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Les 3 Pires Expériences en Russie !

Conte Fécond20:41

Transcription

pr bon, je suis désolé. J'ai essayé de tenter le russe, ça a vraiment pas du tout marché. En tout cas, aujourd'hui, on continue notre tour du monde vraiment improbable et un peu flippant quand même sur la chaîne Comp Fac. Et là, on continue avec la Russie. Mais je ne vais pas vous parler du lac Baïkal, du Kremlin, ou même du Bolchoï à Moscou. Non, oubliez ces souvenirs de carte postale là. Plutôt, rapprochez-vous. On va plutôt parler de moments désagréables, traumatisants, voire même carrément dangereux. Et du coup, à travers des témoignages authentiques qu'on a chopé sur Internet et auxquels on a rajouté des pour une meilleure immersion. En tout cas, au programme du jour, nous allons voir un souvenir de jeunesse désagréable et marquant, ensuite une soirée dans un bar qui tourne vraiment au cauchemar, et enfin un gamin qui semble maudit tellement il lui est arrivé de choses. Je vous en dis pas plus. Tout ça, ça se passe en Russie.

Alors, cette première histoire, sous la juridiction de Monsieur le Chat ici-bas, est racontée par une certaine SIM 221, qu'on a renommée Sophia. Et comme d'habitude, elle commence en plantant le décor. En fait, à l'époque des faits, elle a environ 13 piges, et c'était l'été, avant qu'elle n'entre en quatrième année dans la scolarité, quoi. En tout cas, pendant tout cet été, ses parents, et plus précisément sa mère, a fait tout un plat dans l'idée d'aller en Russie pour rendre visite à leur famille. Et là, bah Sophia et sa sœur, qu'on appelle Katia, ont donc passé des semaines à réviser leur russe, histoire de comprendre un minimum les choses sur place. Bref, la petite famille se rend finalement donc sur les lieux pendant une quinzaine de jours, sachant que là, ils vont passer la majorité de leur temps à Saint-Pétersbourg. Bon, rien à signaler pendant une grande partie du séjour, mais c'est lors du dernier week-end que ça va merder. Et là, en fait, à la fin du séjour, avant que la famille de Sophia ne rentre chez elle, ses cousins viennent de partir de leur côté. En fait, à ce moment-là, il ne reste plus que Sophia, sa sœur Katia, âgée de 18 ans à l'époque, et sa mère, ainsi que son oncle et sa tante. À partir de là, sa mère veut visiter l'un des parcs de la ville, juste pour se promener et puis profiter de l'air frais, quoi. Il n'y a rien de fou, quoi. Donc là, toute la petite famille se balade dans ce parc-là, mais rapidement, les deux sœurs décident d'aller de leur côté pour jouer. Et là, le jeu en question, bah, c'est faire semblant de donner des coups de pied aux pigeons, histoire de leur faire peur. Voilà, c'est un jeu comme un autre, quoi. Voilà la violence animale dans toute sa splendeur. Après, elles font semblant. Voilà. En tout cas, les deux sœurs, après quelques minutes, elles se posent sur un banc. Je vais essayer de vous expliquer à quoi ressemblent les lieux, même si bon, ce serait plus simple avec un dessin. En gros, derrière nous, il y a une forêt dont les arbres commencent à perdre leurs feuilles et à se dessécher, et cette zone est entourée d'une allée. Devant nous, il y a une autre allée qui relie le tout à l'endroit où se trouve le banc sur lequel on s'assoit avec ma sœur, et il y a une fontaine. Pas loin de chaque côté de l'allée, à l'endroit où on est, il y a deux grandes haies, une juste en face de nous et une qui se trouve sur notre gauche. Bon, en tout cas, pendant que les deux sœurs parlent, Sophia remarque qu'il y a quelques personnes qui passent devant elle, mais