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Comment mémoriser n'importe quoi sans JAMAIS relire (Méthode prouvée)

Fabien Olicard La deuxième chaîne19:11

Transcription

Cette vidéo est en partenariat avec Cybergos VPN. Salut ! Il y a quelques mois, pour la rentrée de septembre, je vous ai donné cinq techniques pour hacker votre cerveau. J'ai eu beaucoup de vues sur cette vidéo, mais surtout, j'ai eu beaucoup de retours de votre part, très cool, parce que je reçois des messages de personnes qui me disent que ça a changé leur manière de travailler, leur productivité, voir leur vie entière. J'en doute un peu. Je trouve que c'est beaucoup. Mais si c'est vrai, alors j'ai quelque chose d'encore plus puissant à vous donner aujourd'hui.

Oui, je vais parler comme les jeunes font en ce moment sur TikTok et Insta, avec le micro dans la main, voir ce que ça donne, et aussi parce que j'ai pas le choix là. Le sujet d'aujourd'hui, c'est la mémoire, mais pas la mémoire photographique, pas un trucage de mentaliste. Je parle bien de la mémoire pour l'apprentissage. Ce que la science a découvert ces dernières années, c'est à la fois fascinant et à la fois profondément agaçant. Agaçant [musique] parce que c'était là, sous notre nez, et personne nous le dit. Personne ne nous dit vraiment comment notre cerveau mémorise.

Alors, voici les cinq plus gros hacks de mémoire issus de recherches sérieuses, de méta-analyses, et applicables dès ce soir. Et je vous préviens, la 4e, je l'ai découverte il y a pas si longtemps, il y a quelques années, elle a encore changé ma manière d'aborder la mémoire. Elle est plus qu'étonnante. Elle est à la fois contre-intuitive et à la fois prouvée et efficace. Et je sais, on dirait encore le début d'une vidéo qui va vous vendre une formation. D'ailleurs, il y a un lien à 997 € dans la description. Je plaisante, il y a pas ça. Tout est dans la vidéo, gratuitement, en entier. Je m'appelle toujours Fabien Licard. On est parti.

Et avant d'acter votre mémoire, on va quand même faire en sorte que personne ne hacke. Je veux donner un grand merci à Cyberghost VPN qui sponsorise cette vidéo. Pour apprendre n'importe quoi, il faut avoir accès aux meilleures sources, et parfois elles sont bloquées géographiquement. Avec Cyberghost VPN, vous changez de localisation en un clic pour accéder à plus de 50 % de contenu supplémentaires sur Netflix ou Amazon Prime, mais aussi à des documentaires ou des sites éducatifs partout dans le monde. C'est l'un des meilleurs VPN du marché, avec 38 millions d'utilisateurs dans le monde et une excellente note sur Trust Pilot. Trust Pilot, vous le dites comme vous voulez, mais ça s'écrit comme ça. Il chiffre votre connexion pour protéger votre vie privée, empêchant aux autres de pister ce que vous faites en ligne. En plus, ça fonctionne sur tous vos écrans, et vous pouvez protéger jusqu'à sept appareils en même temps avec le même abonnement. En ce moment, avec mon lien en description, vous avez une offre folle de 2,03 € par mois, soit 83 % de réduction avec 4 mois offerts. Vous ne prenez aucun risque avec leur garantie satisfait ou remboursé de 45 jours. Allez sécuriser votre navigation et maintenant, sécurisons votre apprentissage et vos connaissances avec le premier hack.

