Transcription
Bienvenue dans cette soirée où on va explorer qu'est-ce qui fait que vivre en couple est à la fois l'expérience la plus extraordinaire, mais parfois aussi la plus douloureuse, parfois un immense défi. C'est essayer d'aborder cette question, ce thème que je vous propose ce soir.
L'objectif de la soirée, il est double. D'une part, j'ai essayé de présenter un panorama de ce qui nous bloque et de vous proposer une approche un peu, un peu différente. J'espère que ça va complètement vous ébranler de qu'est-ce qui fait à la fois le ciment d'un couple et à la fois ce qui pose problème. On va essayer de remettre en question beaucoup d'idées reçues. Et le deuxième objectif, c'est de vous parler du cours en ligne que j'ai construit en six séances pour vous permettre d'aller plus loin, qui est construit autour d'exercices pour essayer de mettre en œuvre euh les changements dont je vais parler.
Je voudrais, avant de commencer, remercier tous ceux qui suivent mes cours, car c'est grâce à tous ceux qui suivent mes cours qu'une soirée comme ça, gratuite, ouverte à tous, est possible. Parce que, comme vous le savez, ça demande beaucoup, beaucoup de coup, beaucoup de travail d'organiser une soirée comme celle-ci. Et donc, c'est grâce à ceux qui suivent les cours qu'on peut permettre au plus grand nombre de pouvoir assister à de tels, à de tels moments.
Alors, la question, celle du couple, elle est, elle est, elle est poignante, parce que on a tous des questions qui sont extrêmement, extrêmement intenses, extrêmement lourdes. Pourquoi parfois le désir s'éteint et c'est inévitable ? Pourquoi est-ce que je répète les mêmes erreurs ? Pourquoi on sent parfois seul, même alors que on est à deux ? Comment faire pour ne pas se perdre dans une relation avec l'autre et pouvoir rester soi-même ? Est-ce que je suis avec la bonne personne ? Comment faire pour rencontrer quelqu'un ? Ou est-ce que il est temps de mettre fin à la relation ? Et qu'est-ce qui peut me permettre de savoir si il faut mettre fin à la relation ? Est-ce que je pose les questions du bon endroit, ou par peur de la solitude ? Et je crois que ces questions, elles méritent qu'on s'y attache.
On peut dire que dans la plupart des cas, au début, tout se passe bien. Quelque chose est léger, vivant, évident. Et puis, on comprend pas très bien pourquoi quelque chose se tend. Il y a un glissement presque imperceptible. Ce point arrive tout le temps, il est parfois dépassé, surmonté ou pas. Mais souvent, on voit pas très bien ce qui se passe. Et c'est ça dont je vais parler, ces mécanismes invisibles qui sabotent nos relations amoureuses. Qu'est-ce qui fait que alors que tout était si bien parti, qu'on avait des papillons dans le cœur, quelque chose se grince ?
Je reprends au début. Il y a une ouverture miraculeuse. Au fond, tout couple, toute relation amoureuse naît d'un miracle. On rencontre quelqu'un et là, d'un seul coup, on était disponible, curieux, présent et on attend rien de spécial et tout a l'air merveilleux. Et puis, quelque chose se se crispe. Alors, des fois, c'est très vite, après quelques minutes, des fois, c'est après quelques semaines.
Et là, euh, je vais vous dire maintenant ce que tout le monde va vous dire. Voilà. Voilà le discours qu'on trouve partout et qui moi ne me satisfait pas. Le discours habituel va vous dire que l'erreur que vous faites est de croire que le bonheur dépend de l'autre et que c'est ça qui fait votre erreur. Au lieu d'être responsable de votre propre vie, vous attendez d'être heureux par l'autre et ça ne peut pas marcher. Et donc, les explications vont découler de ce, de ce présupposé. Donc, vous, c'est la fin, la, quelque chose tourne parce que c'est la fin de l'idéalisation. Au début, vous avez projeté sur l'autre un idéal et la réalité a fini par apparaître et la déception vient du décalage entre la projection que vous aviez et la personne réelle. Voyez, c'est toujours la même logique.
Deuxième, ça vient d'un style d'attachement lié à votre enfance qui se réactive quand la relation est importante, qui produit la peur de l'abandon, le besoin de contrôle et la distance défensive. Et donc, voilà ce qui se passe.
3ème explication, la routine. Le besoin, le désir a besoin de nouveauté. La vie commune crée de la familiarité et la familiarité éteint le désir et l'attention. C'est pas tout à fait faux, mais c'est juste placé pas au bon endroit.
Autre explication, le problème vient de blessures non résolues. L'autre réactive des schémas en vous anciens, des conflits non réglés qui remontent et vous rejouez avec lui des dynamiques qui ne lui appartiennent pas.
Enfin, des besoins non dits. Chacun attend de l'autre, attend de l'autre qu'il devine des attentes implicites et l'autre ne le faisant pas, ça crée une sorte de frustration.
Et bien, je suis là ce soir pour essayer de prendre un autre, une autre approche. Moi, cette analyse qui est bien sûr convaincante, hein, j'imagine que vous êtes tous convaincus. On se dit "Mais bien sûr, au début on idéalise, bien sûr on a un attachement anxieux, bien sûr il y a la routine, bien sûr il y a les blessures du passé, bien sûr, il y a les besoins non dits." Mais le problème majeur, c'est que ça oublie absolument l'essentiel. L'essentiel, c'est que le problème ne vient pas que de moi. Le problème ne vient pas qu'il y a quelque chose en moi qui ne va pas. Le problème est un, est que quelque chose de l'amour lui-même n'est plus entendu.
Le problème de toutes ces explications dominantes aujourd'hui, c'est qu'on va vous expliquer tout ce qu'il faut pour faire un couple heureux en parlant de la communication, de la relation, des blessures, du style d'attachement. Mais on nous, mais pas du tout de l'amour. On a oublié l'amour. On parle du couple un peu partout en pensant que l'amour est accessoire et que la seule chose qui compte, c'est d'apprendre tout un ensemble de savoir et de techniques. Mais en fait, le problème n'est pas dans notre tête. Le problème n'est pas en nous.
Le problème de toutes ces explications, c'est qu'elles réduisent l'amour à un système fermé. L'amour serait deux psychologies qui se heurtent, deux histoires qui s'entrent au choc, deux besoins qui doivent négocier entre eux. Mais le problème là, c'est que l'autre n'est absolument pas reconnu comme un autre. Il est un miroir, un déclencheur, un partenaire de transaction et la relation est juste un marché un peu plus intime qu'un autre.
Je sais que c'est très surprenant parce que ça devient pour la plupart des gens évident. Je parlais avec quelqu'un il y a pas longtemps qui me disait "Voilà, on est sur le marché de la séduction et comment on doit se mettre en avant dans ce marché pour avoir le plus de chance d'avoir un partenaire." Et je, encore une fois, je peux comprendre. J'ai tort de dire c'est faux. C'est pas que c'est faux, mais ça manque la seule part, la part la plus intéressante qui, à mon avis, est la seule qui peut nous permettre de vivre une relation heureuse. Parce que si vous réussissez à négocier un système parfait, mais est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Est-ce que le miracle du début est préservé ? Est-ce que vous n'avez pas remplacé qu'au fond le miracle du début, c'est le miracle de l'amour ? J'aime, c'est merveilleux. L'autre est pure merveille qui enchante ma vie, donne sens, horizon et d'un seul coup, quelque chose me manquait pour être et d'un seul coup, j'adviens. Est-ce que pour retrouver cela, il faut que je passe à un autre ordre qui n'a plus rien à voir avec cet ordre de l'amour ?
Deuxième problème, c'est que l'ouverture miraculeuse est considérée comme une illusion. À expliquer. Oui. Oui, il y a bien sûr. Oui, bien sûr. Vous parlez de cet état extraordinaire, mais c'est vos projections, c'est une idéalisation, c'est une chimie hormonale, ce n'est pas une réalité à prendre au sérieux. Et moi, je, je dis non, mais non. Moi, je peux pas vivre, moi, je veux pas vivre dans ce monde-là, ce monde dominé par cette psychologie complètement étroite. Non, moi, si l'amour n'est qu'une projection, un jeu d'idéalisation et une chimie hormonale, moi, je, j'arrête de vivre. C'est pas possible. Non, non, l'amour est un, est un miracle que chaque être humain vit. Et c'est ce miracle qu'il faut préserver.
