Transcription
Et donc, je me suis retrouvé à la rue quand j’avais, ouais, 16, 17 ans. Il vaut mieux être un guerrier dans un jardin qu’un jardinier dans une guerre, tu vois. J’ai toujours été gêné par la [Musique] normalité.
Donc si tu veux, intellectuellement, si tu es normalement constitué, tu peux réussir à créer ta boîte. Ça va se jouer plutôt au niveau de ta discipline, au niveau de ta résilience, au niveau de ton mental, au niveau de ta détermination. Un idiot qui marche va toujours plus loin que quelqu’un de très intelligent qui reste assis. Je dis toujours autour de moi : le meilleur compliment qu’on puisse vous faire, c’est que vous êtes bizarre. Si on dit pas que tu es bizarre, ça veut dire que tu es comme tout le monde, c’est que ça va pas du tout. Il nous envoie, il nous startup, et on lui donne 0,75 % du montant levé. Trouve un travail qui te plaît, et tu n’auras plus jamais à travailler de ta vie. Si je suis pas engagé, c’est moi, je vote blanc depuis que je suis [Musique] né. Faire mes courses, c’est quelque chose qui m’angoisse au plus haut point. Et zéro marketing, zéro marketing. Moi, je n’ai rien à [__] tu vois, de toucher. Je sais pas combien de personnes je le fais parce que : un, je considère que c’est un message positif pour la jeunesse ou les gens qui nous, et deux, parce que ça nous ramène du business. Point.
Bar. Salut Anthony, comment ça va ? Très bien, et toi ? Merci de d’avoir accepté mon invitation. Avec grand plaisir, c’est sympa de ta part. On a plusieurs points en commun : on a les mêmes initiales, Anthony Bonbon, André Benside, AB. On est tous les deux nés en 88, et je pense que ce qui nous réunit le plus, c’est la méritocratie. Je sais que c’est quelque chose dont tu parles beaucoup. Euh, est-ce que peut-être tu pourrais nous parler un petit peu de de ça ? Parce que moi, c’est quelque chose qui c’est dans ma culture d’entreprise, c’est dans mon ADN depuis toujours. Est-ce qu’on pourrait pas commencer voilà pourquoi tu aimes apprécier autant la méritocratie ? C’est un beau début, c’est un beau début. C’est une notion qui est très importante et qui est euh galvodé, je pense. Parce que quand tu parles à quelqu’un qui a réussi, 95 % du temps, il va dire : moi, je crois au mérite. Alors qu’en réalité, il vient d’un milieu privilégié, où il a eu de la chance à certains moments, qu’on puisse le pistonner, ou il avait de l’argent euh très jeune. Moi, l’objectif, c’est que tout le monde puisse atteindre ses rêves, mais par son travail, par sa détermination, par sa résilience. Et c’est pour ça que j’essaie de porter un message qui est positif envers les jeunes, en leur disant : évidemment, ça peut être plus compliqué pour vous si vous voulez, si vous venez d’un milieu défavorisé, mais malgré tout, ça reste jouable. Baissez pas les bras. Et je pense qu’on a vraiment manqué d’exemples, et c’est cool, tu vois, qu’il y a des personnes comme toi, comme moi, et il y a plein d’autres exemples aujourd’hui qui sont en train de se créer. Parce que les jeunes, quand ils nous écoutent, notamment dans ton podcast, ils se disent : si eux deux ils l’ont fait, bah on peut le faire. Ils ont pas l’air particulièrement intelligents, ils sont normaux, bah vas-y, on fait la même chose. Et et quel que soit le business, et c’est ça que j’aime aujourd’hui en France, et que maintenant les réseaux sociaux peuvent envoyer ce message qui était quand même difficile à capter à l’époque. Moi, j’aime l’idée justement que des entrepreneurs comme toi, comme moi, justement, prenons la parole aussi et incarnons des valeurs, voilà, comme ça : du travail, du sacrifice, de la méritocratie, pour donner aussi envie aux jeunes euh de se lancer euh contrairement justement à euh euh un aspect un peu médiatique. On a vu la French Tech, les levées de fonds qui mettaient en valeur plus les réussites sans parler de du de ce qu’il y avait derrière. On voyait que les réussites euh donc ça, je trouve que c’est c’est un aspect euh assez intéressant. Et du coup euh je t’ai entendu parler dans certains épisodes de un petit peu toi, ce qui t’inspire, c’est les gens qui ont réussi grâce au mérite, grâce au travail. Est-ce que pour toi, je rentre un peu dans le vif du sujet assez vite, quelqu’un par exemple qui aurait hérité d’une grande fortune, une qui percevrait des rentes, pourrait t’inspirer si tous les jours elle était, elle travaillait quand même beaucoup et cetera ? Ou de base pour toi, ça va tout de suite moins t’inspirer ?
Je pense qu’il est important de d’expliquer que moi, mon objectif, c’est pas de séparer, tu vois, de stigmatiser, d’écarter les uns les autres, mais de rassembler. Donc en fait, j’ai énormément de respect pour ceux qui viennent d’en bas et qui travaillent dur, mais j’ai aussi énormément de respect pour ceux qui sont privilégiés qui, malgré tout, ont de l’énergie, ont de l’envie. Et j’ai plein de potes autour de moi qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche, mais qui malgré tout ont la dalle, veulent réussir, pas forcément pour l’argent, mais parce qu’ils ont d’autres objectifs, se prouver à eux-mêmes qu’ils sont capables. Et parfois, ils se mettent en, ils se mettent même en danger en sortant de leur zone de confort et en disant à leurs parents : moi, je veux pas que vous m’aidiez, je pars tout seul dans un pays. Donc non, il y a il y a vraiment juste cette notion de travail, ambition, oser prendre des risques, écouter ce qu’on a à l’intérieur de nous. Et quand on parle de succès, je pense toi comme moi, c’est pas uniquement combien on a sur le compte, c’est aussi se lever chaque matin en étant heureux, se lever en ayant une vengeance à prendre, une revanche, en voulant atteindre des objectifs. Parce que souvent, je dis que si tu es sur ton lit de mort et que tu commences à rencontrer le fantôme de ce que tu aurais pu devenir si tu avais osé, si tu t’étais lancé, ça doit être très compliqué de de se dire : waouh, moi je voulais voyager, je voulais faire le tour du monde, je voulais visiter 150 pays, je pouvais le faire, mais j’ai pas osé, j’ai pas quitté mon travail. Et et du coup, tu es là, tu sais que tu vas mourir, mais que tu as pas été au bout de ton projet, et ça, je trouve ça terrible. Donc moi, quelqu’un qui se donne à 100 % et qui avance vers son rêve, déjà, il a réussi, tu vois. Donc du coup, le plus gros échec pour toi, pour quelqu’un, ce serait qu’il passe pas à l’action, c’est-à-dire que qu’il ait des rêves et qui passent jamais à l’action. Toi, c’est ce que tu essaies de mettre en avant et de de donner aux gens, de les inciter à réussir à passer à l’action pour pas avoir de regrets à la fin de leur vie, quoi.
Ouais, c’est un idiot qui marche va toujours plus loin que quelqu’un de très intelligent qui reste assis. Donc quelqu’un qui ne passe pas à l’action, qui ne fait pas le premier pas, et je peux le comprendre, c’est dur parce qu’on est dans une société qui juge beaucoup, tu vois. C’est-à-dire que c’ les réseaux sociaux aujourd’hui, tout se sait, les gens voient ce que tu fais, ton lifestyle. Si tu mets pas des vidéos de tes restos, tes vacances, tes voitures, tu vois, les gens se disent : il a pas réussi. Et l’échec fait peur, et l’échec pourtant, c’est ton meilleur compagnon, tu le sais comme moi. Tu as dû lancer plein de projets qui ont échoué dans ta boîte, tu tentes des trucs, ça marche pas. Mais en réalité, il y a ceux qui se servent de l’échec pour évoluer et ceux qui sont détruits par l’échec, et ça, je trouve ça passionnant. Parce qu’en réalité, moi j’ai échoué pendant 10 ans, et aujourd’hui que ça va mieux, les gens se disent : ah, il a de la chance, ou bah il est au bon moment, au bon endroit, il fait telle émission, il a écrit un livre, il a levé de l’argent. C’est pour ça ? Non, parce qu’en fait, tu vois, c’est c’est une réussite qui peut paraître immédiate, mais en réalité, elle est la conclusion de 10 ans d’échec, d’apprentissage. Et et c’est pour ça que les gens doivent se lancer. Je trouve que c’est un truc que tu mets vachement en avant, parce que je je en je t’en parlais au démarrage, dans les médias, on mettait beaucoup en avant les réussites, mais on mettait pas en avant tous les sacrifices qu’il y a derrière. Moi, ce que j’aime chez toi, c’est ton pragmatisme par rapport à la réalité des choses, aux sacrifices, et c’est important d’en parler, parce que les gens qui se lancent se rendent pas compte que c’est vraiment plus difficile que ce qu’on peut imaginer. C’est que même toi, quand tu en parles, tu le dis bien, c’est encore plus dur que ce que tu dis. Et tu vas déjà de manière très frontale euh est-ce que tu trouves que justement il y a certains billets, enfin les gens n’ont pas conscience de la réalité des sacrifices pour développer une boîte ?
Je suis complètement aligné. Je pense que tout le monde peut peut être entrepreneur, mais que tout le monde n’est pas prêt à faire les sacrifices nécessaires. Donc si tu veux, intellectuellement, si tu es normalement constitué, tu peux réussir à créer ta boîte. Ça va se jouer plutôt au niveau de ta discipline, au niveau de ta résilience, au niveau de ton mental, au niveau de ta détermination. Au niveau de est-ce que tu as trouvé un métier qui te passionne, ou est-ce que tu fais ça parce que tu as vu une opportunité, une niche ? Auquel cas, il y a très peu de chance que tu y arrives. Et effectivement, pour rejoindre ce que tu disais tout à l’heure, on a trop longtemps en sens c’est les licornes, tu vois. Tu as quoi, tu as 20 licornes, 30 licornes en France ? La réalité, c’est que les 3/4, je pense qu’elles font moins de chiffre d’affaires que ce que tu fais toi ou ce que je fais avec Blast aujourd’hui au bout d’un an. Et et c’est pas les réussites que j’ai envie de mettre en avant. Moi, j’ai envie qu’on parle des petites boîtes qui vont pas forcément valoir un milliard, mais qui font 10 millions de chiffre d’affaires, 20 millions de chiffre d’affaires, 30 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais ça, c’est cool, parce que c’est des boîtes qui sont factuelles, avec du bon sens paysan. Et au final, c’est ces gens-là qui font le tissu économique français. C’est pas les 10 licornes qui vont virer sur un coup de tête 500 personnes parce que elles ont loupé une levée de fonds, tu vois. Pour moi, ça c’est des des business de 2019, 2020, mais aujourd’hui d’ailleurs, les VC, quand tu leur parles, et nous aussi on investit beaucoup, donc on le on le sait, on n’est plus du tout à la recherche des mêmes types de fondateurs. À l’époque, tu cherchais des sales qui étaient dans l’exagération : je vais valoir 10 milliards, c’est une licorne, et cetera. Aujourd’hui, les investisseurs ont calmé le jeu et se disent : je veux des entrepreneurs qui ont du bon sens, qui sont capables d’avoir des business models qui cracheront de l’oseille, pas forcément aujourd’hui, mais à terme, le Excel il doit fonctionner, tu vois. Et ça, à l’époque, c’était quelque chose qui n’était pas tenu en compte. Moi, je l’ai vu des dossiers passés, tu faisais les calculs, il ne pouvaient pas être rentable, mais les gens y allaient en se disant : non mais ils trouveront machin, ça, tu vois. C’est c’est c’est révolu.
Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur la jeunesse de ton histoire ? Je sais que tu en as beaucoup parlé dans les médias, mais voilà, j’aimerais bien pouvoir revenir dessus, sur cette période compliquée de ton enfance, pour aussi savoir ce qui t’a mené là. Voilà, est-ce que tu peux revenir sur le la jeunesse de ton histoire ? Yes. J’avais une famille assez compliquée, avec un père violent, donc une mère qui était affectée, on va dire moralement dépressive, et cetera. Je l’ai forcée à divorcer quasiment parce que ça devenait très dangereux à la maison. Et donc je me suis retrouvé avec ma mère euh ensuite, et bizarrement, on a tous les deux décompensé, c’est-à-dire que on avait tellement accumulé pendant je sais plus 15 ans de la violence, de la haine, que quand on s’est retrouvé, alors qu’on aurait dû, tu vois, être épanouis, bah on s’est déchiré à notre tour. Et donc je me suis retrouvé à la rue quand j’avais, ouais, 16, 17 ans. Et et du coup, j’étais confronté très vite à la réalité de la vie. Encore une fois, je veux pas faire de victimisation, parce que c’est ce qui m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui, et c’est vraiment cliché, mais ce qui ne te tue pas te rend plus fort. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, je suis content d’être passé par là, parce que maintenant quand j’ai un problème, là où les autres personnes de mon âge seraient en panique en disant : là là, comment je vais régler ça, c’est tellement rien par rapport à ce que moi j’ai vécu que je reste extrêmement calme et que je dis : bon ben ok, on va s’en occuper, tu vois. Il y a rien de dramatique, à part quand tu as des gros problèmes de santé, ou tu as pas la main, le business, tu peux toujours régler. Est-ce que je pourrais même aller plus loin ? J’ai fait un podcast avec David Laroche ici. Est-ce que tu pourrais même parler de gratitude envers ce qui ce qui s’est passé, même si c’est difficile à entendre, dans le sens où on dit que des plus grandes souffrances naissent les plus grandes réussites. Et du coup, est-ce qu’aujourd’hui tu pourrais même dire que si ça devait se repasser, tu voudrais que ça se repasse pareil, parce que tu ne serais pas l’Anthony d’aujourd’hui si ça n’était pas arrivé. Et donc du coup, d’une certaine manière, aujourd’hui tu as une certaine gratitude parce que tu es heureux de l’homme que tu es devenu aussi aujourd’hui grâce à ça ?
Ouais, c’est intéressant. J’aime beaucoup le mot gratitude, David l’emploie beaucoup, et et et c’est vrai que maintenant que j’ai, on va dire réussi, en tout cas j’ai assez d’argent pour être tranquille pour le reste de ma vie, et que j’ai un métier qui me passionne que j’échangerai pour rien au monde, oui, à choisir, je voudrais refaire le même parcours, parce que c’est lui qui m’a mené à ce que je suis. Alors qu’un autre parcours, même s’il était plus simple peut-être, ne m’amènerait pas ici. Donc je je j’ai cette chance de m’en être bien sorti. Maintenant, c’est vrai que sur le coup, et je veux passer un message à tous ceux qui nous écoutent ou nous regardent qui sont dans une situation difficile, ça paraît extrêmement injuste, c’est très compliqué de te lever le matin et de te dire : mais pourquoi je suis dans la rue, à dormir dans un cybercafé, alors que j’étais un bon élève, que j’étais plutôt un mec gentil, quoi, tu vois ? J’avais pas de problème particulier. Tu dis : c’est dur, mais si tu arrives à passer au-delà de ces souffrances, comme tu le dis, hein, Nietzsche le disait aussi : du chaos naissent les étoiles. C’est-à-dire que c’est vrai, ceux qui ont souffert, qui ont une sorte de revanche à prendre, que tu vois, l’énergie va arriver, va abonder. C’est un peu comme Naruto, tu sais, Naruto avec le renard à neuf queues, que quand il se vénère, mais c’est pareil, moi j’ai une sorte de haine à l’intérieur de moi, tu vois, mais que je maîtrise, qui qui est contrôlé. Et quand j’ai besoin d’une grosse dose d’énergie parce qu’il y a un problème à gérer, parce que il y a un moment clé, tu vois, de ma vie, un gros bref, tu vois, quelque chose d’important, je le ressors. Très léger. Et et donc ça, je l’aurais jamais eu si j’étais avec mon père qui me faisait des câlins le matin, qui me donnait un peu d’argent de poche pour aller acheter des bonbons le week-end. Ça serait jamais arrivé. C’est bien, on a les mêmes références, que je suis de 88 aussi, route Dragon Ball Z, on on a les mêmes références, ça marche avec Sangoku d’ailleurs, avec sa queue et la et le grand la raison qui et puis qui toujours dans le dans l’adversité qui se transforme pour surpasser un peu les obstacles. Mais c’est vrai que tous les entrepreneurs, les grands entrepreneurs que j’ai rencontrés ont toujours eu des événements. Alors, tu en as qui sont plus pudiques que d’autres, après c’est pas l’événement qui compte, c’est comment tu as réagi face à cet événement-là. Tu as des gens, par exemple, tu as un mec qui a lancé, j’aime bien le citer comme exemple, qui a lancé Fitness Park, les les plus grands réseaux de salle de sport, et en fait, il a créé ça parce que je raconte toujours cette histoire euh en fait, un jour il est à la salle de sport, il était, tu vois, maigrichon, et on a commencé à le charrier, tu vois, à la salle de sport, et il a vécu ça comme une humiliation super forte. Il a pris deux décisions par rapport à ça : faire du culturisme et lancer Fitness Park. Et je trouve que, tu vois, ça m’étonne pas non plus ton parcours par rapport à ce que tu as pu vivre, parce que je trouve que les plus grandes réussites justement naissent aussi d’une part aussi d’ombre. Et je pense que quand on est aussi trop chouchouté, c’est ce que tu prononces, quand tu es trop chouchouté, ça crée des gens qui sont dans dans la consommation euh qui veulent avoir de belles voitures, de de beaux voyages, mais qui ont des passions finalement peut-être moins deep. Je trouve euh donc je suis presque sûr tu aurais pas ce parcours-là si si tu avais pas eu toute cette expérience-là, c’est ça me paraît même évident, quoi.
C’est tu as raison, et ça passe par quelque chose, tu vois, de discipline qui qui rejoint ce que tu dis. Moi, je suis toujours étonné de voir des amis à moi ou des potes plutôt, parce que mes amis font pas ça, tu vois, qui tu sors dans la rue avec eux, au bout de 5 minutes, ils veulent acheter un match à la T, ils veulent passer chez Starbucks, ils veulent, alors qu’ils ont des salaires on va dire basiques, et qu’à mon sens ils n’ont pas les moyens d’acheter, mais ils n’arrivent pas à maîtriser leurs envies. Et depuis tout petit, ça me fait péter un câble quand des potes autour de moi qui ont pas les moyens vont chez Starbucks, payent 15 balles un café, tu vois, qui est basique. Et et ça c’est des choses que je comprends pas. Et moi, j’ai eu cette chance de toujours m’imposer une rigueur à tous les niveaux, c’est-à-dire que pendant longtemps j’ai vécu dans un 45 m², j’avais volontairement pas de canapé, j’avais un lit, un bureau, parce que je voulais me mettre dans une situation de de difficulté, je voulais rester dans le dans le l’adversité. Et c’est quand j’ai pu faire un bon coup immobilier que j’ai changé. Je dis pas qu’il faut faire ça toute ta vie, mais s’imposer un peu de rigueur et et et et et ne pas être dépendant du marché. Quand tu vas dans les grandes surfaces, les bons marchés, Galerie Lafayette, et tu vois ces gens qui ont des sacs, et tu vois qu’ils ont pas les moyens, tu vois, bah c’est toujours impressionnant de se dire : ta vie ne doit pas passer par la consommation, tu dois avoir des buts qui vont bien plus loin que ça. Je suis entièrement d’accord avec toi, et il il y a un podcast dans lequel tu parles de d’amis, de connaissances qui tu voyais flaner un petit peu autour de toi, et je trouvais ça super intéressant, parce que justement tu es un des seuls à en parler. Je pense que c’est un peu tabou, mais tu voyais des gens qui, par exemple, le samedi allaient au resto, le dimanche allaient au tennis, le mercredi après-midi allaient à la piscine, et cetera, enfin bref, sortaient boire un verre le jeudi. Et je trouve ça super intéressant que tu aies parlé de ça, parce que je partage un petit peu cette conviction : tu as le tu as 100 % d’énergie, tu peux pas euh tu en as pas plus, tu vois, tu en as pas 200 %. Donc si tu mets 10 % dans un verre le jeudi soir, 20 % dans un déjeuner le vendredi, et cetera, il va te rester moins d’énergie pour développer ta boîte. Ça, personne en parle, et je trouve que c’est un peu tabou quand tu es avec des gens. Moi, je l’ai déjà aussi vécu avec des proches, par exemple euh c’est presque impossible de développer une grosse boîte sans ces sacrifices-là. Qu’est-ce que qu’est-ce que tu penses de ça ?
Mais je suis complètement d’accord, et c’est terrible parce que moi je tiens ce discours depuis 18 ans, ça me paraît logique en fait, tu j’ai jamais pensé en me disant : il faut que je mette ça en place, c’est juste logique. Et j’ai beaucoup de gens autour de moi qui me parlent de réussir, qui me demandent même d’investir chez eux, mais qui tous les soirs de la semaine ont des apéros, ont un anniversaire, ont euh quelque chose à fêter. Parce que ben hier, c’était le cas pour quelqu’un que je connais qui est proche de moi, sa copine venait d’être avocate, donc il fait… En fait, je dis : moi, je je j’ose dire non, c’est que les gens ne me proposent même plus parce qu’ils savent que du lundi au vendredi, ça sert à rien de me proposer un…
Déjeuner, un dîner, un apéro, ça ne m'intéresse pas. Et même si c'est un ami très proche et que c'est son anniversaire, il comprendra que je viendrai le voir ce weekend quand j'aurai du temps. Mais tu l'as dit, tu as 100 % d'énergie le matin. À un moment, faut décider où tu l'IMS et si tu veux faire des vrais business ou si tu veux faire quelque chose de grand. Ça, ça peut être dans le sport, ça peut être dans l'art, ça peut être dans la musique, ça peut être dans le voyage, tout ce que tu veux. Tu dois être obsédé par ton objectif et, et limite être malheureux quand tu ne peux pas le faire.
Mon cofondateur Samuel de Blast, il est comme moi. Le weekend, on n'est pas bien quand on, si on se fait pas au moins deux heures par jour pour checker un peu les mails, regarder ce qui se passe. On n'est pas bien, mais pas parce qu'on est, c'est drogué du travail. Il y en a plein qui disent : « Anthony, tu es drogué du travail ». Drogé, c'est quand il y a quelque chose, il y a cette notion négative, tu vois. Moi, je suis pas négatif, je suis trop content, tu vois. Je préfère faire ça que d'aller, moi en fait, même voir mes potes et qui me racontent le dernier film qu'ils ont été voir, qu'ils ont été voir, ou qui me racontent que leur oncle meurt et tout, c'est horrible, mais ça ne m'intéresse pas.
TR, moi c'est exactement pareil. J'ai, j'ai une petite citation : « Trouve un travail qui te plaît et tu n'auras plus jamais à travailler de ta vie ». Et moi, par exemple, quand j'étais plus jeune, mes amis étaient choqués quand je, j'avais pas envie de partir en vacances ou quoi. Ils disaient : "[ __ ]", mais il part pas en vacances, il va rester tout seul à Paris. Mais en fait, il y avait un décalage de réalité. En fait, moi j'étais trop content de rester à Paris, de développer mon projet. Et je trouve qu'il y a une décorrélation entre l'ambition qu'ont les gens et ce qu'ils mettent derrière l'ambition, tu vois ce que je veux dire ? Tu as des gens qui te parlent d'une énorme ambition, mais ils font pas les sacrifices à côté, et c'est, c'est assez, c'est assez bizarre.
Je trouvais ça cool que, que tu parles de ça, de, il y a un sens de la réalité. Je trouve qu'il y a des gens qui se mentent un peu à eux-mêmes, effectivement, qui sont toujours dans les cafés, dans les vacances, dans les trucs, et qui disent à côté qu'ils veulent faire une licorne. Mais il y a, en fait, tu peux pas faire une grosse boîte sans être obsédé et sans faire les sacrifices. C'est ma vision aussi, je la partage avec toi. Il y a ceux d'ailleurs, curieux d'avoir ton avis là-dessus, mais qui te disent : « Mais Anthony, tu ne comprends pas, ça fait partie de mon métier. Moi, dans mon domaine, il faut prendre des cafés, il faut aller au musée, il faut faire… ». Et ça me fait toujours délirer parce qu'en fait, il y a pas de branche de métier qui nécessite de se la branler toute la journée, quoi, tu vois. C'est que, quel que soit ton métier, les grands de ton métier, ils se butent au travail. Même les plus grands artistes, en fait, c'est ça qui est dingue. Même les plus grands artistes, les musiciens, oui, mais même les créateurs, tu vois Karl Lagerfeld, tu vois Olivier de Balmain, tu vois des mecs, ils travaillent du matin au soir, ils voient personne.
Ça, c'est du cinéma, c'est un monde artificiel que tu te crées de penser que parce que tu travailles dans tel secteur, ton travail c'est d'aller serrer des mains, c'est d'aller prendre des verres, faire… Non, c'est pas vrai, il faut bosser. Et ce qui est marrant, c'est que j'ai une, j'ai une petite anecdote sur toi. Enfin, on se connaissait pas encore, mais j'étais dans une soirée un vendredi soir chez des gens que tu connais, et, et la personne à côté de moi t'envoie un message pour que tu viennes à la soirée. C'est une petite anecdote, euh, et, et tu lui as répondu : « Voilà », tout simplement, que tu pouvais pas parce que tu étais sur un, un projet, euh, et la personne avait rigolé un peu en mode : « Ah, Anthony, encore sur un projet ou un truc comme ça », euh, et moi ça m'avait marqué, de mon point de vue un peu objectif, et je m'étais dit : "[ __ ]", cool, genre. En fait, j'avais vécu la situation en mode : celui qui t'envoie le texto est pas en train de comprendre en fait ce que tu es en train de faire, euh, et lui réalise pas non plus qu'il est dans la posture de celui qui est pas en train de bosser non plus, tu vois. Que j'avais compris un peu tout ça, et j'avais trouvé ça drôle sur le moment, euh, mais voilà, c'est une petite anecdote qui montre que tu refuses les soirées aussi.
