Transcription
D'impuissance, le roi doit reconnaître qu'il n'est pas vraiment souverain, qu'il n'est pas libre de ses décisions, qu'il n'a pas la possibilité de sauver la vie d'un homme. Le roi ne peut rien contre ses conseillers ; il domine sur lui.
Ou encore, toujours dans le même chapitre, au chapitre 38, les versets 24 à 26 : le roi vient voir Jérémie en cachette et il dit : « Personne ne sache rien de ces discours, et tu ne mourras pas. Si les chefs apprennent que je t'ai parlé et s'ils viennent te dire : "Rapporte-nous ce que tu as dit au roi et ce que le roi t'a dit, ne nous cache rien, et nous ne te ferons pas mourir", tu leur répondras : "J'ai supplié le roi de ne pas me renvoyer dans la maison de Jonathan, de peur que j'y meure." » Tous les chefs vinrent auprès de Jérémie et le questionnèrent. Il leur répondit entièrement comme le roi l'avait ordonné. Ils gardèrent alors le silence et se retirèrent, car la chose ne s'était pas répandue.
Ainsi, nous voyons que le roi tremble devant ses conseillers. Il tremblait aussi devant d'autres hommes, et notamment devant les Juifs qui avaient choisi de rester fidèles au roi de Babylone. Lorsque Jérémie conseille au roi Sédécias de se rendre, de capituler puisqu'il s'est révolté contre Babylone, Jérémie lui dit : « Va au-devant du roi, rends-toi. » Le roi répond dans Jérémie 38, verset 17 à 20 : « Ainsi, pardon. » Jérémie dit alors à Sédécias : « Ainsi parle l'Éternel, le Dieu des armées, le Dieu d'Israël : Si tu vas te rendre aux chefs du roi de Babylone, tu auras la vie sauve, et cette ville ne sera pas brûlée par le feu ; tu vivras, toi et ta maison. Mais si, si tu ne te rends pas aux chefs du roi de Babylone, cette ville sera livrée entre les mains des Chaldéens, qui la brûleront par le feu, et toi, tu n'échapperas pas à leurs mains. » Le roi Sédécias dit à Jérémie : « Je crains les Juifs qui sont passés aux Chaldéens ; je crains qu'on ne me livre entre leurs mains et qu'il ne m'outrage. » Jérémie répondit : « On ne te livrera pas. Écoute la voix de l'Éternel dans ce que je te dis ; tu t'en trouveras bien, et tu auras la vie sauve. »
Il tremble devant ses conseillers, il tremble devant ses adversaires. D'où vient cette crainte ? D'où vient cette faiblesse, cette impuissance ? Elle vient de ce qu'il ne se confie pas en Dieu. L'homme qui se confie en Dieu ne tremble pas devant les hommes ; il n'a pas peur, même des plus puissants. Si cet homme s'était confié en Dieu, il aurait pu diriger la destinée de son pays, et nous voyons qu'il y avait à ce moment-là encore une possibilité de sauver Jérusalem de la destruction totale. Le prophète Jérémie le lui a conseillé, mais nous voyons bien que Sédécias ne veut pas se confier au Seigneur.
2 Chroniques 36, verset 11 à 13 : Sédécias avait 21 ans lorsqu'il devint roi, et il régna 11 ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, son Dieu, et il ne s'humilia point devant Jérémie, le prophète, qui lui parlait de la part de l'Éternel. Il se révolta même contre le roi Nébucanézar, qui l'avait fait jurer par le nom de Dieu, et il raidit son cou et endurcit son cœur au point de ne pas retourner à l'Éternel, le Dieu d'Israël.
Et nous avons remarqué au cours de ces études que tous les rois qui se détournaient du Seigneur, eux tremblaient soit devant les hommes, soit devant les idoles. Ainsi, Sédécias n'a pas profité de l'exemple de piété que lui avait donné le roi Josias, son père. Il avait auprès de lui un prophète, le prophète Jérémie, et nous voulons voir maintenant comment étaient ses relations avec ce dernier serviteur de Dieu, celui qui apportait la Parole de Dieu. Essayons de voir dans le prophète Jérémie ce que nous pouvons apprendre de ses relations avec ce prophète.
