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Le concept japonais qui efface ton ancienne identité sans effort de volonté

Le Chemin Intérieur 22:13

Transcription

Tu es déjà demandé qui tu serais si personne ne te regardait. Pas ce que tu ferais, pas ce que tu accomplirais, pas ce que tu [musique] posséderais. Qui tu serais ?

Parce que la plupart des gens vivront leur vie entière sans jamais répondre à cette question. Ils construiront une carrière, une famille, une réputation. Ils construiront [musique] tout sauf eux-mêmes.

Et le pire, c'est qu'ils ne s'en rendront compte qu'une seule fois, un soir ordinaire après une journée ordinaire devant un miroir ordinaire. Et là, pour la première fois, ils ne reconnaîtront pas l'homme ou la femme qui les regarde en retour.

Ce moment, cette seconde de vertige, c'est ce qu'on appelle en japonais juatsu. Joat, s'évaporer, disparaître, pas physiquement, [musique] identitairement.

Et un homme à Tokyo a vécu ce moment. Il s'appelait Dauke. Il avait 42 ans et ce soir-là, il a choisi de ne jamais rentrer chez lui.

Ce qu'il a découvert dans les années qui ont suivi, c'est un concept que les samouraï et les moines zen pratiquaient depuis le 12e siècle, un état mental [musique] qu'ils appelaient mushin. Mine littéralement l'esprit sans [musique] esprit, l'état où l'ancienne identité est dissoute. Où tu n'es plus ce que le monde a fait de toi, où [musique] tu commences enfin pour la première fois à exister.

Dans les 20 prochaines minutes, je vais te raconter l'histoire de Daisuke. [musique] Je vais te donner les quatre piliers du mouin et à la fin de cette vidéo, tu auras quelque chose que personne ne peut t'enlever : la clarté [musique] sur qui tu as décidé d'être. Reste jusqu'au bout parce que le chapitre 5 va te [musique] briser et te reconstruire.

Mais avant d'aller plus loin, si ce genre de contenu t'aide à [musique] voir les choses différemment, abonne-toi maintenant, active la cloche. Ce que je partage ici prend du temps [musique] à construire et il disparaît vite dans l'algorithme. Un like prend une seconde et ça change tout pour une petite chaîne comme celle-ci.

Maintenant, revenons à Dauke. Dauke avait 42 [musique] ans, cadre supérieur dans une multinationale au cœur de Shinjuku.

Bureau au 31e étage avec une vue sur le mont Fuji les [musique] jours sans nuage. Un costume gris anthracite qu'il portait depuis 7 ans parce qu'il avait lu quelque [musique] part que les décisionnaires portent du gris. Une montre Seiko, cadeau d'entreprise pour 10 ans qu'il n'avait pas choisi.

Chaque matin, réveil à 5h47, [musique] douche fraude, café noir, train ligne chouo de 6h23, même wagon, [musique] même place, deuxième fenêtre à partir de la droite. Il s'asseyait, il ouvrait ses mailes, [musique] il fermait les yeux quelques secondes en faisant semblant de réfléchir et en réalité il ne pensait à rien parce qu'il n'y avait rien à penser. Tout était déjà [musique] décidé. Tout avait déjà été décidé depuis longtemps.

Au bureau, il saluait tout le monde avec le même sourire calibré, celui qu'on apprend sans s'en rendre compte. Pas trop chaleureux, ça fait peu professionnel. Pas trop froid, ça fait hostile. Le sourire du milieu, le sourire de [musique] quelqu'un qui existe pour que les autres se sentent à l'aise.

Le soir, il rentrait. [musique] Il posait ses clés sur le meuble de l'entrée, toujours à gauche à côté du Porte-Manet. Il enlevait ses chaussures, il disait bonsoir à sa femme, il mangeait en regardant les informations, il allait dormir et recommençait.

Pendant 16 [musique] ans, il a fait exactement la même chose. Pendant 16 ans.

Mais voilà ce qu'il y avait de [musique] terrifiant dans la vie de Dauk. Ce n'était pas qu'il était malheureux, c'était qu'il ne ressentait absolument rien, ni malheur, [musique] ni bonheur, juste une continuation. Comme un train qui roule sur ses rails depuis si longtemps qu'il a oublié [musique] qu'il y avait une locomotive.