Moi, c'est, tu vois, il y en a beaucoup qui font de la flute, qui parlent. Moi, tu peux demander à tous mes potes, je suis un psychopathe, c'est-à-dire que le rythme que je m'impose, il est vraiment hardcore, tu vois. C'est, c'est intenable même pour mes proches, c'est dire que c'est pour ça que c'est dur d'avoir des relations, et cetera, parce que les gens ont besoin d'avoir ces relations sociales extérieures. Moi, tu peux me mettre trois mois dans une maison sans voir personne si j'ai un projet qui me plaît. C'est comme ça que je travaille. D'ailleurs, je fais des cycles très intenses, tu vois, je fais des cycles de deux, trois mois quand il y a des gros sujets, et après je peux complètement relâcher, et, et là tu me, enfin, je peux être vraiment dans une caverne et être épanoui, quoi, tu vois. Mais du coup, une grosse ambition derrière, il y a toujours quand même des phases de sacrifice, c'est obligatoire. Enfin, il y a pas d'autres chemins, non, c'est obligé. Tu peux avoir un coup de chance, tu vois. Il y a ceux qui vont me parler des cryptos, ils vont me dire qu'ils ont acheté un singe au début ou du Bitcoin. La réalité, c'est que statistiquement c'est pas représentatif, tu vois ce qu'il faut regarder ? C'est sur 100 réussites, combien ont travaillé. Tu as peut-être deux qui ont eu un coup de chance. La réalité, c'est que les autres, ils ont bossé comme des chiens, qu'ils étaient au bon endroit au bon moment. Évidemment, il y a une part de chance aussi, mais tu vois, moi je dis toujours, c'est TTC : travail, talent, chance, dans cet ordre-là. Et, et, et si tu as pas un des trois, tu peux pas y arriver. Mais même la chance, tu la déclenches, c'est dire, tu vas la créer, tu vas la générer parce que tu, tu tentes plein de choses.
Comment tu as géré ça étant assez jeune, justement, ce côté social, s'enfermer, travailler ? Je, voilà, je sais un petit peu ce que c'est. Moi, pour moi, il y a des moments où ça a été un petit peu plus dur que d'autres, parce que, il y a des moments où ça fait un an que tu travailles et tu vas devoir te reprendre un run d'un an quand tu as 25 ans et tous tes amis peut-être sont en vacances. Comment tu as vécu ça ? Est-ce qu'il y a eu des moments qui ont été difficiles où vraiment tu t'es dit : "[ __ ]" ? Est-ce que j'ai l'impression de passer à côté de ma vie ? Ou toujours l'ambition t'a transcendé et tu t'es toujours, tu t'es jamais dit ça, quoi ? Socialement, j'avais pas trop de problème parce que j'ai toujours vraiment été frappé par l'inutilité des soirées, d'autant plus quand tu es en couple. C'est-à-dire que moi, je suis très souvent en couple, sur des relations longues, parce que c'est ce qui m'équilibre, tu vois. Donc célibataire, je suis trop dangereux, c'est-à-dire que célibataire, tu as envie de sortir, tu as envie de dater, tu as envie d'envoyer des messages, et tu vois ça te défocus, alors que quand tu es en couple, tu as cette, cette possibilité d'être complètement relâché. Tu sais que le soir tu peux dîner avec ta copine ou avec ton mec, en fonction des préférences de chacun. Tu sais que tu vas pas dormir seul, tu sais que tu peux échanger, discuter. Donc moi ça m'apporte, donc j'avais pas besoin, tu vois, d'aller, d'aller dehors. Moi, c'était plus le, la difficulté psychologique d'avoir peur de redevenir pauvre, c'est-à-dire que, ou de pas m'en sortir. C'est très souvent, j'ai réussi des projets, ça commençait à marcher, j'ai fait une erreur, boum, j'ai tout reperdu, je recommençais à monter, et à chaque fois je tombais plus bas, et je me disais : « Mais c'est un truc de fou ! À chaque fois que je commence à m'en sortir, j'échoue. » Et, et au final, c'est ces phases-là qui ont été très constructives pour moi, mais c'est vrai que cette appréhension de : « Je vais jamais réussir à m'en sortir », elle était horrible, parce que je sentais que je le méritais, si tu veux, sauf que j'avais aucune data pour l'affirmer. Et tant que tu réussis pas, personne ne t'applaudit. C'est-à-dire qu'en fait, ou les gens aujourd'hui, ils parlent, ils disent : « Non, mais c'est vrai que ça se voit, tu es un travailleur, tu es pas trop con, ça se voit que tu devais réussir. » Mais ça, personne ne me l'a dit avant. C'est quand j'avais 18 ans, j'avais le même cerveau, j'avais la même dalle, mais comme j'avais pas prouvé, et c'est normal, je le reproche pas aux gens, personne ne t'applaudissait ou te poussait vers le haut à ce moment-là.
Je suis tellement d'accord, et c'est vraiment un truc à deux vitesses, c'est-à-dire que quand tu, quand tu réussis, tu as les banques, tu as les encouragements, et quand tu as rien au début, tu as les refus des banques, tu as personne qui croit en toi. Et je trouve ça marrant, le, la ligne entre l'échec et la réussite. Euh, moi j'ai vécu ça surtout avec les banques, la différence de ton banquier quand, quand tu es, quand tu as rien fait encore et quand tu réussis, c'est genre, il y a deux mondes, quoi. C'est genre : « Celui-là, mais par contre quand tu as pas encore… on te prête pas 10 €, quoi. » Enfin clair, tu es le paria, quoi. Quand, moi, l'aide bancaire et tout, j'avais la carte électron, c'est-à-dire que j'avais même pas le droit d'avoir un compte, c'est l'État qui m'a attribué une banque de force parce que j'avais tellement de galère d'oseille que j'étais Banque de France, j'avais même pas de chèque. Je pense que le fait d'avoir vécu plusieurs échecs, moi, c'est les, ceux qui ont vécu le plus d'échecs, c'est ce qui fait les plus grands entrepreneurs, pour moi. Il y a un entrepreneur que j'apprécie beaucoup qui s'appelle Damien, main, qui avait lancé une boîte qui s'appelait SAVE, qui a levé beaucoup, qui a eu beaucoup d'expérience. Et souvent ces gens qui ont eu beaucoup de, d'expérience comme ça, très vite, accumulent une expérience entrepreneuriale très forte, ils sont très bons derrière pour leur projet d'après. Je ressens un peu la même chose avec toi, qui a lancé beaucoup de projets, qui a eu Feed, qui a eu beaucoup de levée de fonds, qui a eu des euphories. Et les entrepreneurs qui ont connu cette euphorie, cette grande vitesse, ont en général eu un apprentissage plus rapide que les autres pour devenir… Aujourd'hui, est-ce qu'aujourd'hui on pourrait dire peut-être que tu es à maturité de, de ton expérience, tu vois ? De, peut-être que tu avais le, peut-être plus d'euphorie quand tu étais en plein développement de Feed. Aujourd'hui, on va dire que tu es dans une phase plus mature, tu maîtrises plus les choses, à mon avis, la finance, tout, tu es plus carré. Je pense aujourd'hui que ta première année de chef de Feed, quoi, c'est, c'est évident. C'est-à-dire que je dis souvent, alors ça plaît pas forcément à mes investisseurs, mais que Feed c'est la meilleure école que j'ai pu faire, c'est-à-dire qu'on a levé des dizaines de millions d'euros, j'ai fait toutes les erreurs possibles et inimaginables, parce que c'était la première fois que je recrutais. Moi, j'avais fait plein de business avec cinq, six employés, j'avais jamais fait un truc avec 70 personnes. Donc j'ai fait toutes les erreurs du, du, du startuper de base, c'est-à-dire recruter trop vite, pas se concentrer sur les, les bons problèmes au début, vouloir investir l'argent qu'on a levé parce que les fonds d'investissement te poussent, donc pas maîtriser ton coût d'acquisition, et en fait réaliser que tu perds de l'argent à chaque fois qu'un client achète un produit. Enfin, tu vois toutes ces erreurs qu'on a faites. De la même manière que Damien avec SAVE, tu vois, j'imagine qu'il a pas refait ses erreurs avec la nouvelle boîte, et Blast, je l'ai créé complètement différemment, c'est-à-dire que Blast, aujourd'hui, j'aurais jamais besoin de lever de l'argent, ça crache de l'EBITDA dès la première année dans des gros volumes, parce que je sais que je ne veux plus être confronté à ces erreurs que j'ai faites. Donc évidemment que l'échec, tu apprends après, c'est ça apprend pas tout le monde, il y en a qui vont renouveler 10 fois la même erreur, hein, tu vois. Donc c'est aussi ta capacité d'apprentissage, mais si tu es bien branché, on va dire logiquement, bon bah tu, tu évolues. Et Feed, c'est clairement pas un succès quand je le compare à Blast. J'aurais voulu, tu vois, pouvoir aller plus vite, mieux le penser dès le début, mais c'est trop tard, du coup je l'ai repensé en cours de route, et, et on avait levé 40 millions, 35 millions au total, et pendant le Covid, j'ai complètement changé la manière de travailler, on a coupé beaucoup de personnes dans l'équipe, et c'était un passage difficile, mais aujourd'hui on l'a rendu rentable. Alors on fait pas les chiffres en dizaines de millions qu'on aurait espéré, mais au moins c'est un business, tu vois, qui va pas mourir, contrairement à ce que beaucoup disent, tu vois. Parce que après tu es aussi dans la cible des critiques, tu vois, ça c'est incroyable. Plus tu es visible, plus les gens te défoncent. Et tu as forcément entendu des gens qui m'ont défoncé autour de toi en soirée, c'est obligé, parce qu'en fait les gens ils ont un avis, ils vont critiquer, ils vont juger, et tu dois être capable de faire ta vie sans y porter d'attention, parce qu'en réalité c'est un poison. Et tu vois, c'est un véritable poison, et il faut pas avoir de rancune, faut pas avoir de haine envers les autres, parce que c'est un peu comme si tu voulais détruire un ennemi, tu buvais du poison en pensant que ça va l'affecter, et c'est toi que ça affecte. Et donc ça, il faut réussir à le, l'écarter.
Ouais, ouais. Il y a une citation aussi, je sais plus qui disait ça, mais tu sais, tu as une, une, une pierre en feu, si tu veux la lancer sur l'autre, c'est toi qui te brûles la main avant. C'est un peu ça, quand tu as des émotions de, de, tu vois, de colère en toi, genre de choses, c'est toi qui, qui en souffre. Mais ton expérience me fait beaucoup penser à celle de Damien, parce que c'est des expériences où vous levez beaucoup d'argent, vous recrutez vite, où vous êtes jeunes et vous avez un apprentissage énorme. Et ce que je remarque dans la, dans la V2 en tout cas de, de vos parcours, c'est cette financiarisation, c'est-à-dire que vous comprenez mieux les chiffres, et il y a un aspect financier plus fort chez vous, vous êtes capables d'avoir tout de suite des business modèles avec de l'EBITDA, tu vois. Dans ton cas, toi, tu as même plus le besoin de lever de fonds, tellement tu as un apprentissage énorme. Et je trouve que ces parcours-là sont géniaux, et je dis toujours, dans l'entrepreneur, c'est pas l'argent que tu lèves, ce que tu crées, c'est ton expérience. C'est l'expérience qui a vraiment de la valeur. Même aujourd'hui, ce que tu fais, toute l'expérience que tu engranges en ce moment, dans 10 ans ça te rapportera peut-être des milliards. Et la preuve avec Feed, tu vois, c'est pas ce qui t'apporte… Enfin, l'expérience que tu as cumulé avec Feed, ça vaut bien plus que peut-être le chiffre d'affaires d'un jour, tu vois. Moi, je suis pour les business, j'ai, j'ai envie de dire, tu vois, de, de, avec du bon sens paysan. Toi, ce que tu fais, c'est l'exemple même que tu as pas besoin de lever une tonne d'oseille pour faire des gros chiffres d'affaires, pour faire du résultat. Et moi, c'est ce qui m'excite maintenant, ce genre de boîte, parce qu'en fait si tu es capable, from scratch, en bootstrapping, de réussir quelque chose qui génère de l'oseille, alors que tu l'as fait avec tes petites mains, bah ça veut dire que tu peux le faire à scale. Alors ok, ça te prendra peut-être du temps, mais en réalité tu as la, tu as la capacité à penser à un business qui ramène de l'argent, et ça c'est incroyable. Et tu le, tu le dis très bien, l'expérience c'est le, la clé. Et c'est pour ça que toi, tous ces fonds d'investissement qui parient sur les petits jeunes de 19 ans en disant : « Non mais les licornes, ça vient des jeunes qui ont 19 ans. » Oui, tu en as, tu vois les mecs qui sortent d'école et qui vont faire un exploit, mais encore une fois, statistiquement ce que j'observe, c'est que les très bons founders, ils ont plutôt entre 35 et 40 ans, parce qu'ils ont pris tellement de prunes avant que maintenant ils sont branchés, quoi.
Je suis entièrement d'accord avec toi, et c'est marrant parce que toi tu as vécu les deux, les, les deux phases de la pièce. Tu as vécu la levée de fonds massive et la croissance extrême, et aujourd'hui le bootstrapping. Je crois que tu es un des seuls entrepreneurs que je connais qui a vécu les deux, et c'est, c'est assez drôle, c'est pas commun, parce qu'en général je trouve que les entrepreneurs sont soit bons justement en mode SAVE, pour aller lever beaucoup, soit en mode plus fourmi, en mode bootstrapper. Et du coup, je viens de me réaliser que je connais pas d'autres entrepreneurs… Parce que souvent tu vois des gens qui ont des expériences comme Feed auraient relancé leur boîte en levant, et toi tu es passé de l'autre côté assez vite. C'est marrant, se retourner… Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est que tu as compris, tu as compris en développant ta boîte que ce qui te faisait kiffer, c'était le côté justement paysan de l'entrepreneuriat. Qu'est-ce qui s'est passé ? Déjà, le, le moment que j'ai préféré, c'était le tout début, parce que c'est là que tu dois te débrouiller avec peu, et c'est là que moi je suis le plus malin, tu vois. Je suis pas un très bon manager pour une grande France, c'est-à-dire que manager des gens ça m'amuse pas du tout. Et j'ai pensé Blast pour qu'on soit max 25, c'est-à-dire qu'à 25, on peut faire 100 millions de CA, cracher 50 millions d'EBITDA, on est détente, et tu vois, je voulais construire un modèle qui se présente de la sorte. Ensuite, j'ai beaucoup souffert, j'exagère un peu en disant souffert, mais en tout cas j'ai perdu beaucoup d'énergie et de focus avec les investisseurs, pas forcément mes VCs, mais certains BAs qui t'appellent trois fois par semaine pour te donner leur avis sur la couleur de ta nouvelle barre fruit rouge, ou des VCs qui vont te demander énormément de reporting avec des chiffres très précis, alors que tu sais que pour le business, tu vois vraiment ça sert à rien. Et, et, et devoir faire ces comités, même si c'était que une fois par trimestre, une fois par mois, en fait avec mon équipe, je me dis : « On a tellement plus à faire… » Je l'ai vécu comme une perte de temps. Et, et, et j'ai aussi vu le, les pièges de l'argent, c'est cliché mais c'est une réalité. Quand tu as 15 millions sur tes comptes, bah tu fais moins attention que quand tu as que 200 000. Et donc en fait, j'ai, j'ai observé dans des start-ups où j'avais investi que cette frugalité pouvait t'obliger à trouver des solutions. Et quand tu es dos au mur, un peu comme moi je l'étais avec le Covid, si tu es pas capable de te réinventer très vite et de bouger de manière agile, tu meurs. Et donc j'ai un grand respect pour les entrepreneurs qui bootstrappent, et moi je prends beaucoup de plaisir à la fois parce que je suis libre et je fais ce que je veux, et ça c'est quand même exceptionnel, et tu le sais, de pas avoir de compte à rendre, c'est exceptionnel. Parce que les, les, les VCs, quand nous, on a réussi, c'était, on marchait sur l'eau, quoi. Tu débarquais quelque part, c'était incroyable : « Bravo, Feed ! » Tu vois, je pense qu'il y a pas beaucoup de marques qui ont réussi à lever autant en vendant une barre en chocolat, tu vois. Donc tout le monde nous applaudissait, et quand ça s'est mal passé, parce qu'on voyait que nos cohortes marchaient pas ou qu'on levait trop d'argent, là tout le monde te lâche et tout le monde te crache dessus. C'est que : « Dis donc, mais Anthony, de toute manière c'est de la merde, ça va mourir. » J'ai reçu leurs chiffres et c'était vraiment intéressant pour moi de voir à la fois la fame, comme tu le dis, un peu comme Damien l'a connu, et derrière la descente où les gens font des articles sur toi, font des podcasts où ils te défoncent. Et là ça te permet de voir qu'en réalité la vie, tu vois, c'est pas, c'est pas génial. On en parlait tout à l'heure, c'est que quand tu réussis, toutes les portes s'ouvrent, et quand ça marche pas, c'est une économie…
À deux vitesses, un peu, tu vois, avec les fonds pareil qui s’enens, tout le monde veut investir chez toi, et quand ça va pas, tout le monde te te te martèle un peu. C’est c’est c’est assez marrant. Et puis en plus, toi donc F, tu étais solo. Tu as lancé ça tout seul ? Ouais, ça c’est une particularité aussi, ça c’est assez rare. Et du coup, tu t’es, quand tu as fait rentrer des investisseurs, tu t’es associé, et je me demandais comment tu avais géré ça. Parce que quand tu es tout seul à développer ta boîte, en fait, tu es en train de kiffer ton projet. Est-ce qu’il y a pas eu un avant, un après quand les investisseurs sont rentrés, ont commencé à te demander des comptes ? Tu as perdu un peu ta liberté, on t’a, est-ce qu’on t’a pas un peu [__] dans le développement feed aussi, et tu as perdu les énergies à rendre des, à faire des reportings tous les mois ? C’est c’est sûr que c’est différent. Moi, j’étais seul, mais j’avais quand même Mélanie à l’époque qui m’aidait beaucoup, même si elle avait, elle avait peu de parts, c’était ma copine de l’époque et qui aujourd’hui est toujours DG chez chez Fit d’ailleurs. Et donc j’avais quelqu’un avec qui parler, parce que pendant 7 ou 8 ans on était ensemble. Et donc du coup, le soir, quand les autres couples parlaient de je sais pas quel resto ils vont aller faire, nous on se parlait : « Bon, comment on peut développer Fil et tout ? » Donc ça nous a beaucoup aidé, on a gagné du temps, mais clairement quand les VC sont rentrés, euh, ça a changé le paradigme, parce qu’on te demande de rendre des comptes, on pose des questions, quand ça va pas, on te met de la tension, alors que tu vois, tu as déjà de la pression à gérer avec tes distributeurs, tes trucs. Donc tu vois, c’est c’est une charge émotionnelle en plus à gérer.
Maintenant, vraiment, je veux pas jeter la pierre, parce que s’ils étaient pas rentrés, je pense pas que j’aurais fait mieux, parce qu’en réalité, j’étais pas l’entrepreneur que je suis aujourd’hui, et je faisais des erreurs qui euh, qui seraient pas refaites quoi, tu vois, si je le faisais différemment. Et s’ils m’avaient pas fait confiance, j’aurais pas pu tenir aussi longtemps, parce que j’avais un business model qui était pas bien pensé si tu veux au début, et puis le marché était pas profond. Les repas, les repas complets dans des formats pratiques, substitut de repas en France, on était les premiers à le faire, ça marchait pas. Donc on a dû réinventer en snacking, on a dû vraiment tâtonner le marché, faire des sondages et cetera. Donc les investisseurs nous ont permis de faire ce qu’on a fait aujourd’hui, mais c’est vrai que j’ai pas forcément aimé le process, et eux non plus n’ont pas aimé, parce que je suis un entrepreneur difficile, tu vois. Je suis pas un entrepreneur euh empathique, c’est-à-dire que moi, tu vas avoir beaucoup de mal à me mettre la pression. Donc quand tu vas me dire un truc et que ça va pas me faire kiffer, on va avoir un problème, tu vois. P dans le bord, c’était très chaud, souvent très très chaud. Donc je sais que j’étais pas un entrepreneur pour lever des fonds, et et eux inversement. En même temps, ça me paraît normal, parce que si tu es un vrai entrepreneur, on peut pas te faire plier d’une certaine manière, parce que ça veut dire que tu es pas un vrai entrepreneur, sinon, ça veut dire que tu as pas de conviction. Un entrepreneur qui veut faire un très gros projet de main d’œuvre, d’une certaine manière, il a des telles convictions, il a une telle personnalité que tu peux pas le faire plier. Donc ça me tient pas, et c’est que souvent les financiers, ça les fait chier quand ils rencontrent un vrai entrepreneur, parce que bon, il y a pas des vrais et des faux, mais le vrai, comme toi, qui peuvent pas se faire plier, ça les emmerde, parce qu’il y a un côté, le financier, il veut un peu prendre le, le, le pas un petit peu sur les boîtes sur lesquelles ils investissent, euh, mais en même temps, pour faire une très grosse boîte, faut avoir cette personnalité, sinon c’est pas possible. Donc c’est, tu vois, c’est c’est compliqué, dur, c’est dur à gérer.
Et après, je pense qu’il faut rester soi-même, jamais se faire imposer par les investisseurs. Même moi, quand j’investis, je dis toujours aux fondateurs : « Je suis pas là pour prendre le pouvoir, je suis pas là pour donner des ordres, je suis là pour te faire de l’échange, te challenger et te dire ce que moi j’ai déjà observé dans d’autres boîtes. » Donc quand tu me dis que tu vas faire une erreur que j’ai déjà observée 50 fois, je vais pas dire : « Ne le fais pas. » Je vais te dire : « Attention, il y a 50 boîtes qui ont fait cette erreur, il y en a pas une qui a réussi. Maintenant, fais ce que tu veux, mais tu as les éléments. » Et et c’est vrai que comme moi j’avais un peu un fort tempérament, il y avait parfois des menaces des investisseurs en disant : « On va te B de, on va C, on va là. » Et ça, tu vois, c’est des, c’est des discussions qui sont tendues. Et comme moi, je sais, en fait, je comprends certains entrepreneurs qui euh, qui souffrent vraiment ou qui se sont fait virer de leur propre boîte, tu vois. Il y en a beaucoup, parce qu’on parle des, des, des, des licornes, des C, des là, mais on parle pas de, de, des entrepreneurs qui sont en burnout, on parle pas des entrepreneurs qui sont dégagés de leur boîte comme des mal propres. Il faut bien avoir en tête que, tu vois, on parle de valorisation délirante à un milliard, il y a ce qu’on appelle les, les liquid PRF, donc c’est des, des actions de préférence qui sont données aux investisseurs et que souvent permettent aux investisseurs de prendre l’argent en premier, et que les entrepreneurs, ils se retrouvent avec zéro. Il y a plein de ventes là qu’on a annoncé ces 6 derniers mois, tu les regardes dans la presse, tu dis : « Wouh, bravo, c’est impressionnant. » La réalité, c’est qu’ils ont pas pris un balle, tu vois, les fondateurs. Donc attention au rêve qu’on vend. Ce qui est marrant, c’est que des gens comme toi, moi, vu qu’on est connectés, on sait ce qui se passe, mais les gens ne le savent pas, mais nous, on voit bien qu’il y a des énormes ventes où les entrepreneurs tout G, on le sait tous, mais on est très peu à le savoir quoi, il y a que notre réseau qui, qui est au courant.
Tu penses qu’il y a combien de vraies licornes ? On dit qu’on y en a 30. Je pense que si on devait dire la vraie valeur que quelqu’un serait prêt à payer pour la acheter sur les 30, tu penses qu’il y en aurait combien franchement ? Je pense que ça, ça serait ça sur les doigts d’une main peut-être. Je pense ouais. Moi, j’aurais dit en dessous de 10. En dessous de 10, j’aurais dit en dessous de 10. Il y en a, non, mais il y en a, et encore une fois, je veux pas cracher sur ceux qui ont fait des, des travaux magnifiques hein, tu vois, c’est-à-dire que il y a des jobs impressionnants que moi je ne saurais pas faire, des boîtes qui sont capables de recruter 500 personnes en 1 an, 2 ans, moi c’est pas ma manière de travailler, je ne sais pas le faire. Et j’en ai parlé, tu vois, avec Thomas Robot, qui est le fondateur de Miro, et et avec lequel on fait des projets en ce moment. Lui, il a une vision complètement différente du business, lui il aime quand ça scale, quand ça va fort, quitte à prendre des risques, et qui a un business sur 10 qui marche, alors que moi j’ai une approche différente, qui est beaucoup plus : j’ai un projet, je vais le défoncer dans le détail pour lui faire cracher un maximum d’argent. Et donc en fait, les deux sont très complémentaires, et c’est pour ça qu’on s’entend bien, qu’on fait des business ensemble, parce que tu vois, chacun a sa vision et chacun prend du plaisir. Moi, ça me ferait chier de faire ce qu’il fait, et lui, ça le ferait chier de faire ce que je fais. TR, c’est parlé avec Thomas, il y a pas longtemps, de, de Miro, et lui, il aime quand il m’a utilisé le terme, il AE quand c’est explosif. Lui, il aime justement recruter 500 personnes, et ce, et moi je suis un peu comme toi, je saurais pas trop faire ça, mais mélanger les deux, ça peut, ça peut être un, un bon combo.
