Transcription
Candidat au concours de professeur des écoles. Bonjour. À mon signal, les surveillants distribueront les sujets, face visible. La durée de l’épreuve est de 4 heures. Moi, à ce moment-là, la pression monte. Je me dis que je dois avoir les mêmes chances que les autres. Je fais quelques petits exercices de respiration et de relaxation avant qu’il ne distribue les copies. Puis, bah, go, c’est parti. Et deux mois et demi après, je me retrouve à l’ESPé. L’ESPé, c’est l’École supérieure du professorat et de l’éducation. J’y suis pour la première fois, avec tous les enseignants stagiaires qui ont eu le concours. Là à droite, c’est moi, et à gauche, c’est Anthony, mon binôme. Donc, la personne avec qui je vais partager la classe tout au long de l’année et avec qui on va alterner une semaine sur deux auprès des élèves de l’école.
Nous allons commencer à partir de maintenant, à partir du moment où vous signez votre contrat, donc à partir du 1er septembre. Vous allez être stagiaire fonctionnaire. Ça veut dire que vous représentez l’État dans votre classe, dans votre école, devant les parents, devant les élèves, devant les collègues. Et le premier devoir, c’est un devoir de neutralité. Neutralité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous n’avez évidemment aucun signe distinctif. Par exemple, vous n’arrivez pas avec un t-shirt du PSG en classe. On ne doit pas porter un t-shirt du Paris Saint-Germain football, mais ça pourrait être aussi un autre signe syndical, religieux, politique. Tout ça, ça doit être caché. On ne doit pas comprendre, connaître vos convictions. Si vous représentez l’État, vous êtes obligé de respecter les programmes officiels, préparer vos séances, préparer vos séquences et communiquer avec les collègues de votre cycle d’école. « Bonjour, ça va ? Ouais. Est-ce que je pourrais te repiquer l’anglais ? Oui. Est-ce que je pourrais te redemander après la récré cet après-midi ? Après la récré ? Oui. » Tu me crois si je te dis que j’ai pas de souvenir de la première journée ? Je pense qu’à ce moment-là, j’ai en tête : « OK, alors dans quel ordre on fait quoi ? » On suit un peu, en fait, les conseils qu’on nous a donné lors des réunions de prérentrée, où on nous avait donné un peu une journée type. Et on se lance.
Quelques mois plus tôt, j’étais attaché commercial dans une petite société, et je vendais des systèmes d’appel pour des personnes âgées. « Vous avez dicté, vous avez sauté une ligne par rapport à l’écriture qui est au-dessus. Vous avez dicté au premier carreau. Plus quand… » « Au début, je trouve seul face à une classe bien évidemment, et je dois leur faire cours et tenir toute la journée. » « Vous tournez la page, vous écrivez pas sur la table. » L’image que je garde de la classe, c’est quand moi j’étais à leur place. Alors je fais l’appel, et donc là, il va falloir improviser. « Alors, est-ce que tout le monde a dicté ? Oui. Comment ça non ? Qui c’est qui m’a dit non ? Papa a coupé… Papa… Papa a coupé la branche pourrie du pommier. » « La branche pourrie du pommier. » Et il y a un point après. « Bateau… Trop après bateau… Comm… B pourri… Et… et ben j’ai marqué avec un R. Et ben je croyais que mon stylo il l’effaçait pas, mais il efface le B. Ah bah, qu’est-ce qu’on fait du stylo ? On le remet dans la trousse et on prend le crayon de papier. Et donc si tu as quelque chose à corriger, tu rayes proprement avec ta règle et tu réécris en dessous. » Donc là, on a commencé par la dictée, on va faire de la conjugaison, on partira en récréation, on fera de la numération, les mathématiques. Ensuite, on repère les personnalités un peu fortes qui se démarquent par leur présence, par leurs questions, ou à l’inverse par leur lenteur, par le regard qui peut partir ailleurs. Sur certains, on se dit : « Bon, il va falloir vraiment travailler pour les captiver. » Ensuite, on ira à la récréation, et on finira par le sport. « Pourquoi il y a des maisons, des petites maisons ? Parce que après vous rentrez chez vous, dans vos maisons. » Tout le monde relève la tête et tout le monde écoute. Et quand j’aurais fini, je ronronnerai. D’accord ? Comme ça, vous savez qu’à ce moment-là, il y a pas de question, pas de question. Ça sert à rien de lever le bras, juste vous écouter.
C’est une année très lourde qui nécessite énormément de travail. Donc, peut-être que ce travail, il faut l’organiser de manière à ce que tout ne se chevauche pas. Quand vous êtes à l’ESPé, vous vous formez pour les 40 et quelques années à venir. Donc, il y a nécessité aussi d’absorber ces contenus qui ne sont pas forcément directement en lien avec vos problématiques de classe. Est-ce que c’est un sentiment assez bizarre d’être une semaine enseignante et une semaine avec de nouveaux élèves ? Je reprends finalement la place de mes élèves que j’ai quittée la semaine d’avant, et puis surtout, je redeviens étudiante, parce que j’ai pas été depuis 15 ans. Et puis… et puis vous avez le mémoire. Le mémoire, c’est à la fin de l’année. Cependant, il faut toujours l’avoir un petit peu dans un coin de sa tête. Peut-être que le temps de l’écriture, ça pourrait être le temps des vacances scolaires, par exemple. Mais si vous essayez de faire l’école, le Master, et dans le Master le mémoire, tout ça groupé sur n’importe laquelle des semaines, vous allez vite avoir des périodes de fatigue, voire de… peut-être de… de… de baisse de motivation, des difficultés à mener les deux fronts longtemps.
Aller à l’école consistait à ne pas se poser de question, parce que ça allait de soi. Aller à l’école… Regardez, aujourd’hui, vous vous êtes obligé de justifier pourquoi on fait des mathématiques avec tel élève. Pourquoi maîtresse, on fait des mathématiques ? Donc, c’est des questions nouvelles. Ça, l’école ne se les posait pas pendant longtemps. Elle ne s’est pas posé ces questions. Les élèves étaient à l’école, ils savaient pourquoi ils étaient là. Le sens de l’école les dépassait, mais ils savaient qu’en accédant à la culture, ils grandiraient, ils deviendraient des adultes, ils deviendraient des citoyens. Donc, ils accéderaient à la culture et ils deviendraient des hommes. Donc, ça, c’étaient des choses que leur milieu leur donnait et auquel ils adhéraient. À partir du moment où vous faites entrer des enfants qui ne sont pas dans ces dispositions-là à l’école, qui ne savent pas ce qu’ils font là, pourquoi ils viennent ici, là, tout à coup, l’institution va se trouver en difficulté. Les enseignants qui exigeaient des choses de leurs élèves, tout à coup, les élèves ne leur fournissent plus les choses qu’on exigeait d’eux, puisqu’ils savent pas pourquoi ils sont là. Voilà. Donc, on voit bien que là va s’opérer quelque chose qui va remettre en cause l’autorité du maître. D’ailleurs, c’est ce qu’on appelle la crise de l’autorité, hein, les années 60. À partir de là, la crise de l’autorité va surgir. Maintenant, il y en a peut-être parmi vous qui doivent expliquer pourquoi ils sont le maître, pourquoi maîtresse doit obéir, questions comme ça, mais qui ne se sont jamais posées à l’école. Désormais, elles se posent. Mais ça veut dire que les choses ont changé. C’est que l’école comme sanctuaire, c’est fini. Et d’ailleurs, on voit quelques maîtres un peu grincheux là qui se… qui regrettent tout cela, le temps où les élèves se taisaient ou ils écoutaient. Désormais, il faut les motiver. C’est quand même… c’est pas la même chose. Motiver, c’est faut faire naître le désir dans quelqu’un. Faire naître le désir… suppose… le désir n’est pas… comment faire du désir pour faire des mathématiques ? Trouver des habiletés pédagogiques, vous inventez des jeux. Enfin, vous faites toutes sortes de choses pour les élever, faire parvenir à ceux que vous avez fixé pour, par exemple, son mathématique. Il faut qu’il la comprenne. Donc, le métier d’enseignant, c’est cela.