Ce soir-là, un mardi de novembre, Daisuke sort de sa réunion de clôture annuelle. Son directeur vient [musique] de le féliciter publiquement devant 80 personnes de l'équipe. Contrat historique pour la division. Les collègues [musique] applaudissent. Quelqu'un dit le mot promotion, quelqu'un d'autre dit bonus. Les flutes de champagne circulent.

Et Daisuke sourit. Il sert les mains, [musique] il dit merci. Il dit travail d'équipe. Il dit tout ce qu'on est censé dire dans ces moments-là. Et à l'intérieur, il ne ressent absolument rien. Rien.

Il prend son manteau. [musique] Il sort de l'immeuble par la porte de service parce qu'il ne supporte pas l'idée d'autres félicitations dans l'escalier. Il marche jusqu'à la station, [musique] il descend sur le quai. Le train de 19h14 arrive, les portes s'ouvrent et il ne monte pas. Il reste là [musique] sur le quai. Les portes se ferment, le train repart. Un autre arrive, repart. Un troisième, [musique] il reste 45 minutes debout sur ce quai à regarder les gens entrer et sortir. Tous pressés, [musique] tous quelque part, tous vers quelque chose ou quelqu'un qui les attendait. Lui, personne ne l'attendait vraiment et lui non plus n'attendait personne.

Ce soir-là, Daisuke [musique] n'est pas rentré chez lui. Il est allé dans une capsule hôtel à deux rues de la gare, 3200 [musique] yennes, le prix d'un repas correct. Il a envoyé un message à sa femme : court, presque poli. "Je dois trouver quelque chose, ne m'attends pas." Et puis il a éteint son téléphone.

Au Japon, il existe un phénomène qu'on appelle [musique] juatsu. Joaté, littéralement s'évaporer. Chaque année, des dizaines de milliers de Japonais disparaissent volontairement. Pas pour fuir la loi, pas pour abandonner par l'acheter, pour mourir symboliquement, pour tuer une identité qu'il portait comme une armure roussiillée depuis trop longtemps. Dauke était devenu un jouats et ce qu'il ne savait pas encore, c'est que cette disparition, [musique] c'était le début de la seule chose vraiment courageuse qu'il ait jamais faite.

3 semaines plus tard, dans une pension bon marché du quartier de Guillonne à Kyoto, Daisuke rencontre un homme assis seul dans le jardin intérieur sous la pluie fine du soir. Un homme de 60 ans en vêtement simple qui taille des bondesill avec une concentration absolue malgré l'humidité. Son nom [musique] est Oshiro, ancien moine Rinzai, sorti du monastère 20 ans plus tôt. Non pas parce qu'il avait [musique] perdu la foi, mais parce qu'il avait compris que la sagesse enfermée derrière des murs de pierre ne servait à rien.

Ce soir-là, les deux hommes [musique] parlent le montant et à un moment Oshirou dit quelque chose que Daisuke va répéter des centaines de fois dans les années qui suivent : "Un miroir dissous ne peut pas refléter clairement. Mais un miroir propre ne fait que refléter ce qu'on lui montre. Mine devenir le miroir lui-même, [musique] pas son reflet, le miroir." Daisuke ne comprend pas encore. Pas vraiment, mais quelque chose en lui [musique] vient de commencer à mourir. La bonne partie.

Et ce que tu dois comprendre, c'est que cette mort n'est pas métaphorique. Elle est réelle et elle commence par quatre portes, quatre piliers, quatre vérités que la plupart des gens n'entendront jamais. Le mouchine n'est pas une [musique] technique qu'on apprend, c'est un état qu'on atteint. Et pour y accéder, il faut franchir quatre portes. [musique] Daisuke les a franchies une par une dans l'ordre. Ce n'est pas un hasard.

Chapitre 1. Coup d'eau. La voix du vide. Voilà le principe contreintuitif [musique] que personne ne dit jamais : avant de construire une identité, tu dois démolir celle que tu as.

La plupart des gens essaient d'ajouter à qui ils sont : une nouvelle habitude, un nouveau livre, un nouveau programme de 30 jours. Mais le problème, [musique] le vrai problème, c'est que l'ancienne identité est encore là dessous comme des fondations pourries sous une belle façade rénovée. Tu peux peindre les murs tant que tu veux. Si la structure est corrompue, elle finira par s'effondrer.

