il sera sûr en se disant, premièrement, cette fois, on a obtenu ce que Robespierre avait, on a obtenu le contraire de ce que Robespierre avait obtenu au sujet de la Constituante. Vous rappeler que Robespierre en mai 90 avait fait voter ce décret par quoi aucun membre de la Constituante ne pouvait être membre légitime. Tandis que cette fois, on a décidé que les membres de législatif pouvaient se représenter aux élections. Leur isidyse avec nos influence locales, puisque nous sommes les notables, puisque nous sommes les gens considérables de nos provinces, il y a bien des chances qu'on y arrive. Et puis, deuxième, une seconde, je n'ai pas parlé encore était importante, le petit nombre des votants en France. Il y a très peu de gens qui voient. On pense toujours que la Révolution française est un immense mouvement avec des multitudes en mouvement, mais ce n'est pas vrai. Aux élections des États généraux, figurez-vous que dans Paris, il y avait tout de même 42 000 ou 45 000 types qui avaient le droit de vote, qu'en 20 45 000 sur la population de 700 000 habitants, c'est entendu. Mais même sur ces 40, il y en avait que 11 000 qui avait voté. Et toutes les fois quand vous avez une élection, par exemple, pour celle du maire pétillant en novembre, c'est le 14 novembre 91, toujours le même chiffre, il y a environ 10 000 personnes qui votent. Il y a un troupeau, il y a une immense troupeau aux yeux bandés de gens qui disent : "Mais la politique, c'est pas pour nous, enfin, c'est tout de suite de nous." Parce que c'est quand même avec le suffrage universel, les gens la législatives se rassurent en se disant : "Après tout, nous avons affaire à ces masses amorphes, assez bêtes de somme de la province, à ces journaliers, à ces paysans, à qui on va remettre entre les mains bulletins de vote, ils seront pas quoi en faire." Donc on va sentir. Donc les notables sont là. En principe, il y aura plus besoin d'être propriétaire foncier pour devenir député, mais en fait, on va y arriver.

Alors qu'est-ce qu'ils font les gens législatives avant de se séparer ? Ben, il se prononce sur le sort du roi sans se prononcer sur le régime. Notez bien que ce n'est pas la législative qui va décider, c'est la République. Le roi, il est suspendu, le roi, il est en prison. Ce n'est pas exactement en prison, il est en résidence surveillée. On l'a envoyé au Temple. Vous savez, le Temple, ce n'était pas une prison, c'était une possession du duc d'Artois. Il y avait si vous voulez, il y avait trois grandes possessions princières à Paris. Il y avait le Luxembourg qui appartenait au à Provence, Provence, c'est le futur, c'est le frère du roi, c'est de le futur Louis XVII. Il y avait Artois, le comte d'Artois, qui possédait justement le Temple. Puis avec du Argent qui avait le Palais Royal. Alors le Temple, c'est le château du comte d'Artois. C'est là qu'on va mettre le roi. Les gens images de finale encore, on dit épouvantable, ce malheureux roi qui est enfermé au Temple avec sa famille. Mais attention, il faut voir les dispositions. On lui a voté, il y a plus de liste civile, naturellement. On sait pourquoi il l'utilisait sa liste civile, il utilisait pour acheter des gens comme Danton. Alors plus de liste civile, il est plus roi, il est suspendu. Mais savez-vous ce qu'on lui donne pour vivre ? Autant, on lui donne 500 000 francs. Il faut multiplier par 4, on va pouvoir d'achat d'aujourd'hui. Pas que c'est quand ce citoyen qui n'est qu'un simple citoyen, qui n'est plus le roi, il a une disponibilité assez sympathique, enfin, il a quelque chose comme 2 millions de gens aujourd'hui. Et il est au Temple, très bien traité. Il y a 3 matelas dans son lit, sa table, car il est extrêmement gourmand, sa table et alimentée de la manière la plus princesse. Enfin, il est pas malheureux, autant sinon qu'il est en résidence surveillée. Il faut le gouvernement, gouvernement provisoire, en attendant ce que va décider à la Convention.

Alors ce gouvernement provisoire qu'on va appeler Conseil exécutif provisoire, le gouvernement naturellement va comprendre les Girondins qui avaient été exclus le 12 août. Vous rappelez peut-être qu'ils avaient été furieux, qu'ils avaient tenté la journée du qui avait été élu, pardonnez-moi, le 12 juin, ils avaient été des furieux, ils avaient tenté la journée du 20 juin pour se faire rétablir le roi, n'avait pas marché. Maintenant qu'il y a plus de roi, ils reprennent le pouvoir. Alors on revoit par aide Roland, on voit Servant, il y a du bruit qui m'a qui maintenant a demandé un commandant. Et c'est Girondins vont s'adjoindre un membre de plus qui est dans. Ça c'est très intéressant. Ils aient choisi Danton. Les gens de la législatives sont furieux contre la commune. La commune, c'est le gouvernement insurrectionnel, ce gouvernement qui n'est pas encore légitimé par un vote des gens qui sont là sans pouvoir. Alors ils ont besoin tout de même s'entendre avec ces gens-là. Et comme Danton est un membre de la commune, on va choisir Danton. Surtout pas remettre Pierre, on va choisir Danton pour l'annexer à ce nouveau gouvernement provisoire. Et poussé par Condorcet, il a été recommandé par le marquis de Condorcet, lequel a prononcé deux phrases que je tiens à vous dire. Condorcet parlant de la révolution qui vient de s'accomplir du dissoute a dit : "Il y a des instruments méprisables d'une révolution nécessaire." Qu'est-ce que les instruments méprisables ? Vest les actifs. Et il a dit d'autre part : "Avec Danton, avec le citoyen Danton, il y a toujours moyen de s'arranger, parce qu'il est toujours facile." Ceci est entre guillemets, "il est toujours facile de le rattacher au bon principe." Que c'est que les bons principes ? C'est la défense de la propriété. On sait que Danton est un homme vénal, on sait que Danton tout petit bourgeois au début de la Révolution et maintenant un grand bourgeois. On sait qu'il a sa gentille lumière de Arcis-sur-Aube. Alors on se dit : "Celui-là qui féminine d'être un homme d'extrême gauche, nous allons le prendre au gouvernement précisément parce qu'il nous aidera lutter contre un homme de gauche pour de bon qui s'appelle Robespierre." Et puis on va faire la législative. Ce quand on est là pour faire, il avait deux idées, vous savez. Il voulait faire la guerre. Il voulait faire la guerre au prêtre.

Alors quelqu'un qui surgit maintenant et qui aura une grosse importance de plus en plus, quelqu'un qui s'appelle Cambon. Fait prendre à peine va-t-elle se dissoudre ? Fait prendre un nouvel arrêté contre les prêtres, la réalité du 26 août, disant qu'ils seront susceptibles de déportation dans les 15 jours s'ils ne se rallient pas à un nouveau serment. Il est très appuyé Cambon. Cambon, c'est un industriel, c'est un homme qui avait créé en 1774 la société Cambon fils dans le Languedoc, c'est un grand industriel de tissage. Cambon est appuyé par quelqu'un à cet horrible comme une exécrable comme une. Il est appuyé par Manuel, c'est le procureur, un ami de bio. Manuel. Il se spécialise dans la diversion antiterriale. C'est Manuel qui va dire : "Interdiction auprès de porter d'un costume en dehors des églises, interdiction de faire des processions, interdiction ou religieuses d'entrer maintenant les hôpitaux." Enfin, on s'arrangera, on n'a pas besoin de hospitalière. Et c'est aussi Manuel qui va inventer d'interdire en 92 la messe de minuit. Alors ça, c'est un ami de Campan. Mais l'exécrable comme une a obtenu tout de même le 17 août quelque chose qui fait beaucoup froncer les sourcils aujourd'hui. Pouvoir la création d'un tribunal spécial. Tout à l'heure, plus tard, on l'appellera tribunal révolutionnaire, après qu'il aura été un instant supprimé comme vous le verrez. Le 17 août, on a créé sur la demande de la commune et avec l'appui bienveillant un tribunal qu'on appelle le tribunal criminel ou encore si vous les tribunal spécial, et qui a pourquoi ? Qui est là pour juger précisément ceux qui ont connu avec le roi et avec l'étranger.

Et alors la guerre. La guerre, ça va mal, quoique soient très émous, puisque c'est uniquement le 19 août. Le 19 août, la guerre de avoir commencé en principe le 20 avril. C'est le 19 août que les Prussiens pénètrent sur le sol français. Et ce même 19 août, il se passe quelque chose de capital, c'est que Lafayette, la faillite générale ici d'une des trois armées françaises. Lafayette, ce jour-là, trahie de voir, puisque depuis le 18 mai, il était en rapport avec les étrangers. Il avait promis de ne pas se battre contre les coalisés, contre les envahisseurs, parce qu'ils voulaient rétablir leur à Paris. Maintenant que le roi, son cher roi, est tombé, maintenant il va essayer d'entraîner ces trucs contre Paris. Rien à faire, les volontaires qui sont là ne veulent pas le suivre. Alors le 19 août, le jour même où les Prussiens entrent sur le sol national, le général Lafayette passe à l'ennemi. On ne le disait aujourd'hui dans les histoires, vous savez, j'ai regardé dans des dictionnaires, on dit que là ça y est, tu as cessé de combattre à partir du 19 août, mais il est passé dans les rangs adverse. Et comme le roi de l'aimait pas, comme la reine détestait, il a une très désagréable surprise. Là, il pensait qu'on allait l'accueillir chez les coalitions à bras ouverts. Pas du tout, en prison. Et jusqu'à la fin de la Révolution, il sera en prison.

À l'autre. N'empêche que les Allemands, les Prussiens avancent. Le 23, 23 août, position devant Longwy, et qu'il prenne rapidement la ville, ne se défend qu'à peine. Elle les voilà le 30 août devant Verdun. Et Saverdun, s'il le prennent, c'est la Champagne ouverte, c'est Paris qui va être investi. Alors là, regardons bien, regardons bien le rôle de Danton. La légende Danton, c'est ceci, c'est l'âme de la résistance. C'est un mot que j'ai employé déjà à son sujet. C'est celui qui va prononcer le 28 août un discours où il appellera à tous les Français à se précipiter en masse vers la frontière. Et c'est le même qui le 2 septembre, le 2 septembre, va prononcer les phrases célèbres de l'audace, encore l'audace, toujours de l'audace, et la France sera sauvée. Voilà le personnage apparent dans le temps.

Mais il y a un personnage, le même Danton, qui prend cette attitude ultra-nationale, qui est l'homme du patriotisme, qui demande à tout le monde se précipiter vers la frontière. Danton est un homme qui est avant tout pour la défense de la propriété. Et qui se dit : "Plus je ferai partir de jeunes Français de prolétaires, dit lettrés, plus je les prépartie sur la frontière, plus ça fera une purge dans Paris." Parce que c'est quand les éléments les plus dangereux pour la stabilité sociale vont partir du côté de la frontière. Et qu'est-ce qu'il fait parallèlement ? Il a une combinaison secrète avec Pétillon. Pétion, Stelmer, Fêtons. C'est un homme qui venait de la gauche quand il était la Constituante, c'était un ami de Robespierre. Pétion, Buzot et Robespierre représentaient l'extrême gauche la Constituante. Et vous avez peut-être vu avec moi, pétition s'avançait d'année en année, afin de moi en moi, du côté de la réaction. Le compte d'entrée dans le salon, ça depuis le livre de Jacqueline Chaumier, le réseau d'entrée et à la contre-révolution. Le compte d'entraide écoute et note les propos que tient le maire de Paris, Pétion. Il est toujours maire de Paris malgré la commune sur Excel, qui avait bien voulu le conserver parce qu'il est resté passif pendant le dissoute. Mais Pétion est un homme de plus en plus terrifié. Pétion et l'homme qui a dit : "Plutôt le despotisme que le règne de la canaille."

Alors Pétion, d'accord avec Danton, va trouver le roi. Ça, on le savait pas. Va trouver le roi au Temple et essaie d'obtenir que le roi négocie avec les Prussiens qui s'avancent en leur disant ceci : "On ne peut pas répondre de ma sécurité dans Paris. Il y a ce fameux quatrième étape qui est maintenant lancé dans l'arène politique. Il y a cette commune à directionnelle." Parce que c'est quand il est Prussiens approche trop près, approche trop près de Paris, la Législative elle-même, le Conseil exécutif lui-même, n'aura pas le pouvoir de protéger ma vie. Le Temple va être envahi, on va me tuer moi et mes enfants. Par conséquent, arrêtez-vous donc. Pétion, Danton négocie à part notre mise du roi avec les Prussiens en disant : "Arrêtez-vous pour sauver la vie du roi." Mieux, Danton va négocier. Et pourtant, il n'a aucun titre. Danton est chef de la justice, il n'est pas cher de la faire étrangère. Mais il a une très grande ascendant, une très grande autorité à cause de sa stature, des formes athlétiques dont il parlait. Il se fait écouter fortement. D'écouter isolation d'un monsieur comme Lebrun, et qu'il en a donné des Affaires étrangères. Alors Danton va négocier avec l'entremise de Lebrun avec l'Angleterre pour essayer d'obtenir la neutralité de l'Angleterre et même une pression de l'Angleterre sur les coalisés en faisant dire aux Anglais : "Vous n'avez pas d'intérêt parce que la France se décrasser, il y a des dangers qui se produisent, l'équilibre européen sera averti si la France est probabécée et si les autres prennent trop de puissance." Parce que c'est quand d'intervenir. Donc ce Danton qui est fulgurant, en fait, cherche tous les moyens d'éviter qu'il y a un règlement militaire redoutable. Et il va proposer aux Anglais quelque chose que le roi leur avait déjà proposé. Le roi aussi avait dit : "Anglais, sous les gentils Anglais, n'empêchez pas un congrès européen de se réunir. Anglais, n'empêchez pas les autres Prussiens de marcher contre me payer la France." Et le roi Louis XVI avait proposé aux Anglais comme gage, enfin comme témoignage de sa gentillesse, de leur donner une petite colonie française, une toute petite colonie qui s'appelait Thomas. Alors Monsieur Gargson dans sa fameuse histoire de la révolution que vous retrouvez dans une histoire des Français, quand il dit : "Danton n'a pas hésité à offrir un morceau de l'empire colonial français aux Anglais." Il oublie de nous dire que Danton n'a pas tout simplement un geste que le roi avait le premier tenté.

Et puis, troisièmement, nous savons maintenant que Danton, grâce à deux brins, avec envoyer des fêtes, envoyer des instructions aux représentants français dans une petite ville de Sarre qui s'appelle Deux-Ponts. Et le représentant français de la ville de Deux-Ponts, soit Ivorité, comme on dit aussi, devait se mettre en rapport avec les Bruits pour essayer de les arrêter. Toujours est-il qu'ils sont en train d'avancer les poussières. Oui, ça avance pas vite, lentement. Ils sont embêtés parce que ils s'attendaient, les les émigrés, vous avez de problèmes, ce qui était avec eux, leur dizaines, vous allez être accueillis à bras ouverts. Ils n'étaient pas du tout accueillis là. Il y avait une résistance paysanne. D'autre part, le temps était extrêmement mauvais, ce mois d'août était pluvieux. Ils avaient un tout petit pas. Néanmoins, le 2 septembre 92, on apprend que Verdun est tombé. Là, c'est le dramatique. Verdun est tombé. Il y a donc plus de défense, il y a plus de citadelle entre Verdun et Paris. C'est ce 2 septembre que vont commencer les fameux massacres. Septembre, ça n'est pas une belle page de la révolution. Mais il faut comprendre ce que c'est. Les aristocrates, des complices de la Cour, avait été arrêté en grand nombre. Le tribunal révolutionnaire créé le 17 août, sa compagnie de comité de surveillance, et ses comités de surveillance dans chaque section était là pour guetter les gens dangereux. Donc avec accepter l'idée des comités de surveillance, les prisons étaient donc garnies. Ce régime des prisons était un régime extrêmement libéral. Il y avait tellement de prisonniers qui n'étaient pas tous dans des cellules, croyez-moi. Isabelle droit de se promener à l'intérieur de la prison. Et le 2 septembre, lorsque cette nouvelle terrible se répandant Paris, que les coalisés arrivent et qu'ils ont pris Verdun, c'est une joie indécente et provocatrice dans les prisons. Les gens, les producteurs qui marchent le long des murs des prisons parisiennes entendent des chants, des banquets. Comme ces aristocrates ont le droit de faire venir de l'extérieur tout ce qu'ils veulent pour bien se loger, bien se les tirer, bien manger, ils organisent des festivités. Alors il y a cette malheureuse population parisienne qui s'est engagée en full à l'appel de Danton, qui se précipite dans les bureaux d'engagement pour aller se faire tuer. Et puis vous avez dans Paris, c'est gentil lève le vert à la conquête de Paris par les.

étrangers. Alors, c'est les massacres. Alors, il y a des quantités de gens qui se précipitent dans les prisons pour dire : "On va nettoyer ces gens-là, parce que si nous allons nous faire tuer, on veut pas laisser cette grande population." En fait, ils sont peut-être deux, trois amis qui peuvent sortir des prisons avec des armoires, trouver tout de suite et égorger, comme dit, comme dit la Marseillaise, aux femmes et nos enfants.

J'ai un témoignage là qui est bien curieux, qui est dans le bouquin de Jacqueline Chaumier, dans le compte d'entrée. Les agents royalistes qui renseignent l'entraide, lequel renseigne les princes, disent : "Tout cela se faisait ainsi, silence, et avec une sorte de calme. Trois jours affreux d'exécution paisible et ordonnée." C'est parce que je croyais, parce que la légende m'avait dit. La légende m'avait dit qu'il y a eu un peuple surexcité, la plus basse classe, qui se jette dans les prisons et qui tue tout. Non, non, ça se passe pas comme ça. C'est des massacres organisés en silence, avec une sorte de calme. Des comités se constituaient, des comités évidemment, qui est entré dans chaque prison, qui faisait l'appel des bretellesiers, qui essayait de regarder s'il était coupable ou pas. Vous pensez, et ont décidé : "Celui-là peut sortir, celui-là sera tué." Et tout ça, c'est exécuté avec une espèce de rigidité. Bien entendu, que des choses terribles.

On cite tout le temps l'histoire de la princesse de Lamballe, et ça a été affreux sadisme de la foule, cet exercice sur le sur le corps de cette malheureuse. Il y a des choses que je peux pas raconter ici. Bien sûr qu'il y avait des quantités de prêtres, qui ont des Carmes. Je crois qu'il n'était pas dangereux, puisque la plupart des dangereux étaient partis. Ceux qui étaient là, c'était justement ceux qui avaient fait confiance à la Révolution. Eh ben, ces prêtres sont tous matraqués.

Mais ce qui est très intéressant, c'est de voir le rôle de chacun. L'assassinat, tu sais que les massacres de septembre ont servi à la Gironde pour attaquer les gens de la Montagne, c'est-à-dire la gauche. Les gens de la Gironde non pas bougé dans les massacres. Septembre, j'ai eu sous les yeux un article de Corsaas, j'ai au RSA es de la journaliste Girondine, qui disait : "C'est eux ou nous. Eux, les aristocrates, ou nous, les républicains. Il faut les nettoyer." N'a rien fait pour arrêter les massacres. Peut-être que c'est les dangereux. Enfin, il n'a pas bougé. Brissot, dans son journal qui s'appelle Le Patriote français, parle de "mesure nécessaire". Voilà ce que disent les Girondins.

Marin, oui, Marin a signé une circulaire idée du comité de surveillance de la commune. Il a signé le 2 septembre soir une circulaire aux autres communes exceptionnelles de France qui venait de se constituer à les grandes villes, où il dit : "Cet exemple salutaire de Paris doit être suivi." C'est évidemment, c'est pas très noble. Enfin, si vous voulez, il faut penser à Charles IX. Au mois de la Saint-Barthélemy, avait lui aussi, il va faire une circulaire assez attendante de province pour leur dire : "Faites la même chose." Et bien, maintenant, c'est l'inverse. Ce sont les aristocrates qui vont payer.

Et tantôt, dans plusieurs personnes, racontons qu'on est allé le supplier d'intervenir, et qu'il a répondu : "Je me fous des prisonniers." Tu n'es pas un sanguinaire, mais dans ton est un type qui se dit : "Il faut que je garde le contact avec cette foule qui m'a fait confiance." Quand ça serait que pour mieux la tenir, parce que je n'interviens pas. Quant à Robespierre, je reste lui-même, qui est plutôt favorable à Robespierre, je reste navré de score respiration avec lui. Je reste : "Il a fait quelque chose de terrible ce jour-là." Robespierre, il a demandé l'arrestation, il a demandé l'arrestation de Roland, ministre de l'Intérieur, et de Brissot, grand collaborateur Girondin. Il a demandé l'arrestation parce qu'il a dit : "Sur des complices de l'étranger." Comment peut-on dire une chose pareille ?

Hébert, avant de croire que Robespierre est saisi de frénésie ou délire, il faut se renseigner. Complice étranger. Mais savez-vous, un des journalistes du Girondin, qui s'appelait Carra, il y a pas un mois, avait dit : "Mais il faudrait peut-être un prince tout de même sur notre route de France. Pourquoi pas un prince anglais, le duc ?" Qu'est-ce que ça veut dire ? Absolument avoir un maître en France, avoir un despote éclairé, peut-être. Toujours la vieille idée Voltaire. Il faut savoir que ce même Carra, trois jours avant, c'était pas de chance, trois jours avant le manifeste de Brunswick, ce manifeste où annonçait l'égorgement au Parisien, dans son journal, Dorsaz, Carra avait dit : "Brunswick, c'est un c'est un général plein de lumière, c'est un général qui a eu Voltaire, c'est un général qui est pas mal orienté du côté des irrévolutionnaires." Ça paraissait tout de même stupéfiant.

Il savait également Robespierre que pétition avait dit, et ça nous le savons également par les réseaux d'entrée, avait dit : "Il faudrait faire venir un prince étranger sur le trône français, un prince protestant de préférence." De préférence. Et je suis convaincu Robespierre savait ce que négocier en 12 Danton avec les mystères que nous avions à deux ponts sur les briquets, donc négociation secrète avec l'ennemi. Robespierre, c'était dit : "Il y a un grand mouvement national dans Paris à ce moment-là, il faut en profiter pour nous débarrasser de ces gens qui sont volontairement ou involontairement des collaborateurs de l'ennemi." Sommes le 2 septembre, les massacres terminent le 6 septembre. Il y en aura eu encore un à trois à Versailles, où de malheureux types qui n'en pouvait rien, le duc de Brissac par exemple, va payer de sa vie le fait d'avoir été le chef de la garde constitutionnelle.

Et nous arrivons au 20 septembre, qui est une date bien importante, puisqu'elle est à la fois la date du dernier jour de l'Assemblée législative et la date de Valmy. Je vais finir sur Valmy. 20 septembre. Donc, les Prussiens étaient descendus lentement. Vous voyez, vous qu'après avoir gagné, pas d'avoir conquis la place de Verdun, ils n'avaient pas du tout fait cette déferlement sur lequel le roi comptait pour le sauver, sur lequel Danton et à propos duquel Danton était dans ses inquiétudes. Il s'était avancé lentement. Le général Dumouriez et le général Kellermann étaient arrivés à réunir leurs troupes et pour faire front devant les troupes prussiennes à Valmy.

Pendant des années, j'ai cru, comme le croit encore beaucoup de Français, que ça a été une très grande victoire remportée par les troupes républicaines françaises. Victoire, si vous voulez, mais parce qu'il y a pas eu de combat. Savez-vous qu'il n'y a eu qu'un duel d'artillerie à Valmy ? Que jamais, il n'y a jamais eu de corps à corps ? Que les raisons un peu mystérieuses que j'essayais de vivre la prochaine fois, la fameuse infanterie prussienne, qui était paraît-il invincible, n'a pas attaqué le duc de Brunswick et là, et il ne donne pas l'ordre d'attaquer. À plusieurs reprises, il est sur le point de donner l'ordre et il ne le donne pas. Il est vrai qu'il y avait une supériorité de l'artillerie française, que l'artillerie française faisait des trous dans les lignes prussiennes. Pile qu'après un échange d'artillerie, après que Kellermann, c'est vrai, avait levé son chapeau à la pointe de son sabre et crié : "Vive la nation !" et que tous les volontaires français qui sont là, c'est surtout des volontaires, ils sont en habit bleu, et les vieilles troupes sont en habit blanc, mais c'est surtout le bleu qui domine, et que les volontaires français ont crié eux aussi : "Vive la nation !"

Ne croyez pas que ce beau cri est suffi à intimider les forces prussiennes. La vérité, c'est que les Prussiens, brusquement, en fin de journée, sans que le combat était engagé, serait-il. Danton se félicite. C'est une histoire excellente. Ça pourrait pas être mieux. Surtout que Danton avait, soit avec Dumouriez, qui est son ami, et je dois lire son complice de place à Valmy, qui donc le fils d'Égalité, Égalité, c'est le nom nouveau du duc, le fils d'Égalité, Égalité 2, si vous voulez, s'appelle le duc de Chartres, qui sait ce type de chat, qui a à peine 20 ans, mais c'est le futur Philippe. Alors, on l'a mis là à Valmy afin de lui donner un rôle exceptionnel, et que si Barben, il y a une victoire, on pourra dire : "Cette victoire a été remportée non seulement par les troupes du duc de Dumouriez, mais aussi par le fils de Philippe Égalité." Car l'idée secrète de Danton et d'Humouriez, c'est de substituer à la monarchie de Louis XVI, une monarchie Orléans.

Nous voici à présent de la Convention, qui va se réunir le 21 septembre 91, du 92, c'est-à-dire le lendemain même de Valmy. Et quand il se réunissent, les conventionnels, ils savent même pas qu'il y a eu le succès de Valmy la veille. Et le gros événement auquel nous allons assister, c'est la mort du roi. Vous venez de voir dans le générique ce visage dramatique. Secret, mais que le vote aurait lieu à voix haute, de quoi intimider ceux qui voulaient être réactionnaires. Parce que c'est, soyons sincères, les élections parisiennes à la Convention ont été des élections dirigées, terriblement dirigées. Le résultat, c'est que c'est toute l'extrême gauche, Cordeliers, des Cordeliers, où il fait des payer 10 centimes pour être membre du club des Cordeliers, ce sont ceux-là qui vont constituer la députation parisienne. Au premier plan, le l'élu numéro 1, Robespierre. Qui est juste. Mais Danton, on va aussi se faire élire. Mais Marat, se faire élire dans des groupes de l'ascension. Que ce garçon a réussi. Danton, vous avez vu au début, lorsqu'il se faisait encore appeler des apostrophes, Danton, il s'appelait vraiment Danton. Vous savez, mais quand il voulait se pousser en 88, 89, il se faisait appeler Danton des apostrophes. C'est à ce moment-là où il faisait partie de la police secrète du roi. Puis il avait été, il avait été conseiller avocat au conseil du roi. Puis il était entré au département, c'est-à-dire administration départementale. Puis il était entré à la commune. Et enfin, il a vu ce succès foudroyant face à cette grande ascension de devenir brusquement ministre, grâce au dissoute. Il avait amené les petits camarades avec lui. Vous avez Camille Desmoulins, dont je vous ai dit qu'il était assez besogneux, mais que son mariage va l'enrichir. Danton, on avait fait le secrétaire, son secrétaire particulier, quand il était la justice. Et Fabre d'Églantine, un des élus de la Convention parisienne. Fabre d'Églantine avait-il des secrétaires généraux avec de très beaux points aussi ? Eh ben, tout ça va faire partir de la députation, faire partie de la députation parisienne. Et des gens qui autrefois, on faisait partie des Girondins, dans son plus. Alors naturellement, ils sont exaspérés, colère contre Paris. C'est là où ils vont utiliser dans leur candidature de province, parce qu'ils vont tenter de se faire aider en province, utiliser les massacres de septembre. Donc, ils sont aussi responsables que les Montagnards, que ceux qui vont siéger à l'extrême gauche. Complètement. Les Girondins auront pour thème : "Paris est atroce, Paris est une dictature." C'est partiellement vrai. Paris a fait des massacres auxquels ils se sont pas opposés personnellement. Enfin, c'est leur thème pour exciter les électeurs provinciaux contre Paris.

Le résultat avait bien été ce qu'ils espéraient. Je vous l'ai dit l'autre jour, il n'était pas tellement terrifié par le suffrage universel, en se disant : "Nous sommes les notables, on arrivera toujours à faire marcher le brave petit troupeau aux yeux bandés, des passifs." Effectivement. Mais si vous regardez la composition de la Convention, vous apercevez que socialement, c'est la même composition éternellement la même que la Constituante et que la Législative. On a beau avoir maintenant le suffrage universel, c'est toujours les grandes tables, c'est toujours les propriétaires, c'est toujours les possédants qui sont arrivés, qui sont parvenus à être les délégués de la France. On n'avait jamais vu ça. Mais comme ils sont que deux, c'est pas terrible. Il y en a qui s'appelle Harmouville, c'est un quart d'heure de laine, et il a été élu dans la Marne. Puis un autre qui s'appelle Noël Pointe, c'est un ouvrier, dans qui travaille dans les armures russes. Enfin, sur les 750 députés de la Convention, qui est pour la première fois élu au suffrage universel, vous avez deux ouvriers. Tout le reste est composé de bien-pensants. En plus, comme les Constituants, non seulement les membres législatives, mais comme les Constituants ont aussi le droit de se présenter, on voit dans cette Constituante numéro 2, qu'elle a Convention. Pourquoi dis-je Constituante ? Parce qu'il faut refaire une Constitution. On voit dans cette Constitution numéro 2, repartent des Constituants importants. Donc, tant qu'il y avait pas beaucoup de bruit, donc je vais vous parler, mais d'autres qui étaient bien connus, puisque sièges, qui n'avait pas été membre de la Législative, bien sûr. Le voilà revenu. Voici dans Glace, qui est un protestant à la façon de Rabaut Saint-Étienne, c'est-à-dire très préoccupé de la propriété. Le voici réélu. Et nommé Barrère. Barrère de vieux sacs, car c'est un aristocrate. Barrère, bien qu'il fasse comme de gauche. Barrère de vieux sacs, qui s'était pas beaucoup fait connaître dans la Constituante, va reparaître maintenant dans la compréhension, et il tiendra le rôle que vous devez déjà.

