Transcription
Salut Didier, merci d'être avec nous aujourd'hui sur Grand Angle.
Bah salut Richard, plaisir de te revoir. Oui, après tes nombreux voyages. C'est pas fini. C'est pas fini. Il y a deux trois trucs. Voilà.
Euh aujourd'hui, on voulait parler de d'un modèle que tu as fait sur les marchés action et les marchés obligataires selon le modèle pro prédateur qu'on a tous un peu vu en exemple de voilà quand on faisait je sais pas de la physique ou de la biologie. Vous expliquez plus il y a de lions moins il y a de gazelles et puis ils se reproduisent machin. Quel est le lien justement entre ces mécaniques de sélection naturelle ou de non de famille de Oui, d'équilibre prédateur proie d'équilibre avec excusément les marchés action et les marchés obligataires.
Alors les points de départ toujours la même c'est que les marchés financiers ben première remarque il y a on prend simplement les actions et les obligations. Les trucs les plus importants dans tous les portefeuilles. Bah ces actions et les obligations existent depuis fort longtemps. Ça fait des centaines d'années. Donc ça veut dire qu'elle coexiste. Prior c'est pas évident. Pourquoi ? Pourquoi si les actions étaient mieux que les obligations bah il y aurait plus des actions, il y aurait plus d'obligations et inversement mais elle coexiste donc c'est cette idée de coexistence déjà système le système il y a un système de coexistence. On entend ces actions obligations tout le monde en prend un peu. Ça me fait penser quand même à un système écologique. C'est-à-dire que bon prédateur proie choses comme ça. En plus elles existent mais elles évoluent quelques fois en même temps, quelque fois en opposé et cetera. Et donc c'est compliqué quand on est un gérant de portefeuille de se dire combien je dois mettre de l'un de l'autre, est-ce que l'une va protéger l'un ? Enfin toujours les questions que se pose un gérant de fond.
Donc, j'ai pris l'exemple prédateur proie en disant c'est très simple, on va considérer que les actions ce sont des lions et les gazelles les obligations sont les gazelles. Alors, on va se prendre un exemple pour montrer que les évolutions sont pas forcément simultanées. Prenons l'exemple de la savane. La savane et puis tout va bien. Il y a il y a nos lions, il y a nos gazelles et puis tout d'un coup, il y a une grosse sécheresse. Problème. Qu'est-ce qui se passe ? Grosse sécheresse, les gazelles n'ont plus rien à manger, donc elles meurent. Euh donc on observe donc les obligations chutent, donc les gazelles. La sécheresse c'est l'inflation. Quand l'inflation monte, les obligations se cassent la gueule. Donc on est bien dans le même scénario. Qu'est-ce qui se passe sur les lions ? C'est-à-dire les marchés action et ben, ils ont plus rien à manger puisqu'il y a plus de gazelles. Voilà. Et donc ils chutent. Donc premier scénario, c'est le scénario catastrophe des marchés financiers. C'est le scénario où on a d'un côté l'inflation qui monte, c'est-à-dire les obligations qui chutent et les lions qui ne peuvent plus avoir de gazelles et donc la croissance s'effondre et chute. Ça s'appelle la stagflation, c'est l'horreur. Donc il faut avoir dans période de stagflation, il faut avoir ni obligation ni action parce qu'en fait sur les marchés quand il y a plus d'obligation, c'est qu'il y a plus de cash et il y a plus d'argent à mettre dans les actions. Et puis quand les quand les ce qu'on appelle une obligation qui chute, ça veut dire que ça veut dire que sa sa valeur chute, de valeur de l'ensemble des des gazelles. Si sa valeur chute, c'est que les taux d'intérêt sont en train de monter et les taux et ça tue les profits. Donc voilà, on a l'exemple parfait de la sécheresse qui entraîne voilà.