J’ai beaucoup de chance d’être tombée dans cette école. C’est une école calme, avec des… des durs qui ne sont pas vraiment… avec… ouais… des particuliers. Il y a des élèves en difficulté aussi, mais par rapport à ce qu’on peut trouver dans d’autres écoles, il y a rien à voir. C’est certain. Là, quand je vais en cours et que j’entends certains parler de leur cas à eux, je suis très très très loin de ça. Il y a 28 élèves dans la classe, et en fait, souvent je me dis : « Euh… je me dis : Ah, c’est super, il y a des absents. » Mais en fait, il faut rattraper tout le travail, donc c’est encore plus galère quoi. D’autres fois, je me souviens, en fait, l’enfant petit se mettait debout là-dessus… ça, c’était collé là, et en fait, il se mettait debout. Et j’ai 15 fois je lui ai dit de descendre, et en fait, bah, il a pas voulu. À un moment donné, j’ai laissé tomber, tout d’un coup, il est tombé. Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a pris ça, et tout est tombé. Il y avait tous les tiroirs là, il y avait tout dans la classe, tout s’est mélangé. Et franchement, j’ai pleuré quoi. J’ai regardé mon adsem, je me suis mise à pleurer. Je me suis dit : « Mais qu’est-ce que je vais faire ? » Et après, je descends à la récré, on me dit : « Oh bah dis donc, tu es en retard. » « Bah ouais, en fait, mon adsem, elle m’a dit : Tu me laisses pas la classe comme ça en bas, faut que j’arrive à l’heure. » À un moment donné, j’ai dit : « Mais je peux pas, en fait. J’ai pas le don d’ubiquité quoi. Je… j’ai des bras, des jambes, des yeux. Enfin, je… je peux pas faire autrement. » Et du coup, ouais, il y a des trucs… c’est… tu te sens un peu… un peu seul dans… dans ta galère quoi. Mais bon, c’est pas grave. « Vous n’êtes pas rangés… » « B, c’est beau. Ah oui, c’est super. Une grand… une grand… un petit camion. Oui. Et ça, qu’est-ce que c’est ? Un nuage… Le soleil… C’est bien, Norbert. Tu veux qu’on l’affiche ? C’est quoi, l’affiche ? L’afficher, c’est le mettre au mur, le coller sur le mur comme les autres dessins là-bas. Non non… Bon… je… à la… mais voilà… Merci. »
À l’école primaire, j’étais pas une élève modèle, mais par contre, j’ai toujours suivi les… bien les cours. J’étais toujours une élève dynamique qui voulait toujours mieux faire. Et… et c’est pour ça, peut-être, dans ma pratique professionnelle là, ça se ressent que je veux toujours bien faire et que je suis peut-être un peu trop exigeante. « Regarde, la musique est terminée. Je ne vois pas beaucoup d’élèves assis sur les bancs. Daria, Nikita, Norbert… » On a tout de suite commencé toute seule. Donc, je me suis retrouvée là… où… oui, j’avais l’impression d’être dans une jungle vraiment, et de… sans clé. Et puis d’arriver… de pas trop savoir quoi faire. Et je criais. J’étais à Faone. Tous les… tous les mardis soirs j’étais à Faone. « Attention, pas de bagarre au puzzle. Il… on me laisse ma place… Non, il… c’est ma place. Allez, mon grand. Merci. Nolan, tu es avec nous, viens t’asseoir ici. Qui n’a pas le doigt sur la bouche ? On va continuer à jouer avec les syllabes. Alors là, ça va pas aller du tout. On est en atelier de langage, il faut suivre. Avant ananas, tu ajoutes la syllabe li, qu’est-ce que ça donne ? Litchi… Ananas… Tu répètes, Norbert. Qu’est-ce que tu as sur ta carte ? Pizza… Ah, toi, tu nous as fait à l’envers. On avait dit pizza… les pizzas… et à la fin, les pizzas rondes. Très bien, Norbert. Ça va, mon grand. » Il y a des moments, je me suis dit : « Mais comment on peut faire tout seul avec 28 élèves ? » Un cadeau pour moi. Je prends ceux qui ont des réelles difficultés. Bah, c’est compliqué, en fait. « Ça, il veut rien faire ce que je lui demande. Donc, j’ai pas le temps de rester 10 minutes. Si je force, il va le faire, mais je peux… j’ai pas le temps, donc je le fais pas. Il passe sa journée à faire de la pâte à modeler et à répéter les mêmes histoires. Bon, non, faut pas toucher… Attends… attends… attends… pas… attends… attends… attends… je le… » Donc, c’est un peu dommage, alors qu’il sait faire plein de trucs, et je suis sûre qu’on s’occupera de lui. Bah, il aurait fusé quoi. « Vous avez perdu vos oreilles… Tiens, tu la poses dans le lavabo. Non, tu tapes pas… Non, n’importe quoi… Je vois Nikita qui fait quelque chose, et ça… c’était Isa qui nous avait montré… Vous vous souvenez comment ça s’appelle ? Y… ou la méditation… Isa va nous remontrer. On va en faire 5 minutes. Je ne dois pas entendre… Les yeux fermés… On regarde comment il fait, on fait pareil. C’est l’heure de la cantine. C’est bien les grands, vous avez bien médité. »
La plupart viennent par vocation. Ils ont envie d’apprendre à apprendre, ils ont envie d’apporter des connaissances, ils ont envie d’aider les enfants. C’est certain. Mais entre l’envie et… et la réalité, ça n’est pas toujours simple. C’est-à-dire que parfois des enfants refusent, parfois des enfants ont de tels problèmes socialement à côté que ils sont incapables d’écouter, incapables d’être tranquilles. Il y a des problèmes de gestion de classe, et… et donc ces jeunes enseignants sont confrontés à des difficultés qu’ils n’arrivent pas à surmonter tout de suite. Quelle confiance j’ai en moi, quelle estime j’ai de moi. Et c’est par rapport à ces deux axes que je vais être à même de gérer ma classe et de me positionner. Voilà le but du projet que je vous propose cette année : faire un travail sur votre posture, sur votre confiance en vous, la gestion du stress, pour que vous puissiez aider vos élèves. En fait, c’est vraiment pour vos élèves. Ça… ça vous fait peur ? Alors, s’il vous plaît, listez les émotions qui vous traversent quand vous êtes enseignant face à la classe. Je vous laisse un petit peu de temps pour faire le point. OK. Encore une petite… enfin, quelques secondes encore. Maintenant, vous entourez celle qui est la plus présente. Vous dites très rapidement l’émotion… enfin, ce que vous avez entouré. Allez, on y va. Stress… le doute… frustration… frustration… frustration… frustration… friction… frustration… frustration… peur… joie… frustration. Et en même temps, moi j’en ai deux : satisfaction et angoisse. Ça évolue en fonction de la journée, en fait. Le stress… enthousiasme et frustration aussi. Je dirais déception… contente… frustration. Pourquoi autant de frustration ? Quand on voit qu’on a préparé des ateliers qui… qui doivent durer 20 minutes et ça tient 5 minutes, là, c’est la frustration qui précède le stress. Et on a préparé un super oral, et au bout de 5 minutes, ça part en cacahuète. Et là, on dit : « OK, on va les faire écrire, parce que ça… » D’accord… avoir du mal à capter leur attention… et on a pas le droit de les taper. Non, mais c’est que… il y a au bout d’un moment, c’est que la patience… on a beau mettre des mots, et on ne sait plus quoi faire. En fait, on est complètement submergé par leur énergie. Je suis en grande section, et quand elle ne comprend pas… c’est pourtant une petite fille intelligente, mais quand elle comprend pas, elle se ferme comme une huître. Et là, à ce moment-là, je peux même lui demander comment elle s’appelle, elle ne saura pas me répondre. Elle se bloque complètement. À partir du moment où elle se… se… se sent en échec, et votre frustration, elle se situe où là ? Bah, de pas réussir à la faire sortir de sa coquille. D’accord. OK. Et j’ai réussi… d’autres choses à lui avoir… j’ai vu des étincelles dans ses yeux, à la sortir de cette coquille. On était en groupe, et en fait, je l’ai encouragée. Elle a dit un truc, j’ai fait : « Oui, c’est bien ce que tu as dit. » Et… et je pense qu’à la maison, elle se prend plus de « tu es nul » que de « tu es bien ». Et c’est d’où… d’où l’enfermement dans sa coquille. Parce qu’ils viennent avec leurs problèmes aussi. Nous, on vient avec les nôtres, ils viennent avec les leurs, et on pourra pas régler… il y a des problèmes… alors… soit de… de psychosociaux, culturels, des handicaps… oui… voilà. Donc ça, c’est… cette frustration vient du fait que tout n’est pas sous notre contrôle. J’ai des cas un petit peu difficiles dans ma classe. Donc… donc vous avez trouvé de l’aide ? Pas encore venu, mais… mais vous savez où la trouver ? Oui… voilà… c’est en cours. Nous, c’est pareil, on a une psychologue. C’est ponctuel, c’est… elle est pas présente dans la classe, elle peut pas répondre à toutes mes questions ou à tous les… à tout ce qu’on peut rencontrer avec cet élève. Donc, oui, elle va me dire : « Effectivement, c’est un enfant perturbé. » La mère aussi est suivie par la psychologue scolaire. Ouais… OK… super. Et sinon… bah… oui… alors… attendez… tous ces gens… et posez-leur des questions très précises, c’est ça l’idée. Ce qui ressort de cet échange, c’est que vous pouvez trouver de l’aide, cherchez-la, sollicitez-la, et réjouissez-vous de toutes ces petites victoires, parce que c’est ça qui va vous nourrir.