Troisième erreur de cette, de ce discours dominant aujourd'hui, l'erreur est à l'intérieur de moi. C'est, c'est, voilà, c'est moi et tout ça. Tout, tout le discours que vous allez entendre. Ah oui, vous avez un problème dans la relation. Le problème, peut-être ça vient de vous. Il faut que vous soyez honnête. Vous avez un problème de communication, vous avez un problème de psychologie, vous avez un problème avec votre blessure, vous avez un problème de. Jamais il est dans l'altérité, même dans le jeu de la relation. Euh, l'autre n'existe plus. Ben oui, l'autre n'existe plus puisque le problème, c'est uniquement moi. L'autre n'est que le révélateur de mes blessures et ce n'est pas quelqu'un qui me dépasse, qui m'échappe à un autre. Et on verra que c'est pourtant le secret de l'amour. Et ça produit, enfin, tout ça repose sur une psychologie que j'appelle une psychologie sans mystère, sans amour véritable. Et la guérison de nos problèmes de couple, c'est juste une meilleure gestion, ce n'est pas une ouverture plus grande.
Alors moi, je voudrais, quand j'ai un problème de couple, que je gère pas mieux ma relation, mais que je revienne à l'ouverture, je revive l'ouverture et je comprends comment je peux vivre l'ouverture. Donc, voilà ma critique très à la racine de ce tout ce qu'on explique habituellement sur le couple, qui, je, je veux vraiment le dire, ce n'est pas que ce discours est faux. Il y a bien des aspects qui peuvent nous rendre service. Bien sûr, de temps en temps, je peux reconnaître que j'ai telle ou telle blessure, j'ai tel ou tel mécanisme. Ce n'est pas que c'est faux, c'est que c'est tellement restreint, tellement étroit que ça nous trompe. Ça ne me trompe pas en racontant un mensonge. Ça me trompe par une simplification qui me fait manquer la seule raison qui me donne envie d'être dans un couple.
Prenons maintenant quelques-uns des mécanismes. Le premier mécanisme, c'est le leurre. C'est ce que j'appelle la théorie du leurre. Je me leure en me fixant sur un détail qui m'évite de me relier à l'abîme, à l'épreuve de ce qu'est l'amour. Le vrai problème n'est pas le leurre, mais une sorte d'ignorance fondamentale. Quand on demande à un couple qu'est-ce qui ne va pas, la plupart du temps, peut-être vous, vous allez dire "Ah bah oui, j'ai plein, on va donner, vous allez donner plein de raisons. Ce qui crée le conflit dans notre couple, c'est l'argent. C'est le fait qu'il m'écoute jamais. C'est qu'elle critique tout ce que je fais. C'est le fait que qu'elle range pas, c'est, c'est sa mère, enfin, tout ce que vous voulez." Toutes ces réponses sont tout à fait honnêtes, mais ce sont des fausses pistes, parce que si vous changez le sujet de conflit, vous réglez la question de l'argent ou de la belle-mère ou que chacun range, le cycle va recommencer avec un nouveau sujet.
Le problème n'est ce que vit, enfin, plutôt ce que vit le couple. Ce n'est pas, ce n'est pas ça le problème, c'est qu'il y a quelque chose comme une chorégraphie manquante. Ce qui est derrière tout ça, ce n'est pas, c'est plutôt ce qui se cache derrière : "Est-ce que tu es là pour moi ? Est-ce que je compte pour toi ? Est-ce que je peux compter sur toi ?" Autrement dit, est-ce qu'il y a de l'amour là ? Est-ce que tu peux sentir que je t'aime ? Est-ce que je peux sentir que tu m'aimes ? Et quand on ne sent pas cet amour, ben on panique, on s'inquiète, on sent mal. Voilà, c'est très, c'est très archaïque. L'amour est beaucoup plus essentiel, décisif, que ce que l'on croit.
Alors, avec tout ce discours que je vous ai raconté, l'amour a l'air bizarre, a l'air euh, en fait euh, sans amour, on ne tient pas. On doit se barricader, se mentir, se crisper. Donc, ça, c'est très important. Tant qu'on ne voit pas la source qui est lié donc à l'épreuve que nous faisons de l'amour, dans un couple, on est comme deux personnes qui se noient. Chaque personne attrape l'autre pour remonter à la surface et en s'agrippant, chacun s'enfonce et enfonce l'autre encore un peu plus profondément. Ce n'est pas de la malveillance, ce n'est pas de l'incompatibilité, c'est de la panique. Les personnes paniquées qui s'aiment ne savent pas seule arrêter de se noyer mutuellement. Et ce qu'il faut faire, c'est réussir à avoir derrière les problèmes ce qui se cache. Regarder le cycle dans lequel on est prisonnier. Et le problème n'est pas une pathologie, n'est pas un défaut de caractère, ce n'est pas notre histoire personnelle. Je suis désolé, c'est bien sûr, on peut encore repartir dans l'histoire personnelle, mon histoire, mon papa, ma maman, ma blessure. Mais en fait, non. Le problème, tout simplement, c'est que je suis ignorant de ce qui se passe en moi quand j'aime. Je ne sais pas ce qui se passe dans l'autre. Je ne sais pas ce qu'a une relation. Qu'est-ce que ça veut dire ce tiers qui existe entre deux personnes et qui a sa propre existence ? Parce que c'est ça une relation. Quand Marie aime Paul, il y a Paul, il y a Marie, mais il y a la relation en elle-même qui existe et dont il faut prendre soin. Et cette ignorance, elle est tellement profonde, parce que voilà, le discours actuel, il ne parle pas de ça. On nous l'a enseigné ni dans l'école, ni dans notre famille, ni dans la culture qui préfère louer l'amour plutôt que d'essayer de l'éclairer. Et donc, on reste dans une profonde ignorance. C'est, on n'a pas de carte. Ce n'est pas l'amour qui échoue en fait, c'est qu'on aime dans trop d'obscurité.
Le contraire de l'ignorance, c'est un savoir profond. C'est un savoir qui vient des tripes, de notre profondeur abyssale. C'est une reconnaissance évidente. Quelqu'un, mon mon compagnon, m'accompagne, dit quelque chose : "Ah, j'ai mal, ça me blesse." Une parole, une absence, une incompréhension. Et là, c'est le moment. Est-ce que j'entre dans ce qui se passe ou je réagis ? Est-ce que je me protège ? Voilà, de telle ou telle manière. Et on s'en fout quelle est la manière. Je me ferme, je deviens plus prudent, je deviens agressif, je rentre dans ma coquille, ou est-ce que j'essaie d'entrer dans ce qui se passe ? Parce que sinon, l'autre aussi, à la fermeture, se ferme et c'est, et voilà. Et le problème, c'est très surprenant ce que je vais dire. Le problème, ce n'est pas la fermeture dans la relation. Je m'ouvre, je ferme, je m'ouvre, je me ferme. C'est la vie. Et à un moment, l'amour dans sa profondeur abyssale, dans son miracle, elle nous fait nous ouvrir et à un moment, on se ferme parce qu'on est fatigué, parce qu'on n'a pas le temps, parce qu'on a peur, peu importe, et puis on se réouvre. Et le problème n'est pas qu'on se ferme. Le problème, c'est le refus de voir qu'on se ferme. C'est donc l'ignorance.
Ce que vous pouvez faire dès ce soir. Pas besoin de faire une longue thérapie pour commencer. Vous avez juste besoin de vous poser cette question : "Qu'est-ce que j'essaie de dire à l'autre sous ce que je suis en train de dire là maintenant ?" Je dis "Il y a ça qui va pas" ou "Il y a ça", mais au fond, derrière cela, qu'est-ce que je veux dire vraiment ? Et ce que je veux dire, ça a voir avec le besoin, le désir, l'appel de l'amour, une volonté de retrouver quelque chose de l'amour. Et si je touche pas ça, qu'est-ce que vous voulez ? Il y a quelque chose qui est malheureux. Voilà. Donc, ça, c'est le premier mécanisme : comprendre que nos problèmes cachent quelque chose d'absolument autre et que nos problèmes sont des leurres et que les gens se figent sur les problèmes en oubliant l'amour.
