Transcription
Les géants de l'IA sont-ils au bord de la chute ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est que leur modèle économique est questionné. Alors que l'utilisation de l'IA se développe de plus en plus rapidement partout dans le monde et dans des milliers d'entreprises, et bien de nombreux patrons commencent à s'alarmer de son coût réel par rapport à ses bénéfices actuels. Alors, le modèle d'Anthropic avec Claude, OpenAI, avec ChatGPT, et cetera, est-il en danger ? Salut, c'est Hugo. J'espère que vous allez bien. Et c'est donc le sujet à la une de ces actualités du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes de podcast et de musique.
Et pour bien comprendre de quoi on parle, on va déjà commencer par revenir quand même sur le business model, le modèle économique donc de ces entreprises. D'un côté, on a donc les utilisateurs classiques qui peuvent utiliser ChatGPT, Claude ou encore Perplexity pour des questions ou des tâches ponctuelles. Il y a des formules gratuites, ça permet de toute façon aux IA de s'entraîner, mais il y a aussi en parallèle, vous le savez sûrement, des formules payantes.
Et en parallèle à tout ça, on a le modèle économique tourné vers les entreprises. C'est d'ailleurs quelque chose d'extrêmement important pour de nombreux géants du secteur, y compris d'ailleurs à l'échelle européenne. On sait que c'est un élément très important par exemple pour Mistral en Europe. Et donc le modèle ici porté vers les entreprises, quand on parle en tout cas d'une entreprise grosse et très importante avec par exemple des milliers de salariés, et bien c'est une intégration qui est très différente, une intégration massive dans tous les processus avec parfois des milliers ou des millions, voire plus, de requêtes par jour. Et forcément, à cette échelle, les coûts, ils changent complètement. Et ce qu'il faut comprendre, c'est que les fournisseurs d'IA, ils ne proposent plus à ce moment-là un simple abonnement fixe avec un montant fixe chaque mois. À l'inverse, en fait, c'est une consommation qui est tellement élevée que les entreprises, elles vont payer directement pour ce qu'elles consomment. C'est un peu le même fonctionnement pour nous qu'avec l'électricité, par exemple. Si vous consommez énormément d'électricité, forcément, à la fin du mois, la facture, elle sera plus élevée.
Et cette utilisation donc de l'IA, elle se mesure aujourd'hui avec plusieurs unités. Aujourd'hui, on va notamment s'intéresser au token, donc au jeton en français. Et pour dire les choses assez simplement, l'IA va en fait traduire chaque requête et lui attribuer une somme en token. Plus la requête est longue et complexe, plus et bien ça va nécessiter de tokens et à la fin donc et bien l'entreprise qui utilise l'IA doit les payer. Il y a donc un enjeu pour les entreprises à optimiser leur consommation et leurs demandes puisque forcément, à grande échelle, la facture finale peut être extrêmement violente. D'autant que aujourd'hui, on en a déjà parlé, il y a de plus en plus d'agents IA qui sont utilisés, donc des formes d'IA avec beaucoup plus d'autonomie, ce qui leur permet donc de réaliser des requêtes elles-mêmes, indépendamment d'une certaine façon des humains. Sauf que tout ça, encore une fois, ça peut consommer encore davantage.
Et pour se rendre bien compte du sujet, Sundar Pichai, le CEO de Google, a affirmé le mois dernier que son entreprise, il y a 2 ans, elle traitait 9700 milliards de tokens par mois. Il y a 1 an, ils sont passés à 480 milliards de tokens. Donc l'explosion déjà là en 1 an, elle est immense. Et là maintenant, chaque mois, on est passé à 3,2 millions de milliards de tokens. Bref, c'est des chiffres qui n'ont plus trop de sens même dit comme ça, mais ça permet de faire comprendre en fait l'explosion de cette utilisation.
Et tout ça, ça amène donc à certains problèmes. Par exemple, fin 2025, Microsoft a donné accès à Copilot à des milliers d'ingénieurs pour accélérer donc leur travail et leur développement. Mais selon The Verge, l'entreprise aurait finalement récemment commencé à annuler une partie de ses licences, la facture devenant beaucoup trop élevée. Et pour vous donner un autre exemple, l'utilisation de l'IA, elle est aussi très importante chez une entreprise comme Uber. C'est utilisé aujourd'hui absolument partout. Déjà pour le développement de l'application en tant que telle, on peut l'imaginer, mais même au-delà de ça. Or, ce qu'on peut noter, c'est que le directeur technique d'Uber a confié au média The Information que l'entreprise avait déjà épuisé en seulement 4 mois l'intégralité de son budget initial de 2026. Il y a un autre cadre d'Uber et même aller jusqu'à déclarer que les dépenses en intelligence artificielle devenaient, je cite, de plus en plus difficiles à justifier et qu'une consommation élevée de token n'aboutissait pas toujours à une augmentation des fonctions qui seraient utiles pour le consommateur. Bref, pour résumer donc, ils estiment que ça ne rapporte pas forcément à la hauteur des investissements nécessaires.