Daisuke a commencé par une liste. Pas de ses objectifs, pas de ses valeurs, de ses roules. Fils obéissant, cadre performant, mari silencieux, collègue souriant, japonais modèle. Il a écrit chaque rôle sur une feuille et pour chacun, il a posé la [musique] même question : "Est-ce que j'ai choisi ce rôle ou est-ce que je l'ai simplement accepté parce que c'était [musique] plus simple que de refuser ?" 11 rôles sur sa liste. Deux seulement avaient été choisis délibérément. 2/11.

La neuroscience dit quelque chose d'important ici. Une étude de l'université de Tokyo publiée [musique] en 2019 a montré que l'identité est encodée dans ce qu'on appelle le default [musique] mode network, le réseau en mode par défaut du cerveau. Ce réseau s'active quand tu ne fais rien, quand tu regardes par la fenêtre, quand tu prends ta douche. Et ce qu'il fait pendant ce temps, c'est jouer en boucle la narration de qui tu es : qui tu es, [musique] qui tu n'es pas, ce que tu mérites, ce que tu ne mérites pas. Ce réseau [musique] se recalibre mais seulement si tu l'interromps activement, délibérément, avec intention. Le [musique] vide n'est pas un accident, c'est une décision.

L'exercice que tu peux faire aujourd'hui : prends une feuille, [musique] écris tous les rôles que tu joues, tous, professionnels, familiaux, sociaux. Pour chacun, pose-toi [musique] cette question : "Si personne ne me voyait jouer ce rôle, est-ce que je le jouerais quand même ?" La réponse [musique] honnête, c'est le début du vide et le vide, c'est le début de tout.

Chapitre 2. Shoshine, l'esprit du débutant. Il y a une phrase que le maître zen Shunriu Suzuki a dite [musique] et qu'on répète partout sans vraiment la comprendre : "Dans l'esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités. Dans l'esprit de l'expert, il y en a peu."

Daisuke avait un problème que tu as peut-être aussi. Il savait trop. Il savait comment une réunion devait se dérouler. Il savait ce qu'un cadre devait dire, [musique] penser, porter, manger, lire. Il savait ce qu'un bon japonais devait être pour ses parents. Il savait ce qu'un mari devait faire. Et toute cette expertise, toute cette accumulation de savoir-être l'avait enfermé dans une cage invisible [musique] dont il tenait lui-même les clés.

Le chochine, c'est l'acte délibéré de désapprendre ce qu'on croit savoir sur soi-même. Pas par naïveté, par stratégie radicale.

À Kyoto, Daisuke a commencé à faire des choses où il était vraiment nul. [musique] Pas légèrement nul, profondément, ridiculement, magnifiquement nul. Il a pris des cours de poterie. Ses premières pièces ressemblaient à des cendriers diformes. Il a appris la calligraphie. Ses idéogrammes étaient illisibles. Il a recommencé à cuisiner comme s'il n'avait jamais tenu une spatule et quelque chose d'inattendu s'est produit. Chaque fois qu'il échouait, il se surprenait à rire. Vraiment rire. Pas le rire calibré de la Réunion. Un rire de quelqu'un qui ne doit rien à personne.

Stanford a publié en 2017 les travaux de la psychologue Carole Dek sur ce qu'elle appelle le growth mindset. Ce que Dek a découvert et ce que le chochine intuait depuis des siècles, c'est que [musique] l'identité construite autour des compétences et des réussites passées est la forme d'identité la plus fragile qui soit parce qu'elle dépend [musique] entièrement des résultats futurs pour se maintenir. Un seul échec suffit à la fissurée. Et la neuroplasticité, la capacité du cerveau adulte à former de nouvelles connexions neuronales, reste active jusqu'à la mort. Mais seulement si on lui présente de la vraie nouveauté, pas de la nouveauté [musique] simulée. Pas "je vais essayer un nouveau restaurant", de la nouveauté qui te met réellement en position [musique] d'incompétence.

L'exercice aujourd'hui : apprends quelque chose où tu es vraiment nul, pas adjacent à ce que tu sais déjà, quelque chose d'étranger et observe attentivement le personnage que tu es [musique] quand tu n'es plus l'expert de ta propre vie.

Chapitre 3, Fudochin, l'esprit [musique] immobile. Voilà où la plupart des gens abandonnent parce qu'ici ça commence à faire vraiment mal.

