Transcription
Il était une fois dans une concession assez bruyante. Vivait une jeune femme nommée Lan. Née dans une famille modeste, elle avait toujours méprisé la vie qu'elle menait. Voir les femmes de la concession se lever avant l'aube, nouer leur pagne avec précision, s'enfermer dans des travaux de cuisines étouffantes, tandis que d'autres affrontaient le soleil brûlant pour aller puiser de l'eau lui était insupportable. Elle disait souvent à sa mère : "Je quitterai très bientôt cette misère et deviendrai riche."
Sa mère lui répondait toujours avec calme. Ma fille, je te le souhaite, mais sache que la vie n'est pas aussi facile et surtout elle est en perpétuel changement. Celui qui est pauvre aujourd'hui peut devenir riche demain et celui qui est riche peut tout perdre du jour au lendemain. Fais donc attention. Lania acquaçait sans vraiment écouter. Au fond d'elle, sa décision était déjà prise. Elle ne voulait plus de cette vie. Elle voulait s'en libérer, disparaître de cette réalité à tout prix.
Des années plus tard, elle se retrouva mariée à Stéphane, un simple ouvrier de chantier. Mais les choses n'avaient pas toujours été ainsi. Au début, Stéphane était un riche héritier. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'Ag l'avait épousé. Son père avait financé un mariage somptueux, digne des plus grandes familles. Ce jour-là, Lania se voyait déjà sortie de la misère, installé dans une vie de luxe. Elle était au comble du bonheur. Mais 3 ans après leur mariage, tout bascula. Le père de Stéphane fit faillite, victime d'une mauvaise gestion qui entraîna sa chute. Tous ses biens furent saisis. Incapable de supporter cette déchéance, il succat à une crise cardiaque.
Depuis lors, la vie de Lan avait viré à son pire cauchemar. Ils avaient déménagé dans un petit appartement perdu au cœur d'un quartier populaire. Stéphane, autrefois habitué au luxe, dû faire face à une réalité qu'il n'avait jamais connu. Il enchaîna les petits boulots, acceptant tout ce qu'il trouvait jusqu'à décrocher finalement un poste sur un chantier. Au début, Lania avait essayé de s'adapter. Le soir, elle cuisinait parfois du riz quand les moyens le permettaient et ils mangeaient ensemble dans cette pièce étroite qui contenait à la fois leurs espoirs et leurs limite. Mais peu à peu, elle commença à se sentir piégée dans une vie qu'elle n'avait jamais vraiment accepté. Chaque journée ressemblait à la précédente. Le même repas, le même homme épuisé, la même pièce étouffante et chaque fin de mois, ce propriétaire qui frappait à la porte sans jamais manquer au rendez-vous.
Un soir, alors qu'elle s'évanentait lentement, l'ania fixa Stéphane. C'est comme ça que notre vie va continuer ? Stéphane leva les yeux vers elle. Calme pour l'instant. Oui. Jusqu'à ce que ça s'améliore. Lania soupira agacé. Tu dis toujours ça jusqu'à ce que ça s'améliore. Mais ça va s'améliorer quand ? Stéphane resta silencieux un instant. non pas par indifférence, mais parce qu'il n'avait aucune réponse capable de la rassurer. Finalement, il murmura : "J'essaie." Et ce mot, "J'essaie, finit par l'irriter plus encore que la fin."
Malgré leur nouvelle vie dans ce quartier modeste, Lanfusait de se fondre dans le décor. Chaque fois qu'elle sortait, elle était impeccablement apprêtée. Elle avait conservé quelques vêtements de son ancienne vie et les portait avec fierté, défilant dans les ruelles comme si rien n'avait changé. Les habitants la regardaient, partagé entre amusement et moquerie. Avec le temps, il lui avait même donné un surnom, la lady des quartiers populaires. Mais Lan accordait presque aucun regard. Elle passait devant eux, le menton levé, comme si elle leur était supérieure.
