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WÉBINAIRE ENFIN TOUT COMPRENDRE DE LA GÉNOMIQUE !

Georges MOUTON2:12:37

Transcription

Bienvenue sur le webinar du 18 octobre sur la génotype. Donc, je vais accueillir aujourd’hui le Docteur George Mouton, le Docteur Yoni Azoui et le Docteur Julien Puchois. Donc, mais ce soir, ça va être un second, un, un suivant de webinaire qui va être super génial. Donc, je vous accueille, je vous dis à tous et à toutes bonjour. Moi, c’est David Comblin, personal trainer dans la vie de tous les jours, et ce soir, j’ai le… de commencer. Pari : est-ce que Yi, tu veux bien te présenter ?

Oui. Bonsoir à tous. Moi, je suis… je suis médecin généraliste de formation et depuis 3 ans, j’ai la médecine fonctionnelle ou médecine préventive à Marseille. Et depuis un an, j’ai l’honneur de… de travailler en collaboration avec le Docteur George Mouton des cliniques. Bienvenue Julien.

Bonsoir. Donc, moi Julien, donc, comme généraliste de formation, moi, je suis à l’opposé, je suis à… je suis à Lille et comme Yoni, j’ai rejoint l’équipe Fun M Dev depuis presque un an. Voilà. Donc, c’est un honneur de… de pouvoir collaborer avec… avec George. Bienvenue à toi, évidemment. La grande personne, c’est Goliath… ah non, excusez-moi, c’est George Mouton ce soir qui… ah voilà. Goliath est là, il est bien là. George, ben, on sait bien qu’on se… on ne te présente plus, tout le monde te connaît, mais vas-y, tu peux commencer ce super webinar. Mais Goliath est toujours là, hein, ça c’est pas une question à… à poser. Goliath est toujours là. Euh, il a… il a été bien actif aujourd’hui, il a mangé comme quatre. Donc là, il fait un petit peu la sieste et j’ai promené… une promenade nocturne quand nous aurons fini. Et donc, on va nécessairement terminer à l’heure. Voilà. Je remercie David et Émilie là, qui est active mais qui est un peu timide et que l’on ne voit pas nécessairement, mais je demande si je vais quand même pas mettre son… sa tête en petit cartouche dans la présentation de la vidéo sur YouTube pour que l’on puisse la connaître et l’apprécier, ce qui est tout à fait mérité. Ah ben là voilà, tu vois. Ah oui, mais oui, mais attends, attends, je vais faire… voilà, on va faire le… on va faire le… oui, oui, oui. Et donc euh… ben merci Émilie pour tout ce que tu… tu fais, hein. Euh voilà, vous êtes… euh… pour organiser, parce que quand vous vous inscrivez, c’est surtout chez elle. Bon voilà, ça devait être dit. Maintenant, merci à mes collègues aussi d’être là et euh… figurez-vous qu’on s’est bien réparti les tâches aujourd’hui, sauf que je me suis rendu compte il y a peu… il y a une heure à peu près, hein, que ce que j’avais prévu comme planning ne tient pas la route. Bon, vous ne tenez pas la route et ne tient toujours pas la route. Pourquoi ? Ben, parce que j’ai reçu une question hier. Alors, la personne sait qu’elle… qu’on va la… la nommer. Alors, évidemment, on utilise un… un pseudo. Vous connaissez ma façon de… d’utiliser des prénoms alternatifs ou presque. Bon, comprendra qu’il pourra… et donc, on va dire qu’il s’agit d’Yvette qui… m’a envoyé… alors ça date d’avant-hier… euh… et j’avais prévu avec elle de… de répercuter sa question et vous allez tout de suite comprendre que c’est important. Alors, c’est dans le cas d’un long email au bout duquel finalement elle demande une aide en médecine fonctionnelle. Donc, c’était juste une petite introduction et visiblement elle était attirée par la… la génomique, c’est le sujet du jour. Donc, je trouvais ça intéressant, mais évidemment sa question, je vous la lis avec un petit sourire parce que c’est très intéressant, mais évidemment, on va… il va falloir élaborer un peu. J’ai compris que le génotype TT = homozygote sauvage et AA = homozygote variant. Alors, mes collègues vont apprécier. Alors, que ve… à quoi correspondent les génotypes CC, CT, GG, GC, GT, TC et TG ? Bon, alors évidemment, quand j’ai vu ça, je me suis dit : mince, c’est pas comme ça que ça fonctionne. Donc, c’est clair que euh… le projet que j’avais d’avoir le Docteur Azoui qui commence avec le génotype FUT2 qui est fort intéressant et je suis certain qu’il va vous en convaincre, et puis le Docteur Puchois qui va enchaîner avec le génotype DIO2 qui est fascinant, qui me fascine en tout cas moi, mais je pense lui aussi, et d’autres… et puis j’allais enchaîner avec le génotype APOE. Bon, on va… on va se calmer, on va être raisonnable. Il est évident que tout ce qu’on va pouvoir faire aujourd’hui, c’est garder le dernier quart d’heure ou les dernières 20 minutes pour des… des questions pratiques. Comme ça, ça fera intervenir peut-être plus de monde, c’est toujours bien. Sur le génotype APOE, mais qu’on ne va pas du tout couvrir avec la bibliographie et tout… tout le… tout le saint bazar. Ok, on en aura pas le temps et j’ai déjà prévu pour 2024 un webinaire génotype APOE, un webinaire de 2h consacré à un seul génotype parce qu’il est très important, il est plus compliqué. Et ça, je peux déjà quand même vous dire… euh… le FUT2, FUT2 et le DIO2 qu’on va vous expliquer sont euh… des génotypes classiques où il y a deux euh… possibilités et euh… vous allez voir qu’on va utiliser euh… euh les… les… pour le… pour le premier, en tout cas pour le FUT2, les adjectifs euh… caractéristiques classiques qui sont sauvages et variants, mais ça va déjà être un peu perturbé pour le génotype DIO2 parce que l’on va vous expliquer aussi pourquoi ça colle déjà plus tout à fait bien pour ces appellations-là et on va en proposer des autres, des… des appellations alternatives qui sont logiques et j’espère que vous… vous… vous… vous consentirez à… à ce changement qui s’impose, je crois, pour éviter toute confusion. Mais alors, le problème de l’APOE, c’est quand même que ça débouche sur trois possibilités : APOE3 qui est la plus courante, APOE4 qui est moins courante mais qui est quand même… qui concerne quand même une personne sur 5, et APOE2 qui est plutôt rare, qui concerne une personne sur 20. Le reste, c’est-à-dire, faites le calculs, les 3/4 de la population, c’est E3. Alors, voyez là… bon… euh… il y a beaucoup de gens qui sont déjà un peu perdus parce que je peux tout de suite vous dire que euh… tous ces euh… euh… tous ces génotypes dont je vous parle vont toujours devoir être caractérisés par deux allèles. On appelle ça des allèles. Euh… vous allez voir qu’en général il y a deux lettres, mais c’est justement la question un peu particulière d’Yvette. Euh… pourquoi deux ? Ben, parce qu’on a deux parents, figurez-vous. Ok. Et donc, il y a chaque fois une lettre qui vient de chaque parent. Alors, évidemment, ça pour les APOE, vu qu’il y a trois possibilités, ça c’est la même chose, remarquez, hein, parce que vous avez deux parents APOE3, ben vous allez être APOE3. Voilà, il y a pas de miracle. Euh… si vous avez un parent APOE4 et un APOE2, ben vous allez être un mélange E4E2. Mais ce qui se complique, c’est qu’évidemment ça donne huit possibilités au lieu de trois, hein, vu qu’il y a… en… c’est purement un traitement mathématique de la chose… euh… et… et… et donc, on abordera ça plus tard, mais on peut déjà répondre à… à des questions pratiques aujourd’hui pour aider les gens et euh… mettre en… en appétit pour le webinaire APOE de 2024, probablement assez tôt dans l’année, parce que comme ça, il y a pas trop de délais pour enchaîner avec aujourd’hui. Alors, bon, c’est quoi ces lettres ? C’est quoi ces lettres ? Et d’abord, c’est quoi… c’est quoi la génomique ? C’est… c’est de quoi est-ce que nous parlons aujourd’hui ? FUT2, FUT2, DIO2, ce sont des polymorphismes. Voilà, ça c’est le terme consacré. Ce sont des polymorphismes nucléotidiques, c’est-à-dire que ce sont des nucléotides qui sont variables d’un individu à l’autre. Alors, le… le terme consacré que j’utilise d’ailleurs dans mes… dans mes vidéos ou dans mes capsules, puisque bon, hein, je prétends qu’il s’agit de capsules plutôt que de vidéo, mais c’est exactement la même chose, ce sont des… des SNPs. Alors, c’est une façon, en anglais, de dire la même chose. Ce sont des SNPs. Bon, je vous dis tout de suite, il y a pas de I, c’est SNP, l’acronyme SNP, c’est single nucleotide polymorphism. Vous voyez ? Donc, il y a bien le mot polymorphisme que j’utilise souvent aussi parce que c’est synonyme, mais il y a le mot nucléotide, nucléoti… donc, ce sont des polymorphismes nucléotidiques et c’est là que les choses se corsent parce que euh… les… les… les nucléotides correspondent à des bases. Alors, je vous lis… alors, toujours moi, je fais confiance à Wikipédia en ver et contre tout, parce qu’il y a énormément de… de choses très valables là-dedans et je… je dis souvent, mais je répète, je leur verse quand il me sollicite, je leur verse toujours quelque chose et quand ils ont besoin d’argent, ils sollicitent, et quand ils n’ont pas besoin, ils sollicitent pas. Donc, je vous incite à faire la même chose. Alors, sur Wikipédia, donc vous avez pas besoin, je vais pas mettre ça en référence de la… en description de la vidéo quand on va la poster sur YouTube, sur ma chaîne YouTube. Par contre, je mettrai la bibliographie que mes collègues vont vous proposer aujourd’hui : Yoni pour le FUT2 et euh… Julien pour le DIO2. Il y a… il y a beaucoup de bibliographie. On va faire quelque chose de très bétonné, scientifique aujourd’hui pour échapper aux critiques et aux… aux gens qui ont du mal à se mettre à la génomique parce qu’ils savent pas évoluer avec leur temps, je pense que c’est ça leur problème. Et on va bétonner ça scientifiquement en mettant énormément de très bonnes références, tout PubMed, évidemment, pas des livres écrits par des farfelus. En description, vous aurez un lien en description du webinaire quand il sera sur YouTube. Quand est-ce que le webinaire sera posté sur YouTube ? Incessamment sous peu, probablement avant la fin du mois. Ok, ça dépend d’autres facteurs, parfois de l’ordre des… des… des… des cartouches que je… des cartouches… moi… des… des capsules que je veux mettre, chaque capsule ayant besoin d’un cartouche qui est le… la vue d’introduction faite par Raphaël qui est mon grand spécialiste de cartouche, comme vous savez. Et donc, c’est euh… euh… cette bibliographie sera importante et vous… vous y aurez vraiment accès parce que parfois on fait référence pendant le webinaire et puis finalement euh… vous êtes plus ou moins laissé à… à votre propre euh… travail de rechercher ces références dont on a parlé. Non, vous aurez la liste des références et vous pourrez aller euh… sur PubMed éventuellement pour approfondir. Ok. Donc oui, Wikipédia, polymorphisme nucléotidique. Voilà, je l’ai imprimé pour m’aider parce que c’est quand même technique et je… je suis pas capable de… de faire ça sans… sans un peu d’aide. Donc un SNP, hein, single nucleotide polymorphism, polymorphisme nucléotidique d’un seul nucléotide en français. Le français, ça ne convient pas fort à la… à la science, je suis désolé pour tous ceux qui nous regardent, mais il faut reconnaître que bon… la langue anglaise convient mieux pour jongler avec tout ça, c’est plus court en tout cas. Et alors, on m’accuse de faire du franglais, mais bon, ça glisse sur ma carapace qui est épaisse. Et donc, le… le SNP est en génétique, ça fait partie de la génétique, la variation ou le polymorphisme qui veut dire la même chose d’une seule paire de base du génome. Ok. Donc, il y a une paire de base qui varie d’un individu à l’autre. Alors, il y a quand même des conditions : cette variation évidemment doit toujours concerner le même endroit sur le gène et pour que ce soit reconnu comme SNP, je vais utiliser l’acronyme anglais, il faut qu’au moins 1% de la population le présente. Donc, il y a des SNPs rarissimes qui ont des rôles majeurs mais qu’on rencontre peut-être une fois sur un million ou sur 1000. Ça, ce n’est pas ce que nous faisons en génomique. Enfin, la génomique que nous pratiquons en médecine fonctionnelle, ce sont des SNPs qui sont quand même euh… pas fréquents mais qui ne sont pas rares. Donc, au moins 1% et évidemment peut-être beaucoup plus qu’un %, et d’ailleurs ce dont on parle ici, c’est évidemment beaucoup plus qu’un %. Alors, alors, ce sont des variations de base, de paire de base, mais je vous expliquerai après ce que c’est que les bases. Pour ça que j’ai besoin de cette introduction théorique sans laquelle on risque de patauger un peu comme Yvette a pataugé avec ces lettres, hein. Bon, mais c’est très bien parce que je… j’allais… j’allais zapper ça. Mais alors… bon, si on n’a pas un minimum de compréhension de la base, c’est le cas de le dire, mais ça n’a rien à voir avec les bases dont je vais vous parler… ben euh… tout est un peu flou artistique, voyez ? Ça c’est pas bon. On va essayer de faire mieux que ça. Alors euh… ces SNPs sont très fréquents, euh… on les rencontre environ une fois sur 1000 bases. Donc euh… il peut y en avoir plusieurs dans le même enzyme ou dans la même protéine. Donc, dans… dans le même gène, il peut y avoir plusieurs SNPs, hein. Et d’ailleurs, le FUT2, il y a deux SNPs décrits… euh… je… je sais pas si euh… Yi va en parler, mais sinon j’ajouterai un mot. Et d’ailleurs, j’ai une… une question pour Yoni : c’est mentionné le fait qu’il y a deux SNPs sur le… deux SNPs d’intérêt sur le… sur le FUT2.