Je suis pas enseignant-chercheur à Créteil pour rien. Moi, en tant que linguiste, c’est ce qui m’intéresse : les langues, les langues en général. Et à Créteil, un enfant sur quatre parle une langue étrangère à la maison, et on n’en fait rien. Kata… et je parle pas d’anglais là, je parle du lingala, du bambara, de l’ourdou. L’intérêt, c’est de leur apprendre à découvrir les langues des enfants de la classe, par le biais de chansons, de comptines, de jeux sur… sur les langues de la classe. Et d’ailleurs, qui a enseigné les langues depuis la rentrée ? Alors là, je suis médusée. Voilà, je vais retravailler mes représentations. « OK, can you sing a song for children ? Your name, Sah ? OK, go. Ahad. Sunny today, it’s sunny today, sunny today. It’s sunny today. Windy, cloudy, rainy, snowy. No, it’s sunny today. Hey, sunny today, sunny… You teach to the group… Sunny today, it’s sunny today, sunny today, sunny today. Windy, cloudy, rainy, snowy. It’s sunny today. Hey, hey… Cloudy today, cloudy today, cloudy today, cloudy today… Sunny, windy, rainy, snowy today. Very good. You can… » On a toujours une petite appréhension en entrant dans une classe comme ça, c’est un peu… voilà… impressionnant. Bah, du coup, le nombre d’élèves aussi. Donc là, on me dit : « Tu auras 27 élèves. » Je me suis dit : « Ah… » « L’anglais est terminé. Il y a un dernier mot qui est un petit peu difficile. Ça se lit Almanac, c’est un calendrier. J’ai fait plein de choses dans ma ville en tant qu’animateur… c’est un calendrier. » Surtout ça qui m’a poussé à devenir… à apprendre à apprendre aux enfants justement… les M… qui… on… le S… qui fait le… « Voilà, tu recopies les mots qui font le S. Tu as terminé ? Tu es trop rapide. » Il y a des élèves qui sont très rapides. On leur donne un exercice, en une minute ils ont terminé, alors que d’autres, il leur faut beaucoup plus de temps. « Axel, il va vite. Allez, on se dépêche. Les autres, dépêche-toi. Il… tu es en retard. Tu as tout fait jusqu’au neuf ? Oui. Alors tu peux… » S’adapter au niveau de chaque élève, c’est ça qui est très difficile. Faut jamais qu’un élève s’ennuie, parce que sinon, il va faire capoter toute la séance pour tous les autres élèves. En fait, je vous laisse encore 5 petites minutes. À votre avis, qu’est-ce qu’on va faire là ? On va lire… on va lire… compréhension… lecture compréhension… Qu’est-ce que c’est, les lignes ? Lire entre les lignes… Qu’est-ce que ça veut dire ? Jeter un coup d’œil… par exemple, là, c’est ça… ou là-bas… sans courir… sans courir… je… jeter un coup d’œil… La PC, c’est pour aider les élèves qui sont un peu plus en difficulté sur certaines notions. Donc, on va reprendre à leur rythme. « Tourne… il met son dos… On prend pas beaucoup d’élèves exprès comme ça, on peut vraiment passer du temps avec ces élèves-là. Très bien. Parce qu’en fait, il est jaloux du chat… Qu’est-ce que c’est tout ça ? La jalousie… la tristesse… l’émotion… ce sont des émotions. Très bien… il… très bien… il… Tu veux rajouter quelque chose ? Tu es sûre ? Essaie de dire quelque chose aussi… Écoute tout ce qu’elles disent, et ça me permet aussi d’entendre des élèves qui sont un peu timides en classe. Juste là, dehors, en petit groupe, ils vont avoir plus tendance à venir vers nous. Le narrateur… ne pas avoir peur de se tromper. Alors qu’en classe, ils resteraient vraiment dans leur coin, même s’ils ont rien compris, ils restent sans rien dire. Ça serait pas juste pour moi, c’est pas égal. D’accord ? Alors, j’ai… j’ai dit, par exemple… « Tu vas en mariage, par exemple, de… de ton frère, par exemple, et… et tu es jalouse de ta belle-sœur, parce qu’elle est trop belle pour toi, et toi, tu es pas assez belle. C’est… tu es jalouse… tu es… tu es jalouse… bah… de… de sa… de beauté. Et qu’est-ce que tu aurais envie, toi ? Alors, du coup, bah, tu as envie de… de… qui… qui divorce et qui prend une femme un petit peu plus moche. Mais alors, est-ce que c’était écrit tout ça dans le texte ? Non, non, ce n’était pas écrit. Donc, qu’est-ce que vous avez réussi à faire là ? À lire entre les lignes. Vous avez réussi à lire entre les lignes, à comprendre le… mieux… le sens et l’histoire… à comprendre mieux le sens et l’émotion des personnages… oui… et l’émotion des personnages… et l’émotion des personnages… et surtout de qui ? Bah, de John… de John. D’accord. C’est très bien, vous avez très bien travaillé. On peut continuer l’histoire… Attention, on peut la continuer… Là, pour l’instant, vous allez aller manger d’abord. Oh non… pas… allez… vous prenez vos manteaux parce qu’il fait froid dehors… Mange… et moi, mange de quoi ? Ah voilà, ça c’est un exemple de jalousie. C’est très bien. Il… »
À 16h30, si jamais j’ai vraiment beaucoup de choses à corriger, je reste un petit peu ici pour corriger, parce que juste… c’est lourd de ramener tout ça à la maison. 27 cahiers à chaque fois, c’est… c’est… ça fait lourd. Donc, si je corrige, je peux peut-être partir d’ici vers 18h. Sinon, j’apporte tout chez moi. Donc là, je pars à 16h30, je prépare ma classe pour le lendemain. Il y a toujours des petites choses à découper ou des… du matériel en fait à préparer pour les activités. J’ai juste le temps de manger et d’aller me coucher. Je crois que c’était ma plus grande crainte quand j’étais plus jeune et que j’ai hésité à devenir enseignante. À cette époque-là, je faisais beaucoup d’aide aux devoirs avec des enfants, et je me disais : « Mais j’aurais trop de frustration à ne pas pouvoir apporter à chacun autant qu’ils auraient besoin. » Et à cette époque-là, c’est pour cette raison-là notamment, je n’ai pas voulu devenir enseignante. « 50 + 50, ça fait combien ? 