Transcription
Bien mesdames et messieurs, cette journée est donc consacrée à la problématique de l'immigration clandestine et de l'immigration de manière générale, mais plus particulièrement clandestine. Puisque nous sommes allés à ce qu'il fut la frontière entre la France et l'Espagne, mais également à Cerbère, qui est le lieu de passage important de l'immigration clandestine pour la région, aurait été pour le notamment pour le département.
Nous avons pu enregistrer une augmentation très importante du flux migratoire clandestin par le passage de cette non-frontière. Puisque les chiffres que je vous ai donné tout à l'heure, mais je vais vous redonner à tête reposée, démontrent qu'en 2021, 12 1865 clandestins ont été interpellés. Sachant que même les policiers admettent qu'évidemment, ils n'interpellent qu'une partie, relevant une partie très minoritaire du nombre de gens qui passent la frontière. Au Perthus, hier, trente personnes ont été interpellées, 30 en une journée.
Ce chiffre de 12 1865 est évidemment à mettre en comparaison avec celui de 2020, qui était de 10 000, un peu moins de 10 000 clandestins, année où il est vrai, les flux migratoires ont baissé dans le monde entier. Mais surtout, il est à mettre en comparaison avec le chiffre de 2019, où nous n'étions pas en crise sanitaire et où ce chiffre était légèrement inférieur à 11 000 clandestins. Donc, on voit qu'il y a une pression extrêmement importante avec une immigration qui, de manière récente, est constituée notamment, et c'est une nouveauté, par des Algériens.
Voilà. Donc, je voulais dit tout à l'heure, à peu près 50% des clandestins sont Algériens et Marocains. Et dans ces 50% pour deux Algériens, il y a un Marocain. Donc, c'est assez inquiétant de voir que se surajoute à une immigration clandestine d'Afrique, une immigration clandestine de plus en plus importante en provenance du Maghreb.
Je vous lis également tout à l'heure, le 5 novembre 2020, Emmanuel Macron se rendait au poste frontière du Perthus, dans les Pyrénées-Orientales. Où nous étions. Au détour d'une phrase, nous apprenions que seuls 2 400 policiers et gendarmes étaient en charge de la protection de nos frontières. Et quand on connaît évidemment le nombre global des policiers, gendarmes, c'est-à-dire 252 000, ça veut dire que moins de 1% de ces policiers et de ces gendarmes sont en réalité chargés de la protection de nos frontières. Donc, je vous disais tout à l'heure que nos frontières étaient des passoires. Il semblerait que les trous de cette passoire soient en train, non pas de se rétrécir, contrairement aux allégations d'Emmanuel Macron, mais de s'élargir.
On attend toujours d'ailleurs la réforme de Schengen qu'Emmanuel Macron annonçait. Vu ce qu'on a entendu des déclarations, des coups de menton sur ce sujet, mais en réalité, aucune proposition de réforme n'a été faite dans ce domaine. Ce qui est évidemment plus inquiétant encore, c'est l'efficacité des mesures d'éloignement qui sont prononcées. En 14,8%, ici, 14,8% des mesures seulement d'éloignement prononcées sont exécutées. Et ce qui a peut-être de plus grave et de plus inquiétant pour l'avenir, c'est que en 2021, les mesures d'éloignement prononcées ont augmenté de 71,23% et que les mesures d'éloignement exécutées ont elles augmenté de 0,10%. Voilà, plus 71% d'un côté, plus 0,10% de l'autre. On voit bien que l'on exécute de moins en moins de mesures d'éloignement.
Et si je puis me permettre, dans un peu la pyramide de la gravité, je rappelle qu'il y avait un objectif qui avait été donné pour la région, pour la région entière, pas du département, mais de la région entière, en matière d'éloignement des clandestins dangereux pour l'ordre public. Et bien, cet objectif était pour la région de 176. Donc, 176 personnes détectées comme étant des clandestins dangereux pour l'ordre public. Sur ces 176, 38 ont été incarcérées, 34 ont été éloignées. Et donc, il y a un peu plus d'une centaine dont on peut se poser la question de savoir où sont-ils au moment où nous nous parlons, puisque ils sont en réalité dans la nature, ce qui n'est pas tout de même, vous l'admettrez, très rassurant.