Mais on peut être dans d'autres situations. Alors autre situation possible bah disons qu'il y a des il y a des braconniers qui arrivent, ils profitent de se chasser quelques lions. Bon alors là, c'est une situation très différente. Donc les braconniers arrivent, ils attaquent les lions. Qu'est-ce qui se passe pour les gazelles ? Fantastique. Évidemment, il y a moins de prédateurs. Donc les gazelles montent. Donc les lions les marchés action qui chutent pour une raison X Y Z qui sont comme une guerre par exemple. La guerre est un prédateur des marchés action qui font détruire le capital ou une tension qui mène de cette de cette nature là de tension militaire choses comme ça. Les actions chutent et tout d'un coup les gazelles se portent bien. Ça veut dire que les obligations montent. C'est exactement ce qu'on appelle dans les marchés financiers le "fly to quality". C'est-à-dire si s'il y a du risque qui arrive sur les actions, dérisquez votre portefeuille, allez vite acheter des obligations et comme beaucoup de gens font ça, ben la valeur des obligations monte plutôt que de baisser. Et donc la plupart des gérants utilisent cette notion de "flight to quality" en se disant si les actions baissent les obligations vont monter et donc je fais un portefeuille bien équilibré 60 40 50. Donc là on est pénard. Oui, si on est dans cette situation de braconniers. Mais si on était dans la situation de stagflation, ça marchait pas. Faut faire attention si ça.
Et puis troisième situation qui peut être assez amusante, c'est ben il y a des il y a des rangers qui sont là et qui se disent je vais essayer de d'améliorer la nature, la contrôler. Donc je vais élever des gazelles, bien les nourrir pour et puis ensuite je vais je vais renvoyer dans la nature 50000 gazelles dans l'année par exemple. Bon que ça ça sera bien, il y aura plus de gazelles, sera bien pour la nature. Bah qu'est-ce qui se passe ? Et ben dans la première année, vous avez le nombre de gazelles qui explose. Voilà. Et vous dites regarde la fin d'année c'est formidable j'ai réussi mon coup les gazelles j'ai sauvé les gazelles. Bon et puis vous bon quand vous avez sauvé vous arrêtez. Qu'est-ce qui se passe la deuxième année ? Comme il y a plus de gazelles bah tous les lions ont eu un taux de naissance beaucoup plus élevé et donc les les lions vont se mettre à dévorer les excès de gazelles plus si vous si vous n'en rajoutez pas. La population de lions va se s'établir sur la base d'une population beaucoup plus grande et donc elles vont complètement dévorer les gazelles et donc l'année 2 ou l'année 3, il y aura moins de gazelles qu'au départ. Il y aura plein de lions mais il y aura plus de gazelles et les deux vont s'effondrer au final parce qu'après c'est alors ensuite ensuite on continue le cycle après quand il y aura plus on recommence les lions et ça fait vraiment des effondrements monstrueux parce que du coup tout l'excès de lions ensuite va s'effondrer en même temps que on va avoir ces effets comme ça mais ce qui est on augmente la volatilité. Exactement. Mais dans on on voit qu'on a un décalage un déphasage entre le le bienfait des gazelles et le bienfait des lions qui ensuite vont faire un effet sur les gazelles. Donc c'est cette notion de déphasage et dans cette dernière circonstance est très intéressante parce que c'est ce qu'on a vécu. C'est-à-dire que tout d'un coup les banques centrales ont dit allez plein de gazelles hein plein de monnaie on envoie on met les taux très bas on envoie plein de gazelles et cetera. Bah qu'est-ce qui se passe au début ? Pas grand-chose et puis bizarrement maintenant on est dedans. Oh les marchés montent. C'est les lions qui montent. Bon il y a un moment il va y avoir un problème mais pour l'instant on est dans cette phase là. Et comme dirait Charles, Banque Centrale s'est assuré qu'il y aurait toujours plus d'argent que d'idiots. Donc ça monte. Et donc ça monte. C'est ça. Voilà.
Alors on sait qu'il y a une fin à ça forcément comme dans ces cycles et on sait très bien que ou alors soit il faut remettre tout le temps des gazelles pour satisfaire les lions, soit si on en met plus c'est-à-dire on commence à contracter un peu la masse monétaire chose comme ça bah qu'est-ce qui va se passer ? Bah il y aura trop de lions, il y aura pas assez de gazelles et à ce moment-là et ben les taux vont monter et les lions vont s'effondrer. Donc il y a à la fin de ce truc ben un cycle où les actions vont retomber mais on n'est pas dedans pour l'instant. On est encore dans le cycle dans lequel bah il y a plein de il y a plein de liquidité partout et donc les les actions montent. Voilà.