Un soir, elle se tourna vers Stéphane. Écoute, ce weekend, il y a une sortie avec mes amis dans un restaurant en ville. C'est vrai que depuis qu'on est ruiné, je les évite, mais cette fois, je veux y aller. Elle marqua une pause. J'ai besoin d'argent. Stéphane soupira légèrement. Je n'ai pas grand-chose sur moi en ce moment. Attends que je sois payé. Lania se redressa aussitôt, irritée. Quoi ? C'est toujours la même chose avec toi. J'en ai marre. S'il te plaît, ne te fâche pas. donne-moi un peu de temps, je vais trouver une solution pour nous sortir de là. Il hésita puis ajouta : "En attendant, tu pourrais aussi lancer un petit commerce pour nous aider avec les dépenses." Lania le fixa choqué. "Ah, donc maintenant, ce n'est pas assez que je m'occupe de la maison parce que monsieur n'a plus les moyens de prendre une domestique. Il faut aussi que je commence à chercher de l'argent." Stéphane, agacé, leva la main pour couper court. "D'accord. D'accord, calme-toi. Je ne t'oblige pas. Il fouilla dans sa poche, sortit un billet et le lui tendit. Tiens. Lag regarda le billet. 5000 francs. Elle releva brusquement les yeux vers lui. C'est avec ça que je suis censé me déplacer, manger ou même prendre un cocktail. Oui, répondit Stéphane sèchement. Puis il ajouta : "Et s'il reste de la monnaie, tu me la rends." Le silence tomba. Lagania le fixa furieuse, puis se détourna sans un mot et quitta la pièce.
Le weekend venu, Lania retrouva ses amis dans un restaurant en ville. Cela faisait déjà 3 ans qu'elle évitait leur rencontre depuis qu'elle était ruinée. Alors, en la voyant, toutes furent ravies. Très vite, les questions commencèrent. Alors, vous avez réussi à vous relever ? Stéphane travaille toujours. Elles avaient toutes été témoins de son mariage luxueux. et de sa chute brutale. Lania esquissa un sourire nerveux. Oh oui, grâce à Dieu, tout va très bien. Stéphane a obtenu un bon poste dans une grande entreprise. Elle savait qu'elle mentait. Mais pour elle, le travail de chantier de Stéphane était une honte qu'elle refusait d'assumer.
Soudain, un bruit attira l'attention de tout le monde. Un vrombissement puissant. Une voiture de luxe venait de se garer devant le restaurant. Toutes les têtes se tournèrent. La portière s'ouvrit et Rita en sortit. Un silence s'installa. Rita était resplendissante, élégante et assurée. Elle semblait appartenir à un tout autre monde. Lania resta Boucheb. Aux dernières nouvelles, Rita n'était qu'une simple secrétaire. Comment pouvait-elle aujourd'hui rouler dans une voiture aussi luxueuse ? Une seule pensée traversa l'esprit de Lan. Elle aussi a-t-elle trouvé un homme riche. Mais avant qu'elle n'aille plus loin dans ses suppositions, Rita les rejoignit, souriante, visiblement heureuse de les revoir. Très vite, elle devint le centre de la conversation. Elle leur raconta comment récemment sa vie avait complètement changé, comment elle était devenue riche. Lania buvait chacune de ses paroles fascinée et captivée. Rita expliqua alors qu'elle avait rencontré un certain monsieur Chadas qui lui avait présenté une opportunité exceptionnelle. Grâce à lui, j'ai accès à un système qui me permet de gagner énormément d'argent. Il suffit d'un petit capital de départ. À l'évocation du mot investir, les autres se montrèrent sceptiques. Certaines échangèrent même des regards méfiants. Mais Lan, elle ne voyait plus rien d'autre. Et ça marche vraiment ? Demanda-t-elle presque trop vite. Bien sûr, répondit Rita avec assurance. C'est une entreprise internationale. Lorsque tu fais ton premier versement, tu dois attendre un minimum de 3 mois avant de faire ton premier retrait. Cependant, plus tu investis, plus ton gain augmente.
À la fin de la rencontre, tandis que les autres s'éloignaient, l'Agna rejoignit Rita près de sa voiture. "Je veux essayer", dit-elle sans hésiter. Rita sourit. Elle prit le téléphone de Lan, installa tout ce qu'il fallait puis lui donna le numéro de M. Chadas. Tu verras, ta vie peut changer très vite. Lania serra son téléphone dans sa main. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait l'impression de tenir une porte de sortie.
Une fois rentrée à la maison, Lania attendit le retour de Stéphane avec impatience. Lorsqu'il franchit enfin la porte, fatigué par sa journée de travail, elle ne lui laissa même pas le temps de s'installer. Stéphane, il faut que je te parle. J'ai découvert quelque chose, une vraie opportunité qui peut changer notre vie. Il la regarda surpris par son enthousiasme. Quelle opportunité ! Lania s'approcha presque excitée. Une amie à moi, Rita, m'en a parlé. Elle a rencontré quelqu'un, un certain monsieur Chadas. C'est un système d'investissement. Tu mets un peu d'argent, tu entres dans le réseau et ça génère des gains. Tu devrais voir sa vie aujourd'hui. Elle a complètement changé. À peine eut-elle terminé que Stéphane éclata de rire. Oh ma très chère épouse, la plupart du temps, ce genre de chos de l'arnaque. Tu vas investir ton argent dans du vent. Lagia fronça les sourcils vexé. Mais ce n'est pas vrai, je t'assure, j'ai une preuve vivante que ça marche. Je peux appeler Rita maintenant, elle va tout expliquer. Si seulement tu voyais à quel point sa vie a changé. Stéphane leva la main agacé. Non, ce n'est pas la peine. Je ne veux parler à aucune Rita. Et surtout, tu n'as pas intérêt à mettre notre argent dans cette histoire complètement farfelue.