personne ne s'arrête. C'est normal, c'est un parc. Par contre, elle est sûre et certaine d'avoir vu le même homme faire plusieurs allers-retours, et ça, par contre, c'est beaucoup moins normal. Bon, elle se focalise sur lui, mais à part le fait que ce soit un homme chauve qui porte un costume, il y a vraiment pas grand-chose à dire, quoi. Bon, honnêtement, Sophia n'est pas spécialement dérangée par ça, elle pense juste que ce type est un peu perdu. Bref, les deux sœurs continuent de causer, mais Sophia remarque à nouveau un homme chauve, également en costume, et qui se tient un peu plus loin le long de la haie, mais sans savoir à ce moment-là si c'était vraiment le même type que depuis tout à l'heure, elle n'est pas sûre. En tout cas, à ce moment-là, elle se lève et elle quitte leur banc en retournant à leur petit jeu qui consiste à faire peur donc aux pigeons. Mais là, rapidement, bah sa sœur Katia lance un regard dégoûté à Sophia avant de lui dire : "Mais attends, est-ce que ce type est en train de pisser là-bas ?" Je jette alors un coup d'œil à l'homme et je vois son visage. Je vois qu'il sourit et qu'il me regarde. Il avait entre-sorti son pénis ridé et sa main était en train de faire des mouvements qui laissaient aucun doute sur ce qu'il était vraiment en train de faire. Ma sœur a alors sursauté et m'a dit qu'il n'était pas du tout en train de pisser, ce que j'avais bien sûr remarqué. On a été comme immobilisé pendant plusieurs secondes, et on a vu son sourire s'élargir. Et là, Sophia et sa sœur remarquent clairement qu'il a les yeux fixés sur elles. Et alors que Sophia veut crier quelque chose, aucun son ne sort de sa bouche. Et c'est alors Katia qui va alors lui gueuler en anglais : "Mais tu es malade ! Qu'est-ce que tu fous devant un enfant ? Ah, mais tu es dégueulasse à prendre ton pied comme ça, grosse merde ! Je te vois encore. Allez, casse-toi, connard !" À ce moment-là, le type commence alors à s'éloigner dans la zone boisée. Katia continue alors à lui crier dessus, à l'insulter sans relâche, en lui hurlant qu'il fait bien de se casser. Sophia voit par contre que pendant qu'il s'éloigne, il continue de sourire et va même jusqu'à rigoler, comme s'il était amusé par la couleure des deux. Et pendant ce temps-là, bah la sœur continue de hurler. Sophia le voit même sautiller au loin avant de prendre la passerelle qui va lui permettre de quitter le parc. Bon, là, les deux sœurs courent alors directement chercher leur mère. Et là, la réaction de la mère, bah, c'est de hurler sur le type qui est pourtant très, très loin. En tout cas, elle lui hurle de revenir, d'essayer de refaire ce qu'il a fait. Évidemment, il ne revient pas. Bon, en tout cas, Sophia est horrifiée également. Elle se dit que la réaction que sa mère est un petit peu bizarre, quoi. Elle s'attendait pas à ça. Et là, l'oncle de Sophia dit simplement : "Oh, vous avez vu un exhibitionniste ? C'est la première fois." Bon, en plus de l'expérience assez traumatisante pour une gamine de son âge, et ben Sophia, c'est en plus heurté à l'indifférence, voire même la moquerie de sa mère, en plus de se heurter à l'indifférence de son oncle. En tout cas, ça n'a pas aidé la situation. Apparemment, pour lui, c'était assez banal. Finalement, est-ce que dans cette ville russe, il y a autant d'exhibitionnistes ? En tout cas, la fin de cette journée s'est faite dans la parano des deux sœurs qui n'arrêtaient pas de se retourner pour voir si le mec ne réapparaissait pas. Un événement plus que marquant pour Sophia, vu qu'elle en parle quand même dans ce témoignage des années plus tard.

