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Votre cerveau sait fabriquer SES PROPRES MEDICAMENTS

Kevin Finel - Hypnose 27:11

Transcription

Mettez le monde sur pause. Un homme de 26 ans participe à un essai clinique pour un nouvel antidépresseur. Du coup, chaque jour, il prend une gélule. Mais un soir, après une dispute avec sa copine, il craque. [musique] Il ouvre le flacon et il avale les 29 gélules qui restent d'un seul coup.

Évidemment, il est convaincu qu'il vient de faire une overdose d'antidépresseur. Quelques heures après, il est aux urgences. Il est pâle, il est en sueur, il a son cœur qui s'emballe. Sa tension chute à H et les médecins le prennent en charge. Et malgré tout ce qu'ils font, sa tension ne remonte pas. Et puis un peu par hasard, un médecin de son essai clinique arrive. Il vérifie le dossier et découvre que cet homme n'était pas dans le groupe qui recevait le vrai médicament. Les 29 gélules étaient placebo, du sucre. Du coup, on va lui dire et alors en 15 minutes, sa tension remonte, son cœur se calme et il redevient lucide. Bref, son corps a failli lâcher parce qu'il croyait avoir pris un poison et il s'est réparé parce qu'on lui a dit que c'était du sucre. C'est le même corps et le même cerveau. La seule chose qui a changé, c'est ce qu'il croyait, ce qu'il savait. Vous l'avez compris [musique] ?

Dans cette vidéo, on va parler placebo. Vous allez par exemple découvrir qu'on a fait des opérations placebo et que 180 patients ont été [musique] guéris de symptômes d'arthrose par une fausse opération. On va voir aussi que prier pour un patient peut aggraver ses complications post-opératoires, que notre cerveau sait fabriquer de la morphine et que le placebo, contrairement à tout ce qu'on pense fonctionne même quand on sait que c'est un [musique] placebo. Et puis on va parler aussi un petit peu du café, mais là ça risque de vous choquer si vous vous réveillez avec un café le matin. Vous risquez d'être un peu déçu et peut-être même que vous n'allez pas croire ce que je vais vous dire. Mais surtout ce que j'aimerais c'est vous apprendre à utiliser ce mécanisme parce que c'est ça pour moi la vraie leçon du placebo. Votre cerveau sait déclencher des vrais effets dans votre corps. Et quand on comprend comment on peut apprendre à créer certains effets. Avoir par exemple un état d'esprit qu'on aimerait une sensation sur commande. Générer de la confiance, du bien-être savoir s'endormir sur commande sans aucune substance et plein d'autres effets juste en utilisant notre cerveau. Ce qu'on va voir, c'est un mode d'emploi. Un mode d'emploi qu'on aurait tous dû apprendre à l'école parce que c'est une compétence humaine fondamentale mais personne [musique] ne l'a enseigné.

Alors aujourd'hui, on va commencer. Mais d'abord il va falloir qu'on règle un problème parce que si vous êtes comme l'immense majorité des gens, vous avez une croyance sur le placebo et cette croyance elle est fausse. Ce que vous vous dites sans doute c'est le placebo, c'est rien. C'est pour les gens crédules, c'est juste dans la tête. Et si vous pensez ça, bah c'est qu'on vous a mal éduqué. Depuis très longtemps, le mot placebo est devenu péjoratif. C'est comme si c'était un synonyme de faux, d'illusoire, de pas réel. Et pourtant, c'est exactement l'inverse que la science a montré. Et il y a un paquet d'études là-dessus. Et puis la preuve la plus spectaculaire du placebo, elle vient même pas d'un laboratoire de psychologie, elle vient d'un bloc opératoire.

On est en 2002 et il y a un chirurgien, Bruce Mosley qui a testé les premières opérations placebo et pour ça, il a fait quelque chose qu'aucun chirurgien n'avait osé faire avant lui. Il avait 180 patients qui venaient pour une arthrose du genou. Il va répartir ses 180 patients en trois groupes. Le premier groupe va recevoir une opération assez classique. On introduit une caméra, un instrument dans le genou. On nettoie le cartilage abîmé. Le deuxième groupe reçoit un lavage arthroscopique. En gros, c'est presque la même chose, sauf qu'on se contente de rincer l'articulation avec un liquide. Mais le troisième groupe, lui, il va recevoir une chirurgie simulée. On les endort, on fait les trois incisions dans la peau, exactement comme pour une vraie opération. On fait couler de l'eau pour reproduire le bruit. On prend le même temps que pour l'opération et on recoud mais aucun instrument n'entre dans l'articulation. En fait, on a rien fait. Les patients ne le savent évidemment pas et savent pas que c'est une opération placebo.