Alors ça, c'est le constat. Mais moi, j'aimerais un peu d'abord vous parler des perspectives pour l'année prochaine, parce que je suis extrêmement inquiète pour 2022 sur la suite des événements. Parce que la France va être confrontée à trois politiques initiées par l'Union européenne et accessoirement par l'Allemagne qui la dirige. La Commission a présenté en novembre 2020, vous savez, on en a beaucoup parlé, on a été les seuls d'ailleurs, personne d'autre que nous en a parlé, par un mot de l'air qui manifestement ne s'intéresse absolument pas au sujet, le Pacte sur la migration et l'asile. Or, ce pacte va conduire à l'adoption, en cas d'adoption pardon, à un abandon de toute souveraineté et compétence des États en matière migratoire. Le peu de compétences que nous pouvions conserver va ainsi nous être retiré.
À titre d'exemple, on peut citer la mise en œuvre de procédures communes d'asile, l'octroi d'une protection systématique pour les clandestins arrivant par voie maritime, la systématisation des réinstallations dans les États des immigrés, mettant ainsi fin au mécanisme des accords de Dublin. Si intéressant d'ailleurs d'en parler, parce que les policiers nous en parlaient et nous disaient : "Mais nous, on est très contents des accords de Dublin, parce que c'est à peu près les seules, la seule mesure d'éloignement qui fonctionne encore, voir c'est les seuls qu'on a encore à notre disposition, c'est quand on les renvoie en Allemagne où ils ont déposé leur demande d'asile, ou aux Pays-Bas, où tout le reste en réalité, c'est quasiment inapplicable."
Je vous rappelle également qu'il y a dans un pacte d'asile, une dépénalisation de l'action des ONG qui sont objectivement les complices des passeurs de clandestins. Le 14 décembre 2021, la Commission a proposé une modification du code Schengen visant à rationaliser, je vous en parlais tout à l'heure, les règles relatives à la réintroduction du contrôle aux frontières extérieures et intérieures, en veillant à ce que toute prolongation des contrôles soient assorties de garanties appropriées. Oui, bon, c'est normal, vous français les sourcils, parce que ça, c'est le langage techno de la Commission européenne. Et qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que les États n'ont plus la libre disposition des capacités qu'ils avaient à pouvoir remettre en place leurs frontières s'ils considéraient que l'intérêt du pays le nécessitait. Et que de surcroît, les États devront justifier de la proportionnalité de la mesure. Donc, il faudra aller plaider auprès de la Commission européenne pour dire : "Bah écoutez, voilà, là, on voudrait bien pouvoir remettre en place la frontière pendant un temps." Dont vous savez qu'il est courant, puisque c'est maximum six mois, parce que nous sommes confrontés à un afflux. Donc, il faudra venir démontrer, justifier, parce que sinon la Commission, et à la possible, aura la possibilité de dire : "Non, nous considérons que ça n'est pas proportionnel." La commissaire Johnson d'ailleurs a déclaré que les contrôles aux frontières ne seront rétablis qu'en dernier recours, sur la base d'une évaluation commune et uniquement pour la durée nécessaire. Bon, ça veut dire qu'on aura en réalité plus la possibilité de le faire.
Cette proposition de la Commission, elle vise à autoriser les contrôles momentanés des frontières par les États, que de manière coordonnée, et ça remplace, et c'est très grave, toute mesure nationale prise unilatéralement. Donc, vous voyez que quand nous annoncions au moment de la réflexion sur ce pacte migration et d'asile que nous étions en train de perdre notre souveraineté dans ce domaine, et qu'un certain nombre nous contestait cette analyse, et bien aujourd'hui, à nouveau, dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, en réalité, les faits nous donnent raison. Cette proposition va d'ailleurs être examinée dans le cadre de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, et je suis absolument convaincu, Emmanuel Macron la reprendra à son compte.
