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Histoire | 1. La Réforme protestante (1517-1555)

Catholand1:21:09

Transcription

[Musique] bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau cycle de conférence que nous allons faire ensemble sur l'histoire de l'Église.

Nous abordons, après avoir laissé les conciles du Moyen-Âge, maintenant les conciles de l'époque moderne, ou plutôt l'histoire de l'époque moderne, puisque il n'y a qu'un seul concile à l'époque moderne, c'est le concile de Trente, que nous verrons ensemble.

Alors, nous allons commencer par une introduction de ce nouveau cycle de l'histoire de l'Église à l'époque moderne, donc du 16e siècle au 18e siècle, qui se fera en quatre conférences, un peu plus longues probablement que les précédentes, et je m'en excuse d'avance, mais il y a beaucoup de belles choses à dire.

En guise d'introduction générale, nous pouvons déjà dire que il y a un contexte de la fin du Moyen-Âge qui est mise en place et qui nous permet de d'envisager, de dessiner cette nouvelle période pour l'histoire de l'Église. Nous avions décidé de nous arrêter aux portes de la Renaissance dans nos dernières conférences, plus particulièrement au concile de Latran V, 1512-1517.

Et puis, nous avons ici quelques années charnières à garder en tête si on veut bien commencer ces conférences. 1453, évidemment, est une année essentielle, c'est souvent celle qui est utilisée comme la borne du Moyen-Âge, la chute de Constantinople prise par les Turcs, et cette chute de l'Empire romain d'Orient avec elle, évidemment, qui va finalement faire un écho à cette chute de 476 qui était celle de l'Empire romain d'Occident.

Et aussi la porte de l'Antiquité. En 1492, autre date importante, Isabelle de Castille, Ferdinand d'Aragon vont emporter la victoire sur la ville de Grenade et vont terminer la Reconquista, cette reconquête du Royaume d'Espagne en terre devenue longuement musulmane depuis le 8e siècle.

En 1571, autre date très importante, c'est la bataille de Lépante, évidemment, qui va marquer le point d'arrêt de la puissance ottomane en Méditerranée. Donc, nous avons désormais une situation qui est un peu figée. Les cartes sont rebattues. Nous avons les chrétiens d'Orient en Afrique qui vont rester sous domination musulmane, et puis en Occident, on a une opportunité nouvelle, une opportunité de déploiement que l'on va appeler plus tard la Renaissance.

Alors, cette Renaissance, qui est une expression tardive bien sûr du 19e siècle, mais cette Renaissance, de quoi s'agit-il exactement ? Et bien, nous avons plusieurs directions qui peuvent résumer un petit peu où est-ce que on se trouve, quel est le contexte de cette période, particulièrement pour l'histoire de l'Église. Évidemment, c'est la redécouverte de l'héritage antique, ça c'est très célèbre pour la Renaissance.

C'est aussi l'arrivée de nouvelles technologies, pas seulement l'imprimerie qui va faire une très très grande révolution dans l'expression en Europe, mais aussi la lentille, la métallurgie, les canons, les bastions aussi qui arrivent, le déploiement des coches qui, surtout au 17e siècle, vont se répandre particulièrement à Paris par exemple, mais aussi les systèmes de navigation et beaucoup d'autres éléments finalement qui vont nous aider à voir que l'Europe a le vent en poupe à ce moment-là.

Il y a eu au 14e siècle des cataclysmes épouvantables, la grande peste noire bien sûr de 1348 à 1365 environ, qui va décimer la moitié de la population européenne, mais aussi la guerre de 100 ans qui va de 1337 à 1453, autre date qu'on a déjà évoqué, mais on oublie que c'est aussi la fin de la guerre de 100 ans, donc une délivrance quand même pour la France.

Il y a aussi la fin de ce petit âge glaciaire qui date du Moyen-Âge et qui va faire que désormais, bah, ce sera plus facile de se promener en Europe, particulièrement en période d'hiver. Donc, on a un regain de dynamisme à l'Occident qui va être très précieux, et aussi très précieux pour l'histoire de l'Église.

Il y a donc un essor de la population très rapide, très important, très intense, et une nouvelle urbanisation bien sûr. Ça vaut pour la ville de Paris, ça vaut pour beaucoup de villes, mais Paris particulièrement, puisque ce sera la ville la plus peuplée de l'Europe jusqu'au 18e siècle.

Les monarchies ibériques, de leur côté, évidemment, vont se lancer à la conquête du monde et vont essayer de d'implanter aussi le christianisme avec des effets plutôt mitigés, mais ça dépend évidemment des pays et des périodes. Et aussi de la polémique que l'on ne verra pas ensemble parce que malheureusement, on n'aura pas le temps de tout faire. Mais cette conquête du monde américain, du monde asiatique aussi, a son importance vraiment au 16e et au 17e siècle.

De son côté, l'autorité pontificale ressort un peu exangue de ce Moyen-Âge. Inutile de revenir trop longuement dessus, on avait vu ensemble tous ces conflits, celui bien sûr entre Boniface VIII et Philippe le Bel est resté dans les annales sur la gestion de l'autorité temporelle. Mais il y a aussi d'autres événements, ceux qui ont suivi, Avignon, le Grand Schisme également, et puis les hérésies, les hérésies plurielles importantes que nous avons évoquées au Moyen-Âge, qui sont assez cruciales pour l'histoire de l'Église pour ces combats.

Marcile de Padoue, Pierre Valdès, bien sûr, Guillaume d'Ockham, qui lui-même allait assez bien, mais il a eu des disciples compliqués. Joachim de Flore aussi, qui n'est pas lui-même un hérétique, mais qui a eu ses propres mystiques qui ont été poursuivis et brûlés dans toute l'Europe. John Wycliffe en Angleterre, Jean Hus du côté de Prague, bien sûr. Une partie de la Réforme va faire mémoire de ce Jean Hus.

Et nous le verrons ensemble. Donc, dans la deuxième moitié du 15e siècle, il y a un chantier pour la papauté. La papauté qui ressort aussi blessée de son long conflit avec les conciles également, cette crise conciliaire qui lui a fait perdre de sa force et qui va surtout pousser les papes à se méfier de l'institution conciliaire pendant longtemps, à un moment malheureusement où les conciles auraient été très, très utiles.

En un mot, les papes de la Renaissance eux-mêmes ont laissé un mauvais souvenir dans l'histoire. Nous connaissons tous Alexandre VI Borgia, sa vie dissolue, son népotisme qui va s'étendre bien au-delà d'Alexandre VI d'ailleurs. Mais il y aura derrière ces ces princes, ces princes de l'Église, ces papes, un souci de restaurer non seulement l'autorité, mais aussi l'unité. Ils vont se conduire en hommes d'État, et ça c'est plutôt le côté positif pour l'Église, ça va la servir.

Il y aura une administration pontificale très admirée et très reprise, une diplomatie romaine qui va se se répandre dans toute l'Europe au 16e siècle, des fastes princiers, un cérémonial vraiment impressionnant qui va inspirer et qui va permettre de restaurer, dans une certaine mesure mais différente du Moyen-Âge, le pouvoir temporel de l'Église, le prestige de Rome évidemment.

Les fastes de la cour du Vatican que l'on regarde parfois avec une certaine tristesse en se disant, mais ça a coûté bien cher tout ça. Mais en vérité, ces fastes, ce gouvernement curial ont permis quand même un essor essentiel qui est celui justement de la connaissance de la Renaissance, cette civilisation de la redécouverte de l'antique. On a tous en tête tous ces antiques, ces ces bustes, ces sculptures que l'on peut contempler aujourd'hui dans les musées du Vatican, qui ont été collectionnés par les papes au 16e siècle, pas seulement Jules II, mais tous les autres aussi. Et donc, ça a permis quand même un essor et une renaissance, pas seulement de l'Église, mais de la civilisation européenne.

La situation financière, malheureusement pour l'Église à ce moment-là, en ce début de 16e siècle, est très préoccupante. Nous avons de mauvaises idées sur le luxe de la cour. Hein, ça ne représentait à cette époque qu'environ 10 % des dépenses parce qu'il y en avait bien d'autres. La diplomatie, bien sûr, la guerre surtout, représentait des postes beaucoup plus importants. Mais après le Grand Schisme, la papauté a perdu quand même deux tiers de ses ressources. Les annates, ça c'est très important. Les annates, ce sont ces impôts perçus par les papes sur les charges ecclésiastiques qui demeurent vacantes. Et bien, le pape en a perdu beaucoup, beaucoup. Les revenus sur les biens ecclésiastiques en général, les recettes des indulgences aussi, alors bientôt détournées, toutes ces recettes par des princes qui vont les les convoiter, comme c'était déjà le cas au Moyen-Âge, mais ça continuera à l'époque moderne.

Le conflit entre Louis XIV et le pape, he, surtout sur le droit de régale, c'est exactement ça, hein, c'est cette cet impôt sur sur cette charge ecclésiastique en cas de vacance du siège. Et bien, tout cela va peser sur les comptes du Vatican, sur les comptes du Saint-Siège, bien entendu. Il y aura de quoi rééquilibrer un peu tout ça. On a par exemple les mines d'alun dans les États pontificaux qui étaient encore vastes et riches et entretenus à cette époque. Les mines d'alun qui, à partir de la deuxième moitié du 15e siècle, vont renflouer les caisses quand même du Saint-Père, mais ce ne sera pas suffisant, malheureusement, pour pouvoir retrouver l'équilibre.

Alors, la papauté va être tentée, tentée de faire évidemment des raccourcis, comme souvent dans ces cas-là, quand on est dans une situation de de faillite ou de péril financier, et bien on prend des risques. Et le risque de la papauté, le risque malheureux, ce sera celui de la simonie, la vénalité des charges administratives, bien sûr, les bénéfices pour certains grands offices, jusqu'à la pénitencerie, hein, donc vraiment des des charges très importantes, la vente de grâces accordées par le pape, et puis des fameuses indulgences dont on pourra peut-être reparler, mais qui vont tout ensemble constituer un revenu spirituel avec l'impact désastreux que l'on connaît et que l'on va étudier.