Ces 180 patients, on va les suivre pendant 2 ans après leur opération. On va tout mesurer. Le niveau de douleur, la mobilité, la satisfaction et les résultats est extraordinaires. Aucune différence entre les trois groupes. Les patients qui ont reçu une fausse chirurgie se sont améliorés exactement dans les mêmes proportions que les autres. Ils ont le même niveau de douleur post-opératoire, la même mobilité et la même qualité de vie. On a coupé la peau, on a recousu, on a rien fait entre les deux et ça a marché. Et c'est pas juste un test obscur, ça a été publié dans une des plus grandes revues de médecine qui existe. Ce que je vous dis là, ça peut vous surprendre parce qu'on connaît pas toute cette facette du placebo, mais c'est pas un cas isolé. Depuis, on a reproduit ce résultat avec plein d'autres opérations et c'est la même chose. La simulation fonctionne autant que la véritable procédure.

Mais il y a mieux. Maintenant, on sait que plus le geste médical est impressionnant, plus l'effet placebo est puissant. Si on vous met juste une crème, ça fait un peu d'effet. Si pour la même application, on vous donne une pilule, c'est déjà un peu mieux. Si on fait une injection, c'est encore plus fort. Et la chirurgie simulée, là vraiment c'est le sommet. Deux pilules fonctionne mieux qu'une. Une plus grosse pilule fonctionne mieux qu'une petite. La couleur compte. Une pilule rouge est plus stimulante, une pilule bleue plus calmante et même le prix si un placebo est cher, il va marcher beaucoup mieux qu'un placebo au bon marché. En gros, tout ça ça ne signifie que le cerveau ne répond pas seulement à la substance, il répond au contexte, à la mise en scène, à ce qu'il croit qu'il se passe, à l'histoire qu'il s'invente. Et plus l'histoire est élaborée, plus le signal est fort, plus l'effet est réel. Et dans cette vidéo, on va voir comment ça marche exactement.

Mais il y a une chose importante. Le placebo n'est pas tout-puissant non plus. Il peut être très puissant dans certains domaines et quasi nul dans d'autres. On va faire un petit test. Je vous pose des questions et on va voir si vous trouvez. Dites-moi en commentaire si vous trouvez les résultats. À [musique] votre avis, quel est l'effet du placebo pour la douleur ? Le résultat, c'est environ 50 %. Un peu plus de 50 % de l'efficacité d'un vrai antalgique est un effet placebo. C'est assez énorme. Ça veut dire que par exemple si vous avez un mal de tête et que vous prenez un Doliprane, et bien la moitié du soulagement que vous ressentez [musique] vient probablement de votre cerveau et non pas de la molécule.

Prenons maintenant la dépression. À votre avis, quelle est la part de placebo dans un traitement de dépression ? Et là, je pense que vous vous trompez parce que le résultat est vraiment impressionnant. Il y a un chercheur, Irvin Kirsch à Harvard, qui a analysé les données de la FDA elle-même. C'est celle que les labos pharmaceutiques sont obligés de soumettre pour obtenir une autorisation. Son résultat a été publié en 2008. Dans les essais d'antidépresseur, le placebo reproduit environ 82 % de la réponse au médicament. Bon, je précise qu'il existe quelques contestations sur ce chiffre, mais j'y reviendrai sans doute dans une prochaine vidéo.

Troisième domaine, c'est le cancer. À votre avis, quelle est la réponse d'une tumeur à un placebo ? Et ben là, on tombe énormément, on tombe à 1 ou 2 %, c'est-à-dire quasiment zéro. Le placebo ne fait pas régresser une tumeur. Par [musique] contre, ce qui est beaucoup plus intéressant, on y reviendra, c'est que le placebo peut changer ce que le patient ressent autour. Un cancer et même les traitements pour le cancer, ça provoque énormément d'effets secondaires. Fatigue, nausée, douleur, de l'anxiété évidemment. Et ces effets secondaires là, bah le placebo peut lui les moduler. Donc on peut pas agir avec un placebo sur la tumeur, mais on peut agir sur tous les autres effets qui sont autour.

Le placebo, c'est donc pas une pilule magique universelle. Il peut être très puissant à certains endroits, particulièrement quand le cerveau est vraiment aux commandes comme la douleur, l'humeur, le stress ou notre capacité de mouvement. Mais il y a des endroits où il est faible, notamment quand c'est purement biologique. Vous l'avez compris, c'est quelque chose qui est quand même concret et qui est mesurable. C'est pas juste rien quelque chose qui est dans la tête, c'est de la biochimie. Le placebo est réel, il produit des vrais effets. Mais peut-être que vous vous posez une question. S'il peut guérir, est-ce que le même processus peut aussi nuire ? Est-ce qu'il peut même rendre malade ?

