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Le Voyage Alchimique - Paris et Nicolas Flamel

Nico Ch1:19:25

Transcription

[Musique]

Vitriol d'études, formule alchimique, visite l'intérieur de l'inter. Et en rectifiant, tu trouveras la pierre. Cash et l'antimoine, notre matière première, qui après de multiples rectifications et purifications, donne naissance à la pierre philosophale. Ce minerai métallique se trouve dans de nombreuses mines en Europe, en particulier dans le Massif Central. Il ne servait pas qu'aux chimistes, on l'utilisait pour durcir le plomb des caractères d'imprimerie et pour soigner certaines maladies. Mais les alchimistes ont donné à l'antimoine son aura mystérieuse.

Le Lever de l'Aurore, ce manuscrit alchimique de la fin du Moyen Âge, montre l'extraction de l'antimoine. Mais que fait ce pélican à côté de la mine ? Pour les alchimistes, le pélican est une image de la distillation des produits qui serviront à digérer l'antimoine. La distillation fractionnée de la colonne de distillation partent plusieurs ballons à différents niveaux, ce qui peut évoquer la manière dont se nourrissent les petits du pélican. Ce traité du 16e siècle montre une opération de distillation fractionnée. Elle se réalise avec un appareillage qu'on appelle aujourd'hui encore un pélican. Cette distillation fractionnée, on la pratique de nos jours à grande échelle pour distiller l'or noir. Les tours de cracking des raffineries ne sont que de gigantesques pélicans. Les chimistes ont souvent repris des procédés ancestraux inventés par les alchimistes. Mais la chimie est dépourvue de toute dimension spirituelle. C'est pourquoi, dans notre voyage alchimique, notre matière première, nous ne sommes pas allés la chercher dans la mine la plus proche, mais au bout de la Galice, en empruntant les chemins initiatiques de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une quête qui nous emmène bien au-delà de simples opérations chimiques.

La fin du pèlerinage était à l'endroit où l'on retient, c'est-à-dire qu'on cherchait le Finistère, l'endroit où la terre se finit. Sur cette plage, particulièrement pour vous, trouver quelque chose qui était rejeté par la mer. C'était des nodules polymétalliques. Mais ce que l'on convenait particulièrement chercher, c'était du sulfure d'antimoine. D'ailleurs, d'une croûte sans signification à caillou comme un autre. Bon, on s'aperçoit à l'intérieur que c'est un sulfure métallique. Donc, il faut trouver le s'appliquer à l'intérieur. Finalement, avec Patrick Burensteinas, scientifique et alchimiste, ce voyage jusqu'à l'océan nous a permis de comprendre les enjeux du Grand Œuvre. D'étape en étape, nous avons appris à voir le monde dans sa beauté et sa simplicité, au-delà des apparences. Il y a de l'or partout ici, mais pourtant, il faut être capable de laisser tout ça de côté et continuer le chemin dans le plus grand dépouillement pour aller à des endroits qui sont beaucoup plus simples, mais qui sont sans doute l'aboutissement réel.

À Rocamadour, nous sommes allés à la rencontre de la nature et de ses forces intimes. [Musique] Si l'alchimie, c'était seulement un travail de l'abord, il sera la porte et tout le monde ici. On apprend surtout à avoir ce dialogue avec la nature. Auparavant, le Mont-Saint-Michel et la Cathédrale de Chartres nous ont montré par leur architecture comment nous pouvions accéder à d'autres dimensions de notre monde. Traditionnellement, on a l'habitude de mettre cette marche entre la matière et l'esprit que l'alchimiste ressentira d'une manière bien plus pointue en travaillant sur les sept métaux, d'un métal le plus dense jusqu'à un métal précieux, près des cieux solaires. Et on voit bien qu'on passe de la partie la plus sombre à la partie la plus subtile. Il y a bien longtemps déjà, souvenez-vous que nous nous sommes mis en route, c'était sur la Grand-Place de Bruxelles, un soir de Noël. Comme les Rois Mages, guidés par la lumière de leur étoile, nous pouvons trouver cette lumière que si nous ne faisons aucune résistance à son passage. Et peut-être est-ce là le sens du droit chemin. Si le droit chemin, ce n'était pas une valeur morale, mais peut-être une valeur technique, mécanique, qui nous permettait de nous aligner les uns et la matière pour que ce qui est en haut puisse rentrer dans ce qu'il est en bas. [Musique]

Et maintenant, en quittant la Galice avec notre matière première, nous allons nous mettre au travail dans notre laboratoire pour trouver ce droit chemin qui conduit au cœur de la matière et à la pierre. Fils à sa femme. Pour aller jusqu'à Paris, nous traversons la mer, la mer des philosophes. Aborde notre vaisseau qui est notre creuset. Dans le creuset d'antimoine et chauffée par un flux de poids. Cette méthode fait partie de la voie du feu, la voie sèche, de la plus dangereuse peut-être. Nous avons vu qu'il fallait un sel, le sel de roseau, pour provoquer la fusion du métal. [Musique]

On va faire la première fois avec le sel de roseau. C'est un accélérateur, c'est quelque chose qui déclenche. Tant qu'on a besoin de déclencher la réaction, et bien, on l'utilisera. Ça peut durer une vie, à dire qu'on veut passer un certain nombre d'années à travailler uniquement avec le sel de roseau. Ce qu'il faut déclencher la réaction avec le temps. Et bien, on va apprendre à faire la même chose sans déclencher la réaction, mais en apprivoisant le métal, mais avec finesse cette fois. Ils permettent de faire sortir son propre feu sans le provoquer, sans l'énerver. Au début, on provoque quelqu'un pour qu'il sorte sa colère, et puis à la fin, je suis tellement moi apaisé et bien qu'ils veulent la dévier vers autre chose. Par exemple, quand quelqu'un est en colère et puis qu'on lui donne une bêche et qu'on lui dit, va bêcher le jardin, je vais transformer une force de destruction en une force de construction. Voilà, c'est un peu la même chose. On peut dire que quand on prend notre métal, il est en colère, et puis petit à petit, on va l'apaiser. C'est ce qu'il faut qu'il soit calme. Et puis une fois qu'il est paisible, et bien, on peut souhaiter qu'il trouve la paix. Et bien sûr, l'expérimentateur aussi. Mais pour ça, il faut que les deux soient en parfait accord, faut qu'on sache, faut qu'on s'entende.