Est-ce qu’on pourrait revenir un petit peu sur la jeunesse ? Donc désolé si c’est un peu décousu, mais en gros, donc tu te disputes avec ta mère, et donc tu te retrouves à la rue. Combien de temps tu restes à la rue ? Qu’est-ce qui se passe ? Et c’est quoi le mindset à ce moment-là quoi, comment tu te dis : « Qu’est-ce que je vais faire ? » Ouais, c’est compliqué hein, quand j’y repense, parce que mon cerveau efface des passages, tu vois, et c’est marrant quand on reparle, j’ai toujours ces, ces flash, et et et et déjà il y a la honte, tu vois, c’est-à-dire que et et c’est vraiment ce qui freine la plupart des gens, je pense, dans la vie, c’est se dire : « Qu’est-ce que les autres vont penser ? » Et tu vois, mon premier réflexe, je me souviens, ça a été de, je savais pas où dormir la première journée quand j’étais arrivé dans la rue, et je marchais en calculant où est-ce que j’étais déjà passé pour ne jamais y revenir, et que les gens se disent : « C’est bizarre, pourquoi il est repassé ? » Alors que tu vois, je connaissais personne à Bordeaux, et en fait, c’est personne t’a remarqué, remarqué. Et dans ma tête, je me disais : « Il faut pas que les gens sachent que je suis comme ça. » Et donc j’ai, je me faisais des plans de fou sans aucun intérêt, tu vois, alors que si j’avais été beaucoup plus concentré, je me dis : « Où est-ce que je peux générer de l’argent ? Comment est-ce que je peux travailler, machin ? » J’aurais gagné du temps, mais j’avais cette première sensation. Je suis resté peut-être un mois vraiment dans une situation très compliquée, c’est-à-dire je savais vraiment pas où dormir, donc j’étais un coup dans un bus, un coup dans un cybercafé. Et après, j’ai été sauvé quelque part par une fille que j’ai rencontrée qui m’a fait venir chez elle. Donc j’ai toujours été sauvé par les femmes, donc c’est pour ça que j’ai un grand respect moi, tu vois, pour les femmes, parce que c’est elles qui arrivent à souvent détecter, tu vois, mon potentiel, qui se disent : « Toi, je vais parier sur toi. » Alors que les mecs, beaucoup moins, tu vois. Et donc elle m’avait hébergé chez elle, on était resté ensemble pendant je sais pas un an ou deux, et et après, entre-temps, j’avais réussi à gagner de l’argent, j’avais fait du business, mais vraiment, elle m’a sorti, tu vois, de la misère. Et après, j’ai rencontré une autre fille, donc Mélanie, quand j’avais 19 ans, un truc comme ça, et elle, c’est pareil, tu vois, j’avais fait plein de business, j’avais gagné de l’argent, mais au moment où je la rencontre, la veille, je perds tout dans les circonstances, tu vois, de débutant quoi, tu vois, des erreurs de placement, enfin vraiment nul. Et et du coup, elle me dit : « Moi, t’inquiète pas, j’ai confiance en toi, je sais que tu vas faire de grandes choses. » Et elle avait retiré 5000 €, et elle m’avait donné 5000 € en me disant : « Voilà, je sais que tu vas en faire bon usage. » Alors que la meuf, je la connaissais pas, on était même pas ensemble, rien, tu vois, ça faisait une, je l’avais vue 1 heure quoi. Tu vois, attends, c’était la première fois que tu l’as rencontrée ? C’était le lendemain de la première fois. Donc la première fois que je l’ai vue, le soir, pendant une heure, elle t’a donné 5000 € le lendemain. Et elle, elle m’a dit : « Tu as besoin de te relancer. » Je dis : « Ouais, il me faudrait ça. » Par, je faisais des voitures à l’époque, c’est, j’achetais des voitures, des scooters, je les retapé, je les revendais et cetera. Et c’est ces 5000 € qui me permettent aujourd’hui d’avoir tout ce que j’ai. Et donc, mais elle t’a donné 5000 €, euh, connaître sans rien ? Alors moi, c’est ça qui m’a, que j’ai trouvé dingue dans cette histoire, c’est le côté, ça m’a grave inspiré personnellement. J’aime l’idée qu’il reste des gens comme ça sur terre qui sont capables de croire en toi et qui sont pas chiants, parce que tu as des gens, ils vont te prêter 5000 €, mais ils vont te faire signer 10 papiers, ils vont te faire peser la culpabilité qui prêter, tu vois. Et moi, ce que j’ai aimé dans cette histoire, c’est le côté de te les prêter, mais en avec une confiance totale et assez rapidement en fait. Moi, j’aime bien ça, je suis un peu pareil moi aussi dans la vie, j’aime bien ce côté être capable de sortir de, de, des carcans un peu de la société où quand tu prêtes une reconnaissance de dette et cetera, non, si tu sens quelque chose à un moment donné avec tes tripes, tu peux aller au bout. Moi, ça, cette histoire m’a grave inspiré. Euh, et donc elle t’a donné 5000 €, j’imagine qu’elle devait pas avoir beaucoup, beaucoup pour elle, parce qu’à l’époque, elle était vendeuse, elle faisait pour payer ses études en école de, c’est donc tu vois vraiment, elle avait économisé pendant 3 ans son argent, m’a jamais demandé quand est-ce que tu vas me les rendre et cetera. Enfin, tu vois, elle a été instinctive. Et je suis d’accord avec toi, les personnes qui réussissent ont souvent de l’instinct, c’est-à-dire que évidemment, il faut que ce soit couplé à la data dans le business, tu as une intuition et tu l’appuies par, par des chiffres, mais humainement, moi c’est pareil, je sais immédiatement si je vais fitter avec quelqu’un, tu vois, tout de suite. Et et et du coup, je suis capable de m’écouter, et ça c’est une force que tu apprends avec l’âge, que au début tu hésites, tu doutes, tu demandes aux autres : « Qu’est-ce que tu en penses ? » Alors que quand tu as confiance en toi et que tu as fait assez de fois une erreur ou des bons choix instinctivement, tu vas très vite dans tes décisions. Et et et Mélanie, c’est ce qu’elle a fait, elle a parié sur moi, et ça a payé, même si je lui dois beaucoup aujourd’hui, tu vois, elle est multimillionnaire, elle a des immeubles avec moi, elle est dans toutes mes start-ups, elle est chez Fed, c’est la DG, tu vois, alors qu’elle aurait jamais imaginé avoir ce poste. J’ai toute confiance en elle, et elle s’occupe de tous mes business avec moi, et c’est la preuve, tu comme tu le dis, qu’il y a des gens sur qui tu peux parier. Et donc il faut savoir renvoyer ce regard bienveillant qui est très dur aujourd’hui à avoir, parce qu’on a, on est dans une société où la confiance est difficile à installer, il y a des conflits dans tous les sens, euh, des visions de la société qui sont extrêmement divergentes, tu vois, même la politique est clivée dans tous les sens, le mec de gauche ne parle pas à celui de droite, je passe les extrêmes évidemment, et et et réussir à parier sur quelqu’un, c’est quelque chose de fou, mais attention, ça arrive très peu. Donc n’imaginez pas que parce que vous voyez plein de gens le soir pendant que vous prenez de la vodka que ça en fait des amis. Les amis, c’est max 3, 4 dans une vie, des gens sur qui tu peux compter de manière forte. Et c’est vrai que moi j’ai eu cette chance d’avoir Mélanie, et je vous souhaite à tous d’en rencontrer une. C’est une belle histoire en tout cas, franchement, c’est super inspirant. Et finalement, c’est peut-être elle la meilleure investisseuse en start-up, elle a investi dans toi, dans une boîte, elle a pas investi dans une personne morale, mais dans une personne physique, mais finalement, c’est peut-être elle la meilleure investisseuse. Et du coup, c’est dans St, voilà, stage early, early vraiment au démarrage, et non, c’est c’est un ant, et je pense qu’on a besoin de ces histoires-là. Je crois que je t’ai déjà entendu parler dans un podcast, on a besoin aussi de redonner à la jeunesse et et à tous le côté rêve qui existe beaucoup aux États-Unis, et c’est cool qu’il y a des personnalités justement comme toi qui essayent de, de, de, de faire du storytelling et de raconter de, de, de, d’engager les gens, parce qu’on a besoin de ce rêve pour refaire repartir l’économie aussi, tu vois, d’en bas. C’est avec le rêve que tu te relances dans les projets, et c’est grâce à des histoires comme ça aussi que demain des personnes vont décider de prêter peut-être 5000 € à quelqu’un en se disant : « [__] », mais je peux devenir multimillionnaire aussi peut-être, tu vois. En fait, il peut y avoir un retour sur investissement. Non, c’est clair, tu as raison. Donc ça, ça c’est vraiment cool. Alors donc du coup, tu, tu, tu as aidé, tu as été aidé principalement par des femmes à ce moment-là, tu achetais des voitures, tu les revendais, tu faisais du business un petit peu comme ça où tu prenais des marges, euh, et et ces 5000 €, ça servait à quoi ? Toujours pareil ?
Ouais, je faisais des scooters, des voitures, c’est-à-dire que je faisais un truc tout con. Les gens disent : « Mais comment tu peux gagner de l’argent ? » Tu sais, sur Instagram, dès que tu R, raconte des histoires effectivement et que tu le storyt, les gens disent : « C’est du mytho, c’est pas possible, si c’était aussi simple. » Mais aujourd’hui, je redeviens fauché, je sais exactement comment redevenir riche, c’est-à-dire que je refais une légitimité sur les réseaux sociaux en parlant de, d’un, d’un secteur qui me tient vraiment à cœur, tu vois, où je suis très bon, j’ai une crédibilité, une légitimité, de manière à ce que le jour où j’ai un produit à vendre, les gens l’achètent sans que j’ai à dépenser en marketing. Et typiquement, je ferai des voitures et des montres. Est-ce que j’ai toujours fait ? Une voiture, tu te concentres sur un modèle. Moi, ma spécialité, c’était l’Audi A6 2,7 TDI break avant, c’est-à-dire que c’était un modèle spécifique, parce que c’est des pères de famille qui les achètent, parce que tu sais, c’est les grands breaks, donc je sais qu’ils ont pas le temps, parce qu’ils ont des enfants généralement, ils sont en situation, et le 2,7, c’est le modèle le plus courant, c’est pas un 3 L qui consomme beaucoup, c’est pas un 2 L qui est vraiment pas puissant, c’est le mass market program. Et donc du coup, je connaissais par cœur les prix de la côte en fonction des années, des, des kilométrages, et je vivais à Bordeaux, et j’allais les acheter à Lille, à Marseille, à Lyon, je faisais la route, je galérais avec le train pour revenir, et je les négociais 2000 € en dessous du marché, vu que c’était des voitures à 20000 balles, mec, il s’en foutait, il était pressé, il me dit : « Vas-y, achète-la 18000. » Et quand je revenais, je la vendais à 22000, parce que j’avais enlevé toutes les rayures, j’avais bien lavé les sièges. Et donc la personne qui arrive, qui y avait de l’argent, bon ben ok, je suis prêt à surpayer un petit peu, bah tu faisais un delta de 4000, et ça je le faisais quatre fois par mois en fait, et j’avais un, un parc de voitures à un moment qui tournait, et c’était impressionnant. Et et j’étais étudiant, j’étais à la fac quoi, tu vois. D’où ça vient ce côté entrepreneur ? Parce que du coup, tu l’avais dans les gènes depuis toujours, c’est même petit en fait. Tu t’es retrouvé à la rue, mais en fait, tu avais déjà ce côté business en toi. D’où ça vient, tu penses ? Tu penses que c’est dans les gènes que tu vois, tu as plein de jeunes qui valent, enfin, tu vois, je crois que j’ai pas eu le choix, donc j’ai pas vraiment de mérite, parce que euh, vu que j’ai, j’avais pas d’argent et que j’étais à la rue, en fait, il a fallu que je gagne de l’argent. Donc je, je sais pas si c’est dans mes gènes, j’ai une facilité à vendre si tu veux, j’aime bien voir la chatch, même les voitures, je savais comment les vendre. C’est qu’un mec venait, je dis : « Oui, alors cette voiture, à part tenu un grand avocat de la région. » Et tu sais, les gens, tout de suite, ils étaient trop contents, tu vois, de se dire : « Ah, j’ai la voiture d’un avocat. » Enfin, j’ai toujours su vendre, mais pour le coup, j’avais pas le choix, et j’avais tellement pas d’oseille qu’il fallait que je gagne, et donc tout de suite j’ai compris que tu pouvais gagner de l’argent en faisant du troc, tu vois, en faisant de la vente, et c’est ce que j’ai toujours fait au final. Est-ce que tu penses, tu dis que tu as pas de mérite, moi je crois beaucoup quand même que ce côté business, tu l’as ou tu l’as pas, ça se voit un peu dans l’enfance. Est-ce que tu penses pas que même si il t’était pas arrivé toutes ces galères, tu aurais quand même été entrepreneur ? Est-ce que tu penses ça ? Est-ce que par, il y a des similitudes, tu as des jeunes qui aimaient bien les jeux de stratégie, par les gens qui aiment bien le business ?
Tu vois, ils aimaient bien les jeux de stratégies, parce qu’il y a l’entrepreneuriat : d’aller récolter du bois pour construire une base, ou des trucs comme ça. Voilà. Est-ce que tu penses que tu avais ça en toi, ou vraiment c’est cette galère ? Honnêtement, je sais pas, je sais pas, j’ai jamais eu, tu vois, de jeux de stratégie quand j’étais jeune.
Ouais, j’aimais bien collectionner, j’ai toujours aimé collectionner les billes, les yo-yos, sais-tu, les trucs à échanger peut-être à la cour de récré ? Un jeu contre un yo-yo, vois-tu ? C’est vrai que je collectionnais beaucoup, et c’est ce que je fais aujourd’hui avec l’argent. Moi, je le fais pas pour, tu vois, j’ai pas un lifestyle de fou, je dépense assez peu au final, mais j’adore regarder mes comptes. J’ai fait des excels de fou, savoir combien j’ai, et quand j’étais petit, c’était pareil. J’avais des sacs énormes de billes, de yo-yos, parce que je kiffais détenir, tu vois, quelque chose. Et donc ça, c’est vrai que c’est ce qui me rapproche le plus de l’entrepreneuriat : à savoir créer. Mais j’ai toujours eu quand même cette notion d’accumuler. Je pense que c’était la peur de manquer. Euh, moi, mes parents faisaient très attention à l’argent. Mon père était contrôleur de train, ma mère était vendeuse. Mon père, il mettait de l’eau dans le jus d’orange pour qu’on en ait plus, tu vois ? Mon père, quand il avait acheté le pain, il tenait un, un, un cahier comme ça, et il marquait -1 €, enfin à l’époque c’était des francs, tu vois, mais -1 pour savoir toujours combien il avait sur le compte en banque. Donc j’ai eu cette… et ça, pour le coup, c’est grâce à eux, c’est cette notion de : j’économise l’argent. Et heureusement ça m’a servi, parce que quand je me suis retrouvé à la rue, j’avais 200 € de côté. Je sais plus, c’était des francs ou des euros à l’époque, mais bref, j’avais 200 balles. C’était pas grand-chose, et je les avais économisés pendant mes anniversaires, pendant mes Noëls. C’est ce qui m’a permis de tenir, et après de relancer des business, de faire des petits trucs. Donc soyez économe, parce que c’est vraiment quelque chose qui me perturbe. Encore une fois, c’est comme les cafés, le thé, les trucs, les matchas. Ok, c’est cool, tu bois du matcha. L’argument, c’est : oui non, mais il y a pas de sucre. Ok, mais bon, tu… tu vois, est-ce que tu en as besoin pour survivre ? L’homme a vécu sans matcha pendant des siècles. Bon, c’est bon, tu vas pouvoir t’en sortir, tu vois ? C’est marrant de voir que les plus grandes peurs qu’on peut avoir quand on est jeune, comment elles se transforment aussi, comment elles peuvent aider. Que tu vois, cette peur de manquer, moi je l’ai retrouvée beaucoup chez pas mal d’entrepreneurs, en fait. Tu as tellement peur de manquer que du coup tu vas en faire une obsession de réussir. Et en fait, sur… pareil, ce côté chaos réussite, ce côté manque réussite, tu vois ? Moi, par exemple, plus jeune, j’ai toujours… j’ai eu cette peur de : je voulais pas être un boulet pour les autres. En gros : je vais être l’ami sur qui tu peux compter. Je veux être l’ami, quand tu l’appelles, tu as un problème, il débloque une somme d’argent, il te met un lit à disposition, il t’aide, tu vois. Et euh… tu vois voilà, de… de certaines peurs, euh, en fait, on… on crée des obsessions derrière, tu vois. Euh, et je trouve que cette peur de manquer chez les entrepreneurs, il y en a beaucoup qui l’ont, parce que du coup derrière, en fait, elle reste. Que même demain, quand tu as 100 millions sur ton compte, c’est inconscient, tu as toujours envie d’en avoir plus. C’est une envie insatiable, on va dire, de… c’est une fin insatiable finalement d’argent, quand tu as ce truc-là. Est-ce que toi tu penses que tu as ça, c’est-à-dire que, inconsciemment, à cause de ton histoire, tu auras toujours cette fin de croissance, et tu… tu iras toujours chercher de la croissance finalement ? J’aurais toujours cette sensation de pas être un nouveau riche, mais d’être un ancien pauvre. Avec Jonathan Galof, on dit souvent ça, il a une histoire un peu similaire. Et donc oui, je voudrais me sécuriser. J’ai des réflexes de pauvre, c’est-à-dire que moi, quelqu’un qui est dans un palais Lumière qui laisse couler les robinets, ça me fait péter un câble, tu vois ? Je peux m’embrouiller avec lui. Et… et parfois je vais dépenser… des réflexes pourris. Mais tu sais, quand tu vas sur Apple TV, tu peux louer un film ou acheter. Et en fait les nouveaux, ils sont toujours à acheter. Si tu as… et une semaine après, ils deviennent à louer. Donc soit tu le payes 13 balles le lundi, soit tu attends le dimanche et tu pourras le louer. Mais par principe, j’attends qu’il soit en location. C’est marrant, parce que aujourd’hui ça te change rien, ça me change strictement rien. Du coup, c’est un mauvais réflexe… réflexe, non ? Parce qu’en réalité, si tu t’habitues à la facilité, tu vas toujours aller plus loin. Donc là je vais commencer par acheter un DVD, après ça va être : bon bah écoute, je vais pas compter, je vais me payer ça en plus, c’est que 100 €, puis après ça va être : bon allez, on n’est pas à 1000 € près, puis après on n’est pas à 10000, puis après on n’est pas à 100000. Et c’est le piège de l’argent, c’est que moi j’ai vu beaucoup de gens qui avaient accumulé de belles sommes, mais qui ont tout perdu à cause du lifestyle. Parce qu’en fait, il y a pas de limite. Moi je pensais, tu vois, quand j’étais jeune, qu’avec 1 million tu étais riche, tu vois ? Moi je venais d’en bas, de la banlieue de Bordeaux, de la banlieue… de la banlieue ! 1 million pour moi, c’était le bout du monde, tu vois ? Et aujourd’hui, 1 million, c’est ce que des potes dépensent en un été, tu vois, pour aller en vacances. Et donc en fait… et encore, c’est pas les plus fous, c’est-à-dire qu’il y en a qui doivent dépenser peut-être 50 millions dans… je sais rien. Et quand tu t’es habitué à avoir un jet privé, les belles maisons, les voitures, un chef étoilé à la maison, un truc… en fait tu crames une tonne d’oseille. Et l’oseille peut aussi s’inverser, tu vois ? Il suffit qu’un marché s’écrase, il suffit que ta boîte fasse faillite. Et donc je pense que la discipline du business, c’est aussi de se fixer une discipline du quotidien, de manière à pas tomber dans le luxe. Et encore une fois, moi je… je m’impose de ne boire que de l’eau chez moi. Je refuse qu’il y ait du thé, je refuse qu’il y ait un soda. Je refuse… non, pas même… pas pour le sucre. Bon, j’aime pas le sucre, mais au-delà de ça, je ne veux… je veux que de l’eau, tu vois ? Parce que tu penses que l’on peut avoir une grosse fortune et tout perdre en se laissant aller ? Tu as vu des cas comme ça autour de toi ? Tu as vu des gens… vendre une fortune de 50 millions, avoir zéro… quoi ? Retomber… j’ai vu des gens, notamment dans les start-ups, en tout cas, qui avaient de l’argent, qui avaient fait des cash-outs, ou qui avaient des start-ups, tu vois, de plusieurs centaines de millions, et qui ont pris une grosse tôle derrière, et ça les a rendu beaucoup plus humbles, tu vois ? Et encore, il y en a qui sont toujours prétentieux, alors qu’ils ont plus 1 €. Donc tu vois, ça dépend des gens, mais… mais… mais je pense que au-delà même de la question de l’argent, c’est une manière d’être toujours en mode guerre dans ton cerveau. C’est-à-dire qu’en fait, moi, demain, s’il y a une guerre… tu vois, je pense qu’on est dans une génération où il peut se passer des trucs de fou. On est loin d’être à l’abri, tu vois, très loin. Quand tu vois ce qui se passe… il suffit qu’il y en ait un le matin qui se lève qui est un peu mal dormi, il peut te faire un truc de ouf. Et en fait, je pense qu’il faut être préparé à une situation de guerre. Et une situation de guerre… tu vas plus chez Starbucks, tu vois ? Et donc tu dois être prêt à affronter des moments qui sont compliqués. Moi, s’il y a une… une guerre… j’exagère en disant que je suis prêt, ça va pas m’affecter beaucoup, mais sur mon quotidien, moi… tu me donnes des pâtes, du riz et de l’eau, je suis trop bien, je suis refait. Et je vais continuer à travailler, et s’il faut, j’irai au charbon, sortir les armes pour défendre le pays, etc. Je suis détendu, tu vois ? Et limite j’exagère, mais je suis prêt, tu vois ? Je me prépare à ça. Et je dis souvent que : il vaut mieux être un guerrier dans un jardin qu’un jardinier dans une guerre, vois-tu ? Et en fait, faut être prêt à sortir les armes si tu dois aller au combat. Et c’est pareil dans la vie, je pense qu’il faut être foncièrement gentil, honnête. C’est-à-dire que les gens qui travaillent avec moi, il y en a pas un qui va dire : Anthony, il est injuste, machin… je suis toujours droit, juste, tu vois ? Je suis pas le patron qui va prendre des nouvelles et tout. Je m’en fous comment tu as passé ton week-end, et tout ça m’intéresse pas. Par contre, si tu as besoin de moi, tu peux compter sur moi. Et… et… et donc il faut être juste et gentil, mais être prêt aussi à être méchant. C’est malheureux, parce que les gens… il y en a… tu dois les gérer par la force et par la peur. Donc en fait, il faut être gentil avec le monde, et quand c’est nécessaire, être prêt à être dur, à être un alpha. C’est marrant, je vais sentir… un… encore une… une phrase qu’un ami proche à toi me disait. Mais c’est vrai que de… de… dans ton cercle proche, on dit que tu es quelqu’un de droit, de juste, de bienveillant, de gentil, mais d’… à la fois… tu peux être très cash. C’est-à-dire que, par exemple, si tu es dans un dîner et que tu vois un ami à toi avec quelqu’un, ou qui serait peut-être un peu toxique pour lui, tu serais capable, voilà, de le sortir. Donc il y a un côté… tu as un peu cette double facette : très sympa, accessible, juste, mais en même temps très cash. Donc c’est ce que tu viens de me dire finalement, capable de… d’aller au… au conflit sur quelque chose de juste. En tout cas, la justice, c’est un truc important pour toi. Que s’il y a un truc injuste, ça peut te faire sortir de toi. Donc tu es très calme, et par contre si il y a… tu vois… un truc injuste, là tu… tu peux ne plus être calme.
Du coup, ouais, je suis… c’est… c’est marrant, c’est une bonne… un bon résumé. Je déteste l’injustice, parce que je pense que j’en ai souffert énormément quand j’étais jeune. C’est ce que j’avais en tête en posant la question. J’ai vu, tu vois, le… les policiers qui parlaient mal à mes parents parce qu’on avait pas… pas beaucoup d’argent, qui les prenaient de haut. J’ai vu moi le professeur qui se foutait de ma gueule parce que j’avais pas les bons cahiers. J’ai vu des banquiers qui rigolaient quand j’allais leur demander un truc, parce qu’ils voyaient que je clignotais rouge en Banque de France. Et en fait, ce… ce… ce mépris, tu vois, qui a été accumulé… fait que quelqu’un qui est fort avec les faibles et qui est faible avec les forts, c’est ce qui me dégoûte. C’est-à-dire que moi j’essaie toujours d’être le même avec tout le monde. C’est… tu peux me présenter le… le… le président de la République, je serai comme je suis avec le serveur du restaurant où je vais ce week-end, quoi, tu vois, pareil. Et… et donc quand je vois quelque chose en soirée qui est pas juste, ou dans la rue, c’est vrai que je peux me vénérer assez vite, tu vois. Et si j’ai un pote qui est en train de se faire manipuler… qui est en train… moi ça me dérange pas du tout, devant une meuf… et je pense à ça parce que j’ai un pote qui… il arrive qu’il… a beaucoup d’argent, la meuf est une énorme michto. Loin de moi l’idée de penser que toutes les femmes sont comme ça, je précise, mais elle… en attendant, c’est une vraie michto, elle lui casse son oseille et tout le monde le sait, sauf que lui… moi ça me dérange pas du tout, devant elle, de lui dire : voilà, au courant qu’il y a ça, ça, ça… parce qu’en fait j’ai pas de respect pour cette personne. Et donc quand je suis sûr de moi et sûr des faits, je vais l’annoncer. Et idem, si un pote à moi se fait embrouiller, si un pote se fait pousser, si une meuf se fait agresser en soirée, que je la connaisse ou que je la connaisse pas, j’irai toujours au charbon. Tu es pas passif, en fait, tu as des convictions assez fortes, et tu es pas passif. Et c’est… j’ai une bonne transition pour ça, parce que moi ce que j’apprécie chez toi, c’est le côté d’être acteur, d’être un citoyen engagé et acteur de son pays, tu vois ? Moi je déteste le côté attentiste. Tu as plein de gens qui vivent, en gros, leur vie, gagnent leur argent, et cetera, mais qui veulent pas forcément avoir de l’impact, tu vois. Euh, et moi j’aime bien l’idée de se dire : faut pas être attentiste, mais il faut devenir soi-même acteur de son pays. Toi, tu vois, ça peut être pour développer des start-ups, il y en a d’autres, ça peut être pour l’écologie, pour quelque chose… moi je trouve ça bien que… que… que tu vois qu’il y a des gens qui sortent de terre et qui veulent avoir de l’impact, et qui veulent devenir acteurs. Toi, c’est quoi ton… ton objectif d’avoir de l’impact ? Dans quel… dans quel système, et à quel point tu vas être un acteur… un acteur engagé pour la suite ? Moi ça me semble important de laisser une trace, non pas par ego, mais parce que tu donnes un sens à ta vie. C’est un peu comme un caillou que tu jettes au milieu du lac, tu vois, c’est l’onde de choc qui va se propager et qui va faire écho. Et typiquement, sur les réseaux sociaux, quand on reçoit des messages, mais quotidiennement, de personnes qui nous disent merci : ça m’a inspiré, grâce à toi j’ai quitté mon job, j’ai lancé une nouvelle aventure, où j’étais malheureux avec ma femme, mon mari, je suis parti, et aujourd’hui je revis, je suis parti en Australie… tous ces messages, on tient d’ailleurs des capis, tu vois, c’est un peu des OKR qu’on se fixe, et on se dit : combien de personnes nous ont envoyé un message ultra positif ? Et que ce soit avec Blast, que ce soit en perso, j’adore, tu vois, suivre tout ça. Donc ça déjà, c’est une raison qui est forte. Et au-delà de ça, je considère que si je veux garder de la… de l’énergie pour faire de belles choses, il faut que j’ai un feu intérieur qui soit continu. Et typiquement, certains pourraient considérer que j’ai atteint une belle vengeance, une belle revanche. J’ai de l’argent, je pourrais me satisfaire de ça, mais en fait c’est une revanche générationnelle que je veux faire, tu vois ? Je veux que tous ceux de la génération 88 qui ont galéré dans mes banlieues, ou dans d’autres banlieues de France, se disent : bah au moins il y en a un qui a réussi, et on est derrière lui, on le pousse. Et moi j’essaierai de les aider. Et c’est pour ça que Blast, si tu veux, c’est incroyable, parce que j’ai beaucoup critiqué la société, j’ai beaucoup critiqué le… le… le… l’héréditaire, la situation telle qu’elle est aujourd’hui, mais sans apporter de réponse. C’est-à-dire que je critiquais, je stigmatisais, je dénonçais : attention, il y a des inégalités. Quelqu’un qui a pas les moyens d’aller dans les bonnes écoles, il est impossible pour lui d’avoir un niveau équivalent en sortie de bac ou en sortie d’école, parce qu’il y en a un qui parle 4 langues et il avait des profs particuliers, quand l’autre, ses profs étaient même pas là en cours. Donc ça, je l’ai dénoncé, mais j’apportais pas, tu vois, de… de… de solution. Et là, avec Blast, c’est ce qu’on fait, puisqu’on permet à n’importe quelle personne d’investir à mes côtés dans les meilleures start-ups, tu vois, de l’écosystème. Et on permet aussi aux entrepreneurs de pouvoir être financés, même s’ils rentrent pas dans les cases habituelles qui sont recherchées par les VC. Et donc vraiment avoir ce type d’impact, et me dire : comment est-ce que, à ma toute petite échelle, je peux apporter quelque chose à la société ? Bah c’est vraiment un plaisir chaque matin. Et j’en profite pour passer un message : vous avez tous un potentiel inouï. Et souvent on se dit : ah, c’est pas moi qui vais changer les choses. En fait, si ! Parce que si tu te concentres, et aujourd’hui avec les réseaux sociaux en plus, ça peut aller très vite, le nombre de personnes que tu peux toucher en portant un message, en parlant de tes failles, de tes faiblesses, en parlant de tes problèmes. Parce que tu l’as très bien dit, il y a beaucoup de gens qui disent : je suis riche, ça… j’ai des enfants magnifiques… c’est des enfants, ils sont toujours en avance, ils parlent à 1 an, c’est un génie… c’est tous les enfants sont des génies… tout… non ! Parle de tes problèmes : quand ton enfant, il t’empêche de dormir la nuit, et inspire les mamans ou les papas en leur disant : tu sais, c’est pas facile, mais c’est la plus belle chose qui me soit arrivée, mais attention, c’est quand même un peu relou, tu vois ? J’ai des cernes, tu vois ? Et en fait, il faut parler des problèmes, et c’est ce que j’essaie de faire dans mon… dans mon parcours au quotidien.
