Transcription
Et on commence avec cette lettre d'Emmanuel Macron adressée à François Baïrou, dévoilée par Le Figaro. Le président demande au gouvernement d'agir avec plus de fermeté après le refus d'Alger de coopérer sur les questions et la détention jugée arbitraire de deux ressortissants français, W. Boem Sansal et Christophe Glaise. Emmanuel Macron confie à son ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, la mission de trouver une voie de coopération tout en durcissant le traitement des délinquants algériens en situation irrégulière. Malgré cette fermeté affichée, l'Élysée affirme vouloir préserver les canaux de dialogue et espère toujours un geste d'Alger. Pour en parler, on accueille l'ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driancour. Bonjour.
>> Bonjour.
>> Merci d'être avec nous sur Europin. Alors, quand vous avez découvert que le président Emmanuel Macron réagissait sur le dossier algérien, quelle a été votre première réaction ? Enfin,
>> Oui, c'est c'est les exactement euh j'ai lu attentivement la lettre du président de la République au Premier ministre. Alors effectivement, vous l'avez rappelé, elle est motivée à la fois par les arrestations de Boem Sansal et du journaliste Christophe Gaise, mais aussi par l'absence de coopération de l'Algérie dans le domaine migratoire. Alors cette lettre, dans le fond, elle se il y a trois points dans cette lettre. Il y a d'abord, j'allais dire des considérations générales ou des vœux pieux. Vous l'avez dit, il faut plus de fermeté, de détermination, il faut trouver au plus vite les voies et moyens d'une coopération utile avec l'Algérie et cetera. Bon, ça ce sont des généralités. Il y a des mesures concrètes et en réalité, il y a trois mesures concrètes qui sont annoncées. Première mesure, c'est le refus des des des de l'octroi de visas de long séjour aux Algériens, c'est-à-dire les visas médicaux, les visas pour étudiants qui sont les visas qui dépendent du périmètre de Bruno Retaillot, du ministre de l'Intérieur. Alors que les visas de court séjour, ce sont les visas Schengen et qui sont partagés entre le Quai d'Orsay et le ministre de l'Intérieur. C'est la première mesure. La deuxième mesure, c'est l'abrogation, je comprends après la suspension, l'abrogation de l'accord de 2013 sur l'exemption de visa pour les passeports diplomatiques algériens. Et la troisième mesure, c'est de ne pas délivrer ce qu'on appelle l'exécatur aux consuls algériens pour leur permettre de travailler. Il y a neuf nouveaux consuls algériens qui ont été nommés en France parce que l'été traditionnellement, c'est la période des relèves ou des mutations comme dans beaucoup de professions et le président de la République dit qu'on ne pourra pas délivrer les autorisations qui permettent au consul algérien de travailler. Et enfin, le troisième point de cette lettre, ce sont je dirais en filigrane des menaces pour la suite, c'est-à-dire la dette hospitalière, les menées de certains services algériens sur le territoire français. C'est une formule très vague.
>> Mais voilà, donc je vois ces trois, ces trois points essentiels. Quand Emmanuel Macron demande à François Baïrou d'agir, je cite, avec plus de fermeté, de détermination, est-ce que ça veut dire que la diplomatie française était devenue inefficace en Algérie ?
>> D'abord, il n'y avait plus rien depuis plusieurs mois. Je crois que les ponts étaient quasiment coupés entre la France et l'Algérie et c'est manifestement un, je dirais, un désaveu ou un abandon diplomatique prôné par le ministre des Affaires étrangères. La politique de l'apaisement.
>> H.
>> Et c'est clairement un point en faveur de la politique prônée par Bruno Rotaillot. Mais encore une fois, ce ne sont ce n'est qu'un premier pas. Je crois qu'il faudra voir ce qu'il y aura après. On voit que le président de la République change de ton, change de politique, mais il fait un demi-pas.
>> Oui. Mais alors justement, pourquoi avoir attendu plus d'un an pour mettre les choses au clair et pour prendre la parole vis-à-vis de cette situation ?