Bref, c'est une situation assez paradoxale puisque évidemment pour ces géants de l'IA, et bien que les entreprises utilisent autant l'IA et lui demandent autant de choses, et bien ça pourrait être pour eux évidemment une bonne nouvelle. Et en même temps, très vite, s'ils ne voient pas l'impact à la hauteur de l'investissement, ça peut commencer à poser problème. Et c'est ce qui fait qu'on en vient rapidement ici à la question des scénarios. Ce qui pourrait se passer maintenant.
Le premier scénario qui est le plus probable et qui pourrait arriver dans tous les cas, c'est le fait que les entreprises vont être amenées à rationaliser leurs dépenses. Autrement dit, elles pourraient continuer à utiliser l'intelligence artificielle mais simplement faire davantage attention à la façon dont elles vont l'utiliser. On sait d'ailleurs que à l'échelle d'un individu, c'est déjà des choses qui peuvent se poser. On sait par exemple que une IA va consommer beaucoup plus de ressources pour générer une image que pour générer du texte. De la même façon, beaucoup plus de ressources pour lire un texte très long que pour lire un texte synthétique. Et ça, c'est à l'échelle d'un individu. Il y a plein de choses comme ça qu'on peut observer. Mais évidemment, à l'échelle d'une entreprise, c'est quelque chose qui est beaucoup plus important avec donc des enjeux de rationalisation en quelque sorte. Et au passage, ça paraît évident parce qu'on en parle très très régulièrement sur la chaîne, mais c'est toujours très important de le rappeler. Là, on parle de consommation en matière de token, mais ce qu'il faut évidemment garder en tête, c'est que c'est aussi une consommation en matière de ressources, d'électricité, mais plus largement derrière, un impact environnemental qui est absolument colossal. On en a beaucoup parlé sur la chaîne, mais on refera un point, je pense, dans les prochains jours là-dessus.
Le deuxième scénario qu'on peut noter, c'est, imaginez donc suite à tout ça, une baisse des dépenses de la part des entreprises. Mais plus largement en fait, ce que risquent ces géants de l'IA, c'est une chute dans la confiance envers ce système et envers aussi le modèle économique de ces entreprises. Là, on en revient donc au risque d'une bulle dans ce domaine-là. On voit aussi que c'est aujourd'hui des entreprises qui performent extrêmement bien sur les marchés financiers et en bourse. C'était le sujet de nos actus du jour hier. Le risque là, c'est que il y ait une chute de confiance, que ce modèle ne soit plus vu comme aussi viable entre les investissements de ces géants et le modèle économique qu'il cherche derrière. Et ça pourrait mener à une crise importante. Là aussi, on aura l'occasion d'en reparler.
Enfin, pour terminer, le troisième scénario potentiel, c'est le fait que au fur et à mesure, ces entreprises, malgré toutes les difficultés actuelles, parviennent à trouver un modèle économique qui est plus stable et plus rentable. Bref, on verra de quoi sera fait demain, mais en tout cas, ça montre qu'il y a des interrogations importantes aujourd'hui au sein des entreprises. Je vous tiendrai au courant directement sur la chaîne. N'hésitez pas à me dire au passage, jamais ce genre de sujet vous intéresse. On va essayer de développer ce genre de sujet au-delà évidemment de l'actualité géopolitique notamment, mais je suis preneur de vos commentaires que ce soit sur YouTube et en podcast. Je rappelle aussi qu'on suit toute l'actualité directement sur Instagram. Vous êtes plus de 5 millions là-bas et l'actualité notamment sportive va être très chargée ce weekend. On suivra ce weekend là sur Instagram. Le nom du compte, c'est Hugo Descript. Pas de question du jour aujourd'hui, mais ça revient lundi. Je vous laisse avec Léa pour le reste de l'actualité et je reviens juste après.
Merci Hugo et bonjour à toutes et à tous. On commence avec cette actu. Un drone s'est écrasé dans la nuit de jeudi à vendredi sur un immeuble résidentiel à Galați en Roumanie, près de la frontière avec l'Ukraine. Le choc a provoqué un incendie faisant deux blessés légers. Le ministre roumain de la Défense a rapidement réagi et attribué ce drone à la Russie, tout en dénonçant une grave et irresponsable escalade. Dans la foulée, la ministre roumaine des Affaires étrangères a annoncé sur X avoir convoqué l'ambassadeur russe, affirmant que ce nouvel incident aurait des conséquences sur les relations diplomatiques entre les deux pays. La Roumanie a également déclaré le consul général russe persona non grata. Il est donc interdit du territoire roumain après le crash de ce drone. Le consulat général russe à Constanța, dans le sud-est du pays, sera donc fermé, a annoncé le président roumain. De son côté, la Russie a promis des mesures de riposte imminentes.