50 + 50, ça fait 100… ça fait 100… 10… 50 + 50… 0 + 0, 0… 5 + 5, 10… Ça fait combien ? 100… Voilà… si ça fait 100 centimes, on est bien d’accord. C’est des centimes ? Oui. Ça équivaut à combien d’euros ? 1 euro… quoi… Merci. C’est écrit juste là : 100 centimes, c’est égal à 1 euro. Ça représente… ça veut dire… ça veut dire que ces deux pièces-là… » C’est vrai qu’il faut régulièrement se… se remettre à leur place. Plus on est nous-même à l’aise dans certaines matières, et plus c’est presque difficile à ignorer… regardez… parce qu’on se rend pas compte du type de difficulté qu’ils vont pouvoir rencontrer. « J’ai 1 euro… 1 euro est égal à 100 centimes, c’est la même chose. Allez, rangez vos feuilles, et vous pouvez aller manger. Par contre, je voudrais juste discuter avec toi une minute. Oui. Bon appétit. Il faut que tu arrêtes de… toujours… toujours vouloir l’attention, Léna. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quoi que je fasse avec un élève, tu veux que je fasse pareil avec toi. Tout à l’heure, Ahad m’a demandé… non, j’ai… j’ai vérifié l’agenda d’Hugo pour vérifier où il écrivait. Il a fallu que je vérifie le tien. Hier, Nathan a eu besoin d’une ardoise, tu as eu besoin d’une ardoise. Ce n’est pas possible. J’ai 26 élèves, vous avez 26 besoins différents, vous ne comprenez pas forcément les mêmes choses. D’accord ? J’ai 26 élèves, donc je dois aller m’occuper au fur et à mesure. Je ne peux pas m’occuper que de toi, Léna. D’accord ? Tu es juste devant mon bureau, je ne t’oublie pas. L’année prochaine, tu iras en CE2, puis en CM1, puis en CM2. Petit à petit, les maîtresses, elles vont de moins en moins vous dire : « Il faut écrire là, saute une ligne, passe un carreau. » Petit à petit, il va falloir que vous appreniez à le faire tout seul. D’accord ? Allez, va manger. « Maîtresse, tu es trop gentille. Merci. »
Le… au début de l’année, à 1 heure de la rentrée… donc j’étais dans ma classe depuis 6h30, 7h du matin. J’avais les cheveux comme ça… j’étais… voir mes collègues… « Dis, comment je fais avec leurs prénoms ? » Non, mais c’est vrai, comment je fais ? Parce que quand ils sont grands, vous… vous… vous mettez un écrito ou un truc… mais nous, déjà, ils sont si petits… ils vont pas osé nous parler… mais… j’ai… on fait comment avec les prénoms ? Les trois premiers mois ont été super durs. Et sans les collègues qui t’encouragent, qui te disent… qui te donnent des… des pistes… qui t’expliquent un peu comment ça se passe… tu surnages. Franchement… tu… un moment… tu… tu pètes un câble. Jusqu’à 22 heures dans sa classe, c’est un truc de fou. Moi, je travaille à la maison, je préfère travailler dans la classe, mais la vérité, c’est qu’on a un maternel… Comment tu veux que je prépare à la maison ? Vous savez que je m’endors… je suis sur Pinterest avec mon téléphone en train de dire : « Je vais faire quoi pour Noël ? » Et tout… je me réveille… « Je vais faire des sapins bleus… » Enfin, tu vois, c’est… on est matrixé. J’ai 23 ans.
Je suis payé, salaire, c'est ça en fait. C'est que c'est le salaire. Suivrai, ok? Quand tu fais 50 heures avec ta 38 de paye, c'est ta vie que tu as voulu là. Ma vie d'enseignant, je l'ai voulu. Je me lève tous les matins, j'ai qu'une hâte, c'est d'arriver à l'école pour voir mes élèves. Mais qu'on vienne pas dire qu'on fait rien, on fait, fait tellement plus! On rentre chez nous, on n'est pas tranquille, on est à l'école, on travaille encore: les réunions, les… pour un salaire de toutes les semaines. Je suis à faone depuis la rentrée quoi. Je me dis mais c'est pas possible! Enfin, pourquoi ils font pas un cours sur la voie depuis le début? Mais faut, faut vraiment avoir une grande confiance en soi, faut, faut, faut vraiment être fort psychologiquement pour ce métier au final. Parce que quand les, les inspecteurs, quand le MF vient te voir et qu'il te fait… la première chose qu'il te dit, c'est les choses qui vont pas, et que après c'est à toi de demander… parce que c'est arrivé donc… va à ma binôme, elle lui a fait donc tout ce qui allait pas, elle lui a fait une liste de tout ce qui allait pas, et en fait elle a oublié de lui dire ce qu'allait… mais très dévalorisant! Elle a été obligée de lui poser la question: mais alors finalement, qu'est-ce que… [Musique]
Va quand les formateurs viennent vous voir, vous avez toujours un entretien après. Prenez la parole en premier pour dire pourquoi vous avez fait ces choix, qu'est-ce qui vous a conduit à choisir de faire la classe de cette manière-là? Vous êtes des grands, vous avez voulu ce métier, vous êtes là parce que vous avez envie d'enseigner. Alors dites pourquoi vous avez fait la classe ainsi, et puis on vous donnera des conseils, des conseils. Il y en a plein! Quels sont ceux qui ont déjà eu des visites? Allez-y! Moi, je l'ai pas reçu comme ça, parce qu'elle me donnait des conseils, mais je voyais bien que si je les appliquais pas, et ben ça n'allait pas. Parce que elle, elle savait, elle a 5 ans, 50 ans derrière elle, et elle sait très bien ce qui était bien en classe et ce qui est pas bien. Donc moi, il y a des moments où, par exemple, j'avais proposé le, enfin le temps calme, elle m'a demandé de le justifier. J'ai eu… à justifier. À la fin, elle m'a quand même dit: ça sert à rien. Et j'étais pas du tout d'accord avec ça, et euh… et je me suis pas senti en position où justement je pouvais donner des conseils et faire ce que j'avais envie de faire dans ma classe.