Le premier jour, le 21 septembre, le 1er jour de la réunion de la Convention, Danton demande à Barrère, Danton devait choisir entre ses fonctions de ministre et ses fonctions de député. Il n'était pas admis, il est toujours pas admis qu'un député puisse devenir ministre. Roland, lui, qui aimait l'Intérieur, va conserver son poste. Le ministre Danton a préféré quitter son poste de ministre de la Justice pour avoir les coups de France et pour pouvoir travailler à l'intérieur de la Convention. Ce premier jour, le 21 septembre 92, Danton, c'est très important. Danton, on va prononcer un grand discours. Et le voici l'essentiel : "Justice. On a excité le peuple parce qu'il fallait lui donner l'éveil contre les tyrans. Maintenant, il faut que les lois soient aussi terribles contre ceux qui porteraient atteinte à la Révolution." C'est-à-dire à l'ordre, à l'ordre social tel qu'il est, et qui est très bien. Et déclarant que les propriétés, virgule, toutes les propriétés individuelles, territoriales, industrielles, seront éternellement maintenues. Ça, c'était le grand gage. Vous prenez cet essentiel. On avait horriblement peur de ce qui allait se passer du point de vue social. On avait peur d'une retouche de la royauté, d'une redistribution de la propriété. Et Danton, qui a été choisi sur le conseil de Condorcet, parce que paraît-il, il est toujours facile de rattacher le beau principe. Danton donne le gage principal, le gage sur lequel on compte d'abord, à savoir : il ne sera pas touché à la répartition de la propriété. Vous avez entendu ce adverbe "éternellement" ? Ça parut un peu ridicule tout de même, tellement il mettait le paquet. Alors, dans le décret que l'on va prononcer, que la Convention prononce le premier jour, le 21 septembre 92, on se bornera à dire : "Les propriétés sont sous la sauvegarde de la nation."

Et à côté de ça, Robespierre, lui, qu'est-ce qu'il dit ? Je tiens à vous indiquer ça tout de suite, parce qu'il y a la fameuse légende, une de celle contre les gens, que la bataille Danton-Robespierre est une rivalité de personne, c'est Michelin de la popularité Danton, mais c'est une opposition essentielle. Il faut que vous preniez conscience de l'opposition absolue qu'il y a entre la pensée de Danton, qui est un conservateur, et la pensée de Robespierre, qui est quelqu'un qui voudrait modifier quelque chose à cette structure indigne de la société, où il y a des quantités de gens qui sont asphyxiés. Robespierre n'est pas, et je reviendrai, n'est pas du tout ce qu'on appellerait aujourd'hui un communiste. Robespierre est quelqu'un qui se dit : "Il est impossible d'admettre qu'il y ait des fours de gentils. Il y a 23 millions de Français, peut-être, qui ne mangent pas alors faim. Il faut arriver à constituer une répartition nouvelle de la propriété telle que des gens mangent, ne meurent pas." Et c'est Robespierre qui vient de déclarer parallèlement à Nantes, hier : "La nation semble être divisée en deux parties : les royalistes et les patriotes. Aujourd'hui, que le royaume est par terre, vous verrez ce que l'on confère des fondés sous le nom de patriotes se diviser en deux classes : ceux qui sont réellement les défenseurs du peuple et les autres. Et ces autres, vous n'aurez pas longtemps à attendre pour constater que leur partie se grossira, en fait, des royalistes eux-mêmes." Prophétique. Il sera dans peu de temps vérifié.

Les Girondins, qui étaient si importants dans la Législative, sont encore là, sont arrivés à tous se faire élire. Et cette fois, devant la menace sociale, qu'est-ce qu'ils sont les Girondins ? La Convention, ils sont là, ils marchent de la bourgeoisie, ils sont le bataillon choc d'une bourgeoisie possédante qui se sent menacée. Alors, dès la réunion de la Convention, ils s'arrangent pour prendre toutes les places importantes. Regardez la Constitution, par exemple, du bureau. Le bureau, président de la Convention, Pétion, qui sait Pétion ? Pétion, c'était le maire de Paris, qui avait été terrifié par le dissoute et qui donnait maintenant tous les gages. Pétion, qui avait dit : "Je préfère le despotisme plutôt que le règne de la canaille." Alors vous allez Pétion, président. Nathan, vous avez secrétaire de la Convention, Brissot, Berio, Condorcet, qui a parlé des instruments méprisables, vous savez du dissoute. Condorcet. Et puis deux pasteurs. Vous avez le pasteur La Source et le pasteur Rabaut Saint-Étienne, qui est un ressuscité de la Constituante, et qui paraît là. Il faut naturellement, puisqu'on s'appelle Convention et Constituante, qui est là pour faire une Constitution, il faut un Comité de Constitution. Et ben, sont encore les Girondins qui se précipitent pour envahir le comité. Il y a 9 membres dans le comité, 7 membres sont Girondins, avec naturellement Condorcet, déjà tout un plan qu'il appellera une République des Lumières, et qui sera pratiquement une République autoritaire, une République militaire et une République artistique. Voilà la disposition du départ.

Comment sont-ils furieux ? Ils sont furieux contre Robespierre à cause des paroles que Robespierre prononcer, parce que c'est l'homme le plus dangereux. Et ils vont avoir un truc, pardonnez-moi cette expression vulgaire, il va avoir un procédé de combat assez singulier. Prenez le combat, consiste à appeler "Prussien" ceux qui menacent la propriété. Delty. Alors là, je voudrais une parenthèse. J'ai étudié à longtemps avant d'avoir fait la Révolution française, d'avoir étudié la Révolution française, je vais étudier la guerre de 70, la guerre de 70, comment on dit, et j'avais fait la cette petite découverte qu'on m'a reprochée, en fait, tout de même, enfin, je l'ai dit parce que je savais que c'était vrai, que les gouvernants de 1870, au moment où la République a été proclamée le 5 septembre, sont des gens qui sont terrifiés par le mouvement social qui peut se produire. Paris est assez révolutionnaire à ce moment-là, et les gens qui ont pris du gouvernement sous le nom de gouvernement de la Défense nationale, sont en réalité un gouvernement de défense sociale. Ces gens s'intéressent beaucoup moins à l'invasion des Prussiens en 70, comme là, vous savez ce qu'ils ont, ce qu'ils vont faire les Jules, Jules Favre, Jules Ferry, Jules Simon, j'ai trop CHU, c'est qu'ils vont faire du 70, fait, c'est exactement ce qu'il avait fait déjà les Girondins. Et les gouvernants, ce sont des préjudices, si je puis dire. Les Girondins sont des gens qui se disent : "Mieux vaut, oh, mieux vaut certainement une invasion de la France que quelque chose qui touche à la structure des propriétés."

Ils vont inventer tout de suite aussi les Girondins, la constitution d'une garde départementale, ce qui voudrait, c'est faire venir à Paris pour les protéger, une garde qui viendra des départements, bien trier dans les départements, c'est-à-dire encore deux, le possédant, enfin de gens sérieux, qu'il serait là à Paris pour te dire en respect la foule. La Source, le pasteur La Source, dans un discours violent, déclare qu'il faut réduire Paris à son 83e l'influence. La Cime numéro 1, je vous l'ai dit, c'est Robespierre. Et le pasteur La Source, l'attaque le 25 septembre. Et Roland et Louvet combinent, tu n'attaques contre lui, de 29 octobre. Ou quand Bon, ah bon, qui va passer peu à peu du côté de la Montagne. Quand Bon, le filateur Cambon, qui se spécialise dans les religions. Quand Bon, on va faire un numéro, si vous voulez, ce jour-là, il va prendre un poignard à l'intérieur de la Convention et dire : "C'est le poignard qui frappera tout dictateur." Et le dictateur qui a nommé le petit nouvel, séparait-il, rien. Non, dit plus long sur l'état d'esprit de ces Brissotins Girondins que ceux-ci que je tiens à vous citer. C'est une adresse à tous les républicains qui a été lancée par Brissot dans le public parisien au début de novembre 92. Appel aux années contre ceux qui, alors je cite, "quand ceux qui veulent tout niveler les propriétés, les ans, le prix des denrées, le prix des denrées." Vous savez que des tas de gens avaient protesté parce que le pain était trop cher. Et il appelle niveler le prix des denrées, ça lui paraît menstru. Avec cette phrase incroyable : "Le peuple est fait pour servir la Révolution." Entendez la Révolution des nations. Le peuple est fait pour servir la Révolution, mais quand elle est accomplie, il est, le peuple doit rentrer chez lui et laisser à ceux qui ont plus d'esprit que lui, ici, à ceux qui ont plus que lui, la peine de les diriger. Exactement la politique de Voltaire, c'est le petit nombre, le grand nombre, etc. À l'intérieur, salut et la guerre.

Alors, parlez-moi après Valmy, où il n'avait pas été battu, ou simplement il l'avait pas osé, il n'a pas voulu attaquer les positions à sortir. Et le premier octobre 92, ils ont libéré le territoire français. Histoire par Claire. Vous savez, vous imaginez la colère des émigrés. Les émigrés, la petite beurre qui bataillon là, où il y avait Chateaubriand, qui étaient venus combattre contre leur pays et qui pensaient qu'on allait les rétablir dans leur prérogatives, sont fous furieux contre ces Parisiens, contre ces Prussiens qui n'ont rien fait et qui, après un engagement d'artillerie sans vent. Oui, je reconnais que c'est pas clair. Les émigrés, dans leur fureur, vont accuser Brunswick d'avoir été acheté. Je n'en suis pas sûr. Il y avait d'autres raisons, mais je m'inclinerai à croire quand même qu'il y a eu de l'argent. Des pensées. Vous connaissez la politique de Danton, vous savez comment il faisait, qu'il essayait par des moyens secrets d'obtenir des avantages. Je pense que Danton, qui a des disponibilités de fond secret à ce moment-là, puisqu'il est encore, mais l'Intérieur, a peut-être, a peut-être répondu de l'argent du côté des Prussiens pour les personnes sortiraient. Je sais d'autre part que l'armée prussienne était ravagée par ça. Reprenait aussi les mêmes barres de Chateaubriand, le même à d'autres tombe. Il leur a comme les effectifs de l'armée prussienne fondaient à cause des épouvantables dit Saint-ry qui s'était abattu sur eux. Et puis surtout, mais surtout, la Pologne. L'éternel pas l'œil. La question de la Pologne n'est pas réglée. Les Prussiens se demandent ce qu'ils font à s'engager comme ça dans une guerre avec la France, alors que leur intérêt capital est de surveiller ce que font les autres chiens, est-ce que font les Russes, c'est la Pologne. Toujours est-il qu'ils s'en vont, et que le premier octobre 92, le territoire français est libéré.

Alors, puisqu'il est le territoire est libéré, on peut pas, c'est autre chose sérieuse, on peut passer à la Constitution. Mais vous vous rappelez les raisons qu'avaient les Girondins de faire la guerre ? Alors, par question, parce que le territoire est libéré ? Pas question de s'arrêter. Il y a même une lettre aussi inouïe que le texte que je viens de vous lire de Brissot. Une lettre de Roland, où avec une candeur incroyable, Roland dit : "Il faut poursuivre la guerre parce que sans ça, les soldats vont revenir." Qu'est-ce que c'est que les soldats ? C'est pour la plupart des volontaires. Qu'est-ce que c'est que les volontaires ? C'est des paysans, c'est des ouvriers, c'est des illettrés. Et du quatrième étape, c'est des passifs. Et si les volontaires reviennent avec leur fusil entre les mains, qu'on aura peut-être pas pu leur arracher, qu'est-ce qui va advenir de la République ? De leur République bourgeoise ? Parce qu'à tout prix, occupé les soldats, continuent la guerre. Deuxièmement, il reste encore bien plus important. Je vous l'ai indiqué, les Girondins ont fait la guerre pour des raisons d'argent, parce qu'il voulait de l'argent. Et depuis que la guerre est déclarée, les assignats continuent à perdre leur valeur. Et ces changements maintenant à 59 francs, un assignat qui est marqué 100 francs, le prend plus dans les banques pour 59 francs, puisque la giottage a été depuis le 17 mai 91, reconnu officiellement, officialisé par la Constitution. La signature tombe par conséquent. Il faut s'arranger pour faire des sous. Et on fait des sous en prenant les sous-trans étrangers.

Alors, on va assister à la fin de l'année 92 à 3 choses. On va assister à une mise en scène de cette politique de conquête. Vous vous rappelez que la Constituante, très noblement, sur la demande de Robespierre, avait des idées que la France interviendrait jamais contre la liberté de canon, le peuple, et s'interdisait toute guerre dans une vue de conquête. Comme on veut faire des conquêtes, comme il faut pas le dire, on va enregistrer alors décrets du 19 novembre 92. La France accorde son soutien à tous les peuples. Entendez, à tous les peuples qui voudront recouvrer la liberté. Rien que ça. Tous les peuples, les Chinois et autant, n'importe qui. Les Girondins, vous comprenez bien, ils sont les spécialistes des phrases creuses, mais qui ont pour eux une certaine signification. Et ça veut dire simplement : nous avons, en payant ce qu'il faut, nous avons des agents, des agents par exemple dans les pays rénaux, ou des agents en Belgique. Alors, des petits mouvements insurrectionnels payés par nous vont se constituer. On dira : "Il nous appelle au secours." Ce sera des gens payés pour ça. Et ne viendrons à leur secours, ce qui nous permettra d'entrer pour une politique de conquête qui sera dissimulée sous une politique de libération. 1, 2. La politique de libération s'accompagne d'une idée nouvelle. C'est Brissot qui va la lancer, et c'est Danton qui va la reprendre. Si des nouvelles, c'est une très vieille, c'est l'idée de Louis XIV, de ce que l'on appelle des limites naturelles. Et c'est Brissot à la fin de novembre qui déclare : "Les limites naturelles de la France sont le Rhin." Attention, pas seulement le Rhin en Alsace et en le reste, mais tout le Rhin, ce qui permettrait de conquérir jusqu'à l'embouchure du Rhin, la Belgique entière, et une partie de la. Réfléchissez à ce que c'est un peu que cette fameuse doctrine des limites naturelles. C'est chaque pays qui décide comme ça, arbitrairement, mais limites naturelles. Sans ceci, le 14 avait décidé que les limites de la France étaient ceci. Mais on verra plus tard au 19e siècle, un homme, mais Bismarck en Prusse, qui dira : "Les limites naturelles de la Prusse, c'est pas le Rhin, c'est les Vosges." On verra un peu plus près de nous, un nom, mais Hitler, qui dira que les limites naturelles de rail du Grand Reich dépassent de beaucoup celle qui avait flexible. Mais par conséquent, chaque pays arbitrairement, effectivement, comme il veut, décide ce que sont ses limites naturelles. Et puis, c'était le plus fort qui tranche ça.

Alors, la politique des limites naturelles apparaît. Et puis, voilà quand Bon, l'industrie au Cambon, qui s'est spécialisé dans les problèmes de finance, qui va faire rapporter le 15 décembre et correctif à ce décret du 19 novembre, décret libération des peuples. Ce correctif, c'est suivant : mais ça coûte cher de libérer les autres. Nous avons le cœur débordant. Nous dirons dans, nous pensons surtout à la libération nationale. C'est même, il y a des frais. Par conséquent, il faut pas que ça soit nous qui supporte ton livre frais. Si bien que les pays libérés doivent s'attendre à être obligés de participer à nos dépenses. Et il va dire ce 15 décembre, avec une grande gentillesse : "Nous aurons ainsi un moyen d'écoulement pour diminuer la marge des assignations, parce qu'on imposera les assignats aux étrangers. Et d'autre part, l'hypothèque que nous fournirons les biens mis sous la sauvegarde de la République, je lui ai fait serviront à augmenter le crédit de notre monnaie." On peut pas être plus clair. Il en a trop dit ce jour-là. Il a vraiment indiqué que c'était une guerre de conquête, une guerre d'appât, une guerre d'argent pour les bonnes causes. Condorcet acclame Cambon, car j'ai envie de vous dire dans son histoire, Michelet dit : "Si j'avais été à la Constituante, à la Convention, je me serais assis entre Condorcet et Cambon." Il est tout à fait de la famille. Alors Condorcet déclare que ce discours de Cambon du 15 décembre est grande vérité. On croyait tant le génie de la liberté.

Alors, résultat, résultat, on déchaîne le général Gustin, le comte de Gustin, de service de la République. On le déchaîne sur le Palatinat. Et entre le 5 et le 26 octobre, invasion par les Français du Palatinat jusqu'à Francfort. Quand au nord, c'est Dumouriez qui va s'en charger. Il se précipite sur la Belgique. Il remporte une victoire. Cette fois, réellement une victoire. C'est pas un combat d'artillerie, c'est un grand combat. J'aime map, 6 novembre. Et du 6 au 30 novembre, c'est toute la Belgique qui est alors là. La République française s'est étendue de côté. J'oublie de dire qu'elle avait déjà fait deux petites conquêtes, mais celle-là était très normale, parce que les peuples se jetaient vers nous, du moins pour le premier. La Savoie, qui était de l'enfant française, qui appartenait au Piémont, et qui avait été conquise. Je dois dire par contre, vraiment, avec ces partis de langue française. Et puis Nice. Nice. Le marché moins bien pour la Savoie. Nous avions été, c'est vrai, accueillis en libérateurs avec des ovations. Propose aussi envie de faire une parenthèse. Quand Necker, qui s'est retiré sur sa terre de Coppet, quand Necker prend que les Français ont occupé la Savoie, il est dans tous ses états, parce que les Français vont abolir dans la Savoie les droits féodaux. Parce que Necker a des tas de droits féodaux. Et qui se dit : "Comme propriété va être tout pré maintenant de la France, puisqu'elle va arriver jusqu'aux abords de Genève, du site, qui vont faire, va les gens ont peut-être se soulever contre mes droits féodaux." Ce qui fait que ça sa fille, la petite star là, la maîtresse de Narbonne, qui a été furieuse quand la guerre depuis que c'était plus Narbonne qu'il la dirigeait, et l'écrit dans sa correspondance : "La France, les Français sont devenus une horde de barbares." Rompu ferment. Cette parenthèse.

Le premier janvier 93, Danton a fait constituer un comité de défense générale pour s'occuper de la guerre. Lui, spécialement, s'occupera des questions militaires. Il s'occupe spécialement aussi des fournitures militaires. Il va établir la quelqu'un qui était déjà, mais que le nouveau ministre de la guerre, qui s'appelle Pache, à l'œil, un certain abbé d'Espagne, qui était un des camarades de personne, faisaient des fournitures. J'ai apporté, j'espère les avoir, oui, des chiffres sur ce que rapportait à d'Espagne, et des Espagnols, ces fournitures militaires. Ils recevaient, ils recevaient 5 millions en numéraire, en numéraire, pas en assignat, 5 millions par mois pour des fournitures qui lui coûtent en assignat un million et demi. Par conséquent, avec la dépréciation de l'assignat, c'était 5 millions d'alors, pas 5 millions de numéraire. Donc, 20 millions d'aujourd'hui, 20 millions d'aujourd'hui, 5 millions de dollars que gagnait d'Espagne. Vous pensez bien que Danton en profiter du reste. Danton va être perpétuellement fou et jusqu'en mars en Belgique, ça l'intéresse passionnément ce qui s'y passe. On va le voir à ce moment-là même rapporter au début d'avril, dans deux camions personnels qui sont arrêtés à Béthune, les camions d'argenterie et de linge que personnellement Monsieur Danton ramène de l'extérieur.

Et puis, comme il faut des soldats pour te dire de conquête, on va décider le 17 février une levée tout à fait encore. La levée en masse, elle viendra la prochaine fois. Une levée de 300 000 hommes. Attention, les Girondins sont des gens qui savent vivre. On va pas lever n'importe qui. Alors, lever avec remplacement, c'est-à-dire ce que du bien des gens convenables pourront payer un pauvre pour aller se faire tuer à sa place. Les Girondins sont horriblement embêtés. Les Girondins voudraient pas chez le roi, parce que le roi, c'est-à-dire le roi, c'est un grand propriétaire. Alors si on détruit le roi, qui a plus cette demande d'échange avec l'étranger, horriblement dangereux pour la situation sociale. Ils vont finir par s'y plier, parce que diversion nouvelle, c'est la grande idée des Girondins, les diversions, diversion nationale, diversion antiterriale, toujours pour ne pas d'argent. Je t'ai entendu quoi ? Puisque le peuple est absolument la tête du roi, on va lui donner le roi, qui était un pauvre type, je vous l'ai dit, et qui avait été à digne les garçons rentables du 14 décembre, où se frottentiment et du bilan dans un transport, il disait : "Les Français vont recevoir une pile, les Français n'est capable de faire la guerre." C'est pour ça que les danses dans la guerre. N'empêche que maintenant, c'est plus le roi, c'est un simple particulier qui est là avec sa femme et ses gosses et sa sœur Élisabeth, et qui va mourir.

Alors vous vous rappelez le visage, vous avez vu tout à l'heure le visage que du Creux, du Creux a fait trois jours avant l'exécution. Autrefois, ce roi, il est tout gonflé, assez moche, il avait pas de noblesse, pas de dignité. Maintenant, en face de la mort, il lui est venu une espèce de dignité. Sa femme, qui avait été si mal avec lui, qu'il avait ridiculisé, sa femme l'aime bien. Sa femme, sans qu'il va mourir, sa femme l'entoure de toutes les prévenances qu'il peut. Il est gentil avec son petit dauphin, il essaye de lui donner des bons conseils. Il lui dit : "Peut-être que je vais disparaître, même devant, je parle. Si jamais tu deviens un roi, ne te mange pas sur les Français, ils font des choses vilaines, mais probablement qu'il croit bien faire." Jusqu'à la fin, le roi va croire qu'on va le sauver. S'imagine qu'il y a des gens dans Paris, il en a un effet, des gens qui vont faire un coup. Et sur la guillotine même, quand il va monter avec ce prêtre, quand il a autorisé à avoir un prêtre réfractaire, mais enfin, qui n'était pas très français, elle avait du vorte. Donc, on avait autorisé le roi à avoir ce cet homme qui ne conduirait jusqu'à qui, quand il s'approche de la guillotine pour prononcer quelque part, il dit : "Je suis innocent." Français. Et à ce moment-là, c'est le comte de.

Beau français et non pasteur qui va dire au tambour rouler pour lui. À ce moment-là, il a encore des chances que le roi se disait : "Il va peut-être se produire dans cette foule qui est là un mouvement pour me sauver." Non, il y aura pas de mouvement. Le bourreau, et puis c'est demain, sur le coup, près pour arriver à trancher la tête. Et silence dans la foule, aucune acclammation.

On a remarqué là, égalité, égalité. C'était pouvant pas du d'Orléans que dans ton était arrivé à faire élire à Paris dans cette députation d'extrême gauche de Paris, la Convention. Il y avait égalité, il y avait du d'Orléans. Il est là qui regarde. C'était le dernier qui aurait dû être là. Il avait voté la mort. Il était là, paraît-il, avec une redingote violette et une petite badine et un chapeau rond. Et regarder cet homme qui n'avait contribué à pousser avec.

Je voudrais finir sur cette mort du roi par un mot de Victor Hugo qui est peu connu. Je crois même que c'était moi qui l'avais trouvé dans les carnets intimes. Avec les années, j'en suis pas sûr, pardonnez-moi. Hugo disait : "Si le roi n'avait pas été guillotiné, l'histoire de réduction ventes. La guillotine lui a rendu service. Maintenant, ne voit plus que sa tête." C'est peut-être dramatique.

Que vous avez vu tout à l'heure. Revenons à la situation intérieure. Voilà la situation intérieure. Elle est compliquée par stériliser, mute des émeutes, pas tellement politique, des émeutes de la fin, des gens qui crèvent. Alors Robespierre est toujours là pour les soutenir et il va dire les choses comme ceci : "Quel est le premier objet de la société ? C'est demain tenir les droits imprescriptibles de l'homme. Et quel est le premier de ses droits ? Celui d'exister. Et les éléments nécessaires à l'homme sont aussi sacrés que sa vie. Par conséquent, tout ce qui est nécessaire pour conserver la vie est une propriété commune à la société tout entière. Et toute spéculation mercantile aux dépens de la vie des autres et non seulement un brigandage, mais un fratricide." Vous vous rendez compte que les paroles comme celle-là le désignent comme l'objectif numéro 1 de ceux qui, avec Danton et les Girondins, tiennent absolument à ce que rien ne soit changé aux structures.

On en était là quand tu arrives. Subit deux aventures énormes. Le premier mars, les coalisés qui étaient englués jusqu'à présent sur la frontière, mais qui ont réglé leur affaire de Pologne. Le 23 janvier 92, 93, la Pologne a été divisée. Par conséquent, ils peuvent y aller. Les coalisés, ils attaquent et ils nous enfoncent. Et l'humoriste va être battu à Nervinden. Et le 10 mars, c'est la Vendée qui explose, énorme insurrection. Alors la France, la France républicaine est à ce moment la prise dans une pince. Vous avez les coalisés qui attaquent cette fois pour de bon. Sur vous avez à l'ouest la Vendée qui prend feu. C'est la grande crise de 93. C'est-à-dire du côté du Palatinat, c'est le comte de Custine, ça, le général de Custines qui a à peu près tout occupé le Palatinat, la rive gauche du Rhin. Les coalisés, je vous ai dit que c'était maintenant beaucoup plus libre puisque c'est l'affaire de Pologne était au moins provisoirement réglé. Nouveau partage la Pologne en janvier 93. Ils vont pouvoir s'occuper maintenant de la France.

Alors, tandis que du Mourier pique sur la Hollande et que Christine et de l'autre côté occupé dans son Palatinat, au milieu du front, c'est-à-dire entre la Hollande et le Palatinat, les Autrichiens vont attaquer. Ils vont essayer d'enfoncer les lignes sur l'âme Rohrer, Ro et Tréma, R qui est une petite rivière à la frontière, la Belgique et du Palatinat. Et comme là nous avons nous les Français, pas de force suffisante, évidemment, nous sommes bousculés. Aix-la-Chapelle est perdue, Liège est perdue. D'abord, considère que c'était pas extrêmement important qui rapporte moyen de l'école mater cette brèche dans le fond. Et pour le début de l'affaire, il reste en Hollande.

C'est maintenant qu'il faut bien regarder de près. Danton. Plus j'étudie cette affaire, la Révolution française, plus je me persuade qu'il y a un livre qui manque sur Danton. Il y a le vieux bouquin de 1914, je crois, de Madelin. Et vous connaissez l'orientation politique de Monsieur Madame. Présente Danton qui est l'homme la résistance, qui est l'unité républicaine, afin de faire pendant et contraste contre un Robespierre épouvantable. Il y a quelques années, il y a un monsieur Hérissé que je ne connais pas deux essaie qui a fait un livre pas mal sur Danton. Mais enfin, le vrai personnage ne date pas. Celui qui avait parfaitement deviné et Mathias qui n'a pas eu le temps de faire, qui est mort avant d'avoir pu faire un Danton. Ce personnage vu par Mathias. Il y a un mot de Mathias sur lui que je voudrais vous citer. Il y a en lui à la fois du matamore et du roublard. Des Mathias, c'est tout à fait ça.

Alors ce qui va se passer maintenant, ce début de mars 93, je voudrais qu'on le regarde de près, car c'est très curieux. Le 8, le 8 mars, le 8 mars, la dinde. Donc, il va monter à la tribune de la Convention pour faire un discours extraordinairement alarmant. Or, faites attention aux dates. C'est le 8 mars. Le désastre que subira Dumouriez à Nervin, lorsqu'il viendra au secours de ses généraux Miranda et Valence qui sont faits enfoncer. Ce désastre est dû 18 mars. La Vendée, dont je vous ai dit qu'elle a explosé, elle a explosé le 10 mars. Le 8 mars, nous sommes mis au 10, né au 18. Par conséquent, la situation n'est nullement dramatique. Simplement, les troupes françaises ont reculé devant la Chapelle et devant Liège, mais nous ne sommes pas du tout à l'invasion.

Or, c'est ce jour-là, 8 mars, que Danton, les joueurs de la tête, monte à la tribune et dit : "Situation ultramatique, patriote danger." Ce n'est pas vrai. La patrie n'est pas un danger. Et Danton essaie quelque chose qu'il faut comprendre comme un mouvement dans Paris. Il excite les gens, il s'appuie sur des gens, des personnages assez douteux. Il y en a un qui s'appelle Desfieux. Défieux, c'est un Bordelais qui a eu de mauvaises affaires, il a été deux fois en faillite. Un nommé Dubuisson aussi, qui est très obscur. Ah non, mais Promis Relique est à la fois français, belge, qui paraît-il serait le fils d'un personnage considérable d'Autriche. Avec ses défauts, Du Buisson, Poly et autres, il essaie de soulever les faubourgs, la commune. Par bonheur, ne marche pas. Pourquoi ? Il veut soulever les faubourgs ? Pourquoi faut-il qu'il y ait de l'agitation dans Paris ? Une agitation populaire, playboyenne, très dangereuse, dirigée même contre la Convention. Qu'est-ce qu'il veut ?