Revenons à notre patient du début avec son overdose de placebo antidépresseur. Parce que maintenant qu'on sait que le placebo peut faire quelque chose, toute cette histoire prend un autre sens. Ce qui s'est passé dans le corps de ce patient est pour le moins fascinant. Diaphorèse, somnolence, anxiété, tension qui chute, le tableau clinique complet d'une overdose d'antidépresseur. Sauf que les examens toxicologiques sont normaux. Il y a rien dans son sang, aucune substance active. Son corps a produit tous les symptômes d'un empoisonnement uniquement parce qu'il croyait s'être empoisonné. C'est ce qu'on appelle le nocebo, l'inverse, le côté sombre du même mécanisme, le cerveau qui guérit. peut aussi rendre malade. Et ça, vous l'avez peut-être déjà vécu à petite échelle. Vous savez, vous lisez les effets secondaires d'un médicament sur la notice et vous commencez à les ressentir. Vous croyez avoir mangé quelque chose de mauvais et vous avez un peu la nausée avant même de savoir si c'est vraiment quelque chose de mauvais. Votre cerveau fabrique les symptômes qu'il s'attend à observer.

Et à ce sujet, j'aimerais vous raconter une anecdote assez surprenante. En 1999, la neuroscientifique Anna Rose à l'université de Pennsylvanie place des personnes dépendantes aux opioïdes dans un scanner cérébral. Elle leur montre simplement des images liées à leur consommation, le matériel, l'environnement, le rituel de préparation. Pas de substance mais résultat les circuits de la dopamine de la récompense. Autrement dit le plaisir s'active à l'intérieur. Avant toute prise d'une substance comme l'héroïne par exemple, on a pu remarquer que le cerveau a tellement bien appris l'association entre le contexte et l'effet qu'il déclenche sa récompense dès qu'il reconnaît les indices de cette récompense. Le rituel est devenu le signal et le signal suffit à déclencher la réponse. Et c'est exactement le même mécanisme que dans le placebo, un apprentissage, un conditionnement, le cerveau anticipe les effets et les [musique] produit de lui-même.

Le mécanisme que je viens de vous expliquer, vous sans doute chaque matin en prenant un café. Parce qu'à votre avis, combien de temps ça met la caféine pour agir ? La réponse, c'est entre 20 minutes et 45 minutes. En fait, c'est le temps minimum pour qu'elle passe à travers votre estomac, qu'elle rejoigne votre sang et qu'elle commence à faire effet. Et avant ça, à un niveau pharmacologique, bah il y a rien, absolument rien qui se passe. Et pourtant, dès la première gorgée et parfois juste en sentant l'odeur, vous vous sentez plus alerte. Vous avez l'impression d'être plus réveillé, plus en route [musique] et c'est pas une impression vague en fait. C'est vraiment ce que vous ressentez. En 2023, il y a une équipe de l'université du Mio qui a mesuré ça en IRM. Ils ont montré que boire un café produit des changements dans le cerveau qui ne sont pas reproductibles par la caféine seule. L'odeur, le goût, le rituel, le geste, tout ça active des circuits [musique] que la molécule seule ne peut pas atteindre.

Et il y a pire. Si vous êtes un buveur régulier, votre cerveau a fini par adapter ses récepteurs à votre consommation. En fait, il produit davantage de récepteurs à l'adénosine. C'est la molécule de la fatigue. Ce qui veut dire que sans café, vous êtes en dessous de votre ligne de base. Le café du matin ne vous donne pas un boost. Il vous ramène juste au niveau normal de quelqu'un qui ne boit pas de café. Votre café est avant tout un placebo conditionné. Pas entièrement parce que la caféine a un vrai effet, mais une partie de ce que vous ressentez, une partie même sans doute très importante de ce que vous ressentez, la plus gratifiante, c'est votre cerveau qui anticipe et qui vous produit votre réaction. Il a appris, il fait son boulot avant même que la molécule puisse être active.

J'aimerais vous raconter maintenant une autre histoire, une histoire qui peut être un petit peu inquiétante. Cette histoire dit que prier pour quelqu'un peut aggraver son état. En 2006, Herbert Benson à Harvard publie la plus grande étude jamais réalisée sur la prière thérapeutique. 1800 patients répartis dans six hôpitaux américains tous en attente d'un pontage coronarien, une chirurgie cardiaque plutôt lourde. Trois groupes. Le premier, des inconnus vont prier pour eux et les patients le [musique] savent. Le deuxième groupe, des inconnus prient pour eux mais les patients ne le savent pas. Le troisième groupe, personne ne prie pour eux. L'hypothèse raisonnable, c'est que la prière pourrait aider par exemple un peu ou au pire que ça ne change rien.