Deuxième mécanisme. Alors, le deuxième mécanisme, il est tout à fait singulier parce qu'il est double. C'est d'une part, c'est la faute des autres, de l'autre, c'est ma faute et je veux exprès mettre les deux ensemble. Il y a deux façons de rater sa vie amoureuse. Elles semblent opposées, mais en réalité, vous allez voir qu'elles ont la même racine. La première erreur, c'est ne jamais se remettre en question. C'est toujours la faute des autres. Et le deuxième, c'est se remettre en question quand ce n'est pas le problème. L'un vous rend amère, l'autre vous rend aveugle. Et nous aussi, on navigue souvent entre les deux, parfois dans la même relation, parfois dans la même semaine.
Le premier, on le connaît tous, ça, c'est vraiment le plus facile, c'est, on en voit partout autour de nous et peut-être parfois, on l'a été nous-même. C'est les éternels insatisfaits. Alors, ceux qui ont derrière eux plein de relations ratées, de déceptions accumulées, de gens qui les ont mal aimés, mal compris, maltraités, alors ils ont toujours plein d'explications. "Il y a des gens, ils sont comme ça. Moi, je n'ai aucun problème. C'est les autres. Je n'ai pas trouvé la bonne personne. Personne n'est assez gentil. Les gens sont égoïstes. Les hommes sont tous des bruts, les femmes sont toutes calculatrices. Personne n'est capable d'un amour vrai." Et là, en plus, c'est pareil que tout à l'heure. Ce n'est pas faux. D'un certain point de vue, c'est vrai que les gens sont si égoïstes, mais la généralisation, comme cette généralisation psychologisante que j'ai décrite, est extrêmement malheureuse et ça se présente comme de la lucidité. Ça a l'air tellement lucide. Ça a l'air même intelligent. Non, si je vous ai, j'aurais pu faire comme ça : "Les gens sont égoïstes, les hommes sont tous des bruts", et cetera. Alors là, ce coup, on a l'air très lucide, comme si on avait appris à nos dépens avec beaucoup d'honnêteté la vraie réalité. Mais en réalité, c'est l'opposé. Ça n'a aucune lucidité. Cette lucidité, c'est ce qu'on voit partout, hein. Souvent dans les médias, partout. Les gens, ils ont l'air intelligents parce qu'ils montrent qu'ils sont blasés, que voilà, qu'on va pas, qu'on va pas leur faire. Mais en fait, euh, à un moment donné, parce qu'on a été blessé, à cause de, on a figé les choses et on a décidé que le problème, c'était les autres, que nous, on était innocent et ça ne bouge pas, ça ne bouge pas. Et là, la solution, il faut prendre la responsabilité, c'est-à-dire accepter d'être acteur de sa vie amoureuse plutôt que d'en être le spectateur indigné. Et donc, si tout le monde me semble froid, si les gens sont pas gentils, si personne ne m'appelle, c'est peut-être qu'il y a quelque chose en moi que je n'accepte pas. Si tout le monde me semble irresponsable, c'est peut-être qu'il y a quelque chose en moi que je n'accepte pas et que je suis là dans un rapport étrange de projection que je n'ai pas le temps de développer. Donc, ça, c'est, je pense qu'on voit plein de gens qui sont comme ça toute leur vie. Euh, et donc, c'est très radical. C'est à l'instant où vous avez tendance à dire "J'y suis pour rien, c'est tous les autres" et que vous vous êtes seul parce que tous les autres seraient méchants juste pour vous, il faut que vous vous remettiez en question.
Mais le deuxième problème, ça, ce problème-là, il est plutôt vu dans la psychologisation générale. Mais le deuxième problème, pas du tout. Ça, c'est le développement personnel contemporain a presque rendu invisible le deuxième piège, parce que tout le monde dit "Il faut travailler sur toi, il faut guérir tes blessures, il faut que tu deviennes la bonne personne qui va attirer la bonne personne. Ce que tu vis dans ta relation est le miroir de ce que tu as à apprendre." Alors bien sûr, tout ça, ça peut avoir une part de vérité, je le dis pas. Mais ça devient très vite une prison, parce que parfois, je suis désolé, là, je vais le dire de manière brutale, on est avec la mauvaise personne. Ce n'est pas qu'on n'a pas assez travaillé sur soi, c'est qu'on n'est pas avec la bonne personne. Mais dans ce discours où il n'y a plus que moi qui compte, l'autre... Mais non, parfois, ce n'est pas parce qu'on projette sur l'autre, ce n'est pas parce qu'on a une blessure à guérir. Ce n'est pas parce qu'on a fait une erreur, ce n'est pas parce qu'on n'a pas voulu voir ce qui était là. Mais non, il y a un truc qui va pas. Il y a un truc qui va pas. Il y a quelque chose dans la personne qui ne nous convient pas, qui ne va pas, qui ne peut que nous faire du mal. Et c'est très difficile à à voir, euh, parce qu'on est pris dans l'idée "Oui, mais c'est quand même de ma faute, c'est toujours de notre faute. On a toujours, personne n'est parfait. Donc, on peut toujours dire que c'est notre faute. On a toujours des choses à apprendre. Puis c'est ma résistance qui parle. Euh, et puis si je m'ouvrais davantage, ça irait mieux." Voilà des manières très subtiles et très douces de se maltraiter soi-même et de se fermer à l'amour en réalité. Et il faut voir des choses très simples. Reconnaître qu'une relation dans laquelle je me sens régulièrement maltraité n'est pas une relation saine. Et on, on est pris là dans l'erreur de minimiser. "Oh, il est comme ça, elle est comme ça, je la connais, ce n'est pas si grave. Puis je la comprends, elle me fait du mal, elle me respecte pas, mais c'est à cause de telle ou telle blessure, à cause de telle ou telle chose." Et donc, euh, mais là, c'est que je pense que des fois, il vaut mieux regarder le réel que la psychologie. Qu'est-ce qui est réel ? Il y a aucune raison d'être maltraité. Et voilà. Mais on veut pas, parce qu'on, on essaie de comprendre l'autre. On voit, on aime ce qu'il pourrait être plutôt que ce qu'il est. Et on appelle ça de la profondeur. Et on voudrait être fidèle et on se rend pas compte que notre pseudo-fidélité est un aveuglement. Ou alors, on a encore la croyance qu'on va changer l'autre. Ça, c'est la plus tenace. Ça résiste à toutes les déceptions, à toutes les preuves contraires, à tous les arguments. On espère que l'autre soit autrement et du coup, on n'écoute pas.
Et je crois que c'est très important de comprendre euh de comprendre que les deux euh sont importants. Je peux, je peux ne pas voir ma responsabilité, refuser de me remettre en question, mais le, l'autre problème, je peux me remettre en question quand ce n'est pas le problème. Et donc, la question ici, c'est qu'est-ce, c'est de revenir ici aussi à l'amour. Et je crois que c'est ça qu'il faut se demander. Quel est le point commun entre toutes les relations qui n'ont pas marché ? Dans le premier cas, qu'est-ce qu'il pourrait y avoir en moi qui entraîne cette situation, pas pour me condamner, mais pour comprendre qu'est-ce que je pourrais changer ? Changer pas en moi, changer dans ma manière d'être en relation avec les autres. "Je suis seul, les gens sont tous égoïstes." Qu'est-ce que je peux changer dans ma manière d'entrer en relation ? Arrêtons de m'enfermer dans une identité et les autres dans une identité. "Ce n'est pas moi, je suis formidable et tous les autres sont égoïstes" ou l'inverse. Je vous dis pas "Ah oui, mais voyez comment vous êtes égoïste." Non, mais est-ce que je peux changer mon mode relationnel ? Sortir de l'idée, je vais dire une fois pour toutes ce que sont les hommes et ce que je suis moi. Parce que voilà, tous les gens sont égoïstes, mais tous les gens sont aussi gentils et vice-versa, et ce n'est pas ça qui va nous aider. Donc le changement, c'est je change mon mode de relation. Et dans le deuxième cas, c'est pareil. Est-ce que je reste parce que j'aime cette personne telle qu'elle est là maintenant, ou parce que j'aime ce qu'elle pourrait devenir si et si seulement quelque chose changeait en elle ? Et là aussi, c'est la question de la relation qui se transforme.
