Transcription
[Musique] bienvenue dans inspiration créative. je suis killian talent. je suis valentin decker. et on est ravi de vous accueillir dans ce dixième et dernier épisode de la saison 1 de notre podcast.
alors pour marquer le coup, on a eu un invité qui est assez incroyable. et surtout, l'épisode expliqué en vidéo sur la chaîne youtube inspiration créative, c'est l'écrivain bernard werber. bernard est un créateur hors normes. il écrit 4h30 tous les matins depuis trente ans. il fait partie des écrivains français les plus reconnus dans le monde, avec notamment son chef-d'œuvre que vous avez peut-être lu, les fourmis. il a écrit près de 25 romans différents. sa carrière des nouvelles formidable comme l'arbre des possibles, mais aussi des pièces de théâtre et des œuvres expérimentales comme l'encyclopédie du savoir relatif et absolu. c'est qu'il cherche toujours à s'améliorer. c'est on est à faire un fou de la création qui nous a parlé de son processus créatif, de l'obstination pour réaliser ses rêves, et de comment il fait pour nourrir sa créativité, et de plein d'autres sujets passionnants de a à z. cet épisode était magistral.
un petit mot sur la chaîne youtube d'inspiration créative. c'est la première vidéo que vous pouvez trouver dessus, mais d'autres vont suivre chaque semaine. donc n'hésitez pas à vous abonner pour ne pas les manquer. et si cet épisode vous a plu, le dernier de la saison 1, n'hésitez pas, comme d'habitude, à nous laisser un petit commentaire sur la plateforme de votre choix, et surtout à le partager à vos amis qui souhaiteraient écrire ou se lancer dans la création.
on voulait à nouveau remercier nord vpn de nous soutenir pour cet épisode. c'est une solution que nous utilisons tous les deux avec valentin pour sécuriser nos données sur internet. le but de cette offre est de naviguer en toute sécurité, en toute tranquillité. et donc, on a choisi de la proposer car on trouve que c'est la plus adaptée. ça vous permet de crypter et de sécuriser tout ce que vous faites sur internet. ils nous ont proposé pour nos auditeurs une réduction de 70% sur leurs offres. vous pouvez la découvrir sur nord vpn.com slash inspiration ou en descriptions. merci beaucoup et on souhaite une bonne écoute.
bonjour bernard. bonjour. on est ravi que tu nous accueilles aujourd'hui pour parler de la créativité. on voulait avec valentin se replonger avec toi dans le moment où tu avais décidé d'écrire les fourmis. le tout début, la première fois que j'ai eu l'idée. ouais, quel âge tu avais, comment tu te sentais, quels étaient les prémices un peu de ce projet qui a duré douze ans avant la première publication ?
quand j'avais 16 ans, j'avais créé un fanzine dans mon lycée, côté de toulouse, qui s'appelait le lycée ozenne. j'avais créé ce fanzine parce que je m'ennuyais énormément. c'était une section économique qui était plutôt confortable, mais dans lequel somme, j'avais besoin d'avoir un projet rigolo. donc j'ai écrit un journal et dans ce journal, on venait de bande dessinée. et donc les fourmis était un des scénarios de la bande dessinée, un scénario de dix pages qui devait être illustrée par un ami qui s'appelait fabrice. que j'ai quitté, un dessinateur qui lui était dans le lycée saint-sernin, juste à côté. sans excès, non, valide, était un surdoué en dessin et celui qui s'ennuyait pas, il était super bon partout. mais voilà, j'ai dit un jour, les fourmis semblent le sujet le plus inintéressant, le plus difficile à faire. donc on va essayer de faire quelque chose. mais le fait que ce soit un challenge, parce que les fourmis, on s'intéresse pas. parce que c'est pas comme les abeilles, font pas de miel, pas comme une hostie, kafi, pas de maladie. c'est un animal neutre. à limite, l'intérêt, c'est de les écraser pour les enfants ou s'en débarrasser pour les gens qui ont des cuisines envahies de fourmis. le rapport à la fourmi est un rapport non, non passionnel. voilà, on aime les abeilles parce qu'on aime le miel, et on a peur des moustiques parce qu'ils empêchent de dormir. la fourmi est vraiment un animal aussi qui fait des sites. et je trouvais que c'était un questionnement sur pourquoi ils font comme nous des villes. voilà. et donc ça me semble un challenge. et donc j'en suis après une histoire de deux ans avec ce projet.
tu te dis, tu t'es écrit, j'imagine. comment, j'ai, au moment où je démarre, je ne dis pas que je vais mettre douze ans de ma vie. je pensais à sortir la combien de temps ? non, d'abord, je pensais en faire une nouvelle. donc j'ai fait une petite nouvelle de dix pages. et puis après, j'ai lu une interview de frédéric dard, qui écrit san antonio, qui disait que pour être écrivain, il fallait écrire tous les matins de 8h à 12h30 et que cette discipline, de cette discipline sortait forcément un talent. donc je ne bougeais pas, pris au mot, et je me suis dit, tiens, à partir de maintenant, j'ai démarré ça dès que j'ai eu le bac, vers 16 ans. je suis entrée en fac de droit, et les cours n'étaient que l'après-midi. donc je me suis, je peux me permettre ce luxe tous les jours de 8h à 12h30, j'écris. et à partir de là, j'ai enchaîné. quand j'étais journaliste, j'étais un hebdomadaire, donc je pouvais ne pas y aller le matin et de l'après-midi. et j'ai établi cette règle de 90 tous les matins. et c'est pour ça que je vois ça la créativité comme un muscle qui s'entretient, comme la course. et je vois ça aussi comme une place et la magie de la régularité. c'est-à-dire, je crois plus on sollicite son cerveau pour qu'il nous fasse créer, plus il crée facilement, et plus il va vite. et il y a une autre notion qui est liée à ça, quand on est régulier, on a du plaisir. c'est exactement comme dans le marathon, quand on court, d'un moment, c'est douloureux. et si on dépasse cet instant, on a des dictées, l'endorphine. maintenant, l'écriture, généralement, quand je démarre le matin, il faut un petit temps de mise en place. et vers 11h, c'est un total extase. si je suis dans la joie avec mes personnages, en train de vivre le bouquin et de profiter la situation que j'ai créée.
