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L'ICEBERG DE MAI 68 ! (Il y a des dingueries !)

Le Hussard32:07

Transcription

Bon les gars, depuis des années dans le débat public français, on voit régulièrement ressurgir un vieux spectre bien glo. Et ce spectre, il peut prendre bien des formes. On a par exemple cet extrait de Daniel Cohn-Bendit.

"Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, ou là, c'est fantastique."

Les polémiques sur la fameuse pétition de 1977 qui appelait à dépénaliser les rapports entre majeur et mineur.

"Mais moi, je veux faire l'amour. Tu es un malade, Bernard, un malade."

Ou encore la fameuse affaire Matznef qui avait éclaté en 2020 avec le livre de Vanessa Springora. Dans ce livre, l'auteur revenait sur sa relation scandaleuse et abusive avec l'écrivain alors qu'elle avait 14 ans et lui plus de 40.

"C'était malade. C'était malade."

Alors oui, c'est répugnant. Mais aujourd'hui, j'aimerais qu'on prenne un peu de recul et qu'on cherche à avoir une vue d'ensemble sur ce problème. Car, soit le grand bazar de Cohn-Bendit, la pétition de 77, l'affaire Springora, ou encore les déclarations de Frédéric Mitterrand ou de Jacques Lang, toutes ces histoires proviennent d'un même point : la libération des mœurs après Mai 68.

Je ne vous apprends rien. Dans le sillage de cette révolution culturelle, avec le fameux "interdit d'interdire", une bande de crasseux chevelus contestataires, souvent des journalistes, des profs ou des écrivains, s'est mis en tête de questionner toutes les normes de bienséance, de séduction et d'échanges charnels, parfois avec de bonnes intentions et parfois, euh, pour des motifs beaucoup plus sombres. Et quand je dis "beaucoup plus sombre", sachez que j'ai vraiment halluciné en accumulant les recherches pour cet épisode, au point où je me suis dit que j'allais vous présenter ça sous la forme d'un format iceberg, cher aux meilleurs narrateurs de YouTube.

Alors pour ceux qui ignorent le principe d'un iceberg, je vous explique, c'est très simple. On va commencer par la partie émergée de l'iceberg Mai 68, les trucs les plus connus et les moins glauques. Et puis on plongera dans les eaux claires, puis dans les profondeurs inquiétantes, et enfin on terminera dans les abîmes les plus terrifiantes avec des trucs incroyables. Enfin, si vous êtes assez résistant pour supporter ça.

Alors, est-ce que vous le serez ? Et ben, on va voir ça ensemble tout de suite. Abonnez-vous, activez la cloche et enfilez votre scaphandre. On est parti.

Mais avant de nous plonger dans les eaux glacées et glaçantes de notre sujet, je voudrais remercier Terre de France qui sponsorise cette vidéo. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette belle entreprise, Terre de France, c'est une marque de vêtements, bijoux et accessoires entièrement fabriqués en France, du début à la fin, sans détour ni sous-traitance à l'autre bout du monde. Et franchement, ça fait plaisir de voir des gens qui se battent pour encourager le savoir-faire français et pas juste coller un autocollant bleu-blanc-rouge à la va-vite sur une babiole démoulée au Pakistan.

Mais Terre de France, ce n'est pas seulement une histoire de fabrication locale. Chaque année, la marque reverse une partie de ses bénéfices à ceux qui en ont besoin : les écoles rurales, les agriculteurs en galère et même les familles de militaires. C'est une démarche qui n'est pas seulement commerciale, mais qui dit quelque chose de la solidarité et de l'attachement au territoire, et ça, c'est vraiment top. Alors si vous voulez les soutenir, vous pouvez passer sur leur boutique, il y a de quoi faire. Du textile pour l'hiver, bien chaud et bien fait, mais aussi des accessoires, de la déco, de la maroquinerie. Et surtout, si comme moi, vous aimez les détails qui comptent, leurs bijoux valent le détour : médailles, pendentifs, boucles d'oreilles, croix. Bref, des pièces solides, élégantes qui vous donneront +10 empanaches et +20 en enracinement. Joli béot, non ?

Si ça vous intéresse, je vous mets le lien de leur site en description. Allez jeter un œil, ça peut même vous donner des idées de cadeaux pour un futur Noël. Merci encore à Terre de France de me soutenir pour cette vidéo, et maintenant, place au générique.

L'air libre. Autant vous prévenir tout de suite, nous venons d'échouer sur un iceberg aussi colossal qu'inospitalier. À vrai dire, rien de ce qu'on pourra trouver ici n'aura d'autre fumée que celui de la bonne grosse compromission politique et idéologique des années 60 à 90. Et pire encore, ce que vous connaissez probablement déjà et prenez pour des exemples d'abomination, ce n'est en réalité que le début. Bah, prépare-toi quoi.

Alors bienvenue dans cet enfer glacé farci de prédateurs. On va commencer par le début, qui est aussi le moins pire : les précurseurs. Évidemment, les dérives sexuelles de la gauche après Mai 68 ne sont pas apparues comme ça, par hasard. Il y avait bien avant le blocus de la Sorbonne et les fanfaronnades de l'infâme Cohn-Bendit. Cohn-Bendit, en France, on le prononce à la française. Tout un historique de la crapulerie française en matière de braguette.