Mécanisme 3. Croire que c'est anormal de ne pas arriver à bien aimer. Ça, ça, c'est tellement un autre mensonge qui vous plombe. Là, je peux dire ça. Les autres, vous êtes peut-être pas tous concernés, mais là, vous êtes tous malheureusement concernés, parce qu'il y a une honte que personne ne dit à voix haute. Pas la honte d'avoir été trompé, d'avoir été quitté, mais la honte d'avoir mal aimé. Mais une honte que tout le monde a, mais que personne ne parle. Voilà, ça, c'est vraiment le, personne ne dit ça, mais nous avons, nous avons tous honte de ne pas savoir assez aimer. Et tout le monde, comme personne n'en parle, tout le monde se dit "Moi, j'ai un problème, je sais pas comment aimer, mais je suis le seul. Tout le monde sait aimer sauf moi." Et cette honte, comme elle est jamais prononcée, personne ne vous a jamais dit ça, elle travaille en silence. Elle fait croire que les autres ont reçu quelque chose que moi, je n'aurais pas reçu. Qu'il existe quelque part une capacité naturelle à s'ouvrir, à donner, à pardonner, à transcender les difficultés dont on a été privé, comme si nous étions au fond défectueux. Et voilà un immense mensonge, parce qu'en réalité, personne ne sait aimer. Oui, vous avez bien entendu, personne. Pas que vous, personne. Personne ne sait aimer. Tous ceux qui disent le contraire sont des menteurs qui rendent ce monde encore plus sombre. Personne ne sait aimer. Et ça, c'est tellement libérateur. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, c'est libérateur. C'est fondamental. Comme tant que les gens n'ont pas reconnu qu'ils ne savent pas aimer, ils performment l'amour plutôt qu'ils ne le vivent. Et la performance creuse le vide qu'on cherchait à cacher. Mais personne ne sait aimer. Et là, malheureusement, les psychologues sont incapables de dire grand-chose sur cette question. C'est vraiment la spiritualité qui, euh, les grands textes spirituels qui parlent de ça. Euh, après, il y a quelques thérapeutes qui se sont mis à l'école de l'amour et qui le savent, mais ils se sont mis à l'école d'une parole spirituelle, parce que le discours psychologique ne dit rien là-dessus. C'est le Bouddha, c'est le Christ, c'est Platon, c'est les grands textes qui disent tous les hommes manquent à l'amour. Et c'est cette expérience-là qui seule nous permet d'aimer. C'est parce que je ne sais pas aimer que je peux aimer. Celui qui croit qu'il aime ment et il ne peut pas aimer. C'est, c'est euh, comment il faut que je, je réussisse à à montrer ça, parce que c'est tellement gros. Mais au fond, j'aime, j'aime quand je parle de ça, j'aime bien prendre l'exemple d'être mère ou d'être père. Peut-être, c'est plus facile de d'y aller par là. Un père qui croit à l'instant où son enfant naît qu'il sait aimer et qu'il a rien à apprendre ne saura pas aimer ses enfants. Le père, c'est celui qui va douter, qui va apprendre à aimer comme si son enfant lui apprenait pour une part comment aimer. Et donc, aimer, c'est ne pas savoir aimer, parce que, on, c'est ça le seul, c'est ça que l'amour demande. L'amour demande qu'on ne soit pas dans une position par rapport à elle de possession, de domination. Nous sommes les élèves de l'amour. Aimer, c'est accepter que nous sommes les élèves de l'amour. Et l'amour, elle a tout à nous apprendre. L'amour, il a tout à nous apprendre, parce que l'amour, il nous demande l'impossible. Il nous demande de nous ouvrir. Il nous demande de nous donner. Il nous demande de ne pas contrôler. Il nous demande de ne pas calculer. Il nous demande de brûler sans raison, sans garantie, sans assurance et que de nous exposer. Et au fond de nous, on sait que ça, c'est tellement bon. On sent que ça, c'est tellement vrai, on sent que c'est ça qui nous accomplit. Donc, voilà, c'est, c'est, et c'est une expérience tellement terrible d'aimer. C'est terrible. C'est sublime, mais c'est terrible, parce que quand j'aime, quand je m'ouvre, je donne à l'autre le pouvoir de me détruire, de me faire du mal. Donc, là, il y a quelque chose euh, et donc, euh, l'amour nous libère de toutes les cages, mais on a peur de sortir de toutes les cages. C'est, c'est, c'est tellement profond. Et c'est pour ça que, encore une fois, les mystiques, les spirituels, les grands philosophes parlent de ça. Voilà, Simone Weil parle que l'amour demande comme un retrait du moi qui cesse de se poser comme centre, ou Saint-Jean de la Croix, l'amour passe par une sorte de nuit dans laquelle toutes les appropriations vont se dissoudre. Toutes ces voix nous disent d'une manière chaque fois différente, mais la même chose : aimer ne consiste pas à posséder, à contrôler, n'est pas une technique, c'est laisser tomber quelque chose qui ramène tout à soi-même. Et c'est pour ça que personne ne s'aime de manière stable et définitive. Font, il y a que le divin en nous, si on veut appeler ça comme ça, que l'amour en nous, quelque chose qui nous excède, qui peut aimer. Donc, voilà. Et là, c'est la seule manière de se pardonner. C'est la seule bonne nouvelle. Bien sûr, moi, je sais pas aimer, mais il y a en moi quelque chose, l'amour, qui sait comment aimer et et la relation de couple, c'est l'espace dans lequel je peux donner droit à ça. Et tout le problème, c'est quand nous pensons que la difficulté à aimer est anormale.
Alors, quel est le point de départ ? La difficulté à aimer ne pose absolument aucun problème, parce que quand on croit que c'est un problème, alors on veut réparer, corriger, stabiliser l'amour et ça, et en fait, on fait qu'abîmer les choses. C'est ça que je, la plupart des choses que je lis sur le couple, au début, euh, c'est comme manger un McDonald's. Au début, euh, ça nous amuse, c'est plaisant, mais au 10ème, on a un peu mal au ventre. Si on mange plus que ça, ça nous abîme. Et je crois que c'est la même chose, ça. Ça, il faut dire qu'aimer, c'est un acte fou. C'est une, c'est une rupture avec la manière habituelle d'exister. La manière habituelle d'exister, c'est insupportable. S'il y avait pas l'amour, on tiendrait pas. Vivre dans juste les calculs, ce n'est pas possible. Heureusement qu'il y a un moment où, on peut brûler sans raison. C'est l'amour ne repose sur aucune justification. Il ne se fonde sur aucune assurance. "Je t'aime, qu'est-ce que, qu'est-ce que je gagne de ça ?" Le mouvement même de l'amour, c'est juste. Donc, la question que vous pouvez vous poser tout de suite pour essayer de changer votre relation de couple, c'est : "Est-ce que je sais aimer ?" Et comprendre que personne ne sait, qu'on a sans cesse à apprendre. On apprend dans la relation elle-même. Ce n'est pas moi qui vais vous apprendre à aimer, hein. Moi, je peux pas vous apprendre à aimer. J'ai zéro possibilité de vous apprendre à aimer. Personne ne peut vous apprendre à aimer. Moi, je peux vous montrer quels sont les mécanismes qui vous empêchent de faire confiance dans l'amour qui est en vous, mais ce qui va vous apprendre à aimer, c'est la relation elle-même. Il n'y a pas d'autres possibilités dans ses échecs, dans ses rechutes, dans ses ratés. Mais, mais est-ce que j'accepte de ne pas savoir et d'essayer quand même ? C'est ça la vie humaine. La vraie leçon de l'amour, c'est "Je ne sais pas aimer. J'accepte de ne pas savoir, mais je vais essayer quand même." Et ça, c'est aussi bien valable dans le couple que quand on est père ou mère. Voilà, c'est euh.