Le résultat, c'est que le groupe qui ne savait pas qu'on priait pour eux n'a aucune différence avec le groupe sans prière. Jusqu'à là, ça paraît normal. Pas de contexte, pas de croyance, pas d'effet. Mais pour le groupe dont les participants savaient qu'on priait pour eux, là il y a quelque chose d'assez étrange. Ils ont plus de complications post-opératoires. Il y a une différence d'à peu près 20 %, ce qui est quand même assez énorme. On aurait pu penser que la prière allait les aider, mais en fait ça a provoqué un effet inverse. Ça a provoqué un nocebo. Pourquoi ? Et bien, on a que des hypothèses à ce sujet-là. Mais l'hypothèse la plus plausible, c'est que quand on vous dit que des inconnus prient pour vous avant une opération, et bien votre cerveau ne reçoit pas un message de réconfort. Il reçoit plutôt un message de danger. Si on prie pour moi, c'est que c'est grave, c'est que je suis en danger. Et ce message là, cette croyance, ça produit un effet nocebo, mesurable. [musique]

Et ce que je viens de vous expliquer là, c'est quelque chose que je connais assez bien. Dans mon métier de formateur, quand je forme des personnes à l'hypnose, on leur apprend ce genre de mécanisme. Il sauf que l'hypnose zoome sur la notion de suggestion. On s'intéresse à cette notion parce que quand on ne la connaît pas, on a souvent des mauvais réflexes. On peut générer sans le vouloir du stress ou du nocebo. Connaître ça, c'est véritablement aidant. Et je pense que tous les soignants et même tous les enseignants, par exemple, tous les gens qui sont dans des métiers du lien devraient avoir ses connaissances parce que beaucoup de personnes confondent bienveillance, bonne intention et bonne suggestion. On peut penser qu'un mot gentil, une bonne intention, une prière, ça ne peut faire que du bien. Mais c'est pas la bienveillance qui produit l'effet. C'est le message que le cerveau reçoit. C'est la manière dont il le comprend. Et parfois, on a beau mettre toute la bienveillance du monde dans notre discours, on envoie un signal toxique. On en est pas conscient, mais c'est quelque chose qui nous dépasse parce qu'on ne sait pas exactement comment ça fonctionne. Le placebo et le nocebo nous apprennent la même chose. C'est pas l'intention qui compte, c'est le signal que le cerveau décode.

Et maintenant, j'aimerais vous parler d'un sujet qui fâche. On va parler d'homéopathie. Bon, je sais qu'il y a deux camps. Il y a ceux qui disent "Ça marche, je l'ai vécu, je le vis souvent, ça me fait du bien, ça marche." Puis ceux qui disent "Mais il y a rien dans l'homéopathie, c'est juste du sucre. Il y a vraiment rien dedans." Et en fait mon point de vue c'est que les deux [musique] ont raison et que les deux se trompent. L'effet existe, les gens vont mieux, vraiment mieux. Il y a des métanalyses qui le confirment. Les patients sous homéopathie rapportent une amélioration notable. [musique] C'est un fait. Mais par contre, c'est peut-être pas la molécule qui agit. C'est pas ce qui est dedans qui agit parce que à ce niveau de dilution, il reste littéralement plus rien de la substance de [musique] départ.

Je vais vous prendre un petit exemple. L'Oscillococcinum, c'est probablement le remède homéopathique le plus vendu en France. Peut-être même que vous l'avez dans votre armoire à pharmacie. Alors, qu'est-ce qu'il y a dedans ? Le principe actif, c'est de l' Anas barbariae, hepatis et cordis extractum 200ck enfoncé un extrait de foie et de cœur de canard de barbarie dilué 200 fois au centième ce qui donne une concentration de 10^ [musique] - 400. Pour vous donner une idée, le nombre total d'atomes dans l'univers observable, c'est 10^ 80. On parle donc d'une dilution un milliard de milliards de milliards de milliards de fois plus grande que l'univers. En gros, il y a pas une seule molécule de canard dans ce tube. [musique] Ce qu'il y a dedans concrètement 0,85 g de saccharose et 0,15 g de lactose. C'est du sucre, 100 % du sucre.

Bon, restons juste une petite seconde sur les ingrédients. Je vais vous en citer trois. Trois ingrédients qu'on retrouve dans l'homéopathie. Dites-moi lequel n'est pas un vrai remède homéopathique vendu en pharmacie. Si vous le trouvez, vous êtes fort. Le premier, du venin de serpent, autrement appelé Lachesis mutus, prescrit pour les bouffées de chaleur et la jalousie. De Murus berolinensis, un [grognement] morceau du mur de Berlin prescrit pour les sentiments de séparation et d'isolement. 3, du pu de gonorrhée, une infection sexuellement transmissible. On appelle ça du Medorrhinum. [musique] C'est prescrit pour les tendances autodestructrices. À votre avis ? Et ben, il y a un truc terrible, c'est que les trois existent. Le venin de serpent et même l'extrait du mur de Berlin et pire encore l'extrait de [musique] MST. Bah tout ça existe. Je sais pas ce que vous en pensez. Je sais pas si on est plutôt dans la pharmacie ou dans le grimoire. Mais bon, ce qui est rassurant quand même, c'est qu'à ces niveaux d'illusion, il ne reste rien de l'ingrédient d'origine. Quand vous achetez du mur de Berlin, vous n'en mangez sans doute pas vraiment pas une seule molécule. Pour ce qui agit, c'est pas le mur de Berlin, c'est votre cerveau. Mais pourtant, les gens vont mieux quand ils en prennent. Peut-être pas autant que dans les vrais médicaments quand on fait un essai en double aveugle, mais quand même mieux que quand ils ne prennent rien.