Le Fudochine, c'est la capacité de rester centré et reconnaissable à toi-même [musique] quand tout autour de toi essae de te redéfinir. Et crois-moi, tout essaiera : ton entourage, ta famille, [musique] tes anciens amis, tes collègues, la ville dans laquelle tu as grandi, les photos de [musique] qui tu étais, les gens qui ont besoin que tu restes exactement comme tu étais pour que [musique] leur propre identité reste stable.

Dauke a eu l'appel de sa mère 6 semaines après sa disparition. Elle pleurait, elle lui demandait [musique] de rentrer. Elle lui rappelait tout ce qu'il avait construit, tout ce qu'il risquait de perdre. Elle lui disait, et c'était dit avec amour, [musique] c'est là que c'était difficile, elle lui disait : "Tu n'es pas ce genre de personne." Et pour la première fois de sa vie, Daisuke a répondu : "Je sais, c'est [musique] exactement pour ça que je suis ici." Pas avec colère, sans tremblement, simplement. [musique] C'est ça le fouochine. Pas l'insensibilité, pas l'indifférence, pas la froideur. La stabilité au milieu du mouvement, la racine qui tient pendant [musique] la tempête sans que l'arbre soit rigide.

L'amidale, la zone du cerveau [musique] responsable de la réponse à la peur et aux menaces sociales, est directement câblée aux signaux de rejet de l'entourage. Quand les personnes [musique] proches de toi rejettent ton identité de changement, ton amidal interprète ça comme une menace de survie réelle. Elle déclenche [musique] une réponse de fuite ou de soumission. Et la plupart des gens fuient vers leur ancienne identité [musique] parce que c'est plus sûr neurologiquement. Harvard Medical School a montré que la régulation de l'amidale, la capacité à observer une réaction émotionnelle sans la subir, s'apprend par la pratique délibérée et répétée. Le cortex préfrontal peut surpasser l'amidale, mais seulement si on l'entraîne comme un muscle à l'observer sans agir immédiatement.

L'exercice aujourd'hui : la prochaine fois que quelqu'un dit [musique] "Tu n'es pas comme ça d'habitude" ou "Je ne te reconnais plus", ne réponds pas immédiatement. Attends 5 secondes, respire. Observe ce que tu ressens dans ton corps puis demande-toi : [musique] "Est-ce ma peur qui veut répondre ou ma nouvelle identité ?" La différence entre les deux [musique] est souvent une question de 5 secondes.

Chapitre 4. Zanin, l'esprit persistant. Le Zanin dans les arts martiaux japonais, c'est l'état de conscience [musique] qui reste actif après l'action. Après que le samouraï a frappé, il ne [musique] se détend pas. Il reste présent, vigilant, conscient parce qu'il sait que la bataille ne se termine pas [musique] avec le coup.

Appliqué à l'identité, ça donne ça : l'identité [musique] n'est pas un projet qu'on termine. Ce n'est pas un objectif qu'on atteint et qu'on coche. C'est une pratique quotidienne, [musique] continue, sans ligne d'arrivée.

Dauke a compris ça brutalement 5 mois après son départ. Il était dans un café à Kyoto au téléphone avec un ancien collègue et à un moment, sans [musique] s'en rendre compte, il s'est entendu dire : "Oui, bien sûr, pas de problème, je vais arranger ça" pour un service qu'il ne voulait pas rendre par réflexe, par automatisme, l'ancienne identité était revenue comme un muscle mémoire, comme un logiciel [musique] qui se relance tout seul. Il a raccroché, il a posé son téléphone et il a réalisé quelque chose [musique] d'important. La transformation n'est pas un état permanent qu'on atteint un [musique] jour. C'est une vigilance permanente, un choix qu'on refait chaque matin.

Les recherches d'Anne Grabiel au MIT [musique] sur les boucles d'habitude ont montré quelque chose de fondamental. Les comportements habituels et les identités habituelles [musique] sont encodées dans le basal ganglia, une structure cérébrale très profonde et très ancienne. Des encodages ne disparaissent pas quand on change. Ils dorment et ils peuvent se réactiver [musique] à tout moment sous l'effet du stress, de la fatigue ou d'un contexte familier. Le Zanchin s'est resté assez éveillé [musique] pour reconnaître qu'en ancien logiciel essaie de se relancer et choisir de ne pas appuyer sur le bouton.