Donc ça c'était et ça c'est ce que tu as démontré sur les marchés avec des graphes.
Alors j'ai pris des j'ai pris des exemples. Alors j'ai déjà regardé mais déjà pour montrer alors j'ai pris sur plus de 100 ans l'évolution du marché américain sur les actions, sur les obligations. J'ai enlevé les tendances pour regarder les oscillations l'un par rapport à l'autre et puis on voit bien qu'on a des phases les trois phases que je décris ont existé successivement. Donc on voit bien qu'on a des phases où les deux montent en sol, où l'une monte, l'autre baisse, l'autre baisse, l'autre monte. Donc tu vois. Bon bon, donc ça veut dire quand tu es gérant de portefeuille, il faut quand même savoir dans quelle phase tu es parce que sinon tu te trompes hein.
Ensuite, qu'est-ce que j'ai vérifié ? J'ai vérifié que l'inflation avait bien un effet sur les gazelles. Donc c'est-à-dire que quand l'inflation monte, les gazelles bah du mal, c'est-à-dire quand la sécheresse arrive, les gazelles elles sont les marchés obligataires chutent. Enfin, leur valeur est détruite. Donc ça c'est très vrai aussi. Les taux d'intérêt montent parce qu'il est inhérent. Alors, il y a deux phases où on observe une comment on appelle ça ? Une divergence, c'est entre les années 30 33 à 50 et puis plus récemment après 2008 où là tout d'un coup qu'est-ce qui s'est passé ? Bah les banques centrales sont intervenues pour acheter des obligations ou pour limiter la hausse des taux et à ce moment-là ben ils ont en fait artificiellement maintenu les gazelles, maintenu les marchés obligataires en état en l'état. Mais c'est artificiel, c'est-à-dire c'est une intervention extérieure de type les rangers qui ont maintenu en état. Et qu'est-ce qui s'est passé d'ailleurs quelques années plus tard ? Ben, on a eu un krach obligataire comme il y a depuis 3 ans qui n'est pas fini, qui n'est pas fini et qui a fait perdre 25 % au détenteur d'obligation qui espérait avoir un actif sans risque. Voilà, dommage quoi. 25 % ou 20 % et puis en plus il y a de l'inflation. Enfin, c'est une erreur. Et on est en train de se demander s'il y a pas du coup une fuite devant la monnaie. Et on a on est en train de se demander s'il y a pas une fuite dans la monnaie.
Alors, les équations que j'ai utilisées, c'est s'appelle les équations de Lotka-Volterra. Et ce monsieur Volterra avait avancé fait des modèles très simples. Il avait dit "Bon bah voilà, le la population de lions dépend de la population de gazelles parce qu'il va aller manger. Enfin, la la naissance de nouveaux lions dépend de la population de gazelles. Et puis la population de gazelles, bah elle a sa son évolution naturelle. Chacun a son sa naissance naturelle mais est influencé par la population de l'autre. Et la gazelle est influencée par le nombre de prédateurs ce que va se faire bouffer. Donc c'est des équations croisées qui sont assez simples et ce qu'elles montrent ces équations croisées c'est qu'il y a effectivement ces phénomènes de déphasage dont on a parlé que l'on retrouve dans les marchés financiers. Donc c'était déjà intéressant de voir que en modélisant purement ces équations là, j'arrivais à sortir des variables de ces équations en disant est-ce que ça correspond aux variables des marchés financiers ou pas ? Et oui, ça colle bien. Par exemple, quand on fit ces ces évolutions des marchés financiers, et ben on doit trouver quel est le taux d'extinction naturelle, par exemple des actions. Bon ben on voit que le taux d'extinction naturelle à travers ces déphasages doit être de l'ordre de 3 %. Or que ce que l'on constate c'est que c'est à peu près ça. Donc on a on a des calages, tu vois, on arrive à à caler en fait les modèles, pas les caler, on regarde le résultat et on se rend compte que oui, ça correspond pas mal. Donc ça veut dire que quelque part il y a bien des notions de de prédateur proie dans les marchés.
