Transcription
Depuis 2015 maintenant, je m’occupe des investissements startup tech de Xavier Niel, le fondateur de Free, et on fait, on est connu notamment pour un fond d’investissement qui s’appelle Kima Ventures, avec lequel on fait deux à trois investissements par semaine, des tickets de 150 000 €, et principalement dans des entrepreneurs francophones de la tech, partout dans le monde.
On est confronté à l’échec quand on fait une omelette, quand on se met en couple et quand on bosse, quoi, tout le temps. Et en fait, la différence entre ceux qui gèrent bien l’échec et ceux qui le gèrent mal, c’est une question de rebond. Je me suis dit : « Bah, si je me foire, c’est pas grave, j’irai rebosser au restaurant de mon père, je referai du conseil pour les start-ups, je referai autre chose, mais je vais pas m’arrêter à la peur d’échouer, tu vois. »
Je vais les provoquer sur des questions. Alors, il y a des questions qui sont provoquantes, tu regardes comment ils réagissent, et des questions qui sont connes, tu regardes comment ils réagissent. Tu vois des questions qui sont bateau. Et en fait, dans l’entrepreneur, il n’y a pas de questions bateau, parce que les plus grandes réponses se trouvent justement dans ces [__] de questions bateau. J’ai refusé d’investir dans quelqu’un que je trouvais être un gros con. Euh, et je pense que cet investissement de 150 000 € aujourd’hui vaudrait euh plus de 50 millions d’euros.
Salut Jean, comment vas-tu ?
Très bien, merci de m’accueillir.
Bah merci à toi d’être venu. Je suis un peu comme toi, j’ai un peu le même rôle que toi quand tu reçois des entrepreneurs. C’est important de mettre à l’aise pour pouvoir tirer le meilleur de mes invités. Est-ce que tu es bien assis confortablement ? Écoute, ils sont super confortables tes canapés, et puis moi, j’ai, je reviens de New York ce matin. Du coup, je me suis dit que j’allais faire une petite sieste. Donc je m’installe chez toi. Je suis bien là. Je, je vais essayer de pas t’endormir s’il te plaît pendant un autre épisode. Euh, bah merci, et surtout de revenir de New York aujourd’hui, c’est accepté. Je suis toujours fasciné, j’ai plein d’invités qui viennent, j’en ai qui sont venus malades, j’en ai un qui est venu pendant le Ramadan, et à chaque fois je suis étonné, parce que moi, c’est vrai que si je prends l’avion ou que j’ai une journée trop difficile, j’ai tendance, tu vois, à rester un peu plus au calme et à refuser ce genre de choses. Donc bravo d’être un guerrier et de venir aujourd’hui.
C’est sympa. Mais aussi, on compose avec ces éléments propres. Si tu dors mal en avion, tu vas pas prendre, tu vas pas, tu vas pas t’enquiller des rendez-vous toute la journée. Si tu dors bien, il n’y a pas de problème. Moi, j’ai plutôt très bien dormi cette nuit. Donc tu as raison. Je pense que je, je réfléchis avec mon billet à moi, ma vision personnelle de pas dormir dans l’avion et du coup d’être complètement sonné en arrivant. Enfin bref, euh, bah merci. Est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui te connaissent pas encore ? Même si je pense que mon audience te connaît beaucoup.
Avec plaisir. Je m’appelle Jean Lacroix Brochard, j’ai 41 ans. Euh, trois enfants, deux garçons et une fille, 14, 12 et 10 ans. Et depuis 2015 maintenant, je m’occupe des investissements startup tech de Xavier Niel, le fondateur de Free, et on fait, on est connu notamment pour un fond d’investissement qui s’appelle Kima Ventures, avec lequel on fait deux à trois investissements par semaine, d’étalement dans des entrepreneurs francophones, de la tech, partout dans le monde.
Vous avez investi dans combien de start-ups depuis la création ?
1400.
1400, et vous, et j’ai vu dans un podcast que vous étiez que quatre pour gérer tout ça.
Trois plus un stagiaire qui tourne tous les 6 mois.
Et j’ai bien aimé le côté paradoxal, enfin, de ta personnalité, parce que tu dis que tu es quelqu’un de très désorganisé, et au final, tu es devenu ultra organisé, avec un livre notamment qui s’appelle Human Machine. J’ai, à un moment donné, j’ai écouté un podcast de, je crois, 2018, 2019, avant que tu te mettes un peu plus intensément au sport, tu disais que tu avais du mal à trouver ta voix dans le sport et à courir. Aujourd’hui, tu fais des Iron Man. Et donc, je me demandais qu’est-ce qui, euh, c’est, c’est quoi la suite et comment tu fais pour compenser toujours, on va dire, c’est pas, c’est pas forcément des points faibles, hein, c’est des traits de personnalité, mais tu arrives quand même à chaque fois à, il y a une paradoxalité, je sais pas si on dit paradoxalité, enfin, il y a un aspect paradoxal, un paradoxe ou tout à fait. Euh, entre le fait de pouvoir passer de très mal organisé à très organisé, comment tu arrives à avoir cette discipline ?
Ouais, c’est un bon point. Alors, je dirais pas désorganisé, je suis bordélique de nature, et donc quand tu es bordélique de nature, tu as toujours des trucs qui traînent à droite à gauche, et le seul moyen de nettoyer ton bordel, bah finalement, c’est de t’organiser. Donc il y a ça, et moi, ce qui s’est passé particulièrement avant d’écrire Human Machine, et ce qui a fait que je me suis très bien organisé, c’est parce qu’en 2015, quand j’ai eu mon job chez Xavier pour bosser avec lui, c’était le job de mes rêves. C’était un job que j’avais voulu deux ans avant en me disant que je l’aurais jamais. Et donc une fois que tu as ça, en fait, tu as pas envie d’échouer. Et à ce moment-là, moi, j’ai été très très sollicité. J’étais pas habitué à ça, et j’ai une grosse défiance à l’autorité. Donc quand l’agenda et mon environnement extérieur a commencé à avoir l’autorité sur moi, j’ai, enfin voilà, je l’ai, j’ai fallu que je réagisse. Et donc c’est comme ça que je me suis mis à m’organiser.
Et pour euh les Iron Man, parce que c’est assez particulier aussi, en fait, au moment du Covid, en 2020, euh on a déménagé à Aix-en-Provence, et à Aix-en-Provence, un an et demi après, début 2022, j’ai un copain qui m’a mis au vélo. J’ai beaucoup apprécié. Et l’année d’après, un copain m’a demandé de l’héberger pour le demi Iron Man d’Aix-en-Provence, et il m’a dit : « Tu fais du vélo, tu peux bien nager des bornes et courir 21 bornes. » Je me suis inscrit, j’ai souffert évidemment, maintenant du coup, j’ai voulu me prouver des choses à moi-même. J’ai embauché un coach le lendemain, et puis j’ai été piqué, quoi. C’est marrant comment ça évolue un petit peu les passions, parce que justement, j’écoutais un podcast de toi qui date, je crois, de 2018 ou 2019, et du coup, tu te verbalisais vraiment : « Moi, j’aime pas courir. Ça me fait chier de courir. » C’est marrant de se dire comment on peut évoluer, tu vois.
Exact. Bah en fait, ce que tu fais, c’est que tu prends quelque chose que tu as pas envie de faire, et tu le raccroches à des choses sur lesquelles tu as du talent ou tu as une certaine forme de résilience ou tu as des atomes crochus, et donc tu t’accroches à ça. Donc moi, par exemple, je suis un obsédé de la data. Une fois que je me suis mis au sport, à la course à pied, au vélo ou à la natation, et que j’ai commencé à regarder la data, accroché à ça et la manière dont on progresse et tout ce process de cheminement permanent, bah en fait, tu te piques avec les trucs qui te raccrochent, quoi.
Est-ce que tu faisais genre des, à quel point tu es parti loin là-dessus ? Ça m’intéresse. Est-ce que par exemple, tu t’es fait des Excel ou en gros, tu regardais en combien de temps tu courais certaines euh, certaines, comment j’ai pas dit duré, mais certains, comment on appelle ça ? Certaines longueurs ou pas, pour justement ensuite optimiser ça dans le temps ?
Je suis tout. Je suis mes intervalles en course à pied, que ce soit en endurance ou en séance intense, en séance tempo. Pareil sur le vélo. Tu vas suivre tes watts, tu vas suivre ton cardio, tu vas suivre ta résistance sur la distance. Et en fait, moi, j’adore regarder ça, et ça me, et j’ai un coach en plus qui est très bon là-dessus, qui a des estimations de temps lors de mes compétitions qui sont incroyables, et donc on matche très bien tous les deux. Euh, et ouais, c’est, c’est un peu mon, j’ose pas trop le dire, mais en fait, moi, j’adore l’Excel, donc voilà.
OK. Aussi, je pense qu’il y a plein de gens dans ton cas qui adorent ça aussi. Euh, et alors, c’est quoi cette histoire où tu étais euh, tu étais à découvert tous les mois à 33 ans ? C’est ça ? Tu dis ça ?
J’ai été à découvert jusqu’à mes 33 ans à peu près.
Ouais. Donc tu as mis du temps à peut-être te structurer, on va dire, commencer.
En fait, nous, on avait pas de moyens dans ma famille. Il a fait toujours que je bosse à côté pour pouvoir me payer mes soirées, mes vacances, mes sorties et tout. Donc je faisais ça en travaillant dans le restaurant de mon père. Ça, c’est ce qui rémunère le mieux, parce qu’en fait, tu es payé en extra, tu as du pourboire, c’est assez cool. J’ai fait un peu de location sous location de Airbnb. Je travaillais à la banque le samedi, le samedi toute la journée. Euh, j’ai fait un peu de cold calling pour des opérations de défiscalisation, enfin des choses comme ça. Et en fait, j’étais toujours hyper ricrac, et donc moi, j’ai appris à vivre ricrac. Donc une fois que tu as commencé, une fois quand tu as l’habitude de brûler tout ce que tu gagnes, en fait, c’est une mauvaise habitude que tu prends qui perdure, et en fait, qu’il faut, qu’il faut désapprendre. Et d’abord un, je pense que j’ai commencé à désapprendre ça il y a peu de temps. Il y a pas, quand j’avais 33 ans, mais plutôt quand j’avais 40. Euh, et la différence entre mes 33 ans et mes 40 ans, c’est que j’ai gagné mieux ma vie. Donc bon, à un moment donné, faut pas déconner, quoi.
Mais ce que j’ai pas, enfin, ce qui m’a impressionné dans ton parcours, c’est que à 30 ans, en gros, tu es à découvert, euh, tu es avec ta femme et tu as déjà trois enfants à ce moment-là, tu as déjà trois enfants, et tu rejoins The Family sur un projet. Euh, alors, tu, peut-être, je confonds les dates, hein, parce que j’ai, j’ai essayé de me documenter sur toi avant.
Non, non, tu as raison. 2013, je… c’est que c’est cool. C’est-à-dire que tu as, tu as une femme, tu as trois enfants. Tu rejoins peut-être un projet un peu plus sécurisant, on va dire, euh, j’ai l’impression que tu as pas fait le choix de la sécurité dans un moment où normalement, euh, c’est, tu vois, beaucoup l’auraient fait, tu vois.
Ouais. Ben en fait, donc on a eu notre premier enfant en 2010, le deuxième en 2012, et euh septembre 2013 effectivement, euh ma femme était enceinte d’Adelle, troisième, euh, et c’est le moment où je décide de basculer chez The Family, qui était cet accélérateur de start-up qui avait pas les moyens de me payer quelques mois plus tard. Et en même temps, bah cette notion d’avoir, donc là, on est en 2013, donc j’ai euh 30 ans. Euh, en même temps, cette notion de risque, enfin tu vois, si je suis à découvert, alors que j’ai une… à découvert, attention, hein, il faut, je, j’ai pas de crédit à la consommation, euh, je suis à découvert dans une certaine mesure, c’est juste que je dépense. Tu réponds à tes frais du quotidien plus un petit découvert, mais c’est pas non plus genre, c’est pas, c’est pas un fossé qui se creuse, c’est ça qui est important à voir, tu vois. Ça reste toujours maîtrisé. Donc il y a cet élément-là, et donc en fait, tu vois bien que finalement cette gestion du budget montre que le risque me fait pas peur, tu vois. Et euh, et à ce moment-là, quand je prends ce job chez The Family, je me dis d’abord que c’est un tremplin pour qui je veux devenir dans mon, dans mon métier, parce que j’étais, j’accompagnais des start-ups à lever de l’argent, et je voulais passer du côté investisseur, et comme personne voulait m’embaucher, bah il fallait que je trouve un tremplin. Et pour moi, The Family me paraissait être le bon tremplin. Et j’ai eu de la chance parce que ça a été le cas. Euh, et ensuite, je me suis dit : « Bah, qu’est-ce qui peut t’arriver si tu échoues ? » Bah en fait, il faut rebondir. Mais l’échec, euh, c’est un truc auquel on est tous confrontés, hein. On en est, on est confronté à l’échec quand on fait une omelette, quand on se met en couple et quand on bosse, quoi, tout le temps. Et en fait, la différence entre ceux qui gèrent bien l’échec et ceux qui le gèrent mal, c’est une question de rebond. Je me suis dit : « Bah, si je me foire, c’est pas grave, j’irai bosser au restaurant de mon père, je referai du conseil pour les start-ups, je referai autre chose, mais je vais pas m’arrêter à la peur d’échouer. » Tu vois, ça c’est déjà une bonne force, je pense, parce que la majorité des gens qui se lancent pas, justement, c’est la, c’est de la peur de l’échec.
Euh, j’aimerais bien rentrer en détail dans tous les contenus que j’ai entendus. On n’a pas parlé du fonctionnement de Kima Ventures. Moi, ça m’intéresse, parce qu’il est particulier dans le sens où il y a une seule personne derrière qui finance, contrairement à peut-être tous les fonds VC de la place, où en gros, il y a ce qu’on appelle des LP qui mettent de l’argent dedans. Et du coup, j’aurais bien aimé aborder ce sujet-là avec toi. Je sais que les fonds traditionnels fonctionnent, tu vois, avec des frais autour de 2 %, je crois, par an.
Tout à fait.
Et, et plus un carry. Mais du coup, ce que je me suis… voilà, je voulais savoir si Kima Ventures avait le même fonctionnement que les autres fonds VC, ou si c’était différent. Euh, et voilà, tu nous parles un petit peu plus de des rémunérations, comment ça se passe, et cetera.
Alors effectivement, un fond d’investissement qui par exemple lèvera 100 millions d’euros, il va toucher entre 15 et 20 millions d’euros de management fees sur ces 100 millions.
Euh, 15 à 20 millions d’euros de management fees sur une durée d’environ 10 ans, qui va servir à payer l’équipe. Ça, c’est 1,5, 2 % par an du coup.
Exactement. En moyenne, c’est…
En moyenne, c’est entre 1,5 et 2 pendant, pendant, pendant 10 ans. C’est des modèles qui sont très confortables. Je pense que il pourrait probablement être un tout petit peu plus ramassé, mais ça se passe comme ça. Je pense, je pense. D’ailleurs, je, je vais pas citer, mais j’avais rencontré un jour des gens dans un fond de VC, et il m’expliquait, donc c’était un fond quand même assez gros, et ils avaient effectivement ces, ces, ces 2 % de fees, et j’avais été étonné parce qu’il me, il mettait en avant voilà les fees, parce que les fees étaient vachement gros, parce qu’ils étaient en gros très peu pour gérer cette boîte, et du coup, je me disais : « Moi, en tant qu’investisseur, je me sentirais pas forcément bien, tu vois, en tant qu’LP, par exemple, je mets 100 000 € dans un fond, et qu’en gros, il y ait autant d’argent pour le, pour les équipes pour le gérer, je préfère, tu vois, des fees genre beaucoup plus faibles, et limite un carry plus fort pour être à la performance, tu vois. » Mais en gros, tu as des fonds qui performent pas, mais qui font des gros fees, et donc du coup, c’est un modèle un peu pernicieux, je trouve, de ce point de vue, tu vois.
Totalement, il y a rien à dire là-dessus, c’est totalement vrai, c’est, il y a une dichotomie entre le gain court terme et en fait, alors que tes investisseurs, eux, sont là pour gagner très bien leur vie et que tu leur rendes beaucoup d’argent à long terme, quoi.
