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Akosséwa l’Orpheline – L’Épreuve de la Couronne | Conte animé

RaconteAfrik12:16

Transcription

Personne ne sait ce que de Monsieur Raphaël, mais parfois les histoires savent. Écoutez bien, il était une fois un royaume très riche. Posez-la tranquillement au bord de la mer. Là ne manquait pas les marchands débordés et les revenants pleins. Bref, en voyant que tout le monde vivait tout le monde sauf le roi.

[musique]

Car le malheur s'acharnait sur lui. Tous ses fils mouraient en bas âge, les uns après les autres. Le roi vieillissait. Son trône restait solide. Mais derrière lui rien, pas d'héritier, juste le silence.

Puis un jour, comme si le destin avait décidé de faire une dernière tentative, la plus jeune de ses épouses vit au monde un garçon.

[musique]

Sa Majesté, au palais, ce fut l'explosion de joie. Et très vite, cette joie eut un goût amer. Non, pas encore. Tu ne supporterais pas une autre perte. Il réfléchit longtemps, puis déclara : "Pour protéger mon fils, je garderai son nom secret jusqu'à ce qu'il devienne un nom. La mort m'a appelé les champs par le nom. Et bien celui-là, elle ne le connaîtra pas. Seul son oncle maternel et moi saurons comment il s'appelle."

Grâce à cette précaution, le jeune prince grandit et cette fois-ci, il ne mourut pas. Il devint fort, beau, sûr de lui, un vrai prince. Lorsqu'il atteignit l'âge d'homme, le roi prit une décision qui fit trembler tout le royaume. "Mon fils épousera la jeune fille capable de deviner son nom. Au hasard, si elle le connaît, ce que le génie protecteur lui aura révélé. Et si le génie l'a choisi, moi aussi."

La nouvelle se répandit plus vite qu'un feu de brousse et soudain les pères trouvèrent leur fille exceptionnelle. Toutes les mères juraient qu'elle avait toujours su que leur enfant était spécial. On acheta les plus beaux pagnes, les cheveux jusqu'à en avoir mal aux doigts. Les plus riches coururent chez les féticheurs, ceux dont on disait qu'ils parlaient même aux esprits distraits. Et toutes les jeunes filles parèrent vers le palais, chargées de cadeaux et d'espoir. Toutes sauf une.

Dans un village vivait une pauvre fille nommée Akosewa. Son père, pur, avait disparu un an avant même sa naissance. Sa mère, elle, était morte en couche. Autant dire qu'Akosewa était arrivée au monde seule et qu'elle y était restée.

[musique]

[musique]

Elle vivait chez une marâtre, une femme dure, jalouse, aigre. Car Akosewa avait un défaut impardonnable. Elle était belle. Belle que Abla, Yena et Amina, les filles de la maison.

[musique]

"Madame chante au lieu de s'activer au fourneau. Tu crois que le dîner va se faire tout seul, petite feignante ?"

[musique]

"Allez, dépêche-toi."

"Oui, oui, ma tante."

[musique]

"J'ai presque fini."

La marâtre voulait voir que ses filles brillent, les autres qu'elle s'effacent. Après avoir tout acheté pour Abla, Yina et Amina, elle se tourna vers Akosewa.

[musique]

Et déclara froidement : "Je t'interdis pas d'aller au bal, mais ne te fais pas d'illusions. Avant ça, tu vas travailler. Ramasse le maïs mélangé au sable, trie le grain, enlève chaque caillou. Bâtis la maison, puis toute la concession. Quand tu auras fini, on verra."

Akosewa, mais elle obéit comme toujours. Quand ses sœurs furent prêtes à partir, vêtues comme des princesses, Akosewa les regarda silencieuse, puis dit : "Mes sœurs, je ne connais pas bien la route. Aidez-moi au carrefour, mettez une branche fleurie sur le chemin du bal et une palme sèche sur celui de la forêt. Je vous en prie."