Un silence s'installa. Lagia baissa légèrement les yeux. Mais à l'intérieur, sa décision était déjà prise. Je ne laisserai pas ce pauvre idiot me faire rater une telle opportunité. Le lendemain, elle conta prévu. Elle investit d'abord 30000 francs, le peu d'économie qu'elle avait réussi à mettre de côté. Deux jours plus tard, en consultant son téléphone, elle vit que son investissement avait doublé. Son cœur s'emballa. Excitée, presque tremblante, elle voulut immédiatement retirer l'argent. Mais Monsieur Chadas l' dit Suada avec assurance. Si tu retires maintenant, tu perds tout le potentiel. Laisse ton argent travailler. Investis encore si tu peux et attends au moins 3 mois. Là, tu verras vraiment la différence. Lania hésita à peine. Pour elle, ce n'était plus un risque. C'était le début de la vie qu'elle avait toujours voulu.
Dès lors, le comportement de Lan changea complètement. Chaque soir, lorsque Stéphane rentrait du travail, fatigué et affamé, il trouvait la maison silencieuse et surtout rien à manger. "Laia, il n'y a rien à manger ?" demandait-il, surpris. Elle répondait sans même le regarder. "L'argent de la popote ne suffit plus." Un autre jour, elle soupirait simplement. Je suis fatiguée, je ne peux pas cuisiner tous les jours. Les excuses se succédaient, changeant selon les jours, mais le résultat restait le même. Pendant près d'un mois, elle ne prépara plus aucun repas. Stéphane, épuisé par cette situation, finit par perdre patience. Ça suffit. Si tu ne cuisines plus, je ne te donnerai plus d'argent pour la popote. Lania protesta, éleva la voix, tenta de le faire changer d'avis, mais Stéphane resta ferme.
Ce qu'il ignorait, c'est que tout cet argent ne disparaissait pas par hasard. En réalité, Lan investissait chaque franc qu'elle recevait sur la plateforme de Monsieur Shadas. Et à chaque fois qu'elle vérifiait son téléphone, les chiffres augmentaient, son argent se multipliait, ses yeux brillaient. Il ne restait plus que deux mois avant de pouvoir récupérer ses premiers gains comme M. Chad lui avait conseillé. Deux mois seulement et elle pourrait enfin changer de vie. Les jours suivants, Monsieur Chadas l'appela et lui conseilla d'investir encore plus et autant de fois que possible et que cela n'allait faire qu'acroître ses gains. Elle décida donc d'investir encore plus. Mais une question s'imposa où trouver de l'argent maintenant que Stéphane ne lui donnait plus l'argent de Popote ? Puis soudain, une idée traversa son esprit. "Je pourrais vendre quelques affaires de la maison", pensa à-t-elle toute excitée. "De toute façon, quand je récupérerai mon argent, je pourrais tout racheter." Mieux que ça même.
Le lendemain, elle passa à l'action. Elle vendit d'abord la bouteille de gaz. Après tout, elle ne cuisinait plus. Stéphane achetait déjà à manger en rentrant. Puis elle prit l'argent et l'investit. Quelques jours plus tard, elle vendit ses bijoux, ce qui lui restait de sa vie passée. Ensuite, ce fut le tour du mini frigo. Peu à peu, la cuisine se vida. Mais Lania faisait attention, très attention. Elle s'assurait que Stéphane n'y mette jamais les pieds. Quand il demandait de l'eau, elle se précipitait pour la lui apporter. Quand il rentrait avec son repas, elle allait elle-même chercher les couverts. Et après qu'il ait fini de manger, elle débarrassait immédiatement. Tout était calculé, tout était contrôlé. Elle ne devait surtout pas se faire découvrir. Pendant de semaines, elle réussit à maintenir cette illusion.
