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Eugène Canseliet, vidéo de 1974

Adrien Loubier15:12

Transcription

Fini et l'alchimie, évidemment, et plein d'énigmes, d'immenses énigmes. Il y a aussi une énigme plus modeste, mais qui est contemporaine et qui, je crois, mérite d'être un petit peu scrutée. C'est sur le canal Y-Fure Canellie en 1925 par un livre qui s'appelle "Le Mystère des Cathédrales", et puis quatre ans plus tard, il est signé Paul Conneally. Quatre ans plus tard, un second livre qui s'appelle "Les Demeures Philosophales", signé Fulcanelli.

Ces livres n'ont pas du tout de succès, ils passent inaperçus. Je crois que au moment de la guerre, en 39, on a vendu 300 à peu près de chacun de ces deux titres. Après la guerre, les choses changent. Il y a des gens qui s'intéressent à cette Canelli et depuis, il y a une demande incessante sur Fulcanelli, à tel point que il y a des rééditions de ses deux livres et une réédition tout à fait récente chez Jean-Jacques Pauvert.

Cela dit, on ne sait toujours pas qui était Fulcanelli. Des noms ont été proposés pour décrypter ce secret, rien n'est convaincant. Il y a une personne qui dit être le disciple de Fulcanelli, qui dit avoir très, très bien connu Fulcanelli, et un autre chimiste qui s'appelle Eugène Canseliet. Allons pour essayer, notre tour, d'entrer dans cette piste afin de découvrir le profil de ce personnage mystérieux. Nous sommes allés voir Eugène Canseliet dans la petite maison qu'il occupe à côté de Bové.

Voici donc Eugène Canseliet, l'alchimiste, dans un film de Nicolas Ribes-Offs. Car ainsi pouvons-nous avancer, malgré l'apparent paradoxe, c'est-à-dire avec autant d'humilité que d'orgueil, que nous sommes certainement le plus vieil étudiant qui soit en France. N'est-ce pas là le titan, à la fois le plus humble et le plus glorieux, que le philosophe puisse revendiquer ?

Dans la série et dans le nord, l'alchimie est une science positive. Elle demande, elle demande le travail au laboratoire. Les alchimistes travaillent au laboratoire, et là seulement peut être cherchée la vérité. La vérité alchimique. Il ne faut pas croire, comme on le dit, en des errements, que l'alchimie consiste à transmuter les métaux, les métaux inférieurs, le plomb, comme l'étain, mercure, le dif argent, le mercure coulant. Transmuter ces métaux en or, c'est une erreur. L'alchimie a pour but la médecine universelle. L'alchimie est une notion de positivisme. En haut, ça n'est même pas exact, c'est la science avec une grande S, la science, c'est la véritable physico-chimie.

L'alchimie est-elle à sa philosophie ? Voilà qui importe. Hélas, sa philosophie. Le philosophe désigne l'alchimiste dans les temps anciens. Mais en vérité, le philosophe et l'alchimiste, l'alchimiste qui devient adepte, du latin adeptus, qui signifie celui qui, celui qui a obtenu, celui qui a atteint, celui qui a acquis. Il est arrivé, il a reçu le don de Dieu, à savoir la pierre philosophale ou la médecine universelle.

De là, assurément, c'est une énigme. Au niveau de l'humeur, on a pu croire, d'après ma première préface au "Mystère des Cathédrales", on a pu croire qu'il était mort. C'est une erreur, et il est bien toujours vivant. Pourquoi ? Mais tout simplement parce qu'il est arrivé à l'adepte, parce qu'il a la pierre philosophale, il vit toujours. Il a tué le vieil homme, il ne pouvait plus, il ne pouvait plus rester à notre niveau, puisqu'il a gagné un autre niveau, un niveau plus élevé. Disons même, ne craignons pas de te le dire, il a gagné le plan, le plan du divin, là où c'est le présent et ternaire.

Les livres d'alchimie, les traités, par essence, obscurs, ils ont été rendus à dessein parce que Cosmopolite le dit, en particulier, qui était un adepte contestable. Cosmopolite dit que si l'offre était en termes clairs, elle serait exposée, on ne le croirait pas. On ne croirait pas tant, tant il est grand homme, tant il est simple. Or, ils craignent toujours pour en avoir trop dit, et ils craignent toujours que leurs écrits vont trop dévoiler.