Alors, faut savoir que la Roumanie est membre de l'OTAN, cette alliance politico-militaire de pays occidentaux. Et l'article 5 de l'organisation stipule qu'une attaque armée contre un pays membre de l'OTAN est considérée comme une attaque dirigée contre tous. Cet incident a donc suscité de vives réactions. Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré ce vendredi que l'alliance était prête à défendre chaque centimètre carré du territoire des alliés. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que la Russie avait franchi une limite. En France, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé un acte irresponsable et convoqué à son tour l'ambassadeur russe en France concernant ce dernier événement et sur la situation en Ukraine. À noter que ce n'est pas la première fois qu'un drone étranger est détecté en Roumanie depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Plus de 50 drones attribués à la Russie ont pénétré l'espace aérien roumain.
Deuxième actu, les forces de sécurité d'Israël et de la Russie figurent désormais sur la liste noire de l'ONU sur les violences sexuelles commises en période de conflit. L'information vient d'un rapport qui n'a pas encore été rendu public, mais qui a été consulté ce jeudi par l'AFP. En fait, en août 2023, l'ONU avait déjà averti Israël et la Russie de leur possible inscription sur cette liste. L'organisation avait confirmé à ce moment-là plusieurs cas de violence sexuelle commis en 2023 dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé illégalement par Israël. Au total, 14 hommes, 5 femmes, 9 garçons et une fille auraient été victimes de membres de l'armée, des forces de sécurité ou de l'administration pénitentiaire israélienne, selon l'ONU. Alors, Israël a réagi, dénonçant, je cite, une décision honteuse et absurde. Et l'ambassadeur israélien à l'ONU a annoncé suspendre ses relations avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, jusqu'à la fin de son mandat le 31 décembre. Il avait déjà été déclaré persona non grata en Israël en 2024 et il a donc interdiction de se rendre dans le pays.
Concernant la Russie, l'ONU recense plus de 300 cas de violence sexuelle commise entre 2022 et 2023 dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie. Ces violences auraient été commises par les forces armées russes, notamment sur des prisonniers de guerre ukrainiens. Cette liste noire est publiée chaque année par l'ONU. Elle recense les groupes étatiques ou non étatiques soupçonnés de manière crédible de violences sexuelles systématiques en période de conflit. Le mouvement palestinien Hamas, le Soudan, Haïti, la Syrie ou encore le Mali y figurent.
Troisième actu, les signalements pour harcèlement de rue en France ont augmenté de 30 % sur l'application Yuzu depuis le début de la vague de chaleur, le 21 mai. Lancée en 2022, cette application gratuite aide les victimes d'agression sexuelle à trouver rapidement des lieux sûrs et à signaler des situations d'insécurité dans l'espace public. Elle travaille avec plusieurs villes comme Rouen ou Clichy pour répertorier des "safe places" accessibles en cas d'agression. Sa co-fondatrice, Pauline Vendeurcamp, a expliqué à France Info que ce harcèlement de rue était récurrent dès l'arrivée des beaux jours. En cause, le regard des hommes sur les femmes lorsqu'elles portent des shorts, des débardeurs, des t-shirts ou des robes. Les signalements concernent principalement des remarques sexistes, des comportements insistants, du voyeurisme ou des gestes déplacés. En 2023, les autorités ont enregistré 3900 infractions pour outrage sexiste ou sexuel. Donc, le fait d'imposer à une personne un propos ou un comportement à connotation sexuelle. 97 % des mises en cause enregistrées sont des hommes. Ce délit est puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 3750 €.
Et on termine avec cette actu. Jean Messiha, éditorialiste et membre du parti d'extrême droite Reconquête, est accusé d'abus de confiance. En fait, le 14 mai 2024, deux agents pénitentiaires avaient été tués au péage d'Incarville par un commando armé qui avait attaqué le fourgon transportant le narcotrafiquant Mohamed Amra. Une attaque visiblement dans l'objectif de libérer le criminel. Alors dans la foulée, Jean Messiha avait lancé une cagnotte pour soutenir les familles des deux agents pénitentiaires tués. Mais 2 ans plus tard, les veuves des deux agents affirmaient n'avoir jamais reçu cet argent. Alors fin mai, elles ont porté plainte contre Jean Messiha pour abus de confiance. Il a donc fallu un dépôt de plainte pour que finalement Jean Messiha remette l'argent aux proches des victimes. Jean Messiha, lui, se défend d'avoir encaissé la cagnotte qui leur était destinée et a mis en cause la plateforme de financement participatif GoFundMe, qui a, selon lui, commis une grave erreur due à des défaillances internes.
Merci beaucoup Léa pour ces actualités. Alors pas d'inquiétude, les bonnes nouvelles et la question du jour reviennent lundi. Pour suivre toute l'actualité ce weekend, rendez-vous sur Instagram. Le nom du compte, c'est Hugo Descript. Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et puis je vous dis à demain donc pour une nouvelle vidéo.