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Pourquoi le TDAH épuise autant les relations avec le Pr Perroud

Métamorphose, éveille ta conscience38:39

Transcription

Certes, c'est un handicap [musique] actuellement et ça a probablement expliqué une partie des difficultés que vous avez eu au cours de votre vie, mais il y a aussi des forces [musique] qui sont associées au TDH. C'est d'oser aller là où l'autre n'ose pas aller, [musique] de prendre un risque alors que tout le monde te dit "N'y va pas, tu vas te planter." Bah moi, j'y vais quand même. [musique] Et ça, un neurotypique, il fait pas par définition. Un neurotypique, il va pas faire ça, il va suivre la masse.

Dans cette série en quatre épisodes diffusés chaque vendredi, nous allons explorer un TDH [musique] plus nuancé et plus vivant. Ces multiples visages, les rôles du corps et des rythmes, l'impact des hormones chez les femmes et [musique] l'intensité émotionnelle qui l'accompagne. Une invitation à mieux le comprendre et peut-être pourquoi pas à se reconnaître. Je suis ravie de retrouver dans Métamorphose le professeur [musique] Nader Pérou. Routines et rituelles, le rendez-vous métamorphose du vendredi qui transforme le quotidien.

On parle souvent du TDH à travers l'inattention, l'impulsivité ou l'agitation, mais pour beaucoup, il se manifeste aussi par une hypersensibilité, une peur du rejet, des émotions débordantes ou des colères pour certains parfois difficiles à maîtriser. Et si le TDH était aussi un trouble de la régulation émotionnelle, comment vivre avec cette intensité sans s'y perdre ? Je retrouve aujourd'hui le professeur Nader Pérou. Bonjour. Bonjour. Je suis très heureuse de vous retrouver. On est bien au frais dans notre studio alors qu'il y a la canicule dehors. Aujourd'hui, on parle de cette intensité émotionnelle peut-être dont on parle moins d'ailleurs quand on parle du du TDH alors que elle vient je dirais un peu avec le paquet. Euh il y a aussi cette notion d'hypersensibilité qui n'est pas définie aujourd'hui comme un trouble, he, je crois pas dans le DSM. On revient à nouveau sur cette histoire de disrégulation de l'attention plutôt que de déficit de de l'attention. Est-ce que cette histoire d'émotion est quelque chose d'un peu nouveau chez le TDH ? On observe de plus en plus ou pas forcément ?

Euh alors, c'est présent, hein, c'est alors premièrement, c'est peu euh discuté parce que c'est pas dans les symptômes euh qu'on retrouve dans les manuels de pathologie mentale, hein. Si on lit dans le DSM, ben il y a des difficultés attentionnelles puis il y a des difficultés hyperactives impulsives. Il y a pas la notion de disrégulation émotionnelle. Après, c'est pas nouveau, hein. Dans les on sait depuis dans les observations, on sait depuis toujours que les enfants et aussi les adultes ayant un TDH ont une plus grande propension à mal réguler leurs émotions. On retrouve dans les vieux questionnaires qui sont des questionnaires de dépistage du TDH, des éléments de disrégulation émotionnelle, intolérance à la frustration, se met facilement en colère, à des crises classiques lorsque ça ne va pas dans le sens que la personne souhaite. C'est des c'est des items que vous retrouvez aussi loin que vous allez regarder des des questionnaires de dépistage du TDH, vous avez ces questions-là. Donc ça ça a toujours été intrinsèquement, on va dire, associé au TDH sans que ça apparaisse de manière étonnante dans les critère diagnostique. Je c'est la raison pour laquelle on en parle peu. Mais toute personne qui a vécu avec quelqu'un qui a un TDH va vous dire mais c'est quand même quelqu'un qui se met quand même plus facilement en colère, qui explose plus facilement, qui est plus intolérant à la frustration que quelqu'un qui n'aurait pas de TDH.

Alors l'intolérance à la frustration, ça va quand même avec une forme d'impatience et et ça va perdre effectivement. Ça va passer pour le déduire. C'est ça. Donc on pourrait le déduire de symptômes plus en lien avec l'impulsivité qui est l'intolérance à l'ennui qu'on va retrouver dans les symptômes. He, je ne supporte pas d'attente dans une file d'attente ou dans les bouchons ou autres. C'est exactement ça. Ça va pas assez vite. J'ai pas la réponse que je souhaite maintenant. Je ne peux pas le supporter. Et c'est donc très lié à une forme d'impulsivité euh on va dire comportementale. Mais quand on a une impulsivité comportementale, elle découle dans la grande majeure partie des cas d'une impulsivité en fait euh émotionnelle, hein. Donc une disrégulation, une difficulté à supporter des émotions qui sont euh on va dire dites négatives. C'est-à-dire de pas supporter la frustration mais la colère, la tristesse et cetera. Faut que j'en fasse quelque chose. Et euh et souvent ça va se traduire par euh plutôt de la colère, hein. Mais on peut aussi avoir une disrégulation de la joie par exemple dans le TDH, hein, quand euh euh bah probablement que les prises de risque ou je dans la joie ou dans le plaisir un peu dans dans le plaisir euh mais qui associe probablement une émotion de joie sous-jacente que je régule mal et j'ai à fond envie de faire un truc et j'y vais alors que je devrais pas le faire. Et probablement que l'émotion aussi ici de joie qui est souvent négligée peut amener à des comportements aussi délétères en lien avec les symptômes du TDH.

Ah, c'est intéressant ça. Et donc avec ça va quand même de père aussi avec l'addiction. Ouais, exactement. Donc bah l'addiction, c'est ne pas supporter par exemple si si je suis enclin à prendre des drogues, hein, ou l'alcool tout simplement. L'alcool. Bah, on les premières fois qu'on les utilise et chez une partie des personnes TDH, c'est "Je me sens anxieux, je suis pas bien ou j'ai un peu peur du contact social". C'est toujours des émotions de peur, de stress, de tristesse. Je bois, je me sens mieux. Ouais. Euh, il y a de la recherche de régulation émotionnelle quand même. Sorte de de Et donc probablement à l'origine, disrégulation émotionnelle. Oui. Ouais.