Prenez André Gide par exemple, ou Montherlant. Deux grands écrivains assez conservateurs dans leurs positions et leurs attitudes, n'est-ce pas ? Et bien, l'un comme l'autre, ils avaient leurs habitudes en Afrique du Nord, autant de la présence française sur place. Et quand je dis "leurs habitudes", comprenez bien la sordidité de la réalité. Ils se ramenaient sur place, payaient de jeunes locaux, parfois même des enfants, et bon, bah, ils faisaient leur affaire quoi.

Et là, tout de suite, il faut qu'on torde le coup à un vieux mythe politique, celui de l'homosexualité illégale. Disons-le clairement : non. Contrairement à ce que répètent parfois les tarés bolchéviques incultes de la LFI, être homo n'était pas interdit en France après 1945. En revanche, les rapports n'étaient autorisés qu'entre adultes majeurs, et ces pratiques étaient très violemment stigmatisées par les autorités et les discours ambiants.

Tonifiant, il n'en pourra plus d'extase. Ça sera pas la peine d'appeler au secours. En liberté, il n'y a pas de gardien. Donc, quand Gide ou Montherlant partait en Afrique du Nord, c'était moins pour s'acheter de jeunes servants locaux que pour trouver sur place un climat plus laxiste à l'endroit de leurs penchants. C'est quand même assez paradoxal, puisqu'on parle d'une terre musulmane. Mais là où la dérive était bien présente, c'était pas dans le genre de leurs amants, mais dans leur âge.

En mars 1968, Montherlant sera retrouvé grièvement blessé dans une rue du 16e arrondissement parisien. Officiellement, il aurait été agressé par des loubards. Officieusement, il a tenté d'acheter les faveurs d'un jeune homme qui se serait défendu en le tirant dans un tracteur. Suite à cette histoire, Montherlant perdra un œil, en prétendant que c'est à cause d'une insolation mal soignée, et sombrera dans une mélancolie qui le mènera à la mort par absorption d'une capsule de cyanure en 1972. Et détail qui n'en est pas un, il sera incinéré et ses cendres seront dispersées à Rome par un jeune écrivain d'alors, un ami personnel de Montherlant, un certain Gabriel Matznef. Oui, déjà lui.

Matznef, c'est un écrivain qui multipliera toute sa vie les relations avec des maîtresses mineures et s'en vantera dans ses écrits, étant même invité sur Apostrophes pour cela, devant un boomer pivot obscène et calamiteux.

"Vous êtes quand même un collectionneur de minettes."

"Récapitulons : depuis mon retour en Suisse, j'ai fait l'amour avec Pascal, Marie-Élisabeth, Elisabeth, Agnès, Denise, Florence, Maria Autre, Brigitte S., Pascal B., Marie-Agnès, Marie-Laurence."

L'ouvrage phare de Matznef, "Les moins de 16 ans", est une sorte de pamphlet pour défendre ses pratiques à grand renfort d'exemples historiques et savants. Si vous voulez en savoir plus sur ce triste bouquin, j'en ai parlé sur ma chaîne secondaire, "L'Empire des Lettres". Je vous mets le lien vers la vidéo dans un coin de l'écran.

Alors, bref, tout ça pour dire que s'il y a toujours eu des abus dans les pratiques des écrivains français avant Mai 68, ce n'était pas un mouvement authentiquement marqué à gauche, et ce n'était pas non plus lié à une seule génération. Matznef ou Roland Barthes, qui lui aussi visitait régulièrement le Maghreb, ils sont bien plus jeunes que Gide ou Montherlant, et ça ne les empêche pas de faire n'importe quoi de la même façon.

Mais tout ça va bientôt changer, comme en témoigne un célèbre épisode : la pétition de 1977. Alors ça, je ne pouvais pas ne pas vous en parler dans cet épisode. C'est vraiment une marotte à droite. À tout bout de champ, on adore rappeler l'existence d'une pétition "protège pipi" avec des marmots publiés dans Le Monde en 1977 et signée par tout le gratin culturel de l'époque : Sartre, Beauvoir, Matznef, Barthes, Cohn-Bendit. C'est vrai que c'est archi choquant, mais est-ce que vous savez dans quel contexte cette pétition a été signée et publiée ? Non.

Alors, je vous explique. Le 20 octobre 1973, Bernard Dejag, Jean-Claude Galien et Jean Bourcart sont arrêtés au camping naturiste de Méudon, près de Paris, après avoir fait des mamours avec des jeunes de 13 à 14 ans. On se demande bien ce qu'il fichait dans un établissement naturiste d'ailleurs, mais passons. Immédiatement incarcérés, leur affaire va ensuite être instruite avec une remarquable lenteur, puisqu'il leur faudra plus de 3 ans de détention provisoire avant d'être jugés. En fait, le problème est d'ordre technique. Leur attentat à la pudeur est considéré à l'époque comme un crime. Et dans ce cadre, comme les victimes sont mineures, la justice demande un procès à huis clos, ce qui ralentit beaucoup l'affaire et la procédure.

Et c'est là que Gabriel Matznef, oui, encore lui, et habituez-vous, on va en jacter pas mal de lui aujourd'hui. Il va entendre parler de cette histoire. À partir de 1975, il va multiplier les actions pour faire libérer nos trois pieds nickelés. D'abord en faisant publier deux tribunes dans Le Monde en novembre 76 et janvier 77, et puis aussi en prenant la parole à ce propos dans Apostrophes, lors d'une de ses interventions. Et l'affreuse pétition que tout le monde dénonce, c'est la seconde de ces deux tribunes, celle du 26 janvier 77.