Plus tard, pas beaucoup plus tard, dans les prochaines 94, Robespierre aura son idée là-dessus. Et Barrère. Barrère qui vient de repartir, vous savez qu'il est inconstitutionnel, donc c'était pas beaucoup fait remarquer, mais qui est maintenant à la Convention. Barrère qui n'aime pas Robespierre. Et Robespierre qui pense ce qu'il pense. Seront d'accord pour dire : c'est 8, 9, 10 mars, lorsque Danton fait cette curieuse opération dans Paris, c'est à partir d'agitation. Son idée derrière la tête est celle-ci : on peut créer dans Paris une situation intolérable à ce qu'on appelle les gens, les années 20. C'est un mot de La Fayette, afin de permettre à Dumouriez une opération militaire sur Paris.

Alors, quoi Dumouriez ? C'est un nouveau La Fayette. Mais oui, exactement. Vous savez, quand je vous ai raconté que La Fayette est un curieux général qui est tout à coup avait abandonné ses troupes, était venu sur Paris avec tenté au lendemain du 20 juin 92, un coup d'État militaire. J'aurais dû déjà prononcer un nom qui était sur mes lèvres. Et voici maintenant pour les Français, c'est ce général qui a trahi, si jamais qui commandait à Metz en 1870, qui a trahi, qui a mis ses forces à la disposition d'ennemis. Du reste, n'a pas voulu le faire tout à fait. Il a proposé bibi. Smart n'a pas voulu. Enfin, pour les Français, c'est le symbole du général qui oublie son devoir et qui, au lieu de s'occuper de la défense du pays, s'occupe de politique. La Fayette, c'était le premier Bazin de 92. Mais Dumouriez, c'est le second La Fayette, c'est le second Bazin. Parce que Dumouriez va reprendre presque exactement à son compte le scénario La Fayette.

Le 9 mars, Danton fut un discours extravagant, vraiment stupéfiant. Vous allez voir. Le 8 mars, il a commencé à crier : "Aux armes ! épouvantable ! La France est menacée." Le 9 mars, tout à coup, de nouveau à la tribune. Qu'est-ce qui demande ? La suppression, l'abolition de la prison pour dette. Enfin, qu'est-ce que avoir là-dedans la prison sur la dette ? Il ne veut plus maintenant que les gens qui ne peuvent pas payer les dettes de leurs insolvables soient emprisonnés. Et ça n'a rien à voir ni avec la politique intérieure, ni extérieure. C'est tellement extraordinaire qu'on se demande même si Danton qu'il avait une allité, même l'appareil qui paye à ce moment-là par quelqu'un qui veut éviter la prison. Et Danton enlève l'opération suppression de la prison pour dette avec, avec une justification que voici, et qui vous laissera comme moi pour toi. "Si la mesure que je propose est adoptée, à se déboucher les oreilles." Enfin, en quoi la suppression de la prison pour dette peut-elle influer sur la marge de la guerre ?

Toujours est-il que voyant qu'il n'obtient rien, que les faux bornes ne se laissent pas, que la commune contre lui, la commune fidèle Convention, il n'a pas du tout envie de faire une nouvelle révolution. Danton, le 10, conclut ses opérations du 8, 9, 10 par la réclamation du tribunal révolutionnaire. Tribunal révolutionnaire. Rappelez-vous, le 17 août 92, donc 7 jours après le 10 août, le renversement de la monarchie. C'était la commune qui avait demandé la création d'un tribunal. On ne l'appelait pas encore tribunal révolutionnaire, on l'appelait tribunal criminel ou tribunal spécial. Et les Girondins qui, à ce moment-là, étaient très forts à législative, avaient freiné tant qu'ils avaient pu l'application, enfin le fonctionnement du tribunal révolutionnaire. Il avait tellement fait peu de choses, tellement peu de choses. Très bien, révolutionnaire, c'est une des raisons pour lesquelles les massacres du 2 septembre s'étaient produits. Si on avait puni davantage de comploteurs et de complices à l'étranger, il est possible que la plaine parisienne qui s'est prise suivie sur les prisons de septembre ne lui pas fait en se disant : "Le gouvernement est en train de faire ce qu'il faut."

Mais ce tribunal révolutionnaire avait juste prononcé trois condamnations, et des condamnations médiocres, je vous assure. On avait envoyé à la guillotine à nommé La Porte, qui était l'intendance des listes civiles du roi. Et on avait eu la preuve quand on avait fouillé les papiers des Tuileries que le roi et que La Porte avait essayé d'acheter pas mal de conscience. Par bonheur, on n'avait pas trouvé encore de papier concernant Danton. Alors on avait envoyé La Porte devant le tribunal révolutionnaire et la guillotine. On avait guillotiné aussi deux journalistes de droite. Trois exécutions après le 10 août. Alors cet état, c'est compréhensible que la population indignée au désectes. Puis le 29 novembre, les Girondins avaient obtenu la suppression de ce tribunal révolutionnaire. Et voilà maintenant Danton, sans raison apparente, donc on dit demande, qui réclame la résurrection de ce tribunal que cette fois on appellera bien un tribunal révolutionnaire et qui sera accompagné dans toutes les sections de Paris. Il y a 48 équipes à Paris qui sera accompagné de comités de surveillance qui sont là pour désigner des gens au Comité de sûreté générale.

Que veut-il ? Robespierre le regarde avec étonnement, hyperplexe. Enfin, tout de même, ils se disent : "C'est intéressant de voir Danton qui est paisible comme ça, d'une volonté républicaine si inattendue." Je dois dire ainsi que Danton a perdu sa femme qu'il aimait bien. C'est un homme à femme et à foule, comme a dit quelqu'un, c'est pas mal. Mais enfin, il aimait beaucoup sa femme et ses deux gosses. Et lorsqu'en février sa femme est morte, Robespierre lui a écrit une lettre que l'on cite souvent. Elle est même reproduite en fac-similé dans ce dernier livre illustré sur la révolution de Furet-Richet, qui est un très beau livre. On voit qu'on respire a été émue par le très profond chagrin qui a connu Danton dans sa femme qui était là. Enfin, il le regarde faire, il se demande où il veut aller.

Mais attention, le 12 mars. Vous voyez la suite des juin. 8, 9, discours sur les prisons, tribunal révolutionnaire. Le 12 mars, Dumouriez envoie brusquement à la Convention une lettre du même type que celle qui avait écrit l'année précédente La Fayette, qui avait commencé à menacer les Jacobins, ce qui ne le regardait pas, puisque c'est un général. Un général est là pour obéir et non pas pour faire de la politique. Cette lettre du 12 mars, c'est extrêmement inquiétant. Si tu as Dumouriez qui a l'air de prendre la suite de La Fayette. Et Marat est extraordinairement attentif et vigilant. Marat, dans un article de l'Ami du peuple, écrit sans contre un qu'avant la fin d'avril, Dumouriez nous aura trahi. Danton rend la parole pour défendre Dumouriez, alors qu'il est indéfendable, alors que c'est une lettre politique d'un général qui n'a pas à. Il demande à repartir pour cette Belgique où il est toujours fourré, puis la fin novembre, parce qu'il fait les opérations personnelles. Et il dit : "Dumouriez s'est trompé. Enfin, je une fois que j'aurai une conversation avec lui, vous verrez qu'il rentrera dans le droit chemin."

Alors voilà notre dentelle qui est auprès de Dumouriez. Le 19. Non, attendez, c'est dans la nuit. C'est dans la nuit du 20 au 21 que Danton est devant Dumouriez et qu'ils ont dans cette nuit du 20 au 21 une conversation sur le plaquette. Nous ne savons rien. Mais est-ce que nous savons, c'est que c'est le lendemain 22 mars, Dumouriez va se mettre en contact avec les Autrichiens. Et là, pardonnez-moi, il faut que je signale une petite erreur de nom propre que j'ai commises à propos de La Fayette. Quand je vous ai dit que La Fayette était en train en rapport avec les Autrichiens le 18 mai 92, j'ai dit que c'est avec le colonel Vaudreuil, un Marc. Non, pas du tout. C'est Marc. Maintenant, c'est les émissaires autrichiens qui vient vers Dumouriez. C'est Mat. Donc, 22 mars, Dumouriez entre en pour parler avec Line, avec les autres. On le sait encore pas. On ne sait rien à Paris. On est inquiet tout de même de la lettre qu'il a écrit. Mais voilà que le 26 mars, à Tournai, Dumouriez a une nouvelle conférence avec trois personnages. Dans une prononcer le nom tout à l'heure et qui sont les hommes de main de Danton, lorsqu'il avait tenté de soulever Paris le 8 mars. C'est Desfieux, c'est Du Buisson, c'est Proly, qui l'année prochaine passeront à la guillotine. Qu'est-ce qui s'est passé entre eux et Dumouriez à Tournai dans cette nuit du 25 au 26 mars ? Mais ce que l'on sait, c'est que la Convention, inquiète, envoie le propre ministre de la guerre, qui s'appelle Beurnonville, pour aller voir Dumouriez. "Lunaire, cher ami, qu'est-ce que vous faites ?" Et quand Dumouriez reçoit le ministre de la guerre, qu'est-ce qu'il en fait ? Il s'empare de lui.

Nous sommes le premier avril. Et il le livre aux Autrichiens. Premier avril. 5 avril, Dumouriez essaie d'entraîner ses soldats, soit un marché contre Paris, soit un déserter avec lui. Les soldats ne marchent pas. Il y a des volts commandés par ceux d'Avou, qui deviendra un général de l'Empire. Des volontaires qui tirent sur Dumouriez, sur les officiers qui proposent la trahison. Dumouriez passe au grand galop, au grand galop dans les troupes ennemies, dans les troupes autrichiennes. Avec qui ? Avec Chartres. Le duc de Chartres. Qui est duc de Chartres ? C'est le fils d'Égalité, c'est d'appeler du reste Égalité, le fils du duc d'Orléans. Le 5 avril, opère la trahison la plus totale puisqu'il a essayé d'entraîner ses troupes au service de l'envahisseur que les troupes n'ont pas voulu, mais que lui va se mettre au service de l'envahisseur. Ça n'empêchera pas, oui, oui, ça n'empêchera pas Dumouriez, l'histoire est comme ça, en France, d'avoir son nom aujourd'hui encore sur l'Arc de Triomphe. Et ça n'empêchera pas le petit duc de Chartres, Égalité numéro 2, de devenir qui a le roi des Français, Louis-Philippe.

Vous voyez la situation. Alors Danton, Danton se sent terriblement compromis. Danton s'est beaucoup engagé du côté de Dumouriez. Dumouriez vient maintenant de jeter le masque. Il a fait ce que Marat annonce et qui ferait. Alors Danton va opérer une volte-face extraordinaire. Danton, jusqu'à présent, n'était pas mal avec les Girondins. Il était celui qui disait : "Mais au fond, ce sont des gens de bien." Vous vous rappelez que Condorcet des allumettes dedans, qu'il est toujours facile de rattacher au bon principe. Mais maintenant, il est terriblement compromis. Il s'est mouillé, comme on dit dans la plage d'aujourd'hui. Il s'est mouillé avec Dumouriez et les Girondins avec lesquels ils étaient secrètement d'accord. Et j'ouvre une parenthèse. Peut-être même que les Girondins lui avaient sauvé la mise, lorsque en novembre 92, on avait découvert une armoire de fer aux Tuileries dont on ne pouvait pas connaître l'existence après le 10 août. Que Roland, ministre de l'Intérieur, avait été seul. Vous m'attendez ? Seul avoir le contenu de l'armoire de fer, c'est-à-dire des papiers secrets du roi. Et qu'il est très probable que Roland, ministre de l'Intérieur, a une épuration dans ses papiers, cachant ce qu'il ne devait pas être montré. Et qu'il est extrêmement probable dans ses papiers, le nom de Danton avait été prononcé, mais que le ministre de l'Intérieur Roland avait couvert Danton.

Danton, maintenant, pour se sauver, parce qu'il sent que sa situation personnelle est extrêmement tempérée. Dans ton va se retourner avec une violence inimaginable contre les Girondins, bien plus fortement même que Robespierre. Et va prononcer le 10 avril un discours terrible. C'est le chemin de Damas de Danton. Par exemple, le 10 avril : "Messieurs, sont ouverts, déclare Danton. Il demande pardon à Marat de l'avoir parfois contredit. Il tient à rendre hommage aux vrais amis du peuple. Il dit à Marat : 'Vous aviez mieux jugé que moi.' C'est une dénonciation foudroyante des Girondins. Eux seuls, dit-il, entendus, eux seuls sont les complices de la conspiration Dumouriez. Et lui, il y a plus de 13 entre la Montagne, c'est-à-dire les vrais patriotes qui ont voulu la mort du tyran, et les lâches qui ont essayé de le sauver." Et là, j'ai tort. J'ai tort. Danton a essayé de sauver. C'est les Girondins. En effet, qui n'étaient pas tellement chauds pour la mort du roi. Mais Danton oublie ce que nous savons aujourd'hui, que lui aussi, c'était mis à disposition de gens qui voulaient bien le payer au charisme, par exemple, ambassadeur d'Espagne ou négociation avec l'Angleterre. Et qu'il avait demandé un certain nombre de millions pour sauver le roi.

Danton réclame, exige maintenant les décrets qui purgeront la Convention de tous les intrigants. En somme, il demande l'exclusion ou la mort. L'exclusion des Girondins. Un personnage qui nous allons retrouver plus tard, qui s'appelle Xadier, qui est au tribune, piéton, comité de santé général, va dire un mot sur Danton qui est intéressant. Il avait établi ce turbo, ce gros turbo, il avait la nature pour farcir. Avec Danton était la personne physiquement puissante. Ben, je voudrais reprendre ce mot. C'est le coup que du turbo. Vous savez, ce sont des poissons rapides. À ce moment, 10 avril, nous sommes en présence d'une volte-face d'antan. Prend le parti le plus violent contre les journalistes, précisément. Il est en péril. Et lui, qui avait en secret combiné avec le duc d'Orléans, avec le nu du Chartres, avec Dumouriez pour préparer, si c'était moi, s'il y avait moyen, une restauration monarchique en France au bénéfice d'Orléans, pour se sauver maintenant, parce que sa peau est en péril, c'est la tête d'Orléans qui va demander. Et en effet, le duc d'Orléans sera rapidement.

On a constitué le 6 avril, un Comité de salut public. Le Comité de salut public, c'est très célèbre dans l'histoire de France. Et vous rappelez peut-être que un homme comme Joseph de Maistre, qui est un royaliste, dans ses Considérations sur la France en 1807, dira : "Tour royaliste que je suis, je suis obligé aussi de reconnaître que le Comité de salut public a sauvé la France et la République." Attention, il y a deux comités de salut. Nous allons voir maintenant se constituer au début d'avril, la 6 avril 93. Et puis, il y aura un second comité de la République que nous allons voir bientôt, qui est du 10 juillet. Entre le premier et le second Comité de salut public, il y a une singulière différence. En effet, dans celui d'avril, qu'est-ce qu'il y a ? Ce sont des centristes, des gens du centre de la Convention, du Marais, comme on disait. Et Danton, qui est actuellement le personnage principal qui s'est mis en avant dans le comité de la République. Danton a fait entrer avec lui Cambon et Barrère. Cambon, nous avons déjà vu ce personnage plusieurs fois apparaître. Cambon, c'est un filateur, comme vous avez du Languedoc. C'est un homme très riche. Ils ont lui et ses frères fait des acquisitions énormes de biens nationaux. Il est très spécialement anti-religieux. Il avait même demandé à un moment, c'était en novembre 92, que l'on supprime à toute indemnité au clergé constitutionnel. Et c'est un homme terrifié par les menaces que la propriété pourrait connaître. Je vais vous montrer deux documents pour vous indiquer socialement ce qui est Barrère et Cambon.

Barrère, le 18 mars, a stigmatisé les déclamations contre la propriété. "Les prétendants, ce sont des curés qui sont là dessous." Oui, c'est très bien, c'est très important ce que je vous ai déjà dit à plusieurs reprises, à savoir qu'une grande partie du petit clergé était bien plus près du peuple que n'était les Girondins, qui eux le détestaient. Les curés sont là-dessus. Les prêtres déclarés. Barrère, furieux de se voir dépouiller des richesses scandaleuses dont il jouissait, voudrait faire dépouiller aujourd'hui tous les riches propriétaires. Cambon a obtenu le 26 février un décret de peine de mort contre quiconque proposerait une mesure subversive des propriétés territoriales, commerciales et industrielles. Ça vous rappelle rien ? Ça, en réalité, territoriale, commerciale et industrielle, ce sont les mots qu'il avait employés Danton, lorsque il avait prononcé pour la première fois un discours à la Convention, le jour même la réunion de la Convention, 21 septembre 92, où il avait dit : "Je demande que tout est propriété territoriale, industrielle, commerciale soit éternellement." Alors vous voyez, on choisit des gens bien comme Barrère et comme Cambon pour entrer dans le Comité de salut public. Pas de dangers du côté de la borbiette. Ça m'a un moment où les forces de réaction, les forces de contre-révolutionnaire se déchaînent terriblement en France, profitant de la situation militaire inquiétante, profitant de l'explosion de la Vendée.

Je peux présenter quelques rapports. Rapports des commissaires de la Convention à Bayonne, 22 avril. "Un petit nombre de gens à coffre-fort tiennent la ville sur leur domination." Jambon Saint-André, ce pasteur de Montauban dont je vous ai parlé, que j'ai déjà salué la mémoire d'un homme admirable. Jambon Saint-André, c'est lui qui avait dit : "Un foulon vaut bien un fabricant." Alors Jambon de Montauban écrit : "La plus dangereuse des aristocraties, l'aristocratie de la richesse, fait désormais cause commune avec l'aristocratie des seigneurs et nobiliaires." Les commissaires de la République à Chambéry. À Chambéry, c'est la Savoie, ça a été annexé à la France. Annexé parce qu'elle Savoie l'a demandé passionnément. Des banquiers locaux en liaison avec les banques genevoises parce qu'ils sont trop contents de spéculer sur la signature. À Marseille, c'est les fédérés. Marseille, il va vous rappeler qu'ils ont été d'ailleurs très courageux. Dissoute, il y en avait plus rien. Ils sont effectués. Ce qui m'embête un petit peu, c'est que s'il fédérés qui était arrivé en chantant la Marseillaise, c'est-à-dire "Aux armes citoyens", et courant à la frontière, ils ne sont pas allés à la frontière. Ils ont décidé d'envoyer ceux qui n'avaient moins d'argent que. Car ces fédérés, c'était des gens qui payaient un impôt assez sérieux. Alors ils se sont tranquillement rentrés, ils sont rentrés à Marseille et ils sont là qui s'occupent à empêcher la révolution de mal tourner. Les armateurs s'organisent le 24 avril, ils chassent les commissaires républicains et organisent une municipalité qui les appelle "honnête". Quant à Lyon, il y a une commune ouvrière, c'est constitué. Mais si valide ouvrier après le 18 août, surtout avec un ami Chalier, c'était quelqu'un de noces, un peu mystique, un peu exalté. Et cette municipalité est une idée d'imposer à la bourgeoisie lyonnaise de 6 millions à répartir aux indigents. Vous pensez que la bourgeoisie lyonnaise avait vu sa position de 6 millions avec les yeux vous supposés. Alors le 14 mai, se constitue à vocabulaire, se constitue une commission républicaine et populaire de salut public. Tous les mots qui font gauche ou gauchistes. Et en réalité, c'est la bourgeoisie de Lyon qui vient constituer ça contre la municipalité ouvrière. Les Perriers sont derrière Lyon. C'est pas loin de Grenoble. C'est Périer qu'on retrouve à chaque étape de la révolution. J'ai même oublié de vous raconter, c'est des en 91, qui avait un Périer parisien. Il y en a des tas de Périers. Ils ont, il s'est mis dans tous les coins. Le Périer de Paris, il était, il était directeur de deux choses : d'une grande compagnie d'assurance, de la Compagnie des Eaux pour amener le courant dans les appartements, dans les beaux appartements de Paris. Et il avait aussi une manufacture industrielle dans Paris. Et bien payé en 91 avait créé un club qu'il avait appelé Club National. Vous savez toujours bien Club National. Et il remettait de 3 à 5 francs à ces ouvriers pour faire partie du Club National qui devait lutter contre le Club des Cordeliers. Et bien, il y a un père qui a plusieurs pères qui sont derrière l'insurrection lyonnaise. C'est le moment où Vergniaud. Vergniaud, dont vous venez de voir sur le générique le très beau visage. Vergniaud, c'était le plus beau des Girondins. N'empêche d'être un délégué des armateurs de Bordeaux. C'est le moment où Vergniaud, le 4 mai, va appeler Bordeaux à l'insurrection. Homme de la région ronde. Vivez, faut comprendre ce qui est en face.

Et là, je voudrais vous expliquer dans les quelques minutes qui me reste la vraie signification de l'opposition entre Girondins et Montagnards, entre Girondins et Robespierre. Dans mon premier exposé, je vous disais à propos de Voltaire et Rousseau : "L'histoire de spéciale, l'histoire que j'ai appris dans les manuels ne nous disent pas la vérité." Entre Voltaire et Rousseau, comme si la rupture entre Jean-Jacques et l'Encyclopédie, c'était une question de rivalité littéraire ou même peut-être des histoires de femmes, parce qu'il y avait Madame d'Épinay qui était trop bien avec Jean-Jacques. Les encyclopédistes furieux parce que Grimm est-elle amende Madame. Tout ça, ce n'est pas vrai. C'est une des choses que dans ma carrière, je serais, je suis content d'avoir précisé. De la rupture entre Rousseau et l'Encyclopédie, qui a des questions graves, pas du tout à des rivalités littéraires, ça tient à des questions idéologiques, ça tient à une opposition absolue dans du point de vue politique, que du point de vue religieux. Et bien, de même, demain, l'opposition entre les Girondins et les Montagnards, entre les Girondins et Robespierre. On nous a raconté, et je l'ai cru pendant des années, que c'était encore une rivalité de personnes. Michelet a beaucoup travaillé dans ce sens. Michelet a indiqué, il y a une situation que je vous ai donnée la dernière fois, je crois que l'avant-dernier, mais je l'ai dit : "C'est parce que Robespierre a vu sa popularité arrachée contre ses dents parler Girondins qu'il s'est dirigé contre eux." L'opération lui avait été horrible, disait Michelet. Mais c'est une affaire idéologique, comme l'affaire entre Voltaire et les et Rousseau. Les héritiers de Voltaire en 93, ce sont les Girondins. L'héritier de Jean-Jacques Rousseau en 93, c'est Robespierre. Robespierre et son groupe. Jambon Saint-André, qui est un des amis de Robespierre, écrit le 26 mars : "Les riches détestent la Révolution, les pauvres manquent de pain. Il faut impérativement faire vivre le pauvre." Robespierre le 1er avril dénonce ceux qui, comme un troupeau, il signale que les Girondins de plus en plus se présentent aux riches comme leur protecteur. Saint-Just, le 24 avril, discute et repousse le projet de constitution de Condorcet. J'en ai parlé, la République des Lumières. Vous avez été très autocratique. Et Robespierre, le même 24 avril, lit un projet de nouvelle Déclaration des droits de l'homme. Et là, je vais bien besoin d'être reprise. La Déclaration des droits de l'homme qui avait été tellement motif ridiculisé par les constituants. Et là, il y a des phrases, une très importante, ce que je vais vous lire lentement. Je voudrais que ça reste dans vos mémoires. "La loi agréable dont on parlait souvenir installée. La distribution des terres absurde. Si on coupe toutes les terres en partie égale, et ben dans un mois ou dans un an, il y aura plus d'égalité parce qu'évidemment, selon tempérance, sont les possibilités de chacun, c'est très partition égale aboutira rapidement à une inégalité absurde. Il s'accompte pas, mais pas de sacralisation non plus, pas de fétichisme de la propriété. Il y a de prétendues propriétés, ça crée un violeur comme disant la première Constitution qui sont inadmissibles." Vous attendez, il y a des propriétés diamants qui sont inadmissibles. "Demandez aux négriers", dire Robespierre ce jour-là. "Demandez aux marchands de chair humaine, c'est que leur propriété." Ils vous répondront à vous remontrant cette longue bière, ils appellent un avis et où ils ont encaissé et ferré des hommes qui paraissent vivants. Ils vous diront avec énergie : "C'est ma propre propriété, j'ai payé cela tant par tête, c'est une propriété sacrée." Et ben, nous on ne sacre pas un touchable. Au contraire, le droit de propriété est borné comme tous les autres par l'obligation de respecter le droit d'autrui. Est-ce que vous rendez compte de l'effet que ça peut faire sur les Girondins, en particulier sur Vergniaud, sur tous ceux qui représentent les armateurs, c'est-à-dire les négriers ? Par conséquent, Vergniaud, le 10 mai, va répondre à Robespierre, ayant bien soin d'esquiver la question des négriers sous peine de dissoudre le corps social lui-même. "Il faut la protection, il faut d'une protection entière à la propriété. Le premier objet de l'union sociale, c'est le maintien des propriétés. Toucher à la propriété d'Hivernaud, c'est rendre l'énergie intelligente assujettie à la sottise, l'activité assujettie à la paresse, les vertus d'économie assujetties aux vices de la dissipation. Cette établi sur l'homme laborieux et intelligent et économe, la tyrannie de loisiveté et de l'ignorance et de la débauche de loisirs." Vous avez entendu les travailleurs pour Vergniaud, ses loisivetés, c'est en train de se perdre. Les gens de se perdre au point que Isnard, l'un de va monter à la tribune le 25 mai et dire : "Si Paris remue, la province interviendra et on se demandera si jamais Paris a existé sur les bords de la Seine, car s'il le faut, nous la tenir." Vous rendez compte, c'est un Girondin qui dit ça. C'est Isnard, le parfumeur, qui annonça le 25 mai. C'est la Gironde qui représente à son compte les propres ou même de Brunville.

Alors, quand la Gironde va être liquidée par l'insurrection des 31 mai de juin, quand la population parisienne, quand la commune, quand les sections vont demander que 22 Girondins soient exclus, et quand Michelet va appeler ça le grand jour fatal de la Révolution, parce que les Girondins d'un côté renvoyés, mais c'était le salut de la République. Les Girondins étaient devenus, vous l'avez bien vu maintenant, les ennemis publics. Quoi ? Des collaborateurs de l'ennemi.

À la fin de mon dernier exposé, je vous avais, j'avais fait allusion simplement à une journée des 31 mai de juin qui vont aboutir à l'exclusion des Girondins de la Convention. Et je vous avais rappelé le mot de Michelet qui appelle ça le grand jour fatal de la Révolution, parce que pour lui, les Girondins représentaient l'illusion. Il y a quelques mots sur ces journées. Donc, il y en a eu deux : 31 mai, 2 juin. Comment ça se fait ? Il n'y a pas une qui a eu réussi. C'est-à-dire que Danton lui-même avait été, vous le rappeler, dans son discours du 10 avril, le plus énergique entre les Girondins, puisqu'il avait dit : "Il faut en finir avec ces intrigants." Et vous vous rappelez aussi que les sections de Paris avaient été comme mentionnées, comme il est naturel qu'elles le soient, à la suite du discours d'Isnard, le parfumeur, qui avait dit : "Si les manifestations continuent, si jamais les criminels en venaient à tenter de porter à table à la violence, leur représentation nationale, Paris serait anéanti et bientôt on chercherait sur les rives de la Seine qui parie à jamais existé." Alors, il fait naturel, évidemment, que l'opinion publique se souleva. Et ce 31 mai, il y avait une manifestation de masse autour de la Convention pour exiger le départ des Girondins, leur exclusion. Danton avait joué un très drôle de jeu. Danton, ce jour-là, tout à coup, s'était trouvé accommodant. Lui, qui il y a quelques semaines était le plus flamboyant contre les Girondins, maintenant il dit : "Enfin, n'allons pas trop trop fort. On pourrait être simplement se contenter de supprimer une certaine Commission des Douze dont je vous ai pas parlé." Cette anecdotique, une commission des Douze qui avait constitué les Girondins et qui ennuyait à la Montagne. Si bien que la première journée, qui est un vendredi 31 mai, avait abouti à un avortement.

Alors, on fait une seconde journée, le dimanche. Le dimanche, c'est pas bon jour, parce que ils travaillent pas. Vous vous rappelez que on avait essayé d'empêcher de la journée révolutionnaire contre le roi de se produire le dimanche 5 août par Sénégal. Dimanche, et que finalement, tout de même, on l'avait lancé dans la semaine le 10 août. Alors, le dimanche 2 juin, de nouveau, les faubourgs se lèvent. De nouveau, la Convention est entourée. Il y a un nouveau chef de la garde nationale qui s'appelle Henriot. Henriot, qui est tout dévoué à Robespierre. La Convention avec des troupes et du canon. Henriot prononcera même le cri fameux : "Canonniers, à vos pièces !" Lorsque les Girondins prétendent sortir. Attention, les pièces n'étaient pas chargées. C'était une mise en scène. Alors, quand on nous dit la Convention est une massivement, ce n'est pas exact. C'est une intimidation. Et ce jour-là, on va obtenir l'exclusion de 32 députés Girondins. Et Brice, leur exclusion seulement. Elle est plus vigoureuse, les plus violents avaient demandé leur envoi devant le tribunal révolutionnaire.