Euh, est-ce que… donc pour revenir… j’aimerais bien qu’on parle de Blast Club après que tu nous présentes le projet. Avant ça, Feed, tu pourrais nous donner les droits… enfin, qu’est-ce qui s’est passé, à combien vous êtes monté, combien vous avez levé de fonds, qu’on passe rapidement sur cette expérience, puis ensuite que tu nous… que tu nous présentes Blast Club, quoi ? Yes. Ben Feed, je lance en 2017. Donc c’est des substituts de repas initialement, c’est des barres ou des boissons qui te permettent de remplacer un repas, mais pas pour perdre du poids ou pour les sportifs, juste pour quelqu’un de normal qui est pressé, qui a pas le temps. On lance sur ce pitch en 2017, on lève 500 000 €. Après, on a relevé 3 millions avec… euh… à l’époque s’appelait comme ça, maintenant ça s’appelle Le Toopia. Ensuite, on a levé 15 millions avec Alven, et on a relevé 15 millions avec Pepsi. Donc c’est des gros tours de table, parce qu’à l’époque, il y a pas de marque en France, des DNVB, Digital Native Vertical Brand, qui levaient ce genre de montant. Mais tu vois, on racontait quelque chose déjà de puissant. On disait pas : on vend des barres, on disait : on vend la méritocratie. J’étais déjà sur cette ligne, et je me souviens, c’est très drôle, parce qu’un jour, un de mes VC… pas un de mes VC, mais un VC que j’ai rencontré, il m’a dit : mais Anthony, vous vendez des barres au chocolat, je comprends pas pourquoi vous faites ce storytelling, parler de révolution, de mérite au cœur de la société. Et tu vois, c’était les mecs à l’ancienne, ils pensaient : alors la barre, elle vaut 3 €, tu vois ? Ils étaient pas dans l’inspiration. Alors qu’en réalité, c’est des débats quasi politiques, même si je suis pas engagé, c’est-à-dire que moi je vote blanc depuis que je suis né. Mais… mais au final, c’est des discours quasi politiques qu’on porte dans le sens social, tu vois ? Politique dans le sens où : bah oui, tu es acteur de… de ton propre changement de vie, n’attends pas après la gauche, la droite, parce que pour leur parler un peu aujourd’hui, ils sont tous pareils, c’est-à-dire qu’ils ont rien à… tu vois ? C’est… ils ont vu à gauche ou à droite, à un moment donné, il y a 50 mecs qu’on peut citer qui disaient l’inverse de ce qu’ils disent aujourd’hui, que ce soit sur le voile, que ce soit… tu vois, Mélenchon et compagnie… enfin ils avaient des discours il y a 10 ans qui sont à l’opposé de ce qu’ils disent aujourd’hui. Idem avec certains politiques qui sont derrière Macron alors qu’ils lui crachaient dessus il y a 5 ans. Enfin bon bref. Et… et qu’on est notre propre dieu, j’ai envie de dire, tu vois ? On est notre propre faiseur, il faut compter sur soi, sur son travail, son implication, et voilà. Je sais plus quelle était ta question, toi. En fait, toi tu as été… tu as été… tu es précurseur un peu dans ce domaine-là, ce que tu es… la première DNVB justement qui a levé autant, je trouve. Et tu es précurseur dans le marketing autour vraiment d’une plateforme de marque où tu as compris… je trouve que tu… tu as été un des premiers à avoir compris que les gens allaient acheter plus des valeurs, adhérer à une histoire plus qu’acheter un produit. Tu as été un des premiers à parler de ça, et aujourd’hui en fait on parle plus que de ça. Donc c’est marrant ton histoire du VC qui avait pas compris le truc. Euh… comment ça… comment tu as compris… enfin, comment tu as compris aussitôt que justement les gens allaient adhérer à une histoire plus qu’acheter une barre ? En fait, j’ai observé les chiffres, parce qu’au début j’étais très froid sur les…
Réseaux sociaux et j'en voulais pas. C'est-à-dire que de 2017 à 2019, j'avais toujours pas Instagram ou Facebook. He, j'ai jamais eu de réseaux sociaux, donc vraiment j'étais pas naturellement attiré par ce ce format de média. Et j'ai observé que je devais du coup faire beaucoup de marketing ; je dépensais, j'avais un coup, un coup d'acquisition qui montait en flèche. Tu connais bien, parce que tu avais le nouvelle iOS, parce que tu avais de plus en plus de de personnes qui voulaient afficher leur pub, parce que tu avais les cookies qui étaient de moins en moins dispo, et cetera et cetera et et et. Du coup, je me suis dit [ __ ] mais comment je vais faire si je dois continuer à maintenir ce budget marketing ? Il va falloir que je lève tous les ans, parce que je perdais beaucoup d'argent au début, tu vois. Et je perdais 2 3 millions par an. Et donc je me disais c'est c'est chelou, mais bon apparemment tout le monde est d'accord puisque les viciers investissent, donc c'est que ça doit être normal.
Et quand il y a eu le Covid, là je me suis dit : OK, je pourrais plus lever. Déjà j'avais galéré avant avec Pepsi. Je chantais que c'était plus la même, tu vois. Au début, je claquais des doigts, je levais 15 millions, cash out, la totale, tu vois, révolution comme un port. Et et et après quand j'ai eu le tour avec Pepsi, j'ai fait 50 rendez-vous quand même, tu vois. Donc c'était plus pareil. Et et et et là je me suis dit : bon, il faut se réinventer, parce que c'est fini cette époque de marketing où tu vas, tu spendes comme un port. Donc il faut qu'on arrive à prendre la parole différemment. Et et là je me suis dit : bon bah il faut que on fasse ce qu'on a fait avec Stéphane Soumier sur BFM, il y a 2 semaines. J'avais fait une interview avec lui, je sortais du du du justement du du du du tour de table avec Pepsi, et j'étais énervé, j'avais mis une une purée, tu vois, pendant l'interview, et ça a fait un buzz. Et et Soumier, c'est le premier qui m'a lancé, tu vois, sur un sujet qui était un peu touchy. Et là j'ai balancé les backstage, tu vois, de ce qui se passait, et j'ai raconté l'écosystème, j'ai donné un exemple de quelqu'un, je sais plus quelle boîte, qui avait dit : bon ben moi de toute façon ces produits c'est pour les pauvres, donc je le donnerai à goûter à ma femme de ménage et je vous dirai ce qu'elle en pense. Et j'avais raconté des trucs comme ça, et là ça a fait un buzz, on avait vu le les traction et on avait vu un pic sur notre site. Et je m'étais dit : en fait c'est ouf, parce que juste en faisant du buzz, tu as un pic de visite sur ton site organique. Et donc là on s'est dit : bon, mais comment on peut en faire d'autres ? Et là on s'est dit : voilà, c'est quoi ma brand plateforme, le why classique. Et là on a posé, et c'est parti. Moi je trouve ça génial, parce que c'est une vraie stratégie marketing pour le coup, tu vois, de mettre le why, et cetera. C'est que cette interview, elle avait buzzé, moi je l'avais vu, tout le monde l'avait vu, on se l'envoyait entre entre amis. Et en fait je trouve que en marketing, c'est aussi bien d'être clivant, ça tu en parles aussi beaucoup, parce que quand quand tu es authentique et tu es clivant, tu vas plus diviser, mais par contre la la l'audience que tu vas diviser qui va adhérer à toi va être devenir des ambassadeurs. Donc vaut mieux avoir 10 ambassadeurs, enfin 100 ambassadeurs que juste 1000 fans, tu vois. Et je trouve que c'est un peu ton cas aujourd'hui. Tu peux être décrié ou pas, mais au final toi tu suis ton chemin, tu es authentique, mais par contre tu crées des ambassadeurs derrière qui te suivent. Et cette interview, je trouve que tu as été un des premiers entrepreneurs aussi qui a pris la parole et qui a été vraiment très clivant, et la preuve c'est que ça a marché, tu as eu un pic d'activité sur ton site, et c'est un peu ce qui t'a lancé cette interview finalement. Euh c'est cette interview qui t'a lancé sur ton personal branding en fait derrière, clairement. Et je savais même pas en allant, je m'en rendais pas compte. Et et et ce qui est fou c'est que tout le monde m'a appelé, les viciers et tout, limite en m'embrouillant quoi, disant : mais qu'est-ce qui t'a pris ? Tu as pété un câble ? Pourquoi tu t'attaques aux industriels ? Mais les VCs avaient peur, tu vois, ils m'ont convoqué et tout, hein. Ils ont toujours peur les financiers, parenthèses les financiers, c'est peureux. Et donc du coup moi j'ai dit : non non, vous allez voir, je sens que ça peut marcher. Et et et on a commencé à poser une brand plateforme qui était vraiment précise, en se disant : on va attaquer tous les sujets d'actualité avec ce prisme, à savoir : méritocratie, ambition, détermination, business, tout est possible. Et ça nous permet d'avoir un flux de contenu incessant, puisqu'il suffit de regarder l'actualité. Bon, admettons, nous on va parler : Nadal a gagné Roland Garros, bon ben nous on va parler sur combien d'argent il a déclenché, comment il s'entraîne, quel est son mindset, lire sa biographie, et tu, on va toujours ramener vers quelque chose de financier, mais grand public. Le problème c'est qu'il y en a beaucoup qui parlent de finance, mais qui vont être très techniques, et donc du coup bah ils se coupent de la masse. D'autres qui vont être trop grand public et qui vont passer pour des gourous, tu vois, un peu bullshit. Et donc c'est dur de trouver le le bon équilibre, et c'est là que tu arrives à la fois avoir un impact, effectivement, avoir des ambassadeurs qui vont te suivre partout. Moi j'ai des gens qui mangent du Feed, qui sont chez Blast, qui achètent des livres, qui viennent aux événements, et tout ça c'est un écosystème qui est très fort. Et je sais pertinemment que c'est marrant, Paris c'est vraiment un un personnage décrié que j'ai, c'est-à-dire qu'à Paris, il y a ce côté un peu prétentieux, tu vois : non mais Anthony, c'est pas un vrai startuper, il a pas fait de licorne, non mais tu vois, il y a ce côté un peu prétentieux. Alors qu'en province, les gens vont adorer. Moi je suis plutôt le mec de province, tu vois, qui est pris pour un beauf à Paris. Le Bernard Tapie, le Bernard Tapie ; mais tout le temps les gens disent c'est ça, ils me disent tout le temps ça. Et en fait c'est vrai que trèsblement je retrouve des traits de caractère, même si j'ai encore beaucoup à faire, tu vois, pour égaler tout ce qu'il a fait, parce que c'est c'est au-delà des affaires juridiques, des trucs, ça m'intéresse pas ça, tu vois, chacun a ses trucs à gérer. Mais le côté inspirant, motivant, mec qui va au bout de ses projets, et il gagne la Champions League, il fait les traversées en bateau, il gagne le Tour de France, il est ministre, il a des business qui reprennent, en fait il a une vie bien remplie. Et même s'il finit broc, tu vois, il est il est il est il est fauché complètement, mais il a une vie qui est tellement dingue que sur son lit de mort, il kiffe, tu vois. Après c'est normal, je pense que tu sois décrié, parce que plus tu touches de monde, plus tu as de de chance d'être décrié. Moi je prends toujours l'exemple du plus haut niveau, le plus haut niveau de notoriété, c'est quoi ? C'est président. Et tu vois, un président gagne jamais à plus de 60 %, tu es toujours, on va dire, allez, on va dire entre 50 et 55, OK. Donc c'est-à-dire que plus tu es connu, plus tu tends vers un 55, c'est-à-dire que euh au plus haut niveau, en gros, tu as une personne sur deux qui t'aimera pas. Euh et en fait les présidents, c'est même plus parce que tu as les votes blancs et tout, mais tu vois, c'est pas étonnant que plus tu sois connu, plus tu as des gens qui te décrient. En fait c'est ça, ça peut pas être autrement, ça existe pas quelqu'un qui est très connu et qui a 100 %, tu vois, des gens qui qui l'apprécient. Mais toi, là où tu vas plus loin peut-être, c'est que tu essayes en plus de tout ça d'être clivant. Enfin, être clivant, c'est juste en fait quand tu es toi-même, tu es forcément clivant. Authentique, tu es clivant, au juste. Je voudrais savoir comment tu as pitché Pepsi ? Comment on fait, on fait investir un industriel comme Pepsi, qui est une des plus grosses marques du monde en France, dans une DNVB ? Enfin, je trouve qu'on en a pas parlé de cette histoire, mais comment comment tu as fait ?
En fait, ben c'est vrai qu'on en a peu parlé, parce que c'était confidentiel pendant il y a encore 6 mois je crois, et un journaliste l'a sorti, parce qu'ils étaient assez discrets, même nous, tu vois, on était pas hyper chaud pour balancer le nom de Pepsi. Ça a quand même une image, tu vois, un peu soda et tout, même si aujourd'hui ils essaient à fond de devenir LC. Et c'est pour ça qu'ils sont venus chez nous, en fait c'est eux qui nous ont contacté, c'est fou. Et c'est vraiment marrant, parce que ils nous ont écrit sur LinkedIn, mais pas, il avait écrit un de mes investisseurs sur LinkedIn. Moi je lui avais parlé, je lui ai dit : non écoute, je veux pas de corporate, parce que tu vois, on sait que quand on fait rentrer des grands groupes, souvent ils veulent t'absorber ou avoir des chiffres et tout. Donc au début on était pas chaud, on a fait un tour de table, et les propositions qu'on avait déjà, on a galéré pour les avoir, et c'était vraiment des fonds un peu family office, tu vois. Donc vraiment zéro aide, zéro intérêt. Et je me suis dit : Pepsi doit quand même avoir un meilleur apport, ils connaissent tous les magasins et cetera. Et donc on était reparti chez Pepsi après le le process, et et ça c'est bien passé. Et même c'est une manière de travailler avec les Américains, tu vois, c'est-à-dire que nous on travaille avec le CEO venture de Pepsi, c'est vraiment le boss là-bas qui a des grosses responsabilités, et il vient au bord. Donc en fait quand tu tombes avec le mec qui comprend pas un mot de français, qui a l'accent américain Los Angeles, tu [ __ ] un mot sur deux, et qui arrive, il y a pas de small talk, tu vois, c'est exceptionnel, tu te mets au truc, bam, il te met un scud direct. Et ça c'est cool, parce que tu vois ça m'a sorti de ma zone de confort, et maintenant je peux dire : bah ouais, j'ai fait mes bords avec les Américains, je sais comment il bosse, ça m'a nourri, tu vois, j'ai appris. Ça a pas été facile, hein. Les bords, ils étaient raid raid, mais tu vois au final c'est c'est ça.
Te plaît l'international ? Parce qu'aujourd'hui tu es en France, on parlera de Blast Club après, mais un jour tu te verrais aller à l'international et développer des projets internationaux ? Honnêtement, pas tant que ça, parce que je pense que c'est très dur d'être bon partout. Et je vois ce que la notoriété peut apporter déjà dans ton pays, c'est colossal. Alors évidemment ça, tu vois, c'est un peu antinomique avec ce qu'on entend dans les startups où faut tout de suite scaler, aller à l'international. Moi c'est l'inverse de ce que je pense, c'est-à-dire que tu vois les startupers chez qui j'investis, tout de suite il me parle parle d'international, je dis : mec, tu fais 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, pourquoi tu veux aller à l'international avec tes 2 millions ? Enfin, et et tout le monde va te dire l'inverse, tu vois vraiment. Et et alors évidemment il y a des projets qui s'y prêtent, si tu as un projet facile à scaler et que tu peux le vendre évidemment, mais nous typiquement dans la nutrition, c'est une galère, c'est pas les mêmes recettes, c'est pas les mêmes packaging, tu vois, le produit c'est extrêmement dur à gérer. Maintenant si tu fais un sujet tech et que tu peux ouvrir, fais-le. Mais même moi, Blast, tu vois, je l'ouvre pas d'un coup, je le je le délègue, parce que je sais qu'en France je peux déjà aller faire 100 millions, donc tu as de la marge aussi, tu es sur un gros marché. Après évidemment si tu as un marché qui est petit sur ton marché domicile euh et que tu peux pas domestique et que tu peux pas faire un truc incroyable, bah scale-le. Mais en fait il faut le scaler avec du bon sens paysan. Nous on a essayé d'ouvrir des pays avec Feed, on a fait n'importe quoi, on a ouvert les UK, ça a été un échec, on a ouvert la, on a tout fait, tout tous des échecs, parce qu'en fait tu prends un Country Manager, mais le mec c'est pas un entrepreneur, donc tu te dis : OK, bon, il va le gérer, le mec il fait n'importe quoi, et en plus nous on savait pas bien les manager, parce que on était encore jeunes. Ça a été un carnage, et on a perdu une tonne d'argent, mais gros apprentissage par contre, énorme apprentissage. Je devrais pas le dire, mais mais mais vraiment l'argent m'a m'a payé la meilleure école en fait, la meilleure école de l'entrepreneuriat. F, c'est la meilleure école de l'entrepreneuriat possible quoi. En fait, tu sais, en 4 ans tu as fait face à tous les problèmes qu'un entrepreneur peut avoir aujourd'hui, tu as toutes les clés pour développer des boîtes, c'est génial. Pour finir sur Feed, c'est quoi la valeur finale que tu as réussi à avoir sur Feed ? On le dit assez peu, mais c'était 80 millions, 70 80 80 millions. D'accord, OK, donc c'est énorme pour une DNVB, je pense qu'on est les plus hauts quoi. Mais après ce qui est dingue c'est que tu as lancé un courant, il y a eu plein de DNVB qu'on qu'on fait comme toi, ça me fait penser à une marque comme Respire, je trouve que c'était assez similaire à ce que tu fais chez Feed. Et en fait tu as lancé un peu le courant, je trouve, en France de la DNVB avec une un personal branding derrière, quelqu'un qui incarne la marque. Et derrière, même moi, tu vois, dans les, alors c'est pas forcément que grâce à toi aussi, mais quand je regarde des boîtes aujourd'hui, je regarde à quel point le CEO incarne sa boîte ou pas. Pour moi une boîte ne peut plus ce qui incarne le CEO limite un ce, ça va pas m'intéresser, tu vois, ça vaut pas le coup limite, tu vois, que tu regardes ça aussi, même B2B, même en B2B, tu vois, aujourd'hui tu vois les Alan, les SW, les Har, c'est des des personnalités qu'il y a derrière. Alors ils font pas forcément du branding au sens premier du terme, mais ils ont une marque forte qu'ils ont instauré, aligné avec leur valeur, tu vois. Et Jonathan Galov, c'est le parfait exemple, c'est c'est inspirant pour les équipes, au-delà même du BIT, c'est inspirant pour ton équipe de dire : mon fondateur, je connais son histoire, je sais pourquoi il se bat, je trouve ça cool. C'est fini l'époque où tu avais le patron dans le bureau tout en haut qui te parlait pas, tu savais même pas ce qui ce qu'il faisait dans la vie. Donc ça je trouve ça cool, et effectivement il y a eu un flux derrière, parce qu'en fait quand les VCs valorisent une boîte comme Feed, beaucoup d'argent, les autres VCs disent : bon ben je vais le faire avec d'autres marques, ça va marcher. Et et et et donc oui, Respire, moi j'étais d'ailleurs un des enfin le premier investisseur au tout premier tour. Et quand on m'a présenté Justine, j'ai regardé sa première vidéo qu'elle avait fait sur LinkedIn, il y avait 1 million de vues, marché, c'est elle qui a lancé la mode de marcher en parlant de ton projet, tu vois, 1 million de vues, je dis : OK, c'est bon, on y va, ça suffit Justine. Et c'est marrant parce que on me l'avait présenté en même temps qu'une autre marque qui faisait la même chose avec des fondatrices aussi sympa et tout, mais elle non, moi les réseaux je suis pas fan, bah elles ont toujours pas percé, alors que Justine a explosé depuis.
Sans transition, avant de passer sur Blast Club, est-ce que tu penses que la France c'est pas le meilleur pays pour toi, dans le sens où c'est ce qui prend le plus l'égalité des chances ? On sait que par exemple quand tu as un parent qui décède, tu as des, tu es le, c'est le seul pays je crois en Europe, même dans le monde, avec un taux d'imposition sur l'héritage, je crois que c'est, je crois que c'est plus de 40 %, 40 %. Donc le taux est énorme, et donc on est peut-être le pays qui favorise le plus l'égalité des chances et d'une certaine manière le plus la méritocratie. Je crois qu'il faut, je crois en deux deux ou trois générations, en gros il reste plus rien si personne ne fait rien. En trois générations, il reste plus rien, donc tu repars à zéro. C'est quoi ton point de vue par rapport à ça ? Est-ce que du coup tu es fier justement de d'habiter dans un pays qui prend l'égalité des chances versus des pays ultra plus capitalistes et libéraux ? Tu vois, c'est un très bon point, effectivement. Je pense que je suis au bon moment, au bon endroit. Il y en a qui l'ont fait avant, hein, Bernard Tapie, tu vois, il avait exactement le même discours. Quand tu regardes la série là qui vient de sortir sur Netflix, c'est les élites contre le peuple, hein, tu vois, c'est vraiment la même chose quand il parle dans les vestiaires, qui fait le, c'est la même chose. Mais simplement lui c'est à l'époque de la télé, nous maintenant on est à l'époque des des réseaux. Mais mais j'observe qu'en France, effectivement, on espère pouvoir créer une société, en tout cas qui est égalitaire. Euh donc dans les faits, c'est une belle promesse, mais qui n'est pas tenue euh dans l'efficacité, c'est-à-dire qu'on a mis en place des impôts qui sont énormes, mais qui malheureusement permettent pas de gommer les inégalités très fortes. Dans le CAC 40 par exemple, 80 % c'est des polytechniciens ou des personnes qui ont fait les NA qui sont à la tête des boîtes qui ont toutes plus de 30 ou 40 ans. Alors qu'aux US, tu vois, au Nasdaq, euh 90 % des boîtes ont moins de 10 ans et sont gérés par des CEO euh qui ont moins de 35 ans et qui ont pas forcément fait des grandes études. Donc que il y a vraiment des inégalités qui sont fortes, et ça me permet moi si tu veux d'être clivant et de rassembler quand même, parce que j'ai un discours quelque part qui est capitaliste en disant : vous pouvez réussir si vous travaillez dur, vous avez votre destin entre les mains, donc n'attendez pas après les autres. Mais j'ai aussi un discours de gauche puisque je dis qu'il doit y avoir plus d'égalité des chances et que c'est pas normal que les héritiers puissent avoir la boîte de lordord d'on sans rien faire. Les deux ne sont pas incompatibles, les deux ne sont pas incompatibles. Voilà, c'est donc c'est voilà, c'est c'est les deux sont pas incompatibles, et au contraire justement toi tu veux rassembler plutôt que d'avoir deux courants qui restent dans leur posture, alors qu'au final c'est compatible. Sortir de la posture en fait, et aller sur le bon sens finalement. L'espoir et le bon sens permettront de trouver une solution. Et aujourd'hui la la la la la vie politique est beaucoup trop clivée entre ceux qui attendent que l'État les sauve, ceux qui veulent rester dans leur confort sans travailler. Il y en a plein des héritiers, moi qui me disent quand je parle avec eux, des potes hein, qui connaissent mon discours donc ils sont très à l'aise, me disent : ah moi je m'en fous, j'ai des rentes à vie avec mon immobilier, j'aurais jamais besoin de travailler. Bon bah tu vois, il faut trouver le juste milieu et essayer de dire à ceux qui sont en bas : on va vous donner les clés pour que vous puissiez réussir, mais que vous n'ayez plus aucune excuse derrière. C'est-à-dire que moi mon discours c'est de dire : ouais, il faudrait faire une école par exemple qui soit mixte et pas publ privé, mais que tout le monde ait les mêmes les mêmes les mêmes professeurs. Que moi qui a de l'argent, je paye pour mes enfants si un jour j'en ai, ça me dérangerait pas du tout si quelqu'un de banlieue peut pas payer. En tout cas, il faut qu'il y a des profs de, des écoles de qualité, parce que tout passe par les formations, par l'éducation. Et derrière par contre bah les jeunes qui viennent de banlieue, ils pourront pas se plaindre que ils ont pas eu des professeurs je sais pas quoi. Bah il faut pas qu'ils brûlent leurs leurs écoles, leurs librairies, et à ce moment-là ils pourront, tu vois, réussir. Mais si tu leur donnes pas d'espoir à ces jeunes et que tu leur montres pas des exemples et que tu leur dis pas : regarde lui, il vient comme toi de la banlieue, il vient comme toi de la galère, il a été handicapé quand il était jeune, il a eu des problèmes d'argent, il a bon peu importe, bah tu peux le faire. Donc maintenant, non, arrête de te plaindre, tu vois, tu peux y arriver. C'est le rêve dont on parlait de de de d'avoir des exemples qui permettent de donner, redonner du rêve aux…
Gens, et ça me paraît pas déconnant, en fait, ce que tu dis ; ça me semble même, semble même être du bon sens. Et on en revient au sujet d’être acteur, d’être un citoyen acteur. Moi, j’aime bien cette idée-là, tu vois. C’est avec des projets comme toi, avec Blast, et du coup, on va faire la transition sur Blast. Euh, tous les entrepreneurs justement qui gagnent de l’argent, mais qui redonnent en investissant dans les start-up : il y a un code un peu déontologique. C’est finalement grâce à des acteurs, des citoyens engagés, en gros, que l’économie de demain pourra continuer de progresser. Parce que si tout le monde reste attentiste, tu vois, il y a peu de chance que, que, que ça se développe tout seul, en fait. Si tout le monde reste attentiste, il se passera rien concrètement. C’est, c’est ça le, le, le message, non ?