Et puis sans vouloir trop technique, mais ce monsieur Volterra, on était au début du 20e siècle, il avait quelque chose de beaucoup plus important que simplement ces deux équations qui ont été reprises depuis partout, hein. Il avait dit que ces équations de prédateur proie qui sont en fait des équations simplifiées de la sélection naturelle. C'est ça que ça veut dire en fait. Il avait dit mais c'est beaucoup plus profond que ça. Il avait montré mathématiquement que ces équations avaient une conséquence, c'est que elle maximisait le flux d'énergie qui traversait toute structure organique dans la limite de ce qu'elle pouvait supporter. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que évidemment on peut pas supporter, tu vois, d'être dans le feu. Il y a trop d'énergie qui nous arrive dessus, on claque. Mais dans les limites de ce qu'on peut supporter, et bien les êtres vivants ont tendance à essayer d'absorber l'énergie de plus en plus pour le rejeter et pour créer de l'ordre interne. Donc c'est une notion qui est philosophique très importante et il a montré que dans un système dans un écosystème c'est la sélection naturelle qui maximisait cela. Donc c'est très important parce que maximiser ces flux d'énergie qui traversent tes individus en fait, c'est un phénomène qui dépasse largement le cadre du vivant. C'est en fait un phénomène, on en a souvent parlé, qui est dans l'univers. Il y a quelque chose dans l'univers qui se produit au-delà de ce que les équations de thermodynamique classique nous ont dit.
Et ce troisième point, c'est que en gros, il dit il y a dans les équations de thermodynamique, il y en a deux fondamentales. Une, c'est la conservation de l'énergie. Donc tout se transforme, hein, on ne crée pas. Quand on quand on met de l'énergie dans sa voiture ou du pétrole, l'énergie ne disparaît pas. Elle est transformée en travail mécanique. La voiture avance et en chaleur et en chaleur. Mais il y a il y a équilibre. Ça premier principe thermodynamique. Deuxième principe, il y a une augmentation de l'entropie, c'est-à-dire désordre. Voilà qu'on fait des trucs. Alors OK, on arrive à faire des choses mais ça crée plus de désordres. Globalement l'univers augmente en terme de désordre et il y a une quantité d'énergie qui est perdue car on ne saura jamais la récupérer. On ne peut récupérer à chaque fois qu'on va essayer de la récupérer, on va recréer plus de désordres qu'il n'en avait avant. Une irréversibilité dans le temps. À propos de ça d'ailleurs pose un gros problème. C'est ça. C'est ça. En fait, si on réfléchit même à voilà, on chauffe sa voiture, non, on avance sa voiture, donc on utilise l'énergie pour avancer, il y a de la chaleur qui s'en va. On peut Est-ce qu'on peut en faire quelque chose cette chaleur ? Oui, on pourrait la garder à condition d'avoir une source froide. Ouais. Qui crée un flux d'énergie. Ça c'est les cycles de Carnot. Donc, on va récupérer une partie de cette énergie mais pas tout. Et puis en plus ensuite, on va de sources de plus en plus froides. Puis à un moment donné, bah c'est plus possible parce que c'est la température de l'univers. Donc on ne peut plus donc on sait au bout d'un moment que ça ne sert plus à rien. On ne peut plus récupérer. Donc on ne peut récupérer que des excès en fait de de d'énergie de cette nature là. Et donc il avait dit c'est probablement une troisième ou une quatrième loi de la thermodynamique aussi fondamentale que les deux premières. Et philosophiquement ça veut dire ça ça veut dire que première loi conservation de l'énergie, deuxième loi augmentation inexorable du désordre. Bon, pas terrible sur la fin de l'univers, on a un peu peur. Bon, mais troisième loi, création d'ordre local par ce phénomène de de sélection naturelle. C'est-à-dire que la sélection naturelle qui s'étend au-delà du vivant va créer, c'est une loi de la nature, va créer de l'ordre spontanément dans des endroits comme on observe, c'est ce qui expliquerait la création de la vie et c'est ce qui expliquerait aussi l'évolution de la vie vers quelque chose de plus en plus structuré.