Dans Jérémie 21, versets 1 et 2 : Jérémie, chapitre 21, versets 1 et 2 : « La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel, lorsque le roi Sédécias lui envoya Pachur, fils de Malkija, et Sophonie, fils de Maasséja, le sacrificateur, pour lui dire : Consulte pour nous l'Éternel ; car Nébucanézar, roi de Babylone, nous fait la guerre ; peut-être l'Éternel fera-t-il en notre faveur quelqu'un de ses miracles, afin qu'il s'éloigne de nous. »
Nous voyons donc que Sédécias, bien qu'il n'ait aucune relation personnelle avec Dieu, bien qu'il ne se confie pas en Dieu, ne néglige pas d'avoir recours à Dieu. C'est un peu comme un superstitieux qui veut accumuler les secours. Et cet homme dit : « Pourquoi pas consulter l'Éternel ? Peut-être que ça marche. Ça a déjà marché pour d'autres, ça a marché pour Ézéchias à l'époque où Jérusalem était assiégée par les Assyriens. Ça marchera peut-être aussi pour moi. Peut-être que l'Éternel fera un de ses miracles. Consulte ! » Et nous voyons bien là la nature de l'âme humaine : dans le danger, on essaie Dieu. Mais cet essai n'était pas quelque chose de sincère ; ce n'était pas un appel à Dieu ; ce n'était pas quelque chose de profond, de sérieux, comme ce fut le cas pour Manassé, cet homme qui avait vécu dans le péché, mais qui un jour, dans la détresse, a invoqué l'Éternel. Non, Sédécias a simplement voulu essayer. Il a voulu voir, peut-être que le secours pourrait venir de Dieu, mais il comptait bien aussi sur le secours des hommes, il comptait sur le secours de l'Égypte.
Ou bien encore, au chapitre 37, verset 3 : toujours dans Jérémie, chapitre 37, verset 3 : « Le roi Sédécias envoya Jucal, fils de Schelemia, et Sophonie, fils de Maasséja, le sacrificateur, vers Jérémie, le prophète, pour lui dire : Intercède en notre faveur auprès de l'Éternel, notre Dieu ! » Il est dans la détresse, et il se dit : « Peut-être que les prières de Jérémie vont nous faire du bien. » Et nous retrouvons cela aussi aujourd'hui : parfois, certaines personnes dans la détresse nous disent : « Priez pour moi. » Mais nous sommes bien volontiers que nous voulons prier pour tous ceux qui sont dans la détresse, mais si eux ne sont pas bien disposés, si eux ne sont pas disposés à prier eux-mêmes, à invoquer eux-mêmes le Seigneur, notre prière n'aura pas un effet magique pour eux.
Plus loin encore, 37, verset 17 : « Le roi Sédécias l'envoya chercher. Il l'interrogea secrètement dans sa maison. Il dit : Y a-t-il une parole de la part de l'Éternel ? » Jérémie répondit : « Oui. » Et il ajouta : « Tu seras livré entre les mains du roi de Babylone. » Évidemment, ce n'était pas la parole qu'il attendait.
Ou encore, au chapitre 38, verset 14 : « Le roi Sédécias envoya chercher Jérémie, le prophète, et le fit venir auprès de lui dans la troisième année, dans la troisième entrée de la maison de l'Éternel. Et le roi dit à Jérémie : J'ai une chose à te demander ; ne me cache rien. » Est-il sincère ? On pourrait le croire. « Dis-moi toute la vérité, je veux connaître toute la vérité, ce que tu sais sur moi, et bien, dis-le-moi. » Ah, nous avons déjà entendu de telles paroles, mais quand la vérité vient, elle n'est pas toujours acceptée. « Ne me cache rien. » Et Jérémie lui a dit la vérité, et ça n'a rien changé aux pensées et dans la vie de Sédécias.