B : Oui. Et dans tous les cas, je suis convaincu que les businessman woman ont plus d’impact dans les années à venir que les politiciens, tu vois. Quelqu’un comme Xavier Niel qui met beaucoup d’argent pour investir, pour faire Station F, pour avoir de l’impact et renvoyer… Je pense pas que ça lui rapporte grand-chose, même Kima, ce qu’il gagne, tu vois, par rapport à la fortune qu’il a, c’est, c’est plus pour être tenu à la page, tu vois, et être au courant de ce qui se fait. Bah, c’est quelqu’un qui effectivement a beaucoup plus d’impact que n’importe quel ministre qui va te vendre : « Oui, nous allons faire en sorte que… » Non, ça, c’est du bullshit, tu vois.
Ouais. Donc, en fait, ça va vraiment pas venir des politiques. Toi, tu penses que le, l’économie de demain, enfin, les actions de demain qui vont un petit peu sauver l’économie de la France, ça va être fait par des entrepreneurs plus que par des politiciens, quoi ?
Oui, je pense que ça va s’horizontaliser. Donc, c’est le peuple qui a le, le, le contrôle du pays. Faut pas oublier que c’est le peuple, hein, qui a fait des révolutions déjà dans, dans le pays, hein. Donc, ça peut secouer. Moi, je pense que ça va secouer de notre génération, et qu’il ne faut pas grand-chose pour qu’il y ait des étincelles. Mais il faut que ce soit positif, tu vois, faut que ce soit de la révolution avec de l’énergie qui veut construire et pas détruire. Et je suis persuadé qu’avec des bons exemples, des gens qui vont de l’avant, qui sont positifs, qui pensent pas qu’à eux et à juste s’enrichir, tu vois, parce qu’être milliardaire seul, ça, aucun intérêt. C’est pour ça aussi que j’essaie de prendre la parole, faire des trucs, parce que je sais que je serai milliardaire, tu vois, je l’ai choisi, et donc je vais y arriver, mais c’est pas pour l’argent, c’est plus pour le défi et dire aux jeunes : « Tu imagines, moi j’étais dans la rue quand j’avais 16, 17 ans, aujourd’hui je suis milliardaire. On peut financer plein de projets, on peut faire des trucs », et ça, c’est cool. Et ça va être horizontal, et je pense qu’on va secouer le système. Et il faut, je pense, créer des, ce que je vais appeler des symboles, moi. Faut qu’il y ait des symboles justement, tu vois, le, le symbole que tu as d’incarner le fait d’être parti de rien et de pouvoir monter très haut. On a besoin de symboles comme ça. Moi, tu vois, avec Eskimo, j’aime bien le symbole de dire : « On peut investir 2000 €… » Je dis toujours à tous mes amis : « Avec 2000 €, tout ce que je possède, mon appartement, ces beaux voyages, je l’ai euh, en ayant fait fructifier ces 2000 €. » C’est pour ça que je suis passionné d’entrepreneuriat, parce que, tu vois, j’étais avec ma copine il y a pas longtemps, je disais : « Tu imagines, tu poses quatre billets de 500 € à côté, et tout ce que tu vois autour de toi là, c’est, c’est, c’est grâce à ça, tu vois. » Et, et je trouve ça dingue comment l’entrepreneuriat, c’est le meilleur moyen de s’extirper d’une condition aussi euh… Et tout ce qu’on peut avoir avec initialement quatre billets, tu vois. Et, et on a besoin de symboles comme ça, de raconter les histoires pour créer du rêve et montrer aux gens qu’en fait, avec 1000 € et des bonnes idées, tu peux devenir milliardaire demain. Ça existe, il y a plein de cas, et l’idée c’est d’en créer de plus en plus. C’est, c’est le, c’est comme le sport, tu vois. À l’époque, les, les jeunes de banlieue, ils avaient le choix entre le sport, le foot souvent, ou le rap. Mais maintenant, ils ont l’entrepreneuriat, et ça, je trouve ça trop cool de dire : « C’est la nouvelle voie, c’est la nouvelle école. » Pour le coup, pour pas paraphraser Netflix, « Nouvelle École », en vrai, faudrait le faire sur le business, mais grave. Et je trouve qu’il y a de plus en plus de personal branding aussi autour de, de l’entrepreneur. C’est que les entrepreneurs sont mis de plus en plus sur un piédestal, parce qu’on se rend aussi de plus en plus compte de la difficulté. Mais je trouve que les entrepreneurs d’aujourd’hui sont, sont en train de devenir des symboles aussi pour les jeunes. Quand à l’époque, c’était des footballeurs, des sportifs, des artistes, je trouve qu’en ce moment, c’est l’entrepr… la starification des entrepreneurs, je trouve un petit peu… Ouais, mais je trouve ça très bien, parce que c’est des valeurs positives, pas du tout que ce soit pas le cas avec les foot… Mais ça montre aussi que tu as différentes manières d’y arriver, et ça, c’est cool. Parce que le jeune qui est pas forcément bon en sport et qui sait pas courir, bah, il se dit : « Bah, moi, je peux, peux utiliser ma tête et faire un business, » tu vois. Donc, en fait, ça permet même aux geeks, je trouve, c’est la revanche des geeks. Moi, c’est un truc de ouf. Quand ils étaient tout jeunes, on se foutait de leur gueule parce qu’ils étaient derrière les jeux vidéos et cetera, et maintenant les geeks, c’est eux qui ont la main, parce que les, les, les secteurs en place, il faut savoir coder.
C’est trop marrant que tu parles de ça, parce que j’en parlais avec un ami à toi, et il nous écoutera, Thomas de la Villegu. Je lui disais ça la dernière fois, parce qu’il me disait : « À l’époque, à l’époque de nos parents, c’était les acteurs, les beaux gosses qui avaient un petit peu… voilà, les belles nanas. » Il… C’est marrant, aujourd’hui, c’est la revanche des geeks. Le mec qui s’est bien débrouillé, qui a un bon salaire, qui a développé un bon logiciel, c’est lui qui ramasse les nanas en soirée maintenant, tu vois. Et je trouve ça drôle, c’est la revanche des geeks aussi. Je trouve que on est dans l’air de, de bah, des, des geeks et des entrepreneurs dans ce domaine-là, et moi je trouve ça génial aussi, parce que c’est, c’est tout un univers qui est mis en avant aujourd’hui. Être fan de Naruto et Dragon Ball Z, c’est stylé. Quand à l’époque, tu étais le geek un peu à l’école, tu vois, tu pouvais être un peu le geek, pas le, pas le beau gosse, on va dire, du lycée. Il y a, il y a un renversement aujourd’hui de ça, de cette culture aussi.
Je voudrais donc que, que tu nous parles de Blast Club. Qu’est-ce que c’est, Blast Club ?
Blast, du coup, c’est un club d’investissement où des particuliers peuvent investir à mes côtés, aux mêmes conditions, au même moment, dans les start-ups que moi je vais sélectionner. C’est-à-dire qu’à chaque fois que le club va présenter une start-up où vous pouvez investir, je mets mon argent, et vous rentrez dans le même véhicule que moi. Ce qu’on appelle un SPV, Special Purpose Véhicule, c’est une sorte de holding, et donc vous, vous êtes protégé juridiquement de la même manière, vous allez, vous avez la même valorisation que moi, et ça vous permet de rentrer dans les boîtes au tout début de l’aventure, mais dans les vrais bons projets qui sont inaccessibles. C’est-à-dire qu’en fait, une start-up, et tu le sais aussi bien que moi, toi, si tu veux investir dans une boîte, tu vas pouvoir, parce que tu es connu, parce que tu peux mettre des gros tickets de 50000 ou 100000, et parce que le fondateur, tu lui dis : « Je vais t’apporter quelque chose en plus de mon argent. » Par contre, Madame Michu qui habite à Jonzac, si elle va voir une start-up, déjà, faut qu’elle trouve le numéro, et que dis : « J’ai 1000 € à mettre chez toi. » Le fondateur va rigoler, tu vois, ou le… ils vont rigoler. Et donc, du coup, l’idée c’était de permettre à ces personnes qui ont des plus petits tickets de se, de se rassembler autour de moi et d’investir dans les mêmes projets au tout début. Et c’est là qu’en fait tu as les vrais rendements, parce que typiquement, les start-ups surpassent toutes les classes d’actifs depuis 10 ans. C’est-à-dire que tu regardes toutes les performances de rendement, c’est largement au-dessus de l’immobilier, de la bourse, des fonds de LBO, et cetera, et cetera. Et donc le problème, c’est que les, les petits porteurs en entendaient parler par Macron et compagnie, mais n’y avaient pas accès. Il y avait une zone d’ombre, et les seules plateformes qui proposaient ce genre de choses, c’était des dossiers pourris, tu sais, avec les shampoings solides qui se vendaient puis, ou les, les… enfin, tu vois, tous les trucs que personne ne veut, parce que l’écosystème avait dit non. Et du coup, ils allaient chercher les petits porteurs qui comprenaient rien et qui se disaient : « Bon, ben, OK, allons-y. » Et nous, on s’est dit : « Non, on veut la même exigence de filtre de dossier, on est en concurrence avec des VC, donc on va vraiment se battre pour avoir les dossiers, et on va investir main dans la main avec eux. » D’ailleurs, la plupart du temps, ce qui est génial, c’est que c’était un, un secteur sur laquelle les, les investisseurs privés avaient mis la main, et c’était un peu un écosystème fermé. Et d’une certaine manière, tu as créé une brèche dans l’écosystème pour récupérer justement ces beaux dossiers, être en concurrence de… et donner accès. Donc la grande force pour toi, c’est de donner accès à ces dossiers-là à des gens qui, qui n’auraient jamais pu les avoir, et la possibilité d’investir aussi des petits tickets. Parce que souvent, quand c’est un fonds qui vient, ils investissent 500000 d’un coup. Toi, si tu viens, que tu veux investir 1000 €, c’est impossible. Toi, tu permets de rassembler du coup des gens pour les 500000… 500000, faudrait que tu… tu peux réunir 500 personnes à 1000 € par exemple. C’est possible ça ?
Oui. On a des tickets à 2500 €, 3000 € en moyenne, et du coup, sur des opérations, on va être entre 500 membres et 1500 membres. On a tout automatisé de manière à ce que, en un clic, toi tu deviens actionnaire, tu signes les documents en ligne. On a nos comptables, nos avocats qui s’occupent de tout. Tu as un récapitulatif de ton SERFA, tes docs qui sont sur le site internet, sur ton compte, c’est ultra simple. Et on veut faire vivre l’expérience comme si tu étais un vrai business angel. Comment ça se passe ? Nous, on va te mettre un deck avec… donc un deck, c’est un dossier d’investissement avec un résumé, notre due diligence, les conditions juridiques qui sont simplifiées, une vidéo des fondateurs qui présentent le projet. Et après, on va organiser, de jours après, un live avec les fondateurs et les 3500 membres, parce qu’on est 3500 déjà, euh, qui vont poser des questions aux fondateurs, de manière à ce que B, ils puissent répondre, voir si ça les intéresse, et ils ont le choix ou non d’investir avec moi. C’est-à-dire que c’est pas un fonds d’investissement où je prends ton argent et je l’investis sans te demander. C’est : je te présente des dossiers, en général deux ou trois par mois, et toi tu choisis combien tu mets. Donc, il y a pour les petits portefeuilles qui vont mettre 10000 € dans l’année, donc ils peuvent mettre à partir de 1000 €, mais il y a aussi des gros portefeuilles avec nous, ce qu’on appelle les pass Diamond. Et le Diamond, il peut mettre jusqu’à 300000 par an, et 80000 par dossier. Donc, tu vois, tu as vraiment… Et c’est ça que j’adore. Un Discord qui rassemble tous les membres ; là, tu rassembles bien, pour le coup, ben là, c’est, c’est exactement les gros investisseurs et les, et les gens qui ont pas forcément les moyens. Mais moi, ce que je trouve super intéressant, c’est que aujourd’hui, euh, tu arrives, tu habites en province, tu as mis 10000 € de côté, en fait, tu vas voir ton banquier, il te propose toujours les mêmes produits, des assurances vie plus faibles que le taux d’inflation, euh, et tu as très peu de choix d’investissement. Euh, là, tu ouvres la porte, tu leur permets d’avoir accès euh, à, à ces dossiers-là. Mais alors, c’est quoi le business model de Blast Club aujourd’hui, en sachant qu’on aligne nos intérêts ? Parce que le banquier, quand il propose un produit, c’est qu’il a une rétrocommission, alors que moi, j’investis mon argent en même temps que toi, et je suis payé avec le carry, c’est-à-dire que euh, quand Blast fait une performance, donc quand on fait une plus-value, Blast va prendre 20 %, comme tous les fonds d’investissement, tu vois. C’est ce qu’on appelle la commission de performance. Typiquement, si on gagne 100, on prend 20 pour nous. Mais ça montre qu’on va te pousser que des dossiers de grande qualité, parce que sinon, on a pas de carry, tu vois. Si les boîtes meurent… Et, et c’est ça qui est génial de montrer que quelque part, on a gamifié l’investissement. Tu peux te former, parce que ça va beaucoup plus loin qu’un simple club d’investissement. Il y a le Discord où on a des centaines d’échanges chaque jour, avec des canaux, tu vois, sur l’immobilier, la bourse, les start-ups, comment faire les due diligence. On met des formations à disposition, on fait un événement chaque mois avec un invité, tu vois. D’ailleurs, ce serait cool que tu viennes, où il va parler de son expérience, tu vois. C’est hyper cool en plus, ton, l’évolution de ta vie de Bootstrap et compagnie. Et donc, on prend un top entrepreneur ou un top investisseur, on leur fait des lives chaque mois, on fait des événements où on se retrouve pour faire des apéros ville par ville, tu vois. Il y a ce côté : je fais du réseau, et les gens qui sont à Jonzac et qui peuvent parler avec des startupers, parler avec des stars qui ont fait des grosses boîtes et tout, tu vois, ça t’apporte quelque chose de fou. C’est que ça apporte aussi à l’entrepreneur, parce que l’entrepreneur, en 3 semaines, il peut avoir l’argent. Nous, on, on peut lui trouver jusqu’à 100 millions en claquant des doigts, tu vois. On a fait des levées où on avait vraiment beaucoup d’intention. Après, on est PSF, c’est qu’on a un agrément qui est donné par l’AMF, donc tout est ultra encadré. Il y en a qui critiquaient au début, ils disaient : « Il va faire n’importe quoi, je sais pas quoi. » La réalité, c’est qu’en France, tu as intérêt à être au carré, parce que l’AMF veille au grain, tu peux rien faire sans être ultra carré. Et du coup, les entrepreneurs, en plus de leur trouver l’argent rapidement sans leur prendre la tête, parce que nous-mêmes on est des entrepreneurs, donc on va pas être intrusif en leur demandant des documents qui servent à rien comme la plupart des, des investisseurs au début. Nous, on va lui dire : « Tu as 3500 personnes qui vont pousser ta boîte, en fait. » Et donc, quand on parle de ta boîte, par respect pour ceux qui ont investi, même si les 3500 ont pas investi, on va en parler sur les réseaux sociaux, on va en parler autour de nous, et tout ça leur a déclenché un pic de clients, un pic de leads, parce que… Mais tu as 3500 personnes qui vont devenir des early adopteurs, c’est ça, en fait. Ils deviennent des ambassadeurs en plus de…
Mais alors, le, pour revenir sur le business model, pour avoir accès à la plateforme, n’importe qui peut s’inscrire, ou c’est payant ? Comment ça se passe ?
Alors, on a fermé les portes du club à 3500 membres. C’est-à-dire qu’en 2023, on avait 30000 personnes sur la liste d’attente. Donc, il y a 30000 personnes qui s’étaient inscrites, et on a fait trois drops. Donc, des drops, c’est un peu comme les marques Supreme, tu sais, tu as 1 heure pour venir acheter ta place. Et en gros, tu as des adhésions qui vont de 1000 € pour le bronze et qui te permettent d’investir jusqu’à 10000 € par an, jusqu’au diamant qui coûte 10000 € et qui te permet d’investir 300000. Donc, tu as des frais d’adhésion pour rentrer dans le club. C’est une membership qui dure un an.
Ah voilà, c’est par an. Donc c’est tous les ans après. C’est si j’ai accès à tous les dossiers pendant 12 mois. Mais pour avoir accès aux dossiers le 13e mois, je dois me réabonner un an, exactement. Tu peux vendre, parce qu’on a un marché secondaire qui va sortir au premier trimestre 2024. Donc, ça va être une bourse des start-ups où des gens qui ne seront pas membres pourront acheter tes parts. Mais par contre, tu n’auras plus accès aux nouveaux dossiers. Donc, l’idée c’est de faire du récurrent à ce niveau-là, mais que les membres, ils soient impliqués dans le club. C’est-à-dire qu’on voulait éviter le problème des autres plateformes qui ont 30000 membres, mais il y en a pas un qui investit, tu vois. Et ils sont incapables de savoir combien ils vont pouvoir lever à la start-up. Moi, la puissance que j’ai, c’est qu’en fait, les 3500 membres, je peux te dire précisément combien ils ont investi en pourcentage de leur allocation à ce moment donné, et combien il leur reste à déployer. Et donc, en fait, quand je vais voir une start-up, je peux lui dire précisément : « Moi, je peux te trouver 3 millions ce mois-ci facile, parce qu’il y a un tel, un tel, un tel qui a pas investi. » Je le simplifie, tu vois, mais on a un algo qui nous dit, on a un potentiel d’invest de temps ce mois-ci, et on peut savoir à force maintenant, avec le recul, combien on peut déployer très rapidement. Donc le business model est incroyable, et ça permet aussi de filtrer les touristes, des gens qui veulent vraiment participer. Parce que quand un mec, tu lui dis : « Ça te coûte 1000 € pour investir, » bah, tu vois, il est sérieux et il va vraiment dispatcher ces 10000 €. C’est pas juste un mec qui a vu la lumière qui rentre. Et maintenant, en fait, si tu veux, ça nous permet de filtrer vraiment les nouveaux entrants. On a des comités de sélection. C’est-à-dire, tous ceux qui sont sur la liste d’attente, on leur envoie un typeform qui est hyper précis. On a un chargé de relation qui les appelle pendant une demi-heure pour savoir pourquoi ils veulent rejoindre le club. Ensuite, ils doivent faire une lettre de motivation avant de passer au comité. Et dans le comité où il y a mon cofounder, moi, et de si level là, on décide si la personne a un profil qui peut apporter. Donc, est-ce qu’elle a des compétences qu’on a pas dans le club ? Est-ce qu’elle est dans une ville qui est nouvelle pour nous et ça nous intéresse ? Est-ce que c’est un membre qui peut rester sur plusieurs années ? Est-ce qu’il a de l’argent à déployer ? Et là, on décide oui ou non si la personne rentre. Et ça permet de créer un FOMO, et c’est un système de vente qui est assez malin, quoi, parce que ça donne envie de, de, de venir.
Très clair. Du coup, tu as 30000 users, enfin, tu avais 30000 personnes sur la file d’attente, et tu as accepté que 3500 personnes. Donc, presque 10 % des gens sur la liste. Qu’est-ce que tu faisais des gens, en gros, qui étaient, enfin, des, des autres, des 26500 restants ?
Du coup, ben là, on les a travaillé, ils sont en base. Donc, on les tient au courant par de, de l’automatisation. C’est qu’il y a du CRM chaque mois qui parle, leur disant : « Voilà les dossiers qu’on a fait, nous vous donnons accès à un peu de contenu de blog gratuit pour qu’ils apprennent, à se former. » Même sur les réseaux sociaux que G. Arian, d’ailleurs, on va essayer de les former en leur donnant accès à du contenu pour qu’ils continuent, tu vois, d’être intéressé par le secteur. Et on les fait rentrer au compte-gouttes, c’est-à-dire que on les, on les requalifie régulièrement. On envoie un typeform en disant : « Est-ce que vous êtes toujours là ? Est-ce que vous êtes toujours intéressés pour rejoindre le club ? » Et quand il y en a qui sont toujours chauds, tu vois, on a un ranking automatique, et là, tu as les chargés de relation qui les appellent, qui leur dit : « Voilà, on a vu que vous étiez intéressé, expliquez-nous pourquoi vous voudriez rejoindre le club. » Et chaque mois, on tient un comité, et, et c’est génial, parce que tu vois, ça nous, nous permet, en fonction du business model qu’on s’est fixé, savoir si on manque un peu de membres, si on en prend plus, si on en prend moins, et on peut adapter en fonction des moyens. Et donc, il y a plein de gens qui me disent : « Pourquoi tu prends pas plus de monde ? » C’est bullshit, c’est ce que j’allais te demander. Et en fait, il y a une raison… Non, j’allais pas dire que c’était bullshit, pardon. J’allais te demander pourquoi il y a pas plus de monde, en fait, que si tu aurais pu en prendre peut-être 10000…
Ouais. Et en fait, la, la réponse elle est assez simple, c’est que nous, on promet la qualité dans les dossiers, et on dit…
Aux gens, on vous apportera les meilleurs dossiers. Et si on dépense 100 % de la location de tous nos membres, ça fait déjà 100 millions d'euros à investir par an. Et si on en rentrait le double, ça veut dire qu'on aurait 200 millions à investir par an.
En early stage, ça veut dire qu'on devrait lever dans 5 à 6 dossiers par mois, et qu'on pourrait pas bien les filtrer. En tout cas, à l'heure actuelle, on n'a pas l'équipe nécessaire. Il n'y a pas assez de bons dossiers, et il y a pas assez de bons dossiers, tout simplement, juste en terme de marché. Si tu sélectionnes combien, tu peux espérer avoir de bons dossiers ? Parce qu'aujourd'hui, vous en recevez beaucoup. Aujourd'hui, tu peux en recevoir quoi ? 3, 4 ? C'est 3. On reçoit 300 par mois minimum, dans les grandes périodes septembre-octobre, on en reçoit 300 par semaine. OK. Et nous, on en finance deux par mois. Donc tu vois, ça te fait un filtre de malade.
Early stage, on aura difficilement la possibilité d'aller au-dessus de 100 millions, parce que sinon ça voudrait dire qu'on prend des dossiers dans lesquels on croit pas à 100 %. Et comme moi, je mets mon argent à chaque fois, tu vois, j'ai pas envie d'investir dans des merdes. Par contre, ce qu'on va faire, c'est passer à la série A et pouvoir investir de plus gros tickets, suivre les startups qu'on a financées qui se passent bien, et investir dans des plus gros tours. Et là, pour le coup, c'est beaucoup plus simple d'investir au-dessus de 100 millions, parce que tu mets à coup de 5, 10. Bon ben, très rapidement, tu vois, ça fait du gros flux. Ouais. Donc aller sur de la série A derrière. Parce que si tu trouves pas de bons dossiers, autant suivre les bons que vous avez déjà et continue de les accompagner. Exactement.
Donc du coup, le business model, c'est un abonnement. Donc, parle. Si tu as 3000 membres à 1000 €, ça fait 3 millions d'euros de chiffre d'affaires sur un an. Et en plus de ça, il y a le carry. Donc, par exemple, si demain une boîte surperforme, en gros, vous allez prendre 20 % de la plus-value, ce qui est le taux usuel de tous les fonds. C'est le truc le plus classique. Extrêmement clair. Comment vous sélectionnez les dossiers aujourd'hui ? Et tout est automatisé. C'est que quand tu es inscrit dans la plateforme, tu les vois et tu décides d'investir ou pas dedans. Et tout est automatisé, c'est que tu peux en trois clics investir dans une boîte. Ouais. En gros, on a tout automatisé avec Airtable. On a vraiment fait un CRM de fou, que ça aille du reporting juste jusqu'à la réception de nos decks.