Mécanisme 4. On cherche la sécurité qui finit par tuer le désir. C'est un autre paradoxe au cœur de toutes les relations. On fait ce qu'on nous dit de faire. On suit tous les conseils. On construit la confiance. On crée la stabilité. On, on s'installe dans le sens le plus beau du terme. On cesse de jouer, on cesse de papillonner, on se montre tel que l'on est, on se détend, on fait tout ce qu'il faut, on suit tous les conseils et le désir disparaît. Ah, pas brutalement, pas d'un coup, mais il s'efface comme une lumière qu'on baisse lentement, sans s'en rendre compte, jusqu'au moment où on réalise "Tiens, merde, on est dans le noir." Et là, on est très perdu. Parce qu'on est bien ensemble, parce qu'on s'aime, qu'on comprend pas ce qui se passe, mais il y a quelque chose qui était là qui ne l'est plus. Et on sait pas si c'est grave, si c'est normal, si c'est réparable ou si c'est simplement la vie. En fait, ce n'est pas simplement la vie, c'est un mécanisme et il a un nom. Le désir n'est pas une conséquence de la proximité. Il en est même la victime. Et tant de couples se décrivent comme aimant, confiance, stable, mais se plaignent que leur vie érotique est devenue terne, vidée. Ce n'est pas parce qu'il ne s'aime pas, mais c'est parce que quelque chose du sens profond de l'amour a été évité. Tout ce que j'ai décrit, on a tellement bien organisé, structuré, travaillé sur soi-même, essayer d'être authentique, qui est, c'est comme si on avait enlevé l'air ou le feu. Ben si vous, il y a un feu et que vous enlevez l'air, ben le feu, il s'éteint. Euh, non pas parce qu'il a plus de combustible, mais parce qu'il a plus d'air. Et sans air, le feu ne peut pas brûler. La distance, le mystère, l'altérité de l'autre. Ces choses qu'on s'empêche d'éliminer parce qu'elles sont menaçantes sont précisément ce qui maintient le désir en vie. On croit s'approcher et on a étouffé le feu. Voyez, c'est très, très, c'est très intéressant.
On reprend le même mécanisme que je décris. Au début, il y a le jaillissement de l'amour et on veut juste, mais très malencontreusement, on veut juste sécuriser. C'est tellement beau, c'est tellement merveilleux l'amour. Donc, on veut juste sécuriser. Vous voulez être sûr que l'autre tient à vous, que la relation soit stable, que vous n'allez pas être blessé et vous commencez légèrement, de manière subtile, à contrôler, à faire des gestes tout à fait ordinaires, attendre des signes, à tester, à anticiper, à demander des confirmations. C'est tout à fait légitime. Il n'y a aucun problème avec ça. Mais au bout d'un moment, dans cet espace, le désir ne peut pas se déployer. L'amour est rétréci. Il y a bien sûr de l'amour, ce n'est pas, on n'a pas tué l'amour, on a rétréci l'amour et vous faites tout pour préserver l'amour.
Mais vous l'avez un peu étouffé, et l'autre ne le sent pas du tout consciemment, pas toujours clairement. Il y a quelque chose en lui qui se rétracte. Quelque chose qui a envie, qui avait envie en lui ou en elle de vous rejoindre librement, ne peut plus le faire librement. Donc, il y a quelque chose. On a confondu la proximité avec l'intimité, et ça, c'est un problème majeur.
Euh, et c'est difficile à comprendre, mais la proximité et l'intimité, comme ça, on a l'impression que c'est le même mot. Ça, c'est... j'ai pour ça que quand même la philosophie, c'est génial. Ça fait des distinctions que personne ne fait. Personne ne dit : "D'accord, proximité, intimité, mais pourquoi on va faire la distinction ?" Que vous allez voir, la proximité, on est à côté, mais l'intimité, il reste de l'espace. L'autre demeure séparé de moi, avec quelque chose où je préserve son énigme et mon énigme. Donc, quand je suis intime avec quelqu'un, c'est comme s'il y avait un abîme en moi et en l'autre. Dans la proximité, je me connais et je connais l'autre. Et donc, c'est... et c'est l'intimité qui génère le désir. Ce n'est pas la distance, mais ce n'est pas la proximité. C'est l'altérité réelle de l'autre, préservée comme altérité. C'est l'étrangeté de l'autre, préservée comme étrangeté. C'est l'un, c'est l'autre, comme inconnu qui reste inconnu.
Mais voilà, on pourrait le dire autrement. Mais c'est normal, au bout d'un moment, dans un couple, on a... on serait rassuré que l'autre soit un peu moins inconnu, qu'on finisse par en faire un peu le tour, qu'on finisse par être un peu à l'abri. Mais non, l'autre nous échappe. Au fond, pour qu'il y ait du désir, il faut que l'autre continue de m'échapper. Et c'est tout à fait possible. C'est complètement idiot de croire que après 2 ans, 3 ans, 7 ans, je sais pas, enfin tous ces calculs idiots qu'on voit, le désir disparaîtrait. Il y a quelque chose. Non, non.
Malheureusement, la plupart des thérapies de couple et des conseils ne peuvent pas atteindre le problème qu'il y a ici, parce que les gens pensent que le problème, c'est la possessivité, le reproche, l'infidélité. Et mais non. Ce qu'on ne comprend pas, c'est que la relation ne nous comblera jamais entièrement. Elle est là pour nous apprendre à aimer. Aimer quelqu'un, c'est sans arrêt rentrer dans le fait que j'ai encore à aimer. Je... c'est une autre manière de parler de ce dont je vous annonçais dès l'introduction. Ce que je montre, c'est que la seule manière de vivre un couple heureux, c'est d'aimer. Et que ce que j'ai à vous montrer, c'est que tout ce qu'on vous explique, c'est que vous allez pouvoir être très heureux en couple en ayant effacé l'amour. Ça ne marche pas du tout. Or, le but de la relation, ce n'est pas de nous combler. On ne sera jamais comblé. Parce que si je suis complètement comblé, tout le monde voudrait savoir. Mais si je suis complètement comblé, il n'y a plus de désir. Puisque si je suis comblé, il n'y a pas de désir. Pour qu'il y ait du désir, c'est qu'il y a quelque chose qui manque. Il y a quelque chose, envie, je désire, je manque, je brûle. Tu es trop loin de moi, je veux m'approcher de toi. Donc, là, il y a bien quelque chose, voyez. C'est... c'est. Et donc, il faut s'ouvrir au mystère de la vie. Et voilà, c'est... c'est voilà un renversement tout à fait radical.