C'est hyper intéressant parce que ça peut se retrouver là, on parle de l'alcool ou des drogues, mais est-ce que ça peut se retrouver dans des petites choses un peu obsessionnelles autour de la joie ? Je pense à ces personnes qui écoutent de la musique en boucle par exemple ? Il y a beaucoup de gens qui écoutent un tube en boucle quand ils adorent, mais quand ça devient constamment, c'est possible. C'est aussi une forme de de de bon, le fait d'écouter en boucle. Alors ça peut être ça, mais ça peut être aussi une forme de distracteur pour pour pas s'ennuyer. Alors ce moment, on retrouvera une émotion qui ennuie. C'est "Je supporte pas ça" et puis j'écoute constamment un je pas le même truc pour simplement me distraire et faire une sorte de bruit blanc qui va me permettre de faire autre chose. Ça fonctionne bien d'ailleurs les bruits blancs pour pour les le TDH.

Alors chez certains, ouais, on va dire la plupart oui, pas tous. De nouveau, c'est toujours assez individualisé, hein, dans le TDH. On va dire de manière générale, les bruits blancs, ça marche pas mal. Euh, ça leur permet en fait de focaliser l'attention, de se concentrer, de se calmer. Donc, c'est plutôt conseillé en tout cas de l'essayer si on a de la peine à se concentrer, si on est distrait, si on a la tendance à s'énerver ou autre, de mettre un bruit blanc, ça peut apaiser pas mal.

C'est quoi d'ailleurs un bruit blanc ? Parce qu'on en parle comme si tout le monde connaissait. Ouais. Ah oui, c'est vrai. Bruit blanc, c'est des bruits euh euh le le class c'est un bruit de fond, on va dire. Le le moi je prends toujours l'exemple de des bruits de mer, bruit des vagues de la mer qui est c'est sorte de bruit répétitif [grognement] toujours à la même fréquence un peu qui vient saturer une partie de l'esprit euh et qui fait qu'en fait je vais avoir plus de peine à me laisser distraire par autre chose. C'est comme si ça on met des œillères à un cheval pour qu'il aille tout droit et puis qu'il regarde pas à gauche et à droite. Bah, c'est un peu la même chose avec un bruit blanc. Après, on peut avoir des bruits blancs sonores, mais on peut aussi avoir des bruits blancs euh visuels ou des bruits blancs physiques, hein. Le fait de marcher, par exemple, si j'ai de la peine à me concentrer, bah si je marche euh je vais utiliser une partie du cerveau pour faire aller mes euh mes euh comment mes jambes. Et donc ça ça va ça va me permettre de me concentrer. Ouais, ça peut être avec le vélo, ça peut être avec d'autres d'autres trucs.

Euh, j'ai écouté une chercheuse américaine euh il y a pas longtemps qui parlait du TDH et qui disait que chez beaucoup de TDH, on peut observer aussi les sens qui peuvent être hyper développés. Vous l'observez vous ça ? Alors alors qu'on peut retrouver dans d'autres types de personnalités, hein, d'ailleurs, hein. Ouais.

Alors, on va trouver beaucoup l'hypersensibilité dans le TSA, donc trouble du spectre autistique, où on voit cette hypersensibilité de tous les sens, hein. Donc ne pas supporter des vêtements, ne pas supporter des bruits trop forts, ne pas supporter une lumière trop intense. Euh, on a c'est pas forcément typiquement associé au TDH. Il y a des person il y a certaines personnes qui vont vous dire "Je suis plus sensible ou hyper sensible", hein, pas uniquement au niveau émotionnel, mais ça moi je parle des sens qui aiment pas le le l'hyperosmie où les goûts sont très très sensibles à des goûts, aux odeurs aussi euh, c'est pas spécifiquement associé au TDH, on n'a pas d'études qui montrent que les TDH ont ça de manière plus prépondérante qu'en population générale. Quand ils ont ça, c'est qu'il y a des petits traits autistiques probablement, ces deux pathologies neurodéveloppementales quand même qui partagent une partie de vulnérabilité génétique. Et ce n'est pas exclu qu'on retrouve cette hypersensibilité chez des personnes TDH qui ont une petite touche de trait autistique. Après, par définition, on va en retrouver plus chez les TDH, mais moi je le mettrai plutôt sur le compte du Ouais. Intéressant d'une de dimension autistique comme ça chez ces personnes-là. Ouais.

Alors, il y a aussi cette idée de rejection sensitive dysphoria qui est l'hypersensibilité au rejet. Je le dis parce que c'est un concept dont les Américains ont peut-être beaucoup parlé. Alors ça va avec ce que vous décriviez de la frustration tout à l'heure, le sentiment qu'en fait tout de suite peut-être on m'en veut. Alors ça, ça fait un peu paranoïaque quand je dis ça. Non, on va passer toutes les pathologies en revue. [rires] Il y a il y a peut-être des recoupements, mais que de se sentir attaqué ou rejeté ou abandonné comme ça ou pas forcément.

