Transcription
Madame la Présidente, Madame la Première Ministre, mes chers collègues,
Ce débat sur l'immigration qui vient ouvrir une séquence législative, législative puisque le gouvernement a annoncé un texte à la rentrée, et pour nous un débat fondamental parce qu'il porte sur l'un des phénomènes majeurs de la seconde moitié du 20e siècle, appelée à s'aggraver encore dans les décennies d'instabilité à venir.
Pour les personnalités politiques qui savent s'extraire des polémiques subalternes, qui sont capables de voir loin et haut, qui portent en elle l'intérêt national, la question de l'immigration est centrale. Le phénomène de l'émigration, personne ne peut en mésestimer l'aspect humain, les tragédies et les souffrances que l'arrachement à une terre ancestrale, à sa culture, aussi induit. Nous sommes bien placés, avec l'échec de l'assimilation et même de l'intégration, pour connaître les contraintes et les exigences que le réenracinement dans un nouveau pays peuvent engendrer.
Pour les hommes d'État, comme demain pour les historiens, l'immigration soulève plus largement la question des grands flux démographiques qui doivent impérativement, sous peine de crise, de tension ou de drames, être régulés par les États souverains. L'histoire du monde tient souvent en une donnée : la démographie. La prospérité des pays, comme les équilibres du monde, l'harmonie des sociétés, comme la pérennité des ressources planétaires en dépendent. La seule Afrique passera entre 1950 et 2100 de 227 millions d'habitants à 4,5 milliards. Pour ces pays, c'est un défi considérable. Pour les nôtres, c'est un défi encore plus grand parce que l'immigration anarchique et massive signifie la fin de nos équilibres sociaux, une atteinte à l'harmonie culturelle de nos pays, la contestation de nos valeurs et parfois de nos libertés, et à la fin, un risque pour la sécurité et même la paix civile.
Situation dramatique que connaît aujourd'hui Mayotte. Tous les voyants sont au rouge. Des quartiers entiers des villes, voir des départements comme la Seine-Saint-Denis, sont en passe de devenir des zones étrangères. Un ancien ministre de l'Intérieur, fondateur du mouvement présidentiel, vous a avertis à deux reprises, mais vous n'écoutez même plus les paroles de bon sens et de courage qui émanent désormais de vos propres rangs.
Avec une vision quasi coloniale, vous continuez à vouloir que les problèmes de l'Afrique se règlent en Occident, en brandissant une veine culpabilisation de nos sociétés. Vous nous expliquez que nos pays seraient tenus d'accueillir les populations du monde victimes d'insécurité économique, climatiques ou politiques. Pourquoi des populations de culture moyen-orientale devraient-elles être accueillies à Saint-Lys ou à Kayak et pas dans les monarchies pétrolières cousines, dont les richesses par habitant atteignent des niveaux indécents ? Pourquoi ne pas admettre que réfugiés ou réfugiées à rentrer chez eux une fois la crise dans leur pays passée ? Ne pas reconnaître le scandale actuel du droit d'asile que nous subissons depuis 30 ans.
Cela fait 5 ans que vous êtes au pouvoir, 5 ans que l'action publique en matière de contrôle de l'immigration s'affaisse, comme en témoigne l'effondrement de l'exécution des OQTF, le cafouillage de la gestion des migrants de l'Ocean Viking ou le chaos migratoire à Paris. Il est vrai que déjà en 2015, le ministre Emmanuel Macron déclarait que les réfugiés constituaient une opportunité économique et appelait à ne pas gouverner au sondage. Et tant pis pour le peuple français qui paie dans ses rues, ses écoles, ses hôpitaux et ses prisons le prix de votre incurie.
La réalité, c'est qu'aucun pays n'a montré autant de générosité que la France depuis 40 ans. Elle s'y est même ruinée. Elle n'en a plus les moyens, alors que partout les services publics sont exsangues. Nous n'avons plus rien à partager que des difficultés économiques et sociales, que des problèmes sécuritaires et des menaces d'embrasement. Nous sommes entrés sous la présidence d'Emmanuel Macron dans des logiques de pénurie, de restriction, de rationnement, de rupture énergétique, en bref, de tiers-mondialisation accélérée. Comment peut-on, dans ce malheureux état, prétendre jouer les généreux donateurs ou les sauveurs du monde ?
La question de l'immigration est un océan de mensonges, de manipulation, de non-dits et de culpabilisation permanente. Mensonge et manipulation quand, après nous avoir expliqué faussement que l'immigration était arrêtée depuis 1974, les campagnes de propagande d'État ont proféré qu'elle était une chance pour la France. Aujourd'hui, tout est fait pour l'invisibiliser, pour faire croire qu'elle n'existerait pas ou, pire, qu'elle serait inéluctable. Non-dits et culpabilisation quand les pouvoirs publics s'ingénient à manipuler le nombre de clandestins en recourant à des régularisations incessantes, celui des étrangers par des naturalisations massives, à nier le poids écrasant de l'immigration dans l'explosion de l'insécurité, dans le mode d'évaluer le nombre d'illégaux présents sur le territoire. On refuse d'estimer l'impact social de l'immigration ou d'en déterminer le coût total.