5e mécanisme. Je vais arrêter là, parce que j'en ai prévu d'autres, mais bon, 5, c'est déjà... je pense que vous avez compris. Le 5e, c'est croire qu'on s'engage parce qu'on est sûr. Alors ça, c'est... c'est vraiment très rigolo. Ça, c'est vraiment... les gens tombent amoureux facilement, puis après, comme je dis, il y a quelque chose qui va pas très bien. Et alors, les gens se disent : "Si c'était le bon amour, je ne ressentirais pas ce doute. Peut-être qu'on s'est trompé. Peut-être qu'il y a quelqu'un d'autre qui serait mieux." Et là, c'est le sentiment qui prend le pouvoir sur la décision. Moi, j'ai souvent parlé de ça. J'ai souvent été, je suis souvent désarçonné par les gens qui me disent euh que peut-être dans une relation euh ils sont... ils sont... "Est-ce que je sens que je ne suis plus vraiment amoureux ?" Ça, c'est vraiment la chose qui m'a... ça, c'est toujours la... la phrase qui qui me semble abyssale. Donc, "Je ne suis plus vraiment amoureux, donc peut-être il faut qu'on se quitte." Et j'ai un ami que j'aime beaucoup, il me dit ça. On est... il est très intelligent, surtout, mais là, il y a un truc. On avait... donc cet ami, on a... on avait un couple d'amis qui se sont séparés, et elle lui dit : "Parce qu'on n'est plus amoureux." Et cet ami dit : "Bah oui, c'est possible." Moi, je dis : "Mais non, ce n'est pas possible. Ça ne veut rien dire." Ça ne veut rien dire. On ne s'engage pas parce qu'on est amoureux. Et là, c'est... il faut renverser la logique. Le... la fièvre n'est pas le thermomètre d'une relation. Le... en fait, on ne vit pas avec quelqu'un parce qu'on est amoureux. On s'engage, et c'est l'engagement qui fait qu'on aime. Là, c'est un renversement. Je sais que c'est complètement dingue ce que je raconte, mais pour... pour rendre ça peut-être plus clair. Tout... vous êtes d'accord qu'on peut faire des erreurs de jugement. On... on a pensé quelque chose. Voilà. J'allais prendre des exemples, mais je... je ne vais pas... mais par exemple, par exemple, vous avez voté pour quelqu'un, et puis vous vous rendez compte que vous... "Mais comment vous avez pu voter pour un crétin pareil ?" Vous... "Mais là, c'est juste pas possible. Ce n'est pas... ce n'est pas moi." Mais à l'époque, vous avez cru, par exemple. Donc, on fait des erreurs de jugement. Voilà. Et puis, des fois, on fait des erreurs de raisonnement. On est sûr, des fois, on est sûr qu'on a fait quelque chose, puis on ne l'a pas fait. On est sûr. Je cherchais un livre, j'étais sûr que je l'avais posé dans ce bureau. En fait, il était... je l'avais... il n'était pas du tout là. Il n'était pas du tout dans mon bureau. Je l'avais ramené chez moi. Mais j'étais sûr. Donc, on fait des erreurs de mémoire, on fait des erreurs de jugement, on fait des erreurs de comportement. Personne. Et alors, pourquoi on ne ferait pas des erreurs émotionnelles ? Pourquoi nos émotions seraient absolument vraies ? Pourquoi ce que je ressens serait toujours vrai ? Non, ce n'est pas du tout vrai. L'amour ne se limite pas à une émotion. Voilà, je le dis, l'amour ne se réduit pas à une émotion. Et l'engagement repose sur d'autres principes. Sentir qu'on peut vivre sa vie avec la personne, sentir qu'il y a quelque chose qui nous unit, sentir qu'on peut marcher ensemble, sentir que ça change absolument tout. Parce que l'engagement, ça fait peur. Et l'engagement fait peur. Et on croit, et on voudrait mesurer l'amour à la capacité que j'aurais de ne pas avoir peur de l'engagement. Mais ça n'a aucun rapport. Il y a plein de gens qui sont terrorisés de s'engager. Ça n'a aucun rapport avec l'amour. Tout ça n'a... est un peu beaucoup de confusion. Euh, tout ça et... on ne s'engage pas parce qu'on s'aime, on s'engage parce qu'on a décidé de s'aimer. Je sais que c'est... que c'est... j'ai conscience que c'est étrange, mais c'est... qu'est-ce que vous voulez ? Comme ça, c'est... on ne s'engage pas parce qu'on s'aime, parce qu'il y a des moments où on s'aime, et il y a des moments où on ne va pas s'aimer. Ce n'est pas vrai. Les couples les plus heureux ne s'aiment pas, même si les gens racontent le contraire et que les gens s'auto-persuadent de mensonges. Ce n'est pas vrai. Moi, j'ai plein de gens. J'ai fait des conférences là-dessus depuis des années, et les gens me disent : "Mais non, ce n'est pas vrai. Moi, j'ai aimé mon mari pendant 50 ans, toutes les secondes, sans jamais..." C'est tellement pas vrai, mais c'est tellement... les gens se mentent, se racontent une histoire en technicolor et la jouent en permanence. Mais c'est une pure... un pur mensonge. Bien sûr qu'il y a des moments où mon mari, que j'adore, ou ma femme, que j'adore, il y a des moments où je la déteste. Il y a des moments où je la supporte pas. Ça, c'est la vie humaine. Ça, c'est... c'est la vérité du cœur humain. Parce que l'autre, celui avec qui je vis, il est tellement proche de moi, il me touche tellement, il est tellement l'autre au sens le plus profond, qu'à des moments, mais c'est insupportable. Mais la vérité, moi-même, il y a des moments où je me suis insupportable à moi-même. Non, il y a des moments où on ne se supporte pas. Il y a des moments où on en a marre. On en a marre de notre esprit. On en a marre de comment on réagit. Donc, c'est comme ça, c'est la vie. Donc, là, c'est... donc, on ne va pas vivre avec quelqu'un parce qu'on l'aime tout le temps. Mais quelle rigolade ! C'est... c'est... Non, on décide de s'aimer. C'est quelque chose qu'on fait. S'aimer, c'est quelque chose qui arrive, c'est passif. On est le réceptacle, c'est très bien. Mais le second est actif. Et dans un couple, c'est un travail actif. Évidemment, ce que je dis vous semble fou, parce qu'il y a toute cette culture romantique, toute cette mythologie amoureuse dans laquelle on a été élevé, qu'on nous a vendue. Comme ça, on est biberonné depuis toujours. L'amour, c'est comme un destin, c'est comme une évidence, et puis voilà. Mais cette fiction, elle est destructrice, parce qu'elle attend, elle installe une attente folle. Si c'est le bon amour, ça devrait demander aucun effort. Mais... mais ça devrait couler de source. Je serais en faute d'avoir des doutes. Je serais en faute d'avoir mal. Je serais en faute de ne pas savoir. Non, mais vous imaginez ce discours romantique, merveilleux, "on s'aime depuis toujours", qui a l'air tellement beau, en fait, qui vous plombe la vie, il vous culpabilise à mort, il vous détruit de l'intérieur, il vous rend faux, hypocrite. C'est... c'est non. Bien sûr, l'amour, c'est une structure, ce n'est pas un état. C'est comme un bâtiment. L'armature d'un bâtiment, on ne la voit pas, elle ne fait pas rêver. Personne ne photographie les armatures en acier des bâtiments. Mais c'est ce qui fait tenir le béton. L'amour durable a besoin d'une armature. Cette... cette armature, c'est cet engagement, c'est cette amitié durable, c'est le respect de ce que... de ce que l'autre est, indépendamment de ce qui nous apporte. C'est la capacité, la décision d'être ensemble, même si ce n'est pas toujours excitant. Voilà, c'est sans cette armature, l'amour... elle... croire que l'amour, c'est juste ce que je sens là, nier complètement. Voilà, les gens, ils pensent que l'armature ne compte pas. La chose de l'amour, c'est... "Ah oui, ah oui, là, là, je sens complètement égocentrique. Ah oui, là, je sens, j'ai des frissons. C'est absolument formidable." Ah, je sens un peu moins de frissons. "Peut-être qu'il faut qu'on se... je ne sais pas." C'est... c'est non. Mais ou alors, je reste parce que je ne suis pas... euh... de chercher quelqu'un d'autre. Mais au fond, je... au fond de moi, sans le dire, je suis déçu. Et non, mais c'est... donc, voilà, je... donc, aimer, c'est choisir de se tourner vers l'autre au moment où vous n'avez plus envie de le faire, mais que quelque chose comme un commandement plus important structure votre existence. C'est choisir la curiosité sur le... sur le jugement. C'est choisir la tendresse sur l'indifférence. C'est choisir la présence. C'est choisir la gentillesse. Et tout ça, c'est des... c'est des choix. Choisir d'être gentil avec l'être avec qui on vit, c'est un vrai engagement.
Donc, la... la question toute simple que je vous propose de faire tout de suite, la question là, ce soir, que vous pouvez faire, ce n'est pas : "Est-ce que j'aime encore cette personne ?" hyper angoissante. Mais : "Est-ce que je l'aime ?" Non. "Est-ce que je choisis cette personne là ?" Pas dans l'absolu, ce soir là, malgré la fatigue, malgré la grisaille du moment, malgré ce qu'elle a dit la semaine dernière, ou malgré ce qu'elle n'a pas fait, est-ce que je choisis cette personne ? Et là, voyez, c'est inouï. Vous répondez si vous demandez : "Est-ce que j'aime encore cette personne ?" C'est tellement superficiel. Quand vous dites : "Est-ce que je choisis cette personne ?", vous êtes obligé d'aller chercher beaucoup plus profond. Là même, je... je... j'en tremble de... de répondre à cette question. Et voilà. Et là, vous êtes engagé dans quelque chose d'infiniment plus grand et plus fort.