Non, pas plus qu'si si on prend des alors si on prend vraiment des populations de TDH qui ont pas d'autres troubles, il y a pas tellement. C'est plutôt des gens qui vont plutôt rejeter parce qu'en fait si je m'ennuie dans une relation, bah ça m'ennuie et puis je laisse tomber et puis je suis peu sensible en fait au rejet, c'est que je vais plutôt me débarrasser de choses qui me dérangent et de me débarrasser de choses qui me dérangent, il y a la relation de couple. Donc je vais plutôt être le recheteur que la personne qui est sensible au rejet. Si j'ai une sensibilité au rejet, c'est probablement que j'ai développé des troubles ou des traits de personnalités. Le classique, c'est le borderline qui est très abandonique dans laquelle on a la dimension d'ens enfin de de d'hypersensibilité au rejet et à l'abandon. C'est un des premiers critères du trouble. Euh et qu'on va retrouver quelque chose qui peut arriver dans le développement de quelqu'un qui a un TDH par expérience de rejet en fait. C'est-à-dire que c'est si je parle beaucoup, je dérange beaucoup, euh je me suis je suis un peu plus bizarre que les autres, j'ai beaucoup plus de chance d'être harcelé à l'école, de me faire rejeter par mes pairs et autres et je vais développer secondairement en fait cette sensibilité au rejet, mais c'est probablement plus un construct euh du milieu dans lequel je vais grandir. Parce que moi les patients que j'ai qui ont un TDH sans trouble de personnalité ou sans trait de personnalité, c'est pas des personnes très sensibles au rejet.

D'accord. Quel type d'attachement relationnel justement il a ? On parlait du couple à l'instant dans votre bande dessinée dont on avait longuement parlé la dernière fois. On voit bien que ça peut être complexe parce que ce qui est vu au départ comme un truc un peu sexy, quelqu'un qui a le goût du risque, qui a envie de faire plein de trucs, qui grille la feu, le [rires] pas le feu mais qui grille la file en disant "On passe devant les autres", ça peut être marrant mais au bout de 20 ans, ça peut être un peu pénible.

Ouais. Bah alors, c'est qu'au bout d'un moment alors au bout d'un moment ça ça va pourrir quand même les relations interpersonnelles, hein. C'est c'est euh autrui qui vit avec quelqu'un qui a un TDH va vite se fatiguer, enfin vite au bout d'un moment va se fatiguer, va s'épuiser. En effet, au début la relation, elle peut être assez cool. Euh, il y a prise de risque, il y a des choses qu'on fait qu'on ne ferait pas avec quelqu'un qui n'a pas de TDH, c'est un peu foufou. Euh, si on a le côté un peu hyperactif, preneur de risque, c'est aussi des gens qui sont parfois un peu plus sociables. Euh, ils vont là, ils osent plus aborder du monde s'il n'y a pas une anxiété évidemment euh sociale associée. Mais donc en fait, on se retrouve dans un milieu si on n'est pas soi-même atteint de TDH et qu'on sort avec quelqu'un qui a un TDH, c'est assez cool au début. Après, ça devient épuisant parce que il y a il y a il y a beaucoup de choses qui sont pas faites. Il y a des planifications de l'organisation de certaines tâches qui sont très bancales. Il y a le fait de bah de devoir être tout le temps actif, de toujours faire quelque chose, ben ça va épuiser l'autre qui finalement va se fatiguer et va quitter ou va ou va partir. Ça ça peut être aussi dans ce sens-là. Et au bout d'un moment, je peux être en fait tolérant à l'abandon, de nouveau sensible au rejet parce que c'est une expérience que je vais si je suis atteint de TDH que je peux plus fréquemment rencontrer au cours de ma vie.

Ils se mettent entre eux ou pas forcément justement les TDH. Bon alors, on a on a une chance sur deux, hein, dans les études. Si on a un TDH, je mets avec quelqu'un qui a un TDH. D'accord. Ouais. Donc ça, c'est intéressant de voir que peut-être ils s'attirent ou pas entre eux. Bon [grognement] euh par rapport aux échecs répétés justement dont vous parliez à l'instant, c'est intéressant parce que cette estime de soi, comment est-ce qu'on peut la reconstruire à un moment donné quand on a eu ces mauvaises expériences ? Vous avez beaucoup la demande vous en cabinet de notamment peut-être chez des adultes qui ont développé en construction euh [raclement de gorge] finalement des des alors ce ne sont pas des troubles, hein, mais des formes de souffrance d'être au monde lié au TDH.

Oui. Alors oui, hein, ce n'est pas ce n'est pas rare parce que c'est euh surtout bah plus c'est tard, plus on en fait, on aura un parcours de vie qui va être marqué soit par des échecs, soit par des succès qui sont relatifs. C'est-à-dire j'aurais pu faire mieux. Puis je me rends compte que finalement j'ai pas réussi comme je pouvais, des conflits avec autrui et autres qui auraient pu être évités à un moment donné. Ce qui fait que l'estime de soi est souvent plutôt basse que haute chez dans cette population-là. Alors, on va le reconstruire en bah déjà en expliquant que c'est un trouble. En expliquant, ben ce n'est pas la volonté de la personne que euh d'avoir pourri sa vie sur certains aspects, mais que voilà, c'est c'est c'est un échec qu'on peut comprendre, qu'on peut expliquer par le la présence d'un trouble depuis depuis l'enfance que bah le parcours de vie a été plus compliqué, que maintenant on va pouvoir y remédier en prenant enfin en faisant ou en mettant une prise en charge efficace avec ou sans médicament, mais ou avec ou sans approche psychothérapeutique dans les cas d'estime de soi très basse, va très souvent falloir passer par la case psychothérapie. Euh, en tout cas un un bout, mais pour essayer d'accompagner la personne dans l'appropriation de son trouble et de de revisiter quelque part son parcours de vie de manière différente.

Ouais. Parce que c'est presque comme si elle recommençait à zéro par certains côtés. Ouais. Non. Ben, je découvre à la fois, c'est un soulagement comme on disait la semaine dernière et en même temps ben oui, je suis ce nouveau moi que maintenant je comprends mieux, mais ça veut dire quoi dans ma façon d'être au monde ?