Mais il y a quand même quelques atouts qui demeurent pour Rome, pour l'Église à ce moment-là. Je l'ai évoqué, la diplomatie pontificale va naître en ce début de 16e siècle, et puisque c'est encore aujourd'hui la diplomatie, l'une des diplomaties les plus anciennes, très souvent aujourd'hui, le nonce apostolique dans les pays européens notamment, et le doyen des ambassadeurs parce que en fait, il est là depuis le 16e siècle. Ça va permettre au Saint-Siège d'assurer un ministère universel d'influence qui va vraiment être important et qui va pouvoir composer avec les puissances occidentales. L'énonciature, les légats, tout cela va compter.

Autre avantage en ce 16e siècle commençant, c'est le clergé lui-même. Il y a un clergé très important, très nombreux, particulièrement en France au 15e siècle. Le presque le tiers de la population de Rouen par exemple est tonsuré, elle est composée de de clercs, quand même une personne sur trois dans la rue. Et dans le diocèse de Nantes, on a à la même époque environ 10 prêtres en moyenne par paroisse, ce qui change un peu d'aujourd'hui, évidemment. Et puis, en plus de tout ça, il y a tous les autres clercs, ceux qui n'ont pas reçu les ordres majeurs, mais seulement les ordres mineurs, qui étaient nombreux à cette époque et qui permettaient justement à ces personnes de se marier si elles le souhaitaient.

Mais dans ce clergé foisonnant et nombreux, et bien il y a quand même beaucoup de déséquilibres. Tout cela est très disparate. Certains vont jouir de bénéfices confortables, même très importants, d'autres ne pourront jamais recevoir l'ordination, ils seront bloqués aux portes du sacerdoce ou du diaconat parce que ils ne peuvent justifier d'un revenu ecclésiastique de 20 livres tournois, ce qui était le le minimum demandé, 20 livres par an bien sûr. Donc, il n'existe pas non plus de formation unifiée à cette époque, ça viendra seulement au 17e siècle, comme nous le verrons.

Mais malgré cela, il faut quand même un peu nuancer la réputation un peu triste de ce clergé, qu'on imagine notamment avec les œuvres de Rabelais comme épouvantable, grossier, mal éduqué, et bien sûr débauché. En vérité, le concubinage est quand même moins fréquent que ce qu'on imagine à ce moment-là, 10 à 20 % de clercs estime-t-on au début du 15e siècle, passe de 5 à 10 % seulement au début du 16e. Donc, on a quand même déjà une amélioration qui va ne faire que se préciser par la suite de l'époque moderne.

Alors, il ne s'agit pas en plus ici de de débauche, évidemment, il n'y a pas d'orgie dans les presbytères, mais on parle plutôt en fait de d'hommes d'église immergés dans la vie ordinaire de leur peuple. Le peuple étant à cette époque beaucoup plus réaliste, beaucoup moins sensible qu'aujourd'hui, beaucoup moins exigeant aussi. Ce qu'il voulait de leurs prêtres, c'était les gestes de la prière et de la charité, beaucoup plus que la vie morale qui n'allait pas scruter à la loupe. Il n'y avait pas cette espèce d'adulation du prêtre à cette époque parce que les prêtres étaient très nombreux et donc finalement les laïcs, le peuple fidèle était tolérant.

Nous avons aussi en cette fin de de de Moyen-Âge, l'entrée des laïques justement dans la vie de l'Église, beaucoup plus que par le passé. Bien sûr, il y avait déjà des éléments importants, cette fin de Moyen-Âge comme les béguinages, il y a toujours eu aussi les corporations depuis longtemps, mais c'est vrai que en ce 16e siècle, les frontières entre laïc et état clérical en fait sont encore un peu floues. Le concile de Trente n'a pas eu lieu et donc il y a un absentéisme par exemple des curés qui va encourager une plus grande un plus grand investissement d'éclair et donc on va le voir particulièrement avec les marguillers, avec les confréries également, les cercles de dévotion qui vont se multiplier tout au long de cette période.

Et puis, au début du 16e siècle, si on veut faire un peu le bilan déjà introductif de ces conférences que nous allons entendre ensemble, au début du 16e siècle, il y a finalement une situation qui est plutôt positive pour l'Église, en tout cas plus positive que évidemment un siècle plus tôt. Un siècle plus tôt, on est en 1417, on sort à peine du Grand Schisme et on commence à rentrer dans cette période douloureuse de la confrontation entre le pape et les conciles. Donc, il y a en ce début de 16e siècle une opportunité pour l'Église, opportunité qui va être malheureusement un peu ratée quand même en partie.

Parce que à la fin du Moyen-Âge, il y avait aussi spirituellement des changements, une période d'exaltation qui va s'ouvrir devant nous, et la papauté va quand même faire cette erreur, il faut le reconnaître, de ne pas prendre suffisamment la mesure des exigences spirituelles nouvelles qui se mettent un peu en place. Il y aura des attaques contre l'Église qui vont commencer crescendo, et les timides réformes disciplinaires qui vont avoir lieu vont s'avérer malheureusement insuffisantes pour calmer les esprits et puis pour répondre aux ambitions spirituelles nouvelles.

Le peuple chrétien va donc se tourner de plus en plus, face à cette absence de réponse du côté de l'Église, vers une spiritualité de plus en plus personnelle, intérieure, personnalisée aussi, cette intériorisation de la foi qui va tourner vers un certain nombre de dérives, mais aussi qui va recomposer la façon dont on prie, dont on vit la religion. L'Église ne prendra que assez tardivement conscience des légitimes réformes qui doivent arriver, et donc il va y avoir évidemment cette division, cette division de la chrétienté à l'époque moderne.

C'est ce que nous allons voir ensemble avec quatre conférences. Je l'ai dit, je vous donne un peu le plan de ce que nous allons étudier. Donc, l'histoire moderne de l'Église va aller pour nous, en tout cas, de la crise protestante à la crise janséniste, donc deux crises un peu pour encadrer ces conférences et toutes ces études. Nous laisserons au début du siècle des Lumières, plutôt à la mi-temps du 18e siècle, au moment où les Lumières vont vraiment commencer à se déployer en France en tout cas, et bien nous n'allons pas étudier les Lumières cette fois-ci, bien que cela fasse partie de l'époque moderne.

Mais nous allons nous concentrer sur quatre grands thèmes, quatre grands moments de cette période là. D'abord, la Réforme protestante elle-même, qui va de 1517 à environ 1555. Nous verrons pourquoi. Dans un second temps, deuxième conférence, nous allons bien sûr voir ensemble le Concile de Trente, concile central pour nous, concile essentiel pour l'Église, et puis son contexte. Le concile de Trente va de 1545 à 1563, mais nous étudierons aussi un peu avant, un peu après, c'est évidemment indispensable.

Dans une troisième conférence, nous verrons les conséquences de ce concile de Trente avec ce que j'appelle l'Église tridentine, ce que les historiens appellent l'Église tridentine. Cela nous permettra de voir à la fois les guerres de religion, la réception du concile, et puis la grande réforme catholique qu'on appelle parfois la Contre-Réforme. Donc, nous irons au 16e siècle, au 17e siècle, spécialement en France, mais aussi dans toute l'Europe pour observer ce qui s'est passé dans l'histoire de l'Église.

Enfin, nous pourrons voir une dernière conférence, celle qui portera sur le Jansénisme, et ça c'est très important parce que le Jansénisme est un moment essentiel de l'histoire moderne de l'Église et aussi de l'histoire contemporaine puisqu'il va laisser de nombreuses traces, comme nous le verrons. Cela nous fera explorer les 17e et 18e siècles, surtout français, parce que le Jansénisme, évidemment, c'est une histoire beaucoup française, mais pas que, bien sûr.

Donc, ce sera quatre conférences pour explorer un peu cette histoire moderne de l'Église. Je m'inspirerai surtout des cours que j'ai suivi comme séminariste, mais aussi comme étudiant d'histoire actuellement, et puis aussi d'une bibliographie que je laisserai à la fin de chaque épisode pour vous aider à creuser vous-même ce sujet et ne pas vous arrêter trop à la surface.

Installez-vous, prenez vos aises. Nous allons maintenant commencer la première conférence, et c'est parti. Donc, évidemment, on ne peut pas commencer l'époque moderne sans s'attarder sur ce qui a lancé cette époque, ou en tout cas ce qui a été son tremplin, c'est bien sûr la Réforme protestante. Ce sera le thème de notre première conférence. Ensemble, nous allons explorer, après un petit point sur le vocabulaire, les causes d'abord, les causes de la Réforme, un certain nombre de diverses causes bien sûr, non exhaustives.

Puis nous nous attarderons sur les acteurs, les différents acteurs qui ont planté le décor, évidemment le pape, Luther, qui sera la figure principale de notre conférence. On ne va pas trop, presque pas s'attarder sur Calvin et les autres réformateurs parce que en fait, ce serait trop long, mais on vous donnera quelques éléments de bibliographie à la fin pour creuser par vous-même. Et puis, on essaiera de garder cette approche un peu chronologique qui rend les choses beaucoup plus claires et qui nous permettra de voir comment est-ce que d'une simple contestation interne à l'Église, et bien finalement, il y a eu une rupture, une rupture entre les croyants, entre le pape et l'Allemagne. Et c'est parti pour l'étude de la Réforme protestante.

Alors, pour la Réforme, évidemment, on a un vocabulaire assez installé maintenant. Le mot réforme lui-même est essentiel, mais on peut parler de de réforme protestante si on veut être un peu plus précis, de réformation, parfois il en est question, de protestantisme. Toutes ces toutes ces expressions finalement ont elle-même une histoire et une histoire bien identifiable.

Alors, le simple mot de réforme, d'abord, était un mot extrêmement fréquent, extrêmement répandu dans l'Église, pas seulement à l'époque moderne, mais de tout temps en fait. On l'avait beaucoup, notamment au Moyen-Âge, à la fin du Moyen-Âge évidemment, mais c'est un mot essentiel et très, très fréquent. Il y a une exigence répétée évidemment dans l'Église, que ça vienne de laïcs, mais surtout de clercs, bien entendu, à cette époque. Un peu comme un slogan, un peu comme on pourrait dire démocratie aujourd'hui, ou République, ou synodalité. Et bien, à l'époque, il était question de réforme.

