📱

Get Our Mobile App

Take your business learning on the go!

Download on the App StoreGet it on Google Play

Elle a vécu le PIRE des enfers en Corée du Nord !

Conte Fécond20:29

Transcription

À quoi ressemblerait votre vie si la France était un régime totalitaire ? Privation de liberté, propagande, pauvreté... Jusqu'où ce cauchemar pourrait aller ?

Et bien, justement, on va poursuivre notre découverte de témoignages sur des endroits sombres et malsains. Et là, c'est le récit de Yeonmi Park, qui est une Nord-Coréenne qui a fui son pays. Comme d'hab, je vous raconte tout ça avec une voix pour plus d'immersion.

Et là, petit disclaimer d'ailleurs, je rappelle qu'il s'agit d'un témoignage. Donc, bah, on verra tout à travers le regard subjectif, bien sûr, de Yeonmi, avec son vécu, ses propres opinions. Donc, bah, sa vision de la Corée du Nord. D'ailleurs, vous savez, on peut visiter la Corée du Nord. Ça doit être hyper intéressant, honnêtement, premier degré. Mais la visite est très particulière. Bref, en tout cas, Yeonmi, de son côté, elle a vécu des moments assez chauds, assez dérangeants aussi pour certaines personnes. Donc, voilà ce qu'on risque de trouver dans cette vidéo : bah, c'est une enfance dans la campagne nord-coréenne sous la dictature, et comment ça s'est passé. Des conditions de vie qui ont empiré pas mal aussi, des dangers et des horreurs pour ceux qui veulent fuir le pays, mais aussi bien d'autres choses. Bref, en tout cas, c'est parti pour découvrir la vie en immersion de Yeonmi Park, la réfugiée nord-coréenne la plus célèbre.

Alors, pas de chance, Yeonmi Park, elle est née au mauvais endroit, au mauvais moment. En fait, sa mère accouche le 4 octobre 1993 dans la ville de Hyesan. Et c'est une grande bourgade de 200 000 habitants qui est située tout en haut de la Corée du Nord. Vous voyez la map ? C'est pas si loin de la Chine, en vrai. D'ailleurs, c'est quasiment à la à la frontière chinoise, et ça, vous verrez que c'est un détail hyper important.

Et là, pour le contexte, bah, la Corée du Nord, au cas où vous auriez peut-être pas toutes les infos, bah, c'est un petit pays tout charmant, mais surtout un régime communiste autoritaire depuis 1948. Et c'est d'ailleurs la dernière dictature communiste aussi rigide, quoi. En tout cas, bon, la Corée du Nord, elle est régie, elle est dirigée par la dynastie Kim. Et donc, ça, c'est une famille qui se passe le trône de père en fils, une royauté, quoi, en gros. Et là-bas, on a 25 millions d'habitants qui n'ont quasiment aucune liberté. Les frontières sont gardées, et ceux qu'on chope en train de s'enfuir sont immédiatement abattus. D'ailleurs, le moindre mot de travers, et votre vie peut s'arrêter là. Bref, on a clairement vu mieux comme comme mode de vie.

Alors, petit point positif quand même, la famille de Yeonmi fait partie de la classe moyenne. Son père, il travaille comme fonctionnaire, et sa mère est infirmière. "Je vis avec mes parents et ma grande sœur dans une maison." Mais vous emballez pas, ça veut pas dire qu'on a du confort. Je sais que ça va être dur à croire, mais on a pas de lumière, pas de chauffage, et même pas de lit pour dormir. Alors, imaginez si on faisait partie de la classe pauvre.

En fait, en dehors de la capitale, où le niveau de vie est à peu près correct, bah, tout le reste du pays, il vit clairement dans la misère. Et pour résumer, bah, quand tu es là-bas, non seulement tu as pas de liberté, mais en plus, tu es archi pauvre. Et donc, l'enfance de Yeonmi, elle est pas particulièrement fun, quoi. En fait, dès qu'elle est en capacité d'apprendre quelque chose, son endoctrinement commence. Et donc, elle apprend à obéir de manière très stricte à toutes les règles du pays. Et autre détail qui ne laisse pas le droit à l'erreur : tout le monde est encouragé à dénoncer ceux qui ne suivent pas les règles. Donc, voilà, vos voisins, vos cousins, vos profs, vos amis, donc n'importe qui peut vous balancer contre une petite récompense. Autrement dit, bah, bienvenue dans la délation.