Ouais, c'est il y a souvent alors c'est pour ça qu'il faut aussi toujours quand on voit ces personnes qui ont une estime de soi basse de dire "Ou mais vous seriez aussi pas la personne que vous êtes si vous aviez pas eu de TDH". Euh, c'est certes, c'est un handicap actuellement et ça a probablement expliqué une partie des difficultés que vous avez eu au cours de votre vie. Mais il y a aussi des forces qui sont associées au TDH. On essaie quand même de de valoriser ces aspects-là en disant "Ben voilà, vous avez je sais pas, vous êtes un ou une artiste très reconnue dans votre domaine". Bah ça, si vous aviez pas eu de TDH, probablement ça aurait pas été le cas. Euh, ou vous avez créé une start-up, je sais pas, en prenant un risque important financier. Ben si vous aviez pas eu de TDH, vous auriez peut-être pas créé cette start-up. Euh, et vous auriez pas pris du plaisir dans dans l'exercice de cette profession. Enfin, faut faut aussi chercher un petit peu les les forces parce qu'il n'y a pas que de la faiblesse.

Est-ce que les médicaments peuvent un peu masquer ça ? Parce que du coup, ils se retrouvent avec sous quand on est sous médicament avec un espèce de super pouvoir qu'ils ne connaissaient pas et ils sont aussi un autre eux, un espèce de super eux. Ils sont eux mais hyper focus, hyper euh d'un coup, ils procrastinent moins.

Dans les ressources, ça c'est que le traitement médicamenteux va changer, hein, quand ça marche parce que ça ça marche pas chez tout le monde, mais euh quand ça fonctionne bien, on on peut avoir des changements parfois assez euh assez radicaux ou spectaculaires euh où on voit tout à coup la personne qui est capable de lire un livre pour la première fois ou qui est capable de pondre un rapport ou je sais pas d'écrire un texte pour la première fois euh d'interagir aussi avec autrui de manière différente en avant moins. en ayant une meilleure régulation émotionnelle, euh en étant plus tolérant à l'ennui, à la frustration et cetera. Donc ça change aussi tout à coup ben la relation à l'autre dans un couple ou dans une famille ou avec ses potes et autres. Ça peut aussi réduire les consommations de substances dans le sens que je vais avoir moins besoin de consommer des drogues et autres. Et et en fait, on peut avoir un changement assez important du fonctionnement de la personne. Alors ça, faut accompagner généralement, ce n'est pas toujours facile, hein. Euh, c'est c'est souvent cool, mais des fois, ça peut être tellement bizarre qu'on se dit "Mais ça me change trop. Qui suis-je ? Quoi ? Qui suis-je ?" Et ça peut faire un questionnement sur "Mais c'est quoi ma personnalité en fait ?"

Ouais, c'est ça. Ça peut être vert c'est peut être vertig vertigineux, hein. Et des parents relatent ça plus souvent que chez l'adulte où ils vont euh souvent observer leurs enfants différents ou et ils ont l'impression que c'est un autre enfant. C'est il est plus triste, il est moins joyeux, il est euh ou il fait moins le con. Euh est-ce que c'est toujours le même enfant ou pas ? Et euh bah c'est le même oui, c'est le même enfant, mais c'est vrai que voilà, une manifestation, une partie de sa personnalité était finalement le trouble. Mais d'ailleurs, c'est une vraie question métaphysique de l'être humain parce que quand on voit les personnes âgées, on retrouve ça. Quand à un moment donné la personne âgée, elle perd ses filtres, elle perd un peu qui elle est ou avec la démence sénile ou on les voit changer, on dit "Finalement, qui suis-je ?" C'est vrai ça pose de l'être juste. C'est juste.

Ou chez les alors pourquoi le traitement fonctionne chez certains, chez d'autres pas ? On le sait aujourd'hui. Non non non, on sait pas. On n'a pas de manière de savoir à l'avance chez vous, ça va marcher, puis chez vous, ça va pas marcher. Ça, on sait pas du tout. Après, ça marche quand même dans une majeure partie des cas. On va dire qu'on a à peu près plus de 60 % des patients qui vont avoir une réponse positive à au traitement médicamenteux. Là, je parle du traitement médicamenteux et vous parlez méthylphénidate ou d'autres types de alors méthylphénidate, enfin, c'est 60 % de réponse, on va dire pour les les psychostimulants. Donc il il y a le méthylphénidate et elle est dérivée amphétamine euh la lisdexamphétamine ou la dextroamphétamine en Europe. Il en existe d'autres dans d'autres pays, mais là, on va dire que c'est dans ce qui nous concerne ce qui est autorisé, c'est la lisdexamphétamine, la dextroamphétamine et le méthylphénidate. Après, il y a c'est des autorisations parfois particulières en fonction des divers pays, mais de pour ces psychostimulants-là, l'efficacité est à peu près de 60 à 70 %. Après, on a d'autres traitements comme l'atomoxétine qui n'est pas un psychostimulant. L'efficacité est moindre. On est plutôt autour des 40 à 50 % d'efficacité pour ces médicaments-là qui sont des secondes options de traitement et qui sont sur la durée alors que le les autres sont peuvent être dire c'est généralement en fonction de la sévérité, on va le recommander quand même de le prendre au quotidien. Mais pour les psychostimulants, si on se connaît bien, c'est aussi pour ça qu'il y a un intérêt à faire une psychoéducation euh voir une approche psychothérapeutique pour avoir une meilleure connaissance de soi-même, de quand est-ce que j'ai besoin ou pas du traitement médicamenteux.