Donc, si je résume : des adultes violent des gamins dans un camping naturiste de la banlieue parisienne. Ils sont incarcérés et mis au secret, et tout le gratin parisien vole à leur secours comme un seul homme. Ouais, c'est plutôt ignoble, hein. Mais attendez la suite, parce que le pire, bah, c'est que ça marche. Le huis clos est levé, et les accusés s'en sortent avec du sursis. En quelque sorte, on peut le dire, Matznef a gagné son pari.

"J'apprécie à moitié, franchement, ce qui vient de se passer là. Franchement, je... voilà."

Et dans le même temps, avec sa large diffusion, la pétition de 1977 fait aussi bouger les lignes sur d'autres sujets de mœurs de l'époque. Par exemple, à cette époque, la France se passionne pour l'affaire Gabriel Rousset, une professeure qui a eu des relations avec un de ses élèves, un lycéen de 16 ans. Mise à pied et désavouée, elle se donne la mort, tandis que son amant devient président de la Rép... Ah non, c'est pas celui-ci, excusez-moi, j'ai confondu. Bon, bref.

Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cette pétition qui appelle à assouplir le cadre légal pour les relations entre majeurs et mineurs, elle va agréger des gens horrifiés par le sort de Gabriel Rousset, des militants gay de l'époque et des défenseurs des naturistes forcenés comme Matznef. Et ça, ça fait un espèce de gloubi-boulga extrêmement malsain où des causes nobles ou au moins entendables côtoient des trucs absolument sordides de criminels. Mais ça, à l'époque, personne ne se donne la peine de faire le détail. À partir du moment où Sartre et Beauvoir signent, tout le monde leur emboîte le pas.

Et justement, en parlant d'eux, on va parler de leur harem : Sartre et Beauvoir. Dans les années 70, Sartre et Beauvoir sont au sommet de leur renommée internationale. Ils ont publié leurs ouvrages les plus fameux, ils forment un duo mondialement connu, et ils ont une vie personnelle absolument dissolue. Oh, comme c'est bizarre. Oh !

Ce qu'il faut bien comprendre là, c'est que si Simone et Jean-Paul ont vraiment été en couple dans les années 30, ils ne sont plus vraiment ensemble au sens conjugal du terme depuis des années. Chacun multiplie les amants et les maîtresses, souvent en même temps, et souvent de jeunes étudiants ou étudiantes complètement soumis à leur influence. Plus glauque encore, ils ont tendance à se passer et se repasser les amants, à jouer avec leurs sentiments et leurs attachements, voire même, et je ne plaisante pas, à mettre leurs anciens amants en couple les uns avec les autres. Oui. Oui. Un peu comme si c'était des Pokémon.

En gros, c'est ce qui est arrivé par exemple à Jacques Laurent Bost, dit "le petit Bost", et à sa future femme Olga Kozakevitch. Tous deux ont été l'un après l'autre dans un ménage à trois avec nos ténors de la littérature avant de se caser ensemble en 1946. Et qui seront leurs témoins de mariage ? Oui, oui, vous avez bien deviné : les deux mêmes crapules. C'est giga glauque.

Alors bon, je pourrais encore gloser là-dessus pendant longtemps et vous parler de Sartre qui va se payer des "chouins russes" de Nice, de Simone qui passe de la collaboration à un amant juif (tu pensais que ce serait tabou, mais non, ce n'est pas tabou), ou de la femme de Boris Vian qui le trompe vergognless avec le "strabisme philosophique" Sartre.

"Euh, elle m'a quitté, je lui ai tout donné."

Mais voyez-vous, je n'ai pas le temps pour ces bêtises. Alors, on va plutôt redire un mot d'un autre épisode : les provocations de Cohn-Bendit. Alors, Daniel Cohn-Bendit, on va aller très vite sur son compte, parce que j'ai déjà eu l'occasion de lui consacrer une excellente vidéo il n'y a pas longtemps. Donc, je vous remets un lien dans le coin de l'écran si ça vous intéresse. Mais en gros et en deux mots, après Mai 68, exilé en Allemagne par le gouvernement français, il s'en ira travailler dans une crèche alternative, où il fera montre d'un comportement giga déplacé envers les enfants, en ayant des expériences avec les gosses, en en jouant avec eux, en en... il y a des rapports émotionnels et même dans le sens émotif, caresses et cetera. J'ai appris beaucoup. Et le pire, il s'en vantera dans un livre de 1975, "Le Grand Bazar". Et sur le plateau d'Apostrophes, oui, encore cette émission, en 1982, avant de revenir sur ses paroles en mode "J'ai rien fait, monsieur l'agent", à partir des années 2000, quand ses carabistouilles ont commencé à se retourner contre lui publiquement.

Ça fait beaucoup là, non ? Mais combien de procès ? Zéro. Combien d'excuses publiques ? Zéro. Combien de remords ? Zéro. En revanche, des justifications et des numéros d'équilibriste moral, ça vous en avez eu plein. Et vous savez quoi ? On a même pas commencé à descendre sous la mer. On est encore à la surface de l'iceberg.

