Transcription
Vous avez déjà remarqué que certains secteurs qu'on pensait complètement morts arrivent à redevenir rentable, voire super rentable, en quelques années. Et que d'autres secteurs, à l'inverse, étaient considérés comme totalement indestructibles et voient apparaître au fil du temps quelques fissures.
Et cette réflexion, elle m'est venue en lisant deux newsletters Boursecho récentes. Alors, je vous rappelle que les newsletters sont gratuites chez Bourseco. Vous pouvez vous inscrire directement sur le lien qui est en dessous de cette vidéo.
Et donc, ces newsletters, elles étaient sur des secteurs qui n'ont absolument rien à voir. Donc, on avait la musique d'un côté, donc le côté streaming, Spotify, etc. Et de l'autre côté, les paiements, donc Visa, Mastercard, Amex, etc. On est dans deux mondes totalement opposés et pourtant, ces deux mondes posent la même question. La question que tous les investisseurs devraient toujours se poser, c'est : comment est-ce qu'un secteur en pleine forme peut mourir ? Et comment un autre peut rebondir alors que tout le monde le pensait KO ?
Je vais commencer par la musique. C'est drôle parce que de lire donc cette newsletter sur la musique, ça m'a rappelé les années. Moi, j'ai commencé par des CD et après, j'ai vu euh la musique complètement se transformer. Et c'est devenu euh totalement fou de payer pour de la musique parce que c'était les débuts des téléchargements. C'était illégal, bien sûr, mais début du peer-to-peer. Si vous étiez un tout petit peu geek, vous pouviez télécharger Napster, Mula, etc. et vous aviez de la musique gratuite. Et c'est devenu à un moment complètement, enfin, vu comme complètement fou de payer pour de la musique parce qu'on avait ça à disposition.
Et la question, c'était même pas quel est le prix de la musique ? La question, c'était plutôt : à quelle vitesse est-ce que je peux télécharger ? Quelle est la capacité de stockage ? Où est-ce que je peux écouter euh ma ma musique ? Donc, tout le monde avait des milliers de titres sur son ordinateur, classés n'importe comment euh dans des dossiers, etc. Et le pire, c'est qu'au début, on pouvait les écouter uniquement sur l'ordinateur. Donc, avec un son qui était euh pas très bon, même si vous aviez des enceintes à peu près correctes, c'était pas l'idéal d'écouter ça sur un un ordinateur.
Et tout ça est arrivé en même temps. Au début des années euh 2000, on avait d'un côté les réseaux peer-to-peer qui explosaient et de l'autre, on a eu Apple qui a débarqué avec l'iPod et Steve Jobs qui nous vendait finalement un truc magique. Il nous disait : "Bah, maintenant, avec ce petit outil, vous allez avoir des milliers de de chansons dans votre poche." Et ça paraissait à l'époque, faut se mettre dans le contexte, à l'époque des CD, ça paraissait complètement révolutionnaire et c'était complètement révolutionnaire.
Alors, petite anecdote, vous savez que Steve Jobs, c'est un fan de design, il voulait absolument miniaturiser tout ça. Et au début de l'iPod, il a dit à ses équipes de designers, il a dit : "C'est trop gros l'iPod, c'est encore trop gros." Et pour le prouver, il a pris l'iPod, il l'a plongé dans un aquarium, il y a quelques bulles qui sont sorties et il a dit : "Vous voyez, il y a encore de l'air dans l'iPod." C'est-à-dire qu'il y a encore de la place. Faites le plus petit. Et avec les les années, on est passé aux iPod Nano, etc. Tout ça, c'est miniaturisé.
Donc, effectivement, on s'est retrouvé à ce moment-là avec l'industrie musicale qui s'est fait prendre en sandwich avec d'un côté donc les réseaux peer-to-peer qui explosaient et de l'autre côté des lecteurs MP3 qui permettaient de stocker tout ça. Le résultat, il est assez terrible. Entre 2001 et 2014, les revenus mondiaux ont été divisés par deux. Les ventes de CD se sont effondrées. Le piratage représentait une part massive des écoutes. Et même iTunes à un moment, qui avait été un peu l'espoir du secteur en disant : "Bah voilà, on a trouvé la manière de de monétiser", a commencé à s'essouffler.
On arrive en 2014 au point bas, l'année où tout le monde se dit : "C'est fini, plus personne ne va payer pour écouter de la musique." On parlait vraiment d'une industrie qui était morte cliniquement. Personne, absolument personne ne pariait sur un comeback.