C'est-à-dire les faire passer à la guillotine. C'est couru, on respire. On n'avait pas voulu. Robespierre avait dit : "Non, il ne faut pas répandre de sang. Il faut simplement condamner à la résidence surveillée." C'est 32 députés exclus parce qu'ils sont, comme je vous le disais, les collaborateurs de l'ennemi. C'était une très grande mensualité. Facilement, Robespierre avait donné l'impression qu'il était un peu trop modéré. Cette idée de faire simplement surveiller chez eux les députés qui ne devaient pas sortir, vous allez voir à quoi ça aboutit.

Toujours est-il que quand même, la Convention est purgée. Maintenant, elle n'est pas réduite comme le raconte Monsieur Garçon, un rôle de Parlement croupion. Sur les 750 conventionnels, il y en a encore maintenant environ 700. Parce qu'il est fou de dire que c'est une convention réduite et d'une compassion épurée de gens qui ne pouvaient plus y avoir leur place, puisqu'ils prononçaient les paroles même de l'envahisseur, puisqu'ils le répétaient.

Alors, où est-ce qu'on en est ? Au début de juin 93. Début juin 93, par bonheur, les coalisés continuent à être d'une malaise incroyable. On a maintenant les Anglais avec soi, puisque la France a déclaré la guerre à l'Angleterre le 1er février. Soit les Anglais, ils sont toujours été un peu comme ça, ne pas trop se mêler des affaires continentales. Ils veulent bien envoyer un corps expéditionnel plutôt symbolique. Ils veulent s'occuper d'Anvers, naturellement, ça, ça les intéresse capitalement. C'est fait, le recul des armées d'Dumouriez a permis de dégager Anvers. Ça les intéresse de mettre aussi le blocus devant Dunkerque. C'est un port. Mais quant à s'engager dans la direction de Paris, pas question. Par conséquent, par bonheur, et une fois de plus, la République est sauvée par cette mollesse des coalisés.

Mais il y a la Vendée. Je vous l'ai dit, et il faut encore apporter quelques précisions dans cette histoire. J'ai été dressé comme tous les Français dans l'idée qu'il y avait eu cette admirable insurrection. Je dis bien admirable insurrection de Vendée. Donc, Victor Hugo dans son 93 a parlé avec l'estime qu'il faut lui porter. Admirable parce que nous disons, ce sont des gens qui sont atteints dans leur foi, parce qu'ils sont très catholiques, et qui sont indignés de ce qu'on fait au clergé. Le 10 mars 93, pour se soulever, parce que là, la persécution à l'église, mais elle est vieille. Ça a commencé dès 90 et en 92, j'avais vu ce qu'on avait fait aux prêtres, puisqu'on les avait déportés en masse, ou qu'on avait dit : "Ceux qui ne veulent pas quitter le territoire national sera envoyé en Guyane." En fait, il y avait eu 22 ou 25 000 prêtres qui avaient quitté le territoire. Elle n'avait pas bougé.

Alors, pourquoi est-ce qu'il bouge le 10 mars ? Elle bouge le 10 mars parce que le 17 février, la Convention avait décidé une levée de 300 000 hommes. Il fallait bien maintenant, puisque la France est en guerre en plus avec l'Angleterre, et en plus avec l'Espagne, avec le Piémont, il fallait bien. Et cela complémentaires, entendu. Et je vous avais dit, ça avait été un décret. C'est gentil parce que c'est 300 000 hommes. Il y avait une autorité de remplacement, c'est-à-dire que les gens bien, les gens qui avaient de l'argent, vous pouviez payer l'impôt pour aller se faire tuer à leur place. Néanmoins, on levait des hommes. Et c'est justement le jour de l'opération pratique et effectivement de la levée en Bretagne, le 10 mars, qui sont soulevés. Ils sont donc pas soulevés tellement comme on va le raconter pour la défense de leur foi. Ils sont soulevés parce qu'on voulait faire du recrutement républicain et obliger ces paysans à s'y battre.

Le voulaient pas. Remarquez que les nobles et les royalistes qui sont là sont extrêmement malins. Et comme ce sont des paysans furieux qui ne veulent pas aller se battre pour la République, qui soulève, on aura soit de mettre en avant des généraux entre guillemets, les généraux paysans. Il y aura la Capelineau, c'est un voiturier. Il y aura Stofflet, qui était un garde-chasse du comte de Montlivrier. Alors, on dira : "Ce sont les paysans qui suivent leur propre chef, leur chef du terroir, le paysan Cathelineau, le paysan Stofflet." En fait, vous comprenez bien que les nobles sont derrière avec la charge Jacquelin, avec Charette, et que rapidement, ils se mettront au premier plan. Mais c'est très utile pour leur propagande, l'affirmer qu'il s'appelle "Armée catholique et royale". Catholique et royale, c'est quelque chose.

Ça a commencé à Machecoul, le masque, le 10 mars. Et quand on nous parle des horreurs de la répression républicaine, qui sont parfaitement exactes, faut pas tout de même oublier de nous parler des horreurs de ce qui s'est passé d'abord de la part des Vendéens. 545 personnes ont été tuées en moins d'un mois dans cette petite ville de Machecoul, qui compte, je crois, 2000 habitants. Et dans des tueries atroces, les républicains étaient suspendus par les pieds au-dessus de foyers. Alors ça leur brûlait les yeux, ça leur brûlait le visage, et puis finalement, ça allait brûler tout entier. C'est des cochons fumés, comme disaient les paysans vendéens.

Alors, il fallait bien réagir. On avait envoyé contre eux, qui en avait pu. Il y avait très, très peu de troupes disponibles. Alors, on avait levé des volontaires à 500 francs, qui faisait rire les gens, parce que pour 500 francs, qui était une somme pour l'époque, on pouvait s'engager à lutter contre les Vendéens, ce qui paraissait peut-être moins dangereux que de lutter contre les coalisés. Et c'était sans terre, la mine qui s'est fait nommer chef de la répression. Moi-même, et ça tournait très mal. Santerre n'avait aucune expérience militaire. C'est l'état de juin. Westermann, Westermann, qui était aussi un évidence, qui se fait dès maintenant appeler Biron. Ce général de Biron, cet aristocrate, avait accepté de prendre du service de la Convention contre les Vendéens. Mais tout ça s'opère dans des conditions misérables. Les troupes, ces volontaires à 500 francs, n'étaient pas extrêmement courageux. Et on avait trouvé aussi le moyen d'envoyer l'armée des déserteurs autrichiens, parce que les troupes françaises avaient tort quand elles étaient face à l'ennemi, de brandir des billets des assignats de 100 livres et de dire aux soldats qui étaient dans les tranchées : "Il y avait pas de tranchées dans le camp adverse. Si vous venez chez nous, vous aurez 100 livres par an." Et un certain nombre de déserteurs prussiens et autrichiens étaient passés.

Alors, on avait envoyé cette racaille contre les Vendéens. C'était de drôles de trou. Si bien que les armées républicaines étaient plusieurs fois battues. La mansuétude de Robespierre, dont je vous ai parlé, du 2 juin, lorsque Ramondtier s'est absolument opposé à ce qu'on tue les Girondins, c'est-à-dire qu'on les envoie devant le tribunal révolutionnaire, et lui coûte cher. En effet, sur les 32 qui ont été arrêtés, qui sont à résidence surveillée, 20 s'échappent. Si tout de suite, ils étaient à peine surveillés, et qu'est-ce qu'ils vont faire ? Nous aussi, camarades, se réunissent ça en Normandie, et là, carrément, il lève, il lève, vous entendez, les Girondins, il lève une petite armée pour marcher contre Paris. Cette fois, les voiles sont déchirées. Cette fois, les Girondins, qui avaient dans la voie de Vergnot, le 4 mai, avait dit : "Homme de la Gironde, levez-vous !" Ils se lèvent pour de bon, militairement. Joignent leurs efforts à ceux de la Vendée, joignent leurs efforts à ceux des coalisés, et avec le général, essaie de marcher sur Paris.

Le 6 juin, c'est Marseille, où il avait déjà une municipalité honnête, qui maintenant fait une municipalité à la fois girondine et royaliste. Sécession de Marseille par rapport à Paris. Le 7 juin, c'est Bordeaux, et Bordeaux annonce la constitution à Bourges d'une sorte de contre-convention. Le 12 juillet, c'est Toulon, et ça, dans des circonstances navrantes. Toulon, flotte à la flotte française de Toulon. C'était la deuxième flotte, et la flotte de Brest, et la flotte de Toulon. Brest, flotte de l'Atlantique. Toulon, flotte de la Méditerranée. Et il y avait là deux amiraux qui se prononcent contre la Convention et constituent avec la bourgeoisie de Toulon, de Toulon, une municipalité contre-révolutionnaire et sécessionniste. Le 17 juillet, c'est Lyon, qui est aussi arrache le masque. Le masque, pourquoi ? Parce que je vous ai dit que la bourgeoisie de Lyon avait inventé le vocabulaire qu'il fallait, à savoir : "Commission républicaine et populaire de salut public." En réalité, c'était les royalistes. Et le 17 juillet, les royalistes font un coup de force contre les ouvriers et font passer à la guillotine Chalier. Chalier, le mystique républicain, qui avait demandé d'ici médiums.

Si bien qu'à la fin de juin 93, 60 départements français, grâce aux Girondins, sont en rébellion contre Paris. Vous vous rendez compte de la situation ? Alors, voilà ce qui va se produire. Il va se produire que Danton, qui a été lamentablement mou dans la direction de son comité de la République de juillet. Danton, qui vient de se remarier le 17 juin avec une toute petite fille. Il a 35 ans. Danton et sa femme était morte en février. Il se remarie le 17 juin avec une gamine qui a 15 ans, qui est passionnée par ce nouveau mariage, ne travaille pas. Il avait fait des choses d'une malaise insigne, puisqu'il avait laissé plusieurs des Girondins décrétés d'arrestation, arrestation de résidence surveillée, le 2 juin. Il en avait laissé deux qui étaient ministres, continuaient à exercer leur fonctionnement. Xavier Clavier, vous aviez Lebrun, qui ridiculement venait au conseil des ministres accompagné d'un gendarme, mais continuait à leurs impératifs. Danton s'est spécialisé, je vous l'ai dit, dans les affaires militaires. Il déteste celui qui était chargé de la guerre. Ça avait été d'abord Pache. C'était maintenant le colonel Bouchotte, ou comité exécutif. Vous rappelez ce comité exécutif provisoire qui tank la Constitution n'existe pas, et tout était quelqu'un qui aurait voulu lutter contre le système abject des fournitures militaires. Danton avait déjà obtenu la tête de Pache, toujours sur des questions de fournitures militaires, parce que Dumouriez n'aimait pas. C'était du temps où Dumouriez et Danton étaient collés comme ça. Maintenant, il n'y a plus de Pache, qu'il est devenu maire de Paris. C'est Bouchotte qui lui aussi, il voudrait remettre de l'ordre dans cette question des fournitures. Et Danton est arrivé à imposer d'Espagnac. La baie d'Espagnac, celui qui gagnait, qui gagnait 5 millions par mois dans les fournitures militaires. C'est Danton qui est arrivé à mettre d'Espagnac.

Alors, par bonheur, lorsque le Comité de salut public va être renouvelé, il était renouvelé mensuellement, et que nous arrivons au 18 juillet, où il va être renouvelé, Danton dire : "Je suis fatigué, j'ai pas envie d'entrer, il a de me faire renouveler." Par conséquent, Danton se retire le 18. Alors, Robespierre fait entrer le 10 juillet au Comité de salut public trois hommes. Trois hommes sur ces couts. C'est Saint-Just et c'est le pasteur, jambon, Saint-André. Les voiles qui entrent. Copine. Alors, vous me dites : "Mais pourquoi est-ce que Robespierre n'entre pas ?" Robespierre n'entre pas pour une première raison, et que voici. Robespierre est un homme malade depuis 1789. Robespierre est constamment sur la brèche. Non seulement quand il était constituant, puis quand il est maintenant conventionnel, il a six, c'est son devoir à toutes les réunions, mais en plus, il travaille aux Jacobins. Et lorsqu'il n'était pas membre de la Législative, puisque personne ne l'a constituante ne pouvait être membre législative, il était là tous les jours aux Jacobins, prononcé un discours. Un homme qui habite, vous le savez, chez ce menuisier Duplay, petit appartement extrêmement simple, il a une petite mansarde, sa fenêtre donne sur le hangar des menuisiers. Cet homme pense, mais fait vraiment du matin au soir à ce travail révolutionnaire. Il dort pas, il est extrêmement la même. Le 12 juin, il avait annoncé qu'il allait se retirer, qu'il n'en pouvait plus. Alors, quand un nouveau comité se constitue, il dit : "Je ne suis pas de taille à prendre sur mes épaules ces responsabilités." Si bien que le 18 juillet, se constitue un CSP, un Comité de salut public, sans Robespierre, mais avec trois amis. Ce comité de salut public va essayer de travailler tout de suite. Et il s'est produit trois jours après sa constitution, 18, 13 juillet, une chose terrible qui aura une influence après sur les Girondins, c'est que Marat est tellement respecté à cause de son intégrité. Bravo, vous avez vu ça sur le générique. Aki assassiné par une fille, Charlotte Corday. 13 juillet. Charlotte Corday est une fille bien. Elle savait parfaitement quand tu es en Marat, et l'estime que c'était une bête sauvage. Quand tu remets, elle se précipitait vers la guillotine. Elle l'avait fait en disant : "Il fallait débarrasser du." Mais d'où est-ce qu'elle vient, Charlotte ? Charlotte, elle vient de Caen. Et quand on l'interroge, elle dira : "Oui, j'ai été en rapport avec Gaudet, avec Isnard, avec Vergniaud, qui m'ont montée, enfin, qui m'ont dit : 'Danger de Marat et de la République montagnarde.'" Au moment où Charlotte Corday assassine dans sa baignoire d'un coup de poignard, Marat, le même coup de poignard qui tue Marat est en train de tuer les Girondins. Comprenez bien que malgré tous les efforts de Robespierre pour sauver ces gens-là, il n'y a plus moyen de sauver. Maintenant, qui sont responsables de l'assassinat ? Et Marat, c'est le troisième républicain qui va être tué par la réaction. Il y en avait un dont je vous ai pas parlé, c'est anecdotique, mais je tiens à le dire. Maintenant, qu'il y avait été détruit juste à la veille de l'exécution du roi. C'est le 21 janvier 93 que le roi était guillotiné. Le 20 janvier, ou soit un de ceux qui avaient voté la mort du roi, qui s'appelle Le Pelletier de Saint-Fargeau, avait été tué par un ancien garde du corps qui s'appelait Paris. Et ce qui de Saint-Fargeau, c'était quelqu'un d'estimable. Voilà ce que Robespierre lira de lui après la mort de Saint-Fargeau. Un texte de Saint-Jean, lui, à la tribune de la Convention. Non, pas Robespierre. "Les révolutions qui sont passées depuis trois ans ont tout fait pour les classes aisées et presque rien encore pour la classe la plus nécessaire, sans doute, pour ses prolétaires dont la seule propriété est dans leur travail. Ici est la révolution du pauvre, avait dit Le Pelletier." C'est ce qu'il avait condamné à mort. Et puis, vous avez Marat assassiné. Et vous avez le 17 juillet, Chalier, le républicain révolutionnaire de Lyon, qui est tué par les royalistes. Trois morts républicains. Robespierre, dans l'entrée finalement par conscience au Comité de salut public. Mais quand il y entre, il a fait prendre les mesures par ses amis. Et nous avons, par bonheur, des notes de lui qui ont été retrouvées dans ses papiers, lorsque un an plus tard, il sera tué. Et voici une note de Robespierre du mois de juin 93 que je trouve très importante : "Les dangers intérieurs viennent de la bourgeoisie. Tout était disposé pour mettre le pape indéfiniment sous le joug de la bourgeoisie. Il triomphe dans ce moment à Marseille, à Bordeaux, à Lyon. Ils arrêtent, triomphent à Paris. Juin. Il faut que les sans-culottes soient éclairés, soit collés, soit armés." La première fois, vous savez, la première fois dans l'histoire de mon pays, du moins, c'est la première fois qu'un homme de gouvernement s'est associé les masses, c'est-à-dire la France, c'est-à-dire les pauvres, c'est-à-dire tout le monde. Associé les masses à l'exercice du pouvoir. Jamais on avait vu ça. C'est ce qui avait détesté les Constituants, et il avait été jusqu'à tirer sur le peuple d'ici juillet 91. 16. Les Girondins et lui, Robespierre, il veut que le peuple participe, que le peuple travaille.

Alors, on avait pris déjà un certain nombre de mesures. C'est-à-dire, Couthon, Saint-Just et Cambon, Saint-André. Le 3 juin, les biens d'immigrés sont des saisies, vont être vendus par parcelles, parce que les Girondins, parce que les Montagnards à la Robespierre, ne veulent pas qu'on recommence le coup qu'on a fait avec les biens du clergé, où sont-ils passés ? Les biens du clergé entre les mains de la bourgeoisie. Ils l'ont encore accru son pouvoir. Cette fois, ça sera par petite parcelle pour que les paysans pauvres puissent en obtenir. Le 10 juin, partage des biens communaux et en faveur des plus hérités. Le 24 juin, Robespierre a prononcé une parole qui est menaçante, parce que sans rien dire, c'était contre Danton. Essayer maintenant, alors que la situation était si dramatique, essayer encore des négociations avec l'étranger. Il était prêt à bâcler une paix n'importe comment. Le 24 juin, Robespierre fait prendre le décret que voici : "La République ne traite en aucun cas avec un ennemi qui occupe son territoire." Et le même 24, il a obtenu le vote de la Convention de la nouvelle Constitution. Il n'a pas obtenu ce qu'il voulait. Il n'a pas obtenu que l'on mît dans la Constitution ces restrictions au droit de la propriété dont je vous avais parlé l'autre jour en les soulignant beaucoup. Robespierre disait : "C'est faux que la propriété soit toujours sacrée. Et un vieux diable, il y a des propriétés inadmissibles." Bah, ça, la Convention, qui est composée tout de même d'abord, et d'un marais considérable de notables, de propriétaires, la contient pas voulu suivre. Du moins, qu'il a obtenu dans sa constitution du 24 juin, la reconnaissance : 1. Du droit au travail, c'est-à-dire que les Français, la collectivité française garantit à chacun du travail. C'est scandaleux en 1948. Les révolutionnaires demanderont, est-ce naturellement, écarté, droit au travail, droit à l'assistance, et droit à l'instruction. Robespierre se préoccupe de l'instruction publique, car ils veulent non seulement colérer, mais éclairer le petit peuple, c'est-à-dire leur ouvrir les yeux sur leurs conditions, l'exploiter.

Et voici le 27 juillet. 27 juillet, un membre du Comité de salut public à partir, c'était Gasparin. Et il était parti parce que le Comité de salut public avait prononcé la récitation d'un général. On n'avait jamais vu une chose pareille. Ce comité de salut public, rénové, agissait. Le général Custine, qui n'avait pas su défendre Mayence. Mayence avait été encerclé pendant des mois, et Custine n'avait rien fait pour le défendre. Custine est arrêté, il va passer dans le tribunal révolutionnaire. Alors, un des membres d'Antonisme, bien sûr, du Comité de salut public, absolument pas qu'on touche aux généraux. Alors, comme il y a une place vacante, ces gens, bon, Cambon, Saint-Just, vous savez, le pasteur, la Migros, qui va trouver Robespierre. Il lui dit : "Faut que vous veniez." Bien sûr, il en a aucune envie, mais il y va tout de même. Il est malade, il est souffrant, il n'en peut plus. Il dit : "Ce que je pourrais porter pour appareil sur mes épaules, mais je crois qu'il faut." Le 27 juillet 1793. 27 juillet. Robespierre et public. Et si je viens de réveiller, 27 juillet, c'est que quand est-ce qu'il va mourir ? Le 27 juillet 94. Le jour Robespierre entre au Comité de salut public. Il a juste, juste un an à vivre. On va nous parler, tous les livres nous parleront de la dictature de Robespierre, mais qu'est-ce que c'est, une blague ? Ce n'est pas attirant. Robespierre, c'est un membre du Comité de salut public, et le Comité de salut public est renouvelable et renouvelé, en effet, tous les mois. Le Comité de salut public, c'est une délégation de la Convention. Il n'y a absolument aucune tyrannie. Il y a simplement le prestige personnel d'un Robespierre qui, depuis 1791, dans le pays, le public est appelé la corruptible. Et c'est précisément cette autorité morale, ce prestige moral de Robespierre qui va entraîner sa perte, parce qu'on le testera.

Alors, qu'est-ce qu'il fait Robespierre, membre du Comité de salut public ? Il se préoccupe de l'unité nationale. Il y a les 60 départements qui sont en révolte. Il faut essayer d'écraser ça. Alors, il va envoyer une expédition militaire pour arrêter Vincennes. Vincennes, c'est le général qui est au service des Girondins de Caen, à Vernon. Il fait pulvériser la petite troupe de Vincennes. Ça, c'est arrangé. Lyon, maintenant, Lyon voudrait bien s'arranger avec Marseille et avec Toulon, puisque ce sont des villes en insurrection, pour faire une espèce d'énorme rébellion, une Vendée, une Vendée du Sud-Est, si vous voulez. Heureusement, il y a un département fidèle entre Lyon et la Provence, il y a la Drôme. Dans la Drôme, il y a nommé Julien. Julien de la Drôme, pas du tout à fait différent d'un autre Julien, qui lui est pasteur, qui est Julien Toulouse, et qui est un affairiste et encore corrompu. Non, ce petit Julien de la Drôme est un homme qui comprend ce qu'il faut faire. Il faut absolument empêcher les Lyonnais d'avoir une unité avec le midi. Alors, il fait tenir tranquille cette Drôme grâce à son prestige personnel, et Lyon est coupé de cet appui du midi sur lequel il comptait. Marseille, du reste, va être repris sincèrement le 25 août. Les départements se rallient en grand nombre, parce que vous savez, c'était humain, enfin, on va toujours du côté de la victoire. Et comme la victoire pense maintenant du côté de la République et du côté de la Gironde, ces départements se disent : "Il faut pas se mettre avec Paris." Et Israël. Et enfin, la guerre de Vendée va être conduite d'une autre façon. Kléber, général, le jeune général Kléber, avait commandé la forteresse de Mayence, qui avait été encerclé depuis le mois de mars, depuis le 8, depuis mars, et qui avait tenu jusqu'au 25 juillet. C'est pour ça qu'on avait condamné Custine, parce qu'il n'était pas venu au secours de Mayence. Lorsque Mayence va être obligé, parce qu'ils sont dans la famille, ce 25 juillet, les Autrichiens vont accepter que la garnison sorte, ou pas seulement avec ses bagages, comme on dit, mais avec des bagages et les mailles en sec, comme on va dire sur la conduite de Kléber, vont sortir. Alors que les Autrichiens leur présentent les arbres, ils ont laissé sortir avec une promesse, une promesse d'honneur, de ne plus servir contre. Bon, c'est d'accord. Ils ne serviront plus contre les Autrichiens. Mais il y a cette affaire de Vendée qu'il faut régler. Il y a ces misérables généraux improvisés, les Westermann ou Santerre, qui te font rien, et un Biron, le losing, qui est suspect. Kléber va demander à servir en Vendée, et dès que Kléber va arriver en Vendée, la situation se retournera.

Mais Robespierre est un homme gai. Il est gai. Vertiste d'une part, et vert. Je vous ai pas encore parlé d'un personnage affreux et vert. C'était un Muscadin, comme on va dire bientôt. Le mode muscadin se répandra à partir de 1794. Un homme extrêmement bien habillé, un qui, il a même deux montres dans ses goussets. C'est un petit monsieur, pâle et blond. Il a épousé une extra-religieuse, et il a lancé un journal hors-la-loi qui s'appelle "Le Père Duchesne". Et malheureusement, une très grande diffusion. Je voudrais vous apporter deux citations du Père Duchesne pour vous montrer le genre de ce monsieur. Eh bien, il parle de Madame Roland. Manon Roland, c'est-à-dire, pauvre petite Manon, il avait été arrêté, cette pédante avec ses faux cheveux. Non, il avait d'admirables cheveux noirs. Vieille guenon. En attendant que tu les excuses sur les chapeaux au foot sur Marie-Antoinette, la veuve. Maintenant, elle est seule dans sa prison du Temple, et elle va passer à la guillotine. On ne sait pas quel est le goujat qui lui a fabriqué ses avortons d'enfants et clopés et bossus, sortis de ce ventre ridé à triple étage. Oui, évidemment, le Père Duchesne avec Hébert, groupe autour de lui des impatients, des gens qui gardent trop le verbe, qui trouvent que Robespierre était bien trop mou, que Robespierre a été absurde de ne pas vouloir faire tuer les Girondins, qu'il faut les faire tuer. Ce sont des hommes de sang. Notez qu'autour de Hébert, il y a des types bien. Par exemple, Billaud-Varenne, c'est quelqu'un de parfaitement estimable. Mais il fait partie de ce groupe excité. Il y en a de bon, il y a de mauvais, comme toujours. Vincent, Vincent, c'est le collaborateur, le premier collaborateur de Bouchotte. Bouchotte, le ministre de la guerre. Et Vincent est quelqu'un de bien. Ronsin, chef de l'armée révolutionnaire, dont je vais vous parler, c'est quelqu'un de moins bien. Toujours est-il que, il y a autour de ce groupe là des vertiges, les gens qui sont contre Robespierre. Il va commencer à essayer de travailler. Alors, qu'est-ce qu'il fait ? Dans son lance, d'abord, un ami qui s'appelle Lacroix, ou de Lacroix, mais il avait fait tomber les deux. Ce gros Lacroix, qui est encore plus gros que Danton, et qui est une espèce de pince, l'avait accompagné à bien des reprises dans ses pillages de Belgique.

Alors, le 11 août, Lacroix, poussé par Danton, réclame l'application immédiate de la Constitution. Comment appliquer la Constitution maintenant, au moment où la France est divisée et envahie ? Pas possible. Cette Constitution ne peut s'appliquer que quand la victoire sera venue. Le 12 août, le même Lacroix, toujours poussé par Danton, demande le renouvellement, le changement du Comité de salut public. La Convention ne marche pas, ou pas maintenir Robespierre et ses amis. Donc, faites entrer, du moins, le 14 août, deux membres nouveaux au Comité de salut public. Demande dans des équipes bien. C'est deux membres, c'est Carnot et c'est Prieur de la Côte-d'Or. Il y a deux Prieur. Il y avait déjà un Prieur de la Marne, qui revient à l'aspirer. Mais grâce à Danton, voilà quelqu'un de bien. Enfin, quelqu'un qui va surveiller Robespierre, avec Carnot, qui le déteste, qui a du Comité de salut public. Le 23 août, Danton, exécutant ainsi numéro de militarisme qui lui sont familiers, va réclamer la levée en masse. Ça ne signifie rien du tout, la levée en masse. On a besoin d'un effectif de 300 000, 500 000, mais ça veut dire tous les Français en âge de porter les armes. Numéro qu'il exécute pour se mettre en avant. Robespierre ne veut pas prendre position quand on fait la levée en masse, puisque ça fait très pédagogique. Mais il demande simplement : "Bon, ben, décidons la levée en masse, mais à condition qu'il n'y aura plus de remplacement militaire, que les riches partent aussi." Ça, ça ne lui plaît pas beaucoup. Mais Danton est, à ce moment-là, dans une certaine idée d'extrême gauche. Le fameux turbo, vous savez, il coûte que maintenant, il mise du côté des vertiges. S'entendent les vertiges sont contre Robespierre, et que alliés avec eux, ils peuvent être détruire Robespierre. Et le voilà qui, le 25 août, dans un discours jacobin, déclare : "Je me fais honneur d'être né sans-culotte." Mais c'est pas vrai. Il n'est pas du tout un sans-culotte. C'est le fils d'un procureur distinct, monsieur, qui est bien loin d'être sans-culotte, maintenant, qui est un gros propriétaire.

