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POUR TOUS CES ENFANTS INNOCENTS QUE NOUS AVONS ENQUÊTÉ. MALGRÉ LA DURETÉ DE CES DRAMES

Frontières 2:49

Transcription

Je voulais vous parler de Preston, ce petit bout de 13 mois. C'était un bébé comme les autres, épanoui, souriant, innocent, enfin, le peu de temps qu'ils lui ont accordé. Il aura finalement connu 4 mois d'enfer lorsqu'il a été adopté par un couple d'hommes en Angleterre en avril 2023. Preston Davi, l'impensable. Des V répétés, des violences extrêmes, des fractures, des tortures. Plus de 40 blessures ont été révélées sur son petit corps et finalement, ils l'ont étouffé le 27 juillet 2023 à seulement 13 mois.

Ces deux bourreaux, Jamie Varley, professeur de lycée et directeur adjoint, et John McGohan, ont été condamnés respectivement à la perpétuité incompressible pour abus et à 25 ans de prison ferme pour avoir laissé faire et participer aux violences. Pendant les 4 mois où Preston était chez les deux hommes, il a été amené plusieurs fois à l'hôpital, au moins trois fois pour des difficultés respiratoires, des convulsions, des saignements de nez, des équimoses importantes sur le visage et le corps, une fracture du coude et d'autres blessures très suspectes. Et à chaque fois, Jamie donnait des explications du type : "il est tombé, c'est un accident, il s'est cogné", et les médecins et services sociaux ont accepté ces explications sans creuser davantage.

Certains signalements ont bien été faits au service de protection de l'enfance, mais ils ont fait confiance aux explications des deux pères adoptifs et n'ont pas considéré le danger comme imminent. Sommes-nous encore capables de protéger nos enfants ? L'État est-il assez vigilant sur les profils de ceux à qui il les confie ? Comment des hommes comme Jamie Varley ou comme Pierre Alain Cottino, qui était assistant familial agréé par l'État, peuvent-ils exercer un métier au côté de nos enfants ?

En France, la réalité est souvent bien plus clémente pour les prédateurs. En prison, ils sont protégés. Ils sont même dans des petits villages résidentiels où ils peuvent vaquer à leurs occupations et faire des activités pour se détendre. D'après les chiffres du ministère de la justice, d'après les statistiques annuelles et les rapports parlementaires sur la criminalité, la moyenne réelle de prison ferme pour ce genre de monstre se situe plutôt autour de 6 à 8 ans. Seuls les cas les plus graves dépassent les 15 à 20 ans effectifs. Des monstres ressortent après avoir détruit des vies, parfois pour recommencer. On parle de réinsertion, on parle du futur de ces hommes pendant que l'on oublie trop facilement ceux qui ont pris perpétuité : les victimes.

La protection de l'enfance doit primer sur toute considération militante, et ce n'est pas le cas. Preston n'était pas un projet parental, il était un enfant, un être vulnérable que la société avait le devoir absolu de protéger. Face à son calvaire, nous avons une responsabilité : ne pas détourner le regard, ne pas minimiser. Je ne peux même pas vous montrer les vidéos où on l'empêche de dormir en lui faisant peur, ni certains éléments de ce qui a été retrouvé dans son pauvre petit corps. La protection de l'enfance ne doit plus être une affaire de statistique tolérable, mais la ligne rouge absolue de notre civilisation.

Avec Frontière, nous avons décidé de briser le silence et avons mené une large enquête sur le sujet en donnant la parole aux victimes trop souvent oubliées. On compte sur vous pour ne pas détourner le regard. Rendez-vous sur www.frontièmedia.fr.