Comment tu concilies…
Ouais. Et en plus, ce qui est fou, c’est que ces fonds relèvent en plus, et donc en fait, ça peut se, peut s’allonger les durées, tu vois. Et il relèvent avant d’avoir fait de la performance sur le premier fond, tu vois. Et donc c’est ça le piège. Donc tu es en rolling tout le temps là-dessus.
Exactement. Mais il y a toujours les management fees dont on parle. Euh, donc ouais, ça faisait partie des sujets, mais je me suis dit là, peut-être que c’est différent parce que euh, c’est, c’est un fond qui est pas traditionnel. Je trouve que Kima Ventures, de ce point de vue-là, parce que c’est pas des LPs, euh, c’est plutôt une association. J’ai le sentiment de loin. Voilà, je voulais en savoir un petit peu plus.
Bah euh, donc regarde, Kima Ventures, ça, ça investit à peu près 15 millions d’euros par an. Donc 15 millions d’euros par an. Euh, attends, c’est une bonne question. On va faire le calcul sur 10. J’ai vu que vous avez investi 150 millions, tu disais dans un podcast à peu près.
Ouais.
Sur 10 ans.
Sur 10 ans. Voilà, c’est ça. Donc c’est ça. 15 millions. Et qu’en gros, là, la valeur du portefeuille c’était entre 600 et 750. Ce que j’avais en tête.
Euh, c’est exactement ça. Tout à…
Donc du coup, mon calcul que je me suis fait, c’est qu’en gros, j’ai fait, c’est un peu plus en fait, au total, on a investi, parce que je regardais ça avec un copain à l’heure du déjeuner, euh, 200 millions. La valeur du portefeuille, c’est aux alentours de 750, et je crois qu’on est à 3,5x sur le papier, et sur les 200 millions qu’on a investi, on en a déjà récupéré la moitié en cash.
Parce que ce que j’essaie de comprendre, qui, depuis 2015, qui est difficile pour toi, c’est que admettons, je prends 150, et la valeur c’est 750. On pourrait faire 750 - 150, ça ferait 600, et on se dirait : « Admettons, il y a 20 % de carry sur ces 600, il y a 120 millions d’euros pour, tu vois, le management et les équipes. »
Ouais.
Mais en même temps, je… et donc je me suis dit : « Ah, c’est génial. » Et après, je me suis fait la remarque que ça reste des valeurs théoriques, et donc du coup, tant qu’elles sont pas vendues, elles se liquident pas, et donc cette valeur des 120 millions, elle est pas encore… me dit c’est ça qui doit être difficile. C’est-à-dire que tu dois avoir des grosses sommes d’argent théoriques, mais tu as besoin qu’elle se cristallise.
Voilà.
Voilà, c’est ça. Pour qu’elle se cristallise, il faut que tu vendes de l’argent. Il faut que tu rentres du cash. Euh, Xavier va pas me payer sur du papier, tu vois.
Ouais, c’est ça.
Sur des valeurs théoriques. Voilà. Mais donc tu vois, prenons le calcul, si on fait 15 millions d’euros sur 10 ans, ça fait environ 150 millions. Imaginons qu’on a un fond de 150 millions. Euh, ce fond de 150 millions à coût de 2 % de management fees par an, ça ferait pas loin de 3 millions d’euros par an de fees. Bah l’équipe fixe de Kima [Musique] coûte cinq fois moins.
Cinq fois moins.
OK.
Ouais. Non, c’est la partie de mes questions. Tu vois, cinq fois moins, ça, on coûte cinq fois… C’est dingue, ça, déjà, c’est pas commun. Après, peut-être que vous, contrairement aux peut-être autres fonds de VC, dans les autres fonds de VC, ils font acheter au management. J’ai interviewé Boris Golden ici, de Tarte, et il me racontait que il a, il était endetté, plus il avait investi, enfin, il a plus de 60 % de son patrimoine investi pour avoir ce…
Ouais, et puis il a une problématique en France quand même, c’est le frottement fiscal, c’est-à-dire que tu investis, euh, tu vois, dans un fond, euh, il faut que tu récupères l’argent, si c’est de l’argent de ton salaire, ça veut dire qu’il a été chargé, donc si tu mets 100 000 €, et qu’il a fallu que tu te le payes avec ton salaire, en fait, il a fallu générer 230 000 balles pour pouvoir les sortir, tu vois, donc c’est un peu emmerdant. Euh, après, si tu regardes la somme, enfin, tu vois, sur un fond classique où tes partenaires… moi, si j’avais dû contribuer au, je contribue au carry de Kima, euh, mais dans des proportions beaucoup moins importantes que les partenaires d’autres fonds, et si demain tu fais un fond en France, tu as plutôt intérêt à réduire les management fees plutôt qu’à contribuer au carry, tu vois, tant qu’à faire, autant réduire les management fees, c’est au final, c’est une des vases communiquants, au final, bien sûr, donc c’est plus sain finalement. C’est marrant, je trouve que ça, en tout cas, en terme de structure… alors, est-ce que c’est plus sain, je sais pas, parce qu’en fait, ce que les LPs aiment dans le fait que le management contribue au carry, c’est l’acte, tu vois, de verser l’argent. Sais que les, j’ai remarqué ça, mais le monde de la finance, que ce soit un peu en privé, écoutive, on adore quand, enfin, ils adorent, je dis, ils adorent quand le management met au pot, quoi, on va dire, ils sont plus engagés. C’est un peu comme quand on t’invite dans un voyage, ou si, si, ou si tu payes toi-même ton voyage, on a tendance à… que quand tu payes ton voyage, tu l’apprécies plus.
Tu l’apprécies plus.
Totalement.
Et donc, tu es peut-être plus engagé dans l’action, en tout cas. Bah ouais ouais, j’imagine. Après, nous, chez Kima, on est engagé d’une manière différente, c’est-à-dire qu’on a un seul boss, c’est lui qui met tout l’argent et il fait ce qu’il veut de toi. Donc, en fait, la performance, elle est liée au fait que si Xavier n’est pas content de la performance, il peut gentiment nous demander de partir.
Euh donc là, la première chose au niveau des management fees, c’est que ça fonctionne pas en management fees. Et c’est cinq fois moins important, voir six fois moins important, quasiment que cinq fois moins important que le que le qu’un fond classique, que tous les fonds de la place du coup, parce qu’il n’y a pas d’autres fonds comme vous, je pense. J’ai pas l’impression, de ce que j’ai cru voir, non. Donc ça, ça fonctionne. Moi, je trouve ça assez vertueux. Première chose.
La deuxième chose, c’est que comme c’est un fond evergreen, que c’est que l’argent de Xavier, à un horizon 5 ans et plus, il peut aussi nous permettre de générer un peu de liquidité. Donc, il peut nous racheter des parts de carry. Dans un fond classique, Boris, demain, il veut revendre ses parts de carry à quelqu’un. C’est un peu compliqué de l’organiser, tu vois. Nous, on a… ils voudront pas, ils préfèrent le laisser engagé. Enfin, je pense que le fond préfère avoir ses managers. Si tu as un… si je suis le patron du fond, que toi tu es mon junior et tu me dis : « je veux vendre mes parts de carry. » Donc le carry, c’est la performance. Si je peux te les acheter à 30 % du prix et que je pense que le portefeuille va faire deux fois la mise encore, je fais un bon deal. Si j’ai le cash, je suis content. Tu vois, c’est juste qu’il faut réconcilier le besoin de cash de la personne qui veut vendre ses parts et l’intérêt économique de celui qui les rachète, parce qu’il va se réengager pour du long terme et il faut que ça lui rapporte quelque chose à la fin. Il y a un équilibre à trouver entre les deux.
OK, super. Je suis désolé, je rentre un peu dans la technique et n’hésite pas à me couper, mais dans les autres podcasts que tu as faits, voilà, ça, je trouve que ça rentrait pas assez dans la technique, donc ça m’intéresse. Donc donc, en gros, plutôt que d’être payé 1 million d’euros par an, vous allez plutôt être payé 200 000, de ce que je comprends.
Exact. Quel calcul. Ouais. Mais est-ce que le carry, d’elle-même du coup, c’est 20 % chez Kima Venture ?
15 % chez Kima Venture. 15 % de la plus-value du coup.
Exactement. Mais on est que trois, donc euh 15 % à se partager en trois. Si on fait pas trop mal le job, on… on devrait bien s’en sortir. Mais c’est vrai qu’on parle de… de sommes énormes, parce que si ça continue comme ça, vous avez euh… enfin, ça peut dépasser le milliard à un moment donné, même plusieurs milliards et continuer d’évoluer.
Il y a… alors c’est intéressant ce que tu dis, parce que donc il y a toute la partie théorique où effectivement la valeur, l’attente du portefeuille augmente. C’est ça que… par exemple, je trouve ça chiant, c’est le côté valeur théorique. Moi… moi à ta place, je serai stressé, parce que je me dirais… et je suis stressé, je te rassure. Ce que je t’ai vu comparer, tu disais toujours : « c’est plus facile d’être investisseur qu’entrepreneur », et moi je te retourne un petit peu ça… pas que ce soit aussi facile… ton billet à toi. Mais tu vois, moi, plus peut-être côté entrepreneur, je pense que ça doit générer beaucoup de stress euh quand un entrepreneur n’a peut-être pas… quand il… voilà, il génère son EBITDA et cetera, parce que encore une fois, c’est une valeur théorique et si… parle… le marché se retourne euh dans les deux dernières années, au moment où tu dois cristalliser tout ça, c’est horrible, parce que c’est des temps longs, donc tu attends 10 ans et au bout de la 8e année, ton portefeuille théorique, ton carry peut être divisé par 4 au dernier moment… un peu… enfin oui, mais toi tu dis ça parce que tu es un entrepreneur de talent qui fait de l’EBITDA depuis toujours. Tu n’es pas dans la posture des entrepreneurs en finance qui sont des entrepreneurs dont les boîtes ne font pas des EBITDA et pour lesquels l’EBITDA est quasiment anxiogène, tu vois, au démarrage. Euh toi, rapidement, tu as monté des boîtes qui ont généré du chiffre, généré de la marge, tu as fait grandir… en… tu vois, tu es dans une… tu es dans la catégorie… on a probablement 5 % de nos entrepreneurs dans le portefeuille, si c’est peut-être moins même, qui sont dans la même catégorie que toi. Et j’adore, parce qu’effectivement euh ils sont maîtres de leur destin, ils ne lèvent pas plus d’argent, euh ils peuvent se payer euh de manière très confortable et nous, on est très fier de les voir grandir euh comme Xavier a pu le faire à l’époque avec ses… ses business quoi.
Mais donc pour revenir sur le… sur le modèle, tu as 15 % de carry qui est divisé dans l’équipe de manière quasiment équitable, parce qu’en fait si tu as quelqu’un là… on a recruté une personne en… en mars, Chloé, elle est arrivée et Chloé, elle va monter dans le carry à mesure que les années passent, parce que nous ça nous permet de nous poser la question à mesure que le temps passe : « est-ce qu’elle mérite le fait que son carry augmente ? » Parce qu’en fait, c’est important, tu vois, c’est… tu veux que les gens, en fait, soient au même niveau que toi et ça c’est classique, et tu donnes des objectifs. Ça c’est classique. C’est que les… les premiers arrivés, on va dire, se partagent le carry, puis après là vous êtes trois, vous allez être quatre, peut-être un jour vous serez six, puis les nouveaux prennent des petites parts un petit peu pour…
Alors, c’est pas si classique que ça, parce qu’en réalité la problématique des fonds d’investissement, c’est que créer le premier fond, le deuxième fond, le troisième fond, ça prend du temps, ça prend de l’énergie, tu crées une base d’investisseur et souvent les partenaires à l’origine de ces fonds-là, plus ça va, plus ils vont se staffer en dessous des gens qui vont faire le travail, alors que c’est ceux qui sont en haut qui vont récupérer la majorité du carry. Oui, je parle à la marge, par exemple, je sais pas, tu as les trois fondateurs du fond qui ont genre 20 %, puis après ils passent à 19,5 et ils ont 0,5 ou 0,1 entre cinq juniors, par exemple, à la marge. Mais… mais tu as quand même une… tu as quand même une problématique qui est que plus ça va et moins ce sont les gens qui font le travail qui récupèrent le carry. Après le travail d’investisseur, ça c’est le capitalisme, c’est dans toutes les…
Bien sûr, c’est le capitalisme, mais tu vois, je suis étonné que les LPs qui investissent… enfin les gens qui investissent dans ces fonds-là euh ne s’enquérissent pas plus de comment est partagé la valeur. Et d’ailleurs, il y a une opacité totale sur la manière dont les… dont les management companies sont gérées. Si tu demandes à un fond d’investissement : « donnez-moi les comptes de la management company », les LPs n’en ont aucune idée. Les LPs, ils ont les comptes du fond, ils savent combien de management fees sont euh versés à la management company qui gère le fond, mais ils savent pas comment cet argent-là est distribué entre les partenaires, les juniors, en dividende et cetera. Ça c’est un truc que je comprends pas moi personnellement. Je t’ai entendu déjà en parler, c’est qu’en tant qu’investisseur, tu voudrais savoir qui est payé, comment est dépensé l’argent.
Euh et une petite anecdote aussi, c’est que dans des marchés encore plus structurés que les VCI, ben on va prendre les FCP par exemple dans l’immobilier. En plus de tout ce qu’on vient de dire, ils prennent parfois des frais à l’entrée. C’est qu’en plus de tout ce que je viens de te dire, tu imagines, ils te prennent en plus 2 % à l’entrée ou des choses comme ça, notamment pour rémunérer leur CGP, ceux qui leur apportent les clients.
Exactement. Mais donc du coup, tu vois, il y a plein de… donc quand on sait pas, nous en tant qu’investisseur, je me suis posé la question parfois d’investir, puis j’ai creusé de manière naïve un peu, puis tu dis : « bon, ils me prennent 2 % à l’entrée sur 100 000, donc déjà il me reste 98 000. Ensuite, ils vont me prendre 2 % par an euh… et tu vois c’est un fond par exemple sur 5 ans. Donc tu calcules, tu calcules en fait que au final tu es peut-être genre à 85 000 sur ta mise initiale. C’est l’argent qu’ils font travailler. Donc ça veut dire que la perf qui génère, elle est calculée sur base 100, mais elle est générée sur base 85. Donc il faut que tu… vraiment que tu performes très bien.
Bah voilà, c’est ça. Parce qu’en fait, même si tu as une super performance, en enlevant tous ces frais, tu peux te retrouver…
Ouais. Ouais. Parce que souvent dans les… tu sais quand tu vas dans les fonds FCP, il te montrent des taux 10 %, 12 %, mais c’est le taux, je pense, brut quoi. Je pense qu’ils mettent en avant…
Ah, les gens préfèrent mettre l’autoroute. C’est comme… ils adorent parler du MIC, tu vois, qui est la performance sur Invested Capital. Euh et donc c’est… j’ai investi un million, combien ça fait en perf ? En fait, ce million, il est… il est… il est brut. Il faut que tu rajoutes les frais qui sont associés à ça. Enfin, il y a plein d’autres frais à côté, quoi.
H Non, mais c’est marrant en tout cas. Mais en tout cas, Kima Venture le fait différemment, déjà. Est-ce que tu penses que c’est une bonne chose ou une mauvaise chose ? Est-ce que ça vous apporte une plus-value par rapport aux autres fonds de l’écosystème ? Quand je t’ai posé la question si c’était plus sain, tu savais pas forcément si ça allait ou pas euh de fonctionner plus… Euh à vrai dire, je me suis jamais posé la question si c’était plus sain ou pas que les autres font. Et le calcul qu’on vient de faire ensemble comme ça au doigt mouillé, c’est un calcul que je n’avais jamais fait. OK, c’est marrant ça. Je t’ai jamais posé la question. Je me… je me suis juste dit que ça fait 10 ans que je suis payé exactement le même montant tous les ans depuis 10 ans, que plus les années passent, plus on génère des bouts de performance qui me permettent d’être rémunéré plus à la fin de l’année, heureusement, et qu’en fait ce système fonctionne bien, tu vois, il est méritocratique et moi je pense qu’il est plus simple parce que tes intérêts sont plus alignés. Je te reprends les entrepreneurs que j’ai en tête, j’espère qu’ils se reconnaîtront… plus… enfin les… les gens qui ont lancé un fond, mais il me parlait de 7 ou 8 millions d’euros d’EBITDA quand même, quelle que soit la performance. Donc en fait euh j’étais en train de comprendre qu’en fait… que… quel que soit l’issue euh finalement ils allaient gagner beaucoup d’argent et donc du coup ça les désaligne par rapport aux LPs, de mon point de vue.