Et voilà que le 28 août, une nouvelle terrible arrive sur Paris. Toulon. Toulon était déjà en sécession. La flotte qui était là, les deux amiraux dont je vous ai parlé, l'amiral Truguet et l'amiral de Chabot, livre leur flotte aux Anglais. Décidément, il n'a pas beaucoup de chance la révolution avec ses généraux et ses amis. Voilà le deuxième général que nous avons vu trahir, le général Lafayette, puis le général Dumouriez. Maintenant, c'est les amis de la flotte de Toulon qui remettent cette flotte aux Anglais. Cette nouvelle arrive à Paris le 29 et le 30 août. Et tout de suite, Danton va en profiter pour essayer de lever un mouvement populaire contre la Convention, contre le Comité de salut public, en disant : "C'est là où Danton va s'engager d'une manière incroyable." Et j'ai à vous dire quelque chose que l'histoire n'a malheureusement pas enregistré, à savoir que cette Danton, qui est responsable de la Terreur qui va s'organiser à partir du 4 septembre, c'est Danton qui va saluer le 5 septembre ce qu'il appelle "les lances sublimes du peuple". C'est qui va dire ceci : "Quand le peuple présente ses besoins, c'est le génie national qui parle. Que, écoutez bien, que tous les jours un aristocrate, un scélérat, paye de sa tête ses forfaits." Tous les jours, Danton monte à la tribune de la Convention pour réclamer une tête par jour. Robespierre trouve que c'est bien fort, mais enfin, profite tant de ce mouvement populaire, il va obtenir des choses qu'il désirait depuis longtemps. Le maximum. Le maximum des denrées que les paysans demandaient depuis si longtemps, que les pauvres avaient demandé du temps de Turgot. Vous savez, ce salaire d'écouter quand Turgot avait fait 15 ans parce qu'il avait donné un coup de pied dans la porte d'une boulangerie. Ben, cette fois, ça y est, le maximum. Et un maximum qui sera contrôlé par une petite milice qu'on appelle l'armée révolutionnaire, dont le jeune Ronsin sera le chef. On ira ces petites armées révolutionnaires, c'est 5000 âmes et 200 et 1200 canonniers, circulera autour de Paris pour vérifier que les paysans vendent leur blé comme il faut au prix qu'on a fixé. Quel prix ? Ben, on a décidé que les denrées premières nécessités seraient vendues un tiers plus en 90, et que les salaires seront augmentés de la moitié. De Robespierre fait-la, enfin, quelque chose en faveur de la classe ouvrière. La moitié, par conséquent, il y a les salaires plus augmentés que ne peuvent être augmentés les denrées. Il travaille aussi du point de vue de la guerre, naturellement. Robespierre, il va s'occuper maintenant d'essayer de renouveler les états d'esprit militaires. Et c'est ça dont je vous parlerai, parce qu'il y a encore une légende à ce propos. Vous allez voir ce qui va se produire à la fin de l'année 1793. Vous allez voir ce qu'on va appeler le moral des armées républicaines. La légende l'attribue à Carnot. En fait, c'est aux amis de Robespierre, c'est un coup de tonnerre, c'est à Saint-Just, à Carnot, de Pierre lui-même, qu'on ne devra. Et si la République va être sauvée à la fin de l'année 1793, ce n'est pas comme l'a prétendu à Carnot, c'est bien au gros problème spirituel qu'elle le doit.

Le 6 septembre 93, Robespierre, qui est membre du Comité de salut public, je vous le rappelle, depuis le 27 juillet 93, fait adjoindre deux nouveaux membres au comité. C'est Billaud-Varenne et c'est Dubois. Je vous ai dit un mot de lui l'autre jour, j'ai pas pensé à vous dire qu'il avait une petite perruque rousse qui devait faire rire les gens. Varenne, c'est un rectiligne. Je veux dire que ce n'est pas du tout un homme à la manière de Hébert, qui était un arriviste, un intrigant et un cupide. Billaud, c'est un homme sûr, solide, évidemment violent, c'est quelqu'un qui est tout à fait favorable à la Terreur. Il a à côté de lui, que le Dubois, qui n'est peut-être pas de la même noblesse que le Dubois, c'est un acteur, c'est un ancien acteur comme Favre d'Églantine, l'ami de Danton. Enfin, ils sont toujours ensemble parce qu'ils pensent de même. Robespierre a pensé qu'on ne pouvait prendre par l'un sans l'autre. D'accord.

Alors, voilà constitué ce qu'on pourrait appeler le Grand Comité de salut public. Ce Grand Comité de salut public qui va être en fonction jusqu'au 9 Thermidor. Et qui, de loin vu, ou nous sommes maintenant ensemble, unitaire, ce n'est pas vrai. Il y a beaucoup de rivalité à l'intérieur du comité de salut public. Il donne à la France l'impression d'être un bloc. Il n'est pas du tout un bloc, il y a des fissures. Et nous le verrons assez. Mais enfin, en cette fin d'année 1793, à cause du prestige personnel de Robespierre, on va dire, on va dire ce qu'il comprendra, c'est le comité Robespierre. La Turquie. Il travaille. Et comme la question militaire est une question capitale, puisque ça va très mal, puisque il y a les coalisés, puisqu'il y a la Vendée, puisqu'il y a encore du danger du côté de Toulon et de Marseille, qu'est-ce qu'on peut faire, spécialement des questions militaires ? Saint-Just, il a des idées. Il y a aussi quelqu'un au Comité de sûreté générale qui est à côté, qui s'occupe parfois des questions militaires, il y a Lebas. Le petit Lebas, qui est un homme d'Arras comme Robespierre. Et Robespierre aime bien, c'est lui qui l'a fait entrer au Comité de sûreté générale. Alors, quand on se réunit entre comités et qu'on discute sur ce qu'on peut faire sur les questions militaires, Robespierre dit peu de choses, mais Saint-Just, il s'y essaie souvent, et Carnot, naturellement.

Alors, qu'est-ce qu'il dit ? Eh bien, d'abord, c'est Robespierre qui a obtenu la cessation des fournitures à l'entreprise. Qu'est-ce que ça veut dire, à l'entreprise ? C'est-à-dire que quand le ministère de la guerre avait besoin de fournitures militaires, il s'adressait à un soumissionnaire comme d'Espagnac, qui fixait un chiffre et qui, naturellement, vous avez aimé les vis mensuelles. Alors, ça, c'est fini, c'est stoppé. Danton a beaucoup froncé les sourcils parce qu'il avait des amis chez les fournisseurs. Et maintenant, c'est directement l'armée, le ministère de la guerre, qui va passer les commandes. Deuxièmement, on a décidé aussi de faire appel à des chercheurs, à des techniciens, à des savants. Ça, c'est extrêmement intéressant. Là, oublié, mais c'était fort militaire qui a opéré la Convention avec le Comité de salut public. Il faut que je vous en parle. À la fin de l'été 93, on a fait appel à des gens comme Berthollet, comme Chaptal, et comme Monge. Exposition, un parc, un ancien parc royal, le Petit-Meudon. Et c'est là où ces gens travaillent sur les techniques militaires. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? Par exemple, ils inventent la poudre fulminante. Jusqu'à présent, c'était des boulets crus qui étaient envoyés à l'ennemi, mais maintenant, ce sera des c'était des plans. Maintenant, ce sera des boules creuses dans lesquelles il y aura cette force explosive. Aujourd'hui, c'est banal, c'est les obus. Mais sans eux, qui a inventé ça ? Également, l'observation aérienne. Ben, c'est la Convention qui l'a trouvé avec des aérostats pour regarder du plus haut possible et du moins possible les mouvements de la nuit. Et le télégraphe optique. Tout ça a été combiné par eux, par ces chercheurs, dans la fin de l'été 93.

Puis Saint-Just, quelqu'un qui ne bannit pas avec les généraux. Il y a une phrase de lui qui est intéressante où il dit : "Nous avons à qui le droit d'être méfiant avec, je pense, étant donné ce qu'il aurait été arrivé avec le l'admirable général de La Fayette, avec le général Dumouriez, avec les généraux, avec les amis Truguet et Chabot à Toulon, il fallait tenir les généraux." Alors, il y a une certaine circulaire de Saint-Just, une circulaire de décembre 93, que je tiens à vous citer : "L'insubordination des généraux est la pire dans une République. Dans un État libre, c'est le pouvoir militaire qui doit être le plus astreint." Alors, comme il dit, le salut public décide d'envoyer auprès de tous les généraux des commissaires. On appellera ça plus tard chez les Russes, les commissaires politiques. Le nom n'avait pas été trouvé. Des commissaires qui représenteront le pouvoir civil pour surveiller la conduite des héros et qui ont droit d'arrestation sur les généraux. Si bien qu'il va s'opérer une valse de généraux comme on en a jamais.

Vu les vieux généraux qui sont là et qui se croyaient invulnérables. Custine, par exemple. Peut-être un scandale inouï quand on a arrêté de compter sur Justin et qu'on l'a fait passer à la guillotine. Mais il n'est pas passé seul, vous savez. Il y a Houchard, il y en a d'autres. Enfin, tous les généraux qui sont suspects, et qui sont légitimement suspects, on leur coupe la tête.

Alors, on en trouve de jeunes. Et ça, ça n'est pas non plus, comme on l'a dit, c'est pas Carnot qui a inventé ça. C'est le bas, c'est juste qui ont dit : "Il faut absolument trouver dans les cas, dans les cas de l'armée, dans l'issue d'officiers, des gens qui sont capables de devenir des officiers, puis des généraux." Alors vous voyez très vert, vous voyez oh, vous voyez Marceau qui surgit en cette fin d'année 93. Ce qui va donner au soldat un état d'esprit tout nouveau : "Ce sont des gens sortis de nos rangs qui sont nos chefs maintenant, on peut leur faire confiance."

Et il y a un thème sur le moral de l'armée révolutionnaire dont je veux vous parler, parce qu'il ne fait pas partie de la légende que je m'applique tout le temps à détruire. On nous a appris dans nos classes, et c'était vrai, que les troupes révolutionnaires avaient un moral incroyable. Mais je vais vous apporter la preuve que c'est vrai, parce que je vais l'attirer dans la nuit d'un adversaire, Mallet du Pan. J'en ai déjà plusieurs fois parlé. Mallet du Pan, c'est un Suisse qui s'était établi à Paris, qui dirige le Mercure de France. C'était ce Mallet du Pan qui avait trouvé cette admirable phrase au moment de l'émeute Réveillon, en avril 89, lorsqu'il était à la fin et à la détresse, qui avait dit : "Les uns, les physionomistes, sont parmi nous."

Mais Du Pan avait été envoyé en secret par la Cour pour préparer le Manifeste de Brunswick. Ce manifeste qui disait : "Si un garde national ose se défendre, il sera tué. Si Paris traite avec indignité son roi et sa reine, Paris sera rasé." Et bien, Mallet du Pan est un des rédacteurs de ce fameux texte. Mais Du Pan, qui a émigré naturellement, essaie, comme le comte d'Entraigues dont je voulais plusieurs fois parler, de renseigner les émigrés et les princes sur le moral des troupes.

Alors voilà ce qu'il va écrire Mallet du Pan au début de l'année 94. Il déplore la mollesse et le décousu des opérations réalisées par les coalisés. Il parle avec tristesse de leur éternelle défensive. Et il oppose à l'état d'esprit des troupes coalisées l'état d'esprit trop français. Et c'est cet adversaire acharné, haineux de la Révolution, qui écrit : "L'exaltation des troupes françaises dépasse toutes croyances, c'est un vrai fanatisme." Il y a d'un côté, dit-il, des soldats passionnés, ces volontaires de 92-93, ces gens qui se battent pour avoir une vie meilleure, pour que leurs enfants ne subissent pas ce qu'ils ont subi. D'un côté, des soldats passionnés. Et de l'autre, de notre côté, Mallet du Pan, du côté des coalisés, des soldats matériels, dit-il, nous dirions aujourd'hui des robots, qui sont là parce qu'on les paie, qui sont indifférents à l'objet de la guerre.

Et enfin, une chose que je tiens beaucoup à vous dire, c'est que la légende. Alors là, vraiment, les gens disent que c'est Carnot qui a été l'organisateur de la victoire. Vous savez, le mot qu'on a créé parce qu'il avait formulé deux idées nouvelles. Il avait dit : "Il faut perpétuellement agir par l'offensive." Et deuxièmement, "Il faut toujours agir par grande masse, pas de petites opérations éparpillées. Quand on décide d'attaquer, qu'on attaque avec des masses de régiments pour avoir une supériorité numérique." Mais savez-vous que ce n'est pas du tout une idée de Carnot ? C'est une idée qui a été proposée par le bas, par Saint-André. Jambon de Saint-André, par écrit, par écrit le 23 août, exactement les détails : "Il faut des infanteries incessantes et il faut des attaques par masse." C'est ça qu'on appellera le plan Carnot.

Toujours est-il qu'à la fin de l'automne 803, et ben, ça marche pas mal. On voit en effet, le 8 septembre, les troupes françaises culbuter les étrangers à Hondscote, près de Dunkerque. C'est Dunkerque qui est libéré. Les Anglais. Le 16 octobre, c'est la victoire de Wattignies. Wattignies, c'est devant Maubeuge. Cette fois, de même que Dunkerque vient d'être libéré, cette fois, c'est Maubeuge qui est libéré aussi. Les Espagnols qui s'étaient avancés, ont été repris grâce à Couton. Couton, qui est député depuis le Puy-de-Dôme, et passé dans le Puy-de-Dôme avant d'aller commander des troupes devant Lyon. Il a ramassé des tas de gens enthousiastes dans le Puy-de-Dôme, qui ont fait ce siège de Lyon, qui tombe le 9 octobre. Le 17 octobre, les Vendéens, qui allaient de succès en succès, connaissent un premier échec, un très grave échec à Cholet. 17 octobre.

Et ben, il a bien travaillé en trois mois le Comité de Salut Public. Depuis qu'on espère, il était entré. Mais il faut dire que parallèlement, il y avait la Terreur. La Terreur inventée et demandée. Pardon, donc, il s'est dit : "Je demande une tête par jour." Il y avait aussi un curé d'extrême gauche qui s'appelait La Bère Royer, aux Jacobins. Le même 5 septembre, avait dit : "Je demande que la Terreur soit mise à l'ordre du jour." La tradition, c'est que sans la Terreur et sans la guillotine, la Révolution n'est pas pu survivre. Je n'en suis pas tellement sûr. Qui est responsable de la Terreur ? Initiateur d'antan, mais d'autres parties sont ceux qui décident que les gens passent à la guillotine. C'est le Comité de Sûreté Générale qui envoie les gens au Tribunal Révolutionnaire. Le Tribunal Révolutionnaire est présidé par Fouquier-Tinville. Ou plutôt, à commettre. Le Comité de Sûreté Générale est beaucoup plus indépendant que l'histoire ne le prétend du Comité de Salut Public.

Réfléchissons bien à la situation que vous voyez. La constitution de la France à ce moment-là. Il y a la Convention qui a tout pouvoir. La Convention a délégué d'abord des gens qui s'appellent encore le Conseil Exécutif, mais il n'a plus de force. Le Conseil Exécutif, ce sont surtout des administrateurs de départements ministériels. Donc, alors vous avez tout de même le Conseil Provisoire, là où Danton s'était introduit. Vous savez, vous avez ce Comité de Salut Public qui est l'héritier de ce qui avait été autrefois, à partir du 1er janvier 93, le Comité de Défense Générale. Le Comité de Salut Public, à côté du comité qui lui s'occupe de politique et de guerre, vous avez le Comité de Sûreté Générale.

Le Comité de Sûreté Générale, d'antan l'avait peuplé de ses créatures, avec des forbans, enfin des gens impossibles. Il y avait là un ancien capucin, un moine libidineux, qui avait naturellement quitté le froc, et s'était plusieurs fois pseudo-marié, mais qui avait fini par se marier avec une autre femme. Elle s'appelait Schanfeld, mais elle avait changé de nom en J'ai changé de nom. Il s'appelait maintenant les banquiers Frey. Frey, parce que ça fait vivre. C'est ces chiens qui avaient autrefois gagné en argent fou en faisant des fournitures militaires pour Joseph II, qui avait établi une banque à Paris. Ils avaient une fille qui n'était pas mal. Alors Chabot avait épousé la fille Frey. Vous aviez Basile Bazire. C'était un bourgeois dijonnais qui s'occupait surtout de conclusions, enfin d'années. Pasteur. Donc, je l'ai déjà une première fois parlé, qui ressemblait guerre au pasteur. Et Jambon Saint-André, le pasteur Julien de Toulouse, qui était à la ferriste et un corrompu, qui allait également lui aussi de femmes en femmes.

Alors Robespierre avait tenté, tenté une épuration du Comité de Sûreté Générale. Et le 13 septembre, Robespierre avait, dans la mesure où il le pouvait, il n'a pas été dictateur, avait essayé au moins les gens les plus corrompus, les plus malfaisants de ce comité de Sûreté Générale en disparu. D'antan n'avait pas aimé ça, puisque c'était sa clientèle, c'était ses amis. Et c'était à ce moment-là, le 13 septembre, que Robespierre avait présenté la candidature de David, le dessinateur David, le grand artiste David, qui lui resterait à la place, et de Lebas au Comité de Sûreté Générale.

Et bien, c'est ce Comité de Sûreté Générale, sur lequel Robespierre n'a pas pouvoir, c'est un comité autonome qui dépend de la Convention. C'est ce Comité de Sûreté Générale qui décide des guillotines. Et je vous assure que ça barre. Sinon, on peut dire à la fin de l'année 803, je comprends très bien, je comprends très bien quand il y a envoyé un certain nombre de généraux, parce que des personnages douteux. Je comprends très bien qu'on dit : "Envoyez égalité." Vous savez, Égalité, on lui coupe la tête. D'antan, le premier à assister à ça, ou du moins ricaner en douce, parce que Égalité ne sert plus de rien. C'est un des projets qu'il a eu. Maintenant, il a d'autres projets. Donc, Égalité, on lui coupe la tête.

Mais à côté de ça, pourquoi est-ce qu'il faut tuer Manon Roland ? Manon est arrivée à s'enfuir. Lui, il n'a pas été de ceux qui vont être idiots. Vous en parler, c'est malheureux. L'homme qui avait 59 ans à ce moment-là, s'est suicidé dans une forêt près de Caen. Il y a deux autres des Girondins qui n'ont pas été attrapés, c'est Pétion et c'est Buzot. Ils sont sauvés à travers la France. Ils sont cachés dans la région de Bordeaux, à Saint-Émilion. On a retrouvé leurs cadavres dévorés, dit-on, par des loups, mais plutôt par des chiens errants. C'était le grand ami de Manon, c'était un adultère. Chasse, vous savez, il s'écrivait, se tutoyait, il s'écrivait des lettres passionnées. Mais il n'avait pas été à lui.

Maintenant, Roland, une petite folle, c'est entendu. C'était quelqu'un de propre, quelqu'un de noble. Alors pourquoi faut-il tuer Manon ? Et surtout, pourquoi faut-il tuer la reine ? Littéralement totale, puisqu'elle essayait de renseigner l'ennemi sur les mouvements des troupes françaises. C'était une femme qui autrefois, une vérité, pas beaucoup d'estime, enfin, qui est ridiculisée Marie. Mais elle a bien changé. Elle était esprit fort autrefois, enfin, se moquer des choses religieuses, elle trouvait que son mari est un imbécile. Et puis maintenant, la proximité de la mort l'avait changée.

Savez-vous qui a demandé la reine, passe un jugement ? Qui a demandé qu'elle soit envoyée devant le Tribunal Révolutionnaire ? C'est Barrère. Ce freluquet, petit bonhomme, vous savez, qui sortait de la Constituante et qui maintenant, prenant le vent, se poussait par tous les moyens. Chateaubriand, dans les Mémoires, a une phrase atroce sur Barrère : "Cariste, piquait de poésie, l'appel le troubadour de la guillotine." Chateaubriand dit : "Barrère avait pris position dans le bac de sang sous l'échafaud, dans le paquet de ça, et on entend de là qui croate, c'est la mort, la mort." Mais c'est Barrère qui a demandé que la reine passe à un jugement. Pourquoi faire ? Pourquoi ?

Et puis, il y a l'histoire de son fils, qui a été particulièrement ignominieuse. C'est un coup d'œil vert, ça, vers l'homme du Père Duchesne. Ça nous donne pas vert, qui est allé interroger lui-même le petit Louis XVII. Ce gamin qui avait 8 ans. Il a posé des questions. Pardonnez-moi ce que je vais vous dire. Le cordonnier Simon, qui était chargé de la garde du petit Louis XVII, s'était aperçu que ce garçon, qui demande petit à petit, qui avait 9 ans, avec ce que l'on appelle de mauvaises habitudes. Alors il l'avait interrogé et bercé. "Bien, j'ai un moyen de pression là-dessus sur le Tribunal Révolutionnaire pour faire condamner encore davantage la mère." Et il avait interrogé le petit pour lui faire dire que s'il se conduisait ainsi, c'était sa mère qu'il l'avait appris. Depuis sa mère s'amusait beaucoup avec lui. Ignoble.

Alors vous savez, quand elle est passée en jugement, et qu'on lui a sorti ça : "C'est fait avec votre fille." Il paraît que lui-même, lui-même l'a avoué. "En fait, vous lui avez appris ces méthodes-là ?" "Est-ce que c'est possible ce que vous me dites là ?" La tête. Et c'est très bien tenu. Vous imaginez ce que c'est pour la reine d'être dans la charrette avec les mains liées derrière le dos. Enfin, cette femme qui était autrefois si fière d'elle, pleine de Paris. Elle avait écrit le matin un petit billet qui est reproduit maintenant assez souvent : "Mon Dieu, ayez pitié de moi. Mais pour vos enfants, je n'ai même plus de larmes pour pleurer sur vous. Souvenez-vous de moi." Voilà. On l'a tuée. C'était vraiment ce 16 octobre, un crime gratuit.

Et bah, attention, c'est crimes-là qui sont les crimes d'antan, puisque c'est d'antan, il y avait demandé que le premier, le Tribunal Révolutionnaire, coupable, au moins une tête par jour. Robespierre n'en est pas. Et on va lui lancer entre les pattes l'histoire de la déchristianisation. Ça arrive. Pardonnez-moi, comme des cheveux sur la soupe. Vous savez que octobre, novembre 93, tout à coup, il y a un violent mouvement de déchristianisation dans Paris. Il va se passer des choses que je vais vous raconter. On va casser les statues de saints à la porte des cathédrales. Mais je trouve ça très drôle. On casse le nez de quelques saints sur les cathédrales. Avec la vraie du nouveau.

Souvenez-vous, dans ma première conférence, quand je vous expliquais qu'elles étaient vraiment les gens solides sur la Révolution, aujourd'hui, je vous ai dit : "C'est Albert Soboul." Il a beau être un marxiste inconditionnel, il a bien travaillé. Alors dans sa thèse qui est toute récente, qui s'appelle "Les Sans-culottes parisiens de l'an II", il a fait ce travail considérable de bénédictin, d'aller chercher les archives de toutes les sections des 48 sections de Paris pendant l'an II, et de bien regarder l'état d'esprit. Il a, il touchait perpétuellement le pouls de Paris pendant l'an III, 94.

Alors voilà ce que ce monsieur Soboul écrit à la page 286 de ses "Sans-culottes parisiens de l'an II" : "L'entreprise de déchristianisation a été systématiquement conçue et lancée par un certain nombre d'hommes qui n'appartenaient pas à la classe populaire. La déchristianisation lui a été suggérée par des hommes qui lui étaient étrangers." Un peu plus loin : "On ne trouve aucun arrêté et même aucune délibération ni d'assemblée générale de section, ni de société populaire, marquant une hostilité des sans-culottes à l'égard de l'exercice du culte en octobre et novembre 93."

Alors d'où ça sorti ? Grâce à sa sœur, on le dit. On dit ça sort surtout de Hébert. C'est vrai, le Hébert du Père Duchesne vont soutenir avec violence la déchristianisation. Mais je vois apparaître deux noms qui ne sont pas spécialement des Hébertistes. Je vois Léonard Bourdon, un abondant, c'est un député du centre. Je vois un Anacharsis Cloots, c'était un Prussien, c'est un baron prussien qui s'était fait naturaliser ici français, qui prononçait du reste des paroles assez incohérentes, mais qui tout à coup se mettent en vedette au moment de cette décision.

Qui a derrière, c'est la continuation de cette vieille haine que les Constituants, que les gens de la Législative, du type Condorcet, la Gironde, continue à mener contre l'esprit de Jean-Jacques Rousseau. Robespierre représente l'esprit de Jacob. Je vous ai apporté là des textes, je les retrouve. Les textes de la fin de 92, qui vous montrent la violence de la haine que suscitait Robespierre, précisément parce qu'il était du côté droit. Le 14 décembre, il a sapé, qui s'était un malheureux qui s'appelait Jacob Dupont, qui avait fait le 14 décembre à la Législative un grand discours sur l'athéisme. Dupont de Nemours, ce pauvre type là. Je souris en pensant à la phrase que Jaurès a écrit sur lui, saluant le grand athée. Jacob Dupont, c'est un prêtre qui s'était déprêtré et qui sera bientôt arrêté pour avoir tenté de violer une vieille femme aveugle, et il sera, il sera interné à Charenton. D'Abricot, transporté de joie par les affirmations athées de Jacob Dupont, et il avait dit : "Il brise, avait dit, il a sapé d'une main vigoureuse l'empire des prêtres que nos anarchistes veulent rétablir." C'est une phrase importante. Nous anarchistes, et sa banque, paraît-il, veulent rétablir l'empire des prêtres.

Alors lorsque quand Cambon, en novembre 92, avait demandé qu'on cesse à payer des indemnités au clergé constitutionnel, et que Robespierre, bien, vous avez eu raison, mais vous devez maintenant les retenir, et vous ne voulez plus me dire parole. Alors Condorcet, qui avait applaudi à l'idée de Cambon, dans son journal, la Chronique de Paris, du 9 novembre 92, et Christ, qui suit, ou fait écrire, parce que il est possible que l'article soit de du pasteur Rabaut Saint-Étienne. C'est un prêtre. "Le citoyen Robespierre, il s'est fait une réputation d'austérité qui vise même à la santé. Il monte sur les bancs, il parle de Dieu et de la Providence. Il se dit l'ami des pauvres et des faibles." "Les faibles d'esprit", ajoute spirituellement l'auteur de l'article. "Oui, Robespierre n'est qu'un prêtre et ne sera jamais qu'un prêtre." La sang. Ces gens-là, qui vont lancer contre Robespierre, ils détestent pour des raisons bourgeoises, pour des raisons de propriété, qui vont lui lancer dans les jambes tout à fait de la déchristianisation, parce qu'ils savent bien qu'il n'en marchera pas. On veut refaire à Robespierre le coup qu'on a fait au petit curé de campagne avec la Constitution civile du clergé.

Alors vous voyez, d'abord Fabre d'Églantine, qui est un ami d'antan, qui propose le 6 octobre son fameux calendrier révolutionnaire. Et quand la Bigorre lui demandera : "On a fait pourquoi ?" "Pour qu'il n'y ait plus de dimanche." Réponse : "Calendrier révolutionnaire." Il comporte du bien et du mal. Je veux dire qu'il y a des choses et des aspects admirables. C'est une trouvaille folle. Les mois, vous savez, même phonétiquement, il y a pas que ça. Il y a pas que les mois. Euros, qui va être déguisé en déesse de la Raison. Et il y aura des danses, c'est pas d'ailleurs assez convenable à l'intérieur de Notre-Dame de Paris. Et puis, on convie la Convention à venir, on donne une seconde représentation de la Fête de la Raison à Notre-Dame, et toute la Convention y vient. Attention, une grande partie de la Convention est ravie de ce qui se produit. Et la Convention va être tout à fait d'accord avec le décret que demande le 16 novembre Cambon. L'éternel Cambon, qui demande la fermeture de toutes les églises.

Alors Robespierre commence à dire : "Mais de quoi s'agit-il ?" D'abord, il a fait prier Claude de lui venir s'expliquer aux Jacobins. "De quoi m'aidez-vous ? Vous êtes là, un Prussien, c'est entendu, vous êtes fait naturalisé, mais pourquoi diable cette offensive anti-chrétienne ?" Aux Jacobins, le 21 novembre, Robespierre va dire : "Mais c'est une méthode aristocratique. C'était les aristocrates." Et effectivement, en 93, le jour de la Fête-Dieu, un incident curieux se produit. Le prêtre s'était baladé dans les rues avec son ostensoir. Et la garde nationale, qui voulait, ne les obligeait pas à les présenter. Les arbres. Et voilà que ce soldat de la garde nationale avait gardé son chapeau sur la tête, fumait sa pipe. Le curé passe. En lui, c'est carrefour de la Croix-Rouge. Il avait fait un petit geste, simplement un petit geste avec la tête, en disant : "Au moins, découvrez-vous." Et le curé, lui, soldat, lui avait répondu : "Va te faire..." Et ben, le soldat avait été mis en prison. Avait-il liquidé de cette nouvelle garde nationale populaire ?

Robespierre dit : "Mais c'est fort qu'on est en train de faire maintenant, déchristianisation. Ça ne correspond pas du tout au vu du peuple." Et le 5 décembre, Robespierre à la tribune va rappeler : "Liberté des cultes." "Celle de voir." "Liberté." Michel n'aime pas ça du tout, vous savez. À propos de ce que je viens de vous dire, le 5 décembre, liberté des cultes. Démenti violent et crié. Michelet à l'esprit de la Révolution. Robespierre rouvrait les églises fermées par le décret Cambon du 16 novembre. Il biffait le 18e siècle, il nous replongeait dans le passé. Toujours est-il que la Convention est timide, ose plus continuer, que Hébert baisse le ton, et que la tentative de déchristianisation avorte.

Parallèlement, un redressement admirable se produisait. Saint-Just était à Strasbourg, il préparait l'offensive de Hoche. Hoche va se lancer le 25 décembre, et le 26 décembre, c'est le succès du Kaysersberg, où les Autrichiens, les Prussiens sont foudroyés. En Vendée, de très grands succès. 14 décembre, Le Mans. 26 décembre, ça venait la Grande Armée catholique et royale, et elle est pulvérisée. Toulon est repris. À qui ? Là, j'appellerai ça les les Anglo-bourgeois, si vous voulez, puisque c'est la bourgeoisie de Toulon qui l'avait livrée aux Anglais. Il va tout le long. Il est repris le 19 décembre. Quant à la signature, il tient donc encore un témoignage adverse. Témoignage de Mallet. Toujours Mallet du Pan. Mémoire du 1er février 94. "Les coalisés." Le chiffre total des assignats en circulation a diminué. En mai 93, la perte était de 60 à 75 %. Elle n'est plus que 35 % à Paris et dans plusieurs départements, elle descend à 25 %. Pourquoi ? À cause de la loi du maximum que Robespierre avait imposé. Puisqu'il y a un maximum des denrées, alors remonte la dépréciation de l'assignat. Ce n'est plus onéreux au peuple. "Les Français," écrit avec haine Mallet du Pan, "sont parvenus à réaliser une opération à la fois très économique pour l'État et très populaire."