Alors oui, cette histoire de SNP, j’y pense… je… c’est maintenant que ça me vient que je vous parle de ça. Quand vous faites euh… des recherches sur votre génome complet, par exemple, ça me gêne pas de citer le… la firme… firme américaine 23andMe. Vous avez le génome complet, donc vous avez les 22 000 gènes, bam ! Bon, évidemment, c’est un peu envahissant. Ok, le problème là-dedans, c’est de s’y retrouver et euh… si vous allez regarder, et on va reprendre l’exemple du FUT2, si vous allez regarder toutes les réponses FUT2, il y a beaucoup plus que deux SNPs. Alors, le problème, c’est justement, il y a trop d’infos et pour retrouver dans cette… cette tonne d’informations ce qui est pertinent, ce qui est utile en médecine fonctionnelle, en médecine tout court, euh… c’est difficile. Donc, c’est pour ça que bon… ben nous, on vous conseille pas : faites 23andMe et vous aurez tous vos… tous vos… tous vos SNPs, tous vos polymorphismes. Oui, mais alors… et quoi bon, hein ? D’ailleurs, il y a des programmes informatiques qui sont destinés à traiter toutes ces infos, mais euh… bon, nous, on travaille pas comme ça. Nous sommes des médecins, on prescrit le génotype, ça coûte une cinquantaine d’euros, euh… on le fait une fois dans sa vie et… et nous sommes formés pour pouvoir vous aider à interpréter précisément le SNP qu’on est en train de tester. Ok, parce que sinon ça devient tout et n’importe quoi. Et donc, les SNPs représentent 90… 90% de l’ensemble des variations génétiques humaines. Le reste, c’est les maladies génétiques qui ne sont pas notre affaire, qui sont du domaine des généticiens. Nous sommes pas des généticiens, nous comprenons rien en génétique si on commence à pousser les choses un peu trop loin. He… bon, moi, il me faut déjà toutes mes plumes pour voler ce soir euh… pour surtout vous répercuter quelque chose que… que j’ai connu, que j’ai étudié, que je comprends, mais entre comprendre et bien enseigner, il y a encore une marge. Je vais essayer d’y arriver. Les généticiens, bon, c’est leur boulot nonstop, mais ce sont des maladies génétiques, c’est pas du tout ce dont on parle. Donc, nous ne sommes pas en concurrence, on ne se prend pas pour des généticiens. Et ce qui est intéressant, c’est que les généticiens a priori, ou en tout cas l’immense majorité, ne s’intéresse absolument pas à la génomique. Bon voilà. Et bien, on est là pour collaborer et euh… remarquez qu’il y a parfois certaines… certains… certains SNPs qui sont un peu à la frontière. Euh… il y a des… des maladies comme l’hémochromatose, par exemple, euh… comme la béta-thalassémie, euh… comme la trypanosomose, qui sont des maladies génétiques mais qui correspondent à des SNPs. Bon, alors, celui qui se spécialise un peu dans ces pathologies, notamment euh… euh… méditerranéenne, tropicale ou du Moyen-Orient, etc., il connaît évidemment bien ses maladies, il maîtrise euh… l’hémochromatose. Je crois qu’on est tous amenés à… à la suspecter, à la faire tester et en plus ça… ça se fait en médecine conventionnelle. Donc, ou… toutes ces… tous ces domaines se… se recoupent dans une certaine mesure. L’hémochromatose, ça peut relever du généticien, ça relève éventuellement du médecin généraliste qui n’est pas du tout formé à la médecine fonctionnelle et les médecins fonctionnels peuvent aussi s’y intéresser quand il voit qu’il y a une surcharge en fer anormale. On… on se pose la question, mais ça c’est en fait un SNP, mais c’est plutôt une exception. Les vrais… génotypes qui sont ceux dont on parle aujourd’hui et dont on parlera dans le futur dans d’autres webinaires, notamment l’APOE, euh… sont pas des maladies génétiques, ce sont des réglages. Alors, tel patient est réglé d’une façon et un autre patient est réglé d’une autre façon, hein. Et euh… pour déjà un tout petit peu introduire ce que Yi va développer, le génotype FUT2, et c’est pour ça que c’est… j’ai pas dit que c’était pour ça que c’est lui qui allait le faire, parce que c’est facile. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Ok, mais euh… parce que là… bon, je crois que j’aurai des ennuis avec lui, mais euh… c’est celui qu’on a voulu mettre en premier parce que euh… c’est… c’est assez euh… facile à concevoir. Vous avez la version euh… du gène qu’on va appeler sauvage, qui est la version dominante, qui est la version la plus courante, en l’occurrence pour le FUT2, mais là je lui enlève déjà un peu de matière… 80% à peu près de la population euh… copie sauvage. Ok. Et les 20% restants, peut-être un peu moins, 18… euh… euh… copie variante. Alors, je vous rappelle que vous avez deux parents. Bon, j’en vois deux ou trois qui ont les neurones… qu’est-ce qui a demandé ici… qui a dit qu’il ne comprenait pas le principe des deux parents ? Je crois qu’il y a sur le chat… ah non, non, c’est… c’est une blague. Bon ben euh… très bien, l’humour… donc euh… forcément, si vous avez variant ou sauvage, disons sauvage ou variant pour les mettre dans l’ordre de fréquence, 80% de sauvage, 20% de variant, vous avez trois possibilités : vous avez sauvage sauvage, ok, qu’on appelle homozygote, parce que homozygote, le même œuf… euh… la même copie, sauvage sauvage, ou alors tout à fait l’inverse, variant variant, homozygote variant, opposé à homozygote sauvage, et puis le mix, hétérozygote, avec une copie sauvage, une copie variante. Alors, Yoni reviendra sur le privilège de vous dire l’impact que ça va avoir pour savoir dans quel des trois groupes vous vous situez : homozygote sauvage, hétérozygote, homozygote variant. Et c’est pour ça qu’on va pas parler de l’APOE aujourd’hui, parce que là… bon, ça… ça se complique quand même un petit peu. Ok, mais c’est un… un génotype très très important, l’APOE. Donc, on va d’abord vous laisser digérer toute cette base théorique, jongler un peu avec tout ça, et je suis certain qu’à la fin du webinaire, ça va déjà vous paraître beaucoup plus familier. Ok. Donc euh… 90% des variations génétiques, c’est ce que… c’est ce dont nous parlons aujourd’hui. Les maladies génétiques sont plus rares mais peuvent être plus graves, peuvent mettre l’espérance de vie évidemment en jeu, peuvent mettre la vie en jeu. Ça, c’est matière de spécialistes, nous on… on s’occupe pas de ça… euh… et c’est bien normal. Il y a d’ailleurs un… un… en fait, c’est un… on peut dire que c’est un génotype, le fameux BRCA1 voire BRCA… BRCA2 pour le risque de cancer du sein. On pourrait se dire : bon ben, ce sont des… des… des génotypes comme on en fait d’autres pour évaluer le risque de cancer du sein, mais ça n’a rien à voir parce que ce risque-là avec les BRCA… parce qu’on dit BRCA parce que on n’arrive pas… alors on dit BRCA… euh… le… le… le risque est… est… infiniment plus haut avec les BRCA1 ou 2, quand malheureusement c’est le cas. Et bien, voyez, ça pour moi, c’est plutôt du registre des… des gynécologues euh… parce que là, le problème c’est quand les conséquences sont aussi lourdes, hein, avec éventuellement des… des décisions importantes de : que fait-on ou que ne fait-on pas ? Euh… et je vous renvoie à Angelina Jolie qui a évidemment popularisé cette problématique euh… qui n’est pas exceptionnelle, hein, qui… qui… qui règne dans des familles… mais en général quand c’est dans la famille, on… on le sait. Et bien, c’est pas nouveau pour nous. Nous sommes trois médecins généralistes, c’est pas notre rôle. Je suis contre le fait de tester ça parce que quand on se trouve confronté à un BRCA positif, bon, il vaut mieux tout de suite embrayer par un… un spécialiste qui… qui va tout de suite discuter avec vous euh… quelle… quelle attitude est à prendre et ça va dépendre évidemment de la personne. Euh… par contre, contre l’APOE, comme on le mentionnera très brièvement à la fin, ça peut avoir des conséquences quand même significatives, notamment sur les risques cardiovasculaires, sur les risques neurodégénératifs, mais ça c’est quelque chose que nous nous gérons. Ok, quand on a une augmentation du risque cardiovasculaire, d’une augmentation du risque de la maladie d’Alzheimer, une augmentation du risque de la maladie de Parkinson, surtout au niveau de la prévention, je dis pas quand les maladies sont déclarées et à un stade avancé, mais au niveau de la prévention, c’est notre job là. Il est évident que là, pour eux, c’est important pour nous de travailler avec ça et nous nous y reviendrons au moment voulu. Bon, alors, après toute cette introduction, je pense qui était importante, il est temps que je vous explique ce que c’est ces bases, puisque… je vous rappelle, le SNP, c’est une variation, c’est un polymorphisme, hein, ce sont les synonymes d’une seule paire de base et c’est ça qu’on caractérise, c’est ce qui se passe dans le… dans le FUT2 dont on va parler dans… dans 3 minutes. Alors, les bases qu’on… qu’on… qu’on peut appeler bases, mais qui en propre parlent sont plutôt… ah, il faut que j’humidifie un peu la tuyauterie… on peut dire des bases azotées parce qu’il y a évidemment euh… un atome d’azote dans… dans le cycle, plutôt plusieurs… on les appelle aussi des bases nucléiques parce que ça intervient évidemment euh… euh… euh… dans les acides nucléiques. Alors, c’est quoi les acides nucléiques ? Ben, vous les connaissez sans les connaître, c’est l’acide ribonucléique, ARN, ou désoxyribonucléique, ADN. Bon, j’ai entendu parler de l’ADN il y a pas longtemps, vous avez entendu parler d’ARN pour des raisons, on va dire, covidiennes. Et donc, c’est pour ça qu’on peut appeler aussi ces bases des bases nucléiques ou bases azotées. Alors, c’est simple parce qu’en réalité il y en a quatre… ben… bon, on va bien être obligé de dire qu’il y en a cinq. Enfin, si on se tient à l’ADN qui est ce qui nous occupe… euh… on va dire qu’il y en a euh… que quatre parce que la 5e, elle est spécifique de l’ARN. Alors, je vais pas trop compliquer les choses, on va oublier la 5e qui est euh… euh… l’uracile, hein, par la lettre U. Ça c’est pour l’ARN, donc on parle pas de ça aujourd’hui, on est dans l’ADN aujourd’hui. Tout ce que nous abordons aujourd’hui sont des polymorphismes de l’ADN, la matière noble, hein, l’ADN. Bon, je vais quand même pas vous expliquer ce que c’est de l’ADN, vous avez tous entendu parler de ça… euh… euh… Dieu merci. Les quatre bases. Et alors, on revient à la fameuse question magique d’Yvette, hein, et vous voyez que l’on va retomber sur nos pattes… euh… et je vais pouvoir bientôt transmettre le bâton à Yoni… euh… ben, c’est… je vérifie si elle avait bien euh… chercher toutes les combinaisons, je crois plus ou moins, elle était très exhaustive. Les quatre bases, c’est A pour l’adénine, C pour la cytosine, G pour la guanine et T pour la thymine. Alors, pas étonnant que la pauvre Yvette a combiné ces lettres de toutes les manières possibles et imaginables, mais il y a un certain nombre de combinaisons euh… euh… qui… qui… qui s’excluent. Alors, je… je vous explique un peu pourquoi. Donc, si vous voulez, ces quatre bases de l’ADN, ACGT, ça s’apparie… de… quand je dis ACGT, c’est par alphabétique, mais elles s’apparient deux par deux. Alors, il y a deux bases qui appartiennent à la famille des purines, c’est A et G, l’adénine et la guanine, et il y a deux bases qui appartiennent à la famille des pyrimidines, et c’est la cytosine, C, et la thymine, T. Voilà. Donc, il y a déjà deux et deux. Et alors, ce qui est assez magique, qui va quand même commencer à vous… à vous… à vous ouvrir un peu l’horizon… euh… et là je vous lis la phrase, je trouve qu’elle est très bien faite : dans la double hélice de l’ADN, hein, vous avez déjà vu ça quand même… on voit ça partout… les bases s’apparient au moyen de liaisons hydrogène qui maintiennent les deux brins antiparallèles ensemble, hein, puisque ça tourne dans les sens opposés. Une base purique s’appariant à une base pyrimidique. Donc, vous avez toujours une base de chaque famille qui se présente en face d’une base de… de l’autre famille. Alors, la cytosine et la guanine forment une paire de base unie par trois liaisons hydrogène. Et donc, vous avez la cytosine qui est une pyrimidine et la guanine qui est une purine qui sont toujours associées. Et puis, par ailleurs, vous avez les deux autres, l’adénine qui est une purine et la thymine qui est une pyrimidine, vous voyez, qui… toujours une de chaque famille, qui sont également associées par des liaisons hydrogène pour faire une paire de base, mais là il y en a que deux. Ok. Donc, vous avez toujours soit CG, soit AT. Alors voilà. On montre Wikipédia. Pardon, j’utilise… j’ai pas d’aller faire des trucs… de double… double liaison… liaison hydrogène… une double liaison hydrogène et ici une triple liaison hydrogène entre C et G, alors qu’entre A et T, il y a que deux. Donc, ça c’est comme… c’est normalement. Alors, quand on vous donne des résultats de génomique, hein, on vous parle de quelque chose qui a varié, on… on vous parle d’un polymorphisme et donc euh… les lettres qu’on vous donne euh… c’est en général euh… bon, par exemple, quand on va reprendre euh… [Musique] euh… TT, hein, par exemple, et bien ça veut clairement dire que euh… le… par exemple, c’est hétérozygote, hein, TT, le T est… bon, je vais enlever ça parce que sinon on me voit plus… le T est… est maintenu chez un parent, mais chez l’autre parent, le T est remplacé par un A, ce qui va évidemment appeler en face l’inverse, hein, T s’associe à A, mais A va s’associer à T. Ok. Et pareil avec toutes ces déclinaisons de lettres. Donc, vous retrouvez tout le temps les mêmes lettres. Ok. Et ce n’est pas votre job en tant que patient, c’est même pas notre job à nous parce que bon… regardez les… les… les longueurs que je suis obligé de… de… de déballer aujourd’hui pour un peu éclaircir ce brouillard euh… qui gâche un peu le plaisir et qui conduit à… à… à des incompréhensions comme Yvette, à juste titre, était un peu perdue. Merci Yvette, et qui… qui… qui est là a priori, mais je vais pas dire qui c’est. Et donc euh… cette façon de vous présenter les choses peut être avalée, digérée, oubliée. Ce qui va compter, c’est la conclusion que le laboratoire de génétique vous donne et qui est évidemment confirmée, expliquée, amplifiée par le médecin qui a prescrit l’analyse. C’est de savoir, en gros, dans le cas simple que Yoni va nous expliquer, si c’est homozygote sauvage, le truc classique, si c’est homozygote variant, le truc vraiment pas classique parce qu’il y a des copies un peu… un peu rares qu’on appelle donc variante des deux parents, ou si vous êtes entre les deux avec un génotype hétérozygote. Ok. Donc, vous oubliez toutes vos lettres et cetera, mais vous comprenez à quoi tout ça rime, hein, et on va retomber dans les choses peut-être plus… plus sympas, plus pratiques, plus concrètes, mais en ayant quand même un peu la… la base théorique derrière. Et si c’est pas ça une base théorique avec les quatre bases, hein, ACGT… ben… alors, je sais plus ce qu’est une vraie base. Voilà. David, est-ce que… est-ce que c’est… c’est totalement hermétique ou c’est quand même intéressant ?