Là-bas, on dit que même les oiseaux et les souris peuvent t'entendre chuchoter. À l'école, on apprend à se confesser pour avouer soi-même ses erreurs. On doit souvent répéter : "Je n'ai pas assez rendu service au Grand Leader." On nous fait aussi croire que si on avoue tout, le Grand Leader nous pardonnera nos péchés. Et cette propagande, elle vise à glorifier la dynastie Kim. Yeonmi, donc, doit clairement les vénérer comme des dieux.

Et d'ailleurs, pour l'anecdote, le jour où le grand leader d'avant, Kim Il-sung, meurt, et bien la mère de Yeonmi n'en revient pas. En fait, on lui a tellement lavé le cerveau qu'elle n'avait jamais envisagé la possibilité que Kim puisse mourir. Et donc, bah, qu'il soit mortel.

D'ailleurs, à l'inverse, Yeonmi apprend aussi à haïr les ennemis du pays. C'est quand même plus simple. Et en particulier les Américains et les Coréens du Sud, cette bande de de fripons, quoi. Enfant, on ne fabrique pas des poupées, on nous oblige à fabriquer des tanks pour tuer ces d'Américains. Quand on nous fait faire des bonhommes de neige, c'est pour ensuite leur tirer dessus avec des cailloux en criant : "Meurs, sal' Américain !" En maths, les problèmes sont : "Il y a quatre salopards d'impérialistes, tu en jettes deux, combien en reste-t-il ?" Et en vrai, bah, du coup, tout est comme ça pour les enfants nord-coréens.

D'ailleurs, autre exemple, Yeonmi doit participer à des des sortes de pièces de théâtre géantes. Elle joue dans des reconstitutions de scènes historiques réécrites, quand même, à la sauce des Kim. Et donc, on parle quand même là de milliers et de milliers d'enfants qui sont parfaitement synchronisés. Et je peux vous dire qu'ils s'appliquent, parce que bah, ils risquent d'avoir des petits pépins en cas d'erreur. "Un jour, un des élèves de ma classe s'est fait exécuter parce qu'il a oublié de prévenir les profs qu'il était malade et qu'il ne pouvait pas participer." Ouais, ça fait froid dans le dos. Dans le même style, "À 9 ans, j'assiste à l'exécution publique de la mère de ma meilleure amie, tout ça parce qu'elle avait regardé des films étrangers en secret." Ouais, c'est c'est chaud, c'est chaud.

Et donc, en gros, voilà à quoi ressemble la petite enfance de Yeonmi. Et du côté de sa famille à elle, bah, Yeonmi ne va pas non plus échapper à certaines injustices. Et parce que ce n'est que le début, la situation ne va pas aller en s'arrangeant. Parce que très rapidement, il va commencer à y avoir des manques.

Au milieu des années 1990 débute la plus grande famine de l'histoire de la Corée du Nord. En fait, c'est la période où tous les systèmes communistes se cassent la tronche, notamment bah en URSS, avec vous savez, le le mur de fer qui se casse la tronche et tout l'URSS qui s'écroule. Et donc, bah, la Corée du Nord perd tous ses alliés, et en particulier ceux qui lui fournissaient de la nourriture. Sauf que sans ces petites aides, bah, le pays bascule dans une période encore plus sombre qu'avant. Et donc, globalement, la population entière devient pauvre et ne mange plus à sa faim, y compris la famille de Yeonmi. "Ma sœur et moi, on croise tous les jours des cadavres dans les rues. On entend régulièrement des adultes dire des trucs du genre : 'Dommage qu'il n'ait pas tenu jusqu'à l'été.' J'ai faim toute la journée, j'ai froid, aucune énergie. Parfois, je mange carrément des insectes pour tenir le coup. En plus, on a carrément plus d'électricité. On enterre des proches de tout âge, on sait pas qui sera encore en vie la semaine prochaine." Bref, en quelques années, bah, cette famine tue jusqu'à 3 millions de personnes. Donc, ça représente des milliers de morts tous les jours.