Donc, voilà, voilà un peu ce que je voulais essayer de montrer. Voilà mon engagement depuis des années, livre en livre. Et j'espère que ça vous a fait du bien, ça vous a libéré de beaucoup d'idées reçues. Nous allons, dans quelques moments, je vais répondre à vos questions. On va présenter le cours. Là, je vous ai donné un peu l'horizon, la vision. J'espère que... voilà, c'est parlant. J'ai fait un cours en six séances avec beaucoup d'exercices pour vous montrer comment faire ce travail là, comment vivre ici et maintenant l'expérience de l'amour. Comment on fait ? Parce que ça prend ça. Comment je reviens là, maintenant, dans l'expérience de l'amour ? Comment découvrir ce que c'est une empathie juste ? Comment transformer cette vulnérabilité qui me fait me fermer en tendresse ? Comment revenir ? Ce que j'ai beaucoup montré, comment faire pour revenir à retrouver l'altérité de l'autre ? L'autre comme mystère, l'autre comme énigme, l'autre comme autre. Comment respecter le rythme de l'autre et le mien ? Comment comprendre qu'il existe plein de manières différentes de dire "Je t'aime" ? Comment transformer nos peurs ? Et puis, il y a une séance sur comment faire l'amour de manière divine, et réentendre complètement autrement la sexualité, de la manière dont on l'entend, et quelles sont les autres formes d'amour qui nourrissent le couple. Donc, ça, c'est dans le cours. Le cours est... est fait d'exercices qui vous prennent par la main pour vous faire faire des expériences qui vous donnent confiance dans ce dont j'ai parlé. Là, je vous ai montré un chemin. Le cours est fait d'exercices. Des fois, les gens disent : "Mais pourquoi on ne fait pas un exercice maintenant ?" Mais justement, on ne peut pas faire un exercice comme ça. Ça demande un cadre très précis. Ça demande... et j'ai mis beaucoup d'années à réfléchir. Et dans le cours, je vous prends par la main, vous vous engagez à le faire, et ce sont ces exercices qui peuvent vous transformer. Et... et vous pouvez voir sur le site, il y a des centaines de commentaires de gens qui l'ont fait et que ça a complètement transformé leur... leur expérience, parce que ça les a déplacés. Là, il y a... en fait, il n'y a pas grand-chose à comprendre. Je crois que je vous ai dit ce qu'il y a à comprendre. Maintenant, il faut faire des exercices pour se déplacer. Passer de la peur à pouvoir habiter la vulnérabilité, passer de la proximité à l'intimité. Et c'est ce travail que je crois fondamental à faire.
Alors, le cours, on a mis... j'ai mis très longtemps à le faire. C'est une sorte de six séances. Vous avez... il y a des... les exercices sont enregistrés. Donc, il a... les cours sont enregistrés, vous pouvez les voir, mais les exercices sont enregistrés en audio, donc c'est plus facile, vous pouvez les refaire chez vous, vous pouvez les faire facilement dans votre quotidien, et c'est comme ça euh que quelque chose peut se transformer. Il y a quelqu'un qui m'a écrit ce matin, il m'a dit : "J'aimerais bien avoir une..." "Est-ce que vous rencontrez les gens ? On peut faire une séance ensemble ?" Non, moi, je ne fais pas du tout de séance. J'ai beaucoup réfléchi, et je me suis dit : "Non, moi, je crois que le plus précieux pour changer les gens, c'est ces cours que je fais." Parce que ce n'est pas juste une séance, là, c'est 6 heures de cours, une vraie vision que j'ai construite, que j'ai déployée. Et moi, j'ai l'impression que j'ai ce qui peut être le plus aidant. Donc, c'est tout un ensemble, c'est tout un parcours. Et si je voulais faire une petite blague, c'est six séances complètes, ça coûte même pas... ça coûte à peine le prix d'une séance chez un thérapeute.
Alors euh... pas mal de questions de gens qui disent : "Et si on est seul ?" Et ben, le cours, il est formidable si vous êtes seul, parce que comprendre la relation, ça ouvre la possibilité de rencontrer quelqu'un sous un autre... dans un autre espace. Et qu'au fond, je crois que si vous êtes célibataire, le cours est, à mon avis, si j'ose dire, indispensable. Euh Aurélie écrit : "J'étais convaincue de la décision d'aimer. J'étais prise d'une grande émotion à la question : Est-ce que je choisis cette personne ? Quelle évidence !" "Oui, je choisis cette personne." "Aimer demande-t-il du courage ?" Et ben oui, vous avez tout dit. C'est très... j'ai pas du tout parlé de ça, mais oui, et c'est pour ça que ça... et c'est pour ça que le couple, la relation nous apprend le courage. Et voilà, c'est...
J'ai une autre question de Noad : "20 ans de mariage, puis divorce, puis très courte période seule, et relation passionnelle de 4 ans où j'ai appris énormément sur moi-même et retrouvé tous les mécanismes que vous avez évoqués. À 52 ans, je suis seule depuis quasiment 1 an et demi. Pour la première fois, c'est une période qui me permet de me reconnecter à mes besoins, mes envies, et je retrouve la liberté de m'ouvrir à plusieurs de mes passions. Est-ce que ce cours peut-être adapté quand on est seul ? J'aimerais retrouver la perspective d'entrer dans une relation saine." Oui, là, vraiment, c'est très bien dit. Je crois que c'est exactement pour vous que le cours est fait. Et vous verrez, en plus, qu'à la fin, le dernier cours, j'essaie de montrer pourquoi les relations avec les autres êtres humains, l'amitié, les liens sont fondamentaux. Et je parle aussi beaucoup de ça, au-delà du couple. Je parle beaucoup de toutes les relations d'amour.
Il y a Myriam : "Merci beaucoup de nous partager cet enseignement. Cependant, vous occultez les mécanismes de domination au sein du couple, et c'est compliqué de faire..." Moi, je pense qu'on se trompe de partir de là. Si vous partez de là, vous êtes foutu, parce que vous partez d'un lieu sans amour. Il faut partir de l'amour. C'est... c'est tout le chemin que je vous propose. C'est... quand vous partez des mécanismes de domination, je ne dis pas que ça n'existe pas, mais si vous partez de là, comment vous voulez faire ? Quand vous partez de l'amour, vous pouvez comprendre les principes de domination, de peur, comment on recouvre l'amour. On comprend, on peut s'en protéger. On peut voir si la relation abîme ou manque. Toute relation manque l'amour, mais quand la relation commence à abîmer l'amour, là, il y a un problème. Mais vous ne pourrez plus jamais retrouver l'amour si vous partez des mécanismes de domination. C'est foutu. Et je suis désolé, c'est 80 % des discours ou 95 % des discours actuels sur l'amour, mais c'est perdu, là. Ça y est, vous avez un schéma qui vous enferme. L'autre est enfermé, vous êtes enfermé, il n'y a plus d'ouverture, il n'y a plus de rencontre, il n'y a plus de magie. Donc, c'est... c'est terrible. C'est vraiment terrible. Donc, merci de votre question qui témoigne bien du problème.
"Qu'est-ce qui peut expliquer que je sois tirée souvent vers des hommes fuyants qui ne veulent pas s'engager ?" Laissez tomber la question. Vous allez encore vous enfermer. Et voilà, vous avez telle blessure, et vous avez telle relation. Non, moi, je pense qu'il faut que vous réappreniez à habiter un espace d'amour. Et à partir de là, vous allez voir que être attiré vers des hommes fuyants, c'est parce que vous avez peur de quelque chose de l'amour. Mais on s'en fout, il faut revenir à l'amour et réhabiter le lieu de l'amour, et vous réglerez votre problème à partir... à sa source, plutôt qu'à sa superficie. Et je crois que c'est ça qui est tellement, tellement important.
Elle dit : "Je me suis dit aujourd'hui, avant cette conférence, que je ne savais pas aimer." C'est magnifique. Bravo ! C'est vraiment... c'est tout à fait vrai. "Comment peut-on résoudre le problème d'un manque de confiance en réhabitant l'amour ?" En... en faisant les exercices que je vous ai... que dont j'ai parlé. Faites le... vraiment, faites le cours, et vous allez voir que la confiance dans la... en fait, on n'a pas confiance chez soi tout seul dans son canapé. C'est dans la relation à l'autre qu'on va apprendre à avoir confiance. Et donc, c'est ça qui est important.
Il y a Emmanuel qui dit : "Je vis une rupture difficile, et j'aimerais la récupérer, qu'elle soit rassurée et qu'elle ait à nouveau confiance en moi pour ne pas retomber dans les mêmes schémas où j'ai du mal parfois à trouver ma place." Voyez, c'est tout à fait ça. C'est... vous voyez que vous... il y a quelque chose où vous n'habitez pas pleinement le lieu de l'amour. Cette reconnaissance là peut vous porter. Il faut juste changer complètement notre rapport. Euh, je crois que c'est... c'est ça qui peut tout changer.