et est-ce que ça a toujours été sain d'être régulier ? est-ce que dès le départ, quand tu t'es dit, j'écris tous les matins, alors tu t'es tenu ? oui, il a été simple pour moi. là où ça a créé des problèmes, c'est quand j'ai vécu en couple. souvent, mes compagnes comprenaient pas pourquoi c'est privé des matinées. et il faut chaque fois que j'avertis son entourage que ma vie commence à partir de 12h30. donc quand j'ai fini d'écrire. au début, pour tout le monde, c'est évident, dit bon, mais l'écrivain écrit. mais quand on vit tous les jours avec quelqu'un qui tous les matins vous prive de la matinée, je comprends que ça puisse être responsable. quand je dirais, vous avertit, je dis, j'ai un petit problème, j'écris tous les matins à 8h à 12h30. si vous le supportez pas, mais au compte des marpa, c'est aussi un peu comme, je pensais dans la bible, suffit qu'on dise à quelqu'un, vous savez, vous pouvez me demander tout, sauf de ne pas écrire entre 8h et midi et demi. et les grands se disent, pourquoi ça ? donc il me réclame tout le temps. ce temps, c'est un temps vraiment que je consacre à un lecteur, à mes livres, à mon activité d'écrivain. je crois la régularité. la régularité, il est un des premiers grands secrets des des créateurs qui se renouvellent. ce que vous écrivez, bon, moment, j'écris tout d'interrupteurs à 12h30. en plus, dans ma régularité, je fais dix pages tous les jours. et dans la régularité, je fais un livre tous les ans. donc c'est trop, c'est des rendez-vous que je me fixe précisément. parce que c'est un métier de liberté. et s'il n'y a pas une discipline, on se mettrait les hollies, on se mettrait dans les cafés, on se met à à faire des tas d'activités non participatives de la création. et on se dit, lui, dedans. donc le rendez-vous d'un livre par an est un rendez-vous et pour les lecteurs, et pour moi, et pour mon éditeur. du coup, tout le monde peut se caler dessus, c'est plus facile.
et sur ce rythme, dans les parents, est-ce qu'il y a eu des manques pour toi ? tu t'es dit, celui-là, je suis en retard, mais mon écrivain qui avait d'autres projets comme pour les pièces de théâtre ou de cinéma ? est-ce qu'il y a des moments où certains livres sont écrits en rush sur trois, quatre mois, où c'est vraiment tout le temps 365 jours, dix pages tous les jours, plusieurs heures, ont jusqu'à arriver à la version finale qui sort le 1er octobre ?
alors voilà, c'est, c'est un effet plusieurs versions jusqu'à la version finale qui te sens le 1er octobre. et par contre, le premier jour, je commence le roman, ça va être dix pages de plan. le deuxième jour, ça va être ce même plan que je vais commencer à étaler pour qu'il fasse 20 pages. donc le au commencement, se trouve un projet qui consiste à faire grandir un plan de dix pages à un plan de 400 pages. et là, j'obtiens un plan de 400 pages d'un livre très mauvais, mal construit, qui fonctionne pas, mais qui va être ma base de travail. donc j'appelle la fonction à la version à. et après, je fais rire sans b sur le souvenir de la version à, et je ne relis surtout pas, et je n'en reprend surtout pas des morceaux. en dix ans de traitement de texte pour reprendre des blocs, c'est juste le la première impression d'une version de 400 pages qui va m'aider à savoir ce que je veux, ce que je veux pas. et ça, dès le départ, ça a été naturel pour toi de faire fonctionnement là ? non, c'est que ma version mâle et par sap a été naturel. au moment où j'ai fait ma première version, je voulais tout de suite faire une bonne version. mais si, apprend, le donnant à lire aux autres, et en voyant les feedbacks, et puis même en relisant, et puis c'est quand même pas bon. et donc, j'ai une manière de fonctionner, j'appelle qu'on le master. il m'arrive de serre, c'est un jeu, vous testez une formule qui marche pas, de là, vous demandez à quelqu'un, qu'est-ce qui va, qu'est-ce qui va pas, ils vous refaites pour proposer une autre formule. sur les fourmis, et j'en ai fait, donc je fais toutes lettres de l'alphabet jusqu'à 24, jusqu'à la lettre aux ailes. maintenant, j'en fais 10. donc j'ai, par exemple, prochain livre qui sort, sa majesté des chats, j'ai dix versions du même roman, avec d'autres intrigues, souvent le même personnage, mais pas les mêmes lieux, pas les mêmes actions. des fois, il y a des personnages en plus qui sont une version, qui sont pas dans d'autres. ce que je fais des films pour avoir un film.
et est-ce que du coup, le document final, et la dixième version, où tu vas reprendre des petits morceaux, des petits morceaux que tu as préféré sur la version 4, 7, et n'affiche ? je ne prends aucun morceau dans la version précédente, vraiment les airs. sauf si par moment, j'ai eu, ça m'est arrivé, mais ça sert à des scènes que j'ai écrit une exaltation totale, j'arrive pas à reproduire cet enthousiasme. mais le principe, et je refais tout à zéro pour que ce soit bien propre et cohérent. ouais.
tu dis, tu dis souvent que tu prends beaucoup de plaisir quand tu écris, et je pense que ça se voit quand on lit tes livres. merci. mais est-ce que c'est toujours que du plaisir pour toi, ou est-ce qu'il y a aussi une part de souffrance et de valeur ? la part de non, il n'y a pas de souffrance. mais la part d'inconfort vient du moment où je rentre en phase de relecture. c'est-à-dire que j'ai terminé ma dixième version, et là, avant de la ranger dans l'art, et qu'on doit relire 600 ou 700 pages d'une histoire qu'on connaît par cœur, et qu'on a déjà revu et réécrit plein de fois. j'ai vingt fois, c'est comme un chewing-gum qu'on remâche, qui a plu. et ici aussi, pour ça que j'ai essayé de faire un livre qui soit le plus plaisant possible, ne serait-ce que pour moi, à la relecture. je m'ennuie pas trop. mais la relecture, je déteste ça. et puis après, les lectrices vont le lire, et vont me proposer des corrections. donc je devrais encore relire. puis elle a version finale que je vois relire. et même les livres que j'adore, j'aime pas les relire. je considère que c'est ce qui est intéressant, c'est la première surprise. provient pas con. donc l'aspect pénible, c'est la relecture. sinon, juste génial. mais neuf mois pour écrire le livre. donc ça commence au neuvième mois, il faut commencer à relire, resserrer les boulons, regarder tout ce qui va pas, toutes les incohérences, les répétitions, tout ce joli bébé en neuf mois. ouais.