Totalement. Et puis je te dis nous on… on ne dépend que d’un seul individu qui décide demain de continuer de nous faire confiance ou d’arrêter ou de mettre quelqu’un d’autre à notre place, tu vois. Donc tu as cette… tu as cette pression extérieure qui est encore plus importante que toute autre pression.
Oui, tu dépends que d’une personne versus des fonds qui ont 100 personnes.
Exact. Et puis on a une pression liée au rythme. Comme Kima investit en deux à trois start-ups par semaine, on a entre guillemets, on n’a pas le luxe de ne de rien [ __ ] Tu es… tu es en fait de base, tu peux pas ne rien [ __ ] parce que il y a trop de… en fait votre modèle est d’investir beaucoup de tickets, de voir beaucoup de boîtes. Donc par essence, le modèle fait que tu peux pas… même si tu voulais, tu pourrais pas quoi finalement.
Non non, moi je suis occupé et je suis occupé par défaut, alors que quand tu es investisseur et que tu mets… tu investis deux trois fois par an des tickets de je sais pas moi entre 2 et 5 millions d’euros par exemple. Il y a des périodes pendant plusieurs mois où tu vas rien faire. Les périodes où tu as pas beaucoup de flow, il faut que tu t’occupes de ton portefeuille, mais comme tu as pas le rythme en fait c’est compliqué, tu vois, de s’occuper. Euh moi, je trouve ça difficile d’être face à toi-même et ton dealflow quand tu es investisseur dans un fond classique. Et il y a un effet vicieux aussi des… je me… je suis en train de pousser, les gens vont dire : « Mais qu’est-ce qu’il a avec ces management fees ? » Mais en fait, je suis en train de penser qu’il y a un côté vicieux parce que euh les personnes qui avaient lancé le fond que j’ai rencontré étaient pas du tout staffées. C’est ça qui leur permettait de faire beaucoup d’EBITDA. Tu vois ce que je veux dire ? En gros, il devait être… pour gérer ce qu’il devait gérer peut-être 10 et ils étaient genre trois… enfin tu… ou 20 ou trois, tu vois, ce qui permettait de faire beaucoup d’EBITDA, donc du coup il y a aussi l’effet vicieux de se dire : « pour être sûr de gagner beaucoup d’argent aussi, je recrute pas trop de juniors et euh… et je garde tous les frais pour moi et je pars du principe que je peux tout gérer tout seul. »
Ouais, mais à l’inverse, tu as des équipes qui vont beaucoup staffer et en fait qui vont perdre l’ownership sur le travail qu’ils ont à faire parce qu’ils vont beaucoup déléguer. Par exemple, qui a installé ton studio aujourd’hui ici ?
C’est… c’est moi.
Bon bah OK. Bah tu aurais pu payer deux personnes à installer ton studio.
Bien sûr. Alors peut-être que tu le fais parfois… que tu as des gens qui viennent… Alors je dis que c’est moi. C’est pas… c’est faux. J’ai des gens qui m’ont… enfin je les ai payé pour faire le setup et maintenant c’est vrai que c’est moi qui enlève et qui remet. Je sais le faire. Enfin, je me suis fait former pour savoir le faire, mais je les ai pas pris à temps plein, tu vois.
Bah en fait, c’est ça qui est intéressant, c’est pas est-ce que tu fais tout seul ou est-ce que tu fais avec quelqu’un. C’est comment tu l’as fait ? Comment tu t’organises aujourd’hui ? C’est quoi ton… ton mode opératoire quoi. Moi, c’est ça qui m’intéresse quand je regarde un fond… un fond d’investisseur ou un entrepreneur.
Oui. Ce qui compte c’est l’efficacité à la fin. Quel que soit le…
Ouais. Puis une forme de… c’est pas frugalité, mais c’est mettre les dépenses ou les efforts aux bons endroits et savoir continuer. C’est comme… j’apprécie les gens qui demandent à leurs assistants de ramener du café ou de l’eau, mais moi en fait j’aime faire ce [ __ ] de café ou aller ramener une bouteille d’eau quand les gens viennent au bureau. Je veux pas déléguer ça à quelqu’un, tu vois. Je… toujours me rappeler que il faut que tu ailles ouvrir la porte. Euh, tu vois, il y a ce… il y a ce rappel à d’où tu viens.
Ouais, très bien. Super. Après, ça… ça dépend des mindsets de chacun et des personnalités. Euh, j’ai…
Ouais, mais globalement euh ceux qui ont ce mindset de toujours se rappeler d’où ils viennent reçoivent mieux ceux qui l’ont oublié quoi.
Je suis d’accord. OK. Ouais. OK. Euh non, non. Super intéressant. Et alors du coup pour revenir sur le cas que je me suis mis du coup à ta place euh vu que c’est… vu que ça… la valeur reste théorique, comment toi tu fais parce que tu as dit quelque chose à un moment donné, c’était que euh la personne qui gère du coup le fond, donc Xavier Niel, peut… entre-temps… parce que sinon tu… tu peux attendre ton carry pendant 20 ans, entre-temps toi tu peux liquider à certaines étapes d’évolution du fond pour que ça reste aussi sain, parce que sinon tu peux courir après un truc pendant 30 ans tant que la boîte ne se liquide pas, tu vois.
Totalement. Mais pour ça, il faut justement aligner le fait que toi tu cherches la liquidité et que celui qui te rachète tes parts, donc dans notre cadre par exemple, c’est euh Xavier, que ce soit une opération financière qui soit positive pour lui, tu vois. Et donc ce qu’on fait, c’est qu’on regarde les lignes euh… les lignes du portefeuille. Par exemple, si demain je voulais liquider euh, je sais pas moi, euh 500 000 € de valeur de carry de chez Kima, on prendrait l’ensemble des lignes, on regarderait la surpondération de celle, tu vois, qui valent beaucoup d’argent. Qu’est-ce qu’elles valent vraiment sur le marché ? C’est-à-dire est-ce qu’elles font du chiffre, est-ce qu’elles sont les EBITDA positifs ? Est-ce qu’elles ont été survalorisées, sous-évaluées, je sais pas. Euh et en fait, on refait un calcul du portefeuille et on détermine un discount. Le discount, ça peut être 10, 20, 30, 40 %, tu vois.
Sûr. Et quand j’avais parlé à Boris Golden ici, il m’avait dit un truc aussi énorme, c’est qu’en fait un fond d’investissement tous les ans euh… il… comment on appelle ça ? Il nomme quelqu’un pour évaluer du coup les participations et dans la boîte du coup il… ils évaluent par les 10 boîtes… 10 boîtes à 50 millions, donc ça fait 500 millions. Euh et le problème qu’ils ont eu, c’est quand ces valeurs théoriques ont aussi chuté euh… c’était délicat pour eux quand ils examinaient de passer de 500 millions à genre allez, on va dire divisé par 5 à 100 millions dans la valeur, parce qu’en fait tu as aussi tous les LPs derrière qui mettent la pression, qui peuvent gueuler et cetera. Donc du coup, faut trouver un espèce de terrain d’entente entre le marché et la réalité… comme tu dis euh… la vraie réalité, on va dire, parce que tu as la valeur théorique au moment où tu fais la levée de fond, mais tu as la valeur marché après selon les chiffres réels de la boîte.
Ouais. Puis tu as un autre problème, c’est que toute valeur que tu vas distribuer euh autour de toi, notamment à tes investisseurs, ils vont pouvoir en parler autour d’eux. Donc tu as une boîte qui vaut un milliard sur le papier et puis tu dis : « Non, moi je pense qu’elle vaut 200 millions. » Tout le marché sait que tu penses qu’elle vaut 200 millions. C’est très emmerdant pour la boîte. C’est pas emmerdant pour toi, investisseur, c’est emmerdant pour la boîte pour de vrai. Donc ce qu’il faut c’est avoir des règles, qui sont des règles qui s’appliquent systématiquement. Donc tu dis : « une boîte qui a moins de 12 mois de cash, je mets 20 % de discount. Une boîte qui a… qui a levé tant d’argent et cet argent va être servi de manière préférentielle par rapport à l’argent que toi tu as investi, ça te fait un discount de X. » En fait, tu crées des règles qui s’expliquent systématiquement et qui font que quand les fonds reçoivent la réévaluation du portefeuille, alors il y a… en fait, ils disent pas : « le fond que la boîte vaut tant », c’est selon les méthodes d’évaluation du fond, la boîte vaut tant. Sachant que les méthodes sont différentes sur chaque fond.
Oui. C’est qu’une même boîte qui est dans deux fonds peut être valorisée deux fois de manière différente à deux endroits. Ça… ça doit être marrant comme situation, parce qu’il doit avoir des gros écarts peut-être entre deux fonds parfois, possiblement. Mais quoi qu’il arrive, tu es obligé d’avoir une règle objective ou en tout cas mathématique, parce que tu peux… un… ne pas le faire au doigt… il faut pas le faire au doigt mouillé et de… tu veux pas que les gens interprètent la valeur de la boîte dans ton fond comme ton avis ou ta position.
OK. Euh bon, petite parenthèse un peu technique, mais j’étais sur ça. Merci de l’avoir… de l’avoir partagé sans tabou. Euh c’est… c’est sympa de ta part, parce que la transparence ça fait partie des sujets des fonds. Tu disais que il y a plein de fonds qui avaient des management fees, on sait pas comment s’est dépensé. Donc merci de… de… d’être transparent là-dessus. Moi, j’aimerais savoir au niveau de ton programme comment ça se passe chez Kima au quotidien ? Euh combien d’entrepreneurs et de dossiers tu reçois peut-être par jour ? Comment tu t’organises ? En combien de temps tu prends les décisions ? Je me rappelle moi de… du début, il y a… ça m’avait frappé. Vous avez mis une punchline, c’était 150 000 € en 15 minutes. C’était possible ça ou pas ?
Euh tout… c’était tout… tout début, avant même… J’avais trouvé sympa en terme de marketing.
Ouais. C’était avant que je rejoigne Kima Ventures et ça a été arrêté après, parce que économiquement ça faisait plus sens pour les entrepreneurs. C’était 150 000 €, 15 % du capital, 15 jours. J’avais oublié les 15 % du capital.
Ouais. En 15 jours. On se décidait en 15 jours. C’est ça.
Ah oui, en 15 jours. Pardon. Moi, je dis en 15 minutes.
Ouais. Donc non, j’aurais bien aimé dire ça. Ça aurait été pas mal. Mais non, on avait pas cette punchline-là. Euh en fait chez Kima, on doit recevoir à peu près 250 dossiers par…
Semaine sur les deux. Moi, dans mes emails aujourd’hui, je reçois entre 200 et 300 emails par jour. En gros, j’ai tout le temps 10, 20 ou plus entrepreneurs qui me contactent, ou des gens du réseau. Euh pareil, du côté d’Alexis et de Chloé, on doit rencontrer entre 20 et 35 par semaine, en fonction des semaines, par euh, par personne ou au global ?
Au global.
Ouais, je dirais. Ouais. Euh moi, par exemple, mon agenda fonctionne de la manière suivante : le lundi après-midi et le mardi après-midi, je fais des Zoom call de 14h à 18h. Donc j’enchaîne 12 rendez-vous d’affilé de 20 minutes. Donc je peux en faire quasiment euh, j’en fais une vingtaine généralement sur 2 jours. Sur la vingtaine, j’ai systématiquement la moitié, c’est des boîtes qui lèvent de l’argent. Euh et ensuite le process, c’est le suivant : c’est soit au bout de 20 minutes, une demi-heure en fait, on est convaincu. Souvent, on est convaincu. Pourquoi ? Parce que le dossier a été envoyé par quelqu’un que tu connais, parce que l’entrepreneur a un certain background, parce que en fait il a déjà cranté des chiffres ou il a déjà atteint des milestones qui te rassurent et donc en rien de temps, on peut se décider. Dans ce cas-là, on met 100 000 à 150 000 € après un premier call d’une demi-heure.
Ah oui, d’accord. OK. Ah oui, donc c’est parce qu’avant c’était 15 jours. Là maintenant, c’est à la fin du call, tu peux tu peux donner un go. Bon, c’est pas le vrai la moitié du, je dirais la moitié du temps. L’autre moitié du temps, on va on va dire : « tiens, j’aimerais bien que quelqu’un d’autre dans l’équipe parle à cet entrepreneur », et dans ce cas-là, on fait un deuxième call, et c’est à la fin plutôt du deuxième call qu’on va se décider.
Et le matin, tu dédies à quoi ? Est-ce que tu sais que tu avais besoin d’être concentré le matin ? Donc tu fais pas les entrepreneurs le matin, c’est emails beaucoup. Euh là, par exemple, j’ai la toute la revue du portefeuille de New Wave, qui est notre fond sur lequel on avait mis des plus gros tickets que je dois faire pour la présenter à nos investisseurs bientôt. Euh voilà, tu as des corvées, tu as tu as plein de trucs quoi. New Wave, c’est différent. Là, il y a des LP du coup.
Il y a des LP dans New Wave.
Ouais. OK, d’accord. Donc du coup, ça c’est un autre fond. J’ai suivi de loin, j’ai pas trop regardé. On a créé ça, on a créé un premier vintage en fin 2020 avec une associée, et euh on a décidé de pas poursuivre ensemble sur un deuxième vintage. Cette année, il y a eu un peu de tumulte dans notre voilà, pour… j’ai l’impression, j’ai vu passer de loin des choses. Mais écoute, euh c’est tout bête, hein. En fait, tu as tu as deux personnes qui ont pas travaillé ensemble sur le très long terme. Voilà, moi je, enfin, on a essayé de se séparer en en bon terme, et ça a été compliqué. C’est un peu Gossip Girl, je trouve la startup nation. Parfois, je vois des trucs de loin, mais je trouve ça aussi un peu amusant. Faut prendre un petit peu de hauteur face à tout ça. Il y a forcément des mésententes, mais parfois je me je sais pas, je j’ai vu des fondateurs un jour se se plaindre d’un fond sur la place publique, et ça je trouve que ça fait un peu parfois… écoute, c’est très puéril. On est quand même dans un environnement d’enfants gâtés, voilà, et il faut pas se le cacher. Il y a un peu ce côté-là. Je trouve que je sais pas, la French… le mot « startup », c’est un un univers. Je sais pas si on peut appeler ça entre soi ou pas, mais en tout cas, les… tu vois des communications parfois, et c’est vrai que ça renvoie pas forcément une bonne image, quel que soit le la situation finalement. Je trouve… je me rappelle d’un d’entrepreneur qui se plaignait d’un fond, que ce soit vrai ou pas, d’une certaine manière, je trouvais qu’il s’était déjà décrédibilisé en mettant sur la place… tu vois, tu… c’est quand même des gens qui ont investi en toi à un moment donné.
Euh oui, mais c’est aussi parce que sur la place publique, c’est… alors là, dans ce cadre-là, certains entrepreneurs… en fait, tu as des fonds qui se comportent mal, et euh personne dit rien. Et un entrepreneur qui en fait euh a le courage de diffuser ça publiquement, sachant que ça va lui porter préjudice quoi qu’il arrive, hm bah c’est prendre le courage de de d’assumer tes opinions, euh de parler en public euh d’un conflit qui est réel et qui est pas anecdotique, qui probablement existe dans d’autres, tu vois, avec d’autres boîtes, avec d’autres fonds et tout. Et donc ça permet aussi de responsabiliser un peu l’écosystème. Après ça, c’est peut-être bénéfique aussi, ça peut aider d’autres entrepreneurs à éviter les fois un peu plus cowboy.
Tu as raison, peut-être. Mais le problème aujourd’hui de l’écosystème startup et des investisseurs et cetera, c’est [Musique] euh tu vois la valeur de l’argent, comment est-ce que tu l’aperçois ? Plus c’est ton travail qui est à l’origine de l’argent que tu génères, tu vois, de ta fortune, plus d’abord elle a une saveur différente. Moi, je me rappelle un jour, j’avais gagné un peu d’argent avec des cryptos sur un 3 semaines où j’ai fait l’aller-retour. Je suis le même truc que toi dans la crypto. Cet argent n’avait, je te jure, aucune saveur. C’était et presque, j’avais envie de m’en débarrasser, tu vois. C’est genre c’est une expérience similaire à toi. C’est ultra bizarre comme c’est un truc psychologique. C’est de l’argent tellement facile que que and ton cerveau considère même pas que ça en est, j’ai l’impression.