D'autre part, le 4 décembre, du Comité de Salut Public, qui avait opéré une concentration nouvelle du pouvoir. Vous rappelez la constitution de 80-11, qui permettait une autonomie incroyable aux départements, puisqu'il n'y avait pas de représentants du pouvoir central. Et maintenant, à partir du 4 décembre, il y aura un agent national dans chaque département, qui veillera à l'état d'esprit de la population. Et puis, vous avez aussi la Commune, qui est maintenant remplacée par des fonctionnaires. Des scandales, c'est Fouché, c'est Carrier, c'est Fréron et Barras, c'est Aliénor. Ce sont des proconsuls de province qui se conduisent d'une manière abominable et font détester la Révolution.

Ce qui nous intéresse le plus, c'est du jeu de Danton là-dedans. Avait essayé de se faire appuyer par les Hébertistes. Danton avait été l'homme latéral. Mais le 21 septembre, Vincent, qui est un Hébertiste, cet homme peut bien essayer de nous en imposer avec de grands mots, nous ne serons jamais séduits. Arcis-sur-Aube, et Monsieur Mathias, qui a travaillé sur les petits papiers nécessaires chez Mathias, s'est aperçu qu'en novembre, les 4, 7, 11, 17 et 18 novembre, Danton est chez son notaire. Alors, si sur eux pour s'arranger encore avec Elargir. Tout à coup, Danton, voyant que son jeu, son coup de... que d'autres fois, vous savez, le turbo avait été orienté vers l'extrême gauche, le turbo avait réclamé la négative. Tout à coup, voilà donc il revient. Nous sommes le 21 novembre. Il revient, là, métamorphose, transformation radicale. Le 22 novembre, à la Convention, Danton réclame : "Je vous demande l'économie du sang des hommes. Je demande l'économie du sang des hommes." Et même le 2 décembre, il va prononcer contre les ultras-révolutionnaires, disant : "Après avoir tout donné à la rigueur, donnons tout à la sagesse." Attention à la date, c'est le 2 décembre.

Que Danton lit. Ou en sommes-nous militairement ? De l'essent. Tout à l'heure, à toute vitesse, je vous ai énuméré les victoires de la République. Je vous ai dit que c'était le 14 décembre que les Vendéens avaient été écrasés au Mans, que c'était le 26 décembre qu'ils étaient écrasés à Savenay, que le 19 décembre Toulon avait été repris, et que le 26 décembre Hoche enfonce les Autrichiens ou les Prussiens à Kaysersberg. Mais c'est le 2 décembre que Danton, et le 2 décembre, alors que la situation n'est pas du tout redressée et que militairement, c'est très dangereux, le voilà qui demande, lui, l'initiateur de la Terreur, il demande l'économie du sort des hommes. Qu'est-ce qui se passe ? Quand il était son coup d'avoir pendant qu'il était à Arcis-sur-Aube, et qui se dit : "Voilà ce qu'il faut faire. La guillotine commence à être excessive. Il y a l'état de gens qui en ont assez, les gens qui ont peur. Je m'en vais me présenter devant l'opinion publique comme celui qui préparera l'apaisement. On va faire une barque d'importance, et on va établir maintenant, après ça, débarrasser de ce Robespierre couvert de sang, on va établir une République des notables, où moi, Danton, je serai au premier plan."

Robespierre a été perplexe. D'abord, il dit : "Mais qu'est-ce qu'il veut ?" Et il a même couvert les Hébertistes. La bête attaquée, il l'a couvert. Le 2 décembre, aux Jacobins, en disant : "Jusqu'à preuve du contraire, je tiens Danton pour un bon patriote." C'est que ça va de plus en plus fort. Le 5 décembre, Danton, le vieux camarade, son qui l'a mis là, Camille Desmoulins, avec un nouveau journal. Où est-ce qu'on a trouvé l'argent ? Mystère. Ce journal s'appelle "Le Vieux Cordelier". Et à partir du 5 décembre, périodiquement, tous les 7 ou 8 jours, dans "Le Vieux Cordelier" vont paraître des articles disant : "Il faut ouvrir les prisons." "Plus de suspects." C'est-à-dire libération donnée à toute la contre-révolution.

Robespierre est très effrayé. "On respire sa vie, ça c'est la ruine de la République." Il y a pas moyen. Mais pourtant, toucher à Danton, ça lui paraîtrait grave, parce que même quelqu'un qui s'est engagé pour la République. Toucher aux Hébertistes aussi, sont des enragés, sont des excessifs. Mais s'il faut maintenant passer à la guillotine contre ces gens-là, c'est grave. Le 31 octobre, lorsque les Girondins étaient guillotinés, ils sont très bien tenus, vous savez. Ils ont même chanté la Marseillaise jusque sous le couteau. Presque. Vers nous a vu un mot que l'histoire a recueilli, c'est : "La Révolution qui dévore comme ça." Je veux bien reprendre cette phrase, mais en l'archant. Ce n'est pas vrai que la Révolution dévore ses enfants. La Révolution dévore un par un ses ennemis. Et maintenant, les ennemis de la Révolution, c'est Hébert, d'un côté, l'enragé. Et de l'autre côté, c'est Danton, qui veut tout abandonner. Au moment où les situations et le plus dramatique.

Billaud-Varenne insiste jour par jour au Comité de Salut Public pour l'arrestation de Danton. Et c'est Robespierre, non, pas encore. Essayons de les intimider. Alors le 10 janvier, Robespierre fait arrêter, à peine français, un Hébertiste. Et le 14 décembre, Robespierre fait arrêter Fabre d'Églantine, qui était l'homme de main de Danton. Avertissement qu'il donne à droite et à gauche. Avertissement aux Hébertistes. Avertissement à Danton, parce qu'il voudrait tout faire avant d'en venir, en venir aux mesures extrêmes.

L'année 1794, comment c'est la dernière année de la Révolution. Et il paraît, en fait, si j'en croyais Michelet, qu'il faut maintenant, dit-il, du courage, un grand courage pour suivre Robespierre dans son action. Et quand il vient, courage, ça veut dire qu'il faut lutter perpétuellement contre la nausée. Ce n'est pas du tout mon avis. C'est un homme malade. On ne l'a jamais assez souligné. Il y a un livre de Jean Massin qui date de 3 ou 4 ans, je crois, "Robespierre", qui pour la première fois a indiqué qu'il fallait pas oublier ça, que Robespierre, depuis l'année 801, et surtout depuis l'année 92, est un homme qui se sent profondément atteint dans sa santé. Il a l'impression qu'il n'en a pas pour longtemps. Cet homme malade, qui avait refusé d'abord d'entrer dans le Comité de Salut Public, et qui s'était dit : "Je dois le faire." Est en proie à une bataille terrible à cette fin de 93, début de 94.

Robespierre, c'est l'homme de la ligne droite. Il a une certaine idée. Il a vu la République avec une certaine conception. Et surtout, dans son intention, c'est une cité juste qu'il voudrait qu'on construise, du moins contribuer à édifier. Quoi ? Alors il a contre lui deux groupes. Et le groupement des Hébertistes. Peut-être pas le nom qu'on employait à ce moment-là. Il y avait bien Hébert qui était au centre, mais en fait, on ne disait pas les Hébertistes, on disait les enragés, on disait les exaltés. Et je vous ai dit, dans ce groupe, il y avait des gens estimables comme Billaud-Varenne. Et Robespierre avait attaché Billaud-Varenne à la commission de Salut Public à partir du 6 septembre. Mais il restait ce grouillement de Vincent, de Ronsin, de Montmoreau, de Claude, qui regardait du côté du Comité de Salut Public avec une idée de surenchère, en disant : "Il faut en demander de plus, de plus."

Puis à côté, vous avez Danton. Nous en parlions à la fin de la dernière exposé. Danton, brusquement, vient d'opérer une nouvelle volte-face. Ça m'amuse de penser que Jaurès, qui veut tellement être indulgent à l'égard de Danton, reconnaît : "Il n'a pas de système." Ah, ben, je comprends qu'il n'a pas de système. Mais regardez ce qu'il a fait depuis quelques mois. Brusquement, vous avez vu cet homme qui avait été d'abord très doux avec les Girondins, qui avait essayé de les protéger, parce que même l'avait protégé. Brusquement, vous l'avez vu changer sa politique quand il s'est trouvé mouillé dans l'affaire du Mourier. Et le 10 avril 93, commencer déjà à parler de Tribunal Révolutionnaire, puis Terreur. Vous n'avez vu pousser dans cette ligne. Le 5 septembre, c'est lui qui avait demandé une tête par jour. C'est lui qui, tout en déniant la liberté, tâche de s'unir avec eux pour faire tomber le Comité de Salut Public, et surenchère donc d'extrême gauche. Et brusquement, nouvelle volte-face, renversement absolu. Au début de décembre, même dès la fin de novembre 93, semaine de Danton, qui était l'homme de la Terreur, disait : "Je demande l'économie du sang des hommes." Et maintenant, il demande qu'on ouvre les prisons, que tous les suspects soient libérés, c'est-à-dire que toutes les forces contre-révolutionnaires soient lancées dans la bataille, à un moment où la République est tellement née, elle est. Victoires ne sont pas gagnées encore, ni contre Toulon, ni contre les Vendéens, ni contre les coalisés. Et Danton demande l'abandon de la politique républicaine.

Robespierre manifeste une patience, oui oui, une patience incroyable. Danton avait déchaîné quelqu'un à la tribune. Il travaillait d'abord par personne interposée, à nommer Philippot. Philippot, Stan, oublié. Mais à un certain moment, il a été important. Philippot était monté à la tribune pour faire une attaque très violente contre la politique suivie en Vendée. Et derrière, ceux qui l'attaquaient en Vendée, il attaquait qui ? Il attaquait le Comité de Salut Public. Robespierre avait parfaitement compris le jeu. Il avait répondu à Philippot avec une certaine patience. Il avait plutôt traité de fou. Après, il n'avait pas voulu s'emballer. Il y a des gardes qui a mis Desmoulins, qui avec un argent que je ne connais pas, et c'est arrivé à lancer ce journal qui s'appelle "Le Vieux Cordelier", dans lequel il demandait le modérantisme absolu, c'est-à-dire tous les contre-révolutionnaires lâchés dans la nature.

Robespierre lui avait parlé avec douceur. Camille Desmoulins, ce gamin, je n'ai pas d'opinion très précise sur lui. J'ai essayé de vous le décrire un jour avec ce regard trouble qu'il avait, avec ce timide, avec ses antennes de caractères. Il y avait chez lui à la fois de l'intrigant, de l'arriviste et du gentil. C'était quelqu'un qui est absolument entre les mains de Danton, qui était un instrument de Danton. Dont on parle. C'était marié. Robespierre, chez lui, il y avait, il avait plus de sa Lucile, qui convoitait depuis des années. Ils avaient un petit garçon tout petit gosse. Très souvent, il avait joué avec le petit Horace. Alors je disais : "S'il faut que je frappe Camille Desmoulins dans son jeune bonheur, enfin, il est si content avec celui-ci. S'il faut que je fasse disparaître le père de ce petit garçon qui aime bien, tout le même, terrible."

Alors le 7 janvier, il avait parlé aux Jacobins, c'est-à-dire dans l'intimité, déjà convaincu, pas la Convention Nationale. Il avait parlé à Camille. Il avait essayé de lui dire : "Mais est-ce que tu te rends compte, ami, de ce que tu fais ? Enfin, tu ne vois pas où conduit la politique ?" Et Camille, Danton derrière, avait mal répondu en disant : "Mais je ne suis pas un enfant, je suis un grand garçon, c'est ce que je fais." Il avait été exclu sur là. Déjà, c'est encore Robespierre qui va le faire réintégrer dans les Jacobins, espérant toujours qu'il se reprendra. Bien. On le voyait de plus en plus aller loin. Camille va même préparer un numéro de son "Vieux Cordelier" où, sous une transposition antique, où il finit par parler de Caligula ou de Néron, c'est le Comité de Salut Public, c'est Robespierre qu'il met en scène, le désignant comme un tyran.

Robespierre, vous vous rappelez, finit par frapper. Double avertissement. Avertissement. Il avait frappé du côté des Hébertistes, c'était en faisant prononcer le 10 janvier l'arrestation de Anacharsis Cloots, et le 14 janvier, l'arrestation de Fabre d'Églantine. J'ai pas le temps de vous raconter en détail l'histoire de Fabre. Et horriblement malpropre. C'est là où le couvercle se lève sur ce grouillement d'affairistes, de corrompus, de gens affreux dans lesquels s'entoure Danton. C'est l'histoire de la Compagnie des Indes. Enfin, deux minutes, si vous voulez. La Compagnie des Indes, une vieille compagnie richissime, à laquelle s'était beaucoup intéressé Necker, qui va gagner pas mal d'argent. Et la Convention avait décidé de la liquider. Seulement, pour liquider la commission de la Compagnie des Indes, il y avait deux moyens. Ou bien c'était l'État qui s'occupait de la liquidation, ou bien c'était la compagnie qui se liquider elle-même. Alors vous pensez que si elle se liquider elle-même, elle s'en tirerait. Alors là, la Convention, du Comité de Salut Public, a dit : "C'est l'État qui va s'en occuper." Bien sûr. Qui s'était chargé de l'opération ? C'est-à-dire Chabot. Chabot, je vous ai parlé. Chabot, cet ancien moine, qui avait épousé la fille des banquiers Frey, de leur vrai nom, qui s'appelait Frey. Chabot, c'était un intrigant, c'est un homme d'argent. Vous aviez Delaunay, vous aviez Bazire, Pasteur, Julien, vous aviez Fabre d'Églantine. Tout ça grouille dans l'histoire de la liquidation de la Compagnie des Indes. Et tout à coup, on s'aperçoit que le décret, le décret qui avait été pris par la Convention, responsabilité de l'État, disant : "C'est l'État qui va liquider." Ce décret a été falsifié dans sa rédaction définitive. Qui c'est qui a falsifié ? Ben, on s'est demandé si c'était pas Fabre d'Églantine. Scène comique, burlesque et misérable, où ils s'en tirent les uns les autres. C'est d'abord Chabot qui vient trouver du Comité de Salut Public. Non, c'est pardon, c'est d'abord Fabre d'Églantine qui vient trouver le Comité, qui dénonce les camarades, en disant : "Vous savez, ce sont des fricteurs, et puis il y a de l'argent étranger qui est derrière." C'est vrai que Dieu sait qu'il y avait un grouillement d'étrangers. Il y avait Proli, il y avait les jeunes Feld, il y avait le banquier suisse Pergaud. Tout ça traficote. Alors on a écouté, comme dit le Comité de Salut Public, on a écouté ce qu'elle dit Cantine. On a déjà un quarté. Rien besoin de monsieur. Puis il y a Chabot qui vient faire une contre-dénonciation, en disant : "J'ai reçu, j'ai reçu 100 000 francs de la Compagnie des Indes pour obtenir la corruption de Danton." Alors moi, honnête, je vous dépose.

Sur la table du comité, c'est 100 000 francs. Tout ça a été tellement suspect que, le 14 janvier, on finit par arrêter Fabre. Des gens qui lui-même, qui est évidemment en plein dans la corruption. Mais quand Robespierre accepte, accepte enfin, laisse arrêter Fort des Lentilles, ils se disent : "Ça va peut-être arrêter dans ton."

Au moment où il y a cette double affectation contre lui, qu'est-ce qui fait Robespierre ? Qu'est-ce que fait le Comité de salut public ? On poursuit la préparation de la campagne. C'est l'hiver, et vous allez, qu'à ce moment-là, la guerre chaud, mais ce qu'on appelait les quartiers d'hiver. Mais il faut préparer l'offensive. Et par bonheur, toujours ça a été l'éternel bonheur de la Révolution, les colis ici. Ça tente pas. Vous rappelez peut-être que le 26 décembre, Hoche avait attaqué sur les lignes du Gazberg, c'est-à-dire dans la Haute-Alsace, avait enfoncé les troupes ennemies. Et qu'à ce moment-là, il y avait eu des accords, comme toujours, entre les Prussiens et les autres. Chiens. Brice qui commence les bruits. Comment elle est Prussiens n'étaient pas venus au secours des Autrichiens ? C'est la musique un peu de les voir prendre une pile.

Toujours est-il qu'à la guerre, Saint-Just, qui est tout à fait mal à la ligne de Robespierre, s'occupe de cette grande pensée : "Robespierre, les infortunés, les pauvres gens." Et Saint-Just, le 26 février, va présenter un rapport dans lequel il dit : "La République ne vivra pas tant qu'il sera possible de soulever contre elle les malheureux. Les malheureux sont au-dessus des gouvernants. Les malheureux sont les puissances de la terre. Le besoin met le peuple qui travaille dans la dépendance de ses ennemis."

Alors, pour la première fois, quelqu'un, un gouvernant, avait proposé autre chose qu'une vente, même au rabais, de parcelles de biens des émigrés. Saint-Just, appuyé par Robespierre, avait proposé que l'on donna, que l'on remit une partie des biens des émigrés au plus indigent des communes. Il avait demandé une circulaire du 2 mars, je crois, à toutes les communes de France de préparer la liste des gens les plus pauvres, et on leur aurait donné les têtes. Ça, vous imaginez le contrecoup que ça produit dans le ventre de la Convention, c'est-à-dire dans le Marais. Comment on se met à donner des termes maintenant ? "Alors, les pauvres gens vont se croire des droits sur nous." Avec cette phrase, un vrai semblable de Saint-Just : "Que les malheureux sont les puissances de la terre." Que ce qu'il faut construire, c'est un gouvernement où il n'y aura plus de malheureux. Il y aura peut-être des pauvres, c'est impossible, mais au moins, il n'y aura plus de misère inacceptable.

C'est dans ce même moment, dans cette bataille épouvantable que Robespierre est en train de mener, qu'il arrache enfin à la Convention ce qu'on n'a pas pu obtenir ni de la Législative, ni de la Constituante : l'abolition de l'esclavage. Avec un ami du temps, la Déclaration des droits de l'homme, mais elle est de 1789. Et depuis 1789, ces Constituants et ces hommes de la Législative et ces gens de la Convention l'avaient encore jamais accepté que les droits de l'homme s'appliquent aux Noirs eux-mêmes. Eh bien, le 24 février 94, c'est Robespierre qui enlève le vote. Entendu, les Noirs seront libres.

Puis, il lui faut rappeler un certain nombre de. Je vous en ai parlé très vite la dernière fois, mais regardons un peu plus près ces gens qui s'étaient fait envoyer en province. Se conduisaient souvent des tranches façons. En particulier Fouché, qui se fait beaucoup remarquer. Qui s'est Fouché ? C'est un ancien orateur, rien, mais enfin, il était professeur. Alors, à toi, et la question est encore ouverte de savoir s'il était, s'il n'était pas ordonné prêtre. Il appartenait à l'église, peut-être, mais pas un prêtre. L'appel d'une hyène habillée. Et j'ai regardé les portraits de Tours, tellement intéressant d'étudier les visages. Il n'a pas le regard d'un homme qui volontairement est face. Son regard, une espèce de regard aveugle, le regard troublant. On ne peut pas savoir ce qu'il pense.

Se coucher, lorsqu'il avait été envoyé comme commissaire de la République dans la Nièvre, d'abord, c'était spécialisé dans la déchristianisation. C'était lui qui avait décidé qu'il fallait ôter de toutes les places publiques et de toutes les routes ce qu'il appelait les enseignes religieuses et calvaires. Tout ça devait être abattu. C'est lui qui avait fait décider qu'on mettrait à la porte des cimetières : "La mort est un sommeil éternel." Et quand il avait été transféré de la Nièvre à Lyon, premièrement, il avait fait, après Lyon conquis, conquis par contre, vous le savez, il avait fait établir un système atroce de persécution. Il y avait eu là, son camarade, il y avait eu des exécutions au canon. Je sais pas si vous vous racontez, si vous vous rappelez cette histoire terrible. Pour gagner du temps, on mettait 200 personnes sur la plaine des Brotteaux et en tirait au canon dedans. Et puis Fouché avait organisé sur la place des Terreaux une procession. Protection à son goût. Lui, ancien prêtre, du moins ancien homme d'église, c'était un âne qui avait défilé là. Il portait, il portait d'un ciboire attaché à la queue. On lui avait fait brouter des hosties, et Fouché s'amusait beaucoup de ces choses-là.

Alors, il y avait d'une part cette programmation entre religieuse que Fouché protégeait. Il y avait d'autre part ces fusillades, ces mitraillades, ces canonades de prisonniers. Et puis, il y avait Carrier à Nantes. Il est célèbre, Carrier, qui avait été envoyé avec des instructions très précises de Barras. Barras, c'est un membre du Comité de salut public, un drôle de membre, du reste. Quand on lui demandait de quelle partie il était, il répondait : "Je suis du parti qui se fout des autres." Barras, c'est un grand seigneur, monsieur, qui a conservé des allures distinguées, fréquente beaucoup chez Madame de Sainte-Amaranthe, qui est une espèce de prostituée de luxe, qui tient à la fois en même temps un tripot. Naturellement, c'est un ami de Danton. Et Robespierre a essayé de persuader Barras qu'il aurait été mieux pour lui de démissionner. Il a refusé de démissionner. Et c'est lui qui a envoyé Barras, qui a envoyé des instructions à Carrier, en disant : "Il sera temps d'être humain lorsque nous serons victorieux."

Alors, je vous assure qu'il en prenait. Car il est du côté de l'humanité, c'est la fameuse histoire des noyades de Nantes. Il y avait des quantités de vieux curés qui étaient là, qui n'avaient pas pu sauver, en les avait planqués en prison. Alors, comme il y avait aussi des religieux d'emprisonnés, car il y avait une idée ingénieuse. Il faisait mettre nus, ces très très religieux, il les attachait ensemble. Ça leur permet d'avoir des rapports agréables. Et on les mettait dans une embarcation. L'embarcation s'avançait dans la Loire. Et lorsqu'elle était à bonne distance des deux rives, et que ces gens nus et enchaînés étaient là, qui attendaient leur arriver, eh bien, on ouvrait les trappes dans le bateau, et les bateaux s'enfonçaient. Les gardiens étaient là qui partaient, non pas à la nage, mais sur des petites barques. Et les curés et les nonnes étaient noyés. Ce qu'il appelait des noyades républicaines, les mariages républicains.

Aussi, il faut savoir que Carrier est un homme qui est très bien vu à Nantes par la bourgeoisie nantaise. Pourquoi ? Parce qu'il ne veut pas ennuyer les gens de Nantes, qui sont des gens, les gens de Nantes, va les armateurs de Nantes, qui sont aussi des négriers, qui sont des gens très riches, et qui se rapprochent à ce moment-là de la Convention, en se disant : "Il faut se faire tout petit, il faut donner de l'argent à Carrier afin qu'on ne nous ennuie pas." Il y a chez Carrier des réceptions de belles dames, vous savez, des dames de la bourgeoisie de Nantes. Elle l'invite à ses petits divertissements. Elle regarde avec sympathie les curés qu'on met nus dans les yeux aussi. Tout ça, dans une atmosphère assez curieuse de bourgeoisie riche.

Vous avez Fréron et Barras. C'est Barras qui, c'est le marquis de Barras, qui s'est rallié au fond, qui est un antique à l'intention d'apaiser la Révolution le plus rapidement possible. Fréron, qui dirige autrefois le "Orateur du Peuple", qui est un homme qui avait poussé les cris de mort au moment des massacres de Septembre. Fréron a été chargé de remettre de l'ordre à Marseille et à Toulon. Il ne va pas de main morte. Oh, je sais bien. Qu'est-ce qui se produit à Toulon en particulier, lorsque la ville était au pouvoir de ce que j'ai appelé les anglo-bourgeois, avec la trahison des deux amiraux, Choiseul et de Grasse ? Je sais que ce n'est pas été beau pour la classe ouvrière. Sachez qu'il y avait des ouvriers que l'on avait pendus. Ça, c'est du pré-cléricalisme. Quand on avait pendu par le dessous du cou à des crocs de boucherie, parce que le prolétaire, c'est l'ennemi.

Alors, lorsque le marquis de Barras, que Monsieur Fréron, viennent pour remettre de l'ordre à Toulon, ils font subir à la bourgeoisie pire que ce qu'elle a fait. Et vous avez un type comme Tallien. Tallien, il a une autre méthode. Il était à Bordeaux. Tallien avait commencé par un quartier, le plus longtemps, différents noms possibles de gens, il n'avait fait passer à la guillotine. Puis, il s'était aperçu qu'il y avait un coup à réaliser. Ce coup, c'était d'arrêter quelqu'un, même pas suspect, mais riche, bien entendu, et de le délivrer contre argent. Alors, il se faisait un argent fou. En plus, il avait trouvé une petite femme qui était là, femme divorcée du marquis de Fontenay, de son vrai nom Thérésa Cabarrus, qui était la fille d'un Espagnol. Il en avait fait sa maîtresse, et il menait grande vie à Bordeaux grâce à l'argent qu'il se procurait des gens arrêtés et qu'il relâchait pour argent.

Robespierre ne savait pas tout ça. Dieu, c'est ma fin. Il avait quelques informations. Alors, il va envoyer des contrôleurs. D'abord, Julien, l'autre Julien, pas l'abominable qui vient de Toulouse dans le pasteur vénal. Non, il va envoyer son petit Julien de la Drôme, celui qui a empêché, vous vous rappelez peut-être, Lyon et la Provence d'entrer en rapport dans leur insurrection. Alors, il prend Julien auprès de lui et lui demande d'aller vérifier ce qui se passe en province. Et il envoie son frère Augustin Robespierre, qui était lui aussi membre de la Convention, et qui va regarder, et qui fait des rapports. Si bien que ça va aboutir. 23 janvier, rappel de Barras. 8 février, rappel de Carrier. En, je te rappelle de Fouché. Et avait essayé d'intimider en arrêtant Claude et Vergniaud. De plus en plus fort. Il a un levier entre les mains, c'est le prix des denrées. C'est vrai que le maximum n'est plus appliqué. C'était très difficile de fixer le maximum. Qu'est-ce que ça voulait dire le maximum ? Les denrées devaient être vendues non à tel prix et pas au-dessus. Alors, vous imaginez bien que les denrées disparaissaient. Qu'il y avait des tas de paysans qui se disaient : "Bah, on va garder notre blé plutôt, ou non, ou nos légumes plutôt que de les vendre à ce qu'ils estimaient à perte."

Alors, si le maximum permettait en effet le maintien de la signe, produit en même temps la rareté des denrées, on était pris dans une espèce de pince. Alors, voyons que le petit peuple est mécontent. Les Hébertistes, les enragés, les exaltés, les impatients, tout ce que vous voudrez, se disent : "On a l'occasion de renverser le Comité de salut public avec ça." Et ils dirigent une offensive de plus en plus violente. Le 12 février, Momoro va parler. Au moment où c'est un primaire qui avait personnifié la raison dans les mascarades de Notre-Dame, eh ben Momoro va dire : "Les hommes usés en République, les gens cassés en révolution, nous traitent d'exagérés parce que nous sommes patriotes et qu'ils ne veulent plus l'être." C'est contre Robespierre. Le 24 février, et d'ailleurs, va parler des endormeurs. Et il veut pas encore donner de nom propre, mais il dit : "Les endormeurs qui traitent Philippot de fou, Brissot comme ça, et qui traitent Camille Desmoulins d'enfant." Le 4 mars, dernier est furieux parce qu'on l'a rappelé. Carrier déclare : "On veut faire regarder la Révolution tout simplement parce qu'on a rappelé l'insurrection." Attention, la direction. Voilà ce qu'il faut opposer au salaire. Et ce même jour, 4 mars, Hébert se dresse contre ceux qui veulent sauver les 70 royalistes. Que c'est ça ? Il y avait 70 députés de la Constituante, de la Convention, qui avaient eu le courage de protester contre l'exécution des Girondins. Correct arrestation. Alors, naturellement, l'assurance chair des massacres du Goji disait : "Il faut les tuer, les 70 qui ont protesté." Il n'était peut-être pas royaliste. Maintenant, ils avaient soutenu les gens d'un. Je veux bien qu'on les exclut. Le 3 mars, ils ont exclu, mais je ne veux pas qu'on les tue. Alors Hébert prenait pas d'excès. Vous voyez, Robespierre est un homme qui ne veut même pas purifier la Convention de ce qu'il y a de mauvais. "Ce ne sont pas les voleurs", disaient les Hébertistes, "qui sont les plus à craindre, ce sont les ambitieux."