Mais un soir, tout bascula. Stéphane rentra plus tard que d'habitude. Épuisé, Lagia s'était déjà endormie. Il ne la réveilla pas. En silence, il se dirigea vers la cuisine pour prendre un verre d'eau et resta figé, le regard vide. Qu'est-ce que La cuisine était méconnaissable ? Plus de gaz, plus de frigo, plus rien. Tout avait disparu. Oh mon dieu ! En entendant le cri de Stéphane, Lania se réveilla en sursaut et accourut vers la cuisine. Mais où sont passés les équipements ? Lança Stéphane encore sous le choc. Lagania s'arrêta net, balaya la pièce du regard et porta brusquement la main à sa bouche, feignant la stupeur. "Oh mon dieu, mais c'est incroyable !" balbussia-t-elle. "Des voleurs, ce sont sûrement des voleurs." Je me suis endormie en t'attendant et et j'ai dû laisser la porte ouverte. Stéphane se redressa inquiet. "Quoi ? Si c'est vrai, alors on n'est pas du tout en sécurité ici." Il passa une main sur son visage, nerveux. Demain, je vais me plaindre au propriétaire et au chef du quartier. Oui, bien sûr, répondit la gnaia d'une voix douce. Nous allons nous plaindre. Stéphane vérifia soigneusement les serrures avant de retourner se coucher avec elle, encore troublée par ce qu'il venait de découvrir.
Le lendemain, lorsqu'il exposa la situation au chef du quartier, celui-ci l'écouta avec attention, visiblement surpris. "Ce genre de chose peut arriver, mais c'est étrange," dit-il finalement. Cela fait des années qu'on a plus eu de vol ici. Ces paroles restèrent dans l'esprit de Stéphane sans qu'il ne puisse vraiment en tirer de conclusion. De son côté, Lan décida de calmer le jeu. Elle évita toute action précipitée, se montrant plus discrète, presque irréprochable. Les jours passèrent, puis les semaines. Et très vite, il ne restait plus qu'une semaine. Une seule semaine avant qu'elle ne puisse récupérer son argent. Chaque jour, elle consultait son téléphone, fascinée par les chiffres qui s'affichaient à l'écran. Plus elle regardait, plus son cœur s'emballait. Bientôt, je serai riche.
Un après-midi, son téléphone sonna. C'était monsieur Chadas. Lan, tu es presque arrivé au bout. Encore un petit effort et tu pourras récupérer des gains importants. C'est la dernière ligne droite. Surtout ne t'arrête pas maintenant. Sa voix était calme, rassurante, convaincante, continue d'investir jusqu'au dernier moment. C'est là que tout se joue. Après avoir accroché, Lan immobile, le regard fixé sur son téléphone. Puis une idée s'imposa à elle. Je peux encore investir encore un peu. Elle commença à réfléchir, cherchant une nouvelle source d'argent. Son regarda lentement sur la télévision. Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Je pourrais la vendre. Elle se redressa déjà convaincue. Je dirais encore que ce sont des voleurs. Et quand je récupérerai tout mon argent, Stéphane comprendra. Il sera même heureux. Il oubliera tout. À cet instant, pour Lania, il n'y avait plus de doute. Elle ne voyait plus le danger, seulement la promesse d'une richesse imminente.
Le lendemain, Lania informa Stéphane qu'elle devait-elle aussi sortir dans l'après-midi pour aller au marché. Il ne posa pas de questions et partit travailler comme d'habitude. Lorsqu'il rentra le soir, fatigué, il posa les yeux puis se figea. La télé, elle est où ? Lan, déjà préparé, se retourna brusquement vers lui, l'air complètement déboussolée. Oh mon chéri, cette fois ils sont venus en plein jour. J'étais au marché tout l'après-midi. Je croyais pourtant avoir bien fermé la porte. Stéphane serra les dents, visiblement à bout. Mais bon sang, qu'est-ce qui se passe dans ce quartier ? Il fit quelques pas dans la pièce, nerveux avant de lâcher. Cette fois, ça suffit. Je vais aller voir la police. Le cœur de l'Agna se mit à battre violemment. Quoi ? La police pour pour cette vieille télé ? Non, ce n'est pas la peine, mon chéri. Ce serait exagéré. On va juste se ridiculiser. Stéphane se tourna vers elle, le regard plus dur. Même si c'est une vieille télé, je l'ai acheté à la sueur de mon front. J'ai le droit de porter plainte si on me vole constamment. Il marqua une pause puis ajouta plus lentement. Et puis tu ne trouves pas ça bizarre toi ? On dirait que les voleurs ne s'intéressent qu'à notre maison. Un silence s'installa. Lania sentit une tension montée en elle mais elle força un sourire et s'approcha de lui. Écoute, oublie tout ça. Le mieux, c'est qu'on cherche à quitter ce quartier. Ce n'est plus sûr pour nous. Stéphane la fixa un instant comme s'il pesait ses mots. Puis il soupira. Tu as peut-être raison. Mais au fond de lui, quelque chose l'inquiétait.