Premier hack : la pratique de la récupération. Si vous relisez ce que vous avez à apprendre, vos cours, vos dossiers, j'en sais rien, c'est bien, ça vous occupe, c'est cool, mais je vous le dis, c'est une escroquerie neurologique. En 1939, il y a un chercheur américain, il s'appelle Herbert Spizzer. Il a mené une étude sur 3600 élèves. Il voulait comprendre ce qui permet à un élève de retenir sur le long terme. Et ce qu'il a découvert, ça aurait dû révolutionner l'éducation et l'apprentissage au niveau mondial, sauf que c'est resté sous silence, passé sous silence pendant quasiment 60 ans. Malgré ce qu'il a trouvé, tout le monde a continué pendant des générations à faire toujours de la même manière : relire les cours, stabiloter, surligner, réviser, apprendre. Et ce n'est pas vraiment comme ça qu'il faut faire. Quand vous apprenez comme ça, vous retenez temporairement. Ça, c'est vrai, c'est indéniable. Vous bâchez, comme on dit, mais très peu de temps après, vous avez oublié 80 % de ce que vous avez appris. Le problème, quand vous relisez quelque chose que vous avez déjà appris, donc que vous êtes en train de réviser, votre cerveau reconnaît ce que vous êtes en train de lire. Donc il a une sorte de reconnaissance. Il y a une illusion de compétence derrière. Il se dit "Ben ça, ça c'est bon, je le sais." Et ça se rapproche du biais de connaissance rétrospective, dont je vous ai déjà parlé dans pas mal de vidéos. Le cerveau croit connaître ça, donc il renvoie au conscient le "Ben, on le sait déjà." Donc on ne fournit pas plus d'efforts en fait pour le retenir. Les psychologues appellent ça l'illusion de compétence, parce que comme c'est fluide pour vous et votre cerveau de lire ça une nouvelle fois, de le lire, c'est-à-dire de le lire et de le comprendre en même temps, alors vous avez l'impression que c'est mémorisé. Et croyez-moi bien, votre cerveau est un expert pour se gourrer quand il s'agit de savoir s'il connaît ou pas quelque chose.

Henry Rodzitcher et Jeffrey Carpike sont des chercheurs qui travaillent à la Washington University, et ils ont décidé de vérifier ça, de le tester sérieusement. En 2006, ils ont créé deux groupes d'élèves, deux groupes de personnes qui doivent apprendre le même texte. Pour le premier groupe, on va l'appeler le groupe A, ils doivent relire le texte quatre fois d'affilée. L'autre groupe, le groupe B, ne va lire le texte qu'une seule fois, mais au fur et à mesure de la lecture, ils vont fermer le livre, enfin, du moins pousser le texte pour s'auto-évaluer, pour s'auto-tester en fait, finalement trois fois. Quelques jours plus tard, ils sont rappelés, donc ils sont retestés sur le texte qu'ils avaient appris. Les deux groupes distinctement : le groupe A, celui qui a relu le texte quatre fois, va avoir une rétention finale de 28 %. C'est très peu. Et le groupe B, celui qui a fait les trois auto-tests, qui a lu le texte qu'une seule fois à la base, rétention 76 %. Ce n'est pas, je veux dire, ce n'est pas un petit écart quoi. C'est trois fois plus. Parce que quand vous cherchez à récupérer une information par vous-même, volontairement, depuis votre mémoire, vous allez créer de nouvelles voies neuronales, de nouveaux chemins d'accès neuronaux, peut-être de nouvelles synapses entre vos neurones. Vous entraînez votre cerveau à aller chercher l'information, alors que d'habitude, vous entraînez votre cerveau à reconnaître un truc qu'il a déjà lu, à se dire "Oui, c'est vrai qu'on l'a déjà lu ce truc." C'est, c'est vraiment, c'est radicalement différent dans la manière d'aborder le sujet de l'apprentissage.

On va passer à la deuxième astuce, encore plus intéressante, mais voici le protocole en trois points de cette première astuce. Étape une : vous apprenez normalement, vous lisez, vous regardez, vous écoutez comme d'habitude. Étape 2 : vous fermez tout, vous éteignez tout, et là, vous essayez de tout régurgiter sur une feuille blanche. Et pendant 10 à 15 minutes, vous régurgitez, vous réécrivez tout ce qui vous reste de ça, tout ce que vous avez en stock sur le sujet que vous essayez d'apprendre et que vous venez d'écouter ou de lire pour la première fois. Troisième étape : vous rouvrez votre source. Par exemple, si c'est un livre, vous relisez, vous comparez avec ce que vous avez écrit. Vous allez voir tout ce qui vous manque, tout ce que vous n'aviez pas en fait en tête et que vous n'avez pas ressorti, et vous révisez ça, et seulement ça. En plus, ça a l'intérêt d'arrêter de réviser les choses que vous connaissez déjà.

