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Comment la Chine a détruit l’industrie du luxe sur TikTok.

Louis Esquier16:46

Transcription

Hé Bashi, puis-je avoir une paire de ces lunettes de soleil, s’il vous plaît ?

Bien sûr, cela coûtera 500 $.

Quoi ? 500 $ pour un morceau de plastique ?

Chine, arrêtez de vous faire dup. Ces fabricants chinois accusent les grandes marques de luxe mondial, Hermès, Dior, Chanel ou encore Vuitton, de vendre très cher des produits qui seraient fabriqués sur le sol chinois. C’est une sorte de réponse aux droits de douane imposés par Donald Trump. Cette sandale coûte 390 €. Coup de fabrication, 75 centimes. Et là, ils sont en train de dénoncer toute l’hypocrisie qu’il y a autour du luxe et de la confection. Le groupe LVMH et Hermès sont dans la tourmente, accusés de fabrication en Chine. Je vous explique pourquoi est-ce que cette info arrive maintenant, pourquoi est-ce qu’on doit la surveiller et pourquoi est-ce que ça peut avoir un impact économique majeur.

Tout le monde parle de la même chose en ce moment. TikTok, Insta, YouTube, c’est partout. Des vidéos d’usine chinoise qui exposent les coulisses du luxe. Des gars devant des montagnes de carton qui te montrent comment ils fabriquent soi-disant les mêmes sacs Hermès, Vuitton ou Chanel pour 10, 20, parfois 30 fois moins cher. Et ce qu’ils balancent, c’est violent, ça retourne le cerveau. Parce que si c’est vrai, alors le mythe du luxe qu’on nous vend depuis 50 ans s’effondre. Mais si c’est faux, alors pourquoi tout le monde y croit ? Pourquoi ça explose en même temps dans tous les pays, sur tous les réseaux ? Pourquoi maintenant ? Et surtout pourquoi la Chine s’attaque aux marques de luxe européennes alors que ce sont les Américains qui ont commencé avec leur taxe ?

Du coup, j’ai voulu enquêter parce que là, c’est plus qu’une histoire de simple contrefaçon ou pas. Ce ne sont pas juste des sacs ou des logos. C’est une guerre. Une guerre géopolitique, une guerre d’images, une guerre de statut et une guerre sur ce que signifie réellement le luxe.

Depuis quelques jours, des vidéos de fabricants chinois envahissent les réseaux sociaux pour tenter de vendre des produits de luxe à bas prix. Et c’est un nouveau genre de vidéo qui cartonne. Tu es tranquille, tu scrolles et là tu tombes sur un mec, parfois dans un entrepôt, qui regarde la caméra et te dit : « Tu veux un sac Hermès ? Pas besoin de 38000 dollars, je t’en fais un pour 1400. Même matière, même design, même usine, sans le logo. » Et là, tu as un petit frisson parce que ce n’est pas n’importe quel mec qui dit ça. C’est un mec qui se présente comme fabricant en Chine. Et lui, il te vend pas du rêve, il te vend le même rêve sans le logo. Sacs Hermès, robes Chanel, des leggings Lulu Lemon, tout y passe. Et le pire, c’est qu’il ne se cache même pas. Il te montre la fabrication, il te parle des coutures, des matériaux, la chaîne de production. Il te balance les yeux dans les yeux : les grandes marques, elles font tout ici. On a juste arrêté de se taire. Et sur ces images, ils affirment révéler les secrets du luxe. La majorité des grandes marques occidentales du luxe produiraient en masse en Chine. Selon ce fabricant, les marques se contenteraient d’apposer leur logo et de mentir sur une prétendue fabrication made in France ou Italie. L’idée serait donc de le vendre sans intermédiaire. 80 % de vos chaussures Adidas et Nike sont fabriquées en Chine et coûtent seulement 15 dollars à faire. Comme dit Lili, qui est une influenceuse chinoise, ou même, ils ajoutent juste un logo aux États-Unis ou en Allemagne, ils vous font payer entre 5 et 15 fois plus cher. Il y a même quelqu’un qui a dit : « J’ai un ami qui est le manager d’une usine pour Louis Vuitton et il m’a dit que pour obtenir une qualité similaire, il fallait seulement 50 dollars. » J’ai un ami qui est un manager dans les usines de ces marques et m’a dit que la similarité ne nécessite que 50 dollars honnêtement pour des marques milieu de gamme comme Ralph Lauren, Nike, Lulu Lemon. Moi, bon merci, mais on le savait. Là, la Chine en a profité pour faire la propagande de plein d’usines différentes, donc ils vont en profiter pour leur business en fait. Donc tu en as plein qui sont dans le fake depuis longtemps, mais ils ont leurs vendeurs depuis longtemps. Tu as des groupes Telegram, c’est vraiment très bien ficelé et tout ce qui est un peu partagé là sur les réseaux, il faut faire très attention. Mais là, on parle d’un autre niveau, parce que…