Et là-dessus, pour moi, c'est un contre-argument. Justement au cette histoire de planète finie, enfin ressources finies, croissance finie parce qu'en réalité le sujet c'est pas en matière d'énergie si on prend le sujet, le sujet c'est pas d'avoir toujours plus d'énergie, le sujet c'est d'avoir toujours une densité énergétique qui augmente. Et typiquement si on prend les moulins à vent au Moyen-Âge, le Jean Covi du Moyen-Âge nous dirait il n'est pas possible de recouvrir la terre de moulins à vent parce que il y a pas assez de bois, il y a pas assez de tissu pour faire, il y a pas assez de moutons pour faire le tissu pas. Sauf qu'en réalité aujourd'hui il y a immensément plus d'énergie sur terre et c'est effectivement pas parce qu'on a fait des moulins à vent avec des toiles en toile de jute là, mais parce que on a trouvé des modes de production d'énergie beaucoup plus denses. Et en réalité ce qu'on cherche c'est pas à recouvrir la terre d'éoliennes ou de terre des solaires, c'est un non-sens, c'est une régression et en fait c'est la voie de la mort puisque on diminue la densité énergétique. Donc c'est une voie de la mort de de l'extinction. Mais ce qu'on cherche, c'est de nouvelles nouvelles solutions.
Et c'est pour ça que d'ailleurs sur Elon Musk, il parle souvent pour ceux qui ça intéressent de l'échelle de Kardashev et c'est son grand truc en ce moment. Tous les 15 jours, on l'entend dire "On va monter sur l'échelle de Kardashev" et lui il dit laisse une espèce humaine développer, elle va utiliser l'énergie sur terre, ensuite l'énergie du soleil et ensuite l'énergie de la galaxie. Mais en fait je pense que c'est une erreur de dire qu'on va recouvrir avec une sphère de Dyson le soleil pour capter son énergie parce que dans ce cas-là, ça consiste à dire "On va recouvrir la terre de moulins à vent." Oui. Et ce n'est pas le cas. Ce qu'on va faire, c'est d'augmenter la densité énergétique si on y arrive, si on fait pas de conneries entre-temps. Et à ce moment-là, euh on va diminuer notre masse comme quand on dit, on l'a souvent dit ici, les sociétés, c'est le machin qui diffuse le plus d'énergie par unité de matière, mais les sociétés sont immensément moins massives que le soleil. Oui. Le soleil est un bah c'est un truc super massif. C'est oui, c'est une centrale à fusion avec un rendement catastrophique. Donc si on projette la tendance et ben les tu vois, il y a un truc, on dit souvent pourquoi est-ce qu'on voit pas d'extraterrestres ? Par loin, mais on dit bah ça veut dire qu'à un moment on disparaît, il y a une grosse catastrophe, il y a un gros boom, il y a je sais pas quoi qui tue toute civilisation qui dépasse un certain point puisque statistiquement il devrait y en avoir partout vu l'âge de l'univers. Et tu dis bah ou alors ils ont évolué avec des systèmes énergétiques de plus en plus denses et du coup des masses de plus en plus petites et que on disait tout à l'heure dans la dans la grande quand on en parlait j'ai il faut chercher les extraterrestres dans les plis des canapés parce qu'en réalité c'est vers l'infiniment petit qu'on se dirige avec une densité infinie dans l'autre sens ce qui permet à l'entropie d'augmenter ce qui permet de conserver l'énergie et ce qui permet de conserver une croissance infinie.