Herman Ebingos, un psychologue allemand, passe des mois à réviser, à prendre des listes de syllabes qui n'ont aucun sens. C'est des syllabes courtes comme DAC, DAX, BUP, ZOP, peu importe. Il mesure ensuite à quelle vitesse il oublie ses listes de syllabes, et c'est comme ça qu'on découvre grâce à lui la courbe de l'oubli, et surtout comment elle fonctionne. Si vous ne faites pas de relecture ou de révision, en 24 heures, c'est 50 % d'une nouvelle information qui est oubliée. C'est énorme. En 48 heures, si vous n'êtes toujours pas revenu au moins une fois sur l'information, c'est 70 % de cette information qui est oubliée, et en une semaine, c'est 90 %. Autant te dire qu'en une semaine, tu as juste la vague impression d'avoir abordé ce sujet un jour dans ta vie. C'est pour ça que le bâchotage, c'est une catastrophe d'apprentissage et de mémoire, parce que oui, ça fonctionne un petit peu, puisque le lendemain, il te reste la moitié de l'information, mais un mois après, tu ne te souviens plus de rien. Donc tu peux avoir 18/20 à un contrôle, et un mois après, tu ne te souviens plus de cette connaissance. Donc tu n'es pas en train de devenir plus compétent. Dans ces moments-là, on est juste compétent à stocker temporairement une information, le temps de se la faire sanctionner par une note, mais la compétence qui va avec et la connaissance qui va avec, on ne l'a pas. Alors que à la base, ce qu'on voudrait, c'est qu'un mois après, il nous reste 90 % de l'information, pas qu'on ait oublié 90 % de l'information.

Sauf que Ebingos met aussi en valeur et en découverte quelque chose d'incroyable, c'est que chaque révision réinitialise la courbe de l'oubli, mais à un niveau encore plus haut. Ça veut dire que ça va mettre plus de temps à s'effacer et à se diluer. Si vous mettez bien les espacements des révisions au bon moment, et bien la courbe de l'oubli va devenir de moins en moins agressive. Donc vous allez retenir de mieux en mieux, et surtout, vous allez oublier de moins en moins vite. Définitivement, la répétition espacée avec le bon espacement entre chaque répétition de révision est largement supérieure au fait de bâcher la veille d'un examen, et cetera. Plutôt que passer 4 heures à réviser un cours juste avant un examen, si on l'a révisé quatre fois une heure, mais avec les bons espacements, et bien on retiendra deux fois mieux et deux fois plus longtemps.

C'est là qu'entre en jeu Sébastien Letner, un journaliste scientifique allemand passionnant. Il va mécaniser ça en 1972 avec une boîte à chaussures, un système de fiches de classement. Le premier système de Letner était une boîte qui fonctionnait sur 7 jours. Il y avait un premier compartiment qui s'appelait "Tous les jours". Donc tous les jours, il révisait toutes les cartes qu'il y avait dedans. Après, il y avait "Tous les 3 jours". Donc tous les 3 jours, à partir de la première fois où il a commencé le système de la boîte, il révisait tout ce qu'il y avait dedans. Après, il y avait "Toutes les semaines", et cetera. Parce que grâce au système de Letner, qui favorise donc cette répétition espacée, on passe moins de temps à revoir ce qu'on sait déjà. C'est là où on perd beaucoup de temps en vrai. Aujourd'hui, il y a l'application Hky qui fait très bien le taf. Je la recommande, mais je recommanderai toujours le travail physique, parce qu'en fait, ça active des zones cognitives et d'autres schémas mémoriels qui sont intéressants. Rien que le fait d'écrire soi-même sur un bout de papier la fiche que vous allez ranger dans la boîte, et après la prendre physiquement, ça active encore d'autres choses dans votre cerveau. Donc c'est encore plus puissant. Mais vous pouvez utiliser cette appli, ça marche bien aussi.

Je vous donne un protocole concret rapidement si jamais vous n'utilisez pas d'application. Vous mettez tout dans une boîte qui a quatre compartiments. Le premier compartiment, d'abord, vous mettez tout dedans. Ce que vous savez mal reste dedans. Ce que vous saviez déjà bien passe dans le compartiment suivant. Le compartiment suivant, c'est tous les 3 jours à partir de la date du premier jour de révision. Et le compartiment encore suivant, c'est tous les 7 [musique] jours à partir de la date de la première révision, hein, de du moment où vous créez la boîte. Et le dernier compartiment, tous les 21 jours. C'est pas mal. L'erreur classique, c'est de réviser à fond une fois le lendemain et de plus y revenir, parce que bon, on connaît déjà. Sauf que vous le savez, dans 2 jours, vous aurez oublié 70 % de l'info.