Alors maintenant qu'on a posé les bases, il est temps de commencer à barboter. Enfilez votre scaphandre et suivez-moi si vous l'osez.

Les eaux claires. Françoise D'Eaubonne. Depuis le début de cet épisode, je vous parle beaucoup d'hommes et de problématiques masculines. Mais qu'en est-il du côté des femmes ? Sont-elles toutes blanches et immaculées ? Et ben non, clairement pas. Et pour en parler, je voudrais dire un mot de cette femme, Françoise D'Eaubonne. Une tarée absolue qui est passée à la postérité pour avoir inventé le concept d'écoféminisme et pour avoir tenté de faire exploser la centrale nucléaire de Fessenheim. Non, ce n'est pas une blague, c'est l'exacte vérité. Euh, je sais pas, je sais pas, je suis choqué là.

Françoise, quand elle n'était pas en train d'inciter les femmes à se faire stériliser et les hommes à mourir au plus vite, elle avait aussi d'autres étranges lubies sentimentales. Par exemple, elle militera avec Michel Foucault, un autre nom dont on va reparler, ne vous en faites pas, pour abolir la prison et relâcher un maximum de détenus dangereux dans la nature. Et si vous ne voyez pas le rapport avec les dérives de mœurs dans le sillage de Mai 68, sachez que Françoise, sur la recommandation de Michel Foucault d'ailleurs, elle ira jusqu'à se marier avec un meurtrier détenu à la prison de Fresnes en septembre 1976, un certain Pierre Sana, condamné à 20 ans de cabane pour avoir charcuté un copain. Grosse, grosse ambiance dans le ménage là.

Et puisque ça ne suffisait pas, Françoise va aussi s'engager dans toute une série de groupes militants des années 70 qui amalgament combat marxiste révolutionnaire et défense des minorités sexuelles. C'est un bordel. Et oui, c'est encore plus dingue et crasseux que tout ce que vous pouvez imaginer. Mais comme on va en reparler un peu plus loin, j'en dis pas plus pour l'instant. Suspense.

Et on va plutôt embrayer sur le Nouveau Roman et les éditeurs complices. En France, à partir des années 50, mais notamment dans les années 70, un courant littéraire s'impose autour de figures comme Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute ou encore Claude Simon : le Nouveau Roman. Leur but : renouveler la littérature et faire émerger de nouvelles façons de raconter une histoire. Sauf que rapidement, le Nouveau Roman se perd dans une série de formes creuses : écriture sans ponctuation, trame narrative décousue, références internes hermétiques pour le profane. Bref, en voulant réinventer la roue, nos amis se prennent copieusement les pieds dans le tapis et accouchent d'opuscules vraiment fientants d'un point de vue littéraire.

Mais il y a plus grave, car à mesure que ce mouvement prend de l'ampleur, on s'aperçoit que certains de ses membres ont des vies personnelles, disons, très discutables. Alain Robbe-Grillet par exemple, qui est sans doute la figure de proue de ce mouvement, il racontera dans son livre "Un roman sentimental" paru en 2007 : "Depuis l'âge de 12 ans, j'aime les petites filles et les adolescentes plus ou moins pubères. Je ne l'ai jamais caché." C'est garde à vue, prison direct, hein.

Alors évidemment, pas mal de réactions indignées devant cette publication immonde, mais deux entités vont quand même soutenir Alain Robbe-Grillet : déjà Gabriel Matznef, parce que décidément, le bougre n'en manque pas une. Mais ensuite, et surtout, son éditeur : Robbe-Grillet. C'est un gars qui a fait toute sa carrière aux Éditions de Minuit, et les Éditions de Minuit, qui était un peu la fabrique du Nouveau Roman, c'est vraiment le lieu où ont pu s'exprimer ces discours pendant aussi longtemps. Faut vraiment bien que vous compreniez ça : sans éditeurs pour les publier, sans journaux pour les relayer, et sans émissions pour les imposer, ces sombres personnages ne sont rien et seraient restés dans le néant. On aurait vraiment pu les atteindre juridiquement beaucoup plus tôt si on avait pu les atteindre médiatiquement auparavant. Mais tant que Le Monde publiait des tribunes et tant que les Éditions de Minuit donnaient une légitimité intellectuelle à ces gens, la porte était bloquée.

Et ça, c'est un mécanisme qu'on retrouvera dans les années 80-90 avec les Éditions POL, qui s'était fait une spécialité de publier les écrivains des mouvances homosexuelles les plus radicales. Alors qu'on soit bien clair, je ne dis pas que ces éditeurs sont juridiquement complices de leurs auteurs, feu. Je dis seulement que sans leur appui, ces auteurs n'auraient pas pu surnager aussi longtemps, et qu'il devraient donc aujourd'hui ces éditeurs faire un mea culpa. Et ça, c'est vrai aussi pour de très grandes maisons comme Gallimard ou Le Seuil, par exemple, eux qui ont publié des années durant Philippe Sollers et la revue Tel Quel.

