Transcription
Bonjour à toutes et à tous. Alors, comment les politiques vous manipulent et puis bah peut-être comment arrêter de se faire avoir aussi ? On va le voir dans cette vidéo.
Les politiques utilisent principalement cinq techniques de manipulation. Alors, moi, je suis historien et communiquant de profession. J'ai travaillé, je travaille toujours avec des politiques et cette vidéo va s'intéresser à ces cinq techniques les plus fréquentes. Mais c'est des techniques qui peuvent être utilisées par des gens qui sont pas forcément politiques et que vous pouvez d'ailleurs complètement reprendre à votre compte pour obtenir une augmentation, ne plus avoir à sortir les poubelles ou gagner un débat contre votre oncle relou à la réunion de famille entre la dinde au marron et le fromage. Fromage, tu veux du fromage ?
On va voir ces cinq techniques de la plus évidente à la plus perverse. Donc restez bien jusqu'au bout. Comment avoir toujours raison même quand on a tort en cinq points ?
Première technique, c'est la répétition hypnotique qu'on appelle aussi l'effet Goebbels. Alors Goebbels, c'était qui ? C'était le responsable de la propagande du troisième Reich. Donc, c'est pas un mec particulièrement sympathique, en effet. Et on lui attribue cette phrase à Joseph Goebbels : "Répéter un mensonge 1000 fois et il devient une vérité."
Alors, comment ça marche ? La répétition, en fait, elle génère des croyances. Par exemple, vous arrivez dans une ville, vous la connaissez pas du tout. Au début, vous vous sentez perdu et puis à force de voir les mêmes endroits, vous allez vous familiariser jusqu'à vous approprier ce nouvel environnement, les façades, les rues, et cetera. Et ben, avec le mensonge répété, une chose similaire se produit. L'esprit s'adapte petit à petit pour l'écouter, le percevoir et puis va finir par l'incorporer à son champ de pensée.
Cette répétition, elle va souvent se doubler d'une identification ou d'une incarnation des problèmes dans une figure. Trump, par exemple, a beaucoup recours à cette technique et on se souvient de la campagne de 2016 où il répétait : "Dès qu'un média était en désaccord avec lui, c'est une fake news." À force de répéter en permanence, il a fini par rendre la parole médiatique suspecte en créant un réflexe pavlovien : parole médiatique égale fake news.
Pourquoi ça marche ? Ça va jouer sur le biais de disponibilité du cerveau. On retient ce qui est répété souvent, pas ce qui est important. C'est ce que vous constatez lorsque dans un débat, un politique, par exemple, ne répond pas à la question. Vous avez sûrement remarqué ça. En fait, il va dérouler ses éléments de langage en installant une répétition parce qu'il a un certain nombre de phrases à caler.
La deuxième technique de manipulation très utilisée, c'est l'émotionnel choc ou ce qu'on appelle aussi la politique du grand frisson. Également appelé le catastrophisme. Le principe, il est très simple : une bonne histoire vaut toujours mieux qu'un bon argument. Les êtres humains, vous les premiers, sont dirigés par leurs émotions. L'émotion, elle fait appel à des peurs, à des éléments qui sont dans l'inconscient.
Exemple politique : Éric Zemmour quand il dit : "Si on continue comme ça, la France ne sera plus la France. Si on continue comme cela, la France en 2050 sera un Liban en grand." Ça génère une image mentale apocalyptique. Peu importe les chiffres, la peur, elle est imprimée dans le cerveau. Et là, le biais qui est utilisé cognitif, c'est le biais de négativité. On retient cinq fois plus une info négative qu'une info positive. Et il y a un autre biais qui est l'effet d'ancrage : une émotion très forte au début d'un discours et ben, en fait, elle va influencer toute la suite du discours. Par exemple, dans une négociation, vous pouvez dire : "Si on ne valide pas ce projet aujourd'hui, on risque de perdre X clients et des milliers d'euros." Et là, du coup, bah la peur, elle va forcer la décision.
La troisième technique qui est très utilisée, c'est l'autorité symbolique. On l'appelle aussi l'effet Milgram. Vous savez, Milgram, ça vient de l'expérience de Milgram dans laquelle on a prouvé que les individus pouvaient aller très loin si un scientifique leur disait qu'il pouvait le faire. On parle aussi de syndrome de la blouse blanche ou d'arguments d'autorité. Le principe, c'est très simple : si une personne en costume le dit, c'est que c'est vrai.