Et bah, autour de Yeonmi, les gens cherchent des solutions pour manger. Et c'est ainsi qu'une partie de la population se met au capitalisme en créant le marché noir. Et là, bah, pour survivre, les parents de Yeonmi n'ont pas le choix et ils désobéissent aux règles. Ça devient chaud. Et du coup, ils achètent différents produits sur le marché pour les revendre autour d'eux. Donc, bon, malgré le contexte, Yeonmi vit parfois des moments plus agréables. "Des fois, mon père m'apprend à jardiner dans notre petit jardin. Et quand il fait vraiment glacial en hiver, ma mère fait chauffer des pierres dans le feu et les met dans une couverture. Elle nous les donne à ma sœur et moi pour nous réchauffer. Mes parents font tellement de choses pour nous, ils sont prêts à n'importe quel sacrifice, y compris à risquer les pires conséquences."

Et justement, en parallèle, le père de Yeonmi fait du commerce illégal avec du métal de récup. Bon, en fait, il reste clairement très très gros, mais il est habitué quand même à rouler les autorités. Il a déjà été chopé quelques fois, mais il est toujours arrivé à s'en sortir en les soudoyant. Et ça, c'est pas étonnant, parce que la corruption, elle est présente partout en Corée du Nord. Donc, pendant quelques temps, le père de Yeonmi arrive à ramener un peu de nourriture à sa famille, jusqu'au jour où la police l'arrête. Et que cette fois, bah, il arrive pas à lui glisser un petit peu de vin. Ce n'est pas suffisant. "Mon père est condamné à 10 ans de travaux forcés. Il est envoyé dans un camp de travail où la plupart des prisonniers ne survivent pas."

À partir de là, pendant des mois, ma sœur et moi, on est séparés de notre mère. On nous envoie à gauche à droite, vivre chez d'autres membres de la famille. On devient des blacklistés de la société, les gens à ne pas fréquenter si on ne veut pas s'attirer des ennuis, quoi. Bon, du coup, là, cet emprisonnement est le point de départ du projet de fuite de Yeonmi. Mais vous allez voir que ça va être un long processus hyper dangereux à mettre en place.

Et donc, les mois passent et passent, et la famine et la pauvreté continuent d'empirer. Et là, bah, Yeonmi grandit et devient une jolie ado qui est très courtisée par les garçons de son âge. Et en parallèle, sa routine est toujours plus chargée et plus stricte. Et c'est ainsi que très tôt, vers 5h du mat, ben, il y a les sirènes qui retentissent partout dans le pays pour réveiller la population. Ah bah, tu fais des économies de réveil, c'est sûr, clairement. Il y a des haut-parleurs qui diffusent une sorte de chanson patriotique, c'est un peu le chant du coq, là-bas. D'ailleurs, il n'y a pas de bus scolaires, donc les élèves doivent tous aller à l'école à pied. Et la propagande dure toute la journée dans toutes les matières scolaires. Pour vous donner une idée sur le niveau de propagande en Corée du Nord, il n'y a pas de mots pour parler de concepts comme les centres commerciaux, la liberté, ou même l'amour. Le seul vocabulaire sur l'amour qui existe sert à exprimer l'amour envers les Kim. Résultat, ils arrivent à influencer notre façon de penser. Tout ce que j'apprends du monde extérieur vient des films que mon père ramenait du marché noir quand il était encore avec nous, notamment le film Titanic.

Alors, après l'école, pas question de se reposer, hein. Yeonmi, elle est envoyée avec les autres élèves pour filer un coup de main aux agriculteurs ou pour nettoyer des monuments. Et en hiver, la journée se termine un peu plus tôt, parce que bah, en fait, manque d'électricité. Donc, bah, il fait nuit, il voit rien, donc il faut qu'il rentre à la maison, quoi. Et comme bah, il fonctionne surtout à la bougie, là-bas, et qu'elle coûte cher, bah, la nuit, elle vit surtout dans le noir. Et d'ailleurs, l'une des dernières tâches du quotidien, c'est d'observer les étoiles, pas pour rêvasser et tout, c'est surtout pour anticiper la météo à venir. Donc, voilà, c'est un peu ces journées classiques.