Le troisième sujet d'inquiétude, je voulais évoquer également tout à l'heure, c'est la nouvelle coalition socialiste-verte en Allemagne, puisque ils ont prévu dans leur programme commun des régularisations massives de clandestins. Cette politique initiée en France des années 80, je vous le rappelle, par les socialistes, produira exactement les mêmes effets. Que les mêmes causes entraînent les mêmes effets, c'est-à-dire un gigantesque appel d'air qui se répercutera, comme on l'a vu d'ailleurs après 2015 et l'accueil de 1,2 million d'étrangers en Allemagne, qui se sont dispatchés ensuite pour une grande partie d'entre eux dans tous les pays européens.
Donc, mes propositions pour maîtriser les flux migratoires, vous les connaissez. Nous les exprimons depuis de très nombreuses années. Nous en avons fait, comme nous le faisons maintenant pour chaque sujet, un livret. Le contrôle de l'immigration, car en effet, nous aimons le contrôle de l'immigration. Vous y retrouverez l'ensemble des mesures que nous avons détaillées au fur et à mesure de cette campagne, mais aussi de toutes celles qui les ont précédées. Vous y retrouverez également le référendum auquel nous sommes bien entendu très attachés, puisqu'ils permettent de constitutionnaliser un certain nombre de mesures et donc d'éviter que les textes européens, qui sont souvent très laxistes, et bien empêchent toute mise en œuvre efficace de politique de contrôle de l'immigration.
Je vais vous rappeler en résumé quelle est notre philosophie s'agissant de la maîtrise des flux migratoires. Donc, le projet de loi prévoit la priorité nationale. C'est toute la partie politique dissuasive d'immigration, car encore une fois, nous en discutions avec les policiers. Si vous ne mettez pas une politique dissuasive d'immigration en œuvre, et bien vous êtes condamnés à essayer d'attraper ce que vous pouvez et qui passe la frontière, attiré inexorablement par l'ensemble des mesures très laxistes qui sont mises en œuvre en France. Donc, la priorité nationale en matière de logement, d'emploi, d'aide sociale, afin de débrancher les pompes aspirantes et mettre ainsi fin à l'attractivité de la France pour des centaines de milliers d'étrangers. Certaines prestations comme les allocations familiales seront réservées aux Français. D'autres pourront être soumises à cinq ans d'équivalent de temps plein de travail. L'interdiction des régularisations des illégaux sera la règle, c'est-à-dire que nous supprimons de la loi la possibilité même de la régularisation. Seules quelques régularisations exceptionnelles pourront être décidées en Conseil des ministres. Et l'expulsion systématique des clandestins, l'expulsion des étrangers délinquants sera aussi la règle.
Le fait de se maintenir illégalement sur le territoire redeviendra un délit. C'est évidemment très important, parce que ça permettra de mettre en place des sanctions pénales également pour toutes les complicités à l'immigration illégale qui aujourd'hui ont disparu avec la disparition de la pénalisation de la clandestinité dans notre pays. Ça permettra également de faire fonctionner à nouveau l'article 40 qui oblige les fonctionnaires qui sont confrontés à une situation de clandestinité de dénoncer ce délit pénal auprès du parquet. Mais sans attendre, sans attendre l'adoption du projet de loi référendaire, je prendrai quatre mesures à caractère opérationnel immédiatement après mon élection pour juguler les flux migratoires.
La première, c'est que les contrôles aux frontières seront considérablement renforcés, en faisant jouer précisément l'article 25 du code Schengen qui prévoit la réintroduction des contrôles aux frontières pour six mois, le temps, vous l'aurez compris, que le référendum sur l'immigration soit adopté et mis en œuvre. En cas, et pour six mois, en cas de menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure. J'estime que le lien entre immigration et délinquance n'est plus à démontrer, sans parler bien entendu du risque terroriste.
Je lancerai le recrutement de 7 000 policiers et gendarmes, dont un nombre significatif sera affecté à la protection de nos frontières. Et parallèlement, 3 000 agents administratifs qui seront recrutés pour remettre sur la voie publique, sur des missions opérationnelles, des policiers et des gendarmes qui sont aujourd'hui affectés exclusivement à des tâches administratives, alors que évidemment, ce n'est pas essentiellement ce que l'on attend d'eux.