3ème hack est très intéressant. Je prends un exemple de cours de maths, mais ça s'applique à n'importe quel domaine d'apprentissage. OK ? Imaginons que vous deviez apprendre des trucs dans les maths et dans trois choses : les fractions, les pourcentages et les équations. Normalement, vous passeriez 1 heure sur les fractions, 1 heure sur les pourcentages et 1 heure sur les équations. Vous feriez bloc par bloc, et c'est normal, tout le monde fait ça. Sauf que l'interleaving, en français, on appelle ça l'apprentissage entrelacé, suggère autre chose. Vous allez mélanger. Vous allez apprendre un truc pour une fraction, un truc pour une équation, un truc pour un pourcentage, revenir aux fractions, revenir au pourcentage, et cetera. Donc forcément, je vous le dis, pendant l'apprentissage, c'est très difficile. Si vous êtes en train de vous entraîner sur l'un et pas sur l'autre, ça vous oblige de switcher à chaque fois. Donc c'est assez compliqué cérébralement [musique] parlant. Déjà, vous allez avancer moins vite, et en plus, vous allez faire plus d'erreurs, ça va vous agacer. Mais n'ayez pas l'impression d'être nul.

Robert Biork, l'un des chercheurs en mémoire les plus cités au monde, a passé des décennies à travailler sur ce qu'il a appelé les difficultés désirables et surtout leur impact. Les conditions qui rendent l'apprentissage le plus facile, le plus fluide, le plus aisé en temps réel, génèrent produisent la rétention la moins forte, la moins durable dans le temps, et inversement. L'expérience fondatrice date de 1979. Cheia et Morgan donnent une tâche à faire à deux groupes, groupe A et groupe B. Ils apprennent quelque chose, mais sous la forme de diverses tâches motrices. Le groupe A fait bloc par bloc, et le groupe B entrelace, c'est-à-dire passe de l'une à l'autre en permanence. Pendant l'entraînement, sans surprise, j'ai envie de vous dire, le groupe A a progressé beaucoup plus vite. Sauf que 10 jours plus tard, en leur refaisant faire les mêmes tâches motrices, le groupe B affiche des performances 50 % plus fortes que le groupe A. Parce que l'apprentissage en bloc, là aussi, ça donne l'illusion de compétence dont on a parlé au départ. Tant que vous êtes dans le même bloc, le cerveau, il utilise la même stratégie en boucle, sans effort, pour reconnaître, pour essayer, pour apprendre, ou pour un exercice de maths, pour refaire la même topologie d'exercice en boucle. Il y a plus d'effort à ce moment-là. L'apprentissage entrelacé, ça force votre cerveau à décider déjà, à analyser et à discriminer : c'est quel type d'exercice ? Il faut que j'utilise quelle méthode d'apprentissage, ou du moins quelle méthode de résolution pour analyser ce problème, pour le résoudre ? Comment je vais chercher la bonne information pour ça ? C'est dans quel groupe de ma mémoire et de mes neurones qui a disséminé cette information, et cetera. C'est cet effort d'analyse qui va construire votre flexibilité neuronale. Alors si vous devez apprendre trois chapitres de quelque chose ce soir, ou trois dossiers, faites pas A puis B puis C. Faites un peu de A, un peu de B, un peu de C, je reviens sur A, sur B, sur C, et cetera. Attention, la méthode entrelacée, ça marche mieux quand même sur des sujets qui sont liés, mais qui sont distincts. Si vous apprenez des trucs de biologie en même temps que des choses de comptabilité, bon, c'est du bloc par bloc finalement.