Et là, évidemment, bah, il manque plein de petits détails malsains. Par exemple, on pourrait parler du mur qui est dédié au portrait des dirigeants dans chaque maison, ou même encore des réunions obligatoires où on remet une couche de propagande sur la population, ou même les gens qui doivent se critiquer les uns et les autres devant tout le monde, ça fait partie du du job, quoi. Bref, bah, pour Yeonmi et les Nord-Coréens, la vie, bah, ça n'existe pas vraiment, là-bas, c'est plus de la survie. C'est une sorte de Minecraft mais sans le fun qu'il y a avec, quoi. Clairement, faut marcher droit, ne pas se faire remarquer, et essayer d'avoir de quoi bouffer. Donc, Yeonmi, elle doit subir ça sans son père pour la soutenir. Mais heureusement, elle finit par pouvoir réhabiter avec sa mère et sa sœur.

Et donc, au fil du temps, elle prend de plus en plus conscience que la situation, bah, elle n'est pas normale. "Je grandis en entendant des histoires sur la Corée du Sud. Apparemment, là-bas, les gens vivent libres et heureux. On me parle aussi de la Chine, pour nous, c'est un symbole de prospérité, d'abondance, de sécurité." Je commence à rêver de m'échapper d'ici, mais je sais à quel point c'est dangereux. En attendant, je suis les traces de mon père et je commence à désobéir. Je me lance sur le marché noir et avec quelques amis de confiance, on lutte aussi contre la propagande.

Et finalement, après 2 ans, le père de Yeonmi sort enfin de prison. Et là, du coup, il réussit à soudoyer le directeur. Par contre, ça a été un peu chaud pour lui en prison, puisque en 2 ans, c'est comme s'il en avait pris 20. Et du coup, il ressort super malade et affaibli. Et d'ailleurs, pile à ce moment-là, tout s'accélère. En fait, Yeonmi tombe, elle aussi, gravement malade, et elle doit subir une grosse opération. Et du jour au lendemain, bah, sa sœur, elle s'enfuit en Chine sans prévenir personne. Et en même temps, parce que c'est pas drôle, sinon, bah, son père, bah, il apprend qu'il a un cancer. Bref, tous ces éléments déclencheurs qui arrivent d'un coup, ça va être l'élément déclencheur du plus grand projet de sa vie, et du plus risqué.

Et du coup, avec son cancer, le père de Yeonmi, il est pas en état de voyager. Et donc, il va rester en Corée du Nord. Par contre, Yeonmi et sa mère, elles, elles ont plus le choix, parce que leur vie, elle a jamais été aussi précaire et elles ont tout le temps faim. C'est vraiment plus vivable. Et donc, pour elles, la seule solution, ce sera de s'enfuir, malgré les risques qu'elles en courent. "Quand je décide de partir, c'est même pas pour trouver la liberté. Je pars parce que sinon je vais mourir. J'en suis à manger tous les insectes et toutes les plantes possibles. On mâche même parfois des racines sans les manger, juste pour avoir quelque chose en bouche. C'est vraiment la fin et la volonté de survivre qui nous décident à fuir."

Ma mère et moi, en fait, même si Yeonmi se rebelle un peu contre la dictature, bah, l'endoctrinement a clairement marché sur elle. En même temps, elle a vraiment rien connu d'autre, elle a été biberonnée à ça depuis qu'elle est née. C'est chaud, quoi. En fait, comme sa mère, elle pense sincèrement que la Corée du Nord, bah, c'est le centre du monde et que les Kim possèdent des pouvoirs surnaturels. Mais pas parce qu'elle est stupide, hein, c'est juste que bah, comme je le dis, on lui a dit depuis qu'elle est née que c'est la vérité, quoi. C'est comme si on vous disait que la terre est plate depuis que vous étiez né, bah, si vous pouvez pas constater l'inverse, voilà, quoi. Et du coup, à part quelques films ou quelques récits par-ci par-là qu'elle a entendus, elle est complètement coupée du reste du monde. Et donc, si elle et sa mère partent, bah, c'est vraiment pour survivre, c'est pas pour avoir de la liberté, peut-être machin.

Et ça, ça tombe bien, parce que bah, c'est le meilleur moment dans l'année pour traverser la frontière. En fait, le Yalu, la rivière qui sépare la Corée du Nord de la Chine, et à ce moment-là, gelée, donc, c'est parfait. Là, on est alors en mars 2007, et Yeonmi est âgée de 13 ans. Elle est encore petite, quoi, à ce moment-là. C'est la nuit noire, et elle et sa mère suivent des passeurs. Elles abandonnent alors le papa derrière elles, mais en faisant ça, elles espèrent quand même retrouver la sœur de Yeonmi, parce que ça fait à ce moment-là quelques jours qu'elle est partie.