Mais attention, Martin Luther lui ne va pas se considérer ou pas se définir immédiatement comme un réformateur. Il se voit plutôt, selon ses propres termes, comme une sorte de prophète, prophète pour les Allemands en plus particulièrement, pas forcément pour l'Église universelle. Et cet homme a un charisme particulier, évident, pour un temps particulier. Voilà, il est envoyé comme en mission pour pouvoir répondre à un problème tout à fait identifiable dans le temps et dans l'espace.

La Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin déjà avait étudié la question des charismes, celui de la prophétie notamment. Et donc, c'est quelque chose finalement de très ancré dans la tradition chrétienne et catholique. Mais le terme réforme, c'est vrai, va s'imposer et il va changer un peu de sens. Alors, réforme, qu'est-ce que ça peut vouloir dire à cette époque ? De quoi s'agit-il ? Et bien, réforme, c'est pour réformer l'Église tout simplement, c'est-à-dire lui donner sa véritable forme. Selon ses détracteurs, c'est-à-dire revenir à l'Évangile. Finalement, d'ailleurs, les protestants vont plutôt s'appeler eux-mêmes les évangéliques au 16e siècle.

Et donc, on a cette réforme comme cette idée de pouvoir un peu réformer, redonner forme à l'Église telle qu'elle était au début. Donc, il ne s'agit pas tellement en revanche de la transformer, mais de la purifier, c'est-à-dire de retirer tout ce qui dépasse, tout ce qui s'est accumulé avec les siècles, de superstition, de mauvais ajout, d'erreur évidemment, selon selon les protestants. Mais ce qui est sûr, c'est que pour nous, on va parler de réforme protestante parce que bien sûr, il y aura plusieurs réformes, la Réforme catholique que l'on verra dans la deuxième conférence, qui n'est pas qu'une Contre-Réforme, mais qui est beaucoup plus que cela. Et donc, on va commencer maintenant avec un peu, après avoir vu ce point de vocabulaire, les causes.

Les causes de la réforme, bien sûr, c'est un événement presque mythique, presque légendaire que cette réforme protestante et qui nous a laissé beaucoup d'idées. On a besoin toujours de se remettre en contexte parce que histoire sans contexte n'est que n'est que erreur et blasphème, entre guillemets. Mais pour les historiens en tout cas, il faut absolument contextualiser et le contexte du 16e siècle, du 15e siècle finissant, est absolument essentiel pour nous aider à comprendre cette réforme.

Alors, on a souvent pensé, longtemps pensé, de façon un peu simple peut-être, que les causes sont évidentes. Il y avait une décadence dans l'Église, les protestants vont simplement réagir à des abus qui se sont accumulés, à des mauvaises pratiques, mauvaises pratiques pastorales, mauvaises pratiques liturgiques ou ecclésiales, et même dogmatiques en fait. C'est difficile quand même de pouvoir dresser un bilan de l'Église en Europe à la fin du Moyen-Âge, tout simplement parce que c'est très variable, très variable selon les régions, très variable selon les personnes, très variable selon les milieux sociaux, qu'il soit urbain, rural, noble ou bien évidemment populaire. Tout est nuances, tout est complexité.

Alors, voyons un petit peu un certain nombre quand même cependant de causes, et vous allez voir qu'il y a une diversité de causes. On va en mettre en avant seulement six, alors qu'il y en aurait sans doute bien plus, mais il faut aller vite. Six causes.

La première d'entre elles, c'est une cause un peu sociale. Il y a une émergence de l'individu. L'individu, on ne va pas dire encore tout à fait individualisme, quand même, c'est trop tôt, mais on voit qu'il y a une foi personnelle, je l'ai dit dans l'introduction, une foi plus personnalisée aussi, plus personnalisable, une volonté de pouvoir aussi avec exigence changer, tourner la page de ce qui est perçu comme une certaine passivité des peuples à la fin du Moyen-Âge ou dans les siècles précédents. Et cette foi plus personnelle, cette émergence de l'individu, va malheureusement rencontrer dans un premier temps, en tout cas, un certain mur, une défaillance de l'encadrement ecclésiastique.

Malheureusement, les moines mendiants qui sont très appréciés au 15e siècle, au 16e siècle, et bien, ils vont discréditer aussi dans une certaine mesure le clergé plus diocésain qui lui-même, si les choses sont plutôt positives, et bien, quand même, est faillible sur certains points. Ça va faire un discrédit, un discrédit pour l'Église, un discrédit pour la paroisse aussi. Et ce discrédit va finalement aussi dériver progressivement vers cette doctrine du sacerdoce universel prôné par Luther, cette espèce d'idée de de restauration aussi de la dignité sacerdotale qui, côté protestant, va donc parier sur les laïques et ce sacerdoce reçu au baptême. Et côté catholique, avec le concile de Trente notamment et après le concile de Trente, la discipline, la restauration du clergé.

La deuxième cause, c'est un certain état d'esprit qui est aussi spirituel, pas seulement culturel, mais qui est assez caractéristique de la fin du Moyen-Âge. Bien sûr, on a évoqué en introduction les grandes catastrophes, la peste noire bien entendu, mais il y en avait beaucoup d'autres : les famines, les guerres, les inondations, les incendies. Tout cela avait provoqué, dit-on, pense-t-on, une certaine une certaine obsession de la mort chez les hommes de ce temps, et même une fascination un peu du morbide, quand même. On voit vraiment ça dans l'art. Tout le monde pense aux danses macabres, mais pas seulement.

Les représentations du Christ lui-même au 15e siècle, au 16e siècle, d'un Christ très, très digne dans les premiers siècles sur la croix, encore tout habillé avec une couronne et cetera, finalement, on va la voir de plus en plus nu, de plus en plus décharné, presque putrifié chez certains artistes évidemment que nous connaissons. Nous avons au-delà même des arts, aussi une fascination du morbide et une préoccupation de la mort que l'on peut lire dans les testaments, par exemple, un document ou une source documentaire très intéressante pour cette période. Il y a des dispositions qui sont prises pour les funérailles, un certain nombre de messes à dire également pour le défunt, des messes anniversaires, bref, une volonté de pouvoir cheminer vers le salut avec une inquiétude. Une inquiétude : serais-je sauvé et dans quelle mesure le serais-je ?

Alors, les confréries vont s'emparer beaucoup du problème. Cette idée, cette préoccupation de la damnation qui va être assez prégnante à cette époque, va pousser aussi à une certaine peur du jugement. Cette peur du jugement qui va tendre à une certaine obsession du péché, il faut, il faut bien le reconnaître aussi, et une fascination à cette époque du pouvoir de Satan. La chasse aux sorcières va vraiment commencer à la fin du 15e siècle avec une certaine littérature que nous pourrons évoquer ensemble. La hantise de l'enfer, donc, dans cette deuxième cause, un peu ce qui fait face à un certain sentiment de solitude aussi. On se réveille dans une Europe, une Europe qui a perdu une grande partie de sa population, et la prise de conscience aussi individuelle de l'économie du salut vont donner cette impression un peu flottante dans l'air pour les gens d'être un peu éloigné de Dieu, ou Dieu s'est éloigné d'eux. Il y a quelque chose de cet ordre.

Alors, Luther va essayer de répondre à tout ça. Et Luther, qui lui-même d'ailleurs était très, très, très préoccupé par la crainte de l'enfer, par la question du salut, de la damnation, de la prédestination, comme on le verra. Il était très habité par cette peur, par cette inquiétude qui faisait qui tapissait un peu le contexte de la fin du Moyen-Âge.

Alors, la troisième cause, ça pourrait être par exemple aussi le surnaturel. Donc là, j'ai évoqué cette histoire des des sorcières, mais on va bien au-delà de ça à cette époque. Il y a les feux de la Saint-Jean bien sûr, l'astrologie qui est ancienne, mais l'alchimie aussi, les rebouteux, les guérisseurs. Quelque chose d'abord de très populaire, de très répandu. Et puis, et puis en effet, cette chasse aux sorcières parce que à l'époque, évidemment, l'Église rejetait bien entendu avec vigueur toutes ces toutes ces nouveautés, toutes ces hérésies qui allaient contre la loi aussi, la loi du royaume, pas seulement contre l'Évangile et l'Église. Et finalement, elle disait, mais en même temps, tout ça, il ne faut pas forcément faire de zèle pour chasser systématiquement tout cela.

Mais au 15e siècle, on va commencer à s'inquiéter quand même de cette histoire, et ceux qui étaient vus avec une certaine distance va devenir une préoccupation majeure parce que il y a des peurs collectives. Et finalement, l'Église va répondre, l'Église d'abord, l'État ensuite, à cette peur collective par finalement cette hérésie des sorcières, cette peur du complot, finalement, des messes noires qui va provoquer des comportements très, très divers. C'est vrai qu'il y a un certain nombre de pratiques païennes qui n'ont pas encore été réglées, extirpées un peu des usages, des habitudes dans les campagnes particulièrement. Et puis cette aussi confusion qu'on peut faire entre la science des plantes, les guérisons pour soigner, mais aussi pour empoisonner. Voilà, il y a aussi cette dualité un peu effrayante qui va pousser à des comportements difficiles, des comportements déviants du côté du peuple.

D'abord, on a Gilles de Rais par exemple, et ses crimes, mais d'autres crimes aussi qui représentent un peu ce Moyen-Âge mystérieux et inquiétant. L'assassinat des enfants par exemple, des ducs d'Angleterre, qui vont provoquer l'horreur, le scandale, et aussi une certaine persécution contre les femmes, mais aussi les hommes bien sûr, il y avait sorcières, mais aussi sorciers, qui vont être brûlés, mais dans des proportions moindres que ce qu'on imagine bien sûr, mais quand même qui va évidemment frapper les consciences, surtout au 17e siècle. Ça, c'est la troisième cause.