Le 4ème arrive, le fameux. Ça concerne l'état dans lequel vous êtes juste avant d'apprendre, et les résultats de l'étude sont réellement stupéfiants. Mathias Gruber, le chercheur en neuroscience à l'université de Californie d'Avis, a découvert quelque chose en 2014. Je donne un peu le protocole. Il y a des personnes qui lisent des questions d'un Trivial Pursuit, et on les invite à dire à quel point elles sont curieuses de connaître la réponse. Et à chaque fois, juste avant de leur faire voir la réponse, d'ailleurs, on leur montre le visage d'un inconnu. Le résultat, c'est que lorsque les personnes sont curieuses de connaître la réponse, plus tard dans le temps, elles ont mieux retenu la réponse que ceux qui n'étaient pas curieux de connaître la réponse. Plus 30 % en moyenne. Le résultat inattendu, c'était comme un test dans le test, c'est que les visages neutres, là, des inconnus qu'on leur a fait voir, on leur a demandé à chaque fois s'il s'en rappelaient, s'il pouvait le décrire, et cetera. Et bien, d'une manière très significative, les personnes qui étaient curieuses de connaître la réponse à la question avaient également mieux retenu le visage des inconnus à ce moment-là. Écoutez bien, la curiosité ne booste pas que la mémorisation de ce qui vous intéresse. Elle fait passer votre cerveau en mode enregistrement maximum. Ils ont testé ça sur IRM fonctionnel pour montrer le mécanisme. Les moments de haute curiosité, ça active tout le circuit dopaminergique. C'est le circuit de la récompense, c'est le circuit de la motivation aussi. La dopamine va booster l'hippocampe, l'un des sièges de la mémoire, qui va mieux mémoriser, et surtout qui va encoder plus efficacement tout ce qui se passe.

Richard Feinman, dont je vous avais fait une très longue vidéo d'ailleurs sur la chaîne, avait transformé ça en système volontaire, en système délibéré. Et ça, je vous en avais pas parlé. Richard Feinman avait toujours avec lui une liste de 12 problèmes, ses 12 problèmes préférés, favoris, 12 questions ouvertes sur lesquelles il restait tout à apprendre. Avant chaque lecture, avant chaque conférence, par exemple, à laquelle il allait assister, chaque bouquin qu'il allait lire, il vérifiait si le sujet de la conférence ou du livre allait lui apporter de l'eau à son moulin pour comprendre l'une de ces 12 questions, l'un de ces 12 thèmes. Et du coup, ça le mettait en état de curiosité.

Comment [musique] vous pouvez vous l'appliquer ? Et bien, avant n'importe quel apprentissage, vous parcourez les titres, si c'est un livre, les sommaires, vous vous renseignez sur les thèmes abordés, si c'est un documentaire ou une conférence, et vous formulez par écrit ou sur une note dans votre téléphone deux à trois questions, donc dans le sujet, évidemment, auxquelles vous voudriez vraiment avoir la réponse. D'ailleurs, je vous encourage à noter les réponses que vous allez trouver, et les questions, les nouvelles questions, que ça va forcément générer. Comme ça, c'est une boucle sans fin, vous alimentez votre propre curiosité. Mais faut que ce soit sincère. Si vous forcez un intérêt, genre une pseudo-curiosité qui n'est pas vraie, sur quelque chose que vous ne ressentez pas vraiment, ça ne marchera pas, c'est sûr.

Maintenant que vous avez les quatre techniques qui transforment votre apprentissage et votre mémoire quand vous êtes réveillé, on va faire la 5ème technique. On va s'occuper de ce qui se passe quand vous dormez. Voici quelque chose que pas mal de gens ignorent. Votre cerveau n'arrête pas d'apprendre lorsque vous allez vous coucher. Au contraire, c'est là qu'il va vraiment apprendre, parce qu'il va consolider l'information, mais de manière active. Il va faire des révisions tout seul. Le sommeil, c'est la seconde étape de l'apprentissage. L'hippocampe, dont je vous ai parlé tout à l'heure, va faire des, on appelle ça des "replay hypocampiques". C'est pas très joli. Il va, il va faire des boucles d'apprentissage. Il va répéter, il va rejouer l'information en boucle pour renforcer les traces mnésiques. C'est les traces de la mémoire dans votre cerveau. Donc tout ce que vous avez vu dans la journée, il va le trier, le réorganiser, le compresser et l'envoyer en stockage long terme pour ce qui lui semble important. Ce qui n'est pas consolidé pendant la nuit, suivant l'acquisition, donc ça peut être un souvenir de vie ou un apprentissage, est un peu voué à l'oubli. En vrai, Matthew Walker et son équipe ont documenté qu'une bonne nuit de sommeil après une journée d'apprentissage de quelque chose, quel qu'elle soit, que ce soit de la connaissance, de la motricité, bon, peu importe, ça favorise la rétention et donc la mémoire long terme de 20 à 40 %. En 2023, une équipe a publié dans le magazine Nature Neuroscience un résultat montrant que la connexion entre l'hippocampe et le cortex préfrontal pendant le sommeil améliore les capacités de rappel pour le lendemain et les jours suivants d'une manière significative. Ce que je veux dire, c'est que c'est plus efficace de dormir, d'aller se coucher, que de réviser en boucle jusqu'à 3h du matin. Un cerveau qui dort bien retient mieux qu'un cerveau qui étudie. C'est dingue.