Bon, pour notre deuxième histoire, là, on change de décor, et je vais vous parler d'une soirée dans un bar russe qui va virer au cauchemar. Bon, cette nouvelle histoire est partagée par un certain Pretty Dirty, on pourrait traduire "Joli Man Sale", on va dire comme ça, renommé Patrick. En tout cas, vous connaissez la recette, là, il commence par planter un peu le décor. En fait, c'était il y a une dizaine d'années, on était allé en 2014, et il était au bout du rouleau à cause de son de son job. Et là, il s'est dit que à part un changement radical, il n'arriverait pas à repartir à zéro. D'ailleurs, pour une bonne raison que lui-même n'arrive pas à expliquer. Et du coup, il a décidé de quitter son pays, sans doute les États-Unis, pour Moscou, en Russie. Moment radicalement différent. Et là, après avoir trouvé un job dans l'enseignement là-bas, et bien il a vendu tout ce qu'il avait dans son pays d'origine, et c'était vraiment pour lui l'heure de changer de vie. Et ainsi, si là, au cours des six premiers mois, il n'y a rien de spécial à signaler, même si Patrick nous explique qu'il aurait pas mal d'anecdotes à raconter. En tout cas, c'est un samedi de mi-mars 2015 que tout va basculer. Et ce jour-là, Patrick vient de terminer son cours de l'après-midi et part rejoindre un ami qui s'appelle Denis dans un petit bar près de la station de métro Pouchkinskaïa. Là, ils boivent une bière, puis deux, puis trois, et jusqu'au moment où trois gars viennent s'asseoir sur les canapés à côté d'eux. Là, bon, bah même si Denis, lui, il est russe, bah lui et Patrick, ils parlent en anglais pour que ce soit plus simple. Et là, bah les qui s'installent à côté d'eux commencent alors à taper la discute, mais en anglais également. Et là, l'un d'eux demande à Patrick depuis combien de temps il est à Moscou, et puis d'autres questions un peu basiques, quoi. Honnêtement, les mecs sont vraiment sympas, et Denis n'a pas spécialement l'air préoccupé. On parle, on parle, et au bout d'un moment, on se retrouve à s'enfiler des shots de vodka Beluga de première qualité. Et détail important, c'était leur bouteille à eux. Bref, un shot, puis deux, puis trois, jusqu'à ce que je finisse dans un état catastrophique, me souvenant vaguement de ce qui s'est réellement passé. Quand je me suis réveillé au petit matin, mais je me suis promis à ce moment-là de ne plus jamais toucher à de la vodka.

Puis, bah plus tard dans la journée, Patrick reçoit le SMS d'un numéro qu'il avait apparemment enregistré sur son tel au nom d'Anton. Et là, le message disait un truc du genre : "Hey, comment ça va mec ? Quand tu te sens, ça te dit de remettre ça dès ce soir ?" Bon, là, Patrick, complètement dans le mal, lui répond qu'il sent comme une merde, quoi. Il refuse d'ailleurs l'invitation. En fait, il a des cours à donner le lendemain. Bon, là, plusieurs jours passent, et c'est le jeudi que Patrick reçoit un nouveau message d'Anton qui lui demande s'il veut passer au bar ce soir-là. Et là, cette fois-ci, Patrick est partant, car il n'a pas cours le lendemain. Là, bon, il envoie un message à son pote Denis pour qu'il vienne avec lui. Et là, encore une fois, il s'enfile de la vodka à pleine gorgée, et encore une fois, ça dure jusqu'au petit matin. Et là, encore une fois, Patrick se réveille, voilà, là, dans un état catastrophique. La vie, la vraie, en tout cas, la vie russe, manifestement. Et là, quand il se réveille, il a déjà un message d'Anton qui lui dit qu'il faut qu'il remette ça dès le soir même. Là, Patrick lui dit que c'est pas possible parce que il donne un cours le lendemain. Il reçoit pas de réponse, c'est un peu bizarre, et ce n'est pas non plus alarmant. Le samedi, alors que je m'apprête à quitter l'école, je reçois un nouveau message d'Anton qui est formulé exactement de la même manière que le précédent, comme si c'était un copier-coller. En tout cas, moi, je suis partant ce soir-là, vu que je ne passe pas le lendemain. Bref, je me rends au bar et quand j'arrive, il n'y a qu'Anton. On se prend rapidement une bière et on commence à rigoler ensemble. Puis, d'un coup, il me dit : "Alors, tu bois ma vodka et tu peux rien ?" Euh, moi, je comprends pas trop ce qui est en train de se passer, parce qu'on est passé de rire à un ton super sérieux en quelques secondes. Bon, là, Patrick, décontenancé, lui demande ce qu'il veut dire par là. Là, Anton lui répond alors en toute détente : "Tu sais ce que je veux dire, espèce d'enculé ?" Ça sort vraiment nulle part, quoi. Alors, ne sachant pas trop comment réagir, Patrick lui dit que bah oui, ça me ferait très plaisir de payer mes tournées, vu que bah apparemment, c'est c'est c'est Anton qui avait rincé les autres nuits, même si en vrai, il n'avait rien demandé, quoi. Et là, le truc, c'est que Anton lui dit que ce sera pas assez. Et là, il lui dit qu'il a bu pour plus de 5000 dollars de