Transcription
Vous vous souvenez peut-être de cette affaire.
Le 26 décembre dernier, quatre hommes avaient été interpellés en flagrant délit lors d'un cambriolage dans un pavillon au Vésinet, face aux policiers. Les quatre hommes, en l'occurrence quatre Algériens en situation irrégulière qui n'avaient donc pas de papier, avaient déclaré être mineurs et n'avoir que 16 ans. Évidemment, quand on voit leurs photos, cet âge paraît totalement improbable, en total décalage avec leur apparence puisqu'on leur donnerait plutôt entre 20 et 30 ans. Et on se demande même pourquoi ils osent dire une énormité pareille.
Faute de pouvoir prouver leur majorité, la justice française avait dû tout de même les considérer comme mineurs. C'est la loi. Ces quatre hommes avaient donc été libérés pour être convoqués ultérieurement devant un juge pour enfants. Convocation d'ailleurs à laquelle on peut penser qu'ils ne se seraient jamais rendus puisque la police n'avait aucun moyen de les retrouver. Je vous rappelle qu'ils sont sans papiers et qu'ils n'ont pas de pièce d'identité. Donc on ne sait même pas qui ils sont.
Le risque surtout, c'était qu'ils recommencent et, de fait, 4 mois plus tard, rebelote. Deux d'entre eux ont à nouveau été interpellés le 15 avril dernier, lors d'un cambriolage à Sartrouville. Là encore, ils ont été relâchés, puis de nouveau interpellés le lendemain, cette fois-ci à Croissy-sur-Seine, le 16 avril.
Mais là où l'affaire devient intéressante, c'est qu'après ce dernier cambriolage du 16 avril, grâce à la coopération avec l'Algérie, coopération malheureusement tardive, les autorités françaises sont enfin parvenues à connaître leur véritable identité. Et là, surprise : ils n'ont pas 16 ans, mais 21 et 28 ans. Évidemment, ces deux hommes ont donc pu être jugés par la justice des majeurs. Là, ça change tout.
Ils ont été placés en détention provisoire et puis jugés fin mai en comparution immédiate au tribunal judiciaire de Versailles. Une longue liste de cambriolages leur était reprochée, une dizaine de faits qui ont été commis principalement en décembre 2025, lorsqu'ils étaient censés être mineurs, puis en avril 2026, un peu partout dans les Yvelines.
Face au tribunal, et malgré les preuves accablantes, les deux hommes ont nié les faits. Pour les faits de décembre par exemple, ils ont expliqué qu'ils cherchaient simplement un endroit où dormir, qu'il faisait froid, que les maisons étaient déjà ouvertes et qu'ils n'étaient donc pas rentrés pour voler. Il faut croire que leur défense a tenu la ligne puisqu'ils ont d'ailleurs été relaxés pour une bonne partie des faits qui leur étaient reprochés en décembre.
Ils ont tout de même écopé de 24 et 30 mois de prison avec maintien en détention et une interdiction définitive du territoire. Ce qui veut dire qu'ils vont rester en prison et qu'à l'issue de leur peine, ils devraient être expulsés vers leur pays, l'Algérie, si toutefois, bien sûr, l'Algérie accepte de coopérer avec la France et de les récupérer.
Quant à leurs deux complices qui avaient été interpellés en décembre dernier, qui eux aussi avaient l'air extrêmement âgés, nous avons interrogé le parquet de Versailles, mais nous n'avons pas eu d'information les concernant.