Tout s'organise assez vite. On trouve des gars qui font le passage de la Corée du Nord à la Chine, et paf, on se retrouve à ramper en pleine nuit dans la campagne de Hyesan, ma ville natale. On voit plusieurs fois des soldats qui patrouillent pas loin de nous. Quand on arrive à la rivière Yalu, on est entre deux postes de surveillance qui sont à seulement une centaine de mètres de chaque côté, avec à l'intérieur des soldats prêts à tirer sur quiconque tenterait de franchir la frontière. Et du coup, comme prévu, la rivière est gelée, et Yeonmi et sa mère avancent vers l'inconnu. Et donc, là, à ce moment-là, elles n'ont aucune idée de ce qui les attend en face.

Elles réussissent à passer. Et en arrivant en Chine, elles n'ont pas le temps de savourer leur réussite, parce que à ce moment-là, elles sont immédiatement vendues à des contrebandiers contre quelques petits billets. Parce qu'en vrai, traverser la frontière, ça n'était pas l'étape la plus dure. Et là, Yeonmi va découvrir qu'elle est simplement passée d'un cauchemar à un autre.

Alors, être né en Corée du Nord, vous savez, c'est un peu une malédiction, parce que même quand les habitants, ils arrivent à s'enfuir du pays, bah, en vrai, leurs origines, on va dire maudites, les poursuivent. Et donc, bah, Yeonmi et sa mère n'échappent pas à la règle. Elle se retrouve dans un réseau de trafic d'êtres humains. Et bah, les contrebandiers, bah, ils se révèlent être des grosses brutes violentes et des perverses. Donc, voilà, bon, sans trop en dire, elles ont subi quand même pas mal de choses, notamment un qui commence par la lettre V. Mais en vrai, Yeonmi, elle se laisse pas faire. Et même quand on essaie d'abuser d'elle, bah, elle parvient souvent à pousser bah les bah les les types. Malheureusement, à chaque fois, c'est ma mère qui prend pour moi. Elle s'offre à ma place pour m'épargner, en plus de ce qu'elle subit déjà.

On finit par apprendre qu'à terme, le but est de nous revendre à des Chinois qui cherchent des épouses ou des amantes. D'ailleurs, comme je me laisse pas faire, les trafiquants en ont marre de moi. Ils se dépêchent de me revendre, et je suis séparée de ma mère. Et là, vous dites, mais pourquoi elle essaie pas de s'enfuir ? Bah, en fait, faut quand même savoir que dans son cas, la situation est super fourbe. En fait, le gouvernement chinois, il est quand même en bon terme avec la Corée du Nord, c'est quand même leur pote, quoi. Ils sont tous les deux un peu communistes, voilà, machin. Bref, ils ont des petits points communs, et quand ils repèrent des Nord-Coréens, en général, ils les renvoient chez eux, en sachant très bien qu'ils seront immédiatement emprisonnés ou exécutés. Les trafiquants chinois profitent de cette situation et menacent de nous dénoncer à la police si on part ou si on leur résiste. C'est pour ça que personne ne s'enfuit, et que les femmes, en particulier, finissent par se laisser faire. En fait, on réalise ce truc terrible : obéir aux trafiquants, c'est la moins horrible des solutions.

Et donc, la seule possibilité de quitter la Chine, au moins d'être traité comme un humain, c'est donc d'être libéré par son propriétaire. Et heureusement, à ce moment-là, bah, Yeonmi va avoir un petit peu de chance. Enfin, un peu de chance, vous allez comprendre. Parce que Yeonmi, elle est finalement revendue à un certain Hong-wei, un jeune et riche trafiquant qui tombe amoureux d'elle. "Hong-wei promet que si j'accepte de devenir son amante, il m'aidera. Il dit qu'il peut faire retrouver ma mère, ma sœur, et même faire venir mon père. Moi, j'ai plus grand-chose à perdre, alors je finis par accepter."