Cette ouverture d'esprit, nous sommes allés la chercher dans notre voyage jusqu'à Compostelle. Dans le deuxième temps de notre périple, en faisant route vers Paris, nous arrivons en vue de Chartres. Nous y découvrirons des messages alchimiques que nous n'avions pas remarqué lors de notre première visite. Ils ne nous auraient pas été très utiles, car alors nous n'étions pas prêts à commencer le travail du laboratoire. Nous étions allés au portail nord du transept de la cathédrale. Cette fois, nous allons au portail sud du transept. Là, quelques représentations n'ont rien de spécifiquement chrétien. Elles évoquent des temps anciens et transmettent à leur manière le savoir oublié des alchimistes. [Musique]

Pour la première fois, on va voir des représentations pratiques, graphiques du Grand Œuvre. Le mode d'emploi est là, mais dans le désordre. Et ce sera à chacun, en fonction de ce qu'il a compris lors du voyage qu'on a fait ensemble, de remettre un peu ses idées en place. Un cavalier est éjecté de son cheval, un alchimiste imprudent. Premier conseil : on pourra commencer ce Grand Œuvre que si on est capable de maîtriser ses propres émotions. Ça représente aussi un des éléments alchimiques qu'on appelle le souverain, c'est-à-dire l'animation, ce qui fait bouger les choses. Quand je vais travailler un métal, la première chose qui va se passer, c'est qu'il va s'agiter. Et nous, on doit calmer la matière. C'est ce qui nous est dit ici : le premier travail que tu auras à faire, c'est de faire sortir l'agitation de la matière sans pour cela te laisser désarçonner. [Musique]

C'est l'œuvre au noir. À Bruxelles, nous avons appris qu'elle est représentée par un corbeau, parce que quand on décompose une matière, et bien, on s'aperçoit que ça devient noir. Et aussi, cette matière a tendance à se volatiliser. Donc, avec ces deux cartouches, globalement, on nous dit : et bien, quand tu vas décomposer la matière, la première chose qui va sortir, c'est le soufre. Puis on retrouve une des figures emblématiques de l'alchimiste qui nous a accompagnés de Bruxelles à Saint-Jacques, Hercule, symbole de la force et du travail. Cette décomposition de la matière peut nous demander une grande force, un grand travail, une grande rigueur. Le caducée, attributs d'Hermès ou de Mercure, il souligne le sens alchimique de ses sculptures. On avait trouvé le soufre au premier cartouche, c'est-à-dire la maîtrise de notre corps. Et bien ici, on trouve le mercure, c'est-à-dire la maîtrise de notre esprit. Tout en haut de ce pilier, un personnage tient une plume. La matière purifiée est devenue légère, volatile. De l'autre main, il semble nous montrer une fleur, une sorte de rose, la fleur du secret. [Musique]

Le secret de l'alchimie, caché entre ses pétales. Si c'est une églantine, la rose aura cinq pétales. [Musique] Et à l'intérieur de la rose à cinq pétales, bien sûr, est cachée la quintessence, la cinquième essence. [Musique] Ce portail sud nous conduit de l'œuvre au noir à l'œuvre au rouge. [Musique] De la lune au soleil et à la pierre des philosophes. Tout est déjà dedans. L'idée, c'est seulement, seulement de le révéler et rien d'autre. Mais tout est là. À la première manipulation, et bien, peut-être que la pierre peut se manifester. Rien ne s'y oppose. En tout cas, la seule opposition, c'est peut-être que moi, je pense, et c'est l'attente que j'ai. D'où l'importance de la dimension psychologique et spirituelle de l'alchimie. C'est vrai, dans un premier temps, comme je sais pas tout à fait vers l'occupant en équilibre avec, je peux passer un certain nombre d'années à purifier la matière première. Et ça, ça veut dire que je serai toujours dans l'œuvre au noir. Donc, je peux rester un certain nombre d'années à l'œuvre au noir. Ensuite, réussir à cristalliser mon métal d'une certaine manière. À ce moment-là, je serai plus à l'œuvre au blanc. Mais ça peut durer aussi des années. Et puis, mon métal, il est parfaitement cristallisé, mais ce n'est pas pour ça qu'il y a une étoile qui apparaît dessus, et ce n'est pas pour ça qu'à l'intérieur, il y avoir quelque chose de particulier. Le premier tiers, on peut y rester deux années. Le deuxième tiers, on peut dire que c'est des années. Une troisième tiers aussi. J'ai déjà fait l'expérience avec plusieurs personnes dans le même feu, et puis, bah, il y en a qui font, puis par les autres, alors que c'est le même creuset, les mêmes matériaux, c'est le même feu. [Musique]

Sur une autre phase du pilier du portail sud, continuent à se dévoiler la démarche alchimique. Un personnage se transperce le corps avec une épée pour purifier la matière. On décompose cette matière, mais ce n'est pas tout. Cette matière va s'ouvrir, elle va s'éveiller. Il va falloir trois opérations, trois flammes, trois feux différents, c'est-à-dire les trois œuvres. Les trois dans ces oriflammes, on nous dit : il faudra que tu utilises ces trois flammes pour trouver la lumière cachée à l'intérieur de la matière. Au-dessus, un personnage en prière devant une sorte de créature dotée d'une queue et d'une tête de bouc. Le diable, plutôt le dieu Pan, qui fut diabolisé par les chrétiens. Oui, mais pas aussi, ça veut dire tout. Donc, celui qui prie devant, ça veut dire qu'il a tout trouvé. Et on nous dit par là même : une fois que tu auras ouvert la matière, que tu seras passé par les trois feux, alors tu auras trouvé le secret de chaque chose. Avec le sel de roseau et l'antimoine, libère sans soufre sa colère. [Musique]

Cette opération sera-t-elle suffisante pour purifier vraiment la matière ? La lumière pourra-t-elle déjà entrer dans leur véhicule ? L'antimoine comme un instrument de musique, s'il est accordé avec le cœur de l'alchimiste. [Musique] Sur le 2e pilier du portail, on découvre une pléiade de trois musiciens. À qui vont-ils dédier leur concert ? À l'alchimie, peut-être bien, puisqu'ils sont entourés d'images alchimiques. [Musique] Et puis, ne dit-on pas que l'alchimie est art de musique ? Il suffit de suivre les rois, c'est-à-dire ceux qui sont couronnés, ceux qui ont la lumière sur la tête. C'est comme si on nous disait ici : et bien, maintenant, vous connaissez la musique. [Musique]

Parmi ces images alchimiques, voici d'abord le dragon céleste. Par terrestre, par ses griffes qui le fixent au sol, tu vas pouvoir faire descendre l'esprit à l'intérieur de la matière. C'est ce qu'on appelle le volatile fixe. Et bien sûr, le traité alchimique du Lever de l'Aurore montre ce type d'animal fabuleux, mais aussi l'Atalante fugitive de Michael Maier, dans la Pierre des Philosophes de l'homme sprint. Le dragon est dominé par le Seigneur des Métaux, six mois. [Musique] Le dragon crache du feu. Et bien sûr, qu'il y a un feu à trouver à l'intérieur du dragon. Seul le beau chevalier, ou plutôt celui qui est juste, peut maîtriser le dragon sans être consumé par lui. De bien, c'est exactement ce qu'on nous dit ici. Il va falloir que tu sois suffisamment droit, alors tu recevras le feu d'en bas, le secret, le feu du dragon. [Musique]