Et puis arrive cette idée qui paraît évidente aujourd'hui, mais qui était vraiment révolutionnaire à l'époque. J'étais le premier à ne pas y croire, c'est : "Arrêtons de vendre de la musique et vendons l'accès." Oui, c'est l'explosion du streaming avec Spotify, avec euh Apple Music, avec Deezer, abonnement unique à l'époque, autour de 10 € par mois et un catalogue mondial illimité. C'est vraiment le Netflix du MP3.
Et ça, ça change tout parce que pour les utilisateurs, c'est moins de friction, tout est instantané, on a plus besoin de pirater. Il y a une nouvelle chanson qui sort, ben on peut l'écouter rapidement. Pour les labels, évidemment, c'est le top. C'est un revenu récurrent, c'est prévisible, c'est indexé sur des abonnements plutôt que sur des ventes physiques. Et bien sûr, entre les deux, on a les plateformes, magnifique modèle, magnifique business model qu'on peut scaler avec un effet d'échelle énorme. Donc voilà, tout le monde est content et ça nous donne une renaissance complète du secteur.
Aujourd'hui, le streaming représente 69 % des revenus de la musique enregistrée. Ça fait 10 ans qu'on a une croissance ininterrompue. Et le plus fou, c'est que les prix des abonnements n'ont quasiment jamais bougé. Aux États-Unis, un foyer paye en moyenne 69 dollars par mois pour le streaming vidéo et seulement 14 dollars pour la musique. Ça veut dire que le pricing power qui existe, he, la capacité de monter les prix, n'a même pas encore été utilisé. Donc, non seulement le secteur a de belles perspectives de croissance en terme de nombre d'abonnements, mais rien que sur la valorisation des abonnements, il y a aussi un boulevard qui s'ouvre à eux.
Et là, je vous parle que des pays développés. Derrière, il y a l'explosion des marchés émergents. Le Mexique, l'Amérique latine, le Moyen-Orient, l'Afrique. On a des centaines de millions de nouveaux utilisateurs qui passent directement du piratage au smartphone et au streaming. Et puis, il y a d'autres opportunités de croissance encore dans cette industrie de la musique. Il y a les super fans, par exemple. C'est cette nouvelle économie où un fan sur 5 est prêt à payer beaucoup plus pour du merchandising, pour des éditions limitées, pour des vinyles colorés, pour des contenus exclusifs.
Évidemment, se rajoute là-dessus l'IA. Donc, les catalogues deviennent une ressource stratégique. On parle déjà de licence d'entraînement pour les modèles d'intelligence artificielle. Donc, si vous êtes Warner, Universal, etc., ben vous allez forcément négocier avec ceux qui ont besoin de vos données musicales pour entraîner leur leur modèle. Donc, on a tout un nouveau business model qui se met en place presque en temps réel.
Et c'est ça qui m'a marqué, donc, dans la lecture de cette newsletter sur la musique, c'est le fait qu'un secteur peut complètement se transformer en changeant de business model. Parce qu'ici, on parle pas d'une seule entreprise, he, vous l'avez compris, on parle d'un secteur tout entier qui a vu son business model détruit par le piratage illégal et puis, tout d'un coup, par l'inventivité des plateformes, bah qui commence à renaître totalement.
Et puis, je me suis rappelé ça quand j'ai lu la newsletter suivante, qui est à l'opposé total de la musique, puisque c'est un secteur qu'on n'a jamais vraiment vu comme fragile, un secteur qu'on considère finalement comme indestructible. Ce sont les réseaux de paiement, c'est-à-dire Visa, Mastercard, Amex et puis tout ce qui gravite autour. Eux, ce sont vraiment les boss finaux de la rentabilité parce que ce ne sont pas des banques avec des gros besoins de capital et de grosses réglementations. Euh, ce sont des boîtes qui ne prêtent pas d'argent, elles ne gèrent pas vos comptes. Leur job, c'est juste d'être un réseau. C'est une autoroute qui va relier les consommateurs, les commerçants et les banques.
Et ça, c'est vraiment un modèle en or parce que chaque fois que vous achetez un café, un billet d'avion, que votre abonnement Netflix est débité, bah elles vont vous prendre une petite commission. Et jusqu'ici, la croissance, ça a été vraiment un boulevard parce que chaque année, l'argent liquide recule, les paiements sont de plus en plus en ligne et de plus en plus par carte. Et donc, à chaque fois, elles vont naturellement gagner plus. Et comme leurs coûts sont essentiellement fixes, ben leurs marges sont vraiment spectaculaires, souvent plus de 40 %. Et puis, elles progressent naturellement avec leur croissance, avec la croissance de leur chiffre d'affaires. Donc, c'est probablement, enfin, en tout cas, c'est mon point de vue, he, c'est le modèle le plus propre de la finance mondiale.