À 13 ans, je deviens sa maîtresse et son assistante. Je ne l'aime pas, mais au moins, il a le mérite de me traiter avec un minimum de respect et de me protéger. Et du coup, bah, avec ce petit revirement de situation, Yeonmi découvre la civilisation et le confort pour la première fois de sa vie. Alors, déjà, truc ouf, mais elle a de la lumière le soir. La nuit, elle peut, et bah, elle peut voir en fait quand elle marche. Et pour elle, c'est vraiment de la magie. Mais en vrai, son plus gros choc, bah, c'est découvrir la présence de poubelles dans le logement de Hong-wei. En fait, avoir une poubelle, c'est avoir des choses à jeter, et ça, bah, Yeonmi, c'est waouh, il peut consommer, quoi. Enfin, c'est fou.

Et donc, bon, la situation dure des mois, mais Hong-wei tient ses promesses. Et donc, il va réussir à faire ramener sa famille et à bien la traiter. Il a réussi à faire venir sa mère, puis son père. Par contre, il n'arrivera pas à retrouver la trace de la sœur. Et d'ailleurs, peu de temps après être arrivé, le père de Yeonmi apprend qu'il va bientôt mourir. Il aura alors quelques mois d'agonie, et il finira effectivement par lâcher son dernier souffle à cause bah de son cancer.

Et chose étrange, la mort de mon père va me rendre service. Ça déclenche une prise de conscience à Hong-wei, mon propriétaire, qui est toujours amoureux de moi. Il se met à culpabiliser de tout ce qu'il me fait subir, et finalement, il me donne ma liberté et il m'autorise à partir. Ma mère et moi. Pourtant, bah, en vrai, la galère, elle est loin d'être finie.

Yeonmi et sa mère arrivent dans une nouvelle ville chinoise. Et ici, le seul petit boulot qu'elles arrivent à trouver est assez spécial. En fait, elles sont payées pour exciter des hommes sur des chats érotiques en ligne. Donc, c'est clairement pas la vie et le métier dont elle rêvait, mais au moins, elle est libre. Et après plusieurs mois à faire ça, bah, elle décide d'aller essayer la Corée du Sud. "J'ai été élevé dans la haine de ce pays, pourtant je me dis que là-bas, je peux obtenir la nationalité et en finir avec ma vie de réfugiée clandestine."

Avec ma mère, on rejoint une association qui nous aide à prévoir notre trajet vers la Corée du Sud. Cette fois, je me dis que si ça rate et qu'on me renvoie en Corée du Nord, je préférerais mettre fin à mes jours. Donc, rebelote, Yeonmi et sa mère tentent à nouveau de quitter un pays. Sauf que cette fois-ci, elle fuit la Chine, et c'est encore une sacrée épreuve.

À ce moment-là, imaginez, on est en 2009, et le plan est de traverser la Chine pour arriver jusqu'en Mongolie. Quand même, revenons avec le plan. La Chine, c'est quand même gigantesque, c'est minuscule Corée du Nord face à ça. Et la Mongolie, c'est quand même très très grand aussi. Et donc, il traverse tout ça. Sauf que sur le chemin, il faut passer par un terrible désert, le désert de Gobi. Cette fois, le trajet pour changer de pays est long, il dure plusieurs semaines. Je passe plusieurs fois à deux doigts de la mort en traversant le désert de Gobi. Ce qui me maintient en vie, c'est de penser que le monde entier ignore la condition des gens comme nous qui prenons le risque de mourir au milieu de nulle part juste pour être libre et pour manger à notre faim.

Bon, finalement, bah, Yeonmi et sa mère finissent par arriver en Mongolie. Elles ont réussi à traverser le désert, c'était pas une mince à faire. Et là, elles sont secourues par des agents sud-coréens qui savent que c'est un lieu de passage. Là, elles se font alors balader tour à tour dans plusieurs camps, des centres, et cetera. Les agents sud-coréens veulent même vérifier qu'il ne s'agit pas de faux réfugiés. Et en même temps, bah, il les soignent, ils les nourrissent, ils les lavent, et il leur enseigne aussi bah les principes de base pour leur future vie en Corée du Sud, parce que le niveau de vie est vraiment pas du tout le même, c'est vraiment deux mondes, deux ambiances.