Donc, voici un homme qui demande au prophète de l'enseigner, c'est un homme qui consulte Dieu, c'est un homme qui demande au prophète d'intercéder pour lui, mais que se passe-t-il ? Il n'écoute pas les conseils.
38, verset 15 : Jérémie répondit à Sédécias : « Si je te la dis, ne me feras-tu pas mourir ? Et si je te donne un conseil, tu ne m'écouteras pas. » Oh, combien souvent nous avons aussi affaire à des gens qui viennent demander des conseils, et alors parfois on découvre que nous ne sommes pas les premiers à qui il demande ce conseil. Nous sommes peut-être déjà le dixième. Et quand on demande : « Mais que vous a dit le frère untel, auquel vous avez exposé votre problème ? » « Il m'a dit ça. » « Et que vous a dit le frère le suivant ? » « Mais il m'a dit ça. » C'est la même chose. Et le troisième, la même chose, et le quatrième, la même chose. Alors, qu'attendez-vous que je vous dise, moi ? Si le premier conseil n'a pas été, n'a pas été suivi, est-ce qu'il sera suivi lorsqu'il aura été dit par la dixième personne, par le dixième serviteur de Dieu ?
Et il y a ainsi des gens qui vont de conseiller en conseiller jusqu'au jour où ils tombent enfin sur celui qui va leur donner le conseil qui leur plaît, celui qu'ils attendent. Et voyez-vous, pour gagner du temps, il vaudrait mieux parfois demander aux gens : « Dites-moi, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? » Ah, bien, vous allez me dire ça et ça. Bon, alors je vous le dis, n'est-ce pas, puisque tout le reste n'est pas écouté. Tout le reste n'est pas écouté. C'est une constatation qui est faite, et c'est pourquoi après on dira : « Mais les serviteurs de Dieu n'ont pas pu m'aider ! Ils n'ont pas pu m'aider ! J'en ai consulté dix, et aucun ne m'a aidé. » Aucun ! Le premier aurait déjà aidé si le conseil avait été appliqué. On ne joue pas à cache-cache avec Dieu. Et si le Seigneur donne à un de ses serviteurs la révélation de ce qui doit être fait dans une situation précise, nous avons à nous incliner, nous avons à l'accepter.
Sédécias était un homme qui était un grand indécis, un faible, qui cherchait conseil, qui exposait son problème, et qui n'arrivait pas à prendre une décision. Le drame dans la vie de Sédécias, c'est qu'il a laissé faire les événements diriger cet homme, et ce n'est pas lui qui était roi à Jérusalem. Il était entraîné, il était placé devant différents événements, il ne maîtrisait pas la situation. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'attachait pas à la parole de Dieu, parce qu'il n'était pas soumis aux indications que le Seigneur lui donnait par ses serviteurs. Et c'est ainsi qu'il s'est révolté contre son suzerain, Nébucanézar de Babylone. Étant trop faible, il n'a pas pu arrêter l'envahisseur. Les Chaldéens étaient à l'époque l'armée la plus forte du monde. Ils sont donc venus, ils ont pris place autour de Jérusalem, ils ont assiégé Jérusalem pendant 18 mois, et finalement Jérusalem est prise.