Ouais. Ce qui peut être plus délicat chez des jeunes. Oui. Jeunes adultes ou adolescents parce qu'ils se connaissent pas forcément. C'est pour ça que souvent plus c'est jeune, plus on va leur dire "Mais faut le prendre tout le temps [raclement de gorge] ou dans en tout cas le plus souvent ou le plus fréquemment possible". Et puis de discuter avec les l'entourage à ce moment-là si les parents sont derrière, dire "Est-ce qu'il y a un besoin ou pas de le prendre pendant les vacances ou est-ce qu'il y a un besoin de le prendre pendant les weekends ?" Ça, ça va dépendre beaucoup de la la de l'individu et des symptômes qui présentent dans tel ou tel contexte.

Oui, d'ailleurs, une question que je vous ai pas posée, c'est euh dans est-ce que vous avez le pourcentage de TDH seul qui n'a pas de symptômes associés, ce qui est-ce que c'est quelque chose de connu ou pas ? Oui, on on alors quand vous dites compare à une comorbidité, c'est ça qu'on par un trouble psychiatrique associé. Alors, on va dire en vie complète, on va avoir à peu près 20 à 30 % des personnes avec un TDH qui n'auront pas et jamais un trouble psychiatrique. Ouais, ça c'est ça complexifie un peu le truc effectivement. Ouais, parce que c'est pas c'est lifetime. Donc après sur actuel, maintenant, très difficile de savoir parce qu'on n'a pas des super données épidémiologiques, mais c'est pour le moment moins, hein. Donc c'est peut-être une sur deux. Je j'ai pas les données. On on sait très bien sur la vie entière, c'est à peu près on a quasi 80 % des patients TDH qui vont avoir à un moment donné soit une dépression, soit une dépendance à une substance, soit un trouble anxieux, soit un trouble de perso. Ils sont plus ils sont plus exposés en fait à ça. Ouais. Ouais.

De toute façon et la prévalence, elle est de combien à peu près de de d'exposition ? C'est-à-dire qu'ils ont combien de chances de plus d'être exposés à un trouble anxieux, dépressif ? Ça va être ça va dépendre, mais ça va être de l'ordre de deux, trois fois, voir quatre fois plus. Ouais. Donc c'est beaucoup, hein, quand même, ou c'est vraiment ça fragilise, hein, la personne, hein. Ouais. [grognement]

Et on retrouve quoi en tête de liste ? Alors en tête de liste, on va voir bon beaucoup les troubles anxieux et troubles de dépression, on va dire troubles anxieux, dépression euh les dépendances aux substances ou les abus de substance quelque part. C'est ce qu'on appelle les substance use disorders. C'est le trouble lié à l'utilisation des substances. Pourquoi on dit pas les addictions d'ailleurs ? C'est pas tout à fait pareil. Si si si, mais je voilà, les addictions avoir aussi plus large. Il y a des addictions aux écrans, des addictions aux jeux vidéos, addiction au sexe par exemple qu'on va aussi rencontrer plus fréquemment [raclement de gorge] population chez le TDH plutôt masculin d'ailleurs. Ouais. Ouais. Le le pour la partie en tout cas addiction au sexe, c'est plutôt l'hypersexualité, c'est assez genré. Euh et puis après, il y a encore les troubles de personnalité qui sont souvent rencontrés et les autres troubles neurodéveloppementaux. Oui, t dyslexie, dyscalculie et cetera qui v les personnes avec TDH. En fait, ça c'est vraiment un peu tout quoi.

Alors là le casse-tête et on le verra quand on parlera des hormones dans dans un autre épisode, c'est de démêler aussi l'œuf et la poule en fait. Qui qui vient en premier ? Est-ce que c'est important ? Ouais. Faites en fait, vous êtes des bons enquêteurs, vous les psychiatres, hein. Enfin oui oui et non. Enfin si on est intéressé par les troubles neurodéveloppementaux parce que si on n'y est pas, on n'est pas forcément un très bon enquêteur. Ouais, mais là du coup, c'est problématique pour le patient quand même. Ouais. Normalement maintenant, tout psychiatre devrait faire l'effort de chercher les troubles neurodéveloppementaux systématiquement quand il y a quelqu'un qui consulte pour une pathologie quelconque psychiatrique, y compris les psychologues. Ouais. Enfin, quand je dis professionnel, Ouais, pardon, vous avez raison, c'est c'est les professionnels de santé mentale. Euh, et pas que, hein. On peut imaginer qu'un médecin généraliste unifie aussi cette investigation de "C'était comment enForant ? Qu'est-ce qui fait que bah vous ayez maintenant une dépression ou un burnout ? Je je me l'explique pas. Est-ce que vous aviez déjà une vulnérabilité avant ?" Et je pense que ça, ça doit être systématiquement fait.

Sur le type d'attachement relationnel, est-ce qu'on voit des différences chez le TDH quand même dans le couple ? Parce que on était parti du couple. Quand vous dites attachement, c'est par exemple parce que après il y a il y a les théories de l'attachement. Alors soit la théorie de l'attachement justement, j'étais là-dessus. Euh, alors, est-ce qu'on voit des plutôt des attachements ? ement, on va dire de type insécure dans les populations TDH plutôt anxieux. Euh, voilà, c'était l'attachement sécure. C'est il y a quand même une forte une difficulté dans le lien, mais qui est probablement et c'est là, on sait pas trop, mais c'est probablement quelque chose d'acquis au cours du développement suite aux expériences euh de rejet ou aux expériences. Ah oui, c'est intéressant ça. On va dire d'interaction compliquée au cours du développement. C'est c'est alors que bon, la théorie de l'attachement part du principe qu'on a ça depuis tout petit, hein, c'est-à-dire autour des 1 an. Euh, mais on on se rend compte maintenant dans les études assez récentes que c'est modulable, hein. Je peux avoir dans certains domaines de ma vie un attachement sécur, dans certains domaines de ma vie un attachement insécur type anxieux, type ambivalent ou autre ou désorganisé. Euh, et que chez le TDH, s'il y a, c'est un peu entre deux, mais on va trouver plus de l'attachement anxieux quand même qu'en population générale.