Nous, si tu veux déposer ton dossier, lever des fonds avec nous, il faut que tu remplisses un typeform. Automatiquement, c'est envoyé sur Airtable. Airtable te préfiltre, voir si tu rentres dans notre cahier des charges. C'est-à-dire que nous, il faut qu'on fasse un minimum de chiffre d'affaires, il faut qu'il ait X ou Y métriques, tu vois, qu'on va rechercher. On doit recevoir le business plan. On a une équipe de huit analystes qui travaillent à temps plein sur filtrer les dossiers, faire un premier filtre. Ils rencontrent les fondateurs. Ensuite, ils sont envoyés à notre directeur des investissements. Le directeur des investissements, quand il valide l'idée, il passe en comité d'investissement avec un dossier qu'il nous présente, avec les six levels de la boîte. Si on est chaud, on rencontre le fondateur, mais c'est un process très rapide. Et donc, en fait, les startups, elles sont ultra étonnées, parce qu'un VC, tu connais, c'est euh trois rendez-vous. Ah non, mais je sais pas, je dois en parler avec mon comité, mais il repart trois semaines après. Enfin, c'est un bordel. Nous, on l'explique dès le début : il reçoit une offre. Voilà, vous êtes ici, quand vous serez là, vous aurez votre argent. Et tout est écrit, expliqué. Et donc on a cette vitesse d'exécution qui permet d'avoir une lisibilité pour l'entrepreneur qui est incroyable. Nous, on est capable de leader les tours de follow-on, de co-lead, on peut tout faire, tu vois.
Pourquoi vous sélectionnez les dossiers dans le sens où c'est une plateforme, les gens peuvent décider ou non d'investir ? Tu pourrais juste leur donner accès au dossier et de toute manière, toi, c'est eux qui décident de faire leur investissement ou pas. C'est eux qui décident de venir avec moi. Mais en fait, la promesse, c'est que c'est des gens qui sont nouveaux, la plupart du temps, qui connaissent rien à l'entrepreneuriat et qui veulent suivre quelqu'un qui maîtrise ce qu'on appelle nous, les key opinion leader. D'ailleurs, on a fait rentrer Eric Larchevêque, qui est un expert sectoriel et qui va conseiller des deals hardware. Là, on va faire rentrer trois ou quatre autres key opinion leaders qui sont experts du SaaS, de la marketplace, de la blockchain, de la Fintech. Et du coup, ça leur permet d'apporter des dossiers et de les suivre en plus au bord, parce qu'on suit nos entrepreneurs dans tous les comités. Donc l'idée, c'est vraiment de présenter que deux ou trois dossiers par mois, mais qui soient ultra quali, et d'être sûr de faire la levée de fonds en entier, parce qu'on sait que le dossier, quand on le présente, c'est qu'il est bon, c'est qu'il va y avoir un live. Et donc une fois qu'il est présenté, là effectivement, en deux clics, tu mets : voilà mon intention 2000 €, validé. Ensuite, il y a la période de souscription. On regarde si c'est sursouscrit ou pas. Si c'est sursouscrit, ton intention, elle est automatiquement baissée en fonction de ton niveau. Et puis derrière, tu fais le virement. C'est automatisé. C'est tu fais même pas le virement, d'ailleurs, tu as un compte Lemon Way, et ça vient piocher dans ton compte Lemon Way la somme histoire de régler. Tu vois.
En fait, toi, tu as une présélection, tu as sur la qualité des dossiers pour pour pas proposer n'importe quoi aux investisseurs. Et alors, tu dis que tu investis à côté de ça. Veut dire que par exemple, s'il y a une société qui veut lever 500 000 €, combien toi tu investis par rapport ? Et quand tu dis "toi", tu investis, c'est Blast Club, c'est moi, c'est toi-même en perso, via une holding, via une holding, via ta holding personnelle. Donc tu investis, tu investis combien dans le tour ? En général, c'est via une holding. D'ailleurs, mon cofondateur, une partie de la holding, comme ça, on est tous les deux mouillés, tu vois, dans l'investissement. Et ça nous oblige à être vraiment précautionneux. Et en gros, on lève plutôt des tickets nous entre 1 et 3 millions d'euros. On fait quelques 500 000, mais tu vois, on essaie d'être un peu plus gros pour avoir quand même un maximum de place, parce que la plupart du temps on sursouscrit. C'est-à-dire que comme on se fait une bonne sélection, les membres en général ils sont tous chauds, et au moins on est sûr d'avoir toute la disponibilité. Donc quand on est vraiment sursouscrit, on va mettre des petits tickets, tu vois, 10, 15, 20. Et quand il manque un peu d'argent, parce qu'un dossier est moins bon, ben là, tu vois, on peut se permettre. Eric, la dernière fois, il a mis 100 000, on peut mettre 50 000. Donc on peut se permettre d'investir plus, et on le fait. Euh, jusqu'à présent, on a fait 25 dossiers, donc ça commence à faire de l'argent. Et on était à un rythme, on va dire ralenti, parce que c'est le début. Maintenant, on va essayer de monter le rythme, et ça représente beaucoup d'argent. Et la promesse, c'est de dire que tu investis en perso. Donc quelqu'un qui met 1000 €, toi tu vas en investir 20 000. Tu investis 20 fois plus que lui. Donc tu es pas en train de faire du bullshit, tu es aussi dedans. Exactement. Vois, c'est contrairement à ton banquier qui va te pousser un truc où lui il mettra jamais son argent. Nous, on y est, on aide la startup, et on va même prendre sur notre carry, d'ailleurs, des pourcentages qu'on va donner à des advisors, à des board members. Tu vois, là on vient de le faire avec Thomas Rebaud, qui accompagne une boîte où la personne a besoin un peu de soutien sur l'aspect business. On lui a donné 1,5 % de notre carry, ou 2,5, même, je sais plus. Et il accompagne la boîte. Et donc si tu veux, il y a vraiment cette notion de : on est une équipe, et on va tous vers l'avant.
Mais j'avais une question pour toi sur les investisseurs. Moi, par exemple, si j'investis demain 50 000 € dans une entreprise, j'ai accumulé assez d'argent pour que ça me fasse pas trop mal quand je les perds, on va dire. Euh, quelqu'un qui a économisé toute sa vie 2000 €, et qui décide d'investir 1000 € chez toi, lui c'est 50 % de ce qu'il a. Est-ce que tu as pas peur que euh, vu que c'est pas des investisseurs professionnels comme toi et moi, ils se disent à un moment donné… Anthony, tu m'as fait perdre mes 1000 €, je comptais beaucoup sur cet argent ? Parce que c'est vrai que les rendements sont énormes en startup par rapport à l'immobilier. En immobilier, tu dis très bien dans un podcast : tu fais x2, c'est le bout du monde, tu sors le champagne, c'est génial. Euh, par contre, en startup, c'est : tu peux faire du x20, du x100, du x500. Voilà. Est-ce que tu as pas une petite crainte par rapport à ça ? Comment tu vois les choses ? Est-ce que tu as déjà eu quelqu'un qui s'est plaint ? Moi, je le vois, c'est comme chez Eskimos au tout début. Je me rappelle quand un client mettait 400 € par mois, euh alors qu'il avait un budget de 800, il mettait tout chez moi. Donc il me saoulait, il m'appelait tous les jours. Or, j'avais des clients plus fortunés qui mettaient 3000 € par mois et qui m'embêtaient jamais. Euh, souvent, c'est les plus petits porteurs qui sont les plus chiants. Euh, comment tu comment tu vas gérer ça ? Plus dur à gérer.
Alors plusieurs points. Déjà, en fait, on pourrait pas se retrouver dans cette situation pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'il faut payer une adhésion. Donc ça, déjà, ça filtre les gens, parce qu'ils disent : attends, s'il faut que je paye pour pouvoir investir 1000 €, c'est pas possible. Deux, on leur coupe l'entrée, c'est-à-dire qu'en fait ça fait partie des questions qui sont dans le typeform : combien d'argent tu peux déployer ? Et on demande des preuves, c'est-à-dire que la personne, si elle peut pas démontrer qu'elle a au moins 10 000 € à investir dans l'année, on la prend pas. Donc elle pourra pas être dans le club. Et c'est à ça que ça sert le filtre aussi, tu vois. Heureusement… ça oui, ça c'est nécessaire. Et troisième point, c'est qu'on a un algorithme qui t'empêche d'investir plus de 20 % de ton montant à investir sur un seul deal. Typiquement, si tu as 10 000 € à investir, tu ne peux pas mettre plus que 2000 €. Et donc l'algo t'empêche de mettre plus de 2000 €. Donc tu peux mettre en intention entre 1000 et 2000, tu peux mettre 100, tu peux mettre 2000, tu peux mettre 1000. Et donc ça te permet, tu vois, de d'obliger à diluer le risque sur à minima 5 dossiers. En sachant qu'on est toujours sursursouscrit. En général, on baisse même les intentions. Que nous, notre objectif, c'est que les personnes, et on le répète inlassablement, tu vois, ça fait partie de notre travail partout, quand il y a les lives et tout : diluez votre risque au maximum, investissez dans des actifs différents, du très risqué au pas risqué. Et c'est notre job aussi de proposer des dossiers qui sont différents. Il y a des dossiers qui vont cracher de la dividende et qui vont être assez safe, quand tu en as d'autres qui vont être sky is the limit, mais par contre tu as une chance sur deux que ça meure. Et là, les les les membres, on essaie de leur donner un max de réflexions. Sachant que le meilleur conseil, moi, de ce que j'ai vu en investissement, c'est que la règle numéro un, c'est diversifier au mieux. Je… ce que tu en penses ? Exactement. Bah oui, non mais nous on le dit tout le temps. Et d'ailleurs, je leur dis : c'est ce que je m'applique, puisque j'investis dans tous les deals littéralement. Donc il y a pas il y a pas un seul autre membre qui va autant diluer que moi. Je dis : faites comme moi. Et si j'étais à votre place… et c'est d'ailleurs pour ça qu'on va lancer une option qui est encore mieux : c'est au début quand tu t'inscris, tu mets sur un bouton : je veux rentrer dans tous les deals. Et comme ça, tu as pas besoin de suivre tous les lives. Automatiquement, un peu comme un fonds d'investissement, bah tu dilues sur l'intégralité. Je pense que c'est le meilleur truc à faire. Ça, moi, je dirais, si je devais faire un truc, c'est le mieux, c'est de tout faire.
Est-ce que vous allez communiquer sur ce qu'on appelle un TRI, un revenu moyen par an de tous vos dossiers, pour se rendre compte un petit peu à terme ? Est-ce que tu comptes communiquer un peu comme un fonds, en mode : Blast Club, on a fait cette année, on a fait 30 %, 20 % ? On va le faire. On va le faire, parce que les hommes mentent, les femmes mentent, mais les chiffres ne mentent pas. Donc on va partager nos toutes les data qu'on a. D'ailleurs, on explique chaque mois combien on a levé. Là, je crois que c'était 25 millions, c'est ça ? On a dit : bah le dernier quart, on a levé 25 millions dans des boîtes. On a levé dans X boîtes, on donne les noms des boîtes quand c'est pas confidentiel, et on est ultra transparent. Parce que dans tous les cas, on a 3500 membres sur un Discord, et on peut pas se permettre de cacher la moindre réalité, parce que sinon ça sort. Et on a voulu faire un truc horizontal. Donc tu vois, je vais pas dire que les membres ont le pouvoir, ce serait exagéré, mais en tout cas, quand il y a un doute, les gens n'hésitent pas à le poster sur le Discord. Et donc, comme il y a des gens qui sont des experts de tous les secteurs, on peut pas cacher un truc. Donc vraiment, c'est hyper intéressant. Moi, je crois beaucoup à la force du collectif. Et en fait, même nous, quand on propose un dossier, il y a des choses qu'on a pas vues que les membres voient. Parce qu'en fait, quand tu as 3500 cerveaux avec 3500 métiers différents, euh et manière de penser, ben tu tu tu screenes la boîte, c'est c'est c'est ultra intéressant, ultra puissant.
Tu disais que vous pouviez investir 100 millions d'euros. Comment tu as calculé ça ? C'est par rapport au nombre de souscripteurs. Ouais, c'est ça. Tu as 3500 membres. Quand tu fais la moyenne de combien ils peuvent investir dans l'année… je dis n'importe quoi, admettons, tu vois, les… c'est 300 000 par an, et les bons, c'est 10 000. Tu fais la moyenne, et ben quand tu fais 3500 fois cette moyenne, ça te donne 100 millions. OK. Donc tu peux investir 100 millions. Et du coup, mais du coup, vous avez une capacité d'investissement qui est énorme. Tu en parles dans un podcast : les plus gros fonds de seed à Paris, en général, c'est quoi ? 80, 100 millions en gros. OK. Donc tu es déjà, en fait, tu fais déjà partie des plus gros par rapport aux VC. Donc tu parlais de la force du collectif. C'est ça. En très peu de temps, tu es capable d'investir autant, voir plus que les plus les fonds les plus importants en early stage en euh en France. Mais tu es qu'au début du projet. Euh, jusqu'à combien tu peux ? Parce que si tu doubles le nombre d'utilisateurs, j'imagine du coup tu peux monter… d'utilisateurs, tu peux monter à 200 millions. Donc tu vas très vite devenir le plus gros investisseur early stage français. Ouais, c'est sûr. Et d'ailleurs, en 2023, je pense qu'on est les plus gros avec la BPI. Je vois personne d'autre qui investit, surtout qu'en ce moment c'est calme. Donc si tu veux, pour moi, le timing il est exceptionnel, et c'est ce que j'arrête pas de raconter aux membres : nous n'avons pas de compétition. Donc on peut choisir les dossiers qu'on veut, et les startups elles peuvent pas faire les stars. Donc en plus, au début, c'était plus dur parce que les gens connaissaient pas le modèle. Sauf que maintenant, on a fait une trentaine de boîtes, et les trente peuvent témoigner. Et et et quand des entrepreneurs ont des doutes, on dit : appelez, on vous donne la liste, vous appelez celui que vous voulez. Ils leur disent : ben non, c'était efficace, on a trouvé l'argent, ils mettent quand on a besoin. Donc si tu veux, le la la réputation, le nom du fonds se fait, et ça nous permet d'aller très vite. Et clairement, tu as raison, là on n'a pas encore commencé les CGP, donc les chargés de gestion de patrimoine. Euh, il y en a énormément qui nous disent : mes clients aimeraient investir chez vous. Donc on va créer un fonds pour pouvoir récupérer leur leur argent et faire 100 millions avec eux. C'est c'est très peu, tu vois. Tu as des des plateformes de crowdequity dans l'immobilier, Club Funding et compagnie, qui lèvent 450 millions rien qu'avec les CGP par an. Donc moi, me dire que dans trois ans Blast investit 500 millions par an, ça me choque pas du tout, tu vois. C'est même… ouais, c'est assez… ouais, c'est assez conservateur. Et c'est ce qu'on a prévu en 2030, tu vois. On s'est fait un business plan, on a dit : il fallait qu'on ait investi 1 milliard d'euros. 1 milliard, 100 millions, c'est pas délirant, sachant que si tu es un si tu performes bien, on va dire on peut prendre une… ça… moi, je pensais que si tu arrivais à faire, par exemple, parce que sur allez, on va dire sur sept ans, admettons, tu arrives à faire fois je sais pas, fois 10, c'est beaucoup, je me rends pas compte, c'est beaucoup. Un fond, quand tu fais la moyenne, tu vois que tu prends tes pertes, machin, les fonds commencent à être contents à x2,5. X2,5 sur combien de temps ? Sur 10 ans en général, sur un fond. Maintenant, tu as aussi plein de fonds qui font x8, x10, x4. Donc… et nous, on a fait un tableau assez précis. Si on fait des perfs, tu vois, qu'on investit 1 milliard et que on fait du x2,2, ça te fait déjà 450 millions d'euros de carry à aller chercher. Donc pour ceux qui feraient les calculs et qui vont me dire : non, c'est pas possible, la réalité c'est que nous, c'est du deal by deal. Donc en fait, un fonds d'investissement classique, s'il a des pertes et qu'il a des dossiers qui meurent, ça vient soustraire à ses plus-values. Parce qu'un investisseur qui lui a mis, admettons, 100 millions dans son fond, bon ben déjà il veut récupérer ses 100 millions. Et une fois qu'il a récupéré ses 100 millions, là on parle de carry. Nous, la réalité, c'est que comme tous les investisseurs sont différents dans chaque opération, on ne prendra de l'argent que sur celles qui ont réussi, mais on en perdra pas sur celles qui ont échoué. Et c'est pour ça que les carrys sont le gros avantage de ton modèle.
Et alors, quand on a des parts d'une boîte qu'on a acheté avec Blast Club, comment on fait si demain… comment ça se passe au niveau de la liquidité si on veut revendre ses parts ? Alors, il y a un marché secondaire qui va être lancé en début 2024. Pendant les missions qui veut être mon associé, c'était l'objectif, parce que tout prend du temps réglementairement avec l'AMF. C'est un sacrée business. On dépense 400 000 € par an de frais d'avocat, euh pour avoir les agréments et tout, c'est une folie. Et donc là, le marché secondaire, c'est les membres qui veulent vendre leur participation dans n'importe laquelle de nos startups peuvent le faire, en mettant un peu comme sur un tableau d'affichage : bah je vends mes actions X à tel prix. Et en face, des personnes qui sont non membres, donc n'importe qui peut acheter sur le marché secondaire et donc créer de la liquidité. Et c'est ce qui est génial, c'est qu'au final, tu peux détenir tes titres longtemps si tu veux vraiment aller viser l'exit final, mais tu peux aussi matérialiser ta plus-value. Et moi, c'est ce que j'ai toujours fait, c'est comme ça que j'ai gagné de l'argent en startup : dire que moi je rentre dans un tour de table, deux tours de table max, après je sors. Là, tu vois, ça m'arrive avec une boîte qui s'appelle Zama, qui est la boîte de Randy, je suis rentré au tout début, ça va aller à 7 millions, là ça vaut 500 millions ou 400 millions, il me dit : ouais, ça va pouvoir être une licorne, et je pense que ça va être une licorne, mais moi ça me va, tu vois, j'ai fait mon x10, je suis très content, j'ai pas besoin de faire beaucoup plus. Et et et et c'est ce que j'essaie d'inculquer aux membres en leur disant : vendez, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Évidemment qu'on va tous viser l'exit final, mais la réalité c'est que quand tu fais un petit x2, ou que tu te fais même 30 % ou 50 %.
Sur un an, sois content, tu vois, parce que la réalité, c’est que les les VC, c’est aussi le problème. Quand tu écoutes les VC, et c’est un problème à mon avis dans le dans l’investissement actuel, c’est que les mecs, ils disent que s’ils font pas FO 100, ils y vont pas. Mais la réalité, c’est combien de boîtes en France font x 100 ? Très peu. Et combien sont rachetées ? Parce qu’avoir une valo théorique, ça, il y en a beaucoup qui le font, mais combien sont rachetées, qui matérialise ? Tu vois, les IPO, tous les IPO, ils dégringolent le jour même où ils rentrent, parce que c’est pas la même manière d’analyser. C’est dire qu’un mec qui travaille dans les vraies banques versus un VCI : le VC, il paraît sur l’avenir, le banquier, il prévoit, il regarde plutôt ce que tu as fait les deux dernières années. Donc nous, on essaie plutôt d’avoir un bon sens paysan, disant aux gens : matérialiser à x 5, matérialisé à x 10, vous serez déjà max, tu vois, par rapport à vos investissements classiques.
Et du coup, le marché secondaire, c’est ça qui est génial, c’est que ça leur permet vraiment de créer de la plus-value. Donc tu peux revendre sur la plateforme ; tu achètes au bout de 6 mois, tu peux dire : j’ai envie de faire plus de 20 %, 30 %, je le sens bien, je le mets en vente. Exactement, si quelqu’un veut acheter, c’est bon. Il faut toujours être membre de la plateforme pour… pas parce que si j’achète mes… par la première année, que je suis pas membre de la deuxième année… Non, tu es pas obligé, tu es pas obligé. Le le… tu dois rester membre pour continuer à acheter et pour rester prioritaire. C’est-à-dire que si tu veux rester membre, enfin si tu veux rester prioritaire, tu dois rester membre. Donc on a fait un truc, tu veux, qui s’appelle le Pass Acier. C’est un pass à 500 €, et ça te permet, si tu sais que tu veux pas investir l’année d’après, mais que tu veux quand même rester dans le club pour avoir accès aux formations, aux outils, aux événements, sans perdre ta place, bah tu restes membre acier. Donc c’est le membre, il est sleeping, un peu partenaire, il peut investir 5000 quand même dans l’année, mais tu vois, s’il veut, il n’investit pas, il a payé 500 balles au pire, tu vois. Mais il peut, dans tous les cas, tout le monde peut vendre ses parts, même si tu es pas membre. C’est une manière de renvoyer l’ascenseur et de dire : les non-membres ne peuvent pas rentrer sur le marché primaire, donc au meilleur prix, mais c’est sur le marché secondaire que tu pourras, si tu es pas chez Blast, intervenir.
Est-ce que vous avez… avais hésité à faire un projet plus Web 3 avec Blast ? Parce que quand tu me parles de tout ça, ça me fait penser au Web 3, le collectif, la communauté, le Discord. Est-ce que vous avez imaginé au début faire des passes sous forme de NFT ? Parce que c’est exactement comme ça que fonctionne le Web 3, finalement, ce que vous avez fait, voilà. Est-ce que vous y songez ? Parce que demain, tu peux avoir un pass à 1000 € qui serait un NFT, ou tu te connecterais avec un MetaMask sur Blast Club, et ça, ça ferait grave 100, je trouve, avec l’accès au Discord, et puis les les NFT sont faits pour donner des avantages selon ce que tu as acheté, ça ferait grave sens, voilà. Ce que vous y avez pensé ? On l’a créé en Web 3, on va plus loin, on l’a créé Web 3, le site, on l’a codé Web 3, et c’est au dernier moment, quand on a parlé beaucoup avec les membres, on s’est dit : ils sont pas prêts avec MetaMask. Parce qu’on a parlé avec nos clients, et la plupart, tu vois, c’étaient des gens qui étaient pas sensibles à à au Web 3, et donc on l’a tourné au Web 2. On a laissé Web 3… La la la la… On a blockchainisé la captable de manière à ce que les échanges soient automatiques, et c’est pour ça que moi, si je te vends mes parts automatiquement dans le SPV, je sais que c’est toi parce que tu as KYC, et du coup, tu prends ma place automatiquement dans la captable. Donc ça, c’est purement Web 3, mais en fait, de l’extérieur, ça se voit même pas. Et effectivement, au début, on avait fait des passes NFT avec des cartes qui… ding… mais ça fait trop sens. Mais mais par contre, vous utilisez bien une blockchain du coup pour la captable ? La captable, ou c’est quoi la blockchain ? Enfin, si vous utilisez une technologie quoi ? Non, c’est une… notre blockchain, tu vois, qui a été codée par nos devs. C’est-à-dire que en en… BL… qui aurait peut-être pu être… C’est en gros blockchain, les gens imaginent tout de suite, tu vois, cryptomonnaie et tout, mais en fait, blockchain, c’est une technologie qui te permet de d’assurer la la la la… le nom de la personne qui est d’un côté comme de l’autre. C’est-à-dire que moi, quand je te vends mes actions, je sais que c’est toi, et du coup, la captable est automatiquement mise à jour avec ton identité parce qu’elle a été validée parce que tu as fait un KYC, un Know Your Customer, c’est-à-dire tu as montré ta tronche avec la carte d’identité, tu as montré où tu habitais, et donc nous, juridiquement, ça vaut transaction SERFA. Et c’est ça… c’est ça que je… l’ai demandé : comment tu fais le SERFA au niveau du juridique ? Tout ça est automatisé, et donc le SERFA s’envoie au greffe du tribunal aussi, tout est fait automatiquement, et comme ça, tu as pas besoin d’envoyer au tribunal. Donc c’est nous qui, une fois par an, déclarons avec un commissaire aux comptes qui est dans la société, et on peut montrer le registre de titres qui est automatiquement mis à jour. C’est trop stylé.
Et moi, ce que j’aime bien aussi chez vous, c’est le côté Discord. Quand il y a un nouveau projet, par exemple sur l’intelligence artificielle, tu peux aller sur le channel intelligence artificielle de Blast Club, demander à tous les experts qui sont dedans qu’est-ce qu’ils en pensent, challenger. Et du coup, tu as… parce que souvent quand tu investis, tu es tout seul chez toi, tu prends ta décision tout seul, et moi, j’aime bien toujours avoir deux trois experts dans le domaine avant d’investir dans un truc. Je trouve que ça, c’est votre grande force aussi, le côté communautaire. Euh, tout le monde peut avoir accès au Discord, ou faut être membre ? Faut être membre pour avoir accès au canal privé, mais tu as un canal général qui est non-membre, où là, pour le coup, il y a beaucoup de beaucoup de monde, et il pose des questions, et ce qui est ouf, c’est que c’est nos membres qui répondent, tu vois. C’est un truc comme en mode Reddit quoi, tu vois. C’est… mais la force de la communauté, c’est ce qui est plus puissant en réalité. Incroyable, c’est fou. Et c’est pour ça que tu as 20 000 membres, en fait, tu es un énorme fond, quoi ! Énorme. Les gens se rendent pas compte. Et il y a des concurrents qui ont essayé de le faire. Alors 20 000 personnes, c’est pas énorme, en plus, c’est pas du tout compliqué à atteindre, c’est… c’est pas des business… Toi, tu connais les… moi, chez Feed, pour vendre des barres, il fallait que j’en vende des dizaines de milliers de clients chaque année, que j’en trouve… c’est une galère en acquisition. Alors… user… tu es milliardaire, je pense ? Ouais, là, ouais. Avis ? Ouais, ou ça va très vite, c’est… c’est vraiment violent. Et et et donc en fait, ce qui est fou, c’est que on a des barrières à l’entrée qui sont énormes, contrairement à ce que beaucoup de VC me disent. Anthony, n’importe qui peut copier-coller ton modèle. Il y en a qui ont essayé, mais la réalité, c’est qu’il faut… de la visibilité, parce que nous, on paye zéro en marketing, zéro marketing. Donc c’est quand même incroyable. C’est ce que Ran me disait avant, ta collègue… vous… c’est dingue, vous avez zéro marketing, ça n’existe pas comme modèle, ça… zéro marketing, ça n’existe pas. Donc en fait, c’est tout est gratuit, et c’est pour ça que, en vrai, il y en a beaucoup qui disent : le plus important, c’est le repeat, le plus important, c’est le repeat. Quand l’acquisition coûte cher… nous, en réalité, un new customer, il coûte pas plus cher qu’un repeater, donc on peut se permettre en plus d’avoir un churn qui est assez fort sans être, tu vois, impacté par… pour nos cohortes. Et puis le le… donc ouais, je disais la visibilité, la notoriété, première première barrière à l’entrée, le deal flow, faut quand même avoir un sacré deal flow et être très connecté, avoir son réseau pour recevoir des… pour faire 100 millions par an, et puis le règlementaire : avant d’avoir ton agrément PSSP, d’avoir ton agrément pour faire un fond d’investissement, d’avoir ton agrément pour faire un marché secondaire… accroche-toi, parce qu’il te faut des personnes, faut un million sur les comptes. Nous, on est 25, c’est… c’est costaud, et on a fait un vrai recrutement d’exécution, de bourrin, parce qu’on a déjà fait les erreurs.