Mais auparavant encore, Jérémie avait conseillé à Sédécias de sortir de la ville et d'aller trouver les chefs de l'armée ennemis pour implorer grâce. Mais Sédécias a préféré s'enfuir. Sédécias s'est enfui en cachette. Jérémie 39, versets 4 à 7 : « Dès que Sédécias, roi de Juda, et tous les gens de guerre les eurent vus, les chefs ennemis qui rentraient dans la ville, puisque la brèche était faite, ils s'enfuirent et sortirent de la ville pendant la nuit par le chemin du Jardin du Roi, par la porte entre les deux murs, et ils prirent le chemin de la plaine. Mais l'armée des Chaldéens les poursuivit, et atteignit Sédécias dans les plaines de Jéricho ; ils le prirent, ils le firent monter vers Nébucanézar, roi de Babylone, à Ribla, dans le pays de Hamath, et il prononça contre lui une sentence. Le roi de Babylone fit égorger à Ribla les fils de Sédécias en sa présence ; le roi de Babylone fit aussi égorger tous les grands de Juda ; puis il fit crever les yeux à Sédécias, et il le fit lier avec des chaînes d'airain pour l'amener à Babylone. »
Ce faible, cet indécis, a devant lui le spectacle de ses enfants égorgés, de ses conseillers égorgés. Il reste le dernier. Il ne sera pas égorgé ; on va lui crever les yeux. La dernière image qui restera dans sa mémoire sera la vue de ses cadavres, de les cadavres de sa famille, les cadavres de tout ceux qui ont été autour de lui. C'est ce qui restera dans sa mémoire, c'est ce que ses yeux auront vu en dernier. Cet homme qui n'a pas voulu voir la main de Dieu, qui n'a pas voulu se soumettre à la Parole de Dieu, c'est un homme qui restera aveugle. L'aveuglement spirituel, c'est ce qui peut arriver aussi au croyant qui n'est pas prêt à se soumettre à la Parole de Dieu. Quand il a semé la ruine autour de lui, finalement, il ne voit plus clair, il ne sait plus où il va. C'est un homme lié ; il n'a pas pu prendre de décision, il n'a pas pu dominer la situation, il s'est laissé emporter, et il a causé la ruine de Jérusalem, la ruine de son pays. C'était un faible, faible parce qu'il ne s'est pas attaché à Dieu.
Il avait pourtant auprès de lui un prophète qui était un grand homme de Dieu, Jérémie. Et nous voulons consacrer encore quelques instants pour voir quel a été le témoignage de Jérémie auprès de Sédécias. Jérémie était prophète depuis plusieurs années. Nous avons vu la dernière fois qu'en 606, il était déjà prophète depuis 23 ans, et là, nous sommes beaucoup plus tard, et Jérémie connaissait la situation dans le pays. Et c'est pourquoi nous trouvons dans Jérémie toujours à nouveau des appels à la repentance. C'est ainsi que Jérémie 17, versets 1 à 4 : « C'est un message parmi tant d'autres. Jérémie est rempli de messages de repentance, au point que parfois, quand on lit Jérémie, et bien, on est un peu... la lecture de Jérémie n'est pas facile parce qu'il y a toujours des reproches, toujours, toujours. Et comme c'est un livre très long, et bien, ça prend du temps, mais quel beau livre quand même ! Jérémie 17, versets 1 à 4 : Le péché de Juda est écrit avec un burin de fer, avec une pointe de diamant ; il est gravé sur la table de leur cœur et sur les cornes de vos autels. Comme ils pensent à leurs enfants, ainsi pensent-ils à leurs autels et à leurs idoles, et à leurs idoles d'Astarté, près des arbres verts, sur les collines élevées. Je livre au pillage ma montagne, et tes champs, tous tes trésors, et tes lieux hauts, à cause de tes péchés, sur tout ton territoire. Tu perdras par ta faute l'héritage que je t'avais donné ; je t'asservirai à ton ennemi, dans un pays que tu ne connais pas, car vous avez allumé le feu de ma colère, et il brûlera toujours. »
Le prophète sait que c'est seulement par le chemin de la repentance que le peuple peut de nouveau trouver une espérance. Celui qui refuse de se repentir ne peut pas être béni ni sauvé. Jérémie doit aussi dire au peuple que Babylone, bien que ce soit un peuple ennemi, est en réalité l'instrument de Dieu. Il est employé par Dieu pour punir les nations. Ce n'était pas facile.