Exactement. Et ça c’est hyper particulier. Mais donc mais tu as beaucoup de personnes qui vont soit lever de l’argent, euh soit des investisseurs qui vont toucher leur management fees de manière assez euh voilà assez confortable, et qui en fait comme l’effort généré pour pouvoir toucher cet argent est pas suffisamment important ou pas lié vraiment au travail généré, en fait, est pas est pas considéré comme comme il comme comme il se doit quoi. Et donc du coup, c’est marrant parce que tu vas donc là tu vas être à la tête de plusieurs fonds, alors qu’avant tu étais que sur Kima.
On a toujours fait euh les deux. On a toujours fait Kima Ventures d’un côté où on met c’est deux tickets deux à trois tickets 2500 € par semaine, et de l’autre côté des deals un peu plus gros, on met entre 1 et 3 millions d’euros, et là c’est plutôt entre 5 et 10 startups par an max.
Ce que je veux dire, c’est que là ça va être dans cette autre fond qui s’appelle New Wave, c’est ça ? Mais là il y aura des LP du coup, il y a des LP, il est investi celui-là. Il est fini d’investir. OK. Et euh et alors moi, raconte raconte-moi, j’ai envie d’en savoir un peu plus pour comment tu choisis les entrepreneurs. J’ai vu que euh je me suis demandé si tu aurais pas pu être un bon psychologue finalement, ce que tu dis que tu as tu fais preuve de beaucoup d’empathie, et je trouve que ce qui rallie pour moi tous les talents que je rencontre ici, c’est que c’est souvent des gens qui ont de l’empathie, de l’hypersensibilité. Finalement, c’est un peu des fins psychologues. Est-ce qu’on peut dire que c’est ce serait pas ça ta force ? C’est-à-dire que au-delà de tout le reste, évidemment la technicité euh parce que capter capter quelqu’un en 30 minutes et j’ai beaucoup d’entrepreneurs qui t’ont appelé où tu vas poser des questions différentes peut-être que d’autres font sur un petit peu le pourquoi, d’où ils viennent et cetera, mais finalement tu poses plein de questions, mais le but ultime derrière c’est de savoir à faire et de décider, mais de sentir en fait, vraiment de sentir un peu.
Ouais. Écoute, c’est marrant parce que en 2020, j’ai fait un j’ai passé un certificat de coaching à Linad avec pour objectif de step up un peu mon game sur le sur mon métier. H je me suis rendu compte que même si je posais pas mal de questions, en fait, je pouvais en poser encore plus et creuser encore plus les questions que je posais aux entrepreneurs. C’est très intéressant et eff et moi je suis dans un ancien introverti euh avec peu d’amis qui était pas très à l’aise à l’école et qui passait plus son temps à écouter qu’à parler. Et donc je pense que ça a développé chez moi une capacité d’écoute et de compréhension des gens assez fines, et en fait je sens les entrepreneurs très très rapidement. Donc euh ouais, je dirais que 2/3 2/3 du temps quand j’ai un entrepreneur, c’est sur sa personnalité et 1/3 du temps c’est sur son projet quoi.
Est-ce que ça t’est déjà arrivé de pas sentir quelqu’un mais d’investir quand même parce que tu sais que le business est bon ?
Oui, je l’ai fait. Et au-delà de pas sentir quelqu’un, est-ce que tu as déjà investi dans un mec que tu trouves un gros con pour toi de ton point de vue personnel ou tu as une certaine éthique de où tu ne rentres pas en compte de ton travail ?
Alors euh j’ai refusé de de d’investir dans quelqu’un que je trouvais être un gros con. Euh et je pense que cet investissement de 150 000 € aujourd’hui vaudrait euh plus de 50 millions d’euros.
Ah ouais, d’accord. OK. Ouais. Et ça en fait c’est compliqué. C’est parce que OK. Donc tu as mis ton tu as mis d’un peu de perso dans ton jugement à ce moment-là.
Du coup, exactement. Ce que tu aurais dû faire, pas dû faire ou pas du coup après coup, alors c’est compliqué à dire parce qu’en fait il y a des gens… pas que l’argent, tu fais ton métier aussi pour quelque chose, puis là il y a quand même aussi Xavier derrière qui a investi et qui t’a dit directement que au-delà de gagner de l’argent, il y a aussi financé des vrais entrepreneurs, de la vraie technologie. Vous êtes dans un fond particulier quand même aussi je trouve de ce point de vue-là.
Ouais, mais parfois tu as financé des gens que tu sens bien et qui vont s’avérer des gros connards aussi, tu vois. Donc c’est un peu piège. Mais c’est différent. Tu le savais pas au début. C’était pas sur ta base de ta décision. Ouais. Mais de pas le faire sur ce critère-là. Est-ce que… ma question c’est ça. Est-ce que du coup ce critère doit rentrer en compte ou pas ? Pour moi, il rentre en compte. C’est difficile de s’associer avec quelqu’un que tu sens pas ou que tu aimes pas ou qui te hérisse le poil. Tu le reverras peut-être jamais. Tu vas mettre 150 000 €, tu reviens jamais. Ce qui compte, c’est le… après attention, il y a des gens que je trouve durs euh qui… je trouve un caractère particulier euh et que pour autant je vais financer parce que je respecte le fait que on n’ait pas d’atomes crochus et qu’il soit talentueux et qu’ils ont pas l’air d’être de foncièrement des [ __ ] quoi. H euh c’est juste que c’est difficile de financer quelqu’un dont tu sens que les valeurs sont pas alignées aux tiennes quoi.
Je comprends. Euh mais bon, je le regrette pas, mais c’est vrai que c’est c’est bon, tu t’en souviens quoi, de pas l’avoir fait. En tout, il y a une richesse dans ton métier, je trouve, de rencontrer autant d’entrepreneurs. Je trouve que c’est la farce des des des fonds d’investissement, c’est que il y a une richesse. Euh c’est fou de rencontrer autant d’entrepreneurs et autant de boîtes. Tu vois, quand tu es entrepreneur, tu es dans ta bulle, tu fais ton truc et euh tu es tu es tu es un peu bloqué. D’ailleurs, c’est ce que je pense une des raisons principales pourquoi Xavier a lancé ce fond là aussi, c’est que je pense c’est la volonté de voir autre chose, de la curiosité et cetera intellectuelle. C’est le premier facteur facteur de curiosité. Et toi, tu es au cœur en tout cas de cette curiosité. C’est-à-dire que c’est toi qui rencontre tous ces gens.
Ah ben c’est fascinant. C’est fascinant. Pour ça que tu as un métier de rêve, je pense de ce point de vue-là.
Bah je dis souvent, moi j’ai un métier de rêve parce que c’est fascinant. Je reprends des entrepreneurs toute la journée. C’est facile parce que c’est pas moi qui bosse, c’est eux hein. Et c’est confortable parce qu’on est dans un modèle où 80 % des boîtes vont aller au tapis et les 20 % restantes vont nous le rendre tellement de fois qu’on va gagner beaucoup d’argent.
J’ai une question technique pour toi. Il y a donc sur 10 boîtes, combien il y en a qui vont au tapis ? Tu as dit 80 %.
7 à 8. 7 à 8 parce que vous c’est vraiment au tout début, et il y a 20 % qui vont générer un multiple qui fait qu’à la fin sur les 10 boîtes, tu as un tri moyen de pour faire en gros entre x3 et x4 sur 10 ans de ce que font les fonds en général, peut-être vous vous faites ou non… c’est à peu près ça, non ? Non, non, mais c’est-à-dire que tu as des vintages qui sont anormaux ou sur lesquels tu vas faire 6 fois, OK, ça c’est super rare par contre, non… enfin ouais, c’est rare, c’est… tu as un outlier qui génère tellement d’argent que ça surperforme quoi, et après la moyenne c’est plutôt 3, et quand tu fais beaucoup de comme toi, j’imagine que du coup ça remet une médiane parce que du coup ça des risques, mais en même temps ça… vu que ça ça dilue aussi parce qu’une… quelqu’un qui investit ses fermes que dans 10 boîtes, s’il y en a une qui pète forcément ça va tuer la médiane. Si toi tu en fais 1000, bon ça va forcément… tu vas forcément retrouver les stades plus de marché peut-être. Tu vois, en fait tu es un tu es ce qu’on appelle… tu es un upper index du marché. Quand tu fais 100 boîtes par an et que tu es bien identifié, ça veut dire que tu as accès à la moyenne du marché. Mais si en plus tu es pas trop moyen dans ta sélection, en fait tu es sur la tu es sur le haut du… J’ai vu qu’il y avait une prime, c’est ce que tu disais. Il y a un peu le tier one des fonds qui surperformment un petit peu ce que tu disais dans un podcast. Donc en gros sur 10 places 10 fonds de la place, tu as les trois meilleurs fonds qui vont un peu surperformer. Les CD par contre en général c’est en dessous de la médiane, c’est pas top quoi.
Ouais, c’est même pas tier one. En fait, ce qui se passe, c’est que tu as… c’est pire que ça en fait. Tu as 30 fonds, et sur les 30 fonds, il y en a 20… ils existent même pas dans ta compète. Dans ton moment compétitif, ils existent même pas. Tu les vois même pas. C’est c’est… je sais pas pourquoi ils sont… ils font autre chose quoi. Et tu en as 10 qui comptent, et sur les 10 qui comptent, tu en as deux à trois qui vont faire vraiment beaucoup de perf. [ __ ] ! Donc ça veut dire que tu es pas sur un facteur de 2 à 10 et sur un facteur de ou 2 à 3 à 10.
Ouais, exactement 10 % 2 à 3 sur 30. Ouais, ouais, c’est ça. Ouais, 10 % euh qui arrivent à vraiment tirer son épingle du jeu dans le monde du VC. Donc, c’est super chaud de lancer un fond VC en fait. C’est une très mauvaise idée. C’est c’est une power. C’est-à-dire que tu as euh 95 % des retours qui sont générés par 5 % des des boîtes, hein. Et justement, j’avais un point par rapport à ça et je voudrais faire un lien avec un truc que je que je trouve que vous faites vraiment très bien, c’est le fait que toi justement tu travailles avec ce fond là aussi, le marketing, la communication un petit peu comme une boîte normale. Tu fais un petit peu de personal branding, tu fais des podcasts comme aujourd’hui. Est-ce que ça justement c’est ce qui te permet de continuer d’être toujours bien identifié et de rester dans les top players, ou ça n’a rien à voir ? De personal branding et le fait de faire du marketing sur un fond parce que ça c’est un peu innovant aussi. Tu as plein de fonds, tu tu les vois pas trop communiquer, tu sais pas qui trop qui les gère derrière.
Alors ça c’est vrai, tu as raison. Je saurais pas trop te dire. Moi je l’ai jamais fait par avec un agenda particulier. J’ai toujours fait de manière organique parce qu’en fait je le sentais que j’avais envie. Temps en temps je vais me mettre sur une je vais poster un truc. Je vais rien écrire pendant 2 mois. Attends, attends, je vais me remettre à écrire pendant… c’est marrant, c’est pas calculé parce que… ou mais pourtant tu as… peut-être tu t’en rends pas compte, mais je pense tu as… vous avez dû faire plein de deals grâce à ça qui sont venus.
Ah c’est sûr, mais tu veux que… que tu aurais peut-être pas fait comme les 20 autres fonds que tu vois jamais, tu vois. Ouais, mais si tu vois, je communiquais beaucoup et qu’à côté de ça, quand les entrepreneurs me contactaient, j’étais pas de bons conseils, bon bah j’aurais pas des… moi. Ce qui me fait plaisir, c’est comme c’est la semaine dernière où je reçois un email d’un entrepreneur à qui j’ai mis une claque l’été dernier. Il a un business où pendant plus d’un an, il me dit : « Ah là là, on rentre plein de clients dans le pipe et donc on a beaucoup de côtes et donc tout ça, ça va nous générer beaucoup de chiffres d’affaires. » Et puis au bout d’un an, je dis : « Ben du coup euh ton chiffre d’affaires, il est où ? » Et elle me dit : « Non, non mais ça arrive, ça arrive, c’est un peu plus long. » Et puis je dis : « Écoute, en fait c’est des conneries ton histoire. Tu vois les tes clients qui sont tes prospects et qui depuis 6, 9, 12 mois te rentre aucun chiffre d’affaires. Euh soit ils se foutent de ta gueule, euh soit tu sais pas closer, euh soit tu as un vrai problème dans ton business model, surtout vu le type de client que tu adresses. » H et bah 4 mois plus tard, il m’appelle, il me dit euh bah ça y est, je fais cinq fois plus de chiffres et et merci pour la claque que tu m’as mise l’été dernier. Et ce call là, il a duré, je te jure, je me rappellerai toujours. C’était dans ma voiture. Ça a duré un quart d’heure ou… donc c’est la qualité de l’accompagnement et de ton choix des dossiers qui fait la qualité du fond évidemment. Et en fait d’ailleurs c’est une c’est une c’est une flywheel. Euh nous, notre job chez Kima, c’est de pas être proactif parce qu’on n’est pas capable d’appeler toutes nos boîtes du portefeuille. En revanche, c’est être réactif. Quand tu es réactif, tu demandes à un entrepreneur qui vienne avec une problématique précise à laquelle tu vas pas essayer de lui broder un truc. C’est soit tu as la réponse, soit tu as pas la réponse et qui va avoir un impact réel sur son business. Et donc je dis souvent notre job c’est de maximiser notre impact à la minute. Et moi si je peux régler un problème ou débloquer un truc chez un entrepreneur en 15 minutes plutôt qu’une heure, je suis content de le faire en 15 minutes.
Pourtant vous êtes pas lead sur les investissements, donc tu le fais vraiment de bon cœur si je puis dire, parce qu’en soit oui, tu es pas le lead dessus, donc c’est pas à toi de gérer non plus l’investissement, donc tu le fais parce que tu es proche des entrepreneurs. Mais ça crée aussi un problème où de temps en temps des entrepreneurs vont pas penser à te contacter justement parce que tu es pas lead. Hm. Et il faudrait peut-être parfois qu’on fasse l’effort de les contacter un peu plus ou de leur dire : « hésitez pas. »
Est-ce que tu aurais des anecdotes ? Il y en a une que tu racontais qui était que je trouvais amusante, c’est deux entrepreneurs qui t’ont appelé. J’ai bien aimé cette anecdote, et en fait, tu as senti qu’il y en a un euh qui allait [ __ ] l’autre. Je sais pas comment tu as senti ça d’ailleurs. Et en gros, le truc c’est avéré 4 mois après. Comment tu as pu sentir ça ? Parce que ça c’est dur à sentir quand même. Quelqu’un qui va en [ __ ] un autre. Je trouve c’est… tu peux tu peux voir des personnalités différentes. Ça tu vas nous en parler aussi parce que quand il y a des gens qui te… je pense tu dois avoir des gens… tu vois quelqu’un de très pragmatique ou quelqu’un qui se perd un peu dans ses idées. Ça ça doit être drôle à voir complètement.
Ouais, ça doit être drôle ce que tu en parlais aussi. Mais je veux bien cette anecdote de comment tu peux sentir un mec qui est pas qui qui est pas limité, qui est pas éthique quoi, limite donc je sais pas. Bon, déjà il y a des sujets d’incompatibilité viscérale. Tu as des entrepreneurs, des associés qui parlent la différence de leur caractère. Il y a même pas de complémentarité, c’est sur ça.
Frite quoi. Par exemple, euh, un entrepreneur extrêmement diligent avec un entrepreneur bordelique, c'est mort. Ah, ça marche pas ça. Ah non, non, le le dirigeant va péter un câble, il va se séparer du Bic. Euh, l'entrepreneur un peu verbeux, euh, qui est pas au tac au tac, qui est un petit peu lent sur les relances et tout, et celui qui à la gouache met du rythme et déglingue tout. Bah c'est sûr, il va sortir l'autre à un moment donné quoi. OK.