Et petite anecdote personnelle, il y a pas très longtemps, je suis dans une pharmacie parce que j'avais un rhume. Je voulais quelque chose pour l'écoulement du nez. Et le pharmacien m'a proposé deux remèdes. Si vous avez un petit symptôme, prenez ça, c'est de l'homéopathie, ça marche bien. Si vous avez un gros symptôme, il faudra passer à quelque chose de plus fort. Et je vous avoue qu'à ce moment-là, j'étais en train de préparer cette vidéo [musique] et en face de ce pharmacien, je me suis dit soit je suis en face d'un charlatan, soit c'est un vrai génie de la suggestion. Parce que si on regarde de plus près, l'homéopathie a en fait inventé, sans le savoir, le placebo parfait. Tous les ingrédients sont là. On va chez le médecin, il y a une consultation longue, personnalisée [musique] avec un gros niveau d'attention. Elle dure 45 minutes avec un praticien qui nous écoute vraiment. En 1987, il y a un chercheur qui a montré que juste ça, ça augmente les résultats de 64 %. Il y a des noms en latin, Arnica montana, Ignatia amara. Ça sonne sérieux, ça active [musique] l'attente. Il y a des dilutions numérotées 9, 15, 30. C'est un système qui a l'air scientifique et rigoureux et puis quand on le prend, ça a une sensation particulière. Il y a un granulé sous la langue. C'est un rituel sensoriel unique. [musique] En plus, il y a pas d'effet secondaires. Et il y a un conditionnement familial dans pas mal de cas. Vous savez, c'est comme une maman qui donne de l'arnica à chaque bobo [musique] sans le savoir exactement, elle va créer un apprentissage conditionné.

Ce que je vous dis là, c'est pas pour dénigrer l'homéopathie. Le fait que ça fonctionne comme un placebo, c'est pas une [musique] insulte. C'est la preuve que le mécanisme est même puissant. Ce qui me dérange moi à la limite et je sais pas ce que vous en pensez, [musique] c'est qu'on ne dise pas aux gens ce qui se passe, qu'on ne leur dise pas pourquoi ça marche. Parce que comme on va le voir dans quelques instants, [musique] on a même pas besoin de mentir. On a la croyance qu'il faudrait qu'on ne sache pas que c'est un placebo et vous allez voir que c'est pas si vrai que ça.

Petite dernière anecdote sur l'homéopathie. Elle a été inventée en 1796. À votre avis, combien de temps il a fallu pour qu'on fasse un premier test en double aveugle et qu'on valide que c'était un placebo ? C'est le test de Nuremberg en 1835. C'est pas deux siècles plus tard ou dans une époque récente, c'est juste un peu après la mise en place de l'homéopathie. Mais cette histoire des tests en double aveugle, en fait, elle remonte même un peu plus loin dans le temps.

J'aimerais qu'on revienne à cette époque-là un moment clé de l'histoire. On est à Paris en 1784. On est 12 ans avant la création de l'homéopathie. À cette époque, c'est le magnétisme animal de Franz Anton Mesmer qui fait fureur dans les salons parisiens. Mesmer prétend guérir. Il prétend mobiliser un fluide magnétique invisible qui passe à travers les mains, le corps du patient, autour du corps du patient et c'est censé le guérir et le soulager et ça marche. Les gens convulsent, s'évanouissent et quand ils reviennent des expériences de Mesmer, ils se déclarent guéris. C'est très documenté. On a énormément de cas de cette époque. Louis XVI s'intéresse à l'histoire [musique] de Mesmer. Il va nommer une commission royale. Il choisit pour ça les plus grands scientifiques de l'époque comme Benjamin Franklin qui sera plus tard président des États-Unis ou Lavoisier le père de la chimie moderne ou encore Guillotin, vous savez celui qui a inventé la guillotine. Ils vont créer plein d'expériences pour [musique] mesurer le travail de Mesmer. Il y en a une que j'aimerais vous raconter et qui se passe dans les jardins de Franklin à Passy. Charles Deslon, disciple de Mesmer, accepte de coopérer. Il va magnétiser un arbre parmi plusieurs arbres [musique] dans la cour et on va prendre un enfant de 12 ans qui est présenté aux arbres un par un. Dès qu'il approche du premier arbre, et bien le garçon ressent des effets, les effets classiques du mesmérisme : [musique] chaleur, picotement. Il approche d'un deuxième arbre et il va se mettre à transpirer. Au 4e arbre, il commence à tomber en convulsion mais à chaque fois, ce sont des arbres qui n'ont jamais été magnétisés. Il y a plein d'autres expériences qui vont obtenir les mêmes résultats. Et la conclusion du rapport, c'est tout simplement que l'imagination sans magnétisme produit des convulsions. Le magnétisme sans imagination ne [musique] produit rien. C'est dans l'histoire de la médecine le premier test en aveugle qui va marquer les débuts de la question de la suggestion. Ça porte sur l'ancêtre de l'hypnose et sa conclusion, [musique] c'est exactement ce qu'on est en train de comprendre aujourd'hui. L'effet, dans ce cas-là, les convulsions, c'est réel. La guérison, elle est réelle. Mais le fluide qui est invoqué, bah ça marche même quand il est pas réellement présent. C'est sans doute juste une histoire, un peu comme l'homéopathie, un peu comme la granule qu'on met sous la langue.