C’est intéressant, mais ce sera intéressant aussi que Yi prenne la parole.

À toi. Ouais. Bonsoir à tous. Alors, je vais vous présenter un polymorphisme pour moi très important pour la santé de l’écosystème intestinal et le polymorphisme FUT2. Donc, il faut d’abord rappeler à quoi correspond le… moi, j’appelle ça une confiture… c’est comme… on a un peu de problème de micro… on n’avait pas tout à l’heure… je sais pas pourquoi… parce que quand on a fait le… la mise en place, l’échauffement, c’était plus… est-ce que tu es trop… peut-être mieux là, je crois. Oui, à mon avis, il y a un peu de résonance. Oui, oui, peut-être. Alors, le mucus, c’est comme une confiture, disais-je, qui va tapisser la muqueuse intestinale pour l’empêcher… empêcher les mauvaises toxines, mauvaises bactéries de rentrer dans le système immunitaire du patient et également va nourrir les bonnes bactéries du patient qu’on appelle des bifidobactéries. Donc, le mucus, c’est… bon, c’est une… une couche gélifiante, on va dire, qui tapisse la muqueuse et qui est constituée par des glycoprotéines qu’on appelle des mucines. Et à l’intérieur de ces mucines qui sont synthétisées par des cellules caliciformes ou des cellules muqueuses, on va trouver donc un sucre qu’on appelle du fucose. Et ce sucre-là, il est attaché donc par la fameuse enzyme qu’on appelle la fucosyltransférase. Cependant, comme George l’a dit, 20% environ de la population est non sécréteur de… ça veut dire que lorsqu’il va y avoir l’entrée massive de mauvaises bactéries, de mauvaises toxines environnementales, elles n’ont plus à franchir cette confiture-là, elles vont directement se retrouver au contact du système immunitaire du patient. Donc, ça va être beaucoup plus problématique pour lui, il va avoir beaucoup plus d’infection bactérienne, beaucoup plus d’infection virale et à terme, pouvoir donner même beaucoup plus de risque de développer des maladies chroniques. Je sais pas si déjà c’est une bonne explication pour vous. Oui, oui, mais fais attention, recule encore un peu parce que dès que ça devient un peu résonnant comme ça… c’est bon comme ça ? Oui, c’est mieux, dès que tu es un peu plus reculé… tu es trop près du micro. Ok. Donc, vous imaginez la muqueuse de l’intestin et ce qui la tapisse, c’est comme… voilà, un gel visqueux. Ce gel visqueux vous aide à repousser les mauvaises bacté

Euh, de quand même soutenir par du fucose, et je crois que Yoni va développer ça chez des gens qui sont hétérozygotes, parce que c'est logique : ils fournissent probablement pas assez de fucose pour être à leur meilleur niveau de protection. Et euh, je pense qu’on peut voir quand même des résultats thérapeutiques, une amélioration clinique, en donnant du fucose aux hétérozygotes, donc aux sécréteurs partiels, même si le terme n’est pas entériné puisqu’on dit sécréteur ou non-sécréteur, mais il y a une situation intermédiaire. Et euh, l’indication princeps évidemment du fucose, ce sont les non-sécréteurs, mais on peut essayer chez les sécréteurs partiels, surtout si on patine un peu dans le traitement. Donc voilà, c’était une très bonne question, et c’est peut-être pas quelque chose que Yoni allait aborder de toute façon. Maintenant, c’est abordé. David, il est back, normalement, m’entendez mieux ? C’est parfait ! Ça, c’était les écouteurs. OK, ou parfait.

Donc pour la définition du duobus, je demandais si c’était clair pour la plupart des patients qui assistent, ou pour… Je crois que c’est clair, je sais pas. Tu as entendu que Madame a posé la question des sécréteurs partiels ? Super intéressant ! Tu es d’accord avec ça ? Hein ? On peut initialement… Je ne prescris pas toujours chez des patients qui sont hétérozygotes, mais moi non plus. Mais je pense qu’on a parfois tout intérêt, et j’ai eu quelques succès thérapeutiques chez des patients hétérozygotes. Enfin bon, on a… Il a fallu un peu meubler maintenant que tu es audible. Euh, tu… Il va falloir que très vite tu expliques évidemment ce que c’est, cette histoire de sécréteur non-sécréteur, et qu’est-ce qu’on fait chez les non-sécréteurs. Bon, ouais, ouais, c’est très simple : chez les non-sécréteurs, on leur donne tout simplement ce sucre-là, qui est du fucose, qu’on appelle du… du fucosylactose, qui va entrer dans la constitution donc des glycoprotéines appelées les mucines. Euh, moi le plus souvent en pratique, je les… je supplémente mes patients en fucosylactose pendant les repas, les deux principaux repas. Voilà. Après, il y a aussi certains praticiens qui peuvent demander de prendre… On peut prendre aussi… du fucosylactose, mais ça reste du sucre. Donc voilà, ça c’est selon l’expérience de chacun. En fait… En fait, tu pourrais dire que le fucose… mais bon, je veux dire que le fucose est un sucre à 5 atomes de carbone, donc très proche du fructose. Exact, la même famille. Euh, mais euh… donc c’est sucrant aussi, hein ? Mais maintenant, fucose, fructose… Bon, de Gras, c’est pas la même chose, articulons. Mais donc c’est sucré, c’est pour ça que moi je le mets aussi pendant les repas, pour ne pas faire des pics de sucre intempestifs. Tout à fait, ouais, exactement.

Euh, ce qui est intéressant dans ce polymorphisme génétique, mais je vous détaillerai mon cas clinique après, c’est que les patients qui sont non-sécréteurs de fucose vont être plus à risque de développer notamment des pathologies auto-immunes. Et donc on verra la bibliographie… Tu pourras mettre le lien, mais il y a énormément d’articles qui montrent un lien entre une non-sécrétion de fucosylactose et les maladies, notamment de Crohn ou les rectocolites hémorragiques. Donc ça, c’est quand même assez fréquent, même en médecine générale, médecine allopathique, on a souvent à faire à ces patients-là, patients qui sont plus à risque de développer maladie cœliaque, colangite sclérosante et également d’autres pathologies auto-immunes. Donc tout ce qui est maladie auto-immune… Moi, en tout cas, je le demande toujours, même quand c’est des antécédents familiaux, mais ça vous le verrez dans mon cas. Euh, Yoni… Moi, j’ai eu un cas… Je l’ai déjà cité au moins dans une capsule, parce que je suis assez fier de ce coup-là. C’est une patiente islandaise qui est venue me voir à Londres il y a quelques années, et que je suis toujours. Et euh… qui… euh… Bon, l’habitude, mes patients islandais, c’est surtout pour le bien-être, le sport, bien manger, euh… être bien présenté, ne pas avoir de graisse abdominale, etc. Mais elle, elle faisait exception, elle souffrait du syndrome de Churg-Strauss, pathologie auto-immune. Elle avait une version sévère, avec vraiment des… un impact clinique invalidant et assez grave. Et euh… donc elle venait voir si je pouvais faire quelque chose. Elle venait avec son mari, qui lui est très sportif, businessman, etc., qui est plus le style de mes autres patients islandais. Et je lui ai dit, parce que je l’avais lu pas longtemps avant : « Écoutez, j’ai bien envie… ce que je fais… je ne faisais pas, tu vois ? Moi, tu le fais, moi je le fais pas. C’est intéressant parce que c’est pour ça qu’on confronte nos pratiques dans ces webinaires, et qu’on en ressort toujours avec des acquis entre médecins. Bon, on s’en fout évidemment des gens là ! Bon, on fait ça pour nous, hein, les webinaires, c’est juste pour que les médecins progressent, on se moque totalement du public. Bon, je rigole, mais c’est quand même assez fascinant parce que je t’entends dire ça, tu as raison. Et là, je l’avais fait, je lui ai dit : « Écoutez, d’habitude je ne fais pas ça au premier rendez-vous. » On peut pas dire qu’elle avait des problèmes intestinaux, donc tu vois, on pensait pas spécialement à demander un génotype. Fut 2, 50 € quand même, hein ! Et euh… on… je lui ai dit : « C’est associé, on va voir. » Et évidemment, elle était FUT2 homozygote de variant, c’est-à-dire non-sécrétrice. Et donc je l’ai mise sous… sous… sous fucosylactose. Mais tu as tout à fait raison, c’est lié aux maladies auto-immunes. Or, les maladies auto-immunes, c’est un de nos chevaux de bataille, hein ? C’est le gluten, c’est les excès d’alcool, c’est la pipérine du… de toute une série de poivres, c’est tout ce qui rend la muqueuse intestinale perméable. Et là, ben finalement, sans être une agression alimentaire exogène comme alcool, gluten, pipérine, c’est un manque de protection endogène, le même résultat, c’est-à-dire une muqueuse perméable. Et dès qu’il y a muqueuse perméable, il y a maladie auto-immune. Pourquoi est-ce que les médecins conventionnels, les spécialistes des maladies auto-immunes, ça les intéresse pas la perméabilité intestinale ? Ils veulent pas entendre parler de ça, ils veulent parler de traitement… de corticoïdes, évidemment, souvent nécessaire quand les cas sont sévères, et puis alors bon… les molécules modernes qui sont puissantes, mais euh… il faudrait un peu s’intéresser aussi aux causes qui sont largement centrées sur l’hyperperméabilité intestinale. Enfin bon, ça c’est un autre webinaire. Alors je… je sais pas vous, mais j’ai rarement vu moi un patient non-sécréteur de mucus sans trouble digestif. Par contre, oui, mais peut-être chez elle, la clinique de sa maladie était tellement invalidante que ça passe un peu… Oui, mais je suis tout à fait d’accord avec toi. Non, non, tu as 100 % raison. Ouais. Et ça peut être à la fois des patients qui ont des diarrhées chroniques comme des patients qui ont une constipation chronique. C’est là où c’est intéressant. Ouais. Mais il y a toujours une histoire de selle, de trouble du transit, de ballonnement, euh… de fatigue. Donc… Et alors… Et alors quand on regarde les métabolites organiques urinaires… Si tu trouves un patient FUT2 non-sécréteur homozygote variant qui a un beau profil de métabolite organique urinaire, je voudrais bien que tu me l’envoies, je voudrais bien soigner cette personne, ça va me donner un coup de… un bon boost, hein ! Parce que je les vois jamais. Parfois je me dis : « Oh non, c’est pas possible, encore un métabolite organique urinaire catastrophique ! » Puis je me dis : « Ah oui, mais attendez une minute, parce qu’au dos de mes dossiers, j’ai cette case, hein, en orange, FUT2 variant, » et donc je me dis : « Ah oui, ben là, ne nous attendons pas à des miracles. » Donc… Mais c’est surtout dû à la pauvreté souvent en Bifidobactéries, euh… même si des patients, ils sont observants en de fucosylactose, hein, c’est plus contraignant pour eux, quoi. Ils sont beaucoup plus à risque de développer des dysbioses, donc ils ont des troubles digestifs en répétition, mais ça s’améliore de manière exceptionnelle avec la supplémentation, je trouve. Oui, mais ce n’est pas aussi bien que le truc d’origine, hein ? Ah non, ouais, ça c’est sûr, ça c’est sûr. D’autant plus si le patient lui ajoute une intolérance au lactose, il a des parasitoses, il a des antibiotiques, il a des IgA sécrétoires au plafond. Donc après, il faut pas regarder que le FUT2, mais il faut regarder tout… tout l’ensemble. Ouais. Mais moi, je… ce que je dis aux patients FUT2 homozygote variant, c’est que c’est génétique, qu’on ne va jamais évidemment changer leur gène, et que euh… il va toujours falloir qu’ils prennent plus de précautions avec leur alimentation que les patients sécréteurs. Ils seront toujours plus délicats. Ça veut pas dire qu’ils peuvent pas aller bien, mais ils seront plus fragiles, ou alors ils devront faire plus d’efforts pour être bien. Exact. Ah, c’est la roulette russe des gènes ! Mais d’ailleurs, il y a quelque chose… Yoni, tu veux bien… parce que j’ai un peu raté ça dans mon introduction, je m’étais promis de le dire dans l’introduction, finalement un peu stressé par mes bases nucléiques, de ne pas me tromper dans mes lettres. Je pense pas que je me suis trompé, mais bon, si c’est le cas, merci de me corriger. Je pense que non. Mais je voulais aussi dire dans l’introduction… c’est peut-être la première chose que j’aurais dû dire, où j’aurais peut-être demandé à David de nous le dire, parce que ça il le sait, il peut le dire. Mais je vais quand même le dire à sa place pour gagner du temps, ce qui est quand même important dans cette histoire de génomique par rapport à tout le reste, toutes les… Moi, quand j’ai un nouveau patient, je fais souvent… Moi j’aime bien les cas complets, difficiles, que personne ne sait résoudre. Et donc je mets en route une batterie de tests assez impressionnante, disons pour faire simple, que… je demande 100 tests dont 3 polymorphismes. Ok, 97… 97 analyses de toutes sortes que vous pouvez deviner : des hormones, des nutriments, etc., et 3 polymorphismes. Quelle est la distinction fondamentale entre ces 3 polymorphismes et le reste ? Et bien, les 97 autres analyses, on peut les modifier, on peut les augmenter si elles sont trop basses, on peut les réduire si elles sont trop hautes, par l’alimentation, par la supplémentation, par tout ce… par le style de vie, tout ce que vous voulez. Mais les 3 polymorphismes, je suis désolé, ils vont rester avec vous jusqu’au bout, hein ? Ouais. Donc comme on ne peut pas les changer, c’est quand même intéressant de les connaître, parce qu’on doit faire avec, comme on dit en wallon… Un Marseillais ça comprend ça, faire avec… On dit pareil. Ah bon, ben voilà, on est finalement… Enfin, tu connais Monsieur Bou ? Alors l’histoire de Monsieur Bou… Je vais pas dire ça ici, c’est absolument infâme. C’est un petit truc entre Yoni et moi, je n’en dis pas plus. Que c’est Yoni qui demande exactement ce que ça veut dire, ce n’est pas disible dans un webinaire. Ok, on dira peut-être ça après dans le making-of quand on arrête l’enregistrement. Donc voilà, je voulais dire ça : on ne peut pas changer les polymorphismes. Alors nom d’un chien, identifions-les et adaptons le reste, parce que tout le reste on peut changer. Les polymorphismes, pas. Ouais. J’aurais dû dire ça au tout début, mais enfin bon, voilà. Je voulais quand même dire… Tu dis souvent d’ailleurs, c’est des settings, c’est des réglages. Oui, oui, c’est pas des maladies, hein, les 10 % qui restent, les maladies. Nous, ici, on gère les 80 %. Alors il y a beaucoup de polymorphismes à découvrir, hein ? D’ailleurs, je suis certain que le docteur Pucho, avec son esprit de recherche, etc., va tôt ou tard nous découvrir un polymorphisme auquel il donnera son nom. Oui, un jour ! Ah, le polymorphisme Pucho, le PE2 ou… ou un autre chiffre. Bon, Yoni, ton cas clinique.

