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كلمة رئيس الجمهورية في إفتتاح الطبعة الرابعة لمعرض التجارة البينية الإفريقية

EnnaharTv22:19

Transcription

Paix et salut sur le plus noble des messagers, les compagnons, les nobles, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement, Vos Excellences les ministres, Mesdames et Messieurs les représentants des organisations régionales et internationales, chers invités, chers médias,

C'est avec plaisir et honneur que je vous souhaite à tous la bienvenue en Algérie à l'occasion de l'ouverture officielle de la quatrième édition de la Foire interafricaine de l'investissement, que l'Algérie abrite avec fierté et honneur.

Cette édition se tient dans un contexte mondial particulièrement délicat et sensible, un contexte où les événements s'accélèrent à un rythme et d'une manière sans précédent, et où les risques menaçant l'effondrement du système des relations internationales existant s'intensifient. Ce système est aujourd'hui menacé dans son essence, dans sa conscience, et dans les règles et institutions politiques, sécuritaires, voire économiques sur lesquelles il repose.

La crainte, la plus grande crainte, est que l'Afrique, notre chère Afrique, ne soit une fois de plus l'une des principales victimes de ces situations désastreuses, par la violence imposée aux priorités, par l'étouffement de sa voix, la voix de l'Afrique, et par la marginalisation de son rôle dans le processus de remodelage de l'ordre mondial, malgré les potentiels, les capacités et les énergies qu'elle recèle.

Dans cette perspective, notre rencontre aujourd'hui n'est pas seulement une rencontre économique, mais elle est la concrétisation d'une conscience collective qui nous pousse tous vers la construction d'un continent intégré, d'un continent à la volonté forte, et d'un continent actif dans son environnement régional et international. Notre préoccupation aujourd'hui est éminemment économique, une préoccupation existentielle qui nous interpelle tous pour poser la question fondamentale : où se situe l'Afrique aujourd'hui par rapport à l'économie mondiale dans son ensemble ?

Nous ne nions pas que nous avons réalisé des progrès considérables au cours des deux dernières décennies, dont les plus importants sont la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, l'adhésion commerciale de l'Union africaine au groupe des dix, ainsi que l'établissement de partenariats avec les plus grandes puissances et organisations économiques mondiales. Cependant, le chemin est encore long pour corriger les injustices historiques envers l'Afrique et pour obtenir la place qui lui sied dans l'économie mondiale.

À cet égard, je voudrais passer en revue quelques données qui, je crois, en toute honnêteté et sincérité, sont d'une grande clarté, précision et pertinence.

La première donnée est que l'Afrique reste marginalisée dans la prise de décision économique mondiale, en raison de sa sous-représentation dans la plupart des institutions économiques, commerciales et financières internationales. Par exemple, la part des pays africains réunis ne dépasse pas 6,5 % des droits de vote au Fonds monétaire international, ce qui est la part la plus faible de toutes au sein de cette organisation. Ce même pourcentage ne dépasse pas 11 % lorsqu'il s'agit de la Banque mondiale.

Quant à l'Organisation mondiale du commerce, et malgré l'obtention par l'Afrique du poste de directeur général de cette organisation pour la première fois de son histoire, ce gain ne masque pas le fait que l'Afrique reste limitée dans son influence sur la prise de décision de cette organisation.

La deuxième donnée est que la part de l'Afrique dans le commerce mondial ne dépasse pas 3 %, un chiffre dérisoire si l'on compare avec les ressources que possède notre continent, qui représentent 30 % des richesses naturelles mondiales, et qui abritent plus d'un milliard et demi d'habitants, formant un marché de consommation émergent énorme. De plus, la part de l'Afrique dans les flux d'investissements mondiaux ne dépasse pas 94 milliards de dollars américains par an, ce qui est très, très, très faible. C'est la part la plus faible au monde, représentant un pourcentage ne dépassant pas 6 % de l'ensemble de ces flux.

La troisième donnée est que le commerce intra-africain reste limité à 15 % des échanges. Si l'on compare avec l'Europe, les échanges intra-européens atteignent 60 %, tandis que les échanges africains ne dépassent pas 15 %. Il ne fait aucun doute que cette situation prive nos économies de grandes opportunités de croissance et de création de millions d'emplois pour nos jeunes.

La quatrième donnée est que l'Afrique souffre d'un fossé profond en matière d'infrastructures de base pour le transport, l'énergie, les communications et le financement. Ce fossé est estimé à environ 90 milliards de dollars par an, et il coûte à l'Afrique une réduction annuelle de 2,2 % de son produit intérieur brut.

Ces données ne doivent pas affaiblir notre détermination, bien au contraire, elles doivent être un moteur supplémentaire pour mobiliser notre énergie collective afin de transformer notre réalité continentale en un succès qui mérite d'être salué et renforcé. L'Algérie ne sera qu'un acteur dans une telle entreprise, elle qui s'est engagée à contribuer autant que possible à relever ce défi pour le bien des générations actuelles et futures.

La contribution de l'Algérie à cette entreprise se manifeste sous de nombreux aspects, dont je citerai à titre d'exemple :

Premièrement, les grands projets structurants à dimension continentale que l'Algérie a lancés, tels que la route transsaharienne qui reliera l'Algérie à la plupart des pays frères de la région du Sahel, le projet de gazoduc Algérie-Nigéria qui assurera l'énergie et le développement à plusieurs pays, ainsi que le projet de fibre optique qui garantira la souveraineté numérique et renforcera l'innovation au profit des pays de la région. Tous ces projets sont actuellement en cours.