Néanmoins, vous l'avez dit. Oui, je l'ai dit, mais c'est pas si simple que ça. Non, j'ai pas dit que c'était ça. Oui, je dis simplement: il faut le dire. Parfois les formateurs ne connaissent pas les élèves de votre classe, n'est-ce pas? Ceux qui les connaissent bien, qui est-ce? C'est vous. Donc parfois quand vous faites des choix, ben ils sont, ils sont ce qu'ils sont, mais en général ils sont argumentés. Donc déjà, c'est très bien de le faire, parce que ça c'est être enseignant responsable. Vous serez un monsieur, un apache, un, un chirurgien, un président, un docteur… et c'est tout. Et un docteur et un chirurgien… c'est ça. À côté de Salimata, je veux Alizé et Mohamed ici. À côté de Nolan, je veux Laura et Vetica. Le plus stressant, c'est les visites. Je suis stressé parce qu'on sait qu'on va être jugé. D'accord? Pour bien jouer la pièce, même si on a mis tout notre cœur pour la séance, on se dit: ouais, ça va super bien marcher ça, j'ai préparé, c'est génial! Et on se rend compte qu'en fait… ah bah, des fois ça foire. [Musique] Totalement! Faut que tu le relises, que tu le relises, que tu le relises, que tu le relises, pour justement le connaître et pas butter sur des mots, d'accord? Ce soit fluide. Après on va délibérer la coupe, la… de sa tentative d'ASS… mois d'emprisonnement pour les arties… [Musique] illégal… bien les acteurs là-bas là, c'est… j'ai, j'ai vu des jeux d'acteurs, j'ai, j'ai eu plein de choses, c'est très très bien. D'accord? Alors je n'ai pas fini de parler. Donc moi, les progrès, je, je les vois, ils sont flagrants. C'est-à-dire que là, vous acceptez le bruit, il y a un très bon climat de classe, les élèves s'investissent dans les activités que vous leur proposez, votre objectif est cohérent avec l'activité que vous proposez. Je pense à vous maintenant. Quand je l'ai fait, je me dis: ok, il me faut un seul objectif, c'est être capable de… Voilà. Comment vous savez qu'ils n'ont pas compris? Bah là, j'ai pas demandé. Et ben voilà, oui, tout simplement. Donc quelle est la question à poser au final pour savoir s'ils ont compris ou pas? Est-ce que vous avez compris? Ou j'ai pas entendu le début de la question. Qu'est-ce que, qu'est-ce que vous… ah bah oui, c'est pas pareil. Qu'est-ce que vous n'avez pas compris? Ah non, qu'est-ce que vous avez compris? Et ben oui, si vous dites: qu'avez-vous compris, ils vont me faire un résumé. Ils vont vous faire un résumé, et c'est là, là où vous allez entendre vraiment ce qu'ils ont compris ou pas. Vous êtes chef d'orchestre, simplement votre question, c'est: qu'avez-vous compris? En fait, votre rôle, ou c'est de questionner. Ouais, toujours les questionner. Que ça ou… très rangée, on y va. Comme toutes les petites filles, je voulais faire maîtresse. J'adorais l'école. Je sais que les maîtresses m'aimaient bien, j'étais vraiment la bonne élève, franchement. Si je me voyais maintenant… non, enfin, si je me voyais en tant qu'… je purée, lè… botte celle-là! Les CE2, vous vous rangez de… [Musique]
Par dans 2h, vous devez avoir déposé un plan de séquence. Dans 3h, vous devrez avoir déposé la justification de la plus-value de l'utilisation informatique. Ça veut dire que jusqu'à 13h, vous allez être un petit peu la tête dans le guidon, sachant que la dernière heure vous allez devoir présenter à l'oral votre travail. Et le fait que, qu'il y a un petit peu de stress, souvent ça monte un petit peu en terme de qualité. Donc là, c'est le dernier moment. S'ils étaient à temps plein dans une classe, ils ne penseraient qu'à ça, mais là ils reviennent à mi-temps à l'ESP et on les maintient dans un statut d'étudiant aussi. C'est-à-dire que on exige d'eux qu'ils se conforment à, à des règles, et ça ils ont du mal à, à changer comme ça en permanence. C'est difficile parce qu'ils peuvent pas oublier leurs élèves, même s'ils sont plus avec eux pendant une semaine, ils oublient pas. Mais de toute façon, c'est, c'est le lot de l'enseignant. Quand on est enseignant pendant toute sa vie, on va en vacances, on pense à sa classe: ah ça, ça peut m'être utile, je le garde, je prends une photo parce que ça peut m'être utile. C'est ça, on y pense tout le… [Musique] temps. Ce matin, c'est votre dernier jour de cours avant les congés de Noël. Cette période est chargée, que ce soit à l'ESP comme à l'école. Pascal va vous proposer de recharger vos batteries pour être prêt à fêter Noël, à fêter la nouvelle année. Oui, et puis à reprendre la classe après. Voilà, l'idée c'est que vous êtes en contact avec votre ressenti. OK? Jing Bell, jingle bell, Bing Bell… [Musique]
B, tu connais la lettre de la rentrée? Pas du tout. On a pas encore… on a eu 11 boîtes de chocolat. Effectivement, dans les textes, il faut pas, hein? J'avais un MF l'année dernière qui disait: il faut tout refuser. Moi, je me vois pas refuser. Bah non! Puis même par rapport aux gamins, ils sont tout contents de nous les ramener. On a Meril qui nous a ramené des gâteaux qu'elle a fait elle-même. Enfin, Noël, Nol… no… [Applaudissements] Noëë… Moi, je suis désespéré, pour… il y a trop de choses à faire! J'ai 10 pages de mémoire à… RRE… pour la rentrée, préparer la période qui vient… On parle de vacances, des vacances… mais qui parle de vacances dans l'espace de la classe? On n'est pas là pour faire état ou essayer de persuader ou de, d'essayer de convertir quelqu'un à sa propre, sa propre croyance ou à son absence de croyance ou à son doute sur les croyances. Vous enseignez en classe de CE1. Un matin, un élève arrive en pleurs, son petit chat est mort, il est inconsolable. L'un de ses camarades dit: alors moi, quand mon petit chat est mort, maman m'a dit qu'il était près de Dieu et qu'il allait ressusciter. C'est quoi ressusciter, maîtresse? Demande un troisième. Que faites-vous? Donc on dissoie deux choses, hein? Euh, d'abord on répond aux interrogations du premier: qu'est-ce que ressusciter? Et comment réconforter celui qui pleure, qui… pas du… son chat… dont le chat est mort. Ressusciter, bah c'est revenir à la vie. Donc le chat va se réveiller à nouveau, il va revenir à la vie. Ça engage quand même une vision, une vision du monde. Ressusciter… expliquer le vocabulaire en essayant de pas rentrer dans le, dans le côté religieux de la… il faut pas les… caboter non plus, le côté religieux. Oui, mais le dire: voilà, dans certaines religions, et puis voilà, certaines personnes pensent que… on, on revient à la vie. Parce qu'un élève va vous dire: mais on va résusciter nous, là? Par contre, c'est là ça nous concerne plus trop. Comment ça ne concerne plus trop? Bah on peut pas, on peut pas répondre à cette question, parce que c'est prendre un… c'est, c'est donner un avis là. Voilà. Ben oui, mais vous allez répondre, vous… vous allez dire: il y a plusieurs possibilités, certains considèrent… certains… voilà. Donc c'est là qu'il faut présenter les différentes croyances. C'est… que c'est, c'est… ce sont des choix qui relèvent de la croyance. Oui, mais en… on peut pas, on peut pas éluder le cycle de la vie, l'aspect biologique, scientifique. Enfin, sinon ça va soumettre aussi un débat dans le sens où ressusciter, justement, il y a un début, une fin, une naissance, une mort, et que ça va à l'encontre des croyances scientifiques en fait. Ce terme… des croyances scientifiques… des croyances religieuses… des, des croyances religieuses justement. Enfin, et donc là c'est peut-être le moment de faire la différence entre croyance et connaissance. C'est ça. Donc la science, elle avance des connaissances. Donc là justement, c'est peut-être cette occasion-là de, de faire la différence entre croyance et connaissance. Je vous rappelle que vous devez avoir une posture laïque, c'est défendre les valeurs de la République. Donc il y a des valeurs pour lesquelles on prend position. La neutralité, c'est pas le désengagement. C'est pour cette raison, quand vous disiez tout à l'heure que j'écoute, mais je défends… oui, je défends, c'est les valeurs de la République que je défends.