mais en fait, mon vrai potentiel d'écriture, et de deux livres par an. d'ailleurs, longtemps, je faisais plus. maintenant, je faisais deux livres tous les ans. il y en a, au bout d'un moment, qui me semblait plus intéressant. clope. donc chaque fois, chaque année, mais inquiété publié un, qui était mis de côté. et stephen king en parle dans l'écrire. il dit, lui aussi, a une production de 2 livres par an. et il dit, le public, si on lui sort de livres, il considère celui qui sont bâclés, soit qu'il y a un, soit qu'il y a une tricherie, soit que suspecte, qu'est-ce qu'il était, il a été mal foutu, qu'il est inintéressant. donc pour les gens, faire, on est tous les ans, c'est possible. mais faire de livres par an, ils comprennent pas. donc je m'adapte au public. et puis les médias suivent plus, parce qu'ils se dissiperont du trot. donc on va pas, on va pas faire deux articles du même auteur sur la question de la rareté. avec le choix là, et quand il faut parfois, les gens se lassent ou naïf a su lui même un livre par an. beaucoup de de médias considèrent qu'on fait une différence, c'est déjà trop. ce qui est accepté dans le métier en france, c'est un livre tous les trois ans. vous regarderez, la plupart des auteurs font aller tous les trois ans. dire qu'un petit groupe, dans lequel il y a un mailing aux tons, il y a un guillaume musso, les vies de les voir, legardinier aussi, on arrive à avoir ce rythme là.
comment est-ce que, est-ce que tu progresses en tant qu'écrivain ? alors, chauffeur, je me fais aider. mon entourage, à savoir que j'ai tous les jours une conversation avec des gens qui sont une source de d'idées pour moi, des amis scientifiques, âmes historiens, ou du juste des gens qui sont très intelligents, très vif d'esprit. et c'est eux qui me permettent de sentir où je dois aller. parfois, c'est leur intérêt pour les histoires que l'on raconte. parce que tous les jours, je note des petites idées, je leur parle de ses idées. et quand je vois qu'ils sont intéressés ou qui rebondissent dessus, il met une sorte d'aller-retour. au début, c'était aussi mes reportages. l'époque, j'étais juin et scientifique, qui avait plein de genre d'article que j'avais commencé. je me suis dit, ça peut faire une nouvelle, ça peut faire une histoire. c'est pas juste un concept scientifique, c'est aussi un concept qui peut être développé avec un prix. mais tenace, note par exemple, voilà, elle était intolérable, tackle que des parties d'un document scientifique produit qui n'est pas sorti finalement, et sur lequel tu avais ensuite.
voilà, la question, souvent, c'est, c'est une vengeance. un livre, les fourmis, c'est une vengeance contre nouvel observateur, qui m'avait viré. donc j'étais chez une sorte de rage, mais contre toute la société qui était archaïque, contre en gros, qui privilégie répété tout le temps les mêmes choses plutôt que d'innover. et ce que j'ai perçu à l'ope, choqué d'autant plus que je reste à pris le nouvel observateur, il n'y avait rien de nouveau, et qu'il observait rien. et donc, les fourmis était raconté ça. dit, il y a un monde ancien, dans lequel il y a des tas de vieux cons qui bloquent tout pour que rien ne bouge. et après, elle était un taux note. donc, c'est une bonne chose par rapport à cet article qui n'est pas sorti. mais c'est aussi une mangeant pas recours au médecin, qui a fait l'achat rendement thérapeutique sur mon grand-père. il y a toujours une petite colère. je crois pas à l'écrivain tranquille, qui décrit les situations, et puis qui finit, puis voilà, ça fait deux. les moyens des règlements de compte. vous voulez, j'ai tout ce qu'il me semble choquant dans ce monde, je le savais, j'ai écrit un x. après la révolution des fourmis, c'est la révolution des gens qui bougent contre les gens qui bloquent tout. voilà, c'est pas pour l'homme d'âge, c'est un problème de peur de la nouveauté.
et est-ce que ton moteur principal, du coup, c'est une forme de colère, ou est-ce que tu as d'autres moteurs ? alors, non. et après, c'est l'envie. l'envie de montrer aux aux électeurs les scénarios de possibles, terre, leur proposer un rôle de guetteur. ce qui me semble essentiel. juin, sauf les guetteurs modernes. dans les leaders, et le crès, c'est en référence au nouvel observateur. je proposais de ma version, qui le guetteur moderne, c'est qu'il est vraiment quelque chose de vraiment moderne. le genre, j'ai envie de dire, vous aussi, vous pouvez monter sur le poste de vigie, regarder loin, et vous poser des questions. où on va ? et des latéraux, on se pose la question, où on va ? la réponse n'est pas vers le monde de pollution, vers la guerre, et vers le moment, on va tous s'entretuer. c'est pas forcément quelque chose de négatif. il y a des solutions mauvaise, des solutions bonnes, et à nous de se débrouiller pour qu'on aille vers les chemins qui sont les plus lumineux. tout ça, que j'écris de l'arbre des possibles, pour dire, attendez, il n'y a pas que un monde. en 1984, il n'y a pas que le monde, a le meilleur des mondes, il n'y a pas que la planète des singes. même s'il adore ses bouquins, c'est pas que, c'est pas que l'enfer, le scénario négatif. mais pour qu'il y ait un scénario positif, il faut déjà l'imaginer. et voilà, j'ai envie de dire aux gens, ne vous contentez pas de votre vie, ne vous contentez pas de regarder en court terme, regardez en long terme. d'ailleurs, si ce qui me semble le grand déficit des politiciens, les politiciens ne sont là qu'à gérer les crises au fur et à mesure qu'elles apparaissent. donc, une font que réagir au monde. et dès le moment où tu ne fais que réagir au monde, tu en retard. c'est-à-dire, le monde va plus vite que les réactions. donc, il y a moins, faut initier un bon grand projet, et se débrouiller pour ce grand projet fonctionne, et ne plus réagir aux épiphénomènes. là, le fait que les policiers soient liés à ce point aux sondages, pour moi, c'est très négatif pour lancer des grands projets utopiques. parce que les, en gros, les grands projets, certains réclamaient un peu de sacrifices au début. si dès qu'on fait un peu de sacrifice, sont en baisse dans les sondages, ils sont plus réélus. bon, ils vont rien faire quoi.
il y a un truc qui, j'ai l'impression de sentir quand j'ai lu les livres que j'ai lus, toi, c'est l'importance de délayer un peu la curiosité dans la tête de son lecteur. et je trouve que ça aboutit souvent à une certaine forme d'originalité qui est hyper présent dans les thèmes que tu abordes. est-ce que c'est quelque chose que j'essaie de cultiver, cette originalité, et quand tu le fais au quotidien, pour te dire, pour alimenter cette rivalité ?