Parce que là, lorsqu’on effectue des recherches sur Louis Vuitton Chine ou encore Hermès Chine sur les réseaux, de nombreuses vidéos sont proposées et là, c’est hyper calibré. Anglais fluide, sous-titres impeccables, prix en dollars et la cible, c’est les Américains. Le message clair et net : votre sac à 38000 dollars vient du même entrepôt qu’un autre à 1400. Ressemblant sur la forme, ils sont également semblables sur le fond. Et ils insistent sur quoi ? Sur la qualité du travail des ouvriers chinois. Sur les matières premières. Ils veulent qu’on y croit et ils savent comment parler. Le storytelling est là, carré, propre, quasi hypnotique. N’hésitant pas à détailler l’origine des matériaux utilisés dans les usines pour rendre plus crédibles leur discours. Les comparaisons sont par ailleurs effectuées entre les coûts de production réels de ces produits, de sacs à main en majorité, et les montants auxquels les consommateurs occidentaux peuvent se les procurer. On note aussi que beaucoup de vidéos se concluent par un appel. Les clients sont ainsi invités à venir en Chine pour se procurer ces produits de manière à bénéficier de prix honnêtes et d’une qualité prétendument impeccable.

Pour le moment, c’est difficile de vraiment le confirmer ou quoi, mais toutes ces vidéos suggèrent beaucoup plus une vaste campagne de communication, une riposte venue de Chine visant le grand public, en particulier les États-Unis.

Donc comment réagissent les marques ici mises en cause ? Louis Vuitton ou Chanel n’ont pour l’heure pas répondu et du côté d’Hermès, on réaffirme en revanche que 100 % de la maroquinerie est fabriquée en France. Une façon de répondre de manière indirecte à l’une des vidéos virales qui prétend qu’un célèbre modèle de l’enseigne est réalisé dans des usines chinoises. D’ailleurs, Hermès a envoyé beaucoup de documents financiers accessibles sur son site qui témoignent de son activité et s’inscrivent dans une démarche de transparence à l’égard du grand public. Notons par ailleurs que la marque communique régulièrement sur le savoir-faire de ses artisans et sur sa volonté de maintenir ses usines en France. Il y a d’ailleurs une usine Hermès pour la tannerie et la maroquinerie dans ma petite ville du Puy-en-Velay. Et ouais, chez moi il y a plein de vaches, ça veut dire plein de cuirs. Et toutes les autres manufactures d’Hermès qui sont à l’étranger sont soit en Suisse, Italie, Royaume-Uni, États-Unis, Portugal ou Australie.

Bon, faut savoir un truc, c’est que la Chine est considérée comme le plus grand marché de la contrefaçon au monde. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’AFP et d’autres médias depuis des années. Selon certaines estimations, 70 à 80 % des biens contrefaits dans le monde sortiraient de là-bas. Mais attention, on n’est plus dans la contrefaçon grossière. Là, on parle de copie de très haute qualité, parfois même indétectable sans matériel professionnel. Certaines sont faites avec les mêmes matériaux, les mêmes machines et parfois par les mêmes ouvriers. Un ancien responsable de douane l’expliquait déjà il y a plusieurs années. La copie est devenue une science et il existe des formations pour apprendre à distinguer un vrai du faux. Et c’est là que le piège se referme parce qu’on croit faire l’affaire du siècle, un sac à 2000 € pour 38000, bah tu fonces. Mais derrière, ce qu’il faut capter, c’est que tu n’achètes pas un produit. Tu achètes une histoire, une illusion du luxe. Même quand tu sais que c’est faux, ton cerveau lui veut te faire croire que c’est pareil. Et ça, les usines l’ont bien compris. Elles te vendent le mythe du luxe désacralisé, presque comme une vengeance économique contre l’arrogance des marques européennes.