Alors non mais on est parti loin mais du coup je fais bouya Elon Musk parce qu'en réalité son échelle de Kardashev pour moi c'est de la flûte. Mais en fait ce que tu dis c'est que tu pousses en fait le raisonnement de de Volterra euh en disant si c'est une loi de l'univers et ça semble être hein à ce moment-là il est vrai que naturellement la tendance ça va être vers de plus en plus d'intelligence et l'intelligence c'est la capacité de transformer l'énergie en ordre. Euh et donc plus tu es intelligent, plus tu plus tu as besoin moins tu as besoin d'énergie pour faire le même ordre ou plus tu as besoin C'est exactement ce que tu dis. Donc ça veut dire que c'est de la densité, la transformation de de l'énergie en information. C'est en fait ça l'intelligence et et donc tu as raison que tu peux tout à fait concevoir que les structures vont être de plus en plus miniaturisées en terme de et local et local parce que c'est il y a trois lois. Il y a une loi locale, il y a une loi générale et cetera. Et donc c'est quelque chose d'assez intéressant et euh c'est d'autant plus intéressant quand on examine par exemple les l'évolution de l'IA, enfin ça on en parlera peut-être d'autre fois, mais c'est-à-dire la densité d'information comparée à la production d'énergie. Il y a beaucoup de gens qui disent aujourd'hui un IA c'est terrible, ça consomme beaucoup d'énergie. Non, vous comprenez pas, ça consomme beaucoup d'énergie. Ensuite, faut voir comment elle est consommée. Enfin, toi, tu es mort dedans. Tu on parle de 10 % de la consommation mondiale. D'accord. C'est pas non plus. Oui, d'accord. Mais on Oui, mais ça pourrait monter, tu vois. Ça pourrait monter. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'est-ce qui sort de ce truc là ? Et ce qui sort de ce truc là, c'est une densité. En fait, c'est des systèmes qui ont une densité informationnelle considérable pour l'énergie qui est mise dedans. C'est une intelligence considérable. Et donc, disons qu'elles vont dans le sens de l'histoire.
Et pour donner un peu cette idée de densité, à quoi ça sert l'information dans la densité de production d'énergie, on disait on prend un baril de pétrole et puis on fout le feu. Donc c'est quand même basique hein comme méthode pour en extraire de l'énergie. Ça va chauffer pendant je sais pas combien de temps là et puis voilà. Mais il y a une autre façon de sortir immensément plus d'énergie d'un baril de pétrole avec la bonne technologie donc avec avec la bonne information, c'est la fusion nucléaire. Bien sûr, bien sûr. Et là le baril de pétrole, c'est pas une journée de chauffage, c'est c'est Ouais. C'est la civilisation pendant plusieurs jours, j'en sais rien. Enfin, c'est colossal. Donc l'information, c'est un levier sur le l'énergie et et là du coup ça et et qui boucle. Ouais. Et qui boucle sur les mêmes Absolument. C'est-à-dire que en fait la à l'heure actuelle le le la limite c'est évidemment la fusion nucléaire. C'est pas la limite, mais c'est le c'est l'objectif très très important de l'humanité pour avoir une source d'énergie extraordinairement abondante, non polluante et cetera et cetera. Je sais pas si on va y arriver, je pense qu'on va y arriver mais mais on sait qu'elle est à nos portes. C'est qu'on déjà on sait conceptuellement qu'elle est là. C'est-à-dire qu'on sait que dans voilà que tu as besoin de de si on arrive à le faire pétouiller un peu. Ça veut dire que dans les laboratoires ça marche. Donc on sait comment ça marche, on connaît les formules. Maintenant c'est un problème d'ingénieur la fusion nucléaire. Ah, c'est un problème d'ingénierie. Ouais, voilà. C'est plus un problème de recherche. L'antimatière, c'est un problème de recherche fondamentale. La fusion nucléaire, c'est un problème d'ingénierie. Purement. Purement. Et c'est pour ça que c'est les Chinois qui seront probablement leaders là-dessus puisqu'ils sortent 1,5 million d'ingénieurs par an. Donc bien sûr et puis et puis comme les États-Unis en font 400000, bah et le sens de l'histoire va plus vers l'extraction de l'énergie dense pour faire de l'information dense. Et c'est exactement ce que ce qu'il faudrait que l'humanité arrive à faire. Donc faire de la fusion nucléaire pour utiliser cette énergie abondante pour pouvoir structurer le monde.