alors, la curiosité me semble en effet la première qualité. nous, on est curieux, le monde vient vers toi. dès le moment, le monde vient vers toi, si tu l'acceptes, ton esprit, comment ça fonctionne très, très vite. moi, la première curiosité que j'eus, et des animaux, c'est-à-dire, j'étais, je m'ennuyais et chez moi, mes grands-parents, donc je restais des heures à faire des élevages de têtards, de fourmis, de j'observais les lézards, les papillons, et les coccinelles. et je crois que toute création artistique démarre par 500 de la nature. je crois que votre thème, c'est à quel moment on devient créatifs. je comme premier conseil, j'ai envie de dire, promenez-vous. regardez les feuilles, regardez les fleurs, regardez des arbres, regardez le ciel, regardez le sol. arrêtez-vous. c'est pas proposé dans la télévision, c'est pas proposé sur votre smartphone. ça s'appelle le vrai monde. et imprégnez-vous des odeurs, des bruits, et essayer de ressentir qu'est-ce qui se passe. et cette curiosité qu'on a tous à l'état animal, qu'on a tous, elle était enfant, on la perd progressivement. quand la télé nous envoie des émotions, des scènes choquantes, des trucs rigolos, des trucs qui vont faire pleurer, des trucs qui vont surprendre, des trucs et concret l'horreur. donc, on est tellement, est-ce que monsieur manger que la nourriture pimentée, du coup, on sent plus rien. donc, dans la notion de curiosité, c'est inventer votre propre curiosité, qui n'est pas celle que vous propose quelqu'un d'extérieur. et ce que disent mes personnages, ce que j'aime, je travaillais comme message, c'est regarder tous ceux qui sont curieux vont plus loin, et commence à faire l'inventaire de la conscience, et commence à s'ouvrir au monde. et tous ceux qui commencent à avoir des certitudes, et qui se disent, j'ai compris, je sais, et tout moment, ils se faire. ils deviennent des vieux cons. on peut être vieux con à 15 ans, c'est, c'est pas un problème d'âge, c'est un problème d'intérêt pour le monde qui nous entoure. moi, les gens qui m'entourent m'intéressent. vous êtes là, il y a une deuxième caméra, là, vous êtes des individus qui m'intéressent. c'est ici et maintenant, parce que je vous connais pas. on est en train de dialoguer, il se passe de ça, une œuvre qui va être votre enregistrement. et cette chose-là, on va essayer de fin, j'ai, c'est de participer pour qu'elle soit le mieux possible. mais des moments, on concède blazy, ce plan, si je m'en foutais de ses interviews, je m'en foutais de vous, ça sentirait occident dans la voix, et ça serait le principe, et le message passerait pas. donc, il y a une sorte d'enthousiasme curieux, et de l'intérêt pour le monde, qui est l'énergie de vie aussi, qui est la base même de la création artistique.
c'est intéressant parce que je les avais pas longtemps, une biographie de léonard de vinci. et créatif incroyable, on a l'impression que exact odeur de lui-même. mais au fond de ses tripes, il y avait un peu cette curiosité enfantine, mais aussi incessante. et c'est parce que son nom que je crois à mener en forêt, et l'amener à expliquer fleur, perf, leur animal, par animal, lui expliquer quel était le nom, et comment ils fonctionnent. et donc, il y a eu une ouverture. il a eu un initiateur chez lui, c'est son nom, que son père, mais en tout cas, il a passé toute son enfance en forêt à observer la nature. et après, elle a dessiné. et je crois que c'est ce qu'on devrait donner aux enfants, des promenades dans la forêt, en expliquant, et en tout cas, en leur montrant l'intérêt d'écouter les oiseaux, de regarder le ciel, d'essayer de comprendre toutes ces choses-là, qui devraient passionner nos ancêtres préhistoriques, et que, et qui nous passionnent malheureusement plus assez.
tu vois, ce message-là que tu me racontes, tu la diffuses pour l'instant avec des livres principalement. et est-ce que quand tu t'es essayé, par exemple, à d'autres disciplines, de la BD, par exemple, est-ce que c'est toujours pour véhiculer ce message-là de curiosité, d'envie de ? alors, la BD, puisque tu me cites ça, je ne maîtrise pas dans la mesure, c'est pas moi qui fait les dessins. donc, je me disais que le scénario, donc, c'est pas un endroit où je pouvais contrôler le message émis, et le message diffusé. pour moi, j'adore la bande dessinée, donc c'était juste pour participer à cette à. mais c'est plus, c'est plus comme j'étais scénariste, et que le dessinateur et réalisateur. mais par contre, le théâtre, vendu finiens, la peinture, c'est une manière de de dire qu'une fois qu'on est artiste créatif, on peut créer dans tous les domaines. et on est le message à transmettre, il peut être difficile de plein de domaines différents, en fait. mais de vrais talents innés, c'est la musique et la peinture. c'est-à-dire, c'est mes parents, ma mère était prof de piano, mon grand-père était peintre. et naturellement, j'ai naissance pour ces deux choses-là. maintenant, je n'ai pas travaillé. je la musique réclame une rigueur que je n'étais pas pour être d'accord. et la peinture demande une patience, faut attendre pour l'huile que ça sèche. j'suis pas patient. donc, j'essaie tomber ces deux arts. départ contre la maîtrise de l'image, à la maîtrise du son, ont servi pour l'écriture, qui n'est pas mon art privilégié. pour moi, l'écriture, c'est juste raconter une histoire. que je vous la raconte oralement, ou j'ai raconté par écrit, pour moi, c'est pareil. pour ça aussi, je monte sur scène pour raconter par écrit. et c'est pour ça aussi, quand là, je suis en train de me raconter des histoires, ça me semble faire partie de ma fonction, qui est raconteur d'histoires. mais par moments, je me dis, je vais peut-être passer à côté, en tout cas, de la musique, qui est la chose qui me provoque les émotions les plus fortes.
et est-ce que dans les autres matières, tu d'arc, et essaye de les toucher, sur lequel tu es initié, ou tu t'entraînes ? par exemple, tu es jeune, tu parlais de soi, la musique en privé, ou la peinture en privé, mais peut-être aussi sur scène, comme tu le disais ? est-ce que tu vas chercher une autre source de créativité, ou il est inspiré ensuite dans mon examen d'écriture ? en fait, tous mes copains me disent, nos fameux copains écrivains, qu'est-ce que tu perds ton temps à faire monter sur scène ? ça ne rapporte rien. au plus, tu te mets en danger. et où j'ai dit, mais justement, c'est la zone de prise de risque. c'est, excusez-moi, vous pourrez couver dans l'évidence. pourquoi la plupart de mes amis écrivains me demandent pourquoi je monte sur scène, et pourquoi je prends le risque de me retrouver face à un public ? et je dis, justement, c'est ma zone d'inconfort, ma zone où je ne suis pas complètement à l'aise. donc, c'est là où je vais apprendre. l'aventure commence dès qu'on sort de de ces zones de confort, de certitudes. chaque fois que je monte sur scène, j'ai la pétoche, j'ai le trac. et la première fois que je monte sur scène, je n'avais rien préparé. j'ai trop improvisé. donc, je peux vous dire, j'avais un énorme travail. d'ailleurs, j'étais pas très pro, j'ai pas regardé l'heure, j'ai fait deux heures trois quarts, c'était un peu trop long. j'attendais de sentir qu'un public à l'espace, il soit signé, pas. et je méritais. bah oui, oui, ça s'est super bien passé pour tout cas, pour ça me donne envie de reproduire l'expérience.