[rires]

Elle promirent, du moins avec leurs lèvres. Arrivées au carrefour, Yena, la plus venimeuse, s'arrêta. "Pourquoi aider cette fille ? Elle croit trop en son visage. Déposons plutôt la branche fleurie sur le mauvais chemin et la palme desséchée sur le bon. Nous ne risquons rien. C'est le sort vivant de la forêt et nous adresse des reproches." Noka lui dit que nous avons confondu ces deux recommandations parce qu'elle n'a pas su expliquer ce qu'elle voulait. Les trois rirent, ils changeaient les marques.

[rires]

[musique]

Pendant ce temps, Akosewa travaillait encore. Avec le peu de maïs ramassé, elle confectionna de belles boules de pâte.

[musique]

Elle les enveloppa dans des feuilles de bananier, se lava soigneusement.

[musique]

Et enfila sa robe la plus présentable. Puis elle partit seule.

[musique]

Un pas avant qu'elle n'arrive au carrefour, un vent mystérieux se leva.

[musique]

Dans un tourbillon, enleva la branche fleurie et la palme séchée, qui déposa chacune à la place de l'autre.

[musique]

Efficace.

[musique]

Elle prit les bons chemins. Un peu plus loin, elle aperçut un vieillard maigre.

[musique]

Presque réduit à des os, qui implorait : "Par pitié, mon enfant, donne-moi un peu de nourriture. Je suis si faible que je ne puis me soutenir." Les

[musique]

trois sœurs étaient passées avant elle et avaient répondu : "Écarte-toi, ta dose ambulante. Tu crois vraiment que nous allons salir nos

[musique]

beaux pagnes en nous rapprochant de toi ? Que les mauvais esprits vous guident."

[musique]

"Mauvaise fille." Puis elle s'était éloignée en riant.

[rires]

"N'a pas besoin de mes boules de pâtes. Puis dimanche, tu veux de splendides repas. Alors que toi, tu es affamé et que tu mourras sur le bord de la route si je ne tends pas mon secours. Grand-père, je n'ai pas grand-chose, mais prenez et mangez."

[musique]

"Mon enfant. Pour te montrer ma reconnaissance, je vais te révéler le nom secret du prince. Il s'appelle Ketoglo."

"Oh grand-père, comment se fait-il que vous sachiez ce que tout le monde ignore ?"

"C'est ainsi, mon enfant.

[musique]

C'est ainsi."

[rires]

Et confiance.

[musique]

Le vieil homme sourit, puis s'éloigna sans prononcer d'autres paroles, car c'était le génie protecteur du jeune prince qui s'était déguisé en vieillard pour effectuer son choix parmi les jeunes filles. Akosewa répéta deux fois pour l'inscrire dans sa mémoire et poursuivit son chemin.

Lorsqu'elle arriva au palais,

[musique]

elle vit une immense foule dans la cour. L'orpheline s'approcha,

[musique]

intimidée. Les jeunes filles, toutes plus parées les unes que les autres, formaient une longue rangée. Au fur et à mesure, chacune d'entre elles devint un joueur de harpe qui faisait vibrer son instrument le plus fort possible afin que chaque jeune femme n'entende point la réponse de celle qu'il avait précédé. À côté du musicien se tenait l'oncle maternel du jeune prince, qui posa à chacune la même question. "Enfin, tu dis quel est le nom de mon neveu ?" "Il s'appelle Simba." "Non, ce n'est pas cela." L'une après l'autre, les jeunes filles avancèrent, répondirent et s'éloignèrent. Comme le tour d'Akosewa approchait, celles qui avaient échoué dirent à voix basse : "Comment veux-tu deviner le mot secret ? Pauvresse, puisque nous qui sommes riches et belles, nous n'avons pas su. Au génie protecteur du prince. Chasse cette fille sale qui ose se mêler à nous avec ses vieux habits. Elle fait honte."

"Silence, petite. Tu me dis quel est le nom de mon neveu ?"

[musique]

"Le prince

[musique]

a été nommé Ketoglo à cause des craintes de son père."

[musique]

[musique]

"Voilà celle qui sera l'épouse de mon neveu, le prince. Car le génie protecteur l'a désigné."

[musique]

Et c'est ainsi qu'Akosewa, l'orpheline, devint une princesse et épousa le jeune prince.

[musique]

[musique]

[musique]

La bonté est le pari le plus risqué des hommes, mais c'est celui qui, contre toute attente, finit par bouleverser le destin.

[musique]

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