Et le 9 mars, 250 la guerre appelle Robespierre un Cromwell. Ça devient très grave. On parle d'insurrection. On parle de Cromwell. Roncin, qui est de la bande, Roncin, le chef de l'armée révolutionnaire, cette petite milice. Robespierre avait demandé lui-même de constituer pour veiller à l'application du maximum dans les campagnes. Il a des hommes à lui, il a son armée révolutionnaire, 4 à 5 000 hommes. Il a 1 200 canonniers. Parce que quand ces gens-là se révoltent, ils ont une puissance militaire entre les mains. Il faut frapper. Robespierre met tout fait pour ne pas devoir frapper, mais devant une pareille menace, ça y est, c'est décidé. Alors, Saint-Just va faire un rapport le 14 mars sur les factions de l'étranger, parce qu'il y a effectivement un gros mouvement. Des dangers, derrière eux. On les arrête. On arrête Vincent et Vergniaud. Dans la nuit du 13 au 14 mars, 25 aussi. Et ils vont passer le 24 mars à la guillotine. Sera lamentable. Vergniaud, l'homme du Père du Chêne, vous savez, qui avait sur le vocabulaire à lui, qui parlait du panier de son éternuer les gens dans le panier de son. Parler aussi de rasoir national. Lui, qui s'était frotté les mains, qui avait poussé des cris atroces lorsque Manon Roland, lorsque la reine était passée en jugement et avait été exécutée. Il est lamentable devant la guillotine. Israël, on est obligé de supporter de le porter à la guillotine parce qu'il s'est mis à genoux. Ce qui a la frusse le comportement de la foule qui regarde ça. Je reste à une phrase, je crois la savoir, une phrase remarquable là-dessus. Il dit : "Les gens qui insultaient, qui insultaient Hébert lorsqu'il montait à la guillotine, lui citaient ses propres expressions : 'Va éternuer dans le panier de son, tu vas faire connaissance avec le rasoir national.' Et je reste, dit la foule, soufflait la laine de sa propre bouche à celui qui allait mourir."

Seulement, en même temps, c'est d'ailleurs, il y a Danton qui fait la politique que vous savez. Si les Hébertistes sont, comme dirait, comment dirais-je, les termites dans le bois de la Révolution, Danton, c'est l'homme qui tient une scie, qui est en train de couper l'arbre de la Révolution. Alors, il faut y aller. Et ça ne sera pas commode pour bien d'y aller. Pas commode. Il faut le savoir. Il est harcelé par des gens qui lui demandent la tête de Danton. Et Varenne, Biovarenne. Danton, c'est le plus grand ennemi de la République. Et puis, je ne sais pas pourquoi, au Comité de salut public, il y a un nommé Amar, qui est très Comité de sûreté générale. Mais Favier va dire, et Amar sont les deux têtes du Comité de sûreté générale, qui est acharné. Quand on entend, je vous rappelle, je ne sais pas, il y a des raisons privées, sans doute. Il le déteste. C'est lui qui a inventé, c'est-à-dire qui a inventé l'image d'une du turbo, le turbo farci. On le jette sur Danton. Tout de même, sentiment pour Camille. Il l'a bien connu. Danton, il allait chez lui. Je vous ai parlé de la lettre quand en février 93, il lui avait écrit quand sa femme était morte, une lettre émouvante. Et Robespierre, contrairement à sa légende, elle le contraire d'un homme sans gêne. Dans un livre dont je vous ai parlé une fois, un livre tout récent, plein d'admirables illustrations, il en tirer très souvent mes images du générique, le livre "Le Furet", richesse. Il y a ce mot que je dois excellent : "La légende est arrivée à faire passer pour sanguinaire ce Robespierre qui était un modérateur." Mais tout de même, il n'y a pas moyen. Enfin, on ne peut plus hésiter avec ce que fait Danton. Le 19 mars, Danton est monté à la tribune et a prononcé un discours dangereux. "Il y a des masques à arracher. Il est le moment venu de distinguer entre les faux révolutionnaires et les vrais." Qui vivent-ils ? Vive la justice. Vive et vive de travers. Sans oser encore le dire. Robespierre va finir par céder à la mort dans la. Vous savez, ça ne lui plaît pas. Toucher à Danton. À une allure de matamore, matamore roublard, comme disait du reste Monsieur Mathias. Danton se sentant menacé, prononce à sa manière, des phrases que l'histoire a recueillies. Danton dit : "On ne touche pas à Danton." Une autre : "Jamais touché dans tout." Ou encore, dit-il : "S'il s'approche de moi, je n'ai qu'à me retourner et à leur montrer ma gueule pour qu'il tombe foudroyé." En réalité, il est passé sur de lui que ça. Et nous savons, nous avons deux détails qui étaient peu connus, mais il faut que je vous les apporte parce que ça corrige un peu la physionomie des gens. Vers Danton, qui a un péril contre lui. Danton va demander à deux reprises à se mettre en rapport avec Robespierre, à dîner avec lui chez un, chez un administrateur de la guerre dont j'ai oublié le nom. Un déjeuner est organisé. Robespierre est là, qui regarde Danton, petit, écoute, qui se demande ce qu'il va faire. Il y a la fin du repas, quand on est au café, qu'on est en train de prendre le café, Danton se lève et embrasse Robespierre. Reste de glace. Et nous avons surtout dans les notes de Robespierre ce petit détail que je n'ai jamais vu utiliser, mais que je trouve très important : "Parlant de Danton, les efforts impuissants et ridicules qu'il fit devant moi pour pleurer." Ah, le matamore ! Quand il se sent menacé, il vient chez lui, il pleure devant lui, il essaie de pleurer devant lui en disant : "Mais tu me connais, enfin, tu sais qui je suis." C'est Saint-Just qui va être chargé du réquisitoire. Et on va faire un sale coup à Saint-Just. Saint-Just, et je m'en vais attaquer cet homme dangereux de face. Et la décision a été prise d'attaquer le 30 mars. C'est le 24 que les Hébertistes n'ont été, mais il y a envoyé à la guillotine. Et le 30, on décide d'arrêter Danton. Alors Robespierre, alors Saint-Just et Robespierre, oui, tous deux méditent ce qu'il faut dire dans cette grande séance qui aura lieu le 30 mars à la Convention. Et Saint-Just tirera en face à Danton tout ce qu'il faut lui dire. Notez qu'ils ne savent pas, ni Robespierre, ni Saint-Just, ils ne savent pas tout ce que nous savons aujourd'hui sur Danton, sur tous les preuves de sa vénalité. Ils ont été retrouvés plus tard. À ce moment-là, on ne savait pas qu'il avait reçu de l'argent de Mirabeau. On savait simplement qu'il avait été appuyé par Terre, appuyé par Mirabeau. On savait qu'il s'était très curieusement conduit le fameux jour du 17 juillet 91, lorsque le peuple a été...

Rentrer dans le premier comité qui est arrivé à se maintenir. Dans le second, Barrère, qui avait demandé lui le premier l'exécution de la reine, va faire un discours ce 30 mars, tombant sur Danton, avec une extraordinaire violence, parce qu'il voit où le vent souffle. Et Barrère va demander l'exécution rapide de Danton. Oui, ça va se passer le 5 avril. 14, on a adjoint à Danton pour le juger dans son procès, les gens qui étaient à Sèvres. Oh, je t'ai dit, il va protester. Il va dire : "Pourquoi est-ce qu'on mêle à des à des Delaunay, à des Billaud, à des Chabot ?" Mais parce que c'était ces gens à lui. Il va se défendre très mal. Il va se mettre en avant avec des choses abominables. Il va dire : "Mais j'ai effectué mandat pour appeler qui c'était mandat ?" Mandat, c'était le l'homme de la garde nationale, enfin le général de la garde nationale, le dissoudre. Il lui avait tendu ce piège, et on l'avait tué. Alors qu'on n'avait pas un autre tueur avec elle. Mais en prison, devant le comité, devant le tribunal révolutionnaire, se vend de ça, le Brun, qui avait été du comité exécutif après le dissoudre. Le Brun, Danton s'était servi pour ses négociations secrètes avec la Prusse. Danton, devant le tribunal, se vante de l'avoir fait tuer. Danton met avant les têtes qu'il a fait tomber pour protéger la sienne. Et comme ça traîne ce procès, on va appliquer à Danton la procédure que lui-même avait demandé en septembre 93. Il avait demandé l'accélération du tribunal révolutionnaire. Il avait été entendu que, au bout de trois jours de débat, même s'il était moins, ne sont pas intervenus, le président avait le droit de demander aux jurés : "Êtes-vous assez éclairés, messieurs ou citoyennes ?" Et Danton ne veut pas protester. Au contraire, ça lui paraissait très bien. Bah, c'est cette procédure frustre qu'on va lui appliquer. Les témoins n'auront pas eu le temps de comparaître. Fouquier-Tinville, qui est un vilain qui a des ordres, va inventer une histoire de complot des prisons pour les envoyer rapidement à l'échafaud. C'est fait. 5 avril 94, la tête de Danton tombe. Il a plastronné jusqu'à la fin. Il a fait dans la charrette même une plaisanterie à Fabre d'Églantine, qui s'occupait encore de sa production poétique, et lui dire : "Mais j'avais à écrire des vers, des vers tu vas en huit jours", lui disait Danton. Et il avait dit aussi au bourreau : "Vous montrerez ma gueule." C'est le mot qu'il a employé au peuple. Et donc, la peine, quand il était passé devant la maison de Robespierre dans sa charrette, il lui avait crié : "Tu me suis." Et 5 avril 94. Et chez lui, très sombre, il n'a pas de remords. Croyez-moi, s'il a fait, il avait dû le faire. Mais c'est terrible. Et je m'en doutais. La responsabilité que j'ai assumée. Et pourquoi, mon Dieu, pourquoi ? Il a le sentiment que tout est perdu. Avril 1794. Les artistes et les Dantonistes ne sont plus là. Ils ont été liquidés. Alors, la voie est libre pour la ligne droite de Robespierre. Et là, déjà, lorsque l'on avait exclu les Girondins, qui étaient des ennemis publics de la Convention, on avait pu croire que la voie était libre, qu'on allait pouvoir travailler. Et vous avez vu ce qui s'est produit. Ce n'est pas tellement loin, il y a même pas un an, qu'on avait exclu les Girondins, et puis il était devenu de nouveau grouillements, de nouvelles tentatives. Et Robespierre voyait tout le temps, perpétuellement devant lui, des obstacles nouveaux et imprévus. Mais tolère en détend tout le temps l'occasion de renverser cette vapeur dont ils ne veulent pas. Un homme comme Saint-Just, avec la phrase qu'il a prononcée quand il a dit : "Que les malheureux sont les puissances de la terre", est un homme qui se fait détester. Et comment on sait que c'est Saint-Just, Couthon, Robespierre et Jeanbon Saint-André ? Le pasteur Jeanbon Saint-André forme ce groupe de ceux qui veulent transformer la France, changer une République, que ça soit en effet la République des pauvres gens, et pas la République des indigents. Ce sont des gens détestés. Il y a là dans la Convention tout ce petit groupe qui travaille, nommément : Hassen, la fameuse taupe. Vieillesse, la taupe, c'est Hassen qui est l'homme qui parle peu, vous savez, qui profère des oracles. Hassen, qui parle à ses amis doucement, qui dit : "Ce système ne durera pas, ça va venir, notre libération approche." Il y a aussi dans la glace qui travaille à Barrère, qui est leur allié. Je vais vous le dire, tous ces gens-là sont là, tout tendus dans l'espérance qu'enfin, on va les libérer, on va délivrer de ces Montagnards qui représentent pour eux le danger social. Donc, Convention. Vous avez à côté de la Convention, le Conseil exécutif. Provisoire. Ce conseil que l'on dissout lorsque la monarchie est tombée. On avait décidé de mettre à la place, à la place du roi qui était l'exécutif, un conseil exécutif. Ce conseil exécutif qui comportait six ministres était en réalité sans importance. C'était le Comité de la République à partir du 6, du 10 juillet 93, qui a vu le pouvoir effectif. Mais enfin, il subsiste. Eh bien, vous, début d'avril 94, on va le supprimer. Pourquoi ? Qui ont Carnot ? Carnot est quelqu'un qui déteste le ministre de la guerre Bouchotte, parce que Carnot veut avoir les opérations militaires uniquement dans sa main. Et Bouchotte, le colonel Bouchotte, qui est toujours, mais l'histoire de la guerre, et quelques qui est aussi détesté de certains clans militaires que la VTT, ce brave Fâche, qui avait été ministre de la guerre à un moment, et dont on avait eu finalement la tête, est un homme qui s'est appuyé sur Vincent, donc un Hébertiste, un homme d'extrême gauche. Et Carnot, qui n'est pas du tout socialement dans cette direction. Carnot voulait la disparition de ce Bouchotte. On supprime d'une manière générale le Conseil exécutif, il ne sert plus à rien. Mais en pratique, et en principe, et en fait aussi, l'important, c'est qu'il n'y a plus de Bouchotte à Carnot qui soit maître des opérations militaires. Plus de comité exécutif. Et puis, les comités. Maintenant, on dit toujours le comité. Il y a trois comités au moyen, il y en a même plusieurs, mais il y a trois comités importants : le Comité de salut public, le Comité de sûreté générale, le Comité des finances. Au Comité de salut public, je vous ai dit, en apparence, c'était de loin, c'était unitaire. Pas du tout, ce n'est pas unitaire. Voilà comment c'est composé. Vous avez le petit groupe de Robespierre et des siens. Alors Robespierre, Couthon, Saint-Just, Jeanbon Saint-André et Prieur. Il y a Prieur. Il y a de la Marne. Et celui-là. Et du côté de Robespierre, vous avez deux personnages à côté qui ne sont pas du groupe Vesper et qui sont séparés par des raisons que nous allons voir : c'est Biovarenne et ses collègues. Et puis, après, il y a ceux qui se faisaient appeler eux-mêmes les spécialistes, comme s'ils étaient des techniciens. Vous avez de grands commis qui dit : "Moi, je m'occupe de rien que de la guerre." Et puis Lindet, qui s'occupe soi-disant des subsistances. En fait, ces gens qui affirment ne pas faire de politique, dès que quelqu'un vous dit qu'il n'en fait pas, sachez qu'il est du bon côté, c'est-à-dire de la droite. Alors Carnot est l'un des : "Non, je fais pas de politique, on s'occupe de la guerre, on s'occupe d'économie." En fait, ce sont des gens du centre. Ce sont des gens qui sont là pour surveiller les opérations du côté du peuple. Et puis, qui est inclassable, qui avait été introduit par Danton, qui est arrivé à se maintenir toujours en prenant le vent, en prenant les positions les plus affreuses quand il croyait que c'était nécessaire, c'est Barrère. Barrère, qui avait demandé que la reine soit tuée. C'est Barrère qui va faire tuer Danton, au moins aussi violemment que Biovarenne. Et Barrère, qui guette tout, prêt à se retourner contre leur maison. Salut public. Qui avait été exclu du second comité du 10 juillet, Cambon, et là, qui reste dans ce comité des finances, égrené être plus du comité du Salut Public, et avec des idées personnelles. C'est lui qui, en 24 août 93, le grand livre de la dette, qui paraît-il, fait honneur à la Révolution. Quand on lit la lettre, ça voulait dire entier. Soyez tranquille, on vous a promis dès 1789 que ça irait, que vous n'auriez rien à perdre, que la collectivité, c'est-à-dire aussi bien les passifs que les autres, à ce moment-là, se charge de payer vos rentes. Alors, 24 août 93, grand livre de la dette, avec une très curieuse disposition que voici : les arrérages, les repentis, au-dessus de 1000 livres seront payés en numéraire, c'est-à-dire en monnaie de métal. Au-dessus de 1000 livres, parce que c'est quand les riches sont avantagés. Et au-dessous de 1000 livres, les rentes des petits rentiers ne sont pas signalées. Et vous savez que la signal ne cesse pas de tomber. Voilà les tranches politiques, économiques, poursuivies en banque.

Alors, l'action de Robespierre et du Comité de salut public dans cette situation infernale qui est la sienne. La bien sûr, la guerre. Il faut repartir maintenant à l'offensive. Le printemps est arrivé. Les troupes françaises attaquent le 26 avril, prennent Courtrai. Le 28, elle prenne Furnes. Le 18 mai, ça sera Tourcoing qui sera libéré. Et le 26 juin, on arrivera à cette grande victoire, cette célèbre victoire du 26 juin de Fleurus. De nouveau, le territoire soit libéré. La guerre, ça va. Problème économique maintenant. C'est très drôle de voir Monsieur Jackson, dans son livre sur la Révolution française, appeler un chapitre "Terreur communiste". Ah, c'est vraiment jouer sur les mots, comme si le communisme avait quelques chances de se réaliser en 1793-94. Absolument pas. Pour deux raisons. Premièrement, parce que la classe travailleuse, parce que les prolétaires des champs ou des usines, car il y en avait beaucoup plus qu'on ne le dit, ce sont des gens qui n'ont aucun sentiment de classe. C'est ce fameux troupeau aux yeux bandés dont je vous ai parlé. Au lieu d'avoir un pour les carrières unis, on a des grains de sable, et des grains de sable inertes, aveugles. Parfois, il est impossible de réaliser une concentration prolétarienne telle que cette classe, prenant conscience d'elle-même, puisse agir politiquement. Et deuxième, parce que la production est à ce moment-là totalement éparpillée. Il n'y a pas encore les grandes concentrations industrielles du 19e siècle qui permettront, grâce à une évolution du capitalisme lui-même, de saisir, s'il est à le désir, les moyens de production. Oui, Jeanbon Saint-André, il y avait pensé. Je rembourse Saint-André, dans un très curieux texte du début de 94, écrit : "Et la nation pouvait elle-même et elle seule employer toutes les mains laborieuses. Elle allait en tirer du coup l'aristocratie mercantile." Oui, ben, n'allait pas question. Il est absolument impossible que l'État saisisse de la production. Et Robespierre est si loin d'être un homme qu'on appellerait aujourd'hui un communiste, que c'est l'idéal. Saviez-vous à Martigné, à un peu nier, un peu simple, il voudrait que tout le monde soit propriétaire et petit propriétaire. Ce qui voit de mieux, c'est ce qui se passe chez lui, là où il habite, chez Duplay, chez le menuisier Duplay. On a trois ou quatre mille francs de rente, pas grand chose. Et Robespierre, lui, c'est ça qu'il faudrait arriver à faire, qu'il y ait des petits propriétaires, des petits artisans, des petits paysans, mais pas plus. Voyez à quel point nous sommes loin du communisme.

La politique économique tente de faire Saint-Just et Robespierre est une politique qui est dans le vide. Parce qu'avec leur maximum, le maximum d'ailleurs impliqué de plus en plus à cause de la clarté des denrées, il s'aliène le petit peuple. Les gens, les malheureux, se disent : "Mais on paye toujours de plus en plus cher, mais ce maximum ne sert à rien." Et puis, d'autre part, vous qui faites supprimer la ministre révolutionnaire, celle qui était là pour surveiller l'application du maximum. Barrère a profité de ce que Roncin avait été exécuté par ce qu'il était Hébertiste, pour faire disparaître l'armée de compte. L'un des 29 mars, a fait supprimer les commissaires aux apparents. D'où vous avez une politique qui, d'une part, ne rallie pas les masses populaires parce qu'elle ne nourrit pas suffisamment, et une politique qui est détestée, qui est exécrée de la bourgeoisie d'affaires, parce qu'il y a tout de même un certain nombre d'usines de guerre qui sont nationalisées, où les ouvriers sont bien payés, et où ceux qui travaillent dans les lycées privés sont furieux. Si bien que le 16 avril, le Comité de salut public lui-même.

Va être obligé de prévoir des primes, des primes à l'industrie privée, à cause de la protestation des patrons qui disent : "Vous payez trop les ouvriers dans les usines nationalisées." C'est le moment de bien le regarder, ce Robespierre que nous avons vu depuis le début. On aura vu la première fois qu'il est apparu Robespierre au moment des insurrections de paysans contre les châteaux, mais qu'il avait dit : "Non, ça n'est pas une politique de violence qu'il faut faire contre eux, c'est leur expliquer de quoi il s'agit et leur montrer qu'ils ne sont pas soulevés pour rien."

Robespierre, c'est un malade, un homme qui se crispe de plus en plus pour tenir bon. C'est un homme qui est persuadé, il a raison de se le persuader, que de toute manière, il n'en n'a pas pour longtemps. Il est guetté par des gens qui veulent s'attaquer, qui veulent sa peau, il le sait très bien. Quand vous, par exemple, ou que Carnot serait très heureux de le faire passer à la guillotine. Mais je dis : "Non, même pas besoin de me tuer, parce que ça ne va pas durer longtemps. Je sens bien l'état dans lequel je suis." Il a été obligé plusieurs fois de prendre des congés. Il essaye de marcher avec son son chien, comme je l'ai vu, dans la campagne autour de Paris. Il faisait son doigt. Paris venait le plus possible au Comité de salut public, mais en fait, il n'en pouvait plus. Il a six assez guettinable qu'il est très loin d'approuver, et qui sont entre les mains, je vous l'ai dit, du Comité de sûreté générale. Il regarde Madame Elisabeth, pas si elle lui est une Madame Élisabeth, la sœur du roi, mais il était pour rien dans les histoires. Un Amélie, elle se trouvait être la sœur de Lucas. Pourquoi est-ce qu'on l'a tue ? Il voit monter à la guillotine Lucile Desmoulins. On reste à Sens, et qu'est-ce qu'elle avait fait Lucile Desmoulins ? Fou qui est un ville pour obtenir plus vite la tête de Danton, avec inventé, je vous l'ai dit, à toute vitesse la dernière fois, un complot des prisons qui n'avait pas d'existence, dont il prétendait que le moulin était la fille ouvrière. C'était faux, et Robespierre le savait. Mais pour espérer impuissant à l'égard du Comité de sûreté générale, cela mène la politique qu'ils veulent et font passer à la guillotine des gens qui sont des amis.

Donc, est-ce que vous vous rappelez Chaumette ? C'est le procureur de la commune. Lorsque Danton avait fait son sale coup du 4 et 5 septembre, lorsqu'il avait essayé de dire : "Il faut une troisième révolution." Chaumette, procureur de la commune, c'était arrangé avec Robespierre pour essayer de limiter les dégâts. Chaumette, un homme, un ami de Robespierre, c'était un type très bien. Bon, je sais bien, il avait une affectation de mettre des sabots parce que ça faisait plus pro, le péter à cette fois. Un homme qui était pour l'été, mais il était brave homme, il était genre, il donnait tout ce qu'il avait. Il restait presque rien. Il mangeait comme il travaillait tout le temps à sa commune, mangeait des croûtons de pain, buvait un quart de litre de vin dans la journée. Des, il mangeait des croûtons de pain, oui, il buvait presque rien. Fait, c'était un brave. On le fait passer à la guillotine. Les pecs Gobel aussi, c'était des patrisées. Bon, mal du côté de sa conscience, enfin, ça méritait pas de passer à l'échafaud. Et on va dire, et je vous en parlerai la prochaine fois, on va dire que c'est Robespierre qui envoie, alors qu'il n'y est rien.

Monsieur Jackson, dans son Histoire de la Révolution, a une phrase d'une telle au candeur dans le cynisme à propos de Robespierre que je tenais à vous la citer. Monsieur Jackson rappelle une phrase que Mirabeau avait prononcé sur Robespierre. Mirabeau avait dit en ricanant à propos de Robespierre : "Et dit, si dans cette phrase, il croit tout ce qu'il dit, c'était effrayant quoi." Cette effrayante espèce d'honnêteté radicale, enfin infantile, incurable. C'est fréquent. Ça suppose une déformation si complète de la personnalité que nous avons peine à le concevoir. Ben, il est parfait, monsieur, qui croyait tout ce qu'il disait. Qu'est-ce qu'il voulait Robespierre ? Robespierre, c'est quelqu'un qui essaye de faire que le bien l'emporte sur le mal. C'est quelqu'un qui voit une France qui est composée de mangeurs et de mangés, et qui voudrait défendre les mangés. C'est quelqu'un qui voudrait essayer de changer le climat de l'humanité. "Écoutez, nous voulons un ordre de choses où les passions mauvaises soient enchaînées, où l'autorité et sa source dans le peuple, où la loi n'étant la loi que si elle est l'expression de ce qui est vrai, de ce qui est juste, un ordre de choses où la patrie protège et assure les moyens d'existence de chacun, un ordre des choses où la circulation est bien soit le mouvement même de la richesse publique et non pas le moyen pour quelques-uns d'une opulence monstrueuse au détriment de la collectivité. Nous voulons, est encore Robespierre, substituer les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, le mépris du vice au dédain du malheur. Nous voulons substituer les braves gens à ce qui s'intitule la bonne compagnie. Nous voulons une cité où toutes les âmes s'agrandissent. Nous voulons accomplir les destins de l'humanité." À ça, c'est un homme dans l'esprit, accomplir les dessins de l'humanité. Mais c'est du Jean-Jacques. Je vous l'ai déjà dit plusieurs fois. Robespierre, c'est l'homme de Rousseau. Rousseau, c'est l'homme qui disait lui aussi, vous le savez, "Ce que je voudrais faire, c'est de faire comprendre à l'humanité qui elle est, où elle va, afin qu'il puisse accomplir sa destinée." Et si la révolution n'est pas ça, alors à quoi bon l'avoir engagé ? "Lorsqu'on voit le but vers lequel on marche, et ce qu'il n'y a pas là quelque chose qui nous soulève, dit-il, au-delà de la terre ?" Alors attention, au-delà de la terre.

Nous touchons là au secret. Le 30 novembre 92, lorsque Cambon avait annoncé que ce qu'il voulait, c'était supprimer la patente, parce que pour supprimer la patente, ce qui faisait un peu d'argent de moins dans les caisses de l'État, on a les s'arranger pour supprimer tous les traitements ecclésiastiques, c'est-à-dire mettre à la rue ces prêtres. Robespierre avait pris la parole et dans ton, rustique, dans tout n'était pas d'accord pour cette persécution. Et Danton avait dit : "L'homme maltraité par la fortune." Une des filles de Duplay, Élisabeth, avait épousé le bas conventionnel, le bas, et son mari va être paix avec Robespierre. Elle vivra jusqu'à en 1940, je crois, et a laissé des mémoires. Elle avait une sœur qui s'appelait Éléonore, et dont on dit que Robespierre était un peu amoureux. C'est possible. Robespierre, c'est l'homme d'une seule idée, vous savez. "Ici plus tard, si j'arrive à réussir ce que je veux faire plus tard, je changerai à moi, peut-être je me marierai, mais pour l'instant, non. Il s'agit d'une seule chose, il s'agit de créer de la République et de bâtir la cité juste." Alors, dans les mémoires de Élisabeth Duplay, le bas, il y a cette phrase. Elle parle de Robespierre qu'elle aimait beaucoup, qu'elle respectait profondément. "Que foyer m'a grondé parce que je ne semblais pas croire en Dieu avec la même ferveur que lui. Je lui tiens beaucoup à ce mode ferveur." Robespierre, au moment où nous sommes, est un homme presque désespéré. Manage, je viens de vous le dire ici, dans je n'ai pas trop longtemps.

Alors, alors avant de mourir, Robespierre voudrait expliquer, voudrait crier aux gens tout ce qu'il a dans le fond de son cœur. Il voudrait essayer de rendre contagieuse sa vue du monde. Il voudrait essayer que se mettre à prendre, vous savez, à prendre ce feu qui est le feu de sa substance, ce feu qui sa raison de vivre, ce feu qui explique tout ce qu'il a essayé de faire depuis 1789. Alors premièrement, le 14 avril 1798, Robespierre va obtenir d'une convention grincheuse que l'on met Jean-Jacques Rousseau au Panthéon. Bon, il aurait bien voulu qu'on en fasse sortir Voltaire. Il pensait sur Voltaire ce qu'en pensait dans son admirable article du 6 avril 91 de la nuit du peuple. 1 Jean-Jacques. Pierre décide de faire lui-même sur les principes de la République, rapport du 7 Floréal en deux, c'est-à-dire de 18 mai. C'est un rapport qu'il faut le lire de près. L'histoire n'en parle pas assez, même dans le livre de Jean Massin, qui est un excellent livre, on n'a pas souligné ce qui est essentiel dans ce rapport. Quoi donc ? D'abord, Robespierre courageusement dit à ces gens-là, convention, qui sont presque tous des voltairiens : "Mais je veux vous expliquer ce que c'est Voltaire. Je vais vous dire ce que c'est que l'esprit de l'Encyclopédie, qui avait essayé de maintenir parmi nous un homme comme Condorcet." Le marquis de Condorcet, qui parlait des instruments méprisables de la Révolution. Il avait supposé Candide, le livre de Voltaire. Il avait vu ce que ça signifiait pour Voltaire, "cultiver son jardin", c'est-à-dire que les écraser, mais que les à droit, ça se mettre du côté du marteau contre l'enclume. Et Robespierre, ce jour-là, va prononcer les paroles que voici : "Qu'est-ce que c'est la philosophie de l'Encyclopédie ? Cette espèce de philosophie pratique qui, réduisant l'égoïsme en système, considère la société comme une guerre de ruse, le succès comme la règle du juste et de l'injuste, le monde comme le patrimoine des fruits de ponts à droite. Par conséquent, ces gens-là n'ont rien à faire avec le véritable esprit révolutionnaire." Deuxième ennemi, deuxième ennemi, c'est prêt. C'est clairico, ces gens à la Bossuet, qui ont osé dire au roi : "Vous êtes des dieux." Ces gens-là sont terribles parce qu'ils ont crevé les yeux au peuple, parce que cette syllabe Dieu, ils l'ont rendu àïcha, parce que les petites gens sont dit : "Tout ça, c'est des imposteurs." Et quand on ne parle d'une autre vie, ça mensonge pour nous obliger à rester tranquille dans cette vie-là. Alors, il y a un double danger pour la République : le danger de tomber dans la philosophie encyclopédiste qui crève les yeux aux hommes sur leurs espérances surnaturelles, et le danger de tomber sous une un retour du caricalisme qui crèvera les yeux aux hommes d'une autre façon. Robespierre est quelqu'un qui sait que cette syllabe Dieu, que ce pauvre phonème Dieu, que cette distance fourbue et presque inutilisable, tellement on l'a rendu àissable, méconnaissable, tellement les gens se méfient quand on leur parle de ça. Alors lui, il essaye un mot, niveau, il essaye de dire "Être suprême". Et ce jour-là, le 8 mai 94, il va proposer à la Convention une déclaration que voici : "Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme." Il met au premier rang, j'insiste, et tout de suite après, ils mettent au premier rang de ses devoirs de secourir les malheureux, de respecter les faibles, de défendre les opprimés. Ça, c'est l'obsession dans l'espoir depuis que 89, il ne pense qu'à ça, défendre, protéger les opprimés.