Faut imaginer que dans certains pays occidentaux, on a plus de 75 % du commerce en ligne qui passe par Visa ou Mastercard. En plus, elles ont un effet réseau qui est monstrueux parce que plus il y a de commerçants qui vont accepter la carte, et on sait qu'aujourd'hui tous les commerçants acceptent ce type de de cartes, plus vous allez avoir de consommateurs qui vont l'utiliser. Et plus les consommateurs utilisent ces cartes, plus vous arrivez à convaincre les derniers commerçants qui n'étaient pas encore convaincus. Donc, c'est un cercle vertueux qui est quasiment impossible à briser. Et surtout, c'est très difficile pour un nouvel entrant de recommencer ce chemin, c'est-à-dire de convaincre des commerçants, puis de convaincre des des consommateurs, et cetera, et cetera. Si vous rajoutez les banques au milieu, très dur de recréer cette cet effet réseau.
Et pourtant, une petite fissure commence à apparaître, un truc que personne n'avait vraiment vu venir. Les paiements account-to-account, vous verrez souvent A2A. C'est tout simplement les paiements directs, les paiements de compte à compte sans passer par les réseaux Visa et Mastercard. Et certains pays, notamment les pays émergents, n'ont pas fait semblant et se sont engouffrés dans la brèche extrêmement rapidement.
Et le meilleur exemple, c'est Pix au Brésil. C'est surprenant, mais c'est une infrastructure publique de virement instantané lancée en 2020 par la Banque Centrale du Brésil. Le fonctionnement est hyper simple. On va scanner un QR code, paf, on paye. Les commerçants payent presque rien, en tout cas par rapport au réseau classique, 0,33 %. Et ça cartonne. Imaginez 160 millions d'utilisateurs. Pix dépasse déjà les cartes classiques dont j'ai parlé sur le e-commerce et va les dépasser en magasin dès cette année, dès 2025. Et c'est tellement puissant que même Donald Trump a commencé à râler dessus. Et donc, on s'imagine que quand un président américain commence à s'énerver contre un système de paiement au Brésil, c'est qu'il se passe vraiment quelque chose.
Mais c'est pas qu'au Brésil qu'on voit ça. On voit aussi UPI, UPI en Inde. C'est Pix mais sous stéroïdes. On a plus de 500 millions d'utilisateurs actifs, jusqu'à 600 millions de transactions par jour, vous imaginez ? Et surtout, grosse puissance de frappe parce que c'est quasi gratuit pour les commerçants. Donc UPI est devenu omniprésent chez le vendeur de rue, chez le picier du coin. Dans les grandes enseignes, évidemment, tout le monde l'accepte aujourd'hui. Et pour vous dire, même Google Pay passe par UPI. Et ce système est tellement efficace que l'Inde a commencé à l'exporter comme un outil de soft power. Donc, on voit des pays, Émirats Arabes Unis, Singapour, Sri Lanka, qui commencent à l'adopter. En France, euh, les Indiens peuvent payer leurs billets pour la Tour Eiffel ou bien leurs achats aux Galeries Lafayette avec UPI. Je vous passe la liste des pays en développement qui lancent leur propre système. Je vous passe aussi tout ce qui se passe en Europe.
Si vous voulez avoir plus de détails sur ce secteur, enfin cette nouveauté dans le secteur des paiements, je vous laisse donc aller voir la la newsletter Boursecho.
Et quand on prend un peu de recul, on voit bien la tendance, les paiements compte à compte en train de grignoter des parts de marché pays après pays. Alors bien sûr, je vais parler du Brésil, de l'Inde, et cetera, mais c'est pas partout, c'est pas tout de suite, ça prend du temps, mais on sent une vraie tendance de fond.
Alors attention, c'est pas demain la mort de Visa ou de Mastercard, loin de là. D'autant plus que, ils ont vraiment tendance à s'engouffrer dans les de dans les poches d'innovation comme ça pour ne pas perdre leur part de de marché. Donc, ils ont évidemment lancé leur propre plateforme de euh de paiement compte à compte. Mais c'est peut-être la fin de la croissance automatique tranquille. Et il faut se rappeler que ce sont des entreprises qui sont construites sur un modèle d'expansion tranquille. En tout cas, ça fait quelques décennies que c'est le cas. Et là, c'est un vrai changement parce qu'il y a une vraie concurrence à leur porte.