Deuxièmement, le renforcement des moyens de communication avec les pays africains frères, notamment par l'inauguration du projet de ligne ferroviaire qui atteindra les frontières des pays frères au sud, une ligne ferroviaire qui passera par Adrar pour atteindre le Mali, et la ligne ferroviaire qui atteindra le Niger en passant par Tamanrasset. Le lancement de vols réguliers avec de nombreux pays africains frères, ainsi qu'une ligne maritime nous reliant à l'Afrique de l'Ouest.

Troisièmement, la contribution à la fourniture des conditions nécessaires au commerce intra-africain, notamment par la création de cinq zones de libre-échange avec les pays frères du Maghreb et de la région du Sahel, et l'ouverture de succursales de banques algériennes en Afrique, ainsi que dans les pays de la région du Sahel. Tout cela était considéré comme un retard que l'Algérie a subi. Aujourd'hui, nous rattrapons ce que nous avons manqué en termes de lacunes. Nous ne pouvons pas dire que l'Algérie est africaine si, pour aller quelque part, il faut passer par une capitale européenne. Quand on va à Dakar, il faut passer par une capitale européenne. Ce n'est pas ça l'Afrique. Nous rattrapons donc le manque que nous avons constaté depuis longtemps, et le gouvernement actuel s'efforce de combler toutes ces lacunes afin que nous soyons véritablement africains.

Premièrement, deuxièmement, nous contribuons autant que possible au développement de notre continent, d'autant plus que le continent africain est l'avenir. Le continent africain, indépendamment de ses ressources minières et autres, est un continent jeune. Les autres continents sont entrés dans la vieillesse, tandis que le continent africain est un continent de jeunesse. Il faut donc comprendre politiquement et économiquement que ce que nous faisons aujourd'hui est pour la jeunesse africaine. Et grâce à Dieu, nous avons vu à travers la jeunesse algérienne, à travers la jeunesse africaine, qu'elle est une jeunesse innovante qui sait gérer ses affaires, qui n'a pas de complexe vis-à-vis d'un autre continent. Notre avenir réside donc dans notre jeunesse, si Dieu le veut.

Troisièmement, la contribution à la fourniture des conditions nécessaires au commerce intra-africain, notamment par la création de cinq zones de libre-échange.

Quatrièmement, en matière de valorisation des ressources humaines, à l'occasion de cette rentrée universitaire, l'Algérie offre chaque année à l'Afrique 8 000 bourses d'études à nos jeunes frères africains pour intégrer les universités, les instituts et les pôles d'excellence dans les domaines des mathématiques, de la robotique, des nanotechnologies et de l'intelligence artificielle, en plus des 101 universités et centres universitaires en Algérie. L'Algérie est fière d'avoir contribué depuis son indépendance à la formation d'au moins 65 000 cadres africains, sans fanfare ni trompette, ni dans les journaux ni ailleurs, car nous croyons que nous luttons en silence pour l'Afrique, tout comme l'Algérie a, il n'y a pas si longtemps, annulé la dette de 14 pays en silence, une dette qui s'élevait à 1,5 milliard de dollars.

Tout cela, en toute humilité et sans chercher à mettre en avant l'Algérie africaine. Nous sommes convaincus que notre avenir réside avant tout en Afrique. L'Algérie croit que le succès de la Zone de libre-échange continentale africaine dépend de notre capacité collective à établir des infrastructures intégrées.

Si seulement, dans cinq ou six ans, les ports algériens pouvaient accueillir les marchandises des pays africains qui n'ont pas de côtes, pas d'accès à la mer, et les acheminer par train en seulement 24 heures. C'est ça le plan. L'Algérie a donc le dos tourné à l'Afrique aujourd'hui, elle se tourne franchement, avec force et conviction vers l'Afrique, vers notre continent, pour créer des conditions d'investissement rentables pour tous.

Nous devons redoubler d'efforts, mobiliser les énergies et unir nos actions pour transformer la Zone de libre-échange africaine en un outil de développement efficace et un point de départ pour que l'Afrique retrouve sa place méritée sur la scène internationale, en paix, en sécurité et en quiétude. Faisons de cette quatrième édition un nouveau départ et un engagement renouvelé, où nous nous donnons la main les uns aux autres et avançons d'un pas ferme vers une Afrique forte, solidaire et prospère. Une Afrique qui produit sa propre nourriture, qui se développe, investit et conquiert sa place, de droit et de mérite, dans le monde d'aujourd'hui et de demain.

Les mots peuvent être émotionnels, mais ils viennent du fond du cœur. Nous luttons pour un véritable développement africain. L'Afrique n'est pas un terrain d'expérimentation pour des armes étrangères. L'Afrique a besoin de développement. Ceux qui veulent arrêter l'immigration, ce qu'ils appellent l'immigration irrégulière, nous aident à développer les pays africains et à offrir des opportunités d'emploi aux jeunes africains.

Nous espérons donc, si Dieu le veut, que les situations actuelles, qui montrent clairement l'injustice du monde envers l'Afrique, s'amélioreront.

Enfin, je vous prie de m'excuser et je déclare officiellement ouverte la quatrième édition de la Foire interafricaine de l'investissement, et je vous invite maintenant à passer à la session de discussion sur le thème de la Zone de libre-échange.

Merci.