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Le fantasme du tourisme spatial

LCI3:22

Transcription

Et vous regardez le 69 sur LCI. L'info, l'écho est clair, clair. Fourni avec nous ce matin.

Alors, SpaceX doit décoller aujourd'hui, enfin Polaris Dawn. Il y a une nouvelle mission qui doit partir, voilà, à 9h30 avec, à priori, à bord les premiers touristes. Enfin, pas à priori, les premiers touristes de de l'espace. Un peu à la Gravity, là. Ouais.

Sandra Belloc, comme ça, sauf que vous nous dites que c'est du fantasme.

Oui, alors, ce n'est pas les premiers touristes dans l'espace. Il y en a déjà eu plein. Ce sont ceux qui vont faire la première sortie dans l'espace. C'est pour ça qu'effectivement, ça évoque les images de George Clooney dans dans Gravity. Donc, d'abord, rêvons un peu, si vous voulez bien. Donc, effectivement, à 9h30, cette capsule Polaris Dawn doit s'envoler. C'est une fenêtre de 4 heures. Il y a eu beaucoup de problèmes, ça a été retardé d'une semaine. Et vous voyez l'équipage à bord, le milliardaire Jared Isaacman, qui a déjà fait une expédition dans l'espace, un pilote et deux salariés de SpaceX, car c'est à SpaceX que l'on doit cette expédition. Et elle va permettre de tester dans l'espace les combinaisons, les premières combinaisons, donc pour permettre de sortir hors de l'appareil.

Alors, c'est vrai que pour ceux qui doutaient qu'il y aurait un jour des touristes dans l'espace, bah, ils ont été démentis. Parce qu'aujourd'hui, vous avez, vous avez non seulement SpaceX, mais aussi Blue Origin, la boîte de, voilà, de Jeff Bezos, Axiom Space, qui propose carrément des séjours dans la Station Spatiale Internationale. Donc, ça s'est développé. Mais alors, à quel prix ? Vous voyez le ticket moyen, 25 millions de dollars pour s'acheter un ticket. Donc, voilà, c'est carrément pas à la portée de tout le monde. Et surtout, il n'y a aucun modèle économique viable pour le tourisme spatial dont on nous annonce depuis des années qu'il ne va pouvoir que s'étendre.

Alors, j'aurais pu vous citer ce genre de prévision qui, par ailleurs, est assez, voilà, enfin, l'organisme qui l'émet est assez crédible, mais qui nous dit, par exemple, le tourisme spatial devrait représenter 13 milliards d'ici 2031 contre 876 millions aujourd'hui. Alors, d'abord, on se demande comment il calcule ses chiffres. Et puis, on nous parlait de tickets pour faire du tourisme spatial de l'ordre de 250 000 dollars, ce qui est quand même énorme, mais qui n'a rien à voir avec les prix qui sont affichés aujourd'hui. En fait, pour faire baisser les prix, c'est simple, en économie, il faut faire du volume. Or, je vois pas comment on fait du volume avec les chiffres actuels, sachant qu'aussi, vous décidez pas comme ça d'aller faire une expédition dans l'espace, tiens, je vais y aller dans 2 mois. Non, il faut, et heureusement, un entraînement avec la NASA. Ce sont souvent des missions d'ailleurs qui sont encadrées par la NASA. Et le profil de ces touristes de l'espace, c'est plutôt des astronautes. C'est le cas du milliardaire Isaacman qui part aujourd'hui, enfin, si les conditions météorologiques le permettent. Donc, il faut quand même être aguéri et déjà formé.

Donc, voilà, en réalité, moi, je pense pas qu'on arrivera jamais à faire ce tourisme spatial démocratisé dont on nous parle aussi. Parce qu'il y a énormément de critiques sur l'impact écologique de ce tourisme spatial, la pollution, la colonisation de l'homme par l'espace. Ça fait énormément débat. Et je termine en vous citant cette cette phrase de trois physiciens qui réagissaient en 2020 justement au vol de Blue Origin. Ça équivaut à faire le tour de la Terre tout seul dans une voiture moyenne et pour quelques minutes d'apesanteur, ça représente plus de deux fois l'émission individuelle annuelle permettant de respecter les 2 % supplémentaires de l'accord de Paris. Tout ça pour vous dire qu'à mon avis, ça va rester un marché d'ultra niche. Voilà.