Ouais, alors je vais vous parler d’un cas clinique, ben j’ai trouvé ça super intéressant. Alors pourquoi ? À la base, moi je suis FUT2 non-sécréteur, donc toute ma vie j’ai eu des troubles digestifs, jusqu’au jour où j’ai fait ce polymorphisme. J’ai découvert j’étais non-sécréteur, je me suis supplémenté, ça va beaucoup mieux. Mais mes troubles digestifs, c’était plutôt des douleurs, plutôt des diarrhées chroniques. Et tous les patients que je découvrais, je diagnostiquais non-sécréteurs, étaient un petit peu dans le même cas que moi. Il y a environ un an, j’en parle avec George, il me dit : « Bah écoute, sois attentif, parce que j’ai eu des patients qui étaient plutôt constipés qui étaient FUT2 non-sécréteurs. » Et donc pour moi c’était un nouveau monde, donc c’est vrai que j’y pensais pas toujours. Et donc j’ai une fameuse patiente qui s’appelait Florence, qui avait 35 ans et qui est constipée depuis sa naissance. Donc elle va à la selle… donc ça va te faire peur un peu George, mais deux fois par semaine. Sa thyroïde était non traitée, donc on a découvert après qu’elle avait un DIO2 homozygote moderne. Donc tout allait bien. Bon bref, elle consulte pour de la constipation, pas de ballonnement, pas de douleur, sauf dans des cas d’extrême urgence, euh… des selles type 1 sur l’échelle de Bristol. Mais par contre, dans les antécédents familiaux, je vois que sa maman a une sclérose en plaque, son papa une polyarthrite rhumatoïde, et elle a un cousin qui a une maladie de Crohn. Donc il y a un terrain auto-immun dans la famille. Elle est née par voie naturelle, elle a été allaitée, il y a pas eu d’infection dans l’enfance, elle est plutôt en bonne santé, elle n’est pas fatiguée, mais elle veut à tout prix améliorer cette constipation. Initialement, je demande DIO2 à Poe, et cette fois-ci j’ai rajouté le FUT2, même si pour moi c’était une patiente qui était plutôt constipée, donc j’y croyais pas trop. Et effectivement, il s’est avéré qu’elle était non-sécrétrice de mucus. Et en améliorant uniquement sa sécrétion en fucosylactose, en la supplémentant, en traitant un petit peu la thyroïde, mais elle avait pas nécessairement besoin d’hormone thyroïdienne, ben elle a plus de constipation, elle a eu des selles moulées, elle allait à la selle régulièrement. Euh… donc voilà, j’ai trouvé ce cas intéressant, parce que c’est une patiente… sur le terrain, elle a uniquement, entre guillemets, de la constipation, mais elle a pas d’autre chose, quoi. A pas d’autres symptômes. Il y avait pas non plus d’urgence pour aller à la selle, il y avait… il y avait pas toutes ces choses-là. VO… C’est plus par rapport aux antécédents familiaux que j’ai… j’ai prescrit ce test-là. Oui, ben c’est… c’est… c’est fascinant, hein ? C’est un beau cas clinique effectivement. Enfin, le tien aussi, hein ? Ça fait deux beaux cas cliniques, on va dire. Euh… mais ça m’interpelle, enfin ça me… ça m’oblige à souligner quelque chose que j’aime bien de souligner, mais que je pense pas avoir beaucoup dit, en tout cas dans les webinaires, peut-être dans mes fameuses capsules, quoique… mais en tout cas, c’est quelque chose dont je suis intimement persuadé, et je dis souvent ça à mes patients, en tout cas… c’est que il y a finalement pas tant de symptômes que ça. Bon, on va faire très simple pour les selles : tu as parlé de constipation et diarrhée. C’est vrai que dans le côlon irritable, IBS, irritable bowel syndrome, le cas le plus typique, c’est une alternance de constipation et diarrhée. Ok, donc on va dire c’est un peu comme ton génotype, il y a trois cas : il y a constipation, diarrhée, et l’hétérozygote qui est le côlon irritable, IBS. Et bien ça fait trois symptômes cliniques, trois circonstances cliniques, mais les causes derrière ça, il y en a des dizaines. Exact. Alors on m’a encore ressorti il y a peu… Oui, mais au fond les tests, etc., bon, c’est la clinique qui compte. Oui, mais alors qu’on fasse pas de la médecine fonctionnelle. Alors si c’est la clinique qui compte, qu’on reparte vers la médecine conventionnelle, qu’on soigne le symptôme, hein ? Si c’est de la diarrhée, et bien on donne un antidiarrhéique, Imodium pour ne pas le citer parce que c’est belge au départ, et euh… puis après dire… je peux oublier le nom de la… le nom de la molécule chimique… Enfin bon, c’est pas grave. Et si c’est… si c’est de la constipation, ben voilà, il y a aussi toute une batterie de médicaments chimiques pour combattre la constipation. Je veux dire… alors on retombe là-dessus : si c’est la clinique qui compte… Mais je veux dire évidemment que la clinique compte, c’est ce qui compte le plus au départ. Mais après, on doit quand même enquêter pour savoir quelle est la cause, et désolé de vous le dire, mais en général, quelle est la combinaison de causes qui s’additionne ? Parce qu’en tant que médecin fonctionnel, si la cause est vraiment élémentaire, soit les patients ont trouvé ça tout seuls, parce que hein, ça existe, c’est probablement encore ce qui est le plus fréquent, soit un médecin de première ligne, leur médecin généraliste, surtout s’il est bon, leur trouvera une solution. Et ce qui retombe chez nous, c’est des cas intriqués où il y a des causes multiples où il faut donc décortiquer. Et chez une même personne qui est très constipée, ben on va avoir plusieurs causes de constipation. Et voilà, à la liste, on sait maintenant qu’on peut ajouter un statut non-sécréteur. Et que donc, tôt ou tard dans la démarche, ben c’est quelque chose à quoi il faut penser. Peut-être pas nécessairement tout demander au premier… La constipation, on pense toujours aux erreurs alimentaires, à… à… à l’activité physique, etc., de stress, de magnésium, ce qu’on peut vouloir dire… On pense tout de suite à la thyroïde, et à juste titre, mais il y a pas que ça. Et puis quand c’est rebelle, bah il faut génotyper le FUT2. Alors souvent j’observe aussi que des patients, ils ont essayé plusieurs probiotiques. On me dit : « J’ai pris une tonne de probiotiques, ça marche pas. » C’est logique, oui, si la muqueuse est trop perméable parce qu’il y a pas de… de confiture, forcément le microbiote sera pas bon. Et souvent aussi, il y a une histoire familiale dans tout ça, puisque que forcément c’est… c’est des… du génotype. Donc elle va me dire : « Ben mon papa a des trucs digestifs, ma maman aussi. » Donc il y a souvent ces symptômes-là. Alors figure-toi que… j’ai une question parce que… David m’envoie toujours les questions que certains envoient au préalable avant les webinaires, et ici j’ai une question. En fait, j’ai deux questions de Marie, euh… une première qui te concerne, et qui va permettre de clore l’aspect FUT2. Je pense qu’on en aura assez parlé. Donc Marie nous dit : « J’ai appris récemment que j’ai hérité de deux gènes FUT2, tous deux vierges de tout polymorphisme connu ayant… connu comme ayant un impact sur la fonction de la galactose 2 alpha L fucosyltransférase 2. » Bon, je ne savais pas qu’il y avait tout ça derrière, mais enfin FUT2… Alors bon, pour… ne pas te balancer ça tout de go… euh… d’abord, il y a pas deux gènes FUT2, il y en a qu’un, il y a deux polymorphismes sur le gène FUT2. Vous, ça vous renvoie à mon introduction théorique. Et alors là où elle s’exprime bien mieux, c’est : « vierge de tout polymorphisme connu comme ayant un impact sur la fonction… » on va dire fucose, fucosyltransférase 2. Euh… donc en fait, euh… son polymorphisme que nous testons habituellement est homozygote sauvage, c’est ça que ça veut dire. Donc il y a sécrétion. Mais elle parle d’un deuxième polymorphisme à juste titre. Est-ce que tu connais ça ? Non ? Ah bon, ben c’est bien, parce que c’est l’occasion… Je vous dis, c’est webinaire, c’est fait pour nous, et pas du tout pour… ou les spectateurs. Donc il y a un deuxième polymorphisme qui est… jamais anormal, jamais chez les Caucasiens. Donc il faut pas le demander, il faut pas le faire, faut le refuser, parce que ça va vous coûter de l’argent, c’est inutile. Par contre, il va jouer le même rôle que celui que nous utilisons pour les Caucasiens chez les Asiatiques. Donc les patients asiatiques, il faut faire les deux. Et le… en tout cas Yoni, le laboratoire qu’on… que nous utilisons, donc 50 € le génotype, euh… peut faire la version asiatique. Ok, d’accord pour le… enfin, moi j’ai beaucoup plus de patients asiatiques que ce que toi tu… tu risques d’avoir sur Marseille, sur la France et sur le Luxembourg, puisque maintenant tu m’as rejoint au Luxembourg, du moins une fois par mois, une fin de semaine tous les mois, mais ça ça arrivera tôt ou tard. Et donc là, ben ce sera le même réflexe, et il faudra éventuellement euh… arriver avec ce polymorphisme pour s’assurer qu’on ne passe pas à côté de la montre en or. Bon, maintenant, de par son prénom, Marie, et son patronyme que je ne vous révélerai pas, je pense pas qu’elle soit d’origine asiatique. Et donc on lui a fait deux polymorphismes, probablement qu’un était superflue, toire. Mais alors elle… elle… elle demande : « Je ne sais pas ce que ça implique, je ne sais pas ce que je dois faire par rapport à l’alimentation et complément. » Ben comme ils sont homozygotes sauvages, secréteurs, ben il y a rien à faire sur ce plan-là. Voilà, d’accord, complètement. Voilà, ben tu vois, comme ça c’est une bonne question finalement qui nous permet de… d’aborder brièvement ce sujet-là. David, qu’est-ce que tu penses de tout ça ? Est-ce que ça te plaît tout ça ? Ça me plaît très bien, mais j’aimerais une fois entendre un peu Julien quand même. Bon, mais alors tu vas être déçu, parce que tu vas encore m’entendre 30 secondes. Marie a une deuxième question. Ah d’accord. « D’autre part, c’est Marie qui parle, pour le DIO2, j’ai un variant hétérozygote du gène de la DIO2 qui réduit la transformation de T4 en T3. Je suis sous Tiroral, qui est donc un traitement hormonal thyroïdien combiné T4 T3, mais je ne me sens pas bien, que dois-je faire, Julien ? » Que doit-elle faire ? Ah, elle peut faire plein de choses. Bon, écoute, je réponds à la question tout de suite, ou je présente le gène DIO2 ? Je crois qu’il vaudrait mieux présenter le gène DIO2 et répondre à la question quand tout le monde aura bien compris de quoi il retourne. Ok, super. Donc je vais faire un bref rappel de la physiologie thyroïdienne. Donc notre corps sécrète en majorité de la T4, donc tétraiodothyronine. On en sécrète à peu près 80 %, et on sécrète 20 % de T3, qui est la triiodothyronine. Et en sachant que c’est la T3 qui a le plus d’effet au niveau biologique, puisqu’elle a 5 fois plus d’effet que la T4. Donc le corps est plutôt… est une… est une belle machine, on est capable de compenser cette faible production de T3 en justement convertissant cette T4 en T3. Et donc on utilise des enzymes qu’on appelle les déiodases. En tout, on en a trois, et celle qui nous intéresse le plus, c’est la déiodase 2. Voilà pour faire assez… assez simple. Et donc la déiodinase 2, elle va être responsable de 70 % de la T3 qui va circuler au niveau de notre corps. Voilà, j’essaie de faire… de faire assez simple. Et donc le gène DIO2, donc c’est le gène que nous… que nous on recherche, et en fait on trouve trois versions. Donc George, maintenant, tient à ce qu’on… à ce qu’on utilise bien les… bien les termes. Donc on va distinguer ce qu’on appelle les homozygotes ancestraux et les homozygotes modernes. Donc les homozygotes modernes sont ceux qui vont bien convertir la T4 en T3, et les homozygotes ancestraux sont ceux qui auront plus de mal à convertir la T4 en T3. Et on aura les gens qui vont être entre deux, c’est-à-dire qui vont convertir la T4 en T3 un petit peu moins bien. Mais nous, ce qu’on remarque en clinique, c’est que… c’est… c’est quand même des gens qui vont… qui vont convertir… Je pense que Yoni va être d’accord avec moi : les hétérozygotes convertissent un peu moins bien, mais bon, on a quand même… on a quand même des bons résultats. Après, je rappelle également que la génomique, c’est important de la connaître, mais il faut toujours optimiser à côté les cofacteurs de la déiodinase. Donc on en a pas mal, donc on a notamment le sélénium, le zinc, le cuivre, le magnésium. On a également d’autres nutriments qui permettent la conversion de T4 en T3… Comme je dis nutriment, mais on a aussi des vitamines et des hormones. Mais on a également donc la progestérone, le fer, la vitamine B12. Donc c’est important de connaître son génotype DIO2, mais je rappelle toujours qu’il faut prendre la physiologie de manière globale, et qu’il faut pas oublier également qu’il y a des vitamines, des minéraux, etc. Donc pour le gène DIO2… donc on a donc trois versions, c’est entre guillemets relativement simple euh… en terme de chiffres… euh… Bon George, là je vois qu’il s’est éclipsé… mais la littérature montre qu’on a à peu près justement 10 % de gens qu’on appelle donc ancestraux, qui sont donc des mauvais convertisseurs. Bon, sachant qu’après voilà, les études divergent un petit peu, mais on trouve entre… on trouve entre 10 et 15 %. Je vais pas vous embrouiller avec les lettres, parce que selon le laboratoire, selon le… dans lequel vous effectuez l’analyse, vous avez… AA… donc voilà, je… je… je vais pas vous embrouiller. Donc je pense qu’il faut retenir vraiment : hétérozygotes, les homozygotes ancestraux et les homozygotes modernes. Et donc pourquoi ce génotype DIO2 nous intéresse énormément, c’est que c’est un génotype qui va nous permettre d’adapter votre traitement quand vous allez nous consulter. Et donc ce que montrent de nombreuses publications, c’est que les personnes qui ont… qui ont des bonnes facultés à convertir, se retrouvent pas tout le temps, mais souvent bien avec un traitement qui est par T4 seul. Donc T4 en France, ça va être le Levothyrox, l’Elthyroxine, le Tcaps, le Thyrofix. Les hétérozygotes, souvent on remarque également que la T4 seule fonctionne plus ou moins bien. Bon, sachant que voilà, il y a pas mal de paramètres comme je l’ai expliqué, les cofacteurs, mais voilà… les hétérozygotes, on va dire que ça dépend des cas, et les publications laissent suggérer que les homo… que les homozygotes qui ont du mal à convertir la T4 en T3, et bien eux se retrouvent mieux justement avec un traitement combiné T4+T3. Donc en France, euh… la T3 seule, c’est le traitement qu’on appelle Cytomel, et euh… le traitement combiné T4 et T3, c’est un médicament qu’on appelle Triiodothyronine. Euh, en Belgique, Allemagne, c’est le Novothyral, et l’équivalent du Cytomel en Belgique… ou même en Allemagne, c’est le Tribon. Voilà, pour cadrer un petit peu… cadrer un petit peu les choses.