Alors, la quatrième cause, on pourrait dire que ce serait par exemple une certaine obsession comptable, une obsession comptable dans l'esprit religieux particulièrement, qui va commencer à former, sculpter toute pratique. Et de plus en plus, le quantitatif va primer sur le qualitatif et sur la relation à Dieu. Alors, on va avoir une accumulation, accumulation de messes, accumulation de dévotions, accumulation de pèlerinages, accumulation de pénitences, de processions, de jours d'indulgences, qui vont, espérons-le à l'époque, combler un petit peu ce vide, ce déficit, cette angoisse, mais en fait, pas particulièrement les exigences religieuses requises pour les fidèles. C'est vrai, à cette époque, était plutôt réduite et demandait pas d'adhésion du cœur. Voilà, il s'agissait juste d'agir de façon un peu comptable.

Alors, pour la plupart des religions, c'est la même chose évidemment, mais aujourd'hui, on a un peu cette idée qu'il y avait un savoir-faire qui primait sur le savoir tout court. Et le 17e siècle va essayer de répondre justement à cette situation là, notamment par l'instruction des fidèles.

La cinquième cause que l'on peut évoquer, c'est celle de l'imprimerie. J'ai évoqué l'imprimerie moi-même en introduction. L'imprimerie, c'est très, très important pour la nouveauté de ce temps. Il va donc y avoir avec l'imprimerie un retour à l'écriture. On va quitter un peu un aspect plus oral, mais donc ça, ça date de bien avant la Réforme, bien entendu. Mais ce retour à l'écriture va peser et va entraîner un certain nombre de conséquences.

La Bible représente un chemin, un chemin d'accès à Dieu, et son étude donc va être à nouveau encouragée après, c'est vrai, un certain dessèchement théologique scolastique à la fin du 14e siècle, du 15e siècle, qui à cette époque, bon, on était un petit peu, c'est vrai, emprisonné peut-être dans dans les commentaires d'Aristote ou les sentences de Pierre Lombard. On va vouloir passer à autre chose. Avec l'imprimerie, ce sera possible. Entre 1445 et 1520 par exemple, 75 % des éditions imprimées concernent des livres religieux. Tous ceux qui ont des bibliothèques anciennes savent bien que c'est le cas. Entre 1466 et 1520, on va compter par exemple 22 versions allemandes de la Bible. Donc, ce n'est pas une invention de Luther la langue vernaculaire pour la Bible, mais il y avait quand même une volonté, une volonté qui précédait Luther et que Luther a saisie pour répondre à la population.

Alors évidemment, la lecture des livres, livre sacré, quand elle n'est plus tout à fait encadrée par l'Église parce que ce n'est plus possible, va à la fois être positive, mais aussi entraîner un certain nombre de déviances bien entendu. Les clercs vont perdre une part de leur prestige parce qu'ils ne posséderont plus l'exclusivité du savoir et surtout de l'accès à la Parole de Dieu. Posséder une Bible chez soi par exemple, ça n'était pas commun du tout et c'était même pas encouragé par l'Église au 15e siècle et même au 16e siècle.

Alors, l'enthousiasme aussi pour des langues que l'on va redécouvrir, le grec et l'hébreu au 16e siècle, vont renforcer ce phénomène de d'étude de la Parole de Dieu, de désir de l'étude, de désir de la compréhension. Et puis, au 16e siècle, au 15e siècle même déjà, apparaît ce phénomène de la lecture silencieuse. On va aller se retirer dans sa chambre, c'est comme l'invention de la vie privée d'une certaine manière à cette époque. On va avoir cette piété individuelle qui va pousser à la découverte personnelle du texte parce que jusqu'à présent, la lecture, bah, ça impliquait quand même beaucoup, en tout cas encore au Moyen-Âge, une prononciation à plus ou moins haute voix pour pouvoir en faire profiter tous ceux qui étaient autour de nous et qui très souvent ne savaient pas lire. C'est l'aspect collectif de la civilisation médiévale qui ici va être transformé. Et ça fait partie des causes importantes. Le lecteur va s'isoler, il va s'isoler des autres et donc il va favoriser sa propre réflexion personnelle avec des temps de silence et puis son fort intérieur.

Dernière cause, ça pourrait être le culte marial qui se développe de façon importante à la fin du Moyen-Âge, tout au long du Moyen-Âge, mais peut-être particulièrement à la fin. Les pèlerinages, l'Ave Maria, le Je vous salue Marie, qui a trouvé sa forme définitive au début du 16e siècle, la prière de l'Angélus qui sera très, très encouragée, les fêtes mariales, les rosiers, les pèlerinages bien sûr. Tout ça correspond au besoin de trouver un refuge par rapport à l'inquiétude que l'on a évoqué, la peur de l'enfer.

Et en revanche, côté protestant ou futur protestant, tout ça va être dénoncé. Dénoncé bien sûr parce que eux qui voient un salut reposant sur la foi seule et sur la grâce seule, et bien évidemment vont être un peu gênés par tout ça. Le culte des saints va accompagner le développement de cette spiritualité mariale et il va se développer effectivement de façon tellement incontrôlée et tellement accélérée à cette époque au 15e siècle qu'on a pu dire que presque un nouveau polythéisme pouvait renaître. D'ailleurs, le concile de Trente et surtout la Réforme catholique va répondre à tout ça. Le concile de Trente par exemple va légitimer les anciennes pratiques liturgiques en supprimant les plus récentes qui étaient considérées comme les plus extravagantes bien sûr.

Alors, le protestantisme va évidemment avoir beau jeu de dénoncer les excès, les maladresses aussi autour des reliques par exemple et leur culte, l'image des saints et puis surtout le.

Trafic des indulgences, bien célèbre. Mais c'est vrai que c'est un problème aussi complexe et qui a été longtemps un peu caricaturé. Alors, essayons d'y voir un peu plus clair en étudiant maintenant les acteurs de la crise.

Alors, le premier acteur de la crise de cette réforme, qui est une crise pour l'Église, bien sûr, une crise qui va déboucher sur une nouvelle configuration des choses, mais qui est avant tout une crise interne, et bien, les acteurs sont un certain nombre, mais surtout trois. Le premier, c'est le Saint-Empire. Le Saint-Empire romain germanique. Alors, on dit juste le Saint-Empire romain pour des questions de vocabulaire, mais on rajoute au 15e siècle le mot germanique. Voilà, en général, on dit juste l'Empire d'ailleurs, mais ça permet pour nous d'avoir un peu cela en tête quand même. Qui se qui se voit comme l'héritier de l'Empire romain d'Occident. Bien sûr, c'est une réalité complexe, très, très complexe, avec des territoires complètement éclatés, avec une organisation politique euh très subtile, avec une grande diversité territoriale. Parce que vous savez, la la mentalité de l'Ancien Régime, c'est toujours, quand on fait des réformes, d'accumuler sur les précédentes, mais jamais de supprimer ce qui précède, parce que c'est ancien, parce que c'est porté par les Pères, parce que ça a une valeur, parce que c'est trop compliqué aussi, peut-être parfois. Mais le problème, c'est que du coup, on a dans le Saint-Empire un morcellement territorial qui est issu d'un d'une du dessin territorial des des frontières qui est multiséculaire et qui rend les choses quasiment illisibles. Bien sûr, dans cette association de territoires que représente le Saint-Empire, il y a la Bohême. La Bohême, c'est évidemment le plus grand territoire de l'Empire. Et les Habsbourg, qui vont dominer donc cet empire pendant un certain temps, viennent du nord de la Suisse actuelle. Euh, à cette époque, c'est un Habsbourg, bien sûr, charloquin, dont on va parler très bientôt là, qui est à la tête de cet empire. Alors, ces Habsbourg vont cumuler un certain nombre de territoires et être élus progressivement à la couronne. Donc, la couronne est élective, hein, c'est important de le préciser. Il y a sept grands électeurs, dont un certain nombre de cardinaux, par exemple. Ces électeurs sont tous assez corruptibles, hein, soyons clair. Euh, charloquin lui-même en profitera largement. L'empire, c'est aussi un territoire qui permet quand même à cette époque une certaine liberté de circulation, et c'est essentiel. Parce que dans l'époque, enfin, dans l'époque moderne, mais déjà au Moyen Âge, en fait, il y avait en général une bonne liberté de circulation. Mais ce que je veux dire, c'est que au 16e siècle, on arrivait à peu près à se comprendre d'un point de vue de langue, malgré les variantes infinies d'un bout à l'autre de l'empire, d'un territoire à l'autre, bien entendu. Mais on arrivait quand même, et c'est ce qui permettait de parler de nation allemande, par exemple, dès cette époque. Dans le texte de Luther, on lit ça, cette cette expression "nation allemande", ce qui est intéressant, parce que ça nous aide à comprendre comment le protestantisme est nationaliste dès l'origine. Il y a un peu cette cet attachement à la nation et cette volonté de pouvoir unifier. C'est très, très propre à l'à l'époque moderne, bien entendu, cette idée de de conscience nationale qui fait l'unité entre les peuples.