Jérémie 28, 25, versets 8 à 9 : « C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel des armées : Parce que vous n'avez point écouté mes paroles, j'enverrai chercher tous les peuples du Septentrion, dit l'Éternel, et j'enverrai auprès de Nébucanézar, roi de Babylone, mon serviteur ; je les ferai venir contre ce pays, et contre ses habitants, et contre toutes ces nations d'alentour, afin de les dévouer par interdit, et d'en faire un objet de désolation et de moquerie, des ruines éternelles. » Quel drame ! C'est le roi de Jérusalem qui devait être appelé serviteur de l'Éternel, et voici que c'est le roi de Babylone qui est appelé serviteur de l'Éternel. Et ce serviteur de l'Éternel va maintenant être une verge de la colère de Dieu contre celui qui à Jérusalem n'est pas serviteur de l'Éternel. Et c'est ainsi que Dieu emploie le monde pour châtier le croyant, l'église. Et c'est pourquoi Jérémie doit conseiller à son peuple de se soumettre à Babylone.
Jérémie 21, versets 8 à 10 : « Tu diras à ce peuple : Ainsi parle l'Éternel : Voici, je mets devant vous le chemin de la vie et le chemin de la mort. Celui qui restera dans cette ville mourra par l'épée, par la famine ou par la peste ; mais celui qui sortira pour se rendre aux Chaldéens qui vous assiègent aura la vie sauve, et sa vie sera son butin ; car je dirige mes regards contre cette ville pour faire du mal et non du bien, dit l'Éternel ; elle sera livrée entre les mains du roi de Babylone, qui la brûlera par le feu. » Quel message ! Soumettez-vous à l'ennemi, rendez-vous, ouvrez les portes de Jérusalem, capitulez. En temps de guerre, de tels discours sont appelés entreprise de démoralisation de l'armée, et celui qui se livre à une telle entreprise est passible du conseil de guerre. C'était déjà comme cela au temps de Jérémie, et Jérémie a été arrêté, Jérémie a été déféré contre le conseil de guerre, devant le conseil de guerre.
38, verset 4 : Jérémie 38, verset 4 : « Les chefs dirent au roi : Que cet homme soit mis à mort, car il décourage les hommes de guerre qui restent dans cette ville et tout le peuple, en leur tenant de pareils discours. Cet homme ne cherche pas le bien de ce peuple, il ne veut que son malheur. » Alors, il y a un moment où il semble que les chefs aient raison, parce que les nouvelles sont venues jusqu'à l'armée des Chaldéens que Pharaon et son armée viennent au secours de Jérusalem. Alors les Chaldéens se sont retirés pour un moment, et à Jérusalem, on triomphe, à Jérusalem, on dit : « Nous sommes sauvés ! » Et Jérémie doit dire : « Non, ils reviendront. »
Jérémie 37, verset 5 : « L'armée de Pharaon était sortie d'Égypte, et les Chaldéens qui assiégeaient Jérusalem, ayant appris cette nouvelle, s'étaient retirés de Jérusalem. » Et Jérémie doit alors, au verset 8, dire : « Les Chaldéens reviendront, ils attaqueront cette ville, ils la prendront et la brûleront par le feu. Ne vous faites pas d'illusions ! » Oh, ce n'était pas facile pour Jérémie. Jérémie était un prophète ; il pouvait dire : « Ainsi parle l'Éternel. » Les chefs étaient des militaires, et ils disaient : « Ils avaient des raisonnements d'hommes de guerre. » Et nous comprenons que cela ne pouvait pas s'harmoniser.