>> Bah, il a tenté ou oui, il a essayé de jouer la carte diplomatique avec Alger, mais aujourd'hui, il prend acte que nous sommes dans une impasse complète. Mais je pense que pour être pleinement efficace, ces mesures devraient être beaucoup plus fortes, beaucoup plus beaucoup plus importantes que celles qui sont annoncées, que les trois mesures annoncées dans la lettre. Je crains que l'Algérie passe ça par pertes et profits en quelque sorte.
>> Mais quand vous dites qu'Emmanuel Macron prend acte, pourquoi prend-il acte aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a du nouveau avec l'Algérie ? Parce que ça fait quand même un an qu'il y a la crise avec l'Algérie. Ça, elle date du 30 juillet 2024 avec la reconnaissance du Sahara marocain.
>> Euh, pendant tout l'automne et l'hiver et le printemps, on a essayé de de discuter avec l'Algérie. Monsieur Baïrou est allé à Alger il y a moins de deux mois. C'est je crois qu'il y a deux mois exactement jour pour jour, le 7 mai. Donc voilà, c'est depuis cette date-là que l'on constate qu'il constate que nous sommes dans une impasse complète avec Alger.
>> Et d'ailleurs, sur la forme, c'est une lettre que Le Figaro a dévoilé. Est-ce que ce n'est pas une interview ? C'est important de le préciser. Est-ce que vous pensez que la fuite a été orchestrée ? Que euh
>> Que la fuite a été orchestrée de cette lettre puisque ce n'est pas une
>> Oui, je pense que c'est fait pour euh annoncer clairement à l'Algérie ce qu'il en est et aussi, je pense, à des fins de politique intérieure pour montrer que le président fait preuve d'une très grande fermeté. Mais il y a dans en en lisant cette lettre justement pour répondre à votre question, il y a un peu du François Mitterrand face à Jacques Chirac en 1986, c'est-à-dire le président Mitterrand qui faisait en cohabitation un peu la leçon à son gouvernement de cohabitation dirigée par Jacques Chirac. Et là, il y a un peu la même chose. Le président constate, s'étonne qu'il y ait pas plus de résultats avec l'Algérie alors que c'est lui qui a quand même été le principal partisan et artisan de l'apaisement avec l'Algérie.
>> Et selon vous, les déclarations du président vont avoir quel effet ?
>> On verra dans un mois. Retrouvons-nous dans un mois. Mais je crains que ça n'ait pas beaucoup d'effet parce que encore une fois, je pense qu'il fallait franchir le pas de manière beaucoup plus forte, beaucoup plus dynamique. Là, ce sont en quelque sorte des demi-mesures quoi, les trois mesures annoncées. Pas d'accord pour les pour les consuls, suspension des visas de long séjour. Euh voilà, c'est ce sont des demi-mesures. Il y a rien sur l'accord de 1968 que Bruno Retaillot demande à abroger. Il y a rien sur les fermetures de consulats algériens en France. Ils ne font pas leur travail. Donc pourquoi au lieu de ne pas leur délivrer de de d'autorisation de travail, pourquoi ne pas carrément les fermer ? C'est ça qui ferait peur à Alger.
>> Justement, les les paroles ne se concrétisent pas en acte fort. Depuis plus d'un an, le président et le gouvernement français laissent les choses empirer. Donc en fait, c'est ça revient à dire qu'on met un peu la poussière sous le tapis. En fait, c'est ce que vous êtes un peu en train de dire. On peut faire une autre interprétation qui est que le président de la République, dans le fond, se rallie à la méthode de riposte graduée prônée par le ministre de l'Intérieur. Ce sont les premières mesures et puis peut-être que dans trois mois, si ça ne suffit pas, on passera à une étape plus forte, j'imagine parce que il y a encore une fois, il y a des menaces un petit peu pour l'avenir. La dette hospitalière, les menées de services algériens sur l'État français. Voilà. Vous connaissez parfaitement l'Algérie et les personnalités politiques au pouvoir. Dans quel état d'esprit étaient-ils à votre avis avant cette communication d'Emmanuel Macron ?