sa vodka, et qu'il doit le rembourser, lui. Bon, là, Patrick se dit : "What the fuck ? Comment il a fait son calcul, ce con ?" Parce que même si Anton lui dit que c'est une veille de première qualité, c'est pas possible qu'il ait pu claquer 5000 balles. Mais le truc, c'est que le problème, c'est que Patrick, lui, il n'a pas vraiment de thune en plus. En fait, tout est parti dans le déménagement, et avec son poste de prof, il ne gagne pas non plus des masses sa vie, quoi. Et ça, c'est une réponse qui ne plaît pas à Anton, qui lui dit qu'il va devoir se démerder pour trouver la thune, par exemple avec l'aide de sa famille, avant de le fixer comme ça dans les yeux, sans rien dire d'autre, pendant très, très longtemps, peut-être des secondes entières, peut-être une minute, il ne se sait même plus. Du coup, la notion du temps à ce moment-là. Puis, à un moment, Anton passe aux choses sérieuses en disant que s'il ne paie pas, il va le tuer. Bon, là, Patrick, de son côté, est complètement perdu. En fait, à aucun moment, il aurait pensé que les choses pourraient partir autant en sucette. D'en plus qu'il a quand même passé des très bons moments avec Anton, ça n'a aucun sens. C'est qui ce Russe, quoi ? À ce moment-là, Anton a appelé quelqu'un qui s'est assis près de moi et a sorti un fling. Anton m'a répété qu'il savait où je travaillais et qu'il connaissait la station de métro la plus proche de mon domicile, parce que oui, je lui avais partagé pas mal d'infos sur ma vie, et avec du recul, c'était sans doute pas la meilleure chose à faire avec une personne que je connaissais peu. Là, on sort du bar, il me montre deux voitures aux vitres teintées, et il me dit que dans une de ces voitures, il y a quelqu'un qui veut ton argent. Bon, là, Patrick est paniqué, il est perdu. En fait, on dirait une blague, mais vraiment une très mauvaise blague. Pourtant, ça n'en est pas une. D'ailleurs, il se demande si le fling qu'on lui a agité, c'était un vrai ou pas. Bref, dans la foulée, un homme massif sort d'une des bagnoles et commence alors à parler à Anton directement en russe. Et là, Patrick a quand même du mal à suivre la conversation, donc bah, il demande quand même s'il peut appeler Denis pour traduire. Bon, à ce moment-là, le le gros type massif parle directement à Denis au téléphone pendant au moins cinq minutes. Et là, quand Patrick reprend le téléphone, il sent que Denis au téléphone est clairement paniqué. En fait, Denis lui dit qu'il faut absolument payer, que ce n'est pas une blague de mauvais goût, et qu'ils vont vraiment le buter s'il ne paie pas. En fait, Denis lui apprend qu'il a tout simplement affaire à la mafia russe. Bon, à ce moment-là, Patrick raccroche, il essaie de garder son calme, et il dit alors à Anton : "Ok, je vais payer. Ça fait cher les vodkas, quand même, mais bon." Il quitte alors le bar en tremblant et au bord des larmes. Et quand il arrive enfin chez lui, toujours en état de choc, il appelle directement sa mère pour lui dire d'envoyer 5000 balles par l'intermédiaire de Western Union. Alors sa mère demande bien évidemment ce qui se passe, et là, après avoir hésité, Patrick lui dit tout. Bon, la maman veut alors directement appeler l'ambassade et son fils dans un avion pour qu'il rentre au pays. Mais Patrick lui dit qu'il préfère payer pour régler cette affaire. Bon, finalement, la mère n'a d'autre choix que d'accepter, sinon bah, il peut se faire zigouiller. Honnêtement, du coup, elle lui envoie l'argent, et Patrick finit par payer Anton. À partir de là, il termine son témoignage en disant qu'il est conscient que ce n'était pas une fin épique, mais en fait, il nous dit aussi qu'il était à deux doigts de se faire tuer, peut-être dans un autre pays, et que les gars avaient vraiment pas l'air de rigoler. C'était peut-être les personnes les plus dangereuses de ce pays après le gouvernement, et que bah, quand bien même il était allé voir l'ambassade, on ne sait pas comment ils auraient peut-être pu s'arranger pour le zigouiller, on ne sait pas. Patrick nous dit que même si tout ça, ça semble un peu tiré par les cheveux et inventé, lui, bah, ça lui est vraiment arrivé, et d'ailleurs, il espère ne plus jamais croiser la mafia russe. En tout cas, à partir de ce moment-là, ils l'ont laissé tranquille. Vrai que c'était une une sacrée affaire, quoi. Ça me rappelle quand même un petit peu ce que me disait du coup un ami qui aimait bien se rendre en Russie, qui l'avait fait plusieurs fois, et on me disait que du coup, la bas, il fallait vraiment faire super attention et pas se balader comme ça dans les rues. Et les flics, eux-mêmes, peuvent te racketter ou te demander des sommes qui sortent de nulle part juste pour te laisser passer. Voilà, je ne sais pas si la situation a évolué du coup depuis, mais très beau pays, la Russie, du coup, il faut faire attention quand même, quoi.