Mais avons-nous été à ses droits ? Avons-nous reçu le feu secret ? Que va nous révéler la structure du régule ? Déjà, comme le dragon, le régule d'antimoine semble recouvert d'écailles. Un bon signe. Sa petite grotte, qui doit se passer quelque chose. Quand le régule, une forme d'étoile, je dois trouver l'enfant. Trois Rois Mages cherchent le Christ. Oh, et puis pour se repérer, et bien, ils suivent une étoile à cinq branches. Je vais essayer de casser un peu plus. Voilà, c'est beau. Je là, je me dis, si j'ouvre, on voit donc que tout converge vers un point ici. Et ici, on voit souvent l'étoile. Elle n'est pas encore à cinq branches, mais elle est là. C'est comme si c'était des sens du pic au cœur. Ici, il avait le berceau qui était apparu. En colère, qu'on a ici l'enfant, et puis ça rayonne à partir de lui. Mais c'est comme un cristal. Ça, c'est un prisme. La lumière invisible, c'est-à-dire quand vous avez un prisme normal et vous mettez de la lumière, vous avez les sept couleurs de l'arc-en-ciel. Malin, c'est un prisme qui concentre quelque chose au cœur de ce métal. On peut faire le parallèle avec l'histoire du christianisme, bien qu'aucune religion associe leur disant que c'est le Christ. Oh, c'est le Christ, oh, c'est le cristal. Et bien sûr, il est sous l'égide d'une étoile, et cette étoile à cinq branches. Le berceau qui est ici, et bien, l'enfant naîtra à l'intérieur, et on n'aura plus qu'à recueillir cet enfant qui sera capable de nous éclairer.

Le Grand Œuvre est assimilé à la naissance d'un enfant. Le travail alchimique est celui d'un couple dont l'union n'est pas évidente. Lutter pour bien nous montrer que c'était une femme, on a pris la précaution de sculpter ici en bas une quenouille. Et ici, pour montrer que c'est un homme, bien qu'on lui ait coupé la tête, et bien, on voit un pot en bas. L'homme est traditionnellement associé au soufre, ses mouvements, c'est l'émotion, alors que la femme est traditionnellement associée à la réflexion, c'est l'esprit, l'intériorité. Nous, on cherche l'unité. Pour pouvoir trouver cette unité, il va falloir associer ces deux énergies. C'est ce qu'on appelle en alchimie une noces chimiques, pas une eau sale chimique, mais noces chimiques. À la manière des contes de fées, de nombreux livres d'alchimie célèbrent ces noces royales, puisque couronnées de lumière. Le soufre se joint au mercure, et en retour, la lune s'unit au soleil, comme dans la splendeur du soleil de Salomon, trois mozin, dans les douces clés de Basile Valentin, un évêque béni. Et celle cette union, c'est en somme le mariage de l'animus et de l'anima. Le message onirique des alchimistes ouvre, selon le psychanalyste Carl Gustav Jung, la porte du désir et de l'inconscient. Le Lever de l'Aurore, leur resserre des philosophes. Mais l'alchimie réunit surtout l'homme et l'univers, le microcosme et le macrocosme. Cette quête de l'unité anime toute la démarche alchimique. On nous dit ici d'associer deux types d'énergie. Ça va être donc une opération essentielle, difficile à faire, qui nous demandera beaucoup de patience et beaucoup d'ouvrage. Mais si on réussit à la faire, alors de cette noces chimiques, un enfant naîtra. Et cet enfant étant dans la cohabitation pacifique, et bien, ce sera forcément unitaire. Et l'enfant naissant de cette noces chimiques, et bien, ce sera la pierre philosophale, la pierre fille de sa femme.

La concentration d'une énergie mystérieuse qui se fraye un chemin jusqu'à l'intérieur du véhicule pour aboutir à la formation d'un cristal. La quintessence de ce métal va se condenser au centre, donc libérer de la place. Et en libérant de la place, ça fera une grotte, et à l'intérieur, il y aura une bien rouge. C'est aussi le dragon rouge à l'intérieur de la grotte. Mais c'est un peu comme un éclair, c'est là que ça prend l'énergie qui a tout autour et ça la concentre en un seul point. C'était presque le droit chemin qui est dans la matière. Donc, on peut dire qu'on a rectifié la matière. Et si vous, en tout cas, qu'on est sur le chemin de sa rectification, et qu'à l'intérieur, la partie la plus rectifiée, bah, c'est celle qui fera plus résistance au passage de la lumière. Ce sera donc le cristal qui sera à l'intérieur. On voit bien la ligne ici qui conduit ici. J'ouvre ici. Or, c'est bien le berceau qui est là. Donc, on a bien le chemin, mais c'est vrai que le dit encore tordu, c'est sans doute pour ça que l'enfant est permis.

L'union du soufre et du mercure doit être stabilisée. C'est le rôle du sel, et il est figuré ici par un tonneau. Ce tonneau est représenté exactement comme il doit être, c'est-à-dire un cercle avec une barre horizontale dedans. C'est le symbole du sel. Le sel est justement celui qui, celle qui permet la cohabitation pacifique des contraires, parce que les contraires, il faut bien qu'ils soient dans un contenant pour pouvoir se mêler. Et bien, ce contenant, ça sera du sel. Et à l'intérieur des tonneaux, on va retrouver un sel, on va trouver ce qu'on appelle du tartre de tonneau. Et le tartre de tonneau qui invite à retrappe de potasse, et bien, ça sera effectivement le sel, le creuset, la matière du creuset qui nous permettra de mélanger les différentes parties de notre œuvre. Ce sera la paroi de l'œuvre philosophique qui est à l'intérieur du four. Ce four que semble vénérer le couple d'alchimistes qui anime tout le traité du mou. Tous libèrent. Noces chimiques auront enfin trouvé leur vaisseau, parce qu'en alchimie, une enceinte fermée d'une manière hermétique, ça s'appelle un vaisseau. Et ce vaisseau pourra conduire à bon port les deux époux. À l'extérieur du porche, de nombreux autres images très abîmées. Mais dans leur grande sagesse, les alchimistes ont repris des messages identiques et les ont précisés sur bien d'autres monuments, comme à Paris. Cependant, nous en savons peut-être déjà assez pour tenter une nouvelle fusion de l'antimoine. Mais cette fois, sans se servir du sel de roseau pour déclencher la réaction. On va utiliser juste le feu et espérer que le feu de l'extérieur déclenche le feu de l'intérieur. Mais si le feu de l'intérieur se déclenche, le matériau va se mettre à fondre, sinon non. Parce que la température du feu de bois ici est inférieure à la température de fusion. Donc, il faut qu'il y ait une énergie qui vienne de quelque part. On dit, c'est la salamandre, esprit du feu. Et donc, si on lui a fait un nid correct, et ben, la salamandre va descendre à l'intérieur. C'est un vrai dialogue avec la matière. Ce n'est plus quelque chose de violent, c'est quelque chose de très sensible. Maintenant. [Musique]