J'ouvre une parenthèse pour vous faire une petite annonce. La science du placebo et la science de l'hypnose convergent à nouveau. Les chercheurs en hypnose et les chercheurs en placebo vont se retrouver dans un même congrès. C'est organisé en octobre et il y aura même la présence de grands pontes de la question du placebo comme Ted Kaptchuk dont on va parler dans quelques minutes. L'homme qui a prouvé que le placebo fonctionne même quand on sait que c'est un placebo. Et moi, je suis très fier parce qu'on participe à son organisation. avec l'Arche et le laboratoire PRISM avec lequel on travaille. L'idée clé, c'est comment est-ce qu'on peut optimiser le placebo. En comprenant mieux comment le cerveau le produit et bien, on peut sans doute le rendre encore plus puissant, encore plus efficient. Fin de la parenthèse.

À ce stade-là, vous posez peut-être une question : comment le cerveau fait pour guérir ? Pour commencer à répondre à cette question, [musique] il faut aller à Turin. En 1999, Martina Amonzio et Fabrizio Benedetti [musique] à l'université de Turin mettent en place un test plutôt élégant. Des patients souffrent de différentes douleurs. Pendant plusieurs jours, on les traite de [musique] manière classique à la morphine. Chaque jour, une injection. Le contexte est le même. Au même moment, avec la même infirmière, la même procédure, on ritualise [musique] et à chaque fois le soulagement arrive. Et puis un jour, sans prévenir au bout de quelques itérations, on remplace la morphine par un placebo, [musique] juste du sérum physiologique. On fait le même geste, la même seringue au même moment avec la même infirmière. Résultat, le placebo est beaucoup plus fort qu'un placebo normal. Comme si le fait d'avoir habitué les gens à un traitement [musique] avait rendu ce placebo efficient. Énormément de patients rapportent la même diminution de la douleur même qu'avec la morphine. Tout ça en fait c'est du conditionnement et c'est là qu'on va essayer de détailler un peu ce mécanisme parce que sinon on pense juste que c'est de la croyance, de la foi alors qu'en fait c'est de l'apprentissage.

Benedetti a montré que la force de l'effet placebo dépend directement du nombre d'expositions préalables. Morphine 3 jours puis placebo le 4e jour. Ben, ça fait énormément monter la réponse des patients. Le cerveau a fait l'association en seulement trois répétitions. Il y a un contexte plus un traitement qui produit un effet. On reproduit ça plusieurs fois. On met ensuite seulement le contexte sans le traitement et le contexte seul suffit à produire l'effet. C'est un réflexe conditionné exactement comme celui qu'on connaît de Pavlov avec son chien et la cloche. Sauf qu'ici, c'est pas de la salive, c'est de la morphine, de la dopamine, de la sérotonine, des molécules qui changent votre biochimie de manière mesurable. Et c'est exactement ce qui se passe avec votre café. l'odeur, le goût, le geste et après des centaines de répétitions, votre cerveau a tellement appris l'association que le contexte suffit à déclencher la réponse avant que la molécule arrive, avant [musique] qu'elle soit véritablement euh active. C'est aussi ce qui se passe quand on entre dans une salle de sport et que ça nous met en énergie, quand on met la playlist qu'on utilise pour être concentré et que tout de suite on devient productif. Quand on se sent plus calme en entrant dans un cabinet médical comme s'il nous avait déjà soulagé, le cerveau a appris et [musique] il anticipe.