Le "Mystère des Cathédrales" évidemment traite surtout de Notre-Dame de Paris, des sculptures de la façade. D'ailleurs, Gobineau de Vauluisant, avant Fulcanelli, on avait déjà parlé. Bref, Fulcanelli a poussé très loin, très loin l'étude des sculptures de la façade, en particulier l'étude, l'explication de l'ésotérisme des bas-reliefs et autres. Ce sont des odieux, relativement en excellent état de conservation. Il les a étudiées, il les a expliquées du point de vue alchimique. On ne peut pas les expliquer autrement. Il faut des petits bas-reliefs qui n'ont rien à voir avec la religion, qui n'ont, qui ne sont pas édifiants du tout, mais chez qui on sent bien, on sent bien même pour un profane, qu'il s'agit de tout autre chose que ce qui est religieux. Je ne dirais pas de ce qui est sacrifice, que l'alchimie elle-même est sacrée. L'alchimie était un art, un art sacerdotal.

Dans "Le Mystère des Cathédrales", "Les Demeures Philosophales", ensuite, on examine, on étudie la décoration non pas seulement des édifices religieux, mais aussi des édifices civils. Par exemple, le Palais Jacques Cœur à Bourges. Le Palais Jacques Cœur à Bourges, où l'on voit là que la religion, que le rituel religieux, autre religieux et magique que de la messe. On voit, on voit le travail aux fourneaux. Jacques Cœur avait dans la paroisse, dans le mur de la ménagerie, dans le mur de la chapelle, un réduit avec un fourneau, et il était au travail alchimique en même temps qu'il suivait, qu'il suivait de loin des oreilles, voire, mais des yeux, il suivait l'office, se réglait sur lui dans l'exécution de son travail alchimique, de ses manipulations.

L'alchimie est la base même de la religion. L'alchimie assure la pérennité de l'église, ou de me rendre l'Ancien Testament comme le Nouveau. Les deux, Ancien et Nouveau, sont des traités. Et Jésus dit bien, si bien à Pierre, Pierre, tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église. Quelle pierre ? Petrus et Petra, c'est bien la pierre, et c'est la pierre philosophale. D'ailleurs, d'ailleurs, lorsque on bâtissait une cathédrale au Moyen Âge, on déposait toujours près du maître autel, sous la pierre de l'autel, un peu, un peu enfin, une certaine quantité de pierres philosophales. C'était déposé dans un matras, mais il était nécessaire que l'édifice fut bâti sur cette pierre, qui bien sûr, elle-même, était issue des travaux, des travaux du grand œuvre au laboratoire. L'alchimie constitue l'ésotérisme de l'église. L'église de pierre, c'est son ésotérisme, et c'est bien, c'est bien ce qu'a mis en lumière Fulcanelli, assurément le maître des alchimistes actuels.

L'église n'a jamais, jamais persécuté les alchimistes, sauf quelques fautes qui se trouvaient parmi des malheureux ou des malheureuses qui se livraient à la sorcellerie. La sorcellerie, bien sûr, était condamnée sévèrement par les écrits, mais pas l'alchimie. Et comment, comment le prouver ? D'abord, parce qu'on n'a pas de précédent dans l'histoire de l'alchimie que des alchimistes aient été persécutés par l'église. Mais au contraire, on a, on possède toute une liste, depuis le plus, le plus lointain, dans le, dans le Moyen Âge, jusque vers nos jours, une quantité d'ecclésiastiques de tout ordre qui se sont succédé, se sont livrés longuement, entre autres, au travail d'alchimie. N'avons-nous pas, par exemple, un pape, un pape qui se livrait aux travaux du laboratoire ? Un pape d'Avignon, Jean XXII. Jean XXII, qui a écrit un traité très curieux, d'ailleurs, très singulier, l'Astrance, l'Astranceatoria. Ce pape a laissé dans les caves du Palais d'Avignon, un trésor, un trésor fantastique, même à l'époque, à fortiori pour. Car il était un rouleau d'or, petits lingots, il dit même le texte, il dit, il dit, il y a des pièces officielles d'or, de l'orfèvrerie en quantité. Et on ne peut pas dire que le pq, l'art, que les exactions, que les impôts énormes, lourds, pouvaient même à cette époque, surtout réunir un tel, un tel amas de richesse.

L'alchimie vient à son heure avec une action certainement salvatrice. Elle séduit beaucoup la jeunesse et en profondeur, en tout cas, assurément, doit-elle aussi, pour une grande part, sa renaissance aux découvertes de la physico-chimie qui la côtoient. La renaissance alchimique est due à une intervention cosmique, relève de ce processus cosmique que les anciens appelaient des universaux. L'alchimie revient avec une très grande puissance. Il est temps, parce que nous sommes dans une période profondément troublée, où la perturbation est ronde et l'épreuve collective est annoncée par des signes avant-coureurs. Nous noterons, pour qu'elle peut, l'alchimie, par sa philosophie surtout, elle peut parer aux conséquences désastreuses que la tribulation, disons le mot, qui nous est promise, hélas, et pas même peut-être, mais certainement, elle peut, cette philosophie alchimique, apporter aux hommes la puissance de résister à la grande tribulation. J'aime quand ça.