L'exercice aujourd'hui : à la fin de chaque journée, pose-toi une seule question. Pas "qu'est-ce que j'ai [musique] accompli ?" Pas "est-ce que j'ai été productif ?" Juste "qui ai-je été aujourd'hui ?" Pas ce que tu as fait, qui tu as été ?

Quatre piliers, quatre portes. [musique] Daisuke les a toutes franchies. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est ce qu'il attendait de l'autre côté.

7 mois après le quai de Shinjuku, Daisuke reçoit un appel. [musique] Son père est à l'hôpital, Infarctus Sévre, hôpital universitaire de Tokyo, [musique] pronostic réservé. Et là, tout ce que Daisuke avait construit en 7 mois, tout s'effondre en une seconde. Pas parce que l'infarctus, pas parce que la maladie, parce que Daisuke ressent en recrochant le téléphone. La culpabilité, lourde, concrète, physique, comme une main sur la gorge. La voix intérieure qui revient avec une claré terrifiante : "Tu as abandonné [musique] ta famille. Pourquoi ? Pour aller tailler des bons et faire de la poterie. Ton père est en train de mourir et toi tu cherches [musique] ton identité dans une pension de Kyoto comme un adolescent en crise." L'ancienne identité. Revenu tout entière [musique] en une fraction de seconde.

Daisuke appelle au shirot, il lui dit tout. Il lui dit qu'il veut rentrer à Tokyo, [musique] reprendre son travail, récupérer son appartement, redevenir l'homme qu'il était, parce qu'au moins cet [musique] homme-là était là pour sa famille. Etshiro lui répond quelque chose d'inattendu. Pas de sagesse [musique] zen emballé proprement, pas d'une métaphore du miroir. Quelque chose de simple, presque brutal : "Va voir ton père, va voir ta famille, mais vas-y en tant que toi, pas en tant que ce que tu croyais être. Ce que tu construis [musique] ne t'interdit pas d'aimer les gens. Il t'apprend à les aimer sans te perdre dans le processus. Si tu rentres [musique] pour redevenir qui tu étais, dans 6 mois, tu seras de nouveau sur un quai de métro. Et cette fois peut-être qu'il n'y aura pas de pension de Kyoto au [musique] bout de la route."

Il y a un mot japonais pour ce que Daisuke a dû pratiquer dans les jours qui ont suivi : Gaman. [musique] Wagaman. L'endurance noble. Pas la résignation silencieuse, pas l'indifférence stoïque. La capacité de tenir sous [musique] une pression réelle, immense, sans trahir ce qu'on est en train de devenir.

Daisuke est allé à Tokyo. Il est entré dans la chambre [musique] d'hôpital. Il a pris la main de son père. Une chose qu'il n'avait probablement pas faite depuis l'enfance. [musique] Il lui a parlé vraiment, pas comme un fils performatif qui dit les bonnes choses au bon moment, comme un homme présent, sans masque, sans rôle à tenir. Il lui a dit qu'il était désolé d'avoir [musique] disparu. Il lui a dit pourquoi. Il lui a dit qui il cherchait à devenir.

Et son père, un homme de 74 ans, qui n'avait jamais [musique] exprimé une émotion de toute sa vie, a gardé les yeux fermés un long moment. Puis il a dit dans un souffle : "Tu as l'air différent." Dauke a répondu : "Oui." C'est tout. Deux lettres. Mais c'est la première fois de sa vie que Daisuke n'a pas suivi ce mot par une [musique] excuse ou une explication ou une justification. Juste "oui."

L'ancienne identité [musique] aurait dit : "Je m'explique, je me justifie, je te rassure." La nouvelle identité a dit : "Oui." Et dans ce oui simple, quelque chose s'est stabilisé. Non pas parce que la tempête était passée, mais parce que Daisuke [musique] avait traversé la tempête sans revenir en arrière.

Ça, personne ne te dit sur la transformation identitaire. [musique] La vraie preuve que tu as changé, ce n'est pas quand tout va bien, c'est quand tout s'effondre et que tu ne rentres quand même pas dans l'ancienne version de toi-même.

2 ans et 3 mois ont passé depuis ce mardi de novembre sur le quai de Shimijuku. [musique] Deuke ne travaille plus dans une multinationale. Il dirige un petit atelier de menuiserie artisanale dans le quartier de Fushimi à Kyotou. H employés, [musique] commandes uniquement sur liste d'attente. Aucun objectif de croissance dans son business plan parce qu'il n'a pas de business plan.