Et moi, je ne joue pas le moralisateur, on va juste donner des faits. Quand tu commandes un sac Hermès version TikTok, tu prends le risque de recevoir un produit sans garantie, sans traçabilité et surtout sans aucun contrôle de qualité. Non seulement tu peux tomber sur un faux site qui va t’arnaquer en t’offrant rien du tout en échange, mais aussi les experts l’alerte. Il y a des contrefaçons qui peuvent contenir des matériaux toxiques ou maltraités. Et ce n’est pas qu’un sac, ça peut être ta peau, tes yeux et ta santé. Donc si tu crois que c’est juste une économie parallèle sans conséquence, rappelle-toi que c’est aussi une industrie qui alimente d’autres trafics, parfois bien plus sombres.

Bon, parce que derrière l’écran, ce n’est pas juste un vendeur, c’est une stratégie de guerre. La Chine envoie une réponse bien salée aux sanctions américaines. Elle retourne le peuple américain contre ses propres marques. Ils te font croire que tout est fabriqué dans les mêmes usines, que tu es idiot de payer le prix fort et que tu peux acheter la même qualité pour 10 fois moins cher. Mais c’est faux parce qu’Hermès ne fabrique pas en Chine, Louis Vuitton non plus. Les vidéos te montrent des contrefaçons, mais bien présentées et bien emballées. Et ce qu’il faut savoir, c’est que depuis des années, la Chine tolère ou non la contrefaçon sur son territoire. Et ça, c’est selon ses relations diplomatiques avec les puissances occidentales. Quand tout va bien, elle démantèle les réseaux, comme ce qui est arrivé avec Panda Boy. Quand ça pète avec les États-Unis, elle ferme les yeux, voire elle allume elle-même les feux. Et là, ils ont trouvé l’arme parfaite : la défiance des jeunes envers leur propre pays, leur colère contre le système et leur obsession pour les bons plans et les révolutions esthétiques. En gros, ils utilisent les frustrations de la Gen Z, qui est en grande majorité sur TikTok, pour les emmener là où ils veulent. Ils sont en train de renforcer leur propagande, parce que oui, c’est de la propagande. Ce n’est pas juste un buzz TikTok, c’est une manipulation économique massive. La Chine joue sur la pauvreté des classes moyennes, l’épuisement des Occidentaux et leur haine des élites. Elle appuie là où ça fait mal et elle t’offre une solution : « Viens chez nous, on t’excroque pas, on est le peuple. » Mais c’est faux, elle te manipule exactement comme les marques qui t’ont manipulé pendant 30 ans. Et le plus fou, c’est que tu crois faire une bonne affaire alors que tu es juste en train de saboter ton propre camp. Tu finances des circuits parallèles, tu reinforces un marché gris toléré stratégiquement par le gouvernement chinois. Et on croit acheter un sac, sauf qu’on finance une guerre d’influence.

Mais maintenant, pourquoi tout ça marche-t-il ? Pourquoi a-t-on envie d’acheter cette contrefaçon ? Est-ce que tu veux savoir ce que tu achètes vraiment quand tu rentres dans une boutique Hermès ou Vuitton ? Et ce n’est pas un sac, ce n’est pas une ceinture, ce n’est pas du cuir italien ou un artisan français hyper qualifié, c’est plutôt une mise en scène millimétrée, une expérience sensorielle, un théâtre de luxe où chaque détail, du sol en marbre à la lumière douce, est pensé pour une seule chose : te faire croire que tu fais partie de quelque chose de plus grand.

Est-ce que tu as déjà remarqué comment on ne vend jamais un produit de luxe brut ? Jamais dans un sac en carton ? C’est un ruban, un sachet en coton, une boîte orange ou noire, c’est un rituel. Et tout ce cérémonial, il sert à te faire vivre une émotion, à te dire : « Tu as franchi un palier, tu as gagné le droit d’être ici. » Sauf qu’en réalité, tu viens juste de payer 15 à 20 fois le coût de production réel du produit. Mais tu t’en fous parce que ce que tu veux, ce n’est pas juste un sac, c’est le regard des autres. C’est le signal social. C’est ce que le produit dit sur toi quand tu le poses sur la table du resto. Et c’est là que c’est fort. Le luxe fonctionne parce que tu acceptes consciemment de croire au mythe. Même si tu sais que le prix est délirant, même si tu te doutes que l’usine n’a rien de romantique, tu choisis d’acheter l’illusion parce que dans un monde où tout va trop vite, où tout est copié, le vrai luxe aujourd’hui, c’est la rareté, l’authenticité perçue et le symbole. Et comme tout bon club, le luxe fonctionne par l’exclusion. Tu rentres pas chez Hermès comme chez H&M, tu prends rendez-vous, tu montes sur liste d’attente et parfois tu dois mériter ton sac. Oui. Oui. Littéralement, acheter plusieurs accessoires, montrer patte blanche, prouver que tu es un bon client avant d’avoir le droit de dépenser 15000 balles pour un Birkin. Et c’est de l’ingénierie marketing, il transforme le client en demandeur. Tu as le fric, mais ce sont eux qui ont le pouvoir. Et il y a une phrase que j’aime bien : « Le storytelling, ce n’est pas mentir, c’est choisir quelle vérité raconter. » Et c’est exactement ce que fait le luxe. Il te montre les ateliers en France, les artisans qui cousent à la main, les mannequins en noir et blanc dans des pubs hyper stylées. Et quand tu dépenses 2000, 5000, 10000 € dans un produit de luxe, tu crois acheter de la qualité, tu crois acheter un héritage, tu crois acheter une exception. Mais ce que tu achètes vraiment, c’est un ressenti, un truc qui te donne l’impression d’exister plus fort. Et le luxe, c’est peut-être le produit le plus réussi du capitalisme moderne. Un truc totalement subjectif, vendu à prix objectif et accepté sans broncher.