Mais alors, si c'est un conditionnement, est-ce qu'il faut tromper les gens ? Est-ce que le placebo ne marche que quand le patient ne sait pas ? En 2010, Ted Kaptchuk, le chercheur du congrès dont je vous parlais, a fait une expérience à Harvard qui aurait dû [musique] être impossible. Il recrute des patients souffrant du syndrome de l'intestin irritable. C'est des douleurs abdominales chroniques invalidantes. Et il leur donne des pilules dans [musique] un flacon étiqueté en grosse lettre placebo. Il leur dit, "Ces pilules ne contiennent aucun principe actif, aucune molécule." Mais des études montrent que les placebos peuvent déclencher des mécanismes d'auto-guérison [musique] dans le cerveau. Le résultat est génial. Deux fois plus de soulagement que le groupe sans traitement et c'est même comparable dans certains cas au meilleurs médicaments disponibles pour cette pathologie. Bon, pourtant, il savait que c'était du sucre. Il le savait mais ça a marché quand même. C'est pas de la naïveté, c'est un mécanisme du cerveau qui fonctionne même quand la conscience est au courant. Parce que le conditionnement n'a pas besoin de votre permission pour s'activer. Parce que c'est pas à un niveau conscient que ça se joue, mais à un niveau inconscient. Et à ce niveau inconscient, le rituel est plus puissant [musique] que la conscience. La pilule, le geste, l'intention. Le cerveau reconnaît le contexte. Il se base là-dessus pour lancer son programme. C'est ça que ça [musique] signifie et c'est le lien avec ce qu'on appelle l'hypnose.

Et c'est là à mon sens qu'on arrive à ce qui est le plus important. Si le conditionnement crée le placebo. Et si le placebo marche même en le sachant, alors on peut créer des placebos délibérément, en pleine conscience et sans tromperie. C'est exactement ce qu'on fait avec l'hypnose depuis [musique] plus de siècles. Je précise juste au cas où qu'il y a d'autres choses aussi dans l'hypnose. Mais il y a une des choses que fait l'hypnose, une des choses qu'elle sait très très bien faire, c'est créer du contexte. Quand on va voir quelqu'un qui nous hypnotise, [musique] sa voix, l'induction qu'il va utiliser, le rituel qu'il met en place et en fait on va laisser le cerveau faire son travail. Mais Mesmer à l'époque, il avait tort sur le fluide [musique] magnétique mais il avait raison sur le fait que quelque chose de réel se passait. La commission de Franklin, elle a prouvé que c'était l'imagination et 240 ans plus tard, on comprend que cette imagination produit de la morphine, modifie la tension artérielle et guérit des genoux. Ce n'est pas un mot suffisant imagination. C'est un véritable mécanisme tout ça [musique] et c'est un mécanisme qui s'apprend.

Ce que je vous propose, c'est de le faire ensemble. Je vous guide pour que vous puissiez créer votre premier placebo en pleine conscience et vous allez faire en sachant exactement ce que vous faites et pourquoi vous le faites. Le principe est plutôt simple. Vous allez choisir un état que vous aimeriez pouvoir déclencher sur commande. Ça peut être du calme, de la concentration, de la confiance, de l'énergie et vous allez vous créer un rituel. Pour faire simple, on va dire un geste, un geste très basique que vous allez associer à cet état. Plus vous répéterez cette association, plus le geste seul suffira à déclencher l'état. C'est ce qu'on a vu avec Benedetti, c'est ce qu'on a vu avec Kaptchuk, c'est votre café du matin, sauf que cette fois et bien vous vous savez ce que vous faites. Imaginons que ça soit le calme. C'est peut-être le plus facile à créer là tout de suite. Prenez quelques instants pour vous mettre la vidéo sur pause ou le faire pendant que je vous parle. Vous fermez les yeux si c'est mieux pour vous ou sinon vous posez simplement votre regard et puis vous allez penser à un moment récent où vous vous êtes senti calme, bien un moment de paix intérieure. Ça peut être un matin tranquille, un moment dans la nature, un moment avec quelqu'un que vous aimez. Un instant juste avant de dormir, un soir vous étiez fatigué. Essayez de retrouver la sensation dans votre corps. C'est pas juste une image qui va venir, c'est vraiment une sensation physique. Est-ce que c'est dans les épaules, dans la poitrine, dans le ventre ? Est-ce que c'est plus chaud, plus lent ? Quand vous sentez cet état, même légèrement au début, faites un geste simple. Ça peut être par exemple presser votre pouce contre votre index. En même temps, prenez une respiration lente, le geste, le souffle, la sensation. Sentez que tout ça se lie en vous parce que c'est en même temps. Et puis relâchez. Recommencez plusieurs fois. Vous replongez dans la sensation, vous la retrouvez et dès que vous la ressentez, vous refaites le même geste. Exactement le même geste. Faites-le trois fois déjà. Et vous allez remarquer que c'est comme une première couche de conditionnement. Vous créez une association entre un geste et un [musique] état. À ce stade là, ça sera encore un peu fragile, ça ne suffit pas. Mais si vous le faites quelques fois de plus, si vous le faites même un peu régulièrement, et bien ça va devenir un automatisme si fortement ancré en vous qu'à chaque fois que vous aurez besoin de calme, il vous suffira de faire ce geste. Et dès que vous commencerez ce geste, ça déclenchera l'état directement. C'est un placebo que vous créez vous-même en pleine conscience. Bon là, on le fait un petit peu rapidement, mais je pense que vous sentez le potentiel que ça. Et si vous voulez aller un peu plus loin, amplifier ça, l'appliquer à d'autres processus comme par exemple de la confiance en soi ou du sommeil, [musique] et bien je vais vous mettre un lien en description de la vidéo. Ce lien, c'est une séance d'hypnose guidée que je vous propose. Elle est gratuite, téléchargez-la et vous pourrez l'utiliser une fois ou plusieurs fois si vous le souhaitez. Ça fait vraiment du bien. Elle est tirée d'un programme qui est sur les plateformes Psychonautes que vous pouvez découvrir si ça vous tente. Et il y a plein plein plein d'accompagnements en hypnose dessus ciblés sur des demandes ou des besoins qu'on pourrait avoir. Téléchargez cette séance et puis dites-moi en commentaire si ça vous fait du bien, si ça vous procure quelque chose et puis ce que vous arrivez à faire avec.