L'exemple politique le plus connu de les familles Grammes, c'est Colin Powell avec sa petite fiole à la main pour expliquer les armes de destruction massive en Irak et légitimer la guerre. La séquence aussi de la COVID-19 où tout le monde avait sa petite phrase : "Les scientifiques sont unanimes et cetera et cetera." C'est un excellent exemple. D'une manière générale, dites-vous que les scientifiques sont quand même rarement unanimes sur une question. Donc, c'est toujours un peu suspect.
Alors, pourquoi ça marche là ? En fait, on fait appel au biais de halo : un costume, un titre, un ton affirmé. Hop, on suppose que la personne, elle est compétente. Bah, comment l'utiliser ? Dans une réunion, vous pouvez dire : "J'ai échangé avec les experts du secteur, ils sont unanimes." Même si c'est votre pote Jacques qui n'y connaît rien. Ou dans un débat : "Les neurosciences montrent que." Est-ce que vous êtes déjà allé vérifier, he, les neurosciences montrent ou les études ont prouvé ? Non.
Bon, une quatrième technique qui est assez perverse, c'est l'illusion du choix ou ce qu'on appelle aussi le faux libre arbitre. Le principe, c'est de ne pas poser la vraie question. Par exemple, si moi je dis à un enfant : "Aujourd'hui, tu veux mettre ton pull rouge ou ton pull bleu ?" La vraie alternative, ne pas mettre de pull, n'est pas dans l'énoncé. En politique, c'est quelque chose qu'on va beaucoup utiliser.
Exemple : George Bush pendant la guerre en Irak, toujours cet exemple-là, il disait : "Vous êtes pour la guerre en Irak ou vous êtes pour le terrorisme." Pourquoi ça marche ? Là, on crée un biais de rareté. On nous fait croire qu'il n'y a que deux choix possibles. On va jouer donc sur les faits d'acceptation parce qu'on est beaucoup plus enclin à prendre une décision si on croit qu'on a le choix. Comment l'utiliser dans une vente ? Si vous dites : "Tu préfères payer en une fois ou en trois fois ?" Bah dans tous les cas, la personne, elle achète.
On va en arriver à la dernière technique et c'est sans doute la plus perverse, c'est la technique du bouc émissaire qu'on peut résumer en trois mots : simplifier, incarner, diviser. Le nom technique en communication, on appelle ça le cadrage antagoniste. Le principe, il est simple, vous le connaissez tous, c'est de créer un ennemi clair, unique et incarné, facilement reconnaissable et de lui faire porter toute la responsabilité d'un problème beaucoup plus complexe. On réduit une crise multifactorielle à une cause simplifiée, incarnée dans une personne, une classe, une communauté ou une entité.
Pourquoi ça marche ? Là, ça marche parce que ça joue sur le biais de simplification. Votre cerveau, il déteste ce qui est complexe. Il préfère un coupable unique qu'une multitude de causes interconnectées. Ensuite, ça joue sur le biais de confirmation parce qu'une fois qu'on a un coupable désigné, bah on voit tout à travers ce prisme. Ça génère aussi un effet tribal parce qu'en créant un "eux", on renforce un "nous". Et enfin, ça génère un soulagement émotionnel. Ça donne l'illusion qu'il suffit de neutraliser une cible pour régler un problème beaucoup plus compliqué.
Les exemples concrets, vous en avez dans tous les bords politiques. Par exemple, quand Éric Zemmour vous dit : "Tout vient de l'immigration", on prend un problème systémique et on le réduit à une origine ethnique. Quand Trump me dit : "C'est la faute de la Chine", bah c'est un peu la même chose. Quand Jean-Luc Mélenchon vous dit : "Il faut taxer les riches, le problème, c'est les riches, c'est les ultra-riches et cetera et cetera", on réduit un ensemble de problématiques complexes à, en fait, une seule classe sociale. Même Macron, dans certains cas, crée ses propres boucs émissaires avec un "eux" et un "nous". On l'a eu d'ailleurs avec les antivax en 2022. Techniquement, c'est une triple stratégie de simplification cognitive. On rend le problème digestible. De cadrage antagoniste. On se pose en rempart contre ce danger. Donc moi, je vous protège, ils sont le danger. Et enfin, on fait appel à un appel émotionnel, donc de la peur et de l'indignation. On ne va pas se laisser faire.
Est-ce que vous avez reconnu ces techniques ? Laquelle vous semble la plus efficace ? Est-ce qu'on en a oublié ? Dites-nous tout ça en commentaire. Si cette vidéo vous a appris quelque chose, likez, abonnez-vous, ça nous aide énormément pour grandir. Et puis, on se retrouve très vite pour plein de décryptages. Ciao !