Et c'est ainsi que nous pouvons aborder Paris. Paris, une ville où vécurent de nombreux alchimistes. Ils ont dû laisser dans les replis de ses murs de nouveaux indices pour nous guider sur la voie du Grand Œuvre. Au port de la Seine, et au milieu de la ville, comme à Bruxelles sur la Grand-Place, c'est Saint-Michel qui nous attend. Douce Michel, une fontaine du 19e siècle, où Saint-Michel et Lucifer nous ouvrent les portes du Paris des alchimistes. Et sont entourés de deux animaux étranges, mélange de lion, chauve-souris et de serpents, deux dragons alchimiques avec leurs ailes et leurs griffes. Ils ne crachent pas du feu, mais de l'eau. Ce sont des griffons, les gardiens des fontaines. Les fontaines alchimiques sont les sources de la connaissance. La matière a été ouverte. Une eau en sort, mercurielle, dit-on, car cette eau nous transmet comme mercure un message. Un message qui nous invite à chercher ce qui est au cœur de la matière. Évoquant les trois œuvres, le bond sur trois marches, elle s'unit aux feux de Saint-Michel. De son index, l'archange montre le ciel, le feu. Dans son épée flamboyante, elle ondule à la manière d'une flamme. [Musique]

Mais tenue de cette façon, elle rappelle l'autre attribut de Saint-Michel, le fléau de sa balance qu'il tiendra au jour du jugement dernier. Mais ici, Lucifer n'est pas condamné. Au contraire, l'équilibre est trouvé entre le haut et le bas. Le feu de Lucifer qui est dans la matière peut se dégager et s'unir à celui de Saint-Michel. Comme dans le creuset, l'antimoine par sa seule énergie interne, tu as peut-être pouvoir libérer tout son feu et parvenir à la fusion. Rien ne s'oppose au fait que l'énergie vienne pas de l'extérieur, mais qu'elle vienne de l'intérieur même du métal. On trouve tout à fait normal de faire des réactions thermonucléaires, c'est-à-dire de dégager de la chaleur de l'intérieur d'un métal, de composants. Et entre vrais, pas normal de le faire ici. Ah oui, un phénomène de fusion, un phénomène de fission va dégager une énergie incroyable de l'intérieur même de la matière. La matière, mais j'ai un fil d'énergie qui revient sur lui-même. La matière est hissée, les tricoter. Chaque matière, si je la détricote, je vais trouver un fil d'énergie à l'intérieur qui va être incroyable. Donc, c'est tout à fait normal que si je suis capable de détricoter la matière, de la purifier, et bien que je déclenche de l'intérieur de cette matière, l'énergie bien supérieure à la température ou l'énergie thermique du bois. Une énergie qui s'apparenterait à cette étonnante et mystérieuse énergie noire. Elle serait partout dans l'univers. Noir parce qu'on ne peut pas la voir, ni en connaître la nature. Les physiciens actuels en ont déduit la présence il y a quelques années seulement. Elle compose 72% de l'univers, et c'est elle qui provoquerait l'accélération de l'éloignement des galaxies. Cette énergie, les alchimistes l'utilisent depuis des milliers d'années. C'est ce qu'ils appellent avec justesse la lumière. N'était au fond bien tapé hommes les obscurités équestre tokyu sortie tout forte identité forte oui à une chaîne de rmc home depot leader et rapide disait la table des mots tu es tout obscurité s'enfuira de toi la lumière et la force forte de toute chose car elle vaincra toutes choses subtiles et pénétrera toutes choses solides.

Les alchimistes sont allés jusqu'à l'ultime porte du secret de l'univers. Par exemple, Nicolas Flamel, sans doute le plus célèbre et le plus énigmatique de tous les alchimistes. On dit qu'il a réalisé la pierre philosophale et même qu'il aurait réussi à maîtriser le temps en parvenant à l'immortalité. Il vivait à quelques centaines de mètres de la fontaine Saint-Michel, de l'autre côté de la Seine. Il y a bien longtemps, plus de 600 ans, il était né en plein Moyen Âge, vers 1340. Il habitait là, là où passe aujourd'hui la rue de Rivoli. Il avait épousé Dame Pernelle et exerçait le métier d'écrivain public. Son échoppe était adossée à l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, qui a été détruite à la Révolution. Il ne reste que le clocher de cette église, la fameuse Tour Saint-Jacques. Mais Nicolas Flamel n'a jamais vu la Tour Saint-Jacques. Elle fut construite un siècle après qu'il eut cessé d'exister. Elle marquait le départ depuis Paris, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. [Musique] Mais elle est devenue un hommage à Nicolas Flamel et à l'alchimie. [Musique]

En passant tout son séjour à l'ombre de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, Nicolas Flamel ne pouvait qu'appeler un jour ou l'autre sur le chemin de Saint-Jacques de Galice. [Musique] On dit que c'est au retour de ce pèlerinage qu'il réalisa la pierre philosophale. Après la disparition de Nicolas Flamel, on a fouillé sa maison de fond en comble dans l'espoir d'y trouver quelques morceaux de pierre philosophale, en vain. On est aussi allé explorer le cimetière des Innocents, à quelques pas de la demeure de Nicolas Flamel. C'était le grand cimetière de Paris au Moyen Âge. Il était entouré d'arcades au-dessus desquelles, c'est des centaines de milliers de crânes et d'ossements. Nicolas Flamel avait fait décorer deux de ses arcades. [Musique] Juste avant la destruction du cimetière en 1786, un architecte, Charles-Louis Bernier, réalisa quelques dessins pour conserver un souvenir de ce lieu étrange et terrifiant. Parmi ces dessins, on trouve ce témoignage d'une des deux arcades décorées par Nicolas Flamel. "L'alchimie est vive", est-il inscrit. Le secret du Grand Œuvre et par là même celui du monde et de la matière. Tous furent assez aujourd'hui. Le Forum des Halles a succédé au vieux cimetière. Il reste bien peu de choses de Nicolas Flamel, juste une auberge pas très loin d'ici, dans le quartier du Marais, rue de Montmorency. Nicolas Flamel avait fait construire cette maison pour héberger les pauvres du quartier, car il était très charitable et très riche. Et ce n'était ni sa naissance, ni son métier d'écrivain public qui pouvait être la source de cette richesse. Sa fortune venait d'ailleurs, de la transmutation des métaux. Au nord, c'est ce qu'on a pensé. Quelques décorations que Nicolas Flamel avait fait apposer sur cette maison ont traversé le temps. Aurait-il voulu nous transmettre un message particulier ? Une inscription invite des hommes et des femmes, l'amour, à prier. Mais quel l'amour ? Ceux de la tête, ou bien les laboureurs du ciel, ainsi que se nomme souvent les alchimistes. Nicolas Flamel avait aussi fait représenter quelques anges musiciens, une publicité pour ses enluminures, une évocation du paradis, ou comme à Chartres, une allusion à l'alchimie, art de musique. On trouve encore des lettres calligraphiées N et F, Nicolas Flamel, enfin son portrait présumé. Malgré quelques indices, pas de preuve flagrante de l'intérêt de Nicolas Flamel pour l'alchimie, à part, apparemment. Peut-être est-ce là justement une première leçon d'alchimie que nous délivre Nicolas Flamel. En alchimie, on est capable de voir au-delà des apparences, c'est-à-dire non pas voir le pull, mais voir le fil qui le dit. Et donc, dès l'instant que j'ai vu le fil qui le dit, je suis capable de tirer sur le bon fil et détricoter la matière. Sinon, on ne verra pas au-delà des apparences. Il restera dans la technique, on dira ce métal fond à telle température, donc par conséquent, il va falloir que j'utilise une température adéquate pour le faire fondre. Tournade règle dans un monde où plus on a de théories, plus on a de techniques, plus on se conforte dans cette réalité, mais on empêche l'émergence d'autres réalités. Alors que si l'esprit reste ouvert, et bien le fait d'accepter ces autres réalités permet leur manifestation. Les apparences sont détruites par l'œuvre au noir. Alors tirons sur le fil qui génère et sous-tend toute réalité. Retournons au cimetière des Innocents, c'est là que naît vraiment Nicolas Flamel, alchimiste. [Musique] Et ne serait-ce pas pour que cette naissance soit possible un jour que Nicolas Flamel avait fait décorer deux des arcades de ce cimetière ? [Musique]