Michelet, voici le commentaire qu'il fait du discours dont je viens de vous parler : "Être suprême, tous honorer le catholicisme qui venait derrière le retour à l'Ancien Régime convenait de flatter ici cruellement par la mort des pères de la République." Les pères de la République étant, selon Michelet, Danton et Camille Desmoulins. Saint-Just parle de ce Dieu protecteur de l'innocence et de la vérité. Saint-Just parle du bonheur. Et on dit même, on lui fait honneur d'avoir dit : "Le bonheur est une élève en Europe." Qu'est-ce que ça veut dire bonheur pour Saint-Just ? Oh, ça devrait dire la même chose que pour Danton. Pour Danton, bonheur, ça signifie la goinfrerie et le reste, un jouisseur d'Anton. Et Saint-Just dit : "Le bonheur, c'est la paix d'une conscience droite." Saint-Just est un homme qui s'adresse contre ceux qui ont toujours sur les lèvres le mot avec une majuscule de la raison. Et il dit : "La raison, c'est bien souvent un instrument qui nous propose de bonnes raisons pour dissimuler les convoitises. L'esprit est un sophiste", dit Saint-Just. Alors qu'il y a une chose en nous qui ne trompe pas, c'est ce que Pascal avait appelé la connaissance du cœur. Et c'est aussi ce cœur dont avait parlé Jean-Jacques, c'est-à-dire faire conscience, c'est-à-dire la pression en nous de la vérité. "Je ne suis pas de reculent devant le tombeau, je méprise la poussière qui me compose." Et lui, il n'a pas envie de jouer. "C'est une poussière dès maintenant", dit Saint-Just, "dès maintenant, pleine lutte, je vis de cette vie indépendante que je me suis donnée dans l'infini."

On va faire une troisième chose. J'ai dit trois choses : premièrement, Jean-Jacques au Panthéon, c'est un symbole. Deuxièmement, son rapport sur les principes de la République, le 18 Floréal. Troisièmes, 20 Prairial, la fête de l'Être suprême. Radio, session, la ridiculiser, cette fête de l'Être suprême. Mais Renan, dans ses souvenirs, nous a rapporté quelque chose qui va toucher, prenant. Dit, quand il était gamin, il avait vu dans ce pays attrayé un vieux bonhomme qui avait assisté à la fête de l'Être suprême et qui conservait chez lui un petit bouquet qu'on avait donné à la foule ce jour-là, de trois fleurs. Et c'est ce vieil homme avait parlé à Renan avec une espèce d'émotion profonde, au souvenir de ce qui s'était passé ce jour-là. C'était le vrai Prial, c'est-à-dire le 8 juin. Il se trouvait, il se trouvait, j'étais bien que le 8 juin, c'était aussi le jour de la Pentecôte dans l'ancien calendrier. Alors Robespierre, qui est président de la Convention, c'est pas sa faute s'il est président, c'est la tour de rôle. Robespierre tient à la main ce jour-là un petit bouquet tricolore. Il y a des marguerites blanches, il y a des bleus, il y a des œillets rouges. Les trois couleurs pour Robespierre, ça représente autre chose, croyez-moi, que les trois couleurs pour un Lafayette. Le drapeau tricolore pour Lafayette, c'était emblème des jeunes et des gens. Le petit bouquet tricolore pour Robespierre, c'est le symbole de son espérance. Célébrer devant tout le monde, devant 100 000 personnes, l'intention, c'est la première fois qu'un gouvernant parler au peuple de Dieu sans vouloir le tromper. C'est la première fois que quelqu'un essayait de leur expliquer qu'il y a un double espoir, un espoir temporel et un espoir surnaturel. Première fois que le mode République signifie à la fois la possibilité d'une cité juste et d'un prolongement dans le comprend. Qu'il y a eu des gens ce jour-là qui avait la gorge un peu serrée. Mais ce même jour, parce que tel jour de la Pentecôte, dans les rangs même de la Convention, qui suivent leur espier, les murmures des grondements qui protestent. Il y a les deux Bourdon, Léonard Bourdon et Bourdon de l'Oise, qui disent : "Mais en fait, où va-t-il ? Qu'est-ce qu'il veut ?" Ce jour-là, Robespierre a signé positivement son arrêt de mort. Car 5 jours plus tard, va dire du Comité sur des générales, va monter à la tribune de la Convention et va lancer une bombe. Entre les gens de leur vestiaire, on a apporté à Vallier ses rapports de police. Ils lui ont rapporté que dans une petite rue pauvre de Paris, avec une vieille femme qu'ils avaient, Catherine Théo. Catherine Théo est une illuminée, bref, personne n'était lié avec un moine. Donc général, qui était resté moine et que Robespierre protégeait en effet. Alors dans cette malheureuse soupe de la rue du Pot de Fer, il y avait des réunions où de prière, bon, s'exalter et fatigué. Annonce ça à la Convention, déclare qu'on a découvert une espèce de floridicule et que Catherine Théo, qui se fait appeler la Mère de Dieu, annonce à nouveau : "Mais si, et que ce nouveau Messie, Robespierre." Or Mathias a étudié la question de près. Il n'y a pas un document de police établissant qu'on parlait de Robespierre quand on était chez Catherine Théo. Seulement radier CDI chez le tien avec cette histoire. Je m'en vais ridiculiser Robespierre. Effectivement, cinq jours après la fête de l'Être suprême, qui a été détestée de la majorité voltairienne de la Convention, un grand rire s'est coulé la Convention. Un gros rire. On dit : "Tiens, il y a une espèce de vieille folle qui dit qu'on respire, c'est le." C'est le. Écoutez bien Michelet. "Le procès voltairien de la Mère de Dieu, c'est Voltaire ressuscité. Béni soit tube en revenant." L'affaire suscita, dit-il, un rire immense, rire sacré, qui rompit leur ribes enchantement. Le jour où Robespierre apparut comme le roi futur des prêtres, la France repêche le déposa à côté de Louis XVI. Le déposa à côté de Louis XVI. C'est Michelet qui crie : "Qu'est-ce que ça veut dire ? Tellement été déposé Louis XVI, il a été tué." Par conséquent, Michelet, dans ce texte que je viens de vous lire, écrit carrément ceci : "Robespierre méritait à ce moment-là le sort Louis XVI. Robespierre est bon à tuer." Le faisceau, et j'emploie le mode faisceau dans son centre italien, le facho, la bande déformée, le gang. Et là, lorsque Fleurus va intervenir, le 20, 26 juin, Fleurus, dans la victoire des armées républiques, ken les nantis de la Convention se disent : "Ça y est, on est tranquille maintenant. On est tranquille du côté de nous. Bien les contrôles révolutionnaires n'arriveront plus. Nous sommes les nouveaux messieurs, nous sommes les installés. On a plus besoin de se revest-Pierre, qui jusqu'à présent nous protégeait." Le jour de Fleurus, 26 juin 94, Robespierre a exactement un mois et un jour à vivre.

Voilà que nous avons fini cette grande excursion que nous aurons faite ensemble à la découverte de la Révolution française. Alors, qu'est-ce qui en reste ? Qu'est-ce que nous avons appris ? J'espère tout de même à s'attendre de choses. D'abord, il y a plusieurs visages, plusieurs visages illustres qui connaissent maintenant un nouvel éclairage, un éclairage quelquefois dur, le rude éclairage de la vérité. Quand je pense à Proudhon, par exemple, qui en 51, lorsqu'il fait des écrits, Michelet d'avoir présenté la Révolution telle qu'elle. Proudhon célébrait ce Mirabeau qu'il appelait le plus magnifique instrument de la Révolution, et ce Danton, dont il disait qu'il fut l'âme la plus généreuse. Mirabeau, nous avons vu que c'était un lion, comme on a dit, un lion avec des griffes en caoutchouc. Nous avons attendu le tonnerre de Mirabeau, qui se transformait toujours à la fin en romance, souvent mélodie. Mirabeau, c'était l'homme qui prononçait des paroles tonitruantes, mais qui aboutissait toujours à une conclusion favorable à la cour. Vous rappelez que Mirabeau, qui se faisait applaudir à Paris au Palais-Royal, et les femmes du Palais-Royal l'appelaient "notre petite mère Mirabeau". Mirabeau, c'était l'homme qui soutenait le véto absolu pour le roi. C'était l'homme qui avait dit : "Il faut laisser au roi la possibilité de déclarer lui-même la guerre, de choisir la paix et la guerre." Mirabeau était l'homme aussi de la loi martiale. Un vendu, un imposteur. Danton, Danton, un autre vendu. Nous avons le document maintenant que Robespierre ne connaissait pas le fameux document, c'est la lettre de Mirabeau à la marque. La lettre du 10 mars 91, dans laquelle nous avons la certitude absolue que la veille, 30 000 livres avaient été livrés par la Cour à Danton, demandant, il était un peu particulier parce qu'il était déloyal. Une fois qu'il s'était fait acheter. Dans cette lettre de Mirabeau à la marque, Mirabeau proteste et dit : "Mais Danton fut un très mauvais usage de l'argent qu'on lui a remis." Pourquoi ? Parce que Danton veut faire monter ses prix. Remarquez les dates, c'est le 10 mars 91 que nous apprenons que Mirabeau vient lui faire ce versement. Je vous ai raconté que le 18 avril, donc un mois après, le 18 avril 91, Danton, il est à la tête de la foule qui empêche le roi et la reine de sortir du Palais des Tuileries, lorsque le roi voulait aller communier des mains. Danton a juré à Saint-Cloud. Vous rappelez cette histoire ? Affreuse, où la foule poussée par Danton entourait le carrosse du roi et prononçait des paroles affreuses. Un peu malheureusement, s'entendaient d'appeler "gros cochon" et sa femme, qui était à côté de lui, se faisait appeler. Il était là, Danton. Pourquoi ? Pour faire monter ses prix, je viens de vous le dire. Pour dire : "On ne m'a pas encore assez payé. Si vous voulez, étant donné l'ascendant que j'ai sur la foule, si vous voulez obtenir de moi davantage, et bien payez plus." Voilà qui était Danton. Gérard Walter, dont je n'ai pas encore parlé, qui a beaucoup connu la Révolution et qui a donné dans l'édition de la Pléiade l'histoire de la Révolution de Michelet avec toutes sortes de notes et commentaires extrêmement importants et qui rétablissent la vérité. Je ravale perdit. Ouai, après tout, tant pis si Danton a été vendu. Tant pis, l'important, c'est de savoir s'il a servi la Révolution. Et je ravalter, croyez pouvoir conclure : "Oui, il a servi la Révolution." Là, j'ai bien étudié la question aussi et je voulais présenter à mesure et je n'ai pas l'impression que Danton est jamais servi la Révolution. Que tous les événements qui sont produits, événements importants de la Révolution, il y a contribué peut-être en marge, c'est pas du tout lui qui les a créés. Par conséquent, je crois pouvoir conclure que Danton, en fait, ça a été la mouche du coche, une grosse mouche verte et vrombissante, et pas davantage.

Des Girondins, qu'est-ce que c'est finalement les Girondins ? Les Girondins, ils ont été, à mon avis, extrêmement bien définis par Jaurès, quand il dit : "C'était une oligarchie de beau parleur et de bourgeois arrogant." Et qu'est-ce que c'était Carnot ? Carnot, avec sa fameuse légende de l'organisateur de la victoire. Carnot, c'était un homme qui pensait conservation sociale, comme Cambon. Et Carnot a été l'instigateur, lors d'un acteur, si vous voulez, de cette quête, de cette guerre de pillage. Heureusement qu'à côté de ces visages-là, il y en a d'autres qui vous réconfortent, d'autres qui vous font échapper à ça. Fixie, qui par exemple ? Bah, il y a ces petits curés dont je vous ai parlé. La Baie Grégoire, par exemple, la Baie Grégoire, qui était curé constitutionnel, qui avait rompu avec Rome parce qu'il voulait pas se couper du peuple. Il s'est passé à la Convention une scène pathétique, le 7 novembre 93, lorsque l'évêque Gobel, l'archevêque Gobel de Paris, est venu se déprêtriser, imité du reste par ce pasteur à Fleury, qui s'appelait Julien de Toulouse, et qui lui aussi s'est dévastatorisé. Ce jour-là, alors Tyrion, qui était un ami de Danton, qui Rio a pris à partie Grégoire. Grégoire, qui siège en costume d'éveil. Et il m'a dit : "Et vous, Grégoire ?" Grégoire a dit : "Vous n'obtiendrez jamais de moi un renoncement." Il y a Grégoire. Il y a un autre petit curé qui s'appelait Pierre d'Olivier, celui qui avait défendu les paysans d'Étampes, qui étaient poursuivis parce qu'ils avaient tué le maire Simoneau. Et il a dit : "Pourquoi il l'avait tué ? Pourquoi il est utilisé par le crime ?" Mais il expliquait les souffrances des paysans. Il y a ce taux de petits curés encore qui s'appelait Jacques Roux. De manger, monsieur de manger, a fait un petit bouquin, un curry rouge. Jacquot, c'est vrai que c'est une belle figure, ce Jacquot. C'était un curé des pauvres qui travaillait en plein Paris, dans le quartier des Gravilliers, vivait là avec son chien. Il avait pas un sou, s'occupait avant tout des malheureux. Et puis vous avez un pasteur admirable, qui fait contraste avec les Julien de Toulouse, avec les rabots Saint-Étienne, avec les La Source. Vous vous rappelez ces gens ? Bon, Saint-André, c'est une grande figure. Jambon Saint-André, c'est l'homme qui, au Comité de salut public, s'est occupé spécialement de la marine. La marine qui avait pris le sale tout que vous savez, lorsque les amis gros, les amiraux trop gros et chose gros, avec livré aux Anglais notre flotte de la Méditerranée. Jambon Saint-André a pris ça en main, il a constitué des manufactures nationalisées à Brest, et c'est grâce à lui que la Révolution sur mer s'est fait également respectée. Noble, rectiligne, qui je voulais. Et puis il y a Saint-Just, dont j'ai peut-être pas assez parlé. Saint-Just, dont on nous dit qu'il était tellement beau, il ressemblait à un archange. J'ai trouvé chez Malraux une phrase qui m'a assise amusée parce que je la crois juste. Malraux dit : "La légende de Saint-Just doit beaucoup à sa beauté." Non, disait Malraux, "je crois plutôt que la beauté de Saint-Just vient de sa légende." C'est vrai. Je regardais les images de Saint-Just, il n'est pas tellement beau que ça. Après, il avait le front un peu court. N'empêche, c'était un cœur pur et un être noble. Et puis il y a Couthon. Couthon, c'était un député à la Législative. Couthon, c'est un homme qui, depuis 91, était paralysé des jambes. Quand il est député à la Convention, on le traîne dans une petite voiture. Cet homme avait beaucoup réfléchi. Cet homme qui était un notable, qui avait de l'argent et qui avait été délégué à la Législative, a regardé les choses d'une façon limpide, lucide, loyale, et il a compris où était la vérité, du côté de Robespierre. Et cet homme savait parfaitement. Soutenant jusqu'à la fin. Il allait à la main dans la nuit du 27 juillet, lorsque Léonard Bourdon, à la tête d'une bande de gendarmes, entre dans l'Hôtel de Ville, parce que cette fois, il y a plus de danger, il y a plus personne pour défendre Robespierre. Couthon, et là, dans sa petite voiture. Alors, qu'est-ce qu'on lui fait ? Et ben, on le conduit au sommet du grand escalier de l'Hôtel de Ville et on le précipite, dans sa petite voiture, au bas de l'escalier, ce qui permettra de dire à Monsieur Gargotte avec beaucoup d'élégance : "Au bas de son escalier, Couthon fait le mal." Vous savez que à cause de ces gens qui étaient repliés et qu'on ne pouvait pas déplier, quand on l'a exécuté avec Robespierre le lendemain, Couthon, elle a été obligée de le mettre de profil sur la guillotine. Et puis, il y en a aussi Marat, et son affreuse réputation imméritée. Marat est quelqu'un de Marat était quelqu'un de totalement désintéressé. Il n'avait pas reçu, lorsqu'on l'a tué, lorsque Charlotte Corday l'a assassiné dans sa baignoire, et qu'on a fait l'inventaire de ses biens, il y avait quelques assignats. Un homme qui donnait tout. Le frère de Robespierre, Augustin, a fait là-dessus une déclaration. Marat est une grande figure de la Révolution. Et puis, bien sûr, Robespierre. Je voudrais que là, la dernière image qui vous reste de Robespierre, ça soit celle de cet homme, le 8 juin, quand la 14, le jour de la fête de l'Être suprême, lorsque la tête de la Convention sur le Champ de Mars, il marche avec son petit bouquet tricolore à la main. Il marche, le cœur tout bouleversé, dans cette espèce de de Fête-Dieu ressuscité, qui était la fête de l'Être suprême. Une Fête-Dieu qui avait un sens nouveau, qui était toute jeune, toute nouvelle, toute brûlante.

La deuxième chose que je voudrais vous dire aussi, et que je crois que nous avons appris, c'est avoir une vue plus nette et plus exacte de ce que l'on appelle la Révolution française. Et sous ces mots "Révolution française", il y a deux réalités successives et qui sont absolument opposées, deux réalités antitétiques. Il y a d'abord le 1789 à 1792, avait jusqu'au 10 août, la prise du pouvoir par la bourgeoisie financière. C'est ça la première révolution entre guillemets, et ce n'est pas une révolution, une réforme. C'est-à-dire que c'est la monarchie qui subsiste, cette monarchie qui était d'abord absolue, qui est maintenant une monarchie contrôlée, contrepartie par la fortune mobilière, par la bourgeoisie d'affaires. Et la date capitale de cette première partie de la fausse Révolution, la date capitale que les manuels ne soulignent jamais assez, et même on fait quelquefois exprès d'en parler à peine, c'est le 17 juillet 91, lorsque la bourgeoisie jette le masque et après s'être servi des pauvres comme levier, et leur tire dessus. Les 100 morts du Champ de Mars, grâce aux troupes de Lafayette, à la garde nationale, à la garde nationale des notables de Lafayette, qui tire sur le peuple. 17 juillet 91.

Deuxième révolution, alors pour de bon, la révolution à partir du 10 août 92. Cette fois, c'est le peuple. C'est les ouvriers, c'est des paysans qui sont dans le coup. Il ne s'agit plus d'une première partie de la fausse révolution où les bourgeois disaient : "L'État, c'est nous." Il s'agit maintenant de toute la France qui est dans le coup. À toute la France. J'aurais assez dit, quand on regarde les chiffres, on voit comme les votants sont peu nombreux. Il faut se rendre compte de ce que ces textes, cette France, c'est bête de somme depuis des centaines d'années, et courbée sous le poids de ceux qui les dirigeaient, sur le poids de ces voltairiens qui utilisaient l'idée de Voltaire, à savoir que le petit nombre doit être nourri par le grand nombre. Qu'est-ce que c'est ces pauvres gens ? Ce sont des abrutis, ce sont des gens qui commencent à peine à ouvrir les yeux. Alors, c'est pas étonnant que ça se compte par dizaines de mille, et non même pas par centaines de mille, ceux qui commencent à comprendre de quoi il s'agit. Néanmoins, à ce moment-là, c'est quelque chose d'important et de capital qui était en jeu. Cette fois, c'était vraiment la Révolution, et pour de bon. Alors, alors les possédants, ceux qui avaient fait la première partie de la Révolution, ce qui avait trouvé à leur service d'abord, c'est Girondins qui se déconstitué comme l'aile marchante du bataillon de choc des riches, et qui ont trouvé ensuite à leur service des gens comme Danton, comme Barrère, comme Cambon, et comme Carnot. C'est possédants, ils n'ont de ces que se termine cette intermède pour eux abominable, odieux, où il s'agit vraiment de la République, où il s'agit de la France qui est dans le coup. Et ça n'aura pas duré longtemps. L'intermède républicain, le vrai intermède révolutionnaire, ça commence le 10 août 92 et ça se termine le 27 juillet 94, par la chute de Robespierre. Et à la suite de quelques chaos et de quelques secousses dans ce qu'on appelle le Directoire, on va aboutir à ce recours au sabre. Les honnêtes gens, c'est un mot qui avait été créé, vous savez, par Lafayette. C'est la faillite aussi qui a créé le mot "sans-culotte". Se disent : "Il nous faut un sabre pour faire tenir tranquille la fameuse canaille." On va vous dire à quoi on va aboutir : au 18 Brumaire, c'est-à-dire 9 novembre 99, avec cette conjonction des industriels représentés par Perrier, des banquiers représentés par le banquier suisse Pergaud, et du caïd en chef, le chef des généraux, le petit Bonaparte. À ce moment-là, les gens sont tranquilles pour plus de 50 ans, jusqu'en 1848. C'est cette vue réelle des choses qui a permis à Monsieur Gothot, dont je vous ai déjà parlé une fois, qui a fait un livre excellent sur la prise de la Bastille, qui a vers midi, à Monsieur Gothot, de prononcer une formule à la fois désabusée et lucide sur la Révolution. "Qu'est-ce que c'est que la Révolution ?" dit-il. "Après tout, après tout, ça a été que le passage", dit-il, "le passage du système féodal expirant au système capitaliste naissant." C'était pas comme ça que Robespierre la vue. La vue de la Révolution avec cette divergence d'idées lui avait coûté la vie.

Je voudrais ouvrir l'âne une petite parenthèse et vous dire que notre étude nous a peut-être appris aussi à nous méfier terriblement des présentations officielles ou des présentations traditionnelles de la Révolution française. Je pense aux générations qu'elle appartient, enfin, ceux qui avaient comme ça 10-12 ans en 1914. Il y avait d'une part, vous avez la France était coupée en deux. De mon temps, il y avait les enfants de la bourgeoisie qui étaient élevés dans les écoles libres, dans les écoles confessionnelles, et j'ai eu la curiosité de regarder ce que l'on apprenait à ces enfants dans les écoles catholiques. Comment on leur montrait la Révolution ? C'était tout diabolique, c'était la suite de la de la Réforme, c'était c'était les gens de bien qui avaient été attaqués par les gens à sabots. Mais dans les histoires officielles, à l'histoire laïque, et bien, c'était la préoccupation avant tout. Nos cachets, le fond des choses, c'était toujours l'idée secrète de Gambetta, qui en 1881, avait prononcé à Belleville un fameux discours où il avait dit : "Il n'y a pas de question sociale." À quoi Jules Vallès avait répondu : "Il n'y a pas de question sociale, il n'y en a pas d'autre."

Ce que nous avons appris également, c'est à nous méfier du vocabulaire. Vous avez peut-être vu avec moi au cours de la Révolution, à quel point les politiciens, les emplacements dans son sens péjoratif, sur les gens qui savent faire bon usage du vocabulaire, c'est-à-dire faire dire aux mots le contraire de ce qu'il signifie. Alors quand vous voyez, par exemple, qui dit "la nation", on pourrait croire qu'il s'agit du 25 millions de Français. Pas du tout. Lorsque ce qui est dit "la nation", il pense aux 500 000 mangeurs, il pense à la bourgeoisie d'affaires. Lorsque vous voyez un homme comme Turgot, un homme comme Condorcet, ou un homme comme les Girondins, Roland, parler de la liberté avec les joueurs de la tête, qu'est-ce qu'ils veulent dire avec leur liberté ? Ils veulent dire avant tout liberté économique. Et cette liberté économique, morale, à l'état admirablement défini. La liberté économique, ça signifiait avant tout la liberté donnée aux riches de continuer leur exploitation sur les pauvres. Le bon usage du vocabulaire a eu, il a continué bien au-delà de la Révolution. Vous en avez vu un jeudi exemple avec l'insurrection bourgeoise de Lyon en 93, lorsque les royalistes et Girondins mélangés, quand ils ont renversé la municipalité ouvrière, ont inventé de s'appeler "Comité révolutionnaire et populaire de salut public", tout ça pour masquer ce que c'était avec leur réalité de révolution conservatrice. Et à la fin du 19e siècle, qu'est-ce que nous avons vu en France ? À Paris, nous avons vu ce fameux gouvernement dit de la Défense nationale, qui est en fait un gouvernement de la défense sociale. Et encore plus près de nous, avec le nationalisme intégral de Monsieur Maurras, "la France d'abord, la France avant tout", nous avons vu ce que ça signifiait lorsque la France a connu l'occupation. M'a dit, et qu'on a vu à ce moment-là, monsieur Maurras partager ses bureaux de l'Action française à Lyon avec la Gestapo. Le bon usage du vocabulaire en politique, vous savez, c'est capital.

Troisièmement, que nous avons peut-être appris tous ensemble, c'est une mise en garde contre le système que j'appellerai des larmes à sens unique et des attendrissements dirigés. L'arme pour le roi et la reine, je veux bien, certes, ils étaient très coupables, mais tout de même, enfin, c'était impossible de ne pas être ému quand on pense à ce qui s'était passé. Autant, lorsqu'on les a vu tous les deux monter successivement à la guillotine, et je veux bien m'attendre sur eux. Et c'est vrai qu'ils m'ont ému. Mais pourquoi est-ce qu'on me parle jamais des autres ? Pourquoi est-ce qu'on nous parle jamais dans les histoires de ceux qui ont été massacrés parce qu'ils étaient des pauvres et qui voulaient se mêler de s'y garder ? Pas le 17 juillet 91 sur le Champ de Mars. Pourquoi est-ce que nous parle pas ces braves gens, de ces petites républicaines de Vendée qui à Machecoul, le 10 mars 93, ont été brûlés vifs par les Vendéens ? Pourquoi est-ce qu'on nous parle jamais de ces ouvriers de Toulon qui ont été, je vous le disais, suspendus par le dessous de la mâchoire à des crocs de la boucherie par les soins de la nouvelle municipalité dirigée par les amiraux qui s'étaient vendus aux Anglais ? Septembre, les massacres de septembre 92, ça, c'est pas très beau, en effet, et j'ai dit que c'était pas beau. Mais attention, est-ce que vous rappelez ce que c'était que le manifeste de Brunswick, qui datait de quatre jours auparavant ? Manifeste de Brunswick, où les émigrés ou les Prussiens, d'accord avec le roi, disait : "Si Parisiens, si vous osez vous défendre, mais vous savez ce qui vous attend, vous serez exterminés et Paris sera anéanti." Par conséquent, si les émigrés, s'ils aristocrates, si la Cour avait gagné, les routes Paris aurait connu plus de potence qu'il n'y avait eu de croix dressés sur la route entre Capoue et Rome après la défaite de Spartacus. C'est des cheveux à ne pas oublier. Je me méfie, vous avez, je me méfie de ces pitié toujours inégale et de ces larmes qu'on nous oblige à verser uniquement sur les morts du bon parti.

Que je vais vous rappeler Victor Hugo. Victor Hugo avait assisté de loin, mais il avait assisté à deux choses. Il y avait assisté de près. D'abord, au 2 décembre, et il avait vu l'enfant, l'enfant de 7 ans qui avait été tué par le gang bonapartiste dans la rue d'Upton. Et il avait décidé, d'un peu plus loin, au meurtre, plus tard, sous la Commune, de Monseigneur Darbois. Alors, je vais de Paris que la Commune a tué, en effet. Et vous imaginez le bruit qu'on faisait autour de la mort de l'archevêque ? C'est affreux, les gens de la Commune ont tué l'archevêque. Et Victor Hugo disait : "Sans doute, c'est affreux de voir tuer l'archevêque, mais pourquoi est-ce qu'on ne parle jamais de l'enfant tué de la rue d'Upton ? Un enfant, après tout, un enfant, ça vaut bien un archevêque."

Et enfin, et enfin, la Révolution. Alors, qu'est-ce que c'est ? Enfin, qu'est-ce qu'il faut en penser ? Est-ce qu'il y a un mythe révolutionnaire ? Est-ce qu'il y a une blague, la Révolution ? Et ben, je vais le reprendre ce mot de mythe, parce qu'il a deux sens. Il a un sens de mystification, et un mythe, c'est également autre chose. C'est également une espèce de grande lumière confuse et attractive. C'est quelque chose comme une vision mystique. Mystification, oui, la première fausse Révolution, la Révolution bourgeoise, la Révolution de la déclaration menteuse des droits de l'homme, menteuse parce que la Déclaration des droits de l'homme disait : "Tous les hommes sont libres et égaux." Oui, ils sont libres, mais pas vous, ouvriers, parce que vous êtes interdit de vous grouper pour vous défendre contre ceux qui vous exploitent. Égaux, mais pas vous les pauvres, parce qu'on va vous retirer le droit de vote. Mythe, maintenant, à partir de 92, ce vers quoi marchait Robespierre, ce que voulait Robespierre, cette construction d'une cité juste, la vision d'un monde où l'homme, comme on disait, pouvait accomplir sa destination. Victor Hugo, qui écrivait en 1862, ses Misérables, c'est-à-dire sous l'Empire, disait : "Les institutions n'y sont plus, certes, le moulin n'y est plus, mais le vent souffle toujours." La Seine, voyez-vous, il n'a plus jamais cessé de souffler. Il souffle maintenant sur le monde entier, et il venait de loin. Après tout, c'était le vent de la Pentecôte.