Là, Yeonmi, elle a la mauvaise surprise d'être souvent traitée avec du mépris et de la condescendance. En fait, les Sud-Coréens, ils pensent qu'elle ne sera pas capable de s'intégrer et de réussir, il y a trop de différence. Bon, en tout cas, bref, le temps passe et jusqu'au jour J. Et finalement, là, le transfert de Yeonmi et de sa mère en Corée du Sud est accepté.

Une fois en Corée du Sud, on trouve des petits boulots de serveuses et de vendeuses. En parallèle, moi, je réalise un de mes rêves : étudier à l'université. J'apprends à m'intégrer à la société, même si de base, j'ai pas les codes et que souvent les gens sont froids avec moi. Je lis, je me cultive, j'apprends l'anglais, je fais disparaître mon accent nord-coréen. Et du coup, la récompense ultime arrive : Yeonmi et sa mère sont reconnues citoyennes sud-coréennes.

Bon, après, en parallèle, bah, elle commence à raconter son histoire et à militer pour les droits de l'homme. Les médias s'intéressent très vite à elle, et d'ailleurs, ils la font beaucoup intervenir à la télé. Yeonmi voyage même aux États-Unis, le deuxième pays qu'elle a toujours appris à détester. C'est le monde à l'envers. Et d'ailleurs, cette médiatisation n'est pas sans risque, parce que très clairement, ses anciens potes et son ancien dieu de Corée du Nord, c'est-à-dire le Grand Leader, ils aiment pas trop ça. C'est pas une bonne pub, ça donne pas envie de visiter le pays. Bref, c'est pas c'est pas ouf. Et du coup, elle reçoit des menaces de mort, très clairement. Elle va pas y retourner. Et ils font également pression sur les membres de sa famille qui sont restés sur place, c'est-à-dire bah, ceux qui sont toujours en Corée du Nord, en allant jusqu'à les filmer et même publier des vidéos sur YouTube. On a essayé de retrouver ces fameuses vidéos, mais impossible de mettre la main dessus. Donc, il est possible que ce soit YouTube qui les ait supprimées. Donc, voilà, petite mémo.

Mais en tout cas, avec cette médiatisation, Yeonmi a réussi à retrouver un truc qu'elle pensait impossible, ou quelqu'un plus exactement : sa sœur. Les retrouvailles se sont faites à Séoul, bah, la capitale de la Corée du Sud, et ça, c'était cette année. Après la dernière fois qu'elle s'était vue. Bref, aujourd'hui, Yeonmi continue à donner des conférences à travers le monde, et c'est devenu d'ailleurs l'une des dissidentes nord-coréennes les plus connues et les plus influentes. Elle a d'ailleurs écrit un bouquin qui raconte beaucoup de détails de son histoire. "Je voulais juste vivre." Et d'ailleurs, bah, elle tient une chaîne YouTube de plus d'un million d'abonnés où elle publie bah une vidéo par jour. Donc, bah, elle charbonne, pas petit extrait.

Bref, Yeonmi a fini par devenir un symbole d'espoir et une activiste reconnue sur toute la scène internationale. D'ailleurs, on la surnomme bah l'avocat des Nord-Coréens sans voix ni espoir. Et d'ailleurs, cette année, Yeonmi a eu 30 ans. Elle est mariée et mère d'un fils. Elle gagne d'ailleurs bien sa vie, elle semble heureuse. Malgré une enfance marquée par l'oppression, la faim, plein d'horreurs, elle est enfin libre. Son courage et ses sacrifices ont été clairement récompensés.

En tout cas, Yeonmi sera poursuivie par son passé, probablement jusqu'à la fin de sa vie, parce que la Corée du Nord lui a donné un destin bien particulier et lourd à porter. Mais elle l'assume pleinement. En tout cas, voilà pour son témoignage. Bah, son histoire, c'est celle de plein plein d'autres Nord-Coréens, bah, des millions qui restent eux piégés là-bas à vie. On peut croiser les doigts pour que, un jour, probablement, bah, la situation change. Mais très dur à savoir, est-ce que ce sera dans des années, des décennies, peut-être plus. Mais dans tous les cas, rien n'est éternel, tout finit par bouger, et tôt ou tard, ce pays redeviendra libre, je pense.

Bref, j'espère que cette vidéo vous a plu, que vous avez aimé la parcourir avec moi. Et sur ce, bah, c'est avec plaisir que je vous dis à la prochaine vidéo. Bye et bonne.