est-ce que dans cette, j'ai l'impression que quand on prie de l'impro, j'en ai fait un petit peu au théâtre, il y a un moment où parfois le laisser aller complet permet de vraiment, on prend un peu de recul finalement sur la situation qui se passe, et on se sent super. il y a une connexion entre discret qui serait pas forcément quand c'est tout préparé ? c'est quelque chose que je suis entièrement d'accord. mais de façon, le lâcher prise, et d'une des grandes difficultés dans tous les domaines. lui, le lâcher prise. envie de bien faire. quand je, quand je monte sur scène, je me dis, ça se peut que tout foirer, que ça se passe mal, et j'accepte cette possibilité. mais le lâcher prise est aussi un des grands secrets de la créativité en écriture romanesque. je montre mon bureau à tva, ce qui retient beaucoup de jeunes auteurs, parce que je donne aussi des master classes. c'est l'envie de faire la copie parfaite, livre parfait, le livre, tu vas voir les prix littéraires. et cette envie d'aller bloc, il faut en général un ou deux chapitres, trouve pas ça bon, il s'arrête. alors que si on se dit, ok, c'est pas parfait, je renonce aux prix littéraires, mais j'ai quand même aller jusqu'au bout de ce projet. on va envoyer un résultat.
et il y a eu des livres pour toi qui n'ont pas été toujours des grandes réussites, ou en tout cas, pas autant que je l'espérais, peut-être ? comment est-ce que, est-ce que tu l'as vécu ? est-ce que ça a été une remise en question ? est-ce que tu t'es dit, il faut que je me renouvelle ?
alors, c'est une très bonne question. en fait, le premier livre qui n'a pas marché, c'est un tonneau. et à partir de là, je me suis pas, je m'arrête. dire, j'ai fait les fourmis, qui a marché. je fais toujours des fourmis, qui a marché. je fais, et un autre qui marche pas. bon, ma carrière est finie. et c'est ma cousine renne, qui m'a dit, non, continue. donc, j'ai fait la révolution et fourie, qui a très bien marché. et là, je me suis dit, bon, bah, en fait, ils veulent que je fasse que des fourmis. et là, j'ai sorti le père de nos pères, des nouvelles tentatives de sortir les fourmis. et là, c'est enfin décoller. et mais en tout cas, j'ai maintenant, si je devais donner un conseil à bernard werber, l'époque, je dirais, il faut voir ta carrière comme une succession de lignes. ne peuvent pas tout marché. tu peux pas avoir une montée permanente. et donc, il faut accepter que par moments, j'ai tribus. comme je pense, un sportif peut pas gagner tous les matchs, et un réalisateur ne peut pas avoir tout s'est fini qu'ils soient des numéros un du box-office. il y a un moment, il faut accepter les chèques. accepter l'échec, accepter des trébuchets, fait partie de la carrière de tous grands créateurs. si on croit que tout va, une fois qu'on a compris, tout va marcher, on ne tient pas compte d'un élément qui est le hasard. et le hasard fait que une œuvre qui méritent d'émerger n'émergera pas. et neuf qui est des œuvres secondaires seront portées aux nues pour des raisons complètement irrationnelles. et ça fait partie à la hausse. ils font lâcher prise sur, ok, on ne doit rien, ne doit pas la gloire pour tous les livres. par contre, moi, je dois la régularité à mes lecteurs.
et tu parles de novembre par rapport à ça, on veut remonter un petit peu du temps. est-ce que tu penses que dans quelques décennies, peut-être un siècle, deux siècles, on sait pas, est-ce que tu penses que justement le temps de la personne est fait pour que certaines de tes œuvres qui n'ont que le hasard n'a pas mis en avant à l'époque, ressortent à ce moment-là, en disant, ah, comme aujourd'hui, on parle de léonard de vinci, qui à l'époque, je ne sais pas à quel point ils étaient, il est vrai que je pense que le temps va faire ressortir ce que le hasard n'a pas pu faire ?
alors, en effet, chez moi, je considère qu'il n'y a qu'un seul critique vraiment valable, c'est le temps. parce que le temps fait par décantation, dont je l'espère, en tout cas, fait émerger les œuvres intéressantes, et fait oublier les œuvres une intéressante. même si ton était à la mode, en tout cas, le temps a rendu justice au teint à thônes haute. quand il est sorti, il a vendu moins d'un tiers du tirage. je crois qu'il avait dû sortir sous 110 000 exemplaires, ils ont dû en vendre 20 000. ce qui veut dire qu'elle est de dire qu'ils sont partis aux opinions. mais après, il a eu sa revanche en poche, et maintenant, il est autour d'un million d'exemplaires en poche. donc, c'est-à-dire que le bouche à oreille a pu s'installer. il n'a jamais eu un seul, j'ai eu un seul article, les seules critiques, un seul un journaliste qui a évoqué l'existence des teintes aux notes. donc, c'est vraiment que le bouche à oreille et le temps qui a rendu justice à ce livre. et ça aussi, nombreux jeunes créateurs, c'est bon de le savoir, c'est plus qu'une œuvre n'existe pas au moment où la sorte. l'un de mes auteurs préférés, boris vian, au moins, il a sorti l'arrache-coeur, c'est tombé complètement en désintérêt du public, et ça a été redécouvert mai 68, parce que les jeunes avaient envie de révolte, et ils ont utilisé ce livre comme fer de lance de leur mouvement. j'espère que le temps rendra justice aux offres qui le méritent. quant aux miennes, je ne sais pas leur valeur.
dans deux interviews, tu mentionnes la peur de se lancer, les doutes que tu avais entendu. est-ce que vous rita toujours peur ? non, j'ai jamais eu peur de me lancer. non, si jamais une angoisse de la page blanche. jamais eu la peur de me lancer. j'ai parfois peur de me tromper de sujet. je de me dire que je commence à investir beaucoup de temps et d'énergie. ma fameuse mécanique de 8h30, de 8h à 12h30, de de dix pages par jour, sur un projet qui ne fonctionne pas. ça veut dire que je peux, je peux arriver peut-être à faire investir beaucoup de temps sur un truc qui fonctionne pas. c'est ce qui m'est arrivé sur l'homme de milan. j'ai fait un roman où j'ai travaillé, j'ai commencé à travailler pendant quatre, cinq mois. j'avais quelque chose pratiquement finie sur un roman qui a pris l'homme de milan. et je l'amène à manier des tris, monitrice me dit, ça semble déjà beaucoup à tout ce que tu fais déjà. y'a pas, je sens pas vraiment l'originalité par rapport au reste de ton travail. j'ai dit, a pas de problème, je vais faire un autre bouquin. et j'ai fait dans l'urgence, demain, les chats. j'ai démarré en janvier. et puis après, j'ai fait sur depuis l'au-delà, c'est l'histoire d'un écrivain qui ne finit pas son livre, qui est l'élu, qui est l'homme de milan, parce que ce livre ne doit pas, ne doit pas être publié. et donc, j'ai chaque fois, je me dis, est-ce que je ne me trompe ?