Quié… pour être un délégué de classe aujourd'hui, on va travailler sur la campagne, on va travailler sur les affiches. Est-ce que quelqu'un peut me dire, en levant la main, ce qu'on retrouve sur toutes les affiches? Émile… [Musique] voter… un candidat qui se présente devant vous, qu'est-ce que tu aimerais qu'il dise, toi? Pourquoi tu… alors, pour quelle raison tu vas te… délégués… des… de quoi? Résol… résoudre des soucis. Résoudre des soucis, c'est mieux. Résoudre des soucis. Là, il y avait là-bas une candidate… décid… mais ça veut dire quoi? Une candidate qui sait ce qu'elle veut. Moi, je sais pas ce que je veux, donc c'est pas le bon slogan, on va en trouver un autre. Toi, toi, ce que tu aimes, tu m'as dit, c'est de trouver des idées, d'accord? Donc ça peut être: voter Diane, une candidate pleine d'idées, par exemple. Mais j'aurais pas plein d'idées, ça se trouve. Si j'étais délégué, qu'est-ce que je ferais? Si j'étais délégué, qu'est-ce que je dirais? Si j'étais délégué, comment ça se passerait dans la classe? La seule consigne que vous avez, je vous demande de faire des phrases. Donc des phrases, ça commence par… et ça termine par…, d'accord? Et ça a un sens. Qui peut me donner des idées là, parce qu'il y en a qui ont du mal à en trouver? Adame… pas de dispute… éviter les disputes. Qu'est-ce qu'il peut faire d'autre, le délégué? Oscar… une BO en fin d'année… une boom en fin d'année… où ça? Le… dans le… Pr Nathan… une piscine… ça rentre aussi dans les idées. Alors, je ne suis pas sûre que la piscine soit prévue dans la cour avant la fin de l'année. Il y a d'autres rôles que le délégué peut avoir? Antoine… oui, faire construire un… oui, bah oui, bien sûr! Dis! Alors on essaie de rester quand même dans des choses qui sont réalisables, parce que vous vous doutez bien que si quelqu'un vient devant vous dans la classe et vous dit: alors moi, si je suis délégué, il y aura un parc à… dans la cour… bah libre à vous de voter pour lui et de le croire. À voter… 23, 24, 25… [Musique] Amed… je peux pas le compter parce qu'il y a trop de, il y a trop de noms dedans. Ben non, j'ai pas le droit de choisir, je peux pas choisir. Avec un score de 5 voix, Oscar… [Musique]
Un bon enseignant de l'école élémentaire et maternelle, à mon avis, doit se poser la question: comment je peux rendre mes élèves curieux? Puisque les connaissances, on les trouve partout, ce n'est plus seulement le rôle de l'enseignant. Il y a des tas de, de systèmes numériques qui peuvent donner, apporter les connaissances. Il y a le contexte extérieur à l'école, c'est-à-dire les parents, la société, et cetera. Par contre, il faut que l'enseignant apprenne aux élèves à, à différencier le vrai du faux, à trouver les bonnes informations, à accepter la discussion, être tolérant, être laïque, puisqu'on est dans une école publique, accepter qu'on puisse penser différemment, accepter qu'on puisse dire des choses différentes, et euh… ne pas être agressif si on n'est pas… [Musique] d'accord. Que disent les programmes sur l'éducation à la sexualité? Et ben on nous dit qu'en fait, la, l'éducation à la sexualité, elle doit contribuer à l'apprentissage d'un comportement responsable, d'accord? Dans le respect de soi et des autres. Question: comment peuvent-ils faire la distinction entre fille, garçon? Mais oui, mais alors si tu dis zizi, pas diizi… ça me gêne, moi. Oui, non, mais pour les enfants… mais non, mais même moi ça me gêne, parce que zizi, pas diiz… alors c'est pas que tu… que tu dises zizi, qui… qui m'embête, d'accord? C'est que tu dises pas de zizi, parce que pas de zizi, c'est encore… c'est réducteur pour, pour la petite fille. Bon, alors c'est quoi? Alors pour l'éducation à la sexualité… l'année dernière, la reproduction… mais ils sortent par où, les bébés? Et ben voilà! Et bon, il y en a un qui… tout de suite… par… par… genre… après… voilà… mais je… après je me suis… mince, c'était pas ma classe non plus, je remplaçais. Mais tu en parles dans la, dans l'éducation à la reproduction sur les animaux, il pose des questions, tu dis: bah voilà, bah il faut bien que la, la, la femelle, elle soit équipée pour pouvoir… ben voilà… pour pouvoir mettre bas, et donc elle, elle met bas par rapport à un orifice qu'on appelle le vagin, et puis voilà. C'est important aussi d'anticiper et d'expliquer aux parents avant… c'est inclus dans les programmes, et qu'on va en parler. Ce qui peut-être la question qui est peut-être… est intéressante, c'est où se place notre rôle d'enseignant et où se place le, le rôle des parents? Est-ce que les parents ont leur mot à dire? Bah oui, quand même quelque part. Mais justement, on va voir… Bon, alors avec le temps qui nous reste, j'aimerais vous proposer une petite mise en situation. Donc le contexte: suite aux nombreuses informations erronées qui circulent par rapport à l'éducation à la sexualité à l'école, un directeur souhaite écrire une note d'information… attention… des parents d'élèves afin de clarifier… l'enseignement et tout ce qui se rapproche. Donc moi, ce que je vais vous demander, ben c'est finalement d'aider ce directeur d'école en proposant de décrire cette note pour informer les parents. Là, on s'adresse pas aux élèves, on s'adresse aux parents, et donc il faudra peut-être envisager d'avoir un discours adapté aux parents. Une des compétences de l'enseignant, c'est être capable de s'exprimer en adaptant son niveau de discours au public qu'il a en face de lui. C'est un bon exercice. [Musique]
On se dit qu'en fait le mémoire, c'est notre année qui joue. Quand on est en dessous de 7, c'est foutu, c'est éliminatoire, il y a pas de rattrapage. C'est dans un mois, même pas, et on a minimum 15 pages à faire pour avoir les 40 demandés. C'est stressant! Les recherches prennent beaucoup de temps, et à côté de ça on a la classe à préparer, on a les rendus de master… rendus de Master à faire aussi. Donc c'est obligatoire, je suis obligé de le faire, mais bah sinon j'ai pas mon Master, sinon j'ai pas de, j'ai pas de… médiam… sinon je suis pas titularisé. En fait ça… vare… per… c'est toujours la même chose. Si on s'était pris avant… ouais, on aurait pu… après c'est une question d'organisation, mais on a peut-être pas su… mais tout le monde est comme ça, on se pousse tout seul entre nous. Merci. [Musique] Ok. [Musique] Morning! Donc nous avons une nouvelle invitée dans notre classe, une spécialiste de l'anglais, comme je vous l'avais dit… Ames… avoir des gens en fond de classe qui nous écoute… faire classe à tous nos élèves… et puis les élèves qui font pas forcément ce qu'on leur demande ou qui réagissent pas… moi j'ai tendance à vouloir faire toujours les choses un peu carré, bien, parfait, et là forcément on fait des erreurs… on yes… r… yes… very good… rice… r… Nicholas… want to say all this in Spanish? Ok, so listen… listen to… [Musique] him… l… l… Spanish… OK… this… spina… spinaka… ok… pasta… Tom… Tom… Pat… fritas… patata fritas… oke… AR… AR… patatas… Sana… Sana… thank you… thank you… Zadig… Ok, je repasse en français. L'anglais est terminé. On va aller se ranger, on va se ranger… [Musique] correctement. Donc ça, c'est le petit livre qu'on compte donner aux élèves en fin de séquence. Donc ça reprend un peu toute l'histoire de Chubby James, et ils pourront le colorier s'ils veulent. Super! Tu vois bien, il y a plein, plein, plein de choses de, de bien. Euh, tu travailles encore un petit peu frontalement, tu vois, tu, tu es vraiment souvent collé au tableau. Euh, je pense que c'est une erreur de débutant, hein? Il faudrait que ça soit les élèves… ouis… qui prennent en charge, tu vois. Il y a, il y a une histoire de… peut-être même les envoyer… et c'est un élève qui fait répéter aux autres, ou… ça… tout… OK… à fait. Tu sais, c'est dur pour… on s'en rend compte là dans la, pendant la matinée, ils sont fidget, hein? Ils bougent beaucoup, ils se déplacent pas mal, c'est des CE2, donc ils ont besoin de, d'être acteur, et si c'est le prof qui, qui tient tout, qui soutient tout, ben eux ils sont… voilà. Tu le vois bien quand tu viens à l'ESP et que tu es assis sur une chaise toute la journée, c'est envie de se lever aussi. Ouais. C'était magnifique de demander à un enfant qui doit être hispanophone de dire en, en espagnol… ça les intéresse. Donc là aussi un travail avec la diversité linguistique et culturelle, même en CE2, c'est possible, hein? Euh, je me pose la question de ta volonté de… rep… prononcer après l'enfant en espagnol. Ouais. Euh, moi ça me pose un petit peu problème, euh… parce que c'est lui enlever ce… sa qualité d'enfant locuteur natif, tu vois? Et, et… et ça… tu reprends ton rôle d'enseignante, tu… que coûte avoir le dernier mot, et… et ça quelque part ça me gêne par rapport à l'identité de l'enfant qui, qui fait l'effort de, de parler dans sa langue devant ses, ses pairs, tu vois? C'est… euh… je pense aussi… là j'ai fait ça, c'était pour que tout le monde entende, parce qu'il parlait doucement, mais c'est vrai que je… alors justement techniquement, quand les enfants parlent tout doucement, c'est généralement le cas… ce qu'ils disent, c'est toujours dans la direction de l'enseignant… ou… et les autres. Alors comment on fait techniquement… dem… de parler plus fort? Non, parler plus fort, bien sûr, tu peux dire: shh… on parle plus fort. D'accord? Mais techniquement, tu te mets à l'opposé de l'élève. Ah oui… B… oui, si tu veux qu'il parle plus fort, tu te mets le plus loin…