En tout cas, pour notre dernier témoignage, là, il ne sera pas question d'une histoire, mais de trois vécus par la même personne. En fait, c'est un jeune enfant qui n'avait rien demandé à personne et qui va côtoyer la mort de très près plusieurs fois. Alors, cette dernière histoire est racontée par un certain Raymond Cloud. Lui, il nous dit qu'il a eu quand même une enfance très compliquée en Russie. Aujourd'hui, il explique qu'il a 30 ans et qu'il vit aux États-Unis depuis ses 14 ans, mais en réalité, il est né en Russie, il a grandi dans une ville appelée Kirov, ou Kirov. Bon, voilà. Et malheureusement, bah cette ville, elle est connue pour une chiée d'activités criminelles, allant du crime organisé jusqu'au cannibalisme. C'est une sacrée expérience, quoi. En tout cas, bon, ce gamin, il y a peu de chance qu'il s'appelle Raymond, puisque c'est quand même un nom plutôt soit français, soit anglais, mais clairement pas russe. Mais bon, ok, on l'appelle quand même Raymond, et il nous explique en tout cas, Raymond ou Raymond, quoi, que ces trois histoires sont toutes véridiques. Je pense qu'à un moment, vous avez compris la formule, de toute façon. Et ce qu'il raconte nous donne peut-être une petite idée de à quoi ressemble l'état de son pays dans lequel il vivait juste après la guerre froide, juste à la fin de la guerre froide, plus exactement.

Alors, quand il était gosse, Raymond vivait dans un immeuble de cinq étages, dans un quartier de classe moyenne, vraiment dans ce style-là, quoi. Bon, c'était assez calme, il se passait pas grand-chose, donc lui et ses copains pouvaient jouer dehors quand ils voulaient, sans être sous la surveillance d'un adulte. Bref, là, Raymond nous parle d'un homme au premier étage de l'immeuble, environ 30-40 ans, qui est jamais rasé, toujours avec des vêtements sales, et d'ailleurs, dont la fenêtre de la cuisine donne sur la cage d'escalier. Alors, c'est un peu bizarre, je vous avoue, on ne connaît peut-être pas trop ça en France, mais en tout cas, chaque fois que Raymond passait à côté de sa fenêtre pour rentrer chez lui, heu, ou pour descendre, le type se levait de sa chaise, collé à la fenêtre, et en jurant et en l'insultant de tous les noms, en arrêtant pas de le menacer. Il avait l'air vraiment très en colère. On ne sait pas ce qui se passait dans sa tête. En tout cas, Raymond nous précise que à ce moment-là, lui, il était tout petit, il avait peut-être quatre, cinq ans, mais ça l'a vraiment marqué. D'ailleurs, il nous raconte encore les détails aujourd'hui. En fait, il nous dit que le mec, il avait les yeux exorbités, et quand lui hurlait dessus, ça lui faisait des déformations faciales vraiment hallucinantes. En tant que gamin, en tout cas, c'était un petit traumatisme. Il lui arrivait de se frapper la poitrine de toutes ses forces et presque en larme, sous l'effet d'une rage profonde, il me crachait sa haine et son désir de me voir mort. Et comme si ça ne suffisait pas, il faisait ensuite semblant de se diriger vers la porte, comme s'il avait enfin trouvé la résolution d'aller jusqu'au bout, avant de revenir à sa fenêtre pour recommencer à crier, à proférer des menaces. Je me souviens juste que je n'ai jamais pu supporter de rester là, devant la terreur qui m'envahissait, et je finissais toujours par m'enfuir, laissant ce fou me regarder par la fenêtre. Un beau jour, le mec n'était plus là, en fait, il avait disparu. Et là, Raymond, toujours enfant, a continué sa petite vie sans y penser pendant des années. Mais quand il en a parlé à ses parents quelques années plus tard, bah, ils ont confirmé ses soupçons. En fait, à l'époque où ce mec a été vu pour la dernière fois, un événement étrange s'est produit à Kirov, parce qu'en effet, à ce moment-là, des morceaux de corps ont été retrouvés éparpillés dans toute la ville, et tous éloignés les uns des autres, et ils appartenaient tous à un homme dont la femme avait prévu de le tuer dans le but de récupérer son appartement et son argent. Là, peut-être