Donc vous avez… ouais, vous avez le… j’ai l’impression que tu as créé le business parfait quand je te parle, j’essaie de trouver les limites depuis tout à l’heure, je dirais que j’essaie d’en trouver pour faire l’exercice viable… le seul… la seule limite que je dirais, c’est peut-être qu’il y a pas assez de dossiers qualitatifs sur le marché, et qu’en fait, le marché te limite. Mais exactement ça, ça… après, tu vois, on peut investir en Europe avec notre agrément, c’est ce que je… c’est ce que je… ah, c’est… eur… l’agrément européen, et donc du coup, on commence par la France pour que ce soit facile à comprendre, mais on a déjà fait deux dossiers en anglais, et tu vois, tu peux investir à l’étranger. Donc avant d’avoir asséché le marché européen… ou si tu… on a mis un principe de commission en place quand quelqu’un nous trouve un dossier qu’on avait pas spoté, on lui reverse 0,75 % du montant levé. Donc quand tu as des dossiers, toi, typiquement, tu me l’envoies juste, tu fais une intro par mail, tu me dis : Anto, je te présente un tel. Si on fait le deal, tu as 0,75 %. Et comme on fait des deals jusqu’à 5 millions ou plus, bah tu vois, tu peux vite prendre des billets. C’est… moi, je suis bien en place dans le l’écosystème, beaucoup de dossiers, tu vois, évidemment. Euh, ça me fait une bonne transition sur ton personal branding, parce que aujourd’hui, grâce à ton personal branding, tu arrives à avoir un un un un business où tu as pas besoin de marketing. Du coup, tu arrives à faire beaucoup d’organique grâce aux réseaux sociaux. Est-ce que tu aurais des conseils à nous partager ? Est-ce que tu penses que on peut faire une grosse boîte aujourd’hui sans un CEO qui fait du personal branding ou pas ? Je pense que c’est possible, parce qu’il y a toujours des contre-exemples, mais je dirais que c’est quand même beaucoup plus rapide quand tu as de la visibilité, à la fois pour lever des fonds parce que les gens te connaissent, à la fois pour avoir des clients, à la fois pour engager tes équipes et recruter. Enfin, tu vois, il y a 10 000 exemples… quand tu vas à la banque, te connait… enfin, bon bref, il y a 10 000 exemples qui montrent que quand même… la… moi, je vois… c’est des délires perso, mais quand tu veux une table au resto, bah tu as beaucoup plus vite une table au resto quand… enfin, tu vois, tout est simplifié. Et et donc quelqu’un qui arrive à raconter une histoire et à engager, à déclencher une émotion autour de lui, ça le facilite, ça lui facilite le lancement. Je vois comme j’ai commencé Feed, comme j’ai galéré… si j’avais pas levé tout cet argent, j’aurais jamais pu réussir. D’ailleurs, tous mes concurrents qui ont pas réussi à lever, ils sont morts au bout d’un an ou deux ans. Euh, Blast, j’ai besoin de personne, et je dis : on fait des millions d’euros de bid dès la première année. Mais les gens se rendent pas compte aussi que… tu vois, parce que tu peux être déçu aussi pour euh le personal branding… tous les gens qui font du personal branding, on peut vite se dire : c’est le guignol qui fait le pit sur les plateaux télé, les médias, et cetera. Mais c’est bien aussi de rentrer dans le détail, de montrer que derrière, il y a un gros impact business, et que la majorité des gens qui font ça ne le feraient pas si ça leur permettait… ça leur permettait pas derrière d’avoir zéro en marketing et de sortir un gros zbid sur leur boîte, tu vois. Et beaucoup de gens ont du mal à comprendre ça. Toi, tu es bon exemple, tu pourrais nous montrer vraiment combien ça pourrait te faire gagner. En fait, ça peut te faire gagner des dizaines de millions d’euros, en fait, ton personal branding, dans les chiffres infinis, parce que tu dépenses zéro en marketing, du coup, tu génères encore plus d’argent avec ton business, tu as accès à plus de dossiers, tout ce que ça crée… c’est… ça te permet de gagner beaucoup aujourd’hui quoi. Ouais, c’est… c’est énorme, les gens se rendent pas compte. Le le le… tu vois, c’est les chiffres que ça déclenche… faites le calcul de 3500 adhésions déjà qui sont vendues, tu vois, c’est 100 millions d’euros de chiffre d’affaires… tué… la première année sans marketing… ça… sans marketing ? Vous avez jamais fait de paid ? Jamais fait de paid ? On a fait… je demandais pourquoi vous en faites pas, parce que je me dis : vous avez un peu de budget maintenant, vous devez peut-être en faire un peu quoi… Comme on a déjà trop de membres, tu vois, c’est ça qui est fou avec le business, c’est comme… on a déjà trop de membres, ça nous sert à rien de faire du paid, parce qu’en fait, on refuse des gens. C’est dire que nous, tous les jours, il y a des gens qui nous disent : est-ce que je peux venir ? On fait des comités, on est désolés, pour le moment, c’est pas possible… faut… on peut pas payer parce que on a pas besoin de plus de visibilité, parce qu’on a pas besoin de plus de clients. Donc en réalité, c’est fou, c’est un cercle vertueux, et les gens ne réalisent pas la différence entre Feed et Blast. Je pense être un des meilleurs exemples entre… au début, j’étais inconnu, Feed, personne me connaissait, et maintenant Blast, on a de la visibilité… avec qui veut être mon associé, avec les livres, avec les… enfin, moi, je l’ai vécu de l’intérieur, vous ne réalisez pas la différence. Donc il y a toujours les haters qui vont dire : c’est pour l’ego, c’est pour… si moi, j’en ai rien à… la preuve, j’avais même pas de Facebook et d’Instagram jusqu’en 2020. C’est là… tu regardes mes postes sur machin… je crois que c’est même 202… Moi, c’est pareil que toi, encore un point commun là-dessus. Non, mais tu vois, et toi, c’est pareil, je vois que tu crées du contenu, je vois que tu es présent, il y a pas de secret, ce que tu draines comme contenu, bah les gens vont se dire : ah, j’ai bien aimé ce qu’il dit, ben, vas-y, je cherche une agence, bah je vais le prendre à lui, tu vois, normal. Et et c’est… et donc les gens qui critiquent… et n’ayez pas peur surtout de faire du contenu, par rapport à l’image que vous allez renvoyer, les gens, dans tous les cas, vous jugeront quoi que tu fasses. Et la meilleure manière de se venger, c’est de réussir. Et quand tu as réussi, bon, ils continueront quand même à jacter, mais au fond d’eux, dans leur lit le soir, ils diront : [ __ ] l’enfoiré ! Mais j’aime bien ce conseil-là, de se dire de pas avoir peur de d’incarner ce qu’on est, c’est-à-dire que il y a pas de modèle de réussite, c’est-à-dire que tu peux être très doux, plutôt tempéré… enfin, il y a pas de bon modèle, en fait, faut juste être soi, quoi, rester authentique. Et dans tous les cas, tu auras autant de gens qui t’aiment pas quoi que tu sois, ça divisera tout autant. Donc euh… et il faut que les… en fait, les gens, je pense, et ça, c’est à cause du monde politique où il y a que des menteurs… euh, gros… où il y a beaucoup de menteurs, on va dire, parce qu’il faut pas mettre tout le monde dans le même sac… on arrive à détecter le fake. Et donc en fait, quand tu fais du storytelling et que toute la journée tu te prends en vidéo ou que tu es suivi, tu peux pas le le le le… tu peux pas faire semblant. Tu vois, typiquement, là, on se parle tous les deux, tu vois, j’ai aucune note, j’ai rien préparé, je t’ai pas demandé les questions en avance, j’ai juste à être moi-même. Et donc en fait, ce qui est génial, c’est que avec Arian qui nous crée du contenu toute la journée, on a juste à filmer le quotidien, et et et au moins les gens qui t’aiment pour ce que tu es, ils t’aiment vraiment, et ceux qui te détestent, ils disent : bah ouais, je déteste ce mec pour telle ou telle raison, et et et en fait, j’ai pas tort, j’ai pas… ils suivront sûrement quelqu’un d’autre. Et Justin, tu vois, chez qui je suis investisseur, qui fait Respirer, c’est un autre personnage, c’est Nana qui est gentille, adorable, qui aime raconter quand tu as fait des marathons, qui parle de sa famille, alors que moi, tu vois, ça me viendrait jamais à l’idée, et on a deux discours complètement différents, mais chacun engage sa communauté. Il y a pas de recette de storytelling, faut juste être soi-même.
Il y a un petit message que j’avais vu passer de toi sur sur LinkedIn, et que moi, je parle beaucoup autour de moi, je dis toujours autour de moi : le meilleur compliment qu’on puisse vous faire, c’est que vous êtes bizarre. Que si on dit pas que tu es bizarre, ça veut dire que tu es comme tout le monde, c’est que ça va pas du tout. Si tu es bizarre, c’est que justement tu es toi-même et que tu es en train de réussir. Et et qu’est-ce que tu penses de ça, de du fait d’être clivant par rapport à suivre, un être conforme un petit peu aux autres ? Est-ce que tu pourrais dire un mot là-dessus ? Je pense qu’il faut être qui vous êtes réellement, ne pas rentrer dans le moule de la société, parce qu’il y a rien de pire que la nor… normalité. J’ai toujours eu peur de la normalité, et c’est pour ça que j’étais jamais amis avec des gens normaux. Quand je faisais comme les autres et que j’étais en boîte de nuit, que je voyais 500 personnes, je me disais : mais qu’est-ce que je fous là ? Tout le monde a les bras en l’air au même moment… enfin, tu vois, j’ai toujours été gêné par la normalité. Par exemple, faire mes courses, c’est quelque chose qui m’angoisse au plus haut point. C’est quand je vois des gens faire la queue, et déjà, à 8 ans, ça me faisait cette impression… quand je vois les gens faire la queue pour aller manger, je dis : mais [ __ ] ! Mais tout le monde fait la même chose, on est des fourmis, tu vois. Et donc en fait, faut être ce que vous êtes, et c’est ce qui vous démarquera de la masse, par définition. Si vous êtes dans la masse, vous êtes dans la normalité, vous êtes dans la moyenne, ça va être très dur de vous démarquer puisque vous faites comme les autres. Et donc vous avez peur de jouer sur vos points différenciants, alors qu’en réalité, un entrepreneur, c’est quelqu’un qui va prendre ses spécificités, quasiment génétiques, j’ai envie de dire, tu vois, parce qu’il y a beaucoup d’inné dans ce qu’on va faire au quotidien, et qui va l’utiliser à bon escient. Et donc si vous travaillez beaucoup, les gens vont dire que vous êtes bizarre. Si vous faites beaucoup de réseaux sociaux, ils vont dire que vous êtes bizarre. Euh, si vous avez des idées loufoques tout le temps, ils vont dire que vous êtes bizarre. Quoi que tu fasses, tu es bizarre. Moi, aujourd’hui, j’ai… tu es bizarre, tu as de l’argent, tu continues à travailler. Et puis si j’arrêtais, ils diront : tu es bizarre parce que tu kiffes machin… enfin, il y aura toujours du jugement, donc soyez vous-même. Tu penses, c’est quoi le meilleur moyen d’exceller ? C’est de renforcer sa zone de confort, là où tu es vraiment bon, ou plutôt aller travailler la zone d’effort, là où tu as des choses à travailler ? Je pense qu’il faut sortir de sa zone de confort, mais jouer sur ses forces. C’est-à-dire que c’est plus dans le lifestyle et dans le quotidien que tu dois sortir de de ta zone de confort. Si, par exemple, tu arrives pas à trouver de business qu’à Paris, tu es pas heureux, mais pars, voyage… tu vois, le monde est grand, aujourd’hui, ça a jamais été aussi peu cher de faire le tour du monde, de voyager, rencontre des gens, tu vas absorber des idées, tu vas observer ce qui marche ailleurs, tu vas pouvoir le ramener en France. Mais par contre, faut jouer sur ses compétences clés. Typiquement, moi, je suis une bille en Excel et compagnie, je vais pas m’amuser à prendre des cours, et mon cofondateur, il est très bon là-dedans, et on paye un CFO qui le fera bien. Moi, je vais me concentrer sur la communication, trouver les bonnes start-up, tu vois, réussir à déclencher de l’émotion, et et chacun après va venir…
Compléter mon profil : je pense qu’un bon entrepreneur, et je suis persuadé que tu me rejoins là-dessus, c’est quelqu’un qui sait bien s’entourer. Et c’est quelqu’un qui va trouver les bonnes personnes autour de lui, à qui il peut déléguer sans être obligé de tout vérifier, et en qui il a confiance. Tu vois, le côté fidèle, loyal, bah c’est ça un entrepreneur, je crois grave là-dedans.
D’ailleurs, dans mon histoire, très jeune, j’ai vu des entrepreneurs qui étaient plus âgés que moi, que je trouvais pas très bons, et je me disais : « Mais comment ils réussissent autant, ces mecs ? » Et très vite, j’ai compris qu’en fait, c’étaient des mecs qui savaient très bien s’entourer, mais ils étaient pas forcément, tu vois, je les trouvais pas très talentueux. Mais c’est le SK numéro un, dirait-on.
À quel moment tu as lancé Blast Club ? Je me demande est-ce que tu as eu l’idée avant de faire « Qui veut être mon associé ? », et vraiment d’avoir une forte notoriété, ou c’est pendant que ta notoriété a grandi que tu t’es dit : « Je vais pouvoir surfer sur cette notoriété-là pour créer Blast Club ? » Parce que finalement, Blast Club, c’est la suite logique de ton succès personnel. Je pense que sans ta notoriété, tu créais pas Blast Club. C’est incroyable, c’est à quel point Blast est la conclusion logique de mon parcours.
Dire que j’ai commencé avec Feed, où j’ai fait une start-up, j’ai levé plein d’argent, j’ai fait des cash-out. Et donc j’avais, à un moment, j’avais pris des millions en cash-out. Et donc j’avais utilisé une loi fiscale en France, ça s’appelle le remploi, qui te permet, si tu réinvestis 50 % (à l’époque c’était 50 %, maintenant c’est 60 %) de ta plus-value, tu ne payes pas d’impôts. Et donc j’ai dû réinvestir très vite plein d’argent dans les start-ups. Et donc pour gagner les tours de table face à mes concurrents, ce que je faisais, c’est que je regroupait des potes autour de moi, et on mettait 500 000 € ensemble. Et donc on mettait 50 000 € chacun, 100 000 € chacun. Et j’ai créé des clubs deal, des clubs deal, et j’ai eu des followers qui se sont joints, des mecs qui avaient gagné le Roland Garros, des mecs de l’équipe de France de foot, enfin tu vois ça ? J’avais une vraie équipe autour de moi, et ça me permettait d’aller très vite. Et quand je parlais aux fondateurs, je disais : « Ben tiens, tu sais quoi ? Tu veux un million ? Je te le fais demain. Voilà, term sheet. » Et du coup, on gagnait tous les deals. OK.
Et à un moment, quand j’ai fait Kev Adams, la première saison, j’ai reçu une tonne de messages sur les réseaux où les gens disaient : « Mais moi, j’aimerais investir avec toi, est-ce que tu peux me faire rentrer ? » Et je disais : « Tu veux mettre combien ? » Il me disait : « 1000 € ». Il disait : « Mais merde, je peux pas, en fait, désolé. » Et quand j’ai vu qu’on me demandait, mais c’était un truc de fou, tu vois, tous les jours, je me suis dit : « Attends, comment je pourrais faire pour que tout le monde puisse investir avec moi ? » Et l’idée, à part de ça, en fait, c’est ouf. Donc ça vient bien de « Qui veut être mon associé ? », où tu as reçu tellement de demandes. Là, c’est… je pense que les meilleurs business partent souvent d’un besoin, c’est plutôt que de créer un truc que tu imagines. Faut partir du besoin de marché, quoi. Le besoin, il vient à toi, tu crées une réponse à un marché. C’est des réponses assez simples, en fait. Et c’est là vraiment… et toi, tu vas comprendre de quoi je parle, parce que tu connais l’acquisition et compagnie. J’étais dans un scénario avec Feed où je devais me battre pour convaincre que mon produit était bien. Donc je devais convaincre le client d’acheter ma barre, alors que là, c’est le client qui doit me convaincre de l’accepter dans mon club. Et il y en a, il me disent : « C’est pas vrai ! Je te propose d’acheter un pass Diamond à 10 000 €, tu veux pas ? » 10 000 €, je dis : « Non, je peux pas, je suis désolé. » Tu imagines la force du truc ? Le mec, il dit : « Je veux te donner 10 000 € », tu dis : « Non, désolé. » Je… ça fait…
Une question : est-ce qu’il y a, tu penses que demain peut y avoir un marché secondaire sur tes tickets, où le ticket appartient à quelqu’un ? Parce que, par exemple, moi, je veux venir investir chez toi à 2000 €, mais j’ai pas accès au club. Je trouve un mec qui a un ticket, donc c’est 1000 € l’inscription à l’année, que je lui achète pour 2000 € pour avoir accès au dossier. Je pense que c’est possible que ça arrive ça, où le ticket est… ouais… Voilà. Non, mais on l’a pensé comme ça au début, avec le NFT, on s’était dit : « Tu vas pouvoir revendre ton NFT. » Parce que tu vois, c’était le principe de revendre un… un… un token qui avait une utilité, tu vois. C’était un token qui était pas juste une image, c’est un token qui te donnait accès à des événements, et cetera. Et comme on est passé Web 2, on l’a pas fait, parce que c’est une galère technologique. Mais si un jour on passe Web 3, c’est parfaitement envisageable de dire : « Sur le second marché, euh, OpenSea ou peu importe, tu peux vendre ton NFT Blast. » Pour dire : « Sur mon NFT, il me reste 40000 € à investir, c’est introuvable en ce moment parce que les portes sont fermées, bah je te le vends x. » OK. Trop bien. Parce que… non, parce que ça me fait penser à ça, et c’est vrai que… donc du coup, le futur de Blast, c’est peut-être demain, de partir un peu plus sur du Web 3. En fait, tout ce que tu fais répond au code du Web 3, quoi. Il a un côté… le meilleur des deux mondes, tu vois. C’est ça que le Web 3, en fait, répond à toutes tes problématiques d’accès. Le seul problème du Web 3 à mon sens aujourd’hui, c’est la complexité, et au-delà de l’image aussi. Et c’est pour ça qu’on a… on s’est ravisé au dernier moment. C’est un… la complexité, parce qu’aujourd’hui, créer un MetaMask pour nous, ça nous paraît simple, mais en fait, Madame Michu à Jonzac, c’est pas… va voir un renard sur son truc : « C’est quoi ce bordel ? » Et… et… et deux, ça commençait à buzzer sévère dans l’écosystème. Donc en fait, comme on parlait de finance, on s’est dit : « Ouais, les gens, ils vont avoir peur. » Je trouve que vous avez été super smart, parce que si vous vous étiez pas revenu sur cette idée-là, en fait, ça aurait pu causer l’échec de Blast, je pense. Parce qu’en fait, le côté image, le côté personne FTX, tout en fait… tu aurais pu… en fait, c’est dingue. Et au dernier moment, vous êtes reparti sur Web 2, vous avez tout développé en Web 3… last minute, quoi. Last minute. Et je trouve que c’est un move super smart pour le coup, ça… parce que ouais, il y a une part de chance, une part d’observation, et tu sais, les start-ups, c’est quoi ? C’est de l’agilité. Mais là, à ce choix-là, à mon avis, tu faisais pas autant d’inscriptions. À mon avis, sur tes 3500 membres, tu vas leur demander combien un MetaMask… il y en a peut-être que 20. Ouais, je pense, ou peut-être 10. Ouais. Non, mais c’est sûr. Et c’est pour ça, quand on leur a parlé au téléphone, on a vu que c’était vraiment un sondage qui était tellement unilatéral qu’on s’est dit : « Bon, vas-y, on va pas essayer. » On avait fait des tutos et tout, mais en fait… je l’ai fait, c’est marrant, avec Guy Stéphan. Tu connais le… le mec de l’équipe de France, qui est le bras droit de Didier Deschamps ? On investissait beaucoup ensemble avant Blast, et il est membre de Blast Club maintenant. Et un jour, on a fait un investissement dans… dans… dans un truc crypto, et je lui avais fait un tuto pour aller sur MetaMask, il a pas réussi. Il est venu dans mes bureaux, c’est moi qui lui ai fait… Il est venu avec son fils, d’ailleurs, Guillaume, et cetera. Et c’était la meilleure preuve pour moi que même quelqu’un qui est smart, parce que franchement, il percute et il arrive bien à jauger les fondateurs, même si tu lui fais un tuto, ça fait trop peur. Et on a tous perdu… moi, j’ai perdu des sommes en blockchain, parce que je m’étais gouré de truc, je l’envoyais à un mauvais wallet, enfin tu vois. Et… et donc j’avais pas envie que les membres, déjà qui prenaient un risque en investissant en start-up, et que tu es dans une zone de crainte parce que c’est nouveau, ils se disent : « Attends, en plus, faut faire un truc, faut le transformer en crypto, mais en dollars, en fait, c’est le… » Tu vois, c’est trop compliqué. Ça… vous avez… vous avez bien fait, je pense, de vous raviser là-dessus.
Et alors, j’ai vu qu’il y avait… tu t’étais associé avec Éric Larchevêque. J’ai essayé de comprendre : en fait, tu fais rentrer des associés dans Blast Club, ou c’est plus des advisors ? Comment ça se passe ? En fait, c’est ce qu’on appelle nous des experts sectoriels. Donc il a pas de capital en tant que tel du projet, mais par contre, il vient apporter une expertise sur une verticale très précise, à savoir lui le hardware, le Web 3, crypto, et cetera, puisque on le répète, c’est le fondateur de Ledger, hein. Donc énorme licorne. Ce sont des clés pour sécuriser tes… ton patrimoine crypto. Et donc lui, il nous apporte des deals que moi j’ai pas forcément en portefeuille, parce que bah les gens vont lui envoyer des trucs très très hardware, très techniques. Il va nous les présenter, si nous on aime le projet, qu’on lui dit : « Go ! » Il va le présenter aux membres du club, il va investir lui aussi son argent, il va avoir un carry, on va faire un partage de carry pour qu’il soit motivé à rester au bord de la start-up et qu’il l’accompagne. Donc si tu veux, pour les membres, la promesse elle est encore plus folle qu’au début. Au début, j’avais dit : « Investissez au côté d’Anthony Bourbon. » Maintenant, c’est : « Investissez au côté d’Anthony Bourbon et son réseau hyper pointu. » Donc on a, tu vois, Éric, on a Jonathan qui va arriver en growth pour le SaaS, on a Thomas Robillot pour le marketplace, on a Thomas Baptistini pour la fintech, on va avoir Louis Martin pour le DNVB, tout ce qui est consommateurs. Et donc ce sont des gens qui apportent leurs dossiers, leurs compétences. Et donc quand on fait des lives, on a des KOL, des opinion leaders, qui viennent en plus des fondateurs, dire : « Voilà pourquoi moi j’y crois. » Et tu imagines ? Donc c’est pas juste moi qui crois, c’est des KOL, des experts, et ça… donc ils sélectionnent le dossier, ils investissent dans le dossier, ils accompagnent le dossier derrière, et ils touchent un carry aussi. Euh, ça, tu communiques dessus ou pas, sur le carry ? Ouais, ils savent, ils savent qu’on touche un carry. Vous touchez 20 % Blast Club, eux ils prennent une partie ? Ouais, ils prennent une partie de ces 20 %. Donc c’est pas on top, tu vois, c’est pas… Et c’est le même pour tout le monde, ou ça varie selon les dossiers ? Non, c’est le même pour tout le monde. Alors non, il y a une différence : est-ce qu’ils apportent le dossier, ou est-ce que nous on apporte le dossier ? Donc typiquement, si eux nous apportent le dossier et qu’ils suivent, ils ont un plus gros carry que si nous on trouve un dossier hardware que je dis : « Éric, regarde, j’ai trouvé ça, qu’est-ce que tu en penses ? » « Ah, je kiffe, je veux le faire. » Donc là, le carry est plus petit. Donc tu vois, en fait, ça les oblige à nous ramener des bons dossiers et à les accompagner au board. Donc franchement, pour le membre, c’est incroyable, parce qu’il a différentes expertises et ça se complète. C’est-à-dire que moi tout seul dans mon coin, les gens… il pouvaient critiquer. Après, il y a eu Éric Larchevêque, tu vois, lui il met la veste le dimanche de campagne, il a un petit col roulé, c’est rassurant. Et puis après tu as Angelov, et puis après tu as Robillot, et puis… donc voilà, ce… c’est qu’ils sont incités, en fait. Tu as des spécialistes par verticale, et puis ils sont incités pour que le dossier marche, la réussite.