L'information, ça veut dire quoi ? Au départ, c'est très simple. Vous prenez un un tronc d'arbre, vous le coupez, vous en faites des planches et puis ensuite vous faites une table avec ça. Ça c'est déjà vous avez transformé une partie d'énergie en information. C'est qu'elle est structurée cette table. Elle n'est pas n'importe comment. Elle est structurée pour votre propre besoin qui est d'utilisation. Donc vous avez en fait utilisé votre intelligence pour la transformer en un objet qui est qui a de l'information. Donc ça démarre là et puis ensuite on voit comment ça progresse. Et évidemment au départ pour faire ça bah il faut beaucoup de jus de coude. Donc l'énergie elle est c'est la force des bras et puis petit à petit on utilise de l'énergie de plus en plus dense pour faire des choses de plus en plus extraordinaires en terme de production d'information. Par exemple une vidéo, un téléphone et cetera dont la densité d'information est considérable par rapport à la densité de matière et d'ailleurs c'est ce qu'il cherche à faire toujours, c'est-à-dire que ces trucs soient de plus en plus légers et de plus en plus informationnels. Et c'est pour ça quand tu sais, il y a le fameux truc en disant si vous allez sur une île déserte ou vous repartez à l'âge de pierre, qu'est-ce que vous emporteriez avec vous ? Le seul truc, moi je voudrais emporter la connaissance. He ouais parce que tu peux tout redéployer à partir de du socle de connaissance en réalité. Voilà.
Et donc dans ce truc là, on peut se demander pourquoi le cycle de vie fait mourir les structures vivantes au moment où ils atteignent le summum de leur connaissance. C'est absurde, tu pourrais te dire. Et là, on en revient au début de notre discussion sur les équations prédateur proie sur le donc le cycle de vie et de mort. Et ce cycle est celui qui la création globale de de de richesse d'après ce principe de Lotka. Quelqu'un qui gère du pognon. Quelqu'un qui gère du pognon comme toi tu peux le faire. Bah en réalité son alpha il va le créer par l'information. C'est-à-dire que c'est en comprenant ce genre de courbe que tu vas dire "Ah bah moi du coup j'ai un insight supplémentaire par rapport aux autres pour acheter et vendre au moment." Acheter et vendre c'est une dépense énergétique et elle est la même pour tout le monde. C'est les frais de broker, ce genre de choses-là. Mais une fois que tu as les modèles et que tu comprends plus, bah tu te sors beaucoup plus de valeur de système. Donc c'est pour il y a il y a un point aujourd'hui moi qui me qui m'embête, c'est que beaucoup de gens cherchent quel est le le le meilleur asset et notamment il y a cette discussion entre Bitcoin et les monnaies fiat. Il y a cette discussion entre les actions et les obligations entre et je trouve que c'est un c'est un peu pauvre comme raisonnement parce qu'en réalité raisonner en système permet de d'extraire beaucoup plus de valeur. Si vous même si vous connaissez le meilleur asset, vous gagnerez moins d'argent que si vous avez la connaissance du système qui va avec parce que vous allez la le système aura des performances supérieures au meilleur de ses composants.
Et puis parce que si on croit encore une fois ces équations de Volterra, de d'écosystème, le meilleur asset ne le restera pas. Mais oui, puisqu'il est dans un cycle. Donc euh en fait, il faut être capable de comprendre le système pour essayer de bouger, pour essayer de rechercher à chaque fois les meilleurs, mais aussi les équilibrer parce que tout ça est incertain et donc on n'est jamais certain euh du résultat. Donc il faut aussi tenir en compte de l'incertitude que l'on a, donc de l'entropie qui reste dans le système euh pour essayer de naviguer là-dedans. Euh donc fondamentalement prédateur proie, c'est c'était amusant avec les lions et les gazelles, mais je pense que c'est une réalité profonde et que l'on voit non seulement dans la nature, dans les dans les êtres vivants et dans les marchés. Donc on peut le mesurer et aujourd'hui c'est clair qu'on est dans le système dans lequel il y a eu beaucoup beaucoup de de gazelles qui ont été élevées et qui ont été jetées dans la savane et que maintenant bah les lions sont dans la curée. C'est ça.
Merci mon quotidien. Je t'en prie. Mm.