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Michio Kushi a expliqué le monde des esprits... mais personne ne l'a compris

Esprit et Existence19:46

Transcription

Voici ce que j'ai expliqué au sujet du monde des esprits, mais presque personne n'a réellement compris ce que je voulais dire. Et ce n'est pas parce que ce sujet serait trop complexe. En réalité, le problème est que la plupart des gens écoutent ces idées sans être disposés à transformer leur propre manière de vivre. Ils veulent comprendre uniquement avec l'intellect, tout en restant prisonniers des mêmes habitudes, des mêmes peurs et de la même vision limitée de la réalité. Sans un changement dans notre façon de vivre, de penser et de percevoir la vie, toute explication sur le monde spirituel ne restera qu'une simple théorie.

Lorsque j'ai choisi le titre de cette conférence Fantôme et le monde spirituel, je savais qu'il éveillerait la curiosité de nombreuses personnes. Je savais également qu'il susciterait un certain malaise. Ce sujet fascine parce que chacun à un moment ou à un autre de son existence se demande ce qu'il y a après la mort. Mais il inspire aussi de la crainte car il oblige chacun à regarder en face ce qu'il préfère habituellement éviter.

Cependant, si vous souhaitez réellement comprendre ce sujet, vous devez aller bien au-delà du simple mot esprit. Vous devez comprendre la vie elle-même. Sans comprendre le fonctionnement de la vie, il sera impossible de comprendre ce qui se produit après la mort. Ces deux réalités sont profondément liées l'une à l'autre.

Lorsque je parle de cela, je ne propose pas une croyance religieuse et je ne vous demande pas d'accepter un dogme. Je ne parle pas non plus de superstition, je parle d'un processus naturel. L'existence est un processus continu, un mouvement permanent de transformation. La vie ne commence pas au moment de la naissance, pas plus qu'elle ne s'achève au moment de la mort. Ces événements ne sont que des étapes au sein d'un cycle infiniment plus vaste.

Tout commence dans l'infini, dans l'unité absolue, dans une réalité invisible et sans forme où toutes les possibilités existe avant toute manifestation matérielle. À partir de cette unité originelle, la vie entame un lent processus de condensation. Elle se manifeste d'abord sous forme de vibration. Puis cette vibration devient énergie. Ensuite, l'énergie s'organise en matière et au sein de cette matière apparaît ce que nous appelons la vie. Cette transformation ne se produit pas soudainement. Elle se développe progressivement selon les lois même de la nature. Chaque étape prépare la suivante : comme si toute l'existence obéissait à un ordre invisible mais parfaitement harmonieux.

La vie, telle que nous la connaissons, est apparue dans l'eau. Pendant des milliards d'années, toute forme de vie est demeurée liée au milieu aquatique. L'eau est l'origine de l'existence physique. Elle est la grande mère de la vie, l'élément qui a accueilli les premiers organismes et rendu possible leur développement. Rien de tout cela n'est arrivé par hasard. L'eau représente le milieu dans lequel la vie a pu s'épanouir et évoluer.

Par la suite, la vie a commencé à émerger dans l'air. Cette transition a exigé de profondes transformations. Il a fallu développer une structure plus complexe, un système nerveux plus élaboré, des capacités de mouvement, d'adaptation et une nouvelle manière d'interagir avec l'environnement. L'évolution n'a pas été uniquement physique. Elle a représenté un élargissement de la capacité même à faire l'expérience de l'existence.

Après un long et ininterrompu processus de développement est apparu l'être humain. Mais c'est précisément ici que beaucoup de personnes se trompent. Elle croit que l'être humain représente l'aboutissement de l'évolution comme si toute la création n'avait existé que pour conduire à lui. Il n'en est rien. L'être humain n'est pas la destination finale de la vie. Il ne représente qu'une étape intermédiaire au sein d'un processus infiniment plus vaste. L'évolution de l'existence ne s'arrête pas à la forme physique. Elle se poursuit sur des plans qui ne peuvent être perçus par les seuls sens matériels.

Après la vie physique vient la vie vibratoire. Au-delà de la vibration se trouve la lumière. Et au-delà de la lumière, l'existence retourne à l'infini, à l'unité originelle dont tout est issu. Le cycle s'accomplit sans jamais cesser d'exister. C'est un mouvement permanent de manifestation et de retour. Voilà le processus complet de la vie.