Ah oui, il faut aussi que j’insiste, c’est que malgré les prix d’Hermès, les marques de luxe ne visent pas les riches. Elles ciblent ceux qui veulent paraître riches, classe moyenne et populaire, ceux qui n’ont ni fortune ni économie. Et c’est ça le cœur de cible des marques de luxe. Tu veux un exemple ? Steve Jobs, on le connaît tous avec son col roulé noir. Ultra riche et pourtant jamais un logo de luxe à l’horizon. Pareil pour Bill Gates, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Elon Musk, etc. Tu ne les verras jamais en Gucci, Versace ou en total look Louis Vuitton. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas besoin de prouver qu’ils sont riches. On le sait. Les marques vendent de la consommation ostentatoire, dépensée pour impressionner.

Alors voilà, on parle beaucoup de contrefaçon chinoise, de ces sacs Hermès à 200 balles vendus comme des originaux, ou alors d’offrir une fausse Rolex à des gens, pas le perdre, ou même de ces clones du luxe qui pullulent sur TikTok. Mais moi, tu sais ce qui me dérange le plus là-dedans ? Je sais que je n’aime pas me faire des ennemis en disant ça, mais il y a un truc qui me chiffonne. Et ce n’est pas que ce soit faux, ce n’est pas que ce soit de la contrefaçon ou pas, mais c’est plutôt la mentalité que ça révèle derrière. Parce que là, je vais parler au nom du commun des mortels. Je ne vais pas parler au nom des familles riches ultra-luxe. Elles peuvent s’acheter tout ce qu’elles veulent, ça, on s’en fout. Moi, je vais parler au nom du Français moyen, comme toi et moi. En fait, j’ai l’impression que vouloir le luxe par ce chemin, c’est trahir ce que le luxe représente. Parce que les gens qui achètent de la contrefaçon, ils veulent le résultat sans le parcours. Ils veulent l’image, mais sans la substance. Ils veulent griller les étapes, porter un symbole de réussite sans avoir connu le sacrifice, la discipline et la sueur. Et ça, ce n’est pas du luxe, c’est du cosplay de la réussite. Parce qu’un sac Hermès, une montre Patek, une 911, à la base, ce n’est pas juste du bling-bling, c’est un modèle, c’est un symbole. C’est censé dire : « J’ai passé un cap, j’ai bossé, j’ai construit, j’ai persévéré et j’ai élevé mes standards. » Mais quand tu sautes les étapes pour l’avoir moins cher en te disant que c’est pareil, tu détruis le sens même de l’objet. Tu crois que tu as le système, mais en réalité, tu as juste appuyé sur avance rapide dans un film que tu n’as pas vécu.

Alors oui, tu vas me dire qu’il y a des gens de familles riches qui peuvent s’acheter tout ce qu’elles veulent sans souci. Alors oui, il y a plein de gens qui ont réussi et qui peuvent s’acheter tout ce qu’elles veulent sans se soucier que ça soit un souci financier pour elles. Et pour nous, ce n’est pas ça. Pour nous, claquer 2000 balles dans un sac, en plus si c’est une contrefaçon, 2000 balles, ça fait mal, c’est dur, ça pique. Claquer 500 balles pour une chemise, c’est cher. Et justement pour toi, le luxe devrait symboliser autre chose que ce qu’il symbolise pour ceux qui peuvent tout se permettre. Parce que tu pourrais avoir le sac, mais tu n’as pas l’histoire. Et c’est ça qui me gêne, ce n’est pas que tu achètes une contrefaçon, c’est que tu te racontes que ça a la même valeur. Mais le vrai luxe, ce n’est pas le cuir, ce n’est pas le logo. C’est ce qu’il peut représenter dans ta vie, un souvenir, une étape, une réussite personnelle. Et ça, tu ne peux pas l’imiter.