Et là, par exemple, il y a pas longtemps, bah c'était il y a pas longtemps, c'était il y a même pas six mois, on était avec Alexis et un entrepreneur qui qui s'associait sur un projet et juste avant, on avait reçu un mail de son associé. Le mail de son associé, il y avait rien. Il y avait dans le mail vingt mots. Immédiatement, j'ai dit à Alexis : « Alors lui, c'est sûr, c'est un gros con, et euh et son associé qui nous envoie pour qu'on le rencontre. C'est sûr, il va le [ __ ] » Je je c'était écrit et donc on rencontre le mec, il nous pitche le truc, le setup, euh euh l'organisation avec ses cofondateurs et tout. Je dis : « Écoute, je suis désolé, je bon, on va pas faire le deal parce qu'on aime pas trop la vibe quoi, euh, de ton associé. Mais surtout, je te le dis maintenant et puis on en reparle dans quelques mois, tu vas te faire [ __ ] Tu es chaud de l'avoir dit quand même parce que c'est dur d'avoir des certitudes sur ce genre de choses. Je trouve que tu te mouilles un peu quoi en faisant ça. » Écoute, je lui dis : « J'espère avoir tort si j'ai tort. C'est sympa de le partager en tout cas, c'est un tant mieux, tu vois. Mais bon, euh, tu mais tu as vu quoi dans le mail ? C'est ton intuition, c'est des mots, c'est tu vois tellement de mails en fait que ton cerveau c'est instantané en gros. C'est instantané en fait. Tu peux tu sais, tu pourrais même pas l'expliquer. Peut-être que c'est l'intuition de tu sais, on dit souvent l'intuition et l'instinct, c'est le fruit de l'expérience. »
Totalement. Donc en fait, c'était des neurones qui se connectent instantanément. Tu es tu as la certitude quoi. Ah c'est exactement ça. Et je te dis, il y avait deux il y avait deux il y avait littéralement deux phrases. Il y avait peut-être vingt ou trente mots dans l'email. C'est fou ça. Mais c'est un entre nous on est assez avenant donc c'est un entrepreneur. On nous contacte, cet entrepreneur, je dis : « Bah je suis ravi qu'on se rencontre, on peut se parler un peu quand tu veux. » Et en gros, l'entrepreneur me dit : « Bah euh si tu veux qu'on se parle, le mieux c'est que tu prennes un train et que tu viennes à Londres pour qu'on se rencontre. Euh mais je suis occupé mais ça me ferait plaisir qu'on se rencontre. » En fait, il y avait un truc un peu bizarre où à la fois il roulait des mécaniques et en même temps il essayait d'être poli, mais tu te rendais en fait ce que tu te rendais compte dans son email, c'est que le fait d'être poli pour lui était un effort intéressant. Et là, je me suis dit : « Ou là, tu es en pleine levée de fonds, le but c'est de créer des connexions avec des gens et tout et être poli est un effort, c'est weird. »
C'est marrant parce que dans le dans le milieu de la finance, les gens sont plutôt analytiques et quand je te parle, tu as tu as l'air d'avoir une intuition assez forte en tout cas et tu en parles et ça ça se ressent je pense parce que moi j'ai déjà vu plein de financiers dans des fonds et je suis pas sûr qu'ils savent décrypter ce genre de mail, tu vois. Ils vont tout regarder le Excel avec les chiffres. C'est des financiers, ils font du moi je fais de l'amorçage. Mes entrepreneurs, ils ont pas de business plan, ils ont pas d'Excel et ils ont très peu de chiffres. Donc la seule chose que je peux juger, c'est leur caractère. Et d'ailleurs, les trois choses que je juge immédiatement, c'est : est-ce qu'ils ont du rythme ? Un bon entrepreneur, c'est quelqu'un qui va vite, hein. Pas c'est quoi ? C'est c'est une fou, c'est quoi ? C'est une énergie, c'est la rapidité avec laquelle tu réponds à un email, la manière dont il répond et la manière tu vas prendre tes décisions et tu vois et avancer quelqu'un d'assez vif quoi. Ouais. Meilleur exemple, Alexandre Bois de Deal. Voilà, la boîte vaut je sais plus quelque part entre dix et quinze milliards quoi. Euh les plus belles boîtes ça je pense. Ouais, j'ai jamais vu un mec avec une énergie comme ça, ça existe pas. OK. Incroyable. Donc le rythme très important.
La deuxième chose, c'est l'adaptabilité. En fait, l'entrepreneur, s'il est trop buté et qu'il manque d'ouverture, qu'il est trop obtu dans sa vision du monde, euh, il va taper le mur, quoi. Et quelqu'un d'ouvert quoi, de se remettre en question. Quelqu'un à l'écoute, ça veut pas dire qu'il va tout suivre et cetera parce qu'à un moment donné les très bons entrepreneurs font des choix singuliers qui sont contre-intuitifs ou contre la vie du reste du monde et qui s'avèrent être payants mais qui savent écouter et traiter l'information. Donc donc l'adaptabilité super important. Et le troisième truc, c'est des gens qui savent s'entourer parce que quand tu es entrepreneur et que tu vois vous êtes deux cent cinquante, bah j'imagine que deux cent cinquante pour y arriver pour structurer ça, faut s'entourer. Tu fais pas ça tout seul, tu vois. Et c'est vrai que l'adaptabilité pardon dans ton dans ton dans les projets en site, c'est super important parce que j'imagine qu'il pivote plusieurs fois. C'est jamais le projet initial. C'est pour ça que c'est pour ça que je trouve ça intéressant parce que c'est peut-être jamais le projet initial qu'on voit à la fin dans ton domaine. Exactement comme Slack, tu vois. Slack c'est une boîte de gaming qui finalement a créé un outil interne de communication qui est devenu Slack. Ah je savais pas ça. Extraordinaire. Tu vois je savais pas que c'était une boîte de gaming à la base. La boîte avait levé quinze millions d'euros et était au bord du gouffre.
Est-ce que tu t'es déjà euh je suis désolé, je suis très curieux, mais est-ce que par exemple, tu as tu as déjà été euh euh tu as une connexion très forte avec des gens, une forte empathie et du coup tu as tu as un peu foncé tête baissée ? En fait, c'est l'inverse de ma question de tout à l'heure sur quelqu'un que tu as pas senti et tu t'es trompé sur la base d'un fit de ton empathie, de ta sensibilité trop forte avec quelqu'un, tu t'es un peu laissé séduire quoi, on va dire, ou tu arrives à rester froid ? Est-ce que quelqu'un de très intuitif, son problème c'est qu'il peut aussi peut-être manquer parfois, tu vois. Alors dans le passé beaucoup, ouais, j'ai parfois pris des décisions trop rapides sur des profils qui étaient pas les qui étaient pas les bons profils, maintenant beaucoup moins. C'est cool parce que tu te fais ta jauge au final là ça tu commences à à rouler ta bosse. Donc tu mets la jauge entre le l'intuitif, l'analyse tout tous les critères. Bonne décision. Ouais, puis je suis un fonseur donc je sais qu'il faut que j'arrive à me tempérer au moins temporairement pour essayer de reprendre un peu mes esprits avant de prendre une décision finale.
Tiens, ça me fait penser à une autre question que j'ai pour toi que je pose souvent. J'ai beaucoup réfléchi à l'esprit de compétition, euh l'aspect de la gagne. Et en fait, c'est c'est un truc de fou ce truc là parce qu'en fait et et tu vas rigoler à mon avis dans dans les anecdotes que je vais te partager. J'en ai parlé, mon dernier invité c'était Yomi Denzel. On en a parlé, il a ce truc là depuis qu'il est tout petit, il voulait être footballeur professionnel. Et et on se on plaisantait ensemble, on disait : « Putain, mais est-ce que toi aussi quand tu étais petit et que tu perdais, c'était un vrai problème ? » Et on rigolait de ça parce que moi j'ai aussi ça en moi. C'est-à-dire que perdre c'est ça a toujours été un vrai problème pour moi. Euh et j'ai réalisé que c'était pas commun quand en fait une connerie, tu fais un match de console avec un pote et en fait quand tu quand il perd, tu vois qu'il s'en fout. Et d'ailleurs pour compenser ça, moi j'avais développé un peu un vice. Je commençais à demander qu'il y ait des paris d'argent et cetera pour créer que les autres aient le même sentiment que moi, tu vois, pour euh et tu parles beaucoup toi de l'esprit de la gagne. Je sais que c'est quelque chose d'important pour toi. Euh tu penses que ça vient d'où ce truc là ? Parce que justement après toutes mes recherches et tous les invités que j'ai eu, j'ai toujours pas trouvé pourquoi il y a des gens qui naissent en l'ayant et d'autres qui ne l'ont pas. C'est qu'il y en a, ils sont pas compétiteurs dans l'âme mais mais vraiment c'est pas très grave la compétition. Voilà, c'est pas un facteur important. Toi, je sais que c'est important pour toi. Moi, c'est Ouais, c'est clairement mon moteur, c'est la compète. Mais c'est pas une compète contre les autres. C'est une compète contre moi-même. Euh, je sais pas t'expliquer pourquoi. Oui, mais c'est pareil au final. C'est un esprit de compétition face aux autres ou face à soi-même. C'est c'est une c'est une c'est la même énergie, je pense. Alors, perdre ne me dérange pas. Je je dis pas que je m'en fous, mais c'est pas ça qui me qui me qui m'émeut. Euh en revanche, je ne je ne fais rien euh sans avoir une réelle intention de le faire à fond, d'y aller, de gagner, tu vois, de d'y mettre toute mon énergie. Et j'aime l'apprentissage dans l'échec aussi. Donc en fait, au final tu t'en tires gagnant. Ce qui est juste, c'est tu vois l'intention que tu mets quand tu démarres quelque chose. Donc on peut déjà commencer avec ça. Tu vois la gagne dans ce sens là et d'où ça vient. Euh [ __ ] c'est une bonne question. C'est dur hein à analyser ça. Mais je pense que tu as l'esprit de compétition parce que moi j'ai un peu la même chose en fait. Quand tu te bats pour quelque chose, que tu mets toute l'énergie nécessaire pour arriver à quelque chose, si le résultat est négatif, tu vas pas mal le vivre parce que tu auras mis tous les moyens pour y arriver, tu vois. Pen C'est ça l'esprit de la compétition, tu vois. Ex euh et après le driver, moi par exemple, je déteste perdre mon temps. Si je perds mon temps, c'est parce que j'ai choisi de le perdre, tu vois. J'ai décidé de contempler, j'ai décidé de rien faire. C'est une décision qui est concrète, intentionnelle, dans laquelle je m'engage. Même si je dois me [ __ ] sur un hamac à rien [ __ ] je l'ai décidé. Mais rentrer dans une tâche, rentrer dans quelque chose et pas, tu vois, vivre ce moment à fond, je comprends pas.
Et d'ailleurs, j'ai je sais plus cette vidéo que j'avais vu qui m'avait fait marrer où la personne disait : « Tous les jours je te donne quatre-vingt-trois mille euros. » Par contre, à la fin de la journée, il faut que tu aies brûlé ces quatre-vingt-trois mille euros. OK ? Et tous les jours, je vais te redonner quatre-vingt-trois mille euros. Bah très rapidement, en fait, tu vas plus prendre conscience de ce que représentent ces quatre-vingt-trois mille euros. Tu vois, tu vas t'organiser pour qui ? Pour les brûler, pour les consommer, pour en faire quelque chose. Oui, tu vas un peu investir, tu vois, emprunter, je sais pas quoi, mais comme tu as la certitude que tous les jours tu vas avoir ces quatre-vingt-trois mille euros, la saveur qui représente en fait diminue enfin temps vers temps vers zéro. Une journée, c'est quatre-vingt-trois mille secondes. Je l'avais vu tous les jours on te rend ces quatre-vingt-trois [ __ ] de mille secondes, tu vois. Et qu'est-ce que tu en fais ? Et ben moi, je déteste me lancer dans quelque chose sans y mettre l'énergie que mérite chacune de ces secondes, tu vois. En tout cas, tu t'en fous de perdre quand tu as mis toute l'énergie nécessaire pour y arriver. Par contre, quand tu démarres un jeu, c'est pour gagner. Exactement. Ah, bien sûr, tu démarres pas sinon. C'est ça que tu dis. Euh, je démarre avec l'envie de gagner. Ouais, si tu démarres c'est pour gagner quoi. Mais par contre, il m'arrive souvent de démarrer des choses en sachant que la probabilité que je gagne est faible. Mais c'est pas grave si j'y ai mis tous les efforts pour faire le maximum.