Pas de sujet, et est-ce que je ne suis pas en train de perdre mon temps sur quelque chose qui servira à rien ? J'ai quand même du jeu, DJ Kid, Héros, d'autres romans qui ne sont pas publiés. Mais il y a aussi des romans sur lesquels, qui sont à leur lecture, qui ne sont pas bons. Donc, j'ai mis de côté. L'avantage de produire beaucoup permet de faire une sélection.
Et sur quoi tu juges ça que ce n'est pas bon ? Ton fils et feeling, la vie de lecteur extérieur va être déjà mon éditrice. Williams, éditrice, je considère qu'elle a raison, que j'ai tort, parce que je ne vois pas du tout. J'ai le nez dans le guidon, je suis dans mon histoire, j'aime les personnages et l'histoire, mais je n'ai pas le recul pour voir est-ce que le sujet n'est pas bon, est-ce que ça ne fonctionne pas. On est trop, on est trop dedans. C'est comme une bataille dans une bataille, le soldat ne voit pas ce qui se passe. Il n'y a que l'officier qui est sur la colline qui regarde avec des jumelles qui dit : "Ah bah là, on est en train de gagner." Mais le soldat lui-même est dans le brouillard et dans le bruit. Ils gèrent des choses qui se passent autour de lui et il n'y a pas, il n'y a pas de vision.
Voilà, ça peut être facile parce qu'on ne sait jamais, mais c'est de s'entourer du prix du meilleur officier sur la colline. Non, on ne sait jamais. C'est encore une fois, on parlait du temps. Qu'est-ce que le temps ne devrait pas être les meilleures jumelles à l'officier qui permettrait de juger des œuvres ? Voilà le mal. Et on n'a pas le temps. C'est pour tenir une fois par an, je n'ai pas le temps. Et puis, il m'est arrivé des fois de tomber sur des officiers qui ne me donnaient pas les bonnes informations, et il fallait quand même que je me débrouille. J'ai changé d'éditeur, mais ce n'est jamais demandé à changer d'éditeur, mais ça s'est fait naturellement. Et il y a une inquiétude plus ou moins bonne. Enfin, celle que j'ai actuellement. Un moment formidable. Petite dédicace pour elle, Caroline Henry. Paulson est grave. Est-ce que à tanger au bout, tu manges ? J'ai la question que j'ai en tête. Bien oui, il n'y a pas que moi qui ai trop de magoar. C'est fait plaisir, c'est très gênant. Ces nouvelles comprennent bien. Je peux lancer. Il y a une question que je voulais poser. Tes sources d'inspiration, est-ce que tu les trouves dans des auteurs ? Est-ce que tu les trouves dans d'autres créatifs, dans des activités, peut-être ?
Alors, il y a en effet la lecture, la lecture d'autres auteurs. Mad Mats, jadis, énormément mûri, et notamment deux auteurs que j'ai envie nettement. D'abord, mes trois papas. Et après, deux auteurs. Les trois papas, c'est Fondation, Hazim, of Isaac Asimov. Quand j'ai lu ça, je me suis dit : "Ok, là, il y a quelque chose de complètement nouveau." C'est à partir d'un roman, ce type est en train d'avertir le monde entier de ce qui est en train de se passer, et il nous raconte déjà les épisodes suivants de tout ce qui va arriver dans le monde. Tu sais, tu as fait la solution en train de lentement. Ça me fait exactement ça. Tu en es où ? Au deuxième, au deuxième, au deuxième de la vieille mule. Et déjà, sinon, tu vas voir, il y a Paris, faire paraître à un moment un personnage qui change toute la donne. Je suis là. Alors, c'est là. Alors, et donc le premier, c'est Isaac Asimov. Le deuxième, c'est Frank Herbert avec le cycle de Dune. Et le troisième, c'est Philip K. Dick avec l'ensemble de son œuvre, on va dire. Le premier m'a appris ce qu'on peut faire avec de l'intelligence. Le deuxième, ce qui m'a appris, on a appris ce qu'on peut faire avec la spiritualité. Et le troisième, après, ce qu'on peut faire avec la folie. Et ces trois sources suffisent entièrement à me nourrir. Ce terrain, j'ai vu tellement de choses chez ces auteurs, ça m'a donné tellement d'idées que j'ai, c'est comme si j'étais rempli de tas de livres à écrire. Rien que parce que j'ai eu ces trois auteurs alors que j'avais 20 ans.
Mais après, il y a, je rajouterais Stephen King. Parce que Stephen King, c'est bizarre ce que je dis, mais il fait le livre presque bien jusqu'au bout, mais pas bien jusqu'au bout. Il fait 90% du travail, et les 10 derniers pour cent, il plante tout. Il plante tout pour une raison qui est, je crois comprendre en lisant écrire, à savoir, il fait pas de plan. Donc, vu qu'il fait pas de plan, il avance dans la surenchère par rapport à la semaine précédente, et il est obligé de faire d'aller toujours plus loin. Au final, il n'arrive pas à boucler le truc. Il fait sortir le diable, ou il fait sortir des fantômes, ou des extraterrestres, ce qui sont à mon avis trois tricheries. Mais par contre, il mène super bien son truc, parce que c'est le roi de la psychologie, et c'est aussi un type qui a une énorme générosité. Très sous couvert de livres d'horreur, en fait, le type, il parle de la beauté de l'enfance, des peurs d'enfance, et il parle de tout ce qui nous construit et de tous les temps qui courent. Et l'éthique, c'est vraiment passionnant, mais il ne boucle pas son truc. Chaque fois, j'ai : "Quel dommage qu'il ait foiré la dernière scène." Je n'ai pas si tu as lu et à ses sentiments tout et vous allez écrire juste d'en écrire. Mais oui, meule à écrire, c'est différent.