Pourtant, presque personne ne parvient à le comprendre parce que la plupart des gens s'identifient entièrement à leur propre corps. Il y croient n'être rien d'autre que ce qu'il voi dans le miroir ou peuvent toucher de leurs mains. Ils pensent que leur corps constitue toute leur identité. Or, le corps n'est qu'une forme condensée de ce que nous appelons l'esprit. Observez votre propre organisme. Il contient des milliards d'atomes. À l'intérieur de chaque atome, des particules sont en mouvement permanent. Les électrons tournent continuellement. Rien ne demeure absolument immobile. Tout vibre, tout est en constante transformation. La solidité apparente de la matière n'est qu'une perception limitée de nos sens. Demandez-vous alors, est-ce seulement de la matière ? Non. C'est aussi de l'énergie en mouvement. C'est aussi une manifestation de la vie.

Ce que nous appelons la matière et ce que nous appelons l'esprit ne sont pas deux réalités distinctes. Ce sont différentes expressions d'une seule et même existence. La différence entre le physique et le spirituel ne réside pas dans leur essence mais uniquement dans leur degré de condensation. C'est différences de densité et non de nature.

À présent, écoutez attentivement car c'est précisément ici que commence la véritable compréhension. Lorsque le corps meurt, tout ne disparaît pas. Seule la forme physique cesse de remplir sa fonction. Le corps retourne aux éléments de la nature, à la terre, à l'eau, à l'air, participant une fois de plus au grand cycle de la vie. Mais la conscience ne disparaît pas avec lui. La conscience poursuit son chemin.

Tant que vous êtes vivant, votre conscience demeure lié au corps grâce à l'alimentation, à la respiration, au mouvement et à l'interaction constante avec le monde matériel. Cette union permet à l'expérience physique d'avoir lieu. Au moment de la mort, ce lien se dissout naturellement. L'union entre la conscience et le corps physique est rompu, mais cela ne signifie pas la disparition de ce que vous êtes réellement. Ce qui émerge est un état d'existence différent, un corps qui ne peut être touché par les mains ni perçu par les yeux physiques. Pourtant, il continue d'exister. C'est un corps constitué d'énergie et de vibration. Une forme d'existence n'est plus limitée par les caractéristiques de la matière dense, mais qui fait toujours partie du même processus universel de la vie suivant le mouvement naturel de l'évolution de la conscience.

Ce corps poursuit son propre développement. De la même manière qu'un bébé grandit silencieusement dans le ventre de sa mère avant de naître dans ce monde, la conscience continue elle aussi de mûir avant d'entrer dans une nouvelle étape de l'existence. La mort ne représente pas une fin mais une transition. De même que la naissance ne crée pas la vie mais inaugure simplement une nouvelle phase de celle-ci, la mort ouvre elle aussi la voie à une autre forme d'expérience.

Toute la nature fonctionne par cycle. Rien n'apparaît instantanément dans sa forme achevée. Tout mûit, grandit se transforme. Il en va de même pour la conscience. Son développement est continu et ne s'interrompt pas avec la disparition du corps physique.

À présent, je voudrais que vous compreniez quelque chose que très peu de personnes perçoivent réellement. La Terre n'est pas simplement une planète perdue dans l'univers. C'est un lieu de formation, une grande école de l'existence où la conscience trouve les conditions nécessaires pour évoluer à travers les expériences humaines. C'est ici que les esprits se développent la vie matérielle. Chaque défi, chaque joie, chaque difficulté, chaque relation et chaque choix font partie de cet apprentissage. L'évolution ne se produit pas uniquement lorsque nous vivons des moments heureux. Elle s'accomplit également à travers les épreuves, la souffrance, les pertes et les limites que nous rencontrons au cours de notre existence. L'amour enseigne, la douleur enseigne aussi.

Lorsque nous comprenons cela, nous cessons de considérer les événements uniquement comme des récompenses ou des châtiments. Nous commençons à les voir comme des occasions de murir. Chaque existence offre une nouvelle possibilité de développer l'équilibre, la conscience, la responsabilité et une compréhension plus profonde de sa propre vie. Aucune expérience n'est totalement inutile lorsque nous sommes capables d'en tirer un enseignement.

Mais lorsque ce processus naturel est interrompu, des difficultés apparaissent. Si la mort survient dans un profond attachement, une peur intense, le désespoir ou une grande confusion intérieure, la conscience éprouve davantage de difficultés à poursuivre son chemin avec clarté. Non pas parce que quelqu'un l'en empêche, mais parce qu'elle demeure attachée aux états émotionnels qu'elle a elle-même cultivé. Ce qui n'a pas été compris durant la vie continue d'exercer son influence même après la séparation du corps physique.