Cette nuit-là, Stéphane ne ferma pas l'œil. Allongé dans le lit, il repensait à tout ce qui venait de se passer et une idée s'imposa peu à peu à lui. Il devait absolument ouvrir un compte bancaire et rapidement. En effet, ce que Lan ignorait, c'est que Stéphane cachait de l'argent. Depuis trois ans, malgré les difficultés du quotidien et la pression constante à la maison, il avait réussi à économiser un peu plus d'un million de francs. Cette somme n'était pas tombée du ciel. Elle était le fruit de nombreux sacrifices, de journées épuisantes passées sur les chantiers et de privation qu'il s'imposaient en silence. Au fil du temps, Stéphane avait commencé à développer un véritable intérêt pour son travail. Ce qui n'était au départ qu'un simple moyen de survivre était devenu une passion discrète. Il observait, apprenait, comprenait les techniques et peu à peu, une ambition était née en lui. Il voulait se former davantage, pousser ses connaissance plus loin et devenir ingénieur. Mais pour atteindre cet objectif, il devait encore économiser, encore patienter. Chaque franc comptait, chaque effort avait un sens. Par prudence, il avait choisi de cacher cet argent à l'intérieur du matelas. Il ne l'avait jamais mentionné à non pas par manque de confiance totale mais parce qu'il connaissait son rapport à l'argent. Il craignait qu'elle ne voit cette somme comme une opportunité immédiate de dépenses plutôt que comme un projet à long terme. Alors il s'était tu gardant ce secret pour protéger son avenir. Mais désormais la situation avait changé. Les vols répétés avaient brisé le sentiment de sécurité qu'il avait encore. Il ne pouvait plus se permettre de prendre un tel risque. Il savait qu'au moindre faux pas, tout ce qu'il avait construit pourrait disparaître. Cette fois, il devait agir. Le lendemain, il irait ouvrir un nouveau compte et y déposer toute la somme. C'était une décision nécessaire, presque urgente, car il n'avait plus droit à l'erreur.
Le lendemain, arrivé sur le chantier, Stéphane n'arrivait pas à se concentrer. Les événements de la veille tournaient en boucle dans sa tête. Vers midi, il demanda une permission afin de se rendre à la banque pour entamer les démarches d'ouverture de compte. Il voulait sécuriser son argent au plus vite. En chemin, alors qu'il avançait d'un pas pressé, il tomba sur Madaline, la grande commer du quartier, connue pour ne rien laisser passer. "Eh monsieur Stéphane, comment allez-vous ?" lança-t-elle avec son habituel sourire curieux. Stéphane soupira légèrement. Pas très bien madame. Ce qui se passe dans le quartier en ce moment me dépasse. Et le pire, c'est qu'on dirait que ces voleurs ne s'en prennent qu'à ma maison. Madaline le fixa un instant, puis s'approcha de lui avec un air malicieux. Écoute, mon cher, soit tu es vraiment aveugle, soit tu fais semblant de ne rien comprendre. Stéphane frança les sourcils. Comment ça ? Elle baissa légèrement la voix comme pour savourer l'effet de ces mots. Il n'y a aucun voleur dans ce quartier. Un silence s'installa. Je ne comprends pas", répondit Stéphane de plus en plus perplexe. Madaline ossa les épaules. Je vais être clair. C'est ta femme. C'est elle qui vend toutes ces affaires qui ont disparu. Stéphane la regarda incrédule puis laissa échapper un léger rire nerveux. "Non, vous allez trop loin." "Pourquoi elle ferait ça ?" "Je ne sais pas pourquoi, ni ce qu'elle fait avec l'argent", répondit Madaline calmement. "Mais je peux t'assurer que c'est bien elle." Et je te le répète, il n'y a aucun voleur. Les mots raisonnèrent dans l'esprit de Stéphane. Peu à peu, son expression changea. Le doute s'installa, puis quelque chose de plus lourd. Madaline croisa les bras, presque fière. Dans ce quartier, rien ne m'échappe. Je vois tout, je sais tout. Mais dès que je parle, on me traite de commer. Alors maintenant, je garde souvent ça pour moi. Stéphane avala difficilement sa salive. Ce ce n'est pas possible, murmura-t-il. Puis, sans attendre, il se retourna brusquement et rebroussa chemin. Le cœur battant, l'esprit en ébullition. Il faut que j'aille lui demander. Derrière lui, Madaline éclata d'un petit rire et lança d'une voix moqueuse. Oui, cours vite mon cher. Sinon, avant même que tu arrives chez toi, elle aura vendu même le toit de votre maison. Stéphane accéléra le pas, puis il se mit presque à courir.