Alors oui, c'est la différence. C'est un essai. Ouais. Mais si tu lis, par exemple, ça qui a donné le don, qui me fait monter la chantilly très, très, très, très, très haut. Et puis là, tu te dis : "Bon, ça, c'est l'entité qui fait peur à tout le monde." Et puis arrive le moment où les enfants vont coincer ça, et savoir exactement ce que c'est. Et là, tu attends le rendez-vous. Quantité de caisses, qu'est-ce qu'il va nous sortir, qui est l'incarnation de la peur ? Bon, je vous parle pas parce que j'avais peut-être le lire. Mais si c'est ça, bon, tant pis. De toute façon, il avait mis la barre tellement haut qu'il pouvait rien faire. Je vois bien le problème de tous les auteurs qui ne font pas de plan. Et une fois qu'on a compris que ce système, on se reconnaît. C'est l'auteur qui s'en tire par une pirouette finale parce qu'il ne peut plus continuer la pression. Je crois que lui, il dit justement qu'il y a chaque fois, il veut se faire surprendre, il veut se laisser surprendre. Il ne sait pas ce qu'il va écrire à poil, et il y arrive. Des fois, il n'y arrive pas, mais des fois, il arrive. Donc, c'est pour ça qu'il est puis sur la forme, sur le style, je trouve qu'il est vraiment excellent. Mais Philip K. Dick n'est pas spécialement fort sur le style. Qu'est-ce qu'ils font sur les idées ? Asimov, c'est surtout sur la construction. Lui, il réussit vraiment bien ses plans, ils retombent très bien sur ses pattes. Et Frank Herbert, tu vois, ce sont des univers. Ces deux univers, c'est le pouvoir de créer des mondes qui n'existent pas, cohérents et extraordinaires. Quant à Philip K. Dick, puis c'est le touche-à-tout avec un niveau de conscience très aimé. C'est des génies, c'est le génie de la littérature. Moi, je trouve qu'on devrait apprendre ça à l'école. C'est de la vraie, le niveau, plutôt que de vouloir à tout prix donner des romans autobiographiques de type Marguerite Duras et tous les romans qui est des gens qui se penchent sur le nombril pour analyser, mais qui ne racontent pas d'histoires et qui ne, qui ne prennent pas le risque de bâtir quelque chose avec une fin surprenante.
Mais il faut laisser la place à plusieurs sur la littérature. Mais je considère que c'est dommage qu'en France, à l'école, il n'y a pas qu'une seule littérature, la littérature ennuyeuse, et qu'il y a que quelques profs qui ont le courage de lancer sur la science-fiction, sur le fantastique, et qui sont, gérer ces profs qui donnent vraiment le goût de la lecture à leurs élèves. Alors que tous ceux qui n'en voient sur, excusez-moi, j'attends briand, Jean-Paul Sartre, je pense qu'ils auront, on est en train de perdre des lecteurs. Ça peut couper justement les curiosités des moquettes. Voilà, il faut renouveler là où il faut aussi dans le système scolaire, renouveler, renouveler les goûts et renouveler les centres d'intérêt.
Quel serait le dernier point à la fin de l'année ? Ben, j'ai déjà, il y a ce que j'ai envie de laisser, c'est un projet de monde futur qui soit lié à un mot qui est harmonie. Ce que j'ai vu chez les fourmis. Les fourmis, c'est fait ainsi, une espèce qui ne dérange pas la planète, qui aère le sol, qui transmet les graines. Et quelque part, trouver une place dans la nature qui fait qu'elle est de la nature. L'homme, pour l'instant, abîme la nature, mais n'a pas trouvé comment lui faire du bien en retour. Mais il y a un besoin de chercher. On est en train, on a, on n'a jamais eu autant d'informations pour arriver à connaître déjà étendu nos dégâts et trouver des solutions pour arranger les choses. Il y aura un moment dans le futur où on va arriver à ce niveau d'harmonie, peut-être aussi en contrôlant aussi la croissance démographique, en contrôlant la croissance économique, la consommation. Et à ce moment-là, on sera un monde comme les fourmis, qui n'est pas souvent décrit totalitaire, qui est un monde où chacun est libre, mais tout le monde a envie d'agir pour la communauté. Donc, c'est cette vision d'un monde meilleur qui m'a semblé entrevoir en observant les fourmis, que j'ai envie de proposer aux prochaines générations de leur dire : "Écoutez, si une espèce est là depuis 120 millions d'années à trouver ses solutions là, c'est-à-dire que nous, qui nous sommes là que depuis trois millions d'années, on peut peut-être s'inspirer d'elle pour arriver à trouver des solutions similaires." Même s'il y avait d'autres choses qui me choquent dans leur comportement, si on devait les plaquer sur les humains, au final, ça marche plutôt bien. Et la preuve, c'est que les fourmis sont adaptées au temps, au froid des milieux. On en trouve dans la neige, on en trouve dans le Sahara, et dans le froid, et dans la chaleur, et dans le froid. Ce sont les aspects qui tiennent le mieux. C'est la fourmi qui tient le plus longtemps dans le désert, à des températures extraordinaires, à des températures où une omelette cuit, et la fourmi peut sortir dans le désert. C'est comme si elle marchait sur des poils, et elle a créé une adaptation du corps qui fait qu'elle peut supporter ça. Aucune espèce animale n'arrive à aller aussi loin dans l'adaptation des milieux extrêmes. Donc, ça montre qu'elles ont créé une forme d'intelligence naturelle qui leur permet de faire beaucoup de choses. J'espère que nous arriverons à des résultats similaires. Enfin, trouver la même. Mais surtout, si le réchauffement climatique accélère la vitesse où il entend accélérer, non, les dés par le choix, non, rabasse environ 120 millions d'années pour le verbe pour trouver. Là, je pense que l'histoire accélère. On ne va pas avoir, en effet, 120 millions d'années. On va avoir d'ici dix ans des retournements qui vont sembler beaucoup de la science-fiction, en bien ou en mal. Et à ce moment-là, on va s'apercevoir que on a arrêté d'avoir de l'imagination, et que ceux qui n'ont pas d'imagination, ceux qui veulent tout le temps répéter les vieux systèmes, ben, ils vont être évacués du jeu. Et c'est que ceux qui proposent des idées nouvelles qui vont faire avancer le monde et qui vont permettre de sauver les prochaines générations.
Il y a deux questions qu'on aime bien poser pour terminer l'invité. Avec Valentin, on est, on est jeune, on a envie de se mettre à créer. Mais je suis sûr que derrière les personnes qui regardent cet enregistrement, il y aura d'autres. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu'un qui a envie d'avoir un futur créatif, de se mettre à créer ?