On trouvait d'abord, vers la rue de la Lingerie, un homme tout noir, disait-on, qui montrait le cimetière avec cette étrange inscription : "Je vois merveilles, moult jeux, mais baille". Mais de quelle merveille s'agit-il ? On a pensé qu'il s'agissait de la deuxième arcade que Nicolas Flamel avait fait décorer un peu plus tard, du côté de la rue Saint-Denis. Pendant près de 400 ans, cette arcade a intrigué tous les alchimistes. Ils venaient là pour tenter de décrypter ces figures religieuses apparemment banales. Apparemment, le Sauveur était de Saint-Paul avec son épée. Accueille Nicolas Flamel, Saint-Pierre avec la clé du Paradis. Reçoit Dame Pernelle. Mais c'est au bas de cette sculpture que les alchimistes ont vu des enseignements qui leur semblaient destinés. D'abord, une sorte d'écriture, signature de Nicolas Flamel, écrivain public ou athanor d'alchimiste. À côté, le Massacre des Innocents, une scène appropriée au nom de ce cimetière. Ne serait-ce pas l'œuvre au noir, ou la matière première vierge, innocente et décomposée en ses divers éléments ? [Musique] Hérode est représenté en vieillard, comme Saturne qui dévore ses enfants. Son épée indique qu'il faut percer la matière pour en percevoir tous les secrets. Bercé et vous verrez. Persévérer. Des alchimistes, un dragon et des sacs évoquent une sirène. C'est un liquide, le mercure. Il est aux prises avec un animal jaunâtre, le soufre. C'est une noces chimiques. Ce qui vaut que ce couple, Flamel et Pernelle, sans doute de cette noces chimiques naîtra la pierre philosophale, source d'immortalité. D'où cette résurrection de trois personnages, comme les trois principes de l'œuvre. Deux anges, l'ours elle indique que la matière purifiée est devenue voilà dit. [Musique] Enfin, un lion rouge avec des ailes, lui aussi, c'est le feu. S'il est. [Musique] Il chevauche un personnage pour lui communiquer ce feu. [Musique] Le feu du ciel descend en la matière, s'il multiplie et l'élu. [Musique]

Sous cette arcade, les alchimistes pensaient contempler les arcanes du Grand Œuvre, et le Christ lui-même participait à cette révélation. Il tient le globe de l'univers, qui évoque le symbole chimique de l'antimoine. Une partie du globe est rouge, c'est le soufre. Une autre est bleue, c'est le mercure. Au-dessous, la partie blanche qui les réunit, c'est le sel. En 1600, parut un livre qui regroupait trois traités d'alchimie. L'un d'eux était le Livre des Figures Hiéroglyphiques. Il était signé Nicolas Flamel. Pierre Arnaud de la Chevalerie, un pseudonyme, présentait ce livre. Il disait l'avoir retrouvé le texte de Flamel par hasard et l'avoir traduit du latin. Un livre extraordinaire. Nicolas Flamel lui-même, il présente son arcade, il en dévoile toute la portée alchimique, avec la signification particulière des couleurs qu'il avait choisies pour la décorer. On y remarque un goût prononcé et étonnant pour la couleur orange. Mieux encore, dans son avant-propos, Nicolas Flamel raconte comment il a pu percer le secret de la pierre philosophale et fabriquer de l'or. [Musique]

Alors, l'histoire dit que pendant qu'il transcrivait des textes, il est tombé sur un vieux livre. Les ce livre est écrit en hébreu. Alors, il va voir un ami à lui qui lui conseille d'aller voir un sage, et ce sage est sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Et donc, c'est le livre sous le bras qu'il va faire son pèlerinage. [Musique] Ce livre, c'est le Livre d'Abraham le Juif, un traité d'alchimie inspiré de la mythologie, de la Bible et de la Kabbale. Un livre propice à des illustrations singulières. D'un livre qu'on n'a jamais retrouvé, mais la description de Nicolas Flamel a permis de reconstituer les sept images qu'il contenait, comme cette série qui date du 17e siècle. Le Massacre des Innocents. La représentation est très proche de la scène montrée par Nicolas Flamel dans l'arcade du cimetière. Certains détails sont explicitement alchimiques. De curieux jardiniers et laboureurs, dit le chimiste, sans aucun doute, ils font pousser des rousses contre chaîne reviennent dont le tronc est creux, c'est l'athanor et son secret. Le tronc donne naissance à une source, la source de la connaissance, bien entendu. D'autres images sont plus énigmatiques encore. Nicolas Flamel n'y comprend rien. Tout son espoir de rencontrer sur le chemin de Compostelle un rabbin cabaliste qui lui expliquerait le sens de ce livre fabuleux. Un livre fort vieux et beaucoup large et cuites. Il fait des corses de temps des arbrisseaux à la couverture de cuivre, tout gravé de lettres et de figures étranges. [Musique]

En venant de sa jeune yom, anagramme de Noël, Nicolas Flamel fait la connaissance de M. Quand ch. M. Chance. Il semble comprendre le livre. Nicolas Flamel s'embarque alors avec lui pour la France. Hélas, M. Quand meurt des suites du mal de mer à Orléans. Or, l'un au lors, il en dedans. Il rentre chez lui et là, avec sa femme, et bien, il met en œuvre ce qui était marqué dans ce livre. [Musique] Les curieusement, à partir de ce moment-là, et bien, il se trouve à la tête d'une fortune assez colossal. Et ce qui est assez intéressant, c'est de voir que cette fortune, et bien, ils n'ont pas gardé que pour eux. Bien sûr, ils ont vécu largement, mais ils ont fait profiter tous les pauvres de leur quartier. Une histoire exemplaire, trop sans doute, car pour les historiens, Nicolas Flamel alchimiste est une pure invention d'Arnaud de la Chevalerie, qui serait l'auteur à part entière du Livre des Figures Hiéroglyphiques. Une création géniale de toute façon, puisque Nicolas Flamel alchimiste est désormais plus vrai que la vraie vie.