Bon, alors Philippe Sollers, c'est un auteur qui avait vraiment pignon sur rue dans les années 70 à 90, édité chez Gallimard et au Seuil, invité partout, et qui a introduit dans énormément de ses romans des éléments blasphématoires, obscènes ou immoraux au dernier degré. Quelle indignité ! Dès 1973, dans "H", il livrait un roman expérimental saturé de références sexuelles, d'onomatopées et de jeux de langage aussi amusants que les activités dans la crèche de Cohn-Bendit. Avec ce texte, son écriture devient un flot discontinu qui évoque corps, désir, ou encore le tout, dans une logique de saturation pour étouffer le lecteur. À sa sortie, le livre choque par ses partis pris : pas d'histoire, mais une logorrhée qui mêle obscène, scatologique et religieux. Et en 1981, avec "Paradis" par chez Gallimard, Sollers se pousse le curseur encore plus loin : pas de ponctuation, 400 pages de diarrhée verbale continue. C'est absolument illisible.

Et en parallèle, dans Tel Quel, revue qu'il animait au Seuil et qu'il défendait corps et âme, Sollers menait un drôle de petit manège. Officiellement, laboratoire littéraire et lieu où se réunissait toute l'avant-garde parisienne, Tel Quel est rapidement devenu un gigantesque cloaque. À force de purges dans les rangs et de dénigrement par Sollers, les plus normaux de ses contributeurs, comme le très intéressant Jean-René Huguenin, ont fini par prendre la porte. Résultat des courses : avec sa femme Julia Kristeva, qui était psychanalyste, et avec son pote Michel Foucault ou ses maîtresses successives, Sollers a introduit dans Tel Quel une réflexion sur le freudien, sur les rapports entre pouvoir et copulation, et sur les manières de s'assurer l'emprise sur les plus faibles.

Alors oui, le gus, c'est plus ou moins un mage noir en train de fumer des incantations dans sa tour de RPG. J'ai envie de dire : starfou là. Et si ça vous semble assez bon enfant par rapport à tout ce qu'on a déjà vu aujourd'hui, sachez quand même que Sollers a publié à la fin de sa vie "Lettre à Dominique Rolin", un recueil de ses lettres à sa maîtresse, quoi. Voilà, alors que sa femme était encore vivante. Un gars sympa, vrai ?

H, allez, laissons-le là, et maintenant parlons de Michel Foucault et le SM. Alors là, dans le genre, impossible de ne pas en parler. Michel Foucault est un personnage absolument central. Honnêtement, il y a tellement de choses à dire que je pourrais faire un épisode entier juste sur sa trogne. D'ailleurs, n'hésitez pas à me dire si ça vous intéresserait en commentaire, c'est envisageable. Mais pour aller vite, Foucault s'inscrit dans cette mouvance post-Mai 68 qui entend décortiquer les rapports de pouvoir et décrire la vie intime comme un élément politique. Et détail qui n'en est pas un du tout, Foucault et gay. Mais alors super, vraiment giga gay. Yo gay. Et après avoir passé sa jeunesse à réprouver ses pulsions, il est parti super loin dans la deuxième moitié de sa vie, vous allez voir.

Mais commençons par le commencement. Dans "Histoire de la sexualité", publiée en 1976, il montre que l'acte charnel n'est pas un domaine réprimé, mais un champ de savoir et de pouvoir. Plus tard, dans des entretiens, en 1981, il présente l'homosexualité non comme une identité fixe, mais comme une invention de nouvelles relations. Mais oui, c'est clair.

Alors, tout ça, c'est du jargon, c'est très bien. Mais ça donne quoi dans la pratique ? Et ben, voyons voir. Installé à San Francisco à la fin des années 70, Foucault fréquente la scène gay underground et les clubs SM où il voit dans le sadomasochisme un laboratoire de création de plaisir et de rapports inédits.

"Sa mis le tablier, c'était limite. J'avais pas laissé un petit peu le cul dépasser avec une plume, tu sais."

Le mec participait à tous les trucs hardcore possibles avec les mecs les moins fréquentables du game. Et une fois sorti des backrooms, il se hâtait de venir répandre la French Theory sur les campus à Merlock. Vraiment un bon équilibre de vie, quoi. Et à force de vivre dangereusement, Foucault a chopé une très sale maladie dont on va beaucoup reparler par la suite : le sida, dont il mourra en 1984. En somme, à force de vouloir s'émanciper de toutes les normes sociales possibles, la nature s'est rappelée à lui d'une manière implacable et cruelle. Son refus de pathologiser ou de moraliser certaines pratiques et sa valorisation de comportements extrêmes comme des expériences de liberté ont fait de lui une figure centrale de ce climat intellectuel où les normes morales et charnelles étaient radicalement contestées. En somme, ce n'est pas un coupable mais un bon idiot utile.

Et ça m'offre une excellente transition pour vous entraîner à présent vers...

Les profondeurs inquiétantes. Tony Duvert. Alors là, j'annonce : à ce stade, on entre dans le dur. Ne cherchez plus la lumière, elle commence à se faire rare. On entre dans la cour des horreurs. Et en entrant sur votre gauche, vous remarquerez peut-être cette silhouette malsaine : c'est celle de Tony Duvert.

Tony Duvert, né en 1945 et mort en 2008, c'est une sorte d'expérience gauchiste façon Frankenstein qui aurait très mal tourné. L'enfance terrible de la libération de Mai 68 a fini pour de bon, et clairement, par basculer dans les pratiques les plus abjectes avec des enfants. Le tout sous les applaudissements des petits cercles mondains parisiens. Primé d'ici en 1973 pour "Paysage de fantaisie", Duvert s'est construit toute une carrière littéraire sur l'apologie frontale de rapports avec des mioches qu'il défend sans détour dans "L'Enfant au masculin", publié en 1980 aux Éditions de Minuit. Tiens, tiens, tiens, tiens, tiens.