C'est pourquoi certaines consciences demeurent proches du plan matériel pendant un certain temps. C'est ce que beaucoup de personnes appellent les esprits. Mais nous ne parlons pas de créatures mystérieuses ni d'être surnaturel au sens habituel du terme. Nous parlons de conscience qui traverse encore une période de transition. Ce sont des existences qui n'ont pas encore pleinement achevé une étape de leur développement et qui restent pour cette raison lié à certains états émotionnels ou mentaux. Tant qu'elles ne trouvent pas la clarté nécessaire pour poursuivre leur chemin, elle continue de reproduire les mêmes schémas. Elle répète les mêmes émotions. Elle répète les mêmes souvenirs. Elle répète les mêmes expériences. C'est comme une pensée qui revient sans cesse à l'esprit. Même lorsque nous souhaitons l'oublier. Tant qu'il n'y a pas de véritable compréhension, le cycle continue de se répéter.

C'est précisément ici que beaucoup de personnes recommencent à tout interpréter de manière erronée. Elle croit que la manifestation de ses consciences se produit par hasard ou qu'elle dépend uniquement de phénomènes inexplicables. Il n'en est rien. Il existe des conditions précises qui favorisent ce type de perception. Au fil de nombreuses années d'observation de la nature et de la vie, j'ai pu constater que certains facteurs rendent ces manifestations plus compréhensible.

Le premier est l'environnement. Pendant la journée, l'énergie tend à se déployer. Il y a de la chaleur, du mouvement et une activité permanente. Les gens travaillent, marchent, parlent et gardent leur attention tournée vers le monde extérieur. Cette agitation constante rend beaucoup plus difficile la perception des aspects les plus subtils de l'existence. La nuit, c'est l'inverse. L'énergie se recueille naturellement. L'environnement devient plus silencieux. Les mouvements diminuent. La température baisse généralement, l'activité humaine ralentit et la nature elle-même entre dans un état de plus grande tranquillité. Dans ce calme, ce qui passe habituellement inaperçu peut devenir plus perceptible. C'est pourquoi de nombreuses personnes disent ressentir des présences, percevoir des changements dans leur environnement ou vivre des sensations inhabituelles pendant la nuit. Ce n'est pas nécessairement parce qu'il se produit quelque chose d'extraordinaire, mais parce que le silence favorise une perception plus fine de la réalité.

Le deuxième facteur est le lieu. Ce n'est pas l'espace physique en lui-même qui possède un pouvoir particulier. Ce qui compte réellement, c'est ce qui s'est produit dans cet environnement. Les lieux marqués par une souffrance intense, la violence, la peur, une profonde tristesse ou des morts accompagnées d'un fort impact émotionnel peuvent conserver une sorte d'empreinte énergétique. Les expériences qui ont été vécues laissent des traces qui ne sont pas uniquement matérielles. La conscience laisse une mémoire. De la même manière que certains événements restent profondément gravés dans l'esprit humain pendant de nombreuses années, certains environnements peuvent également conserver de façon subtile les vestiges des émotions qui y ont été éprouvées. Cette mémoire demeure active pendant un certain temps et peut être perçue par les personnes les plus sensibles, en particulier lorsqu'elle se trouve dans un environnement silencieux et réceptif. Il ne s'agit pas d'un phénomène magique mais de la continuité naturelle des processus propres à la conscience qui porte encore en elle les marque des expériences qui n'ont pas été pleinement dépassées.

Le troisième facteur est le plus important de tous et ce facteur c'est vous. C'est votre état intérieur, c'est votre manière de vivre. C'est l'état de votre conscience et la façon dont vous percevez le monde qui vous entoure. Tout le monde ne voit pas les mêmes choses, mais beaucoup de personnes peuvent les ressentir. Combien de fois entrez-vous dans un lieu et prouvez-vous, sans aucune explication apparente une sensation de malaise ? Ou au contraire, ressentez-vous une paix profonde avant même de connaître cet endroit ? Ces perceptions ne sont pas toujours le fruit de l'imagination. Elle révèle que l'être humain possède une sensibilité bien plus grande qu'il ne le reconnaît habituellement.