Vous avez vu vous des TDH adultes qui ont bien appris à comprendre comment ils fonctionnaient et à naviguer dans le monde justement avec cette compréhension là ? Ouais, c'est c'est vous-même d'ailleurs peut-être parce que à la fois vous êtes psychiatre et à la fois vous avez toujours bien fonctionné, moi, hein. [rires] Je dis pas que vous êtes parfait. Personne. Non. Moi, j'ai quand même eu pas mal de problèmes dans mon parcours professionnel. Euh, il y a ça. Ouais, il y a à ça. Ouais. Euh, mais le fait de vous connaître, de connaître, non, alors une fois une fois qu'on découvre et qu'on s'aide quand même beaucoup parce que ça permet de s'observer de l'extérieur puis de se dire "Voilà, stop, tais-toi". Ou à ce moment, on prend un traitement. Donc de se s'auto finalement observer et de pouvoir mettre en place telle ou telle stratégie dans tel ou tel contexte ou à tel ou tel moment. Euh, après, il y en a qui qui font très bien euh qu' un TDH qui se déclenchera peut-être beaucoup plus tard à la recrête ou et qui peuvent fonctionner sacrément longtemps sans avoir un handicap lié aux symptômes.

Vous avez écrit un livre d'ailleurs sur le les seniors et le TDH, enfin les seniors, je sais pas si vous l'avez appelé comme ça, en tout cas les gens de plus âgé, on va dire. Oui, c'est ça. Ouais. Et qui se déclare comme ça sur le tard. Ouais.

Alors, pour plusieurs raisons, hein, on peut avoir un TDH qui va qui va se décompenser entre guillemets euh on va dire avec le déclin cognitif tout simplement. C'est en vieillissant, ben on va avoir une flexibilité mentale qui est plus compliquée. Donc, on va avoir plus de peine aussi à jongler avec notre environnement, ça devient plus rigide. Euh, et donc en fait, si moi j'avais une tendance à avoir des mécanismes adaptatifs qui étaient liés au fait que je peux mettre ça plus tard et je vais m'en rappeler et puis que euh certes, c'était un peu bancal, mais ça marchait, ben quand je vais commencer à avoir moins cette flexibilité, je vais commencer à oublier deux trois trucs euh qui est naturel, hein, ce n'est pas une démence ou quoi que ce soit, mais tout à coup, ça peut faire décompenser un un TDH chez la personne âgée. Ben le fait aussi que bah je me retrouve peut-être sans dans un emploi, enfin, je j'arrête mon emploi habituel qui était un emploi dans lequel je canalisais mon hyperactivité, mon énergie, puis je me retrouve tout à coup en couple avec mon conjoint ou ma conjointe et tous les symptômes émergent finalement dans dans la vie de couple où je me retrouve à devoir changer entièrement ma vie, he, j'ai plus de job, j'ai plus de cadre extérieur qui me dit "Bah, tu te lèves à 8h, tu vas bosser jusqu'à telle heure", en fait, il faut que je gère tout tout seul et ça peut être suffisamment ou suffisant pour décompenser, c'est en fait l'organisation ou la planification d'une personne qui avait un TDH compensé jusqu'à l'or.

Qu'est-ce que vous recommandez d'ailleurs à ces gens-là qui pourraient se reconnaître là-dedans de de procéder comment ? Euh, bon, c'est toujours c'est toujours euh c'est c'est de se dire "Mais si je suis euh bah je je me retrouve à la retraite et puis que je me retrouve à vivre avec mon conjoint, ma conjointe et puis que ça commence à devenir très compliqué alors que ça ne l'était pas auparavant de se dire "Mais est-ce qu'il y a quelque chose qui est en train qui était peut-être déjà présent avant euh et de pas laisser pourrir la situation, c'est de de peut-être aller en parler simplement à son médecin généraliste. Je dire "Mais c'est quand même étonnant que bah avant j'organisais très bien, puis en fait là, je suis plus capable d'organiser ou avant, on s'engueulait jamais, puis là, je m'engueule tout le temps ou euh là, j'ai de la peine à me motiver à faire des tâches alors qu'avant, j'arrivais à le faire". Bah, ça peut être aussi autre chose qu'un TDH, mais de de pas laisser en fait une situation s'éterniser. Très bien. Là, ça peut valoir le coup aussi peut-être de prendre des médicaments à ce moment-là si jamais on voit que évidemment avec tout à fait. Si si alors pour autant que le diagnostic soit confirmé, hein, c'est toujours pareil, euh on exclut le reste et on se dit "Bah tiens, bah finalement, bah c'est probablement un TDH qui était masqué jusqu'alors". Euh, il n'y a aucune raison de pas traiter une personne âgée. Ouais. OK. Vous en voyez de plus en plus. Ouais. Ouais. Intéressant. Puis comme la population est vieillissante, donc Ouais. Ouais, c'est ça. [rires] Et qui ont pas forcément eu l'habitude [grognement] aussi de qu'on n'a pas grandi dans un milieu, on va dire très administratif euh dans lequel il y avait à la maison aussi, il y avait pas besoin forcément d'avoir 250 codes différents pour euh ou 25000 différents. Tout, on recevait une lettre à la maison, on payait quoi et puis c'était c'était rentré. Donc en fait, là actuellement, il faut une sacrée organisation, hein, pour se rappeler du code de machin, du code de truc, du code de truc qu'il faut changer tous les 6 mois. Euh, on voit des gens qui sont en détresse avec ça. Ouais, ouais, et et et si on n'avait pas été en difficulté auparavant, ben ça ça mène une charge administrative supplémentaire et ça peut faire décompenser tout le système en fait. Ouais.