que vous faites le rapprochement, mais surtout, ce qui est étrange, c'est qu'on a appris que le frère de de cette femme qui voulait le faire buter, et bien son frère n'était autre que le mec fou du premier étage, et qui a donc tué le beau-frère avant de le démembrer, tête comprise, et en le semant dans toute la ville. Bon, là, évidemment, sa sœur, avec son amour fraternel, lui a tout mis sur le dos, et le type en question a pris perpète. Du coup, depuis, il est sans doute encore en taule. Sauf que, en apprenant cette histoire, Raymond a été d'autant plus terrifié, surtout en repensant à toutes les fois où ce type le regardait en essayant de se dire qu'il allait le buter.

Pour la deuxième histoire, direction l'école. Alors que Raymond est au collège, et là, à l'époque, bah là, il y a eu un gros problème de toiture, parce que son école, elle est vétuste et elle menace de s'effondrer. En tout cas, pour éviter le pire, tous les élèves sont donc transvasés dans une autre école, l'école publique numéro 22. Le cas présent, et là, qui, d'après les mots de Raymond, ressemblait plutôt à une prison, avec des élèves dont le comportement et les violences étaient continus. Les élèves de la numéro 22 sont pour la plupart issus de milieux défavorisés et aiment humilier, frapper, et globalement abuser de n'importe quelle façon les autres élèves. À cette époque, les combats russes sont également très courants dans le pays, et les bagarres se terminent rarement par un simple œil au beurre noir ou une lèvre cassée. Je vous parle d'os brisés, de fracture du crâne, voire de coma, et même de mort dans certains cas. Un jour, alors que je parle avec mes potes dans un couloir, un grand gamin chauve s'approche de nous avec sa bande de chiens enragés. Il nous explique dans le plus grand des calmes qu'ils en ont marre de nous et qu'ils vont casser la gueule à tous les mecs de notre école à la fin de la journée. Et en effet, en fait, pour ces élèves-là, bah Raymond et les siens sont une sorte de bande de BCBG qu'il fallait vraiment éradiquer de leur territoire. Vraiment, c'était des intrus. Là, le garçon qui est venu parler à Raymond a dit que toute l'école serait là pour les détruire, et que le spectacle serait grandiose. Ok, à ce moment-là, Raymond comprend rapidement qu'il n'est pas question de bluff et qu'ils vont vraiment y passer. En tout cas, il y croit, surtout que bah Raymond, il le sait, mais il y avait beaucoup, beaucoup d'autres élèves, vraiment, qu'il ne les saquaient pas. Bon, en tout cas, là, Raymond et ses potes décident alors d'en parler aux professeurs qui, heureusement, vont se dire : "Ok, c'est bon", et ils vont les laisser quitter l'école 20 minutes avant la fin du dernier cours, afin qu'ils puissent prendre le bus un peu plus loin. Là, le groupe alors arrive sain et sauf devant le bus, sauf que petit problème, ce bus-là, il doit repasser devant l'école. Et là, ce que voit Raymond à ce moment-là, ça restera gravé dans sa tête. En fait, sur la neige, devant les grandes portes de l'école numéro 22, il y a une assemblée de 200 à 250 personnes, vêtues de noir, et qui forment un cercle géant. Et au milieu du cercle, il voit deux élèves qui se battent. Plus exactement, un élève qui se fait exterminer par un deuxième. Et là, par la suite, Raymond a appris que vu qu'il s'était échappé avec ses potes, bah les élèves de la numéro 22 ont choisi un autre garçon au pif, qu'ils ont frappé si violemment qu'il a fini aux soins intensifs. Il faut se dire que mon école était très petite, et certains parents avaient décidé de scolariser leur enfant à domicile le temps des réparations. Dire qu'on était en infériorité est un euphémisme, et je ne veux même pas imaginer ce qui se serait passé si nos professeurs ne nous avaient pas laissé sortir plus tôt ce jour-là. Le lendemain, il y avait carrément des militaires qui sont venus dans l'école numéro 22, et ils y sont restés jusqu'à ce qu'on puisse rejoindre notre école une fois les travaux finis.