Et alors, comment justement tu as réussi à reprendre le contrôle un peu sur ta vie d'une certaine manière ? Fait un peu question deep, un peu question de psychologue, mais euh quand tu es mal organisé, que tu arrives à écrire un livre sur le comment s'organiser, à devenir euh à devenir un sportif de haut niveau, pour moi, c'est haut niveau Iron Man, je le considère presque comme du professionnalisme. Euh c'est quoi les astuces que tu pourrais donner aux gens qui nous écoutent qui voudraient à un moment donné je pense qu'il y a plein de gens qui sont dans sa situation et je trouve ça ultra difficile le gab de passer de d'un état où tu actives un mode de discipline pour arriver à l'état suivant. Il faut une espèce d'énergie que tu as pas de base en fait au moment où tu as besoin de l'activer. C'est à ce moment là que j'ai du mal à comprendre comment tu arrives à activer ce truc là de discipline pour arriver à ton objectif quand tu es dans un état un peu d'habitude et un petit peu plus tranquille quoi, on va dire. [ __ ] c'est vraiment compliqué parce que si tu as pas de driver pour cranter ses habitudes, ses routines ou changer la manière dont tu fonctionnes, de toute manière tu vas revenir sur l'état initial dans lequel tu étais, quoi. Donc là-dessus, il y a pas de secret, il faut un driver. Moi, je vais Ça c'est un super retour. Je me permets de te couper mais aujourd'hui c'est un peu la mode du développement personnel et en gros tu as pas mal de de de je sais pas de gens qui te disent voilà faut mettre de la discipline de la discipline de la discipline, ils parlent pas des drivers mais au final tu peux pas forcer ta nature, je pense que tu reviens à l'état de nature si tu es pas discipliné de toute manière tu seras pas discipliné en fait tu vas pas t'inventer euh quelqu'un qui se discipline. Donc il faut que tu trouves des drivers, c'est important. Et après euh il faut aller chercher euh du plaisir dans dans cette discipline là. Et le meilleur moyen de d'aller chercher du plaisir, c'est de faire quelque chose qui fait pas mal au démarrage, qui est facile à implémenter et je sais plus quelle est la stat, je sais plus si c'est cinq ou dix semaines, mais au bout de cinq à dix semaines, en fait, ça s'inscrit comme une habitude. Donc va cranter juste une amélioration quotidienne sur ta vie. Ça peut être exemple bête, tu veux faire attention à ta ligne. Le réflexe de base, c'est tout d'un coup d'avoir un énorme plan nutrition, tu vois. Genre ah, j'ai un plan de nutrition. Non non, déjà arrête l'alcool en semaine ou arrête les féculents le soir ou concentre enfin tu vois ne prends aucune tartine de Nutella le matin. Pas besoin d'avoir tout un plan en nutrition. Évidemment le temps passe, il faut pas que que tu passes mille ans et tout mais déjà fais une chose, fais-le bien. Là tu vas prendre plaisir à te rendre compte qu'en réalité bah tu as pas beaucoup plus faim, que c'est une bonne habitude, que tu te sens mieux et puis tu vas une deuxième amélioration incrémentale là-dessus. Et cetera et cetera. Et moi en fait mon mon organisation elle s'est faite parce que c'est peut-être vingt actions qui tu vois mis bout à bout euh font que tu deviens une machine quoi. Mais tu as répondu à la question du coup c'est mettre un certain nombre de micros-actions, c'est pas se dire je gravis la montagne direct. Euh c'est que c'est Inoxag avec son documentaire qui a compris ça à vingt et un ans. [ __ ] il a compris ça jeune quand même. Mais c'est vrai que son son message derrière le documentaire, c'est des petits pas les uns après les autres. Et c'est vrai que c'est pas c'est un peu contre-intuitif au final parce que quand tu as un objectif, l'être humain, il veut directement dès le lendemain faire des trucs de ouf. Oui, il y a un autre truc aussi, c'est euh ce qui se passe immédiatement dans ton esprit versus euh le ressenti que tu vas avoir a posteriori. Euh l'envie d'arrêter, d'abandonner, de lâcher l'affaire, de faire ce petit caprice ou ce petit écart est hyper facile et avec une une gratification immédiate. Mais rappelle-toi que si tu suis ta discipline, si tu fais les choses bien, si tu vois tu en tu te forces un tout petit peu, tu vois, à suivre cette ce que tu t'es cette discipline que tu t'es imposé, la gratification a posteriori est bien plus importante. C'est comme un c'est comme un une séance de fractionné quand tu cours, bah ouais, les cinq fois un kilomètre à balle, ils font super mal et avant de les faire, tu as vraiment pas envie. Mais par contre la gratification a posteriori est dix fois plus importante à celle que tu aurais eu si tu t'es posé devant ton sur ton canapé pour regarder Netflix à la place quoi. Bien sûr. Donc ça c'est c'est ton hack à toi. C'est comme ça que tu arrives à à tu as réussi en tout cas à activer toute sa discipline autour de de ces projets, ce soit sur ton organisation ou là sur l'Iron Man, du jour au lendemain Iron Man à mon avis. Euh ouais mais tu vois le Iron Man, j'ai fait mon demi Iron Man la première fois c'était en mai 2023 et j'avais couru quatre fois avant et j'avais pas couru depuis dix ans. Et je fais mon full Iron Man trois mois et demi après avec un tu vois full Iron Man, tu as quand même quatre kilomètres de nage, cent quatre-vingts kilomètres de vélo et après tu as un marathon de quarante-deux bornes quoi. Et tu as eu vachement peu d'entraînement là pour ce truc. Ouais, je me suis quand même entraîné quinze heures par semaine pendant trois mois et demi et mais et puis je pense que j'ai j'ai la chance d'avoir des bonnes des bonnes dispositions. OK. Et ensuite euh zut, j'ai oublié un truc quand tu juste avant quand tu parlais d'Iron Man, discipline Run euh merde, je sais plus. En tout cas, ouais, tu as tu arrives à activer une discipline. En tout cas, je trouve que c'est une force que tu as euh parce que je trouve que ce qui est cool avec ce que tu arrives à faire, c'est que tu arrives à reprendre le contrôle de ta vie. Pour moi, c'est vraiment ça le message parce que ce soit un régime, se mettre au sport, bien s'organiser, enfin il y a un et une chose par personne, donc on veut tout se faire. Euh bah voilà, je trouve que ce déclic de mettre cette discipline pour y arriver et que ça devienne une routine, je trouve que c'est pas toujours simple. J'ai l'impression que tu arrives plutôt bien à le faire. Euh ouais, mais il faut trouver ses drivers, il faut vraiment trouver ces triggers, il faut savoir comment fonctionne. Le problème, c'est que moi je croise beaucoup d'individus et notamment de jeunes qui ne se connaissent pas. Tu peux pas évoluer si tu te connais pas. Je dis que c'est un fin psychologue parce que du coup tu vois quand tu vois quand là tu quand tu rencontres des entrepreneurs, tu essayes vraiment de savoir d'où ils viennent. Euh souvent je leur fais des remarques. Par exemple, j'ai un entrepreneur que j'aime beaucoup euh mais qui est qui est verbeux. Donc il va venir pour quarante-cinq minutes de rendez-vous. Au bout d'une heure, il peut tenir la jambe, il a pas vu qu'il y a une heure qui s'est écoulée, qu'on a cramé quinze minutes et moi ça me rend ouf, hein. Bah à un moment donné, cet entrepreneur, je veux dire : « Écoute, faut que je te dise quelque chose, comme tu es vachement verbeux quoi. Et quand tu es verbeux, j'imagine que ça te permet toi, tu vois, de de réfléchir et d'avancer dans ton projet et tout mais en même temps, il faut que tu te reconcentres sur l'essentiel et il faut que tu arrives à faire le le c cette élastique entre les deux. » Et ben l'entrepreneur à qui tu dis ça et à qui personne n'a jamais osé lui dire ça, tu vois, il est trop content. S'il est pas trop susceptible, il sort de là, il dit : « Ah bah merci, personne me l'avait dit en fait. Tu as raison. Je suis con. » S'il est intelligent, ça va beaucoup l'aider. S'il se braque, c'est que c'était pas on s'en fout. Sera pas ton copain. C'est cool en tout cas que tu donnes des insights aux entrepreneurs. Je pense qu'on on en a besoin quand on se lance. Euh et euh et non, c'est je pense que c'est important. Euh ça m'a fait oublier ma question ce truc là. Moi aussi. Euh on a tout oublié. C'est pas moi qui suis jetlag hein. C'est moi qui suis jetlag, en pas toi qui tu viens de New York et c'est moi.
Qui ? Qui a oublié les questions ? Non, c'est c'est passionnant. Moi, je trouve enfin le je trouve que tu as tu as franchement un métier incroyable, le fait de rencontrer autant d'entrepreneurs.
Euh non, j'avais d'autres questions un peu techniques. Euh oui, est-ce que tiens c'est ça, j'ai retrouvé. Est-ce que tu fais des tu vas loin un peu dans les tests de personnalité ? Parce que il y a des gens qui me parlent souvent par exemple des couleurs sur les gens et cetera, genre je sais pas si tu l'as vu ce test avec les couleurs rouges, jaunes et cetera. Moi, je trouve que je suis pas fan de ces trucs-là parce que j'aime pas trop mettre des étiquettes sur les gens, pour moi. Tu vois, c'est un peu plus complexe la personnalité de quelqu'un. Elle est plutôt multicolore que juste une couleur.
Euh et j'ai l'impression que pour toi, quelqu'un qui est trop verbeux par exemple et peut-être pas assez vif et pragmatique, c'est un vrai red flag. Enfin voilà, au niveau des tests de personnalité, à quel point tu vas loin et à quel point tu as des red flags instantanées ? Moi, je fais pas de tests de personnalité comme tu dis rouge, bleu, vert, caméléon, chameau, je sais pas quoi. Mais tu avais pas vu passer ça ? Non. Genre bleu c'est analytique ? Plein, j'ai vu plein plein. Mais parce que verbeux ça serait dans mon truc. Je crois que c'est jaune dans le truc. C'est des gens qui aiment bien dans la discussion, qui aiment bien dans une dans une réunion que attirer la lumière, faire un peu des blagues, cette personne un peu sociale. Euh mais par contre si tu lui demandes de d'organiser quelque chose et cetera, il va être moins bon quoi, tout de suite, tu vois.
Ouais, mais le problème de ces tests de personnalité, c'est qu'en fait personne n'a de défaut. Tout le monde n'a que des qualités dont il faut savoir tirer prof. Je déteste ça. Moi, j'aime bien, tu vois, voir les forces et les faiblesses des gens et pas avoir cette espèce de truc 360. En fait, tu vois plus clair euh en revanche, ouais, il y a des il y a des il y a des il y a des red flag. Les red flags, c'est ceux qui te disent des choses que tu ne comprends pas. Et tu as beau leur répéter la question pour qu'il s'exprime intelligiblement, avec des questions simples, hein. Le fait de pas comprendre ce qu'ils te disent alors que tu leur as posé des questions simples, ça m'inquiète vachement. Euh peut-être avec le stress aussi, peut-être ils peuvent perdre leurs moyens.
Oui, mais c'est pour ça que quand je suis avec un entrepreneur, je lui demande jamais de me présenter sa boîte, jamais de me sortir un deck. C'est moi qui pose des questions, c'est lui qui réagit en face. Parce que mon job, c'est d'interviewer des fondateurs. Je fais ça euh 15 20 fois par semaine. J'ai pas demandé à un entrepreneur de se pointer, de me faire un one man show en fait, tu vois, ce serait le mettre dans la merde potentiellement. Et du coup, tu aurais ça biaiserait ton avis parce que s'il est stressé, il perd ses moyens. Du coup, tu as pas la vraie personne en face de toi et toi tu prends un juge, tu vas tirer un jugement d'une situation où il exprime pas bien ce qu'il fait. Donc moi, mon job c'est de les mettre à l'aise, évidemment des pièges. Par exemple, je vais dire à un entrepreneur que je connais pas euh raconte-moi ta vie, ton œuvre et je vais voir celui qui va rapidement aller au but et celui qui va me passer 1000 ans sur son expérience précédente et qui va pas comprendre qu'il faut qu'on avance parce qu'on a que 20 minutes quoi.
Euh après, je vais regarder comment les entrepreneurs réagissent quand je les coupe pour passer sur un autre sujet. Euh c'est pas mal ça le côté découpé parce que je sais qu'il y a des personnalités qui réagissent super mal à ça. Exactement. Euh je vais les provoquer sur des questions euh alors il y a des questions qui sont provoquantes, tu regardes comment ils réagissent et des questions qui sont connes, tu regardes comment ils réagissent, tu vois. Donc des questions qui sont bateau et en fait dans l'entrepreneuriat, il y a pas de questions bateau parce que les plus grandes réponses se trouvent justement dans ces [ __ ] de questions bateau. Tu vois, c'est quand tu es avec un de tes avec un de tes tes collaborateurs et qui t'explique quelque chose et tu sens qu'il y a un loup, tu sais pas, c'est comme le pisciniste, ce [ __ ] de pisciniste. Moi chez moi qui m'a dit là j'ai 1 m 80. Je dis non, il y a pas 1,80 là, il y a 1,60 là, pas 1,80. Regarde, je me debout, il y a pas dit "Non, non mais fais-moi confiance, tu vois." "Non, non, mais je te jure, il y a pas 1 m 80." Et bah, il coule sa piscine et on fait le calcul après. Il y a pas 1,80, il doit tout recommencer. Et en fait quand tu as une intuition, quand tu es entrepreneur sur un truc un peu bateau, euh tu creuses quoi. Et donc moi, je cherche ça. Je trouve que c'est le propre des gens intelligents que j'ai rencontré, c'est qui posent des questions bateau.
Moi, c'est marrant mais justement je trouve que c'est il y a beaucoup de gens qui trouvent ça qui peuvent être condescendants et cetera et souvent les gens qui ont beaucoup réussi, je dis très intelligent, mais qui ont aussi beaucoup réussi en fait vont poser des questions voilà assez assez basiques, assez bêtes, mais c'est là qu'on est dans le réel aussi je trouve. Et les gens ne le font pas souvent parce qu'ils ont peur que que ça que ça n'élève pas le débat, de passer pour des idiots ou le fait de b zut, j'aurais dû comprendre mais j'ai pas compris. Si j'ai pas compris, c'est peut-être moi qui suis bête. Non non, si tu as pas compris, c'est peut-être qu'on te l'a pas bien expliqué. Redemande quand même. H ouais. Non, c'est [Musique] c'est intéressant. J'ai une autre question pour toi.
Euh donc les pitch deck, il te les présentent ou pas pendant la présentation ? Jamais jamais jamais jamais. Je demande pas de pitch deck pendant les calls, je le demande après ou avant. Est-ce que tu aurais des tips pour savoir comment faire un bon pitch deck ? Bah un bon pitch deck, c'est cinq grandes parties, hein. La première, c'est sur la problématique. Euh c'est compliqué la problématique parce que c'est vraiment les trois premières slides du produit. C'est là que tu instaurees un climat de confiance avec l'audience. Et ce qui est difficile, c'est que si tu parles d'une problématique sur laquelle ton audience n'accroche pas ou sur laquelle ton audience n'est pas d'accord, tu vois, avec le postulat, il faut résoudre le problème et cetera, en fait, tu as perdu la confiance de l'audience genre à la première minute. Donc ça veut dire que c'est c'est ça va être compliqué de motiver les personnes par la suite. Donc il faut vraiment arriver à moi je dis à attraper les gens sur les trois premières slides. Et les trois premières slides, c'est toujours quel est le problème ? Pourquoi il a pas été résolu ? Et donc en répondant à cette question-là sur le pourquoi il a pas été résolu, tu vois, tu as un début de réponse quoi. Et souvent c'est lié à un gros postulat de marché, un gros chiff, à quelque chose d'un peu important. Et quand tu l'exprimes à quelqu'un qui n'est pas du secteur, tu vois, se dit "Ah ouais, [ __ ] c'est intéressant ça, je savais pas." Tu vois, c'est pour attirer l'attention ce truc-là. C'est obligé, tu es obligé, tu es un tu attir l'attention sur quelque chose qui est compréhensible, qui te donne envie d'aller plus loin, tu vois, et sur lequel tu as envie d'être d'accord. Tu dis "Ah ouais [ __ ] !" "Ah ouais, c'est vrai." Genre et tu veux savoir plus. Là, tu as l'attention de la personne et tu peux adresser la partie produit. Et la partie produit, c'est toujours qu'est-ce que je développe comme produit, hein. Et donc, je te montre, c'est visuel, c'est c'est et à la fois, il faut que je te montre que c'est complet mais concis à la fois. Tu vois, c'est toujours c'est un exercice compliqué ça.
Et ensuite, tu as la proposition de valeur versus la valeur perçue. La proposition de valeur, il y en a qu'une dans une boîte. Quand tu es Uber, tu dis "Bah, moi, j'emmène les gens du d'un point A point B. C'est et aujourd'hui la la progression de valeur du beur est même plus high level que ça, c'est Urban City Grid, tu vois gros emerdau. Euh mais la valeur perçue c'est toutes les raisons pour lesquelles les gens vont acheter ton produit. Pour un Uber, c'est parce que tu as litié en temps réel, c'est parce que tu as pas besoin de sortir de cash, c'est parce que le chauffeur est sympa, c'est parce que il y a de l'eau dans la bagnole, c'est parce que tu peux choisir ta voiture, c'est parce que c'est plus facile pour tes expens. Je sais pas, il y a plein de raisons. Euh donc première partie problème, deuxième partie le produit, 3ème partie le marché. Marché c'est quelle est ta cible, tu vois ? Et souvent quelle est ta cible la la plus petite cible que tu adresses et comment tu l'élargis. Euh ensuite comment tu te positionnes par rapport au compétiteur ? Alors le piège c'est souvent de se mettre en haut à droite d'un graphe où tu dis "Moi, j'ai plus de features et je suis plus ceci cela." Mais en fait, ça n'apporte aucune serveur particulière. En vérité, il faut rester du point de vue de l'entreprise où tu as un personnage que tu vas servir, c'est tes clients et tes clients. Il y a ton produit mais il y a aussi d'autres produits potentiels qui sont pas forcément d'ailleurs pile dans ta cible, qui sont peut-être adjacents sur par exemple, tu prends Uber, bah l'individu va se déplacer d'un point A un point B. Il peut utiliser transport en commun, c'est la concurrence. Il peut utiliser un autre taxi, un taxi, c'est la concurrence. Il peut utiliser sa propre voiture, c'est la concurrence, tu vois. Et donc où est-ce que tu te positionnes par rapport à ce truc tout bête de on va d'un point A point B, qu'est-ce que j'utilise ? Et puis ensuite, tu as secret de sauce face à ça. Qu'est-ce qui te différencie ? Je prends un exemple Divro. Quand Divro est arrivé sur le marché en France, à l'époque, il y avait pas encore Uberit mais il y avait Fudora, il y avait plein d'acteurs qui qui Takitizi, je crois des gens comme ça qui sont arrivés sur le marché et tu demandais pourquoi est-ce que Divrois a gagné par rapport aux autres ? Le truc qui paraît tout con mais la secrète source de Daily c'est que ils étaient reliable. C'était à l'heure. Quand tu commandes un burger et qu'on dit qu'il arrivait dans 23 minutes, il faut pas qu'il arrive dans 25 minutes, il faut qu'il arrive dans 23 [ __ ] de minutes. Parce que déjà les 23 minutes, ça te fait chier, tu as la dalle, tu l'as commandé, tu as faim. Si en plus tu dois attendre 10 minutes de plus, tu es à cran quoi. Et en fait des livro, c'était le service de livraison de bouffe le plus reliable. Ils avaient moins de restoy mais ça marchait mieux. Ils avaient moins de réseau moins de resto que Fudra mais ça marchait mieux. Et donc les gens utilisaient toutes les services avec les coupons puis à un moment donné ils switchaient sur celui qui était qui marchait mieux et c'était que le plus gros point du coup d'un business c'est pas celui le plus évident d'une certaine manière.