On arrive bientôt à la conclusion de cette vidéo. Mais avant de conclure, il faut être honnête. C'est bien de revenir sur l'idée que le placebo a des limites et que ignorer ses limites, ça peut être dangereux. En 2011, Michael Wexler à Harvard teste des patients asthmatiques dans quatre conditions : un véritable inhalateur, un inhalateur placebo, de l'acupuncture simulée, donc placebo et rien du tout. Résultat subjectif, les patients se sentent aussi bien avec le placebo qu'avec le véritable médicament. 45 % d'amélioration ressentie pour le placebo, 50 % pour le vrai, c'est presque identique. Mais le résultat objectif, la spirométrie qui mesure la capacité réelle des poumons, bah seul le vrai médicament améliore la fonction respiratoire. + 20 % pour le médicament, + 7 % pour le placebo. Le placebo peut changer ce qu'on ressent, mais il ne peut pas toujours changer ce qui se passe réellement dans le corps. Et la différence entre les deux peut être dangereuse. Parce que si vous arrêtez un traitement parce que vous vous sentez mieux avec un placebo, vous risquez de ne pas aller au bout d'un traitement qui pourrait vraiment être important et utile pour votre corps. Donc soyons clair, pour le cancer, le placebo ne fait pas régresser une tumeur. Quand le corps a besoin d'un antibiotique, d'insuline ou de chimiothérapie, le cerveau seul ne suffit pas et quiconque prétend le contraire est irresponsable. Mais dans le domaine où le cerveau est aux commandes, douleur, humeur, stress, anxiété, sommeil, fatigue, motivation, et bien l'effet est réel. Réel mais dans certains cas complémentaire. C'est pas exclusif. C'est vraiment quelque chose qui peut se faire en complémentarité d'autres prescriptions. C'est très important de vous dire, je vais pas arrêter mes médicaments et juste prendre un placebo pour guérir. On a un pouvoir réel sur nous, un pouvoir qui est mesurable, mais ce pouvoir, il est pas tout-puissant non plus. Il ne remplace pas tout. Vous avez par contre maintenant un mode d'emploi, vous allez pouvoir en faire certaines choses et moi je suis très curieux de savoir ce que vous allez faire avec, ce que vous allez tester avec. Qu'est-ce que vous allez créer comme placebo utile dans votre vie ? Rappelez-vous des grands principes. Le contexte, c'est ça qui va créer l'effet. Ce que vous croyez qui se passe modifie ce qui se passe réellement. Vous allez apprendre à vous entraîner, à vous créer un placebo. Deuxième principe, le conditionnement. Plus vous avez un rituel qui est répété, plus le conditionnement est fort. Troisième principe, la conscience ne bloque pas l'effet. Kaptchuk l'a prouvé. Vous pouvez savoir que c'est un placebo. Vous pouvez faire un placebo en conscience et ça marchera quand même très très bien. Vous n'avez pas besoin de vous mentir, de vous faire croire quelque chose. Vous avez [musique] juste besoin de pratiquer, de tester. C'est ce que la science du placebo confirme aujourd'hui. Votre cerveau, c'est fabriqué ses propres médicaments. La question n'est pas est-ce que c'est vrai puisque ça s'est prouvé ? La question c'est est-ce que vous allez apprendre à le faire ?

Cette semaine, je vous propose de tester. Créer un rituel simple, un geste, une respiration, un mot et associez-le à un état que vous voulez retrouver quand vous en avez besoin. Du calme, de la concentration, de la confiance, ce que vous avez vraiment besoin de vivre. Chaque fois que vous êtes naturellement dans cet état, faites le même geste. [musique] Répétez et observez ce qui se passe. Racontez-moi en commentaire ce que vous allez créer en rituel dans votre vie, ça m'intéresse. Et puis si vous êtes buveur de café maintenant, vous savez ce qui se passe vraiment dès la première gorgée, pensez-y demain matin. Et en attendant, explorez.