>> Ils sont partisans de la manière forte, très clairement, ils l'ont montré. Mais cette lettre, c'est aussi un revers ou une défaite pour le pouvoir algérien. Parce que le président Tebboune, il y a quelques jours encore, dans je ne sais plus quelle interview ou lorsqu'il était à Rome, il a dit nettement qu'il soutenait le président Macron, ce qui était son interlocuteur, et dans le fond, tous ceux qui prônaient la fermeté en France, ce sont des extrémistes ou l'extrême droite, disait le président Tebboune. Là, le fait que le président de la République se rallie à la ligne Retaillot, entre guillemets, c'est un revers pour le président algérien.
>> Emmanuel Macron fait savoir que la France doit être forte et se faire respecter. Pourquoi Emmanuel Macron a laissé l'Algérie décider de la politique intérieure en France ?
>> Parce que vis-à-vis de l'Algérie, nous sommes depuis pas seulement depuis 2017, mais depuis très longtemps, depuis 1962, nous sommes dans une situation de très grande faiblesse ou de très grande pusillanimité. Et et ça a été une constante de notre politique vis-à-vis de l'Algérie.
>> Restez avec nous, Xavier en cours, on va marquer une pause. On revient dans un instant, il est 11h13 sur et on revient sur cette lettre d'Emmanuel Macron adressée à François Baïrou, dévoilée par Le Figaro. Le président demande au gouvernement d'agir avec plus de fermeté et de détermination vis-à-vis d'Alger. Et dans cette lettre, dans cette lettre Xavier Driancour, on sent aussi une forme de résignation, voire de fatalisme.
>> Oui, je ne sais pas si c'est de la résignation ou une ligne politique encore une fois que le président a toujours défendu vis-à-vis de l'Algérie puisque le dernier paragraphe de cette lettre, il fait appel à la coopération, à nos intérêts communs, la capacité d'agir ensemble et cetera. Je crois que c'est plus une ligne politique qu'il a toujours défendu depuis 2017 qu'une résignation. L'ambassadeur de France qui était en poste en Algérie a été rapatrié il y a déjà plusieurs mois. De nombreux diplomates français et algériens ont été renvoyés dans leur pays respectifs. C'est quand même un geste fort. Il y a plus de représentant franchement.
>> D'abord des expulsions de diplomates algériens depuis la France qui répondaient à une expulsion de 15 diplomates français à partir d'Alger et puis l'Algérie ne délivre pas et la France non plus ne délivre pas de laisser-passer ou de visa pour les nouveaux arrivants dans les consulats algériens ou dans les consulats français. Et d'ailleurs le président de la République le dit dans sa lettre puisqu'il dit puisque vous ne délivrez pas de de laisser-passer à nos services consulaires aux nouveaux arrivants en Algérie, il y a une baisse de 30 % de la délivrance de visa. Donc c'est énorme.
>> À votre connaissance, on a déjà eu des relations aussi tendues avec des pays dans le monde récemment ?
>> Euh oui, avec l'Iran il y a quelques années ou même pendant très longtemps avec l'Iran, entre 1984 et 1995, en gros, il y a une décennie très compliquée avec l'Iran. Je crois que c'est le seul cas comparable.
>> À l'international, cette inaction de la France et du président Macron sont délétères. Quelle image de notre pays ça envoie au monde ?
>> Euh quel message, quelle image de notre pays ça envoie au monde ?
>> Ça envoie une image quand même très contradictoire parce que d'un côté la France cherche à influencer le président Trump, cherche à contrôler Madame Van Der Leyen dans ses discussions avec les États-Unis, cherche à se poser en pays fort vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine et d'un autre côté, vis-à-vis de l'Algérie, nous sommes condamnés à une certaine impuissance.
>> Donc c'est ça le message que ça envoie. C'est-à-dire, nous sommes forts avec les forts. Nous essayons d'être forts, mais avec les autres pays vis-à-vis desquels nous avons des moyens de pression, des leviers comme l'Algérie, nous sommes impuissants.