Il se passe quelque chose. Cette fumée. On pourrait se demander qu'est-ce que c'est qui fume encore une fois ? Déjà entré en fusion, ça a déjà été écoulé, ce qui est quelque chose de complètement anormal dans le sens où on l'a déjà coulé une fois. Et même si on pouvait supposer que la première fois, le métal était pas pur, donc il y avait du soufre à l'intérieur, que ce soufre se dégage, mais il continue toujours à se dégager. Alors, on pourrait se demander, mais qu'est-ce qui se dégage ? Il se passe quelque chose à l'intérieur du cratère. J'ai rien rajouté dedans, ce n'est que de l'antimoine pur, il n'y a rien d'autre. Le temps, il y a une réaction qui semble s'amorcer à l'intérieur. Une autre réalité peut se greffer sur notre monde. Tel serait, en somme, le testament de Nicolas Flamel, écrivain public et alchimiste. Sa pierre tombale, qui est aujourd'hui au Musée du Moyen Âge à Paris, résume tout. Derrière l'épitaphe très chrétienne peut se lire un autre univers, celui de l'alchimie. À commencer par le nom de Nicolas Flamel lui-même. Nicolas, la hausse en grec, le vainqueur de la bière par la flamme divine. Flamme elle, la flamme de Dieu. Un nom rêvé pour un alchimiste. Comme au cimetière des Innocents, la clé de Saint-Pierre et l'épée de Saint-Paul pour ouvrir la matière du monde. Peut-être, puis le soleil et la lune. Enfin, le globe crucifère qui ressemble aux symboles de l'antimoine, le métal qui est associé à notre planète, la Terre. Au pied de l'épitaphe, un corps en décomposition, image de l'œuvre au noir, par où il faut passer pour trouver d'autres niveaux d'existence. L'énigme de Nicolas Flamel démontre que les représentations religieuses se prêtent à une double lecture. L'alchimie, c'était le glisser dans les symboles des religions pour transmettre son message, un peu comme le coucou qui vient se loger dans le nid des autres oiseaux. Ou bien, les religions ne sont-elles qu'une traduction imagée de phénomènes physiques et concrets que les alchimistes observent dans leur laboratoire depuis des millénaires ? Alchimie, religion, se livrent à une danse bien étrange, et Nicolas Flamel du.

Haut de sa légende, semblant battre la mesure.

[Musique]

Sur la montagne Sainte-Geneviève, derrière le Panthéon, l'église Saint-Étienne-du-Mont entre à son tour dans la danse avec des vitraux extraordinaires qui sont placés un peu à l'écart, dans le couloir de la sacristie. Réalisée au début du XVIIe siècle, ils sont contemporains du Livre des Figures Hiéroglyphiques. Ils illustrent l'Ancien et le Nouveau Testament ou montrent des scènes édifiantes.

Mais de nombreux détails font de ces vitraux un véritable livre d'alchimie qui traitent des phases essentielles du Grand Œuvre. La crucifixion, quoi de plus religieux ? Mais la croix est plongée dans un chaudron bouillant. On attise le feu, un homme s'acharne contre une ch'ti.

Ce vitrail raconte le miracle du couvent des Billettes à Paris au Moyen Âge. Un hérétique avait profané une hostie. Elle avait plongé dans l'eau bouillante. De l'hostie profanée s'étaient élevées soudain le Christ en croix. Un miracle, un message alchimique. C'est comme si on nous disait : "Eh bien, si on chauffe quelque chose, l'esprit va en sortir." Et cet esprit représenté par le Christ.

Alors, on nous dit même plus précisément où on va faire le travail, parce qu'on voit un autre personnage ici qui, en train de crucifier une hostie sur le manteau de sa cheminée. Tu vas travailler donc sur sa cheminée, tu vas travailler au foyer. Et le fait de crucifier, c'est de chercher à l'intérieur finalement l'hostie représentant le corps du Christ. Qu'on cherche à l'intérieur de cette matière, l'esprit.

On a aussi le INRI qui, en ont bien sûr, mais qui dans ce cas-là n'est pas le Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum, mais qui veut dire : "Natura renovatur integra", par le feu, la nature est retrouvée intacte.

[Musique]

Et on dirait un puits, un trouble, une durée de l'eau.

[Musique]

Ce qui faisait que la lumière passe dedans sans résistance. Là.

[Musique]

Et vous voyez le fond du croisé là, je rêve pas, là, c'est du métal. Je vous rappelle qu'à doha. Alors, comment le métal est devenu transparent ? Et regarde là, ça fait comme des lentilles d'eau sur une mare. Ça, c'est la classe, ça, c'est du feu qui pulse du bois, parce que là, c'est le métal qui dégage son feu. Et comme ça se refroidit, donc là, vous voyez, fondu, creusé, à l'attrait du métal.

L'Arche de Noé, l'Ancien Testament. Et en dessous, le Nouveau Testament. Mais au milieu, des animaux recueillis par Noé. Et que fait là cette licorne ? Et là, c'est vraiment complètement étonnant, parce que on sait d'après les textes même bibliques, la licorne est arrivée trop tard. Donc, comme elle est arrivée trop tard, elle n'a pas pu monter sur l'Arche de Noé. C'est pour ça qu'on n'en a plus aujourd'hui. Donc, si on en a une, c'est qu'on a voulu nous dire quelque chose. Surtout que cette licorne est juste à côté d'un lion. Le lion, c'est le veau rouge, et la licorne, c'est l'œuvre au blanc. L'arche serait ici le faisceau de l'alchimiste, et Noé, l'alchimiste lui-même. Il tient un bâton, la verge d'or, c'est bien sûr le rayon de lumière, le droit chemin.

Et si je suis ici cette verge d'or et que je monte en haut du vitrail, et bien je m'aperçois que dans le coin là-haut, eh bien j'ai la colombe avec le rameau d'olivier. Noé se pose la question : "Est-ce qu'il y a de la terre quelque part ?" Alors qu'est-ce qu'il fait ? La première fois, il envoie un corbeau. Et le corbeau, quelle première œuvre ? Eh bien, part et revient. Il revient parce qu'il n'a pas trouvé de terre. La deuxième fois, il envoie une colombe. Elle revient avec un rameau d'olivier pour lui signifier qu'elle a trouvé une terre, une verger. Et ensuite, cette colombe part et ne revient pas.

On a bien trois étapes ici : le noir, donc pas périmé, rejet, c'est un peu notre bouillon de culture, c'est un petit peu notre creuset. Ensuite, la colombe qui ramène quelque chose qui dit : "Voilà, j'ai trouvé quelque chose, mais ce n'est pas encore terminé." Et enfin, la colombe qui ne revient pas. Et on peut dire que le volatile se fixe quand la terre est sèche. Eh bien, ça, c'est presque un mode d'emploi, c'est une formule. On va nous dire : "L'esprit va pouvoir se fixer à l'intérieur de la matière seulement quand cette matière sera sèche." Donc, entre toutes teintures a disparu des selles.