Oui, alors je suis de retour, mais j’ai deux chats affamés qui ont demandé mon intervention urgente, donc je me suis effectivement éclipsé, mais je t’entendais en parler, donc… jamais très loin. Mais bon… Donc écoute, le chiffre que j’ai moi, c’est entre 13 et 13,5 % de… de… de mauvais convertisseurs, donc homozygote… Alors pourquoi est-ce qu’on dit ancestraux ? Ben tout simplement parce que visiblement toutes les espèces humaines, y compris la nôtre, y compris Homo sapiens, mais c’est également le cas… c’était également le cas pour Homo neanderthalensis et Homo denisova, denisoviensis. Donc pour les trois espèces humaines qui coexistaient, qui ont coexisté il y a 50 000 ans, il n’y avait que des homozygotes mauvais convertisseurs, d’où le terme ancestral. Et puis le… j’ai déjà dit ça de multiples fois, mais je fais un très bref rappel… euh… la mutation est intervenue il y a environ 15 000 ans, à l’époque qu’on appelle mésolithique, qui est la transition entre le Paléolithique et le Néolithique. Visiblement, c’est une mutation qui a rencontré un succès, qui donc est devenu un SNP, hein, qui a donc affecté d’abord 1 % de la population, et puis de plus en plus sous la pression de sélection, probablement d’une alimentation qui est devenue beaucoup plus glucidique. Et il faut savoir que plus l’alimentation est glucidique, plus on est obligé de convertir la T4 en T3 pour équilibrer le métabolisme. Et donc toute la logique que j’ai développée dans de nombreuses capsules auxquelles je vous renvoie, parce que sinon on finira jamais ce soir… comme quoi les homozygotes ancestraux doivent manger comme nos ancêtres de l’époque, c’est-à-dire beaucoup plus du côté carnivore, et donc plus de graisses et de protéines et moins de glucides. Euh… parce qu’alors le handicap de conversion a beaucoup moins d’impact. Ils vivent avec leur handicap de conversion comme nos ancêtres vivaient à l’époque, étant donné qu’à l’époque, on peut pas soupçonner tous ces humains d’être tous un peu hypothyroïdiens sur les bords. Parce que sinon, je crois que l’espèce aurait été éteinte, hein ? Parce que les hypothyroïdiens, dans l’environnement extrêmement exigeant du… de… il y a 50 000 ans, sans parler des glaciations, des vagues de glaciation qui ont continué à déferler sur… sur l’Europe à ces époques-là… Bon, je pense qu’il n’en serait pas resté grand-chose. Et donc faisons comme eux, allons vers cette alimentation plus paléolithique, plus riche en lipides, high fat low carb, quand ce sont des… les homozygotes ancestraux. Alors euh… si tu veux bien, je vais faire une transition euh vers un deuxième article important, mais peut-être quand même montrer un peu des preuves scientifiques que nous allons mettre en description du webinaire, quand il sera posté sur ma chaîne YouTube. Mais ce à quoi tu fais allusion pour les choix thérapeutiques où on donne plus ou moins facilement de la T3, ben voilà, c’est cet article-ci. Enfin, ici, il est tout surligné, un peu… un peu cochonné, mais bon, voilà, vous voyez quand même. Alors je vous lis le titre complet : « Optimal hormone replacement therapy in hypothyroidism and model predictive control approach. » Et c’est essentiellement basé sur des maths. Alors je… Julien a étudié ça pendant les dernières nuits, et qu’il est incollable sur tous ces chiffres. Mais euh… les conclusions des auteurs sont absolument claires, et je vais quand même essayer de vous les lire, pour autant que je retrouve le passage que j’ai euh… souligné, surligné plus exactement… euh… voilà le surlignage… que je ne sais plus lire… Bon, c’est vraiment vachement bien pensé… euh… voilà… c’est en anglais, alors je vous fais une traduction au pied levé, hein, et je vais un tout petit peu me… me décaler par rapport à ce que tu as dit. Bon, ce qui est clair, c’est que les auteurs euh… insistent, et ça c’

Que les hétérozygotes se plaignent ? Et là, j’ai un autre article dont tu vas parler : les hétérozygotes ne devraient pas se plaindre. Donc, soyez prudent dans les deux sens ; euh, ne donnez pas trop de T3 aux hétérozygotes, peut-être au début, mais après, méfiez-vous quand même ; petit à petit, soyez encore plus prudent avec les bons convertisseurs homozygotes, bien entendu. Mais euh, dire que les hétérozygotes s’en sortent en santé, TR, si tout le reste est optimisé, pourquoi pas ? Mais euh, bon, il ne faut pas qu’ils aient une vie stressante, ou une activité sportive intense, ou euh euh, qui vivent à 500 m d’altitude comme moi. Bon, on a déjà dégelé ; bon, c’est bien parti, ça va durer six mois. Donc bref, le froid, le stress, le travail, le sport, il y a beaucoup beaucoup de choses qui qui vont faire que les hétérozygotes ont quand même besoin de T3, mais euh, pas nécessairement. Enfin, tu vas probablement aborder ça dans ton cas clinique. Et donc, pourquoi est-ce que les hétérozygotes se plaignent ? Parce qu’on leur dit : « Oh, pas bon convertisseur », euh, OK, mais il ne devrait pas se plaindre.

La transition que je vais faire pour que tu parles de cette publication qui m’a euh qui m’a absolument impressionné et que je ne connaissais pas, et je je dois sa découverte à Alain Andreux. Je le remercie encore, je l’ai déjà fait, mais je le refais. Et euh, parce que vous savez, on ne fait pas toujours des revues… Enfin bon, évidemment, après j’ai refait une revue, j’ai retrouvé l’article, mais au moment où il il en a parlé, je n’avais pas vu passer euh et ce euh euh cet article est assez fascinant. Mais en réalité, euh, ça comble une une impression malsaine que j’avais. Parce que pouvait-on blâmer le succès foudroyant de euh euh de de la mutation qui fait que vous passez de mauvais convertisseur à bon convertisseur ? Et on va pas parler des lettres parce que bon, selon la manière dont ça s’est exprimé dans les différents laboratoires, c’est d’autres lettres. Et donc on a parlé des lettres au début, on a dit qu’on en parlerait plus parce que c’est le plus sage. Euh, c’est cette euh euh pression de sélection de la nourriture qui est devenue de plus en plus riche en glucides. Peut-elle renvoyer les euh le le l’allèle qui convertissait mal, donc l’ancien, l’ancestral, à la minorité de la population européenne ? Et en 15 000 ans, faire que une nette majorité de la population européenne – je pense qu’on est à 56 % euh en Europe – d’allèle convertisseur ? C’est c’est un une mutation foudroyante. Et bien, c’est parce que ce n’est pas seulement cette histoire d’alimentation qui impose une pression de sélection, c’est parce que le Néolithique, outre ces céréales noséabondes – hein, vous savez que je suis super anti-céréales, je vois mes collègues qui sourient se disant : « Ça y est, il est reparti sur les céréales, on en a pour dix minutes » – non, pas que les céréales, mais le le Néolithique, ce sont les villes, donc ce sont des concentrations humaines. Et les concentrations humaines, c’est quoi ? Ce sont les épidémies. Voilà. Et donc euh, on a appris – enfin, moi j’ai appris avec cet article – mais ça m’a fait plaisir parce que je suis hétérozygote, donc je veux pas me plaindre – ce que cet article nous dit. Alors je vous lis le titre, et puis évidemment Julien reprend le micro : « Heterozygot advantage of the Type 2 diody t92a polymorphisme ». Alors voyez, c’est très trompeur hein, parce que quand on dit euh, « T » comme nous nous utilisons d’ailleurs, c’est parce que on utilise les les acides aminés, et « C » c’est thréonine et « A » c’est alanine. Donc c’est une autre nomenclature que celle qui est basée sur les nucléotides, sur les bases dont je vous parlais au début. Donc on oublie les lettres, mais toujours est-il que on parle ici euh donc des hétérozygotes hein, des DIO2 hétérozygotes euh qui ont un avantage relatif à la mortalité intra-hospitalière, donc des cas graves évidemment hein, par les gens traités à domicile ou pas traités du tout, ou avec du paracétamol, euh du COVID-19. Voilà, ça c’est l’article dont tu vas nous parler certainement.