>> Deux compatriotes français, on le rappelle, sont retenus de façon presque arbitraire dans les prisons algériennes. Christophe Glaise, le journaliste de Sfoot et évidemment Boem Sansal, détenu depuis plus de huit mois. On pense d'ailleurs à eux, et on appelle évidemment à leur retour en France. La liberté d'expression est une valeur très chère à l'antenne de reps. Votre votre avis là-dessus, c'est ce qu'on disait un petit peu tout à l'heure. Pourquoi ça traîne autant ? Est-ce qu'on met de la poussière sous le tapis ?
>> Ben dans le cas de Christophe Glaise, oui, parce que il a été détenu depuis un an en Algérie. Donc pendant un an, personne n'en a parlé, personne n'était au courant. Je crois qu'on a découvert le cas Glaise il y a à peu près un mois, un mois et demi. Donc pendant un an, ça veut dire que les services français disaient "Attendez, on discute, on négocie, on parle avec l'Algérie et tout ça va s'arranger." Et donc vous dites mettre la la poussière sous le tapis, mais en tout cas, c'est une forme d'impuissance vis-à-vis de ce journaliste et même impuissance vis-à-vis de Boem Sansal. Et c'est inquiétant le nombre de QTF algériens coincés en France.
>> Oui, ben oui, ça fait à peu près, je crois qu'on est à peu près à à 3000 QTF cette année qui ne sont pas exécutés et le directeur de l'Office français d'immigration, Didier Leschi, disait que rappelait que en 2024, il y a eu 35000 Algériens en situation irrégulière qui ont été contrôlés. Donc ça fait à peu près 10 % de ces 35000 en situation irrégulière.
>> Emmanuel Macron déclare aussi : "La France doit être forte et se faire respecter. Elle ne peut l'obtenir de ses partenaires que si elle-même leur témoigne le respect qu'elle exige d'eux. Cette règle de base vaut pour l'Algérie aussi."
>> Oui. Oui. Évidemment, il faut que l'Algérie respecte la légalité internationale, le droit international alors qu'elle le bafoue clairement. Elle le bafoue lorsqu'elle refuse par exemple de reprendre des Algériens munis d'un laisser-passer consulaire ou pire ou mieux, munis d'un passeport algérien. Elle les refuse sur le territoire algérien. Il y a un an, personne n'en a parlé également, un de vos confrères, le journaliste Farid Alilat, qui est algérien, qui est qui écrit maintenant dans Le Point, mais qui était rédacteur en chef de de la revue sur l'Afrique dont dont j'ai oublié le nom, a été interdit d'entrer sur le territoire algérien alors qu'il n'est pas français, il n'est qu'algérien. Donc l'Algérie bafoue clairement le droit international. On parlait justement du nombre de QTF tout à l'heure. Est-ce que vous diriez que la menace des Algériens sous QTF oblige la France à agir avec fermeté ? Justement, ça semble être une préoccupation sérieuse du président en tout cas.
>> Mais c'est une préoccupation sérieuse d'abord du ministre de l'Intérieur parce que les Algériens représentent 50 % de la population des centres de rétention administratifs. 50 % et on doit les libérer au bout de 90 jours. Le Conseil constitutionnel d'ailleurs doit rendre aujourd'hui sa décision sur, je crois, la portée à 210 jours et non plus à 90 jours. Mais ça veut dire que les Algériens en situation irrégulière et qui sont ou en prison ou dans les CRA sont extrêmement nombreux.
>> L'Algérie semble reprocher à la France l'époque de l'Algérie française comme une forme de devoir de mémoire. Vous qui avez vécu en Algérie, Xavier Rencours, vous ressentiez une forme de rancœur des Algériens vis-à-vis de la France ?
>> De la population algérienne ? Non. J'ai toujours été pendant les les presque huit années passées en Algérie accueilli partout, dans tous les départements, dans toutes les wilayas algériennes. Mais le discours antifrançais, la culpabilisation de la France à propos de la colonisation, à propos de la guerre d'indépendance est un thème permanent du pouvoir algérien. Et dans le fond, comme le président de la République l'a dit lui-même à un moment, la source de légitimité du pouvoir algérien.
>> Si vous êtes d'accord, Xavier Rencour, j'aimerais que vous partagiez avec les auditeurs d'Européens les conditions dans lesquelles vous viviez en Algérie avec beaucoup de contraintes évidemment dans vos déplacements et vos rencontres, j'imagine. Je crois bien que vous avez été aussi assigné à l'ambassade.