Chez lui, pas de sous-entendu. L'abolition de la famille, la libération totale de l'enfant et le droit des adultes à en jouir sont revendiqués comme un programme politique et littéraire. Encensé par une certaine gauche germanopratine des années 70, puis tombé dans un oubli quasi total, Tony Duvert incarne aujourd'hui l'angle mort le plus dérangeant de cette époque, quand l'avant-garde confondait émancipation et justification de crime. Sa trajectoire de la reconnaissance médiatique à la marginalisation complète montre à quel point une littérature peut être célébrée au nom de la transgression avant d'apparaître rétrospectivement comme l'un des sommets les plus sordides du naufrage post-68.

Vivante, reclus à l'écart du monde les 12 dernières années de sa vie, Duvert finit misérablement, seul et oublié, tandis que son corps n'est retrouvé que plusieurs semaines après son décès. Non loin, on retrouve aussi une sortie de compilation d'images illégales que la police s'empresse de saisir. Ainsi passe la gloire des gauchistes.

Guy Hocquenghem et le FHAR. Ne reprenez pas votre souffle trop vite, on entre dans le gouffre de la bête. Par ici, c'est du très sérieux. On pénètre dans le territoire de l'infâme Guy Hocquenghem. Vous allez voir, l'animal est vicieux.

Guy Hocquenghem, né en 46 et mort en 88, à la base, c'est un normalien et agrégé de philosophie. Un ami sérieux. Donc, attendez de voir. On peut en parler ? On va rigoler. On va rigoler, hein. On va rigoler. Figure montante de l'intelligentsia post-Mai 68, proche des milieux maoïstes, il s'impose dans les années 70 comme plume du torchon Libération et essayiste reconnu. Son livre "Le Désir homosexuel", influencé par Deleuze et Guattari, fait date. Il y théorise l'homosexualité comme force révolutionnaire capable de subvertir les structures sociales et familiales. On en reparlera quand il faut rapporter quelque chose de lourd. Oui, oui, vous avez bien entendu. Le bougre cherche à unifier le marxisme le plus hardcore avec la sexualité gay. Alors, je sais pas si quelqu'un avait pensé à lui dire comment Che Guevara ou Mao voyait sa communauté, mais en tout cas, une chose est sûre : Guy est rapidement devenu l'un des intellectuels les plus autodestructeurs de toute sa génération. Vivant dans une succession d'orgies parisiennes, il milite dans tous les groupes possibles et fréquente les pires bubons maoïstes de son temps, jusqu'à attraper lui aussi le sida, dont il mourra à la fin des années 80. Alors, RIP Guy Hocquenghem. Et ben non.

Parce que Hocquenghem, c'est aussi le FHAR, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, qu'il a fondé en 1971 avec une certaine Françoise D'Eaubonne, dont on a parlé plus tôt. Oui, le monde des petits. Avec ses amigos, Guy entendait transformer l'homosexualité en étendard politique dans un mélange explosif de provocation, de marxisme et de rejet total de la norme familiale. Sale gauchiste.

Les tracts du FHAR, parfois signés par Hocquenghem, brouillent volontairement les lignes en revendiquant toutes les sexualités minoritaires, y compris le fameux mot en P qu'on ne peut pas prononcer, au nom de l'émancipation. Et comme si ça suffisait pas pour surenchérir dans la maboulerie, dans ses interventions publiques, Guy raillait aussi ceux qui incitaient à se méfier du sida. Il disait même que cette maladie servait de prétexte à une nouvelle répression de la part de l'État bourgeois, parce que oui, le mec baignait en pleine théorie du complot.

En somme, avec son rôle au sein du FHAR, ce gus illustre jusqu'à la caricature la dérive post-68 : transformer une lutte légitime en apologie radicale de comportements criminels, jusqu'à mettre sa vie en jeu et à en claquer prématurément. Et d'ailleurs, en parlant de militantisme gay, laissez-moi vous introduire, si j'ose dire, auprès de la revue Gai Pied. Comme je l'ai dit, l'homosexualité n'était pas interdite en France dans les années 60, mais elle était mal vue. Il est donc logique et même légitime qu'avec la libération des mœurs post-68, des mouvements de défense LGBT aient commencé à émerger. Et qui dit mouvement de défense, dit journaux, et qui dit journaux, dit dérive.

Fondé en 1979 par Jean Lebitou. Ça ne s'invente pas. Ça, c'est rigolo, ça suffit. Gai Pied devient rapidement la revue phare de la communauté homosexuelle en France. Diffusé dans les kiosques, lu par des dizaines de milliers de personnes, le journal mélange chroniques médicales, petites annonces, littérature érotique et réflexion politique. C'est un espace de visibilité inédit pour les gays à une époque où l'homosexualité reste stigmatisée et discriminée, et des plumes connues comme Hocquenghem, Copi ou encore Hervé Guibert y publient des textes.