Alors, d'abord, y aller. On va dire de just do it. Let's go. Une chose, le premier temps, au contraire, se cramponner. On y va, on décide d'y aller. Ensuite, accepter l'idée qu'une fois qu'on a décidé d'y aller, on risque d'avoir beaucoup de problèmes et d'avoir même de faire apparaître autour de son action une sorte de réaction qui peut vous empêcher d'y aller. C'est un mystère de la physique sociale. Dès que vous faites quelque chose, il y a plein de gens qui vous conseillent d'arrêter de le faire ou qui vous disent : "Ne le fais pas." Et si vous le faites quand même, il y a des gens qui vraiment vous mettent des bâtons dans les roues pour vous empêcher de continuer. Donc, il faut avoir une motivation très, très forte pour passer ces étapes. J'attendais 12 ans pour que les fourmis soient publiés. Pendant six ans, j'ai des lettres de refus des éditeurs. Il y a un moment où il y a quelque chose en moi qui disait : "Ça fait rien, continue." Donc, il faut avoir un, un sel de départ de la machine qui dit : "Ça freine, continue." Et puis même, peut-être une autre machine qui dit : "Je demande l'avis des autres, mais ce n'est pas les autres qui vont décider à la place de ma vie." Parce que vous pouvez demander : "Est-ce que c'est bon ? Est-ce que ce n'est pas bon ? Est-ce que tu crois que ça a fonctionné ?" Mais ces avis consultatifs, ce ne sont pas des aides. Ne pas laisser à quelqu'un d'autre le pouvoir exécutif d'arrêter ou de continuer le projet. Enfin, celui-ci, il glisse comme de l'eau qui tombe d'une montagne. Savoir s'ils savent, s'ils bloquent face à un caillou, on contourne le caillou, on tape pas sur le caillou, mais ce n'est pas le détruire. Et c'est que le détour passe par une pente qui soit moins bonne, mais de toute façon, on va finir par aller vers la mer. Donc, se dire, c'est qu'une problématique de patience. C'est un problème de patience. Avoir confiance dans son cheminement qui va nous amener au bon endroit.
Et la deuxième question que tu m'avais posée, c'était qu'une seule classe à faire. Et oui. Et la deuxième, c'est plus un, ce n'est pas vraiment une question, c'est une conclusion qu'on fait à tous les invités. Avec bien entendu, on lit des bandes dessinées, des livres, en vue de tous. Vous voulez savoir ce que tu toi, tu étais plutôt livre ou bande dessinée ? Parce qu'on a choisi un chacun qu'on pourrait offrir.
Alors, est-ce que je suis plutôt livre ou bande dessinée ? Jacques, destin d'écrivain. Non, non. Je veux dire, bande dessinée actuellement, parce que j'ai l'impression que je vis encore avec des souvenirs de bandes dessinées de mon époque que j'avais adoré, de l'époque de Moebius, Tyler, et tous. Et que je ne suis pas assez au courant des nouvelles bandes dessinées. Donc, si vous proposez de ce genre, livre ou bande dessinée, je vais aller dans ma zone, la zone que je connais bien. Récupérer. Elle va être derrière. Voilà. Donc, une petite, une petite bande dessinée. Déjà, je trouve sympa que vous ayez pensé à faire un cadeau de fin d'interview. Ac, on aime beaucoup lire et embêter, c'est qui éclos. Partager les idées que j'ai beaucoup aimé. Mais je vous demanderais qu'elle était de lire. On ne fait pas juste par curiosité. Voilà, ses auteurs préférés. Génial. Et écoute, non seulement la leur, ce n'est pas celui-là, mais je sais, c'est un super. Mais je les ai rencontrés. Et c'est un être humain. Je suis ten, et le scénariste, et je les ai rencontrés. Alors, je te parlais de Métal Hurlant. Maintenant, j'ai découvert dans Métal Hurlant qu'il pourrait rembourser en publié. Et ce sont des architectes et des types extraordinaires. J'ai dit : "Des dépôts succès, les frères Schuiten et Peeters." Et c'est d'un, merci. Exemple. Merci beaucoup. Cette histoire est incroyable. Moi, j'ai beaucoup aimé. C'est l'histoire d'un homme qui perd son ombre, qui part à la recherche de ça, et qui, au temps, ça le trouble énormément. Donc, voilà, dans un monde à la suite. Alain, vous devrez aussi d'interviewer. Je suis tanné. Vient souvent en France. Ouais, ouais. Ça a trouvé son nom. Contacter. Je peux vous donner son contact. Ce sera un plaisir. On adoré l'interview que vous racontez. Lui, comment vous l'avez eue ? Il est le plus souvent, il est en Belgique, à Bruxelles, parce qu'il a un musée. Le musée, c'est lui qui a inspiré la librairie. Et Bruxelles. Bruxelles. Merci beaucoup, Bernard. Merci. Merci. Merci. Merci de cette interview très créative. Et j'espère que ça donnera envie aux gens de créer, d'écrire, de faire des bandes dessinées, de lancer des projets. Le pire, c'est quand on est résigné, quand on veut juste de faire comme les autres et rentrer dans le système. Dès le moment où on commence à avoir envie de faire bouger les choses, le monde s'améliore. Il y a un proverbe japonais qui dit : "Le cloud qui dépasse attire le marteau." C'est ça. On vient à l'idée. On fait quelque chose, vous allez vous prendre des coups, mais ça fait partie de l'aventure. Le héros, celui qui affronte l'adversité. Faut accepter ça. Et la position du cloud qui dépasse, et la plus intéressante. Et tous les cookies qui sont enfoncés, bon, ben, ils sont venus pour quoi ? Pour être au milieu des autres clous enfoncés. Voilà l'occasion.
Voilà, l'épisode est terminé. On a vraiment apprécié cet enregistrement avec Bernard. C'était quelqu'un de passionnant, qui fait pour moi partie des génies de la création. Et du moins, pas du génie de quelqu'un qui arrive à créer tous les jours pour progresser, affiner son art. C'est vraiment le parfait exemple. Cet épisode est bourré de pépites et de choses à retenir. C'est la fin de la saison 1. J'espère qu'elle vous a beaucoup plu. Avec Valentin, on a pris énormément de plaisir à l'enregistrer. D'ailleurs, on prépare une saison. De Valentin, ne sera pas là parce qu'il part à l'étranger pendant plusieurs mois, mais je vais prendre le relais et j'ai tâché de vous proposer plus rien de nouveau. Interview avec des créatifs qui nous fascinent. Merci beaucoup. Si ça vous a plu, vous pouvez vraiment nous encourager avec un abonnement, un petit soutien, un petit pouce bleu sur YouTube, ou un abonnement sur Spotify, ou une note sur Apple Podcast. Ce serait vraiment incroyable. Merci d'avoir écouté et envoyez-nous un petit message si vous appelez, ça fait vraiment hyper plaisir. À bientôt.