Le deuxième acteur, c'est Charles Quint. Donc, je l'ai évoqué, Charles Quint, Charles V. Il est né en 1500, il va mourir en 1558. Et Charles Quint, il naît à euh à Gand, à Rente, voilà. Euh, et il est un prince qui, malgré sa naissance, ne va jamais parler allemand, hein, finalement. Il est euh de culture franco-flamande. Il va devenir roi d'Espagne euh et de culture franco-flamande. Et bien, il va s'hispaniser de plus en plus. Euh, il est né de Philippe le Beau, qui est un Habsbourg lui-même, hein, et une princesse catholique euh qui s'appelle Jeanne, qui est la fille d'Isabelle la Catholique, d'ailleurs. Et il va cumuler plusieurs couronnes. Il est connu pour ça, c'est pour ça qu'il a plusieurs noms d'ailleurs. Charles Quint. Il a parmi ses couronnes surtout la couronne impériale. Donc, il est élu en 1519. 1519. Alors, c'était une élection complexe qui a été très étudiée par les historiens, parce que c'est un contexte intéressant. Alors, il y a son grand-père Maximilien qui est empereur et qui va mourir. Et donc, donc Charles va se présenter aux élections face notamment notamment à François Ier, qui avait de fortes chances de l'emporter, il faut bien dire. Mais en fait, il y a eu un concours de corruption, pour le dire simplement, et Charles Quint l'a emporté. Donc, ce sera pas forcément pour son bonheur, hein, parce qu'il va être confronté à cette réforme protestante qui va lui poser beaucoup de de difficulté et le pousser finalement à la à la démission. Alors, il va rester toujours toujours à à l'Église romaine avec beaucoup de fidélité et n'aura aucune sympathie pour Luther, bien entendu, qu'il va rencontrer. Mais ce schisme qui qui lui tombe sur les épaules, d'une certaine manière, et bien, il va essayer de le résorber par tous les moyens, et ce sera bien difficile pour lui, hein. Il n'y aura il n'y aura pas que la guerre, mais il y aura d'abord, avant la guerre, des colloques théologiques importants, et puis après, après viendront les armes, et tout cela restera infructueux, bien entendu, pour lui. En tout cas, en 1555, année sur laquelle nous reviendrons, hein, c'est la paix d'Augsbourg. Il va constater son échec et du coup, il va envoyer son propre frère Ferdinand pour faire la paix avec les luthériens. Et lui-même va se retirer. Il va, dans cette paix d'Augsbourg, d'Augsbourg, pardon, reconnaître l'existence dans l'empire de deux religions : la religion catholique et puis la religion de la confession d'Augsbourg de 1530. Et donc, Charles Quint va évidemment affronter tout cela comme un échec, un échec terrible. Après des décennies de lutte, il va abdiquer et se retirer dans un monastère en Espagne, dans la simplicité et dans la pénitence, où il va mourir en 1558.

Voyons maintenant le personnage central de la réforme et de notre conférence, c'est Martin Luther. Alors, Martin Luther, il va naître en 1483 et il va mourir en 1546, à un certain âge. Donc, on va voir ensemble un petit peu des éléments du personnage, son enfance, sa famille, ses études, son parcours, et puis sa personnalité, bien sûr, qui est très importante pour comprendre le protestantisme et l'époque. Martin Luther. Alors, d'abord, il s'appelait pas Luther, il s'appelait Luder, euh, en allemand, avec un D. Et alors, c'était bon, c'est on dit que ça se traduit "la garce", c'est pas extraordinaire. Alors, il va transformer un peu son nom, euh, comment faisait à la Renaissance, hein, en fait, euh, pour l'héléniser un peu, le le le rendre plus grec, finalement. C'est une référence antique, une référence au philosophe, lui qui avait fort peu d'estime pour les philosophes, d'ailleurs. Mais qui va euh, héléniser son nom en mettant "th", euh, le thêta grec, euh, dans la mode des des savants de l'époque. Donc, il va, il va signer certains de ses textes, et le "thelus", plutôt que "Luder" ou "Luther". Ce qui veut dire "libre", évidemment, hein, en grec. Et le "thelus", et et donc, c'est une signature un peu programmatique pour pour Martin Luther.

Alors, il naît en 1483, je l'ai dit, à l'intérieur de l'Allemagne, au centre de l'Allemagne actuelle, un 10 novembre. Et il va être baptisé le lendemain, 11 novembre. Et le 11 novembre, c'est avant tout la Saint-Martin, évidemment. Martin devient son saint patron. Sans être riche, sa famille est plutôt aisée. Bon, c'est une famille d'origine paysanne, mais qui a plutôt prospéré. On n'est pas dans l'élite, on n'est pas dans la pauvreté non plus. C'est vrai que Luther va insister beaucoup dans ses écrits sur la pauvreté de ses parents, sans doute en exagérant un petit peu aussi pour écrire sa propre légende. Mais en fait, on s'est rendu compte que son enfance était assez classique pour l'époque, pas exceptionnellement difficile, pas particulièrement. En tout cas, son père va travailler dans le secteur minier, dans la forge, très précisément. Et il veut que son fils devienne un bon juriste. Donc, il va un peu parier sur lui. Il va soigner son instruction et il va lui faire, par exemple, apprendre 7 ans le le latin, ce qui sera très important pour lui, hein. Il l'envoie dans une école très stricte qui interdit de parler allemand. Et donc, Luther parlera un excellent latin, ce qui va beaucoup, beaucoup le servir pour répandre ses idées.

En 1501, Luther a 18 ans et il va rentrer à l'université de de Erfurt, euh, en Thuringe. Et il va choisir à ce moment-là les arts à l'université. Alors, évidemment, les arts à cette époque, ce sont pas les arts plastiques, c'est pas ce sont pas les Beaux-Arts. C'est évidemment ce ce qu'on appelle les arts libéraux, c'est-à-dire des matières qui vont libérer l'esprit, le rendre intelligent, le rendre autonome dans la réflexion, dans l'analyse, dans la critique, qui permettra de penser par soi-même. Alors, il y a plusieurs matières qui vont être au centre de son apprentissage, des matières classiques pour l'époque, qui étaient déjà classiques au Moyen Âge : l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie, la musique, la grammaire, la rhétorique également, la dialectique, parfois l'éthique, la logique. Voilà. Donc, ce sont des matières qui sont déjà très célébrées dans l'Antiquité et qui vont être essentielles pour une éducation à ce moment-là.

Après avoir passé un peu de temps dans les arts, Luther va rentrer dans le droit et il va essayer de trouver un emploi bien rémunéré. Il en a les capacités, c'est un homme intelligent. Mais à ce moment-là, un événement inattendu va tout euh tout dramatiser, va rebattre les cartes totalement. Et on va voir exactement de quoi il s'agit. C'est un tournant pour Luther, c'est le tournant du monastère. Nous trouvons en juillet 1505. Et en juillet 1505, et bien, Luther va rentrer chez ses parents à Mansfeld. Et alors qu'il rentre, un violent orage va le surprendre. Cet orage très violent va le pousser à se mettre à l'abri. Il va y avoir la foudre. Un de ses amis va même mourir, dit-on. Alors, il va craindre la mort. Il va craindre terriblement. Dans ce contexte qu'on a évoqué de la fin du Moyen Âge, et se confiant à Sainte Anne, il va lui lui dire : "Et bien, Sainte Anne, si tu me protèges, euh, je me ferai moine si je survis." Et c'est ce qui va arriver. Il va réussir à être exaucé. Et donc, deux semaines plus tard, Luther va vendre tous ses livres et rentrer dans une congrégation, les ermites de Saint-Augustin d'Erfurt. Du coup, ce qui va provoquer la stupéfaction de sa famille, surtout son père, son incompréhension. Mais pour lui, en tout cas, c'est quelque chose de très logique. C'est un homme engagé. Luther, il il dit quelque chose, il le fait. Voilà, un homme de de parole, jusqu'à une certaine rigidité, d'ailleurs, on le verra un peu plus tard.

Alors, en 1505, le couvent d'Erfurt est plutôt sévère quand même, hein, plutôt plutôt difficile. Et c'est en même temps un endroit qui n'est pas particulièrement la fuite du monde que l'on peut imaginer. Il y a une cinquantaine de frères et il y a une émulation intellectuelle particulièrement remarquable là-bas, une piété réelle aussi, et une ouverture pastorale avec le lien avec l'université, qui permet à Luther de de prospérer un peu personnellement, intellectuellement, dans cet endroit. Mais c'est vrai que c'est quand même un endroit monastique, hein, donc il y a une rupture réelle avec sa famille, et particulièrement avec son père, Hans Luder.

Alors, le postulat de Martin, frère Martin, va durer 2 mois, et puis son noviciat va durer 1 an. Alors, il va prononcer ses vœux définitifs, il va franchir toutes les étapes à l'automne 1506, et puis au carême 1507, il va être ordonné prêtre. Voilà. Donc, euh, Luther était prêtre, prêtre catholique. Pour sa première messe, euh, en mai suivant, mai 1506, il va frapper les esprits quand même, parce que il va avoir l'air terriblement angoissé de ce qu'il fait. Il est écrasé par la majesté divine. Il est terrorisé par le contact avec l'hostie, la présence réelle, le corps vraiment présent du Christ. Ça va frapper un peu les contemporains, les historiens, et puis dessiner aussi un petit peu cette personnalité euh, un peu inquiète, un peu fragile, un peu scrupuleuse de de frère Martin, qui va avoir une grande importance pour la suite.

Le temps avance et puis en 1511, Luther, enfin frère Martin, est envoyé dans un nouveau décor. Et ce nouveau décor, c'est le couvent de Wittenberg. Un lieu important, important pour les protestants, important pour l'histoire de Luther aussi, puisque c'est là que, entre 1511 et la fin des années 1510, il va y avoir dans sa tête le tournant réformateur. C'est dans cet endroit que, comme professeur, puisqu'il va commencer à enseigner, et bien, il va découvrir dans son étude des choses qui vont changer entièrement sa perspective. Il sera maître des études et très bientôt, il sera docteur, un docteur brillant en Écriture Sainte. Et il va enseigner, enseigner sur le livre de la Genèse, enseigner aussi beaucoup sur les Psaumes, et puis enseigner sur les épîtres pauliniennes, qu'il va étudier avec beaucoup, beaucoup de finesse, beaucoup d'ardeur également : la lettre aux Romains, l'épître aux Galates, et l'Épître aux Hébreux, qui est qui était encore associée à Paul, je pense à ce moment-là. Donc, dans ces années-là, je vous l'ai dit, c'est le tournant réformateur. Dans le secret de son bureau, de son étude, Luther va comprendre des choses et progressivement, hein, plutôt que ponctuellement, pas forcément une épiphanie, lui, il tombe dessus, mais il va, il va pouvoir, avec son intense activité intellectuelle, transformer un peu sa façon de penser, de voir les choses, et de comprendre la religion et l'Évangile.