Troisièmement, j'engagerai des négociations avec certains États d'Europe et d'autres continents afin de signer, sous réserve de réciprocité, des accords bilatéraux. Vous le savez, la maîtrise de nos frontières respectives. Et puis, je mettrai immédiatement en place une politique de fermeté vis-à-vis des États qui refusent de reprendre leur clandestins ou leur délinquants. Je l'annonce d'ores et déjà, aucun visa ne sera accordé tant que cette situation perdurera. Mon propos s'adresse évidemment aux pays dont sont issus [Applaudissements] domaine de la manière la plus importante les immigrés clandestins. En outre, les transferts de fonds des ressortissants de ces pays à partir de la France pourront être interdits. J'ai évoqué cette mesure il y a déjà de nombreux mois, mais pour vous donner un ordre de grandeur, ces transferts de fonds représentent par exemple 12% du PIB du Mali. Donc, je pense que le Mali a absolument tout intérêt plutôt à reprendre ses clandestins plutôt que de se voir priver d'une telle manne. De la même manière, en cas de réticence ou d'obstruction de la part de ces États, il sera mis fin aux aides au développement.
Voilà, mesdames et messieurs. Rappeler, car ce n'est pas une nouveauté, je vous l'accorde, mais je crois que c'est tout à ma, à encore une fois, notre crédit, que nous ne décidons pas de mesures pendant les périodes électorales. Nous laissons ça à d'autres. Car depuis de très nombreuses années, nous travaillons sur ces sujets. Mais nous les travaillons, et évidemment, Jean-Paul Garraud a participé à la rédaction de ce référendum sur l'immigration, de la même manière qu'il a très largement participé à la rédaction de la proposition de loi pour lutter contre l'idéologie islamiste. Bon, donc, nous avons fait un travail très sérieux. Et si je peux me permettre, nous offrons clés en main aux Français les moyens de reprendre le contrôle sur notre pays et reprendre le contrôle de l'immigration pour faire cesser ce qui constitue, et j'en terminerai avant de répondre à vos questions, un fantastique gouffre à énergie, un fantastique gouffre financier.
Pour information, nous avons visité le CRA de deux rives. C'est un petit CRA, tout petit, même, de 48 places. Voilà. Je pense que dans la région, il y a des CRA qui font 400 places, à Toulouse, 400 places. Bon, celui-là fait 48 places. 48 places, 6 millions et demi de budget de fonctionnement par an. 6 millions et demi de budget de fonctionnement. Bon. Et je ne calcule pas évidemment tout le reste. Bon.
Donc, notre pays ne peut plus dépenser autant d'énergie, autant d'argent, autant de budget sur exclusivement le problème de l'immigration. Et quand je dis qu'on dépense une énergie folle, en réalité, c'est partout qu'on dépense une énergie folle à cause de l'immigration. De l'immigration en elle-même, des revendications islamistes qui en sont bien souvent la conséquence, des problèmes des quartiers difficiles, de la démoralisation de nos policiers et nos gendarmes, de la mise en péril de notre système de protection sociale, des problématiques à l'école, des contestations de la laïcité. Est-ce que vous imaginez toute l'énergie qui est consacrée à cela et que nous pourrions consacrer à autre chose ? À créer de l'emploi, à aider nos entreprises, à remettre sur la route de l'emploi nos chômeurs, à aider nos jeunes qui sont dans la précarité, à développer des formations qui leur permettent demain de faire rayonner notre pays ? Est-ce que vous imaginez budgétairement et en termes d'énergie le gâchis que représente chaque année ce puits sans fond du problème de l'immigration et de l'immigration clandestine ? Et calculé depuis combien d'années ça dure ? Et voyez que ce problème ne se résout pas. Je veux dire, c'est un fait, ce problème s'aggrave d'année en année. Et c'est la raison pour laquelle seule mon élection à la présidence de la République est susceptible de mettre fin à cette spirale qui n'en finit plus de voir s'aggraver le problème de l'immigration dans notre pays, et qui n'en finit plus de d'aspirer l'énergie, les compétences et les budgets que, évidemment, je souhaite réorienter vers d'autres domaines qui sont éminemment importants et qui représentent des préoccupations et des attentes fortes de la part de nos compatriotes.