>> Euh non, moi j'ai eu une période compliquée. Certes, j'ai fait un premier séjour où il y avait déjà une crise, une tension forte entre Paris et Alger à propos d'un du directeur du protocole de Bouteflika qui avait été arrêté à l'aéroport de Marseille. Cette crise a duré à peu près deux ans. Et puis dans ma deuxième période algérienne, dans mon deuxième mandat, il y a eu le Hirak qui est cette espèce de révolution ou de manifestation populaire qui a duré un an et qui a abouti à la chute du président Bouteflika. Mais c'était politiquement compliqué, mais pas aussi complexe que ça l'est aujourd'hui. D'ailleurs, l'ambassadeur de France, il a été rappelé à Paris pour consultation depuis le mois d'avril. Alexandre souhaitait réagir au standard européen. Bonjour Alexandre.
>> Bonjour à vous.
>> Bienvenue. Vous nous appelez d'où ? De Paris.
>> Très bien. Quelle est votre réaction vous à cette lettre d'Emmanuel Macron ?
>> Moi, je suis un peu dubitatif. Je fais aucune confiance au couple Macron-Baïrou et j'oublie pas que ce gentil président souffle le chaud et le froid concernant ce pays qui est l'Algérie. Moi, j'estime être une victime collatérale de ce conflit qui a encore des ramifications actuelles dans le pays.
>> Pourquoi ? Pourquoi ?
>> Moi, ma mère est pupille de la nation. Mon grand-père était là-bas. Il fait partie de ses victimes comme sa femme et sa famille où on n'a jamais retrouvé les corps et ma mère, elle a été euh on va dire transférée en France dans un orphelinat.
>> Elle a été tuée à Oran. C'est ça ?
>> Oui. Dans les massacres de juillet 62.
>> H.
>> Et euh moi ce que je disais à votre collaborateur, c'est que j'ai une filiation que je veuille ou non euh avec ce pays. Sauf que j'ai aucune idée de ce qui est devenu le patrimoine immobilier de ma mère, où sont ses terres, sa famille, rien, même c'est je veux dire ses grands-parents, rien. Moi mon grand-père a fait son son école d'officier à Cherchell comme le président Chirac a fait son service militaire là-bas. Dans ce qu'a dit le président sur que la colonisation, c'est une criminalité, moi je pense pas que mon grand-père ni Monsieur Chirac étaient des criminels de guerre. Et quand je vois que cette population vient en France et qu'on lui donne des opportunités et des de facilités que nous n'avons pas, on a même pas le droit d'aller se recueillir en Algérie. Là, c'est c'est ça et ça c'est une grande souffrance et une cicatrice. Et je peux même me permettre, c'est que moi j'ai vécu ça comme une humiliation, une honte de devoir faire des demandes administratives et déshumanisées sans avoir ce qui était devenu à la famille de ma mère.
>> Hm. On sent beaucoup d'émotions évidemment de votre part, ce qui est normal. Xavier en cours.
>> Oui, ce que dit monsieur est est parfaitement euh parfaitement vrai. C'est-à-dire que les pieds noirs comme les harkis, souvent ne peuvent pas retourner en Algérie. Il a évoqué effectivement juillet 62 qui a été un drame terrible pour les pieds noirs à Oran et la question des biens immobiliers qui ont été spoliés, volés ensuite ou que les pieds noirs ne peuvent pas convertir en devises pour rapatrier la la somme de vente éventuelle euh en France. Donc c'est un aspect du dossier franco-algérien qu'on oublie effectivement parce que c'est ancien, ça date de la guerre d'Algérie, qu'elle est terminée officiellement par les accords d'Évian en mars 62. Donc on a tendance souvent à oublier ce dossier, mais c'est une réalité bien
>> concrète que rappelle cet auditeur.
>> Restez avec nous Alexandre, on va on va en reparler dans un court instant et Xavier en cours, restez avec nous également, on fait une pause, il est 11h27 sur Yeah.