Et c'est là que les deux newsletters se rejoignent, celle sur la musique et celle sur les les paiements. C'est que finalement, dans le monde de l'économie, du business, dans l'investissement, rien n'est jamais figé. Ni une entreprise évidemment, mais même au niveau d'un secteur. On peut avoir des secteurs qui se transforment extrêmement rapidement. Et en tant qu'investisseur, on ne peut pas attendre que la tendance soit déjà très forte, installée pour, bah, soit quitter un secteur qui commence à à perdre des, voilà, une sa rentabilité, on va dire, ou bien pour sauter dans le train du secteur qui lui commence à à revivre. On ne peut pas attendre le dernier moment, il faut être là le plus tôt possible. Et c'est là où on a besoin de ces signaux faibles.
Moi, c'est pour ça que j'adore ce type de newsletter sur les tendances sectorielles. J'ai cité Boursecho évidemment parce que je suis, je suis associé dans dans Bourseco. Je vous rappelle Bourseco avec un un K. Mais j'utilise tous les moyens possible pour me renseigner sur les tendances de demain parce qu'une tendance, ça met du temps à démarrer et puis quand c'est lancé, bah finalement, en 1 à 2 ans, ça peut complètement bouleverser un business model. C'est pour ça aussi que je suis attentif évidemment à l'IA, qui va potentiellement disrupter le search de Google, par exemple, Google et sa maison mère Alphabet. Toutes ces choses qu'on voit apparaître, il faut vraiment essayer de les détecter le plus tôt possible.
Donc, j'ai pris ces deux exemples de la musique et de et des paiements parce que déjà, c'est deux secteurs que j'aime bien. Alors vous savez, j'adore le secteur des paiements, mais justement, j'essaie de pas m'endormir dessus. Oui, j'ai des positions dans Visa, dans Mastercard, mais justement, quand on a des positions sur un secteur, il faut essayer de détecter tous ces signaux faibles.
Alors attention, j'ai vécu plein de signaux comme ça dans le passé. À l'époque où Apple Pay est arrivé, à l'époque où les cryptos sont arrivés, on disait déjà que ça allait disrupter le le marché, mais sauf qu'on n'a jamais vu la réalité de de des utilisateurs, si vous voulez. Là, la différence avec le compte à compte, c'est qu'on voit que c'est adopté par les utilisateurs, par les pays, par les banques centrales même. Donc, c'est quand même beaucoup plus dangereux.
Et de l'autre côté, il ne faut pas non plus sous-estimer des secteurs qu'on pensait complètement foutus, comme celui de de la musique, et qui pourtant arrivent après quelques années à nous offrir de magnifiques boîtes avec des business models, ben comme on aime, c'est-à-dire peu d'investissement, très peu de capex, des business par abonnement, donc vraiment avec un un avantage compétitif énorme, en plus du pricing power parce que quand vous êtes habitué à utiliser Spotify ou Deezer ou Apple Music, ben vous êtes un petit peu un petit peu collé. Vous avez euh, c'est difficile pour vous de changer euh d'abonnement parce que vous êtes habitué à ça. Vous avez déjà euh votre historique, vos playlists, peu importe. Donc, voilà, beau business aussi que j'avais totalement oublié, j'avoue, depuis quelques années et qui a encore de belles années devant lui.
Est-ce que vous avez en tête comme ça des secteurs qui soit vont être disruptés, donc on voit le risque sur les paiements, ou bien à l'inverse, qui sont totalement has-been, foutus, mais pour lesquels vous voyez un bon un bon avenir ? Un autre exemple, c'était la défense, hein, par exemple. Ça paraît bête, mais la défense, il y a quelques années, c'était vraiment sorti des radars de beaucoup d'investisseurs. Et on a vu, bah, la guerre en Ukraine, le fait que les États-Unis lâchent un petit peu l'OTAN, donc obligent des pays, et notamment l'Europe, à se à se réarmer, bah, ça a complètement changé la donne.
Est-ce que vous détectez comme ça, soit des secteurs qui vont commencer un petit peu à couler, soit d'autres qui vont devenir, enfin, commencer à redevenir très rentable ? Mettez-moi ça en commentaire.
Donc, je vous le rappelle, vous l'avez bien compris, si vous voulez ce type de d'information gratuitement, vous pouvez aller aller regarder sur le site boursecoo.fr, Bourseco avec un K. Voilà, moi je sais que j'adore que ce soit des euh des euh newsletters sur des entreprises particulières. Par exemple, il y a le le mode de Nvidia qui a été étudié, ou bien sur des secteurs dans l'ensemble. C'est toujours passionnant. Merci à tous pour votre fidélité. N'hésitez pas non plus à me mettre des idées de vidéos en commentaire, ça me plaît toujours. Merci beaucoup et à bientôt pour d'autres formats de ce type là. Allez, ciao.