Dans le Nouveau Testament, c'est maintenant le Christ qui conduit le vaisseau. Mais on a figuré quand même les trois étapes. Là, on a bien pris la précaution de mettre trois mâts. Elles sont figurées ici par les trois parties de la population qui sont les rois, les ecclésiastiques et les laïcs. Et en dessous, les trois feux qui sont figurés par ces trois angelots qui sont en train de souffler sous le bateau. Ainsi, le bateau, il avance sans voile. C'est normal, parce qu'ici on a voulu nous parler d'une vérité dévoilée. Et pour nous montrer quel était le secret, la connaissance qui a été derrière ça, eh bien on a pris la précaution ici de dessiner non pas une colombe, mais une chouette. Eh bien, la chouette, c'est celle qui est la connaissance des choses cachées, voir la chouette d'Athéna qui avait réponse à toutes les questions.

[Musique]

Là, on est presque au bout. La matière, par résistance au passage de la lumière, ça veut dire que la lumière peut rentrer à l'intérieur. C'est ce cas-là. Et si ça suit, c'est-à-dire si ça continue cet état-là, alors qu'il est solide, ben il va se cristalliser en fonction de la lumière. De la lumière, c'est la quintessence. Mais déjà, on peut dire que là, il a une capacité qui est hors du commun.

[Musique]

Le métal lui-même est devenu transparent. Bon, il y a quelque chose qui s'explique pas. On l'a constaté, on l'a vu. Il a perdu sa capacité de réfléchir la lumière, il l'a laissé passer comme s'il n'était pas là, comme de l'eau ou comme du verre. On peut dire qu'on a vu ici un lien entre le visible, entre la métaphysique, entre guillemets, physique. C'est que quand on aligne le métal, il fait plus résistance au passage de la lumière et devient invisible. De là à dire qu'il n'y a plus qu'un pas pour qu'après avoir perdu sa forme, il perde même sa structure. C'est-à-dire que non seulement il devient transparent, et ensuite il devient palpable. Donc, de là à dire que le métal lui-même est capable de se transformer à autre chose.

Babiak, un autre épisode de la Bible, le Serpent d'Airain. Il rappelle le serpent crucifié du Livre d'Abram le Juif, trouvé par Nicolas Flamel. Les Hébreux dans le désert ont maudit l'Éternel. Pour les punir, il y avait leur envoi de venimeux serpents rouges. Alors, pour sauver son peuple, Moïse fait édifier un serpent d'airain, c'est-à-dire un serpent de bronze. Et tous ceux qui regarderont ce serpent ne seront plus mordus par les serpents de feu. Le bronze, c'est le métal qui résonne, celui qui nous met en accord. Donc, on peut dire que tous ceux qui seront en accord avec l'Éternel ne seront plus mordus par les serpents de feu. Les serpents de feu, bien sûr, c'est les émotions. Et on nous dit ici : "Eh bien, si tu es capable de regarder le serpent d'airain, celui qui nous met à l'unisson, eh bien à ce moment-là, tu ne seras plus mordu par tes propres émotions et tu pourras continuer ton chemin."

Un chemin biblique et alchimique qui nous parle d'or. Sept pèlerins tournent autour d'une table. Sur la table, un plat en or, et à l'intérieur de ce plat est un chien gris. Le chien gris, c'est un des symboles de la matière première, ou le loup gris. Alors, pourquoi c'est une caractéristique chimique de l'antimoine, qui a comme particularité de manger tous les métaux sauf l'or.

En dessous, une scène morale et instructive. On voit un vieillard qui est en train de compter son or. Et ici, on voit un personnage qu'on oblige à regarder. Alors, ça représente d'un point de vue religieux, l'avarice, bien sûr. Mais pour nous, ça représente la matière première, parce que l'antimoine est un métal qui a l'air d'être un vieillard, un vieux métal. Et pourtant, à l'intérieur, rien, le germe de l'or. Donc, ici, on donne une leçon au chercheur qui est là, qui est d'ailleurs de couleur orange, la couleur orange qui est la couleur justement du chercheur. L'or en jeu, l'or à l'intérieur de lui. Donc, si tu as l'or à l'intérieur de toi, eh bien tu t'attacheras aussi au métal vil. On ne s'arrêtera pas à l'apparence du vieillard, mais on cherchera la lumière qui est à l'intérieur.

Le prophète Élie sacrifie un taureau. Le feu de Yahvé vient participer à cet holocauste. Il y a des flammes qui montent, mais il y a autant de flammes qui descendent. On voit bien ici que le feu d'en haut rejoint le feu d'en bas, le feu de Saint-Michel, en somme, qui vient rejoindre le feu caché dans la matière. Le haut et le bas s'unissent, comme ici encore, où le sang du Christ, le vin du ciel, se mêle au sang de la terre, le vin de la vigne. Et c'est le pressoir mystique et alchimique.

Si on regarde à l'intérieur du vitrail, eh bien on voit en haut les ceps de vigne. Ces ceps de vigne rappellent la forme du caducée d'Hermès. Et les tonneaux, comme un char, évoquent le symbole du sel. À l'intérieur de ce sel, on va mélanger le sang de la vigne et le sang du Christ. Et ces personnages à même des tonneaux dans une cave. Et pour ça, on va passer sous une échelle, l'échelle de Jacob, l'échelle de la connaissance, dont les barreaux sont comme les étapes de notre voyage.

Marie, l'ange de l'Annonciation. Mais un détail vient souligner le sens alchimique du vitrail. Un livre. Sur ce livre, rien n'est écrit. Donc, le livre est ouvert et il est pourtant vierge. Seule la matière vierge peut recevoir la lumière. Met entre parenthèses, d'ici le Saint-Esprit. C'est bien une colombe. Cette fois, c'est par une chouette.

Alors ici, dans ce vitrail, on est arrivé au bout du chemin. Le bourdon du compagnon est posé. Celui qui a fait le pèlerinage peut enfin contempler ce qu'il est venu chercher. Alors qu'il est venu chercher ici ? Eh bien, c'est l'athanor, c'est le four de l'alchimiste qui contient maintenant la lumière. Donc, la pierre est bien finalisée à l'intérieur, puisqu'on voit cette lumière qui apparaît au cœur du four.

[Musique]

Bien sûr, ici, on est dans une église, donc c'est le Saint-Sacrement. Mais le Saint-Sacrement, c'est bien ce qui contient l'esprit. Donc, on est exactement sur la même chose.

[Musique]

Et alors, tout autour, on va avoir des signes de notre voyage. On a ici la pierre à eau, par exemple, c'est la fontaine qui sort de l'intérieur de la pierre.

[Musique]

La partie volatile qui sort du sel. Au-dessus, on a la vigne. Et la vigne, bien sûr, est quelque chose d'essentiel, c'est là où l'esprit s'est cristallisé. Au-dessus, on a l'Arche de Noé. Alors, l'Arche de Noé, bien sûr, c'est ce qui conduit, on l'avait vu, à la Terre Promise, à condition qu'on ait été purifiée. Ici, on a un feu, et de ce feu-là, on a trois oiseaux qui partent. Donc, on a ici les trois feux qui sont figurés juste en dessous de l'Arche d'Alliance. L'Arche d'Alliance, ce que cherche l'alchimiste finalement, l'alliance entre ici et ailleurs, l'unité.