Mais il y avait à Jérusalem des hommes qui prétendaient aussi parler de la part de l'Éternel, et il y avait notamment un prophète célèbre, Anania, qui prophétisait au nom de l'Éternel. Jérémie 28, 1 à 4 : « Dans la même année, au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda, la cinquième année, le quatrième mois, Anania, fils d'Assur, prophète de Gabaon, me dit dans la maison de l'Éternel, en présence des sacrificateurs et de tout le peuple : Ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : Je brise le joug du roi de Babylone. Encore deux années, et je fais revenir dans ce lieu tous les ustensiles de la maison de l'Éternel, que Nébucanézar, roi de Babylone, a enlevé de ce lieu et qu'il a emporté à Babylone ; et je ferai revenir dans ce lieu, dit l'Éternel, Jéchonias, fils de Jojakim, roi de Juda, et tous les captifs de Juda qui sont allés à Babylone, car je briserai le joug du roi de Babylone. »
Alors que peut faire un prophète lorsqu'un autre prophète lui dit : « L'Éternel a dit, l'Éternel a dit » ? Et Jérémie, qui était un homme, Jérémie qui aimait Jérusalem, Jérémie qui en avait assez d'avoir toujours à dire des choses difficiles à son peuple, Jérémie a répondu : « Amen ! Que l'Éternel fasse ainsi ! » Et oui, et oui, amen ! Je le souhaite aussi. Je souhaite que ce message que tu viens de délivrer, Anania, prophète, soit un message de Dieu. Je le souhaite. Ce n'était pas un message de Dieu, c'était un message du faux prophète. Il n'est pas toujours facile de discerner le prophète du faux prophète, quand tous les deux disent : « Dieu m'a dit », quand tous les deux affirment : « Ainsi parle l'Éternel ». Mais Jérémie a été éclairé par Dieu, et il a aussi dû combattre ce faux prophète.
Jérémie 23, versets 16 à 17 : « Ainsi parle l'Éternel des armées : N'écoutez pas les paroles des prophètes qui vous prophétisent ; ils vous entraînent à des choses de néant ; ils disent les visions de leur cœur, et non ce qui vient de la bouche de l'Éternel. Ils disent à ceux qui me méprisent : L'Éternel a dit : Vous aurez la paix ; et ils disent à ceux qui suivent les penchants de leur cœur, il ne vous arrivera aucun mal. »
Donc, Jérémie a contre lui les chefs militaires, il a contre lui les prophètes, il a contre lui les sacrificateurs, les fonctionnaires du temple. Il est tout seul, peut-être encore avec quelques amis, mais Dieu est avec lui. Et Jérusalem va être prise, va être jeté en prison, il sera jeté dans une citerne, on voudra le tuer. Et malgré cela, Jérémie tient bon. Il tient bon. Il a des moments de découragement terrible, mais il regarde au Seigneur. Il y a des moments où il n'en peut plus. Dans Jérémie 20, versets 7 à 8 : « Tu m'as persuadé, Seigneur, et je me suis laissé persuader. Et il dit : Ah, si seulement je n'avais jamais vu le jour ! Si seulement je n'étais pas sur la terre ! Tu me forces à dire des choses difficiles, et tout le monde est contre moi. »
Jérémie aurait voulu vivre en paix, mais Dieu l'avait placé là pour être le dernier, la dernière sentinelle à Jérusalem. À des milliers de kilomètres de là, il y avait une autre sentinelle, c'était le prophète Ézéchiel. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler, mais quand nous lisons le prophète Ézéchiel, nous voyons qu'il a surtout prophétisé pendant cette période de règne de Sédécias, c'est-à-dire les dernières années, entre 593 et 586 avant Jésus-Christ. Et il voit comment la corruption s'installe dans le temple. Il le voit de manière surnaturelle, par des visions spirituelles. Il n'est pas à Jérusalem, il est en Chaldée, mais Dieu le lui révèle. Et nous avons eu l'occasion de lire ces textes. Ézéchiel 8, verset 10 : « où le temple est rempli d'idoles. » Nous avons aussi eu l'occasion de nous pencher sur ces textes qui montrent comment la gloire de l'Éternel sort du temple et quitte Jérusalem. Ézéchiel 11, verset 22. Et alors, Ézéchiel, en Chaldée, est auprès des captifs juifs, la sentinelle qui les avertit de ce qui se passe à Jérusalem.