La vérité, c'est que les immigrationnistes sont conscients que les peuples attachés à leur culture et à leur mode de vie, ces peuples qui ont encore un instinct de vie ou de survie, qui ont combattu durant des siècles pour leur liberté et leurs valeurs, ne veulent pas de cette submersion. Pour les dirigeants français ou européens, habités par une vision globaliste qui chaque jour se fracasse sur la recomposition du monde, l'immigration n'est pas un problème mais un projet. Un projet qu'il faut imposer aux peuples par le mensonge, par parfois par l'omission, par la manipulation et par la politique du fait accompli.
Permettez-moi une confidence : je préfère encore des immigrationnistes assumés, comme nos collègues de La France Insoumise et leur projet faussement humaniste mais sans équivoque de créolisation, aux immigrationnistes honteux qui peuplent la vie politique depuis 40 ans. Ces partisans du laisser-aller et du laisser-passer qui s'abritent derrière des discours prétendument fermes pour laisser se poursuivre en soumises la submersion de nos pays, qui s'abritent derrière des motifs pseudo-humanitaires pour laisser se dérouler devant nos yeux un gigantesque trafic d'êtres humains.
Vous l'avez compris, et compris depuis longtemps : ceci n'est pas notre projet. Nous croyons aux nations et aux peuples. Nous croyons que les hommes sont des êtres qui se définissent par des filiations et des affiliations, des allégeances et des interdépendances, des histoires personnelles et collectives qui font d'eux des êtres d'affection familiale, d'appartenance culturelle, d'attachement national. Ils ne sont pas, comme vous le professeur des "anywhere", selon la formule de David Goodhart, des nomades destinés à errer dans un monde indifférencié, des créatures interchangeables. Ils ne peuvent résumer leur vie à des actes de production et de consommation. Il n'est de pire faute morale que de déraciner quelqu'un, de le priver de son histoire, de sa mémoire ou de sa terre.
C'est pourquoi nous pensons que la migration est la dernière des solutions. Cela signifie que le monde, et pas seulement l'Europe, doit s'engager dans une politique d'aide au développement des pays pauvres. Une aide au développement qui profite réellement à leurs habitants et non à leurs dirigeants corrompus. Cela signifie que la question des réfugiés doit être traitée régionalement, dans le cadre de cités d'accueil, installées au pourtour des zones en crise. Nous devons cesser d'admettre ces détournements du droit d'asile qui en ruinent la pertinence juridique. Et parce que le message doit être celui de la fermeté, les régularisations doivent être prohibées.
Le droit de vivre selon nos lois et nos coutumes, selon nos rites et nos modes de vie, que nous reconnaissons aux peuples du monde, nous le revendiquons pour nous, tout comme nous revendiquons le droit à la continuité historique, le droit de vivre conformément à nos valeurs de civilisation, conformément à notre conception de la vie et de l'homme. C'est pourquoi nous réclamons une grande loi de régulation de l'immigration, à l'image de ce qui se fait au Danemark.
D'après les premiers éléments que nous avons, il apparaît que nous ne retrouverons rien de cela dans votre projet, futur projet de loi. C'est un énième texte placebo qui n'a pour objet que de tenter de faire croire aux citoyens distraits que vous agissez, alors que la situation migratoire est plus que jamais hors de contrôle. Un texte loin de réguler le flux migratoire, ouvre, avec le prétexte des métiers en tension, de nouvelles voies d'entrée frauduleuses ou des régularisations massives. Tout cela se faisant à la demande d'un patronat sans scrupule, toujours avec le même argument : les Français seraient un peuple de feignants et de réfractaires, alors que c'est votre immigrationnisme qui porte en lui-même le déclassement, les salaires bas et l'affaissement dramatique de la productivité des emplois.
Nous nous refusons de voir ainsi le trafic des hommes légalisé. Nous refusons de voir d'autres pays submergés quand, dans le même temps, tant de jeunes Français se sentent obligés de quitter notre pays. Les Français sont très majoritaires à penser que l'immigration doit cesser. Ils sont également très majoritaires à penser que ce gouvernement est incapable de juguler ce fléau. J'ai proposé, durant la dernière campagne présidentielle, un projet de référendum sur cette question. Il est urgent, nécessaire et surtout démocratique que le peuple français puisse enfin se prononcer sur cette question fondamentale.
[Applaudissements]