Oui, donc c’est un article qui est paru l’année dernière, qui a… c’est une étude qui a été réalisée au Brésil, si je dis pas de bêtises. Et donc ils ont inclus 220 patients entre 48 et 74 ans qui étaient donc hospitalisés pour des cas de COVID-19. Donc c’est comme tu dis, pas des cas… des cas ambulatoires, et qui donc étaient répartis en trois groupes : soit ils étaient donc homozygotes ancestraux, ou hétérozygotes, ou homozygotes modernes. Euh, et en fait ce qu’ils ont retrouvé, c’est que le fait d’être hétérozygote c’était associé à une réduction de 50 %, ce qui est quand même énorme, du risque de mortalité intra-hospitalière, en prenant en compte évidemment tous les facteurs confondants, mais moyenne de 47 %, ce qui est quand même… ce qui est quand même assez énorme. Et pareil, moi je je connaissais pas non plus cette cet article, c’est toi qui me l’a… c’est toi qui me l’a donné. Donc voilà, 47 % de réduction de mortalité intra-hospitalière. Pour visualiser, je montre les les fromages hein, alors pour qu’on soit tous bien sur la même longueur d’onde. Les… alors, parle par… par euphémisme ici, il parle des non-survivants, mais en fait les non-survivants, c’est en fait les morts. Et les… dans les fromages ici, les morts sont en gris, et vous voyez que la proportion euh grise hein chez les hétérozygotes ici est beaucoup plus faible. On voit tout de suite, ça crève l’œil : beaucoup moins de morts chez les hétérozygotes que chez les homozygotes des deux types. C’est ça qui est tout à fait sidérant dans cet article. Moi j’ai mis trois jours à m’en remettre ! C’est que on on aurait pu penser que les bons convertisseurs allaient avoir un avantage, h parce que ils allaient faire plus d’hormones thyroïdiennes. Mais là, il y a un paradigme essentiel que beaucoup de mes collègues hormonologues n’ont absolument pas capté : la médecine anti-âge est complètement passée à côté de ça. Parce que la médecine anti-âge vous dit : « Pour mieux convertir T4 en T3, il faut se bourrer de fruits, il faut se bourrer de fructose ». Il faut se bourrer de fruits ! Déjà quand j’entends ça, j’ai quelques boutons… Peut-être, peut-être à cause des fruits d’ailleurs, mais j’ai aussi quelques boutons intellectuels qui me poussent un peu partout. Mais oublions la affaire des fruits, je suis pas contre les fruits, tout ça hein, mais de là à se bourrer… Peut-être quand même y penser à deux fois. Mais euh euh, avoir une stratégie extravagante, extravagamment puissante, obsessionnelle pour convertir T4 en T3, en allant jusqu’à se bourrer de fruits au petit-déjeuner pour le but simple de convertir T4 en T3… a l’air attrayant comme ça au premier abord, parce qu’on se dit : « Chic, je vais avoir de la T3 ! » Mais si c’était si bon que ça d’avoir de la T3, pourquoi est-ce que les bons convertisseurs sont autant décédés que les mauvais convertisseurs ? Ah, parce que quand vous convertissez une molécule de T4 en T3, et bien vous n’avez plus votre T4. Et si vous convertissez à gogo, vous n’avez plus de T4, et ben vous mourrez du COVID. Voilà. Donc, donc pas convertir pose problème parce que la T3, on en a parlé dans le webinaire sur l’immunité, j’en ai parlé : très important, parfois ça ça sauve la vie d’un sujet atteint de pneumonie, je l’ai dit dans le webinaire immunité, je vous renvoie ça. Mais quand euh… donc quand on ne convertit pas, c’est un problème. OK, le le fromage gris… enfin la la la la portion de fromage en gris est évidemment euh euh plus importante, c’est quasiment un quart. Mais ceux qui convertissent très bien, et bien euh… probablement maintenant… bon, l’interprétation c’est la mienne, et il y en a probablement d’autres possibles, mais si on convertit trop bien, mais on épuise ses réserves de T4, et quand on a absolument besoin d’une molécule de T3, mais qu’il n’y a pas de T4 derrière, et ben on ne l’a pas, et on est « caisse », comme on dit en Belgique. Vous dites ça à Marseille aussi ? « On est caisse » ? Non, « caiss »… ça ça va pas hein, ça passe pas le « r » là hein ? Non, bon bref. Euh, donc c’est très intéressant, et on on pourrait faire… oui, on va peut-être faire un un un making-off après l’enregistrement, de toute la nuit à réfléchir sur toute cette philosophie.

Donc finalement, ce sont les hétérozygotes qui s’en sortent le mieux, qui s’en sortent le mieux, et qui s’en paient le mieux. Euh, et ça ça ça ça renvoie à des des stratégies extrémistes hein, euh c’est vraiment de l’extrémisme hormonal, où on vous dit : « Tout ce qu’il faut pour convertir T4 en T3 », et ben on va aller jusqu’à vous vous vous vous épuiser vos réserves de de de T4. Et alors comme on a jeté l’anathème… mais l’anathème hein sur la thyroxine, qui est quelque chose d’inutile qu’on ne doit pas doser… Il y a plus que la T3 qui est vraie, mais la T3, je suis désolé, quand on en donne trop, mais on on on on passe dans l’univers de la thyrotoxicité, avec tout un tas de problèmes qui peuvent être stérieux… sévères, comme l’insomnie, comme l’agressivité, mais aussi qui peuvent être euh potentiellement les… euh… les… mortels, si vous voulez, en terme plus courant, euh comme des arythmies. Bon, qui sont évidemment rarement fatales hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : une fibrillation auriculaire a priori n’est pas fatale, mais bon, quand il y a des caillots qui se forment à cause des turbulences dans l’oreillette, et que ces caillots remontent au cerveau, ben euh euh ça peut donner une thrombose, et certaines thromboses sont évidemment potentiellement fatales. Donc on parle de choses sérieuses. Et donc euh, la T3 ce n’est pas la panacée, ce n’est pas l’hormone active, et la T4 de la merde hein, je suis vraiment désolé, et je vous renvoie quand même à des publications. Euh, tu as raison hein Julien, c’est brésilien, ça ; c’est essentiellement l’université de Salvador de Bahia. J’ai été à Salvador de Bahia, alors ça me fait un peu plaisir, mais j’ai j’ai pas été à l’université hein, c’était pas l’idée ; un peu plus près de la mer, mais euh, évidemment, université en bord de mer… alors là j’en sais rien. Mais je vais vous parler aussi de l’article précédent, donc allemand, université… il y a plusieurs universités, mais c’est surtout Hanovre, et beaucoup euh qui qui nous fait des traitements mathématiques sur des grandes données euh qui peuvent être traitées statistiquement de manière significative et utile pour les thérapeutes. Et donc évidemment le génotype DIO2 est super important à connaître pour tous ceux qui ont… qui relèvent d’un traitement hormonal thyroïdien. Mais vous voyez qu’il peut être aussi utile pour pousser les gens vers une diète plus riche en graisses s’ils sont de type homozygote ancestral. Et donc moi quand je fais des bilans purement alimentation, et bien maintenant, même si je me dis : « Bon, je pense pas qu’il y a un problème thyroïdien », je demande le DIO2, parce que mes 13 % de DIO2 homozygotes ancestraux euh quand je les pousse vers plus de graisses… quel que soit le rapau… il va falloir qu’on en parle un petit peu, mais pas trop… et bien ces 13 % là se trouvent nettement mieux au point de vue intestinal d’une alimentation où les graisses prennent davantage le pas sur les les glucides. Et je vous rappelle que les graisses sont toujours attachées à des protéines. Donc quand je dis « graisses », c’est graisses et protéines, mais on ne met pas l’accent sur les protéines, on n’est pas dans la diète hyperprotéique, on est dans les high fat low carb qui s’applique au DIO2 homozygote ancestral, tout comme il s’applique évidemment aux APOE3. Mais bon…

Ton cas clinique euh Julien ? Alors j’en avais pris deux, j’avais… pour vraiment montrer deux cas de figures différents. Euh, donc c’était toutes les deux des femmes, euh une qui avait 45 ans, l’autre qui avait 60 ans. Je peux commencer par celle qui avait 45 ans euh qui elle, en fait, est venue me voir en sachant qu’elle avait déjà un traitement par levothyrox et elle avait déjà un traitement euh par Cytomel, mais elle prenait des petites doses, elle prenait 1/4, donc vraiment le quart coupé en deux. Euh, et elle venait donc avec un tableau donc évidemment d’hypothyroïdie, en sachant qu’en parallèle… ça ça ça ça rappelle le webinaire qu’on a fait ensemble… elle avait également une une fatigue surrénalienne associée. Et par contre, elle ne connaissait pas son son génotype. Et donc évidemment je lui ai proposé de le faire afin de de voir un petit peu la raison pour laquelle on arrivait pas trop à à équilibrer. Et en fait cette patiente, elle était donc homozygote ancestrale, et donc elle avait des gros problèmes de conversion. Et donc typiquement chez elle, 1/2 de Cytomel, même deux fois par jour, c’était clairement insuffisant, et même à ces doses-là, elle arrivait pas à convertir. Donc en fait on a augmenté un petit peu les doses de Cytomel, et progressivement ces symptômes d’hypothyroïdie se sont amendés directement. Oui, c’est c’est très bien parce que ça montre bien que ça va dans les deux sens. Oui oui hein, ça peut aller dans les deux sens, on peut très vite se rendre compte que le traitement contient pas assez de T3, faire des essais dans cette direction-là comme tu as fait très justement. Et puis alors j’imagine que ton autre cas clinique, je le sens venir, il va dans le sens inverse, mais il va peut-être rejoindre le cas de Marie hein, que j’ai évoqué avant. Alors là là, c’était un petit peu différent, euh mais vas-y, vas-y. Là, c’est une qui avait une soixantaine d’années. Là par contre… donc la patiente d’avant, c’était euh… il y avait pas d’… la patiente d’avant donc elle… elle est hétérozygote hein, elle est hétérozygote… bon, alors elle exprime ça… j’ai un variant hétérozygote… bon OK, mais voyez, j’espère que mon petit cours initial va un peu mettre de l’ordre dans tout ça. Peu importe, c’est le mot « hétérozygote » dont on a bien dit qu’il fallait… qu’il fallait retenir. Euh, « Je suis sous Euthyrox, mais je ne me sens pas bien, qu’est-ce que tu penses de ça ? » Ah oui, c’était la question initiale. Euh, je vais encore revenir sur les fameux surrénales, puisque pour moi il faut quand même toujours vérifier que les surrénales puissent, entre guillemets, suivre le rythme, puisque il peut y avoir un problème de conversion de T4 en T3 en cas de problème surrénalien. Donc je vérifierai quand même déjà la fonction surrénalienne. Et typiquement, bah ça peut être le cas d’une patiente qui réussit à convertir, et donc typiquement le Euthyrox probablement lui convient pas parce que la dose de T3 est bien trop élevée. Oui, ben je suis d’accord évidemment avec ça, comme on l’a dit un peu plus tôt : les hétérozygotes ne sont pas à mettre dans le même sac que les homozygotes en trop mauvais convertisseurs. Euh, il faut y aller plus mollo pour la T3. Je vous rappelle que le Euthyrox est copié-collé de la thyroïde de porc, avec un rapport T4 sur T3 de 5, alors que chez l’humain le rapport T4 sur T3 est de 13. Donc si on veut remplacer de la thyroïde humaine qui est hors jeu, qui fonctionne plus bien parce que thyroïdite, atrophie… enfin parfois euh euh thyroïdectomie… enfin il y a tout un tas de cas qui font que la fonction thyroïdienne est réduite… si on veut aider une thyroïde humaine avec de la thyroïde de porc, comme dans l’extrait thyroïdien canadien ou l’Armour Thyroid américain euh notamment, mais qui sont pas autorisés à la vente en France, bien entendu, mais il y a pas que la France dans le monde, je vous le signale gentiment euh avec un petit sourire en coin évidemment, euh ben ça ça ça va probablement convenir à pas mal d’ancestro… d’homozygotes ancestraux, parce qu’ils convertissent mal, alors ils ont besoin de de du rapport 5 sur 1 du porc pour rattraper leur mauvaise conversion. Mais chez les hétérozygotes, a fortiori chez les homozygotes euh modernes, bon convertisseurs, euh ça risque de poser problème.