Et c'est ainsi qu'en Chaldée, Ézéchiel est averti du moment du début du siège de Jérusalem. Ézéchiel 24, versets 1 à 2 : « Que vous pourrez comparer avec 2 Rois 25, verset 1er. C'est au moment précis où Nébucanézar se met en marche contre Jérusalem. Ézéchiel est averti, et il est aussi averti de la chute de Jérusalem. Ézéchiel 33, verset 21 : « Un fuyard vient annoncer la chose au prophète. »
Et en lisant Jérémie, en lisant Ézéchiel, en lisant les Lamentations de Jérémie, nous voyons que les derniers jours de Jérusalem furent horribles, indescriptibles. Des mères mangèrent leurs enfants, la famine était telle que tout le peuple était réduit à la dernière extrémité. Pourquoi cela ? Pourquoi une telle fin pour le peuple de Dieu, pour Jérusalem, la ville de Dieu, le lieu où le temple de Dieu avait été construit, où la gloire de l'Éternel s'était manifestée ? À cause du péché du peuple de Dieu. Il n'y a pas d'autre réponse. À cause du refus de se repentir. Il n'y a rien de pire que cela.
Nous avons vu dans l'histoire d'Israël qu'il y eut des hommes qui péchèrent gravement. Pensons à David, pensons à Manassé, et d'autres encore. Ils ont obtenu miséricorde parce qu'ils se sont repentis sincèrement. Et c'est cela qui compte. Quel que soit notre péché, il peut être pardonné. Quel que soit notre passé, il peut être effacé. Mais il faut que la repentance soit sincère. Il faut que nous soyons prêts à nous humilier réellement devant Dieu. Mais si nous refusons d'entendre cet appel à la repentance, il faut que nous sachions que l'endurcissement du cœur mène à la ruine.
Le peuple de Dieu pouvait dire : « Dieu est parmi nous, nous avons le temple, nous avons la gloire, nous avons la Parole de Dieu, nous avons la vérité, nous connaissons le vrai Dieu. Tous nos voisins sont des idolâtres, ils vivent dans le péché. Nous sommes le peuple de Dieu. » Et Dieu a dit : « Non, non, je ne peux pas vous approuver. » Et il a dû les rejeter. Ce qui est vrai pour Israël est aussi vrai pour nous dans notre vie particulière. C'est pourquoi, lorsque Dieu nous appelle à la repentance, et il nous appelle souvent à la repentance puisque nous péchons souvent, lorsqu'il nous appelle à la repentance, n'endurcissons pas notre cœur, ne raidissons pas notre cou. Reconnaissons nos erreurs, reconnaissons nos péchés, et abandonnons-les sincèrement, et le pardon, et la grâce, et la communion nous seront accordés, parce que Dieu est miséricordieux. Dieu n'aime pas punir, il n'aime pas ruiner, il n'aime pas détruire. Dieu aime bénir, mais il ne peut bénir que quand son peuple s'humilie.
Merveilleuse histoire d'Israël, mais aussi histoire exemplaire pour nous. Que le Seigneur nous accorde de ne pas être des Sédécias qui tout simplement se laissent dominer par les événements, et qui nous accorde sa grâce. Amen.
Nous reconnaissons, Seigneur notre Dieu, que souvent nous ressemblons à Jérusalem qui se laissait vivre, qui ne prenait pas au sérieux le péché, et qui a été détruite. Et Seigneur, nous qui avons ta Parole, nous avons bien plus que ce que Sédécias avait, même avec Jérémie à côté de lui. Nous avons tout le message de Jérémie, nous avons aussi celui d'Ézéchiel, de tous les autres prophètes, et surtout les enseignements de ton Fils et de tes apôtres. Et tout cela, Seigneur, doit nous montrer le chemin, doit être employé pour que nous ne nous écartions pas de toi. Oh Seigneur, ne permets pas que nous refusions la repentance quand tu nous invites à la repentance. Et veille aussi à bénir cette journée, Seigneur, et nous réjouir en toi.