À partir de 1514, Luther va devenir prédicateur également, et ça, ça va compter beaucoup, parce qu'il va s'exercer, s'entraîner, et ça va avoir évidemment une influence sur sa future mission. Il est prédicateur à l'église paroissiale de Wittenberg, qui se visite encore aujourd'hui. Il ne faut pas hésiter à l'avoir. Et puis, intérieurement, Luther souffre. Il souffre parce que son inquiétude le rattrape. Il est face à la tentation dans le domaine de la chasteté, ça, ça le, ça lui pèse, ça lui pèse. Et du coup, il va être tenté, ou en tout cas, oui, il va devoir affronter cette espèce de situation de blasphème intérieur qui peut arriver contre un Dieu qui exige une sainteté, une justice qui est, semble-t-il, impossible à acquérir pour l'homme pécheur qu'il est, par ses propres forces. En tout cas, cela semble impossible. Jusque-là, nous sommes tout à fait d'accord. Et Luther est exigeant, Luther est discipliné, Luther est pieux aussi à ce moment-là, mais il est frustré intérieurement par ce désir de sainteté qui va le le grignoter un peu intérieurement. Et finalement, cette espèce de d'espérance de rédemption qui lui semble inatteignable va le miner un petit peu. Il va se heurter tout le temps à la permanence du péché en lui. Et il en vient donc à considérer que tout désir terrestre, évidemment, mais tout désir, même celui de la sainteté, en fait, est une forme de péché. Et donc, ça va un peu le, le, l'influencer dans sa façon de penser.

Luther ne vient pas de nulle part. Il a lui-même une éducation. Il a eu des maîtres qui l'ont influencé, qui l'ont guidé un petit peu. Il y avait des tendances qui étaient préexistantes dans l'Église, hein. Le nominalisme de Guillaume d'Ockham, dont Luther était un un vrai partisan, finalement, va le pousser à considérer que la foi seule, la foi seule, indépendamment des œuvres, est une expérience libératrice et donc est absolument salutaire. Donc, il met en œuvre euh, enfin, il met en cause, plutôt, les œuvres, les œuvres humaines charitables, par exemple, dans l'économie du salut. Ça commence un peu par ça. Il va s'en prendre à ce qu'il appelle les fausses bonnes œuvres, en particulier le commerce des reliques, le commerce des indulgences, qui abusent les fidèles dans une fausse sécurité, qui vont le détourner du chemin de la vraie foi. Et quelle bonne intention il avait effectivement à ce moment-là. À Wittenberg, euh, il a Frédéric le Sage, hein, qui est un peu le gouvernant, et qui se fait connaître notamment parce que, bah, Frédéric le Sage, il a accumulé quand même 17 413 reliques. 17 413 reliques qui vont représenter pour lui pas moins de 128 000 années d'indulgence, ce qui est quand même beaucoup.

Alors, Luther va s'indigner de tout cela et en réponse, il va adresser ses fameuses 95 thèses sur les indulgences, notamment à l'archevêque Albert de Mayence, qui est évidemment euh, commissaire de la prédication de l'indulgence, parce que c'est lui qui est chargé par le Saint-Père de pouvoir un peu aussi euh, récolter des fonds. Et c'est c'est là qu'il va y avoir effectivement euh, ce fameux passage où "à chaque fois qu'une pièce tombe, c'est une âme du purgatoire qui s'envole vers le Paradis". Bon, évidemment, tout ça fait aussi un peu partie de la légende, mais a pu choquer, a pu choquer à l'époque, et notamment Luther. Donc, il va rédiger ses fameuses thèses. Il va les rendre publiques euh, entre le 11 et le 20 décembre 1517. C'est on a cette légende aussi que que le 31 octobre ou le 1er novembre, elles sont martelées sur la porte de l'église. C'est une une belle image, bien sûr, la porte de la cathédrale, mais ce n'est qu'une image.

Ces premières thèses, 95, sont un peu arides, à dire vrai, hein. Euh, elles s'adressent plus aux théologiens qu'aux laïcs. Elles sont un peu savantes. Bon, il, elles ne vont pas vraiment avoir d'effets immédiats, quoi, pas particulièrement. Et qu'est-ce qu'il dit dans ses fameuses 95 thèses ? Et bien, il affirme d'abord la permanence du péché dans l'âme humaine, c'est un point très récurrent de sa théologie. Il va aussi restreindre le pouvoir des clés, le fameux pouvoir de Saint-Pierre qui est transmis au pape, successeur de Saint-Pierre. Et il va dire : "Mais non, Dieu seul peut pardonner les péchés. La confession auriculaire n'apporte qu'une faible confirmation." C'est à peu près tout, quoi. Et donc, finalement, il va remettre en cause les sacrements, et particulièrement celui de la confession. Puis, il va dédaigner aussi catégoriquement à l'Église l'autorité nécessaire pour réduire les peines du purgatoire, qui, selon lui, sont infligées par Dieu lui-même, et contre lesquelles il ne faut pas lutter, mais qu'il faut simplement accueillir et embrasser.

Alors, elles sont rédigées en latin, évidemment. Elles vont avoir un impact, je vous l'ai dit, plutôt plutôt faible, plutôt minime. Et en plus, elles restent plutôt modérées dans leur position. On peut parfaitement discuter de ces thèses en bon catholique, sans aucune difficulté. Mais il va faire en 1518, juste après, un commentaire en allemand des sept psaumes de la pénitence. Et ça, ça va reprendre largement ses idées et les transmettre un peu plus déjà dans la population. Très vite après, il va rédiger ses fameuses 97 thèses, qu'on appelle les thèses théologiques de de Luther, et qui vont cette fois exposer de manière beaucoup plus radicale sa doctrine sur la grâce et la justification par la foi. Donc, Luther va reprendre cette fois, contre les nominalistes, malgré son éducation, des arguments de Saint-Augustin contre les Pélagiens, et va défendre les positions un peu extrêmes de de l'évêque d'Hippone, de Saint-Augustin. Ce qu'on verra plus tard, d'ailleurs, aussi avec le jansénisme. Saint-Augustin, c'est un saint très important de l'Église, mais ce n'est pas Jésus-Christ. Donc, il a pu se tromper et s'égarer. Il a eu une pensée qu'il a beaucoup évolué, il a écrit énormément, il a pu changer d'avis sur certaines choses, il n'était pas sûr sur d'autres, il a laissé en champ entier un certain nombre d'événements théologiques. Donc, il faut le manier avec prudence. Et c'est vrai que très vite, quand on l'utilise, on peut un peu lui faire dire ce que ce que l'on veut.

Luther va soutenir trois choses, trois choses importantes, qu'on va revoir rapidement, juste avant d'évoquer la la rupture avec Rome. La première chose qu'il va soutenir, c'est ce qu'on, c'est ce qu'il appelle lui-même le "servum arbitre", hein. Il y a le libre arbitre défendu par l'Église catholique et par Érasme notamment. Et dans une conversation avec lui, une conversation écrite, un peu polémique, et bien, lui, il va plutôt répondre en parlant du "servum arbitre", c'est-à-dire que l'homme est prisonnier du péché, l'homme est corrompu, et sans Dieu, il ne peut rien faire. Il va donc difficilement s'accorder avec cette idée catholique de la liberté, et cette idée qui disait que finalement, la rédemption permet aux fidèles quand même d'aller vers Dieu avec l'aide de la grâce, bien sûr, mais d'y aller aussi avec ses propres efforts, d'une certaine manière, et jusqu'à un certain point.

La deuxième grande idée de Luther, c'est la prédestination. Alors, il va défendre ici, euh, enfin, l'idée d'abord que la foi donne aux élus la certitude de leur salut, certitude intérieure. Ça, c'est assez intéressant. Mais du coup, ça veut dire que les autres sont abandonnés à Satan. Donc, on a un peu cette double prédestination qui, bah, Saint-Augustin aussi, à dire vrai, avait cette idée-là, hein, que qu'il y avait des prédestinés quand même à la perdition, à la damnation, d'une certaine manière. Et et Luther va reprendre tout cela et le déployer, le développer. Je n'en fais qu'une allusion rapide, c'est bien complexe, évidemment.

Autre idée, c'est celle du sacerdoce universel. Alors, il prend la première épître de Saint-Pierre, qui dit donc au chapitre 2 : "Vous vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte", et cetera. Et il reprend ce passage très célèbre pour dire qu'un chrétien isolé pouvait avoir raison par son sacerdoce baptismal, non seulement face au pape, mais face au concile aussi. Et donc, Luther, alors, il ne le dit pas tout de suite, c'est une idée qui va se se s'installer en lui. Ça va le pousser à rompre, du coup, avec la hiérarchie, avec la hiérarchie catholique, et aussi dédaigner, renier, repousser ce ce magistère de l'Église, qui n'est pas du tout considéré comme infaillible à l'époque, mais les discussions sont un peu en cours quand même, hein.

Puis, dernière idée très importante qu'on qu'on peut voir, c'est évidemment la "sola scriptura", l'Écriture seule. C'est-à-dire que la Parole de Dieu seule fait autorité vraiment dans l'Église. Et le sacerdoce universel accorde à chacun la libre interprétation de cette Écriture, y compris aux simples fidèles, et pas seulement, évidemment, les savants. Et donc, c'est dans le contact solitaire avec l'Écriture que Luther a compris effectivement toutes ces choses. Alors, il voudrait que ce contact solitaire soit répandu à toutes les personnes, y compris celles qui, contrairement à lui, ne sont pas euh euh maître, docteur et prêtre, bien entendu.

Alors, évidemment, tout cela va avoir des conséquences, et les conséquences parfois très violentes. Et Luther, dans cette époque exaltée, hein, on peut le comprendre, va être effrayé par par ces violences, ces violences perpétrées au nom des Écritures, finalement, au sein de mouvements populaires qu'il va finir par condamner et condamner très, très fermement. Et il va imposer un contrôle de la prédication aussi par les autorités civiles, parce que Luther était quand même un homme d'ordre, un homme d'ordre, voilà.