Ce qu'illustre le dernier vitrail avec le chêne biblique de Membre. Et il prend à l'intérieur de la terre les choses les plus noires, les plus sombres. Il est monté jusqu'à la lumière. Et une fois que cette matière est illuminée, eh bien il la rend à la terre. C'est donc cet arbre qui fait le lien entre le haut et le bas. Et on a une maxime moro qui est importante qui dit : "J'en ai vu trois, j'en ai adoré qu'un." C'est un peu ce qu'on a fait lors de notre chemin. On a vu trois couleurs : noir, blanc, rouge, et finalement, on en a adoré qu'une.

Trois anges rendent visite à Abraham qui, tout heureux, leur prépare un repas. Ils viennent de lui annoncer qu'il va avoir un fils. On a ces trois anges, ces trois volatils, ces trois feux, encore une fois, qui viennent dire que l'enfant est en chemin. Et ici, derrière, on a ces trois anges qui prennent le chemin. Ça va nous donner une autre clé. Ce chemin mène à Sodome et Gomorrhe, où tombe le feu du ciel. Les habitants fuient. Personne ne doit regarder ce feu. Et là, la femme de Loth, ce retour. Elle voit le feu céleste et elle est transformée en sel. Il y a deux acceptions. La première, c'est que la femme, c'est Mercure, c'est le messager des dieux. Donc, elle a vu ce qui s'est passé, mais elle n'a rien dit. Et comme elle n'a rien dit, elle a été scellée, car le sel scelle. Et la deuxième acception, c'est : elle a vu ce feu, elle l'a fixé, et on peut dire que le sel fixe le feu. Donc, on nous donne ici un mode d'emploi assez intéressant sur la manière dont le sel est capable de fixer le feu.

Alors, mode d'emploi. Eh bien, on en a un autre ici. On voit un chien, le chien qu'on a rencontré lors de notre périple, le chien gris, notre antimoine. Eh bien, le baquet dans lequel il boit, c'est du sang. Donc, le liquide rouge absorbé par ce chien, ici, eh bien lui permet de lier quelque chose. Et pour bien montrer que ça se fait au feu, eh bien à côté, on a pris la précaution de mettre un soufflet.

Et enfin, le point d'orgue, c'est-à-dire la clé qui va nous dire que tout ce qu'on a raconté ici est bien lié à l'alchimie et pas autre chose. C'est que si on regarde attentivement le vitrail, on s'apercevra que sur la table, ici, est posé un couteau, et que sur le couteau est dessiné le symbole de l'antimoine.

[Musique]

Regardez comme de l'eau, de l'eau.

[Musique]

Beaucoup.

[Musique]

J'ai versé trop tôt, il a exercé trop tôt, parce que je pensais que ils étaient solides déjà. Mais ça veut dire que la température qui étaient, elle était hallucinante quoi. C'est trop tôt. L'alchimie est une longue patience. Je pensais pas qu'il serait encore liquide, mais ça veut dire qu'il a bien libéré son feu et qu'il continuait à être liquide. Comme il est dit dans le "Labora", "Ora et labora", travaille et tu trouveras. Avons-nous assez lu et relu ? Avons-nous exploré assez de lieux ?

[Musique]

Bien d'autres endroits à Paris nous parleraient d'alchimie. Mais s'il en est un par lequel nous pourrions faire un petit détour avant d'attaquer la dernière étape de notre voyage chimique, l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, derrière la mairie de Paris. Elle va nous permettre de mesurer le chemin parcouru et de vérifier nos connaissances alchimiques. Là, des alchimistes sont faites et des deux compagnons ébénistes, dont la maison est juste derrière l'église. Au XVIIe siècle, ils ont fait sculpter sur les miséricordes qui ornent les stalles du chœur quelques messages précis, et pour cause.

Alors, on voit un personnage ici, un homme, et on voit un personnage, si c'est une femme. Alors pourquoi on sait que c'est une femme ? Parce que dans cette église, à chaque fois qu'on a une miséricorde avec une femme, et surtout dans une position un peu équivoque, ben elle a été abîmée. On voit ici le corps de la femme avec la jambe qui passe de l'autre côté de l'homme, et ici, c'est une autre jambe qui passait. Alors qu'est-ce qu'ils entendent faire ? Payer en train de lui administrer un lavement. La femme représente le mercure, l'homme représente le soufre. Sur la pénétration du mercure par le soufre, et donc le début de la nature, le mélange des deux. Ça dure ce qui devrait donc en toute logique nous amener à assister à une belle note chimique. Et bien, l'avoué, si semblable à celle que nous avons vue, souvenez-vous sur la maison des chanoines à Chartres et sur la cathédrale. Nous pouvons la retrouver sur le porche de la cathédrale d'Amiens avec exactement les mêmes attributs. Nous la reverrons enfin Notre-Dame de Paris sur les médaillons du portail central et sur la rose d'Occident.

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Cette union du soufre et du mercure doit être scellée par le sel. Il est là, sur ces cinq tonneaux qui évoquent la quintessence. Ils font écho au tonneau de Chartres, à ceux de Saint-Étienne-du-Mont et à celui du Traité de la Splendeur du Soleil. Au Mont-Saint-Michel, nous avions découvert la langue des oiseaux. C'est maintenant l'occasion de nous en servir. Cet animal, c'est un sanglier. On doit faire passer la teinture à l'intérieur du sel, et le sel aura une caractéristique, c'est toujours blanc, et la teinture a une caractéristique, c'est toujours au rouge. Donc, il va falloir lier cette couleur rouge avec le sel blanc. Donc, il va falloir que le sang soit lié. Eh bien, c'est ce qu'on a ici, le sanglier.

Alors, se comprennent mieux ces images de sang sur le vitrail de Saint-Étienne-du-Mont ou dans le Livre d'Abram le Juif, et dans ce même livre, ses roses rouges et blanches qui font que l'athanor nous livrera bientôt, peut-être, la Pierre des Philosophes. Une allégorie, la Pierre Philosophale, parce qu'on voit sept enfants joufflus, radieux, contents de vivre, qui s'appuient sur un crâne. Donc, on s'aperçoit qu'après une mort apparente, l'enfant peut naître. La mort, l'œuvre, les enfants. Et nous ne l'avions pas remarqué sur la Grand-Place de Bruxelles, la louve grise, l'antimoine, qui allaite les enfants et engendre la pierre.

Nous pourrons alors aborder, dans la dernière île de connaissance de notre voyage, l'île de la Cité. Sur la façade de Notre-Dame de Paris, nous découvrirons que toutes les opérations qui permettent d'obtenir la Pierre Philosophale sont racontées dans l'ordre, de façon logique, cohérente et lumineuse. Devant la cathédrale, nous serons face au Grand Œuvre.

[Musique]