Il y a Eva qui dit : "Le premier apprentissage ne consiste-t-il pas à apprendre à s'aimer soi-même ?" Ben, dans un sens, oui, et dans un sens, c'est l'inverse, au fond. Dans l'... dans l'amour, qu'est-ce qui se passe quand on est amoureux de quelqu'un ? Quand on aime quelqu'un ? Il y a quelque chose qui n'a pas de sens. L'autre vous aime. On ne peut pas s'aimer soi-même, et l'autre vous aime. Ça déplace absolument tout. Ça, c'est vraiment euh...
"En étant célibataire, les exercices, on les fait avec qui ? Le voisin ?" Non, les exercices, c'est tout seul. Vous avez... les exercices que je vais conseiller ne sont pas à faire à deux. C'est comment juste vous habitez la présence, vous sortez de la peur, vous habitez la vulnérabilité. Ou c'est vraiment ça que vous pouvez le faire si vous êtes seul. Ça change rien. C'est vraiment un travail pour réhabiter le lieu juste à partir duquel les problèmes disparaissent. C'est euh...
"Aborder une question récurrente sur l'amour de soi ? Est-ce la même démarche que l'amour avec l'autre ?" Je pense que c'est très important d'apprendre à s'aimer. J'en parle beaucoup. J'ai fait des cours sur le sujet. Je prépare un cours sur entrer en amitié, avoir confiance en soi. Donc, ce sont des sujets importants. Mais à partir de là où je suis, quand même, c'est... c'est toujours un autre qui nous donne confiance. C'est le regard d'un autre qui nous donne confiance. Voilà. Moi, j'ai souvent raconté l'histoire. J'étais très mauvais élève et très mal... un enfant très malheureux. Puis voilà, j'étais en colonie de vacances, et le directeur de la colonie de vacances, que je regrette tellement de... d'avoir oublié le nom, me fait venir dans son bureau. J'avais 11 ans, j'étais vraiment... je ne voulais pas jouer avec les autres enfants. J'étais... je me sentais mal, je me sentais nulle. Et il me regarde, et il me propose de jouer dans son bureau où il est, lui. Et j'ai passé la colonie de vacances dans son bureau à jouer, à dessiner. Et... et c'est le regard de l'autre qui fait qu'on s'aime. Et donc, c'est tout le travail que je propose dans le cours, c'est comment on reçoit ça, pourquoi j'ai reçu ça ? Comment on reçoit ce don de l'amour ? Et c'est comme ça qu'on s'aime. Donc, je crois que c'est des choses comme ça.
Il y a plein de questions toutes magnifiques, mais je lis la question de Léonie qui est qui est tellement belle. "J'ai l'impression d'être une éternelle insatisfaite, et cela ressort dans chaque relation que j'ai eu. Je ne sais pas ce qui est réellement aimé. Je tombe amoureuse parce qu'on m'aime. J'ai beau faire des années de thérapie, de travail sur moi, mais je n'y arrive pas. Que faire ? Dois-je vivre seule et apprendre à m'aimer ? Et mon couple doit-il s'arrêter à cause de ce... de ça, pour pouvoir avoir une relation saine ?" Non, non, n'ayez pas du tout. Ne renoncez pas à votre couple, et vous n'avez pas besoin de vivre seule. Mais vous avez besoin de vous rencontrer. Ce que vous dites là, c'est... vous... vous ne vous êtes pas donné le droit de faire l'expérience de l'amour. Où vous ne pensez l'amour que comme un ensemble de réponses. Mais là, il faut que vous... là, je pense que c'est pour vous que j'ai fait le cours. C'est... c'est ça qui... il faut que vous vous engagiez dans cette écoute de vous-même, que vous preniez le risque d'entrer dans... dans cette aventure là. Cette aventure, faut que vous la preniez. Vous n'avez aucun problème. C'est juste comme je l'ai dit à un moment du cours, ni à l'école, ni vos parents, ni personne ne nous apprend ce que c'est l'amour et comment l'habiter. Donc, on est tous des... complètement démunis. Et je... et donc, nos questions sont tous un peu tronquées.
Euh, il y a quelqu'un qui dit Alison : "Est-ce qu'on peut dire au lieu qu'on ne sait pas aimer, qu'on a toujours su aimer, mais qu'on a oublié comment faire, que notre âme nous guide pourrait apprendre à aimer pour se souvenir de ce qui a aimé ?" C'est très beau. Ça, c'est Platon qui disait ça, et c'est une très belle manière de dire. On pourrait dire la même chose. "J'ai su aimer, mais j'ai oublié." Et au fond, c'est très bien dit. On sait tous ce que ça veut dire aimer. Quand je dis "on ne sait pas", mais en même temps, on sait tous. Mais il y a quelque chose qu'on a oublié, c'est très bien dit. Et... et je crois que c'est ça qui est précieux.
Rose-Marie demande : "Quand on prend le cours, est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut nous aider ou répondre à nos questions ?" Vraiment, je... je ne peux pas trop m'aventurer, mais vraiment, je crois que le cours est tellement construit pas à pas que ça me... que normalement, dès que vous avez une question, le cours suivant y répond. Et au fond, tous les témoignages des centaines de personnes qui l'ont fait, c'est dire : "Mais comment vous faites ? J'avais telle question après le premier cours, et vous y répondez." En fait, c'est parce que j'ai interrogé tellement de centaines de personnes, et tellement que le cours est vraiment construit. Euh, mais si jamais euh, il y avait vraiment, vraiment, je répondrais pas. Vous pouvez toujours nous écrire, et je répondrai à vos questions. Mais vraiment, euh, je suis prêt à parier que euh, je répondrai si vous avez vraiment suivi tout le cours et que vous me posez pas une question où j'ai déjà répondu, parce que sinon, je m'en sortirai pas. Mais mais vraiment, euh, le cours est vraiment construit pour répondre à toutes vos questions.
Donc, ben, écoutez, c'est merveilleux. Je vois beaucoup de vos commentaires qui me touchent beaucoup. Euh, beaucoup de vos questions vont se répondre, vont se résoudre. Par exemple, voilà, il y a quelqu'un qui qui demande : "Faut-il se séparer d'un homme peu présent qui ne cherche pas le lien ?" Vous aurez la personne peut répondre à cette question, mais en faisant le travail dont je parle, vous saurez. Vous allez au fond. On pourrait dire : "Qu'est-ce que c'est le cours ?" Pour une grande part, qu'est-ce que c'est le cours ? Et je finirai là-dessus. J'ai fait ce cours pour que vous appreniez à mettre un microphone au niveau de votre cœur et de le laisser parler. Et jusqu'à présent, vous avez plein de raisons, plein d'explications, plein de logiques, mais vous avez juste oublié une chose. Qu'est-ce qui se passerait si je mets un microphone, un micro, et que mon cœur pouvait me dire : "Moi, je ne sais..." Je... comme je l'ai dit déjà, moi, je ne vais pas vous dire ce que vous devez faire. Et c'est pour ça que j'aime, je suis tellement critique sur beaucoup d'approches psychologiques où les gens sont dans une position de surplomb et vous disent que vous devez faire. Moi, je pense que personne ne peut savoir à la place de chacun d'entre nous. Nous-mêmes, on ne sait pas, mais c'est en touchant la profondeur de notre aide qu'on... que la réponse va apparaître. Et je crois que c'est ça, et que si vous faites ce travail, vous allez découvrir ce qui est juste pour vous. Qu'est-ce qui... quels sont les gestes que vous pouvez faire pour changer la relation avec l'autre ? Quels sont les gestes, si l'autre est froid, perdu, isolé, pour le ramener doucement dans un espace où il peut trouver sa place, sans manière tout à fait simple et juste. Et ce n'est pas une technique. Vous allez... votre cœur va vous dire voilà ce qu'il y a à faire. Et c'est ça qui est ma conviction la plus profonde, et qui me semble la manière la plus responsable de parler de l'amour.
Ben, je vous embrasse tous. J'espère que ça vous donnera envie de faire le cours, et je vous dis à bientôt, ici ou dans toutes les infinies possibilités qu'il existe de pouvoir célébrer la splendeur d'être vivant ensemble. Je vous embrasse tous. M.