Alors il y a un truc ici, ça c’est vraiment un peu mon domaine d’expertise, même si je suis bien obligé de le dire moi-même parce que David ne me fait pas beaucoup de compliments aujourd’hui… malheureusement David hein… non, tu… mais je ne te laisse pas parler, c’est ça, c’est ça le problème. Non, bon, il me tire la langue… bon, alors il parlera pas. Euh, donc euh ce que je je je veux vraiment… ce sur quoi je veux vraiment insister aujourd’hui parce que c’est vraiment le moment… l’instant… c’est que au début ça fait illusion. Les gens qui viennent vous voir avec des gros problèmes thyroïdiens, sans quoi ils viendraient pas vous voir parce que c’est cher, parce qu’il y a beaucoup de tests, parce qu’ils ont déjà fait 36 trucs avant et tout ça euh en en pure perte, sinon ils seraient pas là. En médecine fonctionnelle, ce n’est pas de la première ligne que nous faisons, ou c’est rare, on peut, mais avec plaisir, mais c’est c’est plutôt l’inverse. Et bien euh ces gens vont mal, sont stressés, et rien qu’à cause de ça, ils ne convertissent pas bien. Donc au départ, qu’on soit convertisseur bon, mauvais ou intermédiaire, on a toujours des succès avec le Euthyrox. Les gens vont mieux avec le Euthyrox, vous recevez des emails de félicitations, vous euh vous vous vous faites une une publicité de… à l’oreille du… du… du tonnerre de Dieu tout autour de vous, ce qui renvoie des patients vers les prescripteurs de Euthyrox… youpi ! Mais à plus long terme, vous commencerez à voir apparaître des des problèmes plus… probablement… plutôt chez les bons convertisseurs qui, sous Euthyrox, vont commencer à devenir assez agressifs, et puis avoir du mal à s’endormir, puis avoir des petits extrasystoles, et puis finalement de vraies palpitations, sans parler de fibrillation auriculaire, et cetera. Et les hétérozygotes, donc les cas intermédiaires, ça risque aussi de poser problème, et il faudra plus longtemps pour avoir des soucis, mais on risque d’en avoir tôt ou tard, probablement plus tard que tôt. OK, donc au départ on pourrait même s’abstenir de tester le DIO2, parce qu’au départ on peut regarder aussi les taux sanguins de T4 et T3. Moi je continue à dire qu’il faut quand même doser la T4, parce que où va-t-on ? Mais les taux sanguins de T3 nous en disent beaucoup sur les besoins de T3, mais si on projette ça sur de longues périodes, on crée euh de la thyrotoxicité, on on a une une médecine iatrogène hein, le contraire de « primum non nocere ». Si on met tout le monde sous sous Euthyrox, alors… celui qui peut se permettre évidemment de de de tester le DIO2, ben autant l’avoir, comme ça on peut un peu mieux projeter la suite. On tient quand même évidemment compte de de la T3 libre dans le sang, de la T3 reverse qui est un marqueur de stress très intéressant qui est pas trop cher, en tout cas dans les bons labos, il est il est très bon marché, pas dans tous, mais bref… voir la T3 urinaire peut-être intéressante chez certains cas quand financièrement c’est possible. Et donc avec tout ça on fait un cocktail, mais on se méfie en fonction du du génotype DIO2 d’effets secondaires qui au début n’apparaissent pas : c’est l’euphorie, les gens super contents, le jour et la nuit : « Quel miracle ! » Blabla… alors bon évidemment ça fait des des belles histoires à mettre sur son site internet, que je ne fais jamais. Il y a aucune histoire de patiente sur mon site internet, je trouve que c’est pas… je pense pas que ce soit éthique. Mais enfin bref, chacun fait ce qu’il veut, ordre étant tolérant… ben chacun fait ce qu’il veut euh… dans le temps on pouvait pas, mais maintenant apparemment on peut visiblement, mais moi je je sais pas, je je trouve pas ça très très sympa. Et euh du coup ça donne une illusion et euh qui peut se transformer en cauchemar chez certains, mais pas chez tous. Voilà. Et alors on verra aussi que des gens qui sont quand même convertisseurs peu ou prou… j’aime mon expression qui paraît assez vintage… chez ces chez ces gens-là, s’ils sont méga stressés… il y en a qui sont méga stressés, qui l’ont toujours été, qui le seront toujours… mais le Euthyrox va fonctionner chez ces gens-là, parce qu’ils convertissent pas quoi qu’on fasse. On leur donne du sélénium, du zinc… ils sont super tendus, ils ont peut-être des agendas de fous et tout ça. Et donc au cas par cas hein, c’est la médecine fonctionnelle, c’est au cas par cas. Mais… et je j’en aurais fini. J’espère bien pouvoir me me taire et donner euh la parole euh… surtout encore un cas clinique. Mais ce que je voulais dire, c’est que il y a aussi quelque chose dans ces stratégies à base de Euthyrox que je réprouve, mais là totalement, parce que chaque médecin a sa façon de travailler, ça je respecte. Mais ce que je réprouve totalement, c’est de laisser le patient décider de sa posologie. Nous sommes des médecins, des vrais médecins généralistes, on prétend que nous sommes… nous nous autoproclamons médecins fonctionnels, ce qui à vrai dire ne veut pas dire grand-chose vu qu’il n’y a pas un diplôme officiel. Mais en tant que médecin, ce n’est pas logique, c’est pas normal que nous disions aux patients de d’adapter la posologie en fonction de leurs symptômes. Je veux encore bien augmenter la posologie s’il y a absolument pas de réponse clinique, ça ça ça je le fais aussi. On commence très prudemment, on dit : « Ben écoutez, si dans… si dans un mois ça va pas mieux, vous augmentez de ça. » C’est convenu, on donne une marge de manœuvre, on laisse pas faire tout et n’importe quoi. Mais laisser les patients augmenter leur posologie jusqu’à faire apparaître des symptômes toxiques, des symptômes de thyrotoxicité… ça je regrette, c’est de la malpractice médicale, c’est de la mauvaise médecine. On peut pas créer des problèmes iatrogènes avec euh une espèce de euh de de thérapie expérimentale où on va chercher les symptômes : « Ah non, ça c’est trop, et donc je redescends. » Non, on on essaie de trouver… comme… comme dans les asymptotes… je vous renvoie à vos cours de géométrie qui datent d’il y a un certain temps… je vois que Julien n’aimait pas trop… on on on s’approche de l’optimum, mais est-ce que volontairement dépasser l’optimum pour se dire : « Ah ben on est maintenant au-delà de l’optimum, donc l’optimum est plus bas » ? Je regrette beaucoup, moi je pense pas que c’est de la bonne médecine, et je ne pense pas que les régulateurs au sens large puissent accepter ça, surtout que quand c’est le cas, évidemment la TSH est supprimée hein. Alors si on est d’accord que… si tout le monde est d’accord de supprimer la TSH, alors bon ben… alors… alors… voilà la galère ! Bon, voilà, j’ai j’ai trop parlé, donne-nous ton dernier cas clinique.

Donc là j’ai pris un cas… un cas différent, qu’une femme de 62 ans. Donc elle ne connaissait pas son… elle ne connaissait pas non plus son génotype DIO2. Et donc là par contre, elle savait qu’elle était hypothyroïdienne, elle avait une TSH peu supérieure à 4 au diagnostic. Elle, par contre, c’était d’origine autoimmune, avait des anticorps positifs. Euh, et c’est la raison pour laquelle son médecin l’avait… lui avait instauré du Levothyrox seul, comme dans les recommandations quand la TSH est entre 4 et 10, avec des anticorps positifs et des symptômes, on peut mettre en en place un traitement par par T4, ce qui était son cas. Elle a fait une échographie et cetera, pas de nodule. Et donc elle venait justement parce qu’elle se demandait : « Pourquoi j’ai toujours des symptômes alors que on monte la dose du Levothyrox ? » Donc je sais plus, elle était peut-être démarrée à 50, puis ensuite 75 et cetera, et donc je pense qu’elle est arrivée à 87,5 ou 100 µg, et toujours des symptômes d’hypothyroïdie. Et donc là évidemment, c’est là où je me dis : « Bon tiens, ça pourrait être intéressant de dégainer le le génotype DIO2. » Moi déjà ce que je voyais sur les premières analyses avec lesquelles elle était déjà venue… avec des analyses biologiques déjà, on voyait quand même que la conversion de T4 en T3 se faisait pas bien, puisqu’elle partait d’une T4 qui était quand même plutôt… plutôt haute, mais par contre on voyait que la conversion était très… puisque sa T3 en revanche était basse. Je me dis : « Bon, elle convertit peut-être mal parce qu’elle a un manque de cofacteur et cetera, c’est possible, ou stress et cetera. » Et puis en fait euh… j’ai pas été trop surpris puisque donc quand j’ai eu les résultats de son génotype, donc c’était une homozygote ancestrale, donc mauvaise convertisseuse. Et donc euh là j’ai instauré… décidé d’instaurer un traitement par Euthyrox, donc combiné T4 et T3. Évidemment, on incrémente toujours de manière… de manière progressive. Euh, la patiente avait mon mail justement pour me faire un retour par rapport à ces… par rapport à à à ces à ces symptômes. Et là finalement c’est un peu la même chose, assez rapidement là, le fait de switcher en T4 seul avec T4 + T3 euh ces symptômes ont ont ont vraiment bien évolué, et euh et on a finalement assez rapidement trouvé un peu la la dose de de croisière qui lui permettait d’avoir… d’avoir quasiment plus de symptômes. Donc là c’est un cas différent, à l’arrivée sous monothérapie, et puis donc là on a l’exemple… ça renvoie donc à à la publication que tu as… dont tu as parlé… les homozygotes ancestraux… la plupart… et moi c’est ce que j’avais déjà trouvé quand j’avais fait mon mémoire l’année dernière, c’est que plusieurs publications montrent que les mauvais convertisseurs se retrouvent mieux justement sous traitement combiné, ce qui paraît finalement logique, mais c’est ce qu’on… c’est ce qu’on voit en clinique de toute façon. Fran, je pense que chez toi c’est la même chose, on a des… on a des meilleurs résultats. Yi, tu as un mot à dire sur sur le DIO2 ?

Ouais, alors je trouve que ça ça dépend vachement selon… selon le patient. J’ai déjà vu des patients avec des maladies auto-immunes, même des DIO2 homozygotes ancestraux, être sous un traitement par thyroxine et avec des petites doses de T3, elle est mieux aussi. Ça dépend un peu de chacun, il y a le stress qui joue énormément sur la… je trouve clairement… ouais, je suis d’accord. Pour ceux qui ne savent pas, la T3 est une… de… de donner de la T3 à toute petite dose, puisque a priori une gélule c’est un microgramme de T3, donc c’est infime. Je rappelle que le Cytomel c’est 25 µg par comprimé, donc c’est trop fort. Oui. Melle, il y a du blé dedans, je voulais le dire plusieurs fois, puis à chaque fois je l’ai pas dit, mais tu fais bien de le dire. Il y a une question justement sur le chat. Voilà, oui, ben oui, il y a du blé, il y a du blé. Bon, maintenant quand on donne… la dame qui prenait deux fois un quart de comprimé de Cytomel, elle avait pas rasé un champ de blé hein, on est bien d’accord. C’est pas du blé, il y a… il y a un peu… il y a une contamination par du blé dedans, mais c’est pas du blé. Et puis si c’était du blé, vous avez pas de quoi vous faire une une de ces fameuses tartines ou baguettes chères au Néolithique et à la perte de taille de 10 cm au Néolithique, je vous le rappelle. Bon, je ne parle pas de céréales. OK. Et donc le problème du Cytomel, c’est que c’est 25 µg. Aux États-Unis il y a le Cytomel déchaîné, le Cytomel 5 µg, mais bon, faut-il encore avoir un médecin américain qui vous le prescrive. Aux États-Unis il y a aussi du 50 µg, pour tout savoir, mais bon, il y a les Américains qui pèsent 200 kg, donc il faut probablement monter un peu dans les microgrammes. J’ai pas dit que les Américains pèsent 200 kg hein, il y en a qui pèsent 200 kg. Et donc tout ça c’est très dosé, et le T3 c’est 1 µg, le T3 Forté qui est quatre fois plus fort, c’est 4 µg. Donc il y a moyen de jouer un peu, et puis ne pas hésiter, surtout si le blé pose problème. On peut prescrire de la… de la liothyronine pardon, la liothyronine euh en en magistrale. Moi je le fais régulièrement. Voilà, il y a des pharmaciens qui font des des magistrales qui se débrouillent pour euh euh pour fabriquer ça à exactement la dose requise. Et donc c’est vrai que chez les hétérozygotes par exemple, on pourrait dire ça euh qui ne vont pas bien sous sous Euthyrox, mais on peut évidemment mixer des des fractions de Euthyrox… le Euthyrox aussi est trop dosé, c’est 20 µg de T3 dans un comprimé, mais on peut le couper hein, et mixer ça avec de la thyroxine, et comme ça on on on retrouve un ratio de T4/T3 qui va vers le ratio humain et qui s’éloigne du ratio porcin. Je vous rappelle que le ratio bovin est de 8/1, et donc ceux qui ont accès aux extraits thyroïdiens bovins qui nous viennent de de Nouvelle-Zélande et d’Australie euh bah ça peut être un truc intermédiaire qui n’est pas inintéressant. Bon, de nouveau c’est interdit en France, mais il n’y a pas que la France. Pour autant que vous obteniez un produit, que ce soit un complément alimentaire ou un médicament légalement dans un pays de l’Union européenne, si c’est légal là où vous l’achetez, c’est légal pour vous de l’acheter légalement dans le pays en question. Pas du tout la même chose que de le vendre évidemment sur la France, ce qui est interdit, et il faut respecter cette interdiction. Bon, donc voilà, on a eu… tous les quatre figures. Je suis vraiment d’accord avec Yoni, je suis content qu’il ait dit ça, parce que le stress est un facteur énorme, et le stress peut monter ou descendre, et donc avec nécessairement des adaptations de T3, mais des adaptations subtiles, pas à coup d’un quart de comprimé de Euthyrox. Ça n’a rien de subtil, ça ça c’est l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Il faut pas oublier aussi les variations de dose en fonction des saisons, pas oublier surtout que là on… j’ai énormément de patients qui prennent plus de traitement hormonal thyroïdien en hiver. Ouais, la majorité, il y a une différence, une petite… un petit incrément en hiver. Et malheureusement l’hiver arrive, exactement… c’est pour ça que je dis ça… c’est bien… c’est bien. Écoute, je je pense qu’on a été complet David sur tout ça. Alors bon, il va falloir qu’on qu’on boucle, mais on a vraiment pas donné la parole… mais de nouveau, toujours la même constatation : tellement de trucs à dire ! Quand je pense qu’on avait parlé d’un 3e génotype… ben bonjour ! Il nous restait