Dans cette rupture, il y a le pape Léon X. Et le pape Léon X était plus fin politicien que théologien. Alors, il n'aime pas la controverse, il n'aime pas la révolte, il n'aime pas la querelle théologique. Et au début, il ne prend pas vraiment au sérieux la querelle de frère Martin. Et puis, il faut bien reconnaître qu'il y avait aussi un contexte politique qui ne favorisait pas vraiment son attention, puisque il y avait en 1517, à la fois la fin du concile de Latran V, donc on sortait à peine d'un concile, on était tout d'un coup préoccupé d'autre chose, et puis, il y avait l'élection de l'empereur, l'élection de l'empereur. Et le Saint-Siège ne voulait voter ni pour François Ier, ni pour Charles Quint, mais il voulait Charles de Habsbourg. Il voulait voter pour le prince-électeur de de Saxe, c'est-à-dire Frédéric le Sage. Mais bon, voilà, là, il se trouve que c'est quand même Charles Quint qui sera élu, comme vous savez, en 1519. Et donc, Léon X, une fois cette élection passée, va revenir aux aux questions religieuses, mais donc pas avant 1519, au moment où déjà la polémique avait commencé à s'installer.

Frédéric le Sage euh est bon catholique, mais il va refuser de livrer son sujet euh Luther, s'il n'est pas déclaré hérétique par une université allemande. Donc, il va faire un petit peu de de résistance initiale. Pour pouvoir déclarer hérétique, il faut un peu constater. Alors, il va y avoir plusieurs débats, plusieurs querelles théologiques. La première va avoir lieu en octobre 1518, donc quand même assez vite, avec un cardinal, le cardinal Cajetan, connu, qui était un esprit fin et et habile. Mais cette controverse va finalement, malheureusement, être sans succès. Elle ne va pas mener à la scission ou au retour de frère Martin, comme espéré par Rome et par l'Église. Et la rupture va être vraiment assez assez manifeste, assez consommée par une autre dispute, qui sera la la dispute de Leipzig. Et Leipzig, c'est à ce moment-là, on est en 1519, en juillet 1519. Et dans cette dispute, Luther va cette fois faire face à un autre théologien, qui est Jean Eck, qui est lui aussi un esprit brillant. Et en fait, le tempérament un peu, un peu impatient, un peu impulsif, un peu sensible de Luther va le pousser, notamment pendant ce débat, à radicaliser un peu son ecclésiologie, très "sola scriptura", l'autorité ne vient que de l'Écriture. Parce que, en fait, Jean Eck va essayer de de manœuvrer un petit peu habilement et et va le pousser à dire ça. Parce que, à l'époque, évidemment, il appelait encore à un concile, le Luther, pour régler cette question-là. Mais du coup, Jean Eck va lui dire : "Ah bon, mais du coup, l'autorité, est-ce que c'est le concile ? Est-ce que c'est le pape ? Est-ce que c'est autre chose ?" Et Luther va finir par dire : "Non, c'est seulement l'Écriture, puisque même le concile peut se tromper, finalement."

À partir de ce moment-là, à partir de l'été 1519, les choses vont s'accélérer dans la rupture assez rapidement. En 1520, en février déjà, les thèses sont condamnées par des docteurs de Cologne et par des docteurs de Louvain. Toujours en 1520, au milieu du mois de juin, Léon X va rédiger cette fameuse bulle, la bulle *Exsurge Domine*, où à ce moment-là, 41 propositions de Luther sont déclarées hérétiques. Donc, là, on est mi-juin. Mais le 17 novembre, la bulle va être publiée en Allemagne. Donc, vous voyez le temps que ça prend aussi, un peu tout ça. Justement par Jean Eck. Et puis, dans cette bulle, et ben, il est fait mention que à partir du moment où elle est reçue, Luther a 60 jours pour se rétracter, sous peine d'excommunication.

Alors, Luther va hésiter un peu. Mais Luther est quand même soutenu par beaucoup d'évêques dans sa réflexion, dans son combat. D'autant plus que au 2e semestre de l'année 1520, il va rédiger trois ouvrages, trois ouvrages d'importance théologique, qui vont façonner, préciser, organiser un peu sa pensée religieuse, et surtout la pensée protestante, finalement. Très vite, à partir du 10 décembre, c'est déjà difficile de revenir en arrière, puisque c'est le jour, bien célèbre, où Luther va prendre la bulle du pape et la brûler en public, avec quelques ouvrages d'ailleurs, comme des ouvrages de droit canonique. Et donc, évidemment, devant cet endurcissement, l'Église agit, et il est excommunié le 3 janvier 1521.

L'année se poursuit et on arrive au printemps 1521. À ce moment-là, en avril, il y a la Diète de Worms, devant laquelle Luther va être quand même invité encore à se rétracter. Il n'est pas trop tard, il n'est jamais tout à fait trop tard, encore à ce moment-là. Et Luther va hésiter. Il va hésiter. Il ne va pas tout de suite lever le poing. Il va hésiter quand même. Et puis, finalement, il va refuser de se rétracter, après réflexion, après une nuit de prière, après tout ça. Et il va s'en suivre donc, donc une conséquence évidente, qui est la mise au ban de l'Empire. C'est-à-dire que n'importe qui peut se saisir de lui à ce moment-là et le livrer au bras séculier, où évidemment, il ne lui attendra pas un destin très agréable. Mais à ce moment-là, au moment où il est mis au ban de l'Empire, en fait, sa popularité est forte, parce que évidemment, ces thèses vont dans le sens du peuple, sont soutenues par le peuple, beaucoup. Et d'après le nonce de l'époque, il paraît que beaucoup d'Allemands auraient lutté à ce moment-là : "Vive Luther !" et quelques-uns peut-être même : "À bas le pape !" Voilà. Donc, Luther, ça y est, est devenu en quelques temps, lui qui était totalement inconnu à peine de ou trois ans plus tôt, le champion de la nation allemande. Il va tout de suite, l'aspect un peu national, l'aspect un peu populaire, qui qui va dans un sens très, très précis dans l'histoire.

Il va être protégé par Frédéric le Sage, qui va décider de le cacher au château de la Wartbourg, jusqu'en mars 1522. Donc, il va rester pendant pendant 10 mois là-bas, où il va, il va être très seul et en même temps, il va beaucoup travailler, énormément travailler. Donc, ça représente cependant quand même 10 mois d'absence, hein. Et ces 10 mois d'absence vont avoir des conséquences très graves, parce que à ce moment-là, en fait, toutes les personnes, tout le peuple, très exalté par les premières pensées luthériennes, vont évidemment aller beaucoup plus loin que Luther lui-même, comme c'est souvent le cas. Et ces thèses vont être durcies, durcies par ses disciples, durcies par le peuple, durcies par les exaltés, par les exagérés, comme on disait aussi à ce moment-là, et durcies jusqu'à l'anarchie, jusqu'à la violence. Ce qui va pousser à à revenir à à Wittenberg. Donc, Luther va finir par quitter sa cachette euh pour pour rétablir l'ordre. Je vous ai dit, hein, c'était un partisan de l'ordre, et notamment de l'ordre liturgique, où là, c'était parti vraiment dans des directions totalement surprenantes. Et euh, et donc, à partir de ce moment-là, il va, il va rester un peu à Wittenberg, et il va mettre en place un protestantisme réellement plus structuré, ou un évangélisme plus structuré.

Quelques mots sur la personnalité de Luther, parce que on a qu'effleuré la surface. C'était quand même un personnage très intéressant et et très complexe. Il va rester donc à Wittenberg, hein, il va rester toute sa vie, il va finir là-bas, il va mourir là-bas. Et puis, il va très vite se marier. Luther, il va, après avoir été favorable au mariage des prêtres, mais refusant le mariage des moines, et ben, finalement, il a changé d'avis et il va se marier avec une ancienne religieuse, euh, Catherine de Bora, en 1525. Et il va avoir euh, six enfants avec elle. Il va avoir une vie simple, hein, c'était quelqu'un de de sobre. Il sera un père et un mari attentionné. Et euh, même s'il aimait donc pas mal les plaisirs de la table, hein, comme on peut le le constater avec l'art, et bien, il restera un homme très pieux, très réglé, très fidèle, très simple, et surtout un travailleur acharné euh dans son travail. Bon, il y a une un aspect de polémique très important. Luther avait un caractère quand même assez irascible, et il va produire, on peut le lire encore aujourd'hui, des pamphlets très virulents, qui seront entrecoupés régulièrement de de quelques sommes théologiques beaucoup plus érudites, beaucoup plus savantes, qui viendront un peu organiser sa pensée et ce mouvement naissant. Il avait euh, derrière la polémique, un souci certain de pouvoir quand même instruire le peuple chrétien et contrôler les dérives, comme on l'a comme on l'a dit un petit peu. Et donc, plusieurs publications vont aller dans ce sens-là.

Très, très vite, hein, 1522, il va publier d'abord le le la traduction du Nouveau Testament, sa traduction du Nouveau Testament qu'il a faite donc pendant qu'il était dans sa cachette. Et puis en 1534, il va publier une édition complète de la Bible en allemand, illustrée par Lucas Cranach. Alors, c'est très, c'est très célèbre, hein, cette volonté de pouvoir transmettre l'Écriture dans la langue vulgaire, dans la langue vernaculaire. Mais comme je vous ai dit, donc, il existait déjà bien sûr bien des éditions de la Bible en allemand, même si elles étaient pas toutes très cohérentes et et surtout, elles n'étaient pas guidées par un projet comme celui de Luther.

En 1529, Luther va sortir le le grand catéchisme et le petit catéchisme. Et ça, c'est très novateur et très, très admiré. Ce sont évidemment des œuvres fondamentales, hein, pour la diffusion de doctrine, pour l'établissement du luthéranisme. Et euh, en fait, ce concept va être repris par le Concile de Trente, qui était très attentif à tout ce qui se passait et qui aura, comme Luther d'ailleurs, ce même souci dans sa propre réforme, d'éduquer les foules. On peut bien dire qu'il y a eu une influence protestante sur l'Église, sur le catholicisme, euh, en ce sens-là, et une influence très, très positive, même si des catéchismes existaient déjà, mais pas du tout aussi organisés et fondamentaux.