Je ne dis pas du tout que tout le monde doit vouloir du luxe. Je dis juste que si tu veux du luxe, fais en sorte qu’il ait du sens. Parce que le jour où tu poses ce sac sur une table ou tu portes cette montre à ton poignet, tu dois pouvoir te dire : « Ce n’est pas juste un objet, c’est moi là-dedans, c’est mon histoire. » Et ça, aucune contrefaçon ne pourra jamais te le donner.

Parce que personnellement, je trouve qu’acheter de l’ultra-luxe, ce n’est pas du tout le choix financier le plus raisonnable. Et donc, acheter du luxe en soi, c’est jeter son argent par les fenêtres. Et j’ajouterai en plus de ça que si c’est pour les mauvaises raisons, si c’est pour impressionner, pour paraître, pour faire genre devant des gens qui ne s’en foutent, oui, ça n’a aucun intérêt.

Mais même après tout ce que j’ai dit, même après tous les raisonnements, les explications, les analyses sur le branding, la dopamine, la manipulation, pour moi, il y a un truc qui cloche. Je trouve que mon message sonne creux et il manque de substance. Pourquoi ? Parce que je reste trop terre à terre, rationnel. Le luxe ne devrait pas être qu’une course pour impressionner les autres. Quand tu réfléchis bien, aucun produit de luxe n’est indispensable. Tu peux te déplacer sans Lamborghini, tu peux lire l’heure sans Rolex, tu peux porter des fringues sans logo et personne ne va te jeter des cailloux. Mais parfois, ce n’est pas ce que ça te donne qui compte, c’est ce que ça peut représenter pour toi. Pour moi, une bonne manière de consommer du luxe, ce n’est pas pour impressionner les autres. C’est plutôt pour marquer un passage, un palier dans ta vie, un symbole que toi seul comprends qui te dit : « Regarde où tu es arrivé. »

Et là, je vais dire un truc que peu de gens dans le développement personnel osent dire : si ta vie est uniquement faite de choix rationnels, tu es en train d’oublier de vivre. La réussite, ce ne sont pas que des chiffres, ce ne sont pas que des stratégies. Ce sont aussi des émotions, ce sont des moments, des repères qui te font vibrer. Alors oui, je pourrais faire le gars bateau en disant que le vrai luxe dans la vie, c’est d’avoir le temps, c’est de pouvoir voyager, c’est de pouvoir être avec ses proches, ses enfants. Mais ça, tu le sais déjà. Tu sais que c’est ça le premier luxe que tu devrais avoir, c’est de pouvoir être en bonne santé et avoir des gens qui t’aiment, aimer des gens, OK ? Mais au bout d’un moment, quand tu as bossé comme un malade pendant 7 ans pour sortir ta famille de la galère, tu voudrais peut-être t’acheter une pièce folle juste pour symboliser ce changement dans ta vie. Alors, fais-le, mais avec fierté, pas avec honte. Parce qu’au fond, le luxe, ce n’est jamais le problème. C’est pourquoi tu l’achètes qui fait toute la différence. Si c’est pour fuir une insécurité, tu ne rempliras jamais le trou. Mais si c’est pour célébrer ton accomplissement, reconnaître ton propre chemin, alors ce n’est pas une dépense. C’est un monument que tu dresses à ta propre évolution. Donc non, le luxe n’est pas raisonnable. Mais parfois, c’est justement ce qui le rend beau. Ce n’est pas pour les autres, ce n’est pas pour Instagram, ce n’est pas pour prouver. Le luxe devrait être que pour toi, pour te soutenir, que tu as grandi, que tu as bossé et que tu as monté un échelon.