Dimitri Mendelèv, vous le connaissez peut-être ce nom, parce que c'est lui qui a inventé, le chimiste, qui a inventé le tableau périodique des éléments. Il dit qu'il a eu la vision du tableau une nuit en dormant, mais pas pour rien. Cette structure, il l'a vue dans son sommeil après avoir passé des années à être obsédé par ce problème. C'est encore un effet secondaire du sommeil. Son hippocampe travaille la nuit en mémorisation, mais aussi en synchronisation sur son problème prioritaire, sur sa question prioritaire dans la vie. Ce qui m'amène à vous poser la question : est-ce qu'on peut influencer ce que le cerveau va mémoriser ou va consolider pendant la nuit ? La réponse est oui, dans une certaine mesure. Et voici le protocole, je vous le passe. 30 minutes avant de vous coucher, vous faites une récupération libre de quelque chose que vous voulez consolider. Donc pas une nouvelle information, quelque chose que vous connaissez déjà. Et puis pas de Netflix avant. Idéalement, vous prenez une feuille blanche, et puis vous marquez ce que vous avez appris aujourd'hui que vous voudriez consolider, en fait, durant la nuit. Ce sera la dernière sollicitation d'ailleurs de votre hippocampe avant de passer à la consolidation. Ensuite, vous formulez mentalement une question sur laquelle vous voulez travailler, en rapport avec ce sujet. Pourquoi pas une seule question ? Un truc précis. Vous visualisez ça, vous pensez à ça avant de fermer les yeux. Et bien, il y a de fortes chances qu'à votre réveil, vous ayez la réponse à cette question. Mais en plus, votre cerveau aura encore plus consolidé les informations liées à cette question. Bon, si jamais vous avez la réponse à la question, il vous faut un petit carnet, un petit crayon sur la table de nuit, pas de téléphone, rien. Pour être encore un peu dans l'état hypnagogique qu'on a quand on se réveille, qu'on est un peu dans le coltard, on a encore accès à ces informations de rêve onirique. Et surtout, ben, allez-y, protégez votre sommeil, hein. C'est vraiment la ressource la plus précieuse de votre apprentissage, quoi. Ce n'est pas une ressource secondaire. Si vous ne dormez pas correctement, c'est-à-dire à heure régulière, bah vous retiendrez moins bien, peu importe les efforts que vous faites. C'est la condition préalable et nécessaire au sommeil. Je sais de quoi je parle. Ça fait 2 ans que je travaille sur le sujet du sommeil. Je sortirai un livre fin mai d'ailleurs à ce sujet, si ça vous intéresse. J'en reparlerai à ce moment-là, mais c'est, c'est la base.

Voilà les cinq techniques, hein. Le principe de la récupération volontaire, on se teste plutôt que relire. La répétition espacée, on révise au bon moment plutôt que réviser souvent ou tout le temps. L'interleaving, on mélange l'information pour forcer la discrimination mentale. L'amorçage par la curiosité pour se mettre dans le bon mood, dans le bon état d'esprit pour apprendre et retenir plus facilement grâce à la dopamine. Et enfin, un bon sommeil, une bonne nuit d'activité nocturne pour que, bah, le sommeil fasse la deuxième partie de l'apprentissage. C'est pas rien, c'est la moitié de votre apprentissage. Elles sont toutes contre-intuitives. Croyez-moi bien que votre cerveau va vouloir les critiquer et les réfuter. Votre cerveau va vous mentir sur leur efficacité probable. Pourquoi ? Parce qu'il préférera toujours, le cerveau, la fluidité et la facilité. Ne le croyez pas et faites confiance aux données. [musique]

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