J'ai commencé à chanter, j'avais 7 ans, j'étais dans une chorale, et on faisait du… c'était comme du chant lyrique en fait. Après… les grands frères qui nous… faut écouter des choses… par… des choses par là, et puis on ouvre notre esprit, on découvre plein de styles différents, et puis après… cette chanson, elle est un peu spéciale, j'aimerais la dédiée à ma classe. [Applaudissements] [Musique] Voilà. Would you like to learn? Yes! Listen! I have my… l… don't… and respect the… R… don't let yourself be pushed around… be confident… and you… be… F… there… [Musique] There… pour nous… de tout ce que vous avez dit… pour nous… si c'est défavorable… je trouve pas que ce soit la bonne appréciation… que là… je trouve que cette appréciation… attitude… attitude… souvent… parfois… des… inv… invol… clairement… quand tu arrives le matin à 8h20 et que la directrice de l'école, elle vous a pas prévenu… bah nous non plus, elle est pas là ce matin. Elle sait aussi… la jeune collègue qu'elle met dans l'embarras… pas seulement cette matinée, mais toute la, toute l'organisation de l'école… c'est vrai que certains prennent la fuite parce que il y a beaucoup d'appréhension, on peut le comprendre, mais c'est aussi le… j'ai envie de dire, c'est, c'est le deal en début d'année. Vous êtes formé, vous êtes payé pour être formé… enfin je crois quand même qu'il faut assister là-dessus. Ils sont payés pour être formés, et bah ils ont ces visites. Moi je vous ai écouté, et j'ai mis défavorable. Si vous pensez que ça n'est pas très grave, on, on met favorable, mais… mais non… la question c'est: est-ce que vous la voyez l'an prochain, tant qu'… dans une classe? Et ben voilà, si vous la voyez pas, elle doublera une année avec toi. Alors il faut que tu… actionnes… alors… ouais, ça va… ça… non, c'est avec… c'est avec moi. J'ai eu des mots avec elle, elle a eu une attitude désinvolte tout au long du cours. J'essaie de la faire participer, puisque… j'essaie de désamorcer le conflit qui arrive, donc en lui demandant ce qu'elle en pense, en lui disant qu'elle peut dire qu'elle n'est pas d'accord, et cetera… mais elle ne répond pas, et jusqu'au moment où elle fait ce geste… et là… alors là… pas faire ça… la… ben non, mais là la colère est montée d'un seul coup. Du coup, je lui ai dit que si ça lui plaisait pas, elle prenait la porte. Elle a commencé à discuter, et je lui ai dit que je, je n'allais pas rentrer avec elle dans une relation duelle, parce que j'étais en cours. Donc si elle voulait des explications, elle attendrait la fin du cours. Et au final, à la fin du cours, elle est venue me voir en disant: mais je comprends pas! Et elle trouvait ça complètement injuste. Je lui ai montré sa posture, comment elle avait réagi. Elle a dit: vous parlez de bienveillance, c'est vous qui parlez de bienveillance! Et elle est partie, et j'ai trouvé ça très choquant et très violent. Un positionnement qui n'est pas en adéquation avec les attentes institutionnelles… des… invol… agressives… en cours… ah oui… enfin avec moi en tout cas, en cours… je sais pas, mais avec moi, j'ai pas aimé, hein? Ça c'est sûr. Il y a plusieurs cas: il y a ceux qu'on juge pas tout à fait au point et on demande qu'il y ait une deuxième année, l'équivalent d'un doublement dans le second degré, donc on appellera ça une prolongation. Il y a ceux qui ont été absents pour maladie, pour congé maternité, pour différentes raisons, ceux-là seront renouvelés, donc on, on ne se prononce pas, on indique: non évaluable. Et puis il y a ceux pour lesquels soit… n'ont pas rendu leurs devoirs, leurs, leurs travaux, soit les notes sont vraiment pas acceptables. Dans ce cas-là, on se prononce défavorable, ils auront soit le choix de, d'une deuxième année, soit… [Musique] licenciement. Je pense que oui, c'est quand même une année crash test et où beaucoup de choses étaient dures… rien que l'image des parents, parce qu'on, on est apprenti… moi l'autre fois, il y a une maman qui m'a demandé: je… on est bien d'accord, vous êtes apprenti? J'ai pas su lui mentir, et… et voilà, et je lui ai dit toute la vérité. Elle m'a dit: de façon… je suis au courant, vous pleurez en cours, ma fille me l'a dit. Et heureusement qu'elle était très bienveillante, mais… donc l'image qu'il y avait avec les parents… une nouvelle équipe, un nouveau métier, tout simplement… les préparations, et en plus quand même tous les dossiers qu'il y avait à rendre à l'inspectrice et tout… c'est quand même compliqué. Par rapport aux visites, je pense que c'est, c'est en grande partie quelque chose… enfin ça… y est… en grande partie pour ma démission là. Après, si j'avais voulu continuer ce travail, je me serais accroché jusqu'à la fin de l'année, et l'année prochaine j'aurais continué… Enfin, on a tous quelque chose qui nous aurait amené à, à démissionner. En fait, le démarrage, le démarrage était plus ou moins dur de toute façon pour tout le monde, et après il s'est arrangé ou non, et c'est ça qui a fait la différence. De toute façon, c'est dur pour tout le monde, on a peur, on a tous peur, et après soit on prend confiance, on se lâche, on tombe sur des bons formateurs et tout, et ça va. En vrai, je ressortais en larmes à chaque réunion avec l'inspectrice et tout… mais de nerfs, parce que c'est…
Elle qui a commencé à me dire: "Ouais, ça va pas apparemment ce que vous faites, vous faites comme si vous faites comme ça, machin." Enfin, on m'a dit 10 fois qu'elle allait venir me voir pour m'aider, ou qu'un conseil pédagogique viendrait pour m'aider. Jamais personne n'est venu, mais ils étaient jamais d'accord les uns avec les autres. Tu veux faire apprendre quelque chose à tes élèves, tu arrives pas, tu ressayes le jour d'après, tu arrives, tu arrives quoi. Mais c'est si… mais moi, moi j'ai eu des moments que j'ai beaucoup aimé avec les petits aussi, hein, mais c'était pas… bah moi, c'était pas suffisant. Non, je… je pense que tu as bien fait. C'est si c'est pas un métier vraiment qui t'épanouit, même pour tes élèves. Au bout d'un moment, tu es là pour eux, si tu te sens plus… moi je blâme pas les autres sur ma démission. Alors j'ai pas été aidé, je pense, mais euh… je pense que de toute façon j'avais pas un caractère qui était fait pour…
C'est vrai que moi, c'est aussi le contact qui a fait qu'il y ait des jours je me suis dit: "Non, ils sont… enfin, ils te donnent de vraiment beaucoup de bonheur aussi." Et il y a des fois où voilà, il m'… enfin, il y a un élève qui m'avait fait une grosse, grosse bêtise dans la classe, et 5 minutes après, quand il est venu s'excuser, qui m'a chanté sa petite chanson d'Anan… enfin là, tu tombes sous le charme, et puis tu es là… et puis finalement, tu retiens que ça. Donc les jours où on était à l'ESP, moi j'[Musique] crevais ma première année. Je pouvais pas rêver mieux que cette école. Ce qui est quand même incroyable, c'est que… c'est que ma mère, elle a été institutrice ici, ici même, là, dans cette même classe, et moi j'étais son élève. Non, c'est sûr que ça a été beaucoup d'émotions quand j'ai su que… que j'allais être dans cette salle-là en plus. Donc là, moi je suis ici, et ma mère est là.