Pendant plusieurs années, la revue sert de véritable carrefour intellectuel et militant. Mais les dérives vont pas tarder à arriver, parce que Gai Pied incarne aussi les ambiguïtés de cette libération sexuelle radicale. En accueillant des textes et des débats liés au FHAR, en flirtant parfois avec la provocation autour de sexualités marginales, la revue ouvre ses pages à des positions qu'on jugerait aujourd'hui très problématiques. À la charnière des années 80, elle banalise une sexualité débridée sans toujours prendre la mesure de l'arrivée du sida. Certains auteurs, dont Hocquenghem, comme on l'a dit, parlant même à ce sujet de "panique morale" plutôt que de catastrophe sanitaire.

Dans ce sens, Gai Pied fonctionne comme le miroir des contradictions de l'époque : un espace de liberté et de fierté, mais aussi une caisse de résonance pour les excès, la confusion idéologique et les dérives d'une libération sans garde-fou. En somme, ce journal, c'est le fanzine de la libération post-68 qui s'est souvent pris pour un manifeste révolutionnaire. On y trouve Hocquenghem qui prolonge les mots d'ordre du FHAR et continue de défendre une vision sans garde-fou de la sexualité. On y trouve aussi des textes d'Hervé Guibert qui traitent du sida sur un mode souvent esthétique et provocateur plutôt que sanitaire. Et dans les années 80, la revue publie des petites annonces et des articles qui laissent place à une zone grise.

Résultat : Gai Pied devient un carrefour où se croisent des écrivains publiés chez POL ou Minuit, des militants radicaux, de simples homosexuels qui veulent vivre leur vie tranquillement, des journalistes de Libération. Bref, c'est un gigantesque gloubi-boulga où des gens tout à fait normaux côtoient des tarés finis, au cœur d'un réseau qui a contribué à donner une légitimité intellectuelle à des positions complètement destructrices et parfois criminelles. Et en prime, ce journal a ouvert la porte aux plus abominables catastrophes.

Suivez-moi, il est temps de plonger au plus profond dans les abysses.

Christian Eynaud et Libération. Ah, que serait un iceberg des dérives gauchistes sans un peu de Libération, hein ? Je vous demande un peu. Et pour le coup, on va en parler un peu beaucoup de leur rédaction criminelle. Non mais calmez-vous, madame, ça va bien se passer.

Christian Eynaud, journaliste actif dans les années 70-80, occupe une place centrale à Libération dans le sillage de Mai 68. Il couvre de nombreux sujets liés aux sexualités minoritaires et aux débats sur les mœurs, en adoptant une posture militante qui dépasse largement la simple information. Son travail devient particulièrement controversé avec la couverture du 4 mai 1977, intitulée "Apprenons l'amour à nos enfants", qui accompagne un article plaidant pour une éducation complète incluant la reconnaissance des désirs des enfants. Cette publication, qui suscite un scandale retentissant et légitime, illustre le rôle d'Eynaud : médiatiser et légitimer des positions radicales au nom de la liberté individuelle et de la lutte contre la morale bourgeoise.

Mais c'est pas tout. Oh non ! Loin de là, même. En fait, Eynaud avait pris sous son aile un jeune garçon, Franck Demull, présenté comme son fils adoptif dans certains cercles. Ce dernier, devenu adulte, a publié un livre relatant les expériences vécues à l'époque et dénonçant un véritable calvaire. Alors, je ne vais pas trop rentrer dans les détails parce que c'est vraiment répugnant, mais dites-vous que c'était quotidien, répété, douloureux, que les juges s'en fichaient, et que Eynaud poussait le vice jusqu'à se ramener en conférence de presse à Libération avec son gosse sous le bras, sans que personne ne s'avise de rien dire. Et finalement, Eynaud sera arrêté par Interpol au Cambodge en 97 pour des agissements similaires sur d'autres jeunes garçons locaux. Et c'est là, pas la justice française, qui mettra fin à ses agissements. Mon Dieu, quelle horreur !

Et on n'est même pas tout en bas des abysses.

Cyril Collard et Christophe Bourdin. On l'a vu, à partir de la fin des années 70, le sida devient une problématique vraiment centrale pour les milieux interlopes et marginaux post-Mai 68. La question n'est plus vraiment de savoir si on peut faire mumuse avec des gamins, mais si on peut éviter d'attraper cette maladie mortelle, inconnue et plus terrifiante qu'un courrier de la République française : le sida. Pourtant, il y a une véritable légèreté chez les écrivains gays à cette période. C'est comme si tout ça n'était pas bien grave, n'allait pas les toucher, et que de toute façon, on s'en fichait.

Et là, deux cas sont véritablement emblématiques : Cyril Collard et Christophe Bourdin. Alors, prenons-les dans l'ordre. Cyril Collard, c'est l'archétype du rebelle fabriqué par les médias. Beau gosse, artiste maudit qui se pavane avec son aura de génie incompris. On en a fait une icône de la transgression avec "Les Nuits fauves", comme si coucher sans prévenir qu'on est séropositif était un acte de liberté. En vérité, c'est la culture du danger, de la séduction toxique, du romantisme morbide érigé en modèle par une génération fascinée par l'autodestruction qui prime dans ce texte. Collard, c'est la preuve qu'on peut transformer la prédation en geste esthétique, et que le cinéma ou l'édition peuvent blanchir les comportements les plus irresponsables au nom de la création.