Une fois arrivé à la maison, Stéphane trouva Lania dans le salon. Elle fut surprise de le voir rentrer à une heure aussi inhabituelle. Ah, tu es déjà rentré ? Mais Stéphane, submergé par la colère, ne prit même pas le temps de répondre normalement. Il alla droit au but. Lania, dis-moi la vérité. Est-ce que c'est toi qui a vendu nos affaires ? Est-ce que toute cette histoire de voleur, c'était un mensonge ? Pris de cours, Lania resta figée un instant. Son regard vacilla et sa voix trembla légèrement. Oui, c'est moi. Mais laisse-moi t'expliquer. Elle n'eut pas le temps de continuer. Mais bon sang, explosa Stéphane. Qu'est-ce qui te passe par la tête ? Pourquoi tu as fait ça ? Est-ce que ça te fait plaisir de me faire souffrir ? Lania recula légèrement. Déstabilisé ? Non Stéphane, s'il te plaît, calme-toi, laisse-moi t'expliquer. Elle reprit son souffle, puis dans un élan désespéré, elle lui raconta tout. Elle parla de Rita, de Monsieur Shadas, de l'investissement et lui montra même sur son téléphone les chiffres qui s'affichaient à l'écran. Regarde, tout l'argent que j'ai investi a augmenté. Dans 3 jours, je pourrais tout récupérer avec les intérêts. On va s'en sortir, tu verras. Stéphane resta silencieux un instant, comme vidé. Il inspira profondément, tentant de contenir la tempête qui montait en lui. "Mais je t'avais clairement demandé de ne pas mettre de l'argent dans cette histoire", dit-il d'une voix plus basse, mais chargé de tension. "Pourquoi tu m'as désobéi ? Pourquoi tu fais toujours ce que tu veux ? Est-ce que ma parole n'a plus aucune valeur à tes yeux ?" Sa voix se brisa légèrement, mais il continua. Tout ça parce que je n'ai plus autant d'argent qu'avant. Pourtant, malgré tout ce qu'on a perdu, je ne t'ai jamais abandonné. Je me suis battu. J'ai accepté n'importe quel travail pour qu'on puisse tenir. Moi qui vivais dans le luxe avant, j'ai fait tout ça pour rester digne à tes yeux et aujourd'hui, tu me déçois profondément. Lagia a senti la panique montée. Non, s'il te plaît, ne dis pas ça. Tout ce que j'ai fait, c'est pour nous. Dans trois jours, on aura assez d'argent pour quitter ce quartier misérable. Tu vas voir, tu vas même me féliciter. Stéphane releva brusquement la tête. Te féliciter, répéta-t-il avec amertume. Tu es si naïve que ça ? Tu crois vraiment que gagner de l'argent est aussi facile ? Tu crois vraiment que tu vas récupérer tout ce que tu as investi ? Il secoua la tête désabusé. Très bien, on verra. À bout de force, incapable d'en entendre davantage, il tourna les talons et quitta le salon, laissant la gna seule figée, les yeux remplis de larme.
Mais avant même que la nian ait le temps de laisser couler ses larmes, un cri déchirant retentit depuis la chambre. C'était Stéphane. Elle se précipita aussitôt. En entrant, elle le découvrit à genoux, les deux mains agrippées à sa tête, complètement effondré. Les larmes coulaient sur son visage sans qu'il ne cherche à les retenir. "Oh mon dieu ! Lania ! Où est passé le matelas ?" demanda-t-il d'une voix brisée. Lania resta un instant figé puis répondit presque mécaniquement. Ah oui, c'est vrai. J'allais dire qu'on nous l'avait volé, mais puisque tu sais déjà tout, je l'ai vendu ce matin après ton départ. De toute façon, ce matelas était vieux. J'ai même eu du mal à le vendre à 35000 francs. L'argent est là. J'allais justement l'investir sur le site de Monsieur Chadas. Stéphane releva lentement la tête, le regard vide, comme s'il n'avait pas encore pleinement compris ce qu'il venait d'entendre. "Tu tu as vendu même notre lit conjugal ?" murmura-t-il. Sa voix trembla. Lagania, tu m'as détruit. Il éclata en sanglot, incapable de se contenir. Qu'est-ce que je vais devenir ? Lagia fronça les sourcils perdu. Mais pourquoi tu réagis comme ça ? Stéphane se redressa brusquement, les yeux rouges, la voix chargée de douleur. Parce que toutes mes économies étaient dans ce matelas. Un silence lourd tomba. Lagania porta lentement la main à sa bouche sous le choc. "Comment ça tes économies ?" "Oui", cria-t-il hors de lui. "Oui, j'ai caché mon argent dans ce matelas, espèce d'inconsciente. Plus d'un million de francs, plus d'un million contre tes misérables 35000." Lania recula d'un pas, complètement déstabilisé. "Quoi ? Tu avais une somme pareille ici ? Et tu ne m'as rien dit ?" Stéphane la fixa incrédule. Et tu oses me poser cette question ? Regarde ce que tu es en train de faire. Est-ce que tu penses vraiment que tu méritais de le savoir ? Ces mots tombèrent comme des coups. Avant même qu'elle ne puisse répondre, il reprit d'un ton ferme : "Donne-moi