Et vous avez exercé combien de temps ici, dans cette école? Vingt-cinq ans. Donc une génération, et moi je prends la suivante, puisque dans ma classe j'ai la fille d'une élève de maman. Voilà. Ah oui, ou… ou… h et… et pour l'anecdote, j'étais en classe avec sa grand-mère. Ah oui, c'est une histoire de famille en fait. Ou oui, parce qu'en fait voilà… Est-ce qu'il y a des anciens brillards? Qu'est-ce qui a vraiment changé? Pas grand-chose en fait. On a toujours un tableau… accré… oui, c'est ça. Il y a un ordinateur au fond de la classe. Ça, ça a changé. Ouais, par… fonctionne pas… fonctionne pas. Sur lequel on n'a pas toujours internet. D'accord. [Musique] Alors Norbert, tu vas venir vérifier sur le tableau des présents combien nous sommes? Douze? Onze? Onze. Même l'autre fois, par exemple, c'est anecdotique, mais j'avais une épidémie de varicelle. Ils se sont retrouvés à 18 élèves au lieu de 28. Après? Quatorze? Qu'est-ce qu'il y a? Quinze? Quinze. Donc on est 18 maintenant. Normalement, dans la classe, nous sommes 28, et là je me suis rendu compte qu'à 18, je pouvais les faire avancer. J'avais pu passer du temps avec mes élèves en difficulté, avec ceux qui ont un comportement difficile. "Viens avec nous, allez viens, tu nous rejoins." "Is… je peux pas rester par terre avec toi." On va revoir les couleurs. Est-ce que vous vous souvenez des [Musique] couleurs? J'ai pu réellement m'assoir et les faire acquérir une compétence, chose que j'ai pas réussi en 6 mois, et là j'ai réussi en une semaine, parce qu'ils étaient 18. Attention, il est compliqué [Musique] celui-là. Inrog… que les… Is… tu viens piocher, tu fermes les yeux, tu m'en prends [Musique] un. Est super. Is… merci.
Ça m'a un peu attristé de me dire que du coup c'était… que c'était utopique quoi, que j'ai 18 élèves et que en soit ça se ferait sûrement jamais, mais parce que les classes, les effectifs de classe sont beaucoup trop élevés. Donc la vie est longue, en même temps la vie est longue, donc je garde espoir que un jour je sois à 18 dans ma classe. Si tu as mal à la tête, et si tu dis que tu as froid… Je pensais être une maîtresse genre très cool. Enfin, en fait je voulais allier être la maîtresse cool et être la maîtresse sévère. Je voulais vraiment mélanger les deux. Comment ça se fait que tu as une autre règle alors que je te l'ai… Des fois je sais que je m'énervais plus facilement, comme j'étais impatiente, je m'énervais plus facilement et je criais. Non, c'était tout à l'heure. Vous pouvez les crier en fait, ça sert à rien. On se dit: "Ouais, ça va les calmer." En fait non, ça les excite encore plus. On plie… on a les mêmes choses des deux côtés. On a déjà… vous avez déjà fait ça, et ça c'est vraiment quelque chose que je veux développer pour les… les années futures: ne pas crier, mais vraiment être calme. Mais les autres ont aussi des idées. Quand on chuchote là, on capte leur attention. Oui, moi je vous l'ai mis au frais comme ça, c'est bien.
Je pense que je suis titularisée. Donc là, on n'a pas le papier officiel, mais j'ai eu l'avis favorable de l'IEN. Du coup, je pense que c'est bon. J'ai demandé un bassin qui est très demandé, donc on n'a pas encore eu d'affectation. D'ici août on devrait avoir les résultats quand même. Titularisation, c'est bon, c'est fait, je suis titu… donc ça c'est bon. Ce qui est de l'affectation, ça c'est autre chose, c'est-à-dire que j'en ai pas, je… je sais pas où je vais l'année prochaine, que ce soit… enfin, dans quelle ville, le poste que j'ai… j'ai rien. Donc voilà, ce qui pourrait me faire peur l'année prochaine, des CM2 à avoir des… parce qu'ils sont plus grands, et donc je me dis j'aurais peut-être… déjà ils font ma taille, donc c'est pas possible. Allez, on y va, les garçons, vous allez me suivre. Aan… j'ai eu les confirmations, mon année est validée, mais voilà… mon stage… après pour les postes définitifs, je n'ai pas eu d'attribution de poste. Une fois qu'on est près de la scène, on fait pas plein de bruit, sinon tous les parents vont vous entendre. Ah oui, elle est tout à terre. J'avais demandé ici et les environs, puisque j'habite dans le coin. Il y a pas de poste clairement. On sait que dans l'est du département, il… il y a très peu de postes. Les débutants, on les envoie là où les gens n'ont pas envie d'aller. Je le savais en m'engageant dans cette démarche que les premières années ce serait ça. Et donc pour vous donner un ordre d'idée, moi j'ai 5 points avec ma fille, une année d'ancienneté ça représente 10 points, donc ma fille représente une demi-année, soit pas grand-chose. Euh… et la personne… pour l'année prochaine, il y a un poste à pourvoir dans l'école. La personne qui est nommée a 500 points. Je l'aurai pas tout de suite, je risque d'être en retraite avant, mais… mais… mais j'espère… à l'école… à l'école de Madame Nicole… à l'école… à l'école on s'amuse bien. C'est vrai, si c'est vrai. On peut pas aller… on peut rester couché… au… les mains… la maîtresse en maille… on veut pas y aller… on préfère faire le… coucher les ciller… on veut la maîtresse… au lieu de nous danser le soir, peut-être… nous…is… per la tête… mais oui, mais [Musique] oui [Musique]