Exactement. Ça c'est dur à trouver. Du coup c'est le problème il faut se remettre du côté du du client final. Et ce qui est difficile aussi, c'est Yomi qui m'a expliqué ça, c'est que ce que verbalise le client quand tu fais une étude de marché de ce qu'il attend n'est pas forcément le problème qu'il faut régler qui doit être les gens ce dont ils ont envie n'est pas forcément ce dont ils ont besoin.
Ce OK. Ouais. Ah moi je veux Non non non, tu as besoin d'eux. C'est pas pareil. Il y a ça. Ouais. Non, il y a ça aussi. Ouais. Ça rejoint le fait de que le le le problème à résoudre reste caché du coup parce que il suffit pas d'aller voir le client lui demander tu peux pas il faut lire il faut le trouver. Toi ton job c'est poser les questions qui lui permettra de trouver la réponse qu'il avait pas trouvé lui-même. Voilà c'est ça parce que c'est comme le coaching d'ailleurs tu vois les gens n'ont pas la réponse. Enfin ils ont la réponse chez eux mais ils sont incapables de la verbaliser eux-mêmes. C'est ton job de sal d'aller trouver cette réponse là. J'ai l'impression que c'est important d'être intelligible en tout cas qu'un suit de communication pour lever défense c'est-à-dire juste être clair précis faire un deck j'allais dire bête et méchant mais d'une certaine manière faut pas rendre les choses trop complexes non plus pour vous ce que vous en lisez beaucoup à ce sujet là un petit peu c'est-à-dire que est-ce que tu as un sentiment intelligibilité c'est critique ok c'est l'un des facteurs numéro 1 et c'est d'ailleurs ce qui fait quand on reçoit un mail qu'on est plus ou moins enclin à prendre un rendez-vous avec un si tu comprends pas assez bien le mail tu réponds pas parce qu'en fait c'est pas enfin tu réponds pour dire que c'est pas pour toi parce que tu réponds à tous les emails mais je prends pas le rendez-vous. Mais donc tu vois, tu as problème produit marché et après tu as les deux dernières parties qui sont une partie data où je te donne comment je distribue, comment je vends le go to market, le business model, mes chiffres à date et tout. Une dernière partie sur l'équipe où quelles sont l'équipe, quel est mon plan à venir et enfin ce que j'ai fait et ce que je vais faire.
Et c'est quoi les valots sur lesquels vous rentrez du coup ? Parce que vous êtes vraiment au début, c'est où c'est le plus risqué au moment où vous arrivez ? Ça peut aller de 2 millions d'euros à 20 millions d'euros. Ça 20 millions d'euros sur le premier tour. Ouais, il y en a malheureusement. Ça existe ça. Ouais. Ouais. J'aimerais bien que ça n'existe pas mais ça existe. Ça existe quand même. Euh Ah ça ça doit être assez fou. Par contre vous donc vous l'avez déjà fait plein de fois et c'est assez frustrant parce que c'est pas les boîtes sur lesquelles tu vas gagner le plus d'argent. Mais bon si un jour tu fais x 10 tant mieux. Et j'avais une question par rapport au valot. C'est quoi ta vision du marché ? Parce qu'on à un moment donné, il y avait une étude qui était sortie qui montrait qu'il y avait aucune boîte en France, je crois, pendant une année qui s'était vendue à plus de 50 millions d'euros, je crois. Et donc du coup ça peut poser une problématique euh qu'est-ce que les fonds ont en tête quand ils investissent sur des boîtes en France qui sont valo plus de 50 millions alors que si tu regardes par exemple sur les deux dernières années, s'il y en a eu qu'une qui a été vendue à à cette valeur-là, c'est c'est de c'est finalement de surfer sur le prochain fond qui va rentrer sur encore une autre valo parce que tu as probabilité de sortir à plus de 50 millions s'il y en a jamais dans la tech qui s'en vendent à ces montants-là.
Ouais, en même temps, si tu fais ce parallèle-là, en fait, tu fais plus de Paris, quoi. Tu investis dans tu investis plus dans rien. Moi, je me rappelle en 2015 quand je suis rentré chez Kima, on m'avait dit "On vend pas de boîte à plus de 100 millions en France, c'est impossible." Et ben en 2016, on a vendu Capitaine Train à 300 millions et en 2017, on a vendu une autre boîte Zenle à 200 millions et tout d'un coup, tu avais fait deux des plus gros exites des dernières années. Est-ce que vous avez les meilleurs ? Parce qu'en fait s'il y avait pas peut-être beaucoup d'autres je pense demain d'aujourd'hui c'est 200 millions. Demain c'est 1 milliard ou 5 milliards il y en aura. Et alors vous quand vous investissez ensuite vous restez dans la boîte ou dès le prochain tour après on vous rachète et vous sortez ? On essaie de rester le plus longtemps possible parce qu'en réalité tu as un facteur qui est de une très belle boîte dans ton portefeuille. Il y en a peut-être deux ou trois. Ces belles boîtes vont mettre 5 à 7 ans pour valoir 1 milliard d'euros. Mais admettons peut-être 500 mais mettons 20 milliards d'euros. Elles vont mettre 3 ans à redoubler de valeur, passer de 1 à 2 milliards et elles vont remettre 2 ans à redoubler de valeur. Puis peut-être encore 2 ans à redoubler de valeur. Donc en fait, tu as fait tout cet effort d'attente pendant 7 ans et je te dis attention sur les 4 à 5 années à venir, tu vas faire quatre fois la mise que tu as déjà faite sur les 7 premières années. Bah tu lâches pas le truc. Donc oui, peut-être que cette boîte-là va au tapis, que ça marchera pas, que ils vont pas doubler de valeur tous les de 3 ans et cetera. Mais en fait, tu regrettes euh très rarement de pas avoir vendu une position dans une boîte. Alors alors qu'à l'inverse, tu regrettes d'avoir vendu trop tôt une boîte qui vaudra demain très très très cher. Puis vu vous comme vu que vous en fait faites beaucoup, le but c'est qu'il y en a une qui sort du lot. J'avais lu un enfin j'avais vu un investisseur américain business angel qui avait une stratégie. Tu dois forcément le connaître toi. Moi je je me rappelle plus. Mais en gros lui sa stratégie c'était de mettre plein de tickets donc comme vous. Et derrière une vu qu'il rentre au premier tour donc il rentre vraiment sur la valo la moins cher et une fois qu'il a la donnée donc là il a plus de de matière pour prendre des bonnes décisions et une fois qu'il a les données sur les meilleures boîtes là il consolide les meilleures boîtes en remettant en pot systématiquement sur celle qui marche. Est-ce que vous faites ça c'est vous faites 100 boîtes et sur les 10 qui marchent là par contre vous les suivez vous remettez on le fait pas avec Kima pour deux raisons. Après parce que les entrepreneurs, notre engagement vis-à-vis d'eux c'est de pas être un poids sur leur captable. Donc si tu mets de l'argent et que tu veux remettre derrière en fait, tu les tu les amputes de la possibilité de faire rentrer quelqu'un d'autre parce que tu piques la location à quelqu'un d'autre. Donc c'est chiant. La deuxième chose, c'est que ça envoie du signal au marché extérieur. Les gens savent quelles sont tes boîtes préférées parce que c'est celle que tu refinances. Donc c'est pas cool pour celles qui sont pas refinancées. Et la troisième truc, c'est un sujet de défiance vis-à-vis des du portefeuille. Euh en fait, réinvestir, c'est comme une date. Euh tu vois, je te je t'invite pour une date en première une première fois. Tu me dis oui, tu me dis non. C'est une première date, c'est pas grave. Si on va dîner et que une semaine plus tard, je te rappelle, je te dis viens, on se refait une date et tu me dis non. Bah mon c'est de te dire attends euh c'était pas bien la semaine dernière, pas passé un bon moment. Et donc en fait, tu veux pas créer ça chez les entrepreneurs. Donc notre game c'est d'investir qu'une seule fois.
OK. Non mais j'ai l'impression que ça avait l'air assez payant cette strat de consolider les meilleurs dossiers point de vue financier. Je pense que ça fonctionne mais sur un game très long terme tu vas financer 2000 3000 boîtes je suis pas sûr. Et c'est quoi les secteurs dans lesquels vous investissez ? Si par exemple demain il y a un agriculteur qui vient qui a une super idée, est-ce que vous pourrez le financer ou non quand même c'est très tech. On investit que dans les sujets vraiment tech. On fait très peu ou pas de brick and mortar. On va pas faire de hardware, c'est très dur. On va pas faire de biothèque parce qu'on y comprend rien. Vous faites pas biotech ? Non. Et infrastructure compliqué aussi. Biotch c'est le plus risqué tu dirait. J'ai l'impression que c'est le plus risqué. C'est qu'il faut financer des années avant de Je pense qu'il faut une sacrée expertise pour faire de la bibliothèque à la fois en portfolio construction sur le réseau, sur type de boîte que tu fin. C'est compliqué et puis tu te fais beaucoup diluer. Ce qui est cool aussi c'est que la biothèque ça peut toucher bah la médecine parfois. J'ai reçu une boîte ici qui s'appelle Cure 51. Peut-être tu l'as vu passer mais c'est sur voilà le projet c'est de pouvoir guérir le cancer grâce à voilà on est investisseur de CUR 51 donc c'est particulier mais ça coche à la santé aussi c'est de la biodata tu vois c'est la biothèque/data OK je me dis ce qui touche à la santé c'est toujours cool aussi ouais on fait beaucoup de trucs de santé mais on fait
Pas le soin, on fait pas, on va pas financer un vaccin ou ouais ou un médicament. C’est quoi ce qui les, les secteurs qui vont le mieux marcher, tu penses, dans les prochaines années ?
Euh, là, en ce moment, c’est l’intelligence artificielle. J’imagine que tu vas nous en parler, mais c’est partout l’intelligence artificielle, hein. Donc c’est à la fois un play horizontal, un play très vertical. 100 % des business, en fait, demain fonctionnent avec l’intelligence artificielle. C’est ça qui est cool, ça. Ça va créer plein d’opportunités, j’imagine, pour les fonds, parce que le nombre de, de niches qu’il va y avoir, tu vois, tu peux créer pour optimiser, je sais pas, un truc de recrutement, des trucs de stock, enfin après l’accessibilité de l’intelligence artificielle fait que pour chaque secteur, il va y avoir à peu près 100 concurrents en même temps, et donc comment est-ce que tu détermines quel est le gagnant, tu vois, sur cette niche ? C’est quand même pas facile.
Tu vois, on parlait de tout ce qui était stratégie de contenu tout à l’heure, dans un de tes pôles chez toi. Ben ça, c’est typiquement le genre de, de vertical sur lequel l’intelligence artificielle fait des miracles, quoi, en terme de gain de productivité, de qualité du contenu, de défrichage d’information, de synthèse. C’est ça touche même l’industrie du cinéma, je crois. Enfin, ça va potentiellement toucher l’industrie du cinéma.
Ah, c’est certain. Euh, demain, euh, il n’est pas impossible. C’est même sûr qu’un enfant génère son épisode de dessins animés de A à Z en fonction de sa personnalité, de ses préférences, pour maximiser le retour cognitif du, tu vois, du contenu qu’il va regarder. Ça, ça, aucun doute, c’est sûr, ça va arriver. Euh, ouais, des studios, des studios de cinéma, mais basés sur l’IA qui créeront des films. Ouais. Ça va être dingue. Donc tout, tout va passer par l’IA demain, sans exception.
Moi, je l’utilise tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Quand je sors d’un rendez-vous, euh, je me fais une note vocale et sur un outil qui s’appelle Notice NIS. Et automatiquement, ça me le synthétise, ça me le met dans un, dans une collection de rendez-vous, et à la fin de la semaine, je peux dire « Fais-moi un wrap up du nombre de rendez-vous que j’ai fait, de ce qui est ressorti, de qui est le plus important », et c’est incou. C’est trop bien, ça.
Et tu vois quoi d’autre comme secteur ? Est-ce que vous faites un peu de web 3, parce que moi j’ai la conviction, j’investis en tant que business angel, que le web 3, je trouve ça un peu péjoratif, je préfère utiliser le mot blockchain, j’aime bien, c’est la technologie qui est derrière. J’ai le sentiment que la technologie, elle peut vraiment être puissante dans plein d’industries. Là, j’ai investi dans une boîte qui s’appelle Intercellar, euh, qui est une, une société qui va utiliser la blockchain pour prouver l’authenticité, notamment des bouteilles de vin. Faut savoir que, parle en Asie, je crois que si tu achètes une bouteille de Château Petrus, tu as plus de 50 % de chances qu’elle soit une fausse, tu vois. Et je me dis la blockchain, par exemple, c’est un use case énorme pour le vin, mais j’imagine qu’il y en a plein d’autres. Voilà. Est-ce que c’est une, cette technologie-là vous intéresse, et le web 3 peut-être plus globalement ?
Nous, on a beaucoup investi dans les sujets web 3. On continue, on continuera. La difficulté que tu as eue, c’est tous les comportements opportunistes des dernières années qui ont un peu salopé le marché, quoi. Euh, mais en vérité, c’est, enfin, c’est comment dire, euh, c’est quoi le bon ? Beaucoup dilué. Il y a beaucoup de dossiers, du coup ça vous… Non, non, non, il y a des dossiers de très bonne qualité, mais en fait, pour te dire, j’ai perdu mes mots, euh, c’est, euh, ce sera impossible de faire autrement, quoi. De toute manière, le web 3 rentre dans nos vies et il va devenir aussi, enfin, ça va être partout, surtout avec Trump qui vient de passer président là. Ça va participer à, à cet écosystème, ce qui va se passer avec ça, ça va être, j’ai que ça devient un enjeu aussi, euh, bah économique, géopolitique, cette monnaie-là, elle peut, enfin avec le Bitcoin notamment. Je pense que, alors il y a, il faut bien faire attention, parce qu’il y a la partie monétaire, euh, des cryptos et la partie applicative de, de la blockchain. Moi, je n’ai pas la compétence et la compréhension claire de la partie monétaire. Je crois que très peu de personnes finalement l’ont, euh, et donc je me concentre seulement sur la partie applicative.
Je OK. Oui. Non, c’est ce dont je te parlais sur la technologie. Donc ça, tu penses que ça va, ça va vraiment… Ah, c’est une lame de fond qui partira pas, c’est pas possible. Donc IA et blockchain, on va dire, ça va être des sujets, et peut-être l’IA avec la blockchain là, pour le coup, tu peux faire des trucs, euh, énormes, intéressants. Bah tu vois là, l’histoire du vin par exemple, c’est une industrie, en fait, la blockchain c’est la seule nouvelle technologie qui te permet de, de retracer un produit et de l’authentifier. Euh, pour le coup, ça c’est une vraie innovation technologique. Avant, on pouvait pas le faire sans la blockchain, tu vois.
Ouais. Bah, tu pouvais le centraliser, c’était moins sécurisé, quoi. Tu pouvais le centraliser, mais c’était moins sécurisé du coup. OK. D’autres secteurs ou pas pour les, les… Non, tu sais, on est curieux, donc on rencontre des entrepreneurs qui nous pitchent des trucs, dans lesquels on aurait pas mis un copec ou dont on avait aucune idée, et qui nous fascinent quand il nous en parle. Et moi, j’aime bien dire que les meilleurs deals que je fais, c’est quand le génie rencontre l’évidence. Quand j’ai un entrepreneur qui me parle d’un problème auquel j’avais jamais pensé avant ou qui me faisait royalement chier, que je trouve fascinant quand il m’en parle et dont la solution sur laquelle il est en train de bosser me paraît à la fois brillante et évidente. Et là, c’est irrésistible, en fait, espèce de « Wow » effect. Tu dis « Ah [__ ] Ouais, c’est un alignement des planètes.
Et ça t’arrive d’avoir un pitch d’un truc, genre un truc que tu as jamais entendu parler, c’est que tu le découvres au moment où tu reçois le deck et de, voilà, de rentrer dans le dossier et de finaliser, de finir un investissement dans un truc que tu connaissais même pas ?
Bien sûr, tout le temps. OK. Ouais. Donc ça, c’est ça qui est cool. Tu dois te mettre dans un nouvel, dans une nouvelle industrie. Ça, ça génial de découvrir un truc que tu connaissais… Tu savais même pas que ça existait avant. Ça se trouve. Fascinant.