immédiatement les 35000 francs et tu vas me conduire là où tu as vendu ce matelas." Lan aazourdi, n'eut pas la force de protester. Sans dire un mot, elle s'exécuta une fois devant le commerçant à qui avait vendu le matelas, elle resta silencieuse, incapable de soutenir le regard de qui que ce soit. Elle laissa Stéphane prendre la parole. S'il vous plaît, monsieur, ma femme ne m'a pas consulté avant de vendre ce matelas. Je vous en prie, laissez-moi le récupérer. Reprenez votre argent. Il lui tendit les trq mille francs, la main légèrement tremblante. Le commerçant le regarda, agacé, puis grogna. Vous vous croyez où ? Ce matelas m'appartient maintenant. Je l'ai acheté, donc je le revends au prix que je veux. Ce n'est plus 35000. Stéphane sentit son cœur se serrer. Il fouilla rapidement dans sa poche, sortit un billet supplémentaire et le lui tendit. Je vous en supplie, monsieur, je n'ai pas plus. Prenez ça, c'est juste pour le dérangement. Laissez-moi récupérer mon bien. Le commerçant hésita, observa l'argent puis finit par céder dans un soupir. Bon, prends-le. Mais que ça ne se reproduise plus. Sans attendre, Stéphane récupéra le matelas comme s'il s'agissait de quelque chose de bien plus précieux qu'un simple objet.
De retour à la maison, il ne perdit pas une seconde. Il ouvrit le matelas avec précaution, le cœur battant, puis vérifie à l'intérieur. L'argent était toujours là. Tout un long soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Ses épaules se relâchèrent comme si un pois immense venait de tomber. Le lendemain matin, bien avant le lever du soleil, Stéphane était déjà debout. Sans perdre de temps, il se rendit à la banque et déposa toute la somme. Cette fois, son argent était en sécurité.
Une fois rentré le soir, Stéphane ne lui adressa même pas la parole. Le silence entre eux était lourd, presque étouffant. Lorsqu'il alla se coucher, Lanna tenta de le suivre, mais il est pas net. Non, tu ne dormiras pas sur mon matelas. Ce soit-disant vieux matelas que tu as vendu sans le moindre scrupule. Il est hors de question que tu t'y allonges et d'ailleurs, je n'ai même pas envie de te voir. Va dormir au salon comme hier. Sa voix était froide sans appel. Lagia s'exécuta sans un mot. La tension était palpable. Chacun de son côté, enfermé dans ses pensées. Stéphane, allongé sur le lit, fixait le plafond, incapable de trouver le sommeil. Malgré la fatigue, son esprit refusait de se calmer. Les images de la journée d'hier revenaient sans cesse. Soudain, un moustique se mit à bourdonner autour de lui. Il tenta de le chasser d'un geste agacé, puis murmura avec amertume. Cette femme a sûrement vendu la moustiquaire aussi. Il soupira profondément. Oh mon Dieu, qu'est-ce que je vais faire d'elle ? Dans le salon, Lania, elle avait les yeux ouverts, plongé dans une autre forme de tourment. Elle souffrait de la situation, du rejet, du regard de Stéphane, mais au fond, une pensée dominait toutes les autres. Elle attrapa son téléphone et fixa l'écran. Demain, je vais enfin récupérer tout mon argent. Un faible espoir éclautre qu'il me croira enfin et me pardonnera. Elle serra son téléphone contre elle comme si toute sa vie en dépendait.
Le lendemain matin, Lanna tenta de contacter M. Chad, mais à sa grande surprise, le numéro ne passait plus. Elle réessaya plusieurs fois, encore et encore, tout au long de la journée, sans succès. Le jour suivant, c'était pareil. Toujours rien. Une inquiétude sourde commença à s'installer en elle. Oh non ! Et si Stéphane avait raison depuis le début, paniqué, elle chercha une autre solution et décida d'appeler Rita. Mais là encore, le numéro ne passait pas. Comme par enchantement, elle semblait avoir disparu aussi. Son cœur se mit à battre plus vite. Elle appela alors une autre amie présente ce jour-là au restaurant. Dès qu'elle lui expliqua la situation, celle-ci éclata de rire. Attends, tu as vraiment investi dans ce truc ? Tu étais si désespéré que ça ? Franchement, ça sentait l'arnaque dès le départ. Lania sentit la honte l'envahir. Elle ne savait même plus quoi répondre. Les jours passèrent et la situation ne changea pas. Ni monsieur Chadas ni Rita ne donnaient signe de vie. À ce stade, il n'y avait plus de doute possible. Elle s'était faite arnaquer et son mari avait raison depuis le début. Elle repensa à tout ce qu'elle avait fait. l'argent investi, les objets vendus, les mensonges. Tout avait été envoyé à travers ce site sans aucune preuve de transfert direct vers cet homme qu'elle n'avait même jamais vu. "Je suis une idiote", murmura-t-elle avant d'éclater en sanglot.