Et pour sa troisième et dernière histoire, là, Raymond nous parle de, je cite, "sa victoire personnelle au jeu de la vie ou de la mort qui nous tombe dessus de temps en temps sans raison apparente". C'est c'est beau et ça fait un peu peur, je vous avoue, parce qu'en fait, à l'époque, il a 9 ans, et lui et sa famille ont déménagé. À 9 ans, tu n'as pas envie de vivre ce genre d'histoire, même à aucun autre moment de ta vie, je pense. Mais concrètement, c'est d'autant plus traumatisant. Bon, en tout cas, à ce moment-là, ils ne sont plus dans l'appartement de la première histoire, là, ils habitent au 6ème et dernier étage d'un immeuble, à l'opposé complètement de la cage d'escalier. En fait, c'est comme si son appartement était un peu isolé par rapport aux trois autres de l'étage. Bref, un jour, il rentre de l'école sous les coups de 14h, et là, il s'apprête à passer 2-3 heures seul, le temps que ses parents finissent le travail. Là, il s'installe alors devant la télé pour regarder un épisode de Babylon 5, une série de de science-fiction des années 90, quoi. Et là, il entend la sonnerie de la porte d'entrée, ce qui est très rare selon ses mots. Il est un peu suspicieux, c'est quand même pas normal, personne ne sonne en vrai. Du coup, il s'approche de la porte et là, il demande qui c'est. Et là, il entend une voix qui lui répond : "Bonjour, je suis de la compagnie d'électricité. Nous faisons un contrôle de routine des compteurs électriques. Puis-je vérifier le vôtre ? Ça prendra qu'une minute." Bon, alors, je suis désolé, c'est un accent russe vraiment bancal, je pense que je l'ai mixé avec d'autres parties du monde, ça vous donne l'idée. Bon, là, Raymond regarde alors par le judas et il voit un jeune homme proche de la trentaine, très propre, habillé avec soin, les cheveux coiffés sur le côté, et avec dans sa main une espèce de porte-document. Je suis sur le point d'ouvrir la porte quand je vois quelque chose grâce à la vue déformée par le judas que j'ai sur le palier. Je peux également voir un peu plus sur les côtés, à ma gauche, à la droite de l'homme. Donc, j'ai vu la lumière se refléter sur ce qui ressemble à un objet métallique. Puis, pendant une fraction de seconde, je vois clairement ce que c'est : le tranchant d'une hache. Quelqu'un se tient donc de l'autre côté de la porte, une hache à la main. Bon, à ce moment-là, la mémoire de Raymond devient floue. Il se souvient juste, en fait, s'être éloigné de la porte et s'être enfermé dans sa chambre. Là, le mec a continué à sonner à plusieurs reprises pendant de longues minutes, puis il s'est finalement arrêté de sonner, il est parti. Là, Raymond termine ce témoignage, là, et les autres, en disant qu'il n'avait jamais parlé de ça à personne jusqu'à ce moment où il partage la surdite.

Écoutez, comme disait un grand homme, c'est normal en Russie, vraiment. Ah, ces histoires russes, ça me ça me laisse pantois, surtout les dernières. Je me dis, mais à quel moment on vit ça ? N'hésitez pas à le dire, vous. Est-ce que si vous êtes déjà allé en Russie, vous avez déjà entendu des trucs comme ça ? Est-ce que vous avez déjà vécu des trucs chelous du style ? Je serais très curieux d'en savoir plus, quoi. Je vous avoue que moi, je ne suis jamais allé en Russie, mais voilà, quoi. J'avoue, de toute façon, avec les événements actuels, avec l'Ukraine et tout, c'est peut-être pas la meilleure période. Cela dit, honnêtement, depuis que je suis né, il y a rarement eu des bonnes périodes, heu. C'était il y a un moment, quoi. En tout cas, merci d'avoir vu la vidéo jusqu'au bout. On se dit à la prochaine. Dormez bien. Bye bye.