Il se lève à 5h47, [musique] exactement la même heure qu'avant. Mais cette fois, il n'y a pas de réveil. Son corps se lève parce qu'il le veut, parce [musique] que ce qu'il attend le matin, c'est quelque chose qu'il a choisi. Il n'a plus la montre secho, cadeau d'entreprise. Il a une montre simple achetée dans une brocante [musique] de Nishiki pour 1200 yennes. Elle retarde de 3 minutes. Il ne l'a pas fait réparer. Il dit que c'est un rappel que le temps [musique] ne lui appartient pas, qu'il ne fait que le traverser.

Le soir quand il rentre dans son [musique] petit appartement avec vue sur un jardin étroit, il n'y a plus de miroir dans l'entrée. À la place, un chei en papier [musique] de riz translucide qui laisse passer la lumière sans rien refléter de précis. Pas parce qu'il fuit son reflet, parce qu'il n'a plus besoin d'aller le chercher dans un miroir.

Sa femme est venue le voir à Kyoto 8 mois après sa disparition. Ils se sont retrouvés dans un restaurant simple près du fleuve Gameau. [musique] Ils ont parlé longtemps. Ils ont divorcé, à l'amiable, sans colère. Elle lui a dit une phrase qu'il garde encore : "Je ne sais pas si tu es devenu quelqu'un de [musique] mieux, mais tu es enfin devenu quelqu'un de réel."

Son père s'est rétabli. Il se parle au téléphone tous les dimanches. 10 minutes, jamais plus. Mais 10 minutes vrai. Daisuke n'est plus quelqu'un qui cherche son identité. Il est devenu quelqu'un qui n'a plus besoin d'une identité [musique] fixe pour exister. Il est le miroir lui-même, présent, adaptable, clair, sans être vide, sans être défini par ce qu'on y projette. Il n'a pas trouvé qui il était vraiment. Il a arrêté [musique] d'avoir besoin de le savoir pour agir. Et paradoxalement, et c'est là où le Mine devient quelque chose d'extraordinaire, c'est la première fois de sa vie que Daisuke ne se reconnaît pleinement quand il se regarde. Pas dans un miroir, dans [musique] ses choix, dans ses actes, dans la façon dont il taille une pièce de bois en sachant exactement pourquoi il le fait. Il n'est [musique] plus le costume, il n'est plus la montre. Il n'est plus le 31e étage et le contrat à 40 millions. Il est celui qui a tout laissé pour trouver ce qui n'avait jamais pu partir.

Maintenant, c'est ton tour. Tu regardes peut-être cette vidéo dans un train, dans ton bureau entre deux réunions, allongé dans ton lit à 23h avec ton téléphone [musique] au-dessus de ton visage et quelque part, quelque part au fond de toi, là où tu ne vas pas souvent, tu sais exactement de quoi je parle. Tu [musique] sais qu'il y a une identité que tu portes que tu n'as jamais vraiment choisi. Un personnage construit [musique] par accumulation silencieuse d'attentes reçu, de press acceptées, de rôles endossés par défaut parce que c'était plus simple que de dire non. Tu sais qu'il y a un soir de novembre sur un [musique] quai de métro quelque part dans ta vie. Peut-être que tu l'as déjà vécu. Peut-être qu'il t'attend.

La question n'est pas de savoir si tu devras traverser cette porte un jour. La question, la seule question [musique] qui compte ce soir, c'est celle-ci : "Si demain matin personne ne se souvenait de qui tu étais, [musique] aucune réputation, aucun rôle, aucune attente, aucune histoire, qui déciderais-tu d'être ?"

Crie ta réponse dans les commentaires. Pas [musique] ce que tu penses devoir écrire, pas ce qui sonne bien. Ce que tu ressens vraiment, une phrase, un mot, ce que la version de toi, que tu n'as jamais encore été, dirait si elle pouvait parler. [musique] Et si cette vidéo a raisonné, si quelque chose ici a touché quelque chose que tu ne t'avoues habituellement pas, partage-la avec une personne qui en a besoin. Pas pour les vues, pour elle.

Le Mine te demande pas de [musique] tout quitter. Il ne te demande pas de disparaître comme Dauke. Il te demande une seule, une seule. Meurs d'abord. M.