Le soir, lorsque Stéphane rentra du travail, il la trouva en pleur. Malgré tout ce qui s'était passé, il ne put s'empêcher de s'approcher d'elle. "Pourquoi tu pleures ?" Lagia leva vers lui un regard rempli de regrets. Pardonne-moi, je t'en supplie, tu avais raison sur toute la ligne. Je m'en veux tellement. Ses sanglots redoublèrent. Stéphane resta un instant silencieux, puis malgré la douleur et la déception, il finit par la prendre dans ses bras. D'accord. Maintenant que tu as compris ton erreur, je te pardonne, mais j'espère que ça te servira de leçon. Lagocha la tête, toujours en larme. Je te le promets, je ne recommencerai plus jamais. Stéphane ne répondit pas tout de suite. Il voulait la croire, mais quelque chose en lui restait méfiant.
Les jours qui suivirent furent étonnamment paisibles. Contre toute attente, l'ania changea complètement d'attitude. Désormais, c'était elle-même qui demandait de l'argent pour préparer les repas. Un jour, Stéphane la regarda en souriant et lança. Moqueur ! Mais vu que tu as vendu le gaz, tu comptes cuisiner comment ? Lania, un peu gêné, esquissa un léger sourire. Je vais me débrouiller, ne t'inquiète pas. Stéphane lui remit l'argent sans discuter, curieux de voir ce qu'elle allait faire. Et effectivement, Lania se mit à cuisiner au feu de bois. Au début, ce n'était pas facile. Elle tâonnait, faisait des erreurs, se brûlait parfois même. Mais avec le temps, elle apprit. Elle s'adapta et chaque soir, lorsque Stéphane rentrait du travail, des repas chauds et copieux l'attendaiit. Peu à peu, une certaine stabilité revint dans leur foyer.
Un soir, après le dîner, Lannie a pris la parole un peu hésitante. J'aimerais commencer un petit commerce pour t'aider avec les dépenses. Stéphane leva les yeux, surpris. Tu es sûr ? La dernière fois, tu avais refusé. Elle hoa la tête. Oui, cette fois, je veux le faire. J'ai besoin de me sentir utile, mais je ne sais pas vraiment quoi vendre. Stéphane esquissa un sourire malicieux. En tout cas, tout sauf les affaires de la maison, l'ania lui lança un regard faussement vexé. Oh, arrête de me taquiner. Puis Stéphane reprit plus sérieux. Écoute, je pense savoir ce qui pourrait te convenir. Tu pourrais vendre des vêtements de Free Prix. Tu aimes la mode, tu sais bien associer les tenues et avec les réseaux, tu pourrais vraiment t'en sortir. Les yeux de l'Agna s'illuminaire. Oh mais c'est une excellente idée. Merci, je te promets de me donner à fond. Stéphane l'aida à réunir un petit capital et elle commença modestement avec un simple stand dans le quartier. Les débuts furent difficiles mais cette fois Lania ne cherchait pas de raccourci. Elles travaillaient, apprenaient, persévérait.
5 ans plus tard, leur vie avait complètement changé. [musique] Le couple avait déménagé dans un quartier plus confortable. Stéphane avait enfin pu suivre sa [musique] formation et était devenu ingénieur en bâtiment. Quant à Lan, enceinte de leur deuxième enfant, [musique] elle gérait désormais un grand magasin de frerx. Son activité avait tellement évolué qu'elle vendait [musique] maintenant ses marchandises en balle à d'autres revendeurs. Elle était heureuse, mais surtout elle avait compris. Les paroles que [musique] sa mère lui répétait autrefois prenaient enfin tout leur sens. La vie n'est jamais aussi simple qu'on le pense et elle change constamment. [musique] Celui qui est pauvre aujourd'hui peut devenir riche demain et celui qui est riche peut tout perdre en un instant. Cette [musique] fois, Lania ne cherchait plus à fuir la réalité. Elle savait désormais que si elle voulait une vie confortable, elle devrait [musique] travailler dur pour l'obtenir. Merci d'avoir regardé. Si vous avez aimé ce récit, laissez un pouce bleu pour soutenir la chaîne. N'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche pour ne pas manquer les prochaines histoires. Ah. M.