Bon, ça c'est bien de le savoir parce que si vous vous retrouvez dans ce cas de figure, peut-être allez voir votre médecin traitant qui est en première intention la personne quand même à aller voir sur le sujet ou sauf si vous êtes déjà suivi par ailleurs par un psy, quand même. Si on parle du potentiel du TDH, on parlait de la tempête émotionnelle, vous l'avez très bien rappelé tout à l'heure, ça peut être des startupers, ça peut être des créatifs et cetera. On en retrouve souvent parler de passion dans le premier épisode. C'est important de dire que ils ont ces capacités là que peut-être n'ont pas d'autres. Ouais. C'est c'est en ce sens, on pourrait les voir comme des neuroatypiques d'ailleurs. Bon alors, c'est considéré dans les c'est considéré dans le sac des enfin, je sais pas comment sac, peut-être pas dans, on va dire dans dans dans leur groupement finalement.

Des neurodivergents ou neuroatypiques, cette famille de de parce que étant un trouble neurodéveloppemental, ben en fait, c'est mon câblage qui est un peu différent depuis tout petit, euh avec lequel j'ai fait ou j'ai pas fait, mais j'ai une neurodivergence. Je ne fais pas partie du pool de grandes personnes, du nombre de gens qui ont un câblage dit normal. Après, c'est c'est vraiment ce qu'on appelle les neurotypiques. On va se demander s'il en reste d'ailleurs des neurotypiques. Ouais. Non, quand même. Si, si, si, si. Oui. Oui. Moi, j'en vois peu parce que je vois plutôt les neuroatypiques. Non, non, mais quand même, en population générale, il y a c'est majoritairement des neurotypiques. Euh, mais bon, qu'est-ce qu'on disait ? Parce que là, j'ai vous m'avez sur leur potentiel en fait. Du coup, excusez-moi, je vous ai dit.

Non, là, le fait, enfin, une des dimensions qui explique beaucoup la créativité, parce que ça, c'est cette, c'est ce domaine-là qui est souvent mis en valeur chez les personnes qui ont un TDH, c'est très lié à l'impulsivité. Donc, c'est le fait de d'oser faire des choses que les autres ne font pas. C'est d'oser aller là où l'autre n'ose pas aller. De prendre un risque alors que tout le monde te dit "N'y va pas, tu vas te planter." Bah moi, j'y vais quand même. Euh, et ça, un neurotypique, il fait pas par définition. Le neurotypique, il va pas faire ça, il va suivre la masse. Donc, sortir de la masse, hein, c'est plutôt un et c'est probablement si on regarde en terme d'évolution, bah, c'est probablement une des raisons pour lesquelles des pathologies comme le TDH ont persisté au cours de l'humanité, c'est qu'elles apportent un avantage quand même sur pour le le si on veut pour l'homme, le, ouais, l'humain, à l'échelle de l'humain ou de l'humain. C'est des trucs qui auraient disparu, hein. C'est ouais, ça fait des, c'est comme si ça permettait de faire des sauts en fait, de découverte parce que il va un cran plus loin et cetera. Enfin, il peut y aller en tout cas, il peut y aller.

Mais ce que je veux dire, c'est et là, on voilà, il y en a certains qui vont pouvoir tout à coup faire le choix qui était impulsif et complètement inconsidéré et qui aboutira finalement à quelque chose de top. Pour oublier que la grande partie vont quand même faire des choix, ils vont y aller puis ils se plantent, hein. C'est c'est quand même un trouble et que cette dimension-là, on se brûle quand même souvent les ailes avant de tout à coup faire un choix qui "Ah, c'était quand même génial." Ouais.

On voit qu'avec le temps, ça s'apaise ou pas, ça ou pas forcément chez le TDH ? L'hyperactivité s'apaise avec le temps. Ouais. C'est le le fait de bouger beaucoup, parler beaucoup, avoir de la peine à être discret, ça ça va s'atténuer. La prise de risque, elle, elle s'atténue aussi, mais de manière un petit peu moins prononcée. C'est plutôt l'hyperactivité qui va s'intérioriser. Ouais. Bon, cela dit, pour des seniors, euh, ça peut être pas mal la prise de risque parce que ça évite de rester plein plan plein euh assez sur, c'est c'est plutôt pas mal. [rires] Après, faut pas que ce soit une prise de risque sur des drogues. Ouais. Oui. Parce qu'après, il faut l'impulsivité, elle va expliquer les cons d'alcool, euh, de cigarettes, de et de cannabis et d'autres. Et ça, vous le voyez beaucoup chez des seniors ? Ouais. Ouais. Ouais. C'est fou ça. Ils n'ont pas réussi à à décélérer là-dessus quoi. Non, parce que ça participe à la régulation émotionnelle et puis à la recherche de dopamine en fait, toujours constamment. Je toutes ces substances vont libérer de la dopamine et donc je suis mieux sous substance que sans substance.

Quelle est la dopamine positive ? Si je mets justement toutes les drogues de côté, qui alors à part les médicaments psychostimulants, à part les psychostimulants qui peut quand même aider, que vous voyez ? Bah, les faire du sport, par exemple, ça c'est quand même une des grandes recommandations pour le TDH, c'est de faire pas mal de sport. Alors sans tomber dans l'addiction au sport, évidemment, il faut quand même un sport assez conséquent pour avoir un shoot quelque part de dopamine suffisant qui va remplacer en fait le besoin de faire autre chose. Chez les triathlètes, par exemple, enfin, chez les, ouais, par exemple. Ou mais après, ça peut être, on va dire, quelqu'un qui fait du sport de manière suffisamment régulière, qui va courir disons euh plusieurs fois par semaine au moins 1 heure, bah, ça sera suffisant. Mais faut quand même aller courir plusieurs fois par semaine au moins une heure. Ouais. Pour le canaliser correctement. Ouais. C'est c'est quand même une dose assez conséquente qui est plus que ce que la population générale ferait. Mais ça veut dire que quand il peut pas le faire, il y a toujours un ce petit risque de décompensation. Ouais. Ouais. Genre, il est malade pendant un [rires] mois, il peut pas, et ça, ça va être terrible, hein. Ouais, parce qu'à ce moment, bah, j'ai plus le l'auto-traitement finalement que j'avais trouvé, qui était le le d'aller faire du sport.

