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Les langues régionales françaises, un trésor national • FRANCE 24

FRANCE 245:19

Transcription

Et c'est l'heure maintenant dans Paris, direct de French Connection, l'émission où nous décryptons les idées reçues sur la France et les particularités françaises. Je suis avec vous, Florence. Non, pardon, alors d'accord, je vous retrouve. Non, merci d'être avec nous. Bonjour, Florence.

Alors, nous allons nous pencher aujourd'hui sur les langues régionales. Car il y a une seule langue officielle en France, évidemment le français, mais il y a de nombreuses langues locales. Tout à fait, il y a une seule langue officielle en France, c'est écrit dans la constitution, l'article 2 : la langue de la République, c'est le français, bien sûr. Mais il y a plusieurs dizaines de langues régionales.

On va regarder une carte qui montre les principales langues régionales de la métropole : l'alsacien, le breton, le basque, le catalan, le corse. On dit parfois que la France est comme une mini-Europe avec une très grande diversité linguistique. Il y a aussi beaucoup de langues locales dans les territoires d'outre-mer, le kanak par exemple, le créole, ou plutôt les créoles, car il y en a eu plusieurs. Toutes ces langues sont des vestiges de l'histoire de la France et font partie, bien sûr, de notre riche patrimoine culturel.

Effectivement, alors on se concentre sur les langues régionales en métropole. Il est assez commun de voir ces langues affichées sur les panneaux routiers, en Corse notamment, et ce sont des langues bien vivantes. Incomparable, tout à fait. En prenant le breton par exemple, une étude de 2018 a trouvé que deux cent mille personnes parlent le breton. Donc, ce n'est pas mal, mais on est loin par exemple de l'exemple en Espagne où le catalan, par exemple, est reconnu officiellement comme une langue officielle de l'Espagne et utilisé dans l'administration. Ça n'existe pas du tout en France. Pourquoi ? C'est lié à l'histoire française, parce que l'État français est un État centralisé et ça passe aussi par la langue, bien sûr.

Alors, avant, les langues régionales étaient surtout parlées par les anciens, mais de plus en plus, elles sont enseignées à l'école afin qu'elles ne disparaissent pas complètement. Puis en français à la télé, en français. Voilà, le français, ils l'ont assez facilement. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est que l'école est, en tout cas, moi je me vois, qui pourra nous aider à continuer à vivre notre langue.

Alors, on va parler de l'école justement, Florence, puisque la rentrée scolaire approche à grands pas ici en France. C'est fini les vacances. L'enseignement des langues régionales est effectivement en jeu, elle qui fait débat. On en a beaucoup parlé juste avant cette pause estivale. Le Conseil constitutionnel a partiellement censuré une loi sur la protection et la promotion des langues régionales. Tout à fait, ça s'appelle la loi Molac.

Alors, ce qui est dans le viseur des sages, c'est quelque chose qui s'appelle l'enseignement immersif des langues régionales dans les écoles publiques. Alors, qu'est-ce que c'est que l'enseignement immersif ? En fait, c'est l'école dans une langue. Par exemple, on va enseigner les mathématiques ou l'histoire-géo en basque afin de renforcer l'apprentissage du basque. En France, ça concerne à peu près quinze mille élèves, donc pas énormément d'élèves. Et cette décision, il faut dire, de là du Conseil constitutionnel a provoqué de vives réactions à travers le pays et des manifestations également.

Regardez, tout ça était important pour notre région et je ne vois pas pourquoi on nous interdirait. Nous ne sommes pas des traîtres, pratiquement, alors que nous parlons notre langue et nous respectons tout à fait le reste. On ne voit pas trop en quoi c'est anticonstitutionnel de vouloir faire vivre nos langues minorisées qui étaient là il y a bien longtemps. Si on impose seulement une heure ou deux par semaine, ça devient quelque chose qui est comme l'anglais au final, qui est vraiment une langue étrangère, quoi. Et ce n'est pas ça qu'on veut. Nous, ce qu'on veut, c'est que l'on puisse vivre en breton et pas que à prendre en route vers l'Inde.

Associer les richesses, ce n'est pas forcément rester entre soi, parce que ça permet aussi une ouverture sur le monde. Alors, si le Conseil constitutionnel rejette cet enseignement immersif, c'est parce qu'il estime que ça va à l'encontre de l'article 2 de la constitution qu'on a vu et menace l'unité linguistique même de la France. Et c'est intéressant parce que c'est un avis qui est aussi partagé par certains linguistes.

Écoutez, il n'y a, à mon sens, pas question que cette langue, que ce soit la langue qui serve de langue d'enseignement dans les écoles de la République. Le bilinguisme est une richesse. Pourquoi pas ? D'accord, très bien, sauf que le bilinguisme est une richesse à partir du moment où on a assuré l'essentiel.

Alors, Florence, face à ce mouvement de contestation dans les régions, le président français Emmanuel Macron a tenté d'éteindre le feu. Vous parliez tout à l'heure d'un riche patrimoine culturel auquel appartenaient ces langues. Eh bien, le chef de l'État, lui, préfère qualifier les langues de France de trésor national. Tout à fait, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement et au parlement de trouver un moyen de garantir la transmission de cette richesse linguistique, cette diversité linguistique, tout en respectant les cadres pédagogiques. Donc, ça reste encore assez flou pour l'instant. La rentrée scolaire, c'est la semaine prochaine, donc c'est sans doute un débat qui va revenir sur la table.

Pour ce qui est du titre, c'est toujours à l'ordre du jour. Un débat encore, le dépasse. Merci beaucoup à Florence Villemin d'avoir été avec nous. Rappelons qu'on peut retrouver votre émission à French Connection sur tous nos réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Twitter. Tout ça, c'est dit. Séparément, merci beaucoup à Florence. Et avec tout contre vous, par donc, on referme cette première heure de À Paris Direct. Je vous laisse entre de bonnes mains, en l'occurrence celles de Julien. Enfants de Julie, prend la main à 14 heures, heure française. Restez avec nous sur France 24.