Et alors tu disais que n’importe qui pouvait apporter un dossier à Blast Club. Comment on fait pour t’apporter un dossier, et qu’est-ce qu’on peut toucher ? Parce que tu as peut-être justement quelqu’un, je sais pas, qui habite à Bordeaux par exemple, ou en province, ailleurs, qui veut apporter un dossier. Il pourra toucher un pourcentage, comment ça se passe ? Il faut qu’il nous écrive à deck@blast.club. Donc deck@blast.club. Et toi, tu peux m’écrire en direct évidemment, tu vois, mais bon, quelqu’un qui me connaît pas, qui a pas mon mail, deck@blast.club, il nous envoie… il nous dit : « Start-up. » Et on lui donne 0,75 % du montant levé. C’est-à-dire que si on lève 1 million, il prend 0,75 % de 1 million. Si on lève 5 millions, il prend 0,75 % de 5 millions. Et ça va… donc là, c’est pas un carry, il prend une commission du montant levé, upfront du cash. Il prend upfront du cash, parce qu’en fait on s’est dit : « Carry, c’est trop long, c’est pas hyper motivant. » Là, tu dis à la personne : « Tu peux prendre 50 000 €, 70 000 €. » Je peux te dire que nous on a des apporteurs d’affaires qui ont déjà pris 100 000 €, 150 000 €, qui nous envoient les dossiers, hein. Mais c’est énorme, parce que on va dire… pour 1 %, 1 % de 1 million, ça fait 10 000 €. Ouais, 10 000 €. Donc 1 % de 5 millions… et tu as juste fait un… as fait un mail… tu as fait un mail. Et… et nous on est très content. Il y en a qui vont dire : « C’est cher. » Mais nous on s’en fout. Moi, je suis très content de donner 30 000 € si on lève 5 millions à une boîte, c’est qu’elle cartonne et qu’on peut prendre une tonne dessus. C’est un modèle d’apporteur d’affaires qui est assez inédit, et que les fonds peuvent pas faire, parce qu’il gagne pas upfront, et nous c’est génial.
Quel conseil tu pourrais donner aux entrepreneurs qui nous regardent pour faire du personal branding ? Ça serait quoi les… est-ce que tu penses que ça vaut le coup de travailler sur son… sur son why, un petit peu, sur… sur un petit peu sa plateforme de marque avant de se lancer ? Voilà, est-ce que tu aurais des conseils pour se lancer ? Ouais, j’ai un conseil qui est clé à mon avis, c’est : avant de vouloir parler au monde, il faut apprendre à se connaître. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup trop de gens qui se lancent dans les réseaux sans être authentiques, et qui vont un peu se travestir, parce qu’ils vont trouver stylé de raconter qu’ils ont de l’argent, de raconter… alors que c’est peut-être pas une réalité. C’est… il faut pas avoir honte de parler de ses failles. Et en fait, trop souvent, les gens veulent donner une image qui est trop reluisante, ou exagérée, ou trop positive. De même, donc je pense que la bonne chose à faire, c’est poser sur un papier : « Quelle est ma mission de vie ? Pourquoi je me lève le matin ? Quel est mon combat ? » Tu vois, on a tous un combat qui est super important. Et une fois que tu as trouvé ce combat, et que tu as fixé les valeurs pour le mener… les valeurs, ça assez simple à faire, c’est : tu vas voir des gens que tu connais, les plus proches, tu vois, peut-être les 10 personnes qui te connaissent le mieux, et tu leur dis : « Quels sont les quatre mots qui te viennent en tête quand tu penses à moi pour me décrire quand je suis pas dans la pièce ? » Parce que sinon, ils vont dire euh… des trucs trop positifs, tu vois, euh… mais il y a des… des… des mots qui peuvent sembler négatifs qui en fait sont positifs. Moi, typiquement, j’ai l’impression que tu as le même profil. Il y a des gens qui disent : « Toi, tu es obsessionnel. » Mais moi, je trouve ça positif. Obsessionnel, je le tourne en mode déterminé, ambitieux, résilient. Et donc ça, c’est une de mes valeurs. Après, je vais être passionné. Donc passionné, ça veut dire que quand quelque chose me plaît, je peux tout lire dessus, regarder toutes les vidéos, je vais adorer. Après, les gens vont dire : « Je suis très travailleur. » Ils vont dire que je suis… et donc bref, tu trouves tes valeurs, et ça te permet de savoir qui tu es, et de répondre très vite aux questions que tu peux te poser quand tu vas faire ton business ou tes postes de réseaux sociaux. Quand tu hésites à faire un post, tu te dis : « Est-ce que c’est moi ? » Moi, par exemple, tu vois, je suis pas dans l’humour, pourtant je pense que je suis drôle en privé, mais les gens, tu leur demandes quel est le mot qui caractérise… ils vont pas penser à rigolo en premier. Ça veut pas dire que je ne le suis pas, mais ça veut dire qu’avant rigolo, il y a déterminé, guerrier, je sais pas quoi, tu vois, d’autres mots qui me caractérisent. Bon, je vais pas faire de l’humour, je vais traiter les posts avec ce combat, avec cette énergie. Donc apprendre à se connaître, s’allonger, demander autour de vous : « Qui êtes-vous vraiment ? » Et après, ben tu t’appliques ces… ces… ces… ces mots clés à l’actualité que tu vas traiter, évidemment en lien avec ton business. C’est-à-dire que les likes ne payent pas tes factures. Il faut que tu utilises les réseaux comme un levier, pas pour la fame, on s’en fout d’avoir des followers. Moi, je n’ai rien à… tu vois, de toucher je sais pas combien de personnes. Je le fais parce que : un, je considère que c’est un message positif pour… pour la jeunesse ou les gens qui nous écoutent, et deux, parce que ça nous ramène du business, point barre.
Au niveau de ton image, est-ce que ça a été difficile à certains moments ? Est-ce que tu as déjà eu des haters, ou tu as toujours fait abstraction de ça ? C’est que le regard des autres, concrètement, tu t’en tapes, ou il y a eu des moments où tu as eu des vagues où tu t’es fait critiquer sur certains sujets, ou vraiment tu es toujours passé au-dessus ? Vraiment, j’ai la chance que ça me touche pas du tout, mais je… ça c’est une grande force, je pense. Ouais, mais je… parce qu’en fait, j’ai tellement galéré, et j’ai tellement été jugé quand j’étais jeune, tu vois, quand j’avais vraiment rien, j’étais jugé comme un clochard, quoi. C’est-à-dire que les… les… les gens à mon école me disaient : « Mais c’est qui ce mec ? Il a pas d’argent, il a rien. » J’étais jugé tellement fort pour des trucs factuels qu’aujourd’hui, être jugé pour des trucs faux, parce que la plupart du temps c’est tout est faux, tu vois, sur les réseaux : « Ah, ça a l’air d’être un connard, il a l’air prétentieux, ah je suis sûr que c’est un escroc, ah il est moche… » En… tu vois, des trucs qui ont… tu t’en fous, quoi. En fait, vraiment, ça a tellement aucune base que c’est… c’est vraiment pas important. Mais oui, tous les jours, et c’est Arian qui le voit encore plus que moi sur Twitter et compagnie, surtout quand tu es à la télé. La télé, c’est… tu vois, les réseaux, les gens sont sympas en fait au quotidien. J’ai très peu de critiques, au contraire, parce qu’on essaie vraiment de passer un message qui est positif. Par contre, dès que tu es à la télé, tu te fais mais défoncer, parce que tu touches la masse, et que quelque part c’est ça qui est fou. À la télé, il y a pas d’algo. Donc en fait, les gens qui me regardent sur les réseaux, c’est que l’algo a déjà compris qu’ils étaient sensibles à ce genre de contenu. Ils vont pas me pousser à quelqu’un d’extrême gauche qui dit que faut pas travailler, par exemple, tu vois. Non, il va me pousser à quelqu’un qui met des… des hashtags motivation, détermination, je sais pas quoi. À la télé, le problème c’est que tu as 2 500 000 personnes qui regardent la télé, ouais, et chacun à son délire, tu vois. Il y en a, ils sont de droite, de gauche, de… enfin. Et donc là forcément, tu le disais tout à l’heure, comme la politique, c’est impossible de rassembler, il y a pas l’algo. Et donc du coup, sur on va dire 3 millions de personnes qui regardent, tu as au moins un million de personnes qui vont pas t’aimer. Il défonce sur Twitter. Et ouais, mais ça doit pas être facile, parce que quand tu es à la télé, tu as aussi une posture qui n’est pas ce que tu es vraiment dans la vie. Et donc du coup, ça doit être compliqué d’être critiqué. Bah peut-être non, finalement, c’est plus simple, parce que tu es critiqué pour quelque chose que tu es pas forcément, tu vois. Il y a une… donc tu as raison, parce que la télé exagère tous les traits, et c’est monté. C’est-à-dire que moi chez Kev Adams, « Qui veut être mon associé ? », j’ai le rôle du jeune qui vient un peu, tu vois, secouer tout ça, en mode Mark Cuban, qui… qui va dire les vérités, et je vais dire une phrase de 30 secondes où je dis : « Bon, c’était pas terrible votre projet, c’est vraiment dommage parce que je pense que vous avez du potentiel. » On va dire : « C’était pas terrible votre projet. » Tu vois. Et c’est normal, c’est le jeu, même si honnêtement ils arrivent à… à bien retranscrire. Et dans tous les cas, moi je suis un profil clivant. Et donc quand je vois un mec qui est…
Nul, lui, en fait ? Tu es pété. Tu es pété, je te le dis, c’est un conseil : arrête, tu vas pas y arriver, tu perds du temps. Donc, et et et évidemment que tu surjoues aussi pour prendre de la place, prendre la parole, et les gens… et se trouve que c’est un compliment qui m’est fait assez régulièrement : « Tu es beaucoup plus sympa dans la vraie vie qu’à la télé. » Marrant, trouve tu ? Tu sais, c’est marrant, avant qu’on… on s’était jamais rencontré dans la vraie vie. Je disais à… à Rémi aujourd’hui, je lui dis : « Tu verras, souvent ce qui se passe dans la vie, quand on dit beaucoup de choses de quelqu’un qui passe sur les réseaux ou à la télé, c’est l’inverse en vrai. » Et je lui dis : « Tu verras, regarde moi, je le connais pas, tu connais pas non plus, tu verras, je suis sûr qu’Anthony Bonnot, c’est une crème, parce que souvent tu es… enfin, tu es l’inverse de ce qu’on peut penser de toi dans les médias, tu vois. » Et eu… et je trouve ça assez drôle. Et mais en tout cas, oui, il faut surpasser le regard des autres pour, de toute manière, exceller dans le… dans le personnel ending.
Il y a un dernier sujet que j’aimerais bien voir avec toi, c’est un sujet qui me tient personnellement à cœur, qui est un sujet… je sais pas si on peut dire politique ou pas. Je crois beaucoup dans le patriotisme économique. Moi aussi, j’ai envie, tu vois, d’être acteur, j’aime mon pays, tu vois. Quand la majorité de mes amis partent à l’étranger, moi je suis content de payer mes impôts en France et de rester en France. J’ai un peu cette volonté de… de, tu vois… d’être acteur quoi, d’être patriote pour mon pays. Je trouve qu’on a un problème, c’est qu’il y a pas de gros acteurs dans… dans… dans le… dans… dans la tech qui restent français. Souvent, ça finit… tu as les BATX en Asie, les GAFAM aux États-Unis, il y a pas de gros acteurs qui sortent en… en Europe. Est-ce que tu penses qu’il y aurait quelque chose à faire, toi aussi avec Blast Club, pour justement garder les belles pépites en France ? Parce que je dis toujours que voilà, il y a beaucoup d’entrepreneurs de la tech qui… qui cèdent au chant des sirènes. Et moi, tu vois, je pars toujours du principe que d’avoir 100 millions d’euros sur son compte ou 1 milliard, ça change rien. Moi, je préfère avoir 100 millions et être en France, et tu vois, être un patriote de mon pays, que d’avoir 1 milliard 900 millions de plus, mais d’être exilé et de plus aider mon pays qui m’a toujours aidé depuis que je suis jeune. Est-ce que tu as un avis par rapport à ça ?
Ouais, c’est un sujet très intéressant. Moi, j’ai toujours payé mes impôts en France et j’ai vraiment pas prévu, tu vois, d’aller à l’étranger pour deux raisons : une première égoïste et une deuxième qui a le twist. La première, c’est que la France, quand tu as voyagé un peu, tu réalises que c’est quand même cool, tu vois, que ce soit la qualité de vie, le climat, le confort… enfin tout… tu as quand même la sécurité, c’est quand même quelque chose d’intéressant. Et deux, pour le… le business effectivement, et l’altruisme, c’est… c’est… c’est quand même stylé le matin quand tu te lèves de dire : « J’ai un impact positif autour de moi. » Euh, les gens me connaissent et disent du bien de mon action, parce qu’au final, on est là quoi, 80 ans, 90 ans sur terre. Si tu peux réussir à déclencher des destins, si tu peux réussir à inspirer des gens, je trouve que ça fait du sens. Et tu l’as très bien dit en fait. OK, franchement, je trouve que… on est très taxé, et surtout qu’on est mal utilisé… que l’argent est mal utilisé en fait. Je trouve pas qu’on soit trop taxé, je trouve que c’est très mal utilisé, tu vois, c’est différent. Mais… mais ouais, faire ce que Xavier Niel fait en investissant dans tous les sens, je trouve ça trop cool. Et Blast, ça vocation a effectivement déployer beaucoup d’argent, et si on peut commencer à déployer 500 millions par an, dire qu’on peut financer des belles pépites… et tu vois, il y a pas besoin d’aller lever avec des Américains ou je sais pas quoi. Non, tu peux rester en France, tu peux montrer l’exemple, et je pense que la force du peuple est énorme. Et tu vois, il y a des nouvelles dispositions de loi fiscale 2024 qui viennent d’être sorties là, il y a 2 jours par le député Paul Midy qui avait fait un projet là-dessus pour diriger les parts des Français vers les start-ups. Et là, il défiscalise jusqu’à 50 % l’investissement start-up. C’est-à-dire que, en fonction des critères de la start-up que tu choisis, tu peux être défiscalisé entre 30 et 50 %. Tu avais déjà la loi Madelin à l’époque, mais c’était 10 000 € maximum. Là, maintenant, tu peux investir jusqu’à 150 000 balles et économiser une tonne d’impôts chaque année. Bah ça, je trouve, c’est intelligent qu’en France, on dise au particulier, plutôt que d’investir dans un livret A qui va vous rapporter la misère, mais participer à créer de l’emploi, participer à investir dans des verticales qui vous tiennent à cœur. Et je trouve ça incroyable que le… le particulier, le Français dans le sens noble du terme, puisse participer au développement économique de son pays.
C’est quoi les conditions pour accéder à cette loi en fait ? Les… c’est-à-dire qu’il faut investir dans une start-up à partir du 1er janvier 2024. Si tu investis dans une start-up, tu as la défiscalisation entre 30 et 50 %. Tu as des critères : c’est JIRS ou jeune entreprise innovante. Il faut qu’elle mette 5 % de son budget en R&D, qu’elle ait une croissance rapide, et en gros, c’est un tampon que l’État te donne. C’est des critères encore assez… il n’existe pas encore le label là… donc le label commence le 1er janvier. OK, donc le 1er janvier 2024, il y a un label, et toutes les start-up qui auront ce label… bah label là, pardon… quand tu investis dedans, tu es défiscalisé jusqu’à 150 000 €, jusqu’à… voilà… jusqu’à 150 000 € par… en gros, tu peux investir jusqu’à 150 000 € par start-up, et donc tu peux défiscaliser jusqu’à 75 000 € sur un investissement… sur… mais il y a pas de limite, tu as pas de limite. C’est fou, ce… c’est une dinguerie. C’est la première fois donc que j’entends parler de ça. Ça s’appelle comment alors ? C’était le projet Paul Midy, et là, c’est dans la loi de finances qui vient d’être passée en 2024. Exceptionnel ! Ah ben pour nous, c’est incroyable, je trouve ça dingue comme loi. Les… les… les membres, tu vois, quand on leur a dit déjà le… IRPME, ça s’appelait… c’était la loi Madelin, c’est-à-dire que tu pouvais défiscaliser… bon, jusqu’à 25 000 € d’investissement par tête, donc ça te faisait 10 000 €, je crois… non, tu pouvais investir jusqu’à 50 000 et c’était 20 %, donc tu pouvais éviter 10 000 € d’impôt. Moi, il me semblait que tu pouvais économiser… oui, 20 ou 25 000 à l’époque. Marrant. OK. 100… contre 50 %… donc tu mets 100 000 balles, tu économises 50 000 d’impôts. Ah, ça te pousse à investir en start-up quoi. Et puis si tu investis 1 million d’euros en start-up, que dans des start-ups avec le label, tu peux économiser 500 000 € d’impôt. C’est gros, c’est gros, c’est un énorme projet ce truc-là, ça va changer les choses.
J’étais en train de dire que le gouvernement en place était plutôt aligné avec tes convictions, parce que Macron a décidé de taxer justement l’immobilier pour favoriser l’investissement dans les start-ups. Et toi justement, qui justement décrit un petit peu le… le fait de… de vivre sur ses rentes immobilières… euh, moi j’étais un peu comme toi, je trouvais ça… je… je trouvais ça génial parce que du coup, ça immobilise de l’argent… tu as… tu as… tu as les gens qui sont en mode rentier et qui investissent pas forcément dans l’économie réelle qui crée de l’emploi. Donc finalement, le gouvernement en place, je trouvais qu’il était plutôt aligné avec tes convictions quand je t’écoutais parler. Euh, Macron, c’est vraiment celui qui a taxé l’immobilier avec l’IFI, je crois… tu… tu sais que c’est l’IFI pour que… ton investissement… tu es plus intérêt à investir dans une start-up que dans l’immobilier, tu vois. Il enlève l’ISF pour l’IFI… et vraiment, encore une fois, je vote blanc, donc c’est pas pour pousser Macron… mais tu votes blanc… mais c’est marrant, en réalité, au niveau de l’économie, je trouve que là, tout s’aligne avec ce que tu fais quoi. Non, mais pour les start-ups, nous, c’est vraiment nickel, parce qu’effectivement, la rente… c’est ça qui est injuste, c’est-à-dire que si tes parents… c’est comme le Monopoly. Tu joues au Monopoly, et… et en fait, tes parents ont gagné, ils ont mis des hôtels sur toutes les cases. Quelqu’un qui commence, qui n’a pas d’hôtel, il ne peut pas gagner, parce que… que partout où il va tomber, il va se faire défoncer. Et bien, je trouve que c’est injuste, et qu’à juste titre, il faut privilégier les gens qui créent de l’emploi. Et moi, j’irais même plus loin, je mettrai un impôt sur la méritocratie, c’est-à-dire qu’en gros, je te mettrai un barème en fonction de ce que tu apportes à la société. Typiquement, admettons, tu es riche, tu as hérité de beaucoup d’argent, mais tu continues à créer de l’emploi, tu crées des sociétés… ça me dérange pas que tu payes peu d’impôts parce que tu es en train de créer… d’apporter au pays. Par contre, si tu es riche, que tu es héritier et que tu fous rien… et j’en ai des potes comme ça qui sont en boîte de nuit tous les soirs et qu’ils se mettent des tables à 5000… bah eux, ça me dérange pas qu’ils se fassent défoncer au niveau des taxes, parce qu’en fait, ils ne créent plus de valeur pour le pays. Donc c’est même pas une question de : est-ce que tu es riche ou est-ce que tu es pauvre, c’est : qu’est-ce que tu apportes ? Et quelqu’un, tu sais, qui a pas beaucoup de moyens, mais qui essaie de lancer sa start-up, qui peut démontrer avec des critères qui seraient à définir que il essaie de… de se mettre de l’avant, qu’il essaie de créer… pareil, on le soutient, on l’aide. Et… et c’est vrai que Macron, pour ça, ils ont mis des mesures, ils ont sauvé un paquet de start-up, hein, parce que pendant le Covid, s’ils avaient pas mis de l’argent dispo avec la BPI, c’était un… c’était un carnage. Sans eux… même si là, on voit un peu les effets… je sais pas si on peut dire pervers ou pas… mais la deuxième vague des tests qui remontent, et de toute… tout un écosystème French Tech qui… qui devient plus compliqué… euh, c’est là qu’on peut dire que tu as pris les bonnes décisions avant que le marché se retourne. Aussi toi, avec Blast Club… euh, est-ce qu’il y a un sujet que tu penses qu’on a oublié ?
Ce serait… c’est quoi tes projets futurs là, dans… on va dire à moyen, long terme, tes projets personnels et pour Blast Club ? Vraiment Blast, là, gros focus… parce que je pense que le potentiel est colossal. Tu imagines ce qu’on a fait avec 3500 membres, c’est fou ! Tu imagines, tu vas chercher 10 000 membres, 20 000 membres, c’est juste monstrueux. Et en fait, c’est tellement un combat de vie, c’est pas bullshit quoi, c’est vraiment un combat de vie qui se matérialise devant mes yeux et qui a une suite logique de tout ce que j’ai vécu. Donc honnêtement, tu me dirais : « Je te donne 300 millions tout de suite et tu dois changer de métier. » Je te dirais : « Non, je suis pas chaud. » Parce qu’en fait, chaque matin, je vois des entrepreneurs qui créent leurs boîtes, je suis là pour les financer, pour les aider. C’est exactement ce que… ce que j’aime faire. Je suis en train de réunir dans mon club des très riches, des gens moyens qui peuvent investir à mes côtés. Trop stylé, c’est… c’est mon combat, et c’est de rassembler, tu vois, plutôt que de… de… de séparer les gens. J’ai une équipe hyper sympa, en petit comité, donc je suis au contact vraiment… je trouve que c’est un métier humain qui est sympa, où… moi je détesterais être avec 500 personnes sans connaître leur prénom et cetera. Donc le… le seul message que je veux passer, c’est : croyez en vous, prenez du plaisir. La vie, elle peut être parfois horrible, mais aussi magnifique, et quelque part, ça dépend de vous. Même s’il y a des… des… des malchances qui vont tomber : la maladie, votre famille qui va pas être sympa, ou des situations patrimoniales qui vont être compliquées à gérer, mais la réalité, c’est que si vous travaillez fort, vous pouvez quand même retrouver du bonheur, vous pouvez donner du sens à ce que vous faites. Et les auditeurs qui… qui… qui sont là, prenez un maximum de plaisir, n’écoutez pas ce que disent les gens, concentrez-vous sur ce qui vous anime, vous êtes le seul à avoir vos réponses. Dire que ça se passe dans le ventre, tu sais, ces moments où… dans ton ventre, tu sais qu’il faut faire ou qu’il faut pas faire, tu vois, tu le sens. « Est-ce que je veux aller à ce dîner ? Non, pas trop. » Tu y vas, et tu dis : « [ __ ] ! J’aurais dû m’écouter. » Tu vois ? Tu arrives… mais moi j’aime bien parce que tu en parles… tu en parles bien, et… et tu… tu apportes de la… du pragmatisme et du réalisme dans tout ça, tu vois. Tu es capable de dire : « Il faut savoir s’enfermer chez soi pendant 3 mois, bosser sur son projet. » Ce genre de choses dont on parle jamais, et pourtant, c’est une réalité. Moi, je pense qu’on doit tous passer par là, moi je suis passé par là, toi tu es passé par là, beaucoup d’entrepreneurs que je connais sont passés par là, et on en parle très peu, et c’est des sujets un peu tabou, et pourtant, il y a cette réalité : à un moment donné, il faut savoir se mettre en mode charbon et un peu disparaître même de la vie sociale. Euh, et puis même parfois, ça va beaucoup plus loin, tu en as parlé, mais ça peut… tu peux perdre une… une personne que tu aimes… enfin, dans le sens, tu peux être en relation… tu peux… ton couple peut se briser parce qu’en fait, tu es en train de trop charbonner. Mais à un moment donné, il faut faire des choix dans la vie, et si ton ambition est vraiment immense, souvent, il y a quand même de… de grands sacrifices derrière. Et puis le dernier truc que je retiens aussi de… de… de cette interview, c’est que… de… du chaos… du chaos naît la lumière et la réussite, tu vois. Et c’est… c’est ce que je retiens aujourd’hui. Et donc justement, à tous… tous les… tous les jeunes qui nous écoutent, qui… qui… qui ont vécu des moments difficiles, servez-vous de cette difficulté pour, derrière, avoir une force où en fait, tu es imbattable derrière, parce que quand tu as vécu des moments difficiles, ton… ton concurrent, il peut… il peut pas se battre face à toi, tu as trop de… ça te crée trop d’énergie, tu vois, comme le… les… les neufs queues de Naruto, tu sais, tu peux déclencher comme ça… ça… ça… j’ai… ça me plaisait bien. Euh, en tout cas, encore merci d’avoir accepté l’invitation, puis c’est cool de voir un nouveau bootstrapper dans l’écosystème qui est acteur aussi et qui pousse bah pour le pays. Euh, voilà. Est-ce qu’il y a autre chose que tu voudrais rajouter ? Est-ce qu’on peut contacter… est-ce que si quelqu’un te contacte sur LinkedIn, il peut… j’imagine que tu reçois trop de messages. Non, on a quelqu’un qui les gère. Il y a quelqu’un qui gère tous les messages, on a une belle team en com, et donc du coup, c’est pas forcément moi qui le traite, mais on peut en tout cas diriger, tu vois, vers la bonne personne en fonction des… des problématiques. Soit… est-ce que tu lèves des fonds ? Est-ce que tu veux investir ? Est-ce que tu veux un conseil ? Bref, peu importe. Donc vous pouvez nous écrire sur LinkedIn, sur Instagram. Bravo à toi pour le… le podcast, c’est hyper intéressant. Et moi aussi, tu sais, j’ai beaucoup de respect pour ce que tu as fait, parce que tu fais partie des jeunes qui montrent que c’est possible de bootstrapper. Et tu vois, trop longtemps, et moi le premier, on mettait les levées de fonds en avant, mais en réalité, le monde est en train de se tourner, et on revient au business à l’ancienne, où il faut vendre du concret et un produit, tu vois, qui peut te générer de l’argent. Et c’est cool qu’on ait passé ce message aujourd’hui, et que tu le fasses à travers ton podcast. Bah merci beaucoup, je pense qu’on partage le… le même truc de vouloir créer des… des symboles en tout cas pour dire aux autres que c’est possible. En tout cas, c’est possible de réussir en partant avec peu de moyens, en… en étant bootstrapper. Donc on… pour… si des gens ont un deck, on peut t’envoyer sur… donc deck@ballast.club. Donc là, s’il y a des gens qui veulent… qui recherchent à lever des fonds, et pour te contacter sur les réseaux sociaux, ils trouveront assez facilement Anthony Bournot. Et voilà. N’hésitez pas à laisser des avis, des commentaires sur YouTube, on vous répondra avec Anthony avec plaisir. Voilà, encore merci Anthony, et puis je te dis à bientôt. Un plaisir. Merci beaucoup.