Alors, tu sais ce qui me fatigue ? C’est cette petite manie qu’on a toujours de vouloir tout démonter. Dès que quelqu’un dit qu’il rêve d’une Porsche, qu’il veut s’acheter une Rolex ou un sac Hermès, il y a toujours un type pour lever la main et sortir : « Oui, mais tu sais, c’est du marketing, c’est surcôté, c’est pas un bon rapport qualité-prix. » OK, peut-être. Je peux acheter une montre qui me donne l’heure pour moins cher. Mais depuis quand un achat doit-il être forcément rationnel pour être valide ? On ne peut pas traiter toutes les émotions comme si c’étaient des erreurs système. Qu’on te fasse sentir coupable parce que tu as une pulsion esthétique, parce qu’un produit t’inspire, parce que tu veux un truc beau, un truc fort, un truc qui marque. Alors oui, aucune marque n’est parfaite. Oui, même les marques de luxe ont leurs zones grises, leurs choix discutables, leur storytelling marketé. Mais c’est ça qui parle au cœur des gens. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut tout jeter à la poubelle. Relax, mon cher messager. Ce n’est pas juste du marketing, c’est de l’ingénierie poussée à la folie. Ce sont des mecs qui passent des années à perfectionner une aiguille qui bouge sans jamais s’arrêter. C’est une voiture dessinée pour te faire ressentir la route comme si tu étais avec elle. C’est un sac cousu point par point, tanné à la main, qui sent la tradition, le savoir-faire, le respect du geste. Tu crois vraiment que ça se résume qu’à un logo ? Ces objets-là, ce ne sont pas juste des objets. C’est le reflet de ce que l’humain peut faire de mieux quand il est obsédé par la beauté, la précision et la perfection.

Alors si tu veux une 911, une Submariner ou un Birkin, pose-toi juste une question : pourquoi tu la veux ? Si ta seule réponse est « pour que les autres me regardent », alors oui, il y a un problème. Mais si tu me dis que c’est parce que ça t’inspire, parce que ça te rappelle ce vers quoi tu veux aller, parce que ce bruit de moteur te fait rêver, alors tu sais quoi ? Magnifique ! Parce que là, le luxe devient une vision, une ancre mentale pour ton ambition. Et certains trouvent leur motivation dans une citation et d’autres dans une montre, une ligne de voiture ou un sac. Et c’est OK, parce que tant que tu sais pourquoi tu veux ces choses, tant que tu ne perds pas ton émerveillement, alors ces objets ne sont pas des pièges, ce sont des repères. L’émotion, c’est la boussole de l’humain. Alors, si un objet, un logo, une mécanique parfaite te fait vibrer, rêver, sortir du lit avec un feu dans le ventre, alors ce n’est pas qu’un caprice, ça peut être un carburant.

Donc oui, il faut que je te dise franchement, acheter du luxe, que ce soit une montre, une voiture ou un sac, ou n’importe quoi à quatre chiffres ou plus, ce n’est pas un achat raisonnable. Je ne vais pas te raconter de conneries. Ce n’est pas un bon investissement, ce n’est pas un choix intelligent si tu es encore en train de galérer à boucler les fins de mois, là, on est d’accord. Je te conseillerai jamais de claquer tes économies dans une Rolex parce que tu en as marre de ton Apple Watch. Mais maintenant que ça s’est dit, le luxe n’est pas fait pour être raisonnable. Il est fait pour être une récompense. Et c’est là que les gens comprennent mal le délire. Le luxe n’est pas un besoin. Ce n’est pas quelque chose que tu mérites par défaut juste parce que tu le veux. Ce n’est pas parce que tu vas acheter une contrefaçon que hop, c’est bon. Le vrai message du luxe, c’est celui que moi je respecte. Il est simple : tu veux un objet exceptionnel, accomplis quelque chose d’exceptionnel. D’abord, pas pour montrer, pas pour flexer sur Instagram, mais pour marquer un moment, une transformation. Quand tu achètes du luxe juste après avoir accompli quelque chose, tu n’achètes pas juste le produit, tu achètes une preuve. Une preuve que tu es sorti de là où tu étais, que tu as construit, que tu as gagné ton propre respect. Et ça, ça n’a pas de prix.

Tu l’as compris, le luxe n’est pas une dépense rationnelle, c’est une symbolique, un repère dans ton parcours. Mais ça, tu dois aller le chercher. Parce que si aujourd’hui tu n’as pas encore atteint ce niveau, ce n’est pas grave. Il faut que tu démarres, il faut que tu construises, il faut que tu passes à l’action. Et si tu ne sais pas par où commencer, j’ai mis un lien en description. C’est le tout premier. Tu cliques, tu regardes la présentation pour te lancer, tu réserves, tu te formes et tu te lances. Et qui sait, peut-être qu’un jour cette montre, ce sac, cette voiture, ce sera pas juste un rêve, ce sera ton trophée.

C’était Louis et à la prochaine.