Dans les approches qui montent des résultats, on en a parlé déjà dans d'autres émissions et puis vous le dites dans vos ouvrages, on a parlé des traitements médicamenteux. Qu'est-ce qui aujourd'hui fait du bien ? On voit que les rituels, par exemple, peuvent faire du bien au TDH, avoir une quand même un rythme de vie. On en reparlera d'ailleurs la semaine prochaine, enfin le dernier épisode sur les les rythmes biologiques. Ouais. Mais tout à fait. Donc le le la ritualisation est quelque chose qu'on enseigne, hein, dans les dans les approches cognitives ou comportementales de psychothérapie du du TDH. On enseigne en fait la ritualisation. Donc on le on leur dit, mais c'est vachement important de mettre des rituels parce qu'en fait, ça va aider. Il y a une satisfaction finalement aussi qui va naître de ça parce qu'on on oublie moins les choses, on perd moins les trucs, on a une, ça simplifie la vie et en fait, petit à petit, une sorte de récompense intrinsèque à mettre des rituels. Oui. Parce que la routine n'est plus, il y a plus de charge mentale du fait de la routine. C'est ça. Et donc en fait, c'est ça soulage beaucoup. La mise en place de la routine est compliquée. Mais comme si je vais simplement aller courir tous les jours ou je sais pas, disons quatre fois par semaine, au début, ça va être galère. Je vais pas avoir beaucoup de plaisir, mais petit à petit, je vais voir que d'avoir une pratique sportive régulière est quand même un sacré avantage. Donc thérapie cognitive, vous l'avez dit, rituel, routine, la pleine conscience pour ceux qui arrivent parce que parfois pour le TDH, ça peut être compliqué, c'est pas toujours facile, mais après, il y a des pleines consciences spécialisées pour le TDH. Il y a des, il y a des, ah, il a Zilovska qui est un qui est une autrice qui a écrit beaucoup sur la pleine conscience et manualiser en fait une approche de pleine conscience pour les adultes, mais spécialisée pour le TDH, qui marche bien. Euh, sans médicament. Sans médicament. Oua d'accord, parce qu'on sait qu'avec médicament, ça peut être aussi facile d'entraîner son esprit. Voilà. Évidemment que le combo idéal, c'est médicaments plus pleine conscience, médicaments plus prise en charge comportementale ou cognitive ou comportementale ou coach. Euh, donc c'est le combo des qui marche. Tout ce qui est régulation autour du, on parle beaucoup du nervag et du système nerveux autonome en ce moment, c'est bien aussi toutes ces approches respiratoires, tout, ouais.

Autre chose peut-être à mentionner ? Non, après après, il y a le sommeil. Ouais, sommeil. Alors ça, on en parlera quand on va parler, c'est pas forcément directement lié à la dopamine, mais et puis l'alimentation qui est qui est aussi, bah, ne pas enfin, ne pas aller se jeter sur des sucres rapides parce que coup, il faut que je me concentre et puis je vais aller prendre un un shoot de sucre rapide. Donc aussi avoir une routine alimentaire qui est qui est simplement les recommandations de l'OMS, tout simplement. Mais ça, c'est important. Ouais. Ce qui n'est pas évident, c'est que à un moment donné, s'il avait une addiction, un il va essayer de trouver une autre compensation. C'est que je disais, ça va, ça risque de se détourner sur la bouffe. C'est ça. Et euh, et ça, c'est pas top non plus. Non, c'est pas top. Surtout que quand on fait beaucoup de sport, on a faim. Ouais. Et donc et donc si j'arrête le sport et puis que je compense en sur la nourriture, c'est pas super. Ouais. Donc tout ça, c'est des choses à voir et peut-être tout est intrinsèquement, tout est tout est étroitement lié. On voit que c'est pas évident, hein, quand on en parle quand même. Non, non, non, c'est c'est après, ça dépend du curseur. Ouais, ça dépend du curseur, mais ça restera quand même dès qu'on a un TDH, c'est la mise en place de routine est très compliquée parce que exigeante, parce que rébarbative, parce que ennuyeuse, parce que c'est toujours la même chose et la mise en place de ça est est dure. Une fois qu'on l'a mis en place, c'est OK. Mais intéressant en tout cas, c'est passionnant euh à voir si vous avez réussi en tout cas à apprivoiser cette intensité émotionnelle, vous qui nous écoutez. Euh, que ce soit avec l'âge, des personnes qui vous entourent. La semaine prochaine, on va parler d'un autre facteur peut-être invisible, mais aussi déterminant, qui est euh chez les femmes, le rôle des hormones. Alors, je dis en particulier chez les femmes parce qu'on fera un petit tour quand même aussi du côté des [musique] hommes. Je vous dis à la semaine prochaine. À la semaine prochaine. Merci. Au revoir. Au revoir. [musique] Merci d'avoir écouté ces épisodes de Routines et Rituels sur le TDH. Pour aller plus loin, je vous invite à découvrir les ouvrages du professeur Nader Pérou, TDH [musique] Mode d'emploi aux ARBD et le Manuel de l'hyperactivité et du déficit de [musique] l'attention aux éditions et roll. Si vous avez aimé ce podcast, n'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée pour découvrir tous nos épisodes et pour recevoir des contenus exclusifs et inédits, inscrivez-vous à notre newsletter les amis sur le site métamorphospodcast.com. [musique] Routines et rituels, le rendez-vous métamorphose du vendredi qui transforme le quotidien.