Webinaire àe pour le mettre ok. Vous n’aurez pas la bibliographie à Poe, mais vous aurez l’article de Marion, de Marion Capelan, que beaucoup d’entre vous connaissent, qui est très connu avec son célèbre vitaliseur. Euh, elle m’a demandé si j’utilisais… Bon, alors je… je ne consacre pas autant de temps que ça à la cuisine et donc, malheureusement, je n’utilise pas. Mais beaucoup de gens l’utilisent et donc, dans son article, euh, elle parle du E2 et euh, vous y trouverez en gros ce que je vais vous expliquer maintenant. Ce sont des patients qui sont rares, ce n’est que 5 % de la population, c’est-à-dire une personne sur 20. Pas beaucoup, hein, une sur 20. Euh, doivent manger énormément de graisse par rapport à ce qui se fait habituellement. Donc, il doivent être proche d’une diète cétogène. Je… je parle pas d’une diète cétogène, mais on pourrait évoquer le terme de diète quasi cétogène, sans aller jusque-là, la recherche, hein, des cétones et cetera. On pousse pas jusque-là, mais s’inspirer de menus, euh, de diète cétogène, de… de tout un tas de… de choses appétissantes d’ailleurs qu’il y a dans… dans cette diète et dans les… les livres de cuisine cétogène. C’est exactement ce qu’il faut faire, parce que visiblement ça doit être un facteur. Si ton épouse mange comme tout le monde mange, elle mange beaucoup trop de féculent pour son génotype, pas du tout assez de graisse et donc il y a un manque de lubrification, euh, de… euh… de l’intestin. C’est sec, ça… ça… ça… ça n’avance pas et donc elle est constipée. Alors évidemment, deux choses très importantes à ajouter. D’abord, euh, qu’elle ne change pas sa diète du jour au lendemain en multipliant les graisses par trois et en divisant euh les… les glucides par trois, parce que ça… ça va pas. Il faut le temps que l’organisme s’adapte et surtout que le microbiote s’adapte. Et je vous renvoie aux… aux vidéos qui ont… qui traitent de ça sur ma chaîne, euh, d’une part. Et alors, euh, d’autre part, évidemment, c’est peut-être ou probablement pas le seul facteur et donc, euh, penser au magnésium si elle est stressée, ou même si elle ne l’est pas, vrai dire. Euh, penser à sa thyroïde. Il faudrait vraiment vérifier la thyroïde de façon très approfondie, parce qu’il y a souvent un composant dans les constipations sévères et euh, le D2 dont on a parlé, euh… puis… puis j’en passe. C’est des milliers donc on va pas faire évidemment ici, euh, repartir sur un webinaire constipation, qu’il faudra qu’on fasse. C’est bon sujet pour 2024. C’est peut-être un plus à ajouter. Je suis à peu près complet maintenant dans mes projets de l’année prochaine et donc… donc voilà. Mais c’est typiquement un des nombreux problèmes différents qu’on rencontre chez les E2. Les E2, ce sont des… des… des… des cas infernaux, sauf quand on finit par comprendre qui doit avoir une diète very high fat, very low carb, qui n’est pas facile à mettre en œuvre, mais qu’il faut mettre en œuvre progressivement. Et quand on y arrive, et ben il y a tout qui… tout qui… tout qui va, tout… tout… tout reprend sa place. C’est… c’est… c’est spectaculaire comme ces gens, une fois qu’on a trouvé la diète qui leur convient, on a un tableau clinique qui s’éclaircit de manière incroyable. Mais évidemment, chacun est différent et donc il faut aussi aller chercher d’autres causes de constipation. Bon voilà, ça te va, Gétane, comme réponse au pied levé comme ça ?

Oui, merci, c’est bien intéressant. Iné… je… je… je… je suis très content que tu sois intervenu. Tu vois, je t’avais dit que je te ferais parler. Je suis bien content que ça soit bon. David, toutes ces dames-là, ce sont des… des supportrices, mais des supportrices muettes. Heureusement qu’on n’est pas dans des tribunes de foot ici, parce qu’on entendrait voler une mouche. Non, effectivement. Est-ce que quelqu’un voudrait prendre la parole, une dernière personne ? Comme je sais que George veut aller promener avec Goliath, donc il est temps… il est temps. Il a une question sur le chat par contre. Ah, y… y a-t-il donc un lien… Mais c’est bien parce que comme on n’a pas parlé de la PE2, de la PEE pardon, de la PE2 d’ailleurs, il y a des gens qui… qui sont frustrés. C’est Lig… Y a-t-il donc un lien entre un APOE2 et un cholestérol qui n’arrive pas du tout à monter correctement ? Mais oui, évidemment, mais c’est… c’est écrit, c’est… c’est forcément… forcément. Et donc parfois le cholestérol des APOE2 est trop bas, hein, et… et donc là il faut recommander du ghee, qui a l’avantage de quasiment pas contenir de lactose, quasiment pas de… ne pas contenir a priori de protéines allergisantes. Et donc le ghee pour les APOE2, ça convient. L’huile de coco évidemment, hein, de bonne qualité et de bonne… de bonnes sources, euh, de sources équitables et euh bio et pas… pas brutalisé par des températures excessives. Donc oui, le… le… évidemment le… comment voulez-vous interpréter votre taux de cholestérol sans connaître votre APOE, hein ? Et alors je vais finir là-dessus, David, euh, sur cette histoire d’APOE. Il y a des médecins qui se disent nutritionnistes qui veulent pas… pas entendre parler de l’APOE. Alors apparemment, si j’ai bien compris, ou peut-être que mes informations sont plus d’actualité que tout ça évolue, ce que je souhaite. Mais en tout cas, si c’est pour refuser de tester la PEE sous prétexte qu’on va apprendre aux gens qu’éventuellement ils ont un risque accru de maladie d’Alzheimer et que du coup on ne le teste pas pour ne pas les stresser, mais alors je suis désolé, mais on n’est plus en médecine préventive. Ce n’est pas la médecine que nous faisons, c’est la médecine de l’autruche. Et c’est attendre de commencer les symptômes de l’Alzheimer pour déplorer le… le… l’état du… du… du… du patient, de la patiente. Ça n’a pas de sens. Pourquoi ? Parce que si il y a un risque accru d’Alzheimer x3 avec un APOE4, x20 avec deux APOE4, et bien on peut prévenir, on peut même les prévenir chez les APOE44. Moi, mes APOE44 ne font pas de maladie d’Alzheimer et je vous annonce qu’ils vieillissent… vieillissent d’un an chaque année avec moi. Enfin, moi je suis pas 44, hein, je suis 3TR, mais mes patients font pas Alzheimer. Mais ils sont très prudents, ils mangent pas de graisse saturée ou très peu, ils font attention à leur taux de cholestérol. Si… s’il est trop haut, ils sont plus prudents. Si… si le cholestérol est satisfaisant, on les emmerde pas nécessairement de trop non plus. Mais donc la maladie d’Alzheimer, ha, ça se prévient. Nous sommes en 2023, la maladie d’Alzheimer se prévient. C’est pas absolu, c’est pas 100 % des cas, mais on a une prévention efficace qui est publiée, qui est mainstream. Et pour le citer quand même, le… le… le neurologue fonctionnel américain, le docteur Bredesen, a mis tout ça dans un livre. Et son livre, ce n’est jamais qu’un condensé de la médecine fonctionnelle que nous faisons. Lui, il a… il a inventé sa médecine… sa… sa médecine préventive d’Alzheimer qui est notre médecine fonctionnelle. Un jour je me suis rendu compte qu’on faisait exactement la même chose. Il ne s’est évidemment pas inspiré de moi, mais je ne me suis pas inspiré de lui. Et euh… quoi, on est dans le déni là ? Non, testez vos APOE, prévenez les gens que l’on pourrait éventuellement avoir quand même un peu de surprise désagréable s’il y a de l’E4 dans le truc. Mais s’il en a, et ben on modifie un peu son alimentation, on fait attention au style de vie, évidemment tabac, alcool, tout ça ne convient pas des masses, faut faire attention à la pression artérielle, faut faire attention euh évidemment à avoir un bon bilan lipidique. Ça y est, mais on est pas… il y… il y a plus de E4 qui font des maladies d’Alzheimer parce qu’ils bouffent comme des cochons que de E3. Mais il y a beaucoup plus de E3 que de E4. Le risque relatif est plus élevé, mais ce n’est pas une… c’est pas votre destin. Vos gènes ne définissent pas votre destin. Les gènes, c’est 30 %, et le reste, tout ce dont nous parlons, tout… tout ce que nous faisons, c’est 70 %. Et aujourd’hui on a parlé des 30 %, mais on sait très bien que nous agissons sur les 70 % qui restent pour que quel que soit le génotype, le… l’aboutissement soit euh tout à fait euh favorable. Mais pour ça, il faut le tester et s’adapter. Voilà. Euh, David, vu l’heure, bon, je pense que je viens de donner le mot de la fin ici, parce que je viens de… de parler évidemment de l’importance relative des gènes et de l’environnement, hein. Et l’environnement va toujours prendre le pas sur les gènes, mais c’est bien de connaître ses gènes et notamment ses génotypes. Et où il y a de la gêne, il y a pas de plaisir… non, c’est… comment est-ce que ça va… le… le proverbe… Il y a de la gêne, il y a pas de… de plaisir. Et David, est-ce que tu as pris plaisir, toi ?

J’ai pris plaisir, et j’aimerais entendre Yonni et Julien pour leur mot de la fin. Je commence. Ouais, vas-y, tranquille. Ben, on a parlé constipation, mais Gétane a oublié le FUT2, donc ça pourrait être intéressant de… d’en parler pour le webinaire constipation. Ah oui, pour les pous de Gétane. Oui, c’est ce qu’il faut retenir de… de tout ça. Je pense que c’est comme tu le dis, le bien souvent, c’est que chacun est différent. Il faut personnaliser la médecine, c’est ça le plus compliqué pour nous et pour les patients aussi. Donc il y a pas de… de norme en fait.

Bien dit, Julien. Tu… non, je… je suis d’accord avec toi. Mais justement, c’est… c’est pour ça que c’est… c’est intéressant d’avoir les… les génotypes qui peuvent venir justement un peu… à… justement venir personnaliser. Et c’est ça qui est assez passionnant, puisque on peut avoir finalement les mêmes tableaux cliniques, mais en fonction d’un génotype, on aura pas du tout la même prise en charge. Et c’est ça qui fait que la médecine fonctionnelle est passionnante. Mais je pense que si on est tous là ici, c’est parce que… parce qu’on est passionné et que… et la génomique, c’est vraiment un domaine que je trouve formidable. Et en effet, George… Ouais, j’espère… j’espère qu’on aura… qu’on pourra faire un webinaire sur des… des génotypes qui ont un impact clinique, parce que bon, on en a parlé là de trois, mais on a d’autres génotypes qui ont un impact clinique. Donc ça pourrait être intéressant, pourquoi pas, de faire un… un deuxième opus. Moi, en tout cas, ça me… ça me branche bien. Ben merci, Julien, mais je… merci, Yi, mais je… je te rassure, donc il y aura, je crois qu’on va faire un webinaire entier sur la PEE, parce que c’est tellement important, il y a beaucoup de choses à dire, euh, et évidemment on en profitera pour parler de la prévention de la maladie d’Alzheimer et des maladies cardiovasculaires. Je pense qu’on va pouvoir faire nos deux heures là-dessus. Et puis alors, comme tu… comme tu dis très bien, il y a… il y a des… des génotypes plus confidentiels, mais qui ont un énorme impact clinique, et je… je pense qu’il faudra qu’on les présente aussi. Là, on pourra en présenter davantage. Il y a peut-être moins à dire sur un… un… plus 3, mais bon, qui sera plutôt peut-être en 2025 ou fin 2024, nous verrons. OK. Et puis tout dépend de David, parce que David veut pas organiser les… si David ne veut pas organiser les webinaires, ils n’auront pas lieu, hein. Moi, c’est OK. George, George, est-ce que tu peux dire… mais en une phrase, un résumé du webinaire du 15 novembre ? Ah oui, il y a ça encore. Ben, c’est très… très simple… c’est très simple, c’est un webinaire sur le sommeil et qui est intitulé : Le sommeil est la base de tout. C’est une phrase, ça ? Non, ouais, c’est bon, nickel. Il veut promener… tu as vu le… le… le très impatient. OK, on peut… on va arrêter l’enregistrement et je vous dis à toutes et à tous, en tout cas à vous trois, euh, merci pour votre intervention, comme d’habitude, toujours enrichissante, et un grand merci à tous les participants. Et je vous dis au 15 novembre. Salut, merci à tous. Bye bye. Merci. Bonsoir.