On a pensé parfois que la pensée de Luther naissait un peu d'une sorte de dénonciation des richesses outrancières de l'Église, de la débauche, de la hiérarchie scandaleuse avec le népotisme et cetera. Ça, aujourd'hui, les historiens sont revenus. Ce sont plutôt des thèses un peu marxistes périmées. Luther n'était pas un révolutionnaire, c'est très important de l'affirmer. C'était un théologien. Il se voyait, je vous l'ai dit, comme un prophète, et puis de prophète, il est devenu plus théologien, plus pasteur, hein, c'est vraiment le le terme pasteur, organisant sa communauté, organisant l'Église. Bien sûr, il dénonce les abus de l'Église, de l'Église catholique, mais quand il le fait, il n'évoque pas les mœurs du clergé, curieusement, mais par exemple, la communion sous une seule espèce, ou bien la messe conçue comme un sacrifice, ou bien le célibat ecclésiastique, bien sûr, ou bien les vœux prononcés par les religieux ou les jeunes, les abstinents, et cetera. Voilà ce qu'il dénonce, hein. Il ne dénonce pas le népotisme et ce genre de choses. Tout ça a été pratique courante et et bien acceptée par les populations.

L'œuvre de Luther va refléter son caractère, va refléter sa personnalité. On voit en lisant un peu ses écrits que évidemment, il avait une foi profonde, une foi vivante, sérieuse. Mais en même temps, on a compris, on a vu qu'il était affecté de périodes de dépression plus ou moins longue, plus ou moins sérieuse, de périodes d'angoisses qui vont survenir.

compris après sa conversion et euh et qui vont influencer un peu euh l'établissement de ces doctrines qui sera donc influencé par cette espèce de de mélancolie qu'il y avait chez Luther de fragilité et puis aussi ce caractère très vif dont il était euh pour lequel il était très célèbre euh et ça va aussi pousser à la radicalisation d'un certain nombre de ces thèses qui bien sûr vont très vite dépasser son cercle proche très vite dépasser l'Allemagne et être reprise à la fois dans le monde de germanique ou germanophone euh comme en Suisse par exemple mais aussi dans des pays plus latins voilà.

il va mourir le 18 février 1546 euh fidèle à sa doctrine tout à fait mais en même temps très torturé torturé par les dissensions par les tensions importantes qu'il y a parmi ses disciples euh parmi aussi un certain fanatisme qui va quand même éclore de toute cette nouveauté euh très vite on va avoir en effet des mouvements qui vont se greffer hein sur le protestantisme naissant l'illuminisme iconoclasse par exemple est très très violent la destruction d'icone bien sûr et puis aussi d'autres mouvements comme l'anabatisme euh que Luther va va toujours tenter de de tuer dans l'œuf hein il faut le dire assez clairement he Thomas Munzer Munzer pardon euh qui va être pas vraiment soutenu par Martin Luther au contraire parce que Martin Luther avait quand même une attitude aussi conservatrice et ça il faut aussi euh le souligner tout simplement parce que cette attitude conservatrice a rassuré les princes avec lesquels il était en relation et donc a facilité la diffusion de la réforme puisque évidemment la religion du peuple c'est la même religion que celle du prince.

en avril 1525 Luther par exemple va écrire un un un ouvrage qui s'appelle exhortation à la paix euh très beau titre qui va prêcher la charité et l'obéissance voilà donc ça çaen un exemple et puis il va y avoir des massacres très vite quand même qui vont se se se perpétrer au nom de la religion de la religion nouvelle notamment et à ce moment-là Luther va presque automatiquement se ranger du côté des seigneurs et demander l'ordre public il dit par exemple même si les princes sont méchants et injuste rien n'autorise à se révolter contre eux B une phrase intéressante de lutherè le 15 mai 1525 il y a cette fameuse révolte des paysans c'est-à-dire que l'armée des paysans en turinge euh va essayer de se révolter contre les princes justement un peu enflammés par les idées lutherériennes et aussi celles de munsur et euh en fait lutherè va vraiment être très très favorable à cet écrasement en vérité le muncer va être supplicié à ce moment-là d'ailleurs parce que pour lui euh pour ce ce pour pour Luther en fait euh les princes doivent contrôler l'Église dans leurs états en matière de discipline en matière de liturgie mais aussi en matière de dogme donc il va considérer les foules comme incapable de discernement en matière de religion et et donc c'est pour ça qu'il va être si favorable à l'ordre.

nous pouvons conclure notre première conférence sur la Réforme protestante et pour cela et bien on va faire un rapide survol de la situation à partir de cette explosion de réforme qu'on a dans ce petit lieu d'Allemagne un peu méconnu par ce personnage ce frère Martin que personne ne connaît à ce moment-là alors on a Léon 10 le pape qui va mourir d'abord très vite il meurt en décembre 1521 juste après lui il va y avoir Adrien VI Adrien VI c'est un pape dans lequel on aurait pu mettre beaucoup beaucoup d'espoir parce que c'était un pape beaucoup plus conciliable conciliant c'était un diplomate c'était quelqu'un qui d'origine modne est théologien néerlandais ne voulait pas la guerre voulait au contraire l'unité et puis et puis qui avait conscient surtout de l'urgence qu'il y avait à réformer l'Église et donc très vite il va vouloir entreprendre des des négociations avec la nation allemande par exemple à la diète de nurberg en 1522 et il envoie un légat qui va reconnaître les défaillances du clerger et qui va promettre une correction très sérieuse des abus mais malheureusement Adrien si c'est très isolé à Rome il faut bien dire que c'est un peu un ovni la Curie est hostile un peu à tout changement et le malheur c'est que Adrien 6 va mourir très vite puisqu'en septembre 1523 moins d'un an après son accession sur le trône de Saint-Pierre et bien il meurt et donc tous nos espoirs d'unité et de réforme immédiate en tout cas sont douchés à ce moment-là.

il a un successeur bien célèbre c'est Clément 7 qui va se consacrer un peu comme les h on 10 aux intrigues politiques et euh qui en subira les conséquences c'est-à-dire le sac de Rome que nous connaissons également puisque les troupes en 427 427 du connaéable de Bourbon euh mais à la solde de charlequin du coup hein euh vont piller la ville éternelle les fameux lansquenis luthériens euh à ce moment-là vont rentrer dans la ville et se servir et puis le pape va devoir s'enfermer au château Saint-Ange et puis il va finir par capituler et puis il va être emprisonné retenu prisonnier pendant quelques mois enfin c'est toute toute un grand H évidemment pour l'Église à ce moment-là et à cause de tous ces événements et bien il faudra attendre 1534 c'est quand même tard hein 1534 et le pape Paul II nouveau pape pour pouvoir inverser un peu la tendance et euh avoir une horizon de réforme un peu plus concrète quand même.

l'empereur charlequin de son côté et bien comme les on 10 il n'a pas pris tout de suite la mesure de cette nouveauté lutherérienne entre 1522 et 1530 il est absent d'Allemagne totalement et se consacre aux affaires italiennes donc il suit tout cela mais il suit plutôt de loin alors en 1530 il y a la diète d'auxbourg fameuse très fameuse et c'est là qu'il va espérer la réconciliation entre catholique et protestants il a toujours eu ce désir mais son intervention il faut bien le reconnaître sont bien trop tardiv 1530 c'est c'est vraiment très très tard Luther était au ban de l'Empire il s'était fait renouveler au ban de l'Empire en 1500 en 1529 ce qui avait d'ailleurs entraîné les protestations d'un certain nombre de princes passés au protestantisme c'est ce qui a d'ailleurs donné le nom de protestant les princes protestent contre cette mise au banc qui est renouvelé en 1529 et on a donc en 1530 à cette fameuse diète non pas Luther lui-même mais son disciple Philippe mélangeton mais lancton je ne sais pas trop comment ça se prononce qui va rédiger la confession d'xbourg fameuse profession de haxbourg qui va représenter la doctrine luthérienne en résumé avec les points les plus litigieux qui sont un peu esquivés quand même à ce moment-là alors charlequin a refusé toutes les confessions qui seront présentées les unes après les autres après cet échec charlquin va donc vouloir intervenir un peu par les armes militairement et c'est ce qui va se passer il va entrer en guerre contre les princes protestants qui vont eux-même former des ligues des ligues pour pouvoir se défendre et il va y avoir du coup des allers-retours des moments de victoire des moments de défaite victoire importantes de charlequin par exemple en 1547 avec la bataille de müberg où il va y avoir une sévère défaite qui va être imposée au prince protestant ça va donner beaucoup d'espoir d'ailleurs à Charles Lequin à ce moment-là puisque il va profiter très rapidement en mai 1548 pour imposer une loi d'Empire qu'on appelle l'intérim d'obsbourg qui va demander euh au prince protestant euh de se soumettre hein de d'être dans l'obéissance avec quand même quelques compromis comme par exemple la communion sous les deux espèces et le mariage des prêtre mais tout ça ne va pas durer parce que il va y avoir un revers et les protestants vont eux-mêmes gagner une victoire importante à hsbrook en 1552 ce qui va mener progressivement un retournement de situation et c'est ainsi qu'en 1555 on va avoir la fameuse paix d'hobsbourg c'est pour ça que moi j'étale la réforme de 1517 à 1555 moment très important puisque c'est le moment où on va acter la rupture confessionnelle sans possibilité de revenir en arrière à ce moment-là on va avoir désormais un empire partagé partagé entre le luutéranisme et le catholicisme romain le catholicisme latin et c'est pour ça que évidemment les populations vont suivre puisque les sujet euh se plie à la religion de leur prince c'est ainsi qu'on va avoir les deux tiers du territoire du saintempire romain gerermanique qui vont passer au protestantisme en cette milieu de 16e siècle poussant charlequin à se retirer à faire pénitence et à finir modestement sa vie dans un monastère en 1558 voilà c'est la fin de cette première conférence sur la Réforme protestante nous allons poursuivre notre étude de l'histoire de l'Église à l'époque moderne avec une prochaine conférence qui portera sur le concile de 30 un concile très très important que nous pourrons voir un peu plus dans le détail une fois prochaine merci de votre attention et à bientôt [Musique].