Cependant, cette capacité ne dépend pas uniquement des sens physiques, elle dépend de la qualité de votre propre vie. Elle dépend de ce que vous mangez, de votre manière de respirer, de votre façon de penser, des émotions que vous entretenez chaque jour et de l'équilibre que vous construisez en vous-même. Ces éléments n'influencent pas seulement la santé du corps, ils affectent également directement la qualité de la perception. Lorsque l'organisme est surchargé, lorsque l'alimentation est déséquilibrée, lorsque l'esprit demeure dans une agitation constante et que le corps accumule les excès, la perception devient plus lourde. La conscience perd sa sensibilité à ce qui est plus subtile car toute la tension reste tournée vers les aspects les plus denses de l'existence. Mais lorsque le corps retrouve son équilibre, lorsqu'il y a de la simplicité dans l'alimentation, de la sérénité dans la respiration et de l'harmonie dans la manière de vivre, la perception commence naturellement à s'élargir. Ce ne sont pas de nouveaux sens qui sont créés, c'est simplement ce qui a toujours été présent qui commence enfin à être perçu. La sensibilité s'éveille spontanément.

C'est pourquoi certaines personnes parviennent à percevoir certaines présences. D'autres ressentent seulement des changements dans l'environnement tandis que beaucoup ne perçoivent absolument rien. Cette différence ne réside pas nécessairement dans un don particulier accordé à quelques-uns, mais dans l'état où se trouve chaque conscience. Plus l'équilibre intérieur est grand, plus la perception tend à devenir claire. Observez également les animaux. Ils perçoivent souvent les changements dans leur environnement avant les êtres humains, ils réagissent fréquemment à des situations que les personnes n'ont pas encore remarqué. Cela se produit parce qu'il conserve un lien plus direct avec les rythmes naturels de la vie. Ils n'ont pas encore complètement rompu cette connexion spontanée avec la nature comme cela arrive si souvent à l'être humain moderne.

À présent, comprenez ce point avec beaucoup d'attention. Ces chants spirituels ne peuvent pas seulement être perçus. Ils exercent également une influence. Cependant, cette influence ne commence pas dans le corps physique. Elle se manifeste d'abord dans les émotions, puis elle atteint les pensées. Lorsqu'une personne vit sans équilibre, dominée par la peur, la confusion, l'anxiété ou le désordre émotionnel, elle devient beaucoup plus vulnérable aux influences qui l'entourent. Cela ne se produit pas parce que ces influences seraient plus fortes qu'elles. Cela se produit parce qu'il existe un désordre intérieur. Ce qui est déséquilibré en nous crée une ouverture à ce qui est également déséquilibré à l'extérieur de nous.

C'est pourquoi la véritable protection ne dépend jamais uniquement de rituels, d'objets ou de pratiques extérieures. La protection la plus profonde naît de l'état même de la conscience. Elle naît de l'équilibre. Elle naît de la clarté. Elle naît de la manière dont nous choisissons de vivre chaque jour. Et ce chemin commence par des choses extrêmement simple, bien qu'elle soit souvent négligée. Il commence par l'alimentation. Il commence par notre manière de respirer. Il commence par la qualité de notre repos, par la façon dont nous traitons les autres, par la sérénité de nos pensées et par la discipline avec laquelle nous conduisons notre propre vie.

Rien de tout cela n'est séparé de la dimension spirituelle. Tout fait partie d'un seul et même processus. Chaque choix quotidien influence la qualité de notre énergie. Chaque habitude renforce ou affaiblit notre équilibre. Chaque pensée répétée façonne notre manière de percevoir la réalité. Notre vibration se construit continuellement à travers les petites décisions que nous prenons au fil de notre existence. Et cette vibration détermine ce que nous sommes capables de percevoir. Ce que nous percevons influence nos pensées. Nos pensées oriente nos choix et nos choix construisent la réalité que nous expérimentons.

C'est pourquoi lorsque je parle du monde spirituel, je ne parle pas de quelque chose de lointain, d'inaccessible ou de réservé à quelqu privilégié. Je parle d'une réalité qui est déjà en train de se manifester en cet instant même. Elle est présente dans la vie elle-même, dans la nature et dans la conscience humaine. Le chemin qui permet de la comprendre ne commence pas par la recherche de phénomènes extraordinaires, il commence par la transformation de notre manière de vivre.

Lorsque nous changeons notre alimentation, notre façon de penser, notre relation avec la nature et avec les autres, notre conscience se transforme elle aussi et à mesure qu'elle évolue, notre compréhension de la vie devient toujours plus vaste. En définitive, il ne s'est jamais agiquement des esprits. Il s'est toujours agi de la conscience. Et c'est peut-être précisément cela que presque personne n'a compris. Beaucoup ont cherché des réponses sur ce qui existe après la mort, mais ils ont oublié de transformer la seule chose qui était réellement à leur portée durant leur vie, leur propre manière de vivre. Car c'est dans la façon dont nous vivons aujourd'hui que commence la véritable compréhension de tout ce que nous appelons le monde spirituel.