Et alors, j’ai pas le… je suis en train de réfléchir quel serait le dernier deal en date comme ça. Si, [__ ] j’adore. Euh, il y a 3 jours, ouais, c’est ça. Euh, je discutais avec un garçon qui s’appelle Ben, qui est fondateur d’une boîte s’appelle euh ReS, R E C E 2 S. Euh, et il me parle de tout ce qui est homeschooling aux US. Donc homeschooling, donc c’est les gens qui apprennent à la maison et pas à l’école. Euh, c’était une personne, un individu sur 100, il y a 5 ou 10 ans. Un enfant aujourd’hui, c’est 1/… croissance. La problématique de ces enfants-là, c’est que ils ont des cursus qui sont assez rigides, qui sont peu personnalisés, avec un aspect social qui, en fait, est assez malheureusement dégradé par rapport à l’école. C’était le CNED en France ou pas, l’équivalent à un moment donné ?
Exactement. Le CNED, tout à fait. Et eux, ont développé cette plateforme qui, à la fois, permet aux enfants de découvrir de nouvelles applications pour apprendre, qui sont validées par les parents, et en plus de se connecter avec des gens de leur âge dans des groupes pour se sociabiliser. Hm, moi je connaissais pas le marché du homeschooling. J’ai mis du social schooling, un peu social schooling, ça. Social homeschooling, tu vois. Et ça, et je me dis [__ ] je connaissais pas le marché, c’est fascinant. Quand il montre sa solution, je lui dis genre « Ça tue ! », et une demi-heure plus tard, bah en fait, tu as envie de signer le deal, quoi.
Je suis sûr que tu as plein de billets maintenant. C’est que dès que tu es dans un dîner entre amis ou quoi que ce soit et qu’on te parle d’un, d’un, d’une industrie, tu as forcément vu un deck passer. Donc je pense que tu as toujours une référence. Tu vois ce que je veux dire ? Par exemple, te dit « Ah, mon… je te dis une connerie, ah moi mon fils il va faire le CNED ». Tu peux lui dire « Putain, j’ai vu cette boîte-là, regarde, tu peux t’inscrire, ça. »
Tu dois avoir pas mal de… tout le temps, tout le temps, tout le temps. Petit rebond là-dessus qui doit être marrant, qui doivent amuser tes proches. Euh, en tout cas, merci pour ta transparence. J’espère que j’ai pas été trop intrusif dans mes questions techniques, mais c’est cool, je pense les gens vont pouvoir découvrir un peu comment Kim Adventures fonctionne, de l’aventure. Je challenge sur les Carirides et cetera. C’était sympa.
Pour finir, peut-être une petite anecdote. Tu peux peut-être nous partager l’anecdote de, euh, peut-être de comment tu as rencontré Xavier Niel et comment… Il y a une anecdote que je trouve géniale, que tu racontes beaucoup dans les podcasts, mais moi je voudrais bien que tu la répètes pour les, pour les gens, c’est le jour où tu as pris l’avion.
Bien sûr, je trouve ça… cette anecdote, elle m’est restée depuis longtemps. Bah, tu sais, les gens te demandent toujours « Il est comment Xavier Niel ? Est-ce que c’est comment Xavier Niel ? » Euh, et peu importe ce que tu leur dis, bon, de toute manière, ils te croiront, ils te croiront pas. Ce n’est que ta parole et c’est facile de dire de la personne avec qui tu bosses depuis 10 ans qu’elle est géniale, tu vois. Dans ce cas-là, faut être tiré, quoi. Euh, et donc je me suis toujours posé la question quelle a été l’anecdote la plus, la plus marquante à son égard ?
Il y a… c’était quand ? C’était début 2020, juste avant le Covid. On était un mois avant le Covid qu’on part à San Francisco, euh, passé euh quelques jours, lui avait un board important d’un gros fond d’investissement. Euh, moi je le… j’en ai profité pour sauter dans l’avion avec lui, faire mes rendez-vous, et puis il était avec quelques collaborateurs, dont une collaboratrice s’appelle Oud, qui était avec nous. C’était, c’est la première fois que… c’était les débuts avant qu’elle soit embauchée, euh, Haute Duran, et on part à San Francisco, on fait chacun nos rendez-vous de notre côté, et puis à un moment donné, 3 jours après, moi je repars pour aller retourner dans, dans l’avion, donc dans son avion. Euh, et arrivé là-bas, je m’installe et je reçois un texto de Xavier qui me dit « Je passe chez In-N-Out ». Donc In-N-Out, c’est des burgers californiens qui est quelque part entre le Shake Shack et le McDo, quoi, entre les deux, qui est très sympa. Il me dit « Est-ce que tu veux quelque chose ? » Je dis « Bah ouais, je veux bien un double double. » Il me dit « Pas juste OK. » Il me dit « Tu veux tout ? Tomate, salade, oignon, ni… » Et puis il arrive dans le, dans l’avion, je sais pas, peut-être une demi-heure ou une heure plus tard, et il me tend le burger. Et moi, par réflexe, je sais le burger qui est encore chaud et je dis « Ah, c’est super, il est encore chaud. » Et Oud qui était avec lui me dit « Bah oui, il a attendu de terminer son burger pour faire la queue pour prendre le tien. » Et ça, bah tu peux pas l’inventer, tu vois. Euh, donc c’est vraiment l’image de film, euh, du milliardaire qui débarque dans son jet privé, qui bouffe son burger, euh, comme, euh, le, le comme le camionneur du coin, et qu’une fois qu’il a fini son burger, euh, bah prend les quelques minutes pour faire la queue pour, euh, prendre un burger pour une collaboratrice et qui la ramène pas quand il arrive, tu vois ? Puis me dire « Tiens, voilà ton burger, il est chaud », tu vois.
Hm, non, il me le tend comme il me tendrait une baguette de pain ou n’importe quoi. On dit que les plus belles preuves d’amour, d’amitié et cetera, c’est quand tu fais quelque chose de désintéressé. Je trouve que c’est désintéressé quand justement tu donnes le burger, mais tu dis pas « Il est bien chaud ». Euh, tu sais, parce que tu attends un retour. Voilà, on dit que la meilleure preuve d’amour, c’est quand c’est désintéressé, c’est que tu attends rien en retour quand on t’offre quelque chose.
C’est vraiment, ça me fait penser à un autre truc, rien à voir. Mais le, le CEO de Nvidia, euh, le jour où il atteint son pic de bourse, il y a une photo de lui où il est au marché en train d’acheter ses oignons. Je sais pas pourquoi ça me fait penser à ça, mais je trouve que… je pense que, enfin moi c’est une conviction que j’ai que dans la vie, tu veux un petit peu prouver certaines choses et compenser certaines choses, et et je pense que quand tu as beaucoup réussi, euh, euh, bah je te donne une connerie, mais un exemple personnel, moi par exemple, quand j’étais jeune, très jeune, je me disais j’allais en boîte de nuit avec mes potes et je me disais [__ ] c’est important que je mette une bonne chemise, une belle montre et cetera. Euh, et en réussissant après un peu plus par la suite, je trouve ça plus cool aujourd’hui de, plus forcément avoir la belle montre ou d’être en t-shirt, que j’ai… j’ai moins besoin de compenser. Euh, et je pense qu’il y a vraiment ce phénomène-là. Souvent les gens qui aiment beaucoup le matériel, je trouve qu’ils compensent quelque chose, et les gens qui ont beaucoup réussi sont quand même un peu plus loin, un peu plus détachés.
Tu as plein de personnalités différentes. Tu as aussi… est-ce que tu t’es fait toi-même ? Est-ce qu’il y a un héritage ? Quelles sont tes souffrances ? Tu vois, quelles sont tes névroses ? Euh, par exemple quelqu’un comme Xavier… Xavier, il aime pas se fâcher avec les gens, ça le fait chier, tu vois. Et tu prends des gens comme Michael Bukobza, tu vois, qui bossent avec lui aujourd’hui beaucoup, et je, je connais pas le fond d’histoire, mais ils avaient beaucoup bossé dans le passé ensemble, et à un moment donné, ils sont séparés parce que Michael est allé chez la concurrence ou je sais pas quoi. Euh, ils ont rebossé ensemble ensuite. Euh, c’est, c’est très Xavier ça. Et Jérémie, mon prédécesseur, quand, quand il a décidé de partir et que j’ai pris sa place quelques mois plus tard, entre les deux, on échangeait beaucoup, et en fait lui avait envie de partir et dans le même temps, en fait, du côté de Xavier et de la holding, tu vois, qui négociait avec lui, il… pourquoi tu pars, tu… tu sais que tu pars ? Et donc il y a aussi cette, je pense cette… on a, on a, on a tous nos, nos fragilités, tu vois. Par exemple, Xavier, je sens qu’il est attaché aux gens avec qui il collabore foncièrement et, et que, et qui prend très personnellement ou, ou ça le touche quand, quand ça, quand ça marche pas.
C’est c’est marrant parce que c’est un truc qui… ça me fait penser à quelque chose, ça n’a peut-être rien à voir, mais par exemple, il y a des managers, ils vont te répéter tous les jours, trois fois par jour, qu’ils sont bienveillants, qu’ils sont bienveillants. Ça me fait penser au Burger Show, mais en gros, je pense que quelqu’un de fondamentalement bienveillant, il te le dit pas, tu vois, tous les jours, tu vois. Il te le dit pas, il l’… Tu vois.
Ouais. Et ça me fait marrer. Moi, je remarque beaucoup ça chez les gens un peu comme toi. J’essaie de… j’ai des, des petits signaux faibles, on va dire. Je trouve que les gens qui verbalisent beaucoup quelque chose, en général, il y a un truc un peu louche. Tu sais le truc le plus louche, c’est tous ceux qui… tous ceux qui disent « Ouais, lui c’est un good guy. » C’est good guy. Good guy. Tu… celui qui dit ça trop souvent, pas sûr que ce soit un good guy.
Ouais. Non, mais il y a un vrai truc là-dessus, je pense. C’est comme… je sais pas… celui qui répète tout le temps qu’il est fidèle, qu’il est fidèle, qu’il est fidèle. C’est bizarre, tu vois, ou qui est loyal… ou quelqu’un de loyal, je pense qu’il l’est, quoi, tout simplement. En tout cas, c’est une belle anecdote cette histoire avec Xavier Niel.
Bah écoute, je pense qu’on a bien fait le tour. Je sais pas t’embêter trop longtemps. Tu reviens de New York, tu dois être jet-lagué. J’ai quelques emails à traiter. Ça va être… si les gens veulent acheter ton livre, euh, sur Amazon, il est disponible sur Amazon. C’est Human Machine.
Exactement. Human Machine pour les… et attends si… regarde sur mon blog, euh, donc j’ai un blog qui est sur mon… 2LR, le chiffre 2LR.com, il tape Human Machine dans les… J’ai la version anglaise qui est dispo en téléchargement aussi.
OK, voilà, qui est moins travaillé que la version française, parce que c’est la version que j’ai sortie de manière brute de décoffrage, euh, quand j’ai fini de l’écrire, parce que tu l’as d’abord écrit en anglais et après tu l’as retravaillé en français. Ah, c’était compliqué, mais je l’aime bien cette version-là, parce qu’elle est authentique. C’est vraiment moi, quoi. Et donc du coup, sur ton site, si tu me donneras le lien, je leur mets dans la, dans le, dans les commentaires YouTube, dans la description YouTube, ils peuvent le télécharger en anglais.
Ouais. OK, ça c’est cool. Mais du coup, il le télécharge gratuitement.
Bah bien sûr. OK. Mais s’ils le veulent en français, par contre, c’est sur Amazon. Oui. Et c’est pas les… un balle, je sais, j’en ai vendu 10 000. Faut… Mais oui. Non, mais j’imagine que c’est… ça m’a coûté un peu cher en prod, tu vois. J’ai fait une belle… Souvent les livres, les gens se rendent pas compte, mais souvent c’est les gens qui les écrivent qui gagnent pas d’argent dessus, quoi. Si c’est vraiment ton métier, ou si tu appelles Marc Lévy, peut-être que tu gagnes de l’argent, peut-être. Voilà. Mais dans les, dans ce genre de cas, en général, c’est plus pour partager de la, partager de la valeur.
Euh, OK, super. Est-ce que j’ai oublié des choses ? Non, on a un petit peu parlé de tous les sujets. Euh, est-ce que tu as une bonne mémoire ? Tiens, je vais finir là-dessus. Euh, je pense avoir une bonne mémoire. Est-ce que tu te rappelles de tous les gens qui ont pitché euh leur projet euh chez Kim Adventures ?
Alors en fait, il y a un truc marrant, c’est que si tu me dis… si tu me parles de quelles sont les dernières boîtes qu’on a regardé, qu’on a vu, qu’on a financé, je vais te sortir toujours ce que je dis, qui est que les bonnes boîtes, c’est comme les bonnes blagues, on en connaît plein, mais on s’en souvient jamais. Et en revanche, euh, si je croise quelqu’un qui m’a déjà pitché à un moment donné et cetera, euh, je vais faire la connexion avec où est-ce que j’étais, quand est-ce que c’était, où je l’ai vu et cetera. OK, je vais m’en souvenir.
OK. Je finis avec un petit challenge pour toi. Alors, vas-y. Euh, est-ce que tu penses que j’ai déjà pitché une boîte ? Est-ce que je t’ai déjà pitché une société ? Tu… Est-ce que tu… tu es un salaud toi ? Est-ce que tu m’as déjà pitché une société ?
Écoute, je sais pas ce que je peux dire, c’est quand tu m’as… la porte… je te dis « tiens, euh… ça… sa tête me dit quelque chose. Il y a quelque chose de familier chez ce garçon-là. »
OK. Bah la blague, c’est que tu nous as reçus, moi et deux associés, il y a longtemps pour te pitcher une boîte, euh, et je crois que c’est dans les, dans les bureaux de Family de… Non, c’était dans les bureaux de Free.
Ah oui, vous avez… Ouais. Tu nous avais reçu et je me rappelle que tu nous avais mis à l’aise, tu nous avais donné des petites bouteilles d’eau, des petites bouteilles d’Evian.
Ouais. J’ai une mémoire un peu, un peu psychopathe parfois. Et euh, et voilà, on t’avait… une boîte. Voilà, c’est une boîte autour de l’immobilier. On voulait faire un Tinder de l’immobilier, ou… ça a pas dû beaucoup marquer ça.
Non, non, ça… voilà. Donc les gens qui nous écoutent, voilà, je voulais leur montrer que… on se rappelle pas toujours de moi au début de mon parcours. Ouais. Et euh, et non mais c’est… on t’avait pitché cette boîte-là, je m’en rappelle, et tu nous… tu nous avais reçu gentiment, mais je crois que voilà, tu nous avais pas donné suite effectivement. Il te regarde pas un mauvais souvenir ?
Non, non, je regarde pas un mauvais souvenir. On t’avait pitché la boîte et euh, et euh, d’ailleurs, je crois que tu avais bien fait de pas investir, parce que on avait levé des fonds autrement. Donc euh, c’était pour dire que tu investis bien, euh, tu choisis bien tes dossiers, et ben, c’est sympa parce que tu avais bien fait de pas le choisir celui-là. Voilà. Donc Jean investit bien dans ses dossiers. En tout cas, bravo pour tout ce que tu as fait, euh, en attendant.
Ah bah c’est sympa. C’est sympa.
Mais je voulais te faire la petite blague là-dessus, pour te savoir si tu as une bonne mémoire, pour te titiller. Peut-être on le coupera, ou pas, on verra. Je te dirais : tu pourras présenter. Euh, en tout cas, merci.
Donc je mettrai en description ton livre. Est-ce que les gens peuvent sur LinkedIn ? Je sais qu’il y a des gens parfois qui euh qui n’acceptent pas les gens qui ne connaissent pas, ou quoi. Mon email est en clair, donc ils peuvent m’écrire. Et sur LinkedIn, je peux plus les accepter parce que, tu sais, il y a une limite, c’est à 30 000. Ouais, la limite après. Donc moi j’ai accepté tout le monde, un jour il y a eu le bouton genre : vous pouvez. Après, faut nettoyer après tous ceux que tu as accepté. Nettoie pas, ça fait chier que les gens me contactent par email, ça marche très bien.
Super. Bon bah, encore merci Jean pour ta pour ta transparence, et puis à bientôt.