Et Bourdin, son double noir, son miroir trash, c'est le même, mais sans la gloire. Écrivain borderline, enfermé dans ses obsessions sexuelles et sa fascination pour la jeunesse. Il n'a pas eu les caméras, mais il a poussé tous les potards encore plus loin. Il décrit des relations entre adultes et adolescents avec un détachement clinique qui dépasse la fiction pour frôler l'apologie. Alors vraiment, je sais qu'à ce stade de la vidéo, on peut perdre la notion du bien et du mal quand on côtoie trop longtemps ces mabouls. Mais vraiment, ces deux auteurs, morts tous deux du sida d'ailleurs, ils ont participé à relativiser une maladie grave et donc à accentuer une épidémie meurtrière. Indirectement, ils ont du sang sur les mains, beaucoup de sang.

Mais pas autant que Guillaume Dustan et le Bareback. Alors lui, c'est mon boss final. Une infamie totale, absolue, sans retour. Car qu'est-ce qui est pire que minimiser une épidémie mortelle, si ce n'est la propager volontairement ? Et même pas pour s'enrichir ou se venger, hein, par simple pulsion autodestructrice, par folie furieuse, par gauchisme sociétal en phase terminale. Mesdames et messieurs, voici Guillaume Dustan.

Guillaume Dustan, c'est l'enfant terrible de la littérature gay post-68. Celui qui transforme les pratiques à risque en manifeste esthétique. Avec ses romans comme "Dans ma chambre", il se fait un nom en racontant sa vie sans filtre : rencontres anonymes, nuits de débauche, et surtout le bareback, cette pratique de la pénétration par derrière, non protégée et sans prévenir le partenaire, qui glorifie ouvertement, défiant la peur du sida et toutes les injonctions sanitaires.

Chez Dustan, il n'est jamais juste question de plaisir. C'est une manière de flirter avec la mort, de tester les limites et de provoquer des catastrophes. Dans des interviews, notamment dans Libération en 97, Dustan revendique haut et fort le bareback comme geste politique et esthétique. Pas de culpabilité, pas de morale. Le risque devient instrument de liberté, et la contamination potentielle a un effet secondaire assumé. Dans sa folie, le sida, c'est une contrainte sociale, et lui, il choisit de s'en jouer. Sans aucun contact avec la réalité, il se raconte que sa vie est une grande performance où il joue avec la vie de ses multiples amants sans la moindre retenue.

Jusque-là, c'est allé, mes amis, jusque-là. Et c'est ça le pire : Dustan ne se contente pas de raconter, il normalise. Ces personnages naviguent dans les clubs parisiens et new-yorkais, échangent leur corps comme des cartes, ignorent systématiquement toute protection, et font même de la non-protection une norme. Les récits sont crus, détaillés, sans aucune mise à distance morale. Le lecteur est confronté à l'extrême : transgression, débauche, mais aussi exposition volontaire à une maladie mortelle. On est loin d'un roman sur les désirs. C'est une apologie du risque, un acte criminel revendiqué et abominable qui condamne en conscience ses victimes à des années de souffrance et de désespoir.

Finalement, Dustan meurt du sida en 2005, laissant derrière lui une œuvre abjecte, un document effrayant sur l'autodestruction et l'idéologie du "tout et permis". Avec lui, la littérature est dévoyée au service d'un projet de mort et de torture qui emploie l'amour et la rencontre de deux êtres qui se plaisent pour véhiculer la destruction et la honte. Cette horrible tâche dans l'histoire littéraire du temps montre jusqu'où la libération sexuelle post-68 a pu sombrer dans le nihilisme. C'est le fond du fond de l'iceberg. Vous avez touché les abysses. Bravo !

Il est temps de remonter à la surface pour la conclusion.

Conclusion. Bravo à tous ceux qui auront tenu jusque-là. Cette vidéo a été particulièrement éprouvante pour moi, avec beaucoup de recherche dans tous les sens et beaucoup de lectures sur des sujets repoussants. Alors si vous avez trouvé le résultat intéressant, un petit j'aime, un petit boost, un abonnement, ça fait toujours plaisir. Je vous remercie par avance.

Je vous rappelle aussi que vous pouvez soutenir mon travail et celui d'une myriade de jeunes auteurs, autrement plus talentueux et respectueux que les mabouls qu'on a étudiés aujourd'hui, en vous procurant de bonnes lectures à La Giberne, ma maison d'édition. Alors n'hésitez pas, c'est vous qui faites vivre le projet. Si vous voulez un peu de vigueur après ce triste voyage, "L'adieu jamais meurt" devrait vous plaire. Et si vous aimez la science-fiction teintée de thriller, "Objectif 23" ou "Rolf" sont faits pour vous. Venez lire les extraits sur le site et découvrez les avis des autres lecteurs. Ça ne vous coûte rien, mais ça pourrait bien vous charmer.

Encore une fois, j'espère que la vidéo du jour vous aura plu. Je crois qu'on n'avait jamais autant plongé dans la fange des gauchistes, mais il le fallait. À un moment donné, on ne peut pas laisser passer n'importe quoi. Trop, c'est trop, on ne peut pas accepter ça.

Avant de nous quitter, je vous rappelle que cette vidéo a été soutenue par Terre de France et ses collections 100 % fabriquées en France et engagées pour nos territoires. Si ça vous tente, allez jeter un œil à leur site. Le